« Plan de sortie de crise » de 20 associations : les méfaits de l’amateurisme de bonne volonté

J’ai complété par une vidéo. Ouvert aux commentaires.

20 associations publient un Plan de sortie de crise, un programme fait de 34 mesures.

Comment le gouvernement va-t-il accueillir cela ? Par un haussement d’épaules. Ce qui pourrait signaler bien entendu la méchanceté du gouvernement. L’ennui, c’est que tout gouvernement, de gauche, écolo, aussi bien que de droite l’accueillerait par un haussement d’épaules.

Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un « inventaire à la Prévert » auquel il ne manque que le raton-laveur à la fin : doubles-emplois, incohérence, rien qui remette en cause le cadre lui-même. Autrement dit : sparadraps, papier adhésif, punaises et autres bouts de ficelle.

Pourquoi cette indigence ? Parce qu’elle est celle, immémoriale, des pauvres et des opprimés : ne pas savoir ce qu’on ne sait pas, et surtout, ne pas savoir qu’on ne sait pas. Alors qu’en face (ceux qui hausseront les épaules, et ne liront pas même la liste jusqu’au bout), on se trompe peut-être sur les objectifs (ou on a même peut-être l’objectif ultralibéral qu’il n’y ait pas d’objectifs), mais on a au moins quelques notions sur la manière dont on gère un État et gouverne une nation, et on sait que d’une telle liste, il n’y a rien à tirer.

Qu’aurait-il fallu faire à la place ? Proposer une mesure qui fasse une vraie différence. La liste est longue mais, allez, la première qui me vient à l’esprit : « Redéfinir la valeur ajoutée ».

Redéfinir la valeur ajoutée (base du calcul de la TVA), ce qui obligera à redéfinir la valeur : qu’on sorte de sa définition ce qui n’en a pas, qu’on mette un signe « – » devant ce qui a une valeur en réalité négative (la destruction du monde), et qu’on y rentre ce qui a de la valeur et qui n’apparaît pas jusqu’ici (les gens, la nature autour de nous).

Comme je le dis : « la première chose qui me vient à l’esprit », mais qui ferait une vraie différence : qui ferait que les calculs de PIB (qu’il faudra faire, pour connaître la « croissance ») ne diraient pas qu’on est dans une récession, voire dans une dépression, mais qu’on a permis au contraire à la nature de souffler, voire de se reconstituer un peu, et que nous sortirons (nous et la biodiversité) de cette pandémie plus riches et pas plus pauvres.

P.S. :
– Oui mais ça devrait se faire au niveau européen !
– On va bien décider aujourd’hui de distribuer 534 milliards au niveau européen, alors pourquoi pas redéfinir la « valeur ajoutée » ?

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118 réflexions sur « « Plan de sortie de crise » de 20 associations : les méfaits de l’amateurisme de bonne volonté »

      1. HM Tous les éléments semblent plus que jamais réunis pour enfin nous extirper de cette direction suicidaire.

  1. Vous êtes sur que tout gouvernement ne va pas hausser tout autant les épaules devant cette proposition qui n’a même pas l’appui d’une quelconque association ?

    Si elle était portée par la quatrième internationale , ça pourrait par contre commencer à susciter l’attention .

    1. J’ai bien compris qu’on devait d’abord s’interroger sur le signe – ou + à affecter en tout ou partie à la production qui amène de la valeur . Est ce que ça s’arrête là ?

      En particulier et pour s’en tenir au niveau européen , en posant qu’on est parvenu à un accord commun sur le détail des signes à affecter par natures de production , est ce qu’on ne dénature pas le caractère vertueux du cadre en autorisant des taux de TVA distincts selon les pays de l’Union ?

    2. Ah non, pas la IVe ! (Bis ; à la 3e fois, je vous paye un verre 🙂 ). Pourriez-vous expliquer ?

      1. Non, il y en a eu 4 : les trotskistes ont créé la leur, la 4e. c’est sur wiki.
        Donc votre « Si elle était portée par la quatrième internationale , ça pourrait par contre commencer à susciter l’attention . » me pose question…

      2. Allons bon , je l’avais loupé , la quatrième . Eninel va m’en vouloir . Déjà qu’on avait de l’eau dans le gaz entre autoritaires et anti autoritaires , s’il faut doser entre Staline , Lénine et Trotsky … Poutine doit avoir un avis .

        Bon alors d’accord , la cinquième ( la somme des quatre premières ?). Sinon il faudra faire la fédération des internationales .

        PS : j’espère qu’il n’y a pas déjà une cinquième qui nous a échappé . Question à poser à Chantal Monteiller tout à l’heure .

    3. Si la valeur ajoutée est négative , qu’est ce que cela veut dire pour les salariés de l’entreprise , pour les actionnaires , pour les créanciers , pour les charge sociales et les taxes associées ?

      Au hasard les entreprises de l’aéronautique , de l’automobile , pétrolières , nucléaires , certaines sociétés financières .

      (PS : En France , si on veut pénaliser par exemple le pétrole on dispose aussi de la TICPE .)

    4. Ce ne est pas tant les gouvernements qui résistent que la totalité de la structure. C est tout simplement le futur que nous avons ecrit qui resiste…

  2. Décortiquer la répartition des 534 milliards distribués au niveau européen, ne serait-il pas plus démonstratif?

    1. D apres ce que j en ai vu, mais qui n est pas definitif… j ai plutot été agreablement surpris, je me demande ou est l anguille, ou alors c est que les choses sont carrement plus grave qu on l envisage meme ici…

  3. Changez le cadre, le système, oui bien sur, mais en attendant que faire des urgences sanitaires et sociales et de la satisfaction des besoins essentiels de la population ?
    Convoquer une Constituante pour redéfinir les règles ne devrait pas interdire au gouvernement qui en prendra l’initiative de gouverner pendant ses travaux.

    1. Si c’est une constituante européenne , on peut être d’accord .

      Sinon , autant demander au maire du coin de réécrire la déclaration des droits de l’homme et du citoyen , ou les dix commandements .

      1. La commune est la base de la démocratie, alors oui, le maire du coin a un rôle essentiel, les cahiers de doléances n’ont pas été rédigé à Paris ou à Bruxelles. Quand à l’Union européenne, celle des traités, elle passera et les Etats perdureront.

      2. entendu dans l’entretien avec Bernard Stiegler du 3 juin :
        … si on efface les nations les nationalismes apparaitront …
        Pour ce qui est de l’Union européenne le futur n’est pas de mise !

      3. De l’importance de définir Peuple / Etat / Nation .

        Et de relire Ernest Renan sur les nations . et se souvenir qu’il y a des nations sans états , et des états où cohabitent plusieurs nations .

        Mais s’il y a un futur qui peut me faire voter , c’est bien le futur européen ou plus si affinités . Ce sera un des éléments déterminants de mon choix pour ne pas me retrouver dans une situation étatsunienne . ( si je tiens le coup deux ans ) .

      4. @ juannessy 6 juin 2020 à 0 h 02 min
        A propos de la réflexion de Bernard Stiegler, il est question ici de l’Union européenne et du développement en son sein de nationalismes, qui n’ont pas grand chose à envier à la situation états-unienne, pas d’un futur européen sur lequel on peut bien projeter ce que l’on veut.

      5. Parce que vous pensez qu’on échappera à la peste brune en France , sans penser plus grand que nous ?

      6. Il me semble que l’invocation de « l’Europe » a quelque chose à voir avec le fétichisme. Redonnons plutôt aux citoyens les moyens de définir les horizons c’est à dire essayons de construire une démocratie, ce que ne saurait être l’Union européenne. L’échelle nationale pour ce faire me parait incontournable.

      7. Les fétichismes seraient alors un vice très partagé !

        On dira que si nous partageons vraisemblablement les mêmes fins , nous n’avons pas les mêmes moyens , même si nous partageons , j’en suis sur , la démocratie comme un des moyens .

        Question d’échelle , aussi bien dans les enjeux que dans les mécanismes à mobiliser , dirait sans doute notre interviewer anthropsyéconosociologue .

  4. Cette « liste à la Prévert » a l’inconvénient majeur de lister beaucoup d’objectifs et bien peu de moyens.

    Sur l’exemple de la mesure 25 « Lutter efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale »

    « La fraude et l’évasion fiscales représentent chaque année un manque à gagner d’au moins 80 milliards d’euros en France (…) L’évasion fiscale des multinationales, provenant du transfert artificiel des bénéfices dans les paradis fiscaux est estimée à au moins 36 milliards d’euros »

    Qui serait en désaccord avec l’objectif de mettre fin à cette situation ? Seulement ceux qui en profitent directement, et ils sont très peu nombreux. Mais comment faire ?

    La mesure 25 consiste d’une part à « renforcer les moyens juridiques et humains des administrations fiscales, douanières et judiciaires » et pour commencer à arrêter de les réduire. Ce qui certes semblerait utile, mais en aucun cas suffisant, puisque justement les dispositifs de contournement de fiscalité sont bien rodés et qui plus est… légaux !

    D’autre part, il est remarqué que « Instaurer une taxation unitaire des multinationales permettrait de taxer leur bénéfice au niveau du groupe, puis de répartir l’imposition là où elle réalise ses activités, en y intégrant la dimension « numérique » ». La remarque est parfaitement juste. Elle est d’ailleurs au conditionnel : « permettrait ». Mais c’est justement là que se trouve la difficulté majeure !

    C’est un peu comme de dire « Allons sur Mars » et de proposer comme moyen la remarque « Un vaisseau spatial capable de faire l’aller-retour entre deux planètes permettrait d’aller sur Mars ». Attendez c’est incontestable, hein ! Mais on n’est pas plus avancés… La question de comment faire reste entière.

    Quant à la précision finale « Un taux d’imposition minimum effectif juste et ambitieux permettrait de mettre en terme à la concurrence fiscale déloyale. Ce taux doit faire l’objet d’un débat démocratique », elle revient à dire que le vaisseau spatial devrait être beau et de couleur rouge (« juste et ambitieux ») et qu’on va mettre au vote son type de propulsion (« débat démocratique »). Une nouvelle fois, on n’est pas plus avancés…

    Si l’on pense un peu aux moyens qui permettraient vraiment de bloquer la mise en concurrence fiscale des différents pays par les multinationales et le manque à gagner ainsi que l’injustice fiscale énorme qui en résultent, on se retrouve devant la nécessité soit de le faire dans le monde entier en même temps, soit d’empêcher aussi ces multinationales de simplement déplacer leurs activités dans les pays où la fiscalité est moindre. Ce qui ne peut guère s’envisager qu’au moyen de taxes s’appliquant aux produits et services issus de pays adoptant une telle fiscalité.

    Options pour faire advenir ça dans le monde réel :

    a) Convaincre tous les gouvernements du monde de s’y mettre. Ou du moins les principales puissances, Etats-Unis et Chine, Inde et Allemagne et Japon et France et Royaume-Uni et Russie et Brésil… sachant que rien ne se passera vraiment avant que tous ces pays n’aient de gouvernement approuvant cette politique. Tous à la fois

    b) Convaincre tous les gouvernements des pays membre de l’UE de s’y mettre. Et là, convaincre les principaux Allemagne et France et Italie ne suffirait presque certainement pas – si ne serait-ce que la petite Irlande s’oppose, elle qui a tant profité du dumping fiscal, elle peut empêcher d’adopter cette politique. Il faut donc que tous les gouvernements des pays membre de l’UE approuvent cette politique. A la fois. Sachant qu’il faudra aussi en même temps adopter des taxes sur les importations issues des pays à la fiscalité sur les bénéfices faible. Et accepter les inévitables représailles commerciales, alors même qu’elles seront ciblées par les puissances extérieures sur les pays de l’UE les moins convaincus de cette politique, afin de les faire changer d’avis

    c) Convaincre le seul gouvernement français d’adopter cette politique – au besoin en le remplaçant. Sachant qu’il faudra aussi en même temps adopter des taxes sur les importations en provenance non seulement de Chine et des Etats-Unis… mais des autres pays de l’UE. D’où sortie imposée du marché unique, et évidemment de l’UE. Et nécessité d’accepter les inévitables représailles commerciales, en provenance de nos voisins aussi

    L’option (a) me semble totalement irréaliste, parce qu’elle suppose un degré de coopération et d’alignement des objectifs et d’indépendance des grands intérêts économiques tout à fait remarquable dans toutes les principales puissances à la fois. Pourrait-elle le devenir dans d’autres circonstances, par exemple une catastrophe économique mondiale complète qui forcerait tout le monde à mettre la pédale douce sur la rhétorique nationaliste et les affrontements pour la prééminence, même Chine et Etats-Unis ? Je suppose que c’est théoriquement possible. Le degré de cette catastrophe devrait être… extrême. Quoi qu’il en soit, hors de circonstances véritablement extrêmes, (a) ne peut être appliqué.

    L’option (b) est peut-être légèrement moins irréaliste, vu les similitudes entre pays européens notamment être des démocraties à la différence de la Chine et avoir renoncé depuis 75 ans aux formes les plus extrêmes de la rivalité pour la prééminence. A moins qu’elle ne soit encore plus irréaliste, s’agissant d’un cadre l’UE qui est de nature légale et impose l’unanimité pour certaines évolutions – l’unanimité parmi 27 – et non de nature jungle de puissances comme le monde où il est permis de penser que l’accord entre les 5 ou 10 principaux pourrait suffire ? L’option (b) est en tout cas une partie d’une stratégie « pro-européenne de gauche ».

    L’option (c) est probablement la plus réaliste politiquement, tout en restant très difficile vu le changement total de stratégie que représenterait pour la France un « cavalier seul » hors UE, abandonnant une stratégie datant au minimum de 1992 le traité de Maastricht voire de la présidence de Giscard d’Estaing – c’est que beaucoup de Français ne sont pas convaincus ! D’autre part, une sortie du marché unique poserait toutes sortes de questions – limitation de l’accès au marché qui absorbe 55%+ de nos exportations pour commencer, et pas seulement loin de là. L’option (c) ferait partie d’une stratégie « souverainiste de gauche », qui ne saurait être convaincante qu’à condition d’être pensée dans ***toutes*** ses conséquences… pas seulement les plus commodes comme « tiens je peux établir une fiscalité qui bloque vraiment la stratégie de moins-disant fiscal », mais les plus ébouriffantes comme « ah mince mes voisins de l’UE limitent mon accès à leur marché, et d’ailleurs ce ne sont pas les seuls ». En somme, le protectionnisme est un jeu qui se joue à plusieurs…

    Si on expose le problème, on n’est pas nécessairement plus avancés, parce qu’aucune des options (a), (b) ou (c) n’est commode ni facile. Mais au moins on s’est mis le nez devant, ce qui doit être la toute première condition pour trouver une solution.

    Si on en appelle à un « débat démocratique » pour décider de l’objectif (dans ce cas, le niveau du taux d’imposition), non seulement on n’a pas avancé mais on s’est pratiquement mis la tête dans le sable en s’imaginant que décider de quelque chose démocratiquement suffira à réaliser cette chose… même sans idée sur les moyens à utiliser, et en ignorant complètement la difficulté principale.

    La toute première condition pour arriver à quelque chose doit être de sortir la tête du sable, il me semble. Sans se décourager pour autant : il s’agit de bien étudier la montagne à laquelle on fait face et de tenter de discerner un chemin pour se mettre en route, pas d’en conclure flûte j’abandonne et je fais du survivalisme à la place, ni de se remettre la tête dans la sable non plus.

    Et ça ne vaut pas seulement pour la mesure 25 bien sûr. Mais pour beaucoup d’autres dans ce « plan », et

      1. En résumé, ça ne va pas être facile !
        En sommes nous plus avancés pour autant ?
        Pour ma part je fais le pari que le facteur déterminant est la volonté politique et qu’elle est effectivement, option c, plus facile à obtenir dans un pays que dans une union de pays.
        A quoi bon dénoncer la globalisation, ses flux tendus, etc. si on refuse la pertinence de l’échelle de la Nation.

      2. A qui bon trouver la nation pertinente , quand l’échelle du problème est a minima continentale ?

        Mais si les petites mains nationales ont des alliés dans d’autres nations , ça peut commencer à le faire . Certains appellent ça le début d’une internationale .

      3. @ juannessy 27 mai 2020 à 18 h 52 min
        Il me semble que dans international il y a national. La question est planétaire et l’instance planétaire à ce jour n’est-elle pas l’Organisation des Nations Unies ?

      4. Onu , oui bien sur , mais vous êtes encore plus violent que Jacques Attali qui appelle ( ou attend ) depuis longtemps à une gouvernance mondiale , qui verra bien sur inévitablement le jour in fine , si on doit donner une chance de survie à l’espèce humaine .

        Mais entre temps ( cf « une utopie réaliste ») , il y aura forcément des équilibre régionaux qui actuellement semblent se limiter à un duo , qui , de mon point de vue ( mais notre hôte est lui résolument chinois ) , ne donne pas la clé du bien être à venir pour l’espèce humaine .

        Il y a encore une petite place pour « les autres », capables d’apporter les hommes formés , les ressources , un espace géographique et marchand , … suffisants pour organiser et faire vivre « autre chose » . Mais la place se réduit un peu plus tous les jours pour l’entité qui m’est la plus proche et la plus humaniste . A défaut , il faudra accepter la vassalisation , d’où qu’elle vienne .

      5. Dans international , il y a surtout « inter » ,comme gage nécessaire de succès possible .

      6. J’essaye souvent d’entraîner mes co-auteurs ou jeunes collaborateurs francophones à éviter le verbe « permettre ».
        « cela permet de », qu’il traduisent en globish par « This would allow », même pas faux, mais qui me donne des boutons.
        Les anglais ne l’emploie d’ailleurs que très peu, pour faire valoir les nuances (qui existe en français aussi…) :
        « it would trigger / it would spur / it would ease / it would foster / it would provide / etc…

        Quant à la simplicité « structuraliste » de la proposition de Paul, je suis évidemment « pour ».
        Mais je n’oublie pas que la profession comptable sait toujours trouver une catégorie de plus quand ça l’arrange.
        La création de catégorie comptables est une caractéristique civilisationnelle, avec les « Special Vehicles », les choses hors bilan, et toutes ces choses qui [rhoo] permettent ?/ facilitent (!) l’expansion des idées fausses sur la création monétaire, et ses versions « alouette », « écureuil » et « puma » (Attention, dans les hélicos, il y a aussi « super frelon ! » )

        Donc dans la série « oui mais », mon « mais » concerne le fait qu’il faut un « encastrement » (Polanyi, es-tu là ?) de ces choix de valeur dans un « réseau »/ »cycle » de savoir, quelque chose avec un peu de praxis et de commun (partager le quotidien des hosto parce qu’on s’est chopé la covid peut faire partie de ce « commun », à la marge !) .

      7. @ juannessy 27 mai 2020 à 23 h 30 min
        De mon point de vue le rôle de l’ONU ne peut être assimilé à un gouvernement mondial, il affirme au contraire par construction, une Etat une voix, la pertinence de l’Etat nation.

      8. @ juannessy 27 mai 2020 à 23 h 30 min
        A quoi faites vous allusion quand vous évoquez des « équilibre régionaux qui actuellement semblent se limiter à un duo » ?
        Que ce soit en Europe, en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie il existe une multitude d’alliances régionales.

      9. @Romain Vitorge :

        1- ONU : je n’ai pas parlé de gouvernement mais de gouvernance mondiale , et il y aura à ce propos les mêmes nécessités qu’il y a de définir le bon mode de gouvernance qui permet d’associer le global ( mondial ) et le local ( mouvant ) qu’il y en a à trouver les bonnes répartitions de compétences et les bons rouages entre n’importe laquelle des « unités centrales  » actuelles avec ses « composantes » . Actuellement , au niveau de l’ONU , le principe « un état -une voix » est surtout le lit de l’impuissance de l’Organisation , qui n’est guère prise au sérieux qu’au niveau de conseil de sécurité en état lui même de blocage permanent , sauf quand les problèmes ne se posent pas vraiment . De ce point de vue le défi lancé à l’ONU et aux grandes instances internationales est le même problème de mise au point d’une démocratie mieux aboutie que celui posé aux états actuels . L’Europe , avec le principe de substitution, avait tenté une solution originale , mais qui à l’usage montre ses limites , le juge de paix étant la nature et la taille de l’enjeu posé par le problème à résoudre ( exemple récent de la pandémie )

        2- « duo » : je veux dire qu’actuellement il n’y a que deux « zones homogènes  » d’influence avec les moyens qui vont avec : les USA et la Chine . Tous les autres n’ont , ni le poids , ni la force militaire , ni la monnaie ,ni les technologies , ni …la volonté de faire système autre . L’Europe aurait pu , mais ses peuples et ses dirigeants ne le veulent pas vraiment , au moins jusqu’à ce jour .

      10. @Timiota :

        Cet encastrement dans la praxis n’est pas si difficile que ça à trouver car les briques existent déjà ( syndicats , communes , associations thématiques ,et d’usagers …) et quand les structures de concertation avec le milieu institutionnel fonctionne correctement , il y a déjà des remontées fortes possibles .

        Un parlement dans sa pureté originelle , c’était d’ailleurs déjà un peu ça . Ça l’est encore dans quelques rares pays .

        Mais c’est cet art de la maturation de la décision que les français ( qui ne l’ont jamais appris d’ailleurs ) possèdent encore moins que d’autres , alors que paradoxalement leurs diplomates sont réputés . Ils préfèrent écrire leur décision avant toute discussion qui n’est pour eux qu’une confrontation , une guerre à gagner . Et toujours perdue ou anémiante , en particulier quand ils se trompent d’adversaires ou d’alliés .

    1. « L’évasion fiscale des multinationales, provenant du transfert artificiel des bénéfices dans les paradis fiscaux est estimée à au moins 36 milliards d’euros. »
      C’est à dire qu’une captation totale de ce flux permettrait de répartir
      36 000 / 60 = 600 € / français / an soit 50 € / mois à ajouter au Revenu universel.
      Est-ce à la hauteur des problèmes ?
      Que ce passerait il si la France devenait un paradis fiscal, s’alignait sur l’Irlande, le moins disant fiscal au niveau européen, ne serait-il pas plus facile alors d’obtenir une unanimité pour un niveau de taxation minimum commun ?

    2. @ Alexis,
      J’aime beaucoup ta synthèse, elle va droit au but et elle met parfaitement en exergue nos obstacles actuels.
      Je repensais à la proposition précise et fondamentale de Paul Jorion sur la plus-value avec le cas Musk et Starlink (dont je cause ailleurs) : lui il a une énorme plus-value (potentielle) mais qui implique des moins-values également énormes pour le monde entier : polluer l’espace proche, c’est quand même incroyable comme externalisation.
      Alors comment l’obliger à évaluer correctement la plus-value de Starlink sans la limiter à sa seule cupidité (qu’il se dissimule sous le couvert du grand inventeur) ? Mais on pourrait évoquer le cas de sociétés (comme Camaïeu) qui vont être fermées alors qu’elles étaient rentables mais àtrop peu pour les fonds activistes qui en extraient férocement la plus-value.
      Ben, c’est une histoire de rapport de force à inverser. Dire ça est loin de suffire, je sais, sinon c’est un mantra un peu vain.

      On peut alors repenser à des précédents. Avant 1789, il y a rencontre de deux mondes : celui des cahiers de doléances (parfois confus et disparates mais qui toujours réclament l’essentiel : pain et dignité) et celui des philosophes des Lumières (c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau).
      Ne serions-nous pas mutatis mutandis dans un cas de figure analogue : crise insurmontable pour le pouvoir (on en est au début mais qui peut croire que 2020 va revenir pépère au business comme avant ?) et une marée montante qui associerait à nouveau des classes tenues jusqu’à ce jour séparées ?
      Disons en vrac des popus style GJ, des bobos style ND, des classes moyennes y compris supérieures coincées dans leurs tours réfrigérées (certifiées covid compatible) avec beaucoup des jobs inutiles, des sans grades mal-payés mais qui ont tout fait tenir, des intellectuels (des vrais : ceux qui font vivre la culture, pas ceux qui en causent dans le poste, ce prolétariat lui aussi méprisé et pourtant indispensable pour respirer)
      Tous sauf le noyau dur sarkollandomacronien que décrit par Clémentine Autain. Ils iront en exil à l’île de Ré.
      Tout le paradoxe évoqué par P. Jorion est là : l’arrêt de deux mois a suffi pour mettre par terre le système, provoquer une dépression mais a aussi dévoilé comment sauver notre environnement et sauver des vies, un moment pédagogique cher payé mais qui a ouvert les yeux.

      Ne demandons pas des programmes clés en mains, ne pensons pas qu’il suffit d’écouter les gens, non : il faudrait surtout éduquer et diffuser les outils (PJ a déjà fourni une boîte à outil mais quelques autres le font comme Supiot, Lordon etc). Ensuite un mouvement peut s’embrayer et changer le rapport de force… comme en 1789. Et malheureusement aidé par l’implosion du système devenu insoutenable.

  5. Paul je vous trouve un peu dur tout de même, surtout envers des « amateurs » !

    En fait je suis déstabilisé pas la dureté de votre critique car je me serais attendu à plus d’indulgence, voire de bienveillance de votre part, surtout que parmi les 34 mesures préconisées se trouvent des thématiques, notamment celles ayant trait à la régulation de la finance, comme l’annulation des dettes publiques et la séparation des activités des banques, qui, corrigez moi si je me trompe, ont été à une époque des positions que vous défendiez dans ce blog au même titre que l’interdiction de la spéculation.

    A la rigueur, ce que l’on peut reprocher à ce plan, c’est son incapacité à réaliser que la plupart des mesures proposées sont irréalisables sans remise en cause profonde, non pas du cadre capitaliste (ce que vous vous proposez), mais déjà de celui des traités de l’UE et des institutions qui la composent.

    En particulier, on imagine mal, au moment même où la Cour de Karlsruhe retoque la constitutionnalité des programmes de rachats massifs de la BCE, comment cette dernière pourrait à présent se mettre à financer directement les états (et encore moins faire de la « monnaie hélicoptère » auprès des collectivités locales ou des ménages) sans remettre en question le dogme de son indépendance, et poser une lumière crue sur la question de l’absence de contrôle démocratique des institutions européenne alors que la situation exige qu’elles s’écartent de leur attributions originelles.

    Serait-il possible que vous développiez un peu votre critique de ce plan, notamment concernant l’objectif 6 du plan, à savoir la reprise de contrôle sur la finance et la dette publique, pour éclairer votre position par rapport à ce qui est proposé , de mettre en lumière les incohérences et ignorances que vous pointez, et pourquoi pas apporter les corrections qui pourraient permettre à ces proposition de véritablement remettre en cause le cadre lui-même, pour vous citez.

    Merci.

    1. On pourrait utiliser le principe général « la critique est aisée mais l’art est difficile ». Mais je veux aller plus loin.
      Cette pratique du « mémorandum fourre-tout » est assez courante, quand les parties prenantes ou lobbys veulent peser sur les thématiques qui vont faire un programme de gouvernement détaillé comme un contrat entre partis (surtout en Belgique, cad dans un cadre de vote proportionnel et d’alliances entre partis). Et le milieu associatif doit se regrouper pour peser. Ce regroupement est plus ou moins opportuniste et sans lendemain, plus ou moins approfondi et cohérent. Le même jour, les associations sociales belges (sociales : syndicats et mutuelles, environnementales, de lutte contre la pauvreté, etc.) rejoignant les deux communautés linguistiques , annoncent qu’elles se sont alliés en « coalition corona ». Et effectivement pour peser sur la future formation de gouvernement. « Le temps des débats est fini dans six semaines, prédit un patron d’association peu optimiste mais qui oeuvre a des contacts très discrets. (…) Et une fois que les décisions prises, il n’y aura plus d’argent pour 2020-2021 et on entrera dans 3 à 5 ans d’austérité » (Le Soir d’aujourd’hui, p.6). Ils ont pris l’habitude de travailler ensemble sur la question du Climat, ce qui a créé des ponts parfois imprévus entre eux. Ils pourront notamment s’inspirer de votre travail avec la mutuelle socialiste : « Vers un nouveau monde ».
      Très souvent, les programmes électoraux des partis ne valent pas mieux. D’ailleurs, pour ce qu’on les respecte au pouvoir…
      Même le programme l’Avenir en Commun, de La France Insoumise, qui a connu un processus de construction intéressant, a un peu cette tournure.
      La question est un peu : comment les idées de votre dernier livre (je le termine et veux en parler, mais le jardin m’appelle) vont-elles percoler, dans quels réseaux ? C’est un peu la question que vous nous avez posée et à vos invités… Donc ne soyez pas trop sévère avec des partenaires potentiels, ces associations qui ont beaucoup plus l’oreille des citoyens que ne l’ont les élus et les médias…

      1. D’autant qu’il me semble que les signataires ne présentent pas le projet comme un programme de gouvernement mais comme un document pour lancer le débat public .

        La véritable erreur , c’est que les français ne savent pas faire un débat public à ce niveau d’enjeu .

  6. En parlant des vies épargnées par le confinement…

    J’avais constitué un fichier ( nommé  » road trippes  » ) de photos d’animaux tués par des véhicules entre ma maison et le village voisin ( 3.7 kms ) on y trouve chaque année :

    Blaireaux, sangliers, chevreuils, hérissons, renards, écureuils roux, couleuvres à collier, couleuvres verte et jaune, lezards verts, crapauds communs ( milliers ) , chouette effraie, cheveche, engoulvent …

    Parfois Genette, putoi, et une fois, vison d’Europe.

    Juste 3.7 kms,

    Et cette année , j’avoue que chaque jour, j’ai apprécié le silence de la route, et toutes ces vies épargnées.

    1. C’est également valable en zone urbanisée, pour les écureuils, hérissons, oiseaux, au moins…

      1. Sur un petit carré d’herbe de 50m² avec quelques buissons il y avait toute une famille de hérisson il y a quelques années, il venait me rendre visite et manger les croquettes de mon chat tous les soirs. L’année d’après il y en avait plus que deux et un an après il y en avait plus qu’un et depuis deux ans il y en a plus. Vivement la guigne j’en ai mal au cœur.

      2. À cause des paysagistes Fiers deux avec leur gros engin, ils sont tout fier de tailler Grossièrement les haies et’déchiqueter mes potes
        . Je rêverais de gérer les espaces verts publics en France. Ce serait le paradis je vous le dis

    2. Et l’hécatombe ne cessera pas avec l’électrification de l’arme de destruction massive qu’est la bagnole .

      1. Ceci dit, les avions aussi doivent dessouder énormément d’oiseaux, à l’atterrissage ou au décollage, les ‘atterrissages’ dans l’Hudson devant être exceptionnels j’imagine…

    3. Ces pertes là ne sont comptabilisées nulle part, ou bien, si elles le sont, c’est vraiment sans faire de bruit, au regard des chiffres énormes que cela représente.

      Plus généralement, avant que le citoyen ne reconnaisse à une vie sauvage, une quelconque valeur, il y a un sacré chemin à parcourir.

      Aujourd’hui, l’ignorance est assez dominante, et la considération nulle , ou tout au plus comme élément de décoration.

      Peu de gens sentent leur destin lié aux destins des animaux autour d’eux.

  7. C’est vrai, la tva parait être la bonne porte d’entrée.
    Pour les ventes d’armes, j’ai un doute. Pas encore un produit culturel puis les secrets d’Etats sont toujours bien enfouis mais vous avez raison c’est un sujet qui pourrait que devrait faire CONSENSUS et serait bien reçu par les populations puisque c’est la queue de l’âne que chacun traine derrière soi.
    Redonnons à l’âne le bonheur de trottiner dans les prés.

  8. Il s’en trouvera peut-être au sein de la possédance actuelle, un duc de Noailles et un vicomte d’Aiguillon (ou l’inverse) pour faire mine d’abandonner les privilèges actionnariaux moyennant leur rachat au dernier 60 ! Mais encore faudrait-il que cette supplique de 20 associations fasse l’effet de la révolte des paysans de 1788 à 1793. M’enfin il ne faudrait pas non plus prendre trop promptement les songes associatifs pour de la réalité !

    Plus « sérieusement », l’on imagine bien que lorsque des associations se réunissent, chacune vient avec sa liste des maux dont elle a acquis l’expertise et croit fermement avoir réussi à défendre sa cause lorsqu’elle repart avec une prescription pour chacun des symptômes laborieusement mis en évidence.

    Il n’est pourtant pas difficile d’imaginer que l’on ne réussira pas à guérir le patient en multipliant les prescriptions et qu’il faudrait s’appliquer à émettre un diagnostic d’où puissent remonter la plupart des symptômes du moment et ceux apparus avant les précédentes convulsions.

    Mais une association peut-elle se risquer à reconnaître son incompétence en matière de diagnostic ultime et à recourir aux lumières d’un tiers pour ce qu’elle est convaincue de relever du domaine de son expertise ? L’on imagine bien tout le travail à faire par elle pour parvenir à la conclusion qu’elle ne sait pas.

    La question qui me vient est : dans quelle mesure le Blog de Paul Jorion pourrait entreprendre la tâche titanesque (mais pas inutile pour l’avenir) de faire entendre à chacune des 20 associations qu’un diagnostic plus avancé lui serait utile ?

    1.  » L’association  » CGT va apprécier qu’on lui refuse l’aptitude à fonder un diagnostic …

    2. En même temps, j’ai l’impression qu’elles ne demandent pas mieux :

      On peut lire en fin du document :

      « Les 34 mesures proposées dans ce plan de sortie de crise constituent une première contribution au débat nécessaire pour engager la reconversion écologique et sociale de nos sociétés. Nous voulons maintenant œuvrer collectivement pour les populariser, les compléter, les incarner à travers des luttes concrètes, et construire ensemble les conditions pour les imposer. »

      D’où ma surprise de ne trouver ici que des critiques acerbes, alors qu’il y a peut-être là l’occasion de mettre à profit les années de réflexion qui ont alimenté le Blog de PJ pour étoffer, donner corps et consistance à ce qui de l’aveu même des auteurs de ce plan, n’est qu’une modeste contribution au débat publique, et en aucun cas un programme politique élaboré par des professionnels de la vie politique, rompus au fonctionnement de l’état et au gouvernement d’un pays.

      Paul ne pourrait-il être cette personne, qu’il évoque dans sa vidéo, capable de synthétiser, d’agencer et de remettre en ordre les différentes idées confuses et foutraques de ce plan pour lui donner le sens et l’envergure qu’il appelle de ses vœux ?

  9. La TVA, bien utilisée, pourrait permettre à un Etat de prendre des mesures taxatoires du carbone sans handicaper ses entreprises à l’exportation. Encore faudrait-il que cela soit compatible avec les règles européennes.

  10. Comme indiqué déjà dans un commentaire précédent, je propose de (re)définir d’abord la propriété !
    Par rapport aux valeurs universelles que sont l’égalité, la solidarité et la liberté .

  11. « Inventaire à la Prévert »: la métaphore m’est tout de suite venue à l’esprit. La poésie et le génie de Prévert en moins bien sûr.
    Comme relevé plus haut, rien ou presque sur les moyens. Sur la question de l’énergie en particulier. Sans quoi rien n’est possible (si j’ai bien compris). C’est un peu moins bisounours que les « cent principes » (pas un de moins! grands de préférence; Guy Béart ne les comptait pas, la poésie en plus) de Hulot-le-retour. Quant aux signataires, c’est l’auberge espagnole. Bref pas de quoi en ébranler une (comme disait l’autre). Qué misère!
    Quant au niveau européen: c’est bien là que tout se joue, non?

  12. Une réflexion au sujet de la sortie du cadre actuel, posée comme point de départ préalable par PJ pour sortir de la crise :

    « Qu’aurait-il fallu faire à la place ? Proposer une mesure qui fasse une vraie différence. La liste est longue mais, allez, la première qui me vient à l’esprit : « Redéfinir la valeur ajoutée ».
    Comme je le dis : « la première chose qui me vient à l’esprit », mais qui ferait une vraie différence : qui ferait que les calculs de PIB (qu’il faudra faire, pour connaître la « croissance ») ne diraient pas qu’on est dans une récession, voire dans une dépression, mais qu’on a permis au contraire à la nature de souffler, voire de se reconstituer un peu, et que nous sortirons (nous et la biodiversité) de cette pandémie plus riches et pas plus pauvres. »

    > On s’accordera sur le fait que ce dont on parle quand on évoque la sortie du cadre actuel, c’est bien la sortie du capitalisme, n’est-ce-pas ?

    Mais alors, n’y a-t-il pas déjà une forme de contradiction dans le fait de vouloir continuer à utiliser les indicateurs et instruments de mesure du capitalisme (PIB, croissance) pour évoquer les contours d’un système qui dévaloriserait donc ce qui porte atteinte à la nature et aux gens, et valoriserait ce que nous ne saurions nommer aujourd’hui autrement que sous le vocable de « décroissance », faute de mieux ?

    Or si par décroissance, on entend pas par là le projet insensé de n’avoir pas à renverser le capitalisme tout en espérant le convaincre de contredire son essence – qui est de croître indéfiniment, mais un autre nom pour « sortie du capitalisme », alors pourquoi maintenir cette problématique de la croissance (dont la décroissance n’est qu’une modalité) qui, en réalité, n’a de sens que dans le capitalisme ?

    La mesure du niveau de félicité des habitants et du taux de reconstitution des écosystèmes ne seraient-il pas des indicateurs plus pertinents pour mesurer la réussite du nouveau modèle / cadre mis en place ?

    1. Donner un signe + ou – aux valeurs fournies par les activités de production de toutes natures , c’est bien implicitement définir le bonheur auquel on aspire , non ?

      1. En effet, donner un signe + ou – aux valeurs fournies par les activités de production de toutes natures, c’est avant tout un acte politique, une nouvelle arme démocratique dont doivent s’emparer les citoyens, pour conquérir le droit de choisir une politique à appliquer pour le monde dans lequel ils aspirent à vivre.

        Mais en l’état c’est insuffisant pour permettre de mesurer a posteriori le gain en qualité de vie pour les humains et pour la biodiversité, se représenter le chemin parcouru par rapport à l’ancien système et se fixer les nouveaux objectifs à atteindre. Pour autant, je ne pense pas que s’en référer aux outils de mesure qui étaient en usage dans l’ancien cadre (PIB, croissance) soit approprié.

        Vous vous inquiétiez dans un autre post du sort des salariés des entreprises de l’aéronautique, de l’automobile, de la pétrochimie et du nucléaire. Soyons honnêtes avec nous mêmes, et poussons le raisonnement à son paroxysme : dans un monde où un signe – est apposé devant l’activité d’une entreprise, cette dernière est de fait condamnée à péricliter à plus ou moins brève échéance, non ?

        Allez dire maintenant aux millions de salariés rester sur le carreau qu’ils vivent désormais dans un monde meilleur qu’auparavant, vos avez intérêt à avoir de solides arguments à leur opposer et factuels avec ça.

        Car c’est un fait, leur niveau de vie autrefois « quantifiable » en quantité d’objets qu’ils pouvaient posséder, aura irrémédiablement diminuer.

        Je citerai ici Lordon : « sortir du capitalisme, c’est perdre le « niveau de vie » du capitalisme. À un moment, il faut se rendre à un principe de conséquence. On ne pourra pas vouloir la fin du système qui nous promet le double désastre viral et environnemental, et la continuation de ses « bienfaits » matériels. Avec quels objets voulons-nous vivre, desquels pouvons-nous nous passer, desquels non ? C’est à nous de décider – et ce sera, en effet, de la politique : car tout le monde ne sera pas d’accord. Comme toute décision politique, celle-ci sera imparfaite, majoritaire seulement (la politique ne connaît pas l’unanimité) » (https://blog.mondediplo.net/problemes-de-la-transition).

        D’où l’importance de trouver des indicateurs qui permettent de refléter comment ce qui a été perdu en quantité de choses possédées a été gagné en qualité de vie.

      2. Il faut peut-être introduire la notion d’urgence par rapport à ces valeurs. Je regardais le graphique de Meadows qui annonce une chute des indicateurs en 2030 en commençant par la production industrielle avant 2030 puis la pollution et l’alimentation en 2030 à peu près. Sachant cela, quelle production d’autos, d’avions, de pétrole et de nucléaire est encore possible ?
        (Au doigt mouillé, plus d’auto –on peut les entretenir 10 ans–; quelques avions pour une aviation soft de pure utilité; le pétrole jusqu’au bout pour les usages pétrochimiques mais plus simplement comme énergie; le nucléaire rien de nouveau mais la prolongation de ce qui est acceptable — pas de cuve poreuse, pas de bord de mer, etc.).
        La priorité en valeur, c’est l’alimentation, donc la force de trait, donc un élevage de bêtes de trait, qu’on mangera en vieilles carnes un jour… et les énergies renouvelables et l’innovation énergétique (un budget que le nucléaire mange aux trois quarts).
        Bref, en fonction de l’urgence, les valeurs changent ou se clarifient.

      3. Je vous confirme qu’en  » me souciant du sort des salariés de l’aéronautique , de l’automobile , de …. » , en cas de positionnement avec le signe – , c’est bien parce que je pense qu’en se faisant on les condamne à disparaitre ….à terme . Ce ne serait d’ailleurs pas une première dans l’histoire économique des pays industrialisés ou pas ( la machine à vapeur a condamné à disparaitre pas mal de professions , on peut d’ailleurs pensé aussi par exemple que la presse écrite quotidienne a du souci à se faire ).

        Est ce pour autant qu’il ne faut pas annoncé la couleur et afficher le signe – ? Non , mais il faut bien sur se donner les moyens des mesures d’accompagnements pour « recaser » les salariés concernés . C’est un peu , dans les outils nécessaires , l’histoire de tous les dispositifs de reconversion dans le domaine de la sidérurgie que nous avons évoqué par ailleurs , par exemple . Ils n’ont pas laissé de très bons souvenirs et il n’est pas facile , ni même « humain » , d’imaginer transformer un métallo en surveillant statique d’une chaine transfert . Je vous rejoindrai pour dire qu’il faut , pour toute transition , du temps annoncé , du dialogue et des critères de mesures , de l’accompagnement personnel .

        Mais vous comprendrez que pour des syndicats , souvent échaudés dans le passé , conscients de la difficulté de la gestion humaine , en particulier dans un contexte de disparition du travail tel que souvent évoqué ici , il ne soit pas urgent de prendre les devants pour une révolution copernicienne que beaucoup envisage sans vraiment en mesurer le prix et la peine humaine à porter pendant de longues années .

        Et dans l’immédiat, qui risque de durer au moins deux ans , avec l’envolée prévisible du chômage qui va transformer des travailleurs en quêteurs angoissés de subsides , ils n’ont pas forcément envie ( et je les approuve ) de faire trop rapidement le lit de chômeurs supplémentaires . Celui qui aura à expliquer à ceux qui ont perdu , que « globalement  » tout le monde y a gagné , aura sans doute raison , mais c’est un homme courageux , et même Jésus aurait peut être refuser le job …

        On pourrait imaginer dans l’idéal , un grand chambardement brutal dans les natures et l’organisation du travail , et ce serait peut être gagner du temps sur l’inévitable mutation , mais les ressources ,hic et nunc ,à mettre en jeu me paraissent hors de portée dans le système financier mondial et les jeux géopolitiques actuels .

        On ne peut donc jouer que sur les marges les plus stratégiques et signifiantes dans le contexte réchauffement climatique , avec les instruments de mesure que vous évoquez pour gérer au mieux les impacts humains , en jouant sur les solidarités . L’incohérence des actions serait l’ assurance d’efforts vains et d’échec , et il faut évidemment que ces solidarités soient à un niveau largement supranational .

  13. Il devient respectueux de ne plus user d’internet pour l’inscription au pôle de recyclage (anciennement dechetterie). L’economie du numérique ne peut-être utilisée pour vider les stocks de déchets des particuliers
    Il devient respectueux de ne plus user d’automate pour diriger un appelant

  14. « En arrêtant tout, gaspillage et pollution ont été réduits, nous nous sommes enrichis, la nature y a gagné, de nombreuses vies ont été sauvées. » (citation non littérale mais fidèle je crois)
    Cela est vrai.
    Indiscutablement.
    Cela n’a-t-il pas déjà été dit, en termes assez semblables ? Il y a 2000 ans :
    « C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Mt. 6.25

    Mais quel bouleversement !
    N’en sous-estimez pas la radicalité.
    Ce n’est pas seulement une question de mode de calcul comptable.
    C’est une révolution du regard et une conversion des esprits que vous appelez de vos vœux…
    Elles seraient les bienvenues !
    Sans doute sont-elles même les seules voies d’avenir.

    1. Euh, DMB, t’es pas un peu entrain de demander à Paul Jorion de finir sur une croix là non ?

      Mince, il a osé.

      Je suis d’un naturel très curieux, et tout nouveau spécimen a le don de m’exciter, c’est mon principal défaut, alors grand fou, une fois pour toute pose un peu clairement ce à quoi tu penses profondément ? Et pourquoi c’est souvent (j’allais écrire souillé) marié avec cette extravagance de nationalisme souverain ? (Je me prends la tête avec Roberto sur ça aussi).

      1. Désolé de ne pas rentrer dans la case qui m’a été assignée.

        Est-il si difficile de juger un propos en fonction de ce qu’il dit plutôt qu’en fonction de l’étiquette donc on a cru bon d’affubler son auteur ?

        « Euh, DMB, t’es pas un peu entrain de demander à Paul Jorion de finir sur une croix là non ? ». Pourquoi toujours tout déformer ? On peut juger de la pertinence d’un propos sans s’identifier à celui qu’il l’a tenu.

        « Cette extravagance de nationalisme souverain » ! Nous y voila !
        Les choses évoluent, qui peut dire de quoi demain sera fait ? Mais aujourd’hui, sur la scène du monde, les principaux acteurs sont les nations et les firmes multinationales. Quand il s’agit de défendre le bien commun, je fais plus confiance à celles-là qu’à celles-ci. Si ça me fait rentrer dans la mauvaise case, tant pis ! Si les nations, si la France, n’ont pas la volonté de défendre le bien commun, personne ne le fera à leur place. Et qu’on ne me dise pas « l’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! »… La Commission vient de prendre BlackRock comme conseil à l’environnement…

      2. Nan, nan, nan, DMB, il ne suffit pas de frotter avec du papier blanc molletonné pour faire partir l’odeur.

        Je ne comprends toujours pas l’échafaudage, qui relie ta Nation du 19 ème siècle et la défense de l’intérêt commun (de qui au passage ?), puisque l’Histoire avec un grand H et plein de morts derrière, démontre la totale ineptie du concept.

        Merci de se sortir les doigts du fion, de faire un lavage réglementaire d’au moins 30 secondes sans oublier les ongles et de revenir tapoter un peu plus d’arguments sur l’immaculé blancheur de mon écran mister DMB.

        Les cases sont larges et flexible mon biquet.

  15. Si je suis votre raisonnement que je me permets de corréler au mieux à l’actualité… et au mien, exprimait il y a quelque temps, lors d’inquiétudes explicitées (série « Dystopie… ») au travers de l’abus d’usage de la « Stratégie du choc », au fait qu’elle puisse servir à l’ultralibéralisme, a avancer ses pions – de « l’ubérisation et ordinisation » défiscalisée et désocialisée » du travail segmenté à la tâche, des savoirs (et services publics = GRATUITE des cantines scolaires, pour les plus pauvres, des cas de NON RECOURS… privatisée et confiée aux paris nus sur des hausses ou baisses, pénuries sporadiques, problèmes d’approvisionnement, des stocks et prix des denrées alimentaire et autres « marchés » des masques, médicaments, traitements contre le covid-19, vaccins, respirateurs, lits de réa…) des savoirs donc fragmentés en terme comptable, privatisés, digitalisés, et de l’emploi en voix de précarisation, paupérisation, quand il ne se délocalise pas, ne se restructure pas, ne se numérise pas… et ne se « réforme structurellement », avec l’aide de l’austérité, pas assez vite et fort… au vue des annonces massives de plans de licenciements, dans des secteurs d’activités ayant été confronté ; et aux conséquences du confinement (fin du consumérisme en boutique…) ; et à la concurrence déloyale du « marché du Net » (explosion des bénéfices records des propriétaires privés d’entreprises et d’actions – des plus grosses fortunes mondiale, les Gafam, etc)… s’en prendre à la « valeur ajoutée »… ferait exploser en vole la part purement spéculative, superfétatoire, d’activité inutile en plus d’épuiser plus de trois planètes par an pour notre modèle de croissance qu’il serait question de continuer d’exporter (6 pour celui des USA)… participant à la sur-concentration des richesses « planquées » dans la « magie » des « mains invisibles » de ceux possédant plus que ce que la moitié de l’espèce humaine, peine à mettre de coté, pas de la rue, mais pour hypothéquer ce qui manquera « demain après demain » aux futures générations, si elles survivent aux guerres commerciales, monétaires de « civilisations », aux « marchands de doutes » (Schisme incarné par l’affaire Raoult, au sein du monde scientifique sur la confusion entre fins et moyens de « sauver des vies ») et à d’autres gestions dans la pénurie d’autres crises sanitaires… « en même temps » qu’il pourrait être espéré que l’économie plus solidaire, sociale, acquière une valeur plus réaliste… ?

    1. Quid alors la question de la « dépendance » tellement pesante, prégnante, qu’elle l’est discrédite, décrédibilise, en cas de propositions programmatiques trop concurrentes (au duel Macron vs l’extrême droite, fusionnée à la droite extrême), et rend presque indissociable, indivisible (comme la « République » qui est soit disant « Une est indivisible » ?) du bénéfice/risque, des menaces, que la baisse de financement des dites assoc… qui du privé, et/ou du public, les feraient autant disparaître que tous nos espoirs avec, entrainant avec une vague de « théories complotistes », « fausses nouvelles » tellement incontrôlables que l’effondrement de la démocratie, du dialogue, des corps intermédiaires deviendrait irréversible…?

  16. Ce qui caractérise le gouvernement actuel , à aujourd’hui , c’est son absence d’écoute , de prise en compte des opinions qui diffèrent de leurs certitudes taillées dans le marbre de l’ultra libéralisme.
    Clémentine Autain , il y a peu , parlait d’hommes de convictions dans le sens où ils sont persuadés d’avoir raison .Ne vivons nous pas la tragédie de tout pouvoir sans contre-pouvoir ?
    Comment se pourrait il que ce gouvernement en vienne à , soudainement , comprendre l’intérêt d’un vrai dialogue ?Et même si c’était le cas , comment pourrait il pratiquer une conduite des affaires participatives , eux qui n’en ont jamais eût le goût ?
    Remise en question face à l’énormité de l’erreur commise dans le domaine de la santé, des conséquences du seul raisonnement par les coûts ?

    « Nous entrons dans un monde d’interdépendance , ou le rôle de l’humain dans son interaction avec les autres humains devient le vecteur principal de la survie ou de l’extinction de l’espèce . »
    Extrait du « Souci des autres : base de la survie  » d’Edmond de Petchild aux éditions du canard boiteux ( 246ème impression, Mars 2057)

      1. Les idées , c’est un peu comme les virus , présentes bien avant qu’on se rende compte de leurs existences.
        2057 , c’est la version optimiste parce qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir .

        Pour preuve , le je m’en foutisme vis à vis de l’hécatombe des espèces.

  17. « La TVA pour les nuls…  » peut-être pour commencer?
    1)J’achète une boîte d’un litre de lait (de vache ..normande..) au super du coin.
    2)J’achète un »jean » (made in ..) au super du coin.

    1. Jadis il y avait en Belgique la « taxe de transmission ». Je suis import-export et j’importe des jeans (autre taxe d’import sans doute). Je les transmet à un grossiste : je paye 7% du contrat en taxes. Il les refile à des chaines de magasin : 7% des lots refilés. Les chaînes les refilent à des franchisés : 7% de taxes. Or chacun a pris 10 % de bénéfice sur le prix précédent. Donc les taxes augmentent avec le bénéfice et avec le nombre d’intermédiaires. Enfin le commerçant prend 33 % (norme ancienne) et paye encore 7% (sauf erreur).
      100+10=110 et 7,7 de taxes, puis 117 +11,7=128,7 et 8.5 de taxes, puis 137.2 et 41,3 (33% dont des taxes finales du commerçant) : 178,5 comme prix de vente au client.
      La « taxe à la valeur ajoutée » est plus logique, ne taxant que le rajout de valeur à chaque stade (que ce soit une prise de bénéfice ou une adjonction d’un élément, un emballage, etc.). Dans mon exemple, avec TVA de 21% : 100 + 10 (bénef de l’importateur) et 02,1 de TVA, donc 112,7 + 11.3 (benef du grossiste) et 24,8 de TVA, et donc 148,4 au commerçant qui rajoute 33 % et affiche un prix de vente de 197 +-/ (dont il paye une TVA de 40) à peu près.
      Si la fermière vous vend du lait en direct, c’est son prix qui va dire la TVA. Si elle vend au prix du commerçant, alors que son lait vaut 100 (en frais) la TVA sera la même au total, le nombre d’intermédiaires ne change rien à l’affaire.
      Bon c’est une explication d’un nul pour les nuls. J’avais lu une brochure sur la TVA à l’époque, et je l’ai toujours tellement elle est chouette, mais où ??

      1. C’est tout-à-fait le but de la TVA et c’est comme cela que cela fonctionne, chat blanc. C’est bien expliqué. Pas besoin de retrouver la brochure ! Il faut y ajouter une autre fonction : celle de favoriser les exportations : les marchandises, biens et services exportés sont exemptés de TVA. Afin de mettre sur pied d’égalité les importaeurs avec les producteurs en Belgique, la TVA s’applique, outre les éventuels droits de douane, à toutes mes marchandises entrantes en Belgique (sauf transit). Et, dans la plupart des pyas du monde, des dispositifs similaires existent, ce qui a simplifié grandement le commerce international. L’idée que je défends plus haut est de taxer le carbone par un système similaire. Les produits très carbonés sont taxés lorsqu’ils sont importés (c’est justement l’idée qui est mise en oeuvre dans la décision que la Commission européenne a prise hier) et détaxés lorsqu’ils sont exportés, quitte à être taxés lorsqu’ils rentrent dans un pays qui taxe le carbone. Ceci permettrait à la Belgique toute seule de mettre en place une taxation carbone sans mttre la compétitivité de nos entreprises en jeu. Qu’en pense Paul Jorion ?

      1. Mazette, on s’en paye du linge ! Du jean en vrai bleu de Nimes ! Orpailleur en Ardèche, peut-être ?
        (N.B. Le jean est un pantalon de travail renforcé par des rivets pour tenir les lourdes pépites dans la poche des chercheurs d’or ; le jean en bleu denim s’inspire du bleu de Nimes ; on a cherché de l’or en Ardèche ; mazette, qui viendrait de mésange, est un mauvais cheval, mais comme interjection, il souligne une nouvelle, souvent une mauvaise. Mais dans mon expérience, il brocarde affectueusement le nouveau riche et notamment son vêtement.)

      2. Sur place , on trouve tous les modèles du plus simple au plus personnalisé ( et même avec de la laine d’une bergerie voisine ) . Et un jean , ça fait dix ans ( ça fait trente ans que je ne grossis pas ) !

        Et français 100% . Jaloux , y a pas les mêmes en Belgique !

  18. Signes d’une sortie de crise:
    Patients atteints de cancer, de transplantation et d’asthme exclus de la liste de protection du Coronavirus par SMS
    https://www.theguardian.com/world/2020/may/27/phone-texts-notify-cancer-transplant-and-asthma-patients-they-are-off-shielding-list
    "proposition de loi hier visant à interdire «la diffusion (…) de l’image des fonctionnaires de police nationale, militaires, policiers municipaux ou douaniers» 15 000 € d’amende et un an d’emprisonnement prévus".
    http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b2992_proposition-loi

    1. Sortie de crise, mais avec ces lois on entre dans quoi, alors ? Dans un régime Louis XVI (qu’ils mangent de la brioche), ou Louis XIV (rien ne peut entacher mon soleil) ?

    2. Si on devait opposer amateurisme et professionnalisme en politique , il me semble que cet amendement relève du professionnalisme .Pas de liste à la Prévert , juste un élément qui peut tout faire basculer par le jeu des implications.
      Voilà une proposition qui n’a l’air de rien, qui se base apparement sur des éléments de justice , mais qui peut faire entrer notre société dans un monde dictatorial , ou la puissance d’un état ultra- policier ne pourrait plus être contesté. Éliminer les contre pouvoirs revient à donner à l’autorité en place une absence de limites… de quoi faire rêver les extrêmes de tout bord.

  19. Je me pose la question : « Mais pourquoi donc tous ces nuls, ignares, qui n’y connaissent rien, mais qui se battent au quotidien pour défendre des idées, ne se tournent-ils pas vers toutes ces têtes pensantes et si intelligentes que l’on peut lire dans les commentaires  » Sont-elles donc bêtes ces associations tout de même !
    Alors je dis à tout ces « sachants » qui écrivent si bien, qui ont, eux, les vraies bonnes idées : allez-y ! Mouillez vous ! Allez au charbon, pas seulement en écrivant de beaux textes savants, non, dans la rue avec ce peuple ignorant qui attend tout de vous !
    Je sais c’est moins simple déjà…

    1. Heureusement nous sommes quelques uns ici à être du côté des gilets jaunes, à participer plus ou moins activement à cette branche active qui a déjà apportée pas mal de fruits et ce n’est qu’un début, sachant qu’il y a maintenant métamorphose du mouvement. Nous sommes sur une brèche de haute intensité politique à l’école des travailleurs et non à suggérer des idées à l’oreille d’un prince, quelqu’il soit, bref c’est le réel contre l’utopie, la dureté d’un combat contre les flatteries politicardes, constamment.

      1. Exactement, mais le reel si on le regarde sans complaisance c est que vous montez au front en desordre et mal équipé. Jorion vous propose un meilleur materiel mais aucune stratégie (au fond je crois qu il se l interdit mais c est une opinion subjective). En face ils peuvent se permettre le tapis de bombe pour seule stratégie, pas nous.

      2. Xactement ! C’est ça.
        Faisons ce que nous savons faire, à notre niveau. Faire plier le gouvernement sur des détails en établissant un rapport de force.

        Ce n’est certes pas ébouriffant mais un long début prometteur.
        Pas de génie, pas de haute envolée intellectuelles, pas d’efforts, -en fauteuil-, soi-disant libérateurs mais une lente pression continue.

        La révolution attendra. Même le RIC, cet idéal lointain, attendra.

        Tous avec les Gilets Jaunes, dans la durée.

  20. Au début de sa vidéo Paul dit :  » Il n’y a rien là qui remette le cadre général en cause  ».
    ( Dans le projet des 20 associations, on ne dit pas non plus que )  » l’on va envisager les choses dans une autre perspective pour que les choses changent. C’est ce qui a retenu mon attention et donné une clé pour écouter la suite.
    Changer le cadre ?
    Renoncer au capitalisme et aussi à tous ce dont l’humanité a vainement fait l’expérience. Stalinisme, fascisme et même social démocratie. C’est donc renoncer à la suprématie de l’économie, de la finance, à la croissance au productivisme et au gaspillage etc…
    Renoncer à tout cela et à d’autres encore ne signifie pas renoncer à inventer, n’est-ce pas ?
    Alors regardons quelles sont ces 20 associations qui demandent de renoncer. D’où viennent-elles ? D’où parlent-elles ?
    Ne faudrait-il pas les interroger et attendre d’elles qu’elles nous disent, d’abord, quelle est leur vision commune du monde, pour les enfants.
    J’attends d’elle une vision, qu’elles peignent le décor. Ensuite nous verrons.

  21. Touré mesura relieve de l inventaire a la Prevert si on a pas defini auparavant comment on va entrer et gagner le rapport de force qui permettrait de la mettre en place. La série d articles de Lordon en cours sur son blog en ce moment semble aller dans le bon sens de ce point de vue la, cependant il avance de manière si carré dans sa reflexion qu on se demande a quoi il va aboutir, un peu a la manière d un joueur d echec. Espérons qu il en sortira qqchose d original car c est un peu ce qui lui manque jusque la. Il faudrait arriver a une construction aussi methodique que celle de Lordon qui debouche sur des propositions aussi novatrices que celles de Jorion. Ces dernieres auraient ainsi peut etre une chance de voir le jour…

    1. Ne sous-estimez pas Lordon, il est très lucide sur les ravages du capitalisme, de surcroît il est aussi un homme de terrain qui prend ses responsabilités au bon moment : j’ai posté l’autre jour une vidéo où il soutenait sans ambiguïté Eric Bezou.
      https://www.youtube.com/watch?time_continue=189&v=N6vhbGUViZ0&feature=emb_logo
      Nous sommes beaucoup d’individus concernés par la « solidarité » de la Pénicaud, qui ne fait pas semblant pour casser du travailleur.
      Votre : « Espérons qu il en sortira qqchose d original car c est un peu ce qui lui manque jusque la. » ça veut dire quoi ?
      Sinon dans l’ bazar (des intellectuels) vous avez le très politiquement correct Attali qui ne sait même pas faire la différence entre le RU et le RSA, en grand bourgeois qui applique le mépris de classe à la lettre.

      1. « Espérons qu il en sortira qqchose d original car c est un peu ce qui lui manque jusque la. » ça veut dire quoi ?

        ça veut dire une stratégie originale qui permette d’entrer vraiment dans le rapport de force et surtout d’en sortir vainqueur. Ce qui est sur c’est que ne sera : ni le colibri, ni la ZAD, ni le grand soir, ni la révolution française, face a tout cela ils sont prêts et disposés à appliquer la terre brulée, chose que nous ne pouvons pas nous permettre de notre côté (eux ont des refuges insulaires ou neozélandais pendant qu’on se coltinera Mad Max et on les supliera de revenir de leur Baden Baden on connait l’histoire et eux aussi…). Personnellement je serais tenté par le confinement (maintenant on sait faire) mais cela suppose une mobilisation extrêmement massive et on ne sait pas trop ce qu’en seront les conséquences donc c’est un peu limite et il faudrait attendre de savoir si tous comptes faits c’est eux, nous, ou les deux qui y perdent et quoiqu’il en soit on ne peut plus s’offrir le luxe d’attendre. Du coup j’espère que Lordon accouchera d’une idée lumineuse a l’issue de son ultra-méthodique réflexion. Jusque là il s’est toujours arrêté à la dissection des mécanismes de révolte, qui sait peut être franchira t il le pas d’en proposer un cette fois.

  22. Les militants de ces associations (qui ont signées cet appel) se battent pour dénoncer et défendre au quotidien des causes qui méritent le respect. Ces associations n’ont pas vocation à gouverner ou à se faire élire et donc proposer des solutions toutes faites. Les militants de Greenpeace ont su montrer la fragilité de la sécurité des centrales nucléaires (entre autre) en y pénétrant avec éclat et connaissent très bien leurs sujets. Les militants de la CGT savent ce que c’est que de se battre contre des directions inflexibles et des orientations ultra-libérales. Les militants de la Conf. Paysanne en savent beaucoup sur la PAC et le poids de l’industrie agroalimentaire etc. Les militants d’Attac connaissent assez bien les rouages de la finance et des paradis fiscaux. Et de même pour toutes les autres dans leurs domaines d’actions. Alors il est un peu « facile » de ricaner avec une belle condescendance d’intellectuel brillant, sur leur démarche qui peut être un appel pressant vers des directions politiques éparpillées et en errance de légitimité arc-boutées sur leurs résultats électoraux récents. Car désormais ce sont eux, les politiques, ceux pour qui l’on vote qui ont vocation à gouverner. Adressez vous à eux et rencontrez les (comme Clémentine Autain l’autre jour, plutôt qu’à un Attali qui a montré dans le passé vers quoi penchaient ses idées : ah ! la bonne vieille Social démocratie libérale…), pas à ces associations qui alertes et tracent les grandes lignes de futurs projets dont les politiques doivent s’inspirer pour les rendre possibles.
    Alors oui c’est plus difficile pour ces militants de se colleter à la réalité quotidienne, parfois physiquement au risque de leur santé, que de discourir en cercle fermé et relativement confidentiel, sur ce qu’il faudrait faire. Cela s’apparente aux discussions de café du commerce où tout le monde a sa vérité.
    J’ai milité toute ma vie dans des associations et je peux vous dire que ça cogite ! Encore faut-il que ceux qui pourraient gouverner puisent dans ce creuset que sont toutes ces associations. On pourrait appeler ça la démocratie.
    Ou alors créez un nouveau mouvement ! Un de plus, mais avec des gens beaucoup plus intelligents bien sûr !

    1. Dire qu’on trouve décourageant qu’une maladresse ait été commise, maladresse parfaitement évitable, mais qui peut vous disqualifier durablement, c’est ça que vous appelez « ricaner avec une belle condescendance » ? Ou bien vous vous adressez à quelqu’un d’autre que moi ?

      1. Ça n’était effectivement certainement pas ainsi qu’il fallait le prendre , mais il n’empêche que 80 % des lecteurs habituels des médias ( et le blog avec ou sans PJTV en est devenu un à son niveau ) , qui cherchent la forme avant le fond ( réponse du corps plutôt que de la tête ) , le traduisent ainsi .

        Il y a parmi ces 20 suffisamment de gens que je suis , et auprès de qui je cotise , pour que j’éprouve aussi l’attente d’un addendum plus coopératif .

  23. Astucieux le jeune Verzat de se positionner en rétrospective, peut être qu’en mai 2020 il est tombé par hasard sur une vidéo… et/ou qu’il suivait attentivement le blog de PJ, qu’il a lu « Comment sauver le genre humain » ? Peut-être qu’au regard de la liste des envies et des nécessités de vivre autrement rédigée par des associations et des ONG, il a consulté des personnes compétentes pour mettre en place et planifier un cadre ?

    De la nécessité de la planification et de la création d’un commissariat au plan : https://www.youtube.com/watch?v=c1FrJwW61qo&feature=youtu.be

    1. Il lui suffit de lire la presse et suivre ses propres pentes .

      Mais sur le fond , on pourrait le rajouter aux 20 signataires : manquent les propulseurs de la fusée et la finalité de la mission entreprise .

      1. Ce n’est pas en songeant à des personnes que je parlais de propulseur .

        Pour illustrer , affecter un signe à la Valeur est un vrai propulseur . La fusée c’est le projet démocratique . La cible ( la finalité ) , on pourrait l’appeler le bonheur universel , mais c’est là que ça se gâte quand on commence à discuter .

  24. Puisque la discussion semble se poursuivre sur cette initiative de 20 associations, j’aimerais revenir sur l’idée de « Proposer une mesure qui fasse une vraie différence ». « Redéfinir la valeur ajoutée » permettra de toute évidence de faire entrer d’autres préoccupations (la biodiversité notamment) dans notre façon de regarder notre activité économique.

    Pour autant, pourrait-il en sortir une ‘terminaison’ du capitalisme ? J’ai bien noté qu’il s’agit du premier exemple qui s’est présenté à l’esprit de Paul Jorion, mais même sans être un habitué du blog, il est possible d’y reconnaître l’aboutissement d’une réflexion plus qu’une réaction à brûle pourpoint. Quoi qu’il en soit je trouve opportun de reprendre la balle au bon pour m’essayer, même maladroitement, à cette question de la sortie du capitalisme.

    De mes fréquentations de ce blog, j’ai gardé en mémoire une définition « dynamique » du capital, envisagé non pas comme un tas d’or mais comme une ressource qui manque pour entreprendre et surtout comme la domination de l’apporteur de cette ressource (de l’actionnariat) dans le rapport de force qui s’établi entre lui, le patronat et le salariat pour la répartition de l’écart au coût de la perpétuation de l’entreprise (c’est dit à ma manière et sans doute mal dit, j’en conviendrai sans peine).

    Avec une redéfinition de la valeur ajoutée, il sera très certainement possible de (re)faire une société moins destructrice de la biodiversité mais parviendrons-nous à changer la nature du capitalisme, c’est-à-dire à en sortir tant soi peu ? Tous, et en premier lieu ceux plus nombreux dont la ressource pour subsister est leur force de travail pourrons mieux respirer. Notre environnement redeviendra plus vivable (je fais acte d’optimisme) et l’on peut imaginer que les conditions de notre subsistance s’allégeront. L’actionnariat sera (alors) fondé de réévaluer la part qui échoit au salariat car il n’y a pas de raison que ce dernier bénéficie seul du retour (certes indirect) sur l’effort consenti pour sauvegarder l’environnement. Tout comme un revenu universel engendrerait à coup sûr plus de ponction sur ceux qui en bénéficieraient, l’atténuation des rigueurs de l’environnement sera payée d’une manière ou d’une autre par ceux dont l’existence s’en trouvera moins catastrophée. Pour le dire autrement, il est possible que nous ne parvenions pas ainsi à tarir la cause et donc à baisser le ressentiment au sein de la société !

    Plus généralement, il serait mal avisé, je crois, de contribuer à escamoter encore une fois la question de fond au profit d’une proposition séduisante : précédemment nous avons trouvé grossier de soulever la question de la répartition et à la place il a été dit « faisons grossir le gâteau » (faisons de la croissance), il y en aura un peu plus pour chacun ! Maintenant que cette croissance s’est avérée destructrice de notre cadre de vie, nous pourrions tout aussi bien dire « tenons compte de la biodiversité dans notre façon de compter » et reprenons nos affaires là où nous les avions laissées tantôt. L’on comprend bien que la possédance pourrait (devrait) saisir cette occasion pour sauvegarder ses intérêts, si elle ne s’arc-boutait pas tant sur son porte-monnaie ! Mais peut-être est-ce là une possibilité d’obtenir rapidement un changement certain ?

    Je crains toutefois que cela ne suffise pas réellement pour changer de société y compris même si nous parvenions à donner du travail à un peu plus de monde car la question de la répartition « du surplus » ne me semble pas pouvoir être examinée uniquement à l’aune de la possibilité de subsister avec ce qui atterrit en définitive dans notre écuelle ! Laissons de côté le fait de savoir à quel point chacun estimera avoir reçu assez pour se départir du sentiment d’être le dindon de la farce. Il serait intéressant d’examiner plus en avant la part que prend ce sentiment dans notre suivisme du toujours plus. Sans aller jusque-là, souvenons-nous de ce que Paul Jorion nous a tant expliqué : « l’argent appelle l’argent » dans notre système dont la caractéristique est d’engendrer la concentration de la richesse jusqu’au grippage.

    Il me semble donc que c’est vers un changement plus durable (je veux dire encore plus durable) que nous devrions orienter nos recherches. Cela nous mènera sans doute à devoir nous pencher davantage sur le type de société que nous souhaitons faire advenir. Le capitalisme a prospéré sur le mot d’ordre de la guerre de tous contre tous. Nous entendons sortir du premier. Que prévoyons-nous à la place du second ? Pour ma part, je trouve hautement désirable une société dont le mot d’ordre serait de permettre à chacun de vivre convenablement du fruit de son labeur tout en empêchant que quiconque puisse engranger ce qui reviendrait à autrui, autrement que dans les limites explicités collectivement.

    Je pense que c’est une erreur d’abandonner cette éminente question de la répartition du « surplus » à la sphère privée. Traitons-la positivement et pas uniquement par défaut. Domptons-là, mettons-lui un mors et tenons-là en brides !

  25. @ Paul,
    Je suis en grande partie en désaccord avec ton jugement sur le Plan de sortie de crise et je voudrais m’en expliquer après avoir pris un peu de recul car j’ai lu l’interview donnée au Monde le 27.05.2020 par P. Martinez (CGT), J.-F. Julliard (Greenpeace) et A. Trouvé (Attac).
    (Désolé mais je répéterai certaines réflexions que j’ai déjà faites ci-dessus dans un commentaire précédent mais j’essaie de structurer encore un peu mon propos.)
    Je suis entièrement d’accord avec toi sur deux points importants :
    -une liste trop disparate, longue, mal faite et au final assez illisible ;
    – le fait qu’il n’y ait pas eu une synthèse autour d’idées en amont sur laquelle de vrais penseurs de l’économie et la société (comme toi, Lordon, Supiot, Stiegler ou Piketty entre autres) auraient pu ─ auraient dû ─ apporter leurs lumières (bien sûr je n’utilise pas ce mot par hasard). Ta proposition sur la valeur ajoutée est parfaite et montre a contrario la faiblesse analytique du manifeste.
    Un premier point de désaccord réside dans la démarche éventuelle : « proposer » à un gouvernement (de droite, de gauche…) qui hausserait les épaules.
    Un petit aparté sur un gouvernement ‘hausseur’ d’épaules. Considérons le « Ségur » de la santé. On lit (sans surprise) dans le même journal que le Premier ministre reste droit dans ses bottes juppéiennes : oui, aux augmentations de salaires (quand ? on verra) mais refus sur un financement innovateur, refus sur l’augmentation du nombre de soignants et de lits, refus sur le changement des règles de gouvernance. C’est hallucinant et le Pr. Salachas (Collectifs Inter-hôpitaux) qui souligne que les syndicats des personnels non médicaux sont exclus des discussions parle « d’un péché originel du ‘Ségur’ ». En réalité un gouvernement de « gauche » type Hollande, de droite type Sarkozy ou de droite ultra type Macron aurait exactement ce genre de réaction (hausser les épaules mais en cachette désormais). Ce n’est pas leur faute : c’est hors de leur compréhension et de leur formatage dogmatique.
    Il n’est donc pas question de proposer un truc à un quelconque gouvernement mais surtout comme le conclut P. Martinez « de faire des propositions concrètes et de dire aux partis : on a bossé, qu’est-ce que vous faites de tout ça ? ». Certes, ils n’ont pas si bien bossé mais ils reconnaissent vouloir initier un mouvement qui doit déboucher sur un autre type de gouvernement pour changer de logiciel.
    Je ne disconviens pas que ces mesures auraient gagnées à être structurées par une pensée comme la tienne et quelques rares autres cités, mais il faut en apprécier la nouveauté et la dynamique.
    La nouveauté est celle évoquée par Clémentine Autain : des idées qui semblaient souvent irréalistes, impossibles à proposer arrivent naturellement de tous côtés, de gens très divers.
    Cette interview commune des dirigeants de la CGT, d’Attac et Greenpeace France est vraiment unique car complètement impensable dans le monde d’avant la Crise du Covid-19.
    La dynamique : nous n’arrêtons pas de nous plaindre à juste titre de l’éclatement des forces dites de gauche. Il faut à nouveau insister : il y a eu un mouvement jamais vu auparavant avec la conférence en visioconférence où TOUS ont accepté de débattre. Ce qui compte à la fin ce sont les électeurs de ces partis, pas leurs appareils : la porte est ouverte à des débordement incontrôlables par leurs bases militantes et surtout par les électeurs.
    Mais pour finir sur un point encore plus positif selon moi, c’est la confirmation de ce que disait Clémentine Autain. Ne plus jamais être dupes ! Tous les partis dits de gauche ont signé la déclaration commune SAUF la FI et le NPA et ça, c’est très bien. Comme elle, je crois qu’il est fondamental de ne pas tomber dans ce piège d’une union pour l’union.
    Une soi-disant Union de la gauche ne doit plus jamais être un marchepied à des arrivistes politicards. Repensons à des propositions anarchistes ou aux règles promues durant la Commune pour justement éviter les écueils de la « représentativité » toujours capturée par des menteurs (escrocs) comme Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron et leurs sbires. Les Gilets jaunes, le mouvement des personnels de santé et celui contre la réforme des retraites, les grèves longues, Extinction rébellion nous ont montré la voie : il faut suivre l’exemple de 1789, associer un mouvement de masse irrésistible armé par les idées puissantes et novatrices contre l’Ancien régime. Le modèle est pertinent car nous sommes quasiment revenus en féodalité.
    Alors je maintiens que malgré les défauts signalés ce manifeste des 34 mesures est une étape très positive de nos luttes communes.
    … à suivre bientôt sur PJTV avec notre ami François Ruffin …

    1. Ah ben zut ! Je n’avais pas encore lu le PJTV « LE MONDE D’APRÈS… »
      Me voilà donc vraiment rassuré. Vive La Dream Team !

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