Risque de guerre civile aux États-Unis – 13/1/21 00h15

Dans les plus récents bulletins du New York Times :

Les chefs d’état-major des armées ont adressé mardi un message inhabituel à l’ensemble des forces armées américaines, leur rappelant que leur mission est de soutenir et de défendre la Constitution, et de rejeter tout extrémisme.

“Comme nous l’avons fait tout au long de notre histoire, l’armée américaine obéira aux ordres légitimes des dirigeants civils, soutiendra les autorités civiles pour protéger les vies et les biens, assurera la sécurité publique conformément à la loi, et restera pleinement engagée à protéger et à défendre la Constitution des États-Unis contre tous ses ennemis, étrangers et nationaux”, a déclaré la note interne d’une page signée par les huit responsables militaires.

Le sénateur Mitch McConnell du Kentucky, le leader de la majorité républicaine [au Sénat], a déclaré à ses collaborateurs que le président Trump a commis selon lui des délits justifiant son impeachment [sa destitution] et qu’il est heureux que les Démocrates s’apprêtent à le destituer, estimant qu’il sera plus facile ainsi de l’exclure du parti, rapportent des personnes de son entourage familières de sa ligne de pensée.

“Bien des faits s’éclaireront dans les jours et les semaines à venir, mais ce que nous savons d’ores et déjà suffit”, a déclaré Mme Liz Cheney [N°3 du Parti républicain], héritière d’une famille politique républicaine bien connue [elle est la fille de l’ancien Vice-président Dick Cheney]. “Le président des États-Unis a convoqué cette meute, l’a mobilisée et a déclenché cette agression. Tout ce qui s’en est suivi est de sa faute. Rien de tout cela ne serait arrivé sans le Président.”

Elle a ajouté : “Le président aurait pu intervenir immédiatement et énergiquement pour faire cesser la violence, or il s’en est abstenu”.

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43 réflexions sur « Risque de guerre civile aux États-Unis – 13/1/21 00h15 »

  1. L’armée avait déjà dit qu’elle soutiendrait la Constitution. Elle est plus explicite aujourd’hui, puisqu’elle précise clairement qu’elle interviendrait en cas d’attaques sur des vies ou des personnes. En clair, elle soutiendra les forces de police en difficulté face à une marche armée des partisans de Trump.

    Cette simple déclaration va en refroidir un certain nombre.

    Le FBI (que je prononce à l’américaine, contrairement à CIA et NSA prononcés à la française) a annoncé que les charges contre les insurrectionnistes du Capitole étaient pour l’instant légères, mais qu’elles allaient être complétées par des accusations de sédition et de meutre. Cela fera monter le compteur à 20 ans de prison pour certains. De même, le nombre de personnes arrêtées est pour l’instant autour de 70, mais sera au nombres de centaines. Cela pousse ceux qui pensent être passés au travers des mailles du filet d’éviter de se faire repérer ces prochains jours, c’est-à-dire d’éviter de sortir le prochain week-end et les jours qui suivent, et surtout pas armé ! Belle mise en garde préventive !

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    1. A partir du moment où les forces armées et de police restent loyales à la constitution du pays, toute chance de succès d’une insurrection disparaît.

      Il suffit pour s’en convaincre d’imaginer le pire scénario qui aurait pu advenir le 6 janvier au Capitole, si les choses s’étaient passées un peu différemment. Au pire du pire, les plus violents des émeutiers, certains d’entre eux armés, auraient pu atteindre la salle où s’étaient retranchés les élus, et tuer un certain nombre d’entre eux. Voire tuer le vice-président Mike Pence, que Donald Trump avait désigné clairement comme cible. En même temps bien sûr que nombre des émeutiers auraient été abattus par les agents du service de protection. L’ensemble aurait été une sanglante boucherie… mais la République ne serait pas tombée. De même, en cas de nouvelles tentatives insurrectionnelles, pour peu qu’armée et police restent loyales, des pertes humaines sévères sont potentiellement imaginables, mais certainement pas la chute du régime.

      Attention cependant, tout est dans cette réserve initiale : “à partir du moment où les forces armées et de police restent loyales”.

      Or :

      1) Il y a de forts soupçons sur de possibles complicités avec les émeutiers au sein des forces de police chargées de protéger le Capitole, ce qui expliquerait des ratages et erreurs incompréhensibles aux yeux des professionnels du maintien de l’ordre. J’avais retranscrit des commentaires informés assez clairs sur le sujet ici https://www.pauljorion.com/blog/2021/01/07/video-ou-il-est-question-de-demettre-trump-immediatement/#comment-832726

      2) La loyauté des chefs des forces armées américaines ne fait pas de doute, certes. Quant à la loyauté des forces elles-mêmes ? Je n’en sais rien, mais la réponse n’est pas nécessairement la même. Il faut rappeler d’une part que les soldats tendent à être nettement plus républicains que la moyenne de la population américaine, d’autre part qu’il y a une question de classe sociale qui se pose : les soldats et sous-officiers sont en très grande partie issus de la classe populaire, des plus pauvres – dont une assez grande partie vote Trump, en tout cas davantage que les mieux lotis. Il y a fort à parier que les croyances sectaires délirantes type Q-Anon touchent une plus grande partie des soldats que de la population américaine en général

      Le scénario catastrophe serait que quelque part, quelques unités de l’armée se “retournent” et soutiennent un mouvement insurrectionnel – voire le démarrent. C’est ainsi qu’une guerre civile peut démarrer.

      En effet, dans le cas où toute l’armée est loyale, le régime n’a pas de raison de tomber ni aucune guerre civile de commencer. Dans le cas où l’ensemble de l’armée soutient un pronunciamento, il n’y a pas de guerre civile non plus, mais un coup d’Etat et c’est vite plié. Ni le 18 Brumaire ni le 2 décembre n’ont été bien longs… une seule journée, comme leurs noms l’indiquent ! L’armée a mis un Bonaparte au pouvoir et ça n’a pas traîné. “Foutez-moi tout ce monde-là dehors !” comme l’a dit le général Murat, sur quoi les parlementaires se sauvent piteusement par les fenêtres et voilà tout.

      Ce qui peut vraiment démarrer une guerre civile, c’est si seule une partie des forces armées – pas nécessairement très grande d’ailleurs, du moins au début – commence à soutenir une insurrection. Car alors, armée contre armée 🙁 … le vraiment pire est possible, c’est-à-dire quelque chose de long donc d’extrêmement sanglant.

      Mon opinion personnelle est que le risque est assez petit. Seulement voilà, qu’un événement aussi grave et potentiellement aussi déstabilisant à l’échelle mondiale qu’une guerre civile aux Etats-Unis aie une probabilité assez petite, plutôt qu’infinitésimale… c’est déjà énorme.

      A la place de Biden, je me demande si je n’envisagerais pas de la jouer “empereur romain”, la plupart des empereurs annonçant peu après leur arrivée au pouvoir des cadeaux variés aux troupes – en bref, ils “achetaient” la garde prétorienne. Ce ne serait pas forcément une mauvaise idée que le futur président annonce une revalorisation de la condition militaire. Et déjà aille à la rencontre d’une unité militaire “sûre” pour serrer des mains, prendre un bain de foule militaire, partager la popote des soldats, ce qui ferait de belles photos pour les médias, et les autres soldats aussi regardent les médias.

      On n’est jamais trop prudent.

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      1. @Toulet Alexis un pronunciamento dans l’autre sens en quelque sorte, en fait les empereurs romains ne se faisaient-ils pas parfois élire par leurs troupes ?
        Mais si l’organisation des troupes aux états unis est territoriale (?) une prise en main état par tat dans les Etats Républicains trumpistes ne serait pas forcément vue comme non loyale, surtout dans un contexte trouble.
        Une sous-fédération informelle pourrait alors être décrétée derrière le président (non-sortant).

        En France avec un Trump à la présidence le fonctionnement serait sans doute différent, l’armée réponds à son chef, seul le Sénat (non colocalisé) pourrait faire de la résistance.

        Quand à la guerre civile sur leur territoire, à défaut de guerre étrangère dont ils n’ont jamais gouté, quelles forces cachées pourraient avoir été tentées de leur en faire gouter les bienfaits comme en IRAK, Syrie, Lybie …

  2. Je ne connais pas la teneur exacte du message de l’état major aux forces armées ni celui des 10 responsables (Cheyney et consorts) rappelant que l’armée a juré fidélité à la constitution, mais dans un cas comme dans l’autre cela me semble être un signe d’inquiétude de la hiérarchie quant à la loyauté de ses troupes ou d’une partie de ses troupes. De mémoire, il me semble que nombre de coups d’état militaires ont été initiés par des troupes et des gradés de rangs inférieurs (lieutenants, capitaines…) plutôt que par des membres de l’état-major.

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    1. Le problème est qu’une frange de la police et de l’armée (comme de la population américaine) est persuadée que l’élection a été volée et que défendre la constitution, c’est défendre Trump.

      Le scenario catastrophe serait un attentat contre Biden (et Harris) menée par des militaires ou des policiers chargés deleur protection. Précédents historiques :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_d%27Anouar_el-Sadate
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_d'Indira_Gandhi

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      1. @lit75
        43 présidents se sont succédé à la tête des États-Unis. Quatre d’entre eux ont été assassinés en cours de mandat (9%).
        C’est un emploi plus risqué qu’astronaute !
        Pour Biden avant le 20 janvier ce serait le premier avant son mandat !

        Pour Trump ce serait le 5ème pas de quoi être très fier, mais il doit se méfier quand même.

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        1. Dallas , un univers impitoyable …

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_parrain_à_la_Maison_Blanche
          Extrait :
          « Le livre reçoit dans l’ensemble un accueil favorable dans la presse. Le journaliste François Forestier de l’Obs lui consacre un article introduit en ces termes : « une enquête formidable »11. Le livre n’étant pas traduit, son audience concerne surtout le monde francophone. Le journaliste Denis Robert se déclare surpris et même inquiet qu’une interview à distance de Fabrizio Calvi à propos de son livre, réalisée en juillet 2020 pour Le Média2, fasse l’objet d’une censure et d’une campagne de dénigrement immédiate sur certains réseaux sociaux francophones dès les premières minutes de sa mise en ligne le 17 septembre 2020. Denis Robert met en avant l’explication suivante : « des robots pro-Trump sont vigilants et lancent des alertes à l’association de certains mots, ici Trump-argent-mafia… Ensuite, une fois l’alerte lancée, des militants prêts à en découdre verbalement se mettent en ordre de bataille et attaquent sur des forums ou liens publics Facebook, Twitter ou YT… Et le résultat est le suivant : une vidéo qui aurait pu devenir virale ne l’est plus… »12. »

  3. Medellin, le 12 janvier 2021

    Alors, apres cette position démocratique, claire, exemplaire, et juste du coté des FFAA des EEUU, on pourrait défendre aisément le vote pour un impeachment/destitution de monsieur M. Pence comme vice-président des EEUU, étant donné sa lâcheté, sa politique de deux poids, son hypocrisie, son manque de cran, et, peut-être pire encore, son refus de se défendre contre la demande de sa propre pendaison.

    L’effondrement total du système ridicule d’une démocratie présidentielle autoritaire et centraliste avec un président et un vice-président combinant à la fois des fonctions représentatives et exécutives est garanti, tout comme l’implosion du principal acteur de la pourriture de l’intérieur, le parti républicain.

    La seule façon démocratique et humaine de sortir de cette crise est une réorganisation totale de ce système du XVIIIe siècle dans l’impasse, conformément à la réorganisation de l’Allemagne après l’effondrement de 1945.

    Le prochain candidat est la France, le sourire n’aidera pas cette fois.

    Il est remarquable que cette fois-ci, l’armée soit du côté de la vérité et de l’avenir, et que la prétention dominante et arrogante des politiciens des États-Unis d’être un exemple brillant pour le monde soit du côté des perdants. Wallerstein avait donc raison de dire que nous sommes confrontés à une crise systémique totale. Non seulement les tours jumelles comme métaphore, mais aussi l’assiégeant du capitole habillé en viking.

    En d’autres termes, les fruits et les leçons amères a l’intérieur des FFAA de l’échec total des mensonges politiques qu’étaient et sont le Vietnam, l’Amérique centrale, le Cambodge, le Laos, Cuba, le Venezuela, l’Afghanistan, le Koweït, l’Irak, la Libye, l’Égypte et la Syrie, pour n’en citer que quelques-uns, et peut-être le plus puant et le plus durable, la guerre contre la drogue et la souffrance y préconditionnelle et conséquente et désespérée de la grande majorité du peuple colombien pendant plus que 57 années.

    Vive la paix internationale! Vive la démocratisation profonde et continue! Destitue Mike Pence!

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    1. Le Pentagone s’était déjà fait remarqué pour avoir compris que les évolutions climatiques faisaient que toute la pensée logistique simpliste des guerres ou conflits dans les zones non tempérées devaient être repensées.
      Quelque part, le Pentagone a été obligé de “penser vert” (toute proportion gardée) avant les USA. Et ainsi de suite pour la violence, dont ils connaissent le prix et se lassent qu’elle soit violence gratuite, sur des temps bien plus longs que les WW I ou II , bien vu de ce côté là Johan.

      Par le petit bout de la lorgnette : en Irak, ils ont limité les besoins énergétiques de leur zone et surtout de leurs camps pour limiter les allers-et-venues des camions citernes de ravitaillement, cibles facile des bombes artisanales (IED en anglais).

      Il ne serait pas étonnant que le Pentagone voit mieux son avenir dans une Amérique stabilisée politiquement et ayant déjà bien assez de bases extérieures à manager pour ne plus en ajouter, donc nolens volens en complément du rôle paternaliste que la Chine voudrait jouer dans le monde. Le point d’achoppement dans la trajectoire actuelle sera la prédation des ressources (minerais, terres agricoles, eau).
      Je me demande si la logique du Lebensraum du 3ème Reich n’est pas nécessairement métamorphosée aujourd’hui, même par des dirigeants autoritaires comme Xi Jinping, du fait que la sphéricité de la Terre est maintenant manifeste à l’issue de chaque grande décision (minerai, terres, eau + climat global, déchets globaux). La tragédie ouïgoure montre que les marches des empires ne sont pas encore dans cette logique, mais la logistique globalisée amène l’ombre du zeste d’une philia de même échelle, au moins pendant un certain temps. Seules des manifestations claires des peuples pourraient faire évoluer cet embryon de philia en davantage qu’un zeste ou qu’une ombre.

      1. Medellin, le 13 janvier 2021

        @ timiota

        ¨Seules des manifestations claires des peuples pourraient faire évoluer cet embryon de philia en davantage qu’un zeste ou qu’une ombre.¨

        Oui.

        1. https://www.socialeurope.eu/author/thomas-piketty

        or:

        https://www.socialeurope.eu/capital-and-ideology-interview-with-thomas-piketty

        (j’aimerais souligner:

        But, in the end, it was pretty successful in Germany and Sweden. I don’t want to idealise the system but it has to some extent made it possible to involve workers in the long-run strategy of companies, in a way that is not perfect in Germany or Sweden but is a bit better at least than in France, Britain and the US.

        or:

        Mais, en fin de compte, elle a connu un certain succès en Allemagne et en Suède. Je ne veux pas idéaliser le système, mais il a permis, dans une certaine mesure, d’impliquer les travailleurs dans la stratégie à long terme des entreprises, d’une manière qui n’est pas parfaite en Allemagne ou en Suède, mais qui est un peu meilleure au moins qu’en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

        2. https://www.socialeurope.eu/germany-bows-to-keynes-again

        3. Conclusion: a relire notamment:

        https://whorulesamerica.ucsc.edu/santacruz/

        Paul Jorion connait les détails sur le ¨How the left can stop losing and win¨ de Bill Domhoff, a (re-)lire le dernier oeuvre de Domhoff au sujet:

        https://www.routledge.com/The-Corporate-Rich-and-the-Power-Elite-in-the-Twentieth-Century-How-They/Domhoff/p/book/9780367253899

        (Les riches entreprises et l’élite du pouvoir au XXe siècle
        Comment ils ont gagné, pourquoi les libéraux et les travailleurs ont perdu)

        b.a.v, jl

  4. De Nouriel Roubini (Guardian ce jour, Traduc deepl)

    Les États-Unis sont désormais au centre de l’instabilité mondiale

    Que la prise d’assaut du Capitole américain soit une tentative de coup d’État, une insurrection ou une attaque contre la démocratie n’est qu’une question de sémantique. Ce qui importe, c’est que la violence visait à faire dérailler une transition légitime du pouvoir au profit et sur l’ordre d’un dangereux fou. Le président Donald Trump, qui n’a jamais caché ses aspirations dictatoriales, devrait maintenant être écarté du pouvoir, interdit de fonction publique et poursuivi pour des crimes graves.

    Après tout, les événements du 6 janvier ont peut-être été choquants, mais ils n’ont pas été surprenants. Comme de nombreux autres commentateurs, j’avais depuis longtemps prévenu que les élections de 2020 entraîneraient des troubles civils, de la violence et des tentatives de Trump de rester illégalement au pouvoir. Au-delà de ses crimes liés aux élections, M. Trump est également coupable d’un mépris imprudent pour la santé publique. Son administration et lui-même sont en grande partie responsables du nombre élevé de décès dus au virus Covid-19 aux États-Unis, qui ne représente que 4 % de la population mondiale mais 20 % de tous les décès dus au coronavirus.

    Autrefois phare de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance, les États-Unis ressemblent aujourd’hui à une république bananière incapable de contrôler soit une maladie contagieuse – malgré des dépenses de santé par habitant plus élevées que dans tout autre pays – soit des foules incitées par un aspirant dictateur. Les dirigeants autoritaires du monde entier se moquent maintenant des États-Unis et se moquent des critiques américaines sur la mauvaise gestion politique des autres. Comme si les dommages causés à la puissance douce des États-Unis au cours des quatre dernières années n’étaient pas assez importants, l’insurrection ratée de Trump a sapé encore plus la position de l’Amérique.

    Pire encore, bien que le président élu Joe Biden sera inauguré dans une semaine environ, Trump a largement le temps de semer la pagaille. Les milices de droite et les tenants de la suprématie blanche prévoient déjà de nouveaux actes de protestation, de violence et de guerre raciale dans les villes américaines. Et des rivaux stratégiques tels que la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord chercheront à exploiter le chaos en semant la désinformation ou en lançant des cyber-attaques, y compris potentiellement contre des infrastructures américaines essentielles.

    Dans le même temps, un Trump désespéré pourrait tenter de “remuer le couteau dans la plaie” en ordonnant une frappe – peut-être avec une tête nucléaire tactique – contre la principale installation nucléaire iranienne à Natanz, au motif qu’elle sert à enrichir de l’uranium. Loin d’être hors de question, l’administration Trump a déjà organisé des exercices avec des bombardiers furtifs et des avions de chasse – chargés, pour la première fois, d’armes nucléaires tactiques – pour signaler à l’Iran que ses défenses aériennes ne sont pas du tout défensives.

    Pas étonnant que la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, ait ressenti le besoin de contacter le chef d’état-major des armées américaines pour discuter des mesures à prendre pour empêcher une frappe nucléaire du Dr Folamour (Strangelove) à la Maison Blanche. Alors qu’un ordre injustifié de lancer une attaque nucléaire sur une cible ayant une importante population civile serait rejeté par les militaires comme étant manifestement “illégal”, une attaque sur une cible militaire dans une zone non peuplée pourrait ne pas l’être, même si elle aurait des conséquences géopolitiques désastreuses. En outre, M. Trump sait que l’Arabie saoudite et Israël soutiendraient tacitement une attaque contre l’Iran (en effet, les États-Unis pourraient se prévaloir du soutien logistique et terrestre saoudien pour en mener une, étant donné la portée plus courte des avions de chasse à armement nucléaire).

    La perspective d’une attaque contre l’Iran pourrait donner au vice-président Mike Pence le prétexte dont il a besoin pour invoquer le 25ème amendement et écarter Trump du pouvoir. Mais même si cela devait arriver, ce ne serait pas nécessairement une victoire pour la démocratie et l’Etat de droit. Trump pourrait être – et serait probablement – gracié par Pence (comme Richard Nixon l’a été par Gerald Ford), ce qui lui permettrait de se présenter à nouveau à la présidence en 2024 ou de faire office de faiseur de rois lors de cette élection, étant donné qu’il contrôle désormais le parti républicain et sa base. Le retrait de Trump avec la promesse d’une grâce peut être un accord faustien que Pence conclut avec Trump.

    Du fait que l’auto-pardon que Trump a envisagé pourrait ne pas être conforme à la Constitution, il est raisonnable de supposer qu’il va tâtonner pour trouver d’autres solutions créatives. Il ne peut pas simplement démissionner et permettre à Pence d’accorder son pardon, car cela le ferait passer pour un “loser” qui a accepté la défaite (la pire insulte dans le lexique égocentrique de Trump). Mais si le président devait ordonner une attaque contre l’Iran et devenir ensuite un martyr (gracié), il pourrait à la fois préserver sa base et éviter de rendre des comptes. De la même manière, Trump ne peut pas risquer d’être mis en accusation (une nouvelle fois), car cela lui ouvrirait la possibilité d’être disqualifié de ses fonctions à l’avenir. Par ce raisonnement, il a tout intérêt à partir en fanfare et à ses propres conditions.

    Si tout cela ressemble aux derniers jours de Néron “jouant de la lyre pendant que Rome brûlait”, c’est que c’est bien le cas. La décadence de l’empire américain semble s’accélérer rapidement. Compte tenu de la division politique, sociale et économique des États-Unis, quatre années de leadership solide sous la direction de Biden ne suffiront pas à réparer les dommages causés. Il est très probable que les républicains feront tout leur possible pour saboter la nouvelle administration, comme ils l’ont fait avec l’ancien président Barack Obama.

    Avant même les élections, les agences de sécurité nationale américaines avertissaient que le terrorisme et la violence de la droite intérieure resteraient la principale menace pour les États-Unis. Avec l’arrivée de M. Biden au pouvoir, ce risque sera encore plus élevé. Au cours des quatre dernières années, les milices suprémacistes blanches lourdement armées ont été tenues relativement à distance du fait qu’elles avaient un allié à la Maison Blanche. Mais une fois que Trump sera parti, les groupes à qui il a donné l’ordre de “se tenir en retrait et en attente” n’accepteront pas simplement le contrôle démocratique de la présidence et du Congrès. Trump, qui opèrerait depuis Mar-a-Lago, continuerait d’inciter la foule avec plus de mensonges, de théories complotistes et de mensonges sur une élection volée.

    Les États-Unis seront donc très probablement le nouvel épicentre de l’instabilité politique et géopolitique mondiale dans les mois et les années à venir. Les alliés de l’Amérique devront se prémunir contre un retour futur du trumpisme, et leurs rivaux stratégiques continueront à essayer de déstabiliser les États-Unis par une guerre asymétrique. Le monde est promis à un long et horrible voyage, avec de nombreux obstacles.

    Nouriel Roubini est professeur d’économie à la Stern School of Business de l’université de New York. Il a travaillé pour le Fonds monétaire international, la Réserve fédérale américaine et la Banque mondiale.

    Project Syndicate (C)
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    1. @timiota
      Une attaque nucléaire de Natanz en Iran serait un cadeau de départ d’un président dont les attaches familiales pourrait faire suspecter d’autres influences que celle du FSB, et pour lesquelles, le déplacement d’une ambassade est un signe d’allégeance symbolique, mais limité.

      Qu’en l’occurence Nouriel Roubini de la Stern School of Business à New York, paraisse bien informé de telles hypothèses n’a rien de surprenant, qu’il le publie dans le Guardian n’est peut être qu’un moyen de préparer l’opinion publique internationale.

      On pourra remarquer que l’Etat d’israël s’est assuré l’approvisionnement à l’avance des doses permettant de vacciner toute sa population, quelque soient les troubles internationaux et le besoin éventuel de mobilisation.

      Que le Qatar où réside une base Etats-Unienne importante s’est rabiboché avec notre grand ami MBS.

      La surprise serait l’existence d’accords sercrets entre l’Iran et la Corée du Nord et la performance de ses missiles Intercontinentaux.

  5. monsieur Jorion
    Je suis votre blog depuis de nombreuses années. Depuis 2007 , vous parliez de la crise financière et fin 2008, vous parliez de celle qui viendra inévitablement, vous disiez que le système économique mondiale avancerait comme un poulet sans tête .
    Et nous sommes bien dans la crise qui devait venir( je suppose en pire avec la pandémie)Les inégalités grandissantes, la pauvreté, le chemin d’une tiers-mondisation de l ‘Europe( en ce qui nous concerne) pourraient sans doute expliquer les colères des peuples? Et aux USA en ce qui concerne TOUTES les communautés en bas de l’échelle.
    Je regrette que vous ne fassiez pas une analyse approfondie à ce sujet , je ne lis pas d’empathie pour ceux qui subissent le plus cette crise.
    Pourquoi les médias Français parlent toujours des gens qui se soulèvent, et à aucuns moments ne parlent de l’appauvrissement des gens d’en bas?
    Nous devons être nombreux à attendre à attendre de la franchise à ce sujet.

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    1. Vous faites allusion à un problème d’image qui se pose à moi de manière permanente – comme à beaucoup de personnes publiques je suppose.

      On me dit “M. Jorion, vous ne parlez jamais de X !”, et ma réponse est “Mais j’y ai consacré 2 livres, l’un en 2011 et l’autre en 2013 !”, ou bien “Utilisez la fonction “Recherche” sur mon blog, et vous trouverez 30 billets que j’ai consacrés à ce sujet !”. La question qui se pose, c’est la profondeur de la mémoire : si j’ai consacré 2 livres à un sujet, j’ai le sentiment qu’il ne faut pas que j’y revienne tout le temps, mais je vois aussi qu’il faudrait que de manière permanente je “ravive” une image (minimale au moins) de “tout ce que je pense sur tout”.

      La solution ? Au bout d’un moment, on a des “disciples” qui font ce travail de recadrage pour vous chaque fois qu’on vous interpelle (voir ici BasicRabbit qui fait ça pour René Thom, etc.).

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    2. @Guylaine
      “je ne lis pas d’empathie pour ceux qui subissent le plus cette crise.”
      Ah, alors on ne doit pas lire le même blog… 🙂

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      1. En effet @ François Corre, @Guylaine la question des inégalités a parcouru le blog en long en travers et presque en large
        (avec ma contribution mathématico physique du temps où PJ aller voir Thomas Piketty pour candidater à la présidentielle de 2017 !)
        (janvier 2016 sans doute)

        La façon qu’ont les élites d’aborder la question est en train d’évoluer, justement. Je ne dis pas que c’est à cause de nous, mais quelque chose bouge.
        Je ne parle pas trop de l’Institut Montaigne (alma (p)mater véritable de Macron) qui suggère plus de sparadraps niveau “davantage de prêts pour étudiants en difficulté” et rien sur le fond.
        Mais on a des gens “de la haute” passé par les banques qui ont aussi tangenté assez sur les côtés sombres de la finance pour se réveiller un peu (alors que côté élite intellectuelle germanipratine, le Titanic continue de sombrer, cf. M. A. Finkielkraut finissant par se faire virer de LCI en marge de l’affaire O Duhamel autour du “consentement” du frère jumeau de Mme Camille Kouchner).
        J’écoutais hier sur FC Mme Anne-Laure Kiechel , 45 ans, qui a épaulé M. Euclide Tsakalatos (min finances) auprès de Tsipras dans la période 2015-2019. Ex Lehman-Brothers etc. à première vue tout pour déplaire, cette Mme Kiechel…. et néanmoins quelque chose de sincère sur le fond, la conscience que la Troïka avait sans doute été au-delà de ce qu’il fallait en terme de rupture de souveraineté (y c casse des hôpitaux, soins évanescents pour les cancéreux etc.) , et de devoir absolument et avant tout restaurer une forme de “philia” certes limitée, mais qui tranchait de ce qu’on a pu entendre il y a 7 à 12 ans, et qui tranche avec la suffisance du chef mâle blanc de BlackRock affichée l’an dernier sans vergogne pour se baffrer en verdissant leur discours environnemental (auprès de l’UE pour faire bonne mesure). Certes (et j’ai écrit à FC sur le sujet), Mme Kiechel n’a pas dit “Varoufakis”, horresco referens. Elle est arrivée juste après et la responsable de l’émission m’a rappelé qu’on y a fait de la place à YV (lui-même vers 2017 et via le film de Costa Gavras). Mais c’est sans doute que la barrière ne peut pas facilement être franchie pour Mme Kiechel. Pour faire partie du cercle autorisé, par St Bourdieu et Ste Pinçon-Charlot, on ne doit pas évoquer le diable YV et sa clique Steve Keen etc.
        En tout cas, si j’avais à voter entre Macron et elle, je voterais pour elle.

        La tristesse, c’est que sans doute cette prise de conscience ne se fait que pour des zones et populations limitées. Qu’une française bien éduquée soit apitoyée par le sort des grecs est encore une affaire qui se déroule dans un cadre culturellement restreint. Et il faut “encore un effort” pour voir ici nos premiers de corvée de toutes origines sociales et familiales, dont nos ex-colonies, ainsi que ceux qui se sont mis en route, faute de mieux, pour arriver à l’espoir d’une vie décente avec comme jalon de passage Turquie, Lybie, Maroc, etc.

        1. À propos de Anne-Laure Kiechel, dont j’ignorai l’existence y’a encore une heure ou deux, viens de zyeuter sur wiki “Influencée par [feu] David Graeber”, bon y’a pire… ! 🙂

          1. Ah, bien vu.
            Graeber, c’est déjà pas mal. Le Zucottisme est le début d’un humanisme.

            Bon, mais je ne vois pas quel parti ferait avancé un carrosse avec une Kiechel à droite (pour “rassurer les marchés”) et un Ruffin (ou Autain) à gauche, à part un mouvement populaire encore improbable, mais que l’érosion insistante de la covid et de sa crise pourrait in fine rendre possible (au vu de l’histoire plus ancienne. Au vu de la plus récente… bofbof).

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          1. France Culture = FC, Mediapart = MP, c’est un peu tout ce qu’il reste de moins sinistré dans le paysage national.

            En l’espèce, Mme Kiechel est passé dans l’émission “La Grande table Idées” d’Olivia Gesbert, qui peut être excellente, mais c’est vrai que les fois où elle invite des “invités obligatoires” , des piliers de média, Gérald Bronner récemment par exemple, c’est un peu plus planplan avec un plan com assez éditorialement blindé en amont de toute façon. “La suite dans les idées” (M. Sylvain Bourmeau) complète quelquefois heureusement ce qu’offre FC comme bonnes surprises.

  6. Bonjour
    mêmes si tout cela est déplorable et grave , je parle des évènements actuels, il ne faut pas oublier les causes profonde, les racines de ces événements, pas voir l’événementiel , la surface, la lutte politique pour le pouvoir et les différentes oligarchie de milliardaires qui luttent pour imposer leur politiques et les hommes qu’ils représente. je veux parler de la crise très profonde qui traverse la société US, crise économique, sociale, …..le chômage réel(pas les statistiques ), la pauvreté, le déclassement sociale, l’effondrement des classes moyenne, l’endettement des familles, de l’Etat féderal, des entreprises parfois, le délabrement des services publique, des routes , train…..tout cela est oublier, la société US se tiers mondise, a causes d’une élite économique, qui s’enrichit encore plus, les milliardaires ne se sont jamais aussi bien , porter , sous Trump, mais très bien aussi sous Obama, Clinton.
    Ne croyez vous pas qu’il y a un lien de causes a effet,? .Pourquoi le peuple , chercherez a sauver “la démocratie”, alors que cette “démocratie”, les a plutôt desservie, visiblement certaines catégories sociales, sont plus attacher a la démocratie, parce qu’elle a été généreuse avec eux , par contre une grande partie de la population , n’a pas vu les avantages de cette démocratie , tant aimée et chérie pas nos dirigeants, intellectuels, médias.
    De plus, il ne faut pas tout mélanger, la démocratie ne se réduit pas aux élections, tout les quatre ans, ni a un système représentatif, la démocratie parlementaire, la plupart du temps accaparée par les élites politique , intellectuels, corrompue par les lobbyistes.
    Donc , une partie du peuple se détourne de cette démocratie là, soit par l’abstention , soit par un glissement vers des solutions plus radical .
    Bien sur , il y a des hommes “habiles” qui savent exploiter leurs “frustrations”, et les détourner de leur aspirations, dans des impasses, qui vont parfois a l’opposé de leur désirs…..
    Rétablir la démocratie, est-ce vraiment rétablir l’ancien système, on revient comme avant, l’alternance républicains ‘”raisonnables”, et des démocrates, comme Obama; Clinton et d’autres qui n’on riens changer. ?
    La démocratie c’est affaiblie, bien avant , l’arrivée de Trump, depuis Nixon peut être, et surtout Reagan, avec des démocrates qui sont aller dans le sens des dominants, des milliardaires, et sont aller à la soupe, et ont laisser tomber le peuples.
    Il y a beaucoup de similitudes avec , la France, la GB par exemples, monter du libéralisme, effondrement de la social démocratie, qui s’aligne sur le libéralisme, montée des dits mouvements populistes (terme impropre ), de l’extrème droite, effondrement de la vrai gauche, forte abstention dans les classes populaires, ou vote d’extréme droite , indifférence donc a la démocratie, au système parlementaire rejeté, révoltes , jacqueries . Mêmes causes , mêmes effets…..que cela soit a l’époque d’Hitler ou de Trump ou Marine. Que aprés Trump soit la marionnette de Poutine, ou des milliardaires qui le finances, et qu’ils utilisent les différentes manipulations technique actuels, ou est la différence ? les Choses n’on pas fondamentalement pas changer…….

    1. Si vous faites attention, vous aurez remarqué que votre liste des causes de la situation actuelle est la même que la mienne, vous aurez remarqué aussi que la différence entre nous est dans la conclusion : jamais vous ne m’aurez vu conclure par “ou est la différence ?”

      Si vous avez un peu de culture politique, vous aurez également remarqué que ce que j’appelle le “vertchouisme” (ou “blancbonnetisme”) : “où est la différence ?” fait partie avec le “ni gauche, ni droite”, le “dégagisme”, le “du balai !”, des grands classiques historique de la rhétorique d’extrême-droite.

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      1. Euh la différence entre la peste et le choléra c’est aussi une rhétorique d’extrême droite ? Allons allons.

        Je crois, on ne va pas se mentir, qu’on comprend très bien ce que tu veux dire Paul, bien sur qu’il y a une différence entre Biden et Trump, mais toujours renvoyer dans la case de l’extrême droite ceux qui quelque soit les dirigeants finissent par bouffer la poussière, moi je ne trouve pas cela efficace comme approche. Je trouve personnellement que c’est quelque part manquer de tact, de tenir ta position ainsi. Enfin bon c’est ma perception.

        Et j’entends très bien ce que dit Bob, comme ce que disaient les GJ il y a peu. Cette déception, cette sensation que rien ne change pour ceux qui souffrent, c’est terrible de ne répondre que en gros dire qu’il n’y a pas de différence c’est une rhétorique d’extrême droite. Du point de vue d’en bas, oui, il n’y pas de différence, c’est bien là le problème et ça fait un bail que ça dure. Quand tu es au fond du trou, ce qui compte c’est en sortir, le reste est assez inaudible, et désespéré beaucoup sont prêt à renverser la table.

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      2. [C’eft blanc bonnet , bonnet blanc , c’eft tout un , la chose est égale de part & d’autre , c’est la même chofe quelque parti que l’on prenne.]
        1758 Dictionnaire des proverbes françois,: et des façons de parler Page 90

        « où est la différence ? » entre « ni gauche, ni droite », le « dégagisme », le « du balai ! » nécessairement dans le référent !

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  7. Pourquoi tant d’inquiétude ? Regardez la Bourse, ça continue de grimper pour le Dow Jones et le NASDAC !
    Ils n’ont pas l’air inquiet les traders ?

  8. Il y a plusieurs jours que cette idée me trotte en tête, alors je vais tout de même la partager ici : sachant qu’on parle tout de même des USA, quelqu’un a t’il envisagé que la sous-défense du capitole ait été organisée par le “deep state” dans le but de permettre un choc suffisant que pour ramener une partie du troupeau égaré ?
    Il y a longtemps que monsieur Jorion avait dit (il me semble, mais peut être l’ai-je lu ailleurs) que ce niveau de croyance d’une part aussi importante de la population ne pourra pas être raisonnée sans un choc pour permettre la remise en question.

    Selon cette hypothèse, le 6 janvier, il fallait que ça aille suffisamment loin que pour créer un choc mais pas assez que pour permettre l’emploi de la loi martiale. Ce qui est arrivé, au prix de 5 vies… Décompte qui aurait pu être beaucoup plus élevé le jour même mais qui permet aussi de désamorcer une partie de la population en vue des jours qui viennent. Si le capitole avait été bien défendu la semaine passée, a quoi devrions nous nous attendre ?
    Cette hypothèse est peut être saugrenue, mais je ne parviens pas tout à fait à l’écarter…

    1. Si vous visionnez les vidéos qui sont maintenant disponibles vous verrez qu’on n’était pas dans le “maîtrisable” ou le “contrôlé d’une manière ou d’une autre”. Si le “Deep State” a accepté de prendre le risque que Mike Pence soit pendu et Nancy Pelosi exécutée sommairement, on peut douter sérieusement de ses capacités mentales.

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    2. Peut-être mesurerez-vous mieux l’ “ambiance” et le danger représenté par les “éclaireurs” putschistes en LISANT d’abord la totalité de l’article qui sous-tend la vidéo-support en lien , PUIS …ENSUITE en regardant attentivement cette vidéo…en particulier les deux mouvements de tête de GOODMAN en haut de l’escalier , moment où il “choisit” de “provoquer” avec sa matraque le plus agressif assaillant puis l’entraine dans la “mauvaise” direction..
      https://www.pauljorion.com/blog/2021/01/06/video-etats-unis-le-point-sur-le-putsch/comment-page-1/#comment-833232

    3. Pour ceux qui doutent d’une préparation (1) …

      https://www.politico.com/news/2021/01/12/mikie-sherrill-capitol-hill-attack-458655

      Extraits traduits :
      “La représentante Mikie Sherrill (D-N.J.) a déclaré mardi qu’elle avait vu des collègues escorter des personnes à travers le Capitole le 5 janvier pour ce qu’elle a décrit comme une “reconnaissance” avant la violente insurrection du lendemain qui a fait cinq morts.”

      […]

      “Les enquêteurs fédéraux affirment qu’ils consacrent d’énormes ressources à la mise au jour des détails d’une éventuelle “conspiration séditieuse” et que certaines des preuves non divulguées sur ce qui s’est passé au Capitole seront “choquantes”.

      Certains démocrates, comme Sherrill, demandent également que soient punis les républicains qui – comme Trump – ont tenu des propos incendiaires qui ont précédé les violences au Capitole, ainsi que d’autres qui se sont joints aux efforts de Trump pour délégitimer l’élection présidentielle de 2020.”

      Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

  9. L’armée n’est pas un outil de maintien de l’ordre. Elle n’a ni la structure, ni la logistique, ni l’équipement ni le savoir faire et encore moins de légitimité pour le faire. Et si l’armée est amenée à intervenir c’est que le chaos sera déjà d’ampleur le blocage politique complet et elle interviendra bien trop tard avec un effet d’image catastrophique. La garde nationale est un peu plus adaptée mais c’est assez statique, pas forcément très adapté au maintien de l’ordre et composés de gens qui si ils sont débordés auront pas forcement… les bons reflexes.

    1. Je pense que la Garde Nationale c’est l’armée. Son chef, le général Daniel R. Hokanson est un des signataires de la communication de l’Etat Major d’hier (cf mon commentaire plus haut).

      Ceci dit c’est un peu le problème aussi, je comprends pas bien qui dépent de quoi. Il y a des forces de police qui dépendent du niveau fédéral, donc, in fine, de Trump. Je ne sais pas s’il y a des forces de police au niveau de l’état ou de la ville de Washington puisque Washington DC n’est passtrictement un état.

      Il semble qu’il y ait même des gardes nationales rattachée aux états fédérés.

  10. On se rassure comme on peut mais ces 7 jours vont être très longs , comme si on en avait déja pas assez avec le covid ! Va falloir aller faire le plein de la bognole et racheter un stock de pâtes , des temps difficiles approchent

    1. C’est confirmé.
      Identifié ,présenté et inculpé (charges) , rentré chez lui en attente de la suite..il se suicide…(?) Christopher Ftanton.

      Vaudrait la peine de s’y intéresser…?

      1. Merci pour votre rapide réaction. Dont acte.
        J’en ai profité pour prendre connaissance du lien vers Sputnik fourni par Libé-CheckNews …
        Voici ce que ça donne à l’instant :
        … ” Christopher Stanton Georgia, sympathisant de Donald Trump se trouvant illégalement au Capitole le jour des émeutes, a été retrouvé mort dans le sous-sol de sa maison. Les enquêteurs ont conclu à un suicide.
        Mis à jour de l’auteur: publié le 13/01/2021, cet article disait que l’homme en question était celui qui avait fouillé dans l’ordinateur de Nancy Pelosi. Cette information ne peut pas être confirmée, rien n’indiquant en effet que ce manifestant soit celui qui se soit emparé de l’ordinateur de la sénatrice. Il n’est d’ailleurs pas celui qui s’est fait photographié dans son bureau. Cette confusion est survenue à la suite de publications d’article en russe et en anglais confondant Christopher Stanton Georgia et Richard Barnett. Sputnik présente ses excuses pour cette confusion.
        ” …

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