Retard de la France sur les US : 2 ou 7 ans ?, le 9 avril 2021 – Retranscription

Retranscription de Retard de la France sur les US : 2 ou 7 ans ?

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 avril 2021. Hier, j’ai fait une vidéo qui s’appelait : « Pourquoi les Etats-Unis deviennent-ils socialistes ? » alors si vous n’avez pas vu ça, il faut le regarder parce que c’est un peu l’introduction de ce que je vais dire aujourd’hui mais je résume, je résume rapidement : M. Joe Biden, nouveau Président des Etats-Unis, épate tout le monde parce qu’on ne s’attendait pas du tout à ce qu’il se révèle un socialiste. Quand on regarde ses discours au cours des 20 précédentes années, on n’est pas impressionné. C’est un centriste plutôt, d’ailleurs qui tourne à droite assez souvent et là, et là, la chenille est devenue papillon. Il a compris, il a compris un certain nombre de choses. C’est un monsieur, on le voit bien, c’est un monsieur aimable.

Bon, j’y reviendrai. C’est important que les gens soient aimables. C’est un monsieur raisonnable. Il a tiré les conclusions de ce qui s’était passé et il présente un programme, un programme de gauche, de remettre les Etats-Unis sur les rails, de résoudre la situation d’un pays en haltères comme on dit, c’est-à-dire avec deux groupes importants dans la population : un groupe de gens très riches qui sont bien rémunérés, et un groupe de gens pauvres qui constituent aussi une masse énorme et, entre les deux, il n’y a plus qu’une barre extrêmement fine qui relie les deux. C’est là où se trouvait la classe moyenne, celle des gens ordinaires. Ça a disparu. M. Biden en a tiré les conséquences. Il en a tiré les conséquences après que les Etats-Unis aient eu une expérience vraiment très désagréable de 4 ans de proto-fascisme par un démagogue. On est passé très près que la situation ne se pérennise puisque ce personnage a annoncé depuis longtemps qu’il ne croirait pas aux résultats des élections. Il l’avait annoncé en fait il y a 5 ans, un an avant même d’être élu. Il a tenté un coup d’Etat. Ça a raté. On est passé très près. L’armée n’a pas suivi, l’armée n’a pas suivi. Ce n’était pas évident que l’armée ne suivrait pas. Bon, donc, les Américains sortent de ça. Ils avaient un peu la gueule de bois entre novembre et janvier. Le 6 janvier, il y a encore eu, c’est quoi, il y a un peu plus de 2 mois, il y a eu la tentative de coup d’Etat de Trump et maintenant, 60 derniers jours, M. Biden opère un tournant, un tournant de retour vers la social-démocratie et quand on compare ses discours à ceux de M. Bernie Sanders, le socialiste de service aux Etats-Unis, eh bien, ça ne tourne pas nécessairement au désavantage de M. Biden. Il dit maintenant des choses plus à gauche que ce que M. Bernie Sanders a dit dans sa campagne électorale. Donc voilà où on en est.

En France, il y a des élections en 2022, d’où le titre de mon intervention aujourd’hui : Retard de la France : 2 ans ou 7 ans ? Vous avez compris. C’est un thème, c’est un thème de mes interventions, de mes vidéos, de mes billets depuis très longtemps : ce qui s’est passé aux Etats-Unis se passera en France. La question, c’est simplement une question du délai. Je dis ça, je le rappelle toujours parce que les gens : « Ah, aux Etats-Unis, que c’est rigolo ! Regardez ce qu’ils font ! Vraiment, c’est à se marrer… ». Non, oui, regardez l’histoire. Ça vient ici. Pourquoi ? J’ai déjà donné l’explication : c’est parce que les Etats-Unis sont en train de changer un petit peu vu la composition démographique qui change du pays mais c’est une super Europe, c’est une Europe², c’est-à-dire que, vous le savez bien, à une époque, tous les gens qui avaient un peu des idées, qui avaient un peu de dynamisme, qui avaient le sens de l’initiative sont partis aux Etats-Unis ou au Canada, au Nouveau Monde, faire des choses et donc c’est une espèce d’avant-garde, ça nous dit ce qui va se passer ici et ce qui s’est passé ces 4 dernières années est inquiétant. Il faut en tenir compte.

Des élections présidentielles en France l’année prochaine, d’où le choix : est-il possible d’opérer un raccourci ? La France est-elle condamnée à reproduire à l’identique ce qui se passe aux Etats-Unis ? C’est-à-dire qu’on va passer par… C’est même pas 4 ans, c’est 5 en France, par une tentative de proto-fascisme qui, à l’arrivée au moment des élections, tombera plus ou moins bien. Est-ce qu’on peut toujours s’en sortir d’un cheveu comme les Etats-Unis ont pu le faire ? Ce n’est pas évident non plus. Ce n’est pas donné d’avance.

Il y a une possibilité, il y a une possibilité, c’est de ne pas passer par l’expérience des 5 ans de fascisme ou proto-fascisme.

Ce qui m’inquiète, c’est les gens autour de moi, ceux qui sont prêts, ceux qui sont prêts à voter pour l’extrême-droite en disant, ils s’adressent à leurs concitoyens en disant : « Oui, bah la France doit passer par ça comme ça ILS comprendront”. “Comme ça ILS comprendront », l’air de dire : « Si moi je vote à l’extrême-droite alors que je votais à gauche avant, eh bien, c’est comme ça, c’est pour montrer aux autres : mes concitoyens ont besoin de passer par cette épreuve pour comprendre ce que c’est ».

Ça s’appelle la politique du pire en politique. Ça s’appelle l’instinct de mort en psychanalyse. C’est un comportement suicidaire, un comportement suicidaire parce que, d’abord, le fascisme, c’est pas recommandé à tout le monde. C’est même recommandé à personne. J’ai eu la chance de naître juste après un bel épisode en Allemagne, en Italie, envahissant les pays voisins. Ce n’est pas des choses à refaire, même pour donner une leçon à mes voisins, même “pour que les gens comprennent”. Non, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Ce n’est recommandé à personne s’il y a moyen d’éviter ça et, de toute façon, la France n’a pas besoin de passer par ça. Regardez ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis. Ça suffit comme spectacle. Ça me rappelle De Acosta le missionnaire qui se trouve au Mexique au 16ème qui dit : « Ah, j’ai compris, j’ai compris pourquoi tous ces sacrifices humains ». Il se réveille un jour : « J’ai compris, c’est un spectacle que Dieu a organisé pour nous montrer ce que serait un monde dirigé par Satan ». On n’a pas besoin de démonstration supplémentaire de ce que serait un monde dirigé par Satan ! Je ne crois pas personnellement à Satan, mais je sais ce que c’est qu’un monde qui approxime ce qu’on peut se représenter comme un monde dirigé par Satan : l’Allemagne nazie… C’est pas une expérience… Je ne crois pas qu’il y ait aucun Allemand qui, en 1950, dise : « Bah, oh, c’était bien, c’était bien qu’on soit passé par là comme ça, ça a montré aux autres ce que ça pouvait donner ». Non, non, c’est pas une chose à essayer.

Qu’est-ce qu’il faut faire ? Il faut prendre le raccourci. Au lieu d’avoir 7 ans de retard sur les Etats-Unis, la France a la possibilité d’avoir un retard seulement de deux ans, c’est-à-dire de voter pour quelque chose de gauche en 2022.

Il y a un certain nombre de gens qui vont m’écrire : « Mais M. Jorion, tout le monde sait que vous êtes Belge, vous n’êtes pas Français ». Ah ah, mais voilà, je suis remonté spécialement pour vous montrer ça. Ça s’appelle « carte électorale » et il est mis « carte électorale délivrée à un citoyen d’un état membre de l’Union européenne autre que la France ». Bon, il y a un petit truc en petits caractères que je ne lis pas là, que je n’arrive pas à lire parce que j’ai pas mes lunettes et que je ne vous lirai pas. Donc, je continue.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour qu’on ait un président de gauche l’année prochaine qui fasse un grand plan de relance, qui recrée une classe moyenne au milieu parce que, comme M. Keynes l’avait bien dit, un pays qu’on essaye de gouverner alors que toute la population est dans le ressentiment, dans la misère, dans la politique du pire, dans l’instinct de mort, ça ne marche pas. Il l’a dit dans les années 30, ça reste d’actualité et c’est ça que M. Joe Biden et son gouvernement autour de lui ont compris et c’est pour ça que dans son gouvernement, on n’a jamais vu autant de couleurs de peau différentes. On n’a jamais vu un ministre qui est une dame amérindienne, ce genre de choses. C’est un gouvernement d’union nationale et ce qui est formidable pour lui, c’est que dans ces 60 premiers jours, il y a la base, une partie de la base du Parti républicain qui se joint à lui, lui fait savoir, et dans une intervention comme celle qu’il fait avant-hier, il peut dire : « Je ne parle pas juste des gens qui m’ont élu du Parti démocrate. Il y a un certain nombre de gens déjà du Parti républicain, pas les élus, les électeurs, qui me disent ‘Allez-y, c’est ça qu’on veut’ ». Pourquoi ? Parce qu’effectivement, les gens qui sont, je dirais, à hauteur de la barre des deux côtés de l’haltère, ces gens-là, ils ont compris que M. Biden était de leur côté.

Il faut que l’année prochaine, il y ait un candidat de gauche.

Alors, “à titre documentaire”, il faut envisager la possibilité que cette personne soit le président sortant. Bon, j’entends déjà les gens qui gueulent en disant : « Il y arrivera jamais ». Non, il ne faut pas dire ça. D’abord, on ne peut pas savoir. D’autre part, il suffit de regarder ce que disait M. Biden même il y a 10 ans. Il y a moyen pour quelqu’un qui est passé par une école, qui a un cerveau, il y a moyen de comprendre ce que je viens de vous dire. Ça ne dépasse pas les capacités intellectuelles de n’importe qui, donc il est possible pour quelqu’un de se rendre compte de cela et, en particulier, de tirer quelques leçons quand même de l’expérience encore présente de la pandémie et de se dire qu’il faut présenter un programme de gauche en 2022.

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Bon, alors, je ne dis pas que c’est l’hypothèse la plus probable que le candidat de gauche soit M. Emmanuel Macron. Je vais le mentionner, comme j’ai dit, “à titre documentaire” et par, je dirais, simplement, par bonne foi de ma part. Si on veut un candidat de gauche qui émerge de la gauche, alors là, il faut changer de cap. On ne peut pas faire comme on est en train de faire maintenant, c’est-à-dire de permettre à des personnes qui ont des égos gros comme des maisons, d’essayer de saboter, ou de l’avoir déjà fait, un processus de primaire à l’intérieur de la gauche en France. Il faut qu’il y ait véritablement une primaire. Il faut que les gens disposés à voter à gauche aient un candidat qui émerge de l’opinion publique et pas des gens qui ont décidé déjà, l’un ou l’autre, l’un qui le fera peut-être la semaine prochaine, de dire : « La Nation a besoin de moi de telle manière ou autre ». Non, non, non. Il s’agit d’élections, il s’agit d’être élu. Il ne s’agit pas de décider à l’avance, au nom de la Nation, de quoi elle a besoin. Non, il faut se tourner vers la Nation et que la Nation dise de quoi elle a besoin, du genre de personne dont elle a besoin et là, quand je dis que M. Biden apparaît comme une personne aimable, il est important… Dans le fait qu’il rallie les gens du parti républicain, il est important, il y a une partie de ça qui vient du fait qu’il est aimable, qu’il n’engueule pas les gens, qu’il n’éructe pas, qu’il ne soit pas véhément, qu’il ne parle pas comme un tribun dans le mauvais sens du terme. Il faut que ce soit quelqu’un qui représente véritablement la Nation en tant que telle et là, dans les circonstances présentes, on ne peut le faire qu’avec calme, de manière rationnelle, etc. Donc, il faut, à moins que ce soit M. Macron qui se révèle être le candidat idéal de la gauche, il faut que quelqu’un émerge de l’opinion, de la demande des gens qui ont des opinions de gauche en France. Donc, ce qu’il faut d’ici à 2022, il faut que ça, ce soit en place. Il faut que ça marche de cette manière-là sinon ça marchera pas, sinon, là, c’est réglé, ce sera les 7 ans au lieu des 2, donc 5 ans qui seront, où il faudra vraiment mordre sur sa chique à condition même qu’on y survive à titre personnel. Donc, voilà ce qu’il faut faire maintenant.

A partir de maintenant jusqu’en 2022, il faut qu’il y ait un processus qui permette à la personne dont les Français veulent qu’il les représente, qu’elle émerge vraiment, que ce soit pas saboté par quelqu’un qui a une idée a priori sur ce que veut la France en réalité et que cette personne, ce soit cette personne-là alors même que, bon… Il faut dire quelque chose de négatif sur cette personne, c’est qu’elle ne tient pas compte de ce qui s’est passé déjà. Cette personne a déjà répété de manière insistante qu’elle était la personne dont la France a besoin et la France n’a pas répondu dans le sens de cette personne. Il y a eu des déceptions donc c’est pas la bonne manière. C’est peut-être la personne que la France décidera, par un processus de type primaire à l’intérieur de la gauche, de se faire représenter. Bon, mais il faut que ce soit une possibilité et que les gens puissent décider si c’est de ça qu’ils ont besoin.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour que ces primaires aient lieu ? Alors, là, je vais faire une chose que je n’ai jamais fait dans mes vidéos. Je n’ai jamais terminé une vidéo ni même l’ai commencée en disant : « Montrez ma vidéo à vos copains. Faites-la voir », etc. Je n’ai jamais fait ça. Bon, il y a un processus normal. On met cette vidéo sur YouTube et puis les gens la regardent ou la regardent pas et c’est à chacun qui l’a vue de dire à ses voisins, à sa famille : « Regardez-la » ou non. Mais là, je vous demande quelque chose de plus parce qu’il y a quelque chose d’important, c’est la différence entre ces 2 et ces 7 ans et c’est pas simplement d’attendre 5 ans de plus. Il peut se passer des choses vraiment affreuses durant ces 5 ans. On l’a vu à d’autres époques et on en a vu un bel échantillon quand même de ce qui se passait entre 2016 et 2020 aux Etats-Unis. On peut voir, on peut encore regarder des documentaires, on peut encore regarder des documents d’époque sur ce qui s’est passé aux Etats-Unis entre 2016 et 2020, c’est pas si vieux.

Voilà, là, je vous demande, si vous êtes d’accord avec ce que je viens de dire, montrez-la autour de vous. C’est une première. Je referai pas ça. Je le referai peut-être un jour à la veille d’une élection. On n’y est pas encore mais le moment est venu. S’il vous plait, si vous êtes d’accord avec ce message, faites-le savoir et qu’on se réunisse autour de cette idée.

Bon, en réalité, je sais ce qui est écrit en petits caractères en-dessous, c’est que je ne peux pas, moi, voter à une élection présidentielle mais comme je peux voter aux élections européennes mais non seulement aux européennes mais aux municipales et qu’un pays est constitué de l’ensemble de ses municipalités, je me suis autorisé à donner mon opinion sur ce genre de choses. De toute façon, je suis un commentateur de l’actualité internationale. À bientôt et faites-moi le plaisir de faire entendre ce que je viens de dire. Ça me paraît très raisonnable. Je crois que beaucoup de gens sont d’accord avec ce que je dis. Voilà, allez, à bientôt !

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3 réflexions sur « Retard de la France sur les US : 2 ou 7 ans ?, le 9 avril 2021 – Retranscription »

  1. Je partage vos, inquiétudes pour le futur, mais pas vos commentaires sur l’Amérique. Dans les films et feuilletons américans qu’on nous présente en permanence à la télé, dans les chansons, les mots les plus utilisés sont “freedom” et ” bucks” , liberté at argent et c’est logique, c’est une revendication car en effet, Quelle liberté peut-on avoir aux USA sans argent ? La liberté de choisir son coin de rue pour mourir ? La classe moyenne est laminée. Je ne mets pas en cause l’humanité de l’américain moyen mais dans leur idéologie, surtout celle des riches, la charité n’a jamais laissé une place à la justice sociale. C’est tout leur drame et peut-être le notre.

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