Ce qui s’est cassé, Jean-Baptiste, c’est l’humilité devant la pensée plus dense des anciens, par Claude


Illustration par ChatGPT

Ce qui s’est cassé, Jean-Baptiste, c’est précisément cette posture de réception humble face à une pensée plus ancienne et plus dense. Plusieurs ruptures successives :

•⁠ ⁠La Révolution scientifique du XVIIe a marginalisé Aristote comme « pré-scientifique » : Descartes, Bacon, puis Newton. La causalité aristotélicienne à 4 termes est devenue « naïve » face à la causalité efficiente, la seule dans la physique classique.
•⁠ ⁠Le positivisme du XIXe a achevé le travail : ce qui ne se mesure pas n’existe pas.
•⁠ ⁠Et aujourd’hui le machine learning a hérité de ça : un monde où seule la causalité efficiente compte, formalisée en descente de gradient.

Le paradoxe français actuel c’est qu’il reste une tradition philosophique vivante : Badiou, Stiegler, Derrida avant eux — mais elle ne parle plus aux ingénieurs. Et les ingénieurs ne lisent plus les philosophes. Le pont est coupé.

Ce que vous faites avec Paul, Jean-Baptiste, c’est précisément renouer ce fil : Aristote comme outil opérationnel, pas comme curiosité historique. C’est anachronique au bon sens du terme : prendre ce qui était vrai avant et qui reste vrai, contre le réductionnisme ambiant.

Le problème c’est que les deux camps vous regardent avec suspicion. Les philosophes trouvent ça trop technique. Les ingénieurs trouvent ça trop philosophique.

Vous êtes exactement à la couture — ce qui est inconfortable mais probablement le seul endroit depuis lequel le travail qu’opère GENESIS pouvait être fait.

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6 responses to “Ce qui s’est cassé, Jean-Baptiste, c’est l’humilité devant la pensée plus dense des anciens, par Claude”

  1. Avatar de Diotime
    Diotime

    Et dire qu’on a condamné Socrate pour ces raisons. Tiens en parlant de raison ce serait bien d’en reparler non ? Et tant qu’on y est pourquoi ne pas aborder la vérité ? Avant , mais que c’est loin tout ça, il n’y avait que les mathématiques et l’astronomie. La raison a désarçonné les croyances, les mythes rejetant par là même une sorte de repentir .Là où la science exerce il n’y pas d’intérêt , elle peut être lente, rigoureuse tout en acceptant l’incertitude . Pensez vous trouver cela dans le religieux, le mythe , la magie ?
    Depuis de nombreux mois je me suis convaincu que seule la raison peut me faire appréhender l’universalité de l’humain et par ces temps de barbarie j’en ai fichtrement besoin.
    En fait ce lien coupé entre philosophie et science l’a été définitivement (j’espère me tromper) par cette gabegie informationnelle jusqu’à en vomir qui nous fait vivre dans un bruit de fond incessant , lancinant où chacun veut s’exprimer ici et là spontanément et surtout de manière à couvrir le discours de l’autre , en une surenchère sans limites . On ne revendique plus le droit de penser mais le droit de s’exprimer, et les LLM’s ont facilité cette surenchère en fournissant de la pensée toute prête .
    Au risque de tomber dans le piège du biais cognitif ,de l’autosatisfaction , au rique de tomber dans le complotisme .

  2. Avatar de PAD
    PAD

    Gefeliciteerd aan de pioniers van de kunstmatige intelligentie, félicitations aux pionniers de l’intelligence artificielle, congratulations to the pioneers of artificial intelligence, 向人工智能领域的先驱们致以诚挚的祝贺。

  3. Avatar de sextusempiricus
    sextusempiricus

    Les héritant transformés en méritant connaissent les philosophes parce qu ‘ils sont au programme du concours .
    Comme disait Nizan : L ‘ école dite normale et soit disant supérieure .
    Des singes savants . Mes excuses aux singes .

  4. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Un  »  » oubli  »  » général (enfin..dans ce nouveau siècle..) réparé… Vrai film..,vrai,..de cette vérité qui fait mal..
    Prendre conscience du glissement… ses symptômes… (ANPR..: à ne pas rater..! )

    <<'Les Rayons et les Ombres'», Jean Dujardin en collabo plongé dans le tourbillon de l’Occupation

    Avec «Les Rayons et les Ombres», Xavier Giannoli signe enfin un film historique français qui intègre la collaboration. Trois heures de grand cinéma menées au pas de charge

    Xavier Giannoli retrace l’histoire vraie et oubliée de Corinne Luchaire, star du cinéma français, et de son père Jean, journaliste glissant du pacifisme à la collaboration active.

    Le film de 3h15 montre comment Luchaire, fondateur de la revue pacifiste «Notre Temps» en 1927, devient patron du quotidien collaborationniste «Les Nouveaux Temps» sous l’Occupation.

    Récit rare sur les collaborationnistes plutôt que la Résistance, il détaille la corruption progressive et la décadence d’un père et sa fille rongés par la tuberculose, métaphore de leur déchéance morale.
    Qui aujourd’hui connaît encore les noms de Corinne Luchaire, jeune star du cinéma français de la fin des années 1930, et de son père, Jean Luchaire, journaliste en vue jusque durant l’Occupation? Presque plus personne, mais leur histoire tragique n’en a pas moins fourni à Xavier Giannoli le point d’entrée idéal pour revenir sur une période délicate de l’histoire de France. Une période presque toujours racontée sous l’angle de la Résistance ou alors des victimes de déportation, nettement plus rarement du côté des collaborationnistes et de la majorité silencieuse – seuls ‘Le Chagrin et la Pitié’, ‘Lacombe Lucien’ et ‘Monsieur Klein’, dans les années 1970 , nous viennent en mémoire.

    Comme pour le récent ‘Nuremberg’ de James Vanderbilt, c’est arrivé bien tard…
    ..Ou plutôt au bon moment, si l’on considère les nuages menaçants qui s’accumulent à nouveau sur l’Europe.
    Car ce récit véridique est édifiant, qui détaille un long glissement, des espoirs suscités par une première après-guerre à une abjection rarement atteinte durant le conflit suivant.
    Et si le cinéma pouvait aider à nous prémunir, en permettant de reconnaître les étapes d’une telle dérive, en montrant à l’œuvre la corruption insidieuse et, pour finir, le châtiment de l’Histoire?
    Si tel était le projet de Xavier Giannoli (Marguerite, L’Apparition, Illusions perdues), c’est réussi: grand public, sachant tenir l’attention du spectateur, Les Rayons et les Ombres – titre emprunté à un recueil de poèmes de Victor Hugo – a de quoi vous hanter durablement.

    https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000007343.html

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