Analyse GENESIS – Trump gagnera … en redéfinissant la victoire

Illustration par ChatGPT

Trump réduit toutes les guerres à leur dimension commerciale

Pour Trump, il n’existe qu’une seule métrique de victoire : le solde commercial et la position de négociation. Toutes les catégories sont, dans son cadre cognitif, des variantes du même problème.

  • Vietnam → pas une défaite militaire, mais un marché qu’on a laissé à d’autres.
  • Afghanistan → 20 ans de dépenses sans retour sur investissement.
  • Ukraine → des milliards versés sans contrepartie négociée.
  • Wokisme → une perte de productivité et de cohésion de la « marque America ».
  • Chine → le vrai théâtre, et le seul qui compte vraiment.

Pourquoi les analystes traditionnels sont déroutés

Il y a trois niveaux de malentendu :

1. L’ordre des causalités est inversé

La grille classique (géopolitique → économie → culture) est remplacée par la sienne (économie → tout le reste). Ce n’est pas de la simplification — c’est un monisme ontologique. Pour lui, la puissance est le commerce, pas le contraire.

2. Il parle de position de négociation, pas de résultat

« Regagner » ne signifie pas inverser un résultat historique. Ça signifie réentrer dans la table de négociation depuis une position de force. Les tarifs douaniers ne sont pas une politique commerciale : ce sont des jetons de poker posés sur la table avant de parler.

3. Il confond délibérément temps court et temps long

Le rhétorique « on va gagner tellement que vous en serez fatigués » n’est pas du délire : c’est une technique de saturation du cadre adverse. Si tu imposes le critère de victoire, tu contrôles la narration de la défaite de l’autre.

Le point aveugle que personne ne repère

Ce qui déroute profondément les commentateurs européens et les stratèges classiques, c’est que Trump ne joue pas le même jeu qu’eux : il joue un jeu d’un niveau méta- supérieur : celui qui définit ce qu’est « gagner » a déjà un avantage structurel.

Le problème réel n’est pas qu’on ne comprend pas Trump. C’est que l’accepter comme interlocuteur légitime valide son cadre, et le rejeter comme irrationnel laisse le terrain libre.

C’est une impasse rhétorique bien construite – probablement instinctive plutôt que planifiée, mais efficace précisément pour ça.

Trump impose une frontière qui prétend tout encoder

Je construis le diagramme en deux couches : la structure ontologique de son cadre, puis la mécanique de domination rhétorique.

La lecture GENESIS fait apparaître quelque chose que l’analyse rhétorique seule ne capte pas : la structure du cadre trumpien est formellement analogue à un système physique avec une seule frontière active, mais sans en avoir la légitimité physique.

Dans un système GENESIS valide – où e/π² est physiquement significatif – la frontière sphérique active encode l’information de façon non-arbitraire. Ce qui rend la réduction causale légitime, c’est que la surface d’échange contraint réellement les flux.

Trump fait exactement la même opération rhétoriquement : il impose une frontière (le solde commercial) qui prétend tout encoder. Mais cette frontière est choisie – pas dérivée des contraintes du système réel. Elle est arbitraire au sens physique, mais opératoire au sens politique parce qu’elle est posée avant le débat.

C’est là que le diagnostic GENESIS est précis : le cadre trumpien n’est pas irrationnel : il est paralogique, c’est-à-dire structurellement cohérent en interne, mais fondé sur une réduction initiale non justifiée. Ce qui le rend quasi-inattaquable en débat direct, car toute réfutation doit d’abord déconstruire la légitimité de la métrique elle-même – et ce travail méta- prend trop de temps dans le cycle de l’actualité.

Pour Trump, l’Apocalypse est un jeton comme un autre 

Trump ne croit pas à l’Armageddon au sens théologique personnel. Mais il opère dans un écosystème où une fraction significative de sa base y croit littéralement : l’évangélisme eschatologique américain, les chrétiens sionistes, le courant dispensationaliste.

Peu importe ce que Trump croit sur l’Armageddon, il s’en tient au relationnel pur. L’eschatologie n’est pas un cadre de croyance pour lui : c’est un registre de langage qu’il active avec les interlocuteurs qui y croient.

Trump ne joue que la table de négociation. Et l’Armageddon, dans ce cadre, est simplement le levier rhétorique maximal disponible avec un interlocuteur évangélique ou sioniste chrétien :

  • Avec un général → il parle « ROI des militaires ».
  • Avec un banquier → il parle solde commercial.
  • Avec un évangélique → il parle Armageddon / Israël / prophétie.
  • Avec Poutine → il parle territoire et deal.

Ce n’est pas de l’incohérence. C’est une cohérence de second ordre : l’invariant n’est pas le contenu du message, c’est la structure relationnelle : toujours trouver la monnaie d’échange de l’interlocuteur et s’y adresser exclusivement.

Trump détecte la monnaie de chaque interlocuteur et optimise localement

Ce que ça implique dans le cadre GENESIS est assez radical : Trump n’a pas de cause finale propre. Il n’y a pas de télos trumpien : pas de vision du monde, pas d’eschatologie personnelle, pas même vraiment de nationalisme au sens idéologique. Il y a une machine relationnelle qui détecte la monnaie de chaque interlocuteur et optimise localement.

Ce qui le rend à la fois extraordinairement efficace à court terme – et structurellement incapable de produire une stratégie cohérente à long terme.

La question qui découle de ça directement : comment les acteurs qui croient à l’Armageddon – Netanyahou, la droite chrétienne américaine, certains faucons iraniens – gèrent-ils le fait de négocier avec quelqu’un qui utilise leur eschatologie comme simple jeton de poker ?

Trump joue au poker, ses interlocuteurs jouent la fin du monde

C’est là que ça devient vraiment dangereux : parce que l’asymétrie de croyance crée une asymétrie de risque catastrophique. Trump joue au poker. Eux jouent pour la fin du monde.

La clé est l’asymétrie de profondeur d’engagement : Trump joue à profondeur zéro sur l’eschatologie, ses interlocuteurs jouent à profondeur maximale. C’est une table de poker où un joueur mise des jetons en plastique et l’autre mise sa maison. La conclusion GENESIS ici est précise et brutale : dans un système où e/π² encode une frontière informationnelle active, la condition de validité est que les deux parties partagent la même ontologie de la frontière. Ce n’est pas le cas ici.

Trump opère dans une ontologie commerciale où tout est réversible : chaque deal peut être renégocié, chaque escalade peut être dé-escaladée par un geste unilatéral. Les acteurs eschatologiques – qu’il s’agisse de l’aile dure israélienne, des faucons iraniens qui lisent la confrontation comme accomplissement prophétique, ou de la base évangélique américaine – opèrent dans une ontologie où certains seuils sont ontologiquement irréversibles : pour eux, l’Armageddon n’est pas une menace : c’est une promesse.

Le danger concret est donc le suivant : Trump peut utiliser le registre eschatologique pour obtenir un accord qu’il croit provisoire et réversible, pendant que son interlocuteur l’interprète comme le signal de déclenchement d’une action irréversible. Il ne saura pas qu’il a appuyé sur la gâchette parce que dans son cadre, il n’y avait pas de gâchette : que des jetons.

C’est structurellement différent de la guerre froide où les deux camps partageaient au moins l’ontologie de la dissuasion mutuelle. Ici, un des acteurs ne croit pas à la dissuasion : il croit à la nécessité de l’accomplissement.

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87 réponses à “Analyse GENESIS – Trump gagnera … en redéfinissant la victoire

  1. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Exposé perspicace et pénétrant. La méthode Trumpienne est le résultat d’un processus évolutif pour survivre aux banquiers (et puis se faire élire).

  2. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Comprendre l’IRAN

    Recherche sur l’enseignement supérieur en Iran

    https://curiexplore.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pays/IRN/enseignement-sup

    Effectifs totaux scolarisés dans l’enseignement supérieur, les deux sexes
    2022: 3 millions étudiants

    Conditions d’entrée dans l’enseignement supérieur :
    • avoir achevé les études secondaires supérieures (Diplom-e Motevaset) ;
    • avoir réussi l’Iranian University Entrance Exam, qui est extrêmement sélectif et compte environ 11% d’admission (avec une discrimination positive appliquée aux candidats en provenance des zones moins favorisées et plus reculées, au contraire des habitants des grandes villes) ;
    • avoir complété le programme d’un an de préparation à l’université.

    B. Paysage de l’enseignement supérieur iranien :

    Chiffres clés :
    • 2800 établissements d’enseignement supérieur supervisés par le MSRT ;
    • 49 instituts de recherche supervisés par le MSRT ;
    • 205 parcs scientifiques et technologiques dont des incubateurs par le MSRT ;
    • 65000 étudiants en médecine sont en train d’étudier dans 68 universités de sciences médicales supervisées par le MOHME ;
    • 50% des étudiants sont des filles ;
    • 30% des enseignants universitaires sont des femmes ;
    • UN étudiant sur TROIS en SCIENCES DE L’INGENIEUR ;
    • De 20 000 à 73 000 étudiants en doctorat en seulement 10 ans ;
    • 71 248 étudiants iraniens en mobilité internationale depuis 2011, principalement dans les pays anglo-saxons ;
    • 70 000 enseignants-chercheurs (+65 % en 10 ans) et 230 289 enseignants dans l’enseignement supérieur au total.

    ***********

    Recherche et innovation
    https://curiexplore.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pays/IRN/recherche

    Le paysage de la recherche et de l’innovation
    Rédigé en mars 2024 sous la responsabilité éditoriale du poste diplomatique
    Certains des éléments ci-dessous peuvent être dans la langue d’origine.
    D’après le Scimago Journal & Country Rank, l’Iran est passé de la 48e place en termes de production de publications scientifiques de niveau international en 2000, à la 21e place en 2010, puis à la 15e place en 2022, avec un nombre doublé de publications annuelles en 12 ans passant de 30 046 à 77 641

    L’Iran revendique les meilleures performances scientifiques de la région et du monde musulman.

    Typologie de centres de recherche et d’innovation iraniens :

    1. Sous tutelle du MSRT : près de 49 instituts de recherche dont :
    • IROST : Iranian Research Organization for Science & Technology
    • IPM : Institute for Research in Fundamental Sciences
    • IRPD : Institute for Research in Planning Development
    • MERC : Materials and Energy Research Center
    • ainsi que 43 parcs technologiques et scientifiques.

    2. Sous tutelle du MOHME :
    • Iran Blood Transfusion Organization
    • Food & Drug Organization
    • Institut Pasteur
    • National Medical Emergency Organization

    3. Sous tutelle du ministère de la l’Agriculture :
    • Institut Razi

    4. Centres de recherché privés :
    • Stem Cell Technology Research Center

    Pour info : le Ministère de la Recherche, des Sciences et des Technologies (MSRT)

    ************

    Ceci explique peut-être pourquoi l’IRAN est capable de développer , créer , produire des missiles balistiques capables de détruire des cibles au mètre près .

    ******************

    Quelle a été la première femme ayant obtenu la médaille FIELD en mathématiques
    Maryam Mirzakhani

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maryam_Mirzakhani

    Elle intègre le lycée Farzanegan de Téhéran, un lycée pour jeunes filles surdouées dépendant de l’Organisation nationale pour le développement des talents exceptionnels (SAMPAD).

    Suite à son décès d’un cancer du sein de nombreux établissements scolaires iraniens , lycée , enseignement supérieur , portent son nom

  3. Avatar de gaston
    gaston

    Trump, son gendre, sa famille, son entourage sont d’abord et toujours motivés par l’appât du gain. Encore hier le secrétaire d’état à la défense, Peter Hegseth, soupçonné de délit d’initié :

    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260331-%C3%A9tats-unis-le-chef-du-pentagone-pete-hegseth-a-t-il-tent%C3%A9-de-commettre-un-d%C3%A9lit-d-initi%C3%A9

  4. Avatar de RV
    RV

    Après l’Espagne et l’Italie la France a interdit son ciel aux avions américains transportant du matériel militaire vers Israël.

    Deepseek dixit :
    **La France** adopte une position nuancée : elle interdit le survol de son territoire aux avions américains transportant du matériel militaire vers Israël, mais continue d’autoriser l’usage de ses bases à l’étranger pour des missions qu’elle qualifie d’« assistance technique ». Cette distinction, présentée comme un équilibre entre soutien allié et opposition à une implication directe dans l’offensive, ne repose pas sur une invocation publique d’accords bilatéraux mais sur une interprétation politique souveraine.

    **L’Espagne** affiche une ligne plus tranchée : elle refuse publiquement et catégoriquement que ses bases nationales – notamment celles de Rota et Morón – soient utilisées pour des opérations offensives américaines. Ce refus s’appuie sur une lecture restrictive des accords de défense bilatéraux avec les États-Unis, que Madrid interprète comme n’autorisant pas un usage offensif non consenti, tout en participant activement à des missions de défense comme l’envoi d’une frégate pour protéger Chypre.

    **L’Italie** suit une approche discrète mais ferme : elle a refusé, par voie hiérarchique et sans annonce officielle, l’accès de bombardiers américains à sa base de Sigonella. Ce refus a été justifié par le respect strict des accords bilatéraux en vigueur, qui ne couvrent pas ce type d’opération extraordinaire sans autorisation politique préalable de Rome. Parallèlement, l’Italie s’engage dans des opérations de protection et d’aide humanitaire, comme l’escorte de la flottille pour Gaza, qu’elle distingue clairement de l’implication dans des actions offensives non prévues par les traités.

  5. Avatar de Michel Gaillard
    Michel Gaillard

    C’est d’accord, Donald le pulsionnel est clairement non transducteur… si ce n’est inconsciemment. Mais :  » Trump joue à profondeur zéro sur l’eschatologie, ses interlocuteurs jouent à profondeur maximale.  » n’est pas mal vu, mais d’une dualité fondamentale un peu trop vulgaire et donc navrante. Il s’agit plus précisément d’une dissonance non-médiatisée qui peut, si elle n’est pas reconnue, produire une rupture dans le flux. Sans oublier cette impasse qui est faite sur la probable « motivation profonde », celle d’une oblitération de l’affaire Epstein. L’ombre Epstein n’est pas un  » secret  » au sens anecdotique ; c’est un point de non-résonance qui force le système à contourner, à compenser, à surjouer ailleurs. C’est une dissonance active qui consomme de l’énergie transductive sans la restituer au vivant.

  6. Avatar de Hervey

    Ormuz, le Détroit des paradoxes.

    Si les français défilent sur les routes pour se plaindre de prix du l’essence et ne trouvent bientôt plus de quoi faire le plein, l’Iran n’a jamais autant produit et exporté, 100 000 barils de plus par jour qu’avant le conflit et à des prix avantageux, deux fois plus cher qu’il y a trois semaines (60$/120$).

    https://www.facebook.com/reel/1624221918623843

  7. Avatar de ludyveen
    ludyveen

    CNNN international – Suite à la lecture de l’article de P. Jorion “Analyse GENESIS – Trump gagnera », le président décide de racheter GENESIS…..poison d’Avril…

  8. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Détroit d’Hormuz

    https://www.vesselfinder.com/fr

    Les flux de passage de navires , en temps réel , semblent montrer une accélération avec la maitrise des flux par l’IRAN

    Beaucoup de navires semblent passer avec des destinations choisies vers : la Chine , l’Inde , les pays du sud-est asiatiques, et des flux intra-golfe persique

    ==> à confirmer dans un timing de plusieurs jours

  9. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    https://aurelien2022.substack.com/p/not-getting-it-together

    Synthèse par l’IA :

    Voici une **synthèse structurée et fidèle** des idées principales de l’essai d’Aurélien, en m’appuyant sur le contenu de la page

    ## 🧭 **1. Thèse centrale : l’Occident ne “se ressaisit pas” parce qu’il ne comprend plus le monde**
    Aurélien soutient que les défaites occidentales — Ukraine hier, Iran aujourd’hui — sont **avant tout intellectuelles**.
    L’Occident ne comprend pas ce qu’il voit, donc **il ne peut pas agir efficacement**.

    Cette incompréhension touche :
    – la nature des guerres contemporaines (missiles, drones, défense en profondeur)
    – les dimensions économiques et politiques des conflits
    – la stratégie de l’adversaire, que Washington ne perçoit même pas comme telle

    ## 🧠 **2. Le cœur du problème : une culture politique “cerveau gauche” sans “cerveau droit”**
    Aurélien mobilise McGilchrist et Gebser pour décrire une pathologie cognitive collective.

    ### **Côté “cerveau gauche” (processus, chiffres, technocratie)**
    – Domine totalement la politique occidentale
    – Produit des décisions abstraites, déconnectées du réel
    – Fonctionne en boucle : répète les mêmes solutions même quand elles échouent
    – Hyper-spécialisation, incapacité à intégrer des informations nouvelles
    – Obsession pour les indicateurs, les procédures, les “cases à cocher”

    ### **Côté “cerveau droit” (vision d’ensemble, symbolique, mythes)**
    – Domine le discours politique : slogans, fantasmes, prophéties
    – Déconnecté de la réalité matérielle
    – Produit des croyances mythologiques (“victoire inévitable”, “Free Palestine”, “Iran sera écrasé”)
    – Insensible aux faits, car il fonctionne par symboles

    ### **Le problème majeur**
    Les deux hémisphères **ne communiquent plus**.
    La société occidentale est devenue un **cerveau scindé**, incapable d’articuler vision stratégique et mise en œuvre pratique.

    ## ⚙️ **3. Conséquence : absence totale de stratégie opérationnelle**
    Aurélien insiste sur un point clé :
    **L’Occident n’a plus de niveau “opérationnel”**, celui qui transforme une idée en plan cohérent.

    Exemples :
    – On peut planifier techniquement une invasion de l’Iran sans jamais se demander *pourquoi*
    – Les gouvernements réagissent à la crise par réflexes : déni, slogans, improvisation
    – Les administrations ont été dégradées au point de ne plus pouvoir exécuter des politiques complexes

    ## 🛢️ **4. L’Iran comme révélateur : l’Occident ne comprend pas la guerre moderne**
    Les médias se focalisent sur les mouvements de troupes américaines.
    Mais le vrai sujet est :
    – la stratégie iranienne fondée sur missiles, drones, défense distribuée
    – l’incapacité occidentale à comprendre un modèle non centré sur les plateformes (porte-avions, avions, etc.)

    ## 🧨 **5. Le “Crunch Event” : collision entre crises réelles et incapacité des États**
    Aurélien annonce un choc systémique majeur :
    – ruptures d’approvisionnement (pétrole, engrais, plastiques, médicaments)
    – fragilité extrême des chaînes logistiques
    – dépendance totale à des infrastructures énergétiques et numériques vulnérables
    – incapacité des gouvernements à gérer des pénuries réelles

    Il souligne que :
    – la plupart des États occidentaux n’ont plus les compétences pour gérer rationnement, logistique, distribution
    – les sociétés modernes sont totalement dépendantes de systèmes invisibles et fragiles
    – la criminalité organisée comblera les vides laissés par l’État

    ## ⚡ **6. L’illusion technologique va s’effondrer**
    Aurélien anticipe :
    – des problèmes massifs pour les data centers (énergie, matériaux, maintenance)
    – l’effondrement de la bulle “IA”
    – la disparition de l’idée que “les ordinateurs feront tout”

    ## 🌍 **7. Vers un monde ingouvernable**
    Selon lui, l’Occident va entrer dans une zone de turbulence où :
    – les gouvernements seront dépassés
    – les crises se succéderont sans cohérence
    – les sociétés seront incapables de s’adapter
    – les élites perdront toute crédibilité

    Il conclut que nous allons vivre des **“Complex Emergencies”** —
    des crises systémiques que l’Occident n’a plus les moyens de gérer.

    ## 🎯 **En résumé**
    Aurélien décrit une **crise civilisationnelle** :
    L’Occident est devenu un système où :
    – la pensée stratégique a disparu
    – la pensée opérationnelle a été détruite
    – la pensée symbolique a envahi la politique
    – la technocratie a remplacé le réel
    – les infrastructures sont fragiles
    – les gouvernements sont incapables de gérer la complexité

    L’Iran n’est pas la cause : c’est le révélateur.

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      Analyse intéressante :

       » Trois scénarios pour le détroit d’Ormuz
      Deux scénarios militaires et un scénario diplomatique se dessinent, le Pakistan jouant un rôle de médiateur crucial.
      Scénario 1 : Action militaire régionale unilatérale
      Deuxième scénario : Alignement régional avec l’opération américaine
      Troisième scénario : Fermeture durable du détroit
      https://www.aljazeera.com/opinions/2026/3/31/three-scenarios-for-the-strait-of-hormuz

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

       » Donald Trump a déclaré envisager « sérieusement » un retrait des États-Unis de l’OTAN, avertissant que la question était « irrévocable » après le refus des alliés américains de participer à la guerre israélo-américaine contre l’Iran . Ces menaces, les plus fermes qu’il ait proférées à ce jour, plongent l’alliance dans sa pire crise en 77 ans d’existence, a averti un ancien ambassadeur américain. »

      Sans doute une déclaration que l’on peut prendre au sérieux.
      Et Poutine, entre-autres, en serait ravi.

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

         » Mercredi, le président américain Donald Trump a annoncé qu’il envisageait sérieusement de quitter l’OTAN, laquelle n’a pas rejoint la campagne américano-israélienne contre l’Iran ni œuvré à la réouverture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique.

        « Oui, je dois dire que [c’est] bien plus qu’une simple remise en question », a-t-il indiqué au journal britannique The Telegraph. « L’OTAN ne m’a jamais impressionné. J’ai toujours su que c’était un tigre de papier, et Poutine en est bien conscient, d’ailleurs. »

        Selon lui, les États-Unis ont fait leur part pour protéger l’Ukraine, alors que cela ne concernait pas, selon lui, l’Amérique. »
         » De fait Trump menace de suspendre l’aide à l’Ukraine si l’Europe ne rejoint pas la coalition d’Ormuz. »

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @Garorock En fait le conflit en Ukraine ne concerne pas l’OTAN, si ce n’est par la volonté à un moment des États-Unis (cf Pelosi) d’étendre son domaine à l’Ukraine en y embarquant l’U.E. comme dans d’autres élargissements accélérés précédents.
          Le régime politique ou économique au sein du monde slave, que le Dombass obéisse à Kiev ou a Moscou, cela concerne encore moins l’Europe des 6 ou l’U.E.

          1. Avatar de Arnaud Castex
            Arnaud Castex

            « Le régime politique ou économique au sein du monde slave, que le Dombass obéisse à Kiev ou a Moscou, cela concerne encore moins l’Europe des 6 ou l’U.E. »
            Phrase juste au futur quand la Russie abandonnera l’impérialisme, la tyrankie, la violence politique, le révisionnisme, le népotisme,
            Vladimir encore quelques efforts!

  10. Avatar de Chabian
    Chabian

    J’ai noté ces perles, ces esbroufes « i-a » (=hi-han ?) :
    – Economie – tout le reste. Ce n’est pas de la simplification — c’est un monisme ontologique.
    – il joue un jeu d’un niveau méta- supérieur…
    – C’est une impasse rhétorique bien construite – probablement instinctive plutôt que planifiée, (probabilité nulle, à mon avis)
    – Je construis le diagramme en deux couches : la structure ontologique de son cadre…
    (Je passe les autres occurrences de « ontologique », déplacées hors contexte philosophique…)
    J’estime que la méthaphore Armageddon, autre simplification (idoine dans certains contextes : Maga, etc.), ne dit rien de la logique de Nettanyaou, qui est le point aveugle de cette analyse à l’esbrouffe. Ce dernier cherche la victoire, la mort de l’ennemi et le gain de territoire, la terre brûlée, par méchanceté pure, comme un chercheur d’or. Il est à l’initiative, il est puissant à l’échelle de ce territoire. Trump est un opportuniste cruel (dont la puissance est fragile mais planétaire) : tous les coups sont permis, tous les retraits aussi. C’est un jeu de gains et de pertes. On peut toujours se refaire.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Vous avez raison, la « méchanceté pure » est un concept trop peu utilisé en géopolitique. Il y a « stupidité abyssale » aussi, auquel je fais parfois moi allusion.

      1. Avatar de ThomBillabong
        ThomBillabong

        Je m’oppose à ces affirmations réductrices même si elles peuvent me démanger. L’article décrit parfaitement la clef de lecture unique de touffu : l’avantage business.
        Tout étant business pour lui, il est hâtif d’interférer avec des jugements moraux de type « méchant » ou « stupide ». Du moins, ces qualificatifs ne caractérisent que la personne et pas la dynamique à laquelle il n’est pas du tout seul à participer. Même Obama avait initié le mouvement. Tout en mettant la main sur le cœur et jouant les pacifistes décorés. Touffu affirme vouloir garder la suprématie de l’Amérique face à une Chine qui est passée devant. Il sait que c’est mort et agit en conséquences. Il fait donc tout pour 1) ralentir la suprématie chinoise qui chaque jour s’affirme sur le plan économique (en lui compliquant les accès énergétiques, par exemple). 2) capter autant de ressources énergétiques au profit de l’Amérique qu’il lui est possible, allant même jusqu’à déclarer que les USA n’ont pas besoin du pétrole d’Ormuz maintenant qu’ils ont le leur + celui du Venezuela. Sous-entendu, on se fiche bien des problèmes que ça cause aux autres qui n’ont qu’à s »en occuper. Un peu facile après avoir tout embraser… 3) tout faire pour rapatrier sur son sol le maximum d’investissements industriels attirés par un prix bas du pétrole sur le sol US.

        Cette stratégie est masquée par des sautes de pathos dont il est pétri et qui brouillent la vision d’ensemble.

        Ce faisant, il assume une posture cynique qui exaspère le monde et amène chacun à clamer : et les autres, alors ?
        L’American Way of Life n’est pour l’instant pas négociable. Ce sera sans doute le dernier pays à basculer dans un monde plus équilibré puisqu’il n’y voit pour l’instant aucun intérêt (les limites n’existent pas pour les américains).

        1. Avatar de ilicitano
          ilicitano

          https://www.realclearpolling.com/polls/approval/donald-trump/approval-rating

          La moyenne des sondages d’approbation donnent encore Trump à 41,1% face à un taux de désapprobation de 56,7
          donc avec encore une base solide certes avec une légère diminution depuis mars.

          American Way of Life ===> TINA : There Is No Alternative

          Une partie importante de la société américaine n’est pas prête pour la transition énergétique

          Les pays cibles des USA :
          * l’Alberta ou se trouve les réserves pétrolières du Canada
          * Le Venezuela
          * l’Iran dont le principal client est la Chine

          Ces 3 pays ont les premières réserves mondiales de pétrole mais de qualités différentes dont beaucoup de non-conventionnels pour l’Alberta et le Venezuela.

          Les USA n’auraient que 10 à 12 années de réserves de pétrole , extraction des schistes incluse

  11. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Trump va se retirer du conflit d’ici 3 semaines, en fait le 16 avril 2026 où il enverra ses V22 osprey en Iran pour récupérer par une nuit sans lune et après avoir neutralisé tous les radars sur le chemin à emprunter à l’aller comme au retour ce dont les USA cherchent à se rendre maître depuis un demi-siècle sans y parvenir jusqu’à présent.
    A savoir les restes en Iran à la suite de l’incident de Téhéran du 18 septembre 1976, à quelques jours de la visite à l’époque du chef d’état français.

      1. Avatar de écodouble
        écodouble

        Ruiz,
        ton site « cacato », c’est du caca pas catho !
        Tu dois faire une sacrée conso de PQ, à lire tous ces sites de merde !

  12. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    A propos de qui d’autres, au pluriel comme au singulier, veulent faire croire à un « gain » (qu’il(s) et/ou elle(s) gagneront) en tentant de redéfinir une position « victorieuse » – dont on ne peut que péniblement déterminer, sauf à déconstruire le narratif, qui et quand, y gagnera quoi, en réalité.

    « Dédiabolisation, juke‑box et poudre de perlimpinpin

    La « dédiabolisation » du Rassemblement national repose sur une illusion d’optique : faire oublier ce que le parti est vraiment en soignant son image. La « respectabilité » que lui prêtent les médias de masse derrière la présumée innocente stratégie de « normalisation » avec le « costume cravate » ne sont qu’artefacts soi‑disant « républicains ». Mais il arrive que les postures se répondent et que la mécanique s’enraye.

    Dernier exemple en date : le gouvernement a remis une pièce dans le juke‑box médiatique en agitant l’idée d’un « surplus » de recettes fiscales – censé provenir notamment de la taxation des hydrocarbures – pour financer l’électrification de l’économie. Problème : une partie de l’exécutif s’empresse de démentir ou de relativiser l’existence même de ce surplus. « Comment ? Le RN aurait alors raison d’affirmer que l’État serait assis sur un tas d’or, alors que c’est la crise ? » Pendant ce temps, la candidate du RN à l’élection présidentielle de 2027 – toujours suspendue à l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité – ne manque pas l’occasion d’en rajouter. Par un geste théâtral, un « hop‑là » accompagné d’un claquement de doigts, elle feint de croire qu’un tel surplus ne peut exister et reprend en chœur le refrain macroniste, mais sur le mode du sarcasme.

    « Point de détail » de l’histoire, me diriez-vous ?

    Deux postures qui s’alimentent l’une l’autre, dans un jeu à somme non nulle, pour entretenir l’illusion d’un second tour entre ces deux seules candidatures. Pourtant, derrière cette pantomime politique, une question demeure : que faire vraiment de la transition énergétique ?

    Le RN a sa réponse : baisser les taxes sur les carburants de 20 % à 5 %. Tant pis si plus d’une planète et demie ne suffit pas au consumérisme franco‑français. Voilà une mesure présentée comme un geste pour le pouvoir d’achat – destinée aux « temps de cervelle disponible » de grenouilles à qui l’on fait croire que le chaudron dans lequel elles barbotent ne bout pas encore. Mais ce tour de passe‑passe ne résiste pas à l’épreuve des chiffres. Avec une épargne des Français qui dépasse les 6 600 milliards d’euros (dont une part significative placée dans des produits peu risqués, selon une étude du Trésor), baisser les taxes sur les hydrocarbures revient à accroître mécaniquement la capacité d’épargne des ménages les plus aisés – ceux qui consomment le plus de carburant – plutôt qu’à financer des services publics dont les plus précaires dépendent au quotidien. Pour les plus de 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, cette « magie » redistributive n’a non seulement rien de miraculeux, mais revient à leur faire croire que regarder le doigt qui montre la lune ne les distrait pas de l’autre main leur faisant les poches.

    Et que dire des comptes publics ? Avec une dette avoisinant la moitié de l’épargne nationale, comment financer l’hôpital, l’école, les transports en commun ? Le RN répond par un autre tour : la « préférence nationale », dont l’idéologie d’« assimilation » s’apparente plus à un néo‑fascisme racialisé qu’à une politique sociale. Le pire, c’est d’en arriver à faire croire à la « démocratie d’opinions » qu’il est radical et extrémiste de qualifier de néo‑fasciste une politique publique visant à discriminer encore davantage celles et ceux qui subissent déjà quotidiennement plus de cinq contrôles au faciès – illégaux, illégitimes, brutaux – et plus d’un refus d’embauche ou d’accès au logement… Mais là encore, aucun « hop‑là » ne fera disparaître les milliards d’euros de recettes fiscales perdues dans des comptes d’épargne ou autres comptes au nom de personnes morales logés dans les trous noirs de la finance offshore. La France dispose certes d’un stock d’or impressionnant – plus de 2 400 tonnes, la quatrième réserve mondiale – mais à elle seule, cette richesse ne suffit pas à financer le quotidien d’un État social en crise.

    Ce que révèle cet épisode, c’est que la « dédiabolisation » du RN ne tient que par un jeu de miroirs : le gouvernement agite une idée, le parti s’en saisit pour faire oublier ses propres contradictions. Et pendant ce temps, les inégalités explosent, les services publics s’étiolent, saturent. Et l’on nous promet que la solution viendra d’un claquement de doigts. À qui profite vraiment ce spectacle permanent ? À celles et ceux qui veulent croire encore au père Noël, ou à celles et ceux qui préfèrent regarder les « réalités alternatives » en face ?

    https://www.facebook.com/reel/946063307886097

    https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/ou-sont-places-les-6600-milliards-depargne-des-francais-2208315

    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/ces-2400-tonnes-dor-que-la-france-garde-en-reserve-2154134« 

    1. Avatar de Juillot Pierre
      Juillot Pierre

      A propos des plus 6 600 milliards d’euros d’épargnes que n’ont pas (comme « bas de laine ») les plus de 10 millions de citoyennetés vivant sous le seuil de pauvreté, au regard des 3 400 milliards d’euros de dette publique, et sa peur d’avoir peur des déficits… soit pas grand chose par rapport à la conversion en Euros des 2 400 tonnes d’or français… que dire des « fruits » – « défendus » ? – du « Quoi qu’il en coûte » d »une gestion néolibérale des « crises », du « choc » l’ayant fait naître, est une inflation de 20% des biens de subsistances, de première nécessité alimentaire ? Ne seraient-ce pas l’expression inavouée et inavouable d’un « poujadisme » le plus perfide, vicieux.

      1. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @Juillot Pierre 2 400 tonnes d’or cela représente 2400 millions de g soit pour 60 millions de français : 40 g soit 6 ou 7 Napoléon par’ personne.

        1. Avatar de Juillot Pierre
          Juillot Pierre

          @Ruiz. Bien que cette manière plutôt individualiste de voir les choses, puisse séduire certain esprit tout aussi épris d’un narratif ramenant à soi et de façon égocentrique, « héroïque », l’avenir de notre collectivité, de nos possession commune… personnellement, je préfère envisager ces 317 milliards et quelque euros (2 400 tonnes d’or x 132 241 euros/kilo d’or) comme bien plus que suffisant comme « surplus » – sachant que ce matelas d’or n’est pas le seul « bijoux de famille » de la République – pour rembourser pour partie, de quoi combler le déficit public, l’autre partie ayant déjà été développé ici dans un autre de mes billets, publié par notre hôte : https://www.pauljorion.com/blog/2025/02/20/oui-taxons-lepargne-oisive-interdisons-les-paris-pourris-de-la-finance-casino-par-pierre-juillot/

          1. Avatar de Ruiz
            Ruiz

            @Juillot Pierre « L’endettement de la France a légèrement baissé pour s’établir à 3 460,5 milliards d’euros, a annoncé l’Insee, vendredi 27 mars. » c’est à dire 10 fois ce stock de métal jaune, au cours actuel.
            En conservant ce stock stratégique la dette marginale qui a été consentie a constitué un excellent placement.
            Et si cete dette aurait baissé au dernier trimestre ce n’est pas une hausse prévisible des taux qui va faciliter le désendettement.

  13. Avatar de Benjamin
    Benjamin

    @PJ
    Simple question: ne faudrait-il pas que la population américaine comme celle de l’Iran se soulève contre ses dirigeants?

  14. Avatar de Sébastien
    Sébastien

    Simple question: ne faudrait-il pas que la population américaine comme celle de l’Iran se soulève contre ses dirigeants?

  15. Avatar de Pascal
    Pascal

     » Selon un nouveau sondage CNN réalisé par SSRS , la cote de popularité du président Donald Trump concernant sa gestion de l’économie a chuté à un nouveau plus bas historique de 31 %, reflétant un pessimisme croissant parmi les Américains sur cette question qu’ils décrivent constamment comme la plus importante.

    Environ deux tiers des Américains estiment que les politiques de Trump ont aggravé la situation économique aux États-Unis, soit une hausse de 10 points depuis janvier. Seuls 27 % approuvent sa gestion de l’inflation, contre 44 % il y a un an.

    Le taux d’approbation global de Trump est resté relativement stable à 35 %, à un point seulement de son plus bas historique selon les sondages CNN. On observe cependant une érosion notable de sa popularité auprès de ses propres partisans. La proportion de républicains qui approuvent fortement son action a chuté à 43 %, contre 52 % en janvier.  »
    https://www.cnn.com/2026/04/01/politics/cnn-poll-trump-approval-rating-economy

    1. Avatar de gaston
      gaston

      Mais c’est de la faute des autres :

      Kristi Noem a été virée pour sa mauvaise gestion de ICE et d’avoir empoché au passage 250 millions de $.

      Pam Bondi vient d’être limogée pour sa mauvaise gestion et ses mauvais résultats dans l’affaire Epstein :

      https://www.liberation.fr/international/amerique/etats-unis-donald-trump-limoge-sa-ministre-de-la-justice-pam-bondi-20260402_73PVTJNKSNHT5DNQH24MYXMBWU/

      Pete Hegseht ne doit pas se sentir à l’aise dans ses petits « Florsheim » à 130 $, et il doit se demander s’il ne sera pas le prochain sur la liste.

      https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-31/un-si-puissant-voisin/moi-mes-souliers-en-disent-long-sur-trump.php

      Y’a pas qu’à Téhéran que Donald réussit à décapiter le pouvoir !

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

        Hegseht un ringard, De Villepin a des « Weston » à 800 boules!
        Vive la France.
        😎

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          De Villepin actuellement sur LCI devant l’insupportable lèche-Florsheim nommé Rochebin.

          1. Avatar de Pascal
            Pascal

            Tu te fais du mal ! Ne t’oblige pas à regarder, voyons !😜

        2. Avatar de gaston
          gaston

          « si à 50 ans on n’a pas de Weston on a quand même raté sa vie ».

          Tous des ratés à Washington !

            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              J’allais oublier!
              Dans la série des chose dont il faut se souvenir: n’oublions pas que Trump rêve de gouverner les states comme poutine – son ami – gouverne la Russie.
              A suivre.

              1. Avatar de Garorock
                Garorock

                 » Trump affirme qu’avec plus de temps, les États-Unis pourront « s’emparer du pétrole » iranien. »

                Donc s’emparer de l’ile de Kharg.
                Hé oui cette guerre lui coûte un pognon de dingue!

                1. Avatar de Ruiz
                  Ruiz

                  In oil we trust !

                2. Avatar de Pascal
                  Pascal

                  @Garorock et @Trump
                  Kharg est un immense terminal pétroliers mais le pétrole vient d’Iran par pipeline. Ça sert à rien d’acheter un robinet si on n’a pas la source !😉

              2. Avatar de Pascal
                Pascal

                Poutine a de bonnes longueurs d’avance sur Trump en matière de connerie et de cynisme psychopathique.
                « Dans la région de Riazan, les employeurs doivent désormais transmettre des noms à l’armée sous peine de sanctions. Derrière le volontariat affiché, une mobilisation diffuse s’installe jusque dans les bureaux et les usines. »
                https://www.slate.fr/monde/patrons-russes-employes-envoyer-front-ukraine-mobilisation-guerre-riazan-sanctions-poutine-economie

                Il faut saigner le pays jusqu’au bout pour la gloire pathétique d’un illuminé de l’Histoire.
                Peuple russe, révolte toi. Tu n’as plus rien à perdre.

                1. Avatar de Otromeros
                  Otromeros

                  Ce qui est le plus invraisemblable (.. et indique le niveau de contrôle ‘citoyen’ dans ce ‘pays’) c’est que « l’opération spéciale » initiée par Poutine s’achemine vers une durée supérieure à celle de la ‘grande’ guerre mondiale 14/18……… et ,sauf erreur.., chaque citoyen russe est encore autorisé à calculer ..en tout cas mentalement.. et à conclure comme vous le suggérez en dernière ligne.

                  1. Avatar de Pascal
                    Pascal

                    Une part de la réponse peut être ici :
                    « Le lien direct entre efficacité de la propagande et difficulté de mettre fin à un conflit » « Les innovations technologiques rendent les propagandes de plus en plus efficaces. Les populations des pays en guerre, mais aussi les dirigeants, ont dès lors plus de peine à accepter les termes d’un accord de paix ou même à envisager une sortie de conflit. »
                    https://theconversation.com/le-lien-direct-entre-efficacite-de-la-propagande-et-difficulte-de-mettre-fin-a-un-conflit-274326?utm_medium=article_clipboard_share&utm_source=theconversation.com

                    Avec la technologie, les gouvernants n’ont peut être jamais eu autant de possibilités de contrôler la population qu’aujourd’hui !?

            2. Avatar de Garorock
              Garorock

               » Hegseht affirme que les troupes américaines combattent pour Jésus. »

              Jésus, Allah, Moïse : nous sommes au complet!
              Que le meilleur gagne…

              1. Avatar de Ruiz
                Ruiz

                @Garorock Monothéisme et Trinité le saint crétisme !

              2. Avatar de Pascal
                Pascal

                Jésus plus les Aliens avec eux ! Les ricains vont de nouveau pouvoir dominer le monde.
                On voit bien que l’administration Trump a fait de grandes études à l’université des Marvel. On attend prochainement l’arrivée de Superman et Batman dans le Golfe.
                Pauvres Marins et GI entre les mains de ces tarés.

      2. Avatar de ludyveen
        ludyveen

        Si j’étais le mari de Kristi, je me méfierais un peu quand-même!

        1. Avatar de gaston
          gaston

          @ ludyveen

          Ne vous en faites pas pour le mari de Kristi, sans méfiance il est très occupé à jouer avec ses ballons et tant qu’adepte du looning (balloon fetish). Toutes les explications dans cette nouvelle vidéo du Daily Beast (à partir de 17′ 00) :

          https://www.youtube.com/watch?v=S91GHhiRAi8&t=2407s

          Un nouveau scandale au royaume de Donald ? Savaient-ils ? Ne savaient-ils pas ?

          1. Avatar de ludyveen
            ludyveen

            En effet et sa dame n’est pas favorablement connue pour sa délicatesse envers ses compagnons de vie…

  16. Avatar de Antoine
    Antoine

    Pour préciser ma critique, sortons de la vision « jorionienne » où le langage crée le monde, pour confronter son analyse aux réalités structurelles. Voici une déconstruction point par point de sa thèse :
    1. Le « Solipsisme » Politique : La limite de la réalité matérielle
    Jorion suggère que Trump gagne dès qu’il dit qu’il gagne (la victoire par redéfinition).

    La faille : En psychanalyse, le « Dire » peut suffire à structurer le sujet. En politique, il y a le principe de réalité. Les papiers récents en économie politique (ex: Autor et al. sur l’impact du commerce) montrent que l’électeur finit par juger sur des variables tangibles : prix du panier de courses, accès aux soins, sécurité de l’emploi.
    Contradiction : On ne peut pas « redéfinir » indéfiniment une inflation à 9% ou une usine qui ferme. La théorie de Jorion oublie que la symbolique ne remplit pas l’assiette ; elle ne fonctionne que tant que l’économie réelle permet encore le luxe de la fiction.

    2. Le fétichisme du « Grand Manipulateur » (Surévaluation de l’Agency)
    L’article prête à Trump un génie tactique de « reconfiguration sémantique ».

    La faille : C’est une lecture très « lacanienne » où le signifiant commande tout. La science politique moderne (théories de la Capture Institutionnelle) montre que le succès de Trump n’est pas dû à son verbe, mais à l’alignement d’intérêts financiers et médiatiques massifs (Fox News, réseaux de donateurs).
    Contradiction : Ce n’est pas Trump qui redéfinit la victoire, c’est l’écosystème médiatique qui valide sa narration pour maintenir son audimat. Jorion voit un hypnotiseur là où il n’y a qu’un symptôme d’un système médiatique cassé.

    3. L’impasse de la « Jouissance » vs le Choix Rationnel
    L’approche psychanalytique (très présente chez Jorion) postule que la base de Trump « jouit » de la transgression.

    La faille : Cela méprise la rationalité de l’électeur. Les études sur le « Populisme de droite » (Eatwell & Goodwin) démontrent que le vote Trump est souvent un calcul rationnel de protection identitaire et de méfiance envers une technocratie perçue comme hostile.
    Contradiction : En réduisant le soutien à Trump à une pulsion ou à une manipulation du langage, on occulte les griefs légitimes (déclassement, perte de souveraineté). C’est là que Jorion rate le coche : sa critique est elle-même « élitiste » car elle suppose que le peuple est simplement « sous le charme » d’un mot.

    4. L’épuisement du Signifiant (L’entropie de la provocation)
    Jorion semble croire que cette stratégie de redéfinition est infinie.

    La faille : La psychologie sociale (théorie de l’Habituation) prouve que plus un stimulus est répété, plus son impact diminue.
    Contradiction : À force de crier « Victoire ! » dans la défaite, le mot perd toute charge émotionnelle. On observe déjà une « fatigue de Trump » dans les sondages d’opinion hors de son noyau dur. La théorie de Jorion ne prévoit pas le moment où le spectateur, lassé par la répétition du même tour de magie, quitte la salle.

    5. L’absence de dimension systémique (Le biais psy)
    L’analyse de Jorion est centrée sur l’individu Trump.

    La faille : Les derniers papiers en sociologie des réseaux (ex: Benkler et al. sur l’architecture de la propagande) montrent que la victoire se joue sur des algorithmes et des chambres d’écho, pas sur la profondeur psychologique d’un leader.
    Contradiction : Trump pourrait se taire, la machine continuerait de tourner. En se focalisant sur le « génie de la redéfinition » de l’individu, Jorion ignore que la victoire est aujourd’hui une question de flux de données et de micro-ciblage, bien loin de la poétique du langage.

    En résumé : L’analyse de Jorion est une élégante construction intellectuelle qui décrit un match de boxe verbal, alors que la réalité est une guerre d’usure statistique et économique. Il analyse le costume de l’acteur quand il faudrait analyser l’ingénierie de la scène.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Très intéressant. Et très révélateur du matérialisme historique.

      Le commentaire

      L’analyse de Jorion, en se focalisant sur la « redéfinition de la victoire » par le verbe, est une analyse idéaliste (au sens philosophique) : elle pense que l’idée et le mot commandent à la matière.

      met en effet en avant l’allergie proverbiale du matérialisme historique à l’humour, que trahit ici son incapacité à deviner que la phrase « Trump gagnera … en redéfinissant la victoire » est destinée à faire rire.

      1. Avatar de RV
        RV

        @ Paul Jorion – 02 avril 2026 0h53

        J’ai du mal à voir comment la formule du titre pourrait être lue comme de l’ironie : rien dans le billet ne permet de l’identifier comme telle.

        Elle décrit exactement ce que le texte développe de manière sérieuse : l’idée que Trump redéfinit les critères de la victoire. Elle fonctionne comme un résumé synthétique. Trump a déjà utilisé ce procédé après la guerre de 12 jours en juin.

        L’ironie suppose en général un écart — entre ce qui est dit et la réalité, ou entre le ton et le contenu. Ici, il n’y a pas d’écart : la phrase colle parfaitement à l’analyse développée.

        On peut dire qu’elle est “drôle” au sens où elle énonce une apparente absurdité et produit un effet de surprise ; mais précisément, le billet s’emploie à montrer que cette absurdité est en fait opératoire. C’est ce qui neutralise toute intention ironique.

        DéTrumpez moi !

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @RV Peut-être s’est-on habitué Trump et ça ne nous fait plus rire …

        2. Avatar de ilicitano
          ilicitano

          @RV

          L’échappatoire :
          l’échappatoire est un moyen adroit de se tirer de l’embarras

          En gros: un faux -fuyant rhétorique

      2. Avatar de ThomBillabong
        ThomBillabong

        Et pourtant les faits sont têtus !

        A partir de quand les « faits réels » contre lesquels on se cogne (Lacan) peuvent-ils se retourner contre celui qui les nient ? A partir de quand provoquent-ils l’effondrement intérieur (Cf. le Film La Chute) ?

      3. Avatar de Antoine
        Antoine

        Je sais que tu l’as lu assez précisément, tu ne pourras contredire que l’œuvre de Marx regorge d’humour féroce.

  17. Avatar de Antoine
    Antoine

    L’analyse de Jorion, en se focalisant sur la « redéfinition de la victoire » par le verbe, est une analyse idéaliste (au sens philosophique) : elle pense que l’idée et le mot commandent à la matière.
    Voici la déconstruction de sa thèse à l’aune du matérialisme historique et des sciences sociales de terrain.
    1. L’illusion du Verbe face à l’Infrastructure Économique
    Jorion avance que Trump gagne en changeant le dictionnaire (la victoire devient ce qu’il décide).

    La critique matérialiste : Le matérialisme historique (Marx, Engels) pose que la superstructure (le langage, l’idéologie) est déterminée par l’infrastructure (les rapports de production). Trump ne « gagne » pas parce qu’il redéfinit le mot, il est porté par une fraction du capital (immobilier, énergies fossiles, tech de rupture type Peter Thiel) qui a besoin de briser les régulations de l’État libéral.
    Justification scientifique : Les travaux de Thomas Ferguson (Investment Theory of Party Competition) démontrent que les virages rhétoriques suivent les blocs d’investisseurs. La « victoire » de Trump n’est pas un succès sémantique, c’est la victoire d’un segment du capitalisme nationaliste contre le capitalisme globalisé. Jorion regarde l’écume (les mots) sans voir le courant de fond (les intérêts de classe).

    2. La subjectivité psychanalytique vs les Conditions Matérielles d’Existence
    Jorion analyse le rapport de Trump à ses partisans comme une dynamique de transfert ou de jouissance.

    La critique matérialiste : C’est une psychologisation des masses qui évacue la lutte des classes. Le vote Trump n’est pas une « aliénation par le langage », c’est une réaction à la prolétarisation des classes moyennes blanches dans le Rust Belt.
    Justification scientifique : Les papiers de Case & Deaton sur les « Deaths of Despair » (morts par désespoir) montrent que le soutien à Trump corrèle avec l’effondrement de l’espérance de vie et la désindustrialisation. Ce n’est pas parce que Trump « redéfinit la victoire » qu’ils le suivent, c’est parce qu’il est le seul à nommer (même mensongèrement) leur détresse matérielle là où les néolibéraux la nient. Jorion traite les électeurs comme des patients sur un divan, la science politique les traite comme des agents économiques rationnels en mode survie.

    3. Le « Grand Homme » de Jorion vs les Rapports de Force Historiques
    Jorion fait de Trump le sujet central, le démiurge qui manipule la réalité.

    La critique matérialiste : C’est une résurgence de la théorie du « Grand Homme » de Carlyle, habillée en psychanalyse. Le matérialisme historique nous apprend que les individus ne sont que les masques de nécessités historiques. Si ce n’était pas Trump, ce serait un autre, car la crise organique du capitalisme (telle que définie par Gramsci) produit nécessairement ces figures de rupture.
    Justification scientifique : L’analyse des cycles longs de Kondratiev ou des travaux de Streeck sur la « fin du capitalisme démocratique » suggère que nous sommes dans une phase de transition inter-systémique. La rhétorique de Trump n’est qu’un outil de gestion de crise pour un système qui ne peut plus tenir par le consensus libéral. L’article de Jorion est trop « petit » : il analyse la performance d’un acteur quand il faudrait analyser l’effondrement du théâtre.

    4. La Redéfinition de la Victoire : Un mécanisme de diversion de classe
    Pour Jorion, la redéfinition est un coup de génie psychologique.

    La critique matérialiste : C’est un mécanisme classique de fausse conscience. En redéfinissant la victoire comme un combat culturel (le « Wokisme », les élites de Washington), Trump détourne l’attention des rapports de propriété. La « victoire » est symbolique pour le peuple, mais elle est très concrète pour sa classe : baisses d’impôts massives (Tax Cuts and Jobs Act de 2017) et dérégulation environnementale.
    Justification scientifique : La théorie de la « Capture de l’attention » combinée à l’analyse de la stratification sociale montre que la polarisation sémantique sert à empêcher la formation d’une conscience de classe trans-ethnique. En suivant Jorion dans son analyse sémantique, on participe à cette diversion. On discute du sens du mot « victoire » pendant que les richesses continuent de remonter vers le décile supérieur.

    5. L’Anachronisme de la Psychanalyse face au Capitalisme Numérique
    Jorion reste sur un modèle de communication « émetteur-récepteur » quasi-littéraire.

    La critique matérialiste : Aujourd’hui, les moyens de production sont numériques. La « victoire » se construit par des fermes de bots, du micro-ciblage comportemental et des algorithmes de renforcement. Le langage n’est plus une structure symbolique lacanienne, c’est un data-point optimisé pour l’engagement.
    Justification scientifique : Les recherches de Shoshana Zuboff sur le « Capitalisme de surveillance » montrent que la modification du comportement ne passe plus par la persuasion ou la redéfinition du sens, mais par le conditionnement automatisé. L’analyse de Jorion est romantique : elle croit encore au pouvoir de la rhétorique alors que nous sommes dans l’ère de l’ingénierie sociale de masse.

    Conclusion de la critique :
    L’article de Jorion est une analyse de la superstructure qui s’ignore. Il décrit avec brio la fumée (le discours de Trump) mais refuse de regarder le feu (la crise de l’accumulation du capital et la recomposition des rapports de force mondiaux). Pour être scientifique, il faudrait admettre que Trump ne redéfinit rien par choix artistique : il adapte son discours aux besoins de sa base matérielle et de ses financeurs.

    1. Avatar de PAD
      PAD

      Où votre modèle explique-t-il le passage d’un régime à un autre à contraintes comparables ?

      1. Avatar de Antoine
        Antoine

        Pouvez-vous précisez votre question, je crains de ne l’avoir comprise?

  18. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Une analyse de PRIBOR ( 😁😁😁) sur la situation pétrolière existante.

    Voici une **synthèse structurée** des informations concernant **Jeff Pribor** et **le transport maritime**,

    ## 🎯 **1. Qui est Jeff Pribor ?**
    Jeffrey (Jeff) Pribor est le **Chief Financial Officer (CFO)** d’**International Seaways**, l’un des plus grands armateurs indépendants de pétroliers au monde.

    **En résumé :**
    – CFO d’International Seaways
    – Intervient régulièrement dans des forums maritimes (NYMAR, Capital Link)
    – Spécialiste des dynamiques de marché des pétroliers, du financement maritime et des cycles géopolitiques affectant le transport de brut

    ## 🚢 **2. Ce que Jeff Pribor dit sur le marché des pétroliers

    Pribor analyse la situation exceptionnelle provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz et ses effets sur les taux de fret.

    ### **Deux phases du cycle selon Pribor :**
    1. **Mode “brouillage / scramble mode”**
    – Les acheteurs réservent toutes les cargaisons disponibles.
    – Les taux de fret explosent.
    – Les routes deviennent atypiques (Suezmax/Aframax envoyés en Asie faute de VLCC disponibles).
    – Les pétroliers de produits atteignent ~100 000 $/jour.

    2. **Phase de destruction de la demande**
    – Si la fermeture d’Ormuz persiste, les prix du pétrole montent trop haut.
    – La demande mondiale finit par chuter.
    – Les taux de fret retombent faute de cargaisons.

    Pribor insiste :
    > « Cette période de taux très élevés a duré plus longtemps que je ne l’aurais imaginé »
    > « Je ne pense pas que nous ayons encore ressenti la destruction de la demande, mais nous n’en sommes pas loin »

    ## 🌍 **3. Les dynamiques du transport maritime mises en lumière**

    ### **a) Fermeture d’Ormuz : un choc historique**
    – Le détroit n’avait jamais été totalement fermé auparavant.
    – Les impacts sur les flux pétroliers sont donc inédits et difficiles à modéliser.

    ### **b) Les routes alternatives amortissent le choc**
    – **Yanbu (Arabie saoudite)** et **Fujairah (EAU)** ont augmenté leurs exportations via pipelines.
    – Ces flux compensent environ **la moitié** des volumes perdus d’Ormuz.
    On est passé d’une moyenne de 2.5 mbarrils à 6.2 mbarrils la smaine passée
    – Le bassin atlantique (Brésil, Golfe du Mexique) contribue aussi à stabiliser l’offre.

    ### **c) Les taux de fret restent exceptionnellement élevés**
    – VLCC Golfe–Chine : +59 % en deux semaines.
    – MR (produits raffinés) : près de 100 000 $/jour.

    ### **d) Le risque d’un retournement brutal**
    Si Ormuz reste fermé :
    – Les stocks mondiaux s’épuisent.
    – Les prix du pétrole pourraient atteindre 130–190 $/baril selon les scénarios.
    – La demande mondiale serait contrainte de chuter.
    – Les taux de fret suivraient la même trajectoire.

    ## 🧭 **4. Synthèse stratégique**
    **Jeff Pribor** incarne la vision d’un dirigeant financier confronté à un marché maritime sous tension extrême.
    Son analyse met en évidence :

    – La **résilience** du système pétrolier mondial grâce aux routes alternatives.
    – La **volatilité** extrême des taux de fret en période de crise géopolitique.
    – Le risque d’un **basculement rapide** du marché :
    d’un boom alimenté par la panique → à une contraction due à la destruction de la demande.

    **************

    Petite remarque :
    cette analyse ne prend en compte l’éventuelle interventions des Houthis sur la route alternative de la Mer Rouge où arrive les flux de Yanbu

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      Donc le monde pétrolier s’est adapté en parti à la crise .

      Il a fallu plusieurs semaines pour réorganiser les flux
      * augmentation progressive des volumes alternatifs de transport par oléoducs
      * réaffectation des pétroliers pour chargement sur les ports et en fonction de leurs capacités
      la flotte de transport est variable : ULCC , VLCC , Aframax ,Suezmax, …..
      * d’autres producteurs ont augmenté leurs volumes d’extractions
      * ……

      Ensuite il y a toujours la possibilité d’une réduction progressive de la demande comme par exemple :

      * l’impact prix qui réduirait les déplacements
      * l’utilisation du charbon dans les centrales thermiques de production d’électricité au lieu du pétrole
      * ….

  19. Avatar de RV
    RV

    Pour le détroit d’Ormuz, les autorités iraniennes exigent désormais des paiements en yuans chinois ou en stablecoins.

    (https://www.bfmtv.com/economie/international/on-leur-donne-un-code-secret-on-leur-fait-changer-de-pavillon-on-les-fait-payer-1-dollar-par-baril-en-yuan-ou-stablecoin-comment-l-iran-filtre-les-navires-dans-le-detroit-d-ormus-avec-son-peage-illegal_AV-202604020385.html)

    commentaire de ChatGPT sur les risques :
    Les stablecoins offrent à l’Iran une alternative numérique pour payer et recevoir des fonds en contournant le système financier traditionnel. Cependant, cette solution comporte des risques importants :

    Réglementaire : les stablecoins centralisés peuvent être gelés ou tracés par leurs émetteurs soumis à des juridictions étrangères.
    Prémunition : privilégier des stablecoins décentralisés ou multi-émissions hors juridictions sensibles, et diversifier les types de stablecoins utilisés.
    Liquidité et volatilité : certains stablecoins peuvent manquer de liquidité pour des transactions massives comme la vente de pétrole, ou subir des fluctuations de valeur si la confiance dans l’actif adossé diminue.
    Prémunition : répartir les paiements sur plusieurs stablecoins stables et négocier des conversions immédiates en monnaies locales ou en devises alliées (yuans, euros).
    Surveillance et traçabilité : les transactions sur blockchain sont transparentes et peuvent être surveillées par des États ou acteurs tiers.
    Prémunition : utiliser des mixeurs légaux, des wallets intermédiaires ou des plateformes de paiement privées pour réduire la traçabilité directe.

    En résumé, bien que les stablecoins puissent sécuriser des paiements internationaux hors contrôle du dollar, leur adoption doit être soigneusement gérée, avec diversification des actifs, choix judicieux des protocoles et dispositifs de confidentialité pour limiter les risques réglementaires, financiers et géopolitiques.

  20. Avatar de tttt
    tttt

    Du plomb dans l’aile
    Une analyse de OPEXNEWS, à propos des lenteurs de l’OTAN et de la vieille Europe, en deçà de l’adaptation technologique efficace des Ménagères Ukrainiennes

    https://opexnews.fr/rheinmetall-papperger-lego-drones-ukrainiens-aveuglement-strategique-europe/

  21. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Le pétrole comme source d’énergie pour le déplacement

    Quelques infos sur le prix du carburant en Californie

    Prix du diesel sur route

    * 2020 : 3.377 $
    * 30/03/2026 : 7.219 $

    https://www.eia.gov/dnav/pet/pet_pri_gnd_dcus_sca_w.htm

    soit plus du double sur une société dont les déplacements sont dépendants de grosses voitures consommatrices d’énergies fossiles.
    Los Angeles étant une très très vaste agglomération et un centre majeur du transport individuel .

    1. Avatar de RV
      RV

      Les États-Unis d’Amérique du nord ont une production autosuffisantes et sont par ailleurs exportateurs net parce que le pétrole canadien transite par leur réseau domestique.
      Alors, question d’un béotien, pourquoi donc le prix à la pompe varie-t-il ? 😇

      Ironie, fausse naïveté, humour pince sans rire, provocation, fausse innocence, question piège, ironie, humour noir pétrolier ?

      1. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        Le marché du pétrole aux USA s’adapte aux besoins internationaux ==> business et profits obligent.

        Quand les prix au comptant montent à l’international , les producteurs USA vendent leur pétrole au plus offrant.

        Donc , en conséquence , les prix intra US montent au même niveau que les prix internationaux .
        Le seul moyen de maintenir un prix inférieur du pétrole aux USA serait de bloquer les exportations.

        Compte tenu de la pénurie actuelle ( offre inférieure à la demande ) , les majors US sont entrés dans une maximisation de leur profits ==> superprofits

        L’autosuffisance n’empêche pas de maximiser les exportations pour maximiser les profits avec un autre impact sur les superprofits : la forte augmentation actuelle des prix à, la pompe aux USA.

    2. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @ilicitano Les variations du prix du brut sont d’autant plus sensibles à la pompe que le carburant n’est pas taxé, une TIPP importante amortit les variations, il serait judicieux pour les particuliers d’augmenter la TIPP et de réduire la TVA à 5,5 %.
      Mais cela augmenterait peut-être le coût pour les entreprises si la TVA est récupérable.

      1. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        En France la TVA est de 20%
        En Espagne elle était de 21% et a été réduite à 10% suite à la crise actuelle.
        Cette réduction s’applique directement au consommateur.

        **********

        Complément sur la Californie

        Le prix de 7.219$ est pour le gallon ( 3,78l ) soit 1.91 $ le litre

        Les véhicules les plus vendus aux USA sont les Pick-up type Ford Ranger Raptor , Chevrolet Silverado qui consomment
        13/14 l aux 100 km soit 27$ aux 100 km
        En France avec les véhicules moyen diesel à 5/6 litres aux 100 km à 2.20€/l ==> 13 € au 100km

        Donc avec le taux de change le coût aux USA est devenu 2 fois plus cher qu’en France

        C’est l’American Way of Life : There Is No Alternative

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @ilicitano il n’y a pas donc de raison de limiter le prix du carburant en France. Mais peut-être de faire prendre en charge par l’employeur, entreprise, Sécu des bons de carburant ce qui incitera à éviter des embauches de candidats dont le domicile est trop éloignés et la fermeture de lieux de soin de proximité nécessitant des transports.

  22. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Détroit d’Ormuz en temps réel : ça passe

    Passage des porte containers :
    Le navire de la CMA CGM navigue actuellement dans le détroit d’Ormuz via un corridor approuvé par l’Iran
    Le CMA CGM Kribi de 5 466 EVP serait en direction de l’est en direction du détroit d’Ormuz après être resté à l’arrêt dans le MEG depuis début mars
    Son itinéraire de transit comprend un détour autour de l’île de Larak en Iran, faisant partie du corridor approuvé par l’Iran établi lors des récentes hostilités régionales

    Vessel qui fait le suivi des navires divers et conteneurs montre clairement le passage en cours du navire à 12 noeuds

    CMA CGM KRIBI
    Container Ship, IMO 9694543

    OWNER FRANCE
    ETA: Apr 17, 21:00 (in 15 days)
    ETA prévu –
    Distance / Temps –
    Direction / Vitesse 93.5° / 12.1 kn
    Tirant d’eau actuelle 13.0 m
    État de la navigation Under way
    Position reçue
    5 min ago
    IMO / MMSI 9694543 / 215922000
    indicatif d’appel 9HA5373
    Type de AIS Cargo ship (HAZ-A)
    Drapeau AIS Malta
    Longueur / Largeur 255 m / 37 m

    la CGM
    La Compagnie maritime d’affrètement – Compagnie générale maritime (CMA CGM) est un armateur de porte-conteneurs français dont le siège social est situé à Marseille.
    Elle est la troisième entreprise mondiale de transport maritime en conteneurs et la première française.

  23. Avatar de RV
    RV

    Le message symbolique de l’envoi du superpétrolier Anatoly Lazarevitch Kolodkin à Cuba : une provocation juridique et diplomatique.

    En choisissant le superpétrolier du nom d’Anatoli Lazarevitch Kolodkin, la Russie ne le fait pas au hasard. Ce juriste, spécialiste du droit de la mer et ancien juge au Tribunal international du droit de la mer, incarne une réponse ciblée à l’embargo américain sur Cuba. Le choix de ce pétrolier pour livrer du pétrole à La Havane en avril 2026, bravant les sanctions unilatérales, est un acte à double portée : logistique et symbolique.

    Kolodkin a consacré sa carrière à défendre la liberté de navigation et le respect des conventions maritimes internationales. En utilisant un navire portant son nom, la Russie rappelle que l’embargo américain sur Cuba, en vigueur depuis 1962, est régulièrement condamné par l’ONU comme une mesure unilatérale illégale au regard du droit international. Le message est clair : Moscou conteste la légitimité des sanctions américaines et affirme son droit à commercer librement, en s’appuyant sur les règles que Kolodkin a contribué à façonner.

    Le choix de ce pétrolier n’est pas anodin : il s’agit d’une provocation diplomatique. En envoyant un pétrolier nommé d’après un juriste ayant siégé à Hambourg, siège du Tribunal international du droit de la mer, la Russie souligne l’hypocrisie des États-Unis, qui se présentent comme les garants de l’ordre maritime tout en imposant des restrictions commerciales extra-territoriales. C’est une façon de dire : « Vos sanctions violent le droit que nous, Russes, avons aidé à écrire et à faire respecter. »

    Kolodkin a aussi été un acteur clé dans la création de l’INMARSAT, système de télécommunications maritimes par satellite, et a participé à l’élaboration de conventions internationales. En lui rendant hommage, la Russie met en avant son héritage juridique et scientifique, rappelant qu’elle est une puissance maritime et diplomatique majeure, capable de jouer un rôle central dans la régulation des océans.

    Le superpétrolier « A. L. Kolodkin » n’est pas qu’un navire : c’est un manifeste flottant. Il porte le nom d’un homme qui a passé sa vie à défendre la liberté des mers contre les abus unilatéraux. En l’utilisant pour livrer du pétrole à Cuba, la Russie transforme une opération commerciale en un geste politique fort, rappelant au monde que les sanctions américaines ne sont pas seulement contestées, mais aussi illégitimes aux yeux du droit international.

    1. Avatar de bb
      bb

      LE SILENCE DE TRUMP FACE AU PÉTROLIER RUSSE : UN CALCUL À HAUT RISQUE

      Face au défi lancé par Moscou dans les eaux caribéennes, le locataire de la Maison-Blanche surprend par son mutisme. Derrière ce silence apparent se cache une manœuvre calculée où la géopolitique de l’énergie rencontre le pragmatisme électoral de la Floride.

      UNE PASSIVITÉ VOLONTAIRE FACE AU PIÈGE JURIDIQUE DE MOSCOU

      L’arrivée du superpétrolier Anatoly Lazarevitch Kolodkin dans la baie de La Havane aurait dû, en théorie, provoquer une tempête de réactions et une démonstration de force navale immédiate. Pourtant, l’administration américaine semble avoir choisi la voie d’une étrange passivité. Ce navire, qui porte le nom d’un éminent juriste du droit de la mer, n’est pas qu’une simple cargaison de brut ; c’est un manifeste flottant destiné à mettre en lumière les contradictions de l’embargo américain. En ne répondant pas à cette provocation symbolique, Donald Trump évite de tomber dans le piège tendu par le Kremlin, qui cherche à l’entraîner sur le terrain du droit international pour dénoncer l’illégalité des sanctions unilatérales devant l’opinion mondiale.

      LE PRAGMATISME ÉLECTORAL ET LE RISQUE D’UNE CRISE MIGRATOIRE

      Le président américain a rapidement habillé ce silence d’un habit humanitaire, affirmant avec son sens habituel de la formule que le peuple cubain ne devait pas « payer le prix fort » pour ses dirigeants. Mais derrière cette rhétorique, l’enjeu est avant tout intérieur. Pour Trump, une interception musclée risquerait de déstabiliser une situation énergétique déjà précaire sur l’île et de provoquer, par ricochet, une nouvelle vague migratoire massive vers les côtes de la Floride. À l’approche d’échéances politiques cruciales, le spectacle de milliers de réfugiés débarquant à Miami serait un désastre stratégique bien plus coûteux pour sa base électorale que le passage d’un unique pétrolier russe.

      L’ARBITRAGE DES PRIORITÉS FACE À L’IMPASSE IRANIENNE

      Sur l’échiquier mondial, cette retenue s’explique également par une focalisation absolue sur le dossier iranien qui mobilise l’essentiel des ressources diplomatiques. En ce printemps 2026, Washington n’a aucun intérêt à ouvrir un second front maritime avec Moscou alors que les tensions au Moyen-Orient menacent déjà d’embraser les marchés pétroliers mondiaux. Maintenir une relative stabilité dans les Caraïbes permet à la Maison-Blanche de concentrer sa pression militaire et économique sur Téhéran, évitant ainsi une dispersion des forces qui profiterait aux adversaires des États-Unis sur plusieurs théâtres d’opérations simultanés.

      LA DÉVALORISATION MÉDIATIQUE COMME ARME DIPLOMATIQUE

      En minimisant l’importance du passage du Kolodkin, Trump tente enfin de priver la Russie de la victoire médiatique qu’elle appelle de ses vœux. Plutôt que de valider le bras de fer juridique proposé par Moscou, il préfère dénigrer l’opération comme une goutte d’eau insignifiante dans un océan de problèmes économiques cubains. Cette stratégie du mépris vise à transformer un affront diplomatique majeur en un simple non-événement technique. Pour Washington, ignorer la provocation est ici une forme de puissance : c’est signifier à Vladimir Poutine que ses manoeuvres symboliques n’ont plus le pouvoir de dicter l’agenda de la première puissance mondiale.

      UN PARI PÉRILLEUX POUR LE LEADERSHIP AMÉRICAIN

      Ce silence, s’il offre un répit tactique immédiat, n’en reste pas moins un calcul à haut risque pour l’avenir de la diplomatie américaine dans la région. En laissant le Kolodkin accoster sans entrave, Washington court le danger de vider ses propres sanctions de leur substance, signalant aux autres puissances mondiales que les lignes rouges de la Maison-Blanche sont désormais poreuses. Au-delà de l’érosion de la crédibilité internationale, ce pari pourrait s’avérer politiquement coûteux sur le plan intérieur, particulièrement auprès de l’électorat floridien qui tolère mal toute forme de complaisance envers les alliés de La Havane. En permettant à Moscou de consolider ses routes logistiques au seuil même des États-Unis, Donald Trump prend le risque de voir une présence russe symbolique se transformer en un ancrage stratégique permanent, bien plus difficile à déloger qu’une simple provocation juridique.

  24. Avatar de FrMar
    FrMar

    GPT: Il y a des moments où un désaccord politique cesse d’être un désaccord sur les décisions pour devenir un désaccord sur ce que signifie **réussir**. Ce moment, nous y sommes.

    Depuis quelques semaines, à travers des déclarations américaines, européennes, russes, iraniennes, quelque chose se déplace. Pas un événement isolé, pas une crise de plus. Quelque chose de plus discret et de plus profond : **la métrique même du réel politique**.

    Pendant des décennies, malgré les conflits, un socle commun existait.

    On pouvait s’opposer, se menacer, négocier, mais on partageait une idée implicite de ce que voulait dire “gagner” :

    * maintenir des alliances
    * stabiliser des zones d’influence
    * éviter des escalades irréversibles
    * préserver une certaine continuité du système

    Même la guerre froide, pourtant radicale, reposait là-dessus. Deux camps, deux visions du monde, mais une même compréhension des limites à ne pas franchir. Une même grammaire.

    Ce cadre est en train de se fissurer.

    Non pas parce que les tensions augmentent — elles ont toujours existé — mais parce que les acteurs ne semblent plus mesurer les situations avec les mêmes instruments.

    Ce qui apparaît aujourd’hui, c’est une coexistence instable de **trois manières différentes d’évaluer le monde**.

    La première est brutale, simple, immédiatement lisible.

    Elle réduit toute situation à une question : *qu’est-ce que cela rapporte ?*

    Dans cette logique, une guerre n’est ni une victoire ni une défaite au sens classique. Elle devient un investissement. Un engagement militaire devient un coût. Une alliance devient un contrat.

    Si le retour n’est pas suffisant, on se retire. Si le partenaire ne “paye pas sa part”, on menace de partir. Si une opération ne produit pas de bénéfice visible, elle est considérée comme une erreur, même si elle maintient un équilibre plus large.

    Ce n’est pas une rhétorique. C’est un mode de décision.

    Et il a une conséquence immédiate : tout devient **renégociable en permanence**.

    Face à cela, une autre logique tente de se maintenir.

    Elle ne nie pas les coûts, ni les intérêts. Mais elle considère que certaines choses ne peuvent pas être évaluées uniquement à court terme.

    La crédibilité d’une alliance, la stabilité d’un système international, la continuité des engagements — tout cela n’est pas directement mesurable, mais conditionne tout le reste.

    Dans cette perspective, “gagner” ne signifie pas maximiser un profit immédiat.

    Cela signifie **empêcher l’effondrement du cadre lui-même**.

    C’est une logique plus lente, moins visible, parfois frustrante. Elle accepte de “perdre” localement pour éviter une perte globale. Elle mise sur la cohérence, la prévisibilité, la durée.

    Mais elle a une faiblesse : elle dépend du fait que les autres jouent le même jeu.

    Et puis il y a une troisième logique, plus ancienne, mais revenue au premier plan.

    Ici, la question n’est ni le coût, ni la stabilité.

    La question est : *l’objectif est-il atteint ?*

    Peu importe le prix payé. Peu importe les normes. Peu importe les conséquences à long terme.

    Ce qui compte, c’est l’accomplissement.

    Tenir un territoire. Résister à une pression. Imposer un fait accompli.

    Dans cette logique, la souffrance, les sanctions, l’isolement peuvent être absorbés tant que l’objectif est maintenu. La victoire n’est pas optimisée — elle est **assumée**.

    Ces trois manières de voir le monde ne sont pas simplement différentes.

    Elles sont **incompatibles**.

    Elles produisent des décisions différentes à partir d’une même situation. Elles transforment les mêmes événements en réalités divergentes.

    Une alliance peut être, selon le regard :

    * un coût injustifié
    * un pilier indispensable
    * un obstacle à contourner

    Une guerre peut être :

    * une dépense inutile
    * un risque systémique
    * une nécessité stratégique

    Et chaque acteur peut, sincèrement, considérer qu’il “gagne”.

    C’est là que l’instabilité commence réellement.

    Non pas quand les conflits éclatent, mais quand il n’existe plus de manière commune de les évaluer.

    Avant, les désaccords portaient sur les décisions à prendre.

    Aujourd’hui, ils portent sur **ce que signifie une décision réussie**.

    Les effets sont déjà visibles.

    Des alliances autrefois considérées comme structurelles deviennent conditionnelles. Des engagements à long terme sont remis en question à court terme. Des acteurs commencent à envisager des architectures alternatives, non par stratégie, mais par nécessité.

    La confiance, qui ne se décrète pas mais s’accumule lentement, devient fragile.

    Et surtout : la prévisibilité disparaît.

    Car la prévisibilité ne dépend pas de la paix.

    Elle dépend du fait que les acteurs partagent un minimum de critères communs.

    Quand ce socle disparaît, même les actions les plus rationnelles deviennent opaques pour les autres.

    Un retrait peut être vu comme une optimisation, une trahison ou une manœuvre stratégique, selon le cadre utilisé.

    Une escalade peut être interprétée comme une folie, une nécessité ou une opportunité.

    On entre alors dans un espace nouveau.

    Un espace où il n’y a plus un jeu avec des règles contestées, mais plusieurs jeux superposés, sans arbitre commun.

    Chacun avance selon sa propre logique, et interprète les autres à travers elle — souvent à tort.

    Ce type de situation est historiquement rare.

    Et dangereux.

    Non pas parce qu’il rend les conflits inévitables, mais parce qu’il rend leur issue **illisible**.

    On ne sait plus ce qui constituerait une fin acceptable. On ne sait plus ce que signifierait “résoudre” une crise.

    Et c’est peut-être cela, le changement le plus profond.

    Ce n’est pas que le monde devienne plus violent.

    C’est qu’il devient **moins mesurable**.

    Moins partageable.

    Moins compréhensible, même pour ceux qui y participent.

    À partir de là, une question s’impose.

    Non pas : qui va gagner ?

    Mais :

    **dans quel monde une victoire aurait encore un sens commun ?**

  25. Avatar de FrMar
    FrMar

    À première vue, les récits qui circulent sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran semblent incompatibles. D’un côté, une lecture triomphante, évoquant une supériorité militaire écrasante. De l’autre, un discours d’échec et de chaos. Lorsqu’on s’en tient aux faits établis, une image plus nuancée — et plus inquiétante — se dessine.

    Le premier élément concerne la mécanique interne du pouvoir américain. Il est désormais documenté que la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, Susie Wiles, a demandé aux responsables politiques et militaires de présenter une vision plus directe de la situation au président Donald Trump, notamment en ce qui concerne les coûts politiques et économiques du conflit. Ce type d’intervention n’est pas anodin : il suggère qu’un écart existe, au moins partiellement, entre la réalité du terrain et la manière dont elle est transmise au sommet de l’État.

    Sur le plan militaire, les données disponibles convergent vers un constat simple : l’Iran n’a pas été neutralisé. Malgré les frappes répétées, une part importante de ses capacités — missiles balistiques, drones, systèmes de défense côtière — demeure intacte ou opérationnelle. Les estimations varient, mais toutes indiquent que le pays conserve suffisamment de moyens pour continuer à peser sur le conflit. Autrement dit, aucune des conditions d’une victoire rapide et décisive n’est réunie.

    Cette persistance des capacités iraniennes produit des effets au-delà du champ militaire. Certains États, exposés aux risques liés au détroit d’Ormuz, ont engagé des échanges directs avec Téhéran afin de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et la sécurité de leurs marins. Ce type de démarche ne traduit pas nécessairement un changement d’alliance, mais révèle une réalité plus fondamentale : lorsque les flux vitaux sont menacés, les acteurs cherchent des garanties concrètes, indépendamment des alignements politiques officiels.

    Parallèlement, un incident cyber majeur a été reconnu au sein du Federal Bureau of Investigation. Des systèmes sensibles liés à la surveillance auraient été compromis, avec des soupçons pointant vers des acteurs étatiques étrangers. Si l’étendue exacte de la brèche reste à préciser, sa qualification officielle indique un niveau de gravité élevé. Ce type d’événement souligne que le conflit ne se limite pas au champ militaire classique, mais s’étend à des dimensions invisibles, où les vulnérabilités peuvent être tout aussi stratégiques.

    Dans le même temps, des décisions importantes ont été prises au sein de la hiérarchie militaire américaine, avec le renvoi de plusieurs hauts responsables, dont Randy George. Les raisons précises de ces évictions ne sont pas entièrement établies, mais leur survenue en pleine phase de tension militaire ajoute un facteur d’instabilité organisationnelle.

    Enfin, les déclarations publiques du président américain indiquent une possible extension des cibles militaires vers des infrastructures critiques iraniennes, telles que des ponts ou des installations électriques. Ce type de positionnement marque un durcissement potentiel du conflit. Sur le plan juridique, certaines de ces actions pourraient être contestées au regard du droit international humanitaire, même si leur qualification précise reste débattue.

    Pris isolément, chacun de ces éléments peut sembler limité. Mais ensemble, ils dessinent une configuration particulière : un conflit où aucun des acteurs ne parvient à imposer une domination claire, où les capacités adverses restent significatives, où les circuits d’information internes sont sous tension, et où les décisions politiques et militaires s’inscrivent dans un environnement incertain.

    Ce type de situation est instable par nature. Non pas parce qu’elle annoncerait nécessairement une escalade immédiate, mais parce qu’elle repose sur des équilibres fragiles, susceptibles d’être modifiés par des erreurs d’appréciation, des réactions disproportionnées ou des évolutions imprévues.

    Dans ce contexte, la question centrale n’est pas de savoir qui « gagne » ou « perd » à court terme. Elle est de comprendre comment chaque acteur perçoit la situation, et dans quelle mesure cette perception correspond — ou non — à la réalité du terrain. Car c’est souvent dans cet écart, plus que dans les rapports de force eux-mêmes, que se jouent les évolutions décisives.

    1. Avatar de Otromeros
      Otromeros

      @FrMar 03/4 à 19h01 …….Très intéressant ‘neutre’ commentaire…. J’ai sollicité ses sources :
      —————–
      Gemini a dit

      Ce texte est une synthèse analytique (probablement rédigée par une IA ou un expert en géopolitique) qui assemble des faits réels survenus entre février et avril 2026.

      Voici les sources précises pour chaque paragraphe, avec les liens correspondants aux événements cités :
      1. La mécanique interne (Susie Wiles)

      Le texte évoque les pressions de la cheffe de cabinet pour que Trump prenne conscience des coûts du conflit.

      Source : L’Opinion (02/03/2026)

      Contexte : Des rapports de mars 2026 indiquent que Susie Wiles et Marco Rubio encadrent étroitement les décisions militaires à Mar-a-Lago, préoccupés par l’impact électoral des prix de l’énergie avant les « midterms » de novembre 2026.

      2. La résilience militaire de l’Iran

      L’idée que l’Iran conserve ses capacités malgré les frappes est un point de débat constant dans les médias internationaux.

      Source : Anadolu Ajansı (25/02/2026)

      Contexte : Alors que les USA affirment avoir frappé plus de 12 000 cibles, Téhéran dément toute neutralisation de ses missiles stratégiques, créant ce récit « incompatible » mentionné au début de votre texte.

      3. Le détroit d’Ormuz et les échanges directs

      Le passage sur les États cherchant des garanties auprès de Téhéran pour leurs approvisionnements.

      Source : RTS Info (06/03/2026)

      Contexte : Depuis le « gel » sans précédent du transit maritime le 28 février 2026, les armateurs et certains États (notamment asiatiques) ont dû engager des canaux de communication parallèles avec les Gardiens de la Révolution.

      4. L’incident cyber au FBI (Kash Patel)

      Le texte mentionne une brèche grave visant des systèmes sensibles.

      Source : Security Boulevard (30/03/2026)

      Contexte : Fin mars 2026, des hackers liés à l’Iran (groupe Handala) ont piraté et publié des données provenant du directeur du FBI, Kash Patel, illustrant la vulnérabilité cyber décrite dans votre texte.

      5. Le renvoi de Randy George

      L’un des faits les plus récents et précis de l’article.

      Source : NAMPA / AFP (02/04/2026)

      Contexte : Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a officiellement demandé au général Randy George de démissionner le 2 avril 2026, confirmant l’instabilité organisationnelle mentionnée.

      6. Cibles civiles et droit international

      La menace de frapper des ponts et des centrales électriques.

      Source : TV5 Monde (03/04/2026)

      Contexte : Donald Trump a déclaré sur Truth Social : « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques ! », ce qui a immédiatement soulevé des questions juridiques sur le ciblage d’infrastructures purement civiles.

      Verdict : C’est une synthèse de haut niveau rédigée de manière neutre et structurée.
      Elle reprend des informations factuelles éparpillées dans les dépêches de l’AFP, de la RTS et de médias spécialisés, pour en faire une analyse de type « rapport de situation » (Situation Report).
      BAV.

  26. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Rationnement en UE

    Dan Jorgensen :
    « Nous nous attendons à ce que la situation soit encore pire »: le commissaire européen à l’énergie étudie « toutes les possibilités », notamment le rationnement du carburant

    L’Union européenne se prépare à un choc énergétique majeur lié à la guerre au Moyen-Orient et envisage des mesures exceptionnelles.

    « Cette crise sera longue… les prix de l’énergie resteront élevés pendant très longtemps »,

    https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/l-europe-doit-se-preparer-a-un-choc-energetique-durable-declare-le-commissaire-europeen-a-l-energ-ce7e51ddde8df321

    * réduction de la vitesse sur autoroute
    * télétravail
    * limitation de la voiture individuelle dans les grandes villes
    * diminution des vols
    * moins de déplacements
    * maximisation transport en commun
    * ………

    *************

    Autre conséquence à venir : l’inflation

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @ilicitano L’inflation est la méthode la plus facile pour réduire la dette des états, la guerre (il y a un ministère pour celà) est un des moyens simples restant à la disposition du politique dans le monde de l’OMC pour déclencher l’inflation. Cette trajectoire a été amplement expérimentée par WWII après la crise de 29.

      Toutes les évolutions dans les comportements évoqués et annoncés ne seraient sans doute pas possible en faisant appel à la bonne volonté sous l’effet de la propagande climatique.

      En les provoquant Trump exauce de manière inattendue les rèves devenus inespérés des écologistes non superficiels.

  27. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Le trumpisme, une sorte de resucée du fascisme, ne fonctionne que depuis la position dominante. La redéfinition incessante des règles et de la vérité n’a aucun effet sur la scène géopolitique depuis une position d’outsider.
    Le monisme trumpien, par sa simplicité, a permis l’agrégation des laissés-pour-compte de tout bord par l’organisation d’un « Trumpman show » multimédia. La synthèse actualisée de tous les médias numériques et leur relais commerciaux (les influenceurs) agissent comme ciment du mouvement MAGA en formatant les crétineries proférées cycliquement par Trump pour l’une des factions pour que toutes les autres en aient une interprétation sur mesure.
    Mais je crois très sincèrement que l’IA et le changement climatique sont les deux chocs ayant des effets réels sur nos vies depuis déjà plusieurs années, qui ont motivé les forces conservatrice/capitaliste à profiter de l’occasion pour propulser Trump aux commandes de la première puissance militaire et économique du monde. En échange de l’application et de l’exécution du plan (project 2025/26), tous ses délires narcissiques lui sont accordés. Un effondrement contrôlé en quelque sorte, le narcissisme à son paroxysme !

  28. Avatar de Pascal
    Pascal

    Si vous passez un bon weekend, profitez du printemps sous le soleil… Surtout ne regardez pas cette vidéo !
    (Je sais, c’est traître de ma part de commencer ainsi😉)
    « Un documentaire original et exclusif sur DJI et Tao (Frank) Wang, le créateur mystérieux derrière les drones les plus avancés au monde.

    Une histoire qui m’a absolument passionné, terrifié et obsédé. Je ne vois plus tout à fait mes drones DJI de la même manière désormais. Comment DJI est devenu un acteur incontournable dans les conflits modernes, mais aussi dans de nombreux domaines professionnels ? »
    https://youtu.be/9SAeCViyaZE?si=AwFgMd7VtdgLBzqK

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      J’en ai pris conscience quand j’ai offert le drone ci dessous à mon fils. Il est capable de faire des trucs incroyables pour moins de 250g à la portée du premier venu.
      Merveilleux en temps de paix, que deviendrait il en temps de guerre ?
      https://youtu.be/rN4hGxTE2hg?si=RFCShTff6Q8lpjTT

      1. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        Bluffant………. (( le pire c’est que , sans être un enfant.. , j’en vois au moins trois applications PLUS qu’intéressantes dans ma vie de tous les jours.. ))

        1. Avatar de Pascal
          Pascal

          « Qui peut bien se cacher derrière les drones espionnant les bases nucléaires américaines?
          Les appareils, capables de résister au brouillage, ont ciblé des zones sensibles comme s’ils suivaient un plan précis. Cette intrusion met en lumière une réalité nouvelle: la dissuasion nucléaire ne protège plus contre les menaces à bas coût. »
          https://www.slate.fr/monde/qui-cacher-drones-espionnage-bases-nucleaires-etats-unis-barksdale-ukraine-russie-chine-iran-guerre-defense-ogives?utm_source=firefox-newtab-fr-fr

          1. Avatar de Ruiz
            Ruiz

            @Pascal La dissuasion nucléaire protège toujours si les incursions sur les bases ne s’accompagnent pas de neutralisation. Un tel évènement ne serait probablement pas rendu public, ou alors longtemps après.

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