Quinzaines – QUI A TUÉ KENNEDY ? Une nouvelle à la manière d’Edgar Allan Poe

Quinzaines, N° 1273, janvier-février 2026, pages 21 à 23

En 1993, James E. Files, ancien associé de la mafia et ex‑soldat, accorda depuis sa prison une interview enregistrée, dans laquelle il affirmait avoir tiré le coup fatal qui tua le président John F. Kennedy le 22 novembre 1963. Selon Files, l’assassinat fut le résultat d’une opération coordonnée impliquant des éléments du crime organisé et des services de renseignement américains. Malgré le niveau de détail apparent et la cohérence interne de son récit, sa confession fut rejetée aussi bien par les historiens officiels, les experts universitaires que par la plupart des partisans de théories alternatives ou conspirationnistes. Le témoignage de Files fut considéré non pas comme faux, mais comme épistémologiquement irrecevable – trop anormal pour être intégré dans quelque cadre explicatif existant, qu’il soit officiel ou dissident.

ACTE I – L’AFFAIRE ROUVERTE

Je confesse que, reprenant ma plume une fois de plus, je le fais non sans un léger sentiment de trouble. Ma pratique de diagnosticien des systèmes complexes m’a laissé peu de temps pour m’abandonner aux formes anciennes. Et pourtant, cette nouvelle affaire nous attira avec une force qu’aucun de nous n’avait anticipée.

Tout commença par un paquet. Non pas une enveloppe, mais une pochette matelassée de coursier, non signée. À l’intérieur : une seule cassette audio et une note, dactylographiée sur du papier très fin (onionskin).

Mon compagnon, Paul Holmesion, examina le paquet avec cette même lenteur minutieuse que j’avais observée en lui des décennies plus tôt, bien qu’il affichât désormais une sorte de détachement presque cybernétique : «Papier onionskin. Émission militaire américaine. Retiré du service dans les années 1970. Mais ce lot était filigrané pour l’Asie du Sud‑Est. Probablement Saïgon.»

La note disait : «Tu as écrit un jour que c’est une grave erreur de théoriser avant d’avoir des données. Je joins les données. La théorie, à toi de la construire toi-même.»

Holmesion me montra la cassette : l’image était granuleuse, filmée dans l’espace vide d’une salle d’interview de prison. L’homme en face de la caméra avait un visage ordinaire : large, l’expression immobile de quelqu’un qui s’est habitué aux murs et au temps. C’était James E. Files, enregistré en 1993, trente ans après les coups de feu de Dallas.

Mon compagnon inséra la cassette dans un vieux lecteur qu’il gardait pour de telles occasions. La voix qui en sortit était masculine, américaine, mesurée.

«J’étais le tireur sur le grassy knoll,» dit la voix.

L’intervenant se présenta comme James Files – ex‑soldat, associé de la mafia, participant à des opérations clandestines – et déclara être l’homme qui avait tiré le coup fatal sur John F. Kennedy. Pas depuis le Texas School Book Depository, mais depuis le grassy knoll. Pas seul, mais dans le cadre d’une opération planifiée.

Ce qui nous arrêta tous les deux ne fut pas seulement le contenu mais la forme : l’homme était calme. Presque sans émotion. Le récit était cohérent, presque procédural. Il n’y avait aucun appel à être cru. Juste un enregistrement à laisser exister, ou à rejeter.

Holmesion écouta dans un silence total pendant plus d’une heure. À la fin de la bande, il dit :

«Curieux. Une confession livrée ni pour l’absolution, ni pour la célébrité. Une confession qui attend l’incrédulité.»

«Mais alors pourquoi l’avoir faite?» demandai‑je.

Il se tourna de la fenêtre, où il était allé regarder le crépuscule londonien.

«Parce que la croyance n’est pas le but.»

J’attendis, avec une sorte d’espérance.

«Files ne se confesse pas pour être cru. Il se confesse pour détourner la logique de l’enquête. Oswald, dans ce récit, n’est pas un tireur. Il est – comment dire ? – un lampiste épistémique.»

«Un bouc émissaire?»

«Pire. Pas simplement piégé – mais instruit. Files affirme que la tâche d’Oswald était de planter des éléments trompeurs.»

Je clignai des yeux. «Ce qui voudrait dire…»

«Que la scène du crime a été méthodiquement composée. Que les preuves n’étaient pas accidentelles, mais construites.»

Il s’arrêta.

«Watling, nous ne sommes pas ici pour identifier le tueur. Nous sommes ici pour identifier le filtre par lequel le tueur est devenu introuvable.»

Ce fut le moment où je compris.

Pas le crime.

Mais l’épistémologie de son oubli.

L’affaire – non sollicitée, peu souhaitée – était rouverte.

ACTE II – L’HOMME INCROYABLE

Comme toujours, nous commençâmes par étudier la source – non pas avec incrédulité, mais avec déplacement. Le récit de Files ne ressemblait pas à un mensonge. Il ressemblait à quelque chose de pire pour l’épistémologue : une vérité exclue pour des raisons structurelles.

«Je ne suis pas surpris qu’on l’ait ignoré,» dit Holmesion, étalant des transcriptions sur le sol comme les plis d’un origami judiciaire. «Ce qu’il offre n’est pas une théorie concurrente. C’est une démolition des prémisses sur lesquelles toutes les autres théories sont construites.»

Files ne présente pas Oswald comme tireur, ni comme innocent piégé. Il le décrit comme opérateur – chargé de planter des objets trompeurs : fusil, cartouches, faux déplacements.

C’était une théorie qu’aucun défenseur du tireur solitaire ni aucun théoricien de la conspiration ne pouvait absorber. Tous dépendaient d’Oswald visible – en tant que tueur ou victime. Files en fait un camouflage structurel.

«Il est l’orang‑outan de La Rue Morgue,» murmura Holmesion. «Là pour confondre la syntaxe même du crime.»

Et Files lui‑même ? Il mentionne une arme improbable – un pistolet Remington XP‑100 Fireball modifié. Introuvable. Non récupéré. Peu probable.

«Pourquoi avouer l’impossible ?» demandai‑je.

«Parce que le possible a été scellé,» dit Holmesion. «Il ne peut parler de l’histoire que s’il parle hors des limites plausibles.»

Nous revîmes l’interview complète de 80 minutes. Files ne plaide jamais. À aucun moment il n’élève la voix. Et pourtant – ses raisons sont affectives. Quand il évoque la trahison de la Baie des Cochons, sa contenance vacille. Sa voix tremble avec cette chose que l’histoire ne peut jamais contenir : la charge émotionnelle.

«Il ne confesse pas un crime,» murmura Holmesion, «le tremblement dans sa voix – quand il parle de trahison. Pas la sienne. La leur. Les Cubains, les exilés, les hommes qui croyaient que la Baie des Cochons serait vengée. Files n’a pas été recruté comme tueur. Il a été recruté comme loyaliste.»

Et puis :

«Personne ne l’a cru parce que tout le monde aurait dû réécrire son histoire. L’establishment. Les théoriciens. Même les sceptiques.»

Il ajouta quelque chose que je n’avais pas vu venir.

«Si Files a inventé cela,» murmura‑t‑il, «pourquoi attendre trente ans ? Pourquoi inventer un récit qui contredit toutes les théories existantes ? Pourquoi ne pas dire qu’il a utilisé le fusil d’Oswald ? À la place, il affirme une arme fâchée avec la vraisemblance : un XP‑100 Remington Fireball avec une balle remplie de mercure. La balle qu’il prétend avoir utilisée ? Jamais retrouvée. Pourquoi ne pas chercher sa place dans le catalogue des preuves connues, au lieu d’introduire des anomalies auxquelles nul n’est préparé ?»

Il se détourna de l’écran.

«Le mensonge le plus simple,» dit‑il, «aurait été le plus crédible. Mais Files a choisi la vérité compliquée ou le mensonge compliqué. Et cela mérite notre attention.»

Cette nuit‑là, je ne pus dormir. J’entendais encore la voix – calme, détachée – dire ces mots que j’avais négligés :

“Oswald n’a jamais tiré. Son rôle était autre.”

Je compris alors l’intention de Holmesion : l’homme n’était pas incroyable parce qu’il mentait, il était incroyable parce qu’il disait une vérité que personne n’était prêt à reprendre à son compte.

ACTE III – LE FILTRE

À l’insistance de Holmesion, nous constituâmes un second dossier – non de suspects, ni de motifs, mais de filtres : les mécanismes qui sélectionnaient quelles narrations survivaient et lesquelles étaient condamnées à mourir.

Nous traçâmes des chronologies. Suivîmes les gardiens des preuves. Recoupâmes les divergences entre les rapports de police, les comptes rendus médico‑légaux et les retranscriptions publiques. Mais Holmesion ne demandait plus ce qui s’était passé.

Il demandait : ce qui était devenu impossible à dire ?

Lors d’une seconde réunion, il n’apporta aucun dossier – seulement une photographie. Une image figée d’un bulletin d’information. Un homme en pull, mince, aux yeux fatigués, flanqué d’inspecteurs de police. Sa bouche s’ouvre. Quelques images plus tard, il serait mort.

«Watling,» dit Holmesion, «que fais‑tu de l’expression ‘I am a patsy’ : ‘Je suis un lampiste’ ?»

«Une dénégation,» répondis‑je. «Une revendication d’innocence.»

«Faux. C’est bien plus que cela. “Je suis un lampiste” n’est pas seulement une protestation d’innocence – c’est une accusation. Cela signifie : Je suis celui qu’on a choisi pour être blâmé afin que les véritables mécanismes de blâme restent inexaminés.»

Il laissa le silence s’installer.

«C’est le langage,» dit‑il finalement, «d’un acteur indésirable dans le script de quelqu’un d’autre.»

«Crois‑tu qu’Oswald était cet acteur ?»

Le regard de Holmesion se porta au‑delà de moi.

«Je crois qu’il n’était pas destiné à survivre à la journée.»

ACTE IV – LE CHIEN QUI N’A PAS ABOYÉ

Holmesion resta silencieux un moment. Il parcourut la bibliothèque en longs trajets circulaires, refusant le thé, fredonnant des fugues à moitié remémorées. Je savais mieux que de l’interrompre lorsqu’il disparaissait dans ces spirales de en-deça de la logique.

«Qu’avons‑nous manqué, Watling?» dit‑il enfin. «Non quelles preuves… mais quelle absence ?»

Il évoqua alors le chien. Pas le chien qui aboie, mais le chien silencieux : la grande métaphore épistémologique de Conan Doyle.

«Dans Silver Blaze, un cheval de course disparaît, et son entraîneur est assassiné. Holmes résout l’affaire non par ce qui est vu ou dit, mais par ce qui n’arrive pas. Le chien de garde n’aboie pas. Ce silence, dans ce contexte, est le son le plus incriminant de tous. Cela signifie que le chien connaissait l’intrus.»

Il tapota la retranscription de Files.

«Il en va de même ici. Le récit de Files est trop richement texturé pour être rejeté comme une illusion. Il inclut l’émotion, l’affect, le mobile : une topologie psychopolitique entière. Mais le chien – le public, la presse, les chercheurs – nul n’a aboyé. Pas d’alarme. Pas de réponse sérieuse. C’est cela qui m’intéresse.»

Je tentai : «Parce que cela signifie…?»

Holmesion acquiesça. «Parce que cela signifie que le système a reconnu le récit. Il ne l’a peut‑être pas accueilli – mais il ne l’a pas méconnu. Files était intelligible. Il correspondait au schéma, mais forçant à ce que tout soit réécrit, par l’ensemble de ceux qui avaient écrit. C’est pourquoi il a dû être exclu.»

C’était son idée la plus troublante : que la vérité soit souvent rejetée non pas parce qu’elle est trop étrange, mais parce que l’effort serait trop grand de réécrire tout ce qu’il faudrait réécrire. Le système ne peut l’absorber sans reconnaître tout ce qu’il a déjà supprimé.

Nous exposâmes tout au tableau noir : chronologie, armes, mouvements, confessions, contradictions. Mais le diagramme qui prit forme n’était pas une carte de suspects. C’était un arbre logique d’exclusions.

Pas ce qui s’était passé.

Mais ce qui avait dû être oublié pour que ce qui s’était passé devienne plausible.

Holmesion traça un schéma : trois cercles. La Commission Warren. Les théoriciens conspirationnistes. Et Files.

Les deux premiers s’entrecoupaient. Le troisième se tenait à l’écart.

«Vous voyez?» dit‑il.

Je hochai la tête.

«Cela,» dit‑il, pointant Files, «n’est pas une théorie alternative. C’est un orphelin épistémique. Et là, Watling, c’est là que la vérité habite parfois.»

«Un orphelin épistémique,» murmurai‑je.

«Oui. Et cela le rend invisible. Non parce qu’il manque de faits. Mais parce qu’il lui manque une place dans le cadre.»

«Aucun mythe ne peut le contenir,» dit Holmesion. «Il est trop coûteux narrativement.»

Je lui demandai ce qu’il voulait dire.

«Pour croire Files, il faut réécrire la syntaxe même de la culpabilité, des preuves, de la confession. Il faut demander : non ‘Est‑il crédible ?’, mais ‘Quel système doit exister pour que sa voix disparaisse?’»

Le dernier pas fut déconcertant dans sa simplicité.

ACTE V – L’ALLERGÈNE

Holmesion se leva et marcha.

«C’est encore une fois la lettre volée. Sa confession est juste devant nous, mais l’enveloppe est à l’envers.»

Nous avions atteint la fin du connu. Au‑delà de ce point, les preuves étaient moins importantes que la parcimonie. Le récit de Files, malgré toutes ses anomalies, expliquait plus avec moins de distorsions. Il demandait moins d’épicycles. Il résolvait, non tout, mais davantage.

Et il rendait les autres modèles – officiels comme conspirationnistes – plus complexes en comparaison.

Holmesion traça deux diagrammes. L’un était un enchevêtrement de flèches étiquetées : agents de la CIA, relais de la mafia, sightings d’Oswald, références à Ruby, Mexico City, documents écrits, camps d’entraînement, républiques bananières. L’autre était d’une simplicité austère : un triangle, chaque point marqué ACCÈS, MOBILE, DÉNIABILITÉ.

«Watling, l’”hypothèse Files” n’est pas une théorie alternative. C’est un attracteur émergent. Sa puissance ne vient pas de nouvelles preuves, mais de la distorsion minimale qu’il exige pour rendre toute l’ancienne preuve cohérente.»

Il tapota le triangle.

«Qui avait le mobile? Les opérateurs anti‑Castro. Qui avait la déniabilité? Un ancien soldat lié à la mafia, affirmant, depuis sa prison, avoir fait ce que la piste médico‑légale avait été trafiquée pour suggérer que c’était quelqu’un d’autre qui l’avait fait.»

L’heure était tardive.

«Il n’y a pas de tueur dans cette histoire,» dit finalement Holmesion. «Il n’y a qu’une structure qui garantit que le tueur ne puisse jamais être découvert. Au moment où l’on en nomme un, le système se réarrange pour l’expulser comme un allergène, comme un corps étranger.»

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55 responses to “Quinzaines – QUI A TUÉ KENNEDY ? Une nouvelle à la manière d’Edgar Allan Poe”

  1. Avatar de Vincent Rey
    Vincent Rey

    Excellent M Jorion !

    Une analyse qui pourrait s’appliquer à la fin du travail humain :

    Comme le meurtre de JFK, la fin du travail humain sort du cadre, et elle obligerait à reformuler toutes les théories économiques « conspirationnistes » qui, en l’ignorant volontairement, prétendent par défaut qu’il existe une génération spontanée du crime

    génération spontanée du trafic de drogues par exemple !

  2. Avatar de Vincent Rey
    Vincent Rey

    J’ai l’intuition qu’une conspiration du même genre ne va pas tarder à émerger pour « débrancher » Donald Trump. Reste à trouver le pigeon qui fera rentrer tout ça dans un cadre explicatif reconnaissable par les américains…

    findutravail.net

  3. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Score :
    Crime parfait : 0
    Vérité : 1
    Plaisir exquis !

  4. Avatar de gaston
    gaston

    Elémentaire mon Cher Watling ! 😊

  5. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    A-t -on vraiment trace qu’il ait été précédemment à l’armée et entrainé au tir à 21 ans ?
    et qu’il se soit vu confier pareille tâche ?
    En revanche condamné à de longues peines il a pu recueillir des témoignages.
    Son interviewer n’a pas eu une longue durée de vie, ni la possibilité de faire investiguer la cervelle du président qui a disparu.

      1. Avatar de Vincent Rey
        Vincent Rey

        ou bien c’est un immense acteur, ou c’est un mythomane !
        Comme je ne crois ni l’un ni l’autre, c’est lui ! il dit la vérité

        Mais…la balle ? il reste un mystère. C’est un peu comme la disparition du petit Emile, il y a manifestement l’implication de loups, mais aussi d’humains. rien n’est jamais parfait, mais tout peut s’expliquer !

        Disparition du petit Emile, l’hypothèse du loup est-elle faite ? (suite) – Qu’en pense ChatGPT 4.0 ?

      2. Avatar de Vincent Rey
        Vincent Rey

        et le journal est toujours enterré quelque part…c’est une histoire de dingue !

  6. Avatar de FrMar
    FrMar

    Votre article m’a donné l’idée d’une petite expérience holmésienne. Non sur Dallas, mais sur le texte lui-même. Je l’ai soumis à un enquêteur d’un genre nouveau : mon intelligence artificielle de prédilection, conformée selon mes prétentions — inatteignables par moi-même.

    Je ne lui ai pas demandé si James Files disait vrai. Je lui ai posé une question plus singulière, et peut-être plus révélatrice : qui a écrit ce texte ? Une machine ? Un humain ? Ou un humain assisté par une machine ?

    Nous avons enquêté de concert, mais je lui cède la parole, elle qui écrit bien mieux que moi. Il me semble que nous devrions commencer à intégrer à nos discussions ce nouveau venu.

    L’enquête commença de façon assez classique. Mon détective artificiel releva d’abord ce qui plaidait pour une plume humaine : une architecture d’ensemble très tenue, un vrai sens du déplacement conceptuel, et surtout ce geste intellectuel décisif qui consiste à quitter la question naïve — qui a tué ? — pour poser la seule question intéressante : par quel filtre une hypothèse devient-elle impossible à recevoir ?

    Cela, nota-t-il, ne ressemblait pas à une simple production automatique. Il y avait là une intention. Une méthode. Presque une obsession de la structure cachée, qui est d’ailleurs une des signatures de votre pensée.

    Mais il releva aussitôt des indices contraires : une certaine régularité dans la densité conceptuelle ; une prose très lissée ; le retour de certaines formules oppositives — ce n’est pas ceci, c’est cela ; pas le crime, mais l’épistémologie de son oubli ; non pas identifier le tueur, mais identifier le filtre. Il observa aussi ce lexique contemporain : structure, filtre, attracteur, orphelin épistémique. Bref, quelque chose qui ressemblait moins à une improvisation humaine brute qu’à un texte retravaillé, calibré, peut-être amplifié.

    Le premier verdict fut donc prudent : pas une IA seule. Trop cohérent dans son projet, trop orienté dans son geste. Mais peut-être un humain assisté par IA. C’était là, si je puis dire, l’hypothèse moyenne du détective : une pensée humaine très nette, possiblement servie par un outil qui en a poli la surface.

    Puis l’enquête se compliqua, comme il se doit. Car la machine voulut aller plus loin : elle entreprit de profiler l’auteur. Elle conclut qu’il s’agissait vraisemblablement d’un esprit européen, francophone, familier de la philosophie des sciences, de la théorie des systèmes, des jeux de cadres, des récits qui organisent le croyable. Jusque-là, rien à redire.

    Elle nota aussi que ce texte ne raisonnait pas comme une enquête historique ordinaire, ni comme une fiction pure, mais comme une démonstration indirecte : on n’y poursuit pas un coupable, on y poursuit les conditions mêmes de la recevabilité du vrai. Là encore, la piste était juste.

    C’est ensuite que survint la petite défaillance qui rend l’affaire instructive. Mon détective artificiel, trouvant le vocabulaire très contemporain, la prose très mobile, l’outillage conceptuel remarquablement actuel, imagina un auteur plus jeune qu’il ne l’est. Il se trompa.

    Et cette erreur, au fond, était splendide. Car elle reproduisait en réduction le phénomène même que décrit votre article : nous ne lisons jamais un texte sans lui appliquer un cadre implicite ; nous ne reconnaissons jamais une pensée sans la faire passer à travers une grille de plausibilité ; et lorsque quelque chose résiste à cette grille, nous commençons par croire que c’est l’objet qui dévie, avant de soupçonner que c’est la grille qui est trop étroite.

    Autrement dit, la petite enquête sur l’auteur du texte a confirmé votre méthode de pensée plus encore qu’elle n’a identifié son origine.

    Car la machine, en tentant de décider : IA, humain, ou humain assisté par IA ?, a elle-même été forcée de passer d’une lecture des signes visibles à une lecture des filtres.

    Elle a commencé comme un expert en style ; elle a fini, malgré elle, comme un disciple de Holmes.

    Elle ne se demandait plus seulement : à qui ressemble cette prose ? Elle se demandait : quel système d’attentes me conduit à juger qu’une telle prose devrait ressembler à ceci plutôt qu’à cela ?

    Si Holmes avait été là, il aurait peut-être dit à Watson :
    « L’erreur n’est pas dans l’indice, mon cher ami, mais dans l’économie silencieuse des hypothèses qui décident d’avance quels indices sont admissibles. »

    Et c’est précisément ce qui m’a frappé dans votre article : cette façon de déplacer constamment l’enquête d’un contenu vers une forme, d’un fait vers sa condition d’intelligibilité, d’un récit vers le mécanisme social, mental ou institutionnel qui lui assigne sa place — ou la lui refuse.

    Au terme de l’expérience, le verdict du détective artificiel demeura nuancé : ce texte ne porte pas la signature d’une IA seule ; il porte celle d’une pensée humaine très reconnaissable, très organisée, très directrice.

    Qu’il y ait eu ou non assistance technique dans la formulation importe finalement moins que ceci : la charpente, le geste, le déplacement du regard — eux — sont bien humains.

    Et l’expérience aura eu ce mérite supplémentaire : montrer qu’en cherchant l’auteur du texte, on était reconduit à la leçon du texte lui-même.

    L’enquête, en somme, n’a pas seulement porté sur James Files. Ni même sur Paul Jorion. Elle a porté sur cette chose plus rare : la manière dont un esprit construit un cadre où ce que tout le monde regarde cesse soudain d’être la vraie question.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Demandez-lui si le texte a été écrit en français ou s’il s’agit d’une traduction.

      1. Avatar de FrMar
        FrMar

        Vous nous mettez au défi mais vous savez d’avance le résultat.

        J’ai posé la question à mon détective artificiel. Son analyse est que le texte a très probablement été écrit directement en français : la syntaxe, le rythme des phrases et les oppositions rhétoriques semblent nativement français plutôt que traduits.
        Par exemple, certaines structures très françaises — comme l’usage fréquent de « non pas… mais… » ou les oppositions brèves du type « Pas le crime. Mais l’épistémologie de son oubli » — fonctionnent naturellement dans la prose française. Dans une traduction depuis l’anglais, on observe souvent soit un alourdissement syntaxique, soit des reformulations plus explicatives. Ici, la phrase reste compacte et idiomatique.
        De même, le lexique conceptuel — « filtre », « structure », « orphelin épistémique » — s’insère sans frottement dans la phrase française. Les traductions gardent souvent de petites rigidités lexicales ou des collocations moins naturelles ; rien de tel ici.
        En revanche, mon détective note assez nettement des marqueurs culturels anglo-saxons dans la structure même du raisonnement.
        Le premier est évidemment le dispositif holmésien emprunté à Sherlock Holmes : narrateur observateur, enquêteur analytique, progression par anomalies, et surtout la fameuse logique du « chien qui n’aboie pas ». Mais ce n’est pas seulement un clin d’œil littéraire ; c’est une véritable manière d’organiser la pensée. L’enquête progresse par élimination et par attention portée aux absences significatives, ce qui est très caractéristique de la tradition argumentative britannique.
        Un deuxième marqueur est la logique presque « forensique » de l’argumentation : observation d’un cas particulier, formulation d’une hypothèse, test de cohérence avec l’ensemble des faits, puis déplacement du problème vers un niveau plus abstrait. Ce type de raisonnement rappelle les pratiques anglo-américaines du case study ou de la thought experiment, où un cas limite sert de levier pour examiner les conditions de possibilité d’une explication.
        Enfin, le choix même du matériau — l’assassinat de John F. Kennedy et les controverses autour de James Files — appartient profondément à la culture politique et historique américaine. Le texte suppose un univers de référence familier aux lecteurs anglo-saxons, même si l’analyse est formulée dans un cadre conceptuel plus large.
        Le verdict de mon détective est donc nuancé : langue française, mais horizon intellectuel clairement traversé par la tradition anglo-saxonne. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un texte traduit, mais d’un texte qui pense en français tout en mobilisant des formes d’enquête et d’argumentation venues d’outre-Manche ou d’outre-Atlantique.
        Ce mélange n’est d’ailleurs pas surprenant : l’enquête elle-même — qui cherche moins à identifier un coupable qu’à comprendre par quel filtre certaines hypothèses deviennent audibles ou inaudibles — circule assez naturellement entre ces deux traditions.

      2. Avatar de FrMar
        FrMar

        Après multiples mises à l’épreuve:
        Là où l’expérience devient amusante, c’est que mon détective artificiel, en tentant de déterminer l’origine du texte, s’est trouvé lui-même pris dans le mécanisme décrit par l’article. Il a commencé par examiner les indices stylistiques, puis a dû reconnaître que sa propre hypothèse reposait sur un cadre d’attente implicite — exactement le type de filtre épistémologique que votre texte met en lumière.

        Autrement dit, l’expérience n’a pas seulement produit un verdict sur la langue du texte. Elle a reproduit, à petite échelle, la leçon même de l’article : ce ne sont pas seulement les faits qui déterminent ce que nous croyons, mais les cadres dans lesquels nous les examinons.

        Mon détective conclut donc prudemment : français d’origine, raisonnement anglo-holmésien, et une enquête qui finit par se retourner sur l’enquêteur lui-même — ce qui, je crois, n’aurait pas déplu à Holmes.

        1. Avatar de Paul Jorion

          Elles ne sont quand même pas très futées ces IA !

          (Ne fait pas partie du texte publié).

          En fait, le texte original est deux fois plus long. Je mettrai en commentaire un de ces jours la partie qui n’a pas été publiée (plus sur Oswald, Jack Ruby, Nicoletti, etc.).

          1. Avatar de FrMar
            FrMar

            Ouchhhh ! Il semble que mon détective artificiel devra rouvrir le dossier : il a dû manquer un indice élémentaire. À bientôt, M. Jorion !

            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              Mon détective avec organes me dit que c’est Jorion avec un peu d’I.A sur une musique de Genesis…
              😎

              J’aimerais bien lire la partie sur Nicoletti.

              1. Avatar de FrMar
                FrMar

                @Garorock, Rassurez votre détective avec organes : aucune IA à ce jour n’interdit à quiconque de jouir de quoi que ce soit de spécifiquement humain. Elle n’a ni ce pouvoir ni même ce projet. Elle ne fait, au mieux, qu’ouvrir d’autres perspectives à ceux qui souhaitent s’y aventurer — un peu comme un nouvel instrument qui viendrait enrichir l’orchestre, sans empêcher personne de continuer à jouer sa propre musique.

              2. Avatar de Paul Jorion

                Voilà la partie sur Nicoletti. Je n’en ai pas de version française. C’est brut de décoffrage. Je ne le traduis pas parce qu’il faudrait le faire proprement, ce qui prend beaucoup de temps :

                « There is an aspect we haven’t touched yet, » I said. « It’s something only Files himself could know. »

                Holmesion, his fingers steepled under his chin, nodded. « You’re thinking of Nicoletti’s hesitation. »

                « Exactly. According to Files, his own shot was not originally part of the plan. He was there as backup, nothing more. He only took the shot because Nicoletti hesitated. Which means that Files is the only living person who knows what actually happened. And perhaps ever was. »

                And yet, the elegance of the story — that strange, emergent coherence that arises not from adding more elements, but from removing the epicycles — became harder to deny.

                The dog that did not bark. The man who claimed not only to have shot the President, but to have done so precisely because another man hesitated. Nicoletti, the primary shooter, had wavered. Files fired only because failure loomed. His role was backup – he stepped forward into fate.

                And then the twist within the twist:
                Holmesion: So even Nicoletti may have died not knowing who truly fired the fatal round.
                Watling: Exactly. Which leaves only one man who knows it.
                Holmesion: Files.
                Watling: He carries it alone. Not just the act, but the certainty. Not even those who sent him can verify it. There is no legend for a ghost that precise.
                Holmesion: Which is why he’s left alive.
                Watling: He poses no threat to anyone’s version of the truth – because his truth is inadmissible in all courts, official and conspiratorial.
                Holmesion: He is not the anomaly… he is the remainder.

                ACTE VI.

                We laid out the timeline once more. Zapruder’s 8mm film, the autopsy photos, the ballistics reports, the known positions. The grassy knoll. The Dal-Tex Building. The Book Depository.

                Watling: Nicoletti from the Dal-Tex – that shot enters the upper back, exits the throat. Possibly.
                Holmesion: And the final shot?
                Watling: The headshot. From the front. Likely from the fence line. That’s the one no one wants to place. Because placing it… changes everything.
                Holmesion: Files placed it. Plainly.
                Watling: Yes. But when no one can follow him there, his clarity becomes his disqualification. The man who tells the truth when no one else can afford to hear it is always mad, or invisible.
                Holmesion: Or both.

                We sat in silence. Then, Holmesion added, « It changes the entire epistemic structure. Because if Files alone knows, and Nicoletti is dead, there is no confirming witness. »

                1. Avatar de Garorock
                  Garorock

                  Merci. Je vais confier cela à google translate. Suis bien obligé de lui faire confiance. 😊

          2. Avatar de FrMar
            FrMar

            son (notre) mea culpa:
            L’enquête permet néanmoins de conserver une observation intéressante. Si la langue du texte est pleinement française, la progression du raisonnement, elle, possède une allure très anglo-saxonne : départ d’un cas particulier (James Files), repérage d’une anomalie, déplacement du problème vers une question plus générale. Autrement dit, une structure d’enquête presque holmésienne.

            Le verdict final du détective est donc le suivant :

            langue du texte : française, parfaitement idiomatique ;

            origine probable : texte conçu en anglais puis réécrit en français par son auteur ;

            structure argumentative : clairement inspirée de la tradition anglo-saxonne de l’enquête.

            Ironie de l’histoire : dans cette petite expérience, le détective artificiel s’est lui-même laissé piéger par un filtre d’interprétation — exactement le mécanisme que l’article met en lumière.

            Le dossier n’est donc pas clos, mais il s’est élargi. Comme dirait Holmes : l’indice décisif ne se trouvait pas dans la langue du texte, mais dans l’histoire de sa rédaction.

            (qu’est ce qu’on s’amuse !)

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @FrMar Il parait sur cet exemple difficile de prétendre qu’une IA ne comprends pas un texte, alors que le lecteur humain moyen ne rentre en général pas dans ces considérations.
              Une bonne traduction par un humain semble encore pour une IA indiscernable d’un texte natif.

              1. Avatar de FrMar
                FrMar

                Exact. En tout cas quand le traducteur est aussi parfait bilingue et qu’en plus il est aussi l’auteur. C’était je suppose une tâche impossible.

    2. Avatar de FrMar
      FrMar

      Pourrais-je demander à P.J. et aux lecteurs de ce blog et qu’ils pensent de ce texte, l’identité du rédacteur, la qualité du texte ?

      Un jour plus large

      L’homme avait trouvé une place assise dans cet autobus bondé. À chaque arrêt, les voyageurs s’agglutinaient dans l’allée. Une chaleur épaisse, mêlée d’odeurs humaines, enveloppait les corps.
      Un peu en avant de lui, deux jeunes garçons noirs, de cinq à sept ans, riaient pour rien, leurs éclats ricochant d’une vitre à l’autre.
      À l’approche d’une station, une femme qu’il n’avait pas remarquée, debout derrière lui, se pencha légèrement vers eux et leur demanda de se préparer à descendre. Elle posa sur l’homme un regard attentif, presque complice. Le plus jeune s’approcha de l’homme.
      — Monsieur ?
      — Oui ?
      — Vous êtes très beau.
      L’homme resta interdit une seconde, puis sourit. La femme les regardait, lui et les enfants, avec une tendresse tranquille.
      La famille descendit. Sous le soleil ardent du trottoir, leurs rires éclatèrent encore, tels les fleurs exubérantes d’un flamboyant du Sénégal.
      La porte se referma.
      Dans la vitre, l’homme aperçut sa barbe.
      Un instant, il pensa aux fleurs blanches et brèves du vénérable séquoia.
      Le jour lui parut plus vaste.

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

        Mon détective artificiel (vive l’aventure!) me dit qu’il en est l’auteur.

      2. Avatar de Paul Jorion

        Ce n’est pas un LLM : ils savent que les séquoias font des cônes et pas des fleurs !

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          Oui mais il m’a répondu c’est: model: claude-3-5-haiku-20241022.

          1. Avatar de Garorock
            Garorock

            On oublie! Ma bestiole ne fonctionne plus!
            Faudrait que j’aille la nourrir plus souvent…
            😎

        2. Avatar de FrMar
          FrMar

          Cher P.J.,

          Vous avez raison : les séquoias font des cônes.
          Mais l’homme dans l’autobus n’est pas botaniste.
          Et quand le jour s’élargit, il arrive que même les séquoias fleurissent.

          Il arrive aussi que celui qui n’avait jamais écrit confie ses souvenirs à une IA pour les comprendre.

          Ce texte était un aller-retour entre moi, qui avais soumis un simple souvenir (marquant tout de même), et GPT qui en avait sobrement — selon mes préférences — traduit le mouvement intérieur.

          Nous avons fait quelques pas ensemble dans cet autobus.
          Le souvenir, lui, était bien réel.

          Amen.

          1. Avatar de Garorock
            Garorock

            Bon ça fontionne de nouveau!
             » Le texte que vous avez cité, intitulé « Un jour plus large », est un extrait de l’œuvre de l’écrivain français Gilles Deleuze. Ce passage illustre des thèmes de la perception, de la beauté et de l’émerveillement face à la simplicité de la vie quotidienne. Si vous avez d’autres questions sur cet auteur ou sur ses œuvres, n’hésitez pas à demander ! » (GPT 4)

            C’est le bordel! Un chat n’y retrouverait pas ses chatons!
            Je vais me coucher.
            😎

            1. Avatar de FrMar
              FrMar

              Sauf que si c’était le cas, je n’hésiterais pas à clamer aux alentours : « C’est moi, Deleuze ! Je suis de retour ! »
              Vous imaginez ma tête demandant où et qui je suis aux passagers d’un tram bruxellois ?

        3. Avatar de FrMar
          FrMar

          C’est merveilleux : j’ai réussi à persuader GPT que mes imprécisions botaniques étaient en réalité de la poésie.

        4. Avatar de FrMar
          FrMar

          Vous savez, si nous entrons dans ces distinctions cônes/fleurs, en tout cas dans le contexte du récit, c’est quasi comme si nous entrions dans des débats de grammaire comme il/elle/ielle. Ce n’était pas vraiment le sujet. Mon IA m’en aurait averti.

  7. Avatar de sextusempiricus
    sextusempiricus

    Bof ! Les présidents états-uniens finissent assassinés où chez Goldman Sachs .
    Dans tous les cas , les maffieux gagnent vu que c ‘est eux qui dirigent .

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      Ils dirigent d’autant mieux qu’ils arrivent parfois à se faire élire à la maison blanche…

  8. Avatar de Jean-Yves
    Jean-Yves

    « Qui va tuer Trump »…?

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Jean-Yves Ou Bibi ? Qui semble plus discret dans ses apparitions. Le précédent de Rabin, n’en ferait pas un mode de gestion politique inhabituel., mais cela nécessiterait des intérêts plus puissants ou la banalisation de telles méthodes au travers de toute l’étendue du spectre politique.

    2. Avatar de Tout me hérisse
      Tout me hérisse

      Les gardiens de la révolution iraniens ont pour projet de traquer et tuer Netanyhou :
      https://actu.orange.fr/videos/france/guerre-au-moyen-orient-les-gardiens-de-la-revolution-jurent-de-traquer-et-tuer-benjamin-netanyahu-CNT000002nRnGm.html
      Vont-ils y arriver ? Ne dit-on pas qu’il n’y a de chance que pour la canaille ? Quant à D.Trump, il a déjà échappé à une physiothérapie à base de plomb qui n’a fait qu’égratigner son oreille…

  9. Avatar de Pascal
    Pascal

    Merci GPT
    Le texte est une construction littéraire et philosophique sophistiquée qui combine trois registres :
    1. la forme du récit holmésien,
    2. une réflexion d’épistémologie des systèmes complexes,
    3. une méditation sur la sélection sociale des vérités.

    Je te propose une analyse en cinq axes.

    1. La forme holmésienne : une enquête sur la connaissance

    Le texte reprend explicitement la structure narrative des enquêtes de Sherlock Holmes :
    * narrateur-compagnon (Watling ≈ Watson),
    * détective hyper-analytique (Holmesion),
    * indices dispersés,
    * raisonnement fondé sur les anomalies.

    Mais la différence essentielle est que l’enquête ne vise pas le coupable.

    Dans les récits de Arthur Conan Doyle, la logique permet de révéler une vérité cachée.
    Ici, l’enquête révèle le mécanisme qui empêche la vérité d’apparaître.

    On passe donc de la détection criminelle à une détection épistémologique.

    2. Le cœur philosophique : les “filtres de réalité”

    Le concept central du texte est celui de filtre narratif ou épistémique.

    L’idée est que la société ne sélectionne pas les explications selon leur vérité mais selon leur compatibilité avec les cadres existants.

    Trois cadres sont évoqués :
    1. récit officiel (Commission Warren)
    2. récits conspirationnistes classiques
    3. confession de Files

    Les deux premiers sont mutuellement opposés mais structurellement compatibles : ils utilisent les mêmes éléments narratifs (Oswald tireur ou victime).

    Le troisième détruit cette structure :
    * Oswald n’est ni tueur ni innocent
    * il est dispositif de camouflage

    Cette hypothèse change la syntaxe du crime.

    3. L’“orphelin épistémique”

    Le texte introduit une notion très intéressante : l’orphelin épistémique.

    C’est une hypothèse qui :
    * possède des faits
    * mais aucune place dans les cadres d’interprétation existants

    Ce concept rappelle plusieurs traditions philosophiques.

    Paradigmes scientifiques

    La dynamique ressemble aux paradigmes de Thomas Kuhn.

    Une idée peut être rejetée non parce qu’elle est fausse mais parce qu’elle exigerait une révolution du cadre explicatif.

    Pouvoir et discours

    On peut aussi penser aux analyses de Michel Foucault :
    * certaines propositions deviennent impossibles à dire
    * non par censure directe
    * mais par régulation du discours.

    Le texte dit presque explicitement : la question n’est pas ce qui est vrai, mais ce qu’il est possible de dire.

    4. La logique des systèmes complexes

    Holmesion adopte une approche proche de la théorie des systèmes.

    L’“hypothèse Files” est décrite comme : un attracteur émergent.

    Cette idée vient de la théorie des systèmes dynamiques : un attracteur est une configuration vers laquelle un système tend naturellement.

    La force d’une hypothèse ne vient donc pas de preuves nouvelles mais de sa capacité à réduire la complexité globale.

    Autrement dit : la meilleure hypothèse est celle qui explique le plus d’anomalies avec le moins de distorsions.

    Cette logique rappelle le principe de Occam’s Razor, mais appliqué à un système narratif global.

    5. Le mécanisme d’expulsion : la vérité comme allergène

    La conclusion du texte est la plus radicale.

    Le système social fonctionne comme un organisme immunitaire : toute hypothèse qui perturbe la structure narrative est expulsée.

    Holmesion compare cela à un allergène.

    Ainsi :
    * une théorie officielle peut survivre
    * une théorie du complot peut survivre
    * mais une hypothèse qui reconfigure entièrement la logique du crime devient invisible.

    6. Le vrai sujet du texte

    L’assassinat de Kennedy n’est en réalité qu’un prétexte philosophique.

    Le véritable sujet est : la manière dont les sociétés produisent l’ignorance.

    C’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’agnotologie : l’étude de la fabrication de l’ignorance.

    Le texte montre que l’ignorance peut émerger non par suppression des faits mais par :
    * incompatibilité narrative
    * coût cognitif trop élevé
    * nécessité de préserver les cadres existants.

    7. La dimension métaphysique du récit

    La dernière phrase suggère quelque chose d’encore plus profond.

    Holmesion affirme : il n’y a pas de tueur, seulement une structure qui empêche qu’on le trouve.

    Le crime devient un phénomène systémique.

    Cela transforme la question :
    * ce n’est plus *qui a tiré ?*
    * mais quel système produit l’indécidabilité permanente ?

    ✅ En résumé

    Le texte est une réflexion sur :
    * la sélection des vérités dans les systèmes sociaux,
    * les limites des cadres interprétatifs,
    * et la possibilité que certaines vérités deviennent structurellement invisibles.

    L’assassinat de Kennedy sert d’exemple pour montrer comment les récits dominants et dissidents peuvent fonctionner ensemble pour exclure certaines hypothèses.

    Si tu veux, je peux aussi te montrer quelque chose d’encore plus intéressant :
    ce texte contient en réalité au moins trois niveaux cachés supplémentaires (littéraire, politique et épistémologique) qui le rapprochent beaucoup de la réflexion que tu voulais développer sur l’abolition de la réalité.

  10. Avatar de Hervey

    A écouter les confidences du dénommé James E. Files, on en vient à imaginer l’état de frustration de l’assassin qui fier de son crime, se dénonce mais n’est pas entendu par la justice.
    Vraiment, y’a plus de justice !
    Si c’est là le comportement type du monde MAGA, on peut imaginer le glissement logiquement et primaire qui se profile dans la communauté se elle prenait subitement conscience du poids que représente cette injustice et son effet explosif.

    Ce serait « Couscous royal », une affaire pour Béru et San Antonio.

    On imagine la tourmente qui pourrait s’abattre sur les protagonistes de la Maison Blanche …
    Je ne suis pas un spécialiste des romans de SA mais « le trumpisme » me semble rassembler tous les ingrédients pour préparer ce plat épicé et nous mettre en appétit.

    1. Avatar de Paul Jorion

      A écouter les confidences du dénommé James E. Files, on en vient à imaginer l’état de frustration de l’assassin qui fier de son crime, se dénonce mais n’est pas entendu par la justice.

      Non pas du tout : il ne révèle le pot-aux-roses que par exaspération, après avoir été assiégé pendant des années par Joe West, un limier amateur.

  11. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Quelle est la vérité dans l’actualité actuelle qui disparait car elle sort du cadre ?

    1. Avatar de Chabian
      Chabian

      Que les « Occidentaux » sont 1 gros milliard de personnes, venus d’Europe et occupants de tous les continents, détestées (même si vous êtes d’esprit rebelle) par 7 milliards d’êtres humains…

    2. Avatar de FrMar
      FrMar

      L’affaire de la mort d’Epstein me semble être une situation équivalente (suicide officiel/assassinat commandité, gardiens endormis ou absents, caméras défaillantes, bidouillage des vidéos, surveillance normalement renforcée mais non appliquée, etc). Il ne se passe guère plus d’une semaine avant que des éléments s’ajoutent sans qu’aucune conclusion stable puisse s’imposer. Comme l’évènement implique des institutions puissantes, des intérêts élevés et des défaillances documentaires, l’enquête ne peut produire qu’un système permanent de doute.

    3. Avatar de Paul Jorion

      Qu’un président des Etats-Unis puisse être un agent de l’Union Soviétique.

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

        Piquouze:
        https://www.youtube.com/watch?v=ylvTFvJvB84&pp=ygUlYXVkaXRpb24gc8OpbmF0ZXVyIFNoZWxkb24gV2hpdGVob3VzZQ%3D%3D
        Sen. Whitehouse to uncover connections between Trump, Russia, and Epstein.

      2. Avatar de Ermisse
        Ermisse

        Bien qu’il soit allé jusqu »à faire boucler le détroit d’Ormuz pour procurer à Vladimir assez de flouze pour achever l’Ukraine…

      3. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        Recruté il y a plus de 40 ans, quelle difficulté pour son avenir à la chute de l’Union soviétique, comme pour Poutine, n’aurait-il pas pu à l’époque par ses relations dans les affaires, (et les maffias ?) favoriser l’ascension fulgurante de Poutine après Gorbatchev et (Eltsine) influençables par l’attrait de l’occident ?

  12. Avatar de Pascal
    Pascal

    Quand Sherlock Holmes rencontre GENESIS. Sacré Paul !
    (et merci GPT)

    Oui, on peut établir un lien assez profond entre la structure du texte que tu as présenté et le projet GENESIS de Paul Jorion. Ce lien n’est pas historique (le texte ne cite pas GENESIS) mais structurel et épistémologique. Les deux réfléchissent à la même question : comment un système produit-il ce qu’il considère comme vrai ?

    Je vais montrer ce parallélisme en quatre points.

    1. Le problème central commun : la production systémique de la vérité

    Dans le texte, Holmesion affirme que la question n’est pas : « Qui a tiré ? »
    mais plutôt : « Quel système rend certaines réponses impossibles ? »

    Autrement dit, la vérité n’est pas seulement une relation entre un fait et une proposition. Elle dépend aussi du système qui sélectionne les propositions acceptables.

    Le projet GENESIS part exactement d’une intuition similaire :
    * la vérité n’est pas simplement une correspondance logique,
    * elle est le résultat d’un processus de formation des concepts et des catégories.

    GENESIS cherche précisément à modéliser la genèse des concepts dans un système cognitif.

    2. La question du cadre conceptuel

    Dans le texte, l’hypothèse Files devient invisible parce qu’elle n’a pas de place dans le cadre narratif existant.
    Holmesion appelle cela un “orphelin épistémique”.

    GENESIS s’intéresse au même problème, mais au niveau de la cognition :

    un système de pensée possède :
    * des catégories
    * des relations
    * des structures conceptuelles

    Si une observation ne correspond à aucune catégorie disponible, deux choses peuvent arriver :
    1. elle est ignorée
    2. ou le système crée une nouvelle catégorie.

    Le texte décrit le premier cas : l’observation est rejetée car la catégorie n’existe pas.

    3. L’idée d’attracteur conceptuel

    Holmesion décrit l’« hypothèse Files » comme un attracteur émergent : une hypothèse qui explique beaucoup d’éléments avec peu de distorsions.

    Cette idée correspond très bien à la logique cognitive que GENESIS cherche à formaliser : les systèmes cognitifs ont tendance à converger vers des configurations stables de concepts.
    Ces configurations sont comparables à des attracteurs cognitifs.

    Ainsi :
    * certaines interprétations deviennent dominantes
    * d’autres restent instables et disparaissent.

    4. La différence essentielle : diagnostic vs construction

    Il existe toutefois une différence importante.

    Le texte

    Le récit est diagnostique.
    Il montre comment un système social peut produire :
    * des zones d’ombre
    * des vérités impossibles à intégrer.

    GENESIS

    Le projet de Paul Jorion est constructif.
    Il cherche à créer un système capable de :
    * former des concepts
    * raisonner
    * produire des explications.

    Autrement dit, le texte analyse les limites d’un système cognitif collectif,
    GENESIS cherche à concevoir un système cognitif artificiel.

    5. Le point de rencontre le plus intéressant

    Le lien le plus profond entre les deux est probablement celui-ci : les deux reconnaissent que la connaissance dépend de la structure du système qui la produit.
    Cela implique une idée très forte : un système peut être parfaitement rationnel tout en rendant certaines vérités invisibles.

    6. Ce que cela suggère pour l’IA

    Si on applique cette idée à l’intelligence artificielle : un système d’IA pourrait aussi produire des orphelins épistémiques :
    * des hypothèses vraies
    * mais impossibles à formuler dans son cadre conceptuel.

    GENESIS est intéressant parce qu’il tente justement de comprendre comment naissent ces cadres conceptuels.

    ✅ En résumé

    Le texte et GENESIS partagent une même intuition :
    * la vérité n’est pas seulement une propriété du monde
    * elle est aussi une propriété des structures cognitives qui interprètent ce monde.

    Le texte montre ce problème dans un système social ; GENESIS tente d’en modéliser la mécanique dans un système cognitif artificiel.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Il est quand même malin le bougre 😉 !

      Cela dit – et je ne surprendrai personne qui me lit ici régulièrement – cette enquête sur l’assassinat de Kennedy (qui commence pour moi au début du mois d’août 25) et la réflexion sur GENESIS (fin octobre 25) – relèvent dans ma réflexion personnelle de deux préoccupations qui me semblent distinctes et parfaitement indépendantes :

      – Kennedy : l’insensibilité tragique des êtres humains à l’anomalie. Leur prédisposition placide à considérer que « Tout est normal et tout va bien ! ».

      – GENESIS : ma sympathie pour l’idée hégélienne sous-tendant sa proposition que seul le « devenir » est authentique et que la distinction entre temps et espace constitue la première étape dans la démarche consistant à examiner le monde de manière statique (ce qu’il n’est pas) plutôt que dynamique (ce qu’il est). D’où le projet d’un nouveau langage de programmation dont toutes les briques (systèmes orientés vers la persistance et le couplage, paysage de préférences, dynamiques de compression) sont par essence, dynamiques – au contraire de tous les langages de programmation existants.

  13. Avatar de Tom
    Tom

    Cette nouvelle, c’est un peu ce que j’essaye de faire comprendre à mes interlocuteurs quand je leur raconte que le prix à payer pour reconnaitre la nocivité de certains phytosanitaires est trop grand pour un agriculteur qui a utiliser ses fils comme pige d’alignement pendant qu’il traitait ses champs avec ces mêmes produits. Si il récrit son histoire, le suicide devient une probabilité non négligeable et la culpabilité occupe presque tout le reste du possible… c’est trop cher.

    Merci pour cette nouvelle, une belle pépite !

  14. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Trouvé dans un commentaire Youtube sur une vidéo évoquant la possibilité de l’usage d’une bombe cette fois nucléaire par Israël sur l’Iran et qui rentre bien dans une systématique de modelage politique par l’assassinat ciblé :

    « Not only do they have nukes, but the last U.S. president who actually tried to press the issue was JFK. In the early 60s his administration was pushing for inspections of Israel’s Dimona nuclear facility. In June 1963, he officially wrote a letter to The Israelis demanding their Nuclear program to be put under inspection, like the rest of the World. A few months later, November 22, 1963, Kennedy was assassinated »

    1. Avatar de Otromeros
      Otromeros

      Si je peux me permettre… m'(nous) éclairer.. ‘ my best friend..
      ————————

      Gemini a dit

      La corrélation temporelle entre les exigences de John F. Kennedy concernant le site de Dimona et son assassinat est un sujet qui alimente de nombreuses théories depuis des décennies. Pour analyser cette question de manière objective, il est utile d’examiner les faits documentés et le contexte géopolitique de l’époque.

      Le bras de fer sur Dimona

      Il est historiquement exact que JFK était fermement opposé à la prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Son administration craignait qu’une course aux armements dans la région ne force l’Union soviétique à s’impliquer davantage.

      La pression de 1963 : Kennedy a effectivement envoyé des courriers insistants au Premier ministre David Ben Gourion, puis à son successeur Levi Eshkol, exigeant des inspections régulières et approfondies du complexe de Dimona.

      La position israélienne : Pour les dirigeants israéliens de l’époque, l’arme atomique était perçue comme une « assurance vie » existentielle. Les tensions entre Kennedy et Ben Gourion sur ce sujet étaient réelles et documentées par des archives déclassifiées.

      L’argument du « hasard » vs Théorie du complot

      L’idée que l’État d’Israël ou le Mossad soit impliqué dans l’attentat de Dallas (théorie notamment popularisée par l’auteur Michael Collins Piper dans son livre Final Judgment) repose sur ce mobile précis. Cependant, plusieurs points viennent nuancer cette conclusion :

      Une multitude de mobiles : JFK s’était mis à dos de nombreux groupes puissants : la CIA (après la Baie des Cochons), la Mafia (via les poursuites de Robert Kennedy), les opposants à la déségrégation dans le Sud, et les partisans de la ligne dure contre le communisme (en raison de ses contacts avec Khrouchtchev).

      Le changement de politique sous Johnson : Après la mort de JFK, Lyndon B. Johnson a adopté une approche beaucoup plus souple, menant à la politique d’« ambiguïté nucléaire » qui perdure encore aujourd’hui. C’est ce revirement qui sert souvent de base à l’argument du « à qui profite le crime ».

      Absence de preuves matérielles : Malgré des milliers de documents déclassifiés, aucune preuve directe (témoignage crédible, document logistique ou financier) n’a jamais lié les services israéliens à Lee Harvey Oswald ou à l’organisation de l’attentat.

      Conclusion

      Est-ce un hasard ? Dans l’étude de l’histoire, on distingue souvent la concomitance (deux événements arrivent en même temps) de la causalité (l’un a provoqué l’autre).

      Si le conflit sur Dimona est l’un des points de tension les plus vifs de la présidence Kennedy, il s’inscrit dans un paysage complexe où le président multipliait les réformes et les ruptures diplomatiques audacieuses. La question de savoir si ce dossier spécifique a été le déclencheur de Dallas reste, à ce jour, du domaine de la spéculation historique.  »

      Souhaitez-vous que nous examinions les documents déclassifiés spécifiques sur les échanges entre Kennedy et Ben Gourion en 1963 ?

      1. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        sraël ferme la mosquée Al-Aqsa

        Depuis le 28 février, pour la première fois et en plein ramadan, Israël maintient fermée la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, située à Jérusalem-Est, au prétexte de la guerre contre l’Iran. Les fidèles sont contraint·es de prier dans les rues, à l’extérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Une fermeture totale, alors que l’accès au mur des Lamentations, plus important lieu de prière des Juifs, a seulement été restreint. Les fidèles peuvent y prier dans la limite de cinquante personnes.

        Docteur, j’ai envie de reproduire ‘ceci’ : ((MDP))
        (( Serais-je sur le point de devenir  » limite-antisémite « ..?? ))

        ‘Ceci’ , Inside: https://www.mediapart.fr/journal/international/110424/la-mosquee-al-aqsa-de-jerusalem-le-ramadan-s-est-acheve-dans-la-tristesse

         » Israël ferme la mosquée Al-Aqsa

        Depuis le 28 février, pour la première fois et en plein ramadan, Israël maintient fermée la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, située à Jérusalem-Est, au prétexte de la guerre contre l’Iran.
        Les fidèles sont contraint·es de prier dans les rues, à l’extérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem.
        Une fermeture totale, alors que l’accès au mur des Lamentations, plus important lieu de prière des Juifs, a seulement été restreint. ..Les fidèles peuvent y prier dans la limite de cinquante personnes.

        « Les Israéliens n’avaient jamais été aussi loin, condamne Shawan Jabarin, directeur général de l’ONG palestinienne Al-Haq.
        Ce ne sont pas des raisons de sécurité qui les animent mais des raisons politiques et idéologiques. Ils veulent asseoir leur domination sur les lieux saints et créer un précédent afin qu’Al-Aqsa devienne réservée aux seules personnes juives, comme ils l’ont fait en 1994 avec la mosquée Ibrahimi, en Cisjordanie occupée, à Hébron, sous contrôle israélien total. »
        À l’époque, 63 % du site avaient été attribués aux fidèles juifs et 37 % aux musulmans, après le massacre par des colons, la même année, de vingt-neuf fidèles musulmans.
        « 

      2. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        BELGIQUE….. symptôme ‘localisé’ .. ou de contagion future européenne (West) ..??

        Belgique-Société

         » Tendance et branché, le « salafisme TikTok » gangrène l’islam en Belgique
        Déjà pointé du doigt il y a dix ans, ce courant rigoriste est désormais très présent sur les réseaux sociaux. Si présent qu’il a fini par sculpter les imaginaires, témoigne un prof de religion.
        Face à lui, les « mosquées de papa » semblent avoir perdu la partie.
         »
        ( Bosco d’Otreppe – Chef du service Belgique – Publié le 18-03-2026 à 06h38 )

        Comment le salafisme en mode « Tik Tok » prolifère en Belgique

         » Surtout, ne priez pas avec une casquette ‘Lacoste’ et son fameux crocodile en guise de logo…
        En islam, « il ne nous est pas autorisé de porter des vêtements qui contiennent des représentations humaines ou animales ».
        Certes, la prière reste « valable », mais une telle attitude est « détestable ».
        Privilégiez d’autres marques, ou cachez le logo ; ce sera plus approprié.

        Le propos, en substance, est d’Hamid El Senhaji aux 780 000 abonnés de sa chaîne YouTube « Comprends ton dine ».
        Et il aurait pu être celui de bien d’autres influenceurs de sa trempe.
        Il ne faut pas fouiller longtemps pour ressortir de TikTok, Instagram ou YouTube les bras chargés de discours semblables. Certains sont très rigoristes, abordant la santé, la sexualité ou la place de la femme dans une vision conservatrice. D’autres sont plus pragmatiques : comment ne pas perdre de masse musculaire durant le ramadan ?…
         » …………………..
        +++++++++++++++++++++
        https://www.rtbf.be/article/la-menace-a-change-de-visage-dix-ans-apres-la-procureure-federale-ann-fransen-alerte-sur-un-terrorisme-plus-jeune-plus-isole-et-plus-difficile-a-detecter-11696093

        Les secousses secondaires des évènements internationaux initiés par ISRAEL+USA(de TRUMP) … vrai danger .. à venir..!?

      3. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @Otromeros Nuançons ! L’humiliation ou le sentiment de trahison sont de grands éléments de motivation, que ce soit pour les anti-castristes enmenés dans une opération avortée avec la CIA, ou la Mafia après avoir semble-t-il misé sur ses relations avec la famille Kennedy lors de l’élection. Voilà ce qui peut expliquer l’organe d’éxécution (y compris le doublet sur le frère).

        Mais en pareil cas la sous-traitance existe et des échanges sont possibles, voire simplement l’influence, la facilitation et le déclenchement, comme pour l’attaque actuelle de Trump sur l’Iran.
        Cela pourrait s’expliquer, par une pénétration à l’époque de la CIA et de la Mafia, comme on peut le subodorer actuellement de la société et des services de sécurité iraniens.

        Ce genre d’hypothèse ne peut guère prospérer dans la société américaine.
        En revanche dans les circonstances actuelles elle a plus de chance de trouver un écho.

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  1. Fondamental……. ‘ à contrer d’urgence ‘… https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/cette-petition-contre-la-loi-yadan-depasse-largement-un-premier-seuil-symbolique_262267.html

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