Le grand oral : épreuve de parole ou mise en scène  ? par CDA

Illustration par ChatGPT

Le grand oral : épreuve de parole ou mise en scène ?

Initialement, cette expression évoque l’ultime épreuve de ce qu’autrefois on appelait « l’ENA » ; maintenant, c’est l’épreuve où le bac se joue. Schématiquement, l’exercice initial relevait d’une forme très spécifique d’entretien d’embauche, puisqu’il cloturait un recrutement pour la fonction publique et ne visait donc pas l’intégration du candidat dans une équipe entrepreneuriale. La différence n’est pas mince, puisque le fonctionnaire, dans la conception hégélienne, est un « serviteur de l’universel » qui doit son éthos à sa « fonction » et non à sa personne. Cette mise au service de l’intérêt général est le contraire de la servitude : cet effacement de soi est une élévation (relève de ses petites particularités et autres scories et scrupules). Aussi, l’épreuve est un rite de passage et une métamorphose symbolique pour qui passe le cap : Pierre Bourdieu aurait bien pu noter la confirmation de sa théorie de la distinction dans l’oral de l’École des hautes études en sciences sociales (« dites-moi où vous avez passé vos vacances, je vous dirai si vous avez les qualités requises ») ; ici, l’entretien de personnalité vise à repérer la noblesse d’État. N’y a-t-il qu’homonymie entre ces deux épreuves ? Analysons de plus près l’épreuve nouvelle et sa place dans le nouveau bac (fruit de la réforme du lycée de 2020).

Transformation de la formation

Un premier point remarquable : la première version du nouveau bac a eu lieu pendant la pandémie de COVID-19. Je vois dans ce baptême un symbole éloquent. Ce néo-bac et son épreuve phare, le grand oral, est de nature hybride et intègre la bascule de l’évolution du numérique ambiante. On pourrait l’appeler « le bac 2.0 ».

L’ancienne mouture du bac était conçue sous la forme d’un rite de passage. L’épreuve faisait barrage et intensifiait les efforts pour la préparation au choc traumatique qu’elle représentait. Il y avait un avant et un après, et ceux qu’elle filtrait et laissait derrière s’en trouvaient meurtris. Une fois le bac en poche, on était un adulte, être nouveau qui avait passé la barrière, accédé à un certain niveau. On peut dire que la portée du bac était symbolique et que ce symbole était compris de tous, puisque les parents qui accompagnaient leurs enfants à l’examen le revivaient par procuration à travers eux. L’épreuve de philosophie est d’ailleurs commentée dans les médias, et c’est un des marronniers savoureux de l’année.

Aujourd’hui, le bac commence bien par l’épreuve de philosophie, mais le charme de ce retour rituel des questions réflexives, où l’on se demande bien ce que l’on aurait pu dire, et où l’on aimerait savoir ce qu’ont bien pu écrire nos bambins, a perdu de sa saveur. Le bac lui-même semble un bac « Canada Dry » : c’est plus fade, ce n’est pas la même chose, mais un ersatz qui en a conservé les attributs sans en avoir la substance. Le mot d’ordre, ce n’est pas la coupure, dont le tranchant sépare l’adulte de l’enfance, les qualifiés des recalés, mais la continuité. Non seulement on ne passe plus le bac sans filet (on l’obtient dès avant de le passer du fait du « contrôle continu », c’est-à-dire du comptage préalable des notes eues pendant l’année), mais, en plus, ce filet nous emmaillote complètement : l’enjeu est si faible que même certaines mentions sont garanties d’avance.

Ainsi, le « bac 2.0 » est un bac hybride : il est à la fois « contrôle continu » et « épreuve finale » ; il est « ancien » et « nouveau ». En effet, si l’épreuve de philosophie permet toujours la vaguelette médiatique de la remémoration des souvenirs scolaires (le marronnier est le souvenir désuet du temps passé pour ceux qui se rappellent l’époque bénie où ils allaient commencer la vie adulte : cliché s’il en est), elle est par avance compensée, et surmontée, par le tsunami des conseils pour préparer le grand oral (dont le coefficient est de 10 quand celui de l’épreuve de philosophie est de 8 ; 4 heures à plancher contre 20 minutes pour un sujet appris par cœur et bachoté dans des ouvrages qui les fournissent tout cuits). Le grand oral est d’ailleurs pris dans une constellation d’activités, comme les concours d’éloquence ou le théâtre, dont il apparaît être une variation, bien plutôt qu’il n’est une épreuve académique. Le bac est donc deux choses : d’une part, trois épreuves en fin d’année (la philosophie et chacune des deux spécialités, plus le grand oral) ; d’autre part, l’accumulation de bonnes notes (inflation oblige, du fait de la « banque centrale Parcoursup » et de sa baisse des taux directeurs) en cours d’année. Ainsi, l’ancienne semaine d’examen est bornée par la philosophie au départ (avec son goût désuet de l’ancien temps) et, avec le grand oral à l’arrivée (qui rappelle que tout cela n’est qu’un jeu, que c’est du théâtre et que la pièce est écrite, voire jouée, d’avance).

Mais, si le « bac 2.0 » est un bac « hybride », c’est aussi, surtout, au sens que l’on a découvert à ce terme pendant la crise sanitaire du COVID-19. On appelle « hybride » le type de cours qui était fait en classe, avec la moitié de l’effectif dans la salle et l’autre moitié à distance. Il me semble que le « nouveau bac » est la réalisation du fait que les élèves qui viennent à l’école sont, pour une part, « ailleurs », « dans les nuages » (c’est-à-dire le cloud, nom donné au stockage des données éparpillées dans les serveurs, ou big data, comme le sont leurs attentions décousues par la désorientation). Développons.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel avait fait remarquer, dans sa philosophie dialectique, que la négation de la négation n’était pas le retour au point de départ (cela, c’est ce que croit l’analyse, qui suppose qu’on peut annuler le mouvement du déploiement du temps, et que défaire et refaire revient à n’avoir rien fait). Ainsi, revenir en classe, après avoir fait cours en « distanciel » (c’est-à-dire à la maison, derrière des écrans, face à une classe éparpillée en autant de vignettes que d’élèves), ce n’est pas revenir complètement. Le langage en garde la marque : on dit dorénavant que l’on fait cours « en présentiel ». Être en classe avec des élèves n’a plus rien d’évident (cela n’a jamais été immédiat, par ailleurs : qui a déjà peiné à se lever le matin pour se rendre en cours le sait) : le présentiel est un mode de présence parmi d’autres, une variation parmi les types de rapports que l’on peut entretenir avec une classe, il n’est en rien la norme.

La conséquence concrète de cette mutation des rapports avec la classe est double : d’une part, la classe apparaît comme un trombinoscope ou un écran d’ordinateur ; les élèves sont comme un ensemble de vignettes, comme sur le plateau du jeu de société « Qui est-ce ? ». D’autre part, le prof lui-même se voit à distance de lui-même ; il fait partie de ce cadre, et son corps est finalement l’avatar téléguidé depuis l’environnement de travail où il a préparé son cours. Le voilà qui projette à l’écran ce qu’il a préparé chez lui, à la maison, et il s’incruste dans le dispositif pour aider les élèves, dont on a négocié l’attention en les laissant s’engluer dans l’image, à s’orienter. Aussi, même quand toute la classe est là, même quand le prof est présent, la classe est une classe hybride. On est en présentiel, c’est-à-dire dans un certain type de distanciel rapproché. Même en classe, on se parle par écran interposé.

Relation pédagogique e-bridée

En quoi le « bac 2.0 » illustre-t-il cette modalité hybride de la relation pédagogique ? Il y aurait beaucoup de choses à dire : la dimension digitale, en base deux (ça passe ou ça ne passe pas), du type d’évaluation à tous les niveaux préformatée, qui permet de s’adapter en continu aux évolutions ; la dimension « réseaux » du rapport pédagogique, une fois que l’on a fait éclater la forme classe pour rendre optionnelles les matières qui spécialisent les élèves afin de les rendre prêts à l’emploi à leur sortie d’usine (l’école et l’usine sont homogènes : c’est le lieu où l’on pointe). L’horizontalité des relations, qui fait que le prof n’est plus un sachant doté d’asymétrie, mais un animateur, motivateur, quasi coach et répétiteur dans sa classe (la promesse du nouveau bac semble être « un prof particulier collectif pour tout le monde »). Mais le rapprochement n’est jamais aussi visible que pour le grand oral.

Le grand oral est en effet la forme hybride par excellence. Le jury du grand oral n’est plus là pour incarner la distance symbolique entre le sachant et l’apprenant, mais pour reconstituer artificiellement (comme le théâtre avec son quatrième mur, invisible, à travers quoi l’artiste qui monologue peut instiller l’intimité avec le spectateur) les écrans à travers lesquels on « surfe » sur les réseaux sociaux. Le jury est ici constitué sur le modèle de ceux que l’on voit à la télévision (jury des télé-crochets) : il fait partie du spectacle. Quand la Star Academy avait filmé ce genre de vote, il s’agissait d’imiter un jury réel afin de donner l’impression que le téléspectateur était dans la position du sachant. Maintenant, il s’agit d’imiter l’imitation et de mettre le sachant dans la position du téléspectateur. Justifions-nous.

Le jury du grand oral est constitué d’un « spécialiste » et d’un « naïf ». Le spécialiste est un professeur de la matière sur laquelle le candidat passe ; le naïf est un professeur d’une autre discipline, et qui est présupposé ne rien savoir sur ce dont il s’agit. Ce duo est en réalité lié à une division du travail et un partage des tâches : d’un côté, le spécialiste est censé faire attention au « fond » ; de l’autre, le naïf est censé faire attention à « la forme ». Ainsi, la ligne de démarcation entre les deux relève d’un filtre : d’un côté, il faut voir la chose à distance, comme dans le sentiment de déjà-vu, regarder les gestes et écouter la sonorité, mais sans faire attention au sens (niveau du signifiant) ; de l’autre, ne pas faire attention à la personne, mais se plonger dans le fond et viser, au-delà de lui, la réalité dont il parle. Autrement dit, d’un côté, le distanciel de celui qui voit les choses derrière un paravent (une sorte de « voile d’ignorance ») et, de l’autre, le présentiel de celui qui se plonge au cœur des choses, du réel. Ou plutôt, c’est l’inverse : d’un côté, le sachant à distance du présent, juge impartial du réel ; de l’autre, le naïf tout à l’événement qui est en train d’avoir lieu (car enfin, le grand oral, c’est quand même ça : la société du spectacle).

Mais les apparences sont trompeuses : en réalité, les deux jurés sont naïfs, ou plutôt, ils font tout autant partie du spectacle que les malheureux candidats. Si bien qu’on se demande encore à qui l’on joue la comédie, sinon à soi-même (ou à notre ministre, pour lui faire plaisir, comme quand on faisait un spectacle de marionnettes pour Noël pour ses parents étant enfants). En effet, le « spécialiste » de la matière en question se met à écouter des sujets qu’il n’a pas travaillés, qu’il découvre, et sur lesquels le candidat débite des informations glanées avec un ton d’assurance qu’on lui demande. De plus, comment juger de l’apparence, si ce n’est parce que l’apparence rend crédible un contenu qui, de fait, apparaît « intéressant », indépendamment de savoir s’il est vrai ou faux ? Le grand oral, s’il doit donner une « compétence » particulière, est donc bien celle du simulateur : il faut avoir l’air de savoir quelque chose devant des personnes plus ou moins informées, être capable de faire illusion quelques minutes, le temps que doit jouer la comédie en milieu professionnel. Il s’agit bien là d’un théâtre de marionnettes.

Mais le petit plus vient de ce que le format est au plus proche des « contenus » numériques que l’on trouve sur les réseaux sociaux : le ministre réformateur l’avait suggéré, le grand oral permet de valoriser des personnes qui ont d’autres talents que ceux que l’on valorise habituellement à l’école. Ainsi, plutôt qu’aller espionner les élèves sur les réseaux, où ils disent éventuellement du mal de leurs professeurs (ou les professeurs du ministre), il s’agit de mettre le réseau social à l’école (voilà tout le génie de la réforme). Ainsi, l’élève est mis en situation de prendre ouvertement le professeur pour un con et de se faire féliciter par lui pour cela si finalement il ne le fait pas.

Le grand symptôme

S’il fallait analyser plus profondément ce phénomène, il faudrait montrer que, comme pour Phèdre, « notre mal vient de plus loin ». Ce n’est pas qu’un problème de génération, d’ailleurs, ou de confusion des sentiments. Il ne s’agit donc pas de ce jeunisme de ceux qui n’ont pas eu le temps de réaliser les projets qu’on leur a promis pour l’avenir quand ils étaient adolescents et qui se trouvent à devoir transmettre ce qu’ils n’ont finalement pas acquis. C’est plus grave : le problème est celui de la constitution du savoir et de la mise en silo des compétences. Comme à chaque génération (toujours sacrifiée), on attend des jeunes qu’ils résolvent, à la place des anciens, les problèmes qu’ils ont créés et qu’ils n’osent même plus poser pour s’assurer la tranquillité minimale nécessaire au sommeil. En effet, il s’agit ici d’un manque de dialogue entre disciplines.

Le grand oral, on le sait, est une épreuve où le candidat propose deux sujets sur chacune des deux spécialités qu’il a conservées en terminale. Il est d’ailleurs possible que les sujets soient hybridés (encore cette fameuse hybridation), si bien que le soi-disant spécialiste du jury n’est, dans ce cas, pas spécialiste de tout ce qui est dit. Or, le candidat va choisir, notamment dans le cas où il choisit d’hybrider ses spécialités, un sujet qui relève finalement d’une recherche pointue que ni l’un ni l’autre des « spécialistes » ne peuvent vraiment comprendre. Ainsi, par exemple, HLP et mathématiques. On en vient à parler de l’usage des mathématiques dans la musique, ou de l’espace dans l’art. Sujets passionnants, qui rappellent peut-être aux professeurs motivés des désirs de recherche qu’ils ont dû abandonner pour gagner leur vie en tant que professeurs de lycée. Mais même dans ce cas, que peuvent-ils dire, sinon applaudir pour l’audace, tout en dissimulant qu’ils sont contraints de renoncer à appeler « ignorance » ce qui, pourtant, n’est pas du savoir (aussi bien chez eux que chez le candidat) ?

Un autre effet pervers de cette hybridation, qui mélange le faux au vrai (une goutte de vrai dans toute cette dilution donne un petit goût qui n’est pas désagréable) et qui force les professeurs à mettre de l’eau dans leur vin, c’est le débat devenu conflit entre les disciplines. Il faudrait expliquer dans le détail comment chacun tire la couverture à soi et prétend faire mieux que l’autre, ce qui est son cœur de métier, afin d’attirer les élèves dans sa spécialité et de les conserver entre la première et la terminale. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est la manière dont le grand oral reproduit, au carré, ce qu’il était censé dépasser : l’opposition entre les scientifiques et les littéraires.

En effet, initialement, toutes les disciplines sont à la même enseigne. Mais l’ennui, c’est que se reproduit, à un niveau supérieur, l’opposition entre le fond et la forme qui se joue entre les deux membres du jury. En effet, d’un côté, on a les matières où le naïf n’a rien à dire (les matières scientifiques, où, finalement, on ne peut rien dire si l’on ne connaît pas un peu le fond) et, de l’autre, les matières où même le professeur spécialiste est mis en situation de naïveté, et où même les spécialistes d’autres disciplines préfèrent être plutôt que dans leur discipline (par excellence, la HLP). Ainsi, il y a les contenus divertissants et les contenus « chiants » en soi. Ainsi, l’avantage d’être divertissant se paie au prix d’un discrédit : les matières dites « littéraires » (alors qu’il n’y a pas de discussion pour la philosophie ou la HGGSP, par exemple) sont considérées comme des disciplines où l’on « blablate » (dixit un collègue de physique).

*

In fine, le grand oral porte bien son nom. Il s’agit de cette situation d’homonymie qui vaut pour elle-même. Elle est la réplique holographique d’une épreuve qui fascine par le fait qu’elle apparaît tout en montrant qu’elle ne contient rien. Il s’agit ainsi de mettre à égalité deux types de populations qui hantent encore les écoles : les professeurs, censés être marginalisés par les élèves sur les réseaux, où ces derniers sont censés avoir une « vraie vie », et les élèves, à qui il est demandé de donner un sens aux métiers dans lesquels les autres ont échoué.

Donc, rien ne change, et tout le monde reste à sa place : les professeurs issus de la culture analogique sont assis à leur jury comme devant leur télévision ; de l’autre côté, les enfants du numérique se mettent en scène dans leur format court, où ils interagissent avec les influenceurs qu’ils imitent. L’école est décidément le lieu d’un conservatisme paradoxal : l’innovation n’y sert qu’à reconduire les positions.

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