Lettre à Benoît Hamon, par François Fièvre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

M. Hamon,

Je vous écris pour vous demander de vous rallier à la France insoumise (FI) et à la candidature de M. Mélenchon. Je sais ce qui vous oppose, mais je veux m’efforcer ici de montrer la manière dont ces obstacles peuvent être surmontés, ainsi que les bonnes raisons qui pourraient vous pousser à vous associer à la FI.

Surmonter les obstacles

D’abord, les obstacles, avec en premier lieu les obstacles de programme. Je ne connais pas votre programme par cœur, ni d’ailleurs celui de M. Mélenchon, mais il me semble que les principales différences résident :

1/dans le fait que vous proposiez le revenu universel et M. Mélenchon non, et inversement que M. Mélenchon propose la sécurité sociale intégrale et vous non. Soit en fait deux choses parfaitement compatibles sur le papier, mais certes difficilement finançables ensemble. Du coup, dans l’hypothèse d’une alliance (je brûle un peu les étapes, mais c’est pour dire que cet obstacle n’en est pas un), je vous propose d’opter pour la solution de la sécurité sociale à 100% qui est finançable d’après le chiffrage de la FI, et de demander à Mélenchon une fois élu d’organiser un référendum sur la mise en place du revenu universel.

2/ dans votre vision de l’Europe, et surtout dans votre stratégie pour négocier la remise en cause des traités avec l’Union européenne. Vous me pardonnerez mon audace, mais pour le coup c’est vous, me semble-t-il, qui êtes hors-sol ou qui promettez quelque chose que vous ne pourrez pas tenir. Étant donné la manière dont les choses se passent dans les institutions européennes, et la manière dont la Grèce a été traitée il y a maintenant bientôt deux ans, il ne faut pas se leurrer : venir à la table des négociations sans avoir pour levier de chantage le Frexit reviendra à vouloir marchander le prix d’une étagère neuve emballée dans un magasin Ikea sans autre argument que « c’est trop cher pour moi », c’est une perte de temps et d’énergie. La raison pour laquelle Tsipras a abdiqué était certes qu’il ne se sentait pas le pouvoir de faire autrement, mais aussi qu’il n’avait visiblement jamais envisagé sérieusement cette possibilité d’un Grexit. Vouloir un plan B, c’est donc la meilleure manière de faire en sorte que le plan A réussisse. Et même si en dernier ressort ce plan A ne réussissait pas, je vous pose une question : êtes-vous d’accord avec la suite hiérarchique Europe démocratique > démocratie sans Europe > Europe sans démocratie ? Si par hasard vous étiez plutôt pour la hiérarchie Europe démocratique > Europe sans démocratie > démocratie sans Europe, dites-le clairement à vos électeurs potentiels, et je peux vous assurer qu’une bonne partie des Français qui tiennent à leur souveraineté politique, que ce soit au niveau national ou européen, ne votera pas pour vous.

Il existe bien sûr d’autres points sur lesquels votre programme ne s’accorde pas avec celui de Mélenchon, mais ne soyons pas hypocrites : vos deux programmes ne se ressembleraient pas tant, il n’y aurait pas autant d’initiatives autour de vous, dont la mienne, pour que vous alliez vos deux noms pour l’élection présidentielle.

Un obstacle de légitimité, ensuite : vous avez été désigné comme candidat à l’issue d’une primaire du PS et de ses alliés, et ne pouvez bien sûr faire comme si ce vote n’avait pas eu lieu, et tenir les électeurs qui ont voté pour vous pour quantité négligeable. Il n’est sans doute pas besoin de vous rappeler qu’une partie plus ou moins importante des gens qui ont voté pour vous à cette primaire l’ont fait pour dégager Valls plutôt que par adhésion pleine et entière à votre projet. J’ai même eu vent de gens de droite qui sont allés voter Valls pour éviter votre élection, c’est dire à quel point le processus de la primaire est faussé… Mais ce n’est pas là le plus important, sans doute : votre légitimité tient en majeure partie à ce vote, et il est juste que vous respectiez cela. Eh bien c’est très simple : organisez un vote en ligne à destination des « sympathisants de gauche », de la même manière qu’EELV avait organisé un vote en ligne pour ses primaires, pour savoir si vous devez ou non rejoindre les rangs de la FI. Il y en a pour une semaine ou une dizaine de jours pour organiser un tel vote électronique, le premier tour est dans un mois, c’est tout à fait jouable à condition que vous vous y preniez maintenant et non dans deux semaines.

Une seconde partie de votre légitimité en tant que candidat vient d’autre part du fait que vous ayez été reconnu candidat par un certain nombre d’appareils politiques, dont le PS, le PRG et EELV. Même problème, même solution : le vote démocratique des Français, qui doit primer sur les accords d’appareils. Avec néanmoins le cas épineux des accords d’appareils, notamment en ce qui concerne les candidatures aux législatives… c’est un cas épineux sur lequel nous reviendrons ci-dessous.

Quelques bonnes raisons de vous rallier à la FI

– La première bonne raison pour laquelle il faut que vous renonciez à votre candidature est, me semble-t-il, parce que vous tenez à vos idées ou à votre programme. En effet, si d’aventure vous étiez élu, comment mettre en application ce dernier, sinon avec une majorité parlementaire, et comment mettre en place une majorité parlementaire en accord avec vos idées si vous devez composer avec la droite du PS, voire avec les macronistes, comme M. Cambadélis semble vouloir en indiquer la direction ? La question vous a été posée maintes fois, vous avez évité d’y répondre, il serait temps d’y réfléchir si vous ne voulez pas à cause de cela renoncer à la mise en application de votre programme. On sait que le président est tout-puissant dans la Ve République, mais pas à ce point. Vous êtes pieds et poings liés au PS, la débandade vers Macron continue et personne ne siffle la fin de la récréation : comment voulez-vous avoir une politique de long terme dans un cadre pareil ? À l’inverse, la FI s’est dotée d’une charte qui oblige les députés qui la représentent à voter en accord avec son programme, et à en référer à la FI pour tous les points qui seraient en dehors du programme. Bien des élus, notamment PCF, ont pesté contre l’idée de cette bride mise à leur liberté parlementaire, mais en même temps, quoi de plus démocratique que les élus aient à rendre des comptes à leurs électeurs ? Si vous êtes d’accord avec l’avancée démocratique que représenterait cette charte, rejoignez la FI et faites-la signer à vos candidats aux législatives.

– La deuxième raison tient au fait de la remise en cause de la puissance des partis et de la légitimité de leurs accords électoraux. Beaucoup d’électeurs ont peu apprécié vos accords sur un coin de table avec un lot d’élus EELV, et souhaiteraient à bon droit que ce genre de pratiques disparaisse. La FI n’est pas un parti, ni une agrégation de partis comme l’était le Front de gauche, mais un mouvement hors-partis qui se reconnaît dans une volonté commune de changer les règles de la démocratie – qu’elle partage avec le Parti pirate par exemple – ainsi que dans un certain nombre de points politiques forts, avec lesquels il me semble que vous êtes en grande partie d’accord : une France pacifiste, écologiste, et socialiste (au sens premier et historique du terme, vous l’aurez compris, pas au sens solférinien). Dans ce cadre, rejoindre la FI ne signifierait pas refaire un énième accord électoral entre partis, mais faire en sorte qu’EELV, le PS et le PRG contribuent de l’intérieur à ce mouvement, et participent à sa construction, sa pérennisation, son éventuelle inflexion. Le parti pris économique très sage de la FI, opter pour une relance keynésienne et non pour une révolution d’inspiration marxiste, rend d’ailleurs compatible l’alliance entre la FI et les partis qui vous soutiennent. Bien des réformes plus radicales et pourtant tout à fait souhaitables (interdire purement et simplement la spéculation financière, par exemple) n’y sont pas revendiquées, du moins pas dans l’état actuel des choses (il faut parvenir à se faire élire !), ce qui rend possible me semble-t-il une convergence de vues entre vos deux états-majors. Il faut faire en sorte que pour le prochain débat télévisé Jacques Généreux puisse se retrouver aux côtés de Thomas Piketty plutôt qu’en face de lui.

– Il ne s’agit pas de vous soumettre à Jean-Luc Mélenchon, mais de vous soumettre à la FI, ce qui n’est pas exactement la même chose. De ce point de vue, il appartiendrait de savoir si, à la FI, on accepterait votre ralliement, et si oui à quelles conditions. Il est encore une fois possible d’organiser un vote électronique à ce sujet, la plateforme électronique de la FI étant entre autres prévue pour ça. De ce point de vue, on pourrait poser trois questions aux signataires de la FI : 1/ En tant qu’insoumis, acceptez-vous le ralliement de Benoit Hamon à la candidature portée par la France insoumise ? 2/ (si réponse oui à 1/) Souhaitez-vous que le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle soit a. Jean-Luc Mélenchon, b. Benoit Hamon ? 3/ (si réponse a. à 2/, et inversement si réponse b.) Souhaitez-vous que Benoit Hamon soit le Premier ministre de Jean-Luc Mélenchon ? Comprenez-moi bien : je ne me fais pas d’illusions sur l’issue d’un tel vote, et il est donc fort probable que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui sorte candidat d’une telle consultation. Mais en même temps, cela serait la seule manière d’asseoir votre légitimité au sein de la FI pour ensuite y peser, et une manière que JLM ne pourrait pas refuser s’il dit tenir à la démocratie au sein de la FI. Mais encore une fois, il faut faire vite, il ne reste plus qu’un petit mois avant le premier tour.

– Je sais tout à fait que votre maintien n’est pas une question d’égo mais de liens à un corps politique (les électeurs de la primaire) et des partis auxquels vous êtes redevable de votre position de candidat. Mais d’une part cela n’est pas nécessairement un obstacle (voir ci-dessus), et d’autre part ce sont ces liens, et notamment les liens au PS, qui entraveront votre action une fois élu. Et rendront inapplicable votre programme, ce qui désenchantera encore une fois l’électorat vis-à-vis de « la gauche qui ment », et qui participera une fois de plus à la montée du populisme de droite. Contre cela, M. Mélenchon a décidé de se présenter hors partis, de manière à n’être lié à rien d’autre qu’à un programme élaboré de manière collective par la FI. C’est une force qui, une fois élu, lui rendra possible une complète liberté dans l’application du dit programme, mais aussi une faiblesse qui rendra possible une éventuelle gestion autoritaire du pouvoir. Comme le dit Frédéric Lordon, il est possible que Jean-Luc Mélenchon prenne ses aises au sein de la Ve République une fois élu, et si la FI lui fait globalement confiance, il n’est en revanche pas question de lui signer un chèque en blanc. Nous avons donc besoin de vous au sein de la FI pour y peser, parmi d’autres, et faire en sorte que, passée l’élection, la volonté populaire soit bien respectée. Votre voix y sera d’autant plus respectée que vous vous soumettrez non à la volonté de M. Mélenchon, mais à celle de la FI qu’il a en grande partie mise en place. Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas, en ralliant la FI, d’y apporter une voix de défiance systématique ou de « fronde », mais au contraire d’enthousiasme vigilant pour un renouvellement des pratiques démocratiques.

– Vous dites que vous occupez une position plus centrale que M. Mélenchon à gauche, ce qui est sans doute vrai en ce qui concerne stricto sensu l’échiquier politique : vous êtes plus « modéré » et « réformiste », ou en tout cas réputé tel, que votre concurrent actuel de la FI. Mais le problème est que les choses ne se posent plus en ces termes. Les électeurs vont voter en 2017, à gauche, non pour un candidat qui pourrait « rassembler au-delà de son parti » (ce que par ailleurs M. Mélenchon fait très bien aussi à sa manière) et qui occuperait une « position centrale à gauche », mais pour un candidat qui pourra faire émerger une véritable politique alternative. Soit très rapidement : les électeurs ne sont pas tant à la recherche de quelqu’un qui soit capable de faire des compromis pour gouverner que de quelqu’un qui puisse proposer un autre programme que celui de la social-démocratie et de la droite libérale. Vous pourriez peut-être être ce candidat, mais pour le coup, en étant le candidat du PS, vous n’êtes pas du tout le mieux placé.

– Je ne reprendrai pas tous les arguments du « faire gagner la gauche », parce que ça pourrait équivaloir ou recouper celui du vote utile que je ne partage pas, de même que vous et M. Mélenchon. Je suis pour un vote d’adhésion, et c’est paradoxalement pourquoi je vous demande de rejoindre la FI. M. Mélenchon a raison de rappeler qu’une très grande partie des électeurs ne savent pas pour qui ils vont voter : facilitez-leur la tâche, et faites en sorte qu’il n’y ait pas deux bulletins de vote pour des programmes aussi proches. Beaucoup de gens autour de moi ne savent pas encore pour qui ils vont voter entre vous ou M. Mélenchon, faites en sorte de leur éviter ce choix cornélien, qui est décourageant quand on connaît la proximité de vos programmes, et sinon suicidaire du moins extrêmement risqué du point de vue électoral. Certes personne ne sait aujourd’hui qui sera au second tour, mais même sans considérer les sondages, il est évident qu’il vaut mieux vous allier face à la droite et au mirage macronien plutôt que de continuer chacun de votre côté et risquer un partage des voix. Les pourcentages électoraux ne s’additionnent pas, on le sait, et si vous vous alliez à M. Mélenchon cela ne vous assurerait pas d’avoir 12%+12% = 24%. Mais ce coup de théâtre d’une alliance, qui signifierait à la fois l’éclatement du PS (qui n’en finit pas d’agonir ces dernières semaines) et une recomposition des candidatures comme des accords électoraux, que ce soit pour la présidentielle ou pour les législatives qui suivront, pourrait paradoxalement être le coup médiatique qui assure à la gauche une victoire collective.

***

En conclusion, je ne vous demande pas de vous allier sur n’importe quoi, juste pour vous allier, sans considération pour les programmes. C’est pourquoi je vous propose d’endosser l’intégralité du programme de la FI, ce qui certes représente un compromis de votre part, mais qui pourra être équilibré en demandant en échange des compromis de la part de la FI :

1/ lui demander, dans les conditions évoquées ci-dessus, s’il souhaite que ce soit vous ou M. Mélenchon qui soient respectivement président et Premier ministre, ou l’inverse,

2/ demander une remise à plat des accords électoraux des législatives pour l’ensemble des acteurs concernés (PS – ou ce qu’il en reste – , PRG, EELV, PG, PCF, Ensemble…),

3/ demander la tenue d’un référendum, une fois passée l’élection présidentielle, sur la question du revenu universel.

Et je suis sûr que vous pouvez poser d’autres conditions auxquelles je ne pense pas, mais je vous fais confiance pour les trouver, à condition qu’elles respectent la volonté démocratique à l’intérieur comme à l’extérieur de la FI.

J’espère de tout cœur vous avoir convaincu que je soutenais sur le principe votre candidature, mais que si vous ne vous alliez pas à M. Mélenchon, ce sera lui qui aura ma voix, d’une part parce que son programme me semble plus abouti et plus applicable que le vôtre, mais surtout d’autre part parce que la situation politique dans laquelle vous êtes est d’une complexité telle qu’elle me semble incapacitante. Aussi je vous invite, tel Alexandre, à trancher le nœud gordien. Trancher ce nœud signifierait probablement l’éclatement du PS, mais toute chose, même les institutions, a une mort. Essayer de démêler les fils dans lesquels votre candidature est empêtrée est trop long. L’urgence écologique, diplomatique et sociale n’attend pas. Des gens meurent dans la rue, il y a la guerre en Syrie, au Yémen et en Lybie, les températures montent, nous n’attendrons pas que le PS ait fini de se démembrer pour tenter de prendre à bras le corps ces problèmes. Aussi, si vous ne voulez pas que votre « futur désirable » rencontre le même naufrage que le « désir d’avenir » de Ségolène Royal en son temps, je vous en conjure, écoutez les demandes des électeurs plutôt que les conseils vagues et creux des communicants.

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104 réflexions au sujet de « Lettre à Benoît Hamon, par François Fièvre »

  1. Dans le même ordre d’idée, il y a une pétition qui demande une coalition Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot avec 80 000 signatures à cette heure et une autre qui demande le Retrait de Benoit Hamon en faveur de Jean Luc Mélenchon avec 24 000 signatures à cette heure. Pas de quoi fouetter un chat . . .

    Le ralliement demandé ici est une troisième voie.
    Si elle avait lieu ce serait une sorte de révolution de palais au PS et ça remanierait les cartes de la scène politique française, ce serait un coup de théâtre . . . en contradiction avec les prises de position des « frondeurs » jusqu’à ce jour. Mais bon, qui ne tente rien . . .

    De mon point de vue ce serait une excellente nouvelle.

    1. Deux pétitions pour un engagement venant de la base, réglant le problème des egos et garantissant la meilleure chance que la gauche soit présente au second tour…
      c’est une idée qui ne séduit pas. Pourquoi ?
      http://www.pauljorion.com/blog/2017/03/18/presidentielle-faut-que-ca-bouge-mm-melenchon-et-hamon-cessez-doffrir-de-vous-un-portrait-plus-mediocre-que-la-personne-que-vous-etes-par-pierre-yves-dambrine/#comment-607613
      Logiquement, à entendre Hamon ou Mélenchon dire qu’ils veulent mettre en place une démocratie dans le bon ordre, à savoir venant des citoyens, cette idée aurait dû………….. les mettre d’accord avant le premier tour.
      Mais voilà !

  2. Le pivot de l’offre politique France Insoumise, c’est la convocation d’une assemblée constituante totalement indépendante du personnel politique actuel. Le Président élu peut décider cette convocation, avec les pouvoirs que la Vème République lui donne, et sans dépendre du « paysage politique », comme on dit.

    C’est pourquoi, dans cette perspective, les considérations sur les « tickets » annoncés préalablement (Mélenchon président, Hamon premier ministre) sont d’emblée dépassées. Nous devons penser dans un nouveau cadre, qui est celui d’une révolution citoyenne.

    Pour que ceci soit possible, un regroupement des forces de gauche est évidemment indispensable, mais je doute qu’il puisse s’opérer par la seule force des arguments tactiques ou programmatiques, car chaque camp a, pour l’instant, des raisons très bien fondées d’y résister. Il est vain de déplorer le poids supposé des egos, car, à mon avis, les logiques politiques pèsent beaucoup plus. Pour l’instant.

    Il s’agira donc d’un rapport de force : s’il se crée un déséquilibre majeur entre Hamon et Mélenchon dans les intentions de vote, celui qui sera le mieux placé pourra imposer le ralliement à l’autre, car sinon les électeurs se rallieront tous seuls, sans l’avis du chef, et sans doute dans la débâcle des logiques politiques actuelles, qui seront emportées. Le désir de regroupement est extrêmement puissant dans l’électorat de gauche, qui voit bien le risque majeur que court le pays.

    Quel que soit notre favori personnel, nous le savons tous très bien.

      1. C’est ça, et c’est en se préoccupant de la gauche et des 25 % d’électeurs de gauche qu’on va prendre le pouvoir, sauver la France et l’Europe et le monde et l’espèce et la planète.

    1. @ Marc Peltier 26 mars 2017 à 20 h 13 min
      Entre la convocation de la constituante et la fin de ses travaux il se passera un certain temps, 18 mois ou plus. Il n’est pas question de se contenter des affaires courantes pendant ce temps là mais bien d’appliquer le programme et ce dans le cadre de la Ve République . . .

  3. Comme ça même le vainqueur de la primaire en arriverait à ne pas soutenir ce dernier, la haute autorité vas nous faire une syncope 🙂

    1. à Vigneron
      Désolé, Vigneron, mais il est totalement faux, je pense,
      d’écrire que les électeurs de gauche ne représentent que
      25%. Pourriez-vous, pour une fois, ne pas chercher à
      fourvoyer les lecteurs de vos billets ?

      1. Désolé mais si l’on appelle « électeurs de gauche » ceux qui selon les sondages se disent déterminés à être électeurs de Hamon ou Monsieur, ça fait bien aujourd’hui ,et ça fera bien dans moins de quatre semaines, 25%.

  4. « C’est pourquoi, dans cette perspective, les considérations sur les « tickets » annoncés préalablement (Mélenchon président, Hamon premier ministre) sont d’emblée dépassées. Nous devons penser dans un nouveau cadre, qui est celui d’une révolution citoyenne. »

    Vous pensez comme si JLM était déjà élu et en capacité de gouverner avec une majorité. Ce qui n’est pas le cas: c’est une situation à construire, et pour ça on a besoin de toutes les bonnes volontés. Quant au poids des égos, vous m’aurez sans doute mal lu.

  5. S’il n’y avait que la sécurité sociale intégrale qui différencie Mélenchon et Hamon, je serais pour Mélenchon, c’est clairement un pas vers la gratuité. Malheureusement il y a quelques divergences dont ne parle pas cet appel : vision de l’Europe hexagonale, tropisme poutinien.

    Et surtout il y a un problème dans la méthode proposée par François Fièvre qui implique en fait un parti pris pour le statu quo, cet appel complique à souhait ce pourrait qui être une sortie par le haut.
    Le gros écueil ici c’est que dans l’affaire Mélenchon prend tout, et Hamon perd et sa position au PS, et son indépendance.

    La solution ne peut donc être qu’au compromis, gagnant-gagnant, pour les deux parties. Et pour cela pas nécessaire de faire une consultation hasardeuse via internet. C’est à Mélenchon et Hamon et eux seuls, parce qu’ils sont candidats, de faire le travail, de déclarer solennellement qu’ils sont prêts à travailler ensemble, œuvrant alors à une recomposition anticipée de la gauche. Cela suppose aussi le risque de prendre à rebrousse-poils, dans un premier temps, leur électorat respectifs. Mais c’est aussi cela que d’avoir une dimension d’homme d’Etat. Le fait est que bien souvent les partisans sont plus « royalistes » que le roi. Sans cette audace, je le crains, aucune solution n’est viable.

    Mélenchon ne doit donc pas s’accrocher à son programme comme à une planche de salut, idem bien entendu pour Hamon avec le PS. Un accord suppose de vrais compromis, avancées, qui permettraient de poser les bases d’une majorité présidentielle de gauche. Il faut donc le temps de réaliser cet accord oublier et France Insoumise et le PS puisque aujourd’hui comme forces partisanes elles s’excluent mutuellement, ne permettant pas un large rassemblement à gauche. Pour qu’un accord Hamon et Mélenchon puisse fonctionner, il faut que l’accord change la donne et pour France insoumise, et pour le PS sans quoi les problèmes qui existent aujourd’hui se reposeront dans les mêmes termes après les élections. Autant à la faveur ce ce moment important de la vie politique et démocratique française aborder et dépasser les points sur lesquels il y a de graves divergences.
    Avec la méthode proposée, le grave inconvénient c’est que la conception du socialisme propre à Hamon en sortirait affaiblie, diluée qu’elle serait dans l’ensemble mélenchonien des Insoumis.

    L’accord comme avancée commune permettrait ipso facto une clarification pour le PS et romprait le splendide isolement des Insoumis. Cambadelis n’aurait plus d’autre choix alors que trancher, soit en faveur de Macron soit en faveur de Hamon avec en ce dernier cas une clause de non retour des socialistes macroniens au PS ; Cambadélis n’a pas tenu parole sur ce point, ce que rappellent à leur façon les Jeunes socialistes du Finistère http://www.liberation.fr/debats/2017/03/25/soutiens-a-emmanuel-macron-vous-n-etes-plus-socialistes_1558185 )
    Avec cet accord, l’enracinement du courant Hamonien serait garanti, puisque les macroniens auraient quitté le navire, celui-ci pouvant alors reprendre un bon cap, allégé d’une partie de sa cargaison de plomb en fond de cale.
    Bref, aussi bien pour augmenter les chances d’être au second tour, que pour la recomposition de la gauche avant et après les élections, ce type d’accord ne présente que des avantages.

    1. j’ai écorché le nom de l’auteur du billet, François Fièvre, qu’il veuille bien m’excuser. Même si je ne suis pas d’accord sur la méthode, ce billet a le mérite de relancer un débat toujours aussi nécessaire.

    2. M. Dambrine,

      Là où je pense que vous vous trompez, c’est quand vous dites qu’un tel accord pourrait se passer d’un contrôle démocratique. Si JLM veut mettre par terre tout ce qu’il a construit depuis un an, il faut en effet procéder comme ça: les insoumis n’apprécieraient pas du tout de voir leur programme raboté sous prétexte d’un accord électoral, et je ne suis pas sûr que les électeurs de Hamon apprécieraient non plus, ce serait la débandade des deux côtés. Qu’une cuisine soit possible pour les législatives, à la rigueur, mais 1/ sur la base de principes clairs, comme notamment la signature de la charte de la FI, 2/ sur la base également d’une consultation au minimum de la société civile, et pas des seuls partis. C’est en envisageant la démocratie au rabais qu’on la tue à petit feu, ne tombons pas dans ce piège.

      1. « Le gros écueil ici c’est que dans l’affaire Mélenchon prend tout, et Hamon perd et sa position au PS, et son indépendance. »

        Si vous voulez mon avis Hamon a déjà perdu sa position au PS, parce qu’il va perdre et qu’entre Macron et Mélenchon le PS n’y survivra pas, et Hamon sombrera avec le navire. Ou non, s’il parvient à s’en extraire avant. Quant à perdre son indépendance, c’est le but de ce billet de dire que ni lui ni JLM n’est réellement indépendant: les deux sont liés à un ensemble d’institutions politiques qui font qu’ils ne sont pas entièrement libres de faire ce qu’ils veulent. Le but de ce billet est aussi de montrer que ces institutions (la FI d’un côté, la primaire du PS de l’autre), on pourrait aussi leur demander leur avis.

      2. Vous confirmez mes craintes quant au présupposé sous-jacent à votre billet à savoir que le PS doit mourir.
        Je vous concède volontiers le point sur la consultation des insoumis, je n’y vois pas d’inconvénient, le problème que je vois poindre c’est que beaucoup de mélenchoniens sont plus mélenchonistes que Mélenchon lui-même d’où mon anticipation de ce problème avec l’idée que Mélenchon ferait bien d’indiquer la direction qu’il veut prendre, lui. Mélenchon ne peut pas passer éternellement du rôle de leader à celui de celui qui surfe sur la vague des Insoumis.
        En parlant d’indépendance je signifiais une capacité à transmettre de nouvelles idées, avec un programme. Si vous privez Hamon de cette capacité en l’intégrant au mouvement des Insoumis il risque de devenir inaudible. Mieux vaut donc, des Insoumis d’un coté, et le PS hamonien de l’autre, avec à la clé un accord, une plateforme commune, qui permettrait de réunir les deux sensibilités de gauche, ce qui s’avèrerait très difficile dans le cas du ralliement unilatéral.

      3. Je pense que les électeurs de Benoit Hamon seraient ouverts à une négociation. Et je ne sens pas du tout Hamon en position d’échec.
        Il y a un temps pour les blabla et un temps où il faut prendre des risques…. le risque de gagner.
        C’est fini le ronron, faut y aller, à moins que la belle politique enchanteresse des adversaires à droite…..

      4. @ Armelle dit 26 mars 2017 à 23 h 04 min
        Je ne connais pas de sympathisants de B. Hamon , par contre je vais lire de temps en temps la prose de Gérard Filoche sur son blog, c’est assez édifiant quand à l’ouverture à la négociation !

      5. J’ai aussi le sentiment que le PS est mort, au train où ça va. Autrement dit, que la question de l’avenir du PS se posera dès juin aux élections parlementaires. Qui va récupérer les morceaux du PS : Valls ? Aubry ? Hamon n’a pas de mandat pour cela. S’il perd, il perd aussi toute sa légitimité. Hamon pourrait tenter le coup de se lier derrière Melenchon. Il aurait essayé la victoire et aurait plus de légitimité pour un futur du PS… Or il n’y aura aucun congrès avant longtemps.

      6. Etant donné la dynamique actuelle, Mélenchon serait mal avisé d’accepter même un ralliement inconditionel de Hamon. Même Macron veut pas de Valls, Segolène etc qui plombent Hamon. Les électeur de Hamon un peu soucieux de leur choix ont déjà fait le chemin soit vers Macron soit vers Mélenchon. Il ne reste au PS que le vote réflexe de ceux qui votent ce qu’ils ont toujours voté sans même s’interesser à la campagne (en général ce qu’on a toujours voté dans la famille depuis tout petit, croyez le ou non on vote comme on dresse le sapin dans pas mal de familles…).

  6. Tout se passe comme si l’auteur croyait encore au poids politique du candidat du P.S. après 5 années de gouvernance calamiteuse à laquelle, faut-il encore le préciser, il a participé en tant que ministre puis en tant que député…

    Tout se passe également comme si l’auteur croyait qu’il ne manque à Melenchon « que » le renfort de l’électorat P.S. pour se faire élire, alors même que cette alliance hypothétique le portera vraisemblablement tout juste au deuxième tour.

    Tout se passe enfin comme si, bien au delà du seul auteur, l’ensemble des électeurs croyaient encore en la probité des candidats, alors même qu’au minimum plusieurs décennies d’histoire récente foisonnent d’exemples du contraire.

    Et presque au même moment sur le même blog mais dans un autre billet, on nous parle de lucidité… C’est pas gagné apparemment.

    1. Si nous arrivons à des accords, improbables, au niveau syndical je ne vois pas pourquoi nous n’y arriverions pas au niveau politique !

      « …comme si Melenchon n’attendait « que » le renfort de l’électorat P.S. pour se faire élire…. »

      Ouh Ouh ! Alors là ! Où sont tous les cœurs à gauche : tous chez Mélenchon ? Comme vous y allez !

      1. @Armelle

        Une bonne proportion des accords inter-syndicaux se faisant au détriment des salariés, c’est bien l’exemple parfait… A ne surtout pas suivre.

        P.S. Quand vous citez quelqu’un, citez la phrase précise plutôt qu’une reformulation, ça vous évitera probablement quelques contresens.

  7. C’est un peu casino ce soir : Faites vos jeux rien ne va plus.
    Apparemment ce serait soit le mariage : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7e/Seven_Sacraments_-_Marriage_II_%281647-1648%29_Nicolas_Poussin.jpg
    soit l’extrême onction :
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/ca/Nicolas_Poussin_-_Les_Sept_Sacrements_II-_L%27Extrême-Onction.jpg/1024px-Nicolas_Poussin_-_Les_Sept_Sacrements_II-_L%27Extrême-Onction.jpg

    Merci Poussin…

    Et si derrière ce théâtre des sacrements se jouait en coulisses un autre enjeu, non dit, redoutable et redouté du genre les révoltés de Bounty, en vu de la recomposition et de la reprise du navire pour l’acte suivant, la reconquête du bateau dans la perspective de services à venir soit pour conforter un socle présidentiel, soit pour construire une autre histoire ?
    Rendant du coup nos discussions décalées. (?)

  8. Oui, les programmes de Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon, sont suffisamment proches pour que ce ne soit pas un obstacle à un accord entre eux. Les différences étaient bien plus grandes entre les forces politiques du Front Populaire ou entre celles du Programme Commun. Le problème est ailleurs : dans la stratégie d’Union de la Gauche, ou plutôt son abandon et le sectarisme qui l’accompagne. On peut donc légitimement vouloir sanctionner les responsables de cette stratégie suicidaire pour la gauche.

    Jean-Luc Mélenchon a, en effet, choisi d’en finir avec la stratégie d’union de la gauche, mais il espère que les principales forces de gauche se rallient à lui. Sa stratégie pour les élections législatives est du même acabit -voire pire- pour l’union de la gauche (ou les autres composantes de la gauche).

    Il est tout aussi raide sur le contenu de son programme économique. A ma connaissance il n’a pas spécialement cherché à analyser pourquoi après la prise de pouvoir par la gauche en 1981, il n’y a pas eu une telle embellie économique que tout le monde se soit mis à voter à gauche (ce dernier reproche s’adresse à toutes les composantes de la gauche).

    Accessoirement les orientations sur l’énergie ne tiennent pas compte du niveau des technologies disponibles ou qu’on peut espérer développer (ce dernier reproche s’adresse évidemment à tous les politiciens auto-proclamés écologistes).

    1. Toutes ces analyses sur la politique politicienne et les rapports de force entre partis politiques de l’ancien monde montrent qu’il n’y en pas beaucoup qui ont réellement écouté ce que dit le mouvement France Insoumise (à croire que le nom lui même n’est pas assez explicite) et ce que porte le projet l’Avenir en Commun.
      Les mots du français sont pourtant assez clair et la langue pas moins.
      Réduire la chose à des accords d’appareils pour le politique et à un programme rigide (pour ne par dire dogmatique?) c’est ne pas avoir compris même ce que le taulier dit dans  » La Survie de l’Espèce » et dans « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ».
      Qu’on puisse ne pas aimer le bonhomme, soit, moi j’aime bien les grandes gueules qui y vont, mais discuter de la gueule du messager en faisant fi de tout ce qui est derrière c’est perdre de vue l’essentiel: la Révolution (citoyenne) ou la Révolution (armée).
      C’est vrai qu’une troisième voie est possible, d’autant plus que les deux précédentes ne sont absolument pas garantie, cette troisième est celle de Jorion : le dernier qui saute dans le trou à merde n’oublie pas de tirer la chasse (en sautant).
      Sauf votre respect…

      1. Sauf votre respect, qui aime vraiment les grandes gueules doit préférer les vrais (Schoettl) et se gausser des fausses (Monsieur).

  9. Comme je l’ai déjà exprimé ici, je me sens plus proche des thèses défendues par Mélenchon que de celles soutenues par Hamon. Aussi, le contenu de ce billet n’est pas pour me déplaire.
    Mais, simplement, il est trop tôt.
    Quelque chose est en train de se dérouler sous nos yeux. La dynamique qui entoure la campagne de l’un, les trahisons qui grèvent celle de l’autre…
    Je crois qu’il faudra encore environ une semaine pour que le candidat de la belle alliance constate que rien ne pourra empêcher l’appareil de son propre parti de jouer contre lui (comme il l’a jadis fait avec Rocard). Une semaine à voir les défections s’amplifier, les chausses-trappes se multiplier. Une semaine durant laquelle j’espère que Mélenchon saura réfréner son ego…
    Alors tout deviendra possible.

  10. On résume : le PS n’est pas récupérable selon Monsieur qui souhaiterait donc que Hamon abandonne le PS à son triste sort et le rejoigne en lui apportant sa dette de quelques dix millions de roros de dépenses de campagnes déjà engagées et désormais non remboursables. C’est magnanime, c’est grand, c’est généreux, la Banque Centrale des Insoumis paiera.

  11. C’est bien à la gauche de se réapproprier la question de la nation et de la souveraineté, sans quoi, c’est continuer à laisser le nationalisme se développer du côté de la droite extrême.

    1. Si on comprend bien, pour contrer l’extrême droite, il suffirait à la gauche d’en revêtir les atours ? Tout ceci semble merveilleusement progressiste, où comment l’internationalisme se fait amputer de son seul élément digne d’intérêt : son préfixe.

      1. il me semble évident qu’il y a une place pour un pouvoir local/communal/de la ville, un pouvoir régional, un pouvoir national, un pouvoir continental/de bloc, un pouvoir mondial, chacun avec ses pouvoirs et prérogatives, et des articulations prévues entre tous les étages.

        Et il est tout aussi clair que cet arrangement sera toujours mouvant et fluide et en constante modification pour s’adapter aux modifications du monde.

        Il n’y a pas de « bonne » solution évidente, il n’y a que la négociation (et étant belge, je dis cela en connaissance de cause).

        Bref, ce n’est pas parce qu’on est internationaliste qu’on est pas nationaliste (même si cette phrase peut sembler stupide): il ne faut pas choisir. Il faut juste s’atteler à *bosser* à une articulation politique qui fonctionne au service (du bonheur) des citoyens de la zone considérée. Il n’y a pas de solution toute faite « évidente » qu’on peut coucher en dix pages.

        Cela étant dit, je serai le premier à dire que l’arrangement politique actuel au niveau européen est archi-nul, ne fonctionne pas, et a besoin d’être réformé de toute urgence, par une négociation (dure sans doute) entre les différents pays.

      2. @Mathieu Van Vyve :

        Cette articulation était bien la tentative sur laquelle les Anarchistes se sont cassé les dents :

        http://www.pauljorion.com/blog/2012/10/16/les-forces-collectives-proudhoniennes-un-complement-a-misere-de-la-pensee-economique-par-jacques-langlois/#comment-371430

        Il n’empêche , c’est le bon chantier : pour que tous les étages se portent bien ou mieux , il n’y a pas d’autre issue que de rendre l’ensemble de la fusée partenaire de chacun d’eux et non pas ennemie ( et réciproquement ).

        Ce qui n’est pas l’inclination naturelle . Il est sans doute sage d’avoir à la fois la disposition d’un frein et d’un accélérateur dans les relations avec la bête . Mais le but à atteindre est clairement l’harmonie des rouages dans le contexte du soliton qu’il faut démonter . Et le soliton est mondial .

      3. Bref, ce n’est pas parce qu’on est internationaliste qu’on est pas nationaliste (même si cette phrase peut sembler stupide): il ne faut pas choisir.

        Ben si il faut choisir. Si nationalisme signifie Nation avant tout, et c’est bel et bien le sens du nationalisme, alors nul ne peut être et nationaliste et européen, démontré par l’irréfutable reductio ad LePenum dit aussi reductio ad Mélenchonum (ou ad Panem Furti).

      4. Julien : c’est qui ou c’est quoi ce « on » qui commence l’Europe pour s’occuper finalement du monde ? Ce « on » n’est-il pas déjà à l’œuvre depuis 60 ans ? Qu’est-ce qui marche ou ne marche pas ?

      5. Le « on » européen peut se nommer étudiants Erasmus, ou expats (pas vrai Germanicus, Dup ou… Jorion ?), ou travailleurs détachés (juste ceux qui trempent que des biscottes ou des brioches dans leur café matutinal, ou mieux, rien avec leur camembert normand AOC, bien sûr). Le « on » mondial pourrait s’appeler, euh… voyons voir… ah ouais, allez, j’me jette à l’eau, Aylan ?

      6. Le « on » c’est donc les citoyens : comment se rencontrent-ils dans un projet commun ? Comment, sur quelle matière, les citoyens européens dispersés, qui d’ailleurs pour certains ne se perçoivent peut-être pas comme citoyens, peuvent-ils se réunir pour travailler par une même communauté ? Comment les citoyens forment-ils une unité de pensée, de discussion et d’action ?

      7. PSDJ :

        La panoplie des comment alimente les livres d’histoire et continuera sans doute , mais je crois de plus en plus que le pourquoi se réduit à l’épée dans les reins de la nécessité , pour survivre , et que c’est ce pourquoi là qui éclairera la hiérarchie et les « inter » des institutions efficientes .

        La commune y survivra ou pas.
        La nation y survivra ou pas .
        L’Europe y survivra ou pas .
        Le mode occidental y survivra ou pas.
        Le monde asiatique y survivra ou pas .
        L’empire russe a déjà des ennuis.
        L’Afrique est en partage et sous menace .
        L’espèce humaine , comme l’Afrique où elle est née , est sous menace et en partage .

      8. Cher Juannessy,
        « La panoplie des comment alimente les livres d’histoire et continuera sans doute, mais je crois de plus en plus que le pourquoi se réduit à l’épée dans les reins de la nécessité, pour survivre, et que c’est ce pourquoi là qui éclairera la hiérarchie et les « inter » des institutions efficientes. »

        Nous sommes au coeur de la question. Quelle histoire vivons-nous de ce que nous en écrivons ? Quelles nécessités font le fil de notre histoire : individuelle, locale, nationale, universelle ? Que nous faut-il nommer pour faire et pour écrire notre histoire ? Comment partageons-nous nos pourquoi et pourquoi mettons-nous des comment en commun ? Pour penser ces questions dans la réalité transformable, pouvons-nous nous passer de la nation, des nations et de l’internationalité ?

        Allons plus loin. En lisant des historiographies de l’Allemagne, je réalise que l’Allemagne ne s’est jamais pensée en nation comme la France progressivement à partir du XVème siècle. Du coup les élites allemandes n’ont jamais été confrontées à un vis-à-vis de leur culture qui soit le peuple allemand ; un peuple comme le peuple français qui a fait irruption sur la scène politique à partir de la Révolution. Bismarck a fait l’unité allemande par la guerre nationaliste contre les non Allemands.

        La nationalité allemande s’est construite par négation des autres faute d’une matière nationale suffisamment consistante pour former le national à partir d’une existence nationale intrinsèque. Aujourd’hui encore, ce qui fait l’unité de l’Allemagne, c’est d’accumuler des créances sur les périphéries européennes pour de fait dissoudre les solidarités nationales et internationales sur le continent européen. L’Europe allemande est un agglomérat d’individus mais pas une nation, ni une société nationale, ni une société de nations, ni une internationalité politique. Le ciment de l’Allemagne n’est pas la nation mais l’idéologie, actuellement l’ordo-libéralisme.

        Les élites françaises libérales ont une très longue pratique de l’instrumentalisation de l’idéologisme allemand contre l’existence du peuple français formée dans la nation. L’existence nationale des Français a été idéologisée en nationalisme pour être combattue de l’extérieur avec la complicité du libéralisme nationaliste allemand. Qu’est-ce que l’euro actuel émis par une BCE indépendante : un titre de créance oligarchique sur la valeur du grand marché unifié des consommateurs continentaux. Le prix de ce que les Européens s’échangent est indépendant de ce qui peut les rendre solidaires dans leur existence et leur histoire.

      9. Bismarck a fait l’unité allemande par la guerre nationaliste contre les non Allemands.

        Misère… Et Napoléon, comment il a fait Napoléon ? Et les révolutionnaires de 92 s’embarquant dans le messianisme militaire, universaliste mais bel et bien français d’abord, c’était tellement différent ?

      10. Le nationalisme, c’est la paix. C’est la coopération entre des peuples ou des pays qui se respectent. Les frontières marquent une ouverture: au-delà git l’inconnu, l’Autre excitant à connaître et embrasser.
        Pour cela, il faut établir la libre circulation des personnes sans condition. Par exemple, nous avons tout ce qu’il faut pour accueillir 2 millions de migrants volontaires pour se reconstruire une vie et un foyer.

        Ne pas confondre avec patriotisme, toujours dévoyé.

        [ D’une certaine façon, au Moyen Orient, le maître chanteur sans talent d’Ankara va bien nous obliger à ouvrir les frontières: il tient en attente 3 millions de migrants…]

      11. @PSDJ :

        Quelque soient leurs héritages , la France et l’Allemagne ne pourront assurer leur destin qu’ensemble dans le monde comme il va . Via l’Europe ou via autre chose , mais aucun des deux ….pays ne s’en sortira sans l’autre .

        La contrainte qui sera l’ardente obligation naîtra peut être des trois composantes du soliton , ou de l’abandon de l’Europe par Trump , ou de la gravité des troubles internationaux .

        Pardon si je finis de vous désespérer : selon moi ( et Tolstoï puisqu’on vient de re-citer Guerre et Paix) on n’écrit pas l’Histoire avant qu’elle ne se déroule , mais juste après . Ce qui , paradoxalement , ne veut pas dire que ce soit les actes » à la Trump  » qui l’a fait , car les évolutions de l’Histoire sont lentes ou « en bifurcation » . Elles sont toujours le résultat d’une foultitude d’événements , d’histoires , de créations apparemment sans lien , connues ou pas .

        « Les vieux fous sont plus fous que les autres fous »
        Mais ne croyez pas que j’en juge pour autant vos travaux comme inutiles . Ils fouillent de bons sillons et indiquent déjà où sont les sillons accessibles à notre compréhension . Tout ça pour n’en rien faire ?, penserez vous .
        Si . Les faire connaître, mais ne pas en faire une nouvelle table des Lois .
        Car la vérité n’est pas que dans la Loi .

        Elle est aussi , entre autres, dans le Choix , jamais certain , qui doit être fait , qui nous fait citoyen ,qui nous fait homme. Au risque de se tromper et de corriger si on est toujours là au coup d’après . C’est l’apanage de la démocratie que de laisser ouvert à tous le champ des « certitudes  » sans que le choix majoritaire ne soit une certitude encensée pour l’éternité .
        Perdre cette promesse d’être reconnu comme sujet pour être réduit au rang d’objet , serait la vraie tragédie immédiate . Je crois que les allemands , comme les français ont ce trésor en commun , avec quelques autres .C’est par celles et ceux qui reconnaitront que la démocratie prévaut sur le marché ,que les meilleures interdépendance seront constituées .

        Qu’est ce que je me sens vieux ce soir . Et bizarrement plus adolescent que vous .

        Bonne nuit !

      12. Julien nous dit plus haut :

        « Une planète, une communauté humaine, une communauté de destin. »

        C’est dingue comme les évidences on fini par ne plus les voir. En fait, il n’y a que cette réalité, elle seule. Cela devrait être un crédo, une catéchèse, une devise, une hymne, un mantra, une obsession pour chacun !

        Car, tout découle de là, toute solution est là, le reste sont des fariboles, et tant que nous avons sur Terre les énergies primaires naturelles pour le faire, il est URGENT d’être mondialiste et internationaliste. Tous les autres qui nous amène au repli, nous prépare la guerre. Une guerre qui, on n’en doute pas une seconde, fera passer les précédentes pour de gentilles sauteries viriles…

        Il y a longtemps que tout est là, dans cette phrase plus haut. Et tous les voyants virent au rouge ou au brun. Pourra- t-on gérer la décroissance nécessaire et maintenir une relative démocratie dans un cadre de paix planétaire ? J’avoue que je doute. Peut-être internet en nous mettant tous en réseau, en relation… Mais c’est pas gagné !

      13. Cher JA, que de chemin à parcourir avant de vous poser deux/trois questions (parce que pour l’instant, c’est le poulet sans tête qui pédale : nation = nationalisme, c’est pas deux neurones qui clignotent là. Nation = hypothèse où hypothèque sur le sujet du politique?). Car « qui est le sujet du politique?, ou plutôt « qui peut l’être »? N’importe qui? N’importe quoi? Tout un chacun? Une collection? Un agrégat? Un collectif? Quel lien, quel ciment? La raison ou l’affect? L’horizon technocratique ou le sens partagé? Dans quelle acceptation? La finitude ou l’infini abstrait? Je vous trouve la conscience bien tranquille eut égard à tout ça.

  12. Sarton, googuéliser et lire si pas déjà fait La France se sauve elle-même, Maurras, (p 8) : 2 aout 1914, La vie et la mort de M. Jean Jaurès.

    1. Té, tout mâché/copié/collé.
      http://maurras.net/textes/224.html

      (…)À La Cocarde de Barrés, j’ai connu, il y a vingt ans, de ces socialistes d’abord français, particulièrement communs en Lorraine, et non sans de fortes raisons.

      Raisons fortes qui pouvaient se réduire à une seule : la possibilité de la guerre. Mais ces raisons perdaient leur force, elles tombaient à plat si la guerre était impossible, si les progrès de la science, si le tribunal de La Haye, qui devait être établi en 1900, si l’unification socialiste qui devait se réaliser en 1904 nous assuraient une ère de paix européenne et planétaire. Sous une influence métaphysique « trop allemande », M. Jean Jaurès et ses amis embrassèrent cette hypothèse pacifiste. Ils adoptèrent tout ce que l’autre excluait : le parlementarisme, le jeu des partis, le gouvernement sans chef personnel et sans durée ni tradition. Marcel Sembat l’a dit de la façon la plus explicite : les actes républicains et démocratiques des Français ont toujours sous-entendu qu’ils n’envisageaient pas l’hypothèse guerrière ; devant un avenir guerrier, il eût fallu s’unir au lieu de se quereller et donner à l’union pour vivant emblème, le Roi. M. Jaurès et ses amis se montraient donc fidèles à la tradition républicaine ; à peine s’ils se distinguèrent, en en prenant une conscience absolue, en jouant tout, absolument tout, sur cette carte de la paix future, sur l’absurdité qu’ils prêtaient un peu gratuitement à nos retours au moyen âge,comme disaient, il y a quinze ans, ceux qui nous traitaient d’esprits attardés et visionnaires du passé.

      Visionnaires, nous ! C’était eux qui nous le disaient ! Et, comme, au contraire, la nécessité d’être forts, en tant que nation, s’imposait de plus en plus à nos esprits ou plutôt à nos yeux et à tous nos sens, par son évidence grossière, nous recherchions avec une anxiété profonde les conditions et les moyens de la force de la patrie. Cette recherche nous avait aiguillés tout droit à la nécessité de l’action royaliste. On lit dans une page de l’introduction à l’Enquête sur la monarchie :

      Cela est très sensé, me disait un socialiste à qui je communiquais nos premiers travaux, seulement vous raisonnez comme s’il ne devait pas se produire de transformations…

      Eux, raisonnaient comme si les transformations devaient se produire dans le sens de la pacification graduelle, caractérisée par un état de consommation pure.

      Évolutionnistes de formation, concevant l’avenir suivant un développement unilinéaire, à la manière de M. Léon Bourgeois, ce fut pour eux un simple jeu d’écriture ou de langage que de prouver par a plus b de combien de façons nous marchions, nous courions au régime de la société des nations, les idées nationales, les faits nationaux devant se décomposer avant même qu’une génération d’hommes eût vécu ! (…)

    2. « Le « on » c’est donc les citoyens : comment se rencontrent-ils dans un projet commun ? »

      « Pour un « New Deal » européen, il propose que la Banque européenne d’investissement émette des obligations destinées à soutenir la croissance. Elles pourraient financer des technologies vertes et garantir l’emploi dans les régions européennes en difficulté, réduisant ainsi les migrations inter-européennes qui ont contribué au choix des Britanniques de sortir de l’UE. « Diem 25 n’est pas simplement un mouvement de gauche. Il essaie de réaliser ce que les démocrates européens auraient dû faire en 1930, après le crash de Wall Street (en 1929, ndlr) et juste avant que l’Europe ne sombre dans un précipice », a ajouté M. Varoufakis. »

      https://www.lorientlejour.com/article/1042764/pour-varoufakis-leurope-se-desintegre-et-il-ny-a-rien-a-celebrer.html

    1. Espérons que des tractations auront lieu aussi entre France et Allemagne pour se concrétiser avant la fin 2017 pour nous épargner d’être les cocus immédiats de la pièce mondiale qui se joue à deux , aux côtés des européens , des Russes , des Africains et de l’Amérique du sud .

    2. « Voilà, c’est la débandade; »

      Non, c’est l’heure de la tisane dixit JLM…
      À défaut de s’entendre sur leurs programmes et d’accorder leurs zégos, soit bien évidemment mission impossible, la proposition du jour est très constructive : une petite tisane amicale . Yep, Yep…va chercher bonheur. Pendant ce temps, les éléphants continuent leur migration certaine et bien amorcée déjà, depuis quelques semaines, avec notamment JY Le Drian. Tout le monde n’a pas l’âme et l’intégrité d’un M. Rocard, faut pas trop en demander. Sans parler de la droite et des malheurs de FIFI, qui n’a pas besoin, visiblement, qu’on leur donne des cours, non plus, pour se tirer des balles dans le pied, et glou, et glou, et glou… : le pif enfariné, les mimines pleines de confiture avariée, mais l’ego fat et satisfait.
      Hop là, c’est la fête alouette ! Fifi aussi, va avoir besoin de pas mal de camomilles. Ainsi va la vie.

      « Calme toi, prends une tisane »: la charge mélenchoniste contre Benoît Hamon http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/calme-toi-prends-une-tisane-la-charge-melenchoniste-contre-benoit-hamon_1893055.html

    1. Hamon n’est pas seulement trahi et encagé par l’appareil de son parti, il est aussi tout à fait encagé dans sa pure croyance en faveur des institutions européennes. Comme un Tsipras du mois de juin qui n’aurait jamais été du mois de janvier.
      La lettre de François Fièvre est la meilleure à ce jour que j’ai lue en faveur de ces appels désespérés à une coalition Hamon-FI, mais Hamon selon toute vraisemblance pas accès au sens clinique minimal nécessaire pour reconnaître l’agonie de son parti – bien plus avancée que celle du capitalisme 🙂 . Pauvre Hamon!

      En attendant, Lordon comme toujours, c’est du gâteau, et de l’électricité!

      1. Au vu de la densité et de la fortitude des analystes éclairés du paysage politique français outre-Quiévrain, je me demande vraiment pourquoi on n’a pas encore refilé la Guyane aux Flamingants contre leur misérable province wallonne.

      2. @ vigneron:
        Tout et son contraire.
        Exemple: Jouer de la Guyane contre la Wallonie: nationalisme primaire.
        A moins de jouer sur les paradoxes, improbables parce que faciles. Avec la facilité vient la légèreté… du vide.
        Bref, le schmilblick a reculé. Pas la peine de se frapper pour si peu. On voit, on calcule le bon mot ou le paradoxe, on joue et on perd, parfois. Et plus encore, qui voudrait d’un schmilblick réduit à un cul de plomb ?

        Mon avancé du schmilblick sur le sujet:
        Hamon, comme Fillon, est torpillé, coulé en toute certitude.
        Mélenchon a un espoir, faible mais pas impossible de figurer au second tour.
        Si Hamon ne se rallie pas à Mélenchon, c’est qu’il préfère un Président de droite probable à un autre de Gauche possible, en plus d’exploser le Parti dit socialiste.
        Pourvu que le bon sens, aussi bien que le réflexe de survie d’une Gauche sans cela moribonde, l’empoigne et s’impose par delà les égos.

      3. Daniel,
        Hamon et Mélenchon ont préféré ne rien négocier, ne rien construire ensemble, les torts seront donc partagés si aucun des deux ne parvient au second tour, et idem dans la situation où l’un se rallie à l’autre avec armes et bagages en rase campagne et perd dès le premier tour.
        L’addition des voix de Mélenchon et de celles d’Hamon ne peuvent faire sens que si l’une des deux parties n’est pas amputée, en tant que chacune des parties représente une sensibilité à part entière au sein de la gauche dans son ensemble. On n’unifie pas des forces en faisant de celui auquel on demande de se rallier une prise de guerre à la suite de laquelle les troupes doivent suivre comme un seul homme. Il n’y peut y avoir d’accord qu’entre des hommes libres.

      4. Guy,
        Pourquoi Varoufakis n’a t’il pas choisi de soutenir Mélenchon?
        Podemos a t’il vraiment changé la politique espagnole?
        Mélenchon a certes un grand savoir faire oratoire et une réelle intelligence, mais ses rpopositions sur l’Europe ne déssinent pas un chemin plus concret et effecicace pour autant pour une transformation de l’Europe par rapport au projet Hamon.
        Les seules expériences à Gauche qui semblent fonctionner aujourd’hui en Europe continentale ou périphérique sont celles du Portugal et de l’Islande. Et elles ne sont pas du tout dans le profil du projet de la FI.
        La tentative de sursaut du Traité démocratique de Piketty-Hamon me semble plus réaliste et préférable car elle ne repart pas à zéro , instaure une réciprocité et s’inscrit aussi dans un passé récent en Allemagne (proposition de Joshka Fisher début 2000) ? (http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/24/thomas-piketty-aux-citoyens-de-reprendre-le-controle-de-l-europe_1558192).

      5. Arnaud,

        Je n’avais pas lu votre commentaire avant aujourd’hui.

        Varoufakis pour moi n’est pas crédible et stérilise les énergies qu’il peut rassembler. Il n’a livré aucune autocritique, aucun ‘debriefing’ sérieux de son passage au ministère des finances grec. Par chance pour sa surface médiatique, il a quitté le gouvernement quelques jours avant ce que j’appelle la trahison de Tsipras. Mais il n’avait mis au point, en six mois, ni tenté de mettre au point, aucun « plan B » de construction d’un rapport de force contre la Troïka, ni aucun plan raisonnable de sortie de l’euro ou d’instauration d’une monnaie parallèle permettant de favoriser des échanges productifs intra-nationaux pour échapper aux ukases, ou plutôt aux fatwas, de la Commission européenne, de l’eurogroupe de Dijsselbloem ou de la BCE. Varoufakis en outre n’a fait aucune autocritique de sa prise en compte de l’eurogroupe en termes académiques et/ou théoriques ou pseudo-théoriques (souvenez-vous qu’il accordait à Schaüble un certificat de bon niveau intellectuel, que les autres ne méritaient pas), alors que l’eurogroupe était et reste un groupe de pouvoir abonné aux rapports de forces brutaux et à la violence sociale. Varoufakis, qui a une image médiatique assez rock and roll tout en gagnant sa vie comme universitaire et se dit marxiste à sa façon, a pris l’eurogroupe pour un club de discussions rationnelles, où son intervention s’est fracassée sur la violence de rapports de force tout à fait nus. Qu’a-t-il donc compris de Marx pour qui tout est rapport de forces dans le monde capitaliste?
        Avec ça, je n’ai pas vu qu’il en tirait une leçon quelle qu’elle soit!

        Un dernier mot pour situer Varoufakis où je le situe, c’est son petit bouquin publié au début de son ministère, ou un peu avant, qui se la jouait tranquille avec le titre « Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro », resté à raison un pur objet de librairie, et dont le propos était en résumé de régler le cas grec par des mesures de plomberie acrobatiques et hors sol des règles euro-unionesques, qui ne toucheraient en rien aux traités supposés par hypothèse intouchables. Ici au contraire, le programme très construit de Mélenchon et Jacques Généreux est en soi une critique féroce de cette « modeste proposition », et à mon sens une approche raisonnable et positive des misères de l’Union.

        Pour la suite votre question, avec Hamon et Piketty nous sommes dans les mêmes eaux du « je ne toucherai à rien d’essentiel », où il faut ranger aussi, malheureusement, le très convaincu et sympathique Pierre Larrouturou qui veut de même régler la question du chômage en recyclant les budgets déjà existants des aides sociales, autrement dit, sans toucher à rien de la dynamique mondialisée de prédation financière.

        Or si le blog de Paul Jorion nous a appris une chose et une seule, c’est bien cette prédation de la finance, et l’assèchement de l’économie-que-nous-devons-désormais-appeler-« réelle » (ce qui est un comble!) qu’elle opère: il s’ensuit que rien de significatif ne sera fait dans cette configuration mortelle sans attaquer la finance et viser à construire un rapport de force contre elle. Ici, Hamon et Piketty projettent d’intervenir au pistolet à bouchon.

        Et le supposé, ou soi-disant, ou prouvé, mauvais caractère de Mélenchon est un argument, sur ce terrain, d’une évidente et insigne broutille autant que de bêtise non-politique, dont certains s’emparent avec gourmandise et paresse intellectuelle pour ne pas suivre, ou ne pas avoir suivi, la France Insoumise.

        Je vous proposerais bien d’aller lire mon blog pour y voir un peu plus de ces développements, mais la modération du blog de Paul Jorion juge que je cherche à me faire de la publicité et considère qu’il ne faut pas m’en donner. Vous n’aurez donc pas le lien.

        Bien à vous!

  13. Les Belges francophones sont collés à la politique et aux médias français, parce que chez eux la qualité n’y est pas, et ils ne veulent pas le passeport français parce qu’en France il ne fait pas assez tiède.
    Les Belges germanophones n’achètent que du germanique parce que c’est plus fort qu’eux, et ils ne veulent pas le passeport allemand qui serait trop fort pour eux.
    L’intérêt de cette bizarrerie, c’est que cela les tient éloignés du nationalisme et du cocardier.
    Les Belges flamandophones de leur côté sont divisés entre ceux qui veulent diviser le pays et ceux qui ne le veulent pas. Ils ont ainsi tout ce qu’il leur faut pour bien s’occuper entre eux sans avoir besoin de personne.

  14. Le qualificatif de corbillard ou la volonté de « faire de l’huile » du PS , n’empecheront ils pas definitivement tout ralliement massif d’authentiques electeur de gauche socialistes a Jean Luc Melenchon? En son temps Bayrou avait l’élégance de parler d’Etoile morte pour qualifier le PS et l’UMP, quant il était credite de 21 pourcent des intention de vote avant d’être définitivement rétrogradé 3eme homme par les resultats de l’élection de 2007.
    Derrière ces mots haineux de Melenchon, en totale cohésion il est vrai avec un véritable jésuitisme concernant Poutine , ou sa bravitude « j’aurais-fait-mieux-que-Tsipras », il y a surtout cette opportune insistance a faire comme si nous étions encore au début 2016 que le PS n’était pas en train de se refonder après avoir vire Hollande, Valls, et que la quasi totalité des apparatchiks sont a la soupe chez Macron, signant de facto leur désertion du PS.
    Et donc de s’assurer une posture plus qu’une réelle vision politique.
    Sans moi.
    Et sinon attention au deuxieme tour. Selon le physicien Serge Galam la victoire de le Pen est tres possible.
    https://oeilsurlefront.liberation.fr/les-idees/2017/03/26/marine-le-pen-une-faille-de-taille-dans-le-plafond-de-verre_1558453

    1. Bien vu !
      Ceux qui disent que le PS est mort s’adonnent complaisamment à une « guerre psychologique ». Les mêmes qui, coté Mélenchon, disent pis que pendre des sondages et assurent que Mélenchon peut passer le premier tour, viennent maintenant nous dire que Hamon est cuit puisque les sondages l’indiquent. Bizarre non ?

      1. On s’en fout des sondges, La république pleine à craquer, 10000 personnes à Rennes hier + presque 20000 en direct sur youtube, une très forte progression des inscription insoumises sur le site JLM2017 pendant le grand débat, c’est ça qu’on regarde à la FI. Les sondages ne donnent pas vraiment d’indication car les deux sont encore dans le même mouchoir du fait des incertitudes avant même de parler des redressements.

      2. Oui, le troupeau suit son pasteur, comme y’a 5 ans, sauf hymne national fortissimo et Internationale pianissimo. Et alors ? et alors ? Zéro est arrivééé-é-é.

      3. M. Dambrine,

        Je vous ferais remarquer que dans ma lettre, je ne dis pas un mot des sondages. En revanche, je ne sais en effet pas si le PS se remettra de la crise qu’il traverse aujourd’hui. L’avenir nous le dira. Cela n’empêche pas d’essayer de faire en sorte que les gens intègres (comme Benoit Hamon) suivent leurs convictions en abandonnant le navire du PS et en commençant dès maintenant à construire un compromis à l’intérieur du cadre de la FI. Il s’agit que Hamon vienne en position de force à la FI s’il veut négocier quelque chose, sinon il n’aura rien et donc n’y ira pas. Et du coup il n’y aura pas d’alliance, parce que l’accord d’appareils que vous envisagez entre PS et FI est inenvisageable du côté de la FI, et probablement aussi du côté du PS, où Cambadélis ne voudra pas en entendre parler.
        Bien à vous,

    2. Il s’agit que Hamon vienne en position de force à la FI s’il veut négocier quelque chose, sinon il n’aura rien et donc n’y ira pas.

      Tain, les marchands d’tapis…
      « Bouge toi le derche et prends mon tapis tant qu’t’as 10% chez Ipsos, en-dessous c’est peau d’zobi mon gars. »

    3. M. Fièvre

      Ce n’est pas réaliste de considérer que Hamon pourra « construire un compromis à l’intérieur de FI ». Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais FI est très lié au destin d’un certain Mélenchon … France Insoumise quoiqu’elle puisse dire de son indépendance est dans l’orbite mélenchonienne.
      La réalité c’est que Mélenchon n’a cessé depuis des mois et des mois de tirer à boulets rouges sur le PS, il n’a rien fait pour aider Hamon à consolider sa position au PS, bien au contraire, et cela s’est terminé par des sommations.

      1. Si, c’est réaliste: imaginez que Hamon apporte son soutien à la FI. Il est en droit de demander en contrepartie de ce soutien le fait que la gouvernance de la FI sorte de l’orbite mélenchonienne, ou du moins qu’elle sorte d’une orbite exclusivement mélenchonienne. Pourquoi est-ce que seul le PG participe, parmi les partis politiques, à l’encadrement de la FI? Parce que c’est le seul parti à proposer clairement son soutien à la fois logistique et financier, le PCF et Ensemble proposant leur soutien à la candidature de JLM mais restant en dehors de la FI. Tout est à construire à la FI, notamment APRÈS l’élection présidentielle. Et notamment pour la faire évoluer du statut de simple levier pour l’élection de JLM vers celui de véritable plateforme « œcuménique » de la gauche républicaine, écologiste et socialiste. Et pour la faire passer de l’un à l’autre, il faut 1/ qu’il y ait implication des différents partis dans cette plateforme, 2/ que cette plateforme ne soit pas qu’un cartel de partis genre Front de gauche, qui faute de s’accorder sur des modes communs d’action et de légitimation politiques s’est affaibli dans ses propres contradictions.
        Ensuite il est vrai de dire que JLM a attaqué le PS depuis des mois. Comme il le fait depuis 5 ans. Mais il n’attaque ni Hamon, ni Lienemann, ni Filoche, ni Taubira, etc. Quand il tire sur le PS, il tire sur les gens qui se barrent en ce moment chez Macron, ne me dites pas que cela fait du tort à Hamon!! Et certes il n’a rien fait pour aider Hamon à consolider sa position au PS, mais en même temps ce n’est pas son job, il a d’autres chats à fouetter en ce moment, genre une campagne électorale. Que Hamon assume son choix de composer avec Solférino jusqu’au bout, ou bien change d’avis. Il n’est pas trop tard.

      2. Il n’attaque pas Taubira Monsieur ? Ça tombe bien, elle n’a jamais été membre du PS. Son truc c’était plus le PRG de la grande époque, avec les Tapie, Meyssan, tout ça tout ça.

      3. @François Fièvre :

        En quoi consiste la « gouvernance » mélenchonienne de la FI ?

        Sij’étais Hamon , je deanderais que le débat sur F2 soit absolument maintenu . Il serait sur de n’y rencontrer ni Mélenchon , ni Macron ( qui ont déjà au moins ça en partage avant le premier tour) .

        Voir bientôt Mélenchon ,sinon la FI, devancer dans les étranges sondages , Fillon ,sinon la droite républicaine , serait assez jouissif .

  15. En réponse à ( une faille dans le plafond de verre ds Libé )
    Moyenne de participation sur 9 élections présidentielles depuis 1965 …8o%
    Score MLP au 2eme tour en 2012 …6 421 426 soit 18%
    Avec un taux de participation équivalent et compte tenu des tensions dans tous les camps politiques et des enjeux, je vois mal une forte abstention .
    Donc avec une participation équivalente de 80% en 2017 il faut pour être élu au 2eme tour environ 18 000 000 de voix .
    MLP va -t- elle pouvoir les trouver?
    Je ne le pense pas .
    La sortie de l’euro va faire peur à tout le monde à droite comme à gauche sauf pour les souverainistes de tous poils qui vraisemblablement manqueront à l’appel pour lui faire barrage.

      1. Au premier tour, c’est évident qu’on sera au-dessus de 80 %. Le risque, c’est les logiques d’exclusion radicale qui seront à l’oeuvre au second tour. Et quand on regarde alors les chiffres d’abstention des électeurs des candidats qui ne seront pas au 2d tour, c’est là qu’il y a une faille potentielle. Ceci étant dit, ces estimations d’abstention au second tour sont des projections. Lorsque le risque de voir la pénienne au pouvoir se matérialisera véritablement, j’ose espérer que les abstentionnistes de Méluche (40 % pour le 2d tour si Méluche n’y est pas), Fillon (31 %) et Hamon (24 %… les bras m’en tombent) se ressaisiront.
        En attendant, la surenchère dans la critique de Macron ne fera que faire augmenter les rangs de ces abstentionnistes du 2d tour… On saura qui remercier en cas de cata.

      2. Ouais Julien, c’est l’hypothèse de « l’abstention différenciée » du physicien du Cevipof avec un différentiel de 20% entre la mobilisation des intention de vote annoncées de la pénienne et celle des intentions de vote annoncées de Macron, le tout pour un score annoncé de 44% au 2nd tour à la pénienne…
        http://www.euractiv.fr/section/elections/news/comment-labstention-differenciee-pourrait-faire-elire-marine-le-pen/

        (…) « C’est de l’abstention par oubli, un peu comme si on devait prendre un médicament efficace, mais très mauvais : on a tendance à oublier de le prendre » estime Serge Galam.

        À l’opposé, la mobilisation des partisans de la candidate a priori minoritaire pourrait la faire élire dans certaines conditions développées par Serge Galam. Dans l’hypothèse où la candidate ait 44 % d’intention de vote au second tour, elle pourrait être élue avec 50,07 % des suffrages exprimés si son électorat se mobilise à 90 % contre seulement 70 % pour le reste des votants, si la participation totale atteint 76 %. « Tout repose sur le différentiel d’abstention, mais ce qui est surprenant, c’est qu’il n’est pas très important », constate le chercheur.

        Avec seulement 20 % de différence de mobilisation, on voit que la position minoritaire dans les intentions de vote peut se retrouver majoritaire dans les sondages. « J’avais l’intention de ne pas voter, mais ce n’est plus le cas. J’espère que l’étude va ouvrir les yeux sur le fait que ne pas voter revient à voter Marine Le Pen au second tour », précise le spécialiste. Pour l’heure, selon le dernier sondage publié le 28 mars, Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle (26%) devant Emmanuel Macron ( 24 %) et François Fillon(20 %), mais perdrait au second tour avec 39 % des voix face à Emmanuel Macron et 42 % des voix face à Fillon.(…)

    1. Mince: vous en êtes donc là? Macron sinon la nazillonne? Mais vous rêvez : Macron par défaut c’est HIGHWAY TO HELL au prochain tour de manège (j’ai une furieuse envie de vous dire pov c… tellement vous êtes sans discernement) avec la légitmité de « la seule opposition possible ». C’est incroyable ce putain d’aveuglement. Mieux vaut un clash violent TOUT DE SUITE, merde.

  16. Voilaaa ! Valls vient de planter l’un des derniers couteaux dans le dos de B.Hamon, les autres suivront, les Le Guen et consorts…..
    Si Valls avait gagné la primaire, il est certain que l’on aurait exigé de B. Hamon, un alignement sans faille sur le candidat issu de la primaire, sous peine d’exclusion.
    L’inverse n’est pas vrai: Cambadelis va-t-il se montrer courageux pour une fois et exclure les déviants ?

      1. « Un seul mot pour qualifier l’attitude de Cambadelis : lamentable. »

        @PYD
        Entièrement d’accord, où comment pulvériser ce qu’il reste du ps…

    1. Et l’incroyable c’est qu’ici même on fait un procès au JLM pour avoir divisé la gôche en ne participant pas au machin cambadélien. Ouais, c’est réellement tombé à ce niveau de guignolardise!

      1. Mais non mais non, je l’ai déjà dit et je le redis : je garderai longtemps une pensée émue pour ce papy blagueur, ce sympathique Monsieur Guignol, qui aura si bien tué dans l’œuf la primaire embryonnaire, si bien offert un précédent et si bien ouvert un boulevard à Macron. Ah oui vraiment, s’il n’avait existé Monsieur Guignol, Macron, comme Hollande avant lui, aurait dû l’inventer. Ah Ah Ah oui vraiment, Monsieur Guignol est bon enfant.
        https://youtu.be/iD7cN-B26ng

      2. Ces élections sont atypiques et ce qui apparaît c’est l’incapacité des partis majoritaires de droite et de gauche à se sortir des bourbiers dans lesquels ils se sont échoué : l’incohérence et l’incapacité de la gauche à se trouver et à se fédérer et la droite qui à défaut de trouver une cohérence avec le centre, se durcit sur son programme et se rallie à F Fillon ad nauséam et/ou s’extrémise avec mlp.
        Pour les partis dominants en clair et sans décodeur, ça sent le sapin. Confirmer par leurs actes et par leur inconséquence, le ras-le-bol de leurs électorats respectifs ie la fuite de ces derniers : Qui cela étonne t-il encore ?

        La curée. Il serait temps de faire l’aggiornamento ! Trop tard ?
        Le réveil ?

  17. Macron, le candidat du changement cosmétique, en marche vers le « dorénavant tout sera comme avant », agrège les fuyards des deux ex-grands partis de droite et de gauche, persuadés qu’agrippés aux basques de la créature du ‘système’, ils pourront sauver leurs positions.
    Hamon vient de demander à Melenchon et aux communistes de le rejoindre : il est trop tard, mais il est encore temps au sein du P.S. de clairement refuser toute candidature à une investiture à tout ceux qui ne se seront pas engagés clairement à soutenir le candidat actuel à l’élection présidentielle du parti. La suite sera ainsi plus claire lors des législatives de juin.
    Un ralliement de Melenchon à Hamon est maintenant peu probable, les électeurs ne comprendraient pas que le tenant d’un programme sérieux, élaboré en collaboration avec la base électorale, puisse faire allégeance à un parti qui a largement trahi ses électeurs.
    La surprise ne viendrait-elle pas plutôt d’un ralliement de Hamon à Melenchon ?

    1. Ralliement ? Ah ouais ? Et les Insoumis vont se cotiser pour rembourser les frais de campagne déjà engagés par Hamon ? Comptez pas sur le PS.

    2. Oulalalala! Tu vas t’attirer les foudres du cercle de la raison (PJ / JA et le porte-flingue-chien de garde-sniper de petite vieilles et de gosses que tu sais!!) : JLM = gross totalitarismus!! guévaro-chavesimus diabolicum!!). Vive le paulo-jorionisme décroissantiste radiacal à trente-trois dans la cabine téléphonique (deux fois plus que les rad-socs quand même!) et l’entre-soi sans perspective (si : e devenir toute petite secte).

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