Les nouvelles technologies numériques et l’automatisation sont-elles une question de survie ? par Emmanuel Rousseaux

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le texte ci-dessous (traduction d’un résumé par Jean Hagan de l’étude produite conjointement par l’Institute for the Future, think-tank californien, et Dell Technologies (juillet 2017) est très intéressant parce qu’il est probablement un très bon condensé de la vision actuelle du monde des affaires et de spécialistes en pointe sur le sujet. Un petit commentaire critique s’impose, en premier lieu pour souligner l’ambivalence du discours et des changements extrêmement rapides qui y sont prédits. À la fois annonciateurs de progrès inédits, d’efficacité, voire d’émancipation vers un monde meilleur, favorisant la « créativité, la passion, et l’esprit d’entreprise ». Et en même temps, sous-jacent d’un monde d’asservissement, voire de destruction – il est indiqué par exemple que l’Intelligence Artificielle « prendra soin de nous de manière prédictive et automatisée » (sans le vouloir, on aurait dit une phrase directement extraite du livre de Georges Orwell « 1984 » – langage totalitaire !).

Alors à vous de juger….

Realizing 2030 : Dell Technologies Research Explores the Next Era of Human-Machine Partnerships, par Jean Hagan, le 12 juillet 2017

Selon un rapport récent publié par Dell Technologies, toutes les organisations seront des « organisations technologiques » en 2030. Dans cette perspective, les entreprises doivent à présent repenser leurs infrastructures et leur main-d’œuvre. Les recherches menées par l’Institut du Futur (IFTF), aux côté de 20 experts à travers le monde, issus des milieux des nouvelles technologies, du monde académique et des affaires, ont mis en évidence la façon dont les technologies émergentes telles que l’Intelligence Artificielle (IA), la robotique, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et le « cloud computing » (stockage des données externalisées) vont transformer radicalement nos vies et nos manières de travailler les prochaines décennies. Le rapport, au titre suivant : « La nouvelle ère des relations hommes-machines », offre également un aperçu de la manière dont les consommateurs et les entreprises doivent se préparer à une société en mutation constante.

Le rapport prévoit que les technologies émergentes, sous l’effet de l’avancement massif des logiciels, du big data et de la puissance de calcul informatique, vont refonder nos vies. La société va rentrer dans une nouvelle ère de la relation hommes-machines, qui sera caractérisée par :

·         Une plus grande efficacité et un accroissement des possibilités jamais connues auparavant, qui va aider les humains à transcender leurs limites

·         Les humains vont devenir des « chefs d’orchestre numériques ». La technologie va devenir une extension des individus et les aider à mieux diriger et gérer leurs activités quotidiennes

·         Dans le monde du travail, les chasseurs de tête aidés par les technologies de couplage axées sur un traitement avancé des données, vont permettre aux organisations de recruter les meilleurs talents à travers le monde

·         Les personnes vont dorénavant devoir apprendre « dans l’instant » pour faire face à la rapidité du changement des nouvelles industries créées, et des compétences qui seront requises pour survivre

Dell Technologies s’est donné pour mission d’aider les compagnies à naviguer dans ce monde incertain et à préparer leur futur. Aujourd’hui, la rupture numérique (« digital disruption ») redessine de façon impitoyable les industries. Pour la première fois dans l’histoire moderne, des leaders mondiaux sont dans l’incapacité de prédire comment leurs industries vont évoluer à court terme. Selon le Dell’s Digital Transformation Index, 52% des décideurs de niveau supérieur à travers 16 pays ont déjà expérimenté des ruptures significatives dans leurs industries, résultant de la technologie numérique. Et environ une entreprise sur deux pense qu’il y a de fortes chances pour qu’elle devienne obsolète dans les 3 à 5 prochaines années.

« Jamais auparavant l’industrie n’a vécue une telle rupture. Le rythme du changement est bien réel, et nous sommes en situation de réussir ou périr. Pour sauter le pas de cette nouvelle ère de relation hommes-machines, toutes les entreprises doivent intégrer le numérique, en utilisant les logiciels en leur cœur », dit Jeremy Burton, directeur commercial chez Dell. « Les organisations vont devoir se mouvoir rapidement, en se dotant de nouvelles machines, et en adaptant leurs infrastructures et leur main-d’œuvre, pour répondre à ce changement ». « Nous sommes exposés à une perspective extrême au sujet des machines du futur. D’un côté il y a la montée de l’anxiété due au chômage technique, et de l’autre un excès d’optimisme de certaines personnes qui considèrent que les nouvelles technologies vont apporter un remède à tous les maux sociaux et environnementaux », dit Rachel Maguire, directrice de recherche à l’Institut du Futur. « Au lieu de cela, nous avons besoin de nous concentrer sur la manière de gérer les relations entre les nouvelles technologies et les personnes, et de chercher comment s’y préparer au mieux. Si nous parvenons à réaliser ce gros travail d’ « empowerming » (d’habilitation ?), l’impact sur la société nous enrichira tous ».

Par ailleurs, le rapport met en évidence les points suivants :

·         D’ici 2030,  la dépendance de l’homme à la technologie va permettre une évolution qui va apporter un surplus de compétences, favorables à la créativité, la passion et l’esprit d’entreprise. Cette évolution découlera de la capacité des machines à apporter de la vitesse, de l’automatisation et de l’efficacité. Et la productivité résultante offrira des opportunités à l’industrie et de nouvelles fonctions dans le travail.

·         A l’horizon 2030, les assistants IA, personnalisés et intégrés, iront bien au-delà de ce que les assistants peuvent faire aujourd’hui. Ils prendront soin de nous de manière prédictive et automatisée.

·         La technologie ne remplacera pas forcément les travailleurs, mais le processus de recherche de travail va changer. Le travail cessera d’être un poste fixe, mais une série de tâches évolutives. Les techniques d’apprentissage par la machine (« machine learning technologies ») rendront les nouvelles compétences consultables, et les entreprises auront recours aux meilleurs talents pour accomplir les tâches discrétionnaires.

·         Une estimation montre que 85% des emplois de 2030 n’ont pas encore été inventés aujourd’hui. Le rythme du changement va être si rapide, que les travailleurs devront apprendre à utiliser les nouvelles technologies « à l’instant », telles celles se rapportant à la réalité augmentée ou à la réalité virtuelle. La capacité à acquérir de nouveaux savoirs aura plus de valeur que le savoir lui-même.

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37 réflexions au sujet de « Les nouvelles technologies numériques et l’automatisation sont-elles une question de survie ? par Emmanuel Rousseaux »

  1. L’expression « Big Data » est galvaudée, il faut lui préférer « Data Science », ou sciences des données ce qui signifie extraction automatique ou semi-automatisée de la connaissance à partir d’un jeu de données et une IHM pour présenter le dataset. La quantité de données générée par notre monde numérique augmente de façon exponentielle (au même rythme que nos disques durs et la capacité des réseaux de communication) bien plus vite que le nombre de cerveaux humains disponible. Cela signifie que dans un proche avenir, la plupart des connaissances dans le monde seront extraites par machine et résideront dans des machines. D’où l’émergence de nouvelles disciplines académiques pour l’exploitation des données, qui sont en résumé les briques logicielles de l’IA.

    1. En effet, ça ressort plusieurs fois dans l’article. C’est le « marche ou crêve », comme s’il n’y avait pas d’alternative, et comme une injonction à ce que l’homme s’adapte à la machine pour survivre….une sorte de « darwinisme technologique », dont on connaît les relents…

  2. Cet Institute for the futur prévoit une société en mutation constante, ils préviennent que nous ne maîtriseront plus rien, pas même notre bien-être qui sera automatisé, encore moins le travail qui sera « une série de tâches évolutives ». Des leaders mondiaux sont déjà « dans l’incapacité de prédire comment leurs industries vont évoluer à court terme » et cela enchante ceux qui veulent tout gérer, tout maîtriser, en délégant le choix d’une bonne gestion à une ia. Prédire l’avenir pour s’en trouver dépossédé par les programmations des logiciels, c’est cela l’héroïsme de la modernité. Des institutes for the futur il y en a toujours eu, le futur n’a rien d’objectif, il est l’objectif, ce qui fait qu’il n’y en aura probablement jamais plus.

  3. Vu de chez moi (au paradis).
    Conception définitivement commerciale de la vie humaine, et grâce à laquelle nous courrons effectivement à l’extinction…
    L’homme devenu chef d’orchestre sans fausses notes, mais sans orchestre, détenant ou accumulant des connaissances dont il ne saura seulement soupçonner la portée, puisque l’acquisition de nouveaux savoirs primera sur le savoir lui-même.
    L’homme sans erreur de calcul, et maintenant sans calculs,
    libéré pour toujours du hasard, de la chance, du destin et du choix.
    L’homme éloigné des réalités comme de la nature même, maintenu de son plein gré à distance de tous et de tout, et surtout de lui-même.
    Croquer, croquer encore les pommes!
    Mais serait-ce donc toujours pêcher quand on vit en enfer ?
    Bon appétit!
    Eric.

    1. Éric,

      Quel beau commentaire vous faites là! Pouvez vous nous donner un avant goût de votre paradis?

      Quant à transcender les limites grâce à la technologie, c’est une question diablement intéressante. Le terme transcender exprime la toute puissance, et la pathologie n’est pas loin. Par contre, débrider l’intelligence pour formaliser ce que l’on porte au fond de soi, oui! D’un côté l’homme devient moins homme et ça fait vendre du prozac, de l’autre il grandit dans la joie de l’accomplissement de sa nature profonde. La nature a bien fait les choses: on a le feed back de nos actions.

      1. Bonjour,
        Si vous y tenez Armel, mais rien de bien original…
        En effet, nous disposons tous des mêmes outils, qu’il convient d’utiliser au mieux pour en faire les siens, usés peut-être, à force de travail, mais forgés à notre main pour façonner une oeuvre, celle de notre vie …
        La sagesse ne s’enseigne pas, et pourtant elle s’apprend.
        Je fais mienne cette pensée anonyme:
        « Mon paradis est pour beaucoup un désert où sourds, aveugles et assoiffés meurent à mes pieds sans entendre ruisseler l’eau pure de mon jardin ni voir le faste de ma demeure ».
        Mon paradis n’a rien à envier à celui dont vous rêvez, c’est seulement le mien. A vous d’en bricoler un à votre image…
        Mais, désolé, aucun tutoriel sur youtube!
        Pour moi, la seule transcendance qui vaille est individuelle.
        Et je ne sais pas si Paul Jorion est bien placé pour vous aider, on ne l’entend plus du tout parler de son jardin…
        Mais c’est vrai que ce forum est un peu son jardin.
        Et qu’il y pousse parfois quelques jolies fleurs…
        A bientôt.
        Eric.

  4. Le laboratoire d’idées Institute for the Future publie des prédictions à dix ans.

    Leur « carte de la décennie » de 2005, résumant les tendances et points marquants pour les dix années suivantes se trouve ici :
    http://www.iftf.org/fileadmin/user_upload/images/More_Projects_Images/2005MOTD.jpg

    Mouais. Entre quelques points bien vus, quelques jolis ratages, l’absence bien sûr de toute crise financière, le tout enrobé par beaucoup de généralités et d’affirmations trop vagues pour tomber vraiment en défaut et agrémenté de quelques évidences…
    … je ne suis guère convaincu.

    Si j’étais taquin – je ne le suis pas, bien entendu ! – je remarquerais qu’une phrase comme « Jamais auparavant l’industrie n’a vécue un telle rupture » peut aussi se traduire en « Jamais encore vous n’avez eu autant besoin de nous autres futurologues ».

    Loin de moi un tel mauvais esprit 🙂

    1. Il peut y avoir de ça , mais si leur lecture et traduction de « l’état de la chose » est à mettre en doute , « la chose » est bien là , ce qui n’est pas forcément nouveau , mais sous une forme nouvelle qui me rappelle un peu ce que Michel Serres appelait  » les objets monde » .

      On est passé de la poudre à canon , à la bombe nucléaire .

  5. Et la matière?

    Toutes les maisons vont elles être moulées? Si oui, ça nous promet des drôles de délires d’architecte.

    L’artisan travaille en fonction des limites de ses matériaux et de son temps disponible. Ce savoir faire de conception et de réalisation peut il être remplacé par une machine? COMMENT FERA T ELLE FACE À L’IMPRÉVU?

    On répondra qu’un humain surveille une armée de robots pour faire face au cas où…

    La question à cent balles prend tout son sens: qui aura ET les compétences métier de l’artisan ET la compétence en robotique?

    Localement personne!

    Je crains qu’on ne s’oriente vers des simplifications de montage pour que le business soit viable: un Mac Donald du bâtiment par exemple. La qualité des matériaux risque d’être à l’avenant.

    Vous avez dit progrès?

    1. Ho , il y a bien plus de trente cinq ans qu’on n’a plus besoin d’être ouvrier hautement qualifié ou tourneur-fraiseur expérimenté , pour suivre la marche d’une chaine transfert .

    2. @Armel

      Vous craignez qu’on ne s’oriente…?!
      Mais ne serait-ce pas déjà fait?
      Il me semble qu’on appelle ça le « B.I.M »…Mmm?
      Voyez plus loin, on vous répond « INDUSTRIE »!
      Alors l’imprévu ? Sur une chaîne automatisée?… Rigolade!
      Faîtes votre métier sans rien lâcher (et éloignons nous du mal).
      En école de pilotage on dirait: « Tirez sur le manche. Maintenant! »
      « Attention »: parachutes OK, oxygène OK, siège éjectable NEANT.
      Eric.

      1. Processus BIM, acronyme de « Building Information Modelling » – maquette numérique de bâtiment – qui aujourd’hui prend son essor dans le secteur du bâtiment en France. L’autre jour, je discutais avec un jeune menuisier qui réalisait ses plans en DAO, qui étaient directement transmis aux machines à l’atelier, qui effectuaient automatiquement les découpes pour réaliser des meubles sur mesure. Pour le bâtiment, c’est un processus similaire, avec beaucoup plus de composants et de corps d’état, pour des formes beaucoup plus complexes (cf. le musée Vuiton pour ceux qui connaissent par exemple), ou au contraire plus standard (un centre commercial conçu en 2 jours)….pour le meilleur et pour le pire ?

  6. J’ai un peu tiqué au départ en notant que « toutes les organisations seront des organisations technologiques » , car dans ma compréhension des organisations , l’organisation des systèmes vivants n’est pas une organisation technologique, même si leurs différents niveaux peuvent être « similaires » , sauf le dernier ( « Unification » , « Fins » ) .

    La suite de l’article traduit est d’ailleurs plus  » ouverte », puisqu’elle laisse à quelques happy few , les « chefs d’orchestre » et les « talentueux » , la créativité , la passion et l’esprit d’entreprise .

    Concentration des richesses et concentration des talents iraient donc de pair . Les « non happy few » devraient se contenter de régler leurs problèmes de « non happy few » plus vite et mieux ( enfin on le prédit). Ce qui serait l’affichage de ce qui se passe depuis des siècles , sauf que la masse des « végétatifs » s’accroit brutalement en valeur absolue et relative .

    Au delà , on doit admettre que « l’outil est là » , et , à mon goût ,après avoir admis que l’organisation technologique est « à côté » de l’organisation  » humanité » vivante , se reposer comme un enjeu politique gravissime la question de l’organe et de la fonction , car si l’adaptation est dans les conditions de notre salut , toute l’histoire de « l’évolution » et du darwinisme bien compris , nous apprend que seuls survivent et « prospèrent » , les systèmes vivants qui par leur organisation interne et technologique , sont en capacité de répondre correctement aux contraintes du jour , imposées par l’environnement au sens le plus large .

    Ou ça risque de devenir indémerdable , c’est que nos systèmes humains ou technologiques , jusqu’à ce jour et de plus en plus , rendent « l’environnement » de plus en plus instable et violent .
    ( et ce n’est pas la correction en « indémodable » que me propose ce PC en lieu et place « d’indémerdable » , qui est faite pour me rassurer) .

    PS : si Basic Rabbit passe par là …

  7. Est-il bien pertinent de prévoir l’avenir par extrapolation du présent ?
    N’y a-t-il pas un mur de la complexité qui rend impossible toute vision du futur.
    N’y a-t-il pas des déterminants déjà connus ? comme la baisse de la production pétrolière, le réchauffement climatique, la dette mondiale abyssale…autant de facteurs qui vont sérieusement perturber les scénarios de croissance qu’on nous propose ?

    Dit autrement, il y a deux grands scénarios pour les prochaines décennies, un scénario de continuité, et un scénario de rupture(s)
    Continuité = toujours la croissance au rendez-vous, toujours plus de richesses créées, I.A., nouvelles technologies…
    Ruptures = risques d’effondrements systémiques, catastrophes, émeutes, famines, déplacements de population…

  8. Les anticipations in vitro feignent d’oublier que le champ d’application se frotte de réel: si la pensée peut s’asservir elle-même en pleine inconscience la nature ne se convertira pas pour autant en modèle techno, l’écosystème, comme l’homme, comme le hasard, étant par nature non-algorithmisable. Pas de rétropédalage, les tribulations des prophètes réinventent la magie
    https://www.chinadialogue.net/UserFiles/Image/Crisis/coal0.jpg

  9. Je me demande comment commencer ma première phrase ? Alors je la commence par trois petits points. Chacun complètera à sa guise.
    Donc
    … rien de tout cela n’arrivera.
    Ce qui est remarquable et pour moi difficilement compréhensible est l’incapacité de ceux d’entre nous qui se livrent à des spéculations sur l’avenir à combiner ce qu’ils savent. Enfin ce que j’imagine qu’ils savent. Comment ces gens pourraient-ils ignorer ce que moi vieil instituteur je sais depuis des années.
    Ainsi par exemple,
    selon Nicolas Casaux / membre de l’organisation internationale Deep Green resistance,  » L’écologie tourne désormais autour du déploiement des sources d’énergie dites « renouvelables » (…) Dans les faits, le déploiement de ces technologies s’avère anti-écologique et antidémocratique. (…) les énergies renouvelables sont une illusion de plus (…) qui nous mène, et la planète avec nous, droit au mur.
    Ces technologies nécessitent des matières premières non renouvelables, en grandes quantités, et donc des pratiques extractivistes nuisibles à l’environnement, doublées de
    formes d’exploitations sociales, comme toutes les activités minières, ce qui n’est jamais discuté par leurs promoteurs.
    la fabrication des panneaux solaires nécessitent les matériaux suivants, listés en avril 2016 par le site Resource Investor : l’arsenic, l’aluminium, le bore, le cadmium, le cuivre, le gallium, l’indium, le minerai de fer, le molybdène, le phosphore, le sélénium, le silicium, l’argent, le tellure et le titane. Les technologies dites « renouvelables » impliquent toujours des pratiques extractivistes nuisibles pour l’environnement. D’autant plus en raison de l’échelle colossale (planétaire) à laquelle leur développement est envisagé.
    Si l’on prend en compte toute l’énergie grise nécessaire à leur déploiement, leur caractère soutenable (écologique) est immédiatement remis en question, tout comme leur caractère
    démocratique (travail dans les mines, etc.).(…)  »
    Pour la suite lisez N Cazaux.
    Mais ce n’est pas tout.
    Selon un rapport américain, les températures dans une zone s’étendant en gros de la Mauritanie à l’Iran se maintiendront dans les vingt ou trente ans à venir à environ 50° le jour et 30 ° la nuit. Les migrations des peuples concernés concerneront au moins 250 millions de personnes. Et alors comment fonctionneront nos sociétés connectées ? Comment intégrerons-nous ces arrivants dans des groupes sociaux sans offres d’emplois, avec des terres cultivables empoisonnées et en régression, avec des problèmes d’eau ? Etc…
    Et ce n’est pas tout.
    Selon Peter Brannen ( voir blog PJ ) l’élévation du niveau des mers et des températures maintenues à au moins trente degrés nous laissent le choix entre périr noyé ou ‘cuit’.
    Et ce n’est pas tout mais je m’arrête là. Le soliton est bien la conjonction de plusieurs vagues, n’est-ce pas ?
    Qui ne voit pas que nous n’avons plus guère de chemins à emprunter ? Avant de disparaître, l’humanité sera confrontée à l’avant-dernière étape : survivre. Se nourrir, boire de l’eau potable en quantité suffisante, respirer de l’air pur et sans radiations, se protéger de la chaleur etc…
    Eh oui, nous en sommes là !
    Avez-vous vu à quelle vitesse sont apparues les incapacités des victimes des ouragans à surmonter les chocs. Quelques jours plus tard ces représentants des classes moyennes sans doute très individualistes, qui n’avaient songé jusqu’à lors qu’à leur  »paradis », ont fini par redécouvrir des trésors enfouis en eux : la solidarité, l’entraide et le plaisir d’être et de faire ensemble. Début de résilience ?

    1. Commencer par des points de suspension pour finir par un point d’interrogation , on devine effectivement le vieil instituteur .

      A propos , à quoi peuvent nous servir les instituteurs pour ces temps idylliques à venir ?

  10. Moi je ne sais pas si je pourrais supporter un bidule qui « anticipe mes besoins ». A moins que ca signifie diriger, orienter mes besoins. Auquel cas améliorer l’existence des hommes signifie faire du chiffre, ramasser de la fraîche. Rien de nouveau.
    Bon soyons optimiste, ça permettra peut être de prédire les cyclones.
    Encore un pharmacon cher à Mr Stiegler.

      1. « Le bidule sait déjà largement prédire les ouragans  »

        Yep. Le plein d’énergie ?

        Dans l’oeil du cyclone, à bord des avions « chasseurs d’ouragans »

        « Des pilotes appelés les « chasseurs d’ouragans » étudient ces phénomènes extrêmes au plus près, malgré les dangers.
        ‘Il y avait les Ghostbusters, voici les « chasseurs d’ouragans ». Alors que les habitants des zones menacées cherchent à s’éloigner de l’ouragan Irma, eux foncent droit à l’intérieur de l’ouragan. Turbulences parfois très violentes, vision brouillée par l’épaisse masse brumeuse… Ces pilotes d’avions expérimentés risquent leur vie afin de mesurer ces phénomènes climatiques extrêmes. Un métier à hauts risques, mais essentiel. »
        http://www.lexpress.fr/actualite/societe/meteo/videos-dans-l-oeil-du-cyclone-a-bord-des-avions-des-chasseurs-d-ouragans_1941200.html

  11. Où est l’articulation avec l’économie politique dans votre bazar ? Et les rapports de forces, envolés comme par magie ? Comme ce crétin de P. Gattaz qui fait semblant dit croire. En somme tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Dans ce cas mettez les chômeurs dans des parcs et jetez-leur des cacahuètes de temps en temps. Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous dise ?

    1. Oui, c’est sûr qu’il y a de très très gros intérêts derrière tout ça….(GAFAM), et, indubitablement, DELL et consorts ont tout intérêt à pousser dans ce sens. Il y a une part importante de marketing, mais ça vaut la peine d’y réfléchir, parce que ce n’est pas le monde de demain, mais ça commence déjà à être le monde d’aujourd’hui !

  12. Plus qu’à trouver les ressources suffisantes pour que tout ce progrès soit partagé par tous de facon à ce que ceux qui en seraient exclus, faute de ressources suffisantes, ne considèrent pas ces hommes-machines plus proche de machines que l’on peut toucher au coeur avec un poignard que d’humains que l’on peut toucher au coeur avec le sien.

  13. « The fittest will survive »
    Le but réel c’est une sorte de gouvernance mondiale, focalisée sur le capital et la multiplication du capital. Les nouvelles technologies ne sont qu’un médium pour mettre sur pied un tel système universel, valable et appliqué dans le monde entier. Tant pis pour ceux qui resteront au bord de la route – cela fait partie du jeu. On les écartera, d’une maniére ou d’une autre, du beau tableau de ce nouveau monde.

    1. Je pense que, outre ce débat très intéressant, M. Jorion devrait un peu plus se pencher sur le sort du gamin de la pub de Renault ( le fameux  » c’est simple!! « )….

    2. à Toutes et à Tous
      Intéressante « la grande librairie » hier soir à la télé.On y fait la connaissance(du moins ce fut mon cas) d’un Yoval
      Noah Hariri,jeune professeur d’Université de Tel Aviv,
      qui,après le succès de son livre « Sapiens »,a sorti un livre
      tout à fait étonnant(édition en langue anglaise) qui
      connaîtra,ce mois-ci une traduction en langue française
      sous le titre: »Homo Deus,une brève histoire de l’humanité ».Les questions abordées par Hariri ,je le crois,ont quelque chose de commun avec celles que
      soulève Paul Jorion.Hariri va jusqu’à soutenir que tout
      homme est finalement un algorithme …Les autres invités à l’émission ont tenu des propos également d’un
      grand intérêt,notamment Cyrulnik d’une part et Marie
      Darrieusecq d’autre part,ainsi que Eric Emmanuel
      Schmitt.,ce dernier publiant un ensemble de nouvelles
      nouvelles,sous le titre « la vengeance du pardon »,
      oxymore très riche de réflexions neuves….

  14. « Hariri va jusqu’à soutenir que tout
    homme est finalement un algorithme »…
    Ben voyons!
    A force de simplification et de raccourcis faciles ne resteront plus que les insultes pour débattre…
    Et comme je suis quelqu’un de poli, je répondrai bien à Hariri:
    « toi-même »!
    Même si l’homme n’était qu’une immense suite de 1 et de 0, certains individus tenteraient encore de démontrer qu’ils détiennent à eux seuls tous les 1…
    Eric.

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