OÙ L’ON REPARLE DES VOLEURS DE POULES QUI FONT LA MANCHETTE DES JOURNAUX

17 février 2012 par Paul Jorion | Print OÙ L’ON REPARLE DES VOLEURS DE POULES QUI FONT LA MANCHETTE DES JOURNAUX

J’écrivais avant-hier dans M. Stiglitz n’est pas au courant :

…il fallait que la Bourse grimpe en permanence (on a pensé un moment – et certains le pensent toujours apparemment – que le High Frequency Trading donnerait un coup de main – en douce : sans qu’il faille mettre en prison un trop grand nombre d’informaticiens vendant la mèche)…

Or, le Wall Street Journal annonce à l’instant que « La cour d’appel annule la condamnation de l’ancien programmeur de Goldman Sachs », condamné je le rappelle en 2011 à huit ans ferme de prison. L’article dit entre autres ceci :

Jeudi en fin de journée, dans un jugement d’une seule page, la Cour d’Appel américaine du Second Circuit déclare que la condamnation de M. Aleynikov doit être annulée et qu’il devrait être acquitté ; la Cour ne donne pas ses raisons.

Si vous ne savez pas qui est Sergey Aleynikov, relisez mon billet de juillet 2009 : Sergey Aleynikov, évitez les balcons ! J’y écrivais ceci :

Mr. Joseph Facciponti, Assistant du Procureur Général américain a déclaré le 4 juillet au tribunal, lors d’une déclaration à la presse, que « La banque (Goldman Sachs) a mentionné la possibilité qu’il existe un danger que quelqu’un qui sache utiliser ce programme puisse l’utiliser pour manipuler les marchés de manière malhonnête ». Ah ! voilà qui est tout à fait remarquable : un programme qui aurait pu conduire Mr. Aleynikov à manipuler les marchés malhonnêtement s’il travaillait pour Teza Technologies, et qui lui permettait de gagner sa vie comme un honnête travailleur quand il travaillait chez Goldman Sachs ! Il y a là un mystère que j’aimerais bien comprendre, d’autant que le 4 juillet, c’est la fête nationale américaine : pour que la cour siège l’équivalent du 14 juillet en France, il fallait donc que le cas de Mr. Aleynikov soit jugé, c’est le moins qu’on puisse dire, affaire pressante !

Je parlais aussi d’Aleynikov dans un autre billet, publié deux jours plus tard, intitulé (allez savoir pourquoi ?) Dans ma petite boîte à anomalies, où je mentionnais trois anomalies qui n’avaient sûrement aucun rapport entre elles : une somme intraçable de mille milliards de dollars dans le bilan de la Fed, la présence inopinée sur les marchés à terme américain de « quelqu’un quelque part [ayant] à sa disposition des sommes colossales destinées à lancer sur les marchés boursiers des signes d’optimisme forcé », et l’arrestation de Sergey Aleynikov un jour de fête nationale.

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76 commentaires

  1. dissy

    Et ceci me semble aussi fort bizarre:

    http://www.zerohedge.com/news/why-were-trillions-fake-bonds-held-chicago-fed-crates

    $6 Trillion In US Bonds Seized In Zurich, Said To Pose « Severe Threats To International Financial Stability ».

    http://www.zerohedge.com/news/6-trillion-us-bonds-seized-zurich

    • Charles A.

      6000 milliards de faux bons du Trésor US
      C’est la démocratie…
      Chacun sa planche à billet.
      Mais tous les autres qui circulent, quand même un peu plus,
      auront d’ici quelques années le statut de vrais faux bons…

      Comme les emprunts russes.
      Vrais ou faux, il nous ont fait faux bond…

  2. izarn

    Le tradding à haute fréquence est d’autant plus profitable que les volumes sont bas.
    Ce qui est le cas depuis 2008….
    Si on considère que les volumes sont bas (De plus en plus bas, une misère!) et plus le marché ne veut rien dire…
    En ce moment le marché ne veut plus dire grand-chose…
    Ce qui implique dans la meme analyse les agences de notation…
    Moins il y a d’argent sur les marchés, plus celui-ci perd de sa force, de son influence…
    C’est ce qui se passe…
    Le capitalisme à l’agonie? Et bien ça veut dire qu’il n’y a plus de sou nulle part et que l’on est obligé d’en imprimer pour continuer à faire du commerce.
    O-bli-gé.
    De toute façon s’il retourne à la BCE…
    C’est qu’il y a un probléme, et de taille!
    Conclusion: donner du fric aux banque spour qu’elles leretournent à l’envoyeur, est ridicule.
    Il n’y a qu’a les mettre en faillite, puisqu’elles ne servent à plus rien du tout!
    Alors les rentiers ne vont pas etre contents: Mais ils n’avaient pas croire au capitalisme…
    Ca fait déja 150 ans que Marx les avait averti….

    • Charles A.

      Alors les rentiers ne vont pas etre contents: Mais ils n’avaient pas croire au capitalisme…
      Ca fait déja 150 ans que Marx les avait averti….

      Marx s’est trompé dans la durée de vie du mode de production capitaliste.
      L’économie n’est pas une science exacte
      Toutes les raisons existent pour se tromper
      encore beaucoup plus par exemple qu’en médicine,
      où le meilleur toubib ne peut prévoir précisément la mort de son malade.

      Mais dans les deux cas, on sait qu’il y a une fin.
      Marx, très tôt en fait, avec beaucoup moins de données que maintenant,
      a fait le prodige de saisir les contradictions à terme
      d’un mode de production alors en pleine force et jeunesse.

      Maintenant le temps presse, car l’agonie n’est pas belle.
      Ne pas remplacer au plus vite ce mode de production devenu obsolète
      nous conduit à la barbarie, sociale, politique, écologique.
      La proposition de réforme et non de révolution sociale,
      en France ou ailleurs des politiciens professionnels,
      ne fait qu’accompagner, contre prébendes, la barbarie en cours.

    • Efarista

      @ Izarn
      tu es rentier dés que tu ouvres un minuscule livret A, Si tu fais ça c’est que tu espéres en tirer un interet…. donc .. tu confies a un établissement financier l’autorisation de spéculer pour toi…… tu participes a ce fichu sale jeu ! hé oui !

      • Claude Gendron

        Mon cher Efarista,
        Toucher de l’intérêt n’est pas un crime si l’argent est investi dans une caisse d’épargne coopérative dont le capital est principalement investi dans des hypothèques domiciliaires et le financement de petites entreprises. Cela rapporte moins que des actions assorties de dividendes certe, mais il ne s’agit pas de spéculations ni «d’investissements voyous». En outre, il est normal que lorsque de l’argent est prêté, le capital soit remis avec un intérêt raisonnable. Si la société était organisée de telle sorte qu’une pension de vieillesse soient garanties à tous les citoyens et qu’un support monétaire permettant de traverser une crise personnelle leur soit assuré, alors là, les prêts sans intérêts auraient un sens. Le seul système permettant d’envisager que de l’argent soient prêté sans rémunération aucune, est un système social assurant un revenu de base inconditionnel à chaque citoyen. Pour l’instant, moi qui suis retraité et qui ne touche comme pension que le minimum social assuré, s’il fallait que mes intérêts soient réduits à zéro, et bien j’aurais péniblement amassé des économies pour ne m’assurer que 15 années de retraite dans la dignité. Et si par malheur -car ce ne serait alors pas un bonheur, je devais vivre 20 années de plus, que m’arriverait-il ?

    • Antoine

      La dimension marxiste, bien qu’adéquate pour expliquer la situation actuelle, n’est selon moi qu’une vue d’un tout, beaucoup plus vaste, qui est l’appréhension de la vie.
      Marx dans sa démarche intellectuelle ne peut que proscrire l’art et le fruit de l’art comme vecteur d’organisation sociale. Il n’a pris que le contrepied du capitalisme pour trouver la solution, le paramètre principal rationnel étant la richesse qu’offre le monde physique. Et il ne peut en être autrement, dans cette conception de la vie.
      Le potentiel de bien être qu’offre le monde extérieur et son prochain sont des données qui selon moi ne peuvent être contrôlées: l’homme sera nécessairement gouverné par sa volonté de domination.
      La soumission n’est accepté dans un système rationnel que par le pouvoir de l’argent, qui dématérialise le pouvoir de domination, et donne à tous le sentiment illusoire d’être maître de ses actes. Malheureusement, cette dématérialisation n’est profitable que pour ceux qui tiennent les manettes, et qui un jour ou l’autre en abusent. Communisme et capitalisme, ce sera toujours le petit nombre qui aura les manettes, au détriment de la majorité, facilement manipulable, d’autant plus dans un système démocratique, où règne la séduction.

    • ThomBilabong

      Euh, ces sommes donnent un peu le vertige. Quelle en est selon vous l’usage probable ? L’échange contre du bon et sonnant cash ? Des dépôts de garantie pour garantir des opérations gigantesques ?

  3. Bossuet

    Hi,

    Ceci vaut bien une seconde publication, non ?

    In The Meantime Iceland Is #Winning

    While Greece and Europe continue sinking ever deeper into the colonial quicksand of Pax Goldmania, Iceland, which blew up, pushed its banks into bankruptcy, and arrested its corrupt bankers, is well on its way to being the world’s only normal country.

    ICELAND RATINGS RAISED TO INVESTMENT GRADE BY FITCH
    FITCH UPGRADES ICELAND TO ‘BBB-’; STABLE OUTLOOK
    FITCH DOES NOT EXPECT ICELAND TO SLIP BACK INTO RECESSION
    FITCH SAYS ICELAND GOVERNMENT DEBT PEAKED AT 100% OF GDP IN ’11
    Too bad the Goldman colony of Greece (and soon everyone else – thank you first lien « bailout » debt) will not see headlines such as these written about it any time in the next century.

    À transmettre à toutes vos relations !

    http://www.zerohedge.com/news/meantime-iceland-winning

  4. anita

    http://www.guardian.co.uk/science/2012/feb/12/black-scholes-equation-credit-crunch?CMP=twt_gu

    Was an equation to blame for the financial crash, then? Yes and no. Black-Scholes may have contributed to the crash, but only because it was abused. In any case, the equation was just one ingredient in a rich stew of financial irresponsibility, political ineptitude, perverse incentives and lax regulation.

    • Ce que je pense de l’équation de Black-Scholes (Intervention au séminaire « Finance, Ethique et Société » à l’Institut Catholique de Paris – I déc 2011) :

      Transcription :

      L’exemple du modèle de Black et Scholes

      La composition du personnel qu’on recrutait au début des années 90 dans les banques était en train de changer, pas le personnel des agences des quartiers, mais au siège des grandes banques, là où se faisait la réflexion des politiques en général, le personnel était en train de changer.
      La raison pour laquelle ce changement était en train d’opérer, c’est que jusqu’à ces années, jusqu’au milieu des années 80, les gens qu’on recrutait dans les banques étaient soit des gens qui avaient une formation de comptable, soit des économistes et ils opéraient à l’intérieur de cet environnement. Sont apparus de modèles et en particulier le modèle de Black-Scholes qui a été inventé en 1975, date ou l’article qui le décrivait a été publié.
      À partir de là sont apparus des modèles de plus en plus complexes qui ont demandé à ce qu’on recrute des gens avec des profils un peu différents : des profils plus pointus justement du point de vue de l’utilisation des modèles.
      Mais ce qui se passait c’est qu’on recrutait des gens un peu différents, notamment dans les salles de marché, là où se faisaient des opérations sur des instruments financiers les plus pointus. Le modèle de Black-Scholes était sans doute le premier. Oui il y avait des choses qui avaient été faites par des gens comme Markovitz ou comme Fama en termes de modélisation : le théorie du portefeuille efficient ou efficace, en termes de diversification et de réduction du risque, mais le premier grand modèle en finance est le modèle de Black et Scholes qui permet de définir le prix d’une option.
      Il faut savoir que c’est un modèle emprunté à la physique, en fait c’est un modèle de diffusion des gaz, qui était simplement adapté au calcul du prix de la prime exigée pour l’instrument financier qu’est une option.
      Ce qui est intéressant, c’est qu’il y avait d’autres manières de calculer une option auparavant et je me suis ainsi, à une époque, amusé à faire le calcul simplement à partir de la combinatoire, à partir de la théorie des probabilités.
      Le modèle de Black et Scholes, qui est un modèle emprunté à la physique, c’est un bon exemple de réflexion sur ce qui a pu se passer, parce que c’est un modèle dont on sait qu’il présente une erreur, on le sait depuis 1975. Mais ce qui est très intéressant c’est qu’on a continué de l’utiliser imperturbablement : on a ignoré le fait qu’il y a une erreur grossière à l’intérieur du modèle et on a continué de l’employer.
      Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de moyens, parce qu’il y avait des moyens beaucoup plus simples, ce sont en fait les méthodes employées par Pascal, Bernoulli, etc. au tout début du calcul des probabilités, qu’on peut utiliser et, je me suis effectivement amusé à une époque à faire le calcul du prix d’une option à partir des moyens classiques, mis au point au XVIIe et au XVIIIe siècle et qui donnent des résultats qui ne présentent pas l’anomalie que l’on trouve dans le modèle de Black et Scholes.
      L’erreur du modèle de Black et Scholes, on appelle cela le smile, le sourire, c’est-à-dire qu’en fait, il y a une variable, la variable de volatilité et qui est associée à l’intérieur du modèle… Quand on utilise le modèle on s’aperçoit qu’il y a des valeurs différentes pour la volatilité selon ce qu’on appelle le prix de l’exercice à l’intérieur de l’option.
      Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais la volatilité, c’est-à-dire la variation du prix, est évidemment un facteur qui ne peut pas varier, c’est un facteur qui est donné c’est un facteur qui est donné dans l’environnement où on s’occupe d’utiliser les options et par conséquent, le fait que la valeur de ce paramètre, de cette variable, soit différente selon les cas d’utilisation, montre bien entendu qu’il y a une erreur grossière dans le modèle.
      Cette erreur peut être éliminée assez facilement en ajoutant un facteur supplémentaire auquel on n’a pas pensé au moment où on a fait la transposition entre un modèle emprunté à la physique et une situation qui se présente en finance, c’est qu’en ajoutant purement et simplement une variable qui représente le profit du vendeur, on élimine l’erreur.
      Mais c’est assez typique de ce que font les économistes en général, c’est-à-dire, de considérer que les problèmes qu’ils traitent sont des problèmes d’ordre purement physique et que par conséquent, on peut utiliser des méthodes empruntées à la physique sans se poser trop de questions.
      On oublie, de manière un peu grossière comme dans ce cas-ci, que puisqu’il s’agit d’êtres humains et que, personne ne vendrait des options s’il n’y avait pas un profit qu’on peut en obtenir, il est normal qu’il y ait une variable de profit, mais on n’y a pas pensé, personne n’y a pensé.
      J’ai fait, et je crois que c’est dans mon livre qui s’appelle « Le prix » (Le Croquant 2010 : 261-262), j’ai fait une petite illustration en ajoutant la variable profit, et qui montre qu’à ce moment-là l’anomalie disparaît.
      Mais ceci dit, ce qui est très intéressant, c’est que, depuis 1975, on utilise dans les salles de marché, le modèle avec l’erreur et on s’est simplement adapté à l’erreur : on parle de volatilité implicite comme étant une valeur qui peut effectivement varier. Ce qu’on a fait, puisque cette variable a une valeur fausse, c’est qu’on prend cette valeur là, comme étant non pas ce qu’on appelle une variable d’état, dont on ne peut que constater la valeur, mais comme une variable de contrôle, qu’on ajuste à sa guise, et que c’est de cette manière-là qu’on utilise le modèle, c’est-à-dire qu’on décide arbitrairement d’une valeur à attribuer à cette volatilité implicite et on utilise le modèle à partir de cela.
      Et cela en soi est très intéressant, car ce modèle de Black et Scholes cesse d’être un modèle mathématique, puisqu’il est employé de manière purement intuitive, pour devenir une sorte d’instrument rhétorique, mais dont le fait qu’il y a dans son arrière-plan un instrument physique, bien que celui-ci ne fonctionne pas, est considéré comme une preuve de scientificité de la pratique qu’on a adoptée.
      Et je crois que, c’est une des questions tout à fait générales : ce qui nous a trahi dans les années 2007-08, c’est le fait que nous nous sommes retrouvés tout à coup avec des instruments dont on avait l’impression que c’étaient des instruments qui étaient d’une grande précision, qui étaient extrêmement fiables et le fait qu’on avait attribué des prix Nobel d’économie, ou plus exactement des « prix à la mémoire d’Alfred Nobel, décernés par la banque de Suède », ce qui en est le titre exact, avait confirmé que le savoir qui était produit par ces personnages était en fait un savoir de type scientifique.
      Mais c’est cela la découverte que l’on fait quand on travaille dans la finance : c’est qu’il y a un savoir qui est un savoir qui a véritablement été produit par la recherche, mais qui n’est en réalité pas utilisable dans la pratique. Le plus curieux, c’est sur quoi je viens d’attirer l’attention, c’est qu’on s’en était accommodé extrêmement bien.

      • CriCri

        Bonjour Paul Jorion,
        Je parie qu’il y a un problème au niveau des conditions limites, et les problèmes s’amplifient à une itération élevée.

      • Al

        D’accord mais dans ce cas… pourquoi agir ainsi…?

        Est-ce juste de l’ignorance, un goût pour « l’à peu près » ou par calcul (volontairement)…?

        Et si c’est volontairement… était-ce pour garder la possibilité, le moment venu, de se dédouaner en expliquant que l’outil n’était pas « scientifique » et que s’il y a eu erreur, ça n’était pas de leur faute… (bon moyen pour tenter des actions risquées, voire malhonnêtes, tout en n’en assumant pas les catastrophes…)
        Et si c’est cela… était-ce conscient ou de l’ordre de « l’act manqué »…?

        A-t-on affaire à des Machiavel ou bien à des enfants gâtés jouant avec des allumettes…?

      • anita

        Merci beaucoup !
        A nos jours, on dirait que la formule « science fiction » continue à remplir leurs poches !
        Pour la réduction du risque de non remboursement (ou pour payer leurs erreurs/pertes) ils comptaient sur « la pratique » des Etats (citoyens) ?
        En tout cas, deux mauvais coups sur les gens et l’économie réelle.

      • Je m’en souviens, sans me rappeler assez une émission fin 2007 (plus tard…?), quand des journalistes convoquèrent des mathématiciens pour transmettre quelque perception de l’idéal algorithmique, poursuivant l’idée de la possible mise en cause des mathématiques dans la crise financière advenue…
        Ce dont je me souviens très bien, c’est qu’un des mathématiciens présent aux débats expliqua alors ceci:
        « Jamais un financier ne nous a demandé d’intégrer un facteur relatif à la spéculation dans nos calculateurs, et, bien que nous en ayons soutenu l’opportunité, cela resta lettre morte…
        Intégrer un tel facteur est simple, à vrai dire très peu coûteux en développement informatique… »

        NOTE:
        Ce ne sont pas exactement les termes dits, ce sont les termes entendus et ressortis de ma mémoire alors marquée, si fait je ne mènerai pas l’enquête pour retrouver le podcast de cette antique émission, mais cela peut sans doute être fait….

    • Je viens de lire l’article. L’auteur est mathématicien, il n’est apparemment pas familier de la finance et sa conclusion que l’équation de Black-Scholes est responsable de la crise « Oui et non », est essentiellement due au fait qu’il n’en sait rien. On n’aurait pas dû lui demander son opinion : il ne connaît pas le sujet. Il affirme même que l’équation ne pose aucun problème : il n’est pas au courant de l’erreur que révèle le « smile ».

      • Léoned

        Je parle ici en tant que professionnel (prof de maths) :

        Ne faites jamais confiance à un mathématicien !

        Même s’il ne se trompe pas dans ses calculs (ce qu’à la rigueur on pourrait lui pardonner), il oublie 99 sur 100 de vérifier que les hypothèses de départ sont valides !

        Un exemple ? Ce que certains appellent la micro-économie. Vérifiez par exemple les hypothèses à la base des « calculs » sur les isoquantes, et vous verrez !

      • l'albatros

        Question subsidiaire :

        est-ce que les opérateurs utilisant le modèle Black-Scholes comprennent parfaitement le modèle ou bien est-ce une recette magique dont les opérateurs connaissent chacune des étapes sans se soucier de la cohérence et de la finalité du modèle ?

      • anita

        Le texte (formule) et le contexte (finance). Merci

      • Mathieu

        @l’albatros

        Aucune idée.

        Une chose est sûre, de nombreux épargnants français (pour ne parler que de ce que je connais), petits comme moins petits, sont gavés de « Black&Scholes » (fonds structurés miraculeux, surtout en terme de rentabilité pour les établissements emetteurs) dont la « performance » hypothétique ne dépend que de cette belle équation…  » :) « 

      • Léoned

        @ anita

        Jette juste un œil là-dessus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Black-Scholes

        et tu verras pourquoi tu ne peux guère espérer une réponse simple !!

      • liervol

        La finance ce n’est rien d’autre que du marketing, c’est pour ça qu’utiliser une formule prix Nobel ça compte plus que sa réalité parce que ça fait bien.

      • Dissonance

        @l’albatros

        A-t-on besoin d’être ingénieur en mécanique pour pouvoir utiliser sa voiture? C’est la même question que la votre, appelant une même réponse.

      • vigneron

        Un taux de rendement garanti et défiscalisé supérieur au taux d’inflation sur de l’épargne réglementée de bons pères de familière, ça fait peut-être pas appel à du Black-Scholes, mais franchement, est-ce bien raisonnable ? Hein les p’tits pères ?
        Du 100 % de rendement en moyenne en dix ans sur tous les contrats d’ass-vie « à la française » en euros, mieux que le total return fund Pimco de Bill Gross, est-ce bien raisonnable, Black-Scholes ou pas Black-Scholes ? Hein les p’tits pères/p’tites mères ?

  5. FreeDem

    Les loups ont exfltré un de leurs renard-laquais, qui s’était fait piégé dans le poulailler.

    Quant aux mille milliards de dollars disparu du bilan de la Fed, je vous trouve bien taquin Paul.

    L’affaire m’était pourtant apparue aussi transparente que du verre (à ne pas confondre avec Dewaere -Patrick- le jeune journaliste qui se lance dans une enquête qui va le mener jusqu’aux portes d’une multinationale, dans le film Mille milliards de dollars.
    ;-)

  6. Renaud Bouchard

    Madoff, amateur…
    Il me semble urgent de mettre en place une Cour financière internationale pour juger Etats et agents auteurs de crimes économiques à l’échelle mondiale.

  7. Rick

    6 000 milliards de dollars de faux bons du Trésor américain saisis en Suisse!
    S’encombrerait-on d’une telle masse de virtuel s’il n’y avait pas l’équivalent en réel là-dessous?

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/02/17/6-000-milliards-de-dollars-de-faux-bons-du-tresor-americain-saisis-en-suisse_1645012_3222.html

  8. Lemmerdeur

    Question naïve : Quelle est le degré de consanguinité entre l’Etat US et une banque comme Goldman Sachs ?
    Bav

    • Charles A.

      Le maitre de la Maison blanche, comme de l’Elysée,
      peu importe qui dirige la troupe qui joue la comédie de l’Alternance,
      Mitterrand, Bush, Jospin, Obama, Hollande, Romney, Mélenchon, Sarko ou autre,
      c’est pas Goldman Sachs, ou la BNP, ce qui releverait de la légende du complot,
      mais une classe, dont font partie tous les capitalistes
      (ceux qui seuls peuvent acheter l’outil de travail et font travailler les autres).
      Ils sont en concurrence, et s’unissent dès qu’il s’agit de défendre leur classe.
      A nous, le camp du travail, d’en faire autant, pour imposer la démocratoie réelle!

      • Garorock

        @ Charlie

         » A nous, le camp du travail… »

        C’est quoi ça, le camp du travail ?
        C’est le Nouveau Parti cApitaliste à l’attaque des travailleurs du camp de la sieste?

      • Lemmerdeur

        Oui, le con plisse… Je vous prie de m’excuser, ceci n’était qu’une ruse de forme… Au delà de mon affection immodérée pour la femme, ma question était une affirmation interrogative… Il est évident qu’ils couchent ensemble depuis avant ma naissance ! C’est dire ! ;o)

  9. Philos

    Merci encore paul (on ne dit jamais assez merci, sans devenir obséquieux bien sûr), mais chaque semaine(ou plusieurs fois par semaine), plus particulièrement le vendredi, je me dis que je vais avoir un bol d’air frais d’intelligence et d’échanges prolifiques en lisant le blog et vous écoutant.Oui, vous avez raison, cette machine économique est plus que malade, à l’agonie, »ça fait déjà 150 ans que Marx les avait avertis… » dit izarn.Mais, bon, voilà, combien de temps faudra t’il encore attendre ? Que quelques milliardaires se mettent à vraiment en avoir assez de se balader dans leurs luxueuses propriétés entre eux, et se disent à quoi ça sert d’avoir autant amassé puisqu’enfin, mes proches et ma famille seront en mesure de mener une vie matérielle plus que décente(!!), mais ils seront entourés d’une masse immense de gueux serviles accablés par les gains de productivité, des salaires en berne, et des perspectives pas franchement optimistes…Alors, oui, à quoi ça sert tout ça, être avec ses oeillères, et voir en fait les guerres, les conflits arriver- je ne crois plus en des révolutions du changement dans nos pays occidentaux, et puis pourquoi faire la guerre aujourd’hui ?? – ou bien attendre que le système s’effondre de lui même, assommé par sa vacuité, inexorablement. Que ces « puissants »ou présumés comme tels, se disent qu’enfin, il faudrait que le système tourne un peu rond, non ? Qu’enfin des hommes politiques se disent qu’il faudrait vraiment faire quelque chose de correct, non ?

    A ce sujet, voilà donc que Bill Clinton, qui même s’il a fait des erreurs, dont une énorme comme la suppression du Glass Steagall Act et ses réminiscences dans le monde entier, nous sort de jolis discours :
    « Quelle sorte de futur souhaitons-nous ? Voulons-nous un pays où nous puissions travailler tous ensemble pour faire revivre le rêve américain et reconstruire notre classe moyenne ? Quel est le moyen le plus efficace pour y parvenir ? Avec une économie forte et un Etat fort travaillant main dans la main pour renforcer les perspectives, les responsabilités et la prospérité de tous ? Ou bien avec un Etat faible et des groupes d’intérêts puissants qui dénigrent la prospérité pour tous et encouragent sa confiscation systématique par un petit nombre jusqu’à sa disparition ? C’est pourtant ce que nous promettent à terme les tenants de l’antiétatisme et de l’idéologie du « chacun pour soi ». »

    Le constat est le même en France,les rendements excessifs et privatifs qui inondent d’argent là oû il y en a trop sont inutiles et pour un petit nombre sont criminels, il tuent la valeur ajoutée du travail au profit complétement déséquilibré du capital pour un tout petit nombre au détriment de l’immense majorité et d’un bien être collectif, seul et vraie possiblité de progrès, de paix et de justice pour tous, plutôt que la guerre et la médiocrité répétée par les tenants de l’ultralibéralisme, de l’ultraconnerie et de l’ultrabêtise.Ceux qui pensent toujours à prendre, unilatéralement, sans jamais donner, ou bien alors des miettes.

    Alors, quand est-ce qu’on prend enfin un chemin qui mène quelque part, et pas dans des impasses successives messieurs les « puissants »???….car les réponses, elles existent !!http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fidees%2Farticle%2F2012%2F02%2F14%2Fremettons-nous-au-travail-de-bill-clinton_1643197_3232.html&h=TAQG0DuzeAQHbh9Qawy5R4GTFvEncKImhrSLJme9Fv5RBsQ

  10. Al

    Moi, ça me parait normal… (et j’ai pas dis juste…. ni éthique, ni prometteur… juste normal…)

    Si l’on considère le système financier comme un code…. une pure production mentale, basée sur rien (et surtout pas sur l’intérêt général)… ou comme d’une arme pour asseoir son pouvoir, sa domination… je ne vois pas pourquoi, en haut lieu, on ne modifierait pas les règles quand cela les arrange….

    Normalement, la démocratie doit être transparente… et pourtant il y a le « secret défense »…

    Normalement, on ne fait pas la guerre quand on n’y est pas contraint/forcé… pourtant il y eu l’Irak pour le pétrole, le vietnam, Hiroshima/Nagasaki, l’Afganistan… etc. etc. etc.

    Le système monétaire/financier, c’est comme le code de la route… il y a des règles pour le tout venant… et puis il y a les véhicules prioritaires…

    Il y a dans nos pays occidentaux des lois… et puis il y a l’immunité diplomatique…

    A ce niveau là, il est inutile de brandire l’argument « honnêteté »…. le pouvoir a ses raisons que la morale ignore…
    Non… à ce niveau, il faut juste penser « efficacité »… et « légitimité »….
    Les USA sont censés être une démocratie… Le pays doit agir pour le bien de tous, et ça fait longtemps que l’on sait que ça n’est pas vraiment le cas…
    C’est une dictature d’un certain nombre sur la majorité… entre les deux, des pousse-mégots en récupèrent les miettes et s’en trouvent contents… ils grossissent donc les rangs du « certain nombre » en les servant, en les soutenant…
    Et comme se sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire… les nouvelles générations sont éduquées dans le sens de cette histoire-là…
    On ne les forme pas pour qu’ils améliorent le système en place… mais pour qu’ils y croient, qu’ils le défendent…

    La question est donc… est-ce que malgré toutes les combines, toutes les injustices, tous les arrangements avec les lois… est-ce que ce système pourra continuer…?
    Est-ce que le pouvoir va réussir à garder son pouvoir…?

    Autre question… Est-ce que si ce pouvoir était sûr que tout va s’écrouler… il tenterait de « refonder » le système pour sauver ce qu’il y aurait encore à sauver… et limiter les frais, ou est-ce que plus personne n’en aurait de toutes façons la capacité……?
    Est-ce de la mauvaise volonté, de la bêtise, du calcul… ou tout simplement de l’impuissance…?

    • Martine-Bxl

      Est-ce que si ce pouvoir était sûr que tout va s’écrouler… il tenterait de « refonder » le système pour sauver ce qu’il y aurait encore à sauver… et limiter les frais, ou est-ce que plus personne n’en aurait de toutes façons la capacité……?
      Est-ce de la mauvaise volonté, de la bêtise, du calcul… ou tout simplement de l’impuissance…?

      Comme Paul le voit venir, si nous ne bougeons pas très vite,…. Ils vont finir par nous faire « une bonne guerre » afin de remettre leur système en place :-(

    • Philos

      Al, pour tenter de donner une réponse à votre interrogation, je voudrais citer quelques défricheurs de la vérité, tout d’abord Albert Eistein qui disait : »On ne peut pas résoudre un problème complexe au niveau de conscience oû il a été crée ».Donc, ne pas évoluer n’est pas un facteur d’adaptation et de résolution de situations inédites, sauf à considérer qu’il n’y a pas de solutions ou qu’on y apporte toujours les mêmes remèdes !
      Ensuite, un frein à l’évolution est effectivement l’insondable capacité d’inertie de certains, incapables d’évoluer, figés dans le formol, la peur ou le moindre changement, accrochés à leurs certitudes, et ça s’appelle la bêtise à mes yeux, et sans me prendre pour ce que je ne suis pas, je crois qu’elle est largement répandue.Je trouve ça terrible et affligeant, surtout pour construire une société, c’est un frein inouî.L’incroyable Albert disait encore, avec son humour si caractéristique: »Il y a deux choses qui sont infinies, la bêtise humaine et l’univers, concernant ce dernier, je n’ai pas encore acquis de certitude absolue »….Tout un programme, malheureusement.
      Nous sommes donc condamnés à évoluer, et c’est bien, ça ne me gène pas.On devrait tous en être conscients, rien n’est figé, mais en matière de rapport sociaux, je constate que ce ne sont pas les lois de la connaissance et du savoir qui prédominent, mais souvent les rapports de forces, toujours en faveur du plus fort, et c’est souvent là que ça coince, parceque la loi du plus fort n’est pas forcément celle de celui qui s’adapte le mieux et pour le bien.Il résiste, parce qu’il est dur, or « Partout et toujours le mou use le dur, l’eau use les falaises… » l’érodera et lui donnera sa forme,inéluctablement. « …La souplesse, et donc l’adaptabilité, prime sur la raideur »(Lao Tseu).
      C’est pour celà qu’il faut croire en ses convictions et imprimer sa marque.
      Le pouvoir doit changer, s’inspirer des forces contraires de la nature,celà vous paraîtra peut-être utopique, naïf, mais pas du tout, là aussi il faut changer de cadre pour rétablir l’équilibre des forces, mais le cadre est en chacun, les institutions ne peuvent qu’en être le reflet.
      Raymon Aron disait que « Les hommes font leur histoire, même s’ils ne savent pas l’histoire qu’ils font », tentons au fil des cycles, d’en faire des cycles vertueux.Les civilisations sont mortelles, on le sait, si la nôtre s’écroule par sa décadence, et bien qu’elle s’écroule à défaut de se renouveler et s’adapter sans cesse en respectant les équilibres fondamentaux de la vie, et non pas en les ignorant superbement.

      • Al

        J’aime beaucoup le passage du souple qui érode le dur… ça me plait bien comme image et bizarrement je m’y retrouve… je n’avais tout simplement pas formulé la chose, juste je vivais pas très éloigné de ça…

        Et puis c’est vrai que l’idée de renouvellement des cycles, ça me va aussi… mais quand même, un petit bémol… si ça ne me dérange pas plus que ça que le monde s’écroule, ça me ferait quand même chier que ce soit à cause de cocaïnomanes incultes et puants de la City ou de Wall Street… J’sais pas pourquoi, j’pardonne plus facilement à la nature qu’aux hommes… peut-être parce qu’ils refusent leur nature… allez savoir
        En tous cas, merci pour ce moment de sagesse et de douceur…

  11. dissy

    Vers un impôt minimum pour les sociétés en Belgique?

    « Je ne trouve pas moralement justifiable, par rapport à tous ceux qui font des efforts, qui paient des impôts, qui travaillent dur, que des sociétés ne paient pas d’impôt. Des banques, des grosses sociétés qui ont pignon sur rue comme Inbev, Solvay… Ils contournent les mécanismes fiscaux. Il faut leur imposer un prélèvement »

    http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/article/720460/onkelinx-un-impot-minimum-pour-les-societes.html

    Impôt minimum: « Le gouvernement doit d’abord se pencher sur les économies » .

    http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/article/720506/impot-minimum-le-gouvernement-doit-d-abord-se-pencher-sur-les-economies.html

  12. Lazarillo de Tormes

    Les anomalies statistiques sont des fils d’Ariane passionnants. Elles sont rares et méritent donc qu’on y lance l’hameçon car quand ça mord c’est presque toujours du gros.

    On parle aux US d’interventions régulières du « plunge protection team », une extension gouvernementale qui interviendrait ponctuellement sur les marchés pour les influencer à sa guise. Cette théorie est le plus souvent rejetée avec véhémence par l’establishment qui la qualifie de thèse conspirationniste. Je suis étonné que la modération vous ait laissé poster ce billet ;-)

    Observez la réaction des chiens de garde de CNBC, pompiers de service, après que l’invité en question prononce « plunge protenction team » au curseur 2.34: http://www.youtube.com/watch?v=BHZ5AJHiGBg

    Heureux de savoir que vous avez une boîte à anomalies. J’en ai moi-même une étiquetée Goldman Sachs. Elle est sur le point de déborder ce qui m’inquiète car une anomalie statistique par trop récurrente, n’est-ce pas une norme?

  13. danmaru touvabien

    il n’ y a pas de différence entre les vrais et les faux bons du trésor us.
    c’est toujours de la fausse monnaie.

  14. JEFF

    « Jeudi en fin de journée, dans un jugement d’une seule page, la Cour d’Appel américaine du Second Circuit déclare que la condamnation de M. Aleynikov doit être annulée et qu’il devrait être acquitté ; la Cour ne donne pas ses raisons. »

    Et qu’en a pensé M. Troy Davis ?

  15. Mathieu

    C’est que la justice américaine semble aussi bordelique que les marchés… ou l’inverse ? Ou bien sont-ils consanguins.

    Lecteur réscent du blog, je découvre le dossier Aleynikov (je devais être de repos au soleil à sa sortie), et reste sans voix devant la petite boite à anomalie de Paul Jorion datée de Juillet 2009.

  16. Sans sombrer dans la théorie du complot, c’est vrai qu’il y a eu une collusion incroyable entre les milieux d’affaires et les banques centrales ces 20 dernières années

    cf. ce document incroyable des professionnels du LBO américain qui remercient, sans se cacher, Greenspan pour sa politique monétaire aberrante http://bit.ly/yozg5C ! C’est vrai que ce n’est pas parce que c’est du vol qu’il ne faut pas dire merci

    cf. aussi notre tribune au Figaro avec Olivier Hersent pour pointer (enfin) la responsabilité accablante des banques centrales

    http://www.guillaume-sarlat.fr/2012/02/le-traite-budgetaire-europeen-passe-a-cote-du-sujet/

  17. JeanLuc

    Quelles peuvent bien être les raisons de l’annulation soudaine de cette condamnation de Sergueï Aleynikov ?
    Goldman Sachs aurait soudainement besoin de son programmeur en chef peut-être ?

  18. Marc Peltier

    Ah ça, Paul, suggèreriez-vous que votre fameux proverbe :
    « N’attribue pas à malice ce que connerie explique parfaitement! » © ;-)
    dit aussi « Rasoir de Jorion » ;-)
    est ici en défaut ?

    Vous filez du mauvais coton : vous allez finir complotiste!

    • La Cour d’Appel va nous expliquer pourquoi il ne s’est en réalité rien passé, pourquoi c’est accidentellement qu’on avait ouvert un tribunal un jour de fête nationale pour inculper Aleynikov. Il faudra lire l’explication attentivement, sans se laisser impressionner inutilement par des détails non pertinents comme le fait qu’il s’agisse de la compagnie Goldman Sachs, ou par la double nationalité états-unienne et russe d’Aleynikov.

      • Subotai

        Ce qu’il ne dira pas c’est que l’Aleynikov avait planqué en Russie documents et preuves à révéler s’il lui arrivait quelque chose… :-)
        Mais je spécule, je spécule… re :-)

  19. Genetais

    La mafia s’intéresse aux bons du Trésor américain

    Par Hayat GazzaneMis à jour le 17/02/2012 à 18:38 | publié le 17/02/2012 à 17:20 LE FIGARO

    La justice italienne a mis la main sur 6000 milliards de dollars de faux bons émis par un réseau criminel international. Même si elle est la plus importante jamais réalisée, cette saisie n’est pas la première en Italie.

    En cette période de turbulence sur les marchés de la dette européenne, les bons du Trésor américain suscitent les convoitises des réseaux mafieux. La justice italienne vient ainsi de saisir des faux bons d’une valeur de 6000 milliards de dollars, jalousement gardés dans trois coffres-forts en Suisse.

    Cette saisie résulte d’une enquête lancée sur les clans mafieux dans la zone du Vulture-Melfese, dans la région de Basilicate (sud du pays), a expliqué le procureur du tribunal de la ville, Giovanni Colangelo. L’enquête a permis de mettre au jour «un réseau international autour de ces titres avec des personnes impliquées dans de nombreux pays», ajoute le magistrat. Cette opération est «la plus grande jamais lancée dans ce type d’enquête». Huit personnes ont pour l’instant été arrêtées en Italie.

    [...]


  20. « pour ce qui est d’examiner pourriez-vous reposer votre question ? »
    une somme intraçable de mille milliards de dollars dans le bilan de la Fed
    « pour ce qui est d’examiner pourriez-vous reposer votre question ? »…

  21. La libéralisation des échanges et capitaux, ainsi que le proclamait si justement Alphonse ALLAIS, au demeurant seul prix NOBEL français d’économie…

    …ne profite qu’aux multinationales qui en tirent d’énormes profits !

    A niveau de développement social et économique « trop différents » , cela n’entraine que CHOMAGE, REDUCTION de la CROISSANCE et MISERES de toute sorte !

    Et quand s’y ajoute une « gabegie » du gouvernement en place…c’est ce que nous vivons si durement et qui était prévisible avec un peu de BON SENS

    • vigneron

      Môôrice pas l’Alphonse, l’Arielle…Touchez pas à Alphonse miladiou ! Sacrilège ! l’Alphonse qu’était d’un autre calibre que votre tout petit petit petit Môôrice.
      Et d’ailleurs l’Alphonse avait aucun goût pour la moisissure protectionniste.
      Un certain économiste libéral-colonialiste-protectionniste de ce temps là, Leroy-Beaulieu, eut à éprouver l’esprit d’Allais qui lui consacra un texte…
      « Nos boulangers ont des difficultés à vendre leur pain parce que les Allemands en font du moins cher. Paul Leroy-Beaulieu un garçon intelligent, a eu une idée ingénieuse : il suffit explique-t-il, de rendre le pain allemand plus cher par des droits de douane afin que les boulangers français puissent continuer à vendre le leur à un prix inchangé. »
      Oh comme j’aurais aimé que l’Alphonse connût cette baderne d’économiste homonyme de Môôrice ! Comme nous aurions ri de ce triste schnoque et de ses déprimants disciples…
      Et attention ! L’Alphonse, c’etait aussi l’avant-avant-garde de la peinture et de la musique contemporaine !
      Alphonse Allais est l’auteur des premières peintures abstraites  : ses monochromes comme récolte de tomates sur le bord de la mer rouge par des cardinaux apoplectiques, présentés au salon des Arts Incohérents, précédent d’une génération le carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch.
      Il est aussi, bien avant John Cage ou Erwin Schulhoff, l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».

      Allez Arielle ! Lâchez Mômô et lisez l’Alphonse. C’est beaucoup beaucoup plus pertinent, et enrichissant…

    • TARTAR

      Maurice !
      Moins drôle mais aussi un peu physicien…

  22. Charles

    La face cachée de la finance est en train d’émerger avec
    - une plainte en justice le 23 novembre 2011 aux USA portant sur 1000 milliards de dollars
    - des arrestations hier en Italie pour des contrefaçons (ce qui laisse supposer qu’il y en a des vraies) de bons du Trésor américains pour 6 000 milliards de dollars libellés en unité de un milliard (!) de dollars chacun!
    - une intervention avant-hier au parlement britannique concernant une fraude portant sur 16 000 milliards de dollars.
    On parle bien de milliers de milliards!!!
    http://www.scoop.it/t/end-financial-tyranny
    A vos calculettes!

  23. jarrige

    6000 milliards de dollars en faux bons du Trésor américain saisis en Italie (en transit vers la
    Suisse, sembe-t il –L’Alsace du 18/02/2012). Que pensaient en faire les mafieux ? L’ ordre de grandeur de ce chiffre ressemble furieusement aux montants des dettes des Etats d’Europe.

    On ne parle jamais de l’économie du crime (drogue, trafic d’arme, prostitution ) dont, pourtant,
    des études affirmaient les montants énormes;, supérieurs aux recettes de bien des Etats. Mais
    ces sommes doivEnt bien un jour ou l’autre, d’une façon ou d’une autre, se retrouver dans la fi-
    nance et l’économie normales. Avec quelle incidence, quel rôle dans la crise actuelle ? Je trouve
    étrange qu’il n’y ait jamais la moindre allusion à ce sujet.

  24. morvandiaux

    extrait :
    …Voici une nouvelle passée quasi inaperçue. Les nord-américains ont voté une loi nommée « Dodd-Franck » pour limiter les prises de risque des banques américaines. Quelle saine préoccupation ! Mais comme d’habitude quand ils prennent une mine raisonnable, c’est toujours l’indice du fait qu’il y a anguille impérialiste sous la roche des pieuses intentions. Celle-là n’est pas mal du tout. Car la dite loi ne s’applique pas seulement aux banques américaines mais, de fait, à toutes celles qui travaillent aux Etats-Unis quelle que soit leur nationalité. Ou bien qui mettent en garantie de leurs opérations des titres américains. C’est-à-dire, en fait, tout le milieu bancaire mondial. Avant de regarder ce que cela implique, notons cette habitude qu’ont prise les Etats-Unis d’obliger tout le monde à se conformer à leur législation. C’est une autre façon d’exprimer qu’ils se donnent le statut de maîtres du monde ! C’est avec cette méthode qu’ils parviennent à imposer le blocus de Cuba, pourtant condamné par les Nations Unies, à tous les fournisseurs et transporteurs du monde. Je reviens à cette législation pour contrôler les prises de risques. Donc, dès qu’une activité est réputée trop risquée, couic, elle est sanctionnée. Qu’ils fassent comme ils veulent chez eux c’est bien leur droit. Mais de quel droit par contre viendraient-ils sanctionner une transaction faite entre deux banques européennes en Europe au motif de leurs contreparties en titres nord-américains ? Bizarre ! Surtout que certains titres spécialement dangereux ne sont pas inclus dans le périmètre des sanctions potentielles. Lesquels ? Ceux de la dette fédérale des USA ! Gros malins ! Et l’inverse ? C’est-à-dire la possibilité pour les banques européennes de proposer aux Etats-Unis des titres de dette d’états européens ? Sur ce point il n’y a pas de garantie. Tout simplement….
    la suite :
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/02/18/sarkozy-veut-un-regime-plebiscitaire/

  25. dissy

    Adieu Portugal! L’espoir est en Suisse
    Le Portugal est en récession. La plus grave depuis les années septante. Une cure d’austérité a été imposée par le FMI et l’Europe. Le salut ? La Suisse ! C’est la conséquence de la crise : on assiste à un nouvel exode des Portugais vers notre pays. Depuis quelques mois, les immigrés installés en Suisse sont sollicités par leurs compatriotes restés au Portugal pour lesquels vivre avec un salaire de 500 euros par mois est devenu impossible.

    Quand c’est possible, la solidarité entre Portugais fonctionne. Il y a quelques mois, Joaquim a aidé son ami Hernani à trouver un travail en Suisse. Quelques mois après son arrivée, Hernani est sollicité par sa sœur. Vivre avec un salaire de 500 euros par mois, un peu plus que le salaire minimum, est devenu impossible au Portugal, où les prix ne cessent d’augmenter. Alors, tout le monde ne rêve que d’une chose : partir.

    Aujourd’hui, même les jeunes universitaires ne trouvent pas de débouchés. Pour travailler, il faut migrer. C’est le cas des infirmiers qui n’ont aucune perspective dans leur pays, alors que la Suisse cherche du personnel soignant diplômé. Des agences de recrutement, mandatées par exemple par le CHUV à Lausanne, auditionnent des candidats au Portugal pour les hôpitaux suisses. C’est le cas de Leslie. Pour elle tout s’est fait très vite. En une semaine elle a tout quitté au Portugal dans l’espoir d’une vie meilleure en Suisse. Un reportage poignant tourné en Suisse et au Portugal.

    http://www.tsr.ch/emissions/temps-present/immigration/3664069-adieu-portugal-l-espoir-est-en-suisse.html

    • Garorock

       » hé bin on ira se faire soigner en suisse!
      C’est pas beau ça, le libéralisme! Ils apauvrissent les pays pauvres pour enrichir les pays riches!
      Bon y’en a un peu plus, Madame Michu, j’vous l’ met quand même ? »

  26. Asclepios

    A-t-il déjà été question sur le blog du film de Darren Aronowski, Pi?

    Au delà de ses qualités esthétiques propres, et abstraction faite de sa partie « romance » sentimentale, ce film qui date de 1999, si je ne m’abuse, ne soulève-t-il pas matière à réflexion eu égard à ce que nous vivons aujourd’hui?

  27. Asclepios

    Merci pour le lien.

    Effectivement, la discussion n’est pas poussée, alors que le problème posé par le film devrait interpeler, à tout le moins les programmateurs, à défaut des autres…

    Un passant expose bien le propos de la fiction, mais sa question finale élude le problème fondamental.

    Ce qui me laisse songeur, c’est d’abord le degré de lucidité des opérateurs dans le secteur financier, en fonction de leur positionnement hiérarchique. Il n’y a pas de raison de dénier à des techniciens de haut niveau une telle lucidité, contrairement aux chercheurs en science fondamentale. Il y a là un abyme d’ordre moral…

    Ensuite, c’est le fonctionnement de l’ensemble de la structure financière sous le régime du secret: je ne veux pas parler de l’opacité de la technique pour qui n’y est pas initié, logique somme toute, mais du contrôle social des fins dernières de la technique, qui interroge également sur la lucidité des politiques.

    Plus que de cadre politique ou scientifique, c’est de cadre moral qu’il faudrait changer… n’est-ce pas?

    Or, qu’est-ce qui peut faire changer un cadre moral?

  28. [...] background-position: 50% 0px; background-color:#222222; background-repeat : no-repeat; } http://www.pauljorion.com – Today, 10:55 [...]

  29. karluss

    alors on peut pépère retourner arroser ses géraniums et cultiver tranquille son jardin ; c’est beau la vie !

  30. timiota

    ieeespectrum rapporte sur les jugements rendus (dont le cas Aleynikov) par les cours pénales US sur le « vol » de logiciel, avec comme enjeu l’actuelle rédaction des lois qui semble impropre à recouvrir les faits, et pour lequel les cours conseillent au Congrès de mieux faire leur travail.

    L’anomalie n’est qu’une petite fissure, mais elle se propage et montre que le monde du logiciel libre a des cartouches pour le futur alors que les institutions semblent patiner devant la nouveauté du paradigme.

    Rien hélas sur le fond des conséquences des programmes HFT de Aleynikov dans ce billet d’ieeespectrum…

    (url en clair « http://spectrum.ieee.org/riskfactor/computing/it/us-appeal-courts-opinions-throw-software-theft-laws-a-curve/?utm_source=computerwise&utm_medium=email&utm_campaign=050212)

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