L’actualité de la crise : Opacités, par François Leclerc

Billet invité.

OPACITES

J’ai hésité sur le mot à employer pour caractériser l’actualité de ces deux derniers jours, pour finalement conclure qu’opacité s’imposait sans aucun doute possible, dans ce monde où la transparence est un maître mot (pour en réalité mieux la dissimuler). Dans cette phase finale de préparation du G20, qui se tiendra le 2 avril prochain, nous sommes désormais en immersion dans un monde du silence, de manière d’ailleurs hautement suspecte, avant que ne retentissent les prochaines clameurs du sommet des chefs d’Etat. Mais, comme chacun sait, ce monde est plein de bruits étranges, que les océanographes parviennent à écouter et interpréter quand ils étudient la biologie marine.

Pendant ce prologue sous forme d’interlude, des paravents continuent d’être les uns après les autres dressés, avec comme fonction première d’occuper le devant de la scène pour mieux en restreindre la vision. L’expression d’une toute bête stratégie de communication. C’étaient hier les bonus et les dividendes, les paradis fiscaux ont pris la suite, les primes et les stock-options prennent le relais. C’est proprement indécent, surtout si l’on constate que c’est à chaque fois le même scénario qui se déroule, l’opinion publique est d’abord prise à partie, afin de partager l’indignation des politiques, ces derniers annoncent que l’on va voir ce que l’on va voir, font des effets de manche, et l’on ne voit à l’arrivée rien du tout, ou si peu. C’est aussi bien valable en France qu’aux USA, deux pays où ces tours d’esbroufe sont époustouflants, sans doute parce que c’est là que je les remarque le plus.

Si l’on prend le thème du partage des richesses agité en France par Nicolas Sarkozy, qui préconisait il y a peu le partage des profits en trois tiers, dont un en faveur des salariés, la question s’est vite dégonflée. L’idée est plus modestement devenue de distribuer plus largement les stock-options, et non pas de les supprimer, une vieille resucée de la participation, afin de faire mieux passer l’inégalité un peu trop flagrante de leur distribution.

Si l’on considère la question des paradis fiscaux, dont le « manque de coopération » n’est évoqué qu’à propos d’un aspect somme toute mineur de leur activité, à savoir la fraude fiscale des grandes fortunes (oubliant les colossaux avoirs qui y sont réfugiés via les filiales off shore des banques et des grandes entreprises), les premières pelletées de terre ont déjà été jetées avec l’annonce que les principaux « paradis » européens n’étaient plus dans le carré des criminels, des inscrits sur la liste noire de la honte de l’OCDE.

Enfin, si l’on suit l’actualité américaine et la question brûlante des primes d’AIG, on se frotte les yeux d’étonnement en lisant la déclaration de Barack Obama, expliquant qu’il n’est pas possible de gouverner sous l’emprise de la colère. Dimanche dernier, dans le cadre du magazine « 60 minutes » du réseau CBS, il a mis en garde contre la tentation d’ « utiliser le code fiscal pour punir les gens », alors que le Congrès étudie un projet de taxation des primes, sous l’effet semble-t-il de sa colère et de celle de ses électeurs.

Mais ne traiter l’actualité que suivant le thème « on nous cache quelque chose » serait un peu décevant. Et risquerait de ne susciter que nouvelles explications conspirationnistes, alors que nous avons l’extraordinaire bénéfice de vivre, presque à livre ouvert en réalité, une crise dont l’issue n’est connue comme certaine que par ceux qui ne cherchent pas nécessairement à la comprendre. Que peut-on donc déceler de ce qui se trame derrière ces paravents, tels des changements de décor opérés dans le noir et avec le minimum de chocs, dans la délicieuse attente que la lumière se fasse à nouveau, qu’elle éclaire de nouveaux décors ainsi que des comédiens, qui feront leur entrée avec comme principal choix d’emprunter les masques de la tragédie grecque, de la tragédie ou de la comédie ?

Il faut écarquiller les yeux un peu. Faire le compte des petites phrases des seconds couteaux chinois, qui comme dans le bon vieux temps soufflent publiquement le chaud et le froid sur de discrètes négociations qui, elles, ne le sont pas. A propos de l’achat des Bons du Trésor américain un jour, dont la perspective est maintenue les yeux dans les yeux, de la reprise des négociations du cycle Doha un autre, laissant espérer de nouvelles concessions permettant de les débloquer. Pour mieux masquer d’autres intentions, en premier lieu la diversification de leurs risques, et donc de leurs placements. En second des visions à plus long terme, comme on le verra plus loin.

Il faut être aux aguets d’autres petites phrases prononcées par d’autres joueurs de ce stud poker américain planétaire, avec des cartes cachées et d’autres que l’on découvre. La situation économique mondiale reste « extrêmement inquiétante et difficile », a estimé ce jour lundi à Genève Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI. Justifiant d’autant mieux par ce sombre pronostic sa préconisation insistante : « Il y a une possibilité de reprise en 2010, mais cela dépendra de certaines conditions », en particulier « des politiques audacieuses mises en œuvre par les gouvernements », précisant pour qui n’avait pas compris qu’il fallait relancer la demande, les politiques monétaires ayant atteint leurs limites. C’est exactement ce que veulent les autorités américaines et cela montre qu’ils n’ont pas abandonné l’espoir d’obliger les Européens à mettre au pot à leur tout pour soulager leur propre effort financier.

D’autres signes éclairent ce qui est en train de se jouer. François Fillon , premier ministre français, est en train de jouer les sherpas à Washington, sous couvert d’une rencontre avec Joe Biden, vice-président américain. Il s’est ainsi entretenu à huis clos avec Tim Ryan, le président de l’Association des marchés financiers et des courtiers (SIFMA), Eric Dinallo, le responsable de la régulation des assureurs dans l’Etat de New York, William Dudley, le Président de la Réserve fédérale de New-York et Bruce Wasserstein, le PDG de la banque Lazare frères. Il doit également rencontrer Larry Summers, le conseiller économique de Barack Obama et Barney Frank, président de la commission des Finances de la Chambre des représentants. Tout laisse à penser que François Fillon effectue une mission d’information en prélude au G20, qui porte sur la future régulation financière, afin de connaître les véritables intentions américaines à ce propos et d’ajuster la position française. Nous n’en saurons pas plus dans l’immédiat, sauf peut-être en écoutant la conférence qu’il va prononcer devant la Fondation Carnegie pour la paix internationale, dont le thème est « la vision française de la réponse à la crise », un intitulé très américain, donc flatteur, ont sans doute cru les membres de son cabinet, puisque les hommes politiques ont tous dorénavant des visions, ce qui n’est pas à portée du commun des mortels et les en distingue donc.

Mais venons en au morceau de choix de ce dimanche et lundi. L’annonce par Tim Geithner de son plan de sauvegarde du système financier américain, que Paul Krugman vient de qualifier dans la chronique particulièrement au vitriol du New York Times que Paul a reproduite dans son billet le plus récent, de « terrible gâchis ». Ce nouveau plan n’a en réalité pour seule nouveauté que l’habillage, il s’inscrit dans la continuation du plan Paulson d’origine, abandonné et aujourd’hui repris, renouant avec la même « philosophie ». Tout un échafaudage est en effet construit avec comme seul objectif de masquer une vérité crue et inavouable : c’est l’Etat qui, indirectement et discrètement, financera l’achat des actions toxiques, les investisseurs privés qui figureront dans la vitrine décorée par le Trésor ayant obtenu les garanties qu’ils ne risqueront rien, ou bien des compensations, probablement via des sociétés off shore. Ce qui leur permettra d’acheter à un haut niveau ces actifs, au profit des banques, puisqu’ils n’auront pas à se soucier de leur valeur future. Voilà le mécanisme, que Tim Geithner a on s’en doute présenté sous un jour plus flatteur, ne reconnaissant que l’Etat prend dans cette affaire des risques que pour aussitôt ajouter que les investisseurs privés les prendront aussi et que tout le monde bénéficiera des éventuels bénéfices de l’opération, s’il y en a… Pour ensuite ajouter que les USA n’étant pas la Suède, qu’ils ont un système financier bien plus compliqué (à un point tel, qu’il n’a pas besoin de l’expliquer) et que la nationalisation des banques, comme elle y avait été pratiquée dans les années 90 n’est pas possible. Il ne prononce même pas le mot en N., c’est dire la distance qu’il prend avec la Suède. Paul Krugman parle d’un « plan désespérant », non seulement en raison de cet habillage, mais parce qu’il estime qu’il ne marchera même pas. Un comble.

J’ai déjà modestement eu l’occasion d’évoquer les grandes interrogations, qui ne font que s’accroître, à propos des moyens de financement des plans de sauvegarde du système financier et de relance de l’économie. Des calculs impossibles destinés à optimiser un équilibre introuvable entre emprunts d’Etat et création monétaire des banques centrales. Des risques, que l’on devine moins calculés, d’inflation qui pourrait découler de cette dernière, comme s’il était puisé dans un coffre au trésor sans fond, pris par les mêmes démons et la même fièvre « court-termiste » que celle de la finance et du casino, avec le même fol espoir dans une martingale ou une bonne étoile.

Cette pièce-là n’est pas encore jouée, et l’inflation n’est pas seule inscrite au répertoire. Car on en peut en filigrane pressentir un autre enchaînement, un filage comme disent les professionnels. La menace montante qui va peser sur le statut du dollar, la recherche d’une alternative, la farouche résistance des Américains devant le risque de disparition de ce privilège exorbitant, très lourd de conséquences pour eux. Ce qui n’empêche pas, déjà, de premières spéculations, qui pour ne pas être financières n’en sont pas moins déstabilisatrices de l’ordre monétaire existant, en vue de chercher pour l’avenir de nouveaux points d’appui.

La puissance du dollar, qui sert encore de refuge tant qu’il ne se sera pas écroulé, comme le risque en grandit, comme la prochaine étape d’une crise qui ne cesse de surprendre, gèle aujourd’hui la situation. Mais pour combien de temps ? Quand va-t-il falloir, effrayé par les additions qui se succèdent, chercher une troisième voie, en se souvenant par exemple de la mécanique des droits de tirage spéciaux et de cette faculté reconnue au FMI de créer lui aussi de la monnaie ? Afin de soulager ainsi les banques centrales, dont les bilans deviennent hydrocéphales à force de tenir à bout de bras le système financier, ainsi que, petit à petit, des secteurs entiers de l’économie ? Car le marché obligataire, devenu unique roue de secours des grandes entreprises, n’est pas peuplé de bons samaritains et fait payer cher ses services, et les moyennes entreprises n’y ont pas accès. Les Américains feront, sans pouvoir se tromper à ce sujet, obstacle à cette perspective, car cela serait consacrer la chute de son trône du dollar, mais auront-ils les moyens de l’éviter ?

Certains économistes évoquent de leur côté, à propos du système monétaire international, la nécessité de substituer au dollar dans son rôle de monnaie de réserve et de référence un panier de devises, dans lequel le dollar conserverait certes un rôle, mais amoindri. D’autres élaborent un nouveau système s’appuyant sur la coexistence réglementée de différentes zones (à l’image de la zone euro), extrapolation des tentatives brésiliennes de créer une telle zone en Amérique Latine et une autre en Asie, mais là le jeu est encore plus compliqué.

Tout ceci n’est encore que du domaine de la spéculation, certes, mais les autorités chinoises ont franchi le pas, du haut de leurs coffres-forts, pour jouer leur propre petite musique. Anticipant la fin d’un règne annoncé, ils appellent à la création d’une monnaie de réserve internationale stable sur le long terme, pour remplacer le dollar, qui serait contrôlée par le FMI. Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque de la République Populaire de Chine l’a écrit et signé sur le site web de la banque, en anglais pour qu’il n’y ait aucune équivoque. D’après le Financial Times d’aujourd’hui, Qu Hongbin, économiste en chef pour la Chine de HSBC a déclaré que « c’est un signe clair que la Chine, plus importante détentrice d’actifs en dollars, s’inquiète des risques potentiellement inflationnistes résultant de la création monétaire de la Réserve Fédérale américaine ».

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78 réflexions sur « L’actualité de la crise : Opacités, par François Leclerc »

  1. D’une certaine façon, c’est un retour vers les bancors de Keynes: c’est assez habile de la part des Chinois, puisque ça peut passer pour demande altruiste. Du coup, avec un système de ce genre, pas de monnaie de réserve permettant de déverser à l’extérieur ses soucis, pas de droit de seigneuriage, mais aussi pas de soucis de desindustrialisation.

    Reste tout de même le problème de la gestion de cette monnaie, puisque si l’on veut faire un système de bancor, il faut accepter des pertes de souveraineté…

  2. Bonsoir,

    Dans un effort d’essayer d’eclaircir cette opacité ambiante, je souhaiterai vous faire part de ce que je comprends de la situation que l’on aperçoit derrière le paravent.

    Parmi les choses cachées derrière le paravent : le résultat des stress tests sur les 19 principales banques US (stress test qui ont été effectué sur des hypothèses d’evolution de la crise très oprimistes et qui ont du malgré tout montrer que certaines institutions ne pourraient pas passer l’année présente). Il y a aussi cette déclaration de Bernanke vendredi lors d’un congrés aux USA : il faut envisager (dans le sens : se préparer à) de pouvoir mettre « proprement » (cela n’est pas le terme qu’il a employé mais l’idée est là) en faillite des institutions financières « too big to fail ».

    Bien entendu le plan Geithner ne fonctionnera pas si l’on donne trop de garantie aux fonds privés qui voudraient venir « jouer le jeux » / d’un autre côté si il n’en donne pas un minimum (je pense plus au niveau de rémunération des personnels des fonds, qu’il y ait gain ou perte, qu’à une garantie sur les pertes) qui voudra venir acheter ces milliards de fonds toxiques ? D’ailleurs je ne vois pas bien où cela apparaît aussi clairement dans ces déclarations que les fonds n’auront à subir aucune perte. J’ai un peu l’impression que sans plus de détails chacun comprend un peu ce qu’il veut. Pour l’instant, je pourrai aussi comprendre, qu’il sera demandé aux fonds par de prendre en charge une partie des éventuelles pertes, ce qui change complétement la donne : cela signifie que même si le plus disant gagnera l’enchère, les prix de transactions seront tirés vers le bas et peut être à des valeurs inférieures à celles qui sont actuellement dans le bilan des banques : comme ces fonds auront à supporter des pertes, ils ne feront pas de cadeau aux banques (la seule chose c’est qu’ils seront mis en concurrence avec d’autres fonds et que ce’est celui qui proposera le prix le plus élevé qui l’emportera). C’est le meilleur moyen d’être économe avec l’argent des contribuables puisque le risque de pertes diminuera et comme l’état abondera l’investissement privé (probalement fait en partie après voir souscrit un crédit auprès de la FDIC ou de la FED) à la même hauteur (et donc à un montant moindre si ce prix est plus bas. ils ont donc tout interêt à donner le moins possible de garanties à ces fonds (sauf à supposer qu’il y a ententes, dessous de tables entre tous ces gens ; gouvernements / banques / fonds mais alors autant l’evoquer explicitement).

    Toujours est il que ce qui vient d’être dit ici, c’est que le mark to market est confirmé comme principe de valorisation des actifs . Les marchés et les financières ont grimpé sur la rumeur que ce principe pourrait être abandonné. Aujourd’hui sans bien entendu que cela soit dit explicitement, on vient d’annoncer qu’il était non seulement confirmé mais qu’il allait être dynamiser en faisant en quelque sorte rentrer le loup des fonds spéculatifs dans la bergerie et avec l’aide de l’état (c’est de la teneur exacte de cette aide que vient notre désaccord), résultat, les marchés et le financières grimpent de plus belle. allez comprendre pourquoi. Si en fait tout cela est symptomatique d’un malentendu majeur et votre présentation et celle de Krugman participe à le crédilbiliser. En soutenant que les transactions se feront à des prix « faussés » vous laisser entendre que le mark to market est mort alors même que je pense que l’intention est au contraire de le remettre en marche au plus grand bénéficie du contribuable.

    Pour illustrer mon propos : considérons plusieurs hypothèses :

    1 . il y a des fonds intéressés (avec des conditions qui ne seront pas que les pertes seront toutes pour l’état et aucune pour eux) et en qtie suffisante et alors l’objectif est atteint. Le résultat, certaines banques pourraient être en position de vendre plus bas que ce qui a dans leur derniers bilans .vendront, vendront pas ? Le résultat sera le même, un prix de marché ayant été fixé et la règle du mark to market s’opérant, vendu ou pas, il faut de toute façon déprécier les résultats, alors autant vendre dans le contexte actuel.

    2. Il n’y a pas assez de fonds et alors il va falloir assouplir les conditions de participations de ces fonds (c’est là le véritable danger). N’empêche le peu de transactions qui auront lieu vont de nouveau établir un prix de marché qui devra être suivi par les banques qui n’auront pas réussi à vendre leurs actifs par manque de contrepartie.

    On voit bien qu’il nous manque des détails sur les conditions de participations des fonds (sur les pertes / gain éventuels / conditions de prêts/ apports minimum pour le capital de la structure mixte / conditions de rémunérations des personnels, prestations de gestions des actifs) pour pouvoir conclure et le mécanisme des enchères et l’impact sur la valorisation des actifs sur lesquels il n’y aura pas eu de transactions car pas d’accord trouvé entre les différentes parties.

    Au final, il se pourraient que certaines banques se retrouvent bien vite insolvables. D’où la déclaration de Bernanke, il faut se préparer à devoir faire tomber sans trop de casse des « too big to fail ». Ces banques sont déjà identfiées via les stress test. Une possibilité alors serait de « nationaliser » les banques les plus saines (résultats là encore des stress test) et de les faire absorber celles au bord de la faillite ou des morceaux provenant d’un démentellement sous chapitre 11.

    Je pense personnellement que nous sommes encore à cet entrée dans le printemps passé pas loin d’une crise majeure du monde financier (le TED spread repartait à la hausse avant l’annonce de la planche à billet).

    L’abandon du mark to market ne résoudrait rien, nous sommes d’accord, ici et aux US, seuls les spéculateurs voulaient y voir une issue à la crise.

    Pour l’inflation que créerait l’argent imprimé de la planche à billet, je ne partage pas votre avis. Visiblement cet argent semble destiné à l’achat d’actifs toxiques. Il devra être en partie ou en totalité (plus des intérêts, modiques peut être mais c’est le principe qui compte, reversé par les fonds et l’état à la FED au fur et à mesure que les débiteurs des prêts qu’il y a derrière ces actifs rembourseront leurs dettes ou que ces actifs seront vendus à d »autres si un marché réapparaissait dans quelques années). Une fois dans les mains de la FED, cet argent imprimé à partir de rien elle pourra le faire disparaitre (retourner dans sa boite de pandore) aussi vite qu’elle l’a fait apparaitre). Où est l’inflation dans tout cela ? Tant que cela reste dans les actifs financiers en perdition adossés à des prêts pour l’achat d’actifs déjà exsitants, il ne devrait pas y en avoir. Le risque serait que cet argent ou les conséquences des « bienfaits » générés par cet argent aillent dans l’économie réelle et prenne « corps » . Je m’explique: l’intime espoir des politiques est que les banques voient leur bilans assaini et se faisant dégagent de nouvelles capacité pour prêter en même temps que la confiance se répande de nouveau dans l’economie toute entière. Le hic c’est que la confiance mettra du temps à renaître de ses cendres, que pas mal de banques n’auront pas survécue au processus de purge et que les consommateurs ne voudront pas forcément se remettre à emoprunter tout de suite d’autant qu’un cercle vertueux de remboursement des dettes, constitution d’un épargne sera en place.

    On voit donc bien que tant que l’argent de l’imprimante de la FED ne servira pas à investir directement dans de nouveaux actifs tangibles (infrastrutures, etc), le risque inflationiste est vraiment très faible. C’est bel et bien un avenir Moyen terme de déflation auquel nous allons malheureusement devoir avoir à faire face (inflation = feu que l’on peut « éteindre » par augmentation des taux / déflation = inondation que rien ne peut arrêter, il faut lui laisser faire son oeuvre et lorsque le reflux, l’évaporation a eu lieu, re construire derrière).

    Probablement n’ai je pas tout bien compris, en tout les cas c’est ma compréhension actuelle de ce que nous vivons.

    Bréhat.

  3. « Anticipant la fin d’un règne annoncé, ils appellent à la création d’une monnaie de réserve internationale stable sur le long terme, pour remplacer le dollar, qui serait contrôlée par le FMI »

    Ce qui fait la Chine, l’Amérique latine et la Russie si je compte bien. Je crois savoir que l’Algérie et l’Arabie saoudite n’ont pas du tout apprécié la décision US. J’espère que les européens se rangeront aux côtés du reste du monde contre les USA (j’ai bien dit « contre »). Avec le dollar comme monnaie de réserve nous n’avons que des coups à prendre. La France a un rôle à jouer. Le moment est historique. Il ne s’agit pas de flancher.

  4. @ brehat

    Le plan Geithner emporte en effet un strict respect du mark to market, puisque la vente aux enchères en est l’expression la plus pure. Elle devrait permettre de constater que les toxines ne « valent » pas grand-chose, puisque leur base est constituée de plusieurs années de crédit (immobilier et à la consommation) consenti à des ménages qui étaient déjà insolvables au moment de l’octroi. Et qui sont aujourd’hui complètement décavés. Il n’est sans doute pas excessif de prétendre que, pour une bonne part, les créances en cause ne valent strictement rien. Et sur cette base pourrie a été édifiée une montagne de dérivés divers et variés.

    La mise aux enchères des toxines devrait avoir pour effet de constater et entériner l’essentiel des énormes pertes aujourd’hui latentes d’un point de vue comptable : la liquidation de la dette est bien caractéristique des phases de déflation. Et il ne fait aucun doute que quantité d’établissements bancaires n’échapperont pas alors à la faillite.

    On peut penser que la stratégie projetée s’inscrit dans la méthode gradualiste qu’affectionnent les politiques en cas de gros pépin : on administre le contrepoison par cuillerées successives au lieu d’utiliser la louche une fois pour toutes, afin de minimiser la gravité du mal aux yeux du public. Et d’espérer entretemps un miracle, au prétexte que le pire n’est jamais certain. Mais au final, la maladie dure plus longtemps et fait davantage de dégâts.

    Le plan Geithner peut être considéré comme l’ultime tentative de sauver « l’ancien monde », sans mettre en cause l’hégémonie de la finance qui le caractérise et les prérogatives du dollar qui le soutiennent (mal). Si le plan est reçu comme crédible, il aura normalement des effets déflationnistes résultant du maintien d’une valeur excessive de la monnaie américaine. D’autant plus excessive que la FED sera bien obligée de poursuivre une création monétaire forcenée pour réamorcer l’activité.

    L’inflation serait ainsi repoussée à une phase ultérieure, et lorsque la confiance dans le dollar finira par disparaître, alors la création d’une nouvelle monnaie de réserve s’imposera d’elle-même, face à la défiance généralisée devant (toutes) les monnaies.

    Il est donc bien possible que l’enjeu majeur des temps présents soit la mise en place rapide de cette nouvelle monnaie, comme le suggèrent la Russie, la Chine et d’autres, s’accompagnant de la liquidation de la dette et mettant un terme à un système-dollar devenu intenable pour tout le monde, sauf… les Etats-Unis, bien sûr.

  5. Il y a une autre interprétation :

    J’ai lu quelque part, mais je ne sais plus où, que les « stress tests » devaient durer jusqu’à la fin de ce mois ; qu’il n’y soit plus fait référence est toutefois un peu surprenant, c’est vrai. Quoi qu’il en soit, il sera toujours possible de leur faire dire ce que l’on veut, ce sont avant tout des instruments politiques permettant d’habiller convenablement des complexes négociations qui ne seront pas rendues publiques. (Je te déclare tant d’actifs pourris et tu me trouves des investisseurs qui vont les acheter via un fonds mixte au sein duquel je vais les garantir de leurs pertes. Tu t’arrangeras avec eux pour les petits détails de l’opération entre vous, car tout le monde doit bien vivre).

    Le mécanisme du plan Geithner est opaque et c’est toute sa raison d’être. Afin de présenter sous la forme d’un partage équilibré des risques ce qui ne le sera pas, grâce à des « clauses secrètes », alors que la notion même de cet équilibre est déjà cadeau pour les investisseurs privés impliqués dans les fonds qui vont être crées et les banques qui vont être sauvées (entre nous, ce seront souvent les mêmes qui seront des deux côtés, sous des noms différents).

    François Fillon ajoute à cette mascarade la pitrerie en déclarant depuis Washington qu’il est « rassuré » de ces dispositions. (« Nous avions la crainte que le choix des Etats-Unis soit le choix de créer des bad banks. Cette décision va conduire les pays européens à réfléchir à des dispositifs plus ou moins proches »)

    Ce plan est une construction financière et idéologique en trompe l’oeil. Financière par ce qu’il va utiliser un vrai savoir faire de banquier pour créer un ensemble de flux dans tous les sens, afin de brouiller les pistes, avec si besoin des passages par des filiales off shore, idéologique parce qu’il s’appuie sur la fiction d’un rétablissement du marché afin de valoriser les actifs douteux (comme vous le soulignez à juste titre).

    Comme le remarque Paul Krugman, et comme cela a été souvent répété sur ce blog, l’idée sous jacente de cette véritable escroquerie (je dispose d’une armée d’excellents avocats) est que les actifs toxiques sont partiellement sous valorisés et qu’ils vont reprendre des couleurs plus tard. Si certains devaient finir par effectivement le faire, cela sera aussi parce que les programmes de la Fed y auront largement contribué en pesant de toutes ses forces sur les mécanismes de marché, décidemment très sollicités ces temps-ci. Mais, d’une manière générale, l’idée est de leur redonner artificiellement une valeur, en les maquillant au sens propre comme au sens figuré.

    Si l’on prend à l’envers la présentation du plan, cela donne ceci : des investisseurs privés vont être sollicités pour acheter à un prix élevé des actifs toxiques, selon un tarif fixé dans le cadre d’une négociation financière plus globale, incluant des garanties ou des compensations financières dans un volet non rendu public des accords. Il pourra ensuite être proclamé que le marché a tranché. Un gros doigt sur plateau de la balance y aura contribué, voilà tout.

    Tout cela me rappelle ces casse-tête géométriques, dont il fallait, pour trouver leur solution, sortir du cadre qu’ils suggéraient. Le plan Geithner est de cette nature, on peut le comprendre que parce qu’il ne dit pas, sinon on reste enfermé dedans.

  6. Qu’en pensez-vous ? … Pour retrouver confiance, ne faudrait-il pas des trillions ?

    Où sont-ils ? … Comment nommer le « territoire monetaire apatride » où se trouve le plus grand nombre de trillions ?

    Cette « autre monnai de confiance« , deja ancienne, sure, protégée,
    … qui a fait ses preuves

    lobbying bruxellois, achat de Parlements entiers, achat de medias et journalistes, achat d’ONGs, achat d’alters, guerres, etc. … j’en passe … vous en savez plus que moi (les ‘news’ qui émergent m’intéressent assez peu)

    Cette autre monnaie de confiance, comment la nommer ?
    OFCHOR ?

    Ne retrouve t-on pas la sonorité « offshore » et la « valeur-refuge des guerres mondiales » precedentes ?

  7. @brehat

    bravo pour ton analyse, j’y adhère totalement. Ce que je voudrait ajouter pour tenter de lever ce voile d’enfumage et de contre feu c’est que le plan geithner ne concerne que les banques américaines. Les banques européennes devront faire leur mark-to-market sur les prix d’enchères US mais ne pourront s’en débarrasser… effet ciseau en perspective… depreciations supplementaires en perspective…

    chris

  8. Suite.

    Pour dire la même chose, mais d’une manière moins « brut de décoffrage ». Le plan va officiellement essayer de partager les risques de deux manières successives. Entre les banques et les investisseurs, après accord de gré à gré sur une valeur des actifs achetés (cela va donner quelques marchandages du genre, je t’en donne tant de ceux-là, mais tu m’en prends tant de ceux-ci). Entre les investisseurs privés et l’Etat, dans un deuxième moment.

    L’idée est alors de créer un de ces effets de levier qu’affectionnent les financiers. Moi, l’Etat, je vous garantie à tel niveau, mais je présume que cette garantie n’aura pas besoin d’être activée dans tant de pour cent des cas, et la somme que je vais y consacrer ne sera donc que partiellement équivalent à celle que vous y mettrez.

    Détail embarrassant, toute calcul de prime d’assurance et de taux de sinistre repose sur des séries statistiques et celles-ci font totalement défaut. Non seulement il y a un gros doigt sur la balance, mais en plus il est mouillé.

  9. Si certains mots trop connotés ne doivent plus être employés autrement que comme repoussoirs
    Ne pourrait-on pas parler de « corporationnisme » ?

  10. Bien vu François Leclerc
    Dites fednewyork quand vous parlez de la topFed qui magouille et febBureau quand vous parlez de Washington
    ce sera plus clair. Vos paragraphes seront ainsi plus « agréables » (commodes) à lire.

    Vos papiers de ce jour me plaisent bien. J’ai lu rapidement

    Ce plan est une construction financière et idéologique en trompe l’oeil. Financière par ce qu’il va utiliser un vrai savoir faire de banquier pour créer un ensemble de flux dans tous les sens, afin de brouiller les pistes, avec si besoin des PASSAGES par des filiales OFFSHORE, idéologique parce qu’il s’appuie sur la fiction d’un rétablissement du marché afin de valoriser les actifs douteux (comme vous le soulignez à juste titre).

    Je ne tire jamais toutes mes cartouches.
    Allez je vous en offre une … le fil vers un fusil éloigné.
    J’en ai d’autres. Chacun son opacité.

    Exemple d’agglomération démentielle,
    aux côtés de James Dimon (JP Morgan Chase)
    de la part
    d’un autre rare top actionnaire — avec des titres de Classe A
    au sommet de la Federal-Reserve-Bank-of-New-York (33 liberty Street)

    Richard L. Carrión
    Chairman, President and Chief Executive Officer de Popular, Inc.
    San Juan, Puerto Rico

    the largest data processing center in the Caribbean,
    Popular consolidated its leadership role in the technological arena,
    thus creating Evertec, a new leader in information technology

  11. Richard L. Carrión is the Chief Executive Officer and Chairman of the Board of Popular, Inc., a publicly traded financial holding company with more than $45 billion in consolidated assets. Today, Banco Popular, a wholly owned subsidiary of Popular, Inc., is Puerto Rico’s leading depository institution, the largest Hispanic-owned bank in North America, and one of the 30 most important financial institutions in the Americas. As CEO, Carrion has led the way through numerous innovations in the company such as its expansion through the Caribbean, Latin America and the United States.

    While Mr. Carrión was President of Banco Popular, Popular completed the acquisition of various financial institutions, including Banco de Ponce, Banco Roig, Seminole Bank, First State Bank of Southern California, Gore Bronson Bancorp in Chicago and Aurora National Bank. At the time of the acquisition, Banco de Ponce was the second largest bank in Puerto Rico. Recently, he also headed Popular’s recent acquisition of Quaker City, a savings and loan holding company for Quaker City Bank, based in Whittier, California, and Kislak National Bank, a Florida-based commercial bank.

  12. L’opacité et l’autruche, les parachutes dorés:

    Beaucoup de commentateurs et spécialistes politiques, semblent avoir la mémoire bien courte pour avoir déjà oublié cette loi N° 2007-1223 du 21 août 2007 et de son article 17 voulu par Nicolas Sarkozy pour contrer et encadrer par la loi les contrats de droits privés offrant des parachutes dorés à des dirigeants d’entreprises en graves difficultés, comme ce fut le cas pour Jean-Noël Forgeard Chez EADS/Airbus.

    Article 17
    I. – L’article L. 225-42-1 du code de commerce est complété par cinq alinéas ainsi rédigés :
    (1/5) « Sont interdits les éléments de rémunération, indemnités et avantages dont le bénéfice n’est pas subordonné au respect de conditions liées aux performances du bénéficiaire, appréciées au regard de celles de la société dont il préside le conseil d’administration ou exerce la direction générale ou la direction générale déléguée. »

    Les alinéas 2-5 sont relatifs au contrôle des critères et au non versement avant toute décision actée en assemblée par le conseil d’administration.

    Cependant comment interpréter aujourd’hui la demande présidentielle sous forme d’ultimatum au patronat ? Les entreprises et les grands groupes doivent établir des règles, éthiques et contractuelles (plus crédibles que celles d’octobre 2007), de sorte que les critères de performance des responsables dirigeants vis-à-vis de ceux de l’entreprise ne puissent donner lieu à interprétations susceptibles de contourner l’article 17 ci-dessus.

    Si rien n’était fait, le législateur pourrait comme un amendement, repoussé, l’avait proposé en août 2007, limiter le montant des rémunérations (l’amendement fixait une valeur maximale de 1M€). Voilà qui ne favoriserait pas la recherche d’un talent concurrent, qui pourrait risquer d’être remercier sans indemnités réellement compensatrices.

  13. Raisonnement peut-être naïf

    Les banques les plus touchées sont too big to fail, too big to save, et too big to nationalize.
    On crée le plan Geithner. Des privés prennent les produits toxiques, avec la garantie de l’état, …. et si les actifs sont vraiment trop toxiques, …. l’état revient su sa parole (au nom du cout énorme pour le contribuable, ..), et les privés en question tombent : eux ne sont plus too big to fail, et les banques ont été nettoyées.
    Ce ne sont pas des vautours qui vont venir mais peut-être des pigeons.
    Vu sous cet angle le plan est moins couteux qu’une nationalisation.

  14. La position de Paul Krugman est celle d’un orthodoxe qui voit les choses selon les règles de l’art ; en ce sens il a parfaitement raison.

    Pour Geithner et certainement Obama, il s’agit d’une guerre qu’il faut gagner par tous les moyens. La technique ou la tactique ne sont que des aspects de la bataille en cours, et l’on voit bien que les aspects psychologiques et le contrôle de l’information sont pris en compte. Ils n’ont pas nécessairement tort.

    Je ne sais pas si la bataille en cours peut-être gagnée, ni même en quoi consisterait une victoire et ce qui pourrait en résulter.

  15. J’allais ajouter que le plan de bataille ne peut pas et ne doit pas être compètement dévoilé (aies confiance … Kaa le boa – Livre de la Jungle – Rudyard Kipling).

  16. @ CF [10:32]
    Soit je n’ai rien compris à votre propos Soit vous êtes effectivement naîf.
    peut-être des pigeons. Je ne comprends pas le peut-être.
    Plus de 99,99% des gens sont et seront des pigeons.
    Y aurait-il quelqu’un pour contester ?
    Oui, les économistes-beauxcauseurs depuis Fitoussi jusqu’à la radio pulique : O. Pastre, B. Couturier,…
    Qui d’autre pour contester ?
    Allons-Allons … cherchons !

    Les topBankers dont il est question plus haut
    – non pas seulement la ferme attention à ne pas perdre un euro ou un dollar
    – en outre, ils ont bien l’intention de gagner des plus-values sur la partie des « actifs réputés toxiques »
    qui ne seraient pas si pourris que ça.

    Il ne faudrait tout de même pas prendre les « midBankers », dans les étages, pour des imbéciles !!
    Pourquoi croyez-vous qu’ils sont si chèrement payés ?

    99,99% des américains — républicains et démocrates dans le même sac
    n’ont qu’une perspective : se faire doublement couillonner

    Y aurait-il un point de votre « raisonnement peut etre naif » qui m’aurait échappé ?

    Nota: Je n’étais pas venu pour ça.
    Simplement voir si, techniquement, il est possible de placer une image dans un commentaire

  17. @ Alain Soler

    Votre raisonnement est imparable, mais seulement si l’on reste dans la logique néo-libérale.
    Comment peut-on en effet qualifier de « talents » des personnes qui mènent une guerre économique ?
    La guerre économique et financière n’est-ce pas ce qui a causé la présente crise ?

    Il est urgent d’imposer des salaires maximum comme il existe des salaire minimum.
    Les Pays-Bas, pourtant pas un pays de troisième zone, a ouvert la voie le 1 janvier 2009

    Même diminuées les rémunérations des dirigeants restent encore très importantes.

    La concurrence ne doit pas servir de prétexte pour maintenir un système devenu obsolète.
    La capacité à conduire une entreprise ne devra plus être mesurée en fonction d’une capacité à conquérir
    des parts de marché. Dès lors que la finalité et le financement d’une entreprise ne dépendront plus de sa capacité
    à faire face à une concurrence sauvage, mais au contraire à créer du lien social, dans le respect de l’environnement, en complémentarité avec les activités des autres agents économiques, le problème des rémunérations ne se posera plus dans les mêmes termes qu’aujourd’hui.

  18. autour de la petite cité de calvin des banques, en campagne, sur les champs retournés, on voit bien des oiseaux: rapaces, corneilles et pigeons
    le pigeon en dehors du décor urbain donne un tout autre sentiment…

    il va falloir réécrire les livres scolaires: la démocratie, c’est 99,99% de pigeons, et le 0,01% qui reste est composé de quelques rapaces (les aigles que l’on trouve comme symbole de pouvoir ici ou là), et des charognards (vautours et corneilles)…, c’est ça?
    bien moins enthousiasmant qu’une vitesse limitée à 60 ou 50 km/h

    et comme cours à options? le tire au pigeon?

  19. Pour moi, le plan US n’est qu’un plan de seduction. Visant a gagner du temps en enchainant coup sur coup differente stratégie qui pourraient donner de mervielleux résultats. Hors depuis le debut de tout se tintouin la seul chose efficace qu’ils ont réussi a faire et de garantir que les parachute et autres bénefice puissent être empoché par les dirigeants qui ont fabriqué cette crise, Je dis fabriqué parcequ’il ont tous accepter de jouer sur la vente a crédit, pour améliorer leur productivité. M’enfin pour ceux qui s’attendent a voir le père noél débarque a Londres le 2 avril, je pense qu’il fond encore partie des 99,99% de piegons.

    La stratégie de séduction est en train de prendre du plomb dans l’ailes, surtout avec la thése seductrice des chinois qui propose a l’europe (controleur du FMI) de créer une devise international de réserve, juste 3 jours aprés les déclarations russe. Il ne reste plus qu’as attendre les doléance des japonais et ensuite ont aura surement celle des européen qui seront suffisament poli pour laissé d’abord s’exprimer les état les plus concerné par la monnaie de réserve.

  20. Bonjour,
    je vois que l’optimisme, ou du moins un certain détachement qui marquait ce blog depuis que je le suis est en train de s’estomper ;
    Je ne rentrerai pas dans l’analyse et le décryptage des « solutions » US, vous le faîtes cent fois mieux que moi et je vous en remercie. Je voudrais seulement exprimer mon profond écoeurement, mon effarement permanent face aux réactions de ceux qui, pour un temps encore, possèdent ce monde. Hier après l’annonce du « plan » Geithner la bourse de New York a fait un bond de près de 7 %, entraînant avec elle l’ensemble des places mondiales, comme si les financiers toujours à l’oeuvre avaient explosé de joie à l’annonce de la nouvelle : « soyez heureux, le contribuable US paiera, quoiqu’il arrive ! »
    Quelle aura été la réaction du public américain à ce phénomène ? Une réaction aussi excessive n’est-elle pas proprement indécente ? Au motif de rétablir la confiance, ne la sape-t-on pas définitvement ?
    Je m’accroche de plus en plus à l’idée qu’en de telles périodes il faudrait simplement fermer les places boursières, pour s’offrir le temps d’en redéfinir les règles de fonctionnement. Là on vit vraiment dans le n’importe quoi !

  21. @yves de Bressy,

    Vous m’avez oté les mots de la bouche, j’avait reservé la notion de confiance pour le prochain post. Hors vous avez trés bien résumé mon point de vue.

  22. @Yves de Bressy

    « Une réaction aussi excessive n’est-elle pas proprement indécente ? »

    Il me semble que Mr Jorion a répondu d’une autre manière dans un précédent billet, disant que la décence n’est pas un élément constitutif de la finance (si mes souvenirs sont bons il employait le terme de morale).

    La finance a la structure d’un outil. Or on ne peut pas taxer un marteau de cruauté au motif qu’on s’écrase le doigt avec.

    Comme le dit F. Lordon à dans cette vidéo http://www.acrimed.org/article3075.html , on ne peut pas reprocher aux agents économiques de se comporter comme ils le font, dans la mesure où la structure dans laquelle ils évoluent le leur permet.

  23. Je ne suis pas sûr qu il soit opportun d acheter ces actions qui montent par miracle.
    La surprise du chef arrivera après pour ceux qui ne peuvent dissimuler leurs plus values (les humains).
    Ils se feront essorer par les impôts et la remise encause du droit de propriété tel qu il était accepté jusqu a présent.
    Il semble clair que le droit de propriété sera redéfini comme une fonction decroissante de l endettement, et non plus comme conséquence obligatoire du règlement de la transaction. L état qui règle la facture finale de la dette va moduler la propriété, va choisir les secteurs a sauver, ceux a sacrifier…
    La nouvelle monnaie-richesse sera « la capacité a accéder au crédit », ce qui signe la disparition de l argent.
    Il n appartient qu aux citoyens d utiliser correctement cet outil de financement

  24. Pour en revenir au G20, une interview de Gordon Brown sur le site de « La Tribune ».

    Ici : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20090323trib000358570/exclusif-gordon-brown-le-g20-nest-quune-etape-.html

    Peu d’info utile. Gordon Brown se contentant d’en prophétiser le « succès ». Evoque les sujets sur la table, sans donner de détails sur aucun. Et botte en touche sur la question de sa propre « régulation » de la City.

  25. Une question :

    Que se passe-t-il si le plan Geithner ne marche pas ? Prend-on le chemin de la déflation à la japonaise ?
    Si je comprends bien, l’intérêt du plan est de donner une valeur aux actifs toxiques si bien qu’ils puissent à nouveau couvrir, une fois la valeur que l’on cherche à leur donner est atteinte, les prêts que les banques peuvent donner. Il s’agit donc de sortir de la trappe à liquidités.

    Ma lecture de ce qu’il va se passer est politique. Les E-U cherchent à préserver au dollar le statut de devise internationale en raison des avantages que cela leur procure :

    – un financement aisé de leur déficit
    – préserver la division internationale du travail

    Si le dollar perd son statut, l’économie US sombre :

    – ils devront attirer les capitaux pour financer leurs déficits et élever les taux d’intérêts ou laisser se développer une forte inflation qui déstabilisera son économie mais qui permettra d’assainir la dette

    – le problème monétaire se posera à l’échelle mondiale : comment trouver une monnaie servant de moyen de règlement et de réserve de valeur et comment alimenter l’économie mondiale en ressources afin qu’elle suive un sentier de croissance équilibré. Auparavant, le dollar alimentait l’économie mondiale car la balance des paiements US était négative …

  26. @ Yves de Bressy

    Le public américain ne voit pas forcément, comme certains européens, l’évolution des marchés d’actions comme quelque chose qui serait soumis à jugement « moral ».

    Les ménages US sont, en général, assez fortement investis en actions dans leurs placements. Bien plus qu’en Europe. Sans oublier le fait que leur système de pensions, presque complètement privé, repose, lui aussi, très largement sur l’évolution du cours des actions et leur rendement.

    Ce sont les fonds de pensions US (aussi bien publics que privés) qui ont été les premiers à imposer de très fortes contraintes de « rendement actionnarial » aux entreprises dans lesquelles ils investissaient. Le phénomène s’est, ensuite, étendu à l’ensemble des actionnaires.

    Bref, pour eux, une remontée forte des cours serait presque très certainement perçue comme une bonne nouvelle personnelle.

    N’espérez-donc pas les voir s’étrangler d’indignation face aux fulgurances de Wall Street. Pour l’américain moyen, Wall Street n’est pas « le diable ». Ce sont ses économies et sa pension future. Son intérêt est que les cours remontent le plus vite possible et le plus haut possible.

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