États-Unis : la fin de l’ère du semblant ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On ne manque pas depuis hier d’établir un lien entre le réveil inopiné d’Obama – accompagné de la montée au front de Paul Volcker, le prédécesseur d’Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve, et le désaveu cinglant du bilan de sa première année à la direction des affaires que constitue l’élection du candidat républicain Scott Brown aux sénatoriales partielles dans le Massachusetts.

Mais il y a peut-être à ce sursaut, une autre raison : l’audition qui doit avoir lieu mercredi 27 devant une commission du Congrès américain, et devant laquelle Timothy Geithner, le Secrétaire au Trésor, doit témoigner. Il s’agit d’établir avec cette enquête pourquoi les avocats de la Federal Reserve de New York – l’une des composantes régionales de la confédération que constitue la Banque Centrale américaine – sont intervenus à l’automne 2008 pour contraindre au silence AIG la plus importante compagnie d’assurance américaine, sauvée de justesse de l’effondrement par une pseudo-nationalisation au coût faramineux (182 milliards de dollars aux dernières nouvelles). La consigne de silence visait tout particulièrement l’identité des bénéficiaires du versement de la totalité des sommes dues dans le cadre des Credit Default Swaps dont la chute de Lehman Brothers déclenchait le paiement. La banque française Société Générale et Goldman Sachs seraient les principaux bénéficiaires de cette manne.

Timothy Geithner témoignera mercredi, au côté des avocats de la Fed de New York à l’origine des pressions, et dont il a affirmé jusqu’ici qu’il ignorait les agissements, selon la formule classique que le bruit de ce genre de ronron administratif ne s’entend pas dans le cercle des instances supérieures. Témoignera aussi, Henry Paulson, le prédécesseur de Geithner à la tête du ministère américain des finances. On pouvait penser jusqu’à ces jours derniers que l’omerta règnerait entre gens du même monde mais la nouvelle atmosphère électrisée pourrait changer la donne.

Que symbolisent en réalité les pressions sur AIG datant de l’automne 2008 ? L’ère du semblant dans laquelle on entrait alors d’intention délibérée alors que la chute de Lehman Brothers provoquait un effondrement généralisé du marché monétaire américain. Le silence devait se faire désormais sur l’état réel de la finance et dans son sillage – par le truchement du crédit –, de l’économie. Les moyens utilisés, on les connaît : manipuler les règles comptables dans un sens favorable aux chiffres financiers, repousser les échéances de paiement des dettes selon des critères mal définis, coups de pouce discrets aux marchés boursiers et obligataires.

Quelle que soit l’issue des auditions, il y sera dit des choses que les artisans de la politique du semblant n’aimeront pas entendre dire, et Geithner en sortira de toute manière affaibli. Autre consul du triumvirat, Larry Summers, l’homme à qui l’on doit l’abrogation du Glass-Steagall Act en 1999, le feu vert donné aux banques pour utiliser l’argent provenant des dépôts de leurs clients dans des opérations spéculatives, Summers qui vient d’être désavoué publiquement puisque la « Volcker Rule », la « règle Volcker », comme l’appelle Obama, n’est rien d’autre qu’une réinstauration ne voulant pas dire son nom de ce même Glass-Steagall Act.

Aux côtés de Geithner et de Summers, Ben Bernanke, le chef de la Fed, est lui le troisième consul de ce triumvirat de l’ère du semblant, et l’on comprend soudain pourquoi l’un des événements de la journée d’hier a été le vent de défections dans les rangs de ceux qui, au Sénat, avaient promis de voter sa confirmation pour un second mandat avant le 31 de ce mois, date à laquelle son premier mandat s’achève.

Deux autres événements de la journée d’hier viennent compléter ce tableau d’une détérioration brutale de la santé de l’ère du semblant : le renchérissement soudain des Credit Default Swaps portant sur la dette des compagnies américaines – on comprend en effet qu’un retour à la transparence dans leur comptabilité provoquerait des dégâts sérieux dans l’image qu’on se fait de leur solvabilité et, plus significative encore, la chute des bourses américaines dans la journée de vendredi, chute au profil inquiétant (voir figure – merci à Dow Jones & Cy.) et dont l’accélération en cours de séance ne présage rien de bon pour la journée de lundi.

Marches 22-01-10

© Dow Jones & Cy.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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136 réflexions sur « États-Unis : la fin de l’ère du semblant ? »

  1. On a beaucoup écrit ici sur la monnaie. N’oublions pas l’essentiel, l’origine de tout :
    « Le dollar est notre devise, le dollar est votre problème. »

    Donc si on doit réguler, la première chose à faire c’est de toucher au statut du dollar.
    Sans cela tout le reste est littérature.

    C’est le moment compte tenu de la réalité de la première économie du monde mais QUI osera ce que Charles DE GAULLE seul avait tenté par sa conférence du 4 février 1965 quand nous connaissons tous la suite et cette légende sur les évènements de mai 1968, mouvement qui n’eût d’autre réalité que de sortir un homme qui dérangeait du pouvoir ?

    1. Quelques chiffres forts instructifs sur la production et les réserves minières d’or, ainsi que les stocks des banques centrales. (n’apparait pas les achats colossaux de la chine depuis 5 ans)

      L’or

      Production Réserves minières
      Total mondial 2 530

      Pays Production
      Afrique du Sud 400
      États-Unis 350
      Australie 290
      Chine 185
      Russie 175
      Canada 160
      Pérou 140
      Indonésie 120

      Pays réserve
      Total mondial 50 000

      Afrique du Sud 19 000
      États-Unis 5 600
      Australie 5 000
      Russie 3 000
      Indonésie 1 800
      Canada 1 500
      Chine 1 000
      Pérou 200

      source US Geological Survey 2001

      Banques centrales (1/4 des réserves)

      Banque centrale 1948 – 2004

      Réserve fédérale des États-Unis 21 700 8 100
      Banque d’Angleterre 1 400 312
      Banque nationale suisse 1 200 1 350
      Banque de France 487 3 200
      Banque du Japon 765
      Bundesbank 0 3 400
      Banque populaire de Chine 600
      Banque centrale de Chine 420
      Banque centrale de Russie ~ 400
      Inde ~ 350
      Venezuela ~ 350
      Banque du Liban 286
      Ensemble de l’Union européenne 12 700
      Banque des règlements internationaux 208
      Total banques centrales mondiales 30 200 31 400

      Dans les 400t d’or de la Banque de Russie, une partie provient de la banque d’Espagne remis à l’URSS fin 1936 contre quelques armes (Hold up de Staline avec la complicité du PCE et de la Guépéou en Espagne).
      source
      Fabienne Lemarchand, L’or, Science et Vie de mars 2005, p. 110-121

    2. Ce samedi les deux plus grandes commissions bancaires du sénat américain ont déjà apporté leur soutien total à Ben Bernanke avant même l’interview de mercredi … en pleine série B pour que le marché puisse se rassurer rapidement car la chute n’est pas programmée pour maintenant … On peut encore rustiner au nom de la sécurité nationale !

  2. En fin d’article vous répondez à la question que je me posais ce matin sur la soudaine chute des cours en fin de semaine, merci encore pour ces éclairages.

  3. Pour le coup, le soutien d’Obama à Bernanke semble un peu baroque. A moins que, comme beaucoup le pensent, Bernanke ne soit qu’un pantin… Mais manipulé par qui?

  4. Je crois qu’il n’y aura Pas de réorganisation bancaire possible sans se débarrasser des actifs toxiques, spéculations et autres produits dérivés qui ont causé la crise et infesté le système.
    Pour cela, il faut une procédure fédérale de mise en redressement judiciaire des banques, impliquant d’aller fouiller dans leurs comptes pour trier le bon grain de l’ivraie.
    Ensuite, les activités saines qui correspondent aux critères de Glass-Steagall devront être placées sous l’égide d’un système de banque nationale organisant l’émission de crédit qui doit financer les besoins à long terme de développement de l’économie, du territoire et de la population.

    1. @tartar: voir la proposition de Simon Johnson qui rappelle à chaque fois que le total d’actifs des six plus grandes banques représentent 60% du PIB:
      « An antitrust investigation for the banks ? » http://economix.blogs.nytimes.com/2010/01/21/an-antitrust-investigation-of-the-banks , sachant que par ailleurs la non-modification des règles comptables qui était prévue par certains pour le 1 er janvier fait que le hors-bilan est toujours le ‘trou noir’des pertes ‘latentes’ sur actifs toxiques, qui justifie les inquiétudes de certains pour qui ces banques sont insolvables….

    2. Ne pas oublier d’aller fouiller dans les placards des compagnies d’assurance.

      Il se peut qu’on decouvre quelques mauvaises surprises.

    3. C’est la position de Larouche. Elle est disons ‘brutale’, car elle n’admet pas de position intermédiaire (celle de Volcker, monétariste). Selon lui, le discours d’Obama est trop tardif (je le lui accorde volontiers) et n’aura aucun impact tant que les bilans n’auront pas été nettoyés et les banques d’investissement fermées, point sur lequel on peut discuter.
      En tout état de cause, Obama part de trop loin et trop tardivement pour intégrer, comme le voudrait Larouche, la liquidation judiciaire des banques d’investissement pourries. Il a d’abord besoin de gagner des points et d’établir des alliances fiables avec ses électeurs, avant les mid-terms, cad avant novembre 2010. Le temps presse pour lui mais il doit y aller par étape. Je ne suis pas certain que Volcker soit opposé, à terme, sur cet objectif, contrairement à ce qu’en dit Larouche.

    1. QUESTION:

      je ne comprends pas pourquoi Obama n’a pas eu ce comportement économique et politique vis-à-vis des banques dès début 2009 ?

      Tous ces commentaires qui expliquaient qu’il était tenu par Wall Street ne tiennent plus puisque qu’enfin il prend les décisions allant contre les intérêts de ceux qui seraient supposés le tenir (en tout cas à la lecture de certains commentaires sur ce blog depuis des mois)

      Quelqu’un peut-il m’expliquer ?

    2. @coucou.

      Ne confondons pas intentions afichees et decisions.

      Cet on en est toujours la, comme en europe d’ailleurs.

      Pour le moment, on entends beaucoup de discours, mais mis a part le sauvetage du systeme bancaire, peu ou pas d’actes.

      Mis a part les analyses extatiques des commentateurs francais, le bilan de l’administration obama est quasi nul, comme celui de sarkozy d’ailleurs.

      La reforme du syteme d’assurance sante, qu’on nous presente comme realisee, est en cours et l’unification des textes votes par le senat et la chambre des represantants loin d’etre acquis. Et en admentant meme que cela se concretise, dans quel etat en sortiras le tecte final.

      On recommence a nous servir la meme chanson avec coup de menton a l’appuis sur l’air de « on vas voir ce qu’on vas voir » pour ce qui concerne le monde bancaire.

      La com, nom moderne de la propagande, regne en maitre, et l’on jase, en attendant le prochain probleme qui vaudras un prochaon projet, qui renveras au oubliettes le sujet qui agitais le landerneau mediatique.

    3. @astrorock

      Vous êtes bien dur quand même à leur égard.

      N’oubliez pas de relever qu’ils travaillent à longueur de temps pour le  » bien  » des peuples, ne le voyez-vous pas c’est partout visible, ce sont d’ailleurs les meilleurs représentants du peuple alors pourquoi dire autant de misère.

    4. Jeremie, je ne met pas tout les politiciens dans le meme panier; de plus « la com » a gangrene tous les secteurs de l’activite humaine, voir ce qui se passe dans les entreprises ou nous travaillons, si l’on decrypte un tant sois peu le discours et qu’on le confronte aux actes.

      Les politiciens ne sont pas seuls coupables de verser du cote obscur de la force. Le pseudo travail des journalistes est a examiner a la loupe, et au lieu de decrypter et de nous donner a voir et a comprendre il faut que nous nous livrions nous aussi au decryptage de leur travail.

      Je respecte plus le politicien qui a au moins le courrage de remettre son mandat en jeu regulierement, je meprise la caste mediatique, qui ne se remet quasiment jamais en cause et qui dissimule sa mediocrite et sa servilite sous le couvert de l’indepandance.

      Et une fois encore je ne met pas tout le monde journalistique dans le meme panier.

    1. C’est une colle!

      Paradoxe salement et bizarrement exactement autant que 4/$16blx4 ,je viens de vérifier avec une scientifique (une calculette, pas une dame)!
      Mais je découvre à l’instant que çà marche aussi avec des nombres imaginaires..et même 3.14 ou la section dorée.
      Veuillez préciser le fond de votre pensée Betov?
      Vu que dans l’ensemble j’apprécie vos interventions.

    2. ça me fait penser à une réflexion que Stendhal a eu un jour à propos de la multiplication de deux nombres négatifs.
      Il disait que ça n’avait aucun sens et qu’on arriverait jamais à lui faire croire que si l’on multipliait deux dettes alors il possèderait une créance…
      Peut-être que certains de Wall Street auront cette lumineuse idée…

    3. @ albatros899.
      Ah, Stendhal et ses insurmontables difficultés avec l’arithmétique….

      En vérité, il fait une petite erreur en posant le problème. Deux dettes ne se multiplient pas, elle s’additionnent. Pensez-y en physicien, l’unité « euro au carré » n’a aucun sens (du moins, il me semble, j’apprécierai que l’on infirme ou confirme cet avis…).

      Ce qui se multiplie, c’est la valeurs d’une dette et le nombre de titre (en admettant que chaque titre ait la même valeurs, mais passons…). Or les deux nombres peuvent être conceptuellement négatifs, dans ce cas, on possède bien une créance.

      Bien à vous

  5. J’imagine que les groupes d’influence, ou les conseillers se disputent ou négocient le cocotier dans tous les sens. Des mesures contradictoires sont inévitables dans la masse des arbitrages et la multiplicité des organismes de gestion.

    Les mesures d’Obama sont préparées depuis des mois, il y a des agendas appliqués « stratégiquement » en fonction des opportunités et des aléas, ces agendas sont relativement connus ou redoutés dans les milieux parfumés.

    Ainsi des analystes sentaient venir cette baisse, on sent une « convergence Pacifique » … ce qui me semble évident dans ce « G2 Chinérique ».

    2010/01/21 La Chine met fin à la récréation spéculative à crédit, Philippe Béchade:

    « Parmi les conséquences les plus spectaculaires du durcissement de ton chinois, il faut souligner l’envolée de 1,5% du dollar, jusque vers 1,4080/euro en quelques heures. Cela tend à prouver que de nombreux opérateurs s’empressent de déboucler leur carry trade (euro/dollar) et manifestent de la sorte une soudaine aversion au risque. Le mouvement atteint une rare intensité depuis le 13 janvier puisque le billet vert reprend 3% en cinq séances.

    Lorsque le marché des changes commence à subir ce genre de pic de volatilité, c’est qu’un séisme boursier n’est pas loin de se produire… où qu’un tsunami est déjà en formation au large de Wall Street. Il pourrait s’agir cette fois-ci de l’amorce d’un gigantesque glissement sous-marin de la valeur des dettes gouvernementales. Il reste encore invisible aux yeux des investisseurs mais une curieuse vague frangée d’écume se dessine déjà au ras de l’horizon.

    Il est grand temps de gagner les abris. »

    1. Il s’agit d’une sorte de « jeu de mots » entre les deux termes.
      G2 amours est un autre jeu de mots.
      C’est un exemple.

  6. ▪ Les pros anticipent un krach et se couvrent
    Regardons maintenant les faits. Alors que les stratèges crient à l’optimisme, voilà ce qui se passe réellement. Les investisseurs institutionnels se ruent sur les options pour se couvrir contre une chute des marchés. La demande est telle que les options sur le S&P 500 pour se protéger contre une baisse au cours de l’année prochaine coûtent 22% de plus que des contrats similaires, mais avec une échéance d’un mois.

    Pour observer une différence aussi prononcée entre les échéances à douze et un mois, il faut remonter à 1999. En fait, la toute dernière fois que le coût des options à un an a dépassé celui à un mois (sur une moyenne pondérée) était cinq mois avant que le S&P 500 s’effondre de 49%, à partir de mars 2000.

    Petit extrait de
    « En anticipation d’un krach boursier, les pros se couvrent contre le risque marché »

    1. Je sais pas pourquoi, mais sur « chronique Agora » (votre lien)…ils veulent toujours que je fonce me couvrir d’or…

  7. @ Paul Jorion:

    « Quelqu’un peut-il m’expliquer ?

    Ah zut ! c’est ce que je croyais que je venais de faire ! Je recommence… »

    Désolé Monsieur, oui vous devriez effectivement recommencer. Votre billet relate des faits sur des auditions ou virements de certains depuis peu mais n’explique pas pourquoi Obama était soit-disant tenu par Wall Street depuis un an (état soutenu par vous-même depuis des mois .. ) et ne l’est plus depuis ses déclarations d’il y a 2 jours.

    Ou dans d’autres termes, Pourquoi Obama appliquerait les règles de Paul Volcker aujourd’hui, alors qu’il ne les as pas appliquer depuis un an …

    1. AMHA s’il est l’élu de WS, aujourd’hui qu’il n’a plus la majorité : il peut encore plus facilement faire semblant d’agir contre, après tout sa bonne volonté ne pourra être remise en cause, peut être même finira t il par dire : c’est vous le peuple américain qui m’avait lâché en vous tournant vers les républicains, n’allez pas vous plaindre à présent…

    2. @ Coucou

      La réponse est l’EXCES DE CONFIANCE d’Obama en la puissance de la rhétorique qui a beaucoup fait pour le porter au pouvoir. Il se croit une destinée messianique, comme l’attestent les quelque 500 (!) discours de « morale politique » qu’il a prononcés depuis son investiture (lesquels ne dépareraient pas une liste d’homélies d’un pasteur baptiste). Il est possible qu’il se rende compte aujourd’hui qu’il a commis une erreur.

      Obama n’est pas une « créature » de Wall Street. C’est un avocat de Chicago. Mais son chef de cabinet est Rahm Emanuel, qui a ses entrées à Wall Street et qui a vraisemblablement suggéré en début de mandat qu’il serait bon de suivre la ligne Geithner-Summers parce que ça faciliterait les rapports avec les banquiers. Il se mord les doigts d’avoir suivi ce conseil, mais il n’est pas sûr qu’il comprenne le fond du problème, à savoir la collusion entre Wall Street et la Fed de Bernanke. Comme il ne veut pas rompre avec Wall Street, ceci explique pourquoi il continue d’apporter un soutien modéré à la candidature de Bernanke à la présidence de la Fed. Wait and see…

    3. Car la géo-politique sur matières premières a évolué depuis le nouveau positionnement militaire pétrolier américainen en Haiti.

  8. Les contributions du secteur financier aux campagnes présidentielles US n’ a fait qu’ augmenter au fil du temps , comme le montre le graphique . Difficile de croire qu’ Obama va réellement  » voler dans les plumes  » d’ un de ses meilleurs sponsors .

    S’il en avait véritablement l’ intention , certains se chargeraient rapidement delui mettre des batons dans les roues , par tous lesmoyens , légaux ou pas . Le graphique ne représente que les contributions officielles , et on ne parle même pas du poids du lobby financier à Washington , ni des billions $ dépensés à toutes fins utiles……

    http://www.daily-bourse.fr/forum-Situation-actuelle-vtptc-536-start-1932.php

    1. Si ça se trouve tout cela n’est qu’une vaste campagne de Com en plus pour rassurer à la fois l’opinion publique de temps en temps et puis demain il recommencera encore à annoncer autre chose pour rassurer les marchés frileux, enfin on verra bien … L’homme moderne est parfois si inconstant il change fréquemment à l’antenne …

  9. Autres ‘pièces’ au dossier, cet article de votre confrère Janet Takavoli: »Show Bernanke and Geithner the door »

    http://www.huffingtonpost.com/janet-tavakoli/show-bernanke-and-geithne_b_432897.html

    ainsi que ces deux analyses fouillées de la ‘bombe à fragmentation’ de la semaine prochaine: la FED et AIG, et la stucture Maiden Lane, un des commentaristes du blog rappelant opportunément que « The House also has the power to act against counter-feiters. Done without Congressional approval,oversight, or investigation, under a blanket of secrecy, there is what might be a straigh forward, prima facie case to be made that Bernanke has been counter-feiting US obligations and monetary instruments. Maiden Lane II, and the rest of the same old, might be best examined in that light, to seize the initative back from the money-power. »

    http://www.nakedcapitalism.com/2010/01/fed-secrecy-claims-bogus.html

    http://www.nakedcapitalism.com/2010/01/further-discussion-of-maiden-lane-iii-analysis-and-implications.html

  10. @PJ merci de ce flash sur la situation américaine
    Je préfère largement cette tonalité à celle qu’on lit ici et là sur le grand complot des élites.
    Mais je crois qu’il faut prendre de la distance. Ce qui se passe était facile à prévoir (c’est ce qui a été fait dans certains post dont les miens) : le système politique prend acte de la gravité de la crise, et il se met en branle une fois que l’on pense passé l’orage de la crise pour chercher une autre forme de régulation.
    Mais il va le faire selon ses propres modalités ; celles du pouvoir politique dans lequel l’intention prétendument cachée des acteurs compte peu par rapport à leur attitude réelle. . Et ce qui compte ici pour le moment c’est la direction que cela imprime : pour la première fois un pouvoir politique remet en question la croyance selon laquelle les USA ont le meilleur système économique en place.. qu’il faut changer des choses sur le fond. Et l’idée va faire son chemin ..même si dit comme je l’exprime elle est probablement minoritaire?
    De ce point de vue, il importe peu qu’Obama se soit réveillé après une défaite cuisante, et que son pouvoir réel soit désormais en question : aujourd’hui l’important est le débat d’idées… et il prendra du temps
    Il est vrai que je suis de ceux qui ne se sont jamais fait d’illusion sur ycelui (avec une campagne d’une démagogie consommée)..
    amicalement

    1. Je pense que le revirement d’Obama entre son soutient à Wall Street depuis un an et celui d’il y a deux correspond aussi à une stratégie co-entrepirse avec Wall Street,

      Elle a permis aux Grandes Banques américaines de se refaire sur 2009 et de s’en mettre plein les poches avant un assainissement du système en 2010 rendu obligatoire sous la pression de l’electorat, et qui de ce fait et toute connaissance de cause du lobby démacrate (Obama)-Financier, provoquera l’effondrement des bourses … Stratégie et politique finement distillée et déployée depuis un an .. Maléfique mais efficace.

    2. @tartar, coucou
      Comme vous l’avez sans doute deviné , j’ai parfois un faible pour Hegel. Je pense que les intentions d’un homme politique d’assez faible envergure comme OBAMA ne comptent que très peu . Je vous recommande de n’y prêter qu’une attention anecdotique ni à rechercher une connivence cachée avec Wall street (la connivence n’est pas cachée mais assumée chez les Démocrates)
      L’important est d’abord sa campagne : Obama ne s’est jamais mis en situation de réformer le système économique américain ( même si en France on a pris ses désirs pour des réalités)
      Et l’important est qu’il ait été conduit à évoluer sur un point qui renvoie aux valeurs profondes de l’amérique. Le reste est à mon sens contingent
      Car à mon sens la seule chose qui compte aujourd’hui c’est que l’évolution de l’opinion qui me semble aller vers une crise des valeurs fondatrices. Obama même involontairement donne une forte impusion dans ce sens
      cordialement

  11. La bataille commence à peine et bien malin qui peut en prédire l’issue.
    Les indices boursiers européens ont plongé 3 jours de suite avec des mouvements de baisse de plus en plus violents depuis les sommets.
    Pour l’instant, Wall Street se contente de marquer sa désapprobation.
    Les banques vont ruser, n’en doutez pas. Comme d’habitude, le diable est dans les détails. Un exemple : il va y avoir une guerre féroce sur la définition d’activités pour compte propre. Goldman Sachs a réalisé environ 28 milliards de dollars de PNB en 2009 dans ses activités de trading (sur un PNB global de 44 milliards je crois). Or, ils ont indiqué que l’interdiction du « prop trading » leur coûterait 10% de leur PNB global, soit un peu plus de 4 milliards. Et les 24 milliards restant (28-4) alors… ? D’où proviennent-ils…?
    Et bien, Goldman considère qu’une grosse part de son activité est à l’initiative de ses clients et ne peut donc être considérée comme du trading de compte propre.
    Voilà ce que vont faire les banques : elles vont tricher en déclarant que la majeure partie des opérations est à l’initiative des clients. Elles vont se retirer du capital des hedge funds mais trouveront des moyens détournés, via des commissions exagérées par exemple, de prendre part à la fête.
    En tout cas, depuis le début de la crise, c’est ce qu’on constate. Les banques étaient censées rapatrier la majeure partie de leurs actifs hors bilan dans la partie visible des comptes et bien non… Wells Fargo a encore 2000 milliards (oui oui, 2000 milliards) d’actifs hors bilan mais la banque a fait un gros effort, elle en rapatrié 10 (milliards pas milliers, il vaut mieux être précis, roublardes comme elles sont…). Wells Fargo considère en effet qu’elle bénéficie de la garantie des GSE pour les 2000 milliards restant, ce qui en fait des actifs non risqués.
    Un autre exemple ? Tout récent celui-ci d’ailleurs et François Leclerc l’a évoqué je crois. Il s’agit de la nouvelle taxe sur les banques, à hauteur de 0,15% des actifs possédés. Et bien, elles tentent de récupérer l’argent via des crédits d’impôt.

    Il va falloir beaucoup de force à Obama pour aller au bout.
    Et si la partie semble mal engagée pour Wall Street, la bourse chutera, ce qui ne sera pas conséquence sur la soi-disante reprise économique en cours. Les banques vont se faire un plaisir de durcir de nouveau les conditions de crédit et le cercle vicieux habituel se mettra en place : hausse des taux, accélération des défauts/faillites, et badaboum.

    1. D’où la seule solution restante : ‘nationalisation’ du crédit. Certains y pensent tout haut, d’autres tout bas. Volcker n’y est pas très loin je pense.

    2. « le diable est dans les détails.  »

      Comment devenir plus malin que le malin tout en évitant bien sur de devenir comme le malin, ils sont vraiment très malins quand même les banquiers de Wall Street.

      Pourvu que l’homme politique moderne ne devienne pas aussi malin qu’eux à force de se faire manipuler.

    3. Sauf erreur de ma part, les banques ont choisi ‘d’oublier, ou plus vraisemblablement leur a été concéde une facilite’ sur la nouvelle règle FAS 166 / 167. Sur les 2 trillions de Wells Fargo, la moitié est ‘backstoppped; , garantie par les GSE, ce qui m’a incité à poster les links sur la fausse valorisation des CDO détenus par Maiden Lane III, la structure de défaisasance des ‘actifs’d’AIG. Pour répondre à Betov, la première question qu’on se pose, est comment on démonte de telles fraudes, post-Enron ? L’une des solutions est l’autorité de régulation,la Fed.., l’autre est une initiative de la FCIC, la commission du Congrès d’émettre des ‘subpoenas’ ou d’utiliser le Département de Justice qui accélère les enquetes pour fraude depuis la comparution de son chef Eric Holder devant la FCIC, ou de recourir comme le suggére Simon Johnson aux dispositions de la loi anti-trust. J’ignorais que le Congrès avait parmi ses prérogatives de pouvoir agir contre les contre-facons d’obligations américaines, éventuellement donc contre la FED.Pour les intéressés face à ces terminologies, je recommande la lecture de la déposition de Mme Sheila Bair de la FDIC et sa description de la crise bancaire: http://www.fcic.gov/hearings/pdfs/2010-0114-Bair.pdf

  12. Du déni à l’ère du semblant du monde des « Comme Si »

    Quelle coïncidence !

    Je lis l’article de Paul, tout en travaillant sur le texte : Un type de pseudo-affectivité : « les Comme Si » (1934) de la grande psychanalyste Hélène DEUTSCH, polonaise de naissance et américaine d’adoption, une des mères de la psychanalyse surnommée l’enfant chérie de Freud.

    Helene DEUTSCH explique que les personnalités « Comme Si » sont apparemment normales, rationnelles, mais elles montrent une trop parfaite adaptation, elles n’éprouvent rien, ne peuvent que s’identifier massivement aux émotions ou attitude des autres. Elles sont dans la reproduction d’un modèle et dans le mimétisme des sentiments. A leur contact, on se pose cette question : « mais qu’est ce qui cloche ? ». Les « Comme si » ne sont pas totalement couper de la réalité mais se défendent pour ne pas sombrer corps et âme dans le délire. Tiens, ça m’évoque, à certains égards, le comportement des acteurs des salles des marchés.

    On peut penser que les acteurs du monde de la finance sont entrain de faire à marche forcée un bond qualitatif structurel.

    En deux ans, ne sont-ils pas passés de l’époque du déni massif délirant (pré 2008), à celle de l’ère du semblant des « comme si » (2009), qui est déjà progrès puisque moins pire, ère du semblant dont on serait entrain de vivre la fin, comme le suppose Paul.

    Espérons que le grand Analyste Obama avec son recadrage ferme à l’encontre des banques tienne bon, qu’ils les contraignent au principe de réalité, à de nouvelles règles, qu’ils mettent des limites drastiques à leur avidité et leur fantasme de toute-puissance.

    Espérons aussi que ce processus de transformation obligé permette la ré-humanisation du secteur de la finance au point même de faire émerger chez ses différents acteurs le sentiment nouveau de culpabilité, qui serait la preuve de sortie du délire et donc de la folie.

    Je suis une psy d’un incorrigible optimisme.

    1. Cette intrusion de la psychiatrie dans le domaine économique me sidère.
      Encore qu’il y ait bien à dire de nos propres rapport à l’argent.

    2. @Clemence Daerdenne

      L’addiction à la spéculation c’est comme l’addiction à la vitesse en voiture; il faut des règles, des radars et des retraits de permis, voir la prison.
      Une psychothérapie n’est pas incompatible avec la sanction.
      Il n’y a plus de règles sur les routes de la finance.

      Un effondrement partiel ou total du système financier sera nécessaire pour trouver des hommes politiques qui oseront mettre les banquiers à leur place.

      Il y aura une case « prison »pour certains actionnaires et
      dirigeants de banque, mais ils auront droit à une défense et à un procès pénal équitable.

  13. @astrorock
    « La com, nom moderne de la propagande » Pas faux. Tout se passe en fait, comme si la parole se substituait aux actes. Dans une société d’hypertrophie médiatique, où les images tiennent lieu de slogans, où les discours sont amplifiés et par le temps médiatique et par la multiplicité des canaux, c’est presque naturel.
    Dans une certaine mesure toutefois, et là je rejoins Claude Roche, nommer les choses les fait exister, et si de fortes voix se font
    entendre, endossent de nouveaux discours, peut-être, je dis bien peut-être que cela fera tâche d’huile. Mais les bastions conservateurs sont solides, conseillés, gras et bien nourris, et n’ont sans doute aucunement l’intention de lâcher leur privilèges.
    encore une fois, j’ai bien peur que la seule chose qui puisse vraiment changer la donne, soit un nouveau Krach planétaire. Si cela se produit, on changera sans doute d’ère, car je vois mal les états remettre au pot comme en 2008 vu l’état de leurs dettes respectives…
    Le début de la semaine à venir nous donnera peut-être des pistes.
    Qui sait?

    1. Quand en 2008 j’ai emis l’idee qu’il fallais laisser le systeme s’ecrouler pour avoir une chance de rebatir autre chose, je suis passe pour un fou.

      Nous avons tous quelque chose a perdre, l’homme par nature ne saute pas dans l’inconu, il est plus confortable, moins effrayant de tenter de sauver le systeme et c’est ce qui a ete fait, le tout sur l’air de « il n’y avais pas d’alternative ».

      Je suis de ceux qui pensent qu’il y a toujours une alternative. Le prix a payer seras surement lourd, tres lourd pour ce qu’on nomme l’occident, c’est dire grosso modo l’amerique du nord et l’europe de l’ouest.

      Nous nous payons de mot depuis bien trop longtemps. Un exemple? Le deficit admis par les critere de maastricht est de 3% du pib, hors la realite c’est que le deficit anuel du budget de l’etat francais quand il respecte ce critere est de 25%. En ce moment de 50%.

      On me retorqueras qu’un etat, a la difference d’une entreprise ou d’un particulier leve l’impot de maniere souveraine et ne peut faire faillite. C’etais le discours tenu il n’y a pas si longtemps et pourtant on evoque l’insolvabilite de membres de l’euro groupe.

      C’est la chute de l’empire romain, tout simplement, et les colmatages que tentent les elites au pouvoir economique ou politique n’y ferons pas grand chose a mon avis.

      De tout ce « merdier » sortiras autre chose, pas forcement le pire envigasable, autre chose tout simplement.

  14. Bonjour ,

    Je viens de découvrir votre blog, et vais être surement décaler par rapport au sujet. Mais pour ma culture personnelle M.Jorion , j’aurai souhaité avoir votre explication sur un évènement qui me semble structurant aujourd’hui à savoir :
    1/ les causes de Brettons Woods
    2/ les lobbying investis à cette cause
    3/ les conséquences organiques

    1. Bonsoir,
      le mieux est de se jeter sur tous les livres successifs de Paul, au sujet des évènements actuels (depuis 2004). Après c’est totalement limpide (enfin, c’est une façon de parler…)

  15. La génération des quarante ans et les plus jeunes sont fatigués de la somme des petites lâchetés qu’accumulent nos pouvoirs successifs vivant sur les restes de l’ancien monde -monde du consumérisme a outrance – pendant que nos aînées après avoir délocalisé notre avenir professionnel et hypothéqué nos éventuels revenus se prélassent sur des HLM flottants et alimentent les caisses des pires dictatures du monde par un tourisme béa !
    Il est vrai que la démocratie offre le débat d’idées… qui est bien souvent rattrapé par les forces en marche comme nous montre l’Histoire.
    Qu’attendre de nos anciens colons ?! Qu’attendre d ‘Obama et de la clique de General Electric et consorts … leurs nombreuses compétences désintéressés au service de leur peuple ? Ou peut-être leur Humanisme forgé par l’Histoire de leur continent ?
    Les solutions politiques et économiques au niveau de l’Europe occidentale existent bien et sont exposées très clairement par Emmanuel TODD, notre ami Paul et quelques autres.
    Le gouvernement a initié un débat sur l’identité nationale mais n’aurait-il pas été plus ambitieux de parler d’identité européenne, pour quand le retour d’hommes sans faux semblants digne de la construction européenne des douze ?
    Ne dit-on pas que les grands événements font les grands hommes?
    Au regard de la ploutocratie ambiante … des ombres semblent se dessiner à l’orée du bois 🙂

  16. Depuis le 1er janvier 2010, aux Etats-Unis, 9 banques ont fait faillite :

    1- Horizon Bank (Etat de Washington)
    2- Barnes Banking Company (Utah)
    3- St. Stephen State Bank (Minnesota)
    4- Town Community Bank & Trust (Illinois)
    5- Columbia River Bank (Oregon)
    6- Evergreen Bank (Washington)
    7- Charter Bank (Nouveau Mexique)
    8- Bank of Leeton (Missouri)
    9- Premier American Bank (Floride)

    Quand une banque fait faillite, une agence rembourse leurs dépôts aux épargnants. Cette agence s’appelle la FDIC.
    Comme les banques sont de plus en plus nombreuses à faire faillite, la FDIC doit rembourser des sommes de plus en plus importantes.
    Conséquence : la FDIC elle-même est en faillite !

    En conclusion, selon ce calcul, la FDIC devrait juste être en mesure de passer l’année 2010, et seulement grâce à cet artifice de trésorerie consistant à réclamer les primes 2011 et 2012 en avance. Sans cette astuce, celle-ci serait en faillite vers le milieu de l’année 2010. Que ces primes aient été demandées en avance ne procède certainement pas du hasard, il s’agit probablement pour la FDIC de passer le cap de l’année 2010, autrement dit de gagner du temps. La direction de la FDIC connaissant parfaitement la situation et étant en mesure d’influer sur le rythme de fermetures, celle-ci a probablement calculé ses ressources et les fermetures en 2010 afin de ne pas être acculé à la faillite cette année-là. Cependant, à la lumière des éléments actuels, la faillite de la FDIC semble inévitable à terme, et probablement au premier trimestre 2011. En effet, du côté du secteur bancaire, aucun élément n’indique à l’heure actuelle une amélioration sur le terrain et on voit mal la FDIC demander d’autres primes en avance à un secteur en proie à de grandes difficultés.
    A l’instar d’autres institutions financières aux Etats-Unis, la FDIC va devoir elle aussi se mettre sous la tutelle gouvernementale. Cet échec aura probablement de grandes répercussions, la FDIC jouant un rôle essentiel dans la confiance des citoyens envers le système bancaire. La nécessité de restaurer la confiance fut d’ailleurs la raison de la fondation de la FDIC en 1933 alors que les Etats-Unis connaissaient une vague de faillites sans précédent, provoquée notamment par le retrait massif des dépôts par les citoyens.

    Son effondrement annoncé symbolise également celui du néolibéralisme. En effet, ceux qui ont vu « Capitalism : a Love Story » de Michael Moore se rappelleront peut-être de l’image où l’on voit un groupe de personnes s’attaquant fièrement à un tas de paperasse réglementaire et parmi lequel figurait un responsable de la FDIC. On peut s’étonner de l’écart entre cette sombre prévision quant au sort de la FDIC et la confiance affichée par celle-ci à l’égard des citoyens des Etats-Unis. Néanmoins, la FDIC ne fait que parfaitement jouer sa partition qui est de maintenir aussi longtemps que possible la confiance et l’illusion d’un système qui ne peut se maintenir tel quel et qui se sait condamné.

    Faillitesbancairesusa

    1. Krugman, non. A moins qu’Obama ne veuille ‘cliver’ l’opinion et les républicains, durablement.
      Mais Stiglitz ?
      Et si Geithner n’arrive pas à se sortir du ‘guépier’ de la commission en janvier, Volcker est sur les starting blocks. Volcker/Stiglitz, LA paire d’expérience dont Obama a besoin, à défaut d’innovation. Krugman, ce sera plus tard ou ailleurs.

  17. La sortie de cette crise sera périlleuse, porteuse de troubles sociaux majeurs.
    Je pense que nous n’échapperons pas à une opération  »mains propres » consistant, comme il était dit dans l’un des commentaires, à une opération vérité sur les comptes des banques.
    Les bilans sont truqués, les cabinets d’audits sont complices et partie.
    L’opération vérité est indispensable, devra être menée par des autorités indépendantes et ménera à un effondrement du système car tout le système est endetté et de nombreuses écritures comptées en actif reposent sur du vent n’étant que du passif.
    Cette opération vérité devrait, devra inclure les paradis fiscaux. Je suis bien curieux de connaître la réalité des bilans des banques installées au Luxembourg, en Suisse…
    Notre cher Président de la République devrait être l’invité d’une emission télévisée ce Lundi.
    Nul doute que ce thème sera amplement évoqué…

    1. « Nul doute que ce thème sera amplement évoqué… »

      Il y a bien longtemps que je n’écoute plus les joueurs de flute et de pipos nul doute qu’ils continueront encore à jouer du pipo jusqu’au bout, moi pas contre j’ai toujours eu un peu de mal à jouer du pipo comment font-ils ?

    2. Sur ma télécommande j’ai une touche « muet », j’ai pris l’habitude de l’actionner parfois, c’est amusant, divertissant.

  18. Je ne vois pas quelle est la marge de manœuvre du pouvoir politique que l’on prête à Obama suite à ses derniers discours.
    Il est pris dans un piége institutionnel d’ordre pratique et financier.
    Modifier la donne pour le système bancaire c’est aussi mettre à mal les fonds de pension et les assurances, c’est me semble-tu priver un grand nombre de ses concitoyens de ressources vitales.
    Laisser faire c’est faire perdurer un système de plus en plus inégalitaire et insupportable aux yeux des américains, et pas seulement.
    « Gouverner c’est choisir » disait Mendés. Où se situe alors « le moindre-mal » politique ?
    Au stade actuel, comment le soldat Obama peut-il se sortir de cette seule tenaille ?
    Ne doit-il pas regretter quelques atermoiements des premiers beaux jours de son élection ?
    On se prend alors penser que la seule solution ne peut venir que de l’écroulement du système et que l’honneur (s’il en ait) du politique serait d’accompagner au mieux cette chute inéluctable.

  19. A mon humble avis une chute des bourses n’est pas évidente : après tout, si les lois qui seront proposées sont dans l’intérêt de la santé de l’économie américaine – je crois que tout le monde est plus ou moins d’accord pour dire qu’une finance « bridée » est nécessaire à la stabilité économique -, alors les sociétés côtées en bénéficieront tôt ou tard, du moins sur le long terme. Simple spéculation… Obama ne va pas non plus interdire les OPA ou les versements de dividendes !

    Obama est-il en guerre contre Wall Street ? Mais personne ne contrôle Wall Street ! Ni Obama, ni même la Fed. La Fed peut amplifier la spéculation en proposant de l’argent bon marché, mais après ? Tout ça confirme mon idée selon laquelle les créanciers d’Obama Corporation Ltd ont soutenu le gars qui avait avant tout les meilleures compétences pour le job ! J’imagine assez facilement que les GROS comptes bancaires mal conseillés – et ils ont du être nombreux – n’ont pas trop apprécié la fin de l’année 2008, et encore moins le début de 2009. Pas seulement par rapport à leurs pertes – latentes ou réelles – mais surtout par rapport à la solvabilité du système tout entier ! Et donc de leurs comptes…

    1. ‘ Mais personne ne contrôle Wall Street ! ‘

      Qui a déjà vu de nos jours un pauvre citoyen se faire écouter et respecter directement par une personne riche et puissante de Wall Street non il faut toujours en passer par des intermédiaires en politique. S’il vous plait Mr le banquier soyez gentil et généreux ne voyez-vous que vous faite beaucoup de mal à la société, ce n’est vraiment pas bien du tout comme conduite. Le banquier oui cause toujours tu m’intéresses hein les gars et c’est alors que les autres banquiers se prennent de nouveau une autre rasade de plus en s’y prenant demain autrement …

  20. Claude Roche, le débat d’idées prendra d’autant plus de temps qu’il n’est pas même engagé. On voit se développer ici des réflexions sur le « too big to fail », sur la séparation des banques par secteur d’activité, en un mot, sur des remèdes qui permettraient aux bases du système de se perpétuer, en jouant sur des aspects quantitatifs, sans même aborder la notion capitale d’aire d’application des systèmes.

    Chaque système (naturel ou social) a une aire d’application. Par exemple, une ruche fonctionne bien avec 50.000 ou 80.000 abeilles. Un troupeau (de loups, de chêvres ou autres…) fonctionne bien autour de 20 individus. Une entreprise SCOOP idéale fonctionne bien avec 20 salariés… Au delà d’un certain nombre, la ruche assaime, la troupe se divise, l’entreprise SCOOP doit passer à un autre mode de fonctionnement. En deçà, de quelques milliers, l’essaim meurt, en deçà de quelques individus la SCOOP devient un artisanat…

    On a rencontré le même absurde problème avec la mondialisation vs le protectionnisme. Le problème a été abordé, comme d’habitude (esprit de généralisation abusive), comme si la notion de protectionnisme était un tout à généraliser dans tous les domaines. A prendre ou à laisser… sans tenir compte du fait, connu de tous, que rien ne vaut le boulanger du coin pour faire une bonne baguette, et que rien ne vaut la recherche internationale pour découvrir de nouveaux modes énergétiques. Aire d’application: Connais pas ! 🙁

    Parlant de banques et d’économie on fait l’erreur inverse de ce qu’a fait le communisme (toujours la généralisation abusive), en s’occupant (en Russie) de repeindre les volets des particuliers, ou (à Cuba), en gérant collectivement les plâtres des appartements. On sait que ça ne marche pas. Pourquoi ? Parce que personne ne peut être plus motivé que le particulier propriétaire à prendre soins de son bien. Par contre, on est certain que la gestion étatique des détails insignifiants de la vie, mène au b* généralisé.

    Symétriquement, on pense pouvoir gérer des structures manifestement collectives (au-delà de la dimension raisonnable d’un groupe humain), sur la base d’intérêts privés. C’est juste absurde. Ce qui est collectif doit être… collectif et le rester.

    L’aspect quantitatif des grandes entreprises n’est donc en aucune façon le problème. Elles peuvent (et elles doivent) être sous gestion étatique, pour la simple raison que leurs aires d’applications sont des aires collectives.

    Ce qui est à prendre en compte, c’est la fusion du collectif et de l’individuel, tant en Chine qu’en Occident. Ces fusions convergent mécaniquement vers un fascisme d’une nouvelle forme, dont nous avons les prémices dans tous les domaines (Information, politique, culture, etc).

    Bien sûr, il est beaucoup mieux que les banques soient séparées en secteurs d’activités, pour diviser les risques. Et ensuite ? Que les banques appartiennent à l’état, (comme en Chine), ou que l’état appartienne aux banques (comme aux USA ou en Europe), quelle différence cela fait-il ? Au vu de la différence énorme entre la santé du système chinois et la maladie du système US, il est évident que les « too big to fail » ne sont pas le sujet. Ici, l’aspect quantitatif des structures du système ne joue pas. La solution aux très gros systèmes sociaux est connue et appliquée: C’est la collectivisation des structures. Dans un cas, ça fonctionne, et dans l’autre ça ne fonctionne pas, alors que tous deux sont dans la même configuration. Ce qui fait la différence, c’est que la Chine, étant un pays totalitaire depuis la dynastie King, peut appliquer la technique du « Y’a qu’à », alors que les systèmes occidentaux… sont encore trop loin du fascisme pour pouvoir suivre.

    Si c’est le fascisme généralisé que vous souhaitez, réjouissez-vous: On y va tout droit, qu’on « réforme » ou pas.

    1. Riziculture et système collectif.

      La culture du riz est gourmande en eau à différents stades de son cycle.
      Pour pallier aux aléas de la pluviométrie, des réservoirs d’eau sont aménagés, ainsi qu’un sytème complexe d’irrigation, déversant le précieux liquide d’un champ à l’autre par gravitation. Un paysan propriétaire de son champ est néanmoins dépendant de la bonne gestion collective du circuit de l’eau. Exemple millénaire de fusion entre le collectif et l’individuel.
      Situation similaire pour la culture du maïs dans l’empire Inca, même si ce dernier apparaît comme un phénomène bref par rapport à longue histoire de l’empire chinois.

    2. @betov
      Si vous vouslez avancer, il ne faut pas aller sur la voie des généralisations abusives..
      Nous sommes des sociétés très largement civilisées, qui pratiquons depuis plus de trois siècles la démocratie et l’Etat de droit depuis encore plus longtemps
      Parler d’un fascisme qui vient n’est pas sérieux ,( il n’arrête pas de venir d’ailleurs, Foucault et les gauchistes nous le répètent régulièrement depuis plus de 40 ans); parler de banques qui possèdent l’Etat non plus.
      Jusqu’à preuve du contraire les gouvernements occidentaux sont régulièrement élus par des élections valides : les banquiers y ont une voix comme tout le monde.
      Et plutôt que de vous faire plaindre des résultats de ces élections, je préfèrerai vous voir essayer de comprendre pourquoi la majorité des gens pensent ( et probablement votent ) de façon différente de vous..
      amicalement

  21. La période (d’ Obama – 1.ère année) marquée par le semblant ? Oui, pour les perdants
    sans doute mais pour Wall-Street, c’ était du solide, du ferme et plantureux.
    Quant à ce que l’élection du Massachusetts marque un renversement , même
    partiel, il faut attendre la réalisation effective des projets avant d’ y croire.
    Obama est un rhéteur – le ministère de la parole- il a très peut réalisé ou fait
    aboutir en accord avec ses paroles… En revanche il a délégué et laissé faire
    des actions largement contraire aux attentes de son électorat.
    Mais il a tant dit que retrouver une ligne directrice est bien difficile.
    D’autre part, l’électorat est plutôt disparate- y déceler des objectifs clairs
    transposables en actions politiques n’est sans doute pas facile.

    Au final, la peur des élections est supérieure à la peur de Wall-Street.
    C ‘est en définitive un retour aux réalités; en fait tout au plus
    une amorce de début tant l’opinion publique a besoin de se désintoxiquer
    des pressions idéologiques.
    Car si Obama change de direction, il faut aussi qu’une opinion publique
    libérée lui indique des projets viables.
    Et ce n’est pas en bonne voie . Un petit exemple:le Wall-Street Journal
    prétend maintenant que les bail-out était dans l’intérêt des payeurs d’impôt – futurs électeurs
    ( « Taxpayer a.k.a voters »). Et la taxation des bonus c’est du socialisme primaire.

    Echapper aux soupçons de bolchévisme va être difficile.
    L’ actuel American Way -the best- reste encore intangible…

    On notera que rien de ce qui précède n’est une justification de la bonne vieille
    manière politique fançaise. Qui donne des leçons à qui ?

    1. @
      Je ne suis pas loin de vous suivre , mais vous oubliez une chose : c’est l’aveu d’erreur qu’ OBAMA est en train de faire.
      Cela n’est pas du tout dans la mentalité américaine : tant qu’on soupçonne OBAMA de collusion avec les banquiers il n’y a rien de grave , cela s’inscrit dans leur imagerie. Mais qu’il avoue de fait s’être trompé est plus inquiétant : les américains ne peuvent pas imaginer cela de leurs dirigeants. C’est ce point qui les fait douter : « e serions nous donc pas le peuple le plus civilisé de la terre ? « . Après l’Irak, cela commence à faire désordre
      amicalement

    2. @ Claude Roche

      Lu une interview du romancier américain James Ellroy dans le Figaro Magazine de ce week-end où Ellroy qualifie de clowns tous les présidents américains depuis Nixon (le titre du N°1 revenant bien entendu à Bush Junior), concluant qu’un seul président à ses yeux échappe à l’épithète : le président Obama. Ellroy trouve le dernier président bien trop ennuyeux pour le rôle ! Ce qui dans sa bouche est sans nul doute un compliment.

      Et si c’était le coté lisse d’Obama était son meilleur atout ? Et si son irrésolution dans l’action n’était qu’apparente ?
      Une certaine plasticité de l’esprit – caractéristique psychologique renforcé par un background culturel atypique — qui lui permet sans grande difficulté de changer de point de vue, de perspective quand cela lui semble nécessaire, parce qu’il considère toujours les problèmes sous plusieurs angles, thèse qu’accréditerait la présence dès le début de sa présidence de Volker (l’anti Bernanke) parmi ses conseillers importants, et aussi sa méthode habituelle qui consiste à consulter beaucoup avant d’agir, ce qui ne correspond pas beaucoup à l’image d’un homme qui serait vendu corps et âme à Wall Street, ni à celle d’un pantin. Obama est connu pour avoir une grande confiance en lui-même tout en semblant être capable de remettre en question les prémisses de ses réflexions, lorsque les circonstances l’exigent et lui démontrent qu’il avait eu tord…
      L’avenir dira de quoi est vraiment capable Obama, mais en attendant force est de reconnaître qu’il n’a pas fait preuve de molesse dans ses dernières déclarations. Après un changement d’attitude si rapide et affirmé devant Wall Street et qui prend à témoin l’opinion publique, il peut plus revenir en arrière. Nous assistons donc véritablement à un tournant politique. Bref, les choses deviennent intéressantes. Qu’il réussisse ou pas à court terme, les termes du débat ont d’ores et déja changé. Impensable était le démantèlement des mégabanques dans la bouche des milieux dirigeants. L’idée est maintenant sur le tapis. Cela crée un précédent.
      A ce propos, quid des banques universelles françaises, qui elles aussi pratiquent allègrement la spéculation sur fonds propres ?

    3. @je vous suis sur l’essentiel ( mais vous avez deviné : je n’ai aucune confiance dans Obama.
      amicalement

  22. Eliot Spitzer, ancien gouverneur démocrate de l’état de New York, ne disait pas autre chose ans un article de ‘Slate’ en novembre 2009 :
    http://www.slate.fr/story/12451/eviter-une-nouvelle-crise-financiere

    « Quatrièmement, la commission doit étudier à la loupe la branche new-yorkaise de la réserve fédérale. La Fed de New York était au cœur de chaque transaction majeure pendant la crise. »
    « La commission Angelides devrait enfin également demander à voir tous les documents concernant le prêt d’AIG, ceux de la Fed comme ceux d’AIG. »

    Spitzer était un partisan fin 2008 début 2009 de créer une commission d’enquête au Congrès et de s’orienter vers une ‘nouvelle commission Pecora’, du nom de l’ancien procureur, qui, soutenu par Roosevelt, permis d’aboutir au Glass-Steagal Act.

    Pour rappel, la dite commission Pecora a mis plus de 2 ans pour être mise en place (1932), après le Krach d’octobre 1929. La commission Angelides, créée en mai 2009 par Obama et mise en route en juillet 2009, n’a mis que 9 mois après la faillite de Lehman Brothers de septembre 2008 à être créée.
    Conclusion : les choses vont beaucoup plus vites maintenant qu’en 1929 (même si on intègre le début de la crise actuelle à début 2007) !!

    Election d’Obama : 4 novembre 2008.
    Prise de pouvoir d’Obama : 20 janvier 2009
    Mise en place de la commission Angelides : juillet 2009
    Auditions des principaux banquiers + Trésor + FED : décembre-janvier 2010

    Si Obama décide, comme Roosevelt, de soutenir la commission d’enquête parlementaire (et incidemment de ‘prendre acte d’un vote de défiance contre Bernanke’, solution la plus aisée pour Obama de se débarrasser de Bernanke), les choses pourront, sans doute, aboutir aux mêmes incidences que dans les années 30, notamment la liquidation judiciaire des actifs pourris des banques d’investissements voir des banques d’investissement elles-mêmes.
    Encore faut-il que comme avec la commission Pecora, les auditions soient rendues publiques et que les citoyens américains soutiennent le président dans ses décisions futures. Encore faut-il qu’Obama s’occupe, enfin, de l’emploi …

    Let’s dance !!

    1. C’est vrai. Ne pas oublier qu’Obama était travailleur social, où la fonction de la parole, surtout en zone de pénurie, est l’acte. Il s’inscrit ainsi dans une lignée d’élites issues de l’université et non du monde économique ou financier. Mc Cain, par sa ‘lignée’, en avait une toute autre compréhension.
      Obama vient de comprendre que le pouvoir de changer le monde n’est pas (que) la parole. Mieux vaut tard que pas du tout. Mais un ancien travailleur social enragé qui découvre qu’il possède (un peu) de pouvoir et qu’il peut en user, vraiment, en lieu et place de tenir une fonction d’arbitrage et d’équilibre, est dangereux. Pour ses adversaires. A ne pas sous-estimer. Si les paris ne sont pas truqués (si on est sur un ring de boxe et non de catch), je mise 1 sur 4. Et +1 s’il arrive à dégager Bernanke sans qu’il apparaisse comme celui qui l’a fait. Comme quoi, c’est maintenant que ça devient passionnant.

  23. Un qui n’a pas peur de continuer à faire semblant c’est Eugène Fama, l’intégrisme de cet homme et de son efficience des marchés fait peur.

    Are you saying that bubbles can’t exist?

    EF – They have to be predictable phenomena. I don’t think any of this was particularly predictable.
    .
    .
    .
    So you still think that the market is highly efficient at the overall level too?

    EF – Yes. And if it isn’t, it’s going to be impossible to tell.

    1. Très intéressant en effet.
      Extrait: ». Il s’agit en effet de faire naître un autre monde où nous soyons effectivement responsables. Un monde qui ne soit plus caractérisé par le laisser-faire parce que laisser-faire, c’est laisser faire les égoïsmes. »…

    2. Oui, très intéressant.
      En particulier ce passage: »Le libéralisme, c’est en effet avant tout la libération des passions et des pulsions. C’est ce que dit si bien la formule de Mandeville énoncée en 1704 à quoi je faisais allusion : « les vices privées font la vertu publique », autrement dit, il ne faut entraver en rien la recherche égoïste de l’intérêt- personnel au motif que c’est elle qui produit la richesse publique. »
      Bien sûr, cette auto-harmonisation est un mythe qui permet de « libérer » les désirs, soi-disant contenus par les interdits de la Loi. Et, bien évidement, cela va avec le toujours-moins-d’Etat qui doit faciliter cette libéralisation.
      Sauf, qu’au bout des désirs, il n’y a rien que le vide d’une société consumériste droguée aux « biens » aussi nombreux qu’inutiles, que le regard de l’autre sur nous-même et la violence sociétale qui se referme comme un piège sur chacun.
      Freud et l’illusion de la libération du soi qui imprègne notre non-conscient…

    3. Du Foucauld réchauffé passe encore mais Edgar Morin, Hubert Reeves, des pontes et aujourd’hui en partant de l’ordovicien j’aboutis à l’holocène, quelle vie de chien…..et que le printemps reviens.

  24. @ eventuellycalm

    En même temps il est idiot de séparer le « fondamental » et l’émotionnel, les deux sont toujours à l’oeuvre dans l’évolution des marchés, non ? Oui les bulles existent, ce sont principalement des phénomènes dont la naissance et l’éclatement sont difficilement prévisibles. Quand on considère une science sérieuse, l’expérience – les faits – conforte le modèle de pensée, le principe qu’on souhaitait vérifier, non ? Mais la science économique n’est pas une science sérieuse, c’est pourquoi la majorité des économistes sont incapables de prévoir l’évolution de l’économie. Les taux sont comme ceci, le pib fait comme cela, et blablabla…

  25. Plus je m’intéresse à cette crise (depuis janvier 2008) et moins je la comprend.
    J’ai simplement l’impression que les acteurs comme les analystes naviguent à vue. D’ailleurs le LEAP 2020 (un exemple parmi d’autres) ne prédit plus rien.
    Bien malin celui qui arriverait à relier les évènements entre eux et en sortir une trame ou y voir une quelconque logique.

    Comme le disait J.P Raffarin : « Tant que le bateau na pas heurté l’iceberg, la croisière continue ».

    1. J’ai bien peur que nous ayons déjà heurté l’iceberg…
      Seul l’orchestre continue à jouer…
      Piotr a un coup de blues…
      blues [bluz] nom masculin
      (mot anglo-américain, mélancolie)
      1. Complainte du folklore noir américain, née dans le sud-est des États-Unis, près du Mississippi, d’abord rurale puis urbaine, caractérisée par une formule harmonique constante et un rythme à quatre temps, dont le style a influencé le jazz et la plupart des formes musicales dérivées du rock.
      2. Fam. Mélancolie, cafard. Avoir le blues.

    2. LEAP2020 continue à prévoir beaucoup d’événements précis, tous aussi farfelus les uns que les autres, comme la mort programmée d’Albert 2 et tant d’autres trucs abscons. Arrêtez de consulter les Mme Soleil.

    3. @ Vince et Toni

      Les bulles inquiètent toujours et pas mal de prévisionnistes avisés et logiques en prédisent l’éclatement.
      Hélàs ils sont incapables de donner une échéance.
      C’est qu’il y trop d’hommes dans les équations.

    4. Bien non, tout est simple.

      Je prends le contre-pied de tout ce que écrivez.

      1) bien avant de m’intéresser à la crise, je la comprenais
      2) les acteurs et analystes coulent à vue.
      3) le LEAP a raison sur tout, il se trompe légèrement dans les dates.

      « Bien malin qui… » Au contraire :
      a) inutile de relier les évènements entre eux, car inutile de se taper des évènements.
      b) Euclide ne reliait pas d’évènements entre eux. Il se contentait de poser des hypothèses, et c’est tout ce qu’il nous faut.

      Lorsqu’on étudie les batraciens, il peut être utile d’observer leurs moeurs. Mais lorsqu’on a fait un batracien, il est inutile de l’observer. On y a mis tout ce qu’il peut faire et on a décidé de sa vie, par avance. L’économie étant fabriquée par l’Homme, lorsqu’on sait sur quoi elle repose, eh bien on peut tout prévoir.

      d) le bateau a heurté l’iceberg depuis longtemps !

    5. @Piotr
      Quand va t’on changer le chef, les musiciens, les instruments, la partition et pourquoi pas la salle ?

  26. Le silence d’AIG et le complot de GS et de la SG ne date pas de l’automne 2008 mais du printemps 2008; Et oui, suite à un désaccord entre GS et AIG, GS s’est appliqué à conduire Lehman Brother à la faillite. D’ailleurs, c’est dès le printemps 2008 que Lehman Brother a liquidé toutes ses holdings au Luxembourg.

    L’ancien dirigeant de GS est à la tête d’une instance financière aux US alors pas étonnant qu’il y est complot avec son ancien « bébé » GS.

    Les banques sont toutes liées par des relations financières plus ou moins importantes. L’indépendance des banques est un mythe que l’automne 2008 a confirmé.

    En ce qui concerne les actfifs hors bilan, les gouvernements gouvernements seraient étonnés de leur montant sachant que la majorité des banques (SG, BNP, …) ne savent même pas à combien s’élèvent leurs investissement dits « toxiques » tellement ces instruments sont très spéculatifs et trés sophistiqués.

    Espérons maintenant que la lumière soit vraiment faite sur cette affaire car les contribuables US, anglais, français, … ont payé cher cette crise financière montée de toute pièce et continueront à la payer pour longtemps.

  27. @ Hervey

    « Modifier la donne pour le système bancaire c’est aussi mettre à mal les fonds de pension et les assurances, c’est me semble-t-il priver un grand nombre de ses concitoyens de ressources vitales.
    Laisser faire c’est faire perdurer un système de plus en plus inégalitaire et insupportable aux yeux des américains, et pas seulement »

    Exact ! Pour cette raison ça m’étonnerait beaucoup qu’un texte trop « agressif » envers Golman Sachs and Co passe le Sénat – pour le Congrès la majorité est là. D’un autre côté, les républicains seraient mal inspirés d’ignorer la vindicte populaire… A mon humble avis, quel que soit la loi votée – si elle est votée ! – il ne faut pas s’attendre à une révolution financière, mais enfin le niveau d’action affiché est déjà bien supérieur à ce qui est décidé en Europe, non ?

  28. @toni
    J’ai comme l’impression que l’absence de prédiction comme le LEAP 2020 qui semble  »sec » ce mois-ci sur le sujet doit être interprété comme l’imminence d’événements majeurs. Un peu comme si nous étions dans l’oeil du cyclône.
    Nous sentons confusément qu’il va se passer quelque chose mais quoi ?
    Le chômage augmente partout, la misère s’accroît pour la majorité de nos concitoyens alors que d’autres s’enrichissent outrageusement, l’autorité est contestée (Bernanke…), les statégies de sortie de crise sont mal définies et sont inopérante. C’est un climat très angoissant.
    Dans un monde où tout va très vite, cette situation est extrêmement dangereuse et il est important de ne pas affoler les foules.
    D’ailleurs, je suis très étonné du silence de personnes comme Besancenot et compagnie.
    Leur silence me fait penser que la situation est bien plus grave que l’on ne le croit et ils ne veulent pas allumer un brasier qu’il serait difficile de combattre.
    Pour moi, il est clair que nous avons heurté l’iceberg et que nombreux sont ceux qui pensent que la puissance des moteurs lui permettront de regagner le port…Y aura t’il assez de carburant ?

    1. Y aura t’ il assez de carburant ?

      Vous ne croyez pas si bien dire !

      La crise financière n’est qu’une conséquence parmi d’autres de la raréfaction de la matière première-OIL- qui nous a permit depuis 150 ans d’accroître considérablement notre niveau de vie et d’imposer un système économique basé sur la croissance perpétuelle alors que la réserve de la ressource n’est pas perpétuelle – et par conséquence des équations mathématiques appliquées à la finance qui n’avaient de sens que par leurs fonction positive –
      Le problème est que depuis que nous avons passé le sommet de la courbe des réserves ultimes de pétrole nous arrivons sur le plateau alors que la demande des pays émergents et en particulier le chindia sont très importantes.
      Le dernier positionnement militaire pétrolier américain en Haiti a provoqué une réaction de la Chine sur ses intentions de soutenir la dette américaine ou en d’autres termes la vie à crédit des foyers américains…

    2. @jeanpaulmichel
      « J’ai comme l’impression… C’est un climat très angoissant. Dans un monde où tout va très vite, cette situation est extrêmement dangereuse et il est important de ne pas affoler les foules. D’ailleurs, je suis très étonné du silence de personnes comme Besancenot et compagnie… »
      Si je peux me permettre, vous n’écoutez que trop vos impressions.
      http://www.npa2009.org/npa-tv/all/15853
      Amicalement

    3. @ Piotr « Je crains que les prévisions du LEAP ne soit réservé à ses abonnés. »

      Même pas… (si on sait chercher sur le Net on peut les avoir sans y être abonné).

  29. @jeanpaulmichel

    Moi je ne suis absolument pas étonné du silence de besancenot. Son message est absolument inaudible auprès des français. Quels sont réellement ses idées et ses propositions? Et franchement vous croyez qu’un militant communiste révolutionnaire (haha) irait chez drucker. Vous imaginez Che guevarra sur le canapé rouge du présentateur le plus lisse et dans l’émission la plus convenu qui soit. Non je crois que de ce côté là il y a erreur sur la marchandise.
    Pourtant c’est vrai que « la gauche » devrait avoir un boulevard en ce moment. Mais je crois qu’ils ont largement participés avec la droite à l’élaboration d’une Europe ultra-libérale et inconséquente en cassant les entreprises et les services publics, les protections sociales, en permetant au secteur financier de devenir un monstre incontrôlable.
    Mais tout ceci est un autre débat et je ne pense que Paul Jorion souhaite que l’on parle trop de politique (à juste titre d’ailleurs).

    1. @ Toni
      J’ai l’espoir, et la certitude, que Paul invite aussi les acteurs politiques, autres que PS ou MoDEM, à s’exprimer sur son blog.
      Sans faire dans la propagande, le fait de ne pas entendre parler Besancenot n’implique pas que son message soit inaudible auprès des francais.
      Le NPA n’existe pas seulement par OB, mais les médias ne veulent inviter que lui.
      « …Pourtant c’est vrai que « la gauche » devrait avoir un boulevard en ce moment. Mais je crois qu’ils ont largement participés avec la droite à l’élaboration d’une Europe ultra-libérale et inconséquente en cassant les entreprises et les services publics, les protections sociales, en permetant au secteur financier de devenir un monstre incontrôlable. »
      D’où l’existence, l’urgence, d’une autre gauche, non?

    2. L’Auriculaire
      Il est le seul doigt ou deux méridiens se côtoient. Ceux du Coeur et de l’intestin grêle. C’est le doigt de la finesse, de l’élaboré, mais aussi de l’émotionnel et du superficiel, de l’apparence, voire de la prétention.
      Les tensions sur ce doigt manifestent un besoin d’extérioriser soit une tension d’ordre émotionnel, soit une tendance à la superficialité ou à la subjectivité.
      Elles signifient que nous sommes trop dans le rôle que nous jouons ou le paraître et insuffisamment dans le naturel, dans l’être.
      🙂

    3. Jean-Luc Mélenchon comme à l’accoutumée sans langue de bois et avec une bonne dose d’humour, ce qui ne gache rien, n’a pas maché ses mots ce matin sur F Culture dans « Les rendez-vous des politiques » et rebelote ce soir sur la 5. Les tirades sur l’Europe étaient décapantes ainsi que ses explications sur la sociale-démocratie.

    4. Ha si seulement nous pouvions toujours étiquetter l’esprit ou la conscience de l’homme en société comme ils nous seraient alors plus facile de faire de nouveau les malins.

      Le Mal Capitaliste que je dénonce souvent chez l’autre ne m’amène hélas guère plus souvent à mieux voir mes propres travers idéologiques de mon coté.

      Oui il n’est pas non plus certain que des gens comme JL Mélenchon à la tête d’une société se conduisent guère mieux que les autres ensuite, bien sur au début c’est toujours beau et merveilleux, mais c’est hélas après que cela se gate beaucoup à l’antenne surtout en certaines occasions.

      Vous peut-être de votre coté mais moi je ne me reconnais vraiment pas dans ces gens là…

  30. D’un point de vue franco-francais, la Société Générale a dépouillé grace à ses CDS sur Lehman, la BNP et envoyé au tas Axa actionnaire de Lehman.Pour en revenir au contexte actuel, le bout du tunnel de la recession est gonflé à bloc de méthane et on attend la première étincelle pour le coup de grisou.Amis épargnants et futurs retraités, accrochez vos ceintures !

  31. « M. Warren Buffett est un fervent admirateur de M. Bernanke » Et pour cause! M. Bernanke a sauvé AIG qui est un gros client de Berkshire (et donc sa perte aurait été terrible pour Berkshire) et Goldman Sach (où M. Buffett a investit il y a quelques mois des milliards comptant bien sur son ami Bernanke pour renflouer GS). Buffett parle POUR SON INTERÊT. Et son interêt est aux antipodes du nôtre (même si nous avons quelques petites actions ) et encore moins celui de la classe moyenne qui a payé indirectement des milliards à Buffett pour ces sauvetages. « à un point tel qu’il a déclaré à une entrevue de CNBC récemment :  »s’il n’est pas réélu, dites-le moi d’avance afin que je puisse vendre quelques actions! ». » Warren Buffet est un as du brain-washing et de la manipulation médiatique. Son hypocrisie est sans borne. Il y a environ 2 ans il disait qu’il gardait ses actions à long terme et pour la vie et que si le président de la Fed lui faisait une confidence sur ses prochaines décisions, cela ne changerait rien!
    Tiens maintenant que cela l’arrange, il terrorise le peuple pour qu’on lui refile d’autres milliards. Il prend les américains pour des imbéciles. Et cela a l’air de très très bien marcher. « Il a même déclaré qu’il serait justifié que les marchés s’effondrent s’il n’est pas réélu. » Les marchés qui « s’effondrent » sur la seule nomination du président de la Fed! Tiens tiens, c’est une économie solide ça?
    La réalité est que Bernanke tient à bout de bras une bulle de crédit colosalle qu’il a lui-même créée et avant qu’elle ne s’écroule il est en train d’effectuer le plus grand transfert de fonds publics (=classe moyenne) vers des fonds privés (principalement JP Morgan, Goldman Sach, Buffett, et autres copains qui le financent et le soutiennent (comme cette petite déclaration bien « timée » de Buffett…)) que l’histoire mondiale n’ait connue, et ce dans un temps record (1-2 ans!) alors même que la plupart des gens et des commentateurs de journaux financiers (hum… hum… ) n’y comprennent strictement rien et au contraire, portent leur « confiance » sur des beaux-parleurs, des hypocrites, et des incompétents.

  32. Il serait intéressant de savoir dans quelle proportion les CDS remboursés rubis sur ongle (à 100%) à hauteur d’une soixantaine de milliards USD par le contribuable américain à un certain nombre de banques étaient des paris purs. Je trouve que ce serait une bonne question à poser à Geithner.

  33. Sur le poids des lobbies :
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/23/les-milieux-financiers-americains-rejettent-le-plan-obama-sur-les-banques_1295641_3222.html#ens_id=863164

    D’où l’impérieuse nécessité pour Obama d’user de la commission d’enquête parlementaire actuelle, pour ‘retourner’ l’opinion publique américaine, malgré les offensives médiatiques, qui commencent déjà contre un tel projet législatif. C’est ce qu’avait fait Roosevelt avec Pecora, ce qui permit de faire voter le Glass-Steagall Act ensuite.
    Par contre, il est clair qu’Obama a ‘gaspillé’ un précieux temps, à savoir les premiers 100 jours, que Roosevelt avait su utiliser dès son investiture (Emergency Banking Relief Act, imposant la fermeture pendant 4 jours des banques insolvables, lors d’une convocation en urgence du Congrès une semaine seulement après cette investiture !).

    Obama a quand même 2 atouts :
    – avec la commission et la proposition de loi, il force les républicains à se prononcer publiquement sur cette loi et sur le principe d’une action réformatrice sur la finance, juste avant les mid-terms de novembre : choisissez, les électeurs ou WS. Dans un cas, il est gagnant car la loi est votée. Dans l’autre cas, il est gagnant car les électeurs étrilleront les républicains s’ils s’opposent à cette loi, ce qui permettra alors de conforter la majorité démocrate pour faire voter cette loi, une majorité ‘ressoudée’ par la légitimité démocratique renouvelée ;
    – l’Executive Order, toujours possible, notamment sur le domaine financier puisque si le Glass-Steagall Act a été supprimé, il reste Securities Exchange Act de 1934, qui fonde la SEC (qui existe toujours) et qui a pour principale fonction de faire appliquer 6 lois fondamentales sur le domaine financier, notamment le Securities Act.
    Depuis un arrêt de la Cour Suprême interdisant un EO (1950), pour défaut de relation à une loi existante (objet législatif), les président sont tenus de mentionner une loi. Par exemple, celle de la SEC. Ce qui permettrait au président, en cas de manoeuvres dilatoires au congrès dû aux lobbies, d’imposer, par exemple, en cas de dissimulation ou de fraudes, une liquidation judiciaire des actifs pourris. Par exemple.

    L’actuelle Chairman, Mary Schapiro, nommé par Obama, est déjà intervenue fin 2009 sur les agences de notation et envisage aussi d’intervenir contre la course au trading ‘flash’ (millième de seconde) de diverses places financières :
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/la-sec-veut-reguler-les-agences-de-notation_200495.html
    François Leclerc en parlait sur ce blog :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=6517

    Peu de personnes ont relevé qu’à côté de Paul Volcker figurait le ‘former SEC chairman’ William H. Donaldson, de 2003 à 2005, nommé par G.W. Bush, comme pour indiquer les ‘directions’ que prendrait l’offensive.
    La SEC peut être une de ces directions …

  34. Je pense à ‘3 fers au feu’ :
    – ‘Volcker Act’, pour la partie législative ;
    – la commission parlementaire d’enquête, pour la partie politique et communication ;
    – la SEC, pour l’aspect ‘technique’.
    Cela ressemble assez à une stratégie ‘New Deal’ ou pas ?
    Manque évidemment la partie la plus importante car sociale, économique et politique : l’emploi.
    Moins, pour l’instant, la liquidation judiciaire des avoirs pourris (Emergency Banking Relief Act).
    Et toutes proportions gardées …

  35. La collusion entre le personnel politique, la haute administration et le pouvoir économique ne date pas d’aujourd’hui. Le scandale provient de ces personnalités de premier plan tel que Schroder (en Allemagne) et Blair (pour la Grande-Bretagne), qui après avoir contribués à une déréglementation de l’économie et avoir soldés le bien public ont aujourd’hui des places au sein de ces mêmes entreprises Gazprom (filiale) pour Schroder et LVMH pour Blair (le frère de Blair est PDG de LVMH GB). Depuis les années 80 les dircabs et autres conseillés devenait PDG des entreprises privatisées, aujourd’hui ce sont les ministres, demain les 1er ministres et présidents.

  36. cet excellent article me conduit à deux remarques en forme de question:
    – le libéralisme ne repose t’il pas sur une marché dit parfait dans lequel l’information est partagée à égalité entre les acteurs? cela ne signifie t ‘il pas que ce début de retour à une certaine réalité pose la question du fonctionnement même du marché et de sa contradiction interne devenue essentiellle: le déséquilibre dans l’information;
    -la question de la prise de décision et du fonctionnement oligarchique de la société qui rend permanent le conflit d’intérêt

  37. @Betov: Faisant suite à la lecture de votre billet, je vous adresse ces quelques lignes des Pays-Bas, ceci expliquant peut-etre cela, Pays-Bas où cette semaine s’est ouvert le procès du leader ‘neo-fasciste’ du PVV, parti pour la liberté, pour incitation à la violence raciale, discrimination, le PVV parti arrivé en tete lors des dernières élections européennes, procès qui s’inscrit dans la stratégie du ‘cordon sanitaire’, préconisée par Guy Verhofstadt en Belgique pour circonvenir la progression du Vlaams Blok et du Vlaamse Belang.
    Les propos de votre billet me rappellent malheureusement le raisonnement de Drieu la Rochelle en 1938-1939.
    Aussi quelques remarques:
    1) la globalisation s’est imposée, elle est, et devient quelques décades après, le nouveau seuil, comme l’a été l’Etat-nation. Gillian Tett, journaliste au Financial Times, dans son livre sur le déclenchement de la crise, rapporte combien
    les interventions de Geithner dans les difficultés de Bear Stearns et ensuite, avec Paulson, dans celles de Lehman Brothers, répondaient à un souci d’éviter une globalisation de la crise, arroseurs arrosés pourrait-on dire

    2) Vers le fascisme: s’il y a bien selon la formule de John Berger, un ‘fascisme économique’, ou fascisme financier,dont
    les Etats-Unis depuis le 11/9 seraient le porte-étendard, un examen objectif des démocraties de l’Europe du Nord montre un éventail de dispositifs de vigilance, qui, évidemment, contrastent avec la situation francaise, où cette idéologie semble s’imbriquer récemment dans une logique électorale ou électoraliste Si je comprends bien le caractère de votre raisonnement, dans une semaine où ce blog est signalé parmi les blogs politiques qui montent, il n’y a pas de fatalité du fascisme, mais une série de démissions individuelles qui provoquent ces dérives. VIGILANCE

  38. « Paul Jorion dit : 24 janvier 2010 à 00:46
    La réponse à cette question est déjà connue, et je l’avait rapportée en mars de l’année dernière dans Un assureur bien tranquille et dans Les dettes de jeu d’AIG. »

    Au moins 22 milliards USD de paris purs si je comprends bien ton post. Maintenant, la question intéressante serait de savoir sur la défaillance de quelles(s) institutions(s), les Goldman Sachs, Société Générale, Deutsche Bank ont parié avec AIG.

    Autre question: étant donné que la Société Générale a touché 12 milliards d’AIG sur son portefeuille CDS grâce aux bons soins du contribuable américain, quelle en était la proportion de paris purs? Admettons que ce soit 4 milliards USD. Lorsqu’on sait que par ailleurs, pour l’ensemble de ses activités bancaires la Société Générale a réalisé sur les 9 premiers mois 2009, 457 millions d »euros de bénéfices, on se dit que quelques paris bien ajustés (contre qui? that is the question) rapportent bien davantage.

  39. Faisons l’hypothèse que le contribuable américain a remboursé à hauteur de 4 milliards USD les dettes de jeu d’AIG à la Société Générale. Le côté le plus ironique de l’histoire serait que les paris purs furent effectués par la Société Générale sur la tête de banques américaines à la santé chancelante (Bear Stearns? Merril Lynch? Lehman?). C’est probable car dans ce clapier, si une poule tombe malade, les autres l’achèvent. Autrement dit, le contribuable américain a sans doute payé des milliards à une banque française pour avoir eu la gentillesse de parier sur la chute de l’une ou l’autre banque américaine.

    On pourrait s’attendre à ce qu’un homme politique français pugnace comme Mélenchon demande une enquête parlementaire sur cette manne céleste opportunément tombée entre les mains de la Société Générale. Mais il est peu probable qu’il le fasse. Pourquoi le ferait-il? Pourquoi risquerait-il d’affaiblir une banque française, son statut à l’international et les milliers d’emplois qu’elle génère, pour défendre les intérêts du contribuable américain? Et c’est ainsi que la gauche est bien forcée de défendre les banques.

    Comme le disait Woody Allen: « J’aimerais terminer sur un message d’espoir. Je n’en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient? »

  40. Comment les mesures sont sans effet ou détournées. Les règles FASB étaient censées mettre fin au hors bilan àpd 1er janvier. Mais dans les faits, on constate que Wells Fargo (et d’autres) n’ont pas repris dans leur bilan tous leur actifs hors bilan, loin s’en faut. Wells Fargo n’a incorporé que $10 milliards, alors qu’il a plus de $2 000 milliards d’actifs hors bilan.

    http://market-ticker.denninger.net/archives/1887-So-Much-For-FASB-Wells-And-Others.html

  41. A propos du semblant,

    Le semblant c’est le bout de ficelle qui fait tenir le paquet.

    Ce n’est pas son contenant, ni son contenu.

    Si nous n’avons plus de ficelle, le paquet va se défaire … enfin, peut être qu’avec de la colle ? C’est la poisse la colle.

    Quand j’étais petit, un monsieur plein de bon sens m’a dit un jour, si tu as un bout de ficelle et un couteau sur toi, tu peux te sortir de toute situation …

    Alors à quand la fin de l’ère du couteau ?

  42. Le Déni (nous y voilà enfin),

    Le Déni conduira bien à l’interdiction du Semblant et du Couteau, en ce qui concerne le couteau, il s’agit bien qu’il ne soit pas Suisse, afin que son usage ne soit pas détourné de sa fonction principale de couper.

  43. « …la chute des bourses américaines dans la journée de vendredi, chute au profil inquiétant (voir figure – merci à Dow Jones & Cy.) et dont l’accélération en cours de séance ne présage rien de bon pour la journée de lundi. »
    Pour l’instant ça se passe plutôt bien à la Bourse de New York : +0.62% pour le Dow Jones actuellement …

  44. De quelle économie parle Obama? – Mythes de la reprise – par le professeur Michael Hudson (en Anglais. Traduction rapide de quelques extraits)

    L’état de l’Union est en danger de véhiculer les euphémismes habituels. Je m’attends à ce que Obama se vante qu’il a supervisé une reprise. Mais peut-il y avoir quelque chose comme une reprise sans emploi? Ce qui s’est redressé, ce sont les moyennes du marché boursier et les bonus de Wall Street, non pas les revenus personnels disponibles ou les dépenses discrétionnaires déduction faite du service de la dette.

    Le danger c’est que quand Obama parle de «stabiliser l’économie», il veut essayer de maintenir l’augmentation des intérêts composés et de la dette. Cette dynamique de mathématiques financières est autonome de l’économie industrielle « réelle », l’écrasant économiquement. C’est ce qui rend la route économique actuelle de la servitude de la dette tellement auto-destructrice.

    Les dettes qui ne peuvent pas être payées, ne le seront pas. Donc, les défauts de paiement sont en hausse. La question que Obama devrait régler est de savoir comment faire face à l’excédent de la dette au delà de la capacité de payer — et les prêts au dela de la valeur du bien en garantie (negative equity) pour le quart des américains qui ont une dette hypothécaire plus élevés que la valeur de l’immobilier au prix du marché. Si l’espoir est toujours de « sortir de la dette par l’emprunt » en obtenant que les banques prêtent de nouveau, alors les auditeurs de mercredi sauront que la deuxième année de la présidence d’Obama sera pire pour l’économie que la première.

    Est-il réaliste de s’attendre que le discours précise clairement que « nous ne pourrons pas revenir à la maison comme avant »? Obama a promis le changement. « Nous ne pouvons tout simplement pas revenir aux affaires comme d’habitude », a-t-il déclaré le 21 janvier, présentant le « plan de Volcker. » Mais comment peut-il y avoir des changements structurels significatifs si le plan est de revenir à une dynamique idéalisée qui a enrichi Wall Street, mais pas le reste de l’économie?

    Le mot «récession» implique que les tendances économiques reviendront à la normale presque naturellement.

    Tout rêve de «reprise» de l’économie actuelle de la dette à effet de levier est un faux espoir. Pourtant, les milieux financiers s’attendent à ce que Obama insiste pour que l’économie ne pourra pas se rétablir sans avoir d’abord remboursé et enrichi Wall Street. Pour regonfler les prix des actifs, l’équipe d’Obama se tourne vers le modèle du Japon d’après 1990. Une Réserve fédérale accommodante qui devrait inonder les marchés du crédit à des taux d’intérêt bas pour relancer les prêts bancaires – la dette portant intérêt empruntée pour acheter un bien immobilier existant déjà (et les actions et les obligations déjà émises), permettant aux banques de sortir de leur position de fonds propres négatifs en gonflant les prix des actifs par rapport aux salaires.

    La promesse est que re-gonfler les prix aidera l’économie « réelle ». Mais ce qui va «reprendre» est la tendance à la hausse de l’endettement des consommateurs et propriétaires qui a provoqué l’étouffement de l’économie par la déflation de la dette du départ. Ce résultat final de l’économie de bulle Clinton-Bush est toujours applaudi comme un modèle pour la reprise.

    Nous n’émergons pas vraiment d’une « récession ». Ce mot signifie littéralement tomber au-dessous d’une ligne de tendance. L’économie ne peut pas « reprendre » sa croissance exponentielle passée, parce que ce n’était pas vraiment normal. Le PIB augmente, principalement pour le secteur FIRE – finances, assurances et immobilier – et non l’économie « réelle ». Des gestionnaires financiers et d’entreprise se payent eux-mêmes plus pour leur succès en payant moins leurs employés.

    C’est l’antithèse de la reprise pour l’économie réelle (Main Street). C’est ce qui rend le secteur FIRE si auto-destructeur, et ce qui à mis fin au grand boom économique americain post-1945.

    Il y a deux économies – et le secteur extractif FIRE domine l’économie « réelle »

    En écoutant discours sur l’Etat de l’Union, il faut se demander simplement que de quelle économie Obama fait allusion quand il parle de reprise. La plupart des salariés et les contribuables vont penser de l’économie « réelle » de production et de consommation. Mais Obama croit que cette « Economie No 1 » est dépendante de celle de Wall Street. Ses principaux donateurs de la campagne et les «créateurs de richesse» du secteur FIRE – Economie No 2, recouvrent l’économie « réelle » No 1.

    L’économie No 2 est l’économie «comptable» de la propriété et la dette. Les 10 pour cent des plus riches prêtent leurs économies qui deviennent des dettes dues par les 90 pour cent en bas. Une part croissante des gains sont réalisés dans les moyens d’extraction, en faisant payer le loyer et les intérêts, par la spéculation financière («gains en capital»), et par les impôts levés eux-même sur l’économie « réelle » No 1.

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