Où sont les pêcheurs à la ligne ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Certains d’entre vous qui ne consultent qu’occasionnellement Le Blog de Paul Jorion sont certainement déçus de voir qu’il n’y est pas question de ce qui fait aujourd’hui la une des journaux que lisent la grande majorité de mes lecteurs : les élections régionales en France. Quand je dis : « la grande majorité de mes lecteurs », c’est que, sur les trente derniers jours, 81 % d’entre vous êtes Français.

Bien sûr, je suis Belge résidant en France et, me viendrait-il l’envie de voter à ces élections régionales françaises, je n’en aurais pas le droit. Mais de là ne vient pas l’opinion que j’ai d’elles.

De manière générale, on ne trouve pas sur mon blog d’appels à l’action. Certains s’en plaignent, et je leur ai répondu dans deux billets récents : « N’est-il pas temps alors de s’engager ? » et Le duc d’Aiguillon, le vicomte de Noailles, le vicomte de Beauharnais et le duc du Châtelet. La raison n’est pas que je m’oppose à l’action, autrement dit que je lui préfère la contemplation, mais mon blog ne me paraît pas l’endroit d’où en parler : un blog est à mes yeux, un lieu de réflexion et, de ce point de vue, il me semble pleinement assumer sa fonction, car il a produit durant ses trois ans d’existence, sinon un corpus cohérent de mesures à prendre, tout au moins ce qui me semble un diagnostic très complet de la situation présente, que je caractérise depuis l’automne 2008 comme étant la fin et la sortie du capitalisme.

Pourquoi l’automne 2008 ? Parce que c’est à ce moment-là, dans les mesures prises aux États-Unis pour contenir l’hémorragie consécutive à la chute de Lehman Brothers, qu’on a pu constater que, faute de mesures susceptibles de sauver le système économique et financier en perdition, celles qui étaient prises – par leur inconséquence et leur inanité – ne pouvaient à terme qu’encore aggraver le mal.

Aggraver le mal, parce que les créances privées devenues trop lourdes et ayant précipité un effondrement de la finance d’abord et de l’économie ensuite, avaient été – selon une formule jusque-là classique – prises en charge par les États et que, pour la première fois dans l’histoire, cette charge était d’un montant tel qu’elle entraînait cette fois les États, à la suite du secteur privé, droit dans l’abîme. C’est cette situation inédite que j’ai décrite dans La sortie du capitalisme, un article paru l’automne dernier dans la revue Le Débat. Les discussions actuelles autour de la dette publique de la Grèce et d’autres pays comme la Grande-Bretagne, ne parlent de rien d’autre que de cette charge désormais trop lourde et de la chute dans l’abîme désormais amorcée.

Or, de cette sortie du capitalisme, qui est l’époque que nous vivons à présent et qui est au centre de toutes nos préoccupations, les partis qui briguent les suffrages des électeurs français aux élections régionales, n’en parlent pas.

Si vous êtes familier du Blog de Paul Jorion, vous avez pu constater que les opinions qui s’y expriment – aussi bien au niveau des commentaires que des chroniques – représentent ce qu’on appelle en France, la gauche et la droite « civilisées ». Il n’est pas surprenant du coup que les politiques à qui j’ai personnellement l’occasion de parler représentent le même éventail. J’évoque avec eux la période que nous traversons et je leur pose la question : « Pourquoi les partis n’en parlent-ils pas ? » Et la réponse est celle-ci – et je ne trahis personne en la révélant, parce qu’elle est la même, quelle que soit l’affiliation partisane : « Parce que les partis s’adressent l’un à l’autre d’une manière qui leur est devenue classique et qu’ils sont devenus incapables, par une longue habitude, de tenir un autre langage ». Mes interlocuteurs sont quant à eux conscients de la particularité de la période historique que nous traversons et des risques de débordement qui se profilent à l’horizon en raison d’un mécontentement qui ne pourra aller que croissant, mais ils ne voient pas comment, dans la chasse aux suffrages à laquelle se livrent les partis, ces sujets pourraient même être évoqués.

On a pris l’habitude d’appeler « pêcheurs à la ligne », ceux qui en France s’abstiennent de voter. Ils considèrent que les choses ne vont pas suffisamment mal qu’il faille rompre la paix d’un dimanche pour se rendre dans l’isoloir. Les 53 % d’abstentionnistes et les 4 % de votes blancs de dimanche dernier, ne sont pas cependant tous des pêcheurs à la ligne : les lacs et les cours d’eau français ne pourraient y suffire. Les pêcheurs à la ligne sont ceux qui ne sont pas spécialement inquiets, et le paradoxe de la situation présente me semble être – et il est crucial que les politiques en prennent conscience sans tarder davantage – qu’il n’y a plus en France que les pêcheurs à la ligne pour aller voter.

Pendant ce temps-là, l’époque elle n’attend pas, et le débat se poursuit et se poursuivra ici à propos des deux mondes : celui qui s’enfonce et s’efface d’une part et celui en train de naître d’autre part, au même niveau de sérieux et d’excellence que vous me permettez jour après jour d’atteindre ici.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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205 réflexions sur « Où sont les pêcheurs à la ligne ? »

  1. @ Paul

    « la gauche et la droite « civilisées ». » Vous voulez parler des partis qui sont susceptibles d’arriver au pouvoir par les élections ? Parce que la civilisation, il faut parfois la chercher loin ou alors on ne parle pas de la même. Alors évidemment, il y a des individus moins durs que d’autres…

    1. Je suis aller voir sur votre site et je ne suis pas d’accord avec vous. Vous y parler de l’utopie d’une société sans hiérarchie de la gauche qui est restée anti-patron. Je pense que l’émancipation de l’individu passe par une société sans hiérarchie avec des individus à qui ont a donné mandat pour exercer des responsabilités mais qui seraient révocables à tout moment. Quant aux patrons, je ne pense qu’ils soient d’une quelconque utilité. Tout peut fonctionner sans patrons, l’Espagne l’a démontré en 1936-39 à travers les collectivités anarchistes ou socialistes. Voir le documentaire de Richard Prost, Un autre futur, l’Espagne rouge et noire (1988, VHS, 2H31, récemment resorti en DVD).

  2. nous sommes tous de pauvres pêcheurs,
    et vous Paul, vous êtes notre Prêcheur en ligne …

    berges de droite, berges de gauche, pêchons sur la voie du milieu.

  3. C’est certain se remettre en cause, que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique, c’est en général très difficile et/ou douloureux. Certains n’en sont même pas capables et préfèrent se voiler la face, jusqu’au moment fatidique ou il percuteront le mur: mais il sera trop tard. Le pire c’est qu’en plus du déni de réalité, ils cherchent en général des boucs émissaires aux difficultés qui les assaillent. L’introspection leur est impossible, ils n’existent que dans l’action , la réflexion leur paraît une perte de temps et surtout elle risquerait de les mettre devant leurs contradictions, voire même leur vide intérieur. Pour conclure à tous ceux qui critiquent ce blog pour son manque d’appel à l’action, je dirais que la réflexion n’est pas une perte de temps, comprendre n’est pas une perte de temps, c’est plus difficile que de céder à ses impulsions. Mais pour moi la réflexion doit toujours précéder l’action et non l’inverse. Le monde contemporain est assez complexe, et essayer d’en mieux comprendre les rouages et de la plus grande utilité. De toute façon penser par soi même est le meilleurs antidote aux dérives dogmatiques. L’histoire nous a malheureusement trop souvent montré où menait « le prêt à penser » dispensé par des institutions ou des leaders charismatiques: à l’inquisition, aux camps de concentration et au goulag.

    1. Quantité de choses nous empêchent de penser une transition… de faire le deuil de ce monde. Ce deuil qu’il faut faire, mais nous ne pouvons penser le changement en fait, car rien dans notre culture au sens large ne nous le permet…

      Les réformes, et la technologie c’est « toujours plus de la même chose », ce ne sont pas de vrais changements. Un changement du genre bouleversement impose un lâcher prise, rien ne nous y prépare.

      Par exemple l’Art depuis Proust, c’est le Temps Retrouvé, qu’on ne se permet pas de perdre, de même l’illusion musicale de par la répétition cyclique des thèmes nous donne à croire que tout est cyclique mais que rien ne se termine vraiment. Le Cycle est l’emblème de la négation du temps. Nous ne faisons toute notre vie que nier le Temps, par divers artifices, qui se résument à la phrase : « tout va continuer » et nous ne pensons que de cette manière. Penser un « Arrêt » est quasiment un blasphème, une insulte au monde et à la vie…

      Tout est fait pour donner de l’assurance au sentiment de continuité, qui devient une véritable seconde nature… cet espèce d’optimisme latent déteint sur la pensée en général et le politique en particulier.

      Bien mais ceci n’aide pas nos décideurs à voir ce qui arrive…

      La rupture, c’est aussi l’abandon, l’abandon d’un ancien monde pour un nouveau, et cela soulève des sentiments de deuil : « Ah c’était mieux avant ! »

      Mais Huxley parlait lui du « mauvais vieux temps »; La peur du changement se voit déjà chez Heine, et Huxley, Orwell, tous craignaient un socialisme (sovietique pour les derniers), qui serait à la fois meilleur, inévitable aussi, mais incarnant la modernité et donc la perte d’un Ancien Monde !!

      Il y a toujours des nostalgiques de tout, y compris de l’Ancien régime, de Napoléon, la nostalgie c’est une douleur telle qu’on ne change pas; C’est peut-être à cause de tout ceci que nous ne pouvons pas envisager un changement….

    2. @Lisztfr: « Le Cycle est l’emblème de la négation du temps. » : Quelle horreur ! Quel contre-sens ! Quelle funeste conception ! Le temps EST cyclique, ou, pour être plus précis, la perception du temps se confond avec celle des cycles. Aussitôt qu’un temps « linéaire » surgit à notre entendement, par exemple celui qui court depuis le Big Bang, l’on découvre dans son sillage le cycle dans lequel il s’inscrit: Big Bang, Big Crunch, Bing Bang, Big Crunch,… Le monde n’est qu’une pendule. 🙂

    3. @ Joan,

      Je voudrais savoir faire comme Paul Jorion. Il nous gratifie parfois d’une image en couleur, qui, comme nous le savons « vaut mieux qu’un long discours ».

      J’ai relu hier soir « Le pied tendre », un épisode de Lucky Luke. On a les penseurs qu’on peut, et je range Goscinny avec ceux dont l’humour sait le mieux parler des hommes (Alphonse Allais, Jerome K. Jerome, ils sont trop nombreux pour en faire la liste).
      Pour illustrer votre propos, j’aurais placé ici une vignette que j’ai lu hier soir. Lucky Luke et Waldo le « pied tendre » viennent de s’enfuir, poursuivis par des hommes qui veulent les pendre. Le majordome de Waldo, confiant de l’issue, dit à un indien: « Monsieur n’a rien à craindre de la justice ». L’indien tourne les talons en répondant: « Pendre d’abord. Justice après ».

      Vous avez raison. Un minimum de réflexion préalable est nécessaire lorsque le prêt à penser brandit ses solutions radicales. Face à des tempéraments impatients, la réflexion fait toujours gagner la justice.

    4. « Or, de cette sortie du capitalisme, qui est l’époque que nous vivons à présent et qui est au centre de toutes nos préoccupations, les partis qui briguent les suffrages des électeurs français aux élections régionales, n’en parlent pas.» C’est faux : Il suffit de taper http://www.dailymotion.com/ et au choix Mélenchon, Généreux etc.. Les vidéo parlante ne manquent pas sur le sujet et sans « révolution sanglante »
      Seulement voila, faut il prêter l’oreille a autre chose que les tradi UMP, PS, Modem, ou EE libertaire, tous pro oui oui. C’est difficile de sortir du conformisme !

      Mais il est plus facile d’ignorer et de laisser les dérives des soi-disant libres « De toute façon penser par soi même est le meilleurs antidote aux dérives dogmatiques. » et autres galéjades du même tonneau. Non Mr on pense « avec et par les autres » et ensuite seulement on se fait une opinion (toujours a re confronter) -‘’par soi même’’ cela voudrait dire que le invente tout a partir de rien ? Ineptie !

      C’est toujours très facile et démago de fustiger « les politiques », si ça ne va pas, allez y, mettre les doigts dans le cambouis, faire des propositions, travailler a l’élaboration d’un projet, etc.. et le faire connaitre, rencontres, réunions, Km, engeulades, etc.. Il faut aimer (oui) En vouloir (oui) c’est long, très long (oui) Surtout si pas grand monde pour débattre de propositions non conformiste, sortir du capitalisme (qu’elle horreur, largement partagé par pas mal ici) Mais, mais Ha ! pas de politique, c’est mal, caca, pas votre affaire, discourt permanent des droites z’en faites pas on s’en occupe. Et voila le résultat, rien (blanc), ou facho, bravo les artistes.
      Alors, oui et re oui au débat civilisé, j’ai depuis longtemps choisi cette option, mais avec du technique, des couts de gueule, des positions fermes, et si possible des décisions solides (faut il encore avoir ‘’le pouvoir de’’)
      L’abstention peu se comprendre, mais après il ne faut pas venir chialer et s’étaler que tout va mal. On a les politiques que l’on mérite.

    5. ‘De toute façon penser par soi même est le meilleurs antidote aux dérives dogmatiques. » et autres galéjades du même tonneau. Non Mr on pense « avec et par les autres » et ensuite seulement on se fait une opinion (toujours a re confronter) -‘’par soi même’’ cela voudrait dire que le invente tout a partir de rien ? Ineptie !’

      Quand je dis penser par soi même, cela ne veut bien sûr pas dire tout réinventer à partir de rien. C’est plutôt avoir assez d’esprit critique, pour être capable, après avoir pris connaissance des divers points de vue sur un sujet, de se forger sa propre opinion sur ce sujet. Nous nourrissons nos réflexions de nos lectures, de nos discussions, nos échanges avec les autres. C’est totalement le contraire d’une attitude autiste. Par contre je maintiens que lorsque l’on ne fait plus l’effort de croiser les points de vue, on court le risque de tomber dans le suivisme et le dogmatisme, avec tous les risques de dérapage que cela comporte.

    6. Oui, je confirme Roland : dans le Languedoc-Roussillon, masqué par une inepte querelle autour du trublion local et amplifiée complaisamment par la presse locale et nationale, une liste a défendu la sortie du capitalisme et a obtenu 8,5 % malgré un silence médiatique assourdissant mais grâce à plus de 300 réunions publiques sur les 5 départements.

      Les débats ont permis l’élaboration d’un programme précis percutant et radical dans son opposition au traité de Lisbonne et à la politique néolibérale de Sarkozy tout autant que ses accompagnateurs qui prennent les couleurs du temps comme les caméléons de la forêt vierge ! Il annonce clairement qu’il faut sortir du capitalisme.

      Je sollicite la lecture et la critique de ce programme pour avancer : http://www.agauchemaintenant.fr/Notre-programme-en-8-pages

  4. Vous ne pouvez certes pas tout mais pouvez comprendre: « il n’y a plus en France que les pêcheurs à la ligne pour aller voter ». La vérité est bien dans ce paradoxe. Merci de l’avoir compris.
    Il faut continuer à ne pas voter dimanche, aller à la rencontre de nos élus, des militants et faire passer ce message simple: pas de vote, notamment à la présidentielle, sans projet construit; pas de vote sans que naisse un projet où les idées de messieurs Jorion, Todd, Sapir, Lordon, Allais ne soient prises en considération. Pas de vote sans projet de société nouveau. Voter est un geste autrement plus grave que d’envoyer un sms ou de choisir entre deux canapés. Si je dois voter pour le consensus et le statu quo alors je ne vote plus.
    Surtout qu’on ne me dise pas encore qu’agir ainsi c’est scier la branche sur laquelle on est assis et ou que c’est faire preuve de manque de civisme. Marre de ces caricatures. Lorsque Lysistrata fit la grève du sexe cela ne remis pas en cause la reproduction. De la même manière, notre « insurrection civique » ne remet pas en cause la démocratie: elle la fait revivre.

    1. Pas de rapport justement.
      La votation c’est le contact avec le ventre du politique.
      C’est là qu’il voit si il plait.
      Ou pas!
      Sans aucun projet cohérent de remise à plat de l’économie:
      Qu’il aille se faire voir chez les héllènes.

    2. Salut Messieurs.

      Vous savez ce qui me gène…??
      La question que je me pose est : les politiques ne peuvent-ils pas ou ne veulent-ils pas…???

      Le reste est discours philosophique.

    3. Ce qui est sûr c’est que moi je n’en peux plus…Plus sérieusement, je ne sais pas. D’ailleurs est-ce vraiment le sujet? On ne peut pas juger les gens sur leurs intentions (ce serait, par définition, un procès d’intention). La seule chose qui compte, c’est que Incompétence ou Paresse, le résultat est strictement le même. C’est là-dessus que l’on peut juger. Ce résultat, vous en conviendrez, n’est pas fameux, alors…

  5. Vous pouvez préciser ce que vous entendez par sortir du capitalisme ? S’il s’agit du capitalisme financier, je peux vous suivre. S’il est question du capitalisme comme moyen de production, force est de constater qu’il n’y a pas d’alternative crédible.

    1. C’est quoi « le capitalisme comme moyen de production »? Si vous faites référence à la propriété privée des moyens de production, je ne vois pas en quoi c’est proprement capitaliste. Dira-t-on que les anciens grecs, romains ou phéniciens étaient capitalistes parce que les moyens de production étaient privés?
      Le capitalisme c’est la finance.

    2. Le capitalisme c’est quand des entrepreneurs, individuellement ou en association, rassemblent des capitaux, des fournisseurs, des clients, des salariés dans un cadre légal (Etat) pour effectuer une activité qui donne à chacun une valeur supplémentaire. Pour chaque « entreprise » le succès se mesure par le profit, reliquat qui revient aux associés après que tous les autres aient tiré les gains escompté de cette activité : prix, salaires, impôts, etc. Les moteurs du capitalisme sont au nombre de trois. Le premier est commun à toute activité humaine : c’est la motivation. Le second et le troisième sont plus spécifiques : la « loi » des rendements décroissants (Ricardo) et la recherche de l’innovation et d’une organisation plus efficace (Schumpeter). La seconde explique assez bien le phénomène de « mondialisation » et de leadership de marché. La troisième celui de la croissance et de la résistance des économies modernes et « post-modernes ».
      La crise c’est quand la motivation, trop forte, fait durablement passer les anticipations de profit bien au delà de la réalité des mêmes profits. Quand la croissance mondiale du PIB est de 3% l’an (rendement global) on ne peut attendre une rentabilité moyenne de 12% des capitaux investis, même si certaines entreprises, par exception, dépassent les 100%. Il y a un moment où, malgré les tours de passe-passe des magiciens de la finance, on finit par comprendre qu’il n’est pas possible de multiplier à l’infini et en deux minutes le nombre des lapins tirés du chapeau… Quand on veut alors compter ces petits rongeurs on s’aperçoit qu’il y en a nettement moins qu’on ne le croyait.
      Que constate-t-on aujourd’hui ? D’abord qu’il y a un vice inhérent au système capitaliste : pour qu’il fonctionne, il lui faut respecter deux règles antinomiques : la stabilité des capitaux dans l’entreprise comme fondement économique et la liquidité de ces mêmes capitaux comme fondement financier. Les marchés financiers régulent cette contradiction jusqu’à une mer de force 9, au-delà, ils coulent, après de multiples soubresauts dans le creux et sur la crête des vagues. Lorsque ces accidents se produisent, cela engendre une brutale crise de confiance parce qu’il est difficile de connaître la valeur des actifs que l’on achète et que l’on peut toujours se demander si un créancier a véritablement les lapins qu’il croit détenir dans son chapeau.
      Seconde constatation : chacun a cru qu’il serait nettement plus riche l’année prochaine que l’année précédente, en tout cas bien au-delà de son propre apport à la croissance réelle de l’économie. Les entreprises ont anticipé une croissance et une rentabilité trop forte ; les particuliers ont cru qu’ils pouvaient « investir » et consommer en empruntant à des taux inférieurs à ceux qu’ils estimaient pour la croissance de leurs revenus futurs ; les Etats ont pensé que le développement de l’économie leur procurerait dans l’avenir les recettes fiscales nécessaires pour rembourser leurs déficits budgétaires du moment ; les financiers se sont persuadés qu’ils trouveraient toujours du crédit à bon marché pour dénouer les montages périlleux qu’ils mettaient au point afin de financer au delà du raisonnable. Toutes ces anticipations de richesses sont maintenant démenties par les faits et chacun se sent plus pauvre, même probablement en deçà de la réalité. On remet ainsi en question tous les projets et il s’en suit un blocage des décisions donc des affaires. C’est cela la récession.
      La particularité de la crise actuelle est la superposition simultanée de la plupart des risques potentiels portés par le capitalisme : bulle financière, bulle immobilière, bulle des matières premières (en fait bulle pour tous les « actifs » réels), toutes générées par un crédit trop facile et des capitaux disponibles trop flottants (notamment ceux des pays nouveaux riches qui ont préféré s’investir dans les « bulles » plutôt que répondre aux besoins réels mais apparemment moins rentables et solvables de leurs populations) , qui éclatent au même moment, laissant l’activité sans soutien potentiel.

  6. Vous avez raison M. Jorion ce sont les pécheurs à la ligne qui ont été voter.
    Les autres ont fait savoir à « la classe politique » le peu de cas qu’ils faisaient d’elle.

  7. En tout cas le message des non electeurs est clair, la politique ne les interressent plus.

    Esperons que le second tour poussera le taux l’absentention vers de nouveaux records. C’est surement le moyen le plus efficace de démontrer notre insastifaction.

    1. Malheureusement je ne crois pas que l’importance du taux d’abstention fera réfléchir nos dirigeants. Ils veulent des places aux chauds, mais là hic ! , l’économie est en panne. Il ne reste plus que l’exercice de la patate chaude.
      Voilà donc le slogan des élections de 2012, qui sera le plus minable, le plus divisé pour ne pas à avoir à reprendre des places cette fois-ci proche du climat Sibérien.

      élection 2012
      Qui veut de la
      Patate chaude?

  8. Merci de continuer à nous donner des outils pour notre compréhension des choses et d’éviter de devenir un guide ou un quelconque gourou, qui vous priveraient de la liberté de faire vos analyses .

  9. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, alors ils nous caressent dans le sens du poil.

    Le changement viendra du peuple et de sa façon de vivre, vous ne pouvez pas faire boire un ane quant il n’a plus soif, le tout consommation (matériel) ne sera plus.

    C’est ce que j’entends tous les jours dans les classes consommantes, à quoi bon gaspiller il y a toujours plus de chômage………..ce n’est plus fabriqué en France!!!!!!!!!!!

    La société va à reculon, les déficits vont devenir colossaux, implosion trou noir, tout éffacer pour repartir sur des bases sereines, blogons il en restera toujours quelque chose

    1. +1
      Si les nuls étaient comptabilisés, j’irais voter, et je mettrais un bulletin « tous pourris ». Non pas qu’ils le soient tous (certains hommes politiques ont des convictions, certains sont des amis), mais seules les plus belles ordures (qui n’hésitent pas à écraser la gueule de leurs voisins pour gagner une place) ont suffisamment d’ambition pour y parvenir malgré la concurrence. Exit donc les humanistes, les idéalistes, les utopistes, les intellectuels, les sages, les philosophes, les experts (pas en tout comme M. Sarkozy, les vrais, dans un domaine particulier…) qui fuient évidemment cette mascarade médiatique… exit ceux qui sont attachés à leur liberté, à leur intégrité, à leurs valeurs… imaginez ceux qui restent. M. Sarkozy en est le « meilleur ». Le « meilleur » du pire… Le meilleur acteur (ie celui qui incarne le mieux le rôle), le meilleur menteur, le meilleur inculte, le meilleur égocentrique, le meilleur intolérant… et cet homme nous gouverne après que 13% de la population totale de ce pays ait jugé bon de glisser un bulletin à son nom dans une urne! Et on appelle ça la démocratie?! Il est temps qu’on passe au cycle suivant!

  10. Contrairement à ce qui est dit plus haut, la politique « pourrait » intéresser les français. Mais pas celle qui nous est donnée en patûre par des médias « mainstream » incompétents et assoiffés de postures gadgets et vannes à trois balles.
    A ce niveau de nullité seuls les militants encartés suivant le « chef » ou ses séïdes vont voter, et encore même pas tous, suivis des pêcheurs à la ligne pour qui tout va bien ou qui ignorent totalement que le titanic a heurté un iceberg mortel.
    La responsabilité de ceux qui briguent des mandats électifs est totale, la seule excuse recevable est celle de leur propre incompréhension de la société, ce qui est pour le moins paradoxal !
    Alors continuons la réflexion déja bien lancée par Paul, accentuons en les transformations en mesures concrètes par définition « politiques » qui seront proposées ou imposées par la force des choses.
    2012 c’est désormais demain et, sauf naufrage complet préalable, l’échéance n’est pas que politique, mais elle doit le devenir avec une accuité jamais rencontrée en ces 40 dernières années de sommeil profond de nos « élites ».
    (si quelqu’un connait un De Gaulle en herbe qui ne demande qu’à être réveillé, qu’il le signale, nous sommes en déshérence de leadership et de vision du monde…)

  11. Le capitalisme est souvent employé sur ce site sans la moindre nuance.

    Les premiers capitalistes ont été les hominidés qui ont pu se sédentariser par la maitrise des techniques agricoles à une époque où wall street n’était même pas un projet … 🙂

    Le capitalisme fait partie de nous !
    Agir en contre-sens de cette réalité a conduit à des bains de sang au nom d’une idéologie contre-nature qu’a été le communisme et d’autres !
    Il y aura toujours des gagnants et des perdants, le rôle de la régulation des sociétés civilisés est de rendre ce vivre ensemble acceptable pour la majorité.

    1. Et c’est vous qui dites : « Le capitalisme est souvent employé sur ce site sans la moindre nuance. »… en développant qu’il « fait partie de nous » et qu’il est avec nous de tout temps, un peu commence la substance divine.

      Vous êtes très drôle !

    2. Vous confondez capitalisme avec croissance économique, démographique et technologique des sociétés. Ce n’est pas tout à fait la même chose.
      La défense des intérêts capitalistes a conduit aussi à des bains de sang.

    3. « Le capitalisme fait partie de nous ! » : je reconnais volontiers que ma pensée est vague et confuse, mais j’espère que ce n’est pas à ce point-là. (Sinon qu’on me le dise, j’irai aussitôt me cacher dans un couvent.) Cependant, cette phrase pourrait être très vraie du point de vue d’un robot sorti d’une chaîne de montage capitaliste, et doté d’une certaine clairvoyance. Reste que je lui préfère le langage de F. Lordon: « la bourse n’est pas sortie du cul d’une poule ».

    4. Je pense que Pierre-Alain exprime le souci du socialisme actuel et ses échecs : dans chaque individu, il y a cette volonté de puissance qui le conduit à travailler dans le sens de son intérêt. La coopération ne se fait souvent qu’avec cet arrière-plan individuel (égocentrique). Les moyens matériels accumulés sont conservés pour soi ou partager avec des « pairs ». Les « pairs » ne sont pas tous ceux qui ont participé au cumul, mais seulement ceux qui par leur qualité(s) propre(s) ont le moyen de faire valoir leur existence et de l’imposer. Exemple : les salariés sont souvent ceux dont l’existence est niée et par conséquent ceux qui ne reçoivent qu’un résidu de valeur quand bien même auraient ils participé très activement à sa constitution et à son développement.

      Pierre-Alain veut dire (je crois) que cet aspect relationnel fondamental du contrôle des ressources provient de la nuit des temps.

      On peut trouver un autre exemple : il est constatable que les individus ont spontanément plus de facilité à faire attention à un bien leur appartenant (dans le cadre de la génération de la valeur) qu’à un bien appartenant à un collectif. Exception : les coopératives où les individus sont comme autant de propriétaires égaux. Ils acquièrent les matériels utilisés en commun car autrement ils ne pourraient tout simplement pas en bénéficier. Je pense que la coopérative est un modèle de collectivité à travailler car intéressant : chacun reste maitre de sa boutique mais pour dépasser les contraintes liées à l’individualité on en passe par une coopération raisonnée avec les autres. Pas d’aliénation véritable ou d’écrasement des uns par les autres.

      Sinon, je comprends vos réactions. J’ai souvent eu la même. Mais la remarque de Pierre-Alain est partagée par beaucoup car affectivement ils se retrouvent dans cette vision. Pour eux l’homme est naturellement avide, égoïste, exploiteur et craintif. Ces traits sont vus comme propre à tous les individus. Les niés revient à nier un trait de l’espèce et s’y opposer conduit à des catastrophes.

      Le socialisme pour exister doit donc faire avec la nature humaine et la canaliser sans violence pour faire adhérer les gens.

  12. On ressent donc une très grande désillusion chez les peuples du monde occidental, sans doute plus profonde que pendant les dernières décennies, car à chaque fois, les taux d’abstentions atteignent des niveaux “historiques”. Les voix restantes se repartissent alors entre les partis traditionnels qui deviennent de moins en moins représentatifs. Il semble que pour la très grande majorité, il ne faut plus rien espérer de “ceux d’en haut”, il faut au contraire se débrouiller seul ou en famille. D’où la résurgence de valeurs que l’on pensait avoir étouffé, mais qui s’imposent à nouveau d’elles mêmes. En Espagne, le rejet des immigrés devient extraordinairement fort et de fait, déjà banal.

    Seuls les partis nationalistes, et dans une moindre mesure, quelques partis bobos verts arrivent à des scores honorables, mais sont-ils vraiment représentatifs d’un quelconque mouvement de fond? Non, le vrai mouvement de fond est ce manque de confiance généralisé. Il ne reste simplement qu’à se demander si ce silence assourdissant prendra un jour une autre forme

  13. « mais ils ne voient pas comment, dans la chasse aux suffrages à laquelle se livrent les partis, ces sujets pourraient même être évoqués. »
    Il me semble de plus en plus clair, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelque mois, que RIEN de ce qui est proposé ici (et pas que par vous M. Jorion) ne peut être INTEGRE dans les partis politiques français sans qu’AUSSI on ne modifie le système politique français.
    Quand je dis ‘intégré’, je ne parle pas évidemment du fait que tel ou tel parti puisse éventuellement intégrer dans ses réflexions ce type de proposition que peut être l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix (entre autres) mais bien évidemment d’intégration dans leurs programmes politiques, afin qu’elles soient présentées explicitement au suffrage de leurs concitoyens, pour application éventuelle en cas d’accès au pouvoir si les citoyens les élisent (et s’ils appliquent, aussi, leurs programmes ou promesses électorales).
    La citation de votre billet explicite bien la difficulté que les partis politiques ont (tous), du fait de cette pêche aux voix continuelle qu’ils doivent réaliser pour se perpétuer, d’intégrer des solutions ‘alternatives’, hors de la ‘doxa’ politique moyenne disponible actuellement.

    C’est pourquoi il me semble que si le rôle d’un militant est de promouvoir au sein de son parti ce type d’idée ‘hors du champ’ politique classique, si le rôle d’un blog comme le vôtre est justement de promouvoir ces idées et de les rendre accessible à tous les partis (utiliser la fonction de ‘pression médiatique’), il reste que le rôle des citoyens que nous sommes est de les voter.
    Mais pour les voter, encore faut-il que ces idées soient intégrées dans les programmes politiques des partis qui se présentent au suffrage et que pour se faire, les partis acceptent de ‘prendre le risque’ de le faire.
    Pour que la ‘prise de risque politique’ soit rendue plus aisée à tous les partis politiques, il est donc nécessaire que ce risque soit ‘globalisé’ à l’ensemble des partis : un seul ne peut pas prendre le risque pour tous. Ou alors, il est très courageux (ou suicidaire politiquement). Et cela demandera beaucoup trop d’efforts et de temps aux militants et/ou aux cadres du dit parti d’intégrer ce genre d’orientations. Or, comme vous le dites, le temps ‘court’ (et le temps est court, ou le temps est à l’orage, aussi).
    C’est donc aux citoyens de ‘faire pression’ sur l’ensemble des partis pour qu’il y ait ‘concomitance’ :
    – réaliser un rapport de force politique (ou ‘citoyen’ dirons nous) pour modifier le système politique, notamment en permettant une meilleure expression des citoyens, tant en intégrant, par exemple les bulletins blancs qu’en favorisant une véritable initiative populaire référendaire.
    A mon sens, ce type de ‘pression’ peut s’effectuer en deux temps :
    1/ continuer à mettre la pression sur tous les partis par le biais d’une abstention ‘civique’ forte, incitant fortement les partis à modifier leurs rapports à la politique, qui permettra de mieux accepter le point 2/.
    J’admets volontiers que c’est un ‘pari politique’ ( 🙁 ) : une abstention ‘civique’ présuppose qu’il y a suffisamment de citoyens ‘volontaires’ parmi ces abstentionnistes pour porter ensuite un ‘projet’ citoyen, positif. Il n’existe pas de garantie sur ce point. C’est aux abstentionnistes ‘civiques’ de l’apporter et tout d’abord d’en prendre conscience. L’outil pourrait être le point 2/.
    2/ après le second tour des régionales (et probablement le maintien voir l’aggravation du taux d’abstention), proposer aux abstentionnistes ‘civiques’ de pétitionner pour que les partis politiques intègrent des propositions de modifications constitutionnelles du système politique pour les prochaines élections (législatives et présidentielle) de 2012.
    – définir et porter la fameuse ‘constitution pour l’économie’ ou d’autres solutions, qui serait alors bien plus facilement intégrés que le système politique français sera modifié. Un système de pétition pourrait aussi être utilisé pour se faire.

    Si M. Jorion en est d’accord, si certains participants en sont d’accord, au soir du second tour, on pourra proposer ce type ‘d’actions’.

    Qu’en pensez-vous ?

    1. @ Zébu,

      avec vous Zébu.

      Merci 1000 fois pour vos recherches ,vos commentaires, vos interventions qui, bien que ‘désenchantés’ sont toujours constructifs.

    2. Si seulement! Mais tout d’abord, on ne peut pas mettre toutes les abstentions dans le même sac. Et deuxièmement pour l’avoir entendu, lundi, de la bouche d’un élu local, la prise de conscience n’est pas pour aujourd’hui ni demain.

    3. @ Laurence :
      Merci mais cela n’a guère d’effet semble-t-il …

      @ Lou :
      Complètement d’accord. C’est effectivement un ‘pari’ (je sais, les paris ne sont pas autorisés ici 😉 ).
      Le pari que parmi ces abstentionnistes figurent un bon nombre, voir un nombre conséquent et de plus en plus important de citoyens qui souhaiteraient voir mettre en oeuvre des réformes civiques.
      Quant à ce que vous avez entendu, cela ne m’étonnes guère … et ne fait que me convaincre d’autant plus qu’il y a une véritable nécessité d’augmenter la pression sur les élus et les partis politiques, par les voies que j’ai pu indiquer ou par d’autres (?).

      Cordialement.

    4. @ Zébu,

      Si, cela mène à qlq chose!
      Déjà cette volonté farouche de changement nous rassemble et nous trouverons une voie pour nous faire entendre
      et respecter.

    5. En fait, j’ai cru réellement halluciner avec cet élu. Il me disait, quand je soulignais qu’un jour ou l’autre, il faudrait peut etre voir à prendre en compte l’abstention (mais je n’etais pas seule à le dire ce jour là) l’élu en question m’ a répondu qu’il y avait toujours eu de l’abstention, pour les régionales. J’ai donc répondu qu’on pouvait conclure à l’échec de la décentralisation, si les français ne se reconnaissent pas dans leurs collectivités locales (exception faite de la mairie). Et bien non, ça n’a rien à voir, dixit l’élu. En gros, les français voudraient choisir le menu et les ingrédients des plats qu’on leur sert. Que nenni, ils mangeront ce qu’on leur donne, sinon rien. Si ils refusent, c’est que ce ne sont pas des fins gourmets. Qu’y pouvons nous. Je suis persuadée que même avec 10% de votants, ça ne le perturberait pas plus que ça. Et pour autant, c’est un élu qui ne ménage pas sa peine, qui est sincère, et qui connait parfaitement les dossiers comme on dit. Un parfait gestionnaire.Et pour lui, comme pour d’autre, c’est ça, faire de la politique. J’en vois quelques uns de la jeune génération, qui vont tourner pareil, le moule du parti, plus une légère psychorigidité étant les ingrédients d’un bon aveuglement.Pas dit que ce soit de mauvais bougres, juste des obsédés du chiffre, de la courbe, du graphique, des cartes…et du power point. ah, le fameux power point.ah, oui, et aussi, tout récemment de facebook. faut en être.
      Alors, pourquoi pas essayer le squat des permanences d’élus, des sections locales des partis, leur site internet, leurs blogs,les réunions publiques… La pétition est une bonne chose. Mais comme toujours, comme l’abstention du reste, la lecture qui en sera faite sera qu’il s’agit d’une défiance envers le gouvernement actuel. Et non vis à vis des politiques en général.

    6. @ Zebu, à ceux qui s’y intéressent

      Je me réjouis de voir cette idée d’ « insurrection civique » progresser et dans les faits et dans les esprits. Je serais prêt pour ma part à fournir un effort qui aille dans le sens de ce que vous indiquez. L’air de rien, ce qui pourrait naître à cette occasion, c’est un mouvement de type Tea Party. Il ne faut pas en avoir peur : de toutes façons les mouvements populistes finiront par émerger et c’est légitime : il n’y a que les élites qui professent les clichés les plus éculés sur la démocratie (forcément et uniquement représentative) pour se méfier du peuple. Ce qu’il faut c’est s’imposer avant que des partis extrémistes ne le fassent. Car là est la vraie menace. Le danger, ce n’est pas le populisme. Le danger, c’est de se couper du peuple, sous prétexte d’une supposée supériorité intellectuelle ou sociale, pour laisser ce fameux peuple aux mains de ceux qui veulent le manipuler

      Les Américains ont leurs références ; nous avons les nôtres : la pétition oui, mais quel impact réelle ont les pétitions dans notre pays. Il faut viser le symbole pour être efficace en poltique : cela pourrait être une nouvelle campagne de rédaction de cahiers de doléances. Rien de moins ! A mon sens, au-delà de la difficulté réelle de l’exercice, ce type d’action a trois avantages : éviter les dérives tribuniciennes ; donner la parole aux gens sans filtre (et donc faire crever l’abcès par le langage ; c’est toujours mieux que les gestes) ; enfin faire émerger dans le champ politique les idées nouvelles. Ce dernier point est un des plus cruciaux : dans mes rêves (je sais, il s’agit de rêves) les meilleurs esprits issus de la Grande Crise (Todd, Sapir, Jorion, Allais, Lordon, j’en oublie) se réuniraient pour mettre au point une plate-forme cohérentes de propositions concrètes : un programme, peut-être deux, ou plus. Nous restons un pays pluraliste qui voudra choisir. Ensuite, ensuite…Eh bien ce n’est pas à moi d’écrire la suite ! Je ne sais pas. Qui sait ce que deviendra le système partisan ? La constitution ? Les élections ?…On verra… Ecoutons ce qui viens du peuple. Tournons nos regards vers les vraies Lumières. On verra ensuite.

    7. @ Lou :
      Arf … J’ai les mêmes (gestionnaires) à la maison.
      ET rentrer maaaaiiiiiiiiiiiiiisooooooooooonnnnnnnnnnn !!
      Snif.

    8. @ Olivier :
      heu …. Tea Party, pas vraiment, hein, vu que ce type de mouvement est bien orienté ultra- conservateur, anti-fédéral, anti-fiscalité, anti-IVG, anti-etc.
      Mais j’ai compris le propos.
      Des cahiers de doléances ? Pourquoi pas. Mais là ça devient un truc de ouf à gérer …
      D’autant que l’impact sur le rapport de force politique est moins net qu’une pétition, centrée-ramassée sur un nouveau contrat démocratique, qui lui, ensuite permettra de mettre en oeuvre les dits ‘cahiers de doléances’.
      En 1789, il avait fallu 60 000 cahiers de doléances ! Qui plus est, ces cahiers devaient être transmis avec des représentants, par Etats (3). Bref, du lourd.
      Mais bon …

    9. @ Zébu, Lou, Olivier, et ceux que ca intéresse,

      si on se mettait à l’élaborer concrètement, cette pétition …

      Ici, si Monsieur Jorion est d’accord ?

      Ce serait chouette avec l’apport de tous!

    10. @ Laurence :
      OK. J’essaierais de faire une proposition dimanche (si ‘le taulier’ veut bien et si j’ai le temps).
      A bientôt.

    11. Bonjour,

      @ Olivier et Zebu :

      « Il faut viser le symbole pour être efficace en poltique : cela pourrait être une nouvelle campagne de rédaction de cahiers de doléances. » –>
      Ne voyez-vous pas, aveugles que vous êtes, que les cahiers de doléances c’est ici et maintenant (sur ce blog) : en attendant les états généraux de 2010 (qui, de nos jours, porte le nom d’élection présidentielle).

      Cordialement,

    12. Moi je vous suis aussi. Pour ce qui est des cahiers de doléances, on se rappellera que la formule avait été ressuscitée il y a quelques années (en 2005 à la suite des émeutes) à propos des banlieues. Avec un certain succès d’ailleurs. Aujourd’hui, la crise est bien plus globale et mériterait que l’on change d’échelle. Difficile à faire évidemment. Sauf si on le fait pas le Net dans un premier temps??
      @ VB: Pour ce qui est des élections présidentielles, je ne vois pas le rapport avec des cahiers de doléances: des candidats arriveront avec des programmes déjà tout fait; certains (suivez mon regard) vous feront croire qu’ils ont usé de la démocratie participative, et au final, vous voterez comme on envoie un sms. Résultat final: frustration.
      Partir d’une pétition, ou d’un cahier de doléances, c’est faire émerger les choses sans filtre. Ce n’est pas la même chose.

    13. Bonjour,

      @ Olivier :

      Vous avez un bon esprit d’analyse mais ne savez pas voir derrière les apparences.

      La rédaction des cahiers de doléances avait pour objectif d’attirer l’attention du pouvoir sur les problèmes graves et durables. Ce qui se passe sur les blogs, celui-ci en particulier rempli le même rôle. D’ailleurs, comment pouvez-vous imaginer une seule seconde que le pouvoir politique (exécutif) ignore la grogne qui se développe, le mécontentement de ses sujets et les causes de ce mécontentement : s’ils ne lisent pas les blogs eux-mêmes, d’autres les lisent pour eux.
      La convocation des Etats généraux (grand événement institutionnel de la vie politique d’alors) n’a servi qu’à montrer de façon définitive que rien ne pouvait vraiment changer car la tâche était structurelle et immense. De même, la future élection présidentielle (grand événement institutionnel de notre vie politique actuelle), montrera que rien ne peut vraiment changer, je veux dire structurellement et en profondeur.

      D’où mon analyse.

      Cordialement,

  14. Les occidentaux font la morale aux dictatures et se permettent de ne pas aller voter ! Allez comprendre !
    Le vote devrait être obligatoire avec comptabilisation du vote blanc !

    1. Je crois que ce qu’il est convenu (par ceux qui en tirent profit) de nommer la démocratie n’est qu’une illusion.
      Nous subissons tous la dictature de l’argent et de ceux qui le possèdent ou qui veulent s’en emparer (le pouvoir des élus étant une forme subtile de cette domination et tout le monde sait comment un ancien ministre devient administrateur de grandes entreprises et réciproquement).
      Le vote n’est pas le signe de la démocratie mais d’une représentation qu’il paraît avantageux aux maîtres de nommer « démocratie ».

    2. Comme Marlowe !
      Pour la première fois je me suis abstenu.
      Il faut se dire que les politiques « en place » ne visent qu’à s’y maintenir.
      C’est à dire à proroger la situation qui les y a mis.
      Statu quo ante!
      Ce ne sont pas eux qui risquent de proposer la réforme..car ils sentent probablement qu’elle sera si grosse qu’elle sonnera leur fin!

    3. En France, l’inscription sur les listes électorales est obligatoire, mais le vote ne l’est pas. Il s’applique uniquement aux grands électeurs et l’amende est de 4,57 Euro en cas de non vote sans raison valable.

      En Europe, les Pays-Bas, ont supprimé le vote obligatoire en 1970-il avait été inscrit dans la constitution en 1917-Actuellement le vote est obligatoire en Belgique, en Grèce, au Liechenstein, au Luxembourg, dans le canton suisse de Schaffhouse et dans le Land autrichien du Vorarlberg.

      Hors d’Europe on le retrouve en Australie.

      La sanction prévue n’est pas la prison mais une amende allant, selon les pays, de 25 à 1000 Euro.

    4. A supposer que ces 55% de vote blanc soit un groupe homogène-peu probable-
      Il devient une force ou des forces de propositions cohérentes…

  15. Référendum sur le TCE du 29 mai 2005:
    Taux de participation: 69,34 % de votants.
    Quand le vote représente un enjeu réel, les électeurs se déplacent.
    Il ne faut pas désespérer de l’intérêt des citoyens pour la chose politique.
    Ce sont les hommes politiques qui ne savent plus intéresser les citoyens et qui trahissent le vote populaire.

    1. @ arkao,

      Vous avez dit ce que, sur l’autre fil de discussion, nous étions quelques uns à vouloir expliquer -cf. « France: Régionales 1er tour » ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9137 ).
      Certains d’entre nous ont cherché à convaincre, que les abstentionnistes reviendront lorsque la question sera la bonne.
      D’autres ont répondu « élections présidentielles » comme exemple de bonne question, en voulant démontrer la faiblesse de l’argument, puisque les présidentielles, même si elles drainent encore une majorité d’électeurs, voient aussi le nombre d’abstentionnistes augmenter.
      Mais l’élection présidentielle est aussi une question faible, puisque tout président de pays démocratique agit dans le cadre étroit d’une Constitution nationale. Cette Constitution est destinée à borner son action, et à éviter les dérives.
      On peut le déplorer, quand on voudrait parfois que les présidents agissent plus à droite ou plus à gauche que la Constitution des pays le leur permet.
      Mais on peut aussi s’en réjouir, quand des formes d’extrémisme arrive au pouvoir par la surprise des urnes, comme c’est le cas dans quelques pays que nous connaissons (je pense au premier chef à la Constitution polonaise, qui a été la première à naître en Europe).

      Le TCE, le référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Voilà une bonne question qui a prouvé que les abstentionnistes ne sont pas des pécheurs à la ligne (le 29 mai 2005 la pèche était pourtant ouverte en France).

      Référendum « pour » ou « contre » le TCE:
      – France: 54% « contre » (69% de participation).
      – Pays-Bas: 62% « tegen » (63% de participation).
      – Irlande: 53% « in aghaidh » (53% de participation …ratification suspendue).
      …Trois pays « contre ».
      – Luxembourg: 61% « fir » (81% de participation-obligatoire)
      – Espagne: 76% « para » (…mais 42% de participation. Peut-être que certains des 53% d’abstentionnistes seraient allé voter « contra », mais quand le pays a le fusil sur la tempe…).
      …Deux pays « pour ».
      Partout ailleurs, ratification par les pouvoirs en place (gouvernements ou parlements).

      Peu importe aujourd’hui que nous ayons été « pour » ou « contre ».
      La seule question à se poser est: « Qu’a t-on fait de ce vote? »
      Ce que le pouvoir en place a fait du vote de ce 29 mai 2005 en France (ratification du Traité de Lisbonne ,fantôme du TCE, par le Congrès français à Versailles le 7 février 2008) explique en partie la suite de l’histoire, dont une partie s’est jouée dimanche dernier (une autre s’était déjà jouée lors des Européennes du 7 juin 2009: 59% d’abstention en France. Quelques uns ont su le voir à l’époque).
      Beaucoup de français, et plus qu’on ne pourrait croire parmi ceux qui étaient pourtant « pour » le TCE, beaucoup de français n’ont toujours pas digéré la manoeuvre, qui a volé le résultat des urnes. Et en voyant le peu d’indignation de l’opposition, en voyant même cette opposition se rendre complice de l’imposture lors du vote au Congrès, ils ont compris que ceux-là auraient très certainement agit de même si ils avaient eu les clés du pouvoir.
      Certains citoyens ont donc décidé de ne plus être dupes, ni des uns, ni des autres. Jusqu’à que ceux-ci comprennent qu’on ne joue pas avec la démocratie. Sous peine du pire. Cette abstention est un signal d’alarme, un silence volontaire, qui devra être renouvelé jusqu’à être entendu. Certains silences peuvent devenir assourdissants.

      On dira que les élections régionales n’ont rien à voir, et sont d’un autre enjeu. La faiblesse de l’enjeu de celles-ci (que certains ont su nous expliquer sur ce blog), donne au contraire l’occasion de placer ce silence des urnes sans risques.

      Qu’est-ce qu’ils demandent ces grévistes des urnes?
      Des changements en ce qui concerne le vote (vote blanc, référendums populaires, etc.);
      Des changements en ce qui concerne cette Union Européenne imposée;
      Des changements en ce qui concerne le capitalisme (ce blog est bourré d’idées, dont une surtout…).

      Toutes choses qui ne sont jamais dans les dialogues « entre eux » des politiques, cette réponse faite à Jorion.

      Dimanche prochain pourrait dans ces conditions voir l’abstention, celle des citoyens conscients, grandir encore. La grève du vote est un acte de citoyen, pour défendre la justice du vote. Un acte d’insoumission qui est refusé à ceux qui ont, hélas, l’obligation de voter (le droit de grève des urnes leur est interdit).
      Mais cette histoire se joue ailleurs aussi dans l’Union européenne.
      Est-ce qu’il seront nombreux aux Pays-Bas et en Irlande à se rendre aux urnes lors des prochaines consultations, eux qui ont vu aussi le résultat de leur vote piétiné?

      Et des surprises nous attendent peut-être concernant l’abstention citoyenne:
      Est-ce qu’ils seront nombreux les futurs votants, dans les pays où leur a été refusé la possibilité de se prononcer sur une Constitution qui engageait leur avenir?
      A-t-on vu souvent un tel nombre de pays démocratiques refuser à leurs citoyens de voter pour la Constitution?
      A-t-on vu par le passé autant de pays démocratiques ratifier une Constitution sans vote du peuple?
      On l’a vu. Mais jamais à une telle échelle.
      Donc ce qui vient est inédit.

      Il s’agit d’autre chose que de pèche à la ligne. Ou bien, comme le dit Jorion, les pécheurs à la ligne ne sont pas du côté que l’on croit.

  16. Les politiques, de droite comme de gauche, ne veulent pas, et ne peuvent pas, remettre en cause le capitalisme.
    Voilà pour qui en est convaincu une excellente raison de ne pas voter.
    C’est ce que j’ai vécu depuis plus de quarante ans (j’ai eu vingt ans en 1968, l’année du beau mois de mai)
    Voilà qu’aujourdhui, c’est à dire visiblement et incontestablement, depuis deux ans, tous peuvent voir que ce capitalisme qui se présentait comme incritiquable, s’effondre.
    Tous ceux qui nient cet effondrement sont des menteurs.
    Les formes de résistance passives et actives ne sont pas dans les urnes.

    1. J’ai vécu mai 68 environ 10 jours à la Sorbonne et même pendant 1 semaine pendant laquelle tous les soirs j’ai pris la parole à l’Odéon.
      J’ai entendu l’incantation selon laquelle le capitalisme était DEFINITIVEMENT mort ! Et chanter la gloire de l’autogestion à la Tito + la culture à la Fidel Castro + la société égalitaire à la Mao avec les étudiants aux champs pour éduquer les masses….
      J’ai vécu la hausse de la bourse de Paris en étant « à la corbeille » sur le floor
      en 1972…..
      Et pas mal d’eau à coulé sous les ponts de Paris depuis…..
      Alors, quand je lis que le capitalisme est « définitivement » mort……je rigole un bon coup.
      Avec mes cheveux maintenant blancs, je remercie tous ceux qui me parlent de la mort du capitalisme….cela me ramène à ma jeunesse. Merci, merci infiniment !

    2. J’ai aussi vécu Mai 68, pas à Paris mais dans une petite ville de Belgique. J’avais 19ans et effectivement on parlait de la fin de la société de consommation, ce qui revient au même puisque qu’elle est la conséquence du capitalisme.
      La différence aujourd’hui, c’est que le système butte contre ses propres limites.
      C’est un système qui ne peut survrivre que par la croissance donc à terme finira par se suicider.
      Son suicide entraîne par voie de conséquence une paupérisation tout azimut à travers la planète.
      En même temps une profonde réflexion en ce qui concerne l’avenir de l’humanité d’où l’existence de ce blog et beaucoup d’autres.

  17. Je ne suis pas pêcheur à la ligne, mais j’ai encore voté, cette fois-ci comme toutes les autres, bête et discipliné. Soumission à l’autorité, comme dans l’expérience de Milgram adaptée hier soir au monde des jeux télé ? Plutôt l’envie malgré tout de faire progresser l’écologie politique.

    1. @ Maître Dong,

      Les partis qui font progresser l’écologie politique sont aujourd’hui légion, à droite comme à gauche. Votre vote restera donc secret.
      Nous retrouvons ici la sagesse que nous vous connaissons.

    2. Je doute qu’André Gorz, un des premiers à défendre l’écologie politique, en France, eut été d’accord avec tous ceux aujourd’hui qui se réclament de l’écologie.Il y a des positions intenables, et quoi qu’on en dise, l’écologie n’est pas compatible avec toutes les idéologies.

    3. @ lou,

      L’écologie est compatible avec toutes les idéologies, au contraire:

      – Ecologie: « Science qui étudie l’être humain et son environnement.
      – Idéologie: « Ensemble de croyances d’un groupe, d’une société à un moment donné.
      (où y a-t-il une incompatibilité?)

      Rappelons tout de suite que Alain Juppé et Laurent Fabius sont deux ardents défenseurs de l’écologie politique. Je cite ces deux anciens premiers ministres au hasard de mes pensées, mais on peut trouver des dizaines d’acteurs politiques, à gauche et à droite (et des adversaires politiques encore plus acharnés que ces deux-là) qui défendent l’écologie politique.
      Quand je dis à Maître Dong que son vote restera secret, ce n’est pas une plaisanterie (et pas une plaisanterie non plus l’hommage à sa sagesse. Je n’ai pas dit qu’il était maître jésuite.).

      Défendre l’écologie ne dispense pas de faire de la politique.
      Ceux qui trouveraient dans l’écologie un moyen pratique pour se passer de la politique (ou ceux qui trouvent là un moyen de fuir la politique), doivent absolument le comprendre.

      Le « centrisme » politique (qui, en plus de réunir de vrais radicaux, est aussi un refuge des apolitiques, malheureusement pour ce centrisme radical) s’est réincarné aujourd’hui dans le parti écologiste dominant, par siphonnage, ou transvasement. Beaucoup d’électeurs du MoDem sont allé grossir les rangs d’Europe-Ecologie.
      Pour cette raison, au hasard des prochaines élections, il pourra arriver à Europe-Ecologie ce qui est arrivé au MoDem dimanche dernier (4%).
      Il y a aussi une majorité de radicaux à Europe-Ecologie, comme il en existe au MoDem, mais il semble que beaucoup des électeurs de ces partis sont des gens qui, lassés, veulent délaisser la politique.
      Ces électeurs sont dangereux pour les partis, car ils peuvent aussi délaisser, du jour au lendemain, le parti qu’ils se sont choisi pour signifier cette lassitude.

      L’écologie ne congédie pas les combats politiques. Et les idéologies continueront à se confronter dans un monde ou l’écologie régnera.
      Se répéter cela est le moyen de ne pas perdre le combat politique, si nous souhaitons encore le mener. Ou bien nous acceptons qu’une certaine idéologie gagne si l’écologie gagne (ce qui peut-être l’idée de certains, qui cherchent à convaincre que l’écologie est « de gauche », par un drôle de syllogisme).
      Nous sommes toujours amusé de voir des électeurs de gauche s’étonner qu’il existe des partis écologistes à droite. Ceux-là pensent peut-être que leur idéologie de gauche ne sera (enfin) plus remise en cause si l’écologie gagne. Ils doivent se faire à l’idée que le combat politique qu’il veulent abandonner ainsi, les attend à nouveau au sein de l’écologie.

      C’est André Gorz qui n’était pas compatible avec toutes les idéologies. Vous avez raison lou, il n’aurait pas été d’accord avec tous ceux qui s’en réclament. C’est toujours difficile quand une belle idée est reprise par ses adversaires. Mais c’est pour cela qu’André Gorz a fait une oeuvre utile.

    4. Jean-Luc
      je pense en effet que l’écologie ne peut pas être de droite. Et pour être franche, je pense qu’il y a d’écologie que sociale, ou socialiste. Mais pour autant, le parti socialiste, comme les autres, à gauche, commencent à peine à le découvrir. Il y a incompatibilité de l’écologie avec le libéralisme. Exit une partie des gens de droite, exit Cohn Bendit.ah non, celui là, il est à Europe Ecologie.mince.Exit l’écologie vue du ciel également. Ou celle récupérée pour vendre des déodorants dangereux pour la santé.
      Exit également les productivistes de tout poil. Mélenchon vient de faire son coming out? Une partie de la mouvance Utopia l’a rejoint. On verra bien. Fabius, oui, il a dit beaucoup de choses.Intéressantes des fois, mais en ce qui concerne l’écologie, croyez moi, y a encore de la marge avant conversion.
      Mais peut être il y a incompréhension entre nous, je viens de réaliser. Pour moi, l’écologie n’est pas neutre, et les choix que sa défense entrainent sont forcément des partis pris. Donc il s’agit de politique.
      André Gorz est parti du communisme pour arriver à l’écologie politique.Cela veut dire que la première des préoccupations c’est bien l’humain.
      L’écologie est devenue un business, et même, derrière ses beaux principes, pourront émerger les pires dérives technologiques, contrairement à ce qu’on peut penser.
      Donc soyons vigilants, amis écologistes, et sachons débusquer ce qui se cache derrière les discours.
      Ah oui, une dernière chose. La mode du vélo en libre service. Ça s’est censé être écolo. Mais ce choix, quand on y regarde de près, c’est encore un choix « individualiste ». Qui coute cher, et qui demande le recours à des marchands de publicité et de toilettes payantes.Les transports en commun, ça, c’est trop « peuple ».

    5. @ lou,

      Il y a bien sûr votre première phrase. Après, plus je rentre dans la lecture de votre commentaire, plus je me retrouve dans ce que vous écrivez. Et quand vous posez votre point final …je signe.

      En vous lisant on comprend que l’écologie ne peut être « seulement » de droite (dois-je rappeler, sans aucun sophisme, que les termes « sociale » ou « socialiste » que vous utilisez sont aussi des termes de droite).
      En vous lisant on comprend qu’elle ne peut être « seulement » de gauche (ce que vous dites du PS, de Cohn-Bendit, du communisme qu’a quitté André Gorz, etc.).

      L’écologie n’est donc ni seulement de gauche, ni seulement de droite.
      Le libéralisme n’est lui non plus ni de gauche ni de droite.

      Nous comprenons enfin depuis quelques années (après les combats idéologiques stériles du passé) que ce qui n’est ni de droite ni de gauche, touche souvent à l’essentiel. Et que ceux qui savent lire cet essentiel d’un poste d’observation qui ne se situe ni à gauche ni à droite, sont les seuls à le voir.
      Les autres, ceux qui acceptent de se priver volontairement des deux hémisphères pour comprendre échappent à cet essentiel.
      L’essentiel n’est ni de gauche ni de droite.
      La politique n’est ni de gauche ni de droite.
      L’humain n’est ni de gauche ni de droite.

      Où je veux en venir?
      Au fait que je suis d’accord avec vous: l’écologie est un sujet essentiel, il s’agit de politique, et la première préoccupation c’est l’humain.

    6. @ lou,

      Je reviens vous faire part d’une idée, qui me semble importante.
      Nous devons à tout prix conserver la conscience profonde des choses. Les mots nous y aident, mais ils peuvent aussi nous empêcher de voir.

      J’ai suivi votre échange avec jducac, sur un autre fil ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9137#comment-65435 ). Il m’apparaît que les années qui vous séparent tous les deux pourraient expliquer certaines choses. Je vous imagine plus jeune que moi (pardon, j’écoute aux portes et j’ai lu que votre maman avait trente ans en 68. Confidence pour confidence, la mienne avait juste quarante ans). Je ne vous précède pas d’une génération, mais je vais m’amuser à me placer dans le rôle de l’observateur, pour la démonstration.
      Jducac, du haut des soixante quinze ans qu’il nous dit, a vu quelques événements qui ont pu nous échapper. Il a vu aussi certains mots changer de sens, plus que nous ne l’avons vu nous-même. Cela lui donne une vision plus nette. Une meilleure profondeur de champ.

      Concernant ce que je vous dit dans mon dernier commentaire, il y a quelque chose qu’il comprendra (s’il vient ici) sans même une seconde d’hésitation, alors que peut-être vous-même aurez un peu plus de mal.
      Vous dites, voyant l’écologie de gauche, « qu’il n’y a d’écologie que sociale, ou socialiste ».
      Je vous réponds que cela prouve que vous voyez l’écologie « pas seulement de droite, puisque les termes, sociale et socialiste, sont aussi des termes de droite ». Voilà la chose que Jducac lira sans ciller.

      Jducac a sûrement vu les mots « sociale » et « socialiste » passer de droite à gauche durant sa vie. Il n’a pas oublié, entre autre, qu’un certain parti étranger à la France qui voulait dominer l’Europe dans son enfance était socialiste, en plus d’être national. En France, en 36, un parti comme celui des Républicains d’Action Sociale était très à droite. Et pourtant on pense peut-être rapidement que la République, l’action et le social sont affaires de gens de gauche. Il y a des dizaines d’exemples de ce socialisme de droite, même plus récents.
      Et la SFIO, qui en 1914 était classé à l’Assemblée Nationale (et dans les médias de l’époque) comme un parti d’extrême gauche, avait dans son intitulé les mots « section française ». Des mots qui fleurent aujourd’hui la droite dure. C’est d’ailleurs ce parti qu’on a rebaptisé « socialiste » en 1971.
      Imaginons maintenant que la SFIO soit resté la SFIO. Imaginons que ce nom de « Parti Socialiste » soit donc resté libre de propriétaire jusqu’en 2002. Qu’est-ce qui aurait empêché le RPR (droite) de le reprendre à ce moment pour se renommer, plutôt que de choisir les termes « Union pour un Mouvement Populaire »? Rien. C’était tout à fait possible. D’autant plus que le nouvel UMP se voulait aussi héritier du « gaullisme social » du Général De Gaulle.

      Jducac a vu aussi les concepts de vie au plein air, de défense de la nature, de « naturisme », comme on disait à une époque, passer de droite à gauche. Pour prendre un seul exemple, il se souvient que le thème du « retour à la terre », cher au mouvement écologiste de gauche des années soixante dix, était un thème cher aussi au maréchal Pétain. Quand je dis ce nom, je ne cherche pas stupidement à frapper votre esprit, lou, je le dis pour le symbole qu’il est bien sûr, mais aussi parce que cet homme se réclamait de droite.

      Nous savons, vous et moi, qu’il est bon de ne pas se bercer de mots et de concepts. Toujours chercher derrière. Chercher le vrai combat. Le juste combat politique.
      C’est la politique qui fera gagner l’écologie, mais lorsque l’écologie aura gagné il restera toujours à faire de la politique. Et celle-ci n’est ni de droite ni de gauche.
      Vous me comprenez lou?
      Cette idée m’aide à conserver la conscience profonde des choses. Est-ce que cette idée peut vous servir?

    7. L’écologie n’est ni de droite ni de gauche, elle n’a rien à faire avec ses deux composantes de l’ère industrielle.
      Il s’agit en fait d’un nouveau pradigme, comme un explorateur qui découvre un nouveau territoire.

    8. michel lambotte,

      Totalement d’accord. L’écologie se rapproche davantage de l’humanisme. Quoi de plus normal et banal que d’être écologiste…même un parasite non-doté d’un télencéphale hyper-développé et d’un pouce préhenseur préserve son environnement. Et on voudrait nous faire croire qu’il s’agit de choix politiques !

  18. L’abstention massive est la conséquences logique de l’aggravation de la crise et c’est pour moi plutôt bon signe. Les gens ne veulent plus de gestionnaires à la petite semaine de la situation présente, mêmes compétents, ils recherchent des visionnaires qui sont capables de leur montrer la sortie, même lointaine.
    Et n’est-ce pas d’ailleurs le premier rôle d’un homme politique que de proposer un avenir cohérent et une vision large des problèmes posés par la vie d’un système social, quel qu’il soit ?
    Mais la professionnalisation du politique, le politiquement correct, la recherche d’un consensus mou pour ratisser au plus large, ont créé une race de gestionnaires, petits baronnets vivant dans la hantise des prochaines élections, sans aucune envergure. Qui voit vraiment une différence entre une gestion de droite ou de gauche, sinon au niveau des symboles incantatoires ? je vis à Toulouse, j’ai connu un maire UDF, un maire UMP et un maire PS, aucune différence, la ville est suffisamment riche pour arroser tout lobby organisé sans discrimination…
    Mais pourquoi voulez-vous donc qu’un jeune au chômage ou un salarié au SMIC, catégories les plus abstentionnistes, s’intéressent à la couleur du gymnase de son quartier ou à l’emplacement du futur rond-point devant fluidifier la circulation ? Ces gens-là cherchent un espoir de vie meilleure et s’ils ne le trouvent pas dans les partis « civilisés » comme vous le dites, ils iront le chercher dans des partis que l’on dit « barbares »… Aux hommes politiques de prendre leurs responsabilités, tant qu’ils se refuseront à le faire, les gens se détourneront d’eux, de plus en plus…

    1. @Wladimir

      Bonjour,

      Nous sommes déja, et nous deviendrons pour une grande majorité d’entre nous
      des Populations à Pouvoir d’Achat Limité.

      Peu de personnes auront un autre alternative, il n’y aura pas d’échappatoire.
      C’est déja et se sera massif.

      L’expression démocratique est administrativement « bien » gérée.
      Le rot démocratique garantit de belles carrières et de beaux cumuls.
      Si le rot n’est pas conforme on « rerote ».

      Nos politiques sont comme des « brennig »(chapeau chinois) sur les rochers.
      Il faudra une bonne tempête pour retourner le rocher et les faire décrocher.
      Jusqu’où ira la violence des situations?

  19. Paul,
    Pour conforter votre analyse sur le discours des politiques, j’ai sursauté dimanche soir, à l’écoute d’un dirigeant socialiste qui, pour conforter ses « reproches » à la droite l’a accusée de vouloir mener une politique de rigueur. Lequel, dirigeant de droite, s’en est défendu vertement avec promesses à la clé.
    Quel décalage entre ce qui nous attend et ce que l’on entend, c’est même plus qu’un décalage, un abîme!
    Sont-ils complétement ignorants de la réalité ou n’ont-ils aucune honte d’une telle démagogie?

  20. Si ce que vous révélez de l’attitude des partis politiques est exact, leur incapacité à informer, c’est qu’alors ils ont démissionné de leur rôle en démocratie. Dès lors qu’ils ne remplissent plus leur mission constitutionnelle « les partis politiques concourent…  » ils deviennent inutiles voire nocifs puisqu’ils empêchent de faire face aux réalités contingentes.
    On est alors pas très loin d’un contexte propice à l’émergeance d’une dictature.
    Comme la France est loin d’être la seule nation dans cette situation, nous risquons d’assister au crépuscule des démocraties et à des tensions extrêmes entre pouvoirs dictatoriaux ou totalitaires s’opposant sur toute la superficie du globe, avec les moyens du XXI ème siècle.

  21. Automne 2008 ?

    Je croyais avoir lu ici même que c’était le 18 mars 2009 .

    Quant à la place du capitalisme , il me semble que même si c’est encore un peu confus Le NPA , Lutte ouvrière , le Front de gauche , Europe Ecologie pour les plus nets , et tous les autres de façon plus édulcorée , commencent à inviter le thème dans leurs problèmatiques qui ne sont encore souvent ,c’est vrai, que des discours .

    Pour ma part , au delà du capitalisme , j’attends les partis qui feront leur point crucial sur :

    – place du marché VS Loi démocratique .

    – place liberté VS marché .

    – place liberté individuelle VS liberté collective

    – place marché et liberté VS grands équilibres écologiques .

    – sens d’une identité française sur ces sujets dans l’Europe et le Monde .

    Je remarque aussi que ceux que j’ai cités comme ayant les débuts d’éléments de discours les plus nets , ne sont pas des « partis » installés et que certains se revendiquent d’ailleurs come des mouvements .

    Ceci explique peut être cela .

    Mais le monde à faire émerger sera toujours pour moi construit via la discussion et le confortement de ceux qui émergent par le VOTE .

    S’il émerge par  » fatalité » , ça me désolerait un peu sur notre capacité à donner corps à ce que l’on perçoit . Mais je me ferai une raison .

    1. Les « remèdes » ont commencé d’être appliqués dans la seconde moitié de septembre 2008. La politique adoptée a été expliquée et justifiée par les dirigeants américains non pas comme un patchwork de mesures de circonstances mais comme un système et comme une « solution », le 18 mars 2009.

  22. Les valeurs spécifiques du blog ont-elles été assez analysées et « valorisées » ? La salle de rédaction de cette « revue » ouverte et réouverte dans l’espace et dans le temps donne des chances assez rare .
    Quant au pêcheur qui va voter il sait bien quelque part ce qu’il doit évidemment à sa « gaule » …

  23. Bonjour,
    Je comprends ceux qui s’abstiennent, mais personnellement, je préfère me déplacer et voter blanc.

  24. Nos politiciens pendant que l’économie s’effondre parlent du sexe des anges eux qui vivent dans des hauteurs que ne connaît pas la grande majorité de la population. Dans leur tour d’ivoire ne voient rien, n’entendent rien et continuent à s’interpeller sur les vieilles rengaines d’antan, sur des clivages gauche/droite surannés. La seule chose qui les émeut est la défense de leurs avantages acquits personnels. 57 % d’abstention ne les interpelle pas, jusqu’ici tout va bien. La société change à une vitesse de plus en plus rapide, eux non immuables comme les statues : colosses au pied d’argile…

    1. L’UMP des Bouches du Rhône connaît le robot téléphonique,
      Le message du candidat Mariani s’adresse aux abstentionnistes, qu’il suppose d’être mécontents, qu’il exhorte d’aller voter sur son programme qui n’a pas changer entre les deux tours pour rompre avec la gestion calamiteuse du PS, et blablabla blaba …
      (Les vieux téléphones à cadran n’ont pas de touches, c’est idéal pour filtrer les robots téléphoniques, mais on ne peut non plus appeler avec le cadran ….)

  25. il est vrai que les préoccupations affichées des élus et des candidats sont surréalistes comparées aux problèmes que pose cette fin du capitalisme.
    Etant donné que « penser la monnaie » reste exclu du débat, ni votre proposition de l’interdiction des paris sur les fluctuation des prix des actifs, ni la mienne, d’une émission d’un signe monétaire nouveau, ressemblent, hélàs, à des cris dans le désert.
    Que faut-il attendre de plus pour qu’un déclic se produise?
    Serviles, les économistes et les hommes politiques, de gauche comme de droite, restent aux ordres de ceux qui se remplissent les poches et qui profitent du fait que le système se plante inexorablement.

  26. Les citoyens ne votent plus car ils pensent qu’il n’y a plus ni droite ni gauche ni centre. Les ecolos sont comme les autres chasseurs de voix et c’est tout. Ils ne derangent pas l’establichment bien au contraire. Leurs idees sont reprises a droite comme a gauche donc ces idees cadrent avec les non-programmes droite gauche. Il n’y a donc pas de politique du tout en france, il n’y a que des luttes mediatiques. Le projet de societe de la droite ET de la gauche ET des ecolos est le meme. Les institutions europeennes non elues sont le vrai lieu de pouvoir. Tous les autres suivent, la soupe est bonne. Il n’y a aucune raison de voter, car cela ne sert a rien. Il n’y a donc plus aucun citoyen en europe, a part ceux qui dirigent l’europe et qui ne sont pas des elus. Le peuple c’est eux car ils comptent. Nous ne comptons pas, nous avons etaient depossedes de notre citoyennete.

    1. D’accord avec 4 Aout:
      il y a des partis qui en parlent plus que d’autres mais on ne peut pas dire qu’ils bénéficient d’une audience dans les media mainstream; ils en sont même soigneusement écartés.
      Ceci dit, je n’ai pas l’impression qu’on y discute beaucoup des idées brassées dans le blog de Paul; c’est dommage car le programme du PG (qui reste à construire) pour ne pas le nommer pourrait utilement reprendre certaines idées ici débattues: ce serait faire preuve d’une absence de sectarisme encourageante.

  27. @ tous… et à Messieurs Jorion Et Lerclerc,

    merci pour cet espace d’expression d’abord et pour la richesse, la qualité, la bonne volonté, l’humanité de tous les intervenants…

    Ce blog est, chaque jour, un vivier où apprendre, comprendre et se ressourcer, prendre un bain de vie et de partage…

    Lieu de réflexions et d’analyses… qui nous montre un peu aussi le chemin ;D

    Que vaut le reste quand on a la chance de bénéficier de tout cela?…

    Merci à tous !!

    1. Oui Louise, ils votent, ils ont des députés, des ministres et une monnaie, tout comme nous, mais par contre il portent tous le même costume et diffusent une joie intense.

  28. Merci Paul,
    Mais non Paul, je suis un pêcheur à la ligne inquiet. En fait je vote blanc (lire la Lucidité de Saramago..). Je considère que c’est la seule portion, ratio, que je puisse donner au besoin qu’a la démocratie d’exister: voter. Donc je vote blanc pour exprimer qu’aucun des projets ne correspond à mes attentes. Je préfère utiliser mon énergie à inventer, créer, anticiper l’après capitalisme, étant entendu que les forces politiques ont épuisés le verbe, vendu leur possibilités d’inflexion depuis longtemps. Si longtemps d’ailleurs que, par l’habitude, elles sont réduites à agir qu’en cas de catastrophe affectant le plus grand nombre. Cette catastrophe n’est pas encore arrivée mais elle se dessine. Quand tu vote pour un conseiller régional c’est 45000€ par an que tu libère. Cette somme pourrais servir à autre chose et n’a pas forcément besoin d’un conseiller régional. A nous d’inventer comment on pourrait s’en servir pour la collectivité à moindre frais.
    amitiés.

  29. Parmi les fibres du passé qui nous freinent inlassablement, il y a toutes les compromissions, tous les intérêts engagés. Nous avons à la fois besoin d’avancer et besoin de ne pas aller trop vite afin de ne pas nous engager trop avant dans les voies sans issues innombrables qui se présentent. Afin que le monde politique tourne moins sur lui-même et se compromette moins avec les pouvoirs financiers, il nous faut repenser nos systèmes de représentations, nos modes électifs. Voici une proposition qui semble plus compliquée quelle ne l’est, mais qui offre une piste démocratique à explorer:
    http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3979135.html

    1. Raison de plus pour aller voter (même blanc). La traîtrise des dirigeants actuels n’en apparaît que plus évidente. Pour nous pauvres citoyens, cela ne change rien dans l’instant, mais au grand tribunal de l’Histoire, cette forfaiture restera dans les annales. C’est mieux que rien.

    2. Je comprends et partage votre dégoût après ce que j’ai aussi qualifié ici de viol de la légitimité existentielle d’un peuple et de la démocratie définie par sa constitution .

      Mais condamner la démocratie et le vote qui est son expression première , au prétexte qu’elle a été violée , équivaudrait pour moi à répudier et rejeter sa femme ou sa fille parce qu’elles auraient été violées .

      JAMAIS .

  30. Je reproduis ici le commentaire que j’ai publié sur le blog du Yéti – mon lien ne fonctionnait pas et la modérateur l’ayant « réparé » ne le fait pas pointer au bon endroit –

    Le refus de voter n’est ni courageux ni militant. Il s’agit simplement d’un trait de lucidité faisant écho, entre autres, à un évènement majeur survenu le 8 février 2008. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, le Congrès a signifié à cette occasion quelle importance il accordait à la souveraineté populaire: Pas la moindre.

    Ce jour là, nos élus ont envoyé un message tout à fait explicite, ils ont littéralement déclaré que le peuple avait tort, ce qui revenait à anéantir le pilier sur lequel repose la démocratie: La souveraineté populaire n’a de sens que si chacun considère que le peuple a nécessairement raison par convention.

    En remettant en cause ce contrat moral avec les citoyens, les élus ont fait voler en éclat le principe premier de la démocratie, et par la même leur propre légitimité. Dès lors tous les scrutins suivants ne pouvaient plus être considérés que comme une mascarade: Quelle garantie avons-nous désormais que nos choix ne seront pas remis en cause à l’avenir pour une raison X ou Y?

    Du reste, si l’on peut considérer la ratification du traité de Lisbonne comme l’acte de décès officiel de la démocratie en France, il faut bien admettre que cette dernière était déjà gravement malade bien avant cela.

    Il y a quelque années de cela on remettait en cause la structure de la 5ème république, et à mon sens l’idée était pertinente. On sait comment cette mouture est née, taillée aux mesures du général De Gaulle, qui fonctionnait selon ce vieux principe que les politiques ont pour rôle de proposer, et le peuple de disposer.

    Cette conception n’est pas mauvaise en soi, mais suppose que les candidats aux élections aient une vision, un projet à proposer et que, de préférence, tous ne proposent pas la même chose, ce qui permet alors la naissance d’un débat contradictoire sain, portant sur le fond.

    Or ce système a cessé de fonctionner correctement lorsque les “élites” ont commencé de partager de façon quasi unanime le projet de société vers lequel ils souhaitaient mener le pays. Dès lors, le débat contradictoire ne portait plus sur le fond mais uniquement sur la forme, plus sur l’objectif mais sur les moyens d’y parvenir.

    C’est à mon avis ce manque d’alternative qui est en premier lieu responsable de l’effondrement actuel, celui de la 5ème République, entrainant dans son sillage la démocratie elle-même. Le débat ne portant plus sur les idées mais sur la façon de les mettre en œuvre, il n’est plus question en définitive que de jouer sur les apparences.

    C’est sans doute pourquoi de plus en plus de gens estiment que la solution à cette impasse ne passe plus par les urnes, à moins que ne leur soit de nouveau proposée une alternative réelle. Malheureusement tout porte à croire qu’aucun politique n’est en mesure ou n’a le désir de porter un projet aussi monumental, car la chose est loin d’être simple.

    Proposer un choix politique qui soit à la fois cohérent avec lui-même et qui coupe explicitement les ponts avec ce qui s’est pratiqué depuis 40 ans n’est pas une mince affaire. En l’occurrence, il est nécessaire au préalable d’avoir tiré les enseignements de l’échec actuel, ce qui ne semble pas encore être le cas.

    1. @Dissonance
      Je partage votre analyse. Pour moi la Veme République a commencé à dépérir avec le « grand tournant de la rigueur » de 1983 afin de rester dans le système monétaire européen et le ralliement, en conséquence, du PS avec la révolution conservatrice du néolibéralisme anglo-saxon. Première « trahison » du politique qui sera suivie de nombreuses autres, en passant par les promesses chiraquiennes de combler la fracture sociale et le bouquet (final?) sarkosien de ratification du traité simplifié en dépit du Non référendaire…
      Comment un peuple ainsi traité peut-il garder encore quelque confiance dans le logos politique des partis de « gouvernement » ? la vérité c’est que les français réalisent qu’ils n’ont plus d’alternative; le jeu de l’alternance qu’ils ont essayé de jouer un temps pour faire bouger les lignes ne fonctionne plus
      Je ne pense pas que la Veme RF puisse survivre longtemps à la crise actuelle.

    2. +1
      Comme vous, cette histoire de traité constitutionnel m’est resté en dehors de la gorge.

      Je continue quand même à voter, mais cela a radicalement changé ma manière d’envisager le vote (et aussi, pour qui je vote).

    3. Bravo pour cette analyse.
      Je trouve que l’expression suivante est une pépite :
      « …on peut considérer la ratification du traité de Lisbonne comme l’acte de décès officiel de la démocratie en France …. »
      C’est clair, c’est net.
      Sans vouloir m’immiscer dans les prérogatives de Paul, il me semble que ce commentaire serait un excellent billet invité. De part sa qualité, de part l’importance du message, mais surtout puisque les hommes politiques lisent ce blog, pour le rendre visible aux députés et sénateurs qui ont ratifié le traité de Lisbonne, au mépris de la volonté populaire.

    4. Je souscris à cette proposition de publication en billet du commentaire de Dissonance.

      (Remarque : je doute de la mort du capitalisme, mais je ne doute pas de la mort d’une démocratie parlementaire et représentative… il nous faut inventer une démocratie active du local au global.
      Je crains enfin que capitalisme + mort de la démocratie représentative = capitalisme autoritaire, voire dictatorial.)

  31. OGM: Etablissons d’abord les faits

    La Commission Européenne vient d’autoriser la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) pour la première fois depuis 12 ans, plaçant les profits du lobby OGM avant les préoccupations sanitaires des citoyens. Pourtant 60% des Européens estiment que nous avons besoin de plus d’informations avant de cultiver des plantes qui pourraient menacer notre santé et l’environnement.

    Une nouvelle initiative donne à 1 million de citoyens européens une chance unique de déposer officiellement des propositions de lois à la Commission Européenne. Rassemblons un million de voix pour obtenir une interdiction des cultures OGM tant que la recherche n’a pas abouti. Signez la pétition ci-dessous et faites suivre cet appel à tous vos amis et vos proches.
    N’oubliez pas d’inclure votre adresse postale pour que toutes nos signatures soient validées dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne.

  32. Je visite ce blog quotidiennement depuis quelques mois. J’ai acheté plusieurs livres de Paul Jorion. Leur lecture m’aident à questionner la réalité, ma réalité.

    Paul Jorion m’apparaît comme un libre penseur, un pur intellectuel, qui pratique, avec courage, le questionnement ou la mise en questions de ce qu’il vit, quelqu’un qui n’hésite pas à exercer son intelligence pour tenter de comprendre et de faire évoluer si posiible vers un meilleur ce qui ne le regarde pas. J’apprécie cette démarche d’un homme qui a la chance d’être sans attache et qui veut le rester.

    C’est tellement bon de chercher la vérité derrière les dogmes, les mensonges officialisés, les discours du pouvoir, pour construire sa propre carte du monde et la faire partager chaque jour qui passe, avec l’espoir d’éclairer davantage les tenants et aboutissants de la réalité.

    Comprendre, c’est déjà agir un peu, n’est-ce pas ?

  33. Est-ce que la réflexion et l’analyse suffisent à produire un changement, ou faut-il aller chercher du côté de l’irrationnel ? Car ici vous êtes finalement très positivistes, Freudiens première version (Wo es war soll ich werden), ou adepte des Lumières, ayant foi dans la raison humaine et le langage… dans une nouvelle Aufklaerung. Mais la crise ne déborde-t-elle pas le rationnel ?

    De plus cet homme rationnel auquel l’on s’adresse n’est qu’une mouture de l’homo économicus, rendu plus sympathique, plus proche….

    Est-ce que ce qui bloque peut être vaincu par la raison ou est-ce de l’ordre du fantasmatique, de l’irrationnel et de la pulsion de répétition, nécessitant une psychanalyse collective ou un bouleversement cataclysmique ?

    Le politique est-il rationnel ou non ? ou mitigé ?

    1. Dans un monde en décomposition ,quel que soit la pertinence de nos analyses ,je crains fort que nous n’ayons plus de prise sur le réel.Au mieux, on peut rester calme et droit.

    2. Ah vous me mettez dans l’embarras Litzfr ! franchement j’hésite…entre une psychanalyse collective ( heu… que pensez-vous de « psychanalyse populaire » ?) et un cataclysme ! je me tâte je me tâte…tant de doutes m’habitent…

    3. « Impassible face à toute perte et face à tout changement, on entre dans l’initial ciel pur, à travers l’apparition et la disparition des phénomènes infinis. » (Tchouang-tseu)

      Et, par le non-agir (qui est le contraire de l’inaction), cesser d’opposer une résistance: de cette façon « l’adversaire » ressent l’inutilité de son attaque.

      Concrètement: décélérer en ne cédant pas à la sommation de consommer. 🙂

    4. Krim.
      D’habitude, ici, c’est moi qui lance des trucs à tiroir et vous conseille, en passant de ne pas vous la coincer dans celui de la commode.

      Sinon, Taotaquin, rien que de lire le nom de votre « philosophe » chinois, on pourrait carrément dire que sa mère a trouvé son nom suite à un éternuement.

      Globalement, (j’aurais pu dire systémique, ça aurait fait plus branché) n’avez-vous pas l’impression que nous en avons tous marre ici du subjectif alors que la majorité de nos contemporains ont BESOIN de cette part de rêves que leur offre sur un plateau les commerciaux et politiques.

  34. Bonjour à tous
    Pourquoi donc Pierre Desproges aurait il dit:  » Les enfants croient au Père-Noël. Les adultes votent! »
    Non qu’il faille renier ce pourquoi tant de nos aieux se sont battus et ont souffert, mais il est vrai que l’imposition des candidats et des programmes par des partis politiques dirigés par des individus « mêmement formatés » aboutit à une sorte de confiscation de l’expression de la souveraineté populaire.
    Flo vote blanc mais qui s’en soucie dans la classe dirigeante? Une abstention massive faisant descendre le nombre de suffrages exprimés sous le seuil invalidant l’élection est la seule option restante pour rendre muette la classe politique de façon déflagrante!

    Il est très difficile à des premiers de la classe de se départir de ce qui les fonde: le système de pensée avec le corpus théorique associé qui les a formatés et fait premiers et qui devient un lourd handicap lorsqu’il s’agit d’inventer!

    Changer de paradigme est plus a la portée d’esprits singuliers …

    Lors de l’exil à Babylone, les hébreux attendaient un nouveau Moïse pour les délivrer… Donc Dieu leur envoya un prophète qui leur dit: « Retournez au désert, prisonniers de l’espérance! »

    Que sortira t’il de tout celà? Dans quelques décennies ou plus tôt; je n’en sais rien; mais je suppose que nous connaîtrons des moments difficiles. Un seul impératif: nous en tenir de toutes nos forces à notre humanité en devenir telle qu’elle est définie dans toutes les grandes traditions.

    Cordiales salutations.
    Steve.

  35. Festival des Possibles

    Mesdames et messieurs… (roulements de tambour)

    bientôt à Louvain-la-Neuve (Belgique), aux écuries du Biéreau, le grand le beau, le Festival des Possibles!

    Trois jours, les 18, 19 et 20 mars, pour réfléchir, discuter, envisager, imaginer, et fêter!

    Le programme se trouve ici ! Dans ce programme, vous retrouverez:

    Une grande conférence le jeudi: “Mangeons local, et tant pis pour le Sud?”
    Une journée d’ateliers informatifs, de débats, de jeux et une foire aux associations le vendredi en journée. Des musiciens (Chico Mendez, un accordéoniste et un percussionniste) seront présents sur le temps de midi
    La projection d’un film le vendredi soir.
    Une journée pour que les habitants puissent se rencontrer autour de la question des villes en transition le samedi.
    Des concerts le samedi soir!
    Vendredi et samedi, les repas du matin et du midi seront prêts sur place, à déguster à prix libre, tandis que les repas du soir fonctionneront sur le principe de l’auberge espagnole: amenez vos petits plats!

    Tout au long du vendredi et du samedi, les caves de la ferme du Biéreau accueilleront une exposition sur le thème des Villes en transition, constituée d’informations sur le pétrole et son utilisation, et de dessins de personnes de tous les âges sur “comment imaginez-vous votre ville sans pétrole?”. A côté de cette exposition, il y aura un coin bibliothèque, pour tous ceux qui veulent en savoir plus. N’hésitez pas à amener vos propres livres pour les faire partager durant ces journées!

  36. La fin du capitalisme !

    Il est vrai que les partis institutionnels d’aujourd’hui oublie le mot même de capitalisme, car je pense, qu’ils sont tous devenus des partis « capitalistes », défendant un ordre économique définis (loin de l’argent à tout prix ) avec des nuances entre eux : bleu foncé, bleu clair, rose clair, rose et maintenant vert. Il ne reste plus que de petits groupes pour encore affirmer haut et fort (quand on peut les entendre à la télé ou à la radio, ce qui est très rare…) que le capitalisme devrait faire place à une autre société gérée autrement en fonction de l’humain et non du profit à en tirer ! Ce courant là existe, petit et très minoritaire, mais il a le mérite d’être présent.

    1. Bonjour,
      je ne veux pas me saisir intempestivement de votre piquant post, cactus, mais seulement paraphraser Allais (l’Alphonse) : avant le plein rétablissement de votre courant faible, pour quelle heure exactement envisagez-vous l’extinction du Capitalisme ?

  37. J’ai voté au 1er tour des régionales et je voterai de nouveau au 2ème tour, sans illusion, comme à toute élection. Mais je conteste que les pécheurs à la ligne représentent une sorte de recours ultime. D’ailleurs, leur manque d’homogénéité sociale le montre. On trouve parmi les abstentionnistes des gens qui ne votent et/ou ne voteront jamais (environ 15% des inscrits, sans parler de ceux qui ne sont pas inscrits, sans doute très nombreux dans les quartiers dits sensibles, et qui sont complètement démotivés) car ils sont désespérés ou impotents depuis longtemps, des gens à sensibilité de gauche qui ne s’y retrouvent plus dans l’offre qu’on leur propose, des gens de droite soucieux de préserver leurs « biens » mais aussi d’exprimer leur mécontentement de la politique (?) menée par Sarkozy (quand leur désaccord ne concerne pas le ‘style’ du président, qu’ils abhorrent), et sans doute un « marais » variant d’une élection à l’autre, mais plus important cette année car l’absence de réponse claire aux défis identifiés à de nombreuses reprises sur ce blog l’a désorienté. C’est notamment le cas chez les jeunes, qui ne peuvent pas concevoir un avenir positif pour eux-mêmes.

    On retrouve donc dans ce groupe des gens qui ne possèdent RIEN, des possédants qui s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants et petits-enfants, des personnes qui se sentent de plus en plus dépolitisées en général (souvent marquées par un individualisme à tout crin, qu’elles prennent pour de l’indépendance d’esprit), etc. Je ne vois pas très bien ce qu’il y a de commun à tous ces gens, hormis leur humanité foncière, dont beaucoup se demandent ce qu’elle peut bien signifier, puisqu’elle est constamment bafouée.

    Le médiateur de la République, M. Delevoye — qu’on peut difficilement taxer d’extrémisme; il a été nommé à ce poste par Chirac — a dit dans son récent rapport qu’environ 15 millions de Français, isolés ou vivant en famille, jouent leur existence en fin de mois selon une fourchette globale allant de 50 à 150 euros, et ceci chaque année de leur existence. Que peuvent-ils attendre de la politique? Evidemment pas grand chose.

    J’en ai trop vu pour attendre grand chose des pécheurs à la ligne. Un nouveau leadership ne naîtra pas spontanément en leur sein (à de rares exceptions près, le plus souvent actives dans des associations à objet apolitique). En revanche, parmi les votants et certains partis, je crois déceler un début de prise de conscience, mais il y a encore du chemin à faire. Je me suis déjà exprimé sur ces espoirs ténus ici même, et je ne me répéterai pas.

    Mais, de grâce, qu’on ne se méprenne pas! L’Histoire moderne nous enseigne que lorsque l’océan des non-votants est au plus haut, là se situe le plus grand danger de voir apparaître un régime policier imposé depuis le sommet sans qu’on lui oppose de résistance. On en a déjà vu des signes multiples dans le régime français actuel — « réforme » (= déglingue) du système judiciaire, de l’organisation et de l’activité de la police, des services publics en général. Et nul ne sait très bien comment le gouvernement va contrôler les jacqueries éparses qui ne manqueront pas de se multiplier.

    P.S. J’ai été passablement choqué que Paul Jorion, en indiquant dans un graphique que les abstentionnistes sont les vainqueurs du 1er tour des régionales, reprenne à son compte l’argument employé par les sarkozystes pour nier leur discrédit. Paul, on le sent bien, renvoie tout le monde (gauche, centre et droite) dos à dos sous le prétexte que les « vrais » sujets de l’heure, que nous connaissons bien désormais, n’ont pas été débattus ni même entrevus. Et pourtant il s’est bien passé quelque chose: les Français, votants ou non, ont signifié à qui veut bien les entendre qu’ils savent très bien ce dont ils ne veulent PAS. Il s’agit par conséquent pour nous d’opposer à cette négation ce qui constitue notre propre négation, et ensuite de pousser au-delà. Là réside toute la difficulté. Comment, en effet, dépasser le capitalisme SANS FAIRE DE POLITIQUE?

    1. @ Jaycib :
      Je respecte ton point de vue.
      Juste quelques remarques.
      « D’ailleurs, leur manque d’homogénéité sociale le montre. »
      Je pense que tu voulais dire ‘politique’, en lieu et place de ‘sociale’. Car, sur ce point comme d’ailleurs l’argumentation que tu as développé ensuite, il me semble qu’il conviendrait aussi parfaitement à décrire … les votants. Car ce que tu sens advenir, comme conscience chez les votants, je pourrais tout aussi bien te le décrire, dans ‘le camp d’en face’, les abstentionnistes, sans pouvoir, tout autant, te le prouver. Car cela est bien évidemment impossible, en l’absence justement d’une mobilisation civique qui tendrait à prouver l’existence de ce mouvement civique, d’un côté comme de l’autre.
      Je pourrais te répondre ‘Tu es ce que j’étais, tu seras ce que je suis devenu’.
      En lieu et place, je préfère te dire que nous sommes les deux faces d’un même visage. L’essentiel est qu’il soit tourné dans le même sens, le sens de l’avenir.
      Cordialement.

    2. « L’Histoire moderne nous enseigne que lorsque l’océan des non-votants est au plus haut, là se situe le plus grand danger de voir apparaître un régime policier imposé depuis le sommet sans qu’on lui oppose de résistance. »
      L’inverse est aussi vrai :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar
      En 1930, 1932 et 1933, le taux de participation était à plus de 80%. A chaque fois (quasiment), le NSDAP d’Hitler a progressé, jusqu’à 33,1% (je ne parle pas des élections de 1933, fortement influencées par l’incendie du Reischtag).
      Jusqu’en 1932 (et même dans un certain sens, ‘formellement’, jusqu’en 1933), les élections étaient ‘libres’ : le KPD et le SPD étaient présents. Il n’y a pas eu de fraudes massives.

      Autre exemple, démocratique et plus ‘proche de nous’ : c’est l’Assemblée Nationale qui a donné les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Il n’a pas fait un ‘coup d’état’ (contrairement à ce que disait Mitterrand, à tort). Il était nommé Président du Conseil depuis le 16 juin 1940 par le Président de la République Albert Lebrun. Très peu de députés (communistes, pour la plupart) se sont opposés à cette ‘loi constitutionnelle’.

      La participation élevée n’est pas une garantie contre la dictature. Non plus. A mon sens, c’est un faux argument.

      Cordialement.

      PS : j’espère ne pas mériter un point Godwin parce qu’Hitler est cité …

    3. à Zébu

      Une petite vérification… les députés communistes étaient d’autant plus « moins nombreux » à voter qu’ils avaient été destitués et mis en prison ou envoyés en Algérie…
      Donc pas de coup d’Etat, puisque c’est la majorité de l’Assemblée qui les a rejetés, ouvrant la voie à Pétain !

    4. @JeanNîmes :
      Merci de la rectification ! Evidemment qu’ils étaient emprisonnés ou en Algérie …
      Je voulais dire en fait les députés socialistes-SFIO (oups).
      La liste des ’80 qui dirent non’ :
      http://mjp.univ-perp.fr/france/80.htm
      Sans compter les ‘absents’ du Massilia (27).
      Cordialement.

    5. Bonjour,

      à Zébu : Le « coup d’état » dénoncé par Mitterrand est celui de De Gaulle utilisant la menace de l’armée pour se faire nommer au pouvoir, la « permanence » du coup d’état est une critique sur la nature de la 5ème république. Mitterrand a peu dénoncé les conditions de la prise de pouvoir par Pétain, c’est le moins qu’on puisse dire, au moins dans la première période du régime de vichy…

      à JeanNimes : la révocation des députés communistes avait quelque chose à voir avec l’agression Soviétique contre la Finlande…en 39. Cette même année un certain pacte germano-soviétique fut signé par Ribbentrop et Molotov parmi les volutes de la pipe à Jo « Staline » Djougachvili.

    6. @ Jaycib,

      C’est étonnant cet argument du « manque d’homogénéité » que l’on voit, à juste titre, tout de suite chez les abstentionnistes. Alliance de la carpe filante et du lapin fuyant. Laurel et Hardy. La Belle et la Bête.
      En renversant la proposition, je veux que l’on me montre l’homogénéité des électeurs de tel ou tel parti. Et l’homogénéité au sein même des partis. Je suis prêt à attendre le temps qu’il faudra pour que la démonstration arrive. Ceux qui souhaitent que je retourne aux urnes grâce à cet argument ont intérêt à se dépêcher.

      Pour le reste Jaycib, il me semble n’avoir pas lu les mêmes livres d’histoire que vous. Les régimes policiers imposés sont le plus souvent arrivés après une forte participation aux votes. Que ce soit un vote massif qui les ait réclamé, ou que ce soit un vote massif pour tenter de ne pas les voir arriver.
      La aussi je veux un exemple où l’abstention a amené le pire.

      (Votre Post-Scriptum)

      -Première partie.
      Paul Jorion a, il me semble, posté son graphique en début de soirée, avant les principaux commentaires de l’UMP.
      Doit-on rappeler une nouvelle fois que ce n’est pas parce qu’un adversaire reprend certains de vos arguments que vous faites son jeu?
      Doit-on rappeler qu’il faut à ce moment là s’interroger sur l’identité du vrai gagnant?
      Et d’ailleurs, plus que ça, le taux d’abstention n’est pas une idée de Jorion! Il n’a fait le lendemain soir que justifier le jeu graphique auquel il s’était amusé le soir même.

      Je me permets de prendre le relais de Jorion sur le sujet, car j’ai vu qu’il s’épuisera à expliquer cela régulièrement, à chaque fois que quelqu’un trouve dans ses idées, les idées de tel ou tel parti politique, ou la reprise de ses propositions dans celles de l’un d’eux.

      Si les « sarkozistes » annonce que E=mc2, on ne peut pas être choqué que Jorion soit d’accord. Relativement.
      Le vrai sujet est ensuite de convertir la matière en énergie, quand certains voudraient fabriquer de l’énergie avec de l’antimatière (tiens …je verrais bien un portrait de Jorion tirant la langue comme Einstein, à chaque fois que quelqu’un cherchera chez lui le double jeu. Une idée qui me passe comme ça).

      -Deuxième partie du Post-Scriptum, concernant le fait que, votants ou non-votants ont signifié qu’ils savent très bien ce dont ils ne veulent pas.
      Permettez que Jorion et d’autres aient plus vu cette signification dans l’abstention que dans le vote.
      En effet, il faut prendre l’ensemble du sujet.

      Une majorité ne veut pas de ce pouvoir UMP, hégémonique et inactif, à la tête de l’état (mais que le rapport de force actuel ne peut pas renverser).
      Une majorité ne veut pas de ce pouvoir PS, hégémonique et inactif, à la tête des régions (mais que le jeu des alliances actuelles ne peut pas renverser).

      Il ne s’agit plus de physique mais de mathématique primaire. Certaines lois étant intangibles, il reste l’abstention. Qui est une très bonne manière de faire de la politique pour dépasser le capitalisme.
      C’est vrai, on ne fait rien sans faire de politique.

      POST-SCRIPTUM (aussi):
      Quand je dis « inactif » je veux dire sur les sujets dont nous débattons ici, et qui concernent la réalité économique dans laquelle vivent les français.
      Sinon le pouvoir hégémonique PS fabrique de très beaux lycées, et le pouvoir hégémonique UMP de très beaux portes-avions. Merci tout de même à eux.

  38. Il y a un an, Paul nous informait de la mort du capitalisme.

    Un an après, le « malade » est sous respirateur avec un cœur artificiel et un appareil de dialyse mais « tous » promettent qu’il va bientôt rouvrir les yeux.

    La croissance reviendra, les déficits seront jugulés : votez, nous savons quoi faire…
    Ne les croyons pas mais votons quand même car c’est un droit trop précieux pour les laisser croire qu’ils peuvent nous l’enlever : peut être qu’à 50% de bulletins blancs, ils comprendront le message.

    Réflexions et action… Débat intéressant mais pourquoi diable n’entendons nous jamais un discours de raison venant des politiques ? Il y a deux ans, seulement deux ans, je suis tombé sur ce discours : http://www.dailymotion.com/video/x17idb_discours-de-thomas-sankara-a-addis

    Je viens de le réécouter encore une fois et plus le temps passe plus il sonne vrai et juste, 23 ans plus tard, terrible de vérité. François Leclerc parlait de tiers-mondisation : tout est dit.

    Action : Il n’était pas arrivé au pouvoir par les urnes. Comment l’aurait-il pu ? Ses adversaires ne l’auraient jamais permis. Ils ne lui ont guère laissé de chance non plus et effectivement, comme il l’avait prévu, trois mois après, il est décédé de « mort naturelle » lors d’un coup d’état…
    Ils ne pouvaient prendre le risque de laisser un homme tel que lui au pouvoir.

    Je ne dis pas que c’était l’homme parfait ou providentiel, mais quel discours !!!

    La patrie ou la mort, nous vaincrons.

    1. minic972,

      Merci de rappeler ce grand homme à notre mémoire.

      Je complète ce que vous avez déjà écrit par un extrait de Wikipédia :

      « Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné lors d’un coup d’État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire. L’absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabé a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies (voir :Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme)6. Par ailleurs, le gouvernement français de l’époque (cohabitation entre Jacques Chirac qui gouverne et François Mitterrand qui préside) est soupçonné d’avoir joué un rôle dans cet assassinat, ainsi que plusieurs autres gouvernements africains gouvernés par des amis de la France7. Kadhafi pourrait être impliqué et avoir utilisé ce meurtre pour redevenir un ami de la France. C’est notamment la famille Sankara, réfugiée en France, qui soutient ces hypothèses. Cette hypothèse est aussi soutenue par la plupart des historiens africains8 9. Si la décision de condamner l’absence d’enquête constitue une première mondiale dans la lutte contre l’impunité, elle est insuffisante, puisqu’elle n’a conduit à aucune condamnation. Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au forum social africain de Bamako 2006 et au forum social mondial de Nairobi en 2007. »

      Mort naturelle par assassinat !

      Il y a un livre à ne pas manquer à ce sujet : « La Françafrique » de F.X. Verschave, jamais condamné, jamais interdit…En voici une présentation : http://www.dailymotion.com/video/xb7r4_f-x-verschave-la-fran%C3%A7afrique_news

      Mais nous avons accepté et sommes donc également coupables. C’est la première chose à changer dans notre comportement si nous voulons vraiment d’une nouvelle société : sortir la tête du trou et manifester notre voix : ça s’appelle la démocratie et c’est une bonne base pour bâtir une société meilleure.

      La démocratie s’use seulement si on ne s’en sert pas.

      {Vendredi 19 Mars, 06:32, en réponse à minic972 du 18 à 16:07}

  39. « il a produit durant ses trois ans d’existence, sinon un corpus cohérent de mesures à prendre, tout au moins ce qui me semble un diagnostic très complet de la situation présente » : sachant l’énorme travail que ce blog exige, on vous pardonnera volontiers ce petit message d’auto-satisfaction. N’est-il pas cependant un peu exagéré ? La situation, telle que je la perçois essentiellement à travers ce blog, me donne plutôt le vertige. La « situation présente » couvre en effet 24 fuseaux horaires, concerne des centaines d’états, 6 ou 7 milliards de personnes, des milliers de multinationales, des milliers de milliards d’euros, des millions de pages de rapports, et bien sûr dame nature dont le pillage continue. Alors, au lieu de « diagnostic très complet » , « diagnostic complet » pourrait suffire, non ? 🙂

  40. Les commentaires sont bien moroses.
    Il n’y a pas de quoi se réjouir si on regarde le passé c’est vrai MAIS il est déjà mort, presqu’englouti !!

    Marchons vers le monde nouveau qui advient ici même!

    C’est aujourd’hui, c’est maintenant que NOUS pouvons faire vivre les valeurs auxquelles nous croyons.

    Il n’y a RIEN à attendre, il faut vivre.

    « Qu’est-ce qu’un homme révolté? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne rennonce pas : c’est ausi un homme qui dit oui dès son premier mouvement. »

    Camus.

    1. Chère Laurence,

      J’en ai rien à foutre, je ne veux pas faire mon intéressant.
      Votre voix est éclatante d’Espoir. À tel point quand vous ne venez pas ici, il y a comme un vide. Vous savez mieux que quiconque dépasser les limites de ce blog.
      Nous les artistes nous savons encore déconner comme des gamins. Corps et âme je sens une respiration, le monde vivant et merveilleux… l’invention, une réunion entre amis.
      Écoutez Jean Ferrat sur France Culture : Beau et pudique.
      Amicalement.

      Dans ce pays si riche dans ce pays si pauvre
      Qu’on apprend chaque jour à devenir plus nôtre.

    2. Jean Giraudoux, Electre, Acte II, scène 10 (entière)

      LE MENDIANT, ÉLECTRE, LA FEMME NARSÈS,

      MENDIANTS, LES EUMÉNIDES, UN SERVITEUR

      Les Euménides ont juste l’âge et la taille d’Électre.

      UN SERVITEUR. Fuyez, vous autres, le palais brûle !
      PREMIÈRE EUMÉNIDE. C’est la lueur qui manquait à Électre. Avec le jour et la vérité, l’incendie lui en fait trois.
      DEUXIÈME EUMÉNIDE. Te voilà satisfaite, Électre ! La ville meurt !
      ÉLECTRE. Me voilà satisfaite. Depuis une minute, je sais qu’elle renaîtra.
      TROISIÈME EUMÉNIDE. Ils renaîtront aussi, ceux qui s’égorgent dans les rues ? Les Corinthiens ont donné l’assaut, et massacrent.
      ÉLECTRE. S’ils sont innocents, ils renaîtront.
      PREMIÈRE EUMÉNIDE. Voilà où t’a menée ton orgueil, Électre ! Tu n’es plus rien ! Tu n’as plus rien !
      ÉLECTRE. J’ai ma conscience, j’ai Oreste, j’ai la justice, j’ai tout.
      DEUXIÈME EUMÉNIDE. Ta conscience ! Tu vas l’écouter, ta conscience, dans les petits matins qui se préparent. Sept ans tu n’as pu dormir à cause d’un crime que d’autres avaient commis. Désormais, c’est toi la coupable.
      ÉLECTRE. J’ai Oreste. J’ai la justice. J’ai tout.
      TROISIÈME EUMÉNIDE. Oreste ? Plus jamais tu ne reverras Oreste. Nous te quittons pour le cerner. Nous prenons ton âge et ta forme pour le poursuivre. Adieu. Nous ne le lâcherons plus, jusqu’à ce qu’il délire et se tue, maudissant sa sœur.
      ÉLECTRE. J’ai la justice. J’ai tout.
      LA FEMME NARSÈS. Que disent-elles ? Elles sont méchantes ! Où en sommes-nous, ma pauvre Électre, où en sommes-nous !
      ÉLECTRE. Où nous en sommes ?
      LA FEMME NARSÈS. Oui, explique ! Je ne saisis jamais bien vite. Je sens évidemment qu’il se passe quelque chose, mais je me rends mal compte. Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
      ÉLECTRE. Demande au mendiant. Il le sait.
      LE MENDIANT. Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore.
      RIDEAU

      (écrit quelques mois avant le massacre de Guernica…)

  41. Bonsoir,

    Je ne vote pas (sauf pour les OGM de fujisan). Je lis Siné Hebdo (qui est d’ailleurs proche de la faillite…). Je suis Le Blog de Paul Jorion depuis plus d’un an. J’écoute France Inter.

    Mais je n’ai ni vu ni lu ni entendu une réflexion sur ce que pourrait être un autre système. Nombre de sujets de réflexion indispensables à l’émergence sereine et viable d’une nouvelle société n’ont pas été abordés ou pas discutés.

    La paix au sein d’une nation n’est pas chose facile à garantir, l’asservissement par le travail et la surconsommation y participe fortement. La paix entre nations, dans un espace limité, n’est pas chose facile à garantir.

    Imaginer une nouvelle société sans analyser les conséquences possibles de la disparition de l’actuelle est irresponsable.

    Accepterions-nous qu’un responsable politique ou pas prennent des décisions irresponsables ?

    1. @ Fab,

      D’accord avec vous.
      C’est bien vrai que hélas, l’asservissement par le travail et la surconsommation (la poule et l’oeuf) participe à la paix au sein des nations, et peut-être même à la paix entre les nations.

      L’équilibre est fragile. C’est ce qui rend très dangereux les appels affolés au Grand Soir: « Pendons-les! on réfléchira ensuite ». Tous les lecteurs du « blog de Jorion » le savent. Mais ils savent aussi qu’il serait tout aussi dangereux de ne rien faire. Et là aussi je vous suis.

      Ce qui est intéressant ici c’est le travail de réflexion engagé depuis longtemps.
      Si dans « le temps qu’il fait » d’aujourd’hui ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9311 ), Paul Jorion peut en appeler à chercher à présent des solutions pour l’après capitalisme, c’est parce que la réflexion ici est déjà bien avancée (et continuera). Le « corpus complet d’analyses » dont il parle quelque fois est là pour soutenir les changements, et congédier les solutions pré-définies.

      Je ne lis pas toujours les mêmes journaux que vous, je n’écoute pas régulièrement la même radio, mais je vois que je suis souvent en accord avec vous (pas toujours, vous avez remarqué!). Cela me conforte dans l’idée que certains médias ne sont pas tout à fait les chapelles que l’on croit, ou que nos pensées ou opinions ne peuvent pas s’y trouver résumés.

      (Nos amis qui ne connaissent pas les rouages des médias français vont peut-être se sentir étrangers à ce que je vais dire maintenant. Ce sont mes souvenirs, recoupés plusieurs fois par des informations pêchées aux meilleures sources d’Internet, aux sources personnelles des intéressés. J’essaye de donner plus qu’une simple opinion sur les faits.)

      J’ai pour ma part délaissé l’écoute unique de France Inter en 1991, une « Tempête du désert » ayant brouillé cette écoute. C’était il y a vingt ans. Je ne connais pas votre âge Fab, mais peut-être vous souvenez-vous de cette période étrange.

      1991. Avril. Date de sortie du disque « Marchand de cailloux », du chanteur Renaud que j’écoutais depuis mes 15 ans (sortie de « Laisse béton »). Magnifique disque, dont chaque chanson est un appel aux sentiments les plus beaux, et les plus révoltés. Il y a dedans des mots qui plaisaient au jeune homme que j’étais. Connaissez-vous Fab cette chanson de 37 secondes, intitulée « le tango des élus » ( http://www.youtube.com/watch?v=eo-FUbMVlBs )? C’est une plaisanterie pour un présent triste, mais vous comprenez ce qu’un jeune homme peut trouver là de matière à enthousiasme. Et puis la chanson « Tonton ». La gauche de gouvernement, dix ans après son élection, tardait à se souvenir qu’elle nous avait fait des promesses.
      Dans ce disque il y a une autre chanson,  » l’Aquarium », qui peut servir de fond sonore à ce que je vais raconter maintenant ( http://www.dailymotion.com/video/xgufq_renaud-laquarium ). Dans cette chanson Renaud rebaptise France Inter en « France Intox ». C’était bien le cas.

      1991. Janvier. Chaque jour, un militaire (un général si je me souviens bien) venait ès-qualités au micro du « 13 heures » de France Inter, pour nous convaincre de la justesse de la guerre, et des avancées des opérations. Le journaliste-présentateur Jean-Luc Hess lui tenait le micro. Pour que ce militaire puisse parler en toute liberté, le micro de Claude Villers et de sa bande d’empêcheurs de penser en rond, qui officiaient juste avant le journal, avait été coupé, « pendant le temps des opérations » (chez Villers le journaliste du « 13 heures » avait été baptisé « Jean-Luc-Hess-qui-se-passe? ». Jeu de mot phonétique assez transparent. Le militaire avait son surnom aussi. Des blagues de potaches bien inoffensives). Le micro de Daniel Mermet, qui suivait derrière, avait été coupé aussi, « pendant le temps des opérations » (Mermet s’entêtait chaque jour à faire le compte des victimes civiles de cette guerre, que le militaire de 13 heures continuait lui, à nommer « chirurgicale »).
      Villers et Mermet priés de se taire. La raison donnée solennellement au micro de France Inter par Jean-Luc Hess (ça se vérifie) était le respect dû à certains de nos compatriotes qui étaient engagés dans la guerre. Une guerre qu’ils n’avaient pas choisi et qui, on l’a compris enfin plus tard, ne les concernait pas.
      J’ai fait en 1991 comme Renaud dans la chanson (« Libérées, mes oreilles »).
      Aujourd’hui, le simple journaliste-présentateur qui tenait le micro du militaire (il ne faisait que son métier me dira-t-on), est le patron de Radio France, maison mère de France Inter, un patron nommé en 2009 par notre président de la République (!). Le patron tout puissant de Daniel Mermet, qui a gardé son micro de haute lutte (peut-être avez-vous suivi cela Fab). Pourquoi reviendrais-je à l’écoute unique de cette radio? Trouvez-moi une bonne raison Fab, d’écouter sur France Inter autre chose que Mermet aujourd’hui (mise à part quelques trésors d’interviews, que l’on écoute aussi ailleurs).

      1991. Janvier. L’hebdomadaire « La Grosse Bertha » paraît, en opposition à cette guerre inique, qui tuait plus de civils que le dictateur qu’il fallait renverser.
      Toute l’équipe du premier Charlie Hebdo, celui de ma jeunesse, est là ( ce journal était mort en décembre 1981, l’année où j’ai voté pour la première fois; il avait eu le temps d’aider à fabriquer le citoyen que je suis). Il y a aussi une bande de nouveaux, Philippe Val à gauche et d’autres classés franchement à droite, comme c’était le cas de l’ancien Charlie-Hebdo (et aussi du journal Pilote, où Serge de Beketch pouvait travailler sur des sketchs avec Reiser, ou sur des BD avec Tardi. « O tempora, ô mores! », comme concluait déjà Cicéron). C’est l’union derrière l’esprit de Choron (créateur de Charlie-Hebdo avec Cavanna en mai 1969). Ce « professeur » Choron qui n’a jamais pu être de droite, comme il n’a jamais pu être de gauche. Il savait, comme Desproges, comme Coluche, et comme tous les plus grands humoristes avant eux, que l’humour est ailleurs depuis toujours. Et que c’est sa plus grande force.

      1992. Juillet. Naissance de Charlie-Hebdo-2, dissident de La Grosse Bertha. Philippe Val est le nouveau patron. Val, Gébé, Cabu et …Renaud sont les bailleurs de fonds. L’aile gauche de La Grosse Bertha se regroupe loin de l’aile droite, prouvant ainsi son manque d’humour. La Grosse Bertha crèvera de ce départ (la droite sans la gauche manque aussi énormément d’humour!). Et Charlie-Hebdo-2 y perdra totalement l’humour, pour le simple rire. Et pour devenir un journal d’opinion, comme il en existe déjà trop d’identiques. Renaud, pourtant de gauche, revendra ses parts.

      2010. Aujourd’hui. Nommé par notre président de la République, le journaliste Jean-Luc Hess est patron du groupe Radio France. Il est le patron de France Inter, à la tête de laquelle radio il a lui-même nommé …Philippe Val, de Charlie-Hebdo-2.

      Nos amis qui nous observent au delà des frontières de l’Hexagone, doivent trouver tout cela bien étrange. Drôles de français. Drôles de français qui écoutent encore religieusement la radio d’état, et les quelques bouffons du roi qui les font rire à la mi-journée. Et qui s’étonnent que n’existe pas chez eux une opposition vivace au pouvoir en place. Et qui s’étonnent que n’émerge toujours pas une réflexion sur un autre système. Je suis sûr qu’ils en rigolent, car ils ont conservé l’humour qui commence à nous manquer.
      Quant à Choron il n’a pas fini de se marrer, d’où il nous regarde aujourd’hui.

      Je ne suis pas non plus lecteur régulier de Siné-Hebdo, dissident de Charlie-Hebdo-2 et un peu plus iconoclaste. Choron s’y serait senti plus à l’aise, mais pas encore totalement libre de parler, puisque cet hebdomadaire est une dissidence de gauche d’un journal de gauche. Ceci dit, ce que vous m’apprenez n’est pas une bonne nouvelle. Si Siné-Hebdo ne devait pas survivre à Charlie-Hebdo-2, ce serait comme une deuxième mort pour Choron. Rien que ça donne envie d’acheter Siné-Hebdo mercredi prochain!
      Je suis cependant certain que de ça aussi, il aurait su rire, le professeur Choron. Vous ne pensez pas cela Fab? Il aurait dit: « Châtiment qui se fait attendre …pourrait au moins téléphoner ».

      On s’est trompé. Ce n’est pas Choron qui était « bête et méchant », c’est le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui.

      Mais toutes ces histoires médiatiques n’ont que peu d’intérêt.

      Choron: « Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque! » Voilà ce qu’il faut retenir de Choron.
      Tout est histoire d’équilibre dans ce numéro de cirque. Et on en revient presque à votre commentaire.

    2. Jean-Luc,

      Merci pour cet historique, qu’il était bon de rappeler, et pas que comme vous le dites pour « Nos amis qui ne connaissent pas les rouages des médias français ».

      France Inter est une radio d’état : il y a un mélange rassurant de contradiction encadrée, policée et d’information normalisée par l’état protecteur. Siné c’est le contraire ! Le couplage des deux est un instrument de lecture de la société relativement efficace.

      « Drôles de français qui écoutent encore religieusement la radio d’état ». On écoute ce que l’on a envie d’entendre… Drôles de français donc qui sont allés à l’école de la république, cette religiosité n’est pas apparue ex nihilo : on trempe dedans depuis la plus tendre enfance.

      Fond sonore : http://www.youtube.com/watch?v=6e9D5R28E44

      Si vous n’aviez pas écouté France Inter à cette époque vous seriez passé à côté de ce spectacle. C’eut été dommage. Les marionnettes et les fils, visibles de si près ! A ne pas rater.

      Je n’ai malheureusement pu aller guère plus loin avec Crapaud Rouge (http://www.pauljorion.com/blog/?p=9154#comment-65484) mais la comparaison avec la Chine ou la Birmanie me plaît à un point que vous ne sauriez imaginer. Nous voyons les fils au-dessus du bon camarade chinois ou birman, mais sommes malgré tout, malgré Siné et Cie, incapables de voir nos cordes…

      Celui qui ne cherche pas l’homme au milieu de la foule, perdu dans la masse, se trompe de combat : il s’est fait avoir, tant pis…pour lui…et pour les autres, envers lesquels il va reproduire ce qu’il est convaincu être une attitude dissidente.

      Illustration : il faudrait faire le compte macabre de la guerre du Golfe, du génocide rwandais contre lequel nous nous sommes tous levés avec la fougue de la jeunesse anarcho-contestataire nourrie au lexomil, des quelques autres conflits de connards (marque déposée) contemporains, de la malbouffe et du malboire (j’emploie volontairement des mots doux, pour ne pas choquer le lectorat du dimanche matin, mais vous connaissez sûrement la blague du Directeur de la FAO : un…deux…trois…quatre…cinq…six : un enfant vient de mourir de la faim ! Ah ah : enfin, lui la raconte mieux !), et toute la suite et toute la suite….

      Réponse, tant française que chinoise ou birmane : la dissidence. Mais soft, du style : http://www.youtube.com/watch?v=Qw6Pvy6eOCc

      On a vraiment l’air con avec notre burkasociale : le bourre cas social.

      Pour conclure je dirais que ce coup-ci on tient le bon bout, tout va s’arranger, on va prendre conscience… « aie confiance petit d’homme »…de notre inconscience…bientôt ! Aujourd’hui je peux pas : j’ai élections. Demain non plus : j’ai usine. Bientôt…

      Merci pour votre beau texte.

    3. @ Fab,

      Merci aussi à vous pour ces mots enthousiasmant. Ce dimanche commence bien. Surtout lorsque vous mettez ce début de journée en musique avec Zao et Vassiliu!

      Je suis allé lire vos échanges avec Crapaud Rouge (votre lien).
      Décidément le « blog de Paul Jorion » remplit un rôle important. Il nous évite de ronronner nos pensées, et nous les fait grandir. Jorion nous dit parfois qu’il s’en sert aussi pour ça (certains continueront encore, malgré cela, à penser qu’il a créé ce blog pour diffuser sa bonne parole! Tant pis pour eux).

      En vous lisant là-bas, j’ai compris mieux ce que vous dites sur la radio d’état, et sur l’écoute que vous en faites. Je crois avec vous qu’il est bon en effet (comme je l’avais fait finalement en 1991) de regarder les ficelles de près. De découvrir les cordes de la machine. Peut-être que pour ma part, j’ai fini l’observation du côté de France Inter, et que regarder encore longtemps ces ficelles ne réussirait qu’à me désespérer.
      Je retourne parfois sur France Inter, comme je vous le dit, et aussi sur France Culture, mais j’ai résolument pris mes quartiers sur d’autres radios. Certaines ont d’énormes cordes qui pendent du plafond, qui s’appellent la publicité, mais au moins ces cordes-là ne sont pas cachées. Et d’autres radios n’ont aucune publicité et aucun lien avec l’état. Ce sont celles-ci que je privilégie. On y trouve de formidables trésors d’expression, libres des conventions de l’état, ou des décrets des groupes industriels. Et on y trouve une parole plus riche et diverse. La même chose que sur certains blogs …Et lorsque, après avoir écouté ces radios je reviens sur France Inter, je comprends tout à fait le slogan de cette radio: « La différence ».

      Intéressant, ce que dit Crapaud Rouge.
      Je me trouve aussi assez souvent en accord avec lui (même quand il lui est arrivé de mal me situer sur un échiquier politique auquel je me veux étranger ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=8523#comment-61451 ). Je m’en suis expliqué juste derrière ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=8523#comment-62591 ). La vision des choses que nous partageons tout les deux, l’avait amené pourtant à des conclusions tranchées à mon égard. Les mots. Les mots pour le dire).

      Dans votre échange avec lui, Crapaud Rouge nous demande de faire la différence entre le droit et la source du droit. Il a raison. Parfois les sources du droit, et des règles et des lois, si on les cherche bien, on les trouvera en nous. Seule alors une vision étrangère à nous peut analyser ces règles, pour les changer. Nous sommes parfois nos premiers geôliers.
      Pour les régimes les plus durs que vous citez, la chose est compliquée car le système mis en place empêche de faire ce travail de vision extérieure des choses. Cependant on a vu par le passé des systèmes et des individus réussir ce travail de dépassement de soi, même dans les pires carcans.
      Il a raison aussi lorsqu’il nous propose de ne pas peindre en couleur les droits qui semblent servir le peuple, et en noir le droit qui leur est imposé. Nous-même parfois nous nous imposons des règles personnelles qui sont plus bénéfiques que les règles qui ne nous coûtent aucun effort, et qui nous servent de repos.

      Je crois que nous nous soucions tous de ça Fab, nous nous en préoccupons, nous n’acceptons aucun carcan comme une simple donnée avec laquelle composer.
      Mais regardez la difficulté qu’il y a parfois à accorder notre vision, et partant, notre action:
      – Vous faites ce travail d’écoute critique d’une radio, au moment ou je vais sur d’autres radios faire une écoute critique d’autres phénomènes.
      – Crapaud Rouge (dans le commentaire de lui que je citais plus haut) se place dans le champ de l’humanisme pour défendre la diversité des cultures et des hommes au sein d’un territoire, et je me place sur le même champ pour défendre les gens de tous les territoires du monde face à une diversité, ou une unicité, qui pourrait leur être imposée.

      Je crois définitivement qu’un lieu comme « le blog de Paul Jorion » sert de lieu d’analyse. Je crois aussi qu’il est un endroit pour accorder nos instruments d’analyse.
      Chaque instrument joue d’habitude dans son coin. Les violons avec les violons, les tambours avec les tambours, etc.
      Oui, ici nous nous accordons (mais comme nous le savons, la musique doit se jouer ailleurs).

      Il faut toujours chercher l’accord, en n’oubliant jamais de jouer clairement de notre propre instrument. Sinon, quand les instruments jouent dans leurs coins, tout fini « cadavéré »…

      « …
      La guerre ce n’est pas bon, ce n’est pas bon
      Quand viendra la guerre tout le monde affamé, oh!
      Le coq ne va plus coquer, cocorico oh!
      La poule ne va plus pouler, pouler les oeufs
      Le footballeur ne va plus footer, pousser le ballon
      Les joueurs cadavéré
      Les arbitres cadavéré
      Le sifflet cadavéré
      Même le ballon cadavéré
      Les équipes cadavéré
      Diables Noirs cadavéré
      Etoiles de Congo cadavéré
      Les Lions Indomptables cadavéré
      Les Léopards cadavéré
      Les Diables Rouges cadavéré
      Les journalistes cadavéré
      La radio cadavéré
      La télévision cadavéré
      Le stade cadavéré
      Les supporters cadavéré
      … »

      Merci Fab pour cette chanson! Bon dimanche.

    4. Jean-Luc,

      Il semble que vous lisiez chez l’autre ce qu’il cherche à exprimer : c’est une qualité que j’apprécie. Quand dans un de vos commentaires vous parliez de « violence faite à la personne », je sais de quoi vous parlez. Et je ressens également trop souvent la frustration de ne pouvoir faire part de ma vision du monde : peut-être est-elle tordue, je veux bien l’admettre, mais supposer que mes idées puissent viser le mal ou que ceux qui seraient amenés à me lire pourraient ne pas avoir la clairvoyance suffisante pour faire (d’)eux-mêmes le tri entre le bon grain et l’ivraie me plonge dans une grande tristesse quant à la nature humaine. Quelles sont les chances de notre société de porter l’homme vers une meilleure acceptation de sa condition, vers une prise de conscience libératrice, si certains continuent à voir le mal chez les autres sans imaginer que cette caractéristique puisse provenir du fait qu’ils auraient également ce même mal en eux ? Étonnant non ?

      Je ne suis pas certain d’avoir bien compris votre paragraphe sur le droit, aussi je repars de là où j’avais laissé, par violence subie donc, l’échange avec Crapaud Rouge. Le droit est un outil. L’économie est un outil. Je n’arrive pas à accepter l’idée qu’un outil puisse être utilisé par une minorité, quand bien même cette minorité aurait la certitude d’agir pour le bien de tous. Accepter cette démarche, ne pas remettre en question son existence, est à mon sens une erreur fondamentale, humainement et démocratiquement. C’est une grosse ficelle de notre société, un carcan, bientôt un nouvel organe !!! Prenez le dernier billet de Corinne Lepage, son titre « Reformuler les règles du jeu dans leur ensemble » me désespère : nous ne jouons décidément pas au même jeu ! Poser le problème en ces termes est à mes yeux une excellente manière pour que « rien » ne change : peut-être l’idée est-elle de parvenir à un nouveau système économique remplaçant le capitalisme actuel, mais qui peut sérieusement penser que ce changement venu d’en haut pourra donner à l’homme la possibilité d’exprimer son humanisme !? Ce qui nous ramène à l’outil « droit » : si les solutions aux problèmes sont amenées sur un plateau à l’homme sans qu’il ne se soit donné l’opportunité de chercher en lui ce qui a pu l’amener à se désintéresser dudit problème…la partie est perdue. Qu’un enfant meure de faim toutes les six secondes est de notre responsabilité, de notre faute. Je ne reprends pas la liste des exemples du même ordre qui me viennent à l’esprit, mais vous savez à quel point elle est longue.

      Cette vision est une grosse ficelle, certains parleront de nervure : pourquoi ne pas tirer dessus ? Pourquoi faire compliqué ? Pourquoi penser que la raison aurait pu nous donner un jugement meilleur de par sa complexité que celui des grands sages, religieux ou pas, de notre histoire ?

      Un dernier exemple : Evo Morales (il me semble que c’est lui) a inversé la proportion des revenus du pétrole extrait de son pays : avant c’était 95% pour les compagnies pétrolières, 5% pour les dirigeants, et le reste pour le peuple ! C’est très certainement une bonne chose pour le peuple bolivien, mais pour nous ? Comment se fait-il que nous ne tirions pas profit de ce bouleversement ? Pourquoi ne regardons-nous pas cette libération avec un oeil critique ? Pourquoi ne mettons-nous pas au centre de toutes les discussions (La Politique) l’esclavagisme que nous avons entretenu dans ce pays (entre autres, je ne reprends pas la liste…) ? Pourquoi n’enlevons-nous pas nos oeillères qui nous pourrissent la vie, qui nous pourrissent l’humanité ? Pourquoi nous réfugions-nous derrière la complexité de la raison, derrière la spécialisation qu’elle a développée ?

      Hein ?

      Au plaisir

    5. @ Fab,

      Je vous avais croisé en fin de matinée, je vous croise à nouveau ce soir. Et pour lire encore des choses qui me plaisent.

      Sur la violence que l’on peut subir lors de nos échanges ici, nous en avons un sentiment proche. Il n’y a bien sûr pas de quoi téléphoner à « SOS commentateur battu », mais nous subissons parfois des revers. L’anonymat de nos noms et avatars ne peut pas annihiler nos personnalités, qui restent présentes derrière nos mots. Un commentaire non publié, ou modifié par le modérateur, et nous voilà touché. C’est bien humain, et c’est ce que j’avais voulu exprimer à Paul Jorion dans le texte que vous avez lu, avant les réflexions de Crapaud Rouge à mon sujet. Nous oublions à ce moment là que nous ne sommes que les hôtes de celui qui accueille ce commentaire (la convivialité du « blog de Paul Jorion » est telle que nous aurions vite tendance à nous croire chez nous!).

      Il y a un autre phénomène aussi. Lors d’un échange récent avec la personne en charge de la modération présente à un moment donné, j’ai pu mesurer l’immensité de la tâche, lorsque tout arrive en même temps et que les sujets sont sensibles (et que les textes sont longs! comme ceux que je vous fait). Il faut parfois aussi reconstruire un texte qui arrive de guingois, ou avec des liens actifs un peu branlants. Ensuite, la décision de publier ou pas doit être prise très vite, une affaire de secondes.
      Parfois dans un commentaire intéressant, une phrase pose problème. Non pas qu’elle soit toujours impubliable, mais il peut arriver qu’elle soit de nature à générer une suite de commentaires inutiles en cascade. En quelques secondes la décision doit être prise: ne pas publier ce texte utile, ou ôter ces quelques mots polémiques? Je crois que si j’avais compris cela plus tôt, je n’aurais pas posté les questions que j’avais adressé à Paul Jorion. De plus, les journées ne font que vingt-quatre heures, et la tâche que veux accomplir utilement Jorion et les personnes qui l’aident ici, est grande. Toute polémique inutile est à proscrire dans ces conditions.

      Lorsque ce sont nos interlocuteurs, invités comme nous, qui nous secouent, la chose est encore différente. J’ai souris récemment à un petit échange (peut-être l’avez-vous vu). Je ne cite pas les noms, j’ai peur de me tromper. Une personne avait envoyé un commentaire enthousiaste, parlant de « grands hommes » et de « grands événements ». Le commentaire en réponse était cinglant, du genre: « Stop!!! Grand! Grand! arrêtez avec ce mot! ». J’ai souris à la réponse suivante du premier commentateur, qui venait de se prendre la giroflée à cinq pétale: c’était un petit « smiley » triste.
      Je me suis senti très solidaire de cette personne, car après le commentaire de Crapaud Rouge à mon endroit, j’avais ressenti aussi un gifle, en plus de celle reçue symboliquement de Jorion (ni l’un ni l’autre n’en avaient visiblement l’intention pourtant). Dur dur de ne pouvoir compter que sur les mots. Si nous étions tous face à face, nos regards et nos sourires pourraient faire passer tout ça sans heurts. Il nous faut accepter ces règles du jeu, et faire contre mauvaise compréhension bon coeur.

      Bien sûr à certain moment il n’est pas question de faire seulement bon coeur, on n’est pas chez Baden-Powell ici! Il faut savoir exposer clairement ses idées, et ne pas avoir peur de les défendre, pour faire avancer la réflexion. Cette réflexion ne peut avancer si tout le monde baigne dans la tiédeur de l’accord et les violons de la concorde.
      De temps en temps nous assistons à quelques échanges musclés. Les plus récents concernaient je crois le sujet de l’art, après le billet « Alexander McQueen ». Jorion dit aussi quelque part que le ton s’est un peu calmé par rapport au début, quand il a décidé avec François Leclerc d’exclure tous les sujets qui dérivaient vers la recherche des acteurs d’un « système délibéré ». Arrêter la bataille stérile et sans fin de la recherche des soit-disant responsables du soit-disant « complot », des soit-disant créateurs de la soit-disant monnaie de singe, pour garder l’oeil ouvert sur la structure qui est en place, avec …ou plus certainement sans chauffeur, même si cette machine à de réels bénéficiaires (c’est ce qui rend la machine bien plus complexe, mais pas moins passionnante à démonter).

      ———-

      Pour la suite de votre texte, vous n’imaginez pas à quel point je suis en accord avec vous. Je ne veux rien commenter.
      Je repense au premier texte que j’ai publié sur le blog de Paul Jorion. C’est pas vieux: le 6 février 2010. C’était une réponse à la deuxième contribution de Corinne Lepage sur le blog (je vois que ce soir, elle revient échanger avec nous. Respect à elle. Ils ne sont pas nombreux les politiques, à oser ainsi confronter leur parole aux citoyens, en toute clarté).
      Je lui disais à peu près ce que vous dites ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=7695#comment-54761 ).

      Ce dimanche se termine, Fab, et ce n’est pas le grand soir.
      A bientôt.

    6. @Jean-Luc: j’ai découvert par hasard, en cherchant l’un de mes posts, que vous m’aviez fait une longue réponse, rapport à des propos citant l’extrême-droite. Je l’ai lue avec émotion, heureux de découvrir que nous sommes sur la même longueur d’onde. Il n’y avait pas pour moi de malentendu, seulement une mise au point strictement nécessaire pour laquelle j’ai sacrifié mon habitude de réserve en vous exposant un pan de ma vie privée. J’ai bien conscience d’avoir joué un peu au policier, mais parce que vous-mêmes n’aviez pas l’air de saisir que vous abordiez des sujets sensibles de façon assez vague, ce qui ouvre la voie à toutes les interprétations. Si l’on peut toujours, en principe, parler des thèmes de l’extrême-droite, c’est très difficile de le faire sans se placer sur son terrain. Car elle ne demande que ça, que l’on parle de ses sujets. Vous comprendrez ma forte réticence: je suis tombé dans cette marmite quand j’étais petit.

      @Fab: j’ai vu que vous insistiez pour dire que le droit est un « outil ». C’est vrai d’une certaine manière, puisqu’il sert à régler les conflits en lieu et place de la force. Mais c’est une image d’en parler ainsi. Cet « outil » n’est pas à la disposition des citoyens, ou de certains d’entre eux, pour être modelé à leur guise, comme on affute ses armes. C’est lui au contraire qui doit s’imposer à tous, sinon il tombe en désuétude. Il peut cependant évoluer, mais selon des règles très précises. Enfin, si vous ne le mettez pas « au-dessus de tout », (et surtout de tous), que mettrez-vous au sommet de la pyramide ? Pinochet, Pol-Pot, Staline ? C’est en son for intérieur, comme chez Antigone récemment citée par Olivier, que le droit ne peut ni ne doit être « au-dessus de tout ». Là, je suis bien d’accord avec vous: il se réduit à des règles de musique, et c’est à chacun d’écrire sa partition.

      Bien cordialement à tous les deux

    7. @ Crapaud Rouge,

      En vous lisant souvent, j’ai bien vu que vous ne faisiez pas que gober des mouches ou sauter dans des mares boueuses, comme les grenouilles de tous les bénitiers.
      Il y a des malentendus que le temps dissipe, il faut toujours compter sur lui. Et sur le hasard d’un retour sur un ancien « billet ». Vous reviendrez ici, j’en suis sûr.

      Après votre dernier commentaire, je crois que Fab et moi ne pouvons qu’être définitivement convaincus qu’un batracien écarlate peut être un bon camarade.

  42. Le monde actuel est comparable à une grande cour de récréation, à deux fortes têtes préférant de nouveau tenir le beau rôle, à nous dire chacun de leur coté dans leur propre terrier.

    C’est pas moi c’est l’autre, oui le bien vient d’abord du capitalisme de mon Papa, et puis l’autre non non pas du tout le bien vient avant tout du socialisme de ma Maman, et puis entre les deux
    il y a de plus en plus une humanité déchirée, aliénée, conditionnée, étiquetée, marchandisée.

    A les écouter on pourrait encore croire que la lumière vient d’abord de telle ou telle marque et puis il ne suffirait alors que de la mettre davantage en bouteille pour que tout s’arrange. Il est bien évident que si les choses devaient se gâter, allo police secours ils en forceront bien évidemment un plus grand nombre à les suivre. Le pire c’est plus les choses s’aggravent et plus ils s’arc-boutent pour mieux essayer de faire tenir plus longtemps tout cet édifice branlant.

    A quand la prochaine solution finale sans doute de nouveau très matérielle et concrète pour mieux paraît-il rassurer la multitude à l’antenne, pour tous sans exception petits et grands. Oui préoccupons nous bien jusqu’au bout des seules valeurs périssables, là ou la mite s’approche, là ou les vers rongent toujours plus, attention, attention les ami(e)s tout cela va bientôt s’écrouler.

    Tant de vaines constructions médiatiques, marchandes et idéologiques. Au commencement du monde l’homme était certainement aussi encombré et superflu qu’aujourd’hui dans le jardin d’eden, continuellement poussé dans son corps comme dans son esprit à ne vivre que pour le seul état de négoce ou marchandage supplémentaire sur terre, accumuler, et vouloir gagner toujours plus et puis après que voyons de mieux ensuite à la tête des autres ?

    Est-ce vraiment mieux aussi différencier l’esprit de l’homme en société, c’est ce qui est souvent répété à la télé, c’est la grande idée reçue !

  43. La dette publique est-elle à même d’enterrer le capitalisme ? A première vue non : au Japon la dette publique est bien plus importante que celle des USA (ou de la plupart des pays européens) or le système économique est resté fondamentalement le même. D’un autre côté, les USA sont la 1ere puissance économique mondiale et leur monnaie est LA monnaie de référence dans le monde (ce qui n’est pas vraiment le cas du yen…) ; un surendettement public américain pourrait donc avoir des répercussions plus importantes via de fortes secousses monétaires. Mais le capitalisme n’est pas tributaire d’une monnaie… Le dollar pourrait continuer à se dévaluer ad vitam eternam sans que le capitalisme le suive dans sa chute.

    Donc ? Bon, d’abord, je crois qu’il est extrêmement hasardeux d’établir des prévisions sur tout système économique, simplement parce que contrairement à tout système physique, biologique, que sais-je, c’est à dire tout système obéissant peu ou prou à des principes vérifiés par l’expérience (PV=nRT, tout le monde le vérifie quand il faut gonfler ses pneus…), c’est toujours l’activité humaine qui régie l’activité économique (et qui rend caduque toute science économique à mon humble avis!). Et quel principe peut-on appliquer avec certitude à l’activité humaine ? Cela dit : on peut affirmer par exemple que la probabilité de chute pour tout empire est proche de 1, enfin c’est ce que nous montre l’histoire des hommes par l’expérience ! et donc que la probabilité de la chute de l’empire américain est aussi proche de 1… Mais c’est tout ce que l’on peut dire, non ?

    Evidemment cela n’empêche pas d’emettre des hypothèses qui se vérifieront dans le futur (comme ce fut le cas pour Mr Jorion et d’autres économistes – peu nombreux il faut le reconnaître ! – à propos de la crise actuelle). Et l’hypothèse d’une fin du capitalisme pourrait tout à fait se vérifier – comme son contraire évidemment… – mais à vrai dire je reste sceptique. Aucune certitude ! On verra bien… Je souhaite cette chute car à mon humble avis le capitalisme est néfaste pour une large part de la population. Cet avis est évidemment subjectif, mais objectivement que peut-on dire ? Que nous disent les expériences capitalistes du monde entier ? Que le capital finit toujours par se concentrer entre les mains d’une minorité, et que les inégalités croissent avec le temps. L’analyse empirique appliquée au capitalisme me semble sans appel, mais peut-être est ce que je néglige les bons côtés du système – quelques uns en voient ? 🙂 Bon, pour conclure j’ai envie de dire que c’est la croissance de ces inégalités qui pourraient provoquer la chute du capitalisme via des révoltes, à savoir quadn, alors là… voilà j’ai terminé cette fois-ci ! :))

    1. Très sérieusement, je ne vois pas que l’économie telle qu’elle s’autorise puisse perdurer bien longtemps:
      c’est la grande braderie, (chez nous on dit : le « grand polypourri » -en référence au monopoly mais en pire )

      De là deux stratégies
      (enfin si nous voulons survivre …)
      -appuyer sur le frein
      (tacher de règlementer le système actuel en sorte de le contrecarrer dans ses tendances visiblement férocement nuisibles comme fermer le casino, soit interdire les paris sur les prix et co ….)
      -pour enfin prendre de la hauteur
      appuyer sur le frein pour gagner du temps ne suffira pas, la chouette -Athéna, déesse de la sagesse- devra déployer les ailes ,…
      (surtout la gauche, -ce qui ne va pas être facile, donc l’humanité devra encore beaucoup réfléchir de pleins d’allumeurs de réverbères …)
      sinon je suppose qu’on va plonger méchant …

    2. Cécile, les réverbères: « Je viens de comprendre l’utilité des réverbères dans la nuit : s’ils n’étaient pas là, on ne les verrait pas et alors bien sûr on s’y cognerait sans cesse. »
      Chevillard, écrivain, quotidiennement depuis quelques années donne à lire trois paragraphes, on s’y sent moins seul à ne plus reconnaître les repères qui ont eu projeter leurs petits mirages et confettis… mais on creuse à la découverte comme gosse archéologue
      je vous le conseille, aussi indispensable pour moi que café et clope au lieu du journal :
      http://l-autofictif.over-blog.com/

  44. Je ne sais pas où poster ceci alors je le mets là.

    J’ai une sensation bizarre. (vous avez dit bizarre?)
    Tout à l’air de fonctionner, du moins en apparence, mais il se passe quelque chose.

    J’ai eu aujourd’hui une dame au téléphone, d’un organisme concernant les travailleurs indépendants à propos d’un dossier perdu.

    Elle est partante pour faire bouger les choses.
    Mais c’est autre chose qui a retenu mon attention, elle a dit au cours de cette conversation :
    -1) « il n’y a pas que chez nous qu’il y a des problèmes » (dossiers qui se perdent, retard dans les procédures, etc….)
    -2) puis à propos des cotisations sociales : « SI vous en payez » (sous entendu : il n’y a plus grand monde qui les paie)

    Depuis longtemps il se disait que « les banquiers » étaient des voleurs (votre argent nous intéresse), mais bon, çà se disait, maintenant les preuves commencent à apparaître.

    Il se dit aussi depuis longtemps que tout cet attirail administratif dont la France est si richement dotée est lourd, mal fichu etc…..;
    Mais j’ai comme l’impression que là aussi l’édifice se lézarde.
    Au téléphone les interlocuteurs ont l’air fatigués, désabusés, comme s’ils ne croyaient plus à rien.
    Je ne sais pas comment expliquer, mais c’est comme si bientôt tout allait être paralysé.

    La maison a l’air de tenir mais le squelette est rongé par l’ostéoporose et tout peut s’écrouler d’un moment à l’autre.
    Enfin c’est une impression.

    1. Sur quoi repose le systeme?

      Pour les cotisation sociales et pour l’essentiel sur les salaires, si l’on considere, et je conviens que je simplifie, qu’on commence a travailler a 25 ans et qu’on vous fout dehors a 55, ca fait 30 ans sur une esperance de vie pour les hommes de 75 ans.

      Pour les impots, 50% des foyers fiscaux ne paient pas l’IRPP, autant sont exonere de taxe d’habitation.

      Pour l’IS, les grands groupes y echapeent largement, reste les pme….

      Reste la TVA, impot sur la consommation, mais la consomation, structurellement, meme si la grande crise n’avait pas eu lieu, baisserait sous les coupde boutoir de la globalisation et da sa consequence, la baisse structurelle des salaires en monaie constante.

      Bref, le systeme est condamne a l’explosion si l’on se contente d’appliquer un enieme emplatre sur la jambe de bois.

      Probleme, on ne peut, dans ce monde village, changer radicalement seul.

    2. à Louise

      Même impression obtenue par le discours des syndicalistes qui expliquent comment la réduction des effectifs, des moyens matériels, de l’accélération des cadences font que plus personne n’a le temps de faire son travail correctement et que les contradictions qui surgissent deviennent ingérables : l’usager/client se plaint de ne pas obtenir le service auquel il a droit, le salarié est d’accord avec lui mais ne peut le satisfaire et il lui en sera fait le reproche par sa hiérarchie qui a fixé les objectifs et soi-disant donné les moyens pour les atteindre !

      La pression est forte et prend une tournure violente, traitée comme un incident, occasion de réactions compassionnelles ou sécuritaires : suicides à France Télécom, mais c’est oublier les dizaines de suicides de flics, de surveillants de prison et d’enseignants et c’est oublier la violence contre les salariés qui sont placés en première ligne (les enseignants encore, Pôle emploi et autres Inspecteurs du travail ou agents du trésor, et depuis quelques temps les infirmières et les médecins sont aussi pris dans cette violence).

      La RGPP (Réforme générale des politiques publiques en France = la stratégie OCDE pour casser les services publics en Europe) va être sur la sellette le 23 mars, peut-être viendrez-vous manifester avec nous pour que ceux qui ont des missions aient les moyens et le temps et la formation nécessaires pour les accomplir… Par exemple, le remplacement des enseignants par des retraités ou des étudiants sans qualification professionnelle montre en quelle estime ces personnels sont tenus.

  45. Voilà qui va remonter le moral de Laurence !!

    Blague à part, c’est un fait que l’écoeurement gagne du terrain, les gens parlent un peu plus facilement…mais la route est longue encore.

  46. Comme à mon habitude je pourrais faire un long discours mais il y a selon moi une raison majeure pour laquelle les partis ne parlent pas de la crise correctement et vous dites en substance:

    « J’évoque avec eux la période que nous traversons et je leur pose la question : « Pourquoi les partis n’en parlent-ils pas ? » Et la réponse est celle-ci – et je ne trahis personne en la révélant, parce qu’elle est la même, quelle que soit l’affiliation partisane : « Parce que les partis s’adressent l’un à l’autre d’une manière qui leur est devenue classique et qu’ils sont devenus incapables, par une longue habitude, de tenir un autre langage ». Mes interlocuteurs sont quant à eux conscients de la particularité de la période historique que nous traversons et des risques de débordement qui se profilent à l’horizon en raison d’un mécontentement qui ne pourra aller que croissant, mais ils ne voient pas comment, dans la chasse aux suffrages à laquelle se livrent les partis, ces sujets pourraient même être évoqués.

    Je ne peux pas être en accord la-dessus.

    Comme vous le savez, expliquer ces choses de manière à la fois juste et attirante est impossible car il faut faire appel à des données de bases que beaucoup de gens n’ont pas, il faut aussi (Hélas) faire du glamour ce qui est difficile mais surtout, si on commence à démonter les mécanismes
    financiers en détails, cela devient proprement scabreux.

    On peut effectivement craindre cetains…débordements

    Et puis, last but not least, je crains que le corps social ne fonctionne comme les hordes de « gnoux » ou les hordes de loups…..il y a la multitude des mercenaires et les chefs….les chefs étant, dans le cas de la société des hommes ceux qui ont compris comment marche la machine.

    Dernière chose enfin, vivez à la campagne si vous le pouvez….vous respirerez du bon air, vous vivrez dans la nature mais surtout……vous aurez les idées beaucoup plus claires car vous y trouverez………le silence

    Amicalement

    Cincinatus

  47. He bien oui je dois me reconnaître parmi les pêcheurs à la ligne pour deux raisons, j’étais dimanche dernier en Casamance où je pêchais à la ligne et donc j’ai été compté parmi les abstentionnistes mais vrai pêcheur à la ligne quand même, je rentre samedi et compte bien me rendre aux urnes … les poissons d’Ile-de-France devront attendre un peu !

    1. @Cécile
      Vous me cataloguez sympathisant UMP apparemment ! J’ai bien failli avoir une crise d’apoplexie en vous lisant!

      « On a pris l’habitude d’appeler « pêcheurs à la ligne », ceux qui en France s’abstiennent de voter. Ils considèrent que les choses ne vont pas suffisamment mal qu’il faille rompre la paix d’un dimanche pour se rendre dans l’isoloir. »

      « Ne vont pas suffisamment mal » pour l’UMP?

      Vous pensiez peut être que je m’angoissais pour le score de Valérie Pécresse ?

      Ceci étant précisé je regrette que les échanges entre partis opposés ne font aucune part au thème central de ce blog : la fin du capitalisme par auto-effondrement (à l’opposé de 1917 et 1968 comme le précise Paul Jorion)
      de tels débats obligeraient de redéfinir jusqu’à l’objet même de la politique, (et de l’économie) .

  48. @ cincinatus

    « Il y a la multitude des mercenaires et les chefs….les chefs étant, dans le cas de la société des hommes ceux qui ont compris comment marche la machine. »

    Oh la la.

  49. Réponse à Moi (http://www.pauljorion.com/blog/?p=9289#comment-65575)

    On date généralement le capitalisme dans la même période que l’ère industrielle. Selon vous ce serait plutôt à l’avènement de la financiarisation. Je trouve que c’est pour le moins arbitraire et oui, les anciens grecs usaient bien d’une forme – certes différente – de capitalisme.

    Je ne crois pas non plus que les régimes communistes se contentaient d’extraire la finance de leur système économique. On ne peut donc pas, selon moi, résumer le capitalisme à « c’est la finance. »

    Réponse à EOLE (http://www.pauljorion.com/blog/?p=9289#comment-65618)
    Merci pour votre réponse bien fournie à laquelle je rajouterai le problème inhérent de la bourse qui n’est au fond qu’un jeu à somme nulle

    Sur les facteurs de crise, je suis dans l’ensemble d’accord avec vous mais, il me semble qu’on néglige trop souvent les responsabilités des gouvernements qui dans leur majorité ont creusé les déficits (par démagogie et affairisme) encore plus que le secteur privé et se sont alors tournés vers les mêmes magouilles financières leur permettant de masquer un bilan désastreux, selon la maxime connue du « après moi le déluge. » Les états ont donc avalisé l’immoralité du capitalisme financier.

    Ce qui, pour revenir au sujet, ne donne vraiment pas envie de voter pour l’un ou l’autre parti politique tant la lâcheté et la veulerie semblent inspirer nos aspirants gouvernants.

    1. dans ma logigique à moi, le capitalisme est un régime, le libéralisme une idéologie – laquelle n’est pas une utopie, mais une uchronie-
      (parfois je suis d’accord avec Eole, parfois non, mais je suppose que s’il se présentait sur une liste, c’est sûrement pas sûre que je voterai pour cette liste …)

  50. si je puis me permettre, ça c’est une bonne base travail:

    -châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration

    la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères

    -l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie

    -le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques

    -un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État

    Mais ça a été fait le 15 mai 1944 🙂

  51. C’était je crois Jean-Luc Mélanchon qui avait popularisé cette expression en 2002 suite aux résultats de la présidentielle…j’ai fait parti des pêcheurs à la ligne qui sont allés votés dimanche dernier, j’ai voté en Kantien, c’était plus un devoir qu’autre chose et je dois même avouer que j’ai choisi…par élimination…pour finalement tomber sur le front de gauche qui me semblait le plus proche des préoccupations actuelles et le seul de la gauche de la gauche qui désire vraiment participer à un gouvernement…je dois même avouer qu’en sortant du bureau de vote, m’était revenu à l’esprit que l’on avait la possibilité de voter nul (je ne sais par quelle magie comment cette possibilité m’avait échappé et pendant quelques secondes je me suis bien demandé pourquoi je ne sortais jamais dehors sans avoir un stylo sur moi !). Dans certaines villes l’abstention atteint les 75 %, mais je rajouterai à ce que Paul Jorion affirme que cette abstention révèle également un découragement, une lassitude des Français face à la politique voire une absence de conscience politique et ce n’est pas une bonne chose…Comment construire une alternative dans de telles conditions ? Je pense aux personnes qui atteignent la majorité pour qui la gauche, la droite, les nombreux combats pour obtenir des droits sociaux, la lutte des classes etc. ne veulent rien dire. 18 ans, ça signifie que cette personne est née en 1992, il n’a jamais connu l’URSS, a grandi avec les délocalisations, la guerre contre le terrorisme (cette fameuse entité vague), le libéralisme comme seule perspective, qu’il n’a pas à se plaindre car le monde dans lequel il vit est parfait et indépassable, c’est pour cela que notre modèle doit se répandre partout de façon uniforme diraient même certains…on a produit une génération sans repères politiques, qui devaient forcément subir, suivre la fameuse voie tracée, on lui dit que droite et gauche c’est la même chose et que la meilleure façon de s’y prendre c’est de pratiquer l’alternance de temps en temps pour éviter la sclérose mais qu’en fin de compte ces partis suivent la VOIE royale. Pire, les politiciens ne font rien pour nier cette triste réalité, que le système est plus fort que leurs idées…mais quel système diraient certains ? Ce système est communément appelé mondialisation avec ses organismes du type OMC…On n’a pas voulu mettre des limites aux expansions, à la dette (vous vous rappelez des crédits sur 50 ans que l’on commençait à donner en Espagne ? à ce tarif vous croyez vraiment que les citoyens peuvent vraiment contester les politiques menées ? Le risque est trop grand, ce crédit est vu comme un sacrifice, ce type de crédit tue la solidarité)
    Je vais vous raconter une anecdote : une prof en 2006 m’avait raconté qu’avec ses secondes, actualité oblige, elles avait évoqué la crise du CPE (beaucoup de lycées étaient bloqués à l’époque) et vous n’allez pas croire, sa classe était incapable de mettre le moindre mot sur cette « crise », certains osant même penser que cela devait avoir un rapport avec les CPE (conseillers principaux d’éducation, sorte de censeur dans les lycées pour les lecteurs non français). Pourtant certains ont dû bloquer le lycée quelques jours plus tard plus par posture que pour une autre raison (certains bloqueurs dans les lycées et université ont même voté Sarkozy en 2007)

    1. J’ai beaucoup manifesyé contre le CPE, mes quatre filles -elles ont 4 ans d’écart étant toutes les 4 à la fac), je n’ai pas vu que les lycéens ne savaient pas pourquoi ils manifestaient, ce que j’ai vu, c’est que la manif ou à priori il n’y avait que des jeunes a été coupé par les CRS, ils se sont mis en travers de la route juste derrière la tête de la manif…
      il n’y avait plus ni de camionnette, ni plus de mégaphone, rien pour communiquer haut et fort, et des CRS , subitement ordonnés de couper la manif …
      je suis allée les voir, je leur ai demandé : pourquoi vous êtes là , vous êtes fous, il y a que des lycéens et des collégiens derrière, je le sais j’ai remonté toute la manif, ils m’ont répondu c’est les ordres, je me suis flanquée au milieu du passage, quand les graviers et autres cailloux ont commencé à voler ils m’ont à peu près gentillement jété, avant de lancer leur lacrimo…
      là j’ai commencé à remarqué qu’il y avait des policiers déguisés en ouvriers du bâtiments, et d’autres trucs comme cela, complètement tordus que je ne savais même pas que ça existait…
      les CRS ont chargé, alors que c’était eux qui avait dégénéré la manifestations, les jeunes couraient dans tous les sens, c’était absurde…
      j’étais bavec ma fille ainée, nous avons beaucoup observé, tellement observé que je je me suis permis de dire à un policier déguisé en motocycliste avec un cas que orange,
      vous savez mon grand-père était gendarme , moi j’observe ce qui ce passe ici, et parmi d’autres, je vous regarde, je vous vois faire et je ne peux que vous dire « honte à vous »
      (-Pétain a muté tous les gendarmes sauf les vieux, et si j’ai bien compris après il a encore prolongé ces vieux, dont je ne sais pas ce que tous ils faisaient, les ordres sont des ordres, mais mon grand-père qui n’ayant pas été muté, connnaissant tous les gas du pays, gendarme ou pas, lui parce qu’il était lui avant d’être gendarme
      -s’il était gendarme ce n’était pas son choix, c’est parce qu’après 3 ans de service militaire et 4 ans de guerre de 14-18, soit 7 années de perdus pour ces conneries de la guerre, il fallait bien vivre…-
      renseignait la résistance)

    2. Anecdote pour le CPE, mon fils 16 ans, à lancer le mouvement revendicatif avec l’aide de 5 lycéens pour aboutir au blocus de son établissement, seul ce petit groupe uni et soudé à réussi avec mon soutien logistique le blocage de son lycèe.
      Dire qu’ils étaient soutenus par les autres lycéens acquis à leur revendications anti CPE………les autres étaient là plus, pour ne pas aller en cours et non jamais étaient très impliqués dans l’organisation des manifestations, qu’ils ne se rappellent plus ne m’étonne pas.

      Il suffit toujours d’un petit nombre pour faire les grandes causes.

  52.  » C’est directement au niveau de la production du rapport social que le capitalisme est vulnérable et en voie de perdition. Ce dont il crève, ce n’est pas de ne pas pouvoir se reproduire économico-politiquement, c’est de ne pas pouvoir se reproduire symboliquement. »

    « Le pouvoir consiste dans le monopole de la parole : la parole ( la décision, la responsabilité ) ne s’échange plus. Mais cette situation est explosive – ceux mêmes qui ont le pouvoir le savent […] De même qu’en 1929, le système crevait de ne pas arriver à écouler la production, ainsi aujourd’hui il crève de ne pouvoir écouler la parole. Parce qu’il est un système de production, il ne peut que se reproduire, il ne peut plus trouver d’intégration symbolique. »
    Jean Baudrillard, « Le miroir de la production »

    1. Est-ce que vous payez un loyer ??
      Le loyer engloutit plus d’un tiers d’un bon salaire, bien la moitié de deux salaires de base
      (les loyers augmentent de 4% / an , cette année , c’est évident,, il y a je quel décret de la mise en conformité des tableaux électrique, -les chilblick à plombs doivent être remplacés par des minidijoncteurs lesquels sont très chers- l’année dernière c’était les ascenceur -le gardien n’a plus le droit de jamais réparer, il faut toujours payer- et co ,l’année prochaine, ce sera une des circulaire de la taxe carbone et co…)
      après il faut bien règler, EDF, et les forfaits de tél et internet et aussi bouffer, s’kabiller, se chausser..
      sans un loyer exhorbitant,
      (en augmentation de vers les 4%/an depuis des années -ce dont personne , peut-être à par le PG ne parle d’arrêter, …)
      on pourrait imaginer que …

      Les chinois arrivent à se faire plaindre dans notre soit-disant quotidien de référence « Le Monde » de payer 300 je ne sais quoi alors qu’ils en gagnent 900
      (et le journaliste qui écrit l’article n’a pas l’air même de se douter que pour les français qui payent un loyer la dépense de logement est proportionnelement aussi énorme…)

      Je ne sais pas, mais, je nous sens très, très, mal barré pour parlé

    2. « Ce dont il crève, ce n’est pas de ne pas pouvoir se reproduire économico-politiquement, c’est de ne pas pouvoir se reproduire symboliquement. » : non, il n’en crève pas, malheureusement, mais il nous en fait crever. Il écrabouille littéralement tout ce qui touche à notre culture, prise au sens large de « manière de vivre, de subsister », c’est-à-dire de se pérenniser. Personne n’en parle ici, les questions économiques ne sont abordées que sous l’angle des bilans, des principes généraux et de leurs effets supposés, des théories, des accords internationaux et toutes ces bonnes choses. A ce compte-là, l’Allemagne est évidemment un « modèle de vertu ». Si l’on regarde les choses de plus près, c’est-à-dire la vie réelle de millions d’Allemands qui semblent résignés à « la vie est dure mais c’est la vie », et si l’on oublie le prisme déformant des préjugés économiques, la « vertu » pourrait fort bien se révéler toute autre…

      Note: comment dirait-on en latin: « la vie est dure mais c’est la vie » ?

  53. Paul bonsoir,

    « Bien sûr, je suis Belge résidant en France »

    Intéressant, ce statut.
    Vous pouvez donc parler de la France sans y être intégré à part entière.
    Vous qui en connaissez les deux tableaux, aux deux réactions de Verhofstadt, qu’est-ce que vous auriez donné comme commentaire.

    Il y a bien sûr celui qui, suite à ce besoin soudain identitaire, avait permis de conclure par G.V. « qu’il y avait quelque chose de pourri en France » et que Kouchener avait dédaigné.
    Ce besoin identitaire avait fait des émules en Wallonie.

    Le deuxième, la plus récente qui n’approuvait pas madame Merkel
    http://www.lesoir.be/actualite/monde/2010-03-18/verhofstadt-fustige-la-position-antieuropeenne-de-merkel-759531.shtml
    J’attends vos réactions si vous en avez bien sûr. 🙂

    1. Jean Quatremer a publié sur son blog un billet assez cinglant en réponse au « quelque chose de pourri en France » de Verhofstadt : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/il-y-a-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-de-flandre.html

      La réponse du berger à la bergère, Quatremer lui reprochant un silence assourdissant vis-à-vis de certaines dérives communautaires en Flandre.

      Pour se convaincre de la réalité de ces dérives, un autre billet haut en couleurs : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/il-y-a-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-de-flandre-suite-et-pas-fin.html

      Pour revenir à monsieur l’ancien premier ministre, les interventions de Verhofstadt sont souvent brillantes. J’étais au Parlement en 2004 lorsqu’il a prononcé un grand discours sur l’Europe, et que l’on partage ou pas sa vision de l’Europe (ce qui n’est pas forcément mon cas), force est de constater que lui au moins en a une.

    2. J’ai quitté la Belgique il y a trente-sept ans. Pendant ces trente-sept années, j’ai été résident étranger en France, en Grande-Bretagne, au Bénin, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Est-ce à dire que je « n’ai pas été intégré à part entière » dans ces pays ? Beaucoup moins sans doute que vous ne l’imaginez : en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, en tout cas, la plupart des gens à qui j’ai affaire – pour la France – ou à qui j’ai eu affaire ont supposé a priori que je n’étais pas un étranger mais l’un de leurs concitoyens. On m’a proposé en France autrefois d’être candidat à la mairie de ma commune et il m’est même arrivé aux États-Unis de devoir faire la preuve que je n’étais pas Américain.

    3. Bonjour Julien,

      Tout d’abord, merci pour votre réponse.
      Je remarque qu’aujourd’hui sur beaucoup de forums, il faut être le plus agressif possible pour toucher les gens pour obtenir une réponse. Mais bon, disons que c’est l’air du temps…
      J’ai été lire « Coulisses de Bruxelles ». Cela tombe bien, je suis Bruxellois de souche, donc cela m’intéresse les pensées intimes de mes concitoyens. J’en ai assez écrit sur ma ville.
      Je ne vois pas vraiment le côté « cinglant » de ce billet. L’auteur dit même « dénoncé, avec des arguments que j’approuve totalement, le débat sur l’identité nationale française ».
      Vous n’êtes pas sans savoir que les régions sont plus marquées qu’on ne pourrait le croire en Belgique, sur les manières d’aborder les problèmes belges. Si c’est vrai qu’on remarque plus les problèmes des autres, que les siens propres, il ne faut pas rester dans sa coquille sans les dénoncer. Le CD&V est le parti le plus puissant en Belgique. Ce n’est pas un secret.
      Verhofstad est un européen convaincu (comme l’est Dehaene mais avec une technique des petits pas pour arriver au même but). C’est de là que venait sa réflexion.
      Pour aller dans ce sens, je suis en permanence sur les forums français, Agoravox & autres. J’en connais un peu sur la mal être français. La France, ce n’est pas Paris.
      La révolte gronde. Le Nouvel Obs lui-même parle de Sar-K.O.
      La France a rêvé l’espace d’un an.
      Elle chantait « Je me voyais déjà ».
      Si nous avons une royauté parlementaire, en France, c’est devenu un empire avec des diktats d’un seul homme qui a la vérité universelle.

    4. @ Paul,

      C’est normal, vous êtes anthropologue, vous passez partout. C’est une qualité que peu de gens ont. La première fois que je vous ai vu dans l’émission Parlons Net, j’ai bien remarqué que vous n’étiez pas dans le moule franco-français bien que francophone mais je n’arrivait pas à déterminer si vous étiez suisse ou autre chose. Votre style de pensée et de parole était plus libre et plus originale.

  54. Bonjour,

    {Nous sommes le Vendredi 19 Mars, je publie ce message sur le billet « Où sont les pêcheurs à la ligne ? » après le message de l’enfoiré du 18 à 22:53.}

    « La raison n’est pas que je m’oppose à l’action, autrement dit que je lui préfère la contemplation, mais mon blog ne me paraît pas l’endroit d’où en parler : un blog est à mes yeux, un lieu de réflexion… »

    Oui donc, Paul vous appelle à la réflexion, et que peut-on lire à ce sujet depuis qu’il a lancé cet appel ? Rien ! Ce ne sont que critiques du système en place ou des arguments des autres blogueurs, mais pas un mot sur ce que pourrait être une nouvelle société ni sur la manière de garantir sa viabilité.

    L’action doit passer par la case réflexion. mais la réflexion doit être poussée et prospective afin que nous puissions proposer un projet sérieux et viable. (http://www.pauljorion.com/blog/?p=9289#comment-65646)

    Au travail !

    {Il est 06:15 et j’envoie ce message}

    1. Malheureusement, il ne suffit pas de réfléchir.
      Les mécanismes en oeuvre sont ceux de la vie.
      Ils supposent une décomposition après la mort, une putréfaction et la réutilisation des éléments constitutifs en plusieurs cycles…
      Il est fort probable que, parmi les millions d’expériences humaines en cours, certaines se révèleront ultérieurement comme les nouvelles bases de « ce » qui viendra à la place.
      Mais tout cela nécessite du temps, beaucoup de temps…

      Alors, si je puis me permettre un petit conseil: avant le temps de la réflexion, il faut respecter un temps de deuil, puis un temps de repos, puis un temps de l’observation pour repérer ce qui pourrait être porteur; la réflexion et l’action ne réussiront guère faire mieux que l’accompagner opportunément dans son propre mouvement.

      On dirait presque du TaoTaquin…

  55. Voici un auteur qui suggere de retourner au capitalisme…. Interessant

    * Revenir au capitalisme
    pour éviter les crises, Pascal Salin, Odile Jacob, 252 p., 2010.

  56. « On peut devenir chef de (très grande) entreprise, avocat, banquier, ministre, président de la République, patron de journal de référence, magistrat à la Cour suprême ou à la Cour de Cassation, bref occuper à peu près tous les postes importants de la société sans rien comprendre aux processus physiques qui sont pourtant indispensables à l’accomplissement de nos activités économiques et sociales.

    On peut occuper tous ces postes sans avoir la moindre idée des limites physiques à notre expansion, qui vont pourtant avoir des conséquences…

    Nous vivons dans un univers bien physique, mais l’essentiel des décideurs sont dans un univers virtuel, fait de conventions.

    Nous vivons tous dans Second Life. »

    Jean Marc Jancovici « C’est maintenant ! »

  57. Oui pourquoi les gens se détournent de plus en plus de certaines valeurs. Dans ces circonstances je vois mal comment des gens pourraient encore y croire.

    Dans ce monde lorsqu’on avant tout une bonne position d’élu ou pas, on ne se mélange bien sur pas avec n’importe qui, surtout au regard de sa bonne conscience d’élu de droite comme de gauche surtout pas non plus devant n’importe quel paria.

    Faut voir et vivre parfois certaines choses ça donne vraiment envie de les suivre, et plus on gagne et on perd, et plus on recommence, et plus ils en finissent par déléguer aux autres le soin paraît-il de mieux venir en aide à leur monde, déjà si mal en point, est-il encore possible d’être traité différemment par tant de bureaucratie ? Oui certains élus de ce monde d’un bord comme d’un autre se sentent vraiment au dessus de la moyenne avec leur petit mobile à la main. On parlotte, on parlotte, on s’enfle, on s’enfle mais en fait le monde ne change toujours pas mieux après eux.

    Après cela je vis de nouveau autre chose, un autre quelle position occupait-il ? L’homme moderne ouvrit la bouche : « la crise c’est toujours l’autre jamais moi le premier à l’antenne ? » Abandonnant alors bien peu de choses matérielles, la multitude se leva et se remit de nouveau à tourner en rond, réclamant en fait continuellement la primauté du matériel sur toutes choses de plus sur terre. Si tout le monde était capitaliste ou socialiste qui pourrait encore me faire sortir de certains livres, et pendant ce temps là nous progressons toujours en fait aussi lentement sur le fond en voiture rapide comme en avion. C’est bien là le grand drame social du monde.

  58. Cher Paul,

    Ce que vous me dites me plait, évidemment. Cela prouve que le Belge s’exporte bien.
    J’ai pu constater que vous parlez parfaitement l’anglais et cela fait énormément dans les relations avec les pays que vous avez cité.
    Si vous avez quitté la Belgique depuis aussi longtemps, j’espère que vous continuez à jeter un coup d’oeil par ici.
    Bruxelles n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a 37 ans.
    Contrairement à certains wallons, elle n’a aucune envie de se greffer sur la France.
    Il n’y a pas plus européen, si pas universel que Bruxelles.
    On n’y rencontre pas uniquement 2 langues mais 20 avec la CE à proximité. Tout cela s’intègre plus ou moins bien. Encore une génération et on ne fera même plus la différence que par l’intermédiaire des noms de personne.

    1. Paul,
      Encore une preuve de ce qu’est notre petit pays et qui me rappelle ce qui s’est passé là où je travaillais dans le même secteur.
      L’Echo écrit « Siemens vire 4200 personnes de l’IT, mais la Belgique est épargné ».
      J’ai connu cela. Dans notre société, les grands pontes américains descendaient en Belgique avec le plus grand sourire, jusqu’il y a peu. Je ne vais pas aller dans les détails, évidemment.

      Autre article: le chômage temporaire a sauvé 30.000 emplois en Belgique.
      Vous n’êtes pas tenté d’y revenir? 🙂

  59. Et si nous commencions dans notre vieille Europe par prier de temps en temps? Les musulmans prient cinq fois par jour. Je prends mon dictionnaire et je lis: « Prière » – Mouvement de l’âme tendant à une communication spirituelle avec Dieu, par l’élevation vers lui des sentiments (amour, reconnaissance), des méditations. Prière d’adoration, d’action de grâce, de demande. Prière exaucée. Etre en prière. Lieu de prière: église, mosquée, synagogue, temple. Une des voies pour nous en sortir.

    1. Anne, vos convictions religieuses sont éminemment respectables. Personnellement, je crains que spéculer sur la bonté divine ne suffise pas à empêcher la spéculation sur les variations de prix.

    2. Anne vous propose une méditation, une élévation des sentiments, et c’est tout ce que vous avez à lui répondre, les amis!

      @ Anne,
      N’écoutez pas ces chenapans, ces petits garnements. Certains d’entre nous pourraient bien avoir envie certains jours de prier avec vous. Même un agnostique de ma trempe, qui refusera toujours d’apprendre le « Notre Père », et de se signer en entrant dans une église.
      Je trouve qu’une personne comme vous, qui semble instruite de certaines choses religieuses, a sa place ici. Les sujets traités sont souvent bien matériels, et un peu de spirituel n’a jamais nuit à personne. Du moment que vous ne nous serviez pas la messe. Mais je n’ai pas vu que c’était votre intention.
      Amicalement.

    3. Un lieu de prière, qu’il soit église, mosquée, temple ou synagogue est un exellent endroit pour méditer.
      C’est calme, tempéré, la lumière y est diffuse et il y a de quoi s’assoir .
      Là loin du bruit, il est possible de se poser pour réfléchir tranquillement à ce que pourrait être la suite des événements.
      Sans oublier le seul et unique précepte qui doit guider cette réflexion, en dehors de toute idée de religion ou de quoi que se soit qui pourrait y ressembler : aime ton prochain comme toi même !

    4. Anne nous a proposé une réflexion. A titre personnel, je ne crois pas à l’efficacité de la prière. En revanche, j’aime cette formule dans sa concision : « Tout ce qui s’élève converge ». Et n’oublions pas que Jésus, en chassant les marchands du Temple, fut le premier à imposer une limite au marché…

  60. Tout le monde prête telle ou telle intention, tel ou tel message aux non votants. Dire des abstentionnistes que la politique ne les intéresse plus peut être tentant mais où sont les preuves puisque justement ils ne se sont pas exprimés.
    Selon mon humble avis, le meilleur moyen de montrer clairement son mécontentement par le vote, c’est le vote blanc ou nul car il est actif. L’abstention, c’est donner aux autres le pouvoir de décision, c’est se décharger des responsabilités des conséquences des choix effectués.
    J’ai 51 ans et je me suis intéressée à l’actualité politique dès l’âge de 10 ans mais sans aucune implication personnelle. Ce que j’ai constaté au fil des ans c’est que les partis politique paraissaient clairement positionnés les uns par rapport aux autres avec des représentants bien définis auxquels pouvaient se référer les électeurs.
    Aujourd’hui, tout semble s’entremêler dans un capharnaüm général.
    De son côté, en pratiquant « l’ouverture » au gouvernement, notre président a désorienté ses propres partisans. La gestion de la crise a fini de plonger dans l’indécision ses anciens électeurs (observons ce qui se passe en Alsace). Quant au mépris du vote contre la constitution européenne, il n’a pu qu’avoir un impact négatif sur la majorité des électeurs.
    A gauche,les différents problèmes rencontrés par le P.S. ont provoqué également doutes et perplexité. Pour les autres partis, ils se sont renommés, pétris et mélangés. Trop, c’en est trop pour beaucoup qui avaient déjà tant de mal à se forger auparavant une opinion.
    Quand j’ai lu l’info qu’un commerçant a proposé une réduction de 15% dans son magasin à qui lui montrerait sa carte d’électeur tamponnée et que des gens se sont rendus aux urnes suite à cette annonce, je me suis dit qu’ils ont trouvé leur leader, toujours le même dans ce monde de fous, l’argent.
    Maintenant j’aurais une pensée pour toutes les personnes au bout du rouleau, qui ont connu perte d’emploi, de logement, de désir de vie et à qui l’idée de vote n’est depuis longtemps plus leur préoccupation.
    Bon courage à tous!

  61. Les pêcheurs à la ligne du dimanche n’ont pas besoin de partis politiques pour s’organiser. Les bons spots se partagent entre amis, tout comme les techniques efficientes que le pêcheur aguerri divulguera au novice.
    Plus généralement ce qui singularise notre époque est que les connaissances et la critique argumentée s’organisent en réseau. Du coup les idées ont déserté les universités d’été de nos politiciens, tous occupés qu’ils sont à dire tout et son contraire pour rassurer ceux qui les payent (les contribuables) en devisant sur la crise et en invoquant la croissance sans emploi. Les partis politiques insipides sont le collatéral d’une société toujours critique mais interconnectée en réseau et c’est bien sûr ce que les sondeurs finissent par oublier. Alors les politiciens devraient jouir du jour présent, parce que pour eux demain sera pire : c’est le fonctionnement de tout les partis politiques en démocratie libérale qui va exploser avec le capitalisme, par inanité, preuve en a été faite depuis le début de la grande crise.

    1. Un réseau chasse l’autre ?

      Démocratie libérale ?! Démocratie d’internet ?! Foutaises .

      La démocratie n’est pas indexée . Elle est pure et simple comme l’Esprit des Lois .

      Démocratie , que de crimes on commet en ton nom ….

  62. Hum, je lis votre fil. Je pense qu’il faut laisser les gens libres de venir voter ou pas.

    Nous sommes dans une situation non inédite où les partis représentent tous sans exception des groupes d’intérêts – et ce plus ou moins explicitement. Si vous ajoutez les discours orientés, les modèles ou doxa qui servent de prisme de lecture du monde à chacun et les palinodies… vous avez assez de raisons pour comprendre pourquoi les gens ne votent pas.

    Si on impose le vote comme obligatoire, on aura une crise majeure très vite car çà implique de reconnaitre le vote blanc. Autrement cette obligation serait absurde. Si le vote blanc est reconnu comme valide, on aura un effet mécanique immédiat : si un certain % de votants a choisi le bulletin blanc, on doit donc en tirer la conséquence que l’ensemble des propositions des partis présents n’intéressent pas la majorité du corps électoral. Dans notre cas de dimanche dernier, c’est très clair. Et là on fait quoi ?
    On renvoie les partis qui servent des intérêts en arrière-plan expliquer à leurs soutiens que non seulement on reformule mais qu’il faut envisager un certain nombre de concessions…..

    Alors là, le jour où çà arrive….

    Donc on n’aura pas le vote obligatoire car çà conduirait inexorablement à obliger les puissants à lacher beaucoup plus qu’ils ne le souhaitent et aux factions sectaires de renoncer à leur vision du monde absolue pour composer avec une bande de profanes qui font cuicui car ils n’ont pas le langage du modèle.

    De même, çà peut aussi conduire à une catastrophe majeure : imaginez un démagogue qui pousse le corps électoral dans une position extrémiste….

    Les assemblées de citoyens ne sont pas toujours éclairées : cf L’expédition de Sicile (opération montée par Athènes en 415 ) voulue par les citoyens contre les dirigeants de la Cité lesquels cédèrent pour éviter d’être ostraciser ou pire. Et cf le cas Hitler plus récent et mieux connu.

    Mon avis, c’est que les partis gouvernent entre eux tranquillement. Ils ont besoin qu’un minimum participent pour que le spectacle reste crédible. Ils jouent leur légitimité de gouverner. Mais comme cela a été dit, effectivement, on peut diriger la France avec un soutien effectif dans la population qui frise le ridicule. Pour prendre les commandes dans un groupe, il faut que 5% de l’effectif soit actif, organisé et solidaire. Les autres en majorité suivent et une minorité résiste.

    L’abstention est donc un faux problème en soi. Notre système est si robuste qu’il tournerait encore avec 70% d’abstentionnistes. Je ne dis pas qu’en approchant des 80%, on aurait pas une situation très dangereuse. Car rupture entre les élites et la population quasi complète. En rapportant les 20% de votants qui se distribueraient sur les différents candidats, le vainqueur n’aurait aucun soutien. Il ne serait plus en mesure de gouverner quoi que ce soit. Même l’administration ferait selon son bon vouloir. Cas : la IVème République où la rue et l’armée ont fini par dirigé.

    Pour en revenir au temps présent immédiat : je soupçonne même ceux parmi les politiques qui dénoncent l’abstentionnisme de n’en rien croire. çà leur va pas si mal que çà cette situation. Ils se piquent les voix des sympathisants entre partis. Ecoutez les appels des candidats pour le deuxième tour…. Il y a un UMP (Languedoc-Roussillon) qui n’a pas hésité à faire un appel aux communistes du cru qui ne sont pas trop Frêchiens. (« je ris »).

    Non, je crois que ce dont nous avons besoin, réellement, c’est d’espace comme celui-ci pour papoter entre nous librement sans camisole. Un peu à la manière de Socrate sans remise en cause fondamentale de la Cité qui tourne d’après des Lois qui nous dépassent.

    Un air de liberté, voila ce qu’il nous faut. Les élections se jouent au fond en dehors de nous… c’est triste.

    1. @René

      Tout à fait d’accord avec cette analyse. Je pense, néanmoins, qu’un taux d’abstention de plus de 50% n’est pas indicatif – j’entends par là, qu’il est en deçà de la réalité – du nombre de personne qui ressentent ce sentiment de rupture entre les élites et la population.

      Je ne voudrais faire de généralisation à partir d’un fait particulier, mais l’exemple suivant illustre ma remarque : les membres de ma famille, en majorité et par conviction, sont plutôt de gauche – loin d’être révolutionnaires, ni bobo pour autant, mais petite bourgeoisie capitaliste et sociale, l’éducation ou le médical (au sens large) comme domaine de travail. Ces dernières semaines, Les discussions au sujet des élections reflétaient ce propos : il s’agissait de voter « contre » – contre la droite qui justifie le « vole » des droits, des biens, au profit des financiers, etc. – et non « pour » la gauche socialiste (sic).

      Ce discours, banal et répandu, souligne qu’une grande partie – tous, excepté le noyau dur des partisans – vote à « défaut » d’autre chose ; schématisé, ils n’iraient pas se faire tirer dessus pour sauver ces idées politiques et leurs chantres.

      Dans un monde où les aléas de la vie sont devenues des risques – ce qui appel à la « gestion des risques », stabilité du marché oblige – il va falloir attendre que la vie devienne bien plus dur et incertaine qu’elle ne l’est à l’heure présente, pour que la société civile estime devoir se prendre en main sans intermédiaires ou représentants. Et cela présentera des risques, comme la tentation du totalitarisme pour sauvegarder notre sécurité. Mais, c’est une évidence, les élites ne peuvent être les décideurs de demain – et il faudra bien se garder de donner la conduite des sociétés à des institutions supra-étatiques, en réponse à la défaillance des États – la fuite en avant a commencé il y a déjà 30-40 ans !

      Je ne vote pas – sans insultes au processus démocratique – mais par refus donner ma voix (et donc, de donner légitimité à l’un ou l’autre candidat) aux architectes de ce système, ou pour reprendre le terme de M. Guy Debord, de la société du spectacle.

      Bonheur à tous.

    2. Et bien moi je vote pour légitimer celles et ceux qui se font petites mains pour forger de nouveaux sytèmes .

      Sans bible , livre , ou réconfort préécrit par qui que soit d’autres que moi mêmes et celles et ceux pour qui je vote .

      Pour fabriqueer notre bonheur .

  63. @Eliot

    vous exprimez bien notre problème commun (à toutes et tous) : ne pas donner une légitimité quelconque aux actes politiques de gens qui ne nous servent pas. La démonstration de ce point ne me semble plus à faire mais par rigueur j’en donnerai un exemple récent : le référendum de 2005 sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe (http://www.france-politique.fr/referendum-2005.htm). « Nous » (le peuple citoyen) répondons « non » après un vrai débat et pour pas mal de gens lecture directe ou indirecte du Texte (qui était bien écrit contrairement à son prédécesseur dans le genre (Maastricht 1992)). 2 ans plus tard, nos élites revotent un texte quasi identique (aux mêmes effets la cosmétique en moins) : Le Traité de Lisbonne. Ils le font par voie parlementaire pour être bien sûr que le « Nous » direct ne viendra pas perturber le bon déroulement des choses. (http://www.europe-politique.eu/communaute-economique-europeenne.htm).

    Et là nous touchons au fond de l’affaire : du temps d’Adam Smith, « on » (les milieux éclairés ou non) parlait du peuple dans des termes assez peu flatteurs, exemple : « l’ignorance crasse des masses ». Voila le genre d’expression qui nous désignaient. Le « nous » n’était pas le « nous » d’aujourd’hui. Et cette ambiguïté a persisté : le « nous » du référendum n’est pas le « nous » du Parlement. Ambiguïté savamment entretenue. Mais si autrefois tout çà passait au dessus de la tête de la majorité faute de compréhension pour ne pas dire de connaissances… il n’en est plus de même au présent. Les gens ont tous reçu une instruction et tous baignent dans un flot d’informations. Plus que jamais une personne désireuse de savoir apprendra en autodidacte (moyennant de gros efforts critiques). Les gens sont éduqués. Et nous avons une classe politique qui traite ces gens comme des ignorants qui suivent systématiquement l’émotionnel. Alors que dans les faits, d’émotionnel, il y a surtout ce travail de sape permanent des médias pour faire monter leur audience et éviter de parler des vrais sujets qui feraient que leurs patrons les licencieraient pour atteinte à leurs intérêts (affaire Polac).

    Nous sommes donc de simples spectateurs de nos vies, gouvernés par d’autres qui ne servent même plus les intérêts de notre pays. On s’en rend compte tous les jours et « nous » (le pauvre peuple), nous nous en rendons parfaitement compte. Les élections ne sont qu’un simulacre dont le seul but est de reconduire tout çà afin que çà garde un semblant de légitimité. Un spectacle sans spectateur du tout serait dangereux. Or la vraie question est de savoir où est le seuil critique, à quel moment de non participation (donc d’abstention qui n’est pas un désintérêt contrairement à ce qu’on pourrait croire) le dispositif politique est en danger car tournant à vide sur lui-même ?
    Exemple : au XVIIème siècle Louis XIV pour gouverner efficacement monte Versailles. A la fin du XVIIIème siècle, Versailles est devenu un outil (lieu) de gouvernement inefficace car il n’est plus qu’un microcosme déconnecté du pays.

    Cette tendance lourde de déconnexion d’un dispositif politique, il me semble avec le recul que la seule personnalité politique (indépendamment de ce que j’en pense sur le plan des propositions) qui en a pris acte et qui a décidé de faire quelque chose activement a été Ségolène Royale avec sa « démocratie participative ». Effectivement l’analyse montre que le système Républicain démocrate tourne sur lui-même, s’auto-reproduit et que les citoyens sont sur la touche. Elle a compris. Mais elle l’a payé aussi : divorce, lynchages, trahisons, rupture avec le parti etc
    Je parle d’elle sans la soutenir. C’est juste un constat froid.
    Je pourrais aussi citer Besancenot qui imperturbablement refuse d’aller aux affaires et dont l’électorat lui est démoralisé et ne vote pas.
    Séguéla quant à lui diagnostique la nécessité de ré-enchanter la politique et trouve que les candidats sont tous médiocres. C’est une vision de communiquant mais je ne crois pas que çà tienne à une affaire de communication-marketing. On a déjà Sarkozy qui a épuisé le stock de ficelles. La population est maintenant habituée et donc insensible.

    Il faut des offres politiques avec des gens de la tempe de De Gaulle. Qu’on sente qu’ils aiment leur pays, qu’ils ne sont pas au service d’intérêts qui nous étrangers pour ne pas dire hostiles. Ce n’est donc plus un simple problème droite-gauche mais un problème de nature du sujet politique. C’est plus profond.

    Bon, voila, selon moi ce qui fait qu’il y a pas mal de pêcheurs à la ligne. Un abstentionniste n’est pas quelqu’un qui s’en fiche, c’est juste quelqu’un de triste.

    Pour finir, j’ai senti (et je ne suis pas le seul) que d’une certaine manière nous pourrions rentrer dans un cycle de perte de notre droit de vote. Il y a déjà beaucoup de régressions des droits sur d’autres plans et je pense que c’est cette tendance (et solution pour les politiques) qui va être retenue tôt ou tard (et non pas l’obligation du droit de vote).

    1. @René

      Vous semblez bien fataliste, René, ou êtes-ce seulement de la tristesse ?

      Il est vrai que le fossé entre nos « élites » et nous-même semble bien large, que nos représentants ne représentent que l’intérêt de leur classe et que le pouvoir tourne en circuit fermé – ou presque.

      Il est tout aussi vrai que je ne donne pas de légitimité – mais seulement au plan individuel – à cela en ne votant pas, de même, le vaste parti des abstentionnistes – une tranche conséquente de la population entre 18 et 30 ans (dont, je fais parti) et celle des SMICards (50% des actifs) est plutôt de gauche par conviction ou par cœur – permet à un faible pourcentage des français d’imposer leur vues aux autres.

      M. J-L. Beauvois appelait ce clivage gauche/droite, le « parti informel du libéralisme européen », tant pis pour la dichotomie d’apparence :). A mes yeux, le politique doit se passer de la (cette) politique : l’inexorable chute de ce système permet, aujourd’hui, au seul contre-pouvoir encore existant – la société civile, le seul pouvoir légitime en fait – de définir le nouveau monde de lequel elle souhaite vivre. Les décideurs actuels en peuvent être les chantres d’aujourd’hui et e demain ; les habitudes ont la vie dure !

      Peut-être, et c’est mon vœu, serons-nous bientôt pouvoir constituant originaire !

    2. @ Eliot

      juste triste Eliot car fataliste. On ne change pas certaines réalités existentielles facilement. Dans la science moderne, le « fatalisme » porte un nom technique qui indique sa rationalité : le « déterminisme » terme qui indique combien pèse l’existence de conditions (qu’on peut inventer – au sens de découvrir) sur nous tous.

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