Crise financière et logique de la prédisposition

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

En participant à un colloque, on prend souvent l’engagement de rédiger ensuite un article pour un ouvrage collectif. On prononce son allocution – toujours improvisée dans mon cas – et on rentre chez soi. Et puis un jour, la promesse de rendre « l’article que l’on avait présenté » (hum !…) vous rattrape au tournant. Pour moi, l’échéance, c’était hier – le 31 mars – et le colloque c’était celui que Dominique Deprins avait organisé en septembre dernier à Bruxelles (dans l’enceinte de la Bourse !) sur le thème : « Parier sur l’incertitude ».

Participaient à ce colloque, des noms connus comme Dominique Lecourt, François Ewald ou Robert Castel. Parmi les personnes dont les noms ne m’étaient pas connus antérieurement, j’ai été particulièrement impressionné par les interventions de Dominique Deprins elle-même, qui nous a offert un étonnant parcours sur la ligne de crête entre mathématiques et psychanalyse, où le calcul des probabilités nous permet de conjurer la peur, Sophie Klimis qui nous expliqua comment la tragédie grecque permettait d’« apprendre par le désastre », Edgard Gunzig, qui nous proposa sa théorie cosmologique intriguante où l’univers se crée à partir de… lui-même, et enfin Bruno Colmant, qui nous a tous – je crois pouvoir le dire – sidérés, en offrant un récapitulatif de la crise qui se terminait par un appel vibrant et solennel à la responsabilité de… l’investisseur et du banquier !

Ma propre contribution au volume à paraître se situe au carrefour de mes préoccupations diverses, et je suis tenté de dire : là où L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (2008) rejoint Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009). Je ne reproduis pas ici mon article en entier mais quelques bonnes feuilles où l’on voit comment, historiquement, l’industrie américaine du crédit emboîta le pas à la phrénologie datant du tournant du XIXe siècle, en ressuscitant une logique de la prédisposition à son image.

L’individu

« Il n’y a de science que de l’universel », a dit Aristote, elle ne se prononce pas sur le singulier (Métaphysique, M, 10, 32–3). On nous dit d’un événement qu’il est possible ou impossible, nécessaire ou contingent, mais quid des singuliers, des singularités, et en particulier, des individus que nous sommes ? Peut-on prolonger le domaine de la nécessité et de l’impossibilité à l’évocation de notre propre sort ?

Des techniques existent pour se prononcer sur l’avenir du singulier et elles existent depuis bien longtemps, depuis bien avant Socrate, longtemps même avant qu’il n’y ait de Sophistes. Pour parler de l’avenir des cas singuliers on utilise la mantique ou la divination. On tente de faire apparaître à l’aide de ces techniques, les lignes de force dans le monde que sont les configurations du nécessaire et on s’efforce de les lire.

Vous connaissez les moyens qu’on utilise : on interprète le passage des oiseaux dans le ciel, on examine les entrailles de poulets, etc. En Chine, on prend une carapace de tortue et on la fait éclater au feu pour examine les fissures qui se sont créées à sa surface et qui révèlent le futur. L’astrologie est sans doute la mantique la plus connue dans nos sociétés. Selon elle, la configuration des astres au moment de notre naissance détermine notre destin.

Les mantiques, et l’astrologie en particulier, sont des techniques de lecture de la « prédisposition », en dit aussi du « penchant » (ce ne sont pas des théories : elles ne s’accompagnent pas de discours justificatifs). Il y a chez chacun une prédisposition qui définit un destin dont on peut donc déterminer la cadre a priori.

Le problème sur lequel butent les mantiques – et c’est là que je rejoins le thème que je traite aujourd’hui : celui de l’incertitude dans la finance –, c’est qu’il y a de nos jours plusieurs milliards d’individus dont le comportement serait ainsi tout tracé à la naissance. Est-ce que les interactions entre le comportement de ces milliards de personnes au destin prétendument inéluctable – sans compter l’impact de la grêle, de la peste et du choléra –, ne vont pas contribuer à faire dévier ces destins des voies que les astres avaient déterminées à leur intention ? Autrement dit, la dimension collective ne va-t-elle pas l’emporter sur une hypothétique prédestination du comportement individuel ? Un destin « global », tel que celui des peuples ou des nations, ne se dessinera-t-il pas au lieu d’une myriade de destins individuels ?

Sautons maintenant plusieurs siècles. Quel est le penseur qui examine alors cette question dans la perspective que je viens de poser ? C’est bien sûr Hegel dans la Phénoménologie de l’esprit (Hegel [1807] 1941). Et il s’en prend en particulier aux représentants du courant le plus populaire d’une logique de la prédisposition à son époque : aux phrénologistes, dont la mantique lit, comme on le sait, le destin dans le relief de la boîte crânienne.

La phrénologie fut représentée par Franz Josef Gall, un Allemand, et propagée par son disciple Johann Spurzheim et, dans le monde anglo-saxon, par l’Écossais George Combe, une théorie apparentée en cette fin du XVIIIe siècle et début du XIXe à la physiognomonie du Suisse, Johann Kaspar Lavater. La phrénologie disparaîtra, mais la notion de détermination du comportement à partir des prédispositions lui survivra, Des courants majeurs de la psychologie : la « psychologie des types » ainsi que la « psychologie des tests », reprendront le flambeau et acquerront une légitimité dans le milieu scolaire et celui du travail.

L’Histoire

Hegel ridiculise la logique de la prédisposition au nom de la prépondérance du collectif. Il attire l’attention sur le fait que la quasi-infinité des interactions entre ces prédispositions individuelles ne peut produire qu’un gigantesque bruit de fond dont le seul résultat observable est leur aboutissement global, autrement dit l’Histoire. Nous ne pouvons tirer d’enseignements que du seul passé, et ceux-ci ne portent en général que sur le collectif. Le véritable destin individuel n’est qu’exceptionnel : il est réservé à ces « grands hommes » qu’Hegel évoque dans La raison dans l’Histoire (Hegel [1828] 1979), dont l’histoire personnelle orienta le monde dans une nouvelle direction ; il semble cependant – si on le comprend bien – que ces météores se limitent en réalité à trois : Alexandre, César et Napoléon. C’est là l’« historicisme » de Hegel et c’est un historicisme qui détourne l’attention de l’individuel pour le focaliser sur le collectif : les peuples et les nations.

Voilà donc où nous en sommes au début du XIXe siècle et le saut que je propose maintenant nous mène cette fois en 1996. Il existe aux États-Unis depuis les années 1970, une compagnie du nom de Fair & Isaacs Co. (FICO) dont l’activité consiste à analyser les données collectées par ce qu’on appelle là-bas, les Credit Bureaus, des firmes – au nombre de trois – qui collectent l’information relative au comportement de chaque consommateur en tant qu’il est aussi un emprunteur et stocke ces données dans d’immenses bases de données. Si vous avez eu l’occasion d’obtenir un crédit, avez-vous remboursé les sommes empruntées dans les délais ? Avez-vous payé vos notes d’électricité, réglé vos notes de téléphone ? etc. Et cette information, les Credit Bureaus la vendent aux sociétés qui accordent du crédit et qui sont curieuses de savoir comment vous vous êtes comporté en d’autres occasions : quel a été votre attitude vis-à-vis du crédit que vous aviez pu obtenir ?

La société FICO mit au point la « cote FICO », le FICO score en anglais. On attribue à chaque individu – et potentiellement même aux nouveau-nés – un nombre évaluant sa prédisposition à rembourser un crédit qui lui est accordé. Ce nombre est calculé de manière pondérée en fonction de son comportement antérieur, et si l’occasion ne lui a jamais été offerte d’emprunter, on considérera en désespoir de cause qu’il est a priori mauvais payeur plutôt que de faire le pari risqué du contraire. L’inscription débute aussitôt que l’on peut enregistrer des opérations que vous avez pu effectuer, ce qui veut dire aux Etats-Unis, dès l’adolescence, lorsqu’on obtient sa première carte de crédit revolving.

Ce qui explique la date de 1996, c’est qu’il s’agit du moment où la plupart des établissements de crédit aux États-Unis se mettent à utiliser cette cote FICO comme la référence qui déterminera non seulement si un prêt est accordé ou non à un consommateur mais aussi à quel coût pour lui.

Il existe – exprimé sur cette échelle – un seuil en-dessous duquel un crédit ne sera pas accordé, la valeur choisie dépendra de la sensibilité au risque de chaque établissement financier. On peut même envisager d’accorder à tout hasard un crédit à tous ceux qui le demandent : c’est en effet l’une des approches optimales du point de vue mathématique.

La cote FICO qui vous est attribuée à la suite de savants calculs détermine donc non seulement si l’on vous accorde un crédit mais elle détermine aussi avec précision (du moins en principe), à l’aide d’une table de correspondances (où interviennent bien entendu d’autres critères, liés au type de financement que vous cherchez à obtenir), le « risque de crédit », le risque de non-remboursement, que vous constituez et, en fonction de cela, le taux d’intérêt dont vous devrez vous acquitter. Le taux est calculé de la manière suivante : au coût du financement pour le bailleur de fonds (le taux auquel lui-même se procure l’argent qu’il vous prêtera), s’ajoute la marge bancaire : ses frais augmentés de son profit, ainsi qu’une prime de risque correspondant au risque de crédit que vous, emprunteur, représentez pour lui, prime calculée à partir de la cote FICO, censée mesurer très précisément ce risque de non-remboursement.

Ce système sera universellement utilisé aux États-Unis de 1996 à la fin 2006 : non seulement pour les crédits mais pour bien d’autres choses sans rapport apparent, comme les primes d’assurance automobile, la prédisposition d’un consommateur à rembourser un emprunt étant considérée comme un excellent indicateur également de sa propension à se tourner vers son assureur pour lui signaler un sinistre.

Le seuil de 620 pour la cote FICO sépare le secteur « prime » du secteur « subprime » : en-dessous de 620 on a affaire au secteur « subprime », au-dessus, on est dans le secteur « prime ». Le partage correspond à une dichotomie établie empiriquement : « prime » signifie « digne de confiance » et « subprime » veut dire le contraire. À partir de la fin 2006, le système de notation cessa de répondre à l’attente : les défauts des emprunteurs s’accumulèrent rapidement et le rendement de la cote FICO en termes de prévision des comportements commença à se dégrader. La première réaction des établissements de crédit fut alors de hausser le seuil des subprime de 30 points : de 620 à 650. Il n’y avait en réalité aucun fondement objectif à un tel recalibrage, qui aurait d’ailleurs été très difficile à opérer dans une situation en rapide évolution, en particulier du fait que l’échelle de la cote FICO est logarithmique : un écart de trente points entre 620 et 650 n’a du coup pas du tout la même signification – du point de vue de l’évaluation du risque de non-remboursement – qu’un écart entre, disons, 720 et 750. Mais, dans la panique qui s’emparait de l’industrie du crédit américaine fin 2006, une hausse arbitraire du seuil séparant prime de subprime semblait la réponse appropriée.

Ce à quoi on assistait fin 2006, c’était au triomphe de Hegel : la revanche de l’Histoire sur la prédisposition. Le fait que des consommateurs aient bien remboursé leurs emprunts dans une période antérieure n’avait de signification que dans un contexte optimal du point de vue économique, quand les prédispositions individuelles sont effectivement susceptibles de faire une différence, mais dans un contexte économique en voie rapide de dégradation, la prédisposition individuelle cesse d’être un facteur pertinent. Quand est atteint dans une population, comme aux États-Unis en ce moment, un taux de chômage de 10 % – chiffre officiel – ou plus probablement 17 % – quand le calcul est fait correctement –, le fait qu’une personne soit dans son âme ou dans son cœur plutôt bon payeur est indifférent s’il a cessé de disposer – pour une raison objective, telle que le marché de l’emploi – des moyens financiers qui lui permettraient de rembourser son crédit.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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58 réflexions sur « Crise financière et logique de la prédisposition »

  1. Pour ma part, je refuse de croire que les modèles actuellement connus présentent une pertinence supérieure à zéro. Qu’ont-ils pour eux, ces modèles, mis à part le fait d’être « sophistiqués » ? Libre à chacun de s’incliner religieusement devant la sophistication et l’alambilitisation de leurs équations, moi je crache dessus.

    1. De toute façon toutes « réflexions » basées sur la quantité pure comme ces scoring ou autres statistiques ne valent que pour le temps de la chute à laquelle elles conduisent.

    2. Attention aux conclusions hâtives !

      L’avantage d’un système « automatique » est qu’il permet d’aller plus vite dans l’accord crédit, de limiter les frais de dossiers, de limiter les réponses « à la gueule du client », de responsabiliser l’emprunteur (une sorte de permis à points National), de récompenser les bons élèves par de meilleurs taux…

      Tout système automatique par conception est dépendant de la qualité de sa modélisation et mesure du réel. L’ABS de votre voiture fonctionne ainsi, et chaque génération offre une meilleur optimisation. Les hommes de sont pas des voitures, Ok! mais si statistiquement les corrélations sont suffisamment efficaces, pourquoi s’en privé aux vus des avantages… tant que cela fonctionne…c’est là où PJ nous dit, par nature cela ne peux fonctionner dans le temps, l’homme est incorrigible !!

      Il l’est aussi car il est possible de biaiser son score FICO via des organismes de crédit délivrant des autorisations de crédit pour des montants théorique important augmentant ainsi le ratio Crédit réél/Crédit Potentiel ( Cf Wiki) et faussant donc le rating…

      Cls: Toute la difficulté d’un automatisme est de détecter les dérives pour à la fois ajuster les paramètres du modèle et de son régulateur, on appelle cela les processus auto-adaptatifs…mais il ne font pas de miracle si la conception « manque d’ouverture ».

      Et effectivement certains organismes de crédit sont repassés en « manuel » mais encore plus intrusif.

      Tout les services à l’humain, santé, assurance, transport…, sont bien obligés de s’appuyer sur la statistique, non ?

    3. @ Crapaud Rouge
      « Pour ma part, je refuse de croire que les modèles actuellement connus présentent une pertinence supérieure à zéro. (…) moi je crache dessus ».

      La branche « créative » de l’ingénierie financière se voit aujourd’hui confrontée à la monstruosité de son oeuvre.

      Les modèles virent au rouge sang mais les apprentis-sorciers ont le cynisme haut-perché.

      La bave du crapaud n’atteint pas la branche rubiconde. :-((

    4. N’avons-nous point déjà maintes, et maintes fois constaté, et contatons-nous encore du fait que nous avons pu et nous pouvons encore faire dire n’importe quoi aux chiffres.
      Cette parole des chiffres, (la valeur prédictive des chiffres, comme par exemple celle donnée des agences de notation, celle prêtée de la norme FICO… entre de ce qu’ils disent, de ce que l’on en sait et ce que l’on peut ou l’on veut bien leur faire dire, …) fait-elle l’objet d’une analyse critique de ses pratiques, d’une notation supportant d’un indice de crédibilité ?

  2. Les notions de détermination des comportements ont en effet données lieux à la création de la « psychométrie », branche dont le principal objet est d’établir des tests. Les présupposés qui alimentent ces tests (essentiellement utilisés dans l’univers professionnel) sont totalement empiriques et calibrés en fonction de « lois normales », soit une représentation statistique écrasant les particularismes individuels.
    La multiplication de l’usage de ces tests (en général destinés à rassurer les DRH quand à la responsabilité prise lors d’un recrutement) conduirait à une uniformisation des « profils » conduisant inéluctablement à la déliquescence des entreprises utilisatrice car c’est de la confrontation des différences que nait la créativité essentielle au développement. Sauf à considérer, ce qui est le cas, que les tests ne mesurent pas ce qu’ils sont supposés renseigner.
    C’est trés exactement ce que raconte Paul dans l’utilisation puis la faillite du FICO.
    Mais entretemps, combien de personnes négativement impactées par des décisions de scoring imbécile, combien d’entreprises incapables de réagir aux contraintes de marché faute d’un encadrement créatif ?
    Ces techniques sont trés représentatives d’un état d’esprit américain. En France, jusqu’à nos jours, on a souvent préférés les arts divinatoires et, pour reprendre l’exemple du recrutement, la graphologie et la numérologie. Nous sommes le seul pays du monde à utiliser ces méthodes.
    Et le résultat se mesure lui aussi….

    1. Bravo Paul, bravo Alain,

      Dans les deux cas, c’est finement observé. Ce que vous dites est tellement en accord avec le fond de ma pensée que je me sens obliger d’apporter ma petite pierre au débat…

      Le monde moderne, en tout cas c’est comme cela qu’il se définit, est en recherche perpétuelle de mesures, d’indicateurs; comme si le nombre par sa capacité à dimensionner avait acquis un caractère de vérité absolue et incontestable sans que l’on cherche à déterminer la pertinence de ce que l’on mesure effectivement par rapport à ce que l’on cherche à mesurer. Et encore moins en se demandant si ce que l’on cherche à mesurer peut réellement l’être. Peut-on toujours objectiver toute question à l’aide d’un indicateur numérique? N’y a t’il plus aucune place pour le qualitatif? Faut-il que le quantitatif soit présent partout?

      J’ai déjà plusieurs fois au cours de ma carrière tenté d’illustrer les points que vous soulevez auprès de mes collègues. Justement dans le cadre de la finance et celui du recrutement. J’ai plusieurs fois évoqué sur ce blog mes propres opinions sur la pertinence des modèles mathématiques employés dans le monde de la finance de marché. Je n’y reviendrai donc pas ici.

      Mais je me suis également insurgé contre la tendance à sous-traiter le recrutement. Ma position était basée sur le principe même de sus-traiter cette activité mais aussi sur les méthodes employées par ces soit-disant professionnels du recrutement.

      Sur le premier point, il faut être cohérent. D’une part l’entreprise affirme que son personnel est son bien (l’actif comme on dit en finance) le plus important (on constate la dérive sémantique qui fait qu’en sous-jacent le personnel devient la propriété de l’entreprise mais c’est une autre question). D’autre part, elle estime que toutes les tâches qui ne sont pas dans son cœur de métier sont de simples fonction de support qui peuvent et doivent être sous-traitées. Cela n’est pas cohérent.

      Sur le second point, il est clair que les techniques de recrutement en France relèvent purement et simplement du charlatanisme. Ce qui est inquiétant c’est que ces techniques sont mêmes enseignées dans des écoles privées et aujourd’hui des universités publiques. Par la même, elles acquièrent le titre de « Sciences officielles », avec une majuscule s’il vous plait. Leur pertinence devient alors incontestable d’autant plus que ceux qui les mettent en œuvre ne disposent généralement d’aucune culture scientifique (ici quand j’emploie le mot culture c’est pour faire référence à l’état d’esprit scientifique plus qu’au suivi d’un cursus universitaire ou autre qui malheureusement se focalise plus sur les aspects calculatoires que sur le raisonnement et la confrontation de celui-ci avec la réalité de ce qui est observé).

      Dans les deux cas, inutile de vous dire que mon combat s’est soldé par un échec cuisant. Je n’ai obtenu comme résultat qu’une décrédibilisation totale. J’ai donc perdu l’estime de mes collègues qui assimilait mes remarques a de l’incompétence, certain son même allé jusqu’à me dire que je devait aller me faire soigné que je souffrais d’un problème égotique aigu et d’une envie de me mettre en avant en remettant en cause le travail collectif. Effectivement comment justifier autrement mon attitude alors que mes études et mes responsabilités me prédisposaient a priori à être un parfait acteur du système. Les coups les plus bas sont venus des ressources humaines. J’ai été relevé de mes fonctions avec obligation de me faire soigner. Carrément. Ne faisons pas les choses à moitié. J’ai refusé. Inutile de vous dire les conséquences…

      Aujourd’hui (en fait depuis plus d’un an), je suis donc sur le marché de l’emploi comme on dit. Et je me retrouve devant qui? Des recruteurs qui me font passer les tests stéréotypés et débiles contre lesquels je luttais et qui sont chargés de voir si je dispose d’un esprit logique (pas évident qu’un ingénieur puisse disposer d’un esprit logique, cela doit être vérifié, on ne sait jamais, il vaut mieux être prudent) et si je suis apte à être manager (ce que mes anciens employeurs n’avaient pas douté pourtant pendant 20 ans; par contre sur la fin…). On m’a fait également passé des tests situationnels. Les a priori placé derrière sont encore pire Le dernier en date au mois de décembre 2009 (je n’ai pas eu d’entretiens depuis) avait pour thème: « Un de vos collaborateurs est mal odorant. L’odeur pestilentiel qu’il exhale indispose tout le monde. Vous vous devez de réagir que devez vous faire? » J’ai bien entendu refusé de répondre à une telle question jugeant qu’elle ne correspondait pas à une situation lambda permettant d’émettre un quelconque avis sur la pertinence d’une personne a managé ». La cerise sur la gâteau c’est d’entendre le verdict prononcé par une jeune consultante de 26 à 28 ans généralement en CDD, qui vous indique avec beaucoup de courage: « on vous rappelle… »

      Certains diront que je suis aigri. Je leur répond, oui. Mille fois oui. Et comment voulez-vous ne pas l’être. Et pourquoi devrais-je en avoir honte?

    2.  » J’ai donc perdu l’estime de mes collègues qui assimilait mes remarques a de l’incompétence, certain son même allé jusqu’à me dire que je devait aller me faire soigné que je souffrais d’un problème égotique aigu et d’une envie de me mettre en avant en remettant en cause le travail collectif.  »

      Dans ce monde de marchands, de politiciens, de bureaucrates, plus tôt nous nous apercevrons que le monde est fou et mieux nous nous en porterons, toi mon frère, mon ami. Oui dans un tel monde de bonté et d’hypocrites je me demande qui sont vraiment les plus sains ou les plus malades, les plus riches ou les plus pauvres, les premiers ou les bons derniers touchés par la crise ? Surtout lorsqu’on préfère continuellement faire entendre les mêmes valeurs de faillite morale
      aux êtres, ne pas s’étonner alors d’en voir davantage perdre peu à peu leur Ame et leur santé, pilule bleu ou pilule rouge comme cela fait tant les affaires de certains, bien évidemment les caisses sociales ne s’en porteront guère mieux demain.

      Mais rira bien qui rira le dernier lorsque Patatrac …

    3. C’est une culture; on ira jusqu’à justifier FICO par la psychométrie ou l’inverse, par n’importe quoi au bout de quoi on crée une évaluation, on appelle ça dessiner la carte de la conscience (écrite par qui? y a même place pour notre pape) on prédispose le monde puisque dit-on gouverner c’est prévoir!

    4. Merci Frederic 2, votre aventure prof. est commune, pour égayer et consoler et égayer le cœur voici une unité de mesure magique, le Li: « il ne faut pas compter en kilomètres, ni en milles ni en lieues, mais en « li ». C’est une admirable grandeur. Souple et diverse, elle croît ou s’accourcit pour les besoins du piéton. Si la route monte et s’escarpe, le « li » se fait petit et discret. Il s’allonge dès qu’il est naturel qu’on allonge le pas. Il y a des li pour la plaine, et des li de montagne. Un li pour l’ascension, et un autre pour la descente. Les retards ou les obstacles naturels, comme les gués ou les ponts à péage, comptent pour un certain nombre de li.  » V. Segalen « équipée »

    5. @roma: merci beaucoup pour la révélation de cette drôle d’unité. Elle n’est pas bête du tout puisqu’elle permet d’exprimer les distances en fonction des efforts qu’il faut produire pour les franchir.

      Juste un truc: quand vous dites, de l’aventure de Frédéric 2, qu’elle est commune, vous oubliez ce qu’il a écrit: « J’ai été relevé de mes fonctions avec obligation de me faire soigner. Carrément. » Ce n’était pas commun, et l’on peut même ajouter que c’était violent, car une prescription de ce type n’est concevable que dans une situation très tendue.

    6. Merci pour votre soutien.

      Je me suis relu. C’est truffé de faute d’orthographe. J’ai répondu sans me relire. Désolé.

      @Jérémie
      « Mais rira bien qui rira le dernier lorsque Patatrac … »

      Si seulement cela pouvait être vrai.

      Je ne sais pas qui rira le dernier. En tout cas cela ne sera pas moi c’est dorénavant une évidence. Évidence à laquelle j’ai mis longtemps à me rendre, bien qu’au chômage.

      Je savais bien que je ne retrouverais pas de travail dans la finance. Pas avec de telles références. Tout le monde se connait dans ce mileu. Tout particulièrement sur la place de Paris qui est très petite comparée aux places de New-York, Londres ou Tokyo. L’étranger? Pareil, à mon niveau de responsabilité tout passe par des cabinets de recrutement internationaux (là encore anglo-saxons) qui ont ceux qui m’ont viré comme bons clients. Sans commentaire. En perdant mon emploi, je perdais également toute possibilité d’emploi dans ce milieu.

      Je voudrais pouvoir vous dire que néanmoins si c’était à recommencer je ferais pareil. C’est bien le courage. C’est une valeur sûre. C’est faux. C’est absolument faux. Rien ne vaut ce que je fais subir à ma femme et à ma famille et surtout pas un combat inégal qui ne peut être gagné par les moyens que j’employais. J’ai été trop naïf. Je ne me rendais pas compte du niveau d’animosité et de haine que certains accumulaient depuis des années contre moi. A la première occasion, ils m’ont poignardé ce qui ne m’a pas tellement surpris. Ce qui m’a sidéré et continu de le faire ce sont tous ceux qui m’appuyaient en coulisse, voire m’encourageaient et qui n’ont pas levé le petit doigt pour moi. Pire sans s’engager ils auraient au moins pu avoir la décence de me faire part de ce qu’ils pensaient à propos de ce qui m’arrivait. Rien, pas un e-mail, coup de téléphone, passage à mon bureau pour me soutenir. Pas même le dernier jour. Je suis parti comme un mal propre, comme un pestiféré. Il est clair que cela fait mal. Mais on s’en remet. La finance n’a jamais été un milieu tendre donc j’étais blindé (en tout cas c’est ce que je croyais).

      En tout cas, cette expérience a été salutaire. Cela vous ouvre les yeux. Les amis, les vrais, se comptent sur les doigts d’une seule main et ceux qui peuvent déjà en compter un sont bien chanceux.

      Au final, il a bien fallu me reconvertir dans un métier où mon savoir faire et mon expérience était crédible. J’étais dans l’informatique de finance (ceux qui implémentent les fameux modèles et sont donc obligés de comprendre ce qu’ils font – en tout cas, c’est ce que je croyais) j’ai donc essayé de me reconvertir dans le service informatique. Sans succès. Trop vieux.

      Donc quand l’avocat de mon ex employeur m’a contacté pour voir si il était possible de trouver une conciliation (faut pas pousser je les ai poursuivi devant le Tribunal des Prud’hommes) et que je lui ai dit que je n’avais toujours pas d’emploi. Il m’a demandé de recontacter mon employeur. Ce que j’ai fait. Ce dernier m’a explicitement indiqué qu’il pouvait me retrouver un emploi moyennant l’abandon de mes poursuites à son égard. Ignoble. J’ai donc refusé dans un premier temps. J’ai même rajouté quelques noms d’oiseaux au passage. Après 5 mois de chômage, j’ai cédé. C’est la plus grosse erreur de ma vie.

      Ils ont pourtant tenu parole ils m’ont trouvé un CDI au sein d’une grande SSII de la place parisienne. J’étais content de pouvoir enfin rebondir et repartir de l’avant. J’avais fait le bon choix celui du travail plutôt que celui de poursuites interminables. Finie la galère, l’angoisse omni présente, les entretiens avec les cabinets de recrutements, les lectures de relevé de compte en banque avec la gorge serrée. De plus, ils avaient fait les choses bien, je ne perdais même pas en salaire. Bref, le retour de l’espoir.

      J’ai travaillé au sein de cette société 20 minutes. Dès mon arrivée la DRH m’a signifié la fin de ma période d’essai. Viré dès mon arrivée.

      J’étais effondré. Bien entendu, je savais pertinemment que j’avais été roulé. Et cela aussi ça fait très mal. Tout particulièrement lorsque vous êtes dans la complète incapacité de rendre les coups. Je pensais que j’étais au fond du gouffre. Brisé. Je n’avais encore rien vu…

      Il me restait le coup de grâce final: ma banque, en l’occurrence mon précédent employeur, me signifiait que je n’avais pas droit de faire jouer l’assurance chômage de mon crédit immobilier (encore l’immobilier et la finance, eh oui) que j’avais souscrit pour le cas complètement improbable où je serais licencié, car je n’avais pas réalisé six mois au sein de mon dernier employeur. Incontestable. La froide vérité juridique. Rien à faire.

      Et là vous comprenez que si vous aviez refusé la proposition d’embauche il n’y aurait eu aucun problème (en tout cas pas celui-là, car les autres…).

      Froide conclusion, on met la maison en vente. Les mois passent. Pas d’acheteurs dignes de ce nom. Mais par contre, quelques requins tentant le coup du prix dérisoire (50% du prix d’achat en 2001). On résiste. Puis plus rien. Plus de proposition. Pas même un requin.

      Donc au final, comme beaucoup d’autres, je vais me faire saisir ma maison. Ma femme gagnant, 1.1 fois le SMIC (elle est intervenante sociale dans un CADA) pas possible de se loger en région parisienne. Il ne me restera plus qu’à retourner à la case départ: chez papa et maman à 49 ans. Mais cette fois avec femme, enfants et belle mère, pas de travail et de lourdes dettes.

      Il est clair qu’au moment des bilans le mien n’est pas glorieux. J’aimerai pouvoir dire que je n’y suis pour rien. Malheureusement c’est faux. Dans ce monde, la naïveté est une faute. C’est une faute lourde dirait une DRH.

      Vraiment aujourd’hui encore je n’en reviens pas… Jamais je n’aurais pensé que cela pourrait m’arriver. Pas un seul instant. Maintenant j’y suis et c’est foutrement bien réel.

      Cela en étonnera certains mais je suis presque soulagé. Enfin la spirale infernale va prendre fin. Je ne remonterai pas, je resterai au fond du gouffre mais je ne descendrai plus. Je n’aurai bientôt plus rien donc je n’aurai plus rien à perdre. Pour l’ego, cela soulage. Par contre, l’époux et le père de famille eux c’est autre chose…

      Donc vous voyez Jérémie, ce n’est vraiment pas moi qui sera le dernier à rire.

    7. @Frédéric 2: « je n’avais pas réalisé six mois au sein de mon dernier employeur. Incontestable. La froide vérité juridique. Rien à faire. » : pas 6 mois, certes, mais 20 minutes. A mon sens, ces « 20 minutes » prouvent que le contrat d’embauche n’était pas sincère, ce qui peut justifier sa nullité. Celle-ci vous donne par conséquence immédiate la nullité de votre engagement, le droit de poursuivre votre ex-employeur, et la restitution du droit à l’assurance chômage sur votre ex-appartement. Si de surcroît vous faites la preuve que votre ex-employeur a déniché pour vous ce job de 20 minutes, alors c’est Byzance ! L’ensemble des faits apparaît encore plus clairement comme un « coup monté ». Le trou infernal dans lequel vous êtes pourrait bien n’être qu’un château de cartes…

    8. @Frédéric 2: excusez-moi pour cette phrase: « Le trou infernal dans lequel vous êtes pourrait bien n’être qu’un château de cartes… » car elle oublie que vous êtes déjà lourdement endetté. A l’origine, je pensais à la position « inattaquable » dans laquelle vous voyez votre adversaire.

    9. @Crapaud Rouge
      Merci de m’indiquer cela mais en fait j’ai déjà abordé tous ces arguments avec mon avocat. Cela est plaidable. Il n’y a pas de doute. Mais c’était loin d’être gagné d’avance.

      Mon problème était le suivant: comment payer mon avocat tout le long de la procédure, sachant que la partie adverse ne manquerait pas de jouer la montre et de faire appel? On partait pour 5 à 6 ans de procédure (et peut-être plus)? Sans pour autant être sûr de gagner. Par contre l’avocat, lui c’est sûr qu’il ne manquerait pas de me présenter régulièrement ses honoraires.

      Mes parents se sont même proposés de prendre un crédit à leur nom. J’ai refusé, ils n’ont que leur appartement à mettre en caution. J’ai déjà mené ma famille à la rue alors si maintenant j’y conduis mes parents… Qui plus est, ma famille va être à leur charge pendant longtemps. C’est déjà un effort énorme…

      Je n’ai donc pas eu le choix. J’ai laissé tomber. Je garde le maximum de ce qu’il me reste en liquide pour que cela ne soit pas saisie le moment venu. Et je me concentre sur le maigre espoir de trouver un emploi à 49 ans. Pas facile dans l’absolu mais avec un pédigrée comme le mien qui ferait fuir les plus courageux…

      Mes diplômes ne sont plus de la moindre utilité, bien au contraire, en rabaissant mes prétentions, ils constiuent un obstacle à mon embauche. On n’aime pas trop les diplômés à rallonge en France.

      ingénieur INPG
      DEA Génie des procédés à l’INPG
      PhD Mathematical Finance à Stanford

      Vraiment je n’y reviens pas encore.

  3.  » Quand le calcul est fait correctement –, le fait qu’une personne soit dans son âme ou dans son cœur plutôt bon payeur est indifférent s’il a cessé de disposer – pour une raison objective, telle que le marché de l’emploi – des moyens financiers qui lui permettraient de rembourser son crédit.  »

    Je comprends mieux maintenant l’appel de mon banquier, sans doute afin de pouvoir mieux calculer à l’avance le nombre de mon nom comme de mon Ame. Sans doute une autre forme d’astrologie avancée comme Mme Soleil et Mme Irma par exemple et compagnie.

     » La société FICO mit au point la « cote FICO », le FICO score en anglais. On attribue à chaque individu – et potentiellement même aux nouveau-nés – un nombre évaluant sa prédisposition à rembourser un crédit qui lui est accordé.  »

    Mon Dieu, Mon Dieu, c’est décidément plus grave que je ne le pensais, pourvu que la crise ne dure pas trop longtemps, pourvu que cela n’en devienne pas trop conditionnel à l’usure. Si ça se trouve d’après le calcul et le nombre de mon nom, je ne pourrais plus alors prétendre à être OK en société, surtout ne pas trop montrer mon désaccord en plus avec tout ce qui se met en place.

    « Ce nombre est calculé de manière pondérée en fonction de son comportement antérieur, et si l’occasion ne lui a jamais été offerte d’emprunter, on considérera en désespoir de cause qu’il est a priori mauvais payeur plutôt que de faire le pari risqué du contraire. L’inscription débute aussitôt que l’on peut enregistrer des opérations que vous avez pu effectuer, ce qui veut dire aux Etats-Unis, dès l’adolescence, lorsqu’on obtient sa première carte de crédit revolving. »

    Quelle grande confiance en l’homme ! Comme je comprends mieux maintenant certains choses, après le Politicien moderne nous disant: Non non, ne touchez surtout pas à la fortune plus ou moins maudite de mes ami(e)s les plus chers, décidément l’idéologie, le tout commerce, le tout politique, l’élitisme, le favoritisme, le clientélisme, le libéralisme, le socialisme, la bureaucratie tout cela nous a quand même bien éloigné des premières valeurs charitables et moins dures de l’Évangile. Et là croyez moi je ne fait pas du tout mention du fondamentalisme religieux.

    A la recherche encore de l’impôt le moins proportionnel qui soit à l’égard du plus dur qui soit sur les marchés ? A quoi sert encore l’idéologie, la politique, le socialisme, le libéralisme lorsqu’on préfère avant tout vivre davantage dans le luxe et le tout confort matériel bien loin de l’autre et
    de l’autre maudit de plus ? Tout le véritable noeud du problème est là en fait ? On aime ou on aime pas entendre cela, on aime ou on aime pas aider l’autre, on aime ou on aime pas suivre telle ou telle personne, car le temps c’est avant tout de l’argent, ma carrière, mon ambition, le pouvoir,
    à chacun de choisir surtout en son Âme et conscience.

    http://www.la-croix.com/A-la-recherche-de-l-impot-juste/article/2420713/4076

  4. Mr Jorion, je me permets de vous suggérer une approche quelque peu différente du concept de destin:

    Il est une chose de la vie de tout un chacun dont la survenue est indubitable – jusqu’à preuve du contraire – que l’on peut formuler de la manière suivante:

    Dès lors qu’un individu nait, on sait avec une certitude sans pareille qu’il mourra. Si l’on ne peut pas parler de destin à ce propos, de quoi faut-il parler alors?

    Les historiens ont choisi avec pertinence de symboliser leurs chronologies par des segments, qu’on définit de la manière suivante: Un point initial, un point final et un intervalle les séparant.

    L’erreur unanimement commise au sujet du destin consisterait en fait à envisager que celui-ci définisse la forme que prendra l’intervalle du segment symbolisant une vie, alors qu’en réalité il n’a pour objet que de définir ses extrémités. A cette question de la « forme de l’intervalle », il conviendrait par conséquent d’évoquer d’autres termes, définissant d’autres approches.

    Néanmoins on peut dire que le destin existe, et mieux encore que tout individu – jusqu’à preuve du contraire – partage le même que l’ensemble de ses congénères.

    1. Tous les etres vivants perissent. Seul l’homme meurt. La mort n’existe que pour nous humains. Et en tant que tels, tous, nous la nions. Et tendons tous vers une immortalite. Cimetieres et autres dispositifs culturels de memoire en sont la materialisation. Le destin donc ne concerne pas le debut et la fin de la biologie. Mais plutot une evaluation a posteriori (par les autres donc, ou par soi-meme au crepuscule de ma vie) de la concordance entre l’histoire personnelle et les desirs exprimes pendant cette histoire et en particulier vers l’adolescence. Le destin tient donc plus au desir qu’a l’histoire. Le destin est donc dans son principe a-temporel. Que ce desir s’exprime dans une histoire ET dans l’Histoire est …. une autre histoire. Chacun de nous vit sa propre histoire en l’ecrivant lui-meme jour apres jour. Il n’y a pas deux vies samblables c’est impossible. MAIS bcp de vies uniques se deroulent dans une meme Histoire. Toute classification des humains ne peut etre valable que sur des grands nombres, ce qui disqualifie d’emblee la plus grosse partie de la psychologie. Et toutes les typologies decrites par Paul dans cet article. Elles sont un nom sens parcequ’elles ne peuvent pas prendre en compte l’histoire de chaque personne. Elles font partie de toutes ses ideologies qui animalisent l’humain pour le calculer et par consequent permettre de le nier et par suite de les detruire sans remord. Un chiffre n’est pas un humain. La crise tient essentiellement a l’ideologie voulant calculer l’humain. Et comme par hasard et c’est la meilleure contradiction a toutes ces ideologies, des qu’on atteint le sommet de la pyramide il n’y a que des probleme de personnes, d’ego comme on dit.

  5. Le CERN a réussi à produire de l’anti-argent. Goldman Sachs, JP Morgan Chase et d’autres mettent au point une anti-bourse qui va permettre de spéculer sur l’anti-argent, en payant en anti-monnaie que vous pouvez emprunter en payant des anti-intérêts. Elle est belle la vie !

  6. De la néccessité des collecteurs de fonds, les banques de détail et les banques d’investissment ainsi que les assurances, de placer les fonds reçus:
    Sans rendement d’intérêts jugé suffisant dans les secteur économique productif, une parie des fonds colectés des épargnants ne peut plus trouver de débouchés dans la distribution de crédits, disons, sûre, mais « trop peu rémunétaeur » pour le capital cherchant toujours un rendement maximal.
    Une telle situation s’est étendue progressivement das les années 1990 à la suite de la crise japonaise.
    Les dérèglemetations successives opérées ensuite devenaient une sorte de nécessité, car, sinon, nous aurions eu, dès les années 1990, une grande défiance des investisseurs pour consntir à confier leurs capitaux aux collecteurs de fonds.
    Pour attirer les capitaux, il fallait que les collecteurs proposent des rendements élevés. Or, les rendements élevés sont élevés parce qu’ils sont risqués et rès risqués Le risque est constitué par un défaut de paiement.
    Or, les fortunés avaient (et ont encore) de telles réserves qu’ils pouvaient (et peuvent encore) nourrir longtemps (facilement 10 ans) nourrir des investissements risqués sans se sentir privés de liquidités. Ce fonctionnement en bulles spéculatives répétées leur procuraient, en plus, le « sentiment d’enrichissement supplémentaire » avant toute forme de « réalisation ». Or, on s’est aperçu que les emprunteurs, les emprunteurs subprimes notamment, allaient faire défaut, et depuis, ce sont de réactions en chaîne qui menace peu à peu l’ensembe des placements.
    Car, en fait, la « réalisation » de ses investissements coïncide désormais tout simplement avec la survenue du risque, bien trop élevé dès le départ, ce que les taux de rendement promis trop élevés auraient d^laisser prévoir.
    Tout simplement, le rendement « réel » en économie du moyen et long terme ne peut dépasser le taux monétaire net, et il est même, dplus en plus en dessous – d’où la crise systémique!

  7. Merci Paul pour cet éclairage de la cote FICO.
    Pour démontrer la perte de contrôle des organismes prêteurs attribuant une décote arbitraire sur une abaque en log.

    Par ailleurs et puisque gouverner c’est prévoir je veux faire une remarque.
    Un grand décideur ne tolère pas l’aléa, la mauvaise surprise.
    Comment être certain de l’avenir?
    Le fabriquer.
    Dès qu’on atteint un certain niveau de pouvoir on peut peser sur l’histoire.
    Ceci est plausible aussi bien pour le politique que pour l’économique, voir l’attitude retorse et manipulatrice d’un Soros.

    Quant à notre petit futur perso il ne dépend pas des bosses de notre boîte crânienne mais de notre façon de nous comporter avec nos voisins et relations.Et éventuellement de penser accèder à la présidence de la république en se rasant chaque matin.

  8. « Ne dites plus, ne dites jamais plus que l’approbation de votre conscience vous suffit.
    Quand avez-vous commis telle action? Hier, aujourd’hui, il y a une minute? Et maintenant? Ah, maintenant, vous voilà prêt à admettre que vous auriez peut-être agi de façon différente. Et pourquoi? Vous pâlissez? Peut-être reconnaissez-vous aussi à présent, qu’il y a une minute, vous étiez un autre?
    Mais oui, pensez-y bien. Une minute avant que ne se produise le fait qui nous occupe, vous étiez non seulement un autre, mais aussi cent autres, cent mille autres… Et il n’y a pas lieu d’en être surpris. Etes-vous bien sûr que vous serez demain celui que vous affirmez être aujourd’hui? » (Luigi Pirandello)

    1. « La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierre précieuse qui puisse atteindre à sa rareté. » Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société.

  9. Votre conclusion est tout à fait convaincante et logique.
    Il y a de quoi rire avec les savants calculs d’une société qui ne base son économie que sur la monnaie. Comment en effet un système peut-il accuser les gens qui ne peuvent plus payer à cause de lui d’être des mauvais payeurs? Nous frisons l’absurde…
    Et c’est effectivement le collectif qui mène la danse, comme au loto! Plus il y a de joueurs pour un seul gagnant, plus le gagnant remporte gros… Mais là, les joueurs sont KO, HS, à l’ouest, au chômage, mal en point, sans emploi, trop pauvres…
    Là, on ne joue plus je crois… et surtout, le gagnant est en train de saborder l’origine de ses revenus, de détruire sa « poule aux oeufs d’or »…
    On pourrait donc penser que c’est la mort programmée de son système économique, sauf s’il change de méthode pour atteindre le même but, s’enrichir: ce que le capitalisme n’a cessé de faire depuis sa création: s’adapter aux forces qui s’opposent à lui pour l’emporter et continuer à léser la majorité. Par exemple, en ce moment, le capitalisme adapte sa communication au désir de nature et d’authenticité en arnaquant des gens avec les fameux panneaux solaires (entreprises maffieuses du bâtiments qui escroquent à tour de bras les gentils écolo naïfs!), ou autres vraies découvertes scientifiques mais que le privé (ou le public qui y ressemble de plus en plus à la sacro-sainte « entreprise ») détourne de son véritable objectif à son profit. Une seule solution, supprimer le secteur privé de la production… et oui… encore et toujours, et redonner l’importance qui se doit au « bien public ».
    Comparons l’état de l’économie à l’état de la planète: il devrait exister une très grande solidarité finalement entre les êtres, qu’ils le veuillent ou non. Tous dans le même bateau. Si la pollution empêche les gens modestes de respirer, les profiteurs ne devraient plus respirer non plus.
    Mais si les uns ont des masques et les autres pas, les uns des abris anti-atomiques et les autres pas, les uns des vacances aux Bahamas et les autres pas ? On se dit qu’il vaut mieux avoir que pas, ce qui produit en chaîne tout ce que nous voyons, c’est-à-dire la barbarie due à la misère et aux inégalités insoutenables.

    La leçon est donc claire: l’avidité nuit gravement à la santé (physique et mentale d’ailleurs) du monde entier!
    Attention aux « fausses-route »!

  10. Mr Jorion,

    Votre sujet n’est vraiment pas simple. Il me dépasse.

    J’y vois un essai de mise en relation de la science, de l’histoire, des mantiques, de l’économie et des relations interpersonnelles.

    J’y vois une tentative d’appliquer la science au particulier. Je suspecte que la mathématique financière derrière le FICO ressemble beaucoup à celle des analystes financiers décidant si un prêt peut être effectué et à quel coût. Je pense que vous dénoncez cette opération car elle vous rappelle beaucoup trop les mantiques du genre astrologie. Je suspecte que vous les rejetez nettement.

    Votre argument de rejet est que l’Histoire est le produit des interactions des individus et qu’elle bouscule les destins si jamais les individus en ont un. En tous cas, c’est ce que j’ai retenu de vos considérations inspirées par Hegel.

    J’y ajoute une condamnation de la science appliquée aux humains. Les lois scientifiques que je connais sont fixes, immuables. La loi de la gravitation ne va pas changer à cause d’une agence de notation. Appliquées aux humains, cette vision de la science donne des affirmations définitives sur ces derniers. Si la situation le permet, les humains se retrouvent dans une case et n’en bougeront plus car la science l’a dit. Cela validera aussi l’affirmation faite sur les humains. Il existe des affirmations autoréalisatrices. Le modèle appliqué apparait scientifique.

    Seulement, être humain est, de mon point de vue, être capable de sortir de ces jugements. Ce ne sont pas des observations scientifiques, mais des jugements. S’ils sont respectés, ils deviennent aussi réels que la loi de la gravitation et pourront être traités comme des affirmations scientifiques.

    Pour que cela ait une portée, il faudrait pouvoir admettre de façon générale que nos certitudes sont très souvent des jugements plus ou moins construits sur la base d’observation. Le drame est qu’ils sont construits. Alors ils peuvent être faux. Mais admettre cela est admettre deux choses que je ne vois pas comment rendre acceptables, il existe une réalité qui nous dépasse et notre vision de la réalité est trop souvent basée sur une reconstruction de ce dont nous disposions au moment de sa construction. Notre vision de la réalité est partielle et nous bouchons les trous avec des raisonnements si ce n’est pas avec des impressions.

    1. Je résume mon propos par un :

      Appliquée aux humains isolés, la science devient un jugement, une condamnation à perpétuité ou destin, dont la valeur n’est pas supérieure à celle d’un thème astrologique. Appliquée aux humains en particulier, la science oublie toutes les interactions formant l’histoire et s’en trouve vidée de sa prétention à tout comprendre. Elle en devient une imitation de science.

      Pour sortir de cette pseudo science, fondée sur le primat absolu de l’individu sur la société, il faudrait introduire une réalité hors des individus, voire extra-humaine, et un art de relier les individus entre eux. Cet art ne sera jamais une science car l’Histoire en changera les règles à chaque époque.

      Il y a des humains dans l’histoire et ils racontent une histoire.

    2. Ce que vous dites en-dessous, c’est ce que Simondon puis Stiegler appellent la trans-individuation.
      Une sorte d' »art » du collectif pour l’édification de l’individu, qui élève son esprit .

      C’est un ingrédient certain de l’humain, sinon nous n’aurions pas eu des penseurs et des artisans de talents et .. et..

      Mais certains « courts-circuits » aboutissent à projeter trop rapidement les ingrédients de cette bonne sauce et à rendre l’individu « pulsionnel ». Ces courts-circuits sont puissante et destructeurs dans les temps de crise (TF1 peut en être une horresco referens (?)), mais il nous reviens d’en limiter l’impact, d’élever l’esprit (pour notre juste part, comme disait Rocard sur la misère du monde)…

  11. Monsieur Jorion. Vous avez oublié d’évoquer un cas particulier…
    Celui des Ricains qui préfèrent rendre leur logement à la banque, lorsqu’ils savent que leur futurs remboursement d’emprunt dépasseront la valeur de celui-ci…
    Ca, c’est une bonne vision de l’avenir.
    Et ils ne font en cela, que comme les « meilleurs » gestionnaires beaucoup plus riches pour lesquels c’est une pratique courante.

    Et les réactions des financiers furent très violentes face à ce type de comportement, traitant ces gens de « malhonnêtes »…
    Finalement, quand on regarde bien, il n’y a rien de plus véxé qu’un voleur qu’on vole.

    Pour en revenir à : tout homme à un prix, ce n’est pas un truc de la Mafia, ça…??

    1. Yvan,

      Est ce que vous auriez une référence ou un lien racontant ces réactions de financiers outrés par ce que leurs clients ont assimilé la notion « d’optimisation des bénéfices » ou une autre expression du genre.

      J’avoue trouver l’information très amusante. J’ai toujours rigolé de la blague de l’arroseur arrosé. Naturellement sauf quand cela m’arrive.

    2. Fondamentalement le couple propriété/crédit n’a pas les mêmes fondation en Amérique.

      En France dès la signature et l’obtention du prêt vous êtes propriétaire de votre maison mais aussi du crédit.

      Il me semble que pour les Américains le couple crédit/maison est dissocié, vous ne devenez propriétaire de votre maison qu’après le réglement complet de votre crédit. La banque restant propriétaire du bien, ceci expliquerait celà?

  12. Qu’est ce qui prédisposait la société FICO a oublier l’histoire ?

    L’histoire de la société FICO est elle une compsante de l’histoire ?

  13. Belle réflexion sur la peur de l’homme dans l’avenir, des éléments, des impondérables, il faisait des enfants, maintenant il place son argent et le fait fructifier, il invente la retraite, car mine de rien, la retraite est une assurance collective et son fonctionnement n’est pas si loin que cela du système pyramidale de Madoff..

    Notre société à peur, principe de précaution, la finance a inventé le produit dérivé, la titrisation, comme une assurance collective, un partage du risque, avec à la finale et compte tenu de cette crise, l’assurance finale, la société, les états assument le risque ultime.

    Fico, produits dérivés, titrisation ne sont que la suite logique de la peur de l’homme face au temps, une assurance entre financiers, comme il existe l’assurance, la vraie qui est en fait la répartition du risque entre toute la société.

    Ce qui fait la différence et rend cela si indigeste, c’est que la finance est devenue la religion moderne, celle de la consommation et de sa corollaire l’argent pour consommer.

    La finance a inventé la panacée, avant pour être riche il te fallait travailler dur, avoir une idée, bref tu monnayais ta réussite, la richesse provenait de la création, la vraie, celle qui transforme et apporte à la société, reste que cela passait par l’argent et la finance moderne a démontré qu’elle inventait de la richesse monétaire de manière plus rapide, elle est la religion moderne et en ce sens ses serviteurs sont les représentants de dieu, ils ont tous les droits…ils sont les plus performants et gère cela dans les églises, Wall street et …

    Juste dire à travers ces mots que c’est l’homme qui est en cause et non le système, notre religion est l’argent, pour que notre société évolue, elle doit trouver un nouveau but, une nouvelle religion…

    Voilà notre gageure, trouver un autre but à l’homme que l’argent, en ce sens le XXI siècle sera celui de la religion, juste que cela ne sera pas forcément la même que les précédentes, attendons donc notre nouveau messie et espérons qu’il ait une belle idée..

  14. La notion de  » prédisposition « m’a aussi évoqué le mythe de la pureté aryenne des nazis , ou moins cruelles, les tentatives de mariages entre prix nobel pour obtenir des bébés surdoués … Un jour un FICO bis nous apprendra peut être qu’on a pu localiser une petite séquence d’ADN qui détermine notre capacité à pousser la porte d’une banque pour acheter le bonheur !

    Cela m’a aussi renvoyer , au niveau de l’individu , à la difficile recherche de la défintion de » l’inné et de l’acquis » Pour le coup j’ai ressorti un vieux bouquin d’un obscur prof de philosophie et psychologie qui en 1981 avait publié son travail sous ce titre là ( édition Chronique Sociale à Lyon );

    J’en reproduis la conclusion qui me semble rester assez pertinente ,et qui rappellera peut être quelque chose à Schizosophie :

    « Ainsi , le problème de l’inné et de l’acquis, de la nature et de la culture , ne peut échapper à la problèmatique philosophique inaugurée par les grecs : l’opposition entre ce qui est de l’ordre de la physis ( nature) ,et ce qui est de l’ordre du nomos ( de la loi , de l’institution , de la convention ) . L’homme participe à la physis mais à la fois met en place des techniques ,du langage , des systèmes politiques, , des valeurs qu’il institue par sa propre pratique . Aussi l’égalité , l’inégalité , la justice , l’injustice sont elles des valeurs poséees ( prédisposées ?) et variables selon les sociétés selon un choix politique ( au sens large ) . L’inné et l’acquis sont aujourd’hui au centre d’une question politique qui détermine ce que nous appelons égal , inégal , injuste . Ni les gènes , ni l’économie ne peuvent répondre à une telle question :  » La valeur ( même « économique » ) , l’égalité ,la justice ne sont pas des « concepts » que l’on pourrait fonder , construire ( ou même détriure comme veut parfois le faire Marx pour la justice ) dans et par la théorie . .. Ce sont des idées – significations politiques concernant l’institution de la société telle qu’elle pourrait être et que nous voudrions qu’elle soit – institution qui n’est pas ancrée dans un ordre naturel , logique ou transcendant . Les hommes ne naissent ni libres, ni non-libres ,ni égaux , ni non-égaux . Nous les voulons ( nous nous voulons) libres et égaux dans une société juste et autonome . Sachant que le sens de ces termes ne pourra jamais être définitivement défini , et que le secours que la théorie pourrait apporter à cette tâche est toujours radicalement limité et essentiellement négatif . »

    1. D’autres paramètres donnent la mesure du gouffre (qui n’est pas indifférent de la crise….) , ici Michel Serre, dans un autre regard, rend visible lui aussi de cette faille (donc aussi du travail qui nous attend …)
      http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2009/regards-actualite/report_fiche.php?report_id=300010111&pg=pid
      Michel Serres est philosophe, il vient de publier un essai intitulé « Le temps de crises » aux éditions du Pommier.(25/12)
      écouter: l’entretien en version longue

    2. @Cécile :

      Michel Serres figure en bonne place dans ma bibliothèque depuis une dizaine d’années ; j’ai d’autant plus apprécié son dernier essai ( le temps des crises ) que c’est l’un de ses rares bouquins qui vaut moins de 10 euros . J’ai aussi eu l’occasion de l’entendre deux fois en conférence dans ma commune .

      Dans le dernier livre cité , j’ai trouvé convaincante son analyse de l’inter-relation entre l’humanité et l’univers ( il y a déjà pas mal d’années que d’autres le disent comme Hubert Reeves ou …José Bové ) , et sa définition de la liberté .

  15. « Nous ne pouvons tirer d’enseignements que du seul passé, et ceux-ci ne portent en général que sur le collectif. »
    Ouais.
    Mais quel est ce « nous » ? Est-il le même que celui de la Tour de Babel ?

    1. Ce « nous » serait à entendre ,si j’ai compris ce qu’en dit Bernard Stiegler, comme un « verbe » de notre humanité, … Un « nous » dont justement il s’inquiète qu’il soit aujourd’hui court-circuité par le marché et co ( « la télécratie contre la démocratie », …, … )
      De là, je dirais donc que le pseudo-« nous » (du sens à vivre) qui nous gouverne, n’a pas plus d’entendement que celui qui se voua de la Tour de Babelle

  16. FICO ne fit qu’un temps traFICOter.
    Qu’on se rassure.
    D’autres trafiquants prirent le relai.
    Il faut bien qu’on apure…

  17. J’ajoute que si l’on associe l’inné à la droite et l’acquis à la gauche , au sens politique , on mesure combien l’idéologie peut récuprer et l’un et l’autre , alorsque dans les deux options la manipulation est facile et possible .

    On aimerait que la politique et sa définition de valeurs , reste aussi modeste que la science dans ses propres méthodes .

  18. Je ne vois pas pourquoi opposer collectif et individu. A l’évidence il existe des hommes dont le destin ou les aptitudes font qu’ils sont naturellement (je veux dire par nature) appelés à diriger les hommes et donc le collectif. Voilà, c’est ainsi depuis que l’histoire nous permet d’avoir un regard factuel sur les évènements. Comme disaient les « bruleurs » de carapaces de tortues: « toutes les couleurs du paon sont dans l’œuf ». D’autres ont répétés ADN, c’est plus à la mode, ça fait sérieux. Aptitudes, penchants, talents, etc, etc, la seule vrai question est de faire en sorte que chacun soit à la place qui lui convient réellement dans une société faite pour la vie, pas pour les machines. Les machines ne comprennent que les chiffres et les nombres, leur seul avenir c’est la poubelle (pourvu qu’elles ne nous entrainent pas dans leur sillage, car il serait intéressant de réfléchir à l’interdépendance des évènements !).

    1. Personnellement je suis un androïde de dernière génération ,et je ne veux pas terminer à la poubelle.Je cherche dans ma vaste bibliothèque interconnectée une réponse adéquate et sélectionne une locution parmi des milliers d’autres possibles:pourquoi tant de haine? Je vous renvoie à Paul et ses travaux sur l’intelligence artificielle, à qui nous les robots devons beaucoup.

    2. Cher Piotr,
      Les subtilités absconses de la langue contemporaine veulent qu’on nomme « bouclier » ce qui en réalité est une lance. Enfin,… une lance robot s’entend.. Est-ce donc une main humaine qui appuiera sur le bouton du bouclier ? De l’interdépendance des actes automatiques et de la joie de l’inventeur de la programmation… La crise, les crises, les nuages, l’orage, de l’observation du déroulement des choses de la nature on peut tirer quelques utiles réflexions…

  19. @ Merci Paul de cette présentation .
    C’est ainsi que l’on gagnera la crédibilité indispensable à la pérénnité de l’influence.
    Je rajouterai un petit commentaire d’ordre épistémologique.
    Ce que vous décrivez des modèles FICO est à mon sens le produit d’une dérive épistémologique que les meilleurs économistes n’ont pas perçue. Je m’explique

    1/ le propre du raisonnement économique est d’intégrer le phénomène d’interdépendance des transactions commerciales à chaque étape de son développement . Ainsi quand je dis : un taux d’intérêt trop élevé décourage l’investissement productif, je mets en jeu ce phénomène d’interdépendance ( de totalisation) à l’intérieur d’une proposition d’apparence simple ( le fait que le taux d’intérêt « constaté » est supérieur à mon taux de rendement espéré)
    2/ Si l’on transpose ce constat sur le terrain épistémologique on s’aperçoit que c’est le concept de monnaie qui joue se rôle à l’intérieur du raisonnement économique . C’est en fait parce que je suppose que la monnaie est en quantité limitée que la proposition ci-dessus a un sens réaliste : id ,est qu’elle intégre la dimension clé de l’interdépendance des phénomènes économiques (sinon elle n’aurait aucune sens)

    3/ Le problème des modèles actuels est alors celui-là : ces modèles prétendent ne se fonder plus que sur les raisonnements subjectifs et linéaires des individus , ils se présentent comme une somme de raisonnements. Mais ce faisant ils créent une indétermination stucturelle liée à la monnaie ( leur concept de monnaie) . Car à partir du moment où l’on pose ainsi les comportements on est incapable de prévoir le moindre effet en retour lié au caractère fini de l’économie ( dans le raisonnement de Paul : le fait que la valeur des biens immobiliers ne peut monter de façon infinie et rencontrera alors un butoir qui réagira en retour et de façon uniforme sur chacune des transactions)

    4/ Mais on peut aller plus loin désormais et expliquer pourquoi les experts n’y voient que du feu . En fait l’économie néoclassique à son origine ( Walras, Jevons, Menger) avait vu le problème et avait assigné à la monnaie une dimension finie . Laquelle pesait en retour sur leurs propres équations ‘( pour les spécialistes : c’est le rôle logique que jouait la notion de valeur-utilité)
    Mais cette « garantie logique a sauté avec la pensée néo-néoclassique ( la science moderne pour aller vite) ;laquelle a considéré comme METAphysique cette vision de la monnaie (Pareto). A la suite de Russel de Keynes et du Cercle de Vienne elle s’est rabattue sur une autre épistémologie : leibnizienne, qui a fait perdre toute idée de finitude au concept de monnaie (toute relation à l’idée que la monnaie serait une totalité finie)

    C’est donc ici qu’il faut voir l’origine idéologique des modèles que dénonce Paul . Et aussi la vraie raison pour laquelle les économistes modernes ne comprennent pas les critiques qui leur sont faites . Car à ma connaissance personne n’a encore mis le doigt sur ce glissement conceptuel dont nous percevons aujourd’hui les ( premières ) conséquences

    amicalement

    PS je laisse à votre sagacité d’interpréter la célèbre formule de BHL : « toute pensée totalisante est par essence totalitaire » . Toute relation avec des événements ayant déjà existé étant bien évidemment fortuite

    1. @claude roche: oui, il faut porter le débat au niveau épistémologique. J’espère que Paul sera sensible à votre argumentation. Les modèles en question occultent toute réalité physique, qu’elle soit d’ordre individuel ou collectif. C’est pourquoi ils ne méritent même pas d’être critiqués: ils sont bons pour la poubelle.

  20. Du destin de disparaître, quel autre ? à faire en sorte de persévérer ? d’un destin ? qui, quel autre nous seconderait pour le nommer? Un camelot muséologue nous le désignerait, d’un style sachant trancher ce qui fut sous le format modèle réduit le singulier de chacun, en mode rétrospectif, d’une prédestination : il cache le prix du miroir à acquérir en échange, et cela tient du pouvoir du secret. Ne nous embarrassons pas de valeur… juste ce goût destin qui a celui du songe. Un écart vie mort qui n’est pas dans la durée du corps, qui en ressort. Un point perdu mais un point certain. L’inconnaissance du destin du coup accroît notre puissance d’agir. Hobbes insiste, le plus utile à l’homme, c’est l’homme.
    Le grand camelot historien pourrait nous la jouer ainsi. « il serait possible de raconter l’Histoire à rebours, partant d’aujourd’hui, en commençant donc par la fin pour remonter le cours des âges jusqu’aux plus anciens vestiges connus, alors on verra se dégager aussi bien une logique de progrès, les effets et les causes intervertis, l’enchaînement des faits nous paraîtrait non moins inexorable. On mesurerait avec le même ébahissement le chemin parcouru par les hommes depuis l’époque des villes automobiles, téléphoniques, peu à peu débarrassées de ces nuisances, déconstruites quartier par quartier pour laisser place à la campagne paisible et isolée, à ces villages fermiers où les toits des maisons prenaient appui sur des nids d’hirondelles, avant que de nouvelles améliorations n’interviennent, toujours dans le sens de la simplification, les lourdes pierres des murs si difficiles à extraire étant astucieusement remplacées par de légères cloisons de branches ou de torchis, pour en arriver enfin au confort de nos cavernes modernes. » (chevillard, Préhistoire)
    A voir l’état du monde il importe qu’une part du futur soit préservée de tout commentaire, même si on brûle de le charger du désir du possible. Nous ne devons l’investir ou le limiter de nos représentations, nous cultiverions la tristesse. Au risque de répéter la malédiction, de ce herem, prononcée contre Spinoza « Qu’il soit maudit le jour, qu’il soit maudit la nuit, qu’il soit maudit pendant son sommeil et pendant qu’il veille. Qu’il soit maudit à son entrée et qu’il soit maudit à sa sortie. Que les fièvres et les purulences les plus malignes infestent son corps. Que son âme soit saisie de la plus vive angoisse au moment où elle quittera son corps, et qu’elle soit égarée dans les ténèbres et le néant.  » sans doute avait-il en tête son histoire lorsqu’il écrit « La Haine qui est entièrement vaincue par l’Amour se change en Amour et l’Amour est pour cette raison plus grand que si la Haine ne l’eût pas précédé » (Ethique, troisième partie, prop.LXIV). une façon de faire un pied de nez au destin…

  21. L’ultime vérité est que, bien loin d’être un aventurier des temps modernes, le financier n’est qu’un trouillard.
    Il ne prend jamais un seul risque! Sauf le dernier de la chaîne, qui prend celui ne ne jamais revoir son argent…

    « On a toujours besoin » d’un plus pigeon » que soi »….

  22. à Frederic 2 :  » et pourquoi devrais-je en avoir honte?  » .
    Ces méthodes de recrutement ne se développent elles pas à mesure que le chômage se développe ? comme s’il s’agissait d’une technique  » scientifique  » , donc inattaquable , pour justifier un choix entre des personnes probablement assez semblables ? . un recruteur en temps de plein emploi agirait il de même ?
    vous faites bien le parallèle avec le billet de Paul sur  » le bon payeur  » dont le comportement varie suivant qu’il se trouve en temps de chômage ou en temps de plein emploi .

  23. Cette histoire de FICO m’apparaît complètement ubuesque. Opposer cette notation des individu à Hegel à travers sa vision de l’histoire me semble étrange. Assimiler ce qui me semble être un calcul de risque, analogue à tout ce qui se passe dans l’industrie financière, à l’astrologie ou à une autre mancie me semble osé.

    Je veux bien que la question « Est ce que je fais confiance à cet inconnu ? » s’est toujours posée et a augmenté en acuité avec le développement de l’économie. Je suis aussi d’accord que le nombre de relations purement économiques entre individus a énormément augmenté. Qu’une mancie aie été développée pour répondre à cette très ancienne question dans ce cadre nouveau est normal, naturel et logique.

    Après, que ces mancies fixent un destin aux gens à qui elles s’adressent est un fait observable. À ce niveau, la science des lois générales et immuables, transposée aux humains, fixe des destins aux groupes ou aux individus. Vue sous cet angle, la science est une mancie. Qu’il y ait donc des mancies à prétention scientifique est inévitable. La phrénologie est un très bel exemple de mancie nouvelle.

    Que Hegel ait ridiculisé la prétention de la phrénologie à fixer les destins au nom de l’histoire passe un peu plus difficilement. Cela me semble complètement aberrant qu’un philosophe de ce calibre ait pu s’intéresser ou s’occuper d’un truc pareil. Mes connaissances sur Hegel et la phrénologie sont très limitées. Il est possible que mon ignorance base mon refus. Mais cela me laisse également ahuri qu’une telle rencontre ait pu avoir lieu.

    Les agences de notation prétendent baser leurs notes sur des faits, de la réalité. Un calcul de risque est quelque chose d’incroyablement banal dans l’image que j’ai de la finance. Que ces gens aient voulu étendre à toute la population, sans réflexion approfondie, est crédible. C’est cohérent avec le peu que je connais du monétarisme et son hypothèse du revenu constant.

    Mais l’usage qui en a été fait, fixer des destins, et les ramener à des prédictions astrologiques me semble osé. Si mon image des calculs de risques et celle de l’établissement d’un thème astrologique sont correctes, il y a d’un côté un ordinateur avec des mesures plus ou moins fiables qui donnent une note et de l’autre un dessin qu’un individu interprète selon son intuition. La note FICO décide si l’individu a son prêt ou non. Le thème astral décrit ce que l’individu va subir. Il y a d’un côté une science économique qui est à jeter en totalité si la note FICO équivaut à un thème astral et de l’autre côté une impression que fait le thème à un astrologue. Ce n’est pas une note du type 620 (dessous subprime, dessus prime). Il y a une différence de traitement des informations de départ. Il y a un jugement basé sur un algorithme dans le premier cas et un jugement bien moins clair dont une large part de l’interprétation est laissée entre les mains du client dans le second cas.

    Il est vrai que le degré d’intelligence exigé de l’utilisateur d’une note FICO est si bas, que si j’avais à choisir, je préfèrerais être jugé par un astrologue. Avec ce dernier, j’ai peut-être une chance. La description que vous faites de cette notation est si mauvaise que j’éprouve de la sympathie pour l’astrologie. C’est tellement délirant, fou, ubuesque que cela a beaucoup de peine à passer dans ma tête.

    Votre description de la situation ramène la rationalité des acteurs économiques à celle de singes dressés dans un cirque. Ce qu’ils font est extraordinaire et même superbe. Mais le degré d’humanité, d’intelligence, de créativité mis dans leurs actes est nul. Votre texte revient à dire que ces gens, les financiers au sens le plus large, sont comme des animaux dressés faisant leur numéro dans un cirque.

    Cela ne passe pas dans ma tête. Cela ressemble à une blague du premier avril. Je n’arrive pas à y croire. Ce sont des humains. Si je vous comprends bien, ces gens auraient abdiqué leur humanité au profit de l’ingénierie financière au point de devenir des presse-boutons comme les singes astronautes. Si vous avez raison, la situation est bien pire que mon imagination (pourtant pessimiste) peut le concevoir.

    J’aimerais que votre texte soit un poisson d’avril.

  24. Cet article de Paul Jorion et les commentaires ci-dessus donnent à penser, mais quoi, exactement ?

    Je croyais que l’on s’accordait sur le fait que:
    – l’observation des comportements permet des classifications et des prédictions. Ces dernières ne sont jamais des certitudes;
    – les sciences humaines (psychologie, psychiatrie, sociologie) utilisent l’observation clinique, les tests, les statistiques et des modèles (souvent renouvelés); qu’elles produisent des probabilités et non des lois du style tout ou rien; qu’elles sont utiles;
    – chaque individu, chaque société « tend » à appartenir à un type donné, jamais figé, on le sait; le comportement de cet individu ou de cette société est censé répondre à un modèle mais qu’il (elle) peut en « sortir »;

    Hegel a raison, mais Piaget, Freud et Durkheim aussi. L’incertitude est notre lot mais les moyennes – et écarts-types – permettent d’orienter nos décisions. Le calcul de risque fait partie de nos modes de jugement.
    Je crois que Paul Jorion pense la même chose mais mieux vaut l’affirmer…

  25. Au mois d’octobre 2008 Paul Jorion expliquait comment l’indice VIX était devenu l’indice de la confusion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=881. Il s’agissait d’étudier la volatilité du marché entre sociétés s’échangeant des titres. La fébrilité des acteurs du marché était retranscrite dans l’indice VIX qui lui-même ajoutait de la confusion dans l’esprit de tous les parieurs. Dans cette réaction en chaine, les SARL cotées en bourse voyaient leur valeur financière faire le yoyo. La responsabilité des acteurs est limitée par la définition juridique des sociétés, ce ne sont pas des personnes morales, ce sont des acteurs logiques qui satisfont à la théorie des jeux. L’Historien de cette période verrait déjà dans cette confusion avouée une forme de radicalité, ce sont les chiffres des ordinateurs qui sonnent « à priori » la fin de la récréation ! La rationalité systématique des acteurs soumis à la théorie des jeux s’avèrent alors une hypothèse fausse, c’est l’ordinateur qui le dit.

    La cote FICO tout comme beaucoup d’indices auxquels les parieurs portent attention, pêche par son principe fondateur. En attribuant « à chaque individu – et potentiellement même aux nouveau-nés – un nombre évaluant sa prédisposition à rembourser un crédit qui lui est accordé » l’expert du marché satisfait à son dogme, il se veut historique : Tous les humains sont des auto-entrepreneurs à responsabilité limitée, entendu que la cote FICO saura illustrer les faiblesses potentielles de la petite entreprise. L’historien trouvera à nouveau une forme de radicalité juridique dans la relation de l’Etat envers ses sujets. Toutefois, même s’il se veut scientifique dans sa méthode, l’historien de notre période aura peut-être à cœur de faire comme quelques un de ses prédécesseurs férus d’économie et de philosophie politique, écrire une hagiographie des puissants.

  26. @Paul qui écrit:

    Hegel ridiculise la logique de la prédisposition au nom de la prépondérance du collectif. Il attire l’attention sur le fait que la quasi-infinité des interactions entre ces prédispositions individuelles ne peut produire qu’un gigantesque bruit de fond dont le seul résultat observable est leur aboutissement global, autrement dit l’Histoire.

    Que l’Histoire résulte de la loi des grands nombres me laisse dubitatif car, a priori, il ne sort jamais rien d’observable d’un bruit de fond. Il reste à expliquer cette thèse dans son principe, c’est-à-dire à exhiber le pendant de la sélection naturelle de Darwin.

    1. De plus, ça me semble assez arbitraire, (pour ne pas dire absurde), de recourir au collectif pour contester la validité des mantiques. Voilà fort longtemps, j’avais déjà lu dans une revue scientifique sérieuse une réfutation en bonne et due forme de l’astrologie : la démarche semble rationnelle mais l’on voit qu’il n’en est rien quand on songe que l’on pourrait de la même façon confronter d’autres pratiques humaines, l’art, la gastronomie, la mode,… à la « vérité scientifique ». On dirait que les philosophes ne tiennent pas compte du fait que les connaissances sont produites par des pratiques, de sorte qu’il n’y a pas lieu de confronter celles qui résultent de pratiques irréductibles les unes aux autres.

      La confrontation n’est justifiée que pour certaines, telles la graphologie ou cette cote FICO, parce qu’elles revendiquent le label « science » alors qu’elles n’en sont pas. La prépondérance du collectif anéantit l’intérêt pratique de cette cote FICO mais n’explique pas que, dans sa conception, elle est plus proche d’une mantique que d’une science.

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