BFM Radio, lundi 19 avril à 10h46 – L’exercice délicat de la liberté

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La liberté est une très belle chose mais son exercice est délicat, j’aimerais illustrer cela par un exemple emprunté à l’actualité : le CDO, la Collateralized–Debt Obligation au nom sympathique de « ABACUS 2007-AC1 » émise par Goldman Sachs et dont il fut beaucoup question, pas plus tard que vendredi dernier.

Un client est-il libre de demander à une firme qu’elle crée à son intention le produit qui lui convient ? Pour autant que la firme en question puisse le livrer, certainement, et à condition aussi bien entendu que le produit soit légal. Il n’y a donc rien de répréhensible quand Mr. John Paulson, président d’un hedge fund américain (sans relation avec son homonyme Mr. Henry Paulson, ancien Secrétaire au Trésor) demande à la firme Goldman Sachs de créer un CDO à partir de crédits hypothécaires de son choix.

Nouvelle question : est-il légitime de considérer qu’un prix est susceptible tout aussi bien de baisser que de monter ? Parfaitement, bien entendu ! Et est-on libre de demander – comme le fait alors Mr. Paulson, que Goldman Sachs crée un CDO contenant les crédits hypothécaires subprime dont la probabilité que l’emprunteur le rembourse un jour est la plus faible possible ? Assurément ! Et puisque la valeur de ce CDO ne peut que baisser au fil des jours et puisqu’il serait donc fou de l’acquérir soi-même, l’attitude la plus raisonnable ne serait-elle pas de parier que son prix baissera effectivement – en prenant, par exemple, des positions nues sur des CDS, des Credit–Default Swaps ? La réponse est encore une fois « Oui » : cent fois oui ! Et c’est pourquoi on comprend parfaitement l’attitude de la SEC, le régulateur des marchés américains, qui a décidé de ne pas importuner Mr. John Paulson à propos de cette affaire.

L’exercice de la liberté est cependant plus délicat dans le cas de Goldman Sachs, qui décide alors d’offrir à ses clients le CDO « ABACUS 2007-AC1 » structuré en suivant les instructions de Mr. Paulson, le produit ayant été délibérément conçu – comme on l’a vu – pour être la plus abominable camelote imaginable. Le commentaire de Goldman Sachs est celui-ci – et pour ne pas courir le risque de déformer le propos, je cite textuellement Mr. Lloyd Blankfein, le patron de la firme : « Nous sommes bien sûr dans l’obligation de rendre compte pleinement de ce qu’est un instrument financier et d’être honnêtes dans nos transactions, mais nous ne gérons pas l’argent d’autrui ». Et dans la lettre que Mrs. Blankfein et Gary Cohn, le président de Goldman Sachs, ont adressée conjointement la semaine dernière à leurs actionnaires, ils précisent que l’objectif de la grande firme de Wall Street est de servir des clients avertis (« sophisticated »), capables de prendre leur propres décisions. Autrement dit, les dirigeants de Goldman Sachs proposent à leurs clients d’exercer pleinement la liberté qui est la leur d’acheter ou non la camelote que la firme cherche à leur vendre. On reste donc, fermement, dans le domaine des libertés.

On se demande du coup pourquoi la SEC a décidé de chercher des poux à Goldman Sachs dans cette affaire. Une hypothèse : qu’il ne s’agit peut-être pas tant de « liberté » que d’un autre mot présent dans la citation : le mot « honnêteté ». Ah ! vraiment, rien n’est simple !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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69 réflexions sur « BFM Radio, lundi 19 avril à 10h46 – L’exercice délicat de la liberté »

  1. On est les champions !!!

    « Un jeune Français âgé aujourd’hui de trente et un ans, Fabrice Tourre, qui travaillait à l’époque sur les produits dérivés pour Goldman à New York, est aussi visé par la plainte. Début 2007, celui-ci a monté à la demande de Paulson un CDO synthétique (« collateralized debt obligation »), autrement dit un titre représentatif de créances immobilières, les fameux « subprimes ». Baptisé Abacus 2007-AC1, ce CDO a été vendu à plusieurs investisseurs, dont l’allemand IKB et le néerlandais ABN AMRO, sans que ceux-ci sachent que Paulson avait activement participé à la composition du portefeuille ni qu’il allait prendre une position inverse…  »

    http://www.lesechos.fr/info/finance/020485570503-goldman-sachs-attaque-pour-fraude-par-la-sec-la-finance-americaine-a-nouveau-ebranlee.htm

  2. Oui, et le plus marrant de l’histoire,- façon de parler, bien sûr – c’est que les deux concepteurs de ce CDO pourri sont les deux gars de Goldman Sachs qui avaient prédit la chute des produits immobiliers dès 2006, Fabrice Tourre (un Français !) et Jonathan Egol. Ils étaient honnis par le reste des gens de la Banque. Il a fallu qu’ils aient effectivement raison en 2007 pour que le reste du staff de la banque mise volontairement à la baisse sur ces produits. Et on ‘ose’ aujourd’hui importuner ces deux visionnaires, manifestement des adeptes professionnels de la thèse de Jorion !?! Où va-t-on, franchement ? 😉

  3. Selon Luc CHATEL ce matin; « le volcan islandais pourrait saborder la relance économique …  » . En synthèse, comment prendre les gens pour des imbéciles !

    1. Indirectement, il est tout simplement en train de nous dire qu’il n’y a pas de reprise économique.

      D »ailleurs je confirme. Pour contacter régulièrement les Cabinets de recrutement référencés et leaders sur le marché de l’IT, tous me répondent qu’il n’y a pas de reprise des embauches. Le marché se trouvant « extrêmement » tendu pour reprendre le terme employé.

    2. Il y a quelques jours,l’Elysée avait décrété la fin de la récession économique sauf…événement imprévu.
      Le Volcan est arrivé à point.

  4. Le point le plus important me semble t il, qui ne figure pas dans cet article, tient au rating de ce CDO, BBB chez S&P. Cette notation est elle compatible avec une composition faite des « crédits hypothécaires subprime dont la probabilité que l’emprunteur le rembourse un jour est la plus faible possible » ?? Pourquoi la SEC ne s’intéresse t elle pas également aux conditions d’exercice par les agence de rating de leur mission ?

  5. « La loi est un âne », disait un personnage de Dickens. Quand nous parlerez-vous de Kant et de l’impératif catégorique, Paul?

    La liberté, c’est comme la Bohème de Charles Aznavour: « Ca ne veut plus rien dire du tout. »

  6. Je m’étonne que l’équipe de banksters n’ait pas prononcé le mot « légal »..
    Peut-être pour éviter d’appeler le mauvais sort de mise en place de lois, éventuellement..

    Pour ce qui est de l’honnêteté, on se retrouve en 1999 avec la fameuse et fumeuse « éthique dans les affaires »…qui venait du même pays, notez.
    On est pas dépaysé.

    Et rendre compte pleinement ne signifie aucunement l’obligation de résultat. Mais seulement de moyen…

    Hypocrisie maximale.

  7. « en prenant, par exemple, des positions nues sur des CDS  »

    On peut se balader à poil,maintenant,c’est du joli!
    Encore des séquelles de 1968…

    1. Piotr…

      Est-ce que j’évoque ton fantasme à nouveau… ???

      Tu sais, celui dont tu parlais il n’y a pas longtemps 🙂

  8. Pourquoi maintenant ?

    un rapport officiel de 159 pages de la SEC signé par l’Inspecteur Général David Kotz a établi que les anciens 🙂 de la même SEC, savaient en réalité que le banquier Stanford faisait une escroquerie pyramidale de 8 milliards avec ses fonds d’investissements depuis… restez assis… 1997!!! Oui, le milliardaire Stanford, celui qui avait déclaré « c’est bien d’être milliardaire » sur CNBC. « The Securities and Exchange Commission knew that Allen Stanford was involved in a Ponzi scheme as far back as 1997 ». Ce que dit l’inspecteur est dramatique « the scheme was able to continue for so long due to « institutional influences » within the SEC, and the agency’s desire to chase after slam-dunk cases ». Stanford a même été aidé par un haut responsable de la SEC… Arghhh Au secours… Help. Si vous ne me croyez pas, eh bien lisez ici ce communiqué de presse de la.. SEC. C’est beau. Ces Américains sont des grands enfants. Lire aussi CNBC.

    La publication de ce rapport nucléaire et dévastateur, et sa reprise sur toutes les télés de la planète, aurait décribilisé à jamais Washington, Obama et les US, sans parler de la SEC qui avait déjà fermé les yeux sur Madoff. Cela aurait été la 2e mega affaire et aurait prouvé la corruption totale de Wall Street et surtout des policiers de la SEC ainsi que de la classe politique. En catastrophe donc, la SEC a allumé un contre feu géant en convoquant la Goldman Sachs et celui qui a conçu les CDS toxiques basés sur la chute du marché immobilier grand public, John Paulson de Paulson Inc, devant les tribunaux pour une fraude de 1 milliard. Des CDS, rappelons-le, vendus avec enthousiasme dans le mondier entier par la Goldman Sachs. Donc, voilà la vraie raison pour laquelle les policiers de la SEC ont donné le dossier Goldman sachs à Gretchen au New York Times. Les journalistes du Wall Street Journal sont passés totalement à côté. Le feu a d’autant mieux pris qu’il s’agit de Goldman Sachs.REMARQUEZ QUE CE n’EST PAS BLANKFEIN QUI EST ACCUSE MAIS LE FRANCAIS PATRICK TOURRE (lien sur Copains d’avant): « «Tourre et Goldman Sachs sont responsables de l’impression fausse (d’un investisseur trompé) selon laquelle Paulson faisait un pari à la hausse, plutôt qu’à la baisse», a accusé la SEC ». A ce propos, demandez-vous pourquoi cela a pris 2 ans et demi à la SEC pour faire un procès alors que tout le monde sait que la banque a parié sur la chute des subprimes? Bref… pendant que GS va être brûlé sur le bûcher des médias, la SEC, elle, s’en sort miraculeusement sans scandale géant. Magnifique. Et sachez que si Goldman Sachs ne risque pas grand chose, à part payer quelques millions, Paulson, lui, risque presque la chaise électrique puisque les médias le désignent déjà comme le grand responsable. Pourtant il a distribué une grande partie de sa fortune aux associations et aux gens surendettés car il était un peu dégoûté de la manière dont il a gagné son argent.

    Petit détail: savez-vous qui sont les gens de la SEC ? « Des financiers » vous allez me répondre. Ou des « policiers spécialisés dans la finance ». Erreur: ce sont tous des avocats, incapables de comprendre quoi que ce soit aux montages financiers ultra complexes de Wall Street. Cela a été une décision de Washington afin de laisser les magouilleurs tranquilles. Excellent, non ? Je me demande pourquoi ils n’y ont pas mis des charcutiers… Revue de Presse par Pierre Jovanovic © http://www.jovanovic.com 2008-2010

    1. Tout comme un train peut en cacher un autre, ce sacrifice propitiatoire sur le bûcher des vanités viserait à dissimuler un scandale encore plus retentissant ? Comme d’habitude, les prédateurs vont jouer à faire semblant …

    2. « ce sont tous des avocats, incapables de comprendre quoi que ce soit aux montages financiers ultra complexes de Wall Street. (…) Je me demande pourquoi ils n’y ont pas mis des charcutiers… » : la dernière phrase est rigolote mais pas gentille pour les avocats. Je me demande comment Alain Gauvin va réagir, lui qui ne laisse jamais passer ce genre d’attaque.

  9. Le problème #1, c’est que nous, payeurs de taxes et con-sommateurs, allons payer (en remboursement) pour tous ces escrocs, fraudeurs et spéculateurs qui s’en tireront avec les honneurs dans leurs paradis fiscaux.

    1. Je veux bien, Yann, mais…

      Nous avons tout de même été bien heureux qu’ils « fabriquent » à partir de rien des millions de milliards de dollars dont ils ont arrosé un peu la planète…

      Certes, nous les avons laissé faire.

      Que fait-on, maintenant..??

    2. @Yvan
      Ah, je comprends enfin pourquoi des millions de milliards de dollars sont partis en fumée! C’est que des petits malins avaient trouvée le moyen de transformer la fumée en millions de milliards de dollars!

      Loi de conservation, c’est logique!
      😉

  10. Moi, depuis que je lis ce blog, j’apprends beaucoup ! Merci Paul Jorion, les rédacteurs invités et les commentateurs (souvent très bons les commentateurs).
    Mais là je cale ! Comment gagne t-on de l’argent en achetant un produit pourri dont le prix baisse avec le temps ?

    1. visiblement, il y a des gens pour faire des CDS nus, et se dire que les fluctuations peuvent encore les arranger…jusqu’à juste avant la grande baisse (?).

      C’est du « Ponzi négatif », de l’antimatière, en quelque short.

      Façon de voir, bien sûr.

    2. Timotia…
      Je m’excuse, mais… Vous ne l’aidez pas des masses, là. En plus en short alors que Piotr est en string…

      Shorter une position en spot n’implique pas une couverture CDS alors que l’inverse est vrai. Mais pas l’opposée de la contraposée. Vous me suivez..??
      Certes, Piotr a horreur des positions nues. Et je ne peux lui donner tort…

      Saint Kamasutra, dussiez-vous nous donner l’extase du rendement pendant encore de nombreuses années.. 😉

    3. N.B. : si j’ai l’ « air » de plaisanter en faisant des parallèles entre gains faramineux et extase purement physique, ne croyez pas que ce soit si aberrant que cela…

      Veni, vedi, vici…

    4. C’est qu’il s’agit de fonds « humoristiques » au seceond degré.
      Il faut comprendre les choses ainsi.
      « ON » (Paulson) demande la mise en place de crédits subprimes à risques basés sur des personnes qu’on sait à terme insolvables.
      « ON » est donc certain que çà va foirer.
      « on » alors ouvre une fonds génial et drôle ,bourré de leviers et de manettes, pariant (auspices et aruspices non compris) que les subprimes vont s’effondrer génialement.
      C’est pas honnête mais il parait que c’est légal.
      Alors on fait quoi?
      Un article sur le parallèle entre libéralisme et anarchisme?

    5. Il y a deux facons de gagner de l’argent lorsqu’un actif baisse. Soit acheter un actif qui lui est négativement corrélé. Par exemple le prix d’un CDS augmente lorsque les créances soujacentes se détériorent. En effet, un CDS est un peu similaire à un contrat d’assurance. Si en t=0 vous assurez une créance pendant 3 ans, que le marché juge plutôt bonne, vous achetez un CDS et votre prime d’assurance est relativement faible (disons 0.20% de la créance). Si 6 mois plus tard, la créance se dégrade et que le marché juge qu’il faut payer une prime de 10% pour s’assurer contre le défaut, votre contrat (qui lui ne requiert de payer que 0.20%) prend mécaniquement de la valeur.
      L’autre facon est de vendres à découvert. Par exemple si je pense que le prix de l’action A qui vaut 100 aujourd’hui va descendre, je viens vous voir, je vous l’emprunte en t=0. Je la vend à 100 en t=0. Si en t=6 mois l’action vaut 50, je la rachète et je vous la rend (j(ai donc gagner 50). Si elle vaut 130, comme je dois vous la rendre, je doit l’achèter et vous la rend (j’ai perdu 30). La vente à découvert permet donc d’avoir la position inverse de l’achat…

    6. Comme il n’y a pas création de valeur, ceux qui gagnent le font automatiquement au détriment d’autres qui perdent. L’argent qui est transféré du perdant au gagnant n’a pas spécialement grand-chose à voir avec l’enjeu du pari.

      En quelque sorte, Paulson faisait un pari que les CDO allait baisser tandis que d’autres banques pariaient qu’ils allaient monter. Au final, c’est Paulson qui a gagné et les banques lui ont versé l’argent (l’enjeu du pari). Note bien qu’on peut parier de cette manière mille euros, un million d’euros ou un milliards d’euros de cette manière (comme on peut parier sur le résultat d’un match de foot).

      En réalité, la manière dont le pari est réalisé met en oeuvre des contrats et des marchés relativement compliqués, mais au bout du compte, c’est simplement équivalent à un tel pari.

    7. Merci beaucoup à tous de vos explications. Je commence à comprendre.
      Je note ce que j’appelle une perversion du système : on me dit « j’emprunte une action valant 100 à t=0 et je la vend ». Comment peut on vendre quelque chose que l’on a emprunté ou, pour être plus clair, quelque chose qui ne vous appartient pas ? Comment cela tient-il du point de vue juridique ? Voyez ma naïveté !
      Quant à la comparaison avec les voluptés physiques, je reste dubitatif tant ce monde de la finance me parait pervers -))

    8. Reste la question de départ :
      Comment trouve-t-on les pigeons de premier rang, ceux qui achètent le produit structuré et qui laisse le spéculateur l’emprunter ? Ils croient que la prime de x % des intérêts versé par l’emprunteur suffit statistiquement à leur assurer une espérance de gain malgré le risque de détérioration du prix ?

      La confiance de ce type n’est forcément qu’une confiance de mouton (je fais confiance par ce que les trois autres acteurs de marché que je connais ont fait pareil).
      Alors ? Et à mouton, mouton et demi, dis le spéculateur.
      et Alors alors ? (roulement)
      Comme ils le savent tous, ils pensent tous être le « mouton et demi » d’un « autre mouton » à tondre.

      Je maintiens donc que psychologiquement, c’est pas très loin de Ponzi, on sait qu’on ne fait que tondre, on n’ajoute pas de laine à l’économie réelle. Ponzi, c’est franc et massif. Là, pour les ventes short, ça se prétend civilisé. Hum.

    1. Sauf que là, c’est une religion.

      Ne confondez pas en vous laissant piéger par la propagande habituelle et ambiante.

  11. Il ne suffit pas de déplorer les endettements excessifs et l’insolvabilité de nombreux agents économiques,publics et privés,le non respect des normes prudentielles,l’opacité de certaines entreprises financières ou sociétés écrans,la complexité,la perversité et la diffusion dans le monde entier de certains produits financiers ou d’assurance-crédit,la spéculation débridée sur les produits dérivés,

    Il faut,sur la base d’une Convention Financière Internationale,instaurer une régulation financière internationale,s’appliquant à tous les territoires(y compris les paradis fiscaux),à toutes les entreprises financières ou non financières(y compris les hedge-funds),à tous les types de produits financiers préalablement agrées(y compris les produits dérivés)et à tous les produits d’assurance-crédit(y compris les CDS).

    Les produits pharmaceutiques doivent être agrées avant leur mise sur le marché;il devrait en être de même pour les produits financiers et d’assurance-crédit.
    Les transactions sur de nombreux produits dérivés s’apparentent à des jeux de casino:elles devraient donc être interdites ou réglementées et taxées comme le sont les paris sur les courses,les sports ou les loteries.
    En ce qui concerne l’assurance-crédit,les prêteurs de premier rang devraient être responsabilisés davantage dans l’appréciation des risques;à cette fin, ils devraient conserver une part significative du risque(70 % du prêt consenti?) et ne pouvoir se réassurer qu’auprès de sociétés spécialistes de la réassurance.
    Il faut exiger,des paradis fiscaux comme de tous les territoires,la publication systématique de l’identité des actionnaires et des comptes de toutes les sociétés,trusts ou fondations qui y sont domiciliées,pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale( non seulement des personnes physiques mais aussi et surtout des institutions financières et des firmes transnationales)et pour lutter contre les trafics criminels en tous genres(drogues,armes,prostitution et autres),le financement du terrorisme ou des guerres civiles,la corruption,le détournement des fonds destinés à l’aide au développement,le contournement des règles prudentielles,la spoliation de l’épargne des ménages,la spéculation débridée,et il faut interdire ou taxer lourdement toute transaction financière avec des territoires qui ne respecteraient pas les obligations fixées par la Convention Financière Internationale.

    1. Oui. Mais il y a … concurrence. (belle blonde bien…)

      Et son copain pragmatisme. (beau brun musclé et agressif…)

    2. Les produits pharmaceutiques sont agrées avant leur mise sur le marché.
      Au bout de combien de morts ou « d’effets indésirables »sont-ils retirés du marché?……..

  12. Le bouc emissaire est deja trouve.

    J’espere naivement qu’il ne suffira et que l’institution judiciare devra offrir un peu mieux.

  13. Finalement, peut-on utiliser le vocabulaire de San Antonio pour traduire CDO et autres machins par : « investissement dans des pompes à m… » ?

  14. L’honnêteté, la morale ?

    Que vaut une éthique supérieure quand les besoins vitaux du banquier ne sont pas remplis ?
    L’ingénieur financier de Goldman and Sachs est un glouton, il ne connait pas de mesure.
    La SARL qui l’emploie a une responsabilité limitée, alors elle se goinfre.

    En allemand on dit : « Erst kommt das Fressen dann kommt die Moral » comprendre « Donnez nous à bouffer avant de parler de morale ». Si la population étudiée est gloutonne, la morale ne survient jamais. Il est dès lors curieux que la SEC s’inquiète d’un scénario écrit, maitrisé, et parfaitement planifié par des gloutons dont la morale serait un frein aux affaires.

  15. La liberté, pourquoi faire ?

    Contre cette notion si abstraite et si peu précise je propose : l’intérêt commun et le sens commun.

    1. Mais il faut une forme de sublimation pour que la sauce prenne.

      L’homme doit savoir s’empêcher (même Finkielkraut fini par le dire comme ça).

      Et ça, ça ne s’apprend pas par panpan cucu attention au gendarme.
      Ce sublime là veux dire qu’on a eu l’expérience de la honte et de la justice.

      Pour qu’on l’aie, cette expérience, il faut qu’elle imprègne « naturellement » la société.

      « Et c’est quand il n’y en a pas beaucoup qu’il y a des problèmes », comme le susurre mon spécialiste auvergnat de la vulcanologie.

  16. Saint-Etienne, première d’une longue liste

    La municipalité stéphanoise est dans une situation particulièrement difficile. Car pour annuler les 10 contrats de swap, Saint-Etienne devra débourser 100 millions d’euros. Tout cela, au départ, pour un emprunt de 22 millions d’euros !

    Saint-Etienne n’est pas la seule ville concernée en France et plus généralement en Europe. D’après Eurostat, en 2008, les municipalités et autres entités locales européennes étaient endettées à hauteur de 1 210 milliards d’euros, dont plusieurs milliards en produits dérivés.

    http://www.moneyweek.fr/20100427302/conseils/economies/credit-swap-municipalite/

    1. http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9364
      « Saint-Etienne refuse de régler une échéance sur un produit dérivé de la Deutsche Bank – des milliers de villes européennes sont piégées par ce type de contrat (Bloomberg) »

      Pour connaître Saint Etienne, je sais qu’elle peut être la première ville française qui pourrait nous faire le « coup du père grec » ou mieux, le « coup du père islandais ».

      Ceci écrit, Grenoble a été la première ville a porté plainte contre une gentille banque, puis Lille a suivi.
      La suite de ces histoires ne semble pas avoir défrayé la chronique… PS, peut-être…

      Tant que j’en suis à catalyser les courants d’informations, il ne serait pas impossible que les petits ruisseaux de défaillances fassent les grands fleuves noyant la montagne Ponzi…

    2. Heeeeuu..
      Monsieur Leclerc.
      Tout référence à votre prénom est complètement, mais franchement complètement sans rapport.
      (je viens de tilter avec, comme d’hab, un léger .. retard 🙂 )

      Vous deviez vous en douter, car entre nous, pas d’argent, bien sûr. Nous faisons dans le fun, et c’est ça qui apporte le plaisir.

    3. Un univers à soi
      qui transforme vers à soie
      un univers de rouge
      qui déforme verre de rouge
      un univers de gris
      uniforme vert de gris
      un univers de peur
      qui écœure vert de peur.
      Les Stéphanois se noient…. Allez l’hivers!!!
      Et vive le gel de la dette….

    4. Une question : que viennent faire des communes dans la spéculation internationale ?
      Serait-ce qu’elles disposent de trop de fonds inutilisés dans leurs tiroirs-caisses ?
      Comment des communes sont-elles amenées à jouer le jeu du spéculateur ?
      Quelques éclairages supplémentaires venant d’un élu ou d’autres personnes sur le blog de Paul seraient les bienvenus.

    5. De plus en plus endettées, elles n’ont fait que suivre les sirènes de leur prêteur historique, qui s’appelait le Crédit local de France du temps où celui-ci était filiale de la Caisse des dépôts de consignations. Avant de fusionner en 1996 avec le Crédit communal de Belgique.

  17. – Ce n’est pas un crime de spéculer.
    – Peut-être, mais ce qu’on ne vous pardonnera jamais, c’est d’avoir pensé avant vous.

    Pierre Aristide Breal

  18. Intention manifeste de fraude, sans véritable actes positifs frauduleux : effectivement c’est une situation assez complexe juridiquement, l’escroquerie étant difficilement caractérisée, alors même que l’intention de nuire est claire ; il s’agirait alors d’une sorte d’abus de droit ? mais aux USA çà va chercher combien ce genre de chose ?

  19. Liberté:
    Du latin libertatem, accusatif de libertas qui signifie « état de l’homme libre », lui-même dérivé de liber « homme libre », de l’adjectif latin lībĕr (« socialement libre », « sans entrave », « indépendant ») par opposition à « esclave ».

    Esclave:
    Celui ou celle qui par sa naissance n’est pas de condition libre ou que la violence a mis sous la puissance absolue d’un maître. Comptons nous….
    (Figuré) Ceux qui par flatterie, par intérêt, se mettent dans la dépendance de quelqu’un et suivent aveuglément ses volontés.
    … Des clients avertis (« sophisticated ») en somme. Des renards « libres » d’attraper la grippe aviaire dans le poulailler libre en mangeant les farines de leurs cadavres et trois fois en moyenne leurs propre déjections….
    Il serait donc vain de rechercher des poux dans la tête d’un « crâne d’oeuf » auto-proclamé grand maitre en zootechnie.

    honnêteté:
    État moral constitué par l’instinct ou l’habitude de la vertu, de la probité.

    vertu :
    Disposition ferme, constante de l’âme, qui porte à faire le bien et à fuir le mal.

    probité :
    Qualité d’une personne probe. Droiture, bonne foi, honnêteté rigoureuse.
    Observation scrupuleuse des règles de la morale sociale, des devoirs imposés par la justice.

    Rien n’est « simple » quand on se penche sur la vertu et la probité de « la rue du mur » de Babylone « City ».
    « Heureux les simples en esprit car le royaume libre d’Hadès leur appartient. »
    Simple, non?
    Trop sans doutes.

  20. Le FMI , via DSK, préconise le Contrat de Travail Unique pour contrer la crise ( info Marianne2 )

    Si avec çà, Les socialistes n’ont pas encore compris que DSK est libéral et est à la botte du grand « Capital » mondialiste, puisq’il en dirige leur arme institutionnel de propagande le FMI, alors il faut qu’ils retournent à leurs chères études.

    http://www.marianne2.fr/Le-FMI-preconise-le-Contrat-de-Travail-Unique_a191784.html?com#comments

    1. Qui se ressemble s’assemble ! dit le proverbe.
      N’est-ce pas Sarkozy qui a voulu que Strauss-Kahn devienne Directeur général du FMI ?

  21. « ABACUS 2007-AC1 »

    A mon avis les investisseurs ont du confondre avec A BACCHUS ,un produit + fun dans l’esprit « in vino Baies FM « 

  22. Le devoir de conseil s’applique t-il (et comment) aux banques ?
    Il serait intéressant d’étudier les informations qui ont été mises à disposition du public sur ce produit….
    (appréciation du caractère « camelote »

  23. L’honnêteté peut-elle être prévue, codifiée, dans des textes légaux. Il me semble que non.
    La finance étant par définition amorale et ses acteurs malhonnêtes, le but d’y tromper et rouler les autres est donc inéluctablement inscrit dans son foncrionnement.
    Certes, on pourra trouver des moyens de limiter les escroqueries (interdiction des paris sur les prix) mais jamais de les empêcher réellement.
    Keynes avait donc raison de demander l’euthanasie des rentiers… ? Et les honnêtes gens de souhaiter la fin du capitalisme ?

    1. La façon dont vous évoquez la finance me fait penser à un autre secteur, celui du commerce. On pourrait les associer dans l’image d’un corps, dont l’un serait la tête, l’autre le système nerveux… Le bras, lui, s’incarnerait dans l’industrie.

      « La finance étant par définition amorale et ses acteurs malhonnêtes, le but d’y tromper et rouler les autres est donc inéluctablement inscrit dans son fonctionnement. »

      Le commerce n’est guère plus moral que la finance. Toutefois, son moindre niveau de technicité permet d’adjoindre aux acteurs foncièrement malhonnêtes d’autres qu’on pourrait ainsi qualifier « d’idiots de bonne foi ». Ces derniers sont d’ailleurs les plus fervents défenseurs de leur activité, et pour cause, ils « ont foi » en ce qu’ils font.

      L’activité en question consistant également à tromper et rouler les clients. Les méthodes plébiscitées: Le marketing et la publicité.

  24. Les nouvelles et articles de contreinfo confirment une éventuelle possible hypothétique probable sujétion de projet de brouillon de commencement de réflexion d’étude de conjonctions pas forcément favorables.
    Comme dirait mon avocat « préféré » : « sous toute réserve ». (pas fous, les mecs)(responsable, mais pas coupable)

    La conjonction entre perspectives de fin d’exploitation planétaire et fin d’exploitation financière me laisse encore en extase face à la contemplation des scories dévalant les pentes abruptes du volcan fertile de mon imagination débridée…

    Débandade ou complot…???

  25. Dissonance a dit :
    « Le commerce n’est guère plus moral que la finance.
    L’activité en question consistant également à tromper et rouler les clients. »

    Je trouve que si quelqu’un a été roulé par un autre, il peut le faire savoir et il devrait pouvoir porter plainte. Si ce n’est pas possible, c’est que la vie est organisée par des gens malhonnêtes, ce qui est probablement le cas !
    Le cas existe aussi de celui qui a engagé de l’argent mal-acquis. Il est, alors, pris à son propre jeu. Les escrocs usent et abusent de cette possibilité !
    Mais, ceci étant un cas où il y a une sorte de punition automatique, ce n’est pas de celle-là qu’on parle, mais bien des arnaques visant à faire payer des gens qui ne le devraient pas comme les contribuables qui doivent renflouer les « dettes de jeu des joueurs » et, là, il y a un grave hiatus inacceptable quelles que soient les astuces élaborées dans les lois par ceux qui les font pour protéger les voleurs financiers. Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom ? Surtout, quand on sait qu’il s’agit pour ceux-ci d’une manière de vivre !

    1. Le distinguo entre finance et commerce est forcément ténu: Les deux procèdent de la même logique propre à l’économie de marché. Au demeurant, l’escroquerie dans le commerce peut prendre des formes bien plus subtiles que vous ne semblez le penser.

      Entamer une procédure judiciaire, comme vous le suggérez, suppose par exemple que l’indemnisation exigible soit supérieure aux frais engagés. Le consommateur pragmatique aura plutôt tendance dans ce genre de cas à « s’assoir » sur le préjudice subit. Il peut porter plainte, mais il ne le fera pas, sauf « par principe ». Mais dans ce cas il ne sortira de toute façon pas « gagnant » au strict sens comptable du terme.

  26. Je voulais dire qu’il n’y a pas deux façons de s’y prendre. Tant qu’on n’empêchera pas, d’une manière ou d’une autre, quelle qu’elle soit pourvu qu’elle soit efficace, la malhonnêteté intellectuelle et viscérale, qui consiste à rendre inattaquables juridiquement les malversations, les escroqueries et les vols organisés, tout continuera. On sait de qui et de quoi il s’agit : qu’on les flanque dehors et bon débarras ! Ce n’est probablement pas possible, mais c’est dommage ! Qu’a-t-on besoin de s’encombrer de gens malfaisants qui ne pensent qu’à escroquer les travailleurs ? Là est le problème : comment mettre hors d’état de nuire ces gens malfaisants qui passent leur vie à monter des coups, à changer les lois au gré des combines à venir, puis à répondre : « pas coupable ! », voyez mes avocats ! Jusques à quand les gens qui travaillent vont-il supporter la mauvaise foi de ces parasites ?
    C’est clair ou c’est pas clair ? Est-ce vrai n’est-ce pas vrai ?

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