Quand les spéculateurs combattent la spéculation

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand un grand spéculateur devant l’Éternel appelle à lutter contre la spéculation, c’est qu’il y a du changement dans l’air.

L’agence Bloomberg rapporte que Mr. George Soros considère que les Credit-Default Swaps (voir glossaire) sont dangereux et s’assimilent à une autorisation légale de meurtre (« a license to kill ») et ne devraient être permis que « lorsqu’il existe un intérêt susceptible d’être assuré », autrement dit, ne devraient être autorisés que lorsque celui qui achète un Credit-Default Swap est réellement exposé au risque contre lequel ce CDS constitue une assurance.

La déclaration de Soros vient donc apporter de l’eau au moulin de Mme Merkel et – depuis hier – de Mme Merkel et Mr Sarkozy réunis, ainsi que de Mr Bill Lockyer, Trésorier de la Californie, quand ils réclament tous l’interdiction de ce que l’on appelle de manière alambiquée les « positions nues dans les ventes à découvert », et dit en des termes plus clairs : l’interdiction de déstabiliser l’évaluation objective d’un risque en s’assurant contre lui alors qu’on n’y est nullement exposé.

Pourquoi Mr Soros intervient-il en ce sens ? Pourquoi un spéculateur réclame-t-il l’interdiction d’un grand vecteur de spéculation, tel que le Credit-Default Swap ? Pour la raison qu’il mentionne : parce que cet instrument financier est beaucoup trop dangereux… parce qu’aucune des deux équipes, ni même la plus déterminée des deux, n’a intérêt à ce que le terrain soit impraticable. On retrouve là la philia d’Aristote : l’effort que même le plus égoïste est prêt à consentir : la solidarité minimale qui doit être mobilisée pour faire en sorte que la partie puisse se jouer dans de bonnes conditions.

Bienvenue Mr Soros dans le camp des partisans de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ! Votre conversion est intéressée mais ne boudons pas notre plaisir : c’est une conversion quand même.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

96 réflexions sur « Quand les spéculateurs combattent la spéculation »

  1. Le capitalisme comme le phénix renaîtrait il toujours de ses cendres? Les plus intelligents
    des profiteurs du système en place ont compris qu’ils sciaient la branche sur laquelle ils sont assis.

  2. Si j’étais né dans un coin perdu des E-U, je dirais un truc du genre :
    pendez-le haut et court …

    Cet individu donne des conseils et des économistes viennent se prostituer dans sa fondation alors qu’il est un rouage majeur du système.

    Ce que je dis est violent. Mais là nous ne sommes pas seulement confrontés à un processus impersonnel. C’est à un individu qui connait les conséqunces de ses actes.

    1. Deux choses déterminent le cours du monde : les idées et les circonstances.
      D’aucuns diront la force. Mais la force sans les idées et les circonstances n’est rien.
      Autrement dit ce qui permet de modifier un rapport de forces ce sont idées et circonstances.

      AInsi donc quand une circonstance (Soros) rencontre une idée (l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix) pourquoi cela devrait-il faire de ladite idée une mauvaise idée et surtout de ladite circonstance une mauvaise circonstance ?!
      Il faut voir Soros comme un allié objectif sur l’échiquier politique pour damner le pion aux spéculateurs et à leurs supporters. Peu importe que Soros a seulement le désir de poursuivre le jeu si cela permet à d’autres de substituer à l’échiquier actuel un nouveau jeu, qui cette fois pourrait plus favorable pour tous.
      .
      Il semblerait que pour une fois le court terme entre en phase avec le long terme.
      Est peut-être arrivé le moment où les préoccupations à court terme de certains décideurs — éviter la faillite, une grave récession, voire dépression, qui leur seraient politiquement fatale –, les inclinent à prendre les mesures dont ils pensent qu’elles leur permettront le garder le contrôle du système en sorte que celui-ci serait conservé dans ses grandes lignes. Or sur ce dernier point rien n’est moins sûr. Si l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix devait être généralisée la finance hypertrophiée perdrait une grande partie de ses forces vives, si bien que le système capitaliste deviendrait méconnaissable. Le rapport de force favorable aux investisseurs à court terme en serait modifié, la sphère financière ayant été réduite comme peau de chagrin.
      En pensant faire une petite concession, on irait en réalité beaucoup plus loin.

      Bref, nous avons tout à gagner à ce que les déclarations du genre de celle de Soros se multiplient.
      Encore bien vu Paul ! La partie n’est pas finie, mais cette fois une nouvelle configuration prend forme.
      Maintenant que sur un plan rationnel l’idée de l’interdiction des paris sur les prix apparaît fondée et nécessaire pour un nombre plus grand d’acteurs, quand bien même les décideurs actuels n’iraient pas jusqu’au bout de leur démarche, l’idée est maintenant dans l’air ! Et c’est ce qui compte.

      PS. Les anciens du blog se souviendront des nombreux commentaires qui prédisaient que jamais l’interdiction des fluctuations de prix ne serait à l’ordre du jour. 😉

    2. je comprends votre hargne, je ne sais rien de Soros
      il me semble simplement expliciter que les CDS-nu-s vont inévitablement finir par se retourner contre la finance elle-même, ce pourquoi il importe de les interdire

      il va de soi, que pour ce qui me concerne, je serais autrement plus radicale
      les financiers se font mousser par le risque, eh bien ces risques qu’ils prennent , et dont ils nous font une propagande pour se faire bichoner, dorloter, et ci et tout, alors déjà qu’ils les assument pleinement, complètement, totalement, sans bouclier, sans parade, sans assurance, sans toutes leurs biaiseries

    3. Soyons sérieux : si ces gens qui ont tant de responsabilités dans la déliquescence de notre monde se permettent d’apparaître au grand jour et e continuer à donner leur avis et de nous manipuler ,il est bien évident qu’ils ne représentent que la partie émergée de l’iceberg et qu’ils ont la certitude de na risquer absolument rien…Notre révolution a été violente parce que les opposants étaient parfaitement localisables et que hormis les émigrés ,les rapports de force ,les armes n’étaient pas en leur faveur…Je simplifie évidemment mon propos sans entrer dans les excès de la terreur et de la contre révolution d’ailleurs…

      Bref ” pendez les haut et court ” est un pur fantasme…D’ailleurs les milices privées sont bien là pour les protéger .

      Reconnaissons que ce sont des adversaires redoutables , dangereux , qui ne reculeront devant rien ,cela pour éviter des drames liés à des actions et aventures complétement stupides , spontanées ou mal préparées , et vouées à de sanglants échecs…Un peu à l’image de la commune de 1870 ou des barricades de 1830 et 1848…

      Car ,il est évident que leur force tient aussi dans le fait qu’ils ont réussi à mettre dans leur camp les petits profiteurs du système , les petits possédants , les petits rentiers , les retraités confortables ,et les petits épargnants , etc…

      Plus la capacité qu’ils ont de s’offrir des lobbyistes libéraux, vantant les mérites de l’individualisme , du démerde-toi dans la jungle qu’ils ont réussi à reconstituer…

      Notre arme est la patience , la pédagogie , le rapport de force optimal et je le pense, l’action de masse non violente , ce qui ne veut pas dire qu’elle ne fera pas de victimes…

      Encore que la guerre risque de mettre à mal tout ceci …

      Dernière chose : supposons qu’un crack entraîne la ruine d’une majorité d’entre nous : ces m^mes élites ont mis la main sur les réserves d’or, de minerais précieux,de matières premières , et de territoires immenses ,qui leur permettra de rebondir le jouir d’après…

  3. Pour quelle raison les dirigeants anglo-saxons ne suivent-ils pas ce qui semble être une mesure raisonnable?

    1. je persiste à dire que la crise qui s’expose aujourd’hui, se perçoit déjà dès 1983 ou 84 …

      pour moi , dans ma petite vie personnelle, elle est vraiment une évidence exprimée par le pouvoir politique, avec la loi Barsach, qui se moque complètement de l’éducation parentale, son critère n’est pas de s’occuper effectivement de ses enfants mais d’apporter les justificatifs du fait d’avoir travailler un an,
      en quoi le fait d’avoir travailler un an peut-il s’interpréter comme un brevet d’éducation parentale, plus que d’avoir fait des études, de savoir jouer d’un instrument de musique, de gérer bénévolement une crèche parentale, de s’occuper bénévolement de la bibliothèque de l’école …?
      si ce n’est parce que l’esprit de la résistance est perdue, et que désormais le salaire, toujours à l’index de l’entreprise est devenu le maître du critère de tout

      après j’ai vu les réformes des mutuelles, ce devait être un peu après 2000, cette époque où les médias n’en finissais pas de nous traiter de patients irresponsables, presque que soit disant les parents allait chez le médecin pour leurs gosses plus souvent qu’ils n’allaient à la boulangerie, et en plus ils montaient sur la table du médecin pour l’obliger à signer, contre son gré, des ordonnances les plus onéreuses qui soient notament d’antibiotiques parfaitement inutiles…
      dans ma petite vie à moi, de ma famille à moi, le plus cher exigée de la sécu, correspondent à deux erreurs médicales de spécialistes, les deux consultés sinon à l’obligation, à la demande de l’institution ou l’organisation de la santé publique
      dans les deux cas les médecins ont menti, je le sais, la médecine est un métier difficile, les médecins ne sont pas des Dieux, ils peuvent faire des maladresses, être aveuglés par des peurs complètement irraisonnées -très médiatiquement catalysee par la propagande des la boratoires -dont je précise que tout n’est évidemment pas a jeté non plus … – mais il s’agit là d’une angoisse tellement largement catalysée par les assurances ….
      bref depuis je sius désolée mais je ne supporte pas l’hypocrisie, alors je fais la grève du patient
      vous, vous y croyez encore à la sécurité sociale ???
      les retraites, c’étaient déjà fini avant la fin 2000, personnellement, j’ai tout jeté … d’accord, j’ai mauvais carastère, mais entre rien et pas grand chose qu’est-ce que je risque ??
      cependant que la propagande -lincitation, le sponsor – de l’état est sur les retraites complémentaires- il faudrait sans doute rajouter, si possibles privée, -mais le catalogue des exonérations, réductions, déductions d’impôts est assez indigeste …- cela cependant qu’aujourd’hui les syndicats …????

      Qui que ce soit d’un peu sérieux, sait que la médecine US est chère, elle est la plus chère qui soit dans ce monde, tout en étant qualitivement médiocre, les chiffres de mortalité infantile sont médiocres, les âges de mortalité sont médiocres, notre système à 70% par répartition, tout frais confondus est d’un bien meilleur rapport qualité prix
      Je n’ai pas les chiffres pour la retraite mais je suppose qu’il en est de même -par ex : Morales a récupéré sur des comptes suisses, l’argent capitalisé de travailleurs boliviens, obligés de cotiser à une assurance privée, quoiqu’il était presque évident que statistiquement ‘ils seraient morts avant d’en profiter, il me semble que la Suisse a laché mais je n’ai pas vérifié – ..

      En 1989, lorsque le “mur” est tombé, – et aussi que Gorbatchev s’est fait envoyé sur les roses de “la maison commune”- il était clair pour moi que le capitalisme sans le communisme -la gauche européenne même française -je veux dire le PS de gouvernement, … , c’est aussi les “travaillistes anglais”, les”sociaux démocrates” allemands, …- pour essayer de l’équilibrer, ne pouvait que s’autodétruire -d’ailleurs c’est ce qu’il fait, et je ne vois pas comment il pourrait faire autrechose, d’accord il a déjà fallu deux guère, d’accord le monde n’a plus les moyens de se payer une guerre, il n’y survivra pas, mais le capitalisme débridé étant ce qu’il est, il ne faudrait pas trop rêver, lucidement il vaudrait mieux se préparer à craindre le pire ….

    2. Bonjour,

      @ Cécile :
      Ce que vous dites est vrai, parfaitement vrai, ce type de loi (Barzach, du nom de sa ministre initiatrice) est un signe évident de décadence législative, morale etc.

      @ Monmon :

      L’explication relève : du poids de l’histoire, d’un pouvoir qui, un jour, a basculé, dans l’Empire américain ex-dominant (je prends un peu d’avance sur l’histoire, mais si peu) du côté du commerce (redemandez en l’explication à Monsieur Jorion).
      Pour un inventaire exhaustif à la fois religieux et philosophique de la question, je vous conseille de vous adresser à Antoine Y (avatar rose) : il me semble le plus à même de vous répondre.

  4. Qui aurait parié une choucroute la dessus?
    Et bien entendu monsieur Soros va derechef interdire de telles pratiques dans les bienveillantes offices qu’il dirige! Elle est pas belle la vie?
    Demain vendredi: Il fait beau!

    1. une choucroute, c’est une choucroute …
      (au moins les patates….)

      NB
      Karambolage ARTE Emission du 29 novembre 2009
      le mot : la choucroute
      http://www.arte.tv/fr/Videos-sur-ARTE-TV/2957762.html
      extrait:
      “En alsacien, chou, “Kraut”, c’est “chruut” – et prononçé à la française, ça donne “croûte”. Le “Sauerkraut” français, c’est donc un double chou – “chou-chruut” “chou-croûte” ; le chou français doublé par le chou allemand : voilà le secret de ce plat typique – et souvent délicieux – de la cuisine alsacienne, la choucroute.”

    2. Drôle d’explication. Reprenons.

      Chou sûr (comme dans « crème sûre ») = sûr chou = sauer Kraut = Sauerkraut. Après quoi, le Français prend le mot qui veut dire « sûr » pour celui qui veut dire « chou » et on a choucroute.

      Comme le mot anglais « walkie-talkie » devient en français : « talkie-walkie ».

    3. Dans le mot allemand “Sauerkraut”, “sauer” signifie “acide”.
      Die Zitrone ist sauer (en anglais “sour”).

      Der Kohl = le choux,
      das Kraut = le chou râpé, et “die Kräuter” ce sont les “herbes aromatiques”,
      ici le chou rendu acide par sa fermentation.

      Bon appétit cet automne.

    4. Je pense que je vais me faire re-surnommer : Choucroute Dutchman…

      BA.. le pari tient toujours 😉

    5. Lorsque je pense que ma spécialité est l’omellette…
      Omellette particulière par ses trois arômes séparés. Oeufs, garniture et quelque chose que je ne révèle jamais 😉

      Notez, ça doit être pour ça que je laisse la choucroute à des spécialistes.

  5. S’il faut prendre en compte une (autre) déclaration (de plus) de M. Soros pour alimenter le blog, alors soit !
    Demain tout sera oublié. On parie ?

    1. Soros a TOUJOURS roulé les autres.

      C’est son job, sa nature, son essence, sa passion, sa quintessence, son or noir, son or blanc, sa façon, sa passion, son amour, sa pensée, son idéal, son paradis, son “paradigme” (expliquez-moi le mot), sa façon de faire, sa façon d’être, sa façon de “faire-faire”, son amour de tous les temps, sa..

      Je regrette presque de n’être pas homosexuel tant je l’aime, cet homme…

    2. Je regrette juste pas vraiment beaucoup, d’ailleurs…
      N’allez pas vous faire des films, non plus…

  6. Bonjour à tous,

    Qui plus est, le renard Soros a placé de pions dans les années 1990,
    Dans beaucoup de pays de l’Europe de l’Est…
    Il ne faudrait pas tuer la vache à lait, tout de même!

    Cordialement,
    Ordjoun

    1. Il y a un truc comme ça la dessous, c’est sur !

      Et méfiance, ces gens là pratiquent en expert l’enfumage et le jeu à plusieurs bandes….

  7. Il me semble qu’il n’en est pas à son coup d’essai . Il y a une dizaine d’années, dans un livre ou il se vantait de son exploit de spéculation sur la livre sterling il tenait déjà ce discours, qu’il fallait faire quelque chose, qu’on ne pouvait pas continuer ainsi … Je me suis laissé prendre et j’ai pensé que c’était quelqu’un de bien .
    J’ai bien sûr révisé mon jugement depuis !
    Nous ne sommes que des enfants, nous manquons de connaissances sur les mensonges et la duplicité, nous devrions étudier de près la psychologie des grands pervers .

  8. Quelque part, ce sont les plus filous qui connaissent souvent le mieux les ficelles.
    Quand ils se mettent à table, c’est qu’il y a des raisons…

  9. Soros, comme porte-voix de Paul Jorion: je ne boude pas.

    Mais me projetant déjà dans “l’après CDS”,
    je me demande où vont aller ces énormes capitaux spéculatifs disponibles
    puisqu’il est hors de question qu’ils alimentent l’investissement non rentable des différents secteurs de l’économie autres que financier.

    1. @ Cécile,

      et votre solution serait…?
      Parce que, celle des pro capitalisme, je connais déjà, c’est encore plus de capitalisme.

    2. Ces énormes capitaux disponibles comme vous dites ne sont que des contreparties d’énormes dettes qui ne serait jamais engagées s’il n’y avait une perspective de gains ou de commissionnement en rapport avec le pseudo-capital engagé.

      la méthode merkel va assécher ce marché en ramenant les capitaux disponibles sur ces opérations à quasi rien.

      en clair si vous engager un million pour creuser une mine, vous n’avez plus ce million et vous n’avez plus qu’a attendre d’avoir vendu un grand nombre de caillou pour récupérer ce million.

      avec le système actuel vous avez un nombre illimité de million et vous creuser autant de mines virtuelles que vous voulez mais bien sûr vous ne produisez rien à part faire couler les vraies mines qui fonctionnent encore.

      quelques règlementations et quelques taxes judicieusement placées suffisent à mettre en l’air ce pseudo-business, il faut juste reprendre la main et ce n’est pas gagné d’avance.

      Quelqu’un peut il convaincre Mme Lagarde de retourner sa veste.

    3. @ zebulon

      Mme Lagarde accepterait peut être de retourner sa veste, mais autant demander à Rantanplan de retrouver les Dalton.

      Merci pour votre éclairante métaphore minière.
      Mines virtuelles ou mines cailloux, pour moi le capitalisme ne peut survivre parce que désormais inadapté à notre planète, à nos sociétés futures.
      Il a rendu ses services avec des coûts en contrepartie et notamment depuis la Révolution industrielle mais il a fait son temps.
      Quant à la réalisation d’une possibilité de transition-mutation de l’homme, c’est sur ce blog que je viens en chercher les échos dans vos suggestions.

  10. Ils ne le feront pas par devant… ils le feront par derrière… un système est un système, ses règles sont intangibles…
    L’engrenage repartira à la spéculation dès que les consciences seront endormies.
    Non, cela ne me rassure pas du tout, il faut inventer un autre système, même si vous l’appelez pareil… que les règles, les principes et les valeurs changent définitivement… en particulier que les êtres, leur survie, leur travail, et la nature qui les entoure soient les premières préoccupations, soient effectivement mis au centre. La liberté et le bien-être en seront les conséquences logiques.
    Que le fric ne soit qu’un moyen et pas l’OBJECTIF.

    Mais je suis d’accord, les contradictions du système capitaliste nous arrangent parfois beaucoup, car en ce moment, il s’étrangle lui-même, où en tout cas assèche les sources de ses gains. le jeu n’est plus trop marrant pour eux. La réaction de ces spéculateurs prouve seulement qu’ils ont compris qu’ils allaient pâtir de leurs propres malversations, qu’ils se mangeraient entre eux s’il tuaient les salariés, les états, leurs poules aux oeufs d’or… alors, ils vont revenir un peu en arrière… et recommencer. Entretemps, ils auront réussi, si nous ne les empêchons pas, à couler nos services publics. C’est leur but! DEREGLEMENTER, PRIVATISER, FLEXIBILISER, DIVISER POUR REGNER! Faire retourner les mômes au turbin dès l’âge de 14 ans, les femmes aux casseroles et aux enfants, pendant qu’on y est, etc.
    Une politique digne du 19ème siècle!
    Mais c’est sans compter ce qu’on appelle la force de résistance… ils voudraient bien, mais ils n’y parviennent pas comme ils voudraient. Il existe tout un tas de petits grains de sables dans les rouages qui font grincer leur belle construction. Et les grains de sables, c’est vous, c’est moi, c’est tous ceux qui se lèvent tout doucement mais sûrement…
    C’est quoi finalement une (r)évolution jusqu’ici: c’est l’argent qui change de poches…
    Nous allons, pour notre part, travailler à inventer autre chose: une société sans classes, la seule où il puisse ne plus y avoir de guerres meurtrières, généralisées, et durables….Ce n’est pas un tableau idyllique de l’humanité : simplement, l’agressivité est humaine, la guerre , ne l’est pas.

    Je suis donc beaucoup moins optimiste… malheureusement… j’aimerais l’être.

    1. Tout à fait exact: que le roc craque la brique!

      Soros, comme Merkel ou Sarko, et demain d’autres, sont favorables à des réglementations qui améliorent les conditions d’accumulation et concentration du capital. Après l’interdiction des CDS nus (la Grèce en est le paradis), ils tenteront d’autres réformes.

      Ainsi va le capitalisme depuis sa création. L’accumulation privée du capital n’en sera que facilitée, avec des taux d’exploitation inédits, et un risque d’emballement des désastres écologiques, dont nous mesurons encore plus difficilement les rythmes que ceux de la crise économique.

      Pour arrêter la destruction des acquis de générations de travailleurs, et stopper la course vers la barbarie, il faudra beaucoup de grains de sable, et que ceux-ci se dotent des structures qui en fassent un roc.
      Et le temps presse.

  11. Les conservateurs, libéraux et autres néolibéraux Umpiste ou pas selon les pays me font souvent rire(jaune) quand ils parlent des ‘assistés” dans la société flexible à l’infini dont ils rêvent (sauf pour leur petite personne)..les assistés ce sont les banques sans arrêt entrain de demander aides, bail out et autres prêts d’urgence divers aux gouvernements (donc aux contribuables)…l’assistanat n’est pas celui qu’on croit…..et si on totalise les montants d’aides et autres allocations aux banques depuis le début de la crise..à mon avis on doit dépasser 100 ans de versement d’allocations sociales aux chômeurs et autres rmistes et ce pour tous les pays qui ont encore la chance d’avoir une certaine sécurité sociale….
    Un assistanat à deux vitesses.

    1. Cela d’autant plus que celui qui règle sa TVA, ses TIPP, et autres taxes à la consommation (il y en a plein) n’est pas qualifié de “contribuable’ alors que la TVA à elle seule représente grosso modo 40% du budget de l’état, les TIPP autour de 10 % …- le dit “contribuable” participe à peine au dessus de 20 % (HT, car c’est sans compter sa TVA, ses TIPPs… mais ça c’est une autre histoire …)

    1. Le Méphistophélès de la Finance Philanthropique! Pactiser avec lui, c’est plus qu’osé! C’est suicidaire. Au jeu du prisonnier avec lui, c’est clair, je coopère pas!

      Et dans ce monde de l’envers, ce monde de la haute finance, les ambitions philanthropiques et régulatrices sont étonnement proportionnelles à la montagne d’actifs amassés, et à l’âgé avancé…
      Soros, Buffett, Rockefeller, Carnegie….oui oui Bill Gates ok, je sais, pas vieux, mais créateur un peu aussi, et c’est l’ère numérique, tout va plus vite!

    2. peut-être qu’il est vieux, qu’il préfèrerait essayer d’investir une bonne image ??

  12. Sorros ne PEUT qu’être intéressé…
    Soit, il a peur que la pression monte trop et que la cocote qu’il exploite ne lui explose à la figure.

    He is a licence to kill.

    1. Ou alors il pense à réserver un strapontin entre St Pierre et Mère Térésa!
      Je serais que lui, j’amènerais aussi ma Nespresso, pour graisser la patte à l’aubergiste.
      Plus un un passe-fil… rapport au chameau…
      Encore un p’tit effort Jojo!
      Tiens, j’ai justement une petite échéance bientôt et j’entretiens d’excellents rapport avec l’Archange Gabriel…

  13. J’ai toujours cru que la philia était le principe qui dès la fin des “rois-prêtres” a émergé des luttes entre les aristos (en fait les propriétaires terriens) et le “peuple” des champs et des villes. Ces luttes avaient débouché sur un compromis entre les revendications des grands propriétaires et les paysans unis aux artisans urbains qui réclamaient la suppression de l’esclavage pour dette et…le partage des terres. L’accord trouvé, au nom de la philia, fut la suppression de l’esclavage pour dettes lié, en contre partie, à l’abandon de la demande du partage des terres. La constitution de Solon fournissant un bon exemple de ce processus dont la philia était le moteur ( philia = les conflits sont bien là, mais un égal désir du “vivre ensemble” – pour tous les motifs imaginables). Je me réfère à J-P. Vernant da,s son livre sur les origines de la pensée grecque aux PUF.
    Quelqu’un peut-il m’en dire plus ?
    Jérôme Grynpas

    1. Pour moi, j’ai lu pour la première fois ce concept de “philia” chez Stiegler.

      Je trouve assez pertinent de l’amalgamer à la notion de “système associé”, votre mais un égal désir du « vivre ensemble » .
      Il ne s’agit pas que de désir mais aussi que les conditions de l’égalité des messages soient réalisées; que les deux locuteurs savent que s’ils ne sont pas socialement égaux, ils ont encore en commun une langue, qu’ils ont tous les deux apprise avec effort (soin, “cura”), et qui leur permet de parler.
      Tout simplement, l’auditeur devient locuteur (essayez avec la télé pour voir).
      Cette notion se généralise à des ensembles divers, et notamment aux ensembles qui partagent un “support de mémoire”. (“hypomnemata”), support qui fut oral, puis écrit (au grand dam de Socrate), puis imprimé (au XVIe ce qui causa les libelles et les pamphlets au XVIIe, choses qui auraient désespéré les moines copistes du moyen âge), puis ca s’est un peu compliqué avec radio & télé.
      L’imprimé et l’écrit pouvaient encore rassembler un “système associé”, celui des Lettrés, qui s’écrivent et écrivent des les journaux, mais la télé (d’avant le web), c’est dis-sociant…

      Bref, je suis interloqué par le fait que d’un côté, Stiegler, en partant d’Epiméthée et de la Technique (comme “défaut” et avec un jargon “french theory” de l’après Simondon), arrive à la “philia” (aux pharmakon, et à pas mal d’autres concepts : prolétarisation revisitée, transindividuation,… ), et que d’un autre côté, Jorion, parti cherché les poissons à Héat et leur prix, arrive au Stagyrite et de fil rouge en aiguille, à la “philia” lui aussi.
      et avec la Dissociété, on revoit le bout du nez de Généreux (–> Gauchet, Moulier-Boutang, Robert-Dufour, j’ai de la lecture …)

      La dissociation entre jeux d’argent et projet des hommes a rarement été aussi totale. Certes le lien donné l’autre jour sur apex apexph2 évoque à la toute fin du ppt le contrôle des acteurs de base sur les processus économiques et entrepreneriaux.
      C’est mince… Est-ce le début d’une réponse au “Que faire ?” ?

    2. soit à menace de mise en esclavage pour dettes, réponse : menace de partage de l’argent
      (le deal me semble intéressant, il percuterait sur les bonnes questions
      mais voilà à part peut-être en Grèce, sinon va-t-on savoir
      en tout cas, chez nous, les petits commerçants, peits artisans, petits industriels, petit patronat ne sont pas encore vraiment encore mures, à point, donc de fait il va falloir attendre un peu, …
      il n’y a pas non plus qu’eux, le petit policier, le petit … ont aussi du chemin a faire, …
      peut-être que les petits paysans, enfin ceux qui restent, semblerait-il, aient un peu mieux compris …
      sans dire que reste encore à convaincre et nutile de compter sur un sponsor des banques, ni de Magdo, …
      – même celui pas Soros …
      donc …………..
      en passant un grand merci à Paul, François … Yvan, et co ….)

  14. J’insère une petite note musicale hors sujet, si j’ai le temps…

    Jamie Cullum hier, à Brux… au début, 1000 pers. se mettent à hurler juste derrière moi, ça donne un drôle de sentiment d’invincibilité,, quelle force, le nombre… Et nous sommes combien ici ? 400 000 ? Un tel enthousiasme, une telle énergie, et après cela dire qu’on ne peut rien ? mais on peut tout !

    Puis JC a déployé une telle énergie sur scène, et une telle créativité… A chaque fois que l’on fracture l’harmonie, on ne sait pas où ça s’arrête. On casse les règles, le pur génie, le pur talent s’exprime, cherche avec la foule, les limites du connu et s’aventure vers le jamais oui, jamais vu… Oui parfois la musique aurait pu apparaitre vivante, telle athéna sortie du front de jupiter. Tel est le but, loin de la sonate de Pierné (Proust). Proust légèrement surpris….

    Pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu’ils écoutent, et sait il ce qu’il fabrique, au clavier ? pas sûr…

    L’énergie musicale sortait en continue, comme une lente explosion, sans cesser de se déployer, recèle d’harmonies uniques. Un flot… un peu de Coltrane par moment.

  15. A ceux qui n’ont pas la révolution en couleur, qu’une vieille révolution en noir et blanc, Soros propose déjà la révolution haute résolution en 3D et démocratie plate sur écran de fumée……
    Pour interdire il faut légiférer et faire appliquer le droit dans le monde entier. Il faut donc un gouvernement mondial.
    CQFD.
    Sorros, tears and blod.

    1. Evidemment oui, il y a du ça , derrière tout ça
      (mais pour l’instant il nous est surtout tartiné de la “gouvernance” ….
      en en plus, moi, perso, cette “gouvernance”, vraiment, on a beau m’en dire, la fleurir, l’auréoler …
      franchement je ne suis pas fan…
      je verrai plutôt autre chose …..)

  16. Je pense personnellement que Mrs Soros est se qu’on pourrait appélé un homme qui sait sentir le vent tourner et qu’il est dans sa nature de suivre le mouvement du vent. Le danger et qu’une bonne partie commence a comprendre c’est outils (CDS assurance en tous risques, surtout ceux des autres et peut le mien) est qu’il reste évident qu’une utilisation abusive de cette outils est beaucoup plus néfaste q’utile. M’enfin e n’est pa le seul outils néfaste mais celui ci a l’inconvénient de ne pas être en meure de garantir les risques sur lesquels il c’est engagé, surtout dans le cas de risques fréquents.

    Un beau retournement de veste ou tout simplemnt une prise de conscience, ca peut arriver a tout age 🙂

  17. @ Paul Jorion
    Bonsoir,
    J’aimerais savoir en quoi vous estimez que monsieur Soros appelle à lutter contre la spéculation. Je vois seulement quelqu’un qui a compris que l’on fonçait dans le mur et qui n’a pas envie de faire partie des dommages collatéraux… Je vois quelqu’un qui veut pouvoir continuer le business (la spéculation pour parler clair) comme avant, avant que des “excès excessifs” ne compromettent les “excès acceptables”.
    D’autre part, je ne vois pas bien en quoi évoquer l’éventualité d’envisager une mesure restreinte et partielle pourrait être assimilée à une conversion même tactique à l’idée de l’interdiction des paris sur la fluctuation de prix….
    Rassurez-moi, rassurez-nous, vous ne croyez pas véritablement à ce que vous venez d’écrire… C’est juste de l’humour !!!! Parce que si ce n’en était pas, alors cela ne pourrait avoir qu’un sens, une fois de plus la clairvoyance pèse peu face à la croyance…

Les commentaires sont fermés.