Marianne, « Renverser la loi de la jungle », le 21 août 2010

Un entretien que j’ai accordé à Hervé Nathan et Alexis Lacroix. On le trouve en facsimilé ici.

MARIANNE.- Deux ans après le début de la « grande crise » et trois mois après la crise grecque, c’est la question qui agite tous les acteurs politiques et économiques européens. Peut-on encore « moraliser » le capitalisme, c’est-à-dire concilier la morale et le capitalisme ?

Paul JORION. – Je ne le crois pas. Car, à partir du moment où l’éthique est introduite dans le capitalisme, on obtient un autre système que le capitalisme. Depuis que le capitalisme existe, de nombreuses crises auraient dû constituer des occasions de tout remettre à plat. Mais manifestement, l’animal résiste à toutes les tentatives d’instaurer de l’éthique. La logique sous-jacente au capitalisme échappe à ce que l’anthropologue Johann Friedrich Blumenbach a appelé le processus d’auto-domestication de l’espèce. Avec, comme conséquence, une disparition partielle de l’agressivité, par l’invention d’institutions nous permettant de domestiquer nos pulsions les plus dangereuses. L’élaboration de la notion de démocratie depuis l’antiquité grecque, par moments successifs, avec, entre autres, la Révolution anglaise et la Déclaration d’indépendance américaine, fut l’occasion d’un apaisement progressif de l’agressivité par l’auto-domestication de l’espèce.



C’est ce que Norbert Elias a appelé la « civilisation des mœurs »…

Oui, absolument. Mais ce processus d’auto-domestication de l’espèce a laissé de côté les domaines de l’économie et de la finance. L’économie et la finance ont été abandonnées dans une zone extérieure à cet auto-endiguement de l’agressivité par l’humanité. Il y a bien eu des tentatives. Par exemple pendant la Révolution française, avec les Jacobins. Le philosophe marxiste Slavoj Zizek a rassemblé une série de discours de Robespierre dans lesquels transparaît l’insistance de l’ « Incorruptible » à mettre l’accent sur la contradiction entre le citoyen et le bourgeois (en fait, le propriétaire). Robespierre insistait sur le fait que, dans sa quête de pouvoir, le bourgeois aspire à être citoyen dans le cadre du triptyque républicain liberté-égalité-fraternité, et, parallèlement, il cherche à faire valoir ses droits de propriétaire dans un cadre conceptuel qui est étranger à ces valeurs. Pour expliquer, voire justifier cette extra-territorialité éthique de l’économie, certains philosophes et certains théoriciens ont prétendu que l’économie était le domaine par excellence de l’amoralité. On a donc admis que, dans nos sociétés, des principes destructeurs de la vie sociale soient tolérés dans la vie économique, dont on considère qu’elle est régie par la loi de la jungle. Malgré les catastrophes que l’on sait, en 1929 comme aujourd’hui, cette tolérance demeure de façon tout aussi patente.

Marianne : Mais n’assiste-t-on pas, à rebours, à une influence forte du capitalisme non éthique, sur la sphère de la démocratie, éthique par principe. Un exemple : lorsque la cour suprême des Etats-Unis légalise récemment le financement sans plafond des campagnes politiques par des entreprises. Cela revient à ouvrir complètement le champs de la démocratie aux intérêts mercantiles ?

Aux Etats-Unis, la Cour suprême, à partir de la victoire de Hamilton sur Jefferson à la fin du XVIIIè siècle (voir note), s’est mise au service d’un capitalisme de loi de la jungle. Par ce dernier arrêt, elle étend la loi de la jungle à la sphère politique : ce qui constitue, à mon sens, la fin de la démocratie aux Etats-Unis. C’est aussi la preuve que la démocratie est aujourd’hui dévoyée par un pouvoir avec lequel elle n’a eu de cesse de composer : celui de l’argent.

Vous mettez en cause l’autonomisation de la sphère économique. Depuis deux ans, la moralisation du capitalisme s’est-elle imposée comme un impératif ?

Par bien des aspects, la crise de 2008-2010 diffère considérablement de celle de 1929. Les mécanismes de la crise actuelle n’ont été opaques pour personne. Le public, par la télévision, les journaux, les blogs, a reçu une foule d’informations en temps réel : il a suivi en direct l’effondrement des subprimes et du secteur bancaire et leur sauvetage concerté. Ainsi, quand certains expliquent qu’une des sources principales de difficultés est le niveau élevé de la dette publique, de nombreuses personnes sont fondées à se montrer sceptiques. Les citoyens de nos grandes démocraties n’ignorent pas que la séquence, à laquelle ils ont assisté, avec sa cascade de bulles spéculatives, n’équivaut absolument pas à ce qui en est raconté. La vraie origine de la crise, c’est que l’augmentation des salaires n’a pas suivi celle de la courbe de la productivité, ce qui a conduit à l’endettement massif des ménages et engendré la création de bulles ultra spéculatives.

La décantation intellectuelle qui permettrait la rupture avec les cadres mentaux du néolibéralisme, d’où la voyez-vous venir ?

Elle se manifeste notamment par le poids accru des candidats « populistes » lors des élections primaires aux Etats-Unis. En Europe, la décantation intellectuelle se produit sur une scène moins politique qu’idéologique, au travers du succès remporté par les idées de ceux que vous appelez, dans les colonnes de Marianne**, les « prophètes du désastre », et parmi lesquels vous avez eu la gentillesse de me compter. L’audience intellectuelle et médiatique dont nous bénéficions désormais prouve que les esprits sont en train d’évoluer. Quand, en Allemagne, le parti social démocrate arrive à imposer à Mme Merkel une interdiction des de ventes à découvert à nu (*), on a la preuve que nos idées de réforme sont écoutées – et, qui plus est, relayées. Et que les rares réformes concrètes allant dans le sens d’une politique anti-spéculation sont entendues.

Certains grands spéculateurs, tels Warren Buffett ou George Soros, oeuvrant au cœur du processus de concentration du capital, tiennent un discours engagé à connotation citoyenne. N’est-ce pas la preuve qu’ils ont conscience d’être la proie d’une contradiction insoluble ?

Une compréhension exacte de la situation n’est pas hors de portée de la plupart de ces décideurs. Il leur reste, toutefois, à proposer des solutions concrètes, qui ne sauraient se réduire à changer la manière dont on enseigne les sciences économiques dans les universités. George Soros doit pouvoir expliquer comment le problème de concentration de la richesse va pouvoir être réglé. Même si George Soros se déclare, aujourd’hui, officiellement hostile au capitalisme financier, il fait quand même partie des « grands ennemis du peuple », qui ont utilisé tous les outils de l’offensive de la spéculation pour abattre des Etats. Quant à Warren Buffett, lorsqu’il explique « La lutte des classes n’a jamais disparu, mais c’est nous qui l’avons gagnée », il ne faut pas oublier quelle contribution majeure il a apporté à cette victoire !

La moralisation du capitalisme peut-elle se borner à une limitation du capitalisme financier ?

La domestication, en tout cas, ne peut pas se faire en accord avec les financiers. S’adresser aux grands spéculateurs pour leur demander de « moraliser le système » relève de la pure illusion. C’est la raison pour laquelle je prône des mesures au plus haut niveau, consistant à déclarer anti-constitutionnel le pari sur les fluctuations de prix. Cette clause, qui tient en une seule phrase, est limpide. On dit qu’elle est impossible à mettre en œuvre mais elle déjà inscrite dans les textes où elle met en place une fiscalité plus lourde sur les échanges spéculatifs, pour ceux qui se servent des marchés comme un site de paris financiers, et moins élevée sur les investissements réels.

Certes, mais toute l’alternative au néolibéralisme est-elle contenue dans une telle mesure ? N’a-t-on pas plutôt besoin de revoir de fond en comble le paradigme actuel de notre économie, bien résumé par Karl Polanyi dans La Grande Transformation ?

L’idée de ma proposition, c’est qu’une seule phrase peut changer entièrement la nature du système. Si l’on applique cette mesure, le capitalisme dans son ensemble n’existe plus. A la différence des projets en cours d’application. Regardez comme la plupart des acteurs de la finance, aux Etats-Unis, sont profondément indifférents aux projets qui ont été élaborés ces derniers mois. Ils ne doutent pas un seul instant qu’ils auront toute licence pour contourner facilement cette législation. Tout ce qui est proposé dans cet arsenal juridique est à côté de la plaque et totalement en-deça des enjeux. A l’inverse, Angela Merkel, après avoir pris ses mesures antispéculatives, s’est attirée une volée de bois vert des milieux financiers. Preuve qu’il s’agissait là de tout sauf d’une initiative « cosmétique » ! La vérité, c’est qu’en changeant juste quelques mots, dans la législation, vous avez le pouvoir de réduire de 80% le volume des activités financières internationales. Donc de changer l’ADN du capitalisme contemporain…Une mesure « chirurgicale » et ciblée, pour employer un lexique militaire, est tout sauf vaine : elle peut donc modifier la physionomie d’ensemble du paysage économique contemporain.

Oui. Ce que suggère a contrario cette mesure, c’est que le capitalisme ne serait devenu immoral qu’à proportion de sa financiarisation. La tendance à l’accumulation, décelée par Karl Marx, n’est-elle pas autant responsable ? Après tout, la financiarisation n’apparaît-elle pas comme la manière la plus rapide et efficace de concentrer le capital au niveau à l’ère de la mondialisation ?

Marx a sans doute annoncé l’effondrement du capitalisme mais le fait que nous assistions effectivement aujourd’hui à un tel effondrement ne valide pas a posteriori son analyse. Ainsi, Marx supposait que le capitalisme mourrait d’une baisse tendancielle du profit, or ce qui l’aura tué, c’est à l’inverse un gonflement obscène du profit dont l’essentiel réside dans une confiscation des gains de productivité par les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, dont les intérêts ont été alignés grâce à la pratique des stock options. N’oublions pas non plus que le capital n’existe pas « en soi » comme l’imaginait Marx : il n’existe que parce que des avances manquent là où elles sont indispensables pour assurer la production des entreprises ou la consommation des ménages.

Il n’y a pas d’extraterritorialité morale dans le domaine du politique, contrairement à ce qui se passe dans l’économie, et dans la finance en particulier. Vous faites allusion au processus par lequel, au cours du développement de la modernité, les féodalités ont été renversées, induisant un glissement par lequel la bourgeoisie a tenté d’occuper la place de ses anciens maîtres : d’où l’actuelle « reféodalisation » du capitalisme. Les capitalistes se sont donc efforcés de recréer, autour d’eux, une néo-féodalité. Dans le système libéral qui s’est mis en place au tournant du XVIIIè siècle, les travailleurs, qui étaient à l’intérieur de ce processus, ont bénéficié de l’augmentation des gains de productivité. Mais, à partir du moment où, au tournant des années cinquante, on a fait miroiter le remplacement du personnel par des robots, avec plus de loisir à la clé pour tous, un engrenage s’est enclenché dont nous payons actuellement le prix.

Que voulez-vous dire ?

Que l’an 2000, tel qu’on le dessinait en 1950, est bien éloigné de celui qui est réellement advenu.

Pourtant, en six décennies, l’augmentation des gains de productivité a été fabuleuse !

Les gains de productivité ont certes bien décollé. A ceci près qu’ils n’ont nullement été partagés entre tous les travailleurs, remplacés peu à peu partiellement par des robots. Ils ont été accaparés par les actionnaires et les dirigeants des entreprises, au détriment des travailleurs.

Oui, mais en quoi cette révolution managériale a-t-elle compromis le capitalisme comme tel ? N’est-elle pas surtout le corollaire de la financiarisation ?

Paradoxalement, parler de « révolution managériale », revient à minimiser l’impact de cette évolution. Or ces changements sont fondamentaux : ce sont eux qui ont permis la « re-féodalisation » du capitalisme que nous évoquons. Marx envisageait les travailleurs (qu’il appelait prolétariat) comme simples « facteurs de production » plutôt que comme partie prenante authentique dans la redistribution de la plus-value. C’était une erreur à l’époque où il écrivait mais, ironie du sort, c’est devenu vrai à partir du milieu des années 1970.

Le libéralisme cherche à réduire l’impact de l’Etat. L’ultralibéralisme, persuadé de détenir le chiffre du meilleur des mondes, a multiplié les dérégulations, de façon aussi aveugle qu’irraisonnée. Or la nocivité de ces dérégulations n’est apparue qu’en différé. Et n’a suscité, dans le meilleur des cas, que très peu de remises en cause de leurs paradigmes intellectuels par les néolibéraux. Certains continuent même à prétendre que le système explose parce que l’influence de l’Etat n’a pas été assez battue en brèche.

Dans L’Argent, vous suggérez que l’auto-domestication de l’humanité doit désormais être étendue à la sphère économique. Or vous semblez suggérer qu’il suffirait, pour y parvenir et pour changer de monde, d’interdire les ventes à découvert à nu. Ne doit-on pas plutôt imaginer une alternative globale ?

Il y a là deux malentendus. Le premier, c’est que je ne propose pas une mesure unique mais une série de mesures. On aura compris que l’interdiction des stock-options, par exemple, fait partie de cette série de mesures. On aura compris aussi que les gains de productivité doivent selon moi revenir à la communauté plutôt que d’être comme maintenant confisqués par les actionnaires et les dirigeants d’entreprises. Il faut, de manière générale, que l’imposition se concentre sur les revenus du capital (les intérêts, les gains spéculatifs) et épargne les revenus obtenus par le travail, et ceci pour encourager la richesse qui peut être mobilisée comme avances à se trouver là où elle est indispensable plutôt que là où elle est vaine. Il va de soi que si la richesse se trouve là où elle est nécessaire, c’est le concept-même de capital qui s’évanouit : on assiste alors à cette « euthanasie des rentiers » que Keynes appelait de ses vœux.

Le deuxième malentendu, c’est que, quand j’ai applaudi à l’interdiction en Allemagne des positions nues dans les ventes à découvert, l’attention a été attirée sur une mesure que je suis seul jusqu’ici à prôner : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, dont les positions nues dans les ventes à découvert constituent un cas particulier. Ce que je dis – et c’est sans doute là que réside le malentendu – c’est que la mise en vigueur d’une telle prohibition mettrait fin au capitalisme et nous ferait automatiquement passer à un système économique d’une autre nature. La raison en est que la finance verrait son rôle limité à ses fonctions positives : l’intermédiation et l’assurance, sa fonction nocive : la spéculation, représentant aujourd’hui environ 80% de l’activité financière, étant éliminée. Mais la disparition du capitalisme n’est pas pour moi une fin en soi et c’est pourquoi l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit être complétée par d’autres mesures pour qu’émerge à la place du capitalisme un système économique différent, viable celui-ci dans un monde où le comportement spontanément « colonisateur » de l’espèce humaine aura été apprivoisé.

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85 réflexions sur « Marianne, « Renverser la loi de la jungle », le 21 août 2010 »

  1. Belle caricature !
    Pourtant, chez nous, ce sont plutôt certains syndicalistes qui avaient cette allure !
    Quelques-uns ont d’ailleurs été condamnés par une sorte d’opération mains propres. Abus de bien sociaux et confusions entre les patrimoines ! Et une quantité certaine, y compris le chef de file du PS de Charleroi ! Un « système maffieux de gauche » ! Trop longtemps au pouvoir !

    Voilà encore du grain à moudre ! On va encore me demander ce que je fais sur ce site.
    Je vous l’ai dit : j’essaie de vous faire admettre que nous, indépendants, professions libérales, nous sommes aussi des travailleurs et que nous sommes aussi menacés dans notre survie.
    Nous n’avons rien de capitaliste et nous ne pratiquons pas le capitalisme !

    « Der Spiegel » a d’ailleurs titré là-dessus sa première page : disparition de la classe moyenne aux USA – Tiersmondisation du pays – fin du rêve américain !

    http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,712496,00.html

    Alors, vous voyez, nous sommes dans le même bateau, même si c’est peu différent. Ce qui est très différent entre vous et moi, ce sont les traditions républicaines et la référence constante à la Révolution de 1789.
    Ce qui est différent aussi, ce sont les livres d’Histoire et de Philosophie qui font une plus grande place au Marxisme et aux « Droits de l’homme ».

    Hors sujet ? Je vous rappelle que c’est à cause de la caricature ! Si vous voulez des photos des syndicalistes, je peux vous en envoyer. Il y a en eu beaucoup. Un vrai roman-photo !

    1. @Senec: « Hors sujet ? Je vous rappelle que c’est à cause de la caricature ! Si vous voulez des photos des syndicalistes, je peux vous en envoyer. Il y a en eu beaucoup. Un vrai roman-photo ! »

      Pas capitaliste dites-vous, mais une caricature de capitaliste vous fait néanmoins réagir au quart de tour et vous donne envie de casser du syndicaliste. Bizarre, non?

    2. Sénec, il est vrai que défendre le peu de pouvoir qu’à un salarié mérite d’être puni par la loi…

      Quand à la remarque de Dissy, il va falloir s’expliquer ou disparaître, là.

    3. Moi je le trouve bien cet article (on incite pas Marlowe a me voler mes vaches, pour une communauté qui les aiment pas autant que moi, d’abord), après les syndics ou autres on peut faire le procès de toute représentativité et opposer le système suisse du tout démocratique (qui fatigue un peuple), car comme pour ce blog on ne peut tout assimiler et on ne devient représentatif que de ce qui nous touche.
      Après, je trouve qu’au contraire, c’est le capital qui n’apporte pas de valeur ajouté qui est mit en avant comme danger

    4. à Génissel Samuel,

      Marlowe n’est pas un voleur de vaches, ni un voleur de chevaux.
      D’abord, Marlowe qui habite en Basse Normandie, n’aime pas les vaches ; leur conversation lui paraît limitée, leur production sujette à caution et il ne les trouve pas « sexy »
      Marlowe n’aime pas le lait, seulement le beurre et les fromages normands qu’il déguste avec du vin qui ne vient pas de Normandie.
      Marlowe se demande quelles sortes de vaches sont éduquées par Samuel, comment elles sont nourries, ce que leur aimable propriétaire fait de leur lait et de leur descendance, si elles ont des prénoms ou des numéros.
      Marlowe ne veut pas être indiscret mais c’est dans sa nature que de vouloir savoir.
      Marlowe n’est pas détective pour rien.
      Excusez le, c’est sa nature qui commande.

    5. Etant moi-même syndicaliste, entre autres activités, et n’ayant pas eu l’heur de lire tous vos commentaires, j’aimerais bien savoir ce que vous avez à reprocher à ces pauvres syndicalistes belges?

    6. A Mr Senec

      Une fois de plus, vous entonnez le couplet « nous autres les indépendants… » pour ensuite développer vos idées propres.

      Il se trouve que je travaille sous un statut comparable au vôtre (profession libérale, selon la loi française en ce qui me concerne, mais les différences sont faibles). Je n’en ai pas fait état jusqu’ici sur ce blog, car je vois mal quel argument d’autorité il est possible d’en tirer.

      Le moins que l’on puisse dire est que nos vues ne coïncident pas sur la plupart des thèmes traités ici. C’est pourquoi je suis quelque peu agacé lorsque vous maniez l’étendard corporatiste. Pensez-vous être le représentant syndical des indépendants? correspondez-vous alors à la caricature que vous dénoncez?

      Pour finir, je vous adresse une demande : dans vos futures interventions, rappelez-vous que vos opinions n’engagent que vous.

    7. Mes vaches sont des normandes, les mâles sont engraissés en bœuf, tout le monde est à l’herbe l’été (6 mois plein et 2 mois avec d’autres fourrages pour les vaches), l’hiver les vaches mangent du maïs (2/3) de l’herbe ensilé et du foin de luzerne ainsi que du tourteau de colza (acheté) du tourteau de tournesol produit et de l’orge broyé (j’aurai bien aimé remplacer le maïs par des betteraves mais c’est plus de boulot et je vend mon lait à la coopérative Agrial et la valeur ajouté c’est pas leurs trucs ils aiment le standard).
      Elles ont des noms et des numéros (j’ai une quarantaine de vaches ce qui fait plus de 120 bestiaux), mais on ce sert plus des numéros les femelles font leurs veaux après 32 mois et les bœufs partent à partir de cette âge (et en fonction de mes besoins de sous, sinon je préfère plus).
      sinon tout le monde dort sur de la paille l’hiver (et l’été pour les veaux de moins de 6 mois qui boivent du lait entier).
      Pour faire simple j’essaye d’acheter le moins possible et de faire un compromis entre un idéal et une réalité faussé (300€ de subvention pour le maïs contre zéro pour l’herbe, la betterave et la luzerne, même s’ils sont aujourd’hui groupé, l’inertie reste et le maïs permet le peu d’entre-aide qu’ils nous restent)
      les vaches discutent peu certes, mais elles sont l’âme d’une ferme sans élevage, c’est différent, d’ailleurs beaucoup de céréalier ce joue éleveur vers la fin de carrière par chez moi

    8. 120 bêtes…
      Boulot 12 heures par jour, 365 jours par an. Je connais.
      J’espère que vous avez quelques connaissances qui peuvent vous relayer pour de courtes vacances. Parfois, ça fait du bien.

    9. à François Le Sombre,

      Pensez vous qu’un détective privé comme moi est un salarié, ou un fonctionnaire ?

      Marlowe est un indépendant.

      Ne le dites pas à Sénèque, il pourrait penser que je souhaite faire affaire avec lui.

    10. L’article est parfait et rejoint tout à fait mes vues.
      Il explique l’origine du problème et il donne une solution.
      Pas de militantisme primaire, pas de barricades. Il n’exclut pas des personnes, il les empêche de nuire !

      Il ya des nuisibles dans n’importe quel système. Il faut être, soi-même, honnête et solidaire.
      C’est cela que j’ai voulu montrer et rien d’autre.

      Paul nous explique que le système libéral a dévié de sa route.
      Il faut l’empêcher, désormais, de nuire en fonctionnant uniquement dans son intérêt propre.

      Je ne défends pas le corporatisme, il y a des travailleurs de toute sorte.

      Les idées de Paul sont simples et géniales. Elles ne comportent aucune malveillance. Elles ne veulent la peau de personne.
      C’est la bonne position !
      L’agressivité des militants a encouragé les financiers à se mettre hors d’atteinte.

    11. @Yvan, oui, c’est du boulot, j’ai toujours l’appui de la famille (mais c’est à double tranchant) et des jeunes gas qui m’aide, car j’ai en plus des céréales, mais la fatigue physique (au delà du dos, là vive les ostéopathes et à bas la médecine classique et ces dé-contractants et anti-inflammatoires qui tuent le bides plutôt que le mal) ça va, c’est la fatigue moral qui est plus compliqué (l’incertitude des marchés et comment finir le mois tout en donnant confiance à ceux qui me soutiennent), quand au vacance faut pouvoir payer quelqu’un….et c’est vrai que la situation actuel nous donne le besoin d’en prendre mais pas l’envie.
      Enfin bon on va pleurer sur les paysans, ça râlent tout le temps

  2. Bonnes questions et bonnes réponses ! A propos des gains de productivité : puisqu’ils résultent de l’utilisation à outrance des machines, et que celles-ci appartiennent aux capitalistes, n’est-il pas logique que les gains leur reviennent ? La productivité des travailleurs, finalement, dépend de leurs conditions de travail et des susdites machines, pas d’eux-mêmes. Donc récompense nulle. (Cela dit pour provoquer une avalanche de protestations scandalisées et courroucées…)

    1. @Crapaud Rouge (se répondant à lui-même) : « Bonnes questions et bonnes réponses ! » : pas tout à fait, j’ai mis le doigt sur au moins une mauvaise réponse :

      L’idée de ma proposition, c’est qu’une seule phrase peut changer entièrement la nature du système. Si l’on applique cette mesure, le capitalisme dans son ensemble n’existe plus.

      Cette mesure consistant à interdire la spéculation sans finalité économique, elle ne mettrait fin qu’aux dérives de la finance mais pas au capitalisme industrieux. Son activité, qui consiste à investir, produire, et vendre avec profits, pourrait continuer comme avant.

    2. si les gains de productivité apporte des bénéfices, il contribue à l’impôt et la CSG qui est une forme de redistribution, c’est plutôt la perte d’impôt face à une concurrence n’ayant pas notre mode de vie et notre parité monétaire le danger, plus que la création d’un impôt machine, après on peut discuter de la valeur CSG

    3. Pour préciser je que je sous entend (en tant que salaud de patron, mais je ne suis pas une norme) par discuter de la CSG, le système actuel pénalise énormément l’embauche, par conséquent mieux vaudrait augmenter la CSG et diminuer du même montant les charges salariales.
      le plus triste c’est que plus vous souhaitez augmenter le salaires, plus la proportion de charge augmente et les abattements disparaissent, payer 10% de plus un salarié peut couter + de 30% plus cher, c’est idiot, et pareil pour les avantages en nature.
      A l’inverse plus un patron ce verse de salaire moins il paye en proportion de charge, car une fois qu’il a le plafond de point de retraite il ne cotise plus pour la retraite.
      mais crapaud rouge c’est vrai que l’amortissement du matériel permet de créer des plus-values, qui lorsqu’on ne dépasse un seuil créer indirectement de l’amortissement gratuit, c’est ce qui ce cache derrière les tracteurs neufs, mais qui compense aussi l’impossible amortissement du troupeau et des terres, on ce joue de l’administration, mais l’administration créer aussi les tares du système, d’où l’intérêt de simplifier tout ça, car c’est aussi des inégalités et un gaspillage d’énergie et de frustration (a redonner deux aprés la CAF qu’ils ont mal calculés…) pareil pour les subventions

    4. @crapaud rouge

      Je suis dans le même malaise que vous, même si je retiens un autre passage : « Mais la disparition du capitalisme n’est pas pour moi une fin en soi et c’est pourquoi l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit être complétée par d’autres mesures pour qu’émerge à la place du capitalisme un système économique différent, viable celui-ci dans un monde où le comportement spontanément « colonisateur » de l’espèce humaine aura été apprivoisé. »

      Je sais bien que c’est un exercice difficile, mais il faudrait que Paul nous donne sa définition du capitalisme, qui ne soit pas uniquement axée sur le « capital ».

      Car l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix mettra, à mon sens, fin à la dernière forme qu’a pris le capitalisme depuis 30 ans (la capitalisme actionnarial et spéculatif), mais pas au capitalisme en soi, qu’on l’envisage comme système économique ou plus (en tant que civilisation).

      Cette interdiction est donc une condition nécessaire mais pas suffisante à l’émergence d’un nouveau système. Il nous reste encore beaucoup de travail pour le concevoir et le mettre en oeuvre : c’est d’ailleurs ce à quoi nous réfléchissons sur ce blog.

    5. @Samuel et @ tous

      Je crois que Samuel a mis le doigt sur une mesure très concrète qui maintient beaucoup de salaires au ras du plancher (des vaches).
      Les allègements de charges « uniquement » sur les bas salaires (réclamés d’ailleurs par bien des agriculteurs) semble être une connerie, il me semble qu’il y a du gras ailleurs pour récupérer la mise si les charges salariales étaient allégées.

    6. @héma

      Commençons par supprimer le plafond Sécu et plafonnons les retraites, allocations chômage et familiales. Pour le reste les solutions sur une assiette taxable plus équitable, voire plus « vertueuse » économiquement, ne manquent pas.

  3. et si la loi de la jungle n’était pas celle du plus fort mais plutôt celle du plus rusé, du plus malin, de celui qui compose des alliances avec d’autres espèces pour décupler son adaptation : alors le marchand devient lion !
    (c’est le titre de l’article qui m’inspire cette réplique)

    1. il est vrai que nos sociétés mettent en avant les grands prédateurs, mais les fins de chaines écologiques sont les plus fragiles car dépendantes de toutes les mailles en amont, du coup plus de loup, mais il reste les renards

    2. Autrefois la loi du plus fort était celle de la force physique.
      De nos jours, le plus fort est celui qui réussit à mieux slalomer dans le dédale des lois, ou à agir sans se faire attraper.

  4. Très ntéressante cette proposition d’interdire la fluctuation des prix. Ca revient à fermer les marchés à découvert et même les Bourses, si j’ai bien compris. Fini le day-trading, le SRD, la spéculation sur les taux, etc.
    A mon avis, ce serait une proposition à compléter sans doute par un additif du genre « et les paris sur les quantités, les durées »…Mais ça serait surtout bien qu’un pool d’économistes, de citoyens, d’associatifs genre Anticor planchent ensemble sur cette phrase.

  5. Monsieur Jorion.
    Il va falloir nous expliquer, là. (car un cheval rare est un cheval cher)

    Interdire la spéculation tient en 3 mots.
    La formule de Wilson (4 paramètres) qui tient principalement compte de l’incertitude sur la source d’approvisionnement est-elle le moyen de fixer un cours mondial sur chaque chose..???????

    Sinon, comment voyez-vous les choses de façon concrète?

    1. Pour les matières agricoles, le canada fixe le prix du lait en fonction du coût de production du quart supérieur des éleveurs et après avoir estimer un smic par les heures de ce quart et une rémunération du capital (en fonction d’une valorisation standard mais un peu mieux qu’un livret A) ce qui fait 450 € les milles litres (contre 309€ pour nous après l’augmentation).

    2. @samuel

      Et au Canada, combien d’aides à l’ha de maïs ensilage, à la STH, à l’installation, à la mise aux normes, au stockage et à l’écoulement du beurre ou du lait en poudre, etc..?

  6. Parmi les mesures indispensables pour domestiquer la finance, que pensez-vous de la suppression du cours légal et de la garantie des dépôts ?

    La première permet à la banque centrale de créer de la monnaie (de base) en quantité illimitée, et donc de jouer le rôle de « sauveteur en dernier ressort » pour les institutions financières. Ces dernières savent qu’elles bénéficient d’un filet de sécurité et qu’elles peuvent tenter les pires acrobaties à nos frais.

    Quant à la garantie des dépôts, elle permet également aux banques commerciales de créer de la monnaie (de banque) et de maximiser leur rentabilité sans se soucier des risques pris. Pourquoi limiter les risques et renforcer la solidité de la banque, alors que cela coûte cher et n’apporte aucun bénéfice supplémentaire au client ? La garantie de l’Etat écrase les différences entre banques !

    Ces deux mesures ont un effet incitatif désastreux sur les banques, sur toutes les activités financières périphériques, et sur les entreprises qui se financent ainsi. Le cours légal et la garantie des dépôts sont donc en première ligne si l’on veut assainir la finance et même le reste de l’économie. Leur suppression devrait faire partie de la pharmacopée de base pour baisser la fièvre.

    Erreur ? Tabou ? Ni l’un ni l’autre ? Qu’en pensez-vous ?

    Cdt,
    GSF

    1. Deux bonnes idées. J’ajouterai une troisième : la liberté de flottement des taux d’intérêts.

    2. @ Paul Jorion

      Votre billet renvoie à une note sur Hamilton, mais je n’ai pas réussi à la trouver dans l’article de Marianne. De quoi s’agit-il ? Merci d’avance.

      Pour moi, Hamilton est une bête noire car il a produit un rapport au Congrès en 1791 dans lequel il préconisait la création d’une proto-banque centrale. C’est ainsi qu’est née la First Bank of the United States. Elle jouissait des privilèges suivants :
      – monopole national de la banque à réserves fractionnaires (!) ;
      – billets recevables en paiement des taxes (« cours légal partiel » à la Knapp !!) ;
      – dépositaire unique de la trésorerie du gouvernement fédéral (!!!).

      Toutes ces mesures sont inflationnistes.

      Pour montrer sa gratitude, la FBoUS s’est empressée d’accorder des prêts considérables au gouvernement fédéral. Mais la finance privée a également bénéficié de son inondation monétaire : spéculation foncière et ouverture de nombreuses banques privées ont marqué le début du XIXème.

      Accessoirement, le rapport Hamilton a aussi débouché sur le Coinage Act de 1792. On a instauré le bimétallisme aux États-Unis et expérimenté une nouvelle fois la célèbre loi de Gresham…

  7. L’interdiction des ventes à nu ne touche que l’Allemagne, c’était un geste (électoral) de la part de Merkel. Vous savez que les acteurs de la finance internationale se comportent comme un virus qui cherche à survivre, à se répandre, en s’adaptant continuellement à un environnement changeant. Ces gens ne cessent de contourner des convenances éthiques, des règlements et lois, et leur but consiste à affaiblir les gouvernements nationaux pour pouvoir oeuvrer sans barrières législatives. Cela constitue un véritable danger pour l’autonomie des états et conduit inévitablement à la déstructuration de l’ordre social.

  8. « …Marx a sans doute annoncé l’effondrement du capitalisme mais le fait que nous assistions effectivement aujourd’hui à un tel effondrement ne valide pas a posteriori son analyse. Ainsi, Marx supposait que le capitalisme mourrait d’une baisse tendancielle du profit, or ce qui l’aura tué, c’est à l’inverse un gonflement obscène du profit dont l’essentiel réside dans une confiscation des gains de productivité par les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, dont les intérêts ont été alignés grâce à la pratique des stock options… »

    Comme vous y allez là M. Jorion !

    Non seulement cette attaque en piquet contre Marx, dans un journal populaire, mais archi-bourgeois, lu par beaucoup d’ouvriers, n’est pas très heureux sur le plan tactique (vous n’étes pas le premier à présenter Marx pour un illuminé, pas le dernier aussi) , mais de plus elle est tout simplement aberrante de fausseté.

    Vous confondez « plus value » et « profit »; création du pain … par le travail, et multiplication des petits pains … par les banques centrales, la spéculation et Jésus Christ.

    Marx découvre en effet la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, au cours du developpement du capitalisme, mais il parle en ce sens du « profit » (plus value) obtenu par du capital investi dans du travail réel pour fabriquer une marchandise. La formule de ce cycle de production normal est A M A’.

    A noter que si cette baisse était finale, et non tendancielle, il n’y aurait absolument aucune production matérielle qui existerait sur terre, aucune création de richesse supplémentaire, parce qu’ aucun capital investie dans le travail. Mais les gouvernements bourgeois veillent. Et à coup de législation, de suppression de charges, de baisse réelle des salaires, ils tendent toutes leurs activités à permettre aux capitalistes de tirer leurs plus value (source du capital) et condition sine qua non de création de richesse et de vie. De toute façon c’est dans les pays semi-coloniaux que les capitalistes tirent la plus grosse partie de leurs plus value (Chine Brésil Inde etc).

    Le Profit à présent. Le profit obtenu, non pas du travail, mais sur les marchés financiers. le domaine d’activité où votre critique s’exerce avec le plus de profit. Bien sûr que des fortunes se batîssent là, mais la fortune des gagnants se fait forcément au dépend des perdants. Les gains, comme dans un casino, se font à sommes nulles. La multiplication des petits pains, cela n’existe pas. c’est du capital fictif, des fortunes qui vont disparaitre avec le krach à venir. Sur les marchés, il n’y a pas une once de plus value qui se créee. D’ailleurs si depuis trente ans, de plus en plus de capitaux s’investissent dans la spéculation (AA’), c’est avant toute chose parce qu’ils ne peuvent pas s’investirent dans le travail, à cause justement de la baisse tendancielle évoquée par Marx. Marx ne se trompe pas, c’est vous qui vous trompez.

    Je vous dis cela avec beaucoup de respect, pour votre personne et l’action que vous menez, mais je vous le dis quand même. Vous étes enervant car on sent chez vous une vraie honnéteté, et en même temps un amateurisme coupable.

    Vous dites que le capitalisme est mort, et qu’il le sera encore plus sûrement, si les politiques interdisent la spéculation. Premièrement le capitalisme, à son stade ultime -impérialiste- n’est pas mort, et il ne mourra pas de par lui même -il faudra le tuer- par une révolution socialiste; secondairement: interdire (ou taxer)la spéculation, comme Robespierre tenta vainement de le faire avec sa loi sur le maximum, cela ne tuera nullement le capitalisme, mais pour sûr, cela affamera les peuples. Le marché noir, cela vous dit quelque chose ? Il est impossible d’empécher l’Homme, surtout le boutiquier, de spéculer, dans l’espace d’un système fonctionnant sur la rareté. Seule l’abondance peut tuer… et la spéculation, et le marché et le capitalisme, dans le cours d’un processus historique lutte des classes.

    Entre le système qui organise la rareté sans laquelle il n’y aurait pas de profit capitaliste, et un systéme qui garantira l’abondance et la liberté, l’égalité, fraternité, La Paix, il faut un pont. Il faut un programme pour transiter de l’un à l’autre. Ce postulat historique est incontournable et invariable.

    Il ne s’agit pas d’organiser sur ce blog des débats sur qu’elle pourrait être le meilleur des mondes après le capitalisme, mais de réfléchir sur la tactique et la stratégie pouvant nous permettre, nous petite bourgeoisie et prolétariat, de passer de l’un à l’autre systéme. Personnellement je pense que ce pont est le Programme de Transition écrit en 1938 par Trotsky, mais je suis prêt à en discuter de manière critique point après point. Ce texte est vieux. Il ne peut pas ne pas être actualisé.

    Nous sommes tous dans une prison nauséabonde et dangereuse, avec au dessus de nous un toit de « dettes » qui menace à chaque instant de s’effondrer; toit reposant sur des murs épaix de papier $ ,pourrissant un peu plus chaque jour. La catastrophe menace, et vous, notre ami Paul, notre porte parole dans les médias aux ordres, vous ne trouvez rien de mieux que d’aller dire des sottises sur Marx, au premier journaliste venu.

    Même si vous doutez de la validité de la science de Marx, chose absolument tolérable et normal, vous vous devez néanmoins de le manifester du haut d’une tribune, au risque de créer encore et encore de la confusion dans les esprits ? au moment même où vous accordiez cette interview, je disait du bien de votre blog et de votre personne à mes collègues de travail. Quelle cacophonie politique vraiment !

    Salutation du camarade Philippe Rideau, prenant ce jour le pseudo: Eninel.

    1. Pas de panique, camarade, Paul ne conteste pas la baisse du taux de profit, seulement le fait que cette baisse puisse mettre fin au capitalisme. Je note aussi que le distinguo « plus value »/ »profit » n’est pas très net dans votre post. Quoiqu’il en soit, le capitalisme n’est pas prêt de clamser.

    2. Votre commentaire est interessant.

      Vous écrivez: »Marx découvre en effet la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, au cours du developpement du capitalisme »

      Pouvez vous decrire le mecanisme de cette baisse tendancielle de maniere plus precise?
      Merci.

    3. « …Pouvez vous decrire le mecanisme de cette baisse tendancielle de maniere plus precise?… »

      Déterminer ce mécanisme à travers un résumé succint et convaincant, va être pour moi un excellent exercise de révision. Voilà grosso modo l’affaire:

      D’abord, il faut partir de la théorie de la plus value du capital. Les économistes bourgeois nient l’exploitation de l’homme par l’homme. Pour eux le profit se fait dans les affaires, dans l’échange, ce qui est faux. L’intéret (le profit) du patron est pris sur le travail non payé à l’ouvrier. C’est la plus value. De là la définition par Marx de la composition organique de la marchandise: C + V + PL.

      Le capital constant c’est C : on appelle cela aujourd’hui investissement. C’est l’ensemble de la richesse produite ultérieurement, le capital mort, qu’il faut placer dans le travail et faire fructifier.

      Le capital variable c’est V : C’est le salaire, sa valeur étant conditionnée en dernière analyse par la lutte des classes. Le patron n’achéte pas le travail à l’ouvrier, mais sa force de travail sur une période déterminée. Nuance importante qui explique tout.

      La plus-value c’est pl : le profit que le capitaliste arrive in fine à voler à l’ouvrier, et qui est la source du Capital. Observons-le immédiatement, plus V est important et plus PL le sera. A contrario si C mange une partie de V, alors la pl diminue. Et c’est bien ce qui se passe.

      Les capitalistes se font concurrence entres eux, et très vite ce sont ceux qui peuvent faire des investissements lourds dans des machines modernes (augmentation de C) qui vont remporter les marchés, ruiner paradoxalement ceux qui emploient trop de travailleurs -manuels je dirais- pour la fabrication d’une même marchandise. On parle aujourd’hui de productivité.

      Mais le capital constant est, par lui même, du travail mort, car sans l’intervention de la force de travail, ce capital ne peut rien produire et ne peut gagner aucune plus value. Il se trouve là une contradiction insoluble. Pour faire du profit, il faut de l’exploitation, et la denrée ce fait de plus en plus rare, de moins en moins rentable. Je passe sur les conquêtes sociales qui augmente V au détriment de PL.

      Le Capital, considéré dans son ensemble, n’est pas de l’argent, c’est un rapport social. C’est le rapport d’exploitation des prolos par les patrons. Marx se sert d’une vieille formule: « le mort saisit le vif !  » pour signifier que dans le mode de production capitaliste le progrès des forces productives, en engendrant l’augmentation du capital constant par rapport au capital variable, tend à augmenter la composition organique du capital de l’entreprise C : V , et, par là, faire baisser le taux de profit.

      c’est ce que Marx, dans le troisiéme livre du Capital, appelle la loi de la baisse tendancielle du taux de profit moyen.

      Le capitalisme développe le caractére social de la production. La concentration du capital aboutit aux multinationales. La loi de la baisse du taux de profit fonctionne en relation avec l’apparition du capital financier, concentration en masses de plus en plus gigantesque dans quelques mains, tandis qu’à l’autre pôle la masse des travailleurs produisant directement de la plus value décroit.

      « Les limite du capital sont le capital lui même » dit Marx (notre ami Paul ne dit pas ça lui, il dit que c’est la spéculation). Cela veut dire que plus sur un pôle il y a concentration de la richesse, plus sur l’autre pôle, la grande masse ne posséde en propre qu’une force de travail qu’elle ne peut vendre d’autant que le capital en espére tirer une plus value. Ce phénoméne limite absolument la consommation solvable et crée les contradictions explosives d’aujourd’hui.

      Certes, la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, ne suffit pas à enteriner l’abolition du capitalisme, mais elles créee les conditions objectives de la Révolution Socialiste. Parce que le mode de production actuel est voué, par sa nature même, à subordonner toutes les activités humaines, à la production de la plus value sur la base du travail non payé, il fait obstacle au développement de la civilisation, à la satisfaction des besoins fondamentaux de l’Humanité.

    4. Amateurisme est probablement excessif. Il est certain que la pensée de Marx est encore par bien des aspects « tabou » et donc méconnue.

      Pourtant, à ce stade de la crise, en débattre devient incontournable. Pas forcément dans Marianne, qui n’en est pas là, mais sur le blog, oui vraiment !

      La demande que je formulerai à Paul Jorion serait d’aller au bout de cette discussion, de lui consacrer un véritable espace.

      Au delà des questions sur le taux de profit, cela permettrait de savoir ce qu’on peut espérer d’un nouveau système qui ne serait plus le capitalisme.

      Quel nom lui donnerait on ? Le socialisme ?

    5. La baisse tendancielle du profit prédite par Marx vient des économistes classique qui ne comprenaient pas ce qu’est l’intérêt.

      Le profit du capitaliste rémunère à la fois son attente (intérêt) et sa prise de « risque » (profit pur). Mais en langage courant, lorsqu’on parle des « profits » d’une entreprise, on amalgame les deux. D’où une confusion fréquente qui fait croire à certains que les intérêts du banquier et le bénéfice de l’entreprise sont une sorte d’anomalie.

      En réalité, l’intérêt n’a aucune raison de tendre vers zéro. Seul le profit pur tend vers zéro.

      Par exemple, le premier entrepreneur qui a l’idée de vendre un produit réalise un profit pur. Il ne peut pas savoir si son produit aura du succès sans faire l’expérience, et en essayant il prend un risque. Le profit pur peut en effet être négatif comme positif. Il peut être une perte. Quoi qu’il en soit, il tend vers zéro dans les deux cas :
      – en cas d’échec parce que le produit est arrêté ;
      – en cas de succès sous l’effet de la concurrence.

      Il y a toujours de nouvelles opportunités de produits, d’innovation, et donc toujours de nouveaux profits. Mais ces profits ne sont pas une rente qui coulerait toute seule. Ils doivent être « produits » à neuf par les entrepreneurs à chaque fois, puis sont inéluctablement érodés par la concurrence.

    6. @Gu Si Fang : sans vouloir vous vexer, il me semble que vous n’avez pas saisi la baisse tendanciel du profit selon le Marx. Ce que vous dites n’est pas faux mais ne concerne que les entreprises prises une par une, alors que Marx considère cette baisse globalement et historiquement. En effet, sur le long terme, la production se fait avec de moins en moins de travail et les produits contiennent de plus en plus de capital mort. Comme les profits proviennent du travail, il y en a de moins en moins.

      @Eninel : pas mal votre démo. Dans votre post initial je conteste : « Entre le système qui organise la rareté sans laquelle il n’y aurait pas de profit capitaliste,… » : le capitalisme n’organise pas la rareté mais l’abondance. C’est ainsi que la société se structure autour de produits abondants : télés, bagnoles et pétrole en particulier. Les capitalistes font des profits aussi bien avec les produits rares, (luxueux), que pas rares : téléphones portables. Donc aucun rapport entre rareté et profits.

    7. Réflechissez un peu M. Crapaud rouge.

      Vous savez comme moi que ce qui est abondant n’a pas de prix. cette formule est prise dans le sens où il n’y a pas de marché pour fixer un prix. La bêtise par exemple.

      De par la même formule, nous pouvons aussi dire que ce qui est rare, voir unique, cela n’a pas de prix non plus. L’amitié par exemple.

      Subtilité de la langue française me direz-vous ? Pas tout à fait.

      Ce qui est bon ou beau, est rare, or ce qui est rare est cher, donc ce qui est bon ou beau, est cher, très cher nous dit ce syllogisme d’Aristote.

      Alors allons à la conclusion, et affirmons que des capitalistes, exclusivement interressés à une quête du profit, et on vend un produit cher que si il est rare, font tout pour ne pas innonder les marchés par rapport à une demande donnée.

      Lorsqu’il y a surabondance, c’est dû à l’anarchie de la production et à la concurrence, à un grand optimisme sur une consommation future aussi, mais historiquement cela ne dure pas bien longtemps, sinon c’est la faillite pour tous.

      Un autre facteur de cette sacré loi traîtée dans le sujet, en quelque sorte.

      CQFD. mon crapaud préféré …

    8. Crapaux rouge et Eninel

      Vous écrivez:« Comme les profits proviennent du travail, il y en a de moins en moins. »

      Imaginons que j’ai une usine de jouets complètement automatisée (donc sans aucun travailleur), dans ce cas de figure le profit ne provient plus du travail mais du capital mort, non?
      Le profit peut-il venir uniquement du capital mort?

    9. @Eninel

      « Ce qui est beau et bon est rare et ce qui est rare est cher. »
      Quoi de plus beau, de meilleur, de plus utile, de moins rare, de plus inépuisable que l’eau, H2o? Limpide et inodore sujet d’étude capitaliste. Pas sans saveur.

      @CHR

      Et qui va jouer avec tes jouets? Les machines? Le proprio? Le capital mort, qui est d’abord de la valeur travail accumulée et, en l’occurence, stérilisée?

    10. M. Vigneron, L’H2o que vous mentionnez est un bon exemple pour venir étayer mes dires. L’eau pure, à l’origine simple valeur d’usage, se faisant de plus en plus rare, voilà à présent qu’on la caractérise du nom : d’Or Bleu, et qu’on prédit toutes sortes d’agitations politiques autours du contrôle de cette valeur d’échange, dans les prochaines années !

      M. CHR, en partie M. Crapaux Rouge vous apporte la réponse à votre question lorsqu’il vous soumet l’idée que l’on ne peut évaluer la baisse du taux de profit que de manière globale. Il est certes difficile de rentrée dans toutes les subtilités et les détails d’une Loi dans le cadre des discussions instinctives qui se déclarent sur ce blog. Déjà nous nous enfonçons chaque jour un peu plus dans les bas-fonds.

      Cependant, quelques pistes de réflexions :

      Marx parle pour être précis de « Baisse tendancielle du taux de profit moyen ». S’il y a taux de profit moyen, il y en a des hauts et des bas, en toute logique. Nous faisons donc allusion là au principe mathématique de la « péréquation ». Allez sur Google, tapez « Marx » « Profit » « Péréquation », et vous allez être comblé. Mettez-vous à lire le Capital aussi.

      Pour ce qui est de cette histoire d’usine de jouets entièrement automatisée. Outre qu’une entreprise sans travailleurs ça n’existe pas (il y aura du secrétariat, du commercial, du gardiennage, de l’entretien et du dépannage etc.), ajoutons qu’en toute chose il faut s’en tenir au sens des affaires des capitalistes.

      Certaines fois, ils trouvent utile à délocaliser et aller vers une main-d’œuvre bon marché. Une autre à investirent lourdement dans une usine semi-automatique. En toute chose ils auront des experts comptables (des exploités eux aussi) qui les conseillerons à investir un minimum de frics pour obtenir un maximum de rendements.

      Dernière petite chose enfin, la capitaliste ne réalise sa « plus value » qu’une fois vendu la marchandise.

      Maintenant ce qui me tracasse ce matin, c’est la nature même de ce blog. La seule manière de pousser le débat jusqu’à sa fin naturelle, c’est de convaincre M. Jorion d’ouvrir à coté de du blog –information-, un forum –discussion-. Pour le financer, peut-être pourrait-il être institué un paiement de 10 cts pour chaque post. Cela éviterait le charlatanisme et le dilettantisme.

      Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit.

    11. Eninel 26 août 2010 à 10:37

      « un paiement de 10 cts pour chaque post. Cela éviterait le charlatanisme et le dilettantisme. »

      Sûr, pour mériter la première classe, faut payer un supplément.
      Mais 10 cts pour jouer au charlatan, au dilettante, c’est donné, d’autant plus quand c’est éventuellement à l’insu du posteur.
      Le prix fixe pour un tel « challenge », est-ce la bonne méthode économique ?
      Laisser flotter…ferait : « il est à combien le billet chez Jorion ce matin ? »
      Et même au prix fixe d’un paquet de clopes, le risque de se faire enfumer persisterait.
      Vous écrivez « il est impossible d’empêcher l’Homme, surtout le boutiquier, de spéculer, dans l’espace d’un système fonctionnant sur la rareté. Seule l’abondance peut tuer… »

      J’ai le même tracas, j’ai lu l’insatisfaction d’autres, le problème est posé, reste à le résoudre…
      Je ne doute pas que les modérateurs soient au courant.

    12. @Eninel
      24 août à 17h58

      Vous avez restitué avec exactitude, et oserai-je dire non sans ironie (puisque la transparence de votre nouveau pseudo y invite) « fidélité », un aspect de la contradiction propre au mode de production capitaliste que sa religion, l’économie politique, ne peut pas voir. Cela est tout à fait bienvenu dans ce blog eu égard aux fréquentes lectures très approximatives de Marx en général et à celle de monsieur Jorion en particulier.

      Cela dit, la conséquence historique, et typiquement marxiste, que vous en tirez : « la loi de la baisse tendancielle du taux de profit ne suffit pas à entériner l’abolition du capitalisme, mais elle créée les conditions objectives de la Révolution Socialiste. » est pour le moins hâtive.

      Cette loi explique la récurrence des crises générales et les limites du mode de production capitaliste. Mais, quoiqu’on puisse souhaiter, elle ne dit rien ni des « conditions objectives » ni de supposées conditions subjectives. Une note de ce même chapitre, digressant sur « l’appréhension des économistes anglais devant la diminution du taux de profit », précise exactement (selon la traduction qu’en donne Rubel) : « Le développement des forces productives du travail social, voilà la mission historique et la justification du capital. C’est ainsi que, sans en être conscient, il crée les conditions matérielles d’un système de production supérieur. »

      Entre ces « conditions matérielles » et vos « conditions objectives », il y a un pas important franchit frénétiquement par l’illusion messianique à laquelle s’est assujetti le léninisme ou le marxisme partisan qu’on nomma un temps et si malheureusement « orthodoxe ». En identifiant l’objectivité à la loi contradictoire de l’économie politique on dégage une subjectivité qui lui ferait face. De quoi serait faite cette dernière sinon de l’organisation et de la conscience prolétarienne ? Mais tant qu’on résout cette contradiction plutôt que de la dépasser, on reste dans une polarité où le réalisme persiste du côté de l’économie politique, tandis que le tragique principe de plaisir et la fatalité de la peine demeurent de l’autre côté, lequel – qu’on le nomme social ou individuel – apparaît irréaliste.

      Or c’est selon cette dichotomie que le pouvoir pris par les représentants du prolétariat se retourna contre lui, autrement dit que la dictature du prolétariat ne s’avéra pas révolutionnaire mais devint la dictature contre le prolétariat en son nom. La NEP en fut l’illustration parfaite. Il s’agit donc de dépasser cette contradiction entre objectivité et subjectivité, ce qui implique de comprendre en quoi les conditions matérielles sont tout autant subjectives qu’objectives.

  9. Si, je puis me permettre, je voudrais revenir sur cette énonciation : »le processus d’auto-domestication de l’espèce. Avec, comme conséquence, une disparition partielle de l’agressivité, par l’invention d’institutions nous permettant de domestiquer nos pulsions les plus dangereuses. » De par mon vécu, il m’est apparu que nos « cultures » sont plutôt des « amplificateurs » des sentiments de « puissance ».

    Perso, après avoir pris conscience du système ‘je me valorise en dévalorisant autrui’, j’ai vécu 2 « moments »: une sorte de « plein d’énergie » suite à des dévalorisations d’autrui (heureusement ponctuelles) qui ont été suivies par la prise de conscience que ,en fait, dévaloriser autrui me faisait perdre de l’énergie: comme avec un produit stupéfiant, au départ, j’ai ressenti le « plaisir » qui, toujours comme avec un produit stupéfiant,est passé instantanément à une perte d’énergie. Suite à mon vécu, je pense que ce système « je me valorise en dévalorisant autrui », fonctionne comme les produits stupéfiants et que donc la montée en gradation des violences est « logique ».

  10. le flashcrash, le plongeon subit du 6 mai : ça serait probablement le HFT, high frequency traiding.
    en gros, un ou des acteurs jouerai(en)t avec les allumettes, en émettant par hft des milliers d’ordre seconde sur différents titres. les concurrents verraient les machines et algo ralentis, handicapés de n millisecondes pour traiter ce bruit, micro écart dont l’émetteur tirerait profit.
    ce n’est pas beau. on s’en fout puisque ça marche.
    http://www.kitetoa.com/Pages/Textes/Textes/Textes12/20100802-hig-frequency-trading-les-machines-se-font-la-guerre-sur-les-marches.shtml
    http://www.nanex.net/FlashCrash/CCircleDay.html

  11. Belle interviewe.
    Je retiens que l’intention de ceux qui veulent transformer est à étudier avec soin pour ne pas re-reféodaliser indéfiniment.
    Par ailleurs, un truc me chiffonne depuis un moment, dans cette réflexion. C’est de quelle place parle-t-on ? Tantôt de l’individu et tantôt du collectif. Quelle est donc la « bonne » mesure.
    Je me réfère aux travaux de Vygotski qui fait état que la cellule a un fonctionnement propre, le plus souvent complètement différent de la façon dont fonctionnent les éléments qui la compose et même d’une façon totalement antagoniste.

    1. Je crois que Hegel a très bien parlé de l’individu comme être social :
       » La conscience de soi est en soi et pour soi quand et parce qu’elle est en soi et pour soi pour une autre conscience de soi ; c’est-à-dire qu’elle n’est qu’en tant qu’être reconnu. » (Phénoménologie de l’Esprit)

      marlowe@orange.fr

    2. @Simorg
      Connaissez vous Le Professeur Julien Barry?
      « La « continuité du système des cytomembranes », de l' »extérieur » jusqu’au noyau cellulaire (là où la théorie cellulaire classique ne voyait que limites, compartiments et organites) n’en finit pas aujourd’hui d’épauler ma vision du monde et mes interrogations sur les limites du « sujet » dans son « environnement »… »
      http://interlivrehypertexte.over-blog.com/article-julien-barry-l-axe-perdu-de-l-alchimie-du-schema-55683694.html

    3. @Simorg et Marlow
      Individu ou collectif ?
      L’individu n’existe pas sans le collectif . Mais quel collectif ? Quel groupe ? Serait ce celui qui l’a formaté depuis des millions d’années : le groupe réduit archaique ? ou le groupe hypertrophié actuel .
      La cellule minimal ne peut etre l’individu . Pour moi elle serait ce groupe restreint PARCE QUE chacun connait chacun et donc peut etre « reconnu » pour répondre a l’exigence d’ Hegel .
      L’individu peut il etre optimisé ds le modèle gigantisme /hypertrophié actuel ?

  12. La disparition de l’État-Nation et du pouvoir des électeurs a été programmée, suite aux aberrations résultant du suffrage universel. Un gouvernement mondial ne devrait plus rendre des comptes à des électeurs menés par le bout du nez par des démagogues ou des opportunistes.
    Si les résultats avaient été en faveur de la solidarité, cela aurait été applaudi, ou du moins, apprécié par la prospérité et la justice qui en auraient résulté.
    Par contre, les promoteurs du gouvernement mondial ont choisi de garder le gâteau pour eux seuls.

    1. ainsi les « leaders politiques » pour se maintenir au pouvoir seront « les acteurs et complices » des financiers et gouverneront selon le bon vouloir de ceux-ci..
      (le monde est dirigé par toutes autres personnes que ceux qui nous gouvernent..!)
      en 1844 Benjamin Disraeli (premier ministre d’Angleterre) écrivait :
      « le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’oeil ne plonge pas dans les coulisses »..!
      puis encore au cours d’un discours :
      « les gouvernements de ce siècle ne sont pas en relation avec seulement les gouvernements, empereurs, rois et ministres, mais aussi avec « les sociétés secrètes, éléments dont on doit tenir compte (et qui au dernier moment peuvent annuler n’importe quel accord), qui possèdent des agents partout- agents sans scrupule qui poussent à l’assassinat, capables, si nécessaire, de provoquer un massacre »…(l’actualité devient plus lisible..!)

  13. quelques notions de propriété :
    John Jay, premier président de la cour suprème, exprima clairement la doctrine régnante :
    « ceux qui possèdent le pays doivent gouverner » restait à régler une question : qui possède le pays?
    La réponse fut fournie par l’apparition des grandes sociétés privées et de structures conçues pour les protéger et les soutenir, bien qu’il reste difficile de contraindre le grand public à garder un rôle de spectateur.
    si nous voulons comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain, les Etats-Unis constituent sans doute le principal cas à étudier. Pour leur incomparable puissance, mais aussi pour la stabilité de leurs institutions.
    Leur principal concepteur fut un penseur politique avisé : James Madison (4ème président des Etats-Unis de 1809 à 1817)
    Lors des débats sur la constitution, il fit remarquer que si les élections en Anglterre « étaient ouvertes à toutes les classes du peuple, les droits de propriétaires terriens ne seraient pas en sécurité et une loi agraire ne tarderait pas à être vôtée » pour donner des terres à ceux qui n’en ont pas.
    le système constitutionnel devait donc être conçu pour prévenir de telles injustices et « assurer les intérêts permanents du pays », c’est-à-dire les droits de propriété.
    Tous les spécialistes de Madison s’accordent à dire que « la constitution était un document aristocratique destiné à contrer les tendances démocratiques de la période », livrant le pouvoir « aux meilleurs » et empêchant ceux qui n’étaient ni riches, ni bien nés, ni connus, de l’exercer.
    Madison déclara ainsi que la première responsabilité de l’Etat était  » de protéger la minorité opulente contre la majorité »..!
    (conception qui est resté le principe fu système américain jusqu’à nos jours)

  14. L’interdiction de tout pari sur les fluctuations de prix aurait pour effet, comme une taxe sur les transactions financières (une mesure bien moins radicale), d’entamer la drastique cure d’amaigrissement financière qui est la seule issue. Une renégociation d’ensemble de la dette publique, sans que le montant de celle-ci soit soumise à l’appréciation des agences de notation, sans que soit utilisée la planche à billet des banques centrales, ou sans qu’une autre échappatoire soit trouvée telle la proposition du FMI de financer la dette des Etats par la création d’une nouvelle monnaie, serait incontestablement la meilleur porte de sortie. Elle réparerait cette iniquité flagrante qui veut que les banques sont financées hors marché par les banques centrales et que les Etats n’y sont que très partiellement, quand les banques centrales achètent de la dette souveraine (ce qui n’est pas le cas au sein de la zone euro). On est, bien évidemment, très loin de cette renégociation.

    (extrait de « La quadrature de la dette » par François Leclerc le 29 avril 2010)

  15. Le « capitalisme » est une abstraction qui n’a pas grand sens pour moi. Par contre, il existe des réalités que sont les capitalistes (ceux qui détiennent ou, mieux, qui ont le pouvoir sur les capitaux) et des capitaux qui donnent du pouvoir à ceux qui en usent et les maîtrisent.

    L’histoire récente, ne tient pas uniquement aux seuls enjeux du pouvoir économique comme cela semble transparaitre de cet interview. Elle tient aussi aux enjeux du pouvoir politique au sein des nations et entre les Etats. Elle tient plus encore des interactions entre luttes pour le pouvoir politique et luttes pour le pouvoir économique. C’est bien la rivalité des pouvoirs étatiques qui a fait le lit des multinationales et par suite de la mondialisation extra territoriale et en conséquence extra juridique (il ne peut y avoir de justice sans force régalienne pour la faire appliquer).
    C’est bien la rivalité des états sur le terrain de la croissance de leur économie, donc de leur levée d’impôts donc de leur pouvoir global qui est en grande partie responsable du développement de ce que l’on appelle le « capitalisme financier » avec ses conséquences: paradis fiscaux, politiques d’exportation à tout prix, dumping social, etc.

    Comme expliqué dans d’autres billets sur ce blog, la solution du Bancor imaginée par J. M. Keynes permet une régulation de ces politiques entre états et c’est une mesure tout aussi absolument nécessaire que l’interdiction des paris financiers. L’une civilise les relations économiques entre états quand l’autre vaccine contre la lèpre.

    C’est d’ailleurs une fois seulement que le Bancor sera en place qu’il deviendra possible à un état d’agir efficacement sur la répartition du profit des entreprises entre les apporteurs de capitaux (internes et externes), les salariés et lui-même, en tant que « serviteur » de la société. Certaines contraintes externes ainsi levées (équilibre de la balance des paiements) donneront cette marge de manoeuvre interne. Outre cette répartition, chaque état pourra de plus mener une politique économique et monétaire interne pour réguler et adapter sa croissance selon ses contraintes sociales et de ressources matérielles.

  16. « les capitalistes (ceux qui détiennent ou, mieux, qui ont le pouvoir sur les capitaux) ».
    C’est effectivement le « pouvoir sur » qui compte et non la « propriété de ». Les propriétaires de capitaux sont à la fois très nombreux et très petits pour la plupart (chacun d’entre nous pour peu qu’il ait cotisé à une caisse de retraite…) et représentent la très grande majorité des capitaux détenus. Or le nombre de personnes détenant ce pouvoir réel sur les capitaux est lui très restreint (quelques milliers de par ce monde).
    C’est aussi la raison principale qui me fait ignorer, sur ce blog, les appels à la suppression du droit de propriété qui ne changerait strictement rien à cette donne (= argument démagogique et idéologique, à mon sens, = simple expression de sentiments d’envie et/ou de jalousie).

    1. Je suis d’accord, j’ai voyagé auparavant de travailler en Irlande au Pays-bas et pour un peu je serai toujours en train de le faire, j’ai des amis qui ne peuvent acheter un bien immobilier, car ils doivent toujours pouvoir bouger, d’autres qui ne le souhaitent, car ils auraient l’impression de ne plus pouvoir bouger et d’autres qui comme moi s’investissent dans les biens (des week-end et vacances à tout retaper), c’est l’insécurité de l’emploi et la folie immobilière qui frustre ceux qui voudraient s’investir dans un bien, car le capital est la seule valorisation de ce travaille non salarié, si j’avais continuer mes voyages de ferme en ferme à travers le monde, je ne crois pas que j’en voudrais à ceux qui on des biens, j’aurai eût autres choses à la place, la vrai question reste l’injustice du travail/capital et du chômage qui empèche de choisir

    2. il n’existe pas de droits (de) propriété mais des droits (à) la propriété – c’est à dire ceux des personnes qui possèdent des biens. J’ai peut-être le droit de possèder ma voiture, mais celle-ci n’a aucun droit.
      le droit (à) la propriété diffère également des autres en ce que la possession d’un bien par un individu en prive quelqu’un d’autre.
      Le principe madisonnien est donc que l’Etat doit aussurer le droit des personnes en général, mais aussi fournir des garanties particulières supplémentaires en ce qui concerne les droits d’une classe de personnes, celle des propriétaires.

    3. je me pose cette question du découplage de la gestion et de la propriété des fonds, sur tous les fonds collectés, -comme les fonds de pension, fonds d’assurances maladie..- investis à l’encontre-même des individus qui constituent ces fonds …

  17. L’ AUTO-DOMESTICATION de l’humanité est elle comprise dans le sens ou l’a définie Konrad Lorenz?

    C’est a dire dans une emprise croissante du système/groupe sur l’individu , une aliénation renforcée de celui-ci . J’aime beaucoup le concept de NEOTENIE que développe K.LOrenz en poursuivant sa reflexion sur l’autodomestication ainsi que le début de sa reflexion induite par les animaux « spécialisés ds la non spécialisation » qui retardent l’age du passage a l’adulte afin de gagner du temps de « jeu » qui est créatif ………
    Il me parait évident que le système s’emballe ….la néoténie se booste …Si ma génération est bloquée au stade post ado , la suivante l’est au stade pré-ado ..pour la plus grande joie du système.

  18. Notre Lettre ouverte au Président de la République intitulée « Les Français n’ont pas besoin de travailler plus longtemps, mais de travailler tous ! » traite de la question du chômage de masse qui est, avec la dérégulation financière, l’une des causes premières de la crise actuelle ayant entraîné les autres en cascade. Nous traitons cette question à la lumière de la politique de l’emploi menée en France depuis 2007.

    … à lire sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article316

    1. Sur ce sujet, c’est quoi, ce « plafond disponible pour la déduction des cotisations d’épargne retraites versées en 2010 pour la déclaration des revenus à souscrire en 2011 », c’est une forme de sponsort de l’état, octroyé sous la forme d’une baisse de l’impôt sur le revenu, (donc un manque à gagner pour le budget de l’état) conditionnalisée à la promotion et pour l’avantage des retraites privées ???

  19. Bonjour,
    quelqu’un pourrait-il creuser le sujet de l’interdiction Merkel sur les paris concernant les fluctuations de prix ? Plus précisément, existe-t-il un moyen de propager cette interdiction (ou ses conséquences) de façon systémique à travers la planète finance, afin d’en recueillir rapidement les fruits ? Si j’ai bien compris notre interviewé préféré, ce serait un des moyens de réorienter les masses financières disponibles au profit d’investissements réels.

    Pourquoi ma question ? Voici.
    Hier mardi 24/8, au cous d’un dîner, je parle avec une personne française vivant à Londres mais – fait rare – pas du tout de la finance. Je m’ouvre à elle de la mesure Merkel (et du bien que j’en pense malgré ses contournements) et lui demande ce qu’elle en pense. Elle me répond « les anglais ne feront jamais cela. Ils vivent de la Finance et ne vont pas se tirer une balle dans le pied. »

    Loin de me laisser abattre, je lui réponds que l’Angleterre pourrait très bien continuer à rester la première place financière tout en utilisant différemment les fonds qui y sont brassés.

    Elle me rétorque « non, les paris sont trop lucratifs pour être interdits ».

    Je pense qu’elle a tort et raison. Tort parce que les anglais sont très pragmatiques. Ils feront s’ils y voient leur intérêt. Raison parce qu’ils ne feront jamais unie telle loi contraire à leurs intérêts immédiats. Il faudrait donc que cette mesure Merkel se propage à Londres et ailleurs d’une autre façon que par la loi. Naturellement. De façon systémique. Comment ? A vous lire. Merci.

  20. Je ne comprends pas tout :

    – les stocks options aux employés n’est-il pas une façon de redistribuer de la productivité?

    – la productivité associé à la concurrence n’a-t-elle pas un effet positif sur les prix ?

    – Qui finance l’investissement nécessaire à la hausse de la productivité ? qui prends le risque ?

    – un bas de laine n’est -il pas nécessaire pour ce protéger des aléas ? pourquoi le taxer plus ?

    – Et nos petites économies qui génèrent des intérêts ne font-elles pas de nous partiellement des rentiers ? Si nous étions tous rentiers, ne serions nous pas libérés du capitalisme ? La formule de Keynes n’a t-elle pas pour but une accélération de la société de consommation ? pour le plus grand bien du capitalisme ?

    1. – les stocks options aux employés n’est-il pas une façon de redistribuer de la productivité?

      1/ Tous les employés ne disposent pas de stock-options donc la redistribution est inégale par rapport à la participation aux gains de productivité.

      2/ Les stock-options sont surtout un moyen d’aligner les intérêts des actionnaires et des dirigeants. La classe « hybride » qui résulte de cet alliage rend le rapport de force avec les salariés très inégal.

      – la productivité associé à la concurrence n’a-t-elle pas un effet positif sur les prix ?

      Non pour le travailleur : quand les gains de productivité sont épuisés, on le remplace par une machine. Il n’aura de toute façon pas bénéficié financièrement des gains de productivité qu’il aura générés par son travail. Pour ce qui concerne le prix, la combinatoire des gains de productivité et de la concurrence fait tendre à terme le profit vers 0. Pour reconstituer des marges opérationnelles, les entreprises sont alors obligées de remonter les prix.

      – Qui finance l’investissement nécessaire à la hausse de la productivité ? qui prends le risque ?

      Les financeurs financent Mr La Palisse. Pour autant, ce sont les travailleurs qui travaillent, et il n’y a donc aucune raison qu’ils ne puissent pas récolter les fruits de leurs efforts.

      – un bas de laine n’est -il pas nécessaire pour ce protéger des aléas ? pourquoi le taxer plus ?

      Pour paraphraser un auvergnat célèbre : « un bas de laine, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ! »
      Plus sérieusement, le capital excédant doit aller là ou il manque. Voyez cela comme des vases communicants : si vous ne voulez pas que les fleurs meurent, il leur faut de l’eau.

      – Et nos petites économies qui génèrent des intérêts ne font-elles pas de nous partiellement des rentiers ? Si nous étions tous rentiers, ne serions nous pas libérés du capitalisme ? La formule de Keynes n’a t-elle pas pour but une accélération de la société de consommation ? pour le plus grand bien du capitalisme ?

      Pour que vos « petites économies » génèrent des intérêts, il faut du soleil, de la sueur et du temps. Si tout le monde est rentier, plus personne ne travaille. Si personne ne travaille, plus personne n’est rentier. CQFD.

      Pour quelqu’un qui ne comprend pas tout, vous comprenez en tout cas très bien où est votre propre intérêt visiblement.

    2. @Julien Alexandre

      A/
      Chaque employé participe t-il de façon égale à la hausse de la productivité ? au prorata de son salaire ? selon sa fonction ? son savoir-faire ? son ancienneté ? pourquoi pas des stock options pour tous en proportion du salaire ?
      Sinon proposez-vous une clé de répartition plus équitable ? Ou remplacer les stocks par des actions gratuites ?

      Les stoks ne sont pas forcement un outil idéal dans la relation actionnaire/dirigeants, il y des effets pervers possibles, court-termisme et des abus car tous n’ont pas le même horizon temporelle…

      Le rapport de force était il plus favorable avant ? Il y a encore de nombreuses sociétés où cette notion de rapport de force a son importance, chez les Conti par exemple mais avec la mondialisation et l’internetisation ce sont des mesures visant a augmenter l’employabilité de chacun qui devraient être prise. Un salarié est libre quand il sait qu’il peut changer de job facilement…

      B/
      Si profit=0, le gain de productivité lui aura permis de garder son job plus longtemps, non?
      Si la machine le remplace, ceux qui restent profitent du gain,..nouveau sursis ?
      Si profit=0 à qui la faute? au dirigeants bien sur ! Mauvaise gestion et anticipation….tout le monde perds!!
      Mais les prix auront baissés ou stagnés mais à qualité supérieure…

      C/ Les travailleurs travaillent déjà pour un salaire contractuel assuré, des primes et de intéressement…
      Les actionnaires risquent leur argent, issu bien souvent de leur travail, contre un espoir de dividende et une
      hausse du cour de l’action.
      Il y a des millions de travailleurs actionnaires et rien ne vous empêche de le devenir, vous qui parler de connaitre son ennemi !!

      D/

      Donc on ne taxe plus le bas de laine modeste ? Où commence le beaucoup ? Avez vous charge de famille ?
      Voulez vous forcer les gens à prendre des crédits usuraires au moindre pépin ?

      Où manque t-il du capital ? Ne faut il pas éviter de planter des fleurs dans le désert?

      C/

      Quel différence faites vous entre un rentier et un retraité ?

      Pas d’avis sur Keynes?

    3. A/ Il faut bien sûr supprimer les stock-options.

      Un salarié est libre quand il sait qu’il peut changer de job facilement…

      Sur ce point, nous sommes d’accord…

      B/ Je note qu’au nom de la course aux gains de productivité, les travailleurs devraient désormais s’estimer heureux d’être en sursis. Le message est passé.

      C/ Principe de base du Fordisme : il faut que ses propres employés puissent acheter les produits qu’ils usinent. Le problème est que les salaires sont trop bas. Le parasitage et le partage inégal doivent être remis en question au profit d’une augmentation des salaires.

      Quant à devenir actionnaire, il ne faut pas pousser le bouchon. Sun Tzu dit « connais ton ennemi », pas « deviens ton ennemi ». Autant pour l’empathie.

      D/ Difficile d’éviter les poncifs devant votre réponse…. les gens qui crèvent de faim par manque d’argent sont des « fleurs plantées dans le désert »?!? Ils apprécieront ! Abject.

      E/ (C?) La différence entre un rentier et un retraité est très simple : le retraité a travaillé toute sa vie (et donc cotisé au nom de la solidarité, du moins en France) et bénéficie du même mécanisme de solidarité, fruit du travail.
      Le rentier n’a jamais travaillé, les autres l’ont fait pour lui.

      Plein de choses ont été dites ici sur Keynes, utilisez la fonction recherche.

    4. @julien

      Travail productif, rentable, concurrentiel, gratuit…
      Bravo Julien. Voilà un boulot bien ficelé. Tu as certes l’avantage sur le béotien contradicteur de connaître la dialectique sur le bout des doigts. Mais il fallait que ce fût fait. C’est fait! Et bien fait!

  21. La proposition de Paul Jorion,
    « l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix … la mise en vigueur d’une telle prohibition mettrait fin au capitalisme et .nous ferait automatiquement passer à un système économique d’une autre nature » .
    Cette proposition, couplée à la proposition du « partage au dessus de la propriété » de François Leclerc,
    relèvent de la castration à vif du veau d’or.
    Brigre! la bête va se défendre avant qu’elle ne soit maîtrisée.
    C’est pourquoi, outre les solutions proposées sur le blog de PJ qui pourraient aider à un monde viable et plus juste,
    il nous faudra une audacieuse solidarité, armée de ruses, de sainteté et de quelques miracles et ou chances pour deviner dans le miroir du temps le reflet d’un être-animal humain paré de son humanité.
    Sacré beau défi pour tenter de conjurer ce mauvais sort qui nous conduit irrésistiblement vers l’innombrable.
    Respect!

  22. Et si on couplait « l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix » à une sorte de défiscalisation sur les investissements productifs ? En clair, ça marche déjà (cf. DOM TOM). Suffirait de pousser le bouchon, non ?
    N’est-ce pas une des raisons pour laquelle l’Allemagne remonte la pente plus vite que les autres? Son économie réelle serait boostée par ladite interdiction effective dans le pays.

  23. @P.J. bravo pour l’article. Pour une fois que je suis presque entièrement d’accord avec vous, autant le dire (tant que vous traitez d’économie, mais pas de monnaie, c’est d’ailleurs souvent le cas ;-))

    Permettez moi juste deux ou trois bémols.
    1) l’interdiction de ventes à découvert « à nu » est évidemment une très bonne idée, mais à moins de supprimer la bourse, ou du moins de ne permettre qu’un ordre d’achat par jour aux intervenants, je vois assez mal comment aller plus loin, et interdire les paris sur les fluctuations de prix. Peut être qu’interdire d’acheter les actions correspondant à des stock-options et de les revendre le m^me jour, ou le même mois, aurait déjà pas mal d’impact, en particulier vu ce qui s’est passé pour la BNP très récemment. Mais je ne suis pas contre le fait de fermer les bourses …

    2) le capitalisme « éthique » n’a effectivement pas de sens – ce ne serait plus le capitalisme. Mais, comme vous le savez, je défends la position suivante. La véritable lutte de classes n’est pas entre « patrons » et « prolétaires », mais entre la sphère financière et la sphère productive. Entrepreneurs et ouvriers, même combat (contre les banquiers et les financiers). Cette position n’est pas très éloignée, je pense, de celle de M. Allais, au moins sur ce sujet « de société ».

    Bien à vous, B.L.

  24. Excellent. J’ai rarement lu (dans Marianne papier) un truc aussi pertinent sur les retraites.
    Et en plus, pour une fois j’ai tout compris.
    Enfin presque.
    Un plaisir de vous retrouver ici.

    Merci.

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