La démocratie est-elle soluble dans la finance ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Toxicité financière

La crise des subprimes s’est déclarée par des problèmes de liquidité. Il est devenu impossible à l’été 2007 de calculer le prix de certains actifs financiers, en l’occurrence les actifs subprimes à haut risque. Les actifs subprimes se sont révélés toxiques parce qu’ils sont mutants et matériellement imprévisibles, comme les virus. Ils contiennent en eux-mêmes la cause invisible de leur transformation. Techniquement, un actif toxique est un nominal d’option dont la composition est indéchiffrable et la prime vendue par un opérateur financier de solvabilité inconnue. Une option financière est la promesse de réaliser quelque chose à un certain prix sous certaines conditions. L’acheteur de l’option est celui qui veut avoir le quelque chose au prix à terme annoncé et qui paie une prime au vendeur qui s’engage à le lui réaliser. La prime de l’option représente ce que le vendeur est susceptible de décaisser en monnaie à l’échéance de l’option si la promesse ne se réalise pas au prix annoncé.

La fabrication d’un actif toxique vise à prélever une commission sur la construction d’une option dont le risque est polymorphe ; dont le risque peut être présenté différemment à son acheteur et à son vendeur. L’intermédiaire de toxicité vend le nominal à quelqu’un qui trouve la promesse bien belle pour la prime faible qu’il a à régler. Et il vend la prime à quelqu’un qui la trouve bien élevée pour le faible prix réel du nominal qu’il est censé garantir. L’un achète un risque dont le prix paraît faible tandis que l’autre vend le même risque dont le prix paraît élevé pour ce qu’il semble réellement. Acheteur et vendeur du même actif toxique ne se voient pas et ne se parlent pas : ainsi le fabricant peut présenter son produit sous deux formes différentes qui ne sont pas comparées explicitement. L’agent de toxicité financière est indétectable parce qu’il tient le marché étroit de ce qu’il vend ou parce parce qu’il est trop gros pour que l’acheteur exposé à la toxicité identifie séparément la responsabilité du vendeur de la prime et de son fabricant.

Acheter un risque revient à vendre une assurance. Si l’assureur inspire confiance, il n’est pas imaginable qu’il puisse assurer des événements qui n’arrivent pas aussi fréquemment qu’il l’annonce ; ou qu’il ne soit qu’assureur d’événements qui n’arrivent jamais ; ou encore qu’il soit l’assuré d’un assureur d’événements qu’il provoque lui-même. Un producteur de toxicité financière est l’agent invisible d’actifs transformables à l’insu de l’acheteur qui se croit protégé de la variabilité du prix réel. A partir de l’été 2007, il est apparu progressivement que ces actifs sans prix vraiment rationalisable étaient diffusés dans le monde entier. Toute institution financière d’une quelconque importance avait dans ses comptes une proportion inconnue d’actifs toxiques, soit que ces actifs fussent des primes sans prix rationnel, soit que leur prix fût garanti par un propriétaire de la prime potentiellement insolvable.

Liquidité toxique

La réponse des banques centrales au gel de la liquidité a été de vendre massivement des options de liquidité. Elles ont prêté de l’argent contre garantie en actifs dont le prix était inconnu. Inconnu par leur contenance non mesurable de toxicité. Inconnu par la suspension des échanges directs des actifs potentiellement toxiques entre les acteurs financiers qui pouvaient en analyser la valeur. En adossant leur émission monétaire à des actifs toxiques, les banques centrales ont radicalement accru la toxicité de leurs monnaies. Les monnaies sont en effet l’option d’étalonnage en valeur réelle des unités de compte de la finance et de la banque. Par le rapport entre la valeur réelle estimée du collatéral de la création monétaire et la valeur nominale de la monnaie crée, la banque centrale régule la stabilité réelle de la monnaie dans la durée.

Depuis 2007, la proportion de fausse valeur dans l’émission monétaire ne cesse d’augmenter. En septembre 2008, cette proportion est jugée tellement élevée que les marchés financiers cherchent à liquider une institution financière. En mettant en faillite un établissement contenant plus d’actifs toxiques que les autres, on oblige tous ses créanciers à constater des pertes. La valeur globale des actifs financiers est abaissée de façon à réduire l’écart toxique entre la masse monétaire et sa contrevaleur réelle. La victime emblématique de ce sacrifice a été Lehman Brothers. Si l’effondrement boursier qui s’en est suivi a réduit la toxicité de la monnaie, il n’a pas pour autant tari la source. Les acteurs spécialisés non régulés et les mégabanques constituées par rachat des établissements en difficulté ont renforcé leur potentiel de toxicité.

Le krach de 2008 a révélé que la toxicité des subprimes est en réalité celle de tous les produits dérivés émis hors des marchés organisés. Lehman Brothers a été mise en faillite par l’explosion de sa prime de CDS (Credit Default Swap, prime d’option de crédit à Lehman) qui suggérait que la valeur réelle de ses dettes était très inférieure à leur valeur nominale. Les assureurs de la dette de Lehman ont finalement réglé aux créanciers 8% des montants assurés. Les dettes assurées de Lehman étaient surévaluées de 9% dans le bilan comptable de la banque d’affaires. Cela signifie que grâce aux produits dérivés dont Lehman était un spécialiste, elle pouvait afficher des réserves en fonds propres pour plus de 10% (11% en « tier one ») du prix calculé de ses dettes nettes au moment-même où elle cessait ses paiements, au moment-même où il fallait reconnaître que toutes les dettes ne pouvaient pas être remboursées.

Comptabilité du vice

La faillite de Lehman démontre brutalement l’insignifiance des bilans comptables bancaires et financiers. Tous les comptes étaient faux et il était impossible de dire comment ni dans quelle proportion. Les banques centrales qui prêtent à des opérateurs dont elles ne savent pas s’ils sont vraiment solvables se sont mises à renégocier les normes prudentielles internationales de garanties des risques bancaires et financiers par des fonds propres. Les négociations entre États, banques centrales et banques commerciales débouchent sur l’accord de Bâle III conclu à la mi-septembre 2010. La couverture en fonds propres du passif net calculé des opérateurs financiers sera relevée progressivement afin que les crises de liquidité puissent être absorbées sans relâchement des politiques d’émission monétaire centrales.

La nouvelle réglementation reste dans la même philosophie que l’ancienne, mise en échec depuis 2007. Le prix des actifs comptabilisés dans les bilans financiers et intégrés dans le calcul des fonds propres de réserve reste déterminé par le nominal de produits dérivés non réglementés ou par les modèles internes de calcul des risques des mégabanques. Les prix financiers restent à la main des opérateurs financiers trop techniques ou trop gros pour être contrôlés par quiconque. Les États et les banques centrales font semblant de ne pas comprendre ce que sont des options et comment ils se font piller par la négociation de primes et de nominaux dont ils ne peuvent calculer le prix. Les autorités publiques dont la responsabilité est de réguler la finance par la définition de droits négociables et par l’équilibre des droits de l’offre et de la demande, font semblant d’ignorer qu’elles doivent forcer les opérateurs financiers à se confronter sur des marchés. Des marchés que les propriétaires d’actifs ne peuvent en aucun cas posséder.

Pourquoi cette persévérance dans l’irrationnalité feinte ? Par l’effet-même de la toxicité de la finance non régulée. La toxicité financière est la faculté de jouer avec les définitions nominales de la valeur afin de faire rentrer la réalité dans les prix qu’on anticipe. Pile je gagne et face tu perds puisque c’est moi qui décide quelle est la pile et quelle est la face. Les États pratiquent la finance toxique en ne fixant pas les règles de leur propre solvabilité. Ils peuvent émettre de la dette sans autre limite que de forcer leurs contreparties financières à croire qu’ils sont solvables. Le jeu ne fonctionne plus pour la Grèce, l’Espagne ou l’Irlande mais fonctionne encore un peu pour les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon ou la France. Les banques centrales n’ont rien d’autre à faire qu’obéir aux États en prenant leur dette en collatéral et obéir aux banques qui menacent de faire faillite et de ruiner leurs déposants.

Pillage financier de la réalité

La production d’actifs toxiques est désormais une nécessité pour les États et pour les mégabanques. Le stock antérieur à 2007 n’ayant pas été purgé, il est nécessaire de titriser des créances indépendamment de leur valeur réelle pour créer la monnaie qui permet de ne pas répartir le coût de toutes les fausses vraies dettes. Cela est d’autant plus nécessaire que les dettes sont internationalisées, accumulées au crédit de quelques pays en position d’échange excédentaire vis-à-vis du reste du monde. Ni les États-Unis, ni l’Europe, ni le Japon ne souhaitent avouer aux Chinois que leurs réserves de change sont creuses. Car il leur faudrait reconnaître leur irresponsabilité passée et se mettre à négocier entre tous pour répartir la purgation de l’excédent mondial de liquidités. Il faudrait aussi négocier un nouveau système monétaire international fondé sur des règles partagées de solvabilité qui réduisent les privilèges générateurs de risque.

L’argument qui permet d’éviter le dépôt de bilan du système monétaire international fondé sur l’émission sans limite des monnaies de réserve est celui de la liquidité. Le bilan financier des États et des banques sont en soi-même des options. Une dette publique est le nominal d’une option d’État de droit dont le fabricant est le gouvernement en place. La prime de l’option de solvabilité publique est le prix du CDS qui garantit la dette publique. Le nominal de l’option est le prix réel de la dette publique. Pour pouvoir rester liquide, un gouvernement doit pouvoir continuer d’emprunter même si sa dette paraît excessive. Il lui faut donc pouvoir émettre de nouveaux titres sans que la prime de risque ne traduise tout le doute qu’on peut raisonnablement former sur leur remboursement sans dévaluation de la monnaie. Il faut donc empêcher de mesurer la valeur réelle de la monnaie par un marché organisé où le prix de tous les actifs soit mesurable par un équilibre réel de l’offre et de la demande. Autrement dit, la banque centrale doit pouvoir émettre toute liquidité sans qu’on puisse constater l’élévation globale du prix des actifs qui traduise la dévaluation à terme de la monnaie.

Les intérêts des banques sont alignés sur ceux des États. Leur bilan est aussi l’option de leur propre solvabilité. Si l’on se met à coter les actifs bancaires sur un marché où leurs droits sont égaux à ceux de l’économie réelle, les créances de l’économie réelle sur les banques se trouveraient réévaluées par rapport aux créances des banques sur l’économie réelle. Comme les banques recyclent l’épargne des entreprises et salariés de l’économie réelle dans les dettes publiques, la vérité des prix déprécierait les portefeuilles bancaires de titres publics pendant que les banques devraient s’expliquer sur les promesses non tenues de rendement des placements. On découvrirait qu’elles n’ont peu ou pas de fonds propres pour couvrir les risques réels de leurs engagements vis-à-vis des déposants et épargnants.

Dissolution de la responsabilité publique

États, banques centrales et banques sont compromis dans la fabrication d’actifs toxiques pour justifier la liquidité nécessaire à la préservation des monnaies de réserve, à la non-liquidation des pertes financières accumulées. L’irresponsabilité publique et bancaire permet de vendre les pertes financières et monétaires à l’économie réelle. Le système politico-financier achète la liquidité à bas prix à la banque centrale et la revend à prix élevé à l’économie réelle. Les services publics sont réduits contre un prélèvement fiscal en augmentation. Les salariés sont licenciés dans les pays développés où ils sont trop chers pour être réembauchés dans les pays où ils sont moins chers. L’économie réelle apprend à s’autofinancer par l’augmentation de ses marges financières pour substituer du capital aux crédits qui sont devenus trop chers. La demande s’affaisse dans les pays développés pour essayer de démontrer aux créanciers en dollar, euro, livre sterling ou yen que la production réelle va davantage s’exporter. Il faut montrer que la réduction à terme des dettes internationales est possible même si l’appareil de production des pays développés se délocalise.

Il apparaît désormais que le système monétaire international fondé sur l’utilisation internationale de monnaies nationales est toxique, générateur de pertes non mesurables et sans limites rationnelles pour l’économie réelle internationale. Une zone monétaire qui réunit tous les utilisateurs d’une monnaie est en elle-même une option collective de liquidité. La somme de tous les crédits actifs et passifs comptabilisés en dollar de par le monde est le nominal de cette option. Il en est de même pour toute autre monnaie. La prime de cette option est la somme des primes de change explicites ou implicites de toutes les positions à terme prêteuses ou emprunteuses détenues par l’économie réelle partout dans le monde. Les fabricants de l’option de liquidité monétaire internationale sont les banques internationales qui tiennent le marché des changes.

La négociation des options de change entre quelques très gros acteurs leur offre le marché donc la définition de la valeur internationale des monnaies. Ainsi les quelques négociateurs des primes de change sont-ils propriétaires de la volatilité des monnaies les unes par rapport aux autres. Ils fixent le prix du risque de change selon leurs intérêts propres indépendamment des équilibres financiers internationaux réels. Ces équilibres ne sont pas objectivement connaissables en l’absence d’un marché international monétaire et financier qui trace l’ensemble des flux de capitaux, de crédits et de marchandises. Quelques banques internationales fixent ainsi les taux de change par les dérivés de change selon leur interprétation et leur anticipation des politiques publiques de liquidité. Elles imposent leurs choix aux autorités publiques perpétuellement en retard d’information sur la circulation des masses de capitaux.

Revenir à Bretton Woods

Comme le dollar est la principale monnaie de réserve mondiale, les intérêts du système financier mondial sont alignés sur ceux de l’élite politico-financière des États-Unis. La prime de stabilité réelle du dollar ne peut pas être calculée en l’absence d’étalon international de la valeur réelle. La prime de liquidité et la valeur réelle du dollar nominal sont non-négociables. Les mégabanques internationales imposent leurs prix selon les allocations de liquidité qu’elles obtiennent de la Réserve Fédérale. Elles financent les parlementaires étatsuniens afin d’empêcher l’adoption d’une régulation financière par un marché international organisé qui serait soustrait à leurs intérêts. Elles persuadent les parlementaires étatsuniens que les intérêts publics étatsuniens sont opposés au reste du monde. Ainsi est-il possible d’entretenir l’instabilité des changes et la surliquidité mondiale. Elles stimulent la volatilité financière et la rentabilité de leurs portefeuilles de primes de produits dérivés.

La surévaluation du dollar et des autres monnaies de réserve qui découle de leur utilisation internationale permet de piller l’économie réelle par des exigences de rentabilité exorbitantes. Les revenus salariaux sont écrasés dans le monde entier afin de dégager les plus-values qui rémunèrent un risque artificiellement provoqué. La mécanique de toxicité financière a pris une telle ampleur depuis 2007 que les économies réelles domestiques des États-Unis, de l’Europe et du Japon se délitent en contrepartie de l’accumulation d’excédents commerciaux et de réserves de change dans les pays émergents. Le monde file à vive allure vers la prochaine déroute financière. Elle interviendra bien avant que les banques aient reconstitué leurs fonds propres selon les nouvelles normes du Comité de Bâle. Le temps sera venu d’un nouveau Bretton Woods pour construire un marché international des options ; pour fonder un étalon monétaire de comptabilité juste des dettes internationales. Espérons que les sociétés démocratiques et les États n’auront pas implosé d’ici là.

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65 réflexions sur « La démocratie est-elle soluble dans la finance ?, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Monsieur Sarton,

    Quand vous prenez la peine d’expliquer lentement…on comprend !

    Et ce qu’on comprend n’incite guère à l’optimisme béat. De là à ce que ce message d’une fulgurante clarté pénètre dans l’oreille d’un de nos représentant élu et que les signaux auditifs
    se transforment en flux d’information synaptique déclancheur d’action…

  2. La démocratie est-elle soluble dans la finance?

    Je n’en sais rien.
    Mais c’est probable puisque la misère entraîne le chaos jusqu’au moment où le besoin d’ordre se fait sentir et où les démagogues en profitent pour devenir des dictateurs.

    En tout cas la connerie est-elle soluble dans la finance, oui! La preuve, les banquiers et spéculateurs qui nous ont mis dans ce beau merdier.

    1. Il conviendrait avec avantage de dire « tyran »
      (car le dictateur, telle que le fut Lamartine, où tous les membres de son gouvernement, sortis, et promulgué, lors de la révolution de 1848,
      cela pendant les quelques mois de son gouvernement provisoire,
      – il n’a duré que quelques mois, juste avant les élections, dont le résultat fut l’élection de Louis Napoléon, .. –
      était bien un dictateur dans le sens défini de la définition de dictateur:
      soit celui d’un gouvernement non légitime, car non élu, ni seulement élu de Dieu, ni même élu du peuple …
      Eux mêmes, dans leurs propres discours, se qualifient de dictateurs et leur gouvernement provisoire de dictature …

      NB je sais, et j’ai bien compris qu’ il importe absolument que des expressions comme la « dictature » du prolétariat, (maintenant que nous sommes éloignés des époques de Marx ou de Lamartine…) ne puisse plus jamais faire aucun sens pour personne, car cela searait beaucoup trop dangereux pour les réactionnaires, donc c’est nécessairement primordial ….

  3. Merci pour la démonstration !
    J’aurais besoin de la reprendre et de la transformer en schémas pour mieux visualiser et bien assimiler.
    J’en suis à essayer de bien comprendre pourquoi je n’éprouve plus aucune confiance ni pour le monde des banques ni pour le monde des politiciens.
    Je ressens la pénible impression d’une course à l’abîme et je suis reconnaissant à Paul Jorion comme à ses « invités » -collaborateurs bénévoles- de me permettre de ne pas me sentir idiot devant une rélaité difficilement compréhensible.
    Je pense à l’actualité de la « Nef des fous » !
    Mais – il y a un « mais »- n’est-il pas possible de fonder une « base » solide à partir de laquelle de pauvres individus puissent commencer à reconstruire, solidairement ????
    Toute ma gratitude envers les collaborateurs de ce blog désidéologisant et infiniment salubre !
    Bodrup

    1. Si, bien sûr, il y a une solution, simple et connue, pour repartir sur une base saine : les monnaies locales, les systèmes de troc (il ne faut pas avoir peur du mot) organisés, tout ce qui repose sur un objet physique ou la confiance inter-personnelle, ou la confiance dans un système transparent dans son fonctionnement. Où les banksters ne sont pas les bienvenus, sans intérêt, ni réserve fractionnaire ni produits dérivés.
      Un peu plus largement, le développement de coopératives pour les biens et services essentiels, qui pourraient inclure une bourse locale d’emploi et de logements. Une sorte de restos du coeur possédant plusieurs cordes.

      Je ne sais plus où j’ai lu la conception d’un système d’emploi centralisé, une sorte d’agence d’intérim créée par l’ensemble des syndicats servant d’interface entre l’offre et la demande de travail. Les salaires étant versés à la centrale capable de redistribuer une partie selon divers critères comme l’utilité sociale, les besoins de santé ou d’éducation.
      Le même principe pourrait exister pour les logements.

      L’idée générale est de ne plus dépendre d’un marché globalisé ou étatisé mais de créer le sien propre, à sa mesure, suffisamment souple et humain pour que la plupart des gens souhaitent s’y intégrer. Rien n’empêche les autres de rester à l’extérieur.

      A mon avis ça se fera tout seul à très long terme, disons 100 ans, quand le pétrole et les produits importés seront hors de prix, quand l’Etat desséché n’aura plus beaucoup d’autorité locale et que des petits chefs de maffieux locaux auront prit l’essentiel du pouvoir.
      On peut vouloir anticiper la création et la structuration démocratique de ces coopératives étendues au lieu de se les laisser imposer par des petits malins qui en tiendront les ficelles.

    2. @HP,

      Je crois que vous décrivez la vraie démocratie qui n’est pas du tout utopique. Nous pouvons la voir fonctionner localement dans un quartier, une entreprise, une association, une ville et même une région ou un pays. Le critère de la vraie démocratie que vous évoquez est la relation interpersonnelle transparente. Vous savez les fins que vous partagez ponctuellement avec votre interlocuteur et vous échangez des moyens pour y parvenir. Plus la société dans laquelle vous évoluez est grande, plus les échanges sont de valeur abstraite, définis selon des critères de qualité et de quantité qui ne renvoient pas à des objets concrets d’utilité individuelle. Quels sont les prix et définition d’un réseau routier national, d’un système de retraite ou d’un système public d’enseignement ?

      La vie collective développée est en fait impossible sans monnaie. Maintenant que nous voulons consommer des produits du monde entier, circuler n’importe où et discuter avec les antipodes, il est devenu impossible non seulement de se passer d’une monnaie nationale mais de la convertir en monnaies étrangères pour exporter ou importer ce que nous considérons comme valeur. Sans un système d’équilibre des droits au sein d’un même marché qui garantisse la mise en relation de l’offre réelle à la demande réelle, les échanges sont asymétriques et impersonnels, propices à tous les abus. Soit on limite ses échanges aux contreparties que l’on connaît directement et intuitivement, soit on instaure un principe de mise en équivalence universelle des objets échangés qui garantisse une communauté d’existence du droit entre échangistes. Ce principe est la monnaie à la fois nationale et internationale (http://www.pauljorion.com/blog/?p=15870).

    3. oui, il faut se réapproprier nos vies …
      Effectivement, quand l’Etat n’en est plus un, les petits clans mafieux prolifèrent …
      ce qui ne dérange pas le moins du monde les oligarques, à mon avis …

    4. > PSdJ
      Oui-oui, nous sommes d’accord sur l’idée « il faut un étalon de valeur commune pour les échanges lointains ». Et bien sûr certains produits lointains sont enviables. Par contre je doute que le commerce international et la mondialisation continuent de se développer, depuis 2007 le commerce a perdu pas mal de volume et je pense qu’il ne devrait pas beaucoup remonter quoi qu’il arrive, au moins dans nos régions. La nécessité de protectionnisme contre la mondialisation s’impose aux esprits.
      Ce qui n’empêchera pas le commerce lointain d’exister, avec son corollaire le besoin d’un étalon de monnaie, soit.

      Rien n’empêche d’utiliser une monnaie exclusivement locale, éventuellement libellée en « bon pour une heure de travail intellectuel », une monnaie nationale (ou européenne) officielle et une monnaie électronique de commerce, internationale, selon ses besoins et priorités.
      L’énergie et les matières premières vont devenir chères, la partie la plus accessible étant déjà consommée, et il reste peu de découvertes importantes possibles.
      Pour beaucoup de gens, l’essentiel du commerce sera local, et le sera d’autant plus que les gens auront peu de moyens pour le luxe de produits exotiques.

      Ceci dans le cadre d’un système de survie organisé présupposant que la richesse disponible ira en s’amenuisant à peu près progressivement.
      Si la richesse réelle augmente je ne viendrai pas me plaindre! Mais j’en doute fort : pic pétrolier et raréfaction relative des matières premières, surpopulation, dérèglement climatique rapide, pollutions toxiques à long terme, affaiblissement des nations devant « les marchés » et mondialisation des décisions politiques, et quelques autres pas vraiment plus drôles.

  4. Bonjour à tous

    Merci pour ces explications techniques du fonctionnement du système.
    Vous avez bien mentionné l’élite politico-financière étasunienne mais n’en est t’il pas de même ailleurs?
    Nous voyons bien, en France, les relations très intimes entre pouvoir économique financier et politique qui sont issus en majorité du même milieu, des mêmes écoles et sont souvent parents…

    Rien de neuf sous le soleil! Quand tous les leviers d’un système sont détenus par une même caste, sur qui compter pour changer le système? Comment croire que même si un ou plusieurs membres de cette caste ont suffisamment conscience de la nécessité d’un changement radical, ils iraient volontiers d’eux même scier la branche sur laquelle leurs familles, amis et alliés prospèrent?

    On voit bien comment à l’intérieur d’une famille, les proches parents et intéressés de tout genre sont prêts à toutes les vilenies et toutes les extrémités pour empêcher un gros actionnaire de disposer de sa fortune s’ils estiment être lésés quand bien même il leur resterait plus de millions qu’ils n’en pourraient dépenser dans leur vie!

    Il semble bien que seules les crises d’un grande violence peuvent modifier quelque chose de façon significative, voir les mécanismes de résolution de conflit dans la tectonique des plaques par exemple- mais dans le cas des sociétés humaines encore faudrait il que chacun ensuite puisse remettre en cause tout ses postulats….

    Comme le chantait Brassens, il y a hélas peu de chances qu’ on détrône le rois des c…

    Cordiales salutations….

  5. Coucou,

    Soyons optimistes !
    Penser que les riches se laissent plumer sans réagir; qu’ils cedent leurs privilèges en baissant leur chapeau.
    Ou, plutot, , ne voulant rien perdre, ne voulant rein ceder,Imperceptiblement, de plan vigipirate provisoirement ad-vitam, de guerre contre les terroristes qui ne signifie rien d’autre que légitimer les justices d’exception, de nettoyage au karcher, d’expulsion de ROM, nous rentrons dans le monde des robocops, de la novlang de Bigbrother.
    Crachez de la plue-value, dormez tranquille, nous nous occupons de tout.
    Jusqu’ici, tout va bien.
    A chacun son tour.

    soyons optimiste. le monde n’a t il jamais été qu’absurde ? Essayer de ne pas raviver la bete en chacun de nous. Nos dirigeants n’en prennent pas le chemin.
    Qu’avons nous envie d’entendre ? Je vous le demande emile ?

    Bonne journée

    Stéphane

    1. « soyons optimiste. le monde n’a t il jamais été qu’absurde ?  »
      J’ai relu récemment « le mythe de Sisyphe » par Albert Camus … on est en plein dedans : l’absurdité , je veux dire.

  6. « La prime de stabilité réelle du dollar ne peut pas être calculée en l’absence d’étalon international de la valeur réelle » dites-vous. Oui sans doute mais cet étalon international n’existe pas et ne peut pas exister durablement ! On l’a vu avec l’or de Bretton Woods et avec le flottement des monnaies du système actuel.

    Je crains bien que nous soyons obligés de vivre indéfiniment dans ce monde économique sans référence, baloté comme un navire sur l’océan…sans GPS ni même de sextant !

  7. Simple question : avec quel financement Natixis a t elle acheté pour 50 milliards d’actifs devenu toxic ? en créant du crédit ou avec le montant de dépôt ou d’assurances vies transformées ???

    1. Toujours la même question d’où viennent les 50 milliards ?

      d’un prêt de la caisse d’épargne et de la banque populaire ?

    2. Si j’ai bien compris les pertes sont à cherchée dans l’acquisition par les Caisses d’épargne de rien de moins que d’un réhausseur de crédit au état unis du nom de CIFG
      dont l’encours était de 90 milliards en 2008 et qui fut apporté à Natixis.

      La question est ils en sont où avec ? Parce qu’en matière de solvabilité pour les 90 milliards ça n’a pas du s’arranger loin de là ?

      http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cfiab/07-08/c0708065.asp

  8. Je pence une hiérarchie qui peut fonctionner:

    1. Etat de droit
    2. Démocratie
    3. Economie
    4. Moyen de communication économique (monde financier)

    Aujourd’hui 3 et 4 on a rien a foutre de 1 et 2 avec tout les conséquences qui suivent.

  9. Autre question : il existe une différence entre les contrats d’assurances vies français et luxembourgeois. Le Luxembourg a fixé un cadre règlementaire très strict en terme de protection des actifs notamment par la qualité de créancier privilégié de 1er rang du souscripteur, par le mécanisme de séparation des actifs représentatifs des contrats et par le droit de blocage des comptes par l’autorité de tutelle. Est ce à dire que dans le cadre des assurances vies de droit français les montants des épargnants sont comme les dépôts en banques, c’est à dire que l’assureur français peut en disposer pour pratiquer des opérations financières pour compte propre ???

    1. toujours été comme çà , comment voulez vous sinon que ces compagnies achètent des immeubles et vous attribuent une part de scpi ? Il a dit au juge , j’amenais une vache tous les ans à mon assureur vie il m’a rendu un petit veau , le courtier à reçu une condamnation de principe , le juge à eu peur de s’attaquer à la compagnie.
      Mettez bien votre argent là ou on vous le prendra à votre mort.

    2. @liervol,

      Je ne connais pas le détail des différences de réglementation de l’assurance entre la France et le Luxembourg qui sont censés respecter les mêmes directives européennes. Vous posez de toute façon la question fondamentale de la responsabilité financière des institutions réunissant sous une même gouvernance, un même capital et les mêmes intérêts d’actionnaire des activités en conflit d’intérêt potentiel. Quand une même institution collecte même par des entités juridiques distinctes des dépôts, de l’épargne et des primes d’assurance, elle acquiert de très larges possibilités de transformation de ses ressources en actifs qui servent indifféremment ses propres intérêts, ceux de ses clients et de créanciers.

      Les règles sont normalement précises de discrimination des intérêts en compte propre et en compte de tiers. Mais dans un grand groupe polyvalent l’application des règles passe par une succession de décisions internes toutes subordonnées à l’impératif de rentabilité d’une même direction. Les opportunités sont infinies et incontrôlables de l’extérieur de capter la performance à l’avantage des intérêts internes propres. La transparence financière est matériellement impossible sans la séparation des activités de marché (établissement du prix d’équilibre entre les parties à un contrat) des activités de crédit (anticipation de la valeur certaine des actifs et passifs) des activités de spéculation (anticipation de la valeur incertaine qui rende certain le prix des actifs et des passifs) et des activités d’assurance (mutualisation des risques objectifs non déterminés par la décision humaine).

      Le motif de constitution de méga-groupes financiers polyvalents est la maîtrise de la rentabilité de la transformation financière par l’allongement des chaines de négociation interne à des prix non contrôlables par une négociation de marché transparente.

  10. –>> Pourquoi cette persévérance dans l’irrationnalité feinte ? Par l’effet-même de la toxicité de la finance non régulée. La toxicité financière est la faculté de jouer avec les définitions nominales de la valeur afin de faire rentrer la réalité dans les prix qu’on anticipe.

    Excellent vous venez de definir la mythologie financiere.

    –> Les États pratiquent la finance toxique en ne fixant pas les règles de leur propre solvabilité.
    Pas de regles, pas de preuves. Pas de regles, pas de loi. Pas de regles, les gvnmnts sont illegitimes. Pas loi, les gvnmts sont des voyous.

    –> Espérons que les sociétés démocratiques et les États n’auront pas implosé d’ici là.
    Ben c’est plutot la democratie le probleme puisque c’est la democratie le regime us.
    Et comme les le gvnmt et les banques c’est la meme chose …… C’est le modele democratique qui est pervers. Et ce depuis 200 ans.

    1. Pas d’accord !

      Que la démocratie soit un problème, c’est ce qu »‘on » voudrait bien nous faire croire …
      ex. : A.Adler, il y a plusieurs mois sur France Culture : « une dictature douce, pour le « bien » du peuple grec … »!! personne, ou si peu, n’a réagi à l’époque !
      Cette finance folle s’est bien mondialisée, sans aucun problème dans toute sorte de régimes qui n’ont rien à voir avec la démocratie …
      Evidemment, il y a de discrets glissements sémantiques, adoptés à une vitesse record par les politiques et les journalistes inféodés, ces dernières années, …dans tout ce qui concerne, par ex. le gouvernement d’un pays , qui, si démocratique, prend en compte les besoins de sa population dans son entier, a le pouvoir, délégué par le Peuple, de voter la Loi / tiens, une Loi bloquant les jeux pervers de la Finance, par ex., au hasard…passage à « gouvernance  » : ah, le joli mot, ah, le beau concept !- là , visiblement , plus de responsable dans l’histoire ! cela se passe tout seul, c’est « on » …les gueux-robotisés( même bardés de diplômes ) s’inclineront-ils devant ce « on » ?!
      Non, non, ne rentrons pas dans ce jeu de complicité avec le tyran !

  11.  » Si l’effondrement boursier qui s’en est suivi a réduit la toxicité de la monnaie, il n’a pas pour autant tari la source.  »

    C’est comme sur la plupart des glaciers ce n’est pas non plus parce que l’on reverse beaucoup de neige sur les crevasses, que les crevasses n’existent plus au regard de la conscience.

    Pardonnez-moi si je ne suis pas autant qualifié que vous pour commenter techniquement votre texte, mais tout cela me ramènera toujours à la double nature des êtres. Parce que tout cela avait marché un temps alors il en sera toujours ainsi comme d’ailleurs dans le même et ancien testament de gens se prétendant encore un peu trop riches de choses.

     » Elles financent les parlementaires étatsuniens afin d’empêcher l’adoption d’une régulation financière par un marché international organisé qui serait soustrait à leurs intérêts. Elles persuadent les parlementaires étatsuniens que les intérêts publics étatsuniens sont opposés au reste du monde. Ainsi est-il possible d’entretenir l’instabilité des changes et la surliquidité mondiale. Elles stimulent la volatilité financière et la rentabilité de leurs portefeuilles de primes de produits dérivés. »

    La peur de tout perdre ou alors la malagnité pourra-t-elle toujours secourir le monde de la noyade de leur propre malice supplémentaire ? Et cette même propension à vouloir continuellement écraser, étouffer, tuer et faire du mal à tout ce qui pourrait encore permettre aux peuples de passer à autre chose de moins machinal, prévisible, toujours évidemment de manière plus sournoise et mesquine, tant de finesse, de bassesse c’est sur comparé à tout cela vous ne faites plus guère le poids dans votre pays, quel grand penchant quand même à vouloir que ces choses là se fassent jusqu’au bout avec eux.

    Il est évident que l’excès de dominance sur autrui ça fait de plus en plus mal à l’homme, à des sociétés entières car plus je domine le monde, plus je me place au dessus de tous comme du ciel et de la justice, plus je recherche continuellement à concrétiser mes actifs, mes toxiques, mes idées, mes actions, mes lois provenant principalement du but d’en vouloir toujours plus, dans la colère comme l’impatience de plus à vouloir changer pseudo pareillement les choses comme autrui et plus je participe et précipite davantage le monde comme tant d’autres, d’une conduite hélas encore un peu trop généralisé et encouragé partout, c’est un peu ça aussi le progrès du monde principalement d’ailleurs à 100% dans la matière comme sans doute pour un autre Maître chanteur de plus demain à l’image.

    Quand la malignité a la raison de son côté, elle devient fière, et étale la raison en tout son lustre, ( PASCAL )

    L’histoire nous montre toujours encore quelque chose à voir et à apprendre, à moins bien sur que l’on préfère toujours raconter les mêmes sonnetes aux gens, c’est la grande bétise du monde quoi.

    La guerre enrichit les malins qui la servent. [Christiane Baroche]

  12. Vous hurlez tous à la révolution , mais pas un seul pour la faire , votre avenir : une lente dégradation style pays de l’est.

    1. Vous n’avez pas tord.
      A quand une grande marche à l’allure de grève générale dans toute l’Europe pour refuser le modèle néolibéral à l’anglo-saxonne qu’on nous a fait avaler d’abord par la douceur des illusions de lendemains meilleurs (ils n’étaient écrit nul part à crédit, ces lendemains) et qu’on finit de nous imposer par la force sous prétexte de déficit des états, quand nous lèverons nous pour défendre ce qui fit notre richesse et notre cohésion ???

    2. La révolution avant de vouloir la faire et la réclamer à l’extérieur, encore faut-il déjà bien accepter de la faire en soi et ça ce n’est pas non plus négligeable à prendre en compte pour autrui, personnellement j’en suis toujours au même stade de vouloir la faire pareillement comme d’autres, surtout après avoir bien lu et bien appris la bonne de la mauvaise histoire qu’il fallait d’abord faire apprendre aux petits puis après aux grands, c’est d’ailleurs souvent la foule qui m’inspire le plus à ruminer ou pas devant ma mangeoire.

      La terre révolutionne déjà autour du soleil, mais non on voudrait encore dire qu’elle révolutionne toujours grace à nous .

    3. Je vous donne rendez-vous !

      Car, vous ne voudriez pas, j’en suis sûre, d’une lente dégradation comme dans les Pays de l’Est !

    1. Tout le travail de conscience et qui consiste à vouloir éclairer le plus de choses possibles sur le monde de la finance n’est pas du tout anondin, tout ce travail de pédagogie, de vulgarisation, d’explication et de témoignages peut même permettre davantage à d’autres de mieux comprendre pourquoi tout cela ne peut pas durer indéfiniment sous d’autres aspects, même si nous savons pas encore à quoi ressemblera le monde demain nous pouvons déjà essayer de mieux faire connaître le plus de pièges à lapins, oui il y a bien d’autres pièges dans lequel l’homme pourrait de nouveau retomber dans sa folle course au progrès.

  13. Votre démontage financier est très pertinent !

    Il montre bien comment on a affaire à un système d’ensemble dont le sort de chacun de ses composants – Etats, banques centrales et banques – sont solidaires. Dont le fonctionnement obéit à une logique non reconnue mais de fer.

    Sa dérive est désormais incontestable, pour ceux qui veulent ouvrir les yeux. Seuls ses prochains épisodes sont une inconnue. Des plus hardis prévoyant une nouvelle crise, alors que cela va être la continuation de l’actuelle, sans rémission. Ce qui ne signifie pas nécessairement dans un proche avenir une nouvelle phase aiguë, mais pourrait se concrétiser sous une forme rampante et donc insidieuse. Aux lourdes conséquences.

    Un détail: les Chinois montrent à la fois avoir compris qu’ils ont été dupés, tout en étant néanmoins fascinés par les fausses promesses du système. Ils sont appelés à jouer un rôle important, mais lequel ?

    1. @François : « dupés » les Chinois ? En se faisant « l’atelier du monde », il me semble qu’ils ont pris modèle sur le Japon qui avait auparavant jouer le même rôle. Comme celui-ci dégageait d’énormes excédents, ils se sont retrouvés comme les Japonnais à devoir acheter des T-bonds. A mon avis, ils n’étaient donc pas « dupés » mais, bien au contraire, dûment avertis. (Mais j’ai peut-être raté un épisode, mon intention n’est sûrement pas de vous « faire la leçon » ! 🙂 )

    2. Vous faites la comparaison avec le Japon, mais vous pourriez vous interroger sur ce que représente la mondialisation, non pas comme nous avons l’habitude de le faire, du point de vue des pays développés, mais des émergents.

      Si je me réfère au Brésil, pour y avoir vécu, j’ai pu observer comment l’oligarchie économique et financière y a trouvé, avec un modèle tout entier tourné vers les exportations, matière à très grande prospérité.

      Dans le cas de la Chine, les choses sont plus complexes, mais des données sur le pouvoir économique existent, même s’il n’est pas nécessairement de même nature. Prenons le cas de l’Armée populaire, par exemple…

      Ce pouvoir a également a choisi la voie de l’ascension la plus rapide, conquis par le miroir aux alouettes d’une mondialisation qui laisse ces pays émergents largement dans la déshérence, chose que l’on oublie si l’on ne prend en considération que le sommet moderne de l’iceberg de leur développement.

      Au Brésil, la moitié des personnes qui travaillent, pour une population de 160 millions d’habitants tout de même, participent de l’économie informelle, ce qui veut dire qu’elles n’ont ni couverture santé, ni retraite, ni bien entendu de contrat de travail. Au moins 50% ! Qui en parle ?

    3. Je n’y connais rien …mais, les Chinois
      1) ne sont pas stupides
      2) étaient certainement trés avertis sur le fonctionnement de la Finance, version US, ayant une trés forte dispora là-bas, et plutôt bien en place …
      la réouverture sur le reste du monde remontant à Deng ( début des années 80 ), il a peut-être fallu quelques années pour cela, mais les jeunes et riches chinois ont eu envie d’aller voir le vieux pays de leurs ancêtres …
      3) la zone de Hong-Kong – même sous gouvernorat anglais – était la banque de la Chine …cela remonte donc à un certain temps …
      =) à mon humble avis, aucune naiveté là-dedans .

      Par contre, même si dans cette guerre économique, le bluff est de mise, et que l’imprévisible peut advenir, …la Chine place ses pions partout ( voir le sous-sol africain, entre autre, qui leur a été bradé par certains gouvernements corrompus ), estime avoir le temps de se positionner, car protéger son peuple si vaillant, si courageux, si inventif, à l’intérieur de ses frontières, en mettant en place des protections sociales, n’est visiblement pas dans ses priorités actuelles …nous assistons au war-game d’une oligarchie mondiale …
      En être pleinement conscient est un premier pas.
      J’attends cordialement Bertrand pour la manif° …Il faut toujours un début !

    4. Naïfs les Chinois, surement pas, mais dupés quand même car que vont-ils faire de leur magot, eux qui tiennent les monnaies à bout de bras si j’ai bien compris certains articles pour que le $ ne se casse pas la figure ? Dupés aussi car j’ai lu ailleurs sur ce blog que dans tout cela, ce sont les pauvres (Chinois) qui ont payé pour les riches (Américains).

  14. @ François Leclerc,

    Le faux-nez des vrais meilleurs amis?

    Zone bourse:

    EUR / JPY EURJPY évalue le rapport de force entre l’Euro et le Yen Japonais. Une multitude de facteurs oriente le cours dans un sens ou dans l’autre mais le principal impact réside dans la politique monétaire de chaque zone, dirigée par la Banque Centrale Européenne (BCE) pour l’Euro et par la Bank of Japan (BOJ) pour le Yen. Les statistiques économiques de chaque zone concernée exercent également une influence sur l’évolution du cours de la parité.

    Cotation
    Sa variation minimale s’exprime en pips, unités correspondant à la deuxième décimale mais la plupart des fournisseurs de flux cotent désormais en dixième de pips. Après un long rallye entre 2000 et 2008, le cours de EURJPY a quasiment doublé, l’Euro progressant de 90 à 170¥. Ceci s’explique non seulement par la force de l’Euro mais aussi par la politique monétaire japonaise qui a longtemps laissé ses taux directeurs à 0, rendant moins intéressant pour les investisseurs de détenir de l’argent en Yens. Cette politique soutiendra néanmoins le Yen pendant la crise, la plupart des banques centrales occidentales réduisant drastiquement leurs taux directeurs, faisant fuir les investisseurs étrangers. La monnaie japonaise fut donc la devise majeure la plus forte en fin d’année 2008 et l’Euro repassa sous la barre des 120¥ en quelques semaines seulement.

    Volatilité
    EURJPY est actuellement une des parités majeures les plus volatiles avec GBPUSD. Si sa variation intraday moyenne sur 50 jours (Vi50) s’est longtemps situé autour de 100 pips, elle n’a cessé d’augmenter depuis l’été 2008 pour atteindre 450 pips en fin d’année. Même si elle a fortement diminué avec l’accalmie générale des marché, elle évolue depuis plusieurs mois entre 250 et 300 pips, ce qui ouvre des perspectives de trading intraday intéressantes.

    Liquidité
    Bien que compté parmi les parités majeures, EURJPY dispose d’une liquidité bien moindre que EURUSD. D’après l’étude triennale du BIS (Bank for International Settlements), le volume quotidien moyen atteignait 70 Milliards de dollars en 2007, soit 2% des échanges du Forex. Cela représente néanmoins l’équivalent de plus de dix séances à la bourse de Paris.

    De la monnaie à la « diplomatie » indirecte:

    Archipel Senkaku, wikipédia:

    Histoire [modifier]
    Le premier enregistrement de nommage des îles remonte à la dynastie Ming de Chine (XIVe siècle-XVIIe siècle) dans des livres tels que Voyage avec le vent arrière (顺风相送), Voyage au Lew Chew (使琉球录). Les Chinois de la dynastie Ming utilisaient déjà le terme Diaoyudao pour nommer ces îles[réf. nécessaire].

    Cet archipel inhabité est contrôlé par le Japon depuis 1895, date à laquelle il est cédé à l’Empire du Japon avec notamment Taïwan en vertu du Traité de Shimonoseki suite à la Guerre sino-japonaise de 1894-1895[2].

    Après la Seconde Guerre mondiale, à la fin de l’occupation du Japon (1945-1952), Taïwan est reconnu indépendant par le Traité de San Francisco (1951), mais pas les îles Senkaku qui sont occupées par les États-Unis jusqu’en 1972, avant d’être rendues au Japon avec les îles Ryūkyū[2].

    Depuis, des incidents impliquant des bateaux chinois/taïwanais et japonais se produisent régulièrement autour de ces îles :

    En février 2007, le Japon proteste contre l’intrusion d’un navire d’exploration chinois[3].
    En octobre 2007, le Japon dénonce la tentative de débarquement de militants nationalistes chinois[2].
    Le 10 juin 2008, un bateau de pêche taïwanais et un bateau de garde-côtes japonais entrent en collision[4]. Le bateau taïwanais coule une heure plus tard : les treize pêcheurs et les trois membres d’équipage sont secouru par le bateau de patrouille, seul un membre de l’équipage est blessé[4]. Le ministère des Affaires étrangères taïwanais rappelle à Taipei son représentant à Tokyo, et demandé des excuses et une compensation de la part du Japon[5]. Quelques jours plus tard, un bateau de nationalistes escorté par neuf patrouilleurs militaires taïwanais vient tourner autour d’Uotsuri-jima, avant de retourner à Taïwan ; le Japon appelle alors à « gérer cette question calmement »[5].
    En décembre 2008, Le Japon dénonce l’entrée de deux bateaux de surveillance chinois[6].
    Le 7 septembre 2010, un bateau chinois venu pécher autour de l’archipel heurte le bateau de patrouille japonais venu lui ordonner de quitter la zone, avant de s’enfuir et de heurter un autre bateau japonais quarante minutes plus tard, selon les gardes-côtes[7]. La Chine exige alors la libération de l’équipage du bateau, arrêté pour l’enquête à Ishigaki, tandis que le gouvernement japonais déclare qu’il « va résoudre se problème en se basant strictement sur [ses] lois »[7]. Le ministère des Affaires étrangères chinois précise ensuite que cette enquête est « ridicule, illégale et invalide », et « si le Japon continue dans cette attitude imprudente, il goûtera à son propre fruit amer »[8]. Le 10 septembre, la Chine reporte une réunion bilatérale qui devait amener à la signature d’un traité sur le développement conjoint de l’exploitation gazière dans la région[8]. Le 13, l’équipage est relâché à l’exception du capitaine ; le ministère des Affaires étrangères chinois déclare : « Tout le peuple de Chine condamne d’une seule voie le comportement illégal du Japon, et incarne pleinement la volonté loyale du gouvernement chinois et du peuple de défendre la souveraineté nationale, et l’intégrité territoriale »[9]. Le même jour, des activistes taïwanais tentent de manifester autour de l’archipel afin de montrer leur soutien aux revendications de leur pays sur ces îles[10]. Le 19 septembre, suite à la prolongation de dix jours de la détention du capitaine, la Chine annonce la suspension de tous ses contacts à haut niveau avec le Japon : « La Chine demande que le Japon libère le capitaine immédiatement et sans conditions. Si le Japon agit délibérément en dépit des mises en gardes, et insiste à faire une erreur après l’autre, la partie chinoise prendra de fortes mesures de représailles, et toutes les conséquences seront portées par la partie japonaise »[11].

    Le trait « d’union » américain sino-japonais:

    Le chef de la diplomatie nippone, Seiji Maehara, nouvelle donne du 17 septembre, entre séisme monétaire et éruption diplomatique, choix stratégique d’un « blair bis » pour un « golfe tiers » d’une nouvelle espèce?

    Les atermoiements dynamiques du tambour moyen-oriental risquant de faire perdre leurs moyens électoraux des « occidentaux » en phase démocritique, cap à l’orient toute, à force de chatouiller les périphéries des nombrils autoproclamés sur tous les fronts, une partie parmi les joueurs de fait en viendra à jauger que le va-tout reste sa moins pire option ? Quid de l’attentisme ?

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/09/21/seiji-maehara-un-ministre-au-c-ur-de-la-tempete_1413908_3216.html

  15. Bravo !
    Tout ceci démontre bien qu’acheter du crédit avec de la monnaie de singe est un double jeu de dupe : pour les vendeurs comme pour les acheteurs. Finalement, tout le monde semble y trouver son compte, sauf les non financiers.

    Vous militez pour une sorte de devise unique, mondiale, convertible à partir de l’économie réelle. Cela n’empêchera jamais les spéculateurs d’opérer leur travail de transformation en économie virtuelle, sauf à les interdire. Mais dans ce cas, comment activer le mécanisme du crédit?

  16. Cela pourrait paraître prétentieux mais j’ai souvent tendance à me comparer au marché, à un riche banquier plus je recherche à bonifier le marché par mes propres toxines et cachotteries de plus et puis je rencontre bizarrement toute une somme de forces obscures qui refusent absolument de se laisser informer, ça doit sans doute principalement venir de la cuve et non de l’éclairage dans le poulailler du voisin, fort heureusement il y a encore un bon coq içi ou là pour mieux faire pondre dans la peur toutes les bonnes poules à l’heure.

  17. Pierre Sarton du Jonchay : je n’ai pas tout compris sur les mécanismes de la finance que vous avez si brillamment présentés; je sais toutefois que la démocratie est fragile, et qu’elle se construit et se renforce par l’accès du plus grand nombre à la conscience, peuple informé, représenté et en capacité de contrôler l’action de ceux qu’il a délégué aux fonctions de gouvernement.
    prenons acte d’une chose : ce système politico financier est fondé sur la tyrannie du plus fort. Alors, la démocratie… juste une façade en réalité, bien mal en point la démocratie, car cette tyrannie qui se cache et ne dit pas son nom à vidé le peuple de toute vision. Aveugle, il se tournera comme une foule perdue vers qui, sinon un fou, mais pas vers un sage, car la parole du sage n’est plus audible dans le bruit de l’angoisse qui monte. J’espère me tromper, je l’espère vraiment. Mais tous ceux qui ont parlé intelligemment depuis des décennies, qui les a entendu, à part une minorité en éveil ??
    bon, je garde espoir, il y a de la conscience sur ce blog !

    1. oui,
      Destruction des consciences ..acheter, vendre …occuper le terrain : brouiller les valeurs fondamentales (« jeux » TV où c’est le plus infect qui gagne, où la délation est recommandée… ) déstructuration lente …la population française a résisté un peu plus longtemps, car culture moyenne du Pays plus élevé qu’aux USA …mais la manipulation a fait son chemin : nous y sommes .
      Infantilisation de toute la population par le biais de la TV aux ordres , ou de « gros » films bien commerciaux, parfois fort bien réalisés …
      Disparition des débats contradictoires : c’est pas poli !
      Langue de bois à tous les étages .
      Déjà : une première action serait, peut-être, salutaire : supprimer la TV, sauf pour quelques émissions.
      Habituer ses enfants à aller assister à des spectacles « vivants » …échanges, discussions…et non vautrage paresseux et narcissique : il y a des spectacles de rue, qui sont gratuits …Lire des histoires aux petits : ils en seront tellement heureux qu’ils garderont ce plaisir de lire [ si on ne lit que des digest – c’est de plus en plus le cas, même dans les grandes écoles – , impossible de développer un esprit critique ]…Inviter des conteurs …Inculquer peu à peu l’esprit critique, et non la peur de l’autre …aller avec ses enfants à la Bibliothèque municipale …Dans les lieux où il n’y en aurait pas : faire des bourses d’échange aux livres …
      Aider ( et ainsi nous aider nous même en multipliant les circuits courts : AMAP ) : ainsi, montrer le travail des Paysans aux enfants =) respect du travail, bien fait, de l’autre …
      Des petits moyens …mais qui ont été perdus sur une à deux générations …

  18. @PSDJ,
    Le talon d’Achille de l’étalon monétaire, c’est qu’il n’y a pas d’étalon possible pour tous les temps et pour tous les peuples

    Je vous avais interpellé à propos de l’absence du terme d’étalon dans vos premiers travaux sur le Bancor, avant de voir ensuite apparaître ce terme dans vos écrits. Absent ou présent il pose problème.

    J’ai compilé ci-dessous toutes occurrences d’étalon et d’étalonnage dans vos textes.
    ___________________________________________________________________________________

    […] Le marché mondial n’existe pas faute d’une monnaie commune. Keynes l’avait proposée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale comme étalon international de rationalité de la valeur.

    Les monnaies nationales sont alors cotées selon un même étalon ; une même définition étalon du crédit contenu dans les monnaies nationales. Le bancor est valeur sous-jacente aux monnaies internationalement stables dans le temps, crédit international sous-jacent à l’intelligence universelle de la mesure de la valeur à terme.

    Or il n’y a plus aucune loi monétaire commune dans le système financier mondialisé depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971. Il n’existe non plus de restriction à l’émission de dollars, euros ou autres hors du périmètre de juridiction de leur banque centrale.

    Mais il apparu très tôt que la crédibilité politique pouvait dispenser de constater sur le marché la correspondance matérielle effective entre le prix des objets officiels d’étalonnage matériel de la valeur et le nombre d’unités monétaires émises en règlement de l’échange.

    L’existence de la monnaie a été initiée par l’impression d’un nombre dans un objet physique. Le nombre monétaire étalonné par la matière physique établissait une parité entre une matière quantifiable reconnaissable et la mesure affirmée de sa valeur.

    La crise ne sera pas surmontée par une simple substitution monétaire comme celle de la livre par le dollar entre 1914 et 1945. Elle le sera par une refondation du capital et du crédit qui permette un étalon véritable de la valeur internationale. Un étalon qui ne repose pas seulement sur la séparation occidentale du temporel et du spirituel mais sur le modèle holistique que pratique la Chine.

    La quantification réelle de l’étalon monétaire est un monopole légal âprement disputé entre pouvoirs politiques et financiers dans le monde entier.

    Les Européens de l’euro ont choisi la stabilité du prix d’un panier étalon d’objets de la valeur.

    La conclusion de ce cheminement (dans les billets ultérieurs) sera la démonstration de la rationalité libre d’un crédit régulé par un étalon monétaire mondial de la valeur.

    A la proposition d’un étalon monétaire international, « aliena » oppose une analyse pointue des mythes de l’étalon-or et des changes fixes. Cette démonstration compare le défunt système de Bretton Woods et l’actuel système de « fiat currency ». Bretton Woods avait retenu la définition des monnaies en poids d’or avec convertibilité par le dollar. Le fiat currency system (FCS) se contente d’une définition des monnaies par elles-mêmes. Instituées par les lois nationales, les monnaies sont dites inconvertibles : le prix de la monnaie en or ou en toute autre matière n’est pas défini. Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé. Les conversions effectives de l’une par l’autre déterminent la parité de change.

    La science économique est incapable de trancher la question des changes fixes/flottants, de la convertibilité/non-convertibilité des monnaies, de l’étalonnage monétaire matière physique/fiat currency.

    Les pays riches restent riches et les pays pauvres restent pauvres avec des possibilités d’échange perpétuellement comprimées par un étalon physique limité en lui-même.

    En adossant leur émission monétaire à des actifs toxiques, les banques centrales ont radicalement accru la toxicité de leurs monnaies. Les monnaies sont en effet l’option d’étalonnage en valeur réelle des unités de compte de la finance et de la banque.

    La prime de stabilité réelle du dollar ne peut pas être calculée en l’absence d’étalon international de la valeur réelle.

    Le temps sera venu d’un nouveau Bretton Woods pour construire un marché international des options ; pour fonder un étalon monétaire de comptabilité juste des dettes internationales.[…]

    __________________________________________________________________________________

    Quand Keynes invente le Bancor pour Bretton Woods, il vit dans le système de l’étalon-or mais aussi du mètre, du kilo, du litre même si les britanniques n’adhèrent pas à « nos » mesures « universelles ».

    Rappelons que « il metro cattolico » a fait long feu, et que la Constituante, inspirée des préoccupations universalistes des Lumières et de l’Unité de la Nation pris la mesure de forger un nouveau système de poids et de mesures adoptable par tous et pour toujours : « à tous les temps, à tous les peuples » fut le mot d’ordre du projet.
    Il aura fallu un siècle pour que les nouveaux étalons soient adoptés dans le monde entier à l’exception notable des pays du Commonwealth ou autres anciennes colonies britanniques.

    Mais on a toujours les coudées franches, on se pinte à l’occasion, on toise quelqu’un et on met les pouces.

    Sans ressortir ni la querelle des Universaux, ni ses rebondissements au siècle dernier, il est de fait que le projet de mesures universelles a tenu le coup et si l’étalon d’origine reste une curiosité au Pavillon de Breteuil, depuis 1983 le mètre étalon est devenu l’espace du vide parcouru par la lumière en 1/ 299 792 458ème de seconde.
    Le Bureau des poids et mesures est devenu international, mais il se réunit toujours au Pavillon de Breteuil, et la seconde n’est plus la fraction de 1/86400 du jour solaire moyen mais la durée de 9192631770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133.
    Malgré cet affinage on compte toujours en base 12 le temps, depuis les babyloniens qui avec leur pouce comptaient leurs 3 phalanges sur 4 doigts puis multipliaient avec les 5 doigts de l’autre main, jusqu’à obtenir 60.
    Tout ceci pour dire que ça ne bouge pas si facilement que ça du coté des étalons comme des bases de numérations.
    Mais aussi pour rappeler qu’un étalon moderne va chercher sa mesure dans une extériorité référentielle valable « pour tous les temps et pour tous les peuples » car indiscutable dans son exactitude. Or si l’exactitude réfère au discours de la science, le juste ou le vrai est plus affaire de pourparlers et de compromis.

    Aussi à parcourir vos textes où il est question d’étalon, qu’il s’agisse de bancor, d’unitas ou de M.U. je distingue bien des expressions telles « rationalité de la valeur », « intelligence universelle de la mesure de la valeur à terme », « la valeur internationale », « objets de la valeur », « international de la valeur réelle », « comptabilité juste des dettes internationales » mais elles flottent dans l’indétermination de ce dont il s’agit, quand il s’agit de définir un étalon.

    Le Bancor à son invention s’appuyait sur l’étant, à savoir l’or. Même si la perspective était de s’en dégager à terme par non convertibilité réciproque or/bancor.
    Le bancor s’embrayait d’une logique référentielle du signe, où un autre étalon le kilogramme mesure une quantité de matière, l’or, qui répond comme référent de la valeur fixée alors convertible d’une monnaie à l’autre dans l’acte d’échange même qui définit un « équi-valent ». Ceci n’est pas différent d’une convertibilité du gallon US via notre litre-or pour obtenir des pintes anglaises.
    Bretton Woods fut un tour d’illusionniste où dans le chapeau on pouvait tirer autant de dollars qu’on en voulait puisque l’or semblait devenu la même chose, et le dollar la chose même.
    Après Bretton Woods, on est donc passé au FCS soit à une logique qui n’est plus référentielle, hors trace de son lien qui semble effacée du dernier échange via l’or. Ce qui est venu en lieu et place, c’est comme vous l’écrivez « Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé ».
    Or cette trace du lien effacée est maintenue, à dose homéopathique ou pas, dans l’actuel système de convertibilité et incorpore les trois rapports de force en acte à Bretton Woods, l’économique, le politique, le militaire.
    L’économique a le plus changé, la part des vainqueurs s’est réduite dans l’économie réelle et la production de survaleur s’est déplacée géographiquement.
    Le politique a changé, le camp socialiste a été dissous par la finance et pas par la démocratie, même si le clair-obscur chinois fait tache et que l’ONU perdure, comme les avatars de B.W. (GATT) puis OMC.
    Le militaire a le moins changé : l’empire reste dominant, sous réserve de l’équilibre de la terreur nucléaire.
    Le prix d’équilibre des monnaies en FCS comprend en sous-jacent ces 3 rapports de forces, auquel il faut ajouter le pique assiette avec l’esprit malin de ces capitaux apatrides colossaux qui tel les criquets pèlerins essaiment pour dévorer chaque jour leur propre poids d’intérêts.

    J’ai bien noté que votre proposition de MU n’avait rien d’universel au sens de la logique classique de l’universelle affirmative, pourtant elle n’échappe pas plus à l’attraction de l’universel que toutes les unités de mesures en vigueur partout et depuis la proposition de la Constituante réalisée.

    Ceci ne signifie pas qu’il existe quelque part une possibilité d’instaurer un étalon qui répondrait d’une « vraie valeur » que vous supposez en écrivant « La BCE ou toute autre banque centrale qui veuille battre monnaie au service de la vraie valeur doit échapper aux pouvoirs politiques nationaux sans échapper ni à la Loi ni au contrôle de la démocratie ».
    Pour jouer comme Aragon avec le « Mentir-vrai » comme dévoilement du réel par la fabulation romanesque, je crois discerner dans vos préoccupations un envers, à savoir évider l’affabulation financière pour faire apparaître le trognon de l’activité laborieuse comme vraie ? valeur isolée de ses parasites.

    Néanmoins quand je lis que « l’unitas ne serait pas émis par un État supranational (USA) ni par une société d’État (G20) mais par une société financière multinationale associant les États et les institutions financières transnationalisées », je me heurte d’emblée aux limites des droits en cours, international public, ou national et donc à l’énigme du néologisme « transnationalisées ».

    Qu’à tout cela ne tienne puisque vous dites que « L’Occident a abandonné avec la chute du communisme sa réflexion politique sur les fins dernières de l’humanité ». Je suppose que vous évoquez là la dissolution de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Non, non, cette réflexion est impossible à laisser tomber.
    Personnellement, j’ai opté pour l’absence de « fins dernières de l’humanité » mais la quête comme la production du sens au quotidien suffit à occuper ce vide. Dans ce registre, qu’il s’agisse des accords de Bretton Woods effectifs ou de l’alternative keynésienne du bancor, n’y avait-il pas là pour le monde « libre » des stratégies de combats du camp d’en face ?
    Les prochaines tiendront aussi de l’Hydre de Lerne.
    Merci pour vos travaux combatifs. Ils vont durer…

    1. Votre propos me donne le sentiment intime et rassurant que vous m’avez parfaitement compris. Nous ne sommes donc pas dans l’utopie ni dans l’irréalité. Vous identifiez ce défi immense que nous avons à relever : croire que nous sommes nous-mêmes notre propre étalon en tant qu’êtres humains et pas la matière physique dont nous sommes faits ou que nous utilisons.

    2. @PSDJ
      C’est gentil de me dire que « je vous ai compris », mais la réponse m’étonne, si elle n’est pas de politesse (et je ne suis pas là pour ça !).
      Je vous écris que votre usage du terme étalon pour parler de M.U. est impropre, inadéquat, erroné, et vous me parlez de « croire que nous sommes nous-mêmes notre propre étalon en tant qu’être humain ».
      Je pensais avoir vite dessiné ce qu’est un étalon à vocation universelle après avoir en gras provocant écrit : « il n’y a pas d’étalon monétaire possible pour tous les temps et pour tous les peuples ».
      Malgré l’étymologie obscure de « étalon » comme modèle légal de mesure, je parie que le terme s’est forgé par contamination de l’étalon cheval comme reproducteur. Parie quoi ? la raison !
      Un étalon c’est le modèle à partir duquel on reproduit. Soit. Mais hors définition incontestable « pour tous les temps et pour tous les peuples », votre MU ne saurait être définie qu’à partir de l’étant à savoir des rapports de forces.
      Je note que le syntagme « rapports de forces » est présent 2 fois seulement dans l’ensemble de vos textes mis sur ce blog, évidemment à propos d’Aristote et parce qu’il est inévitable.

      Comment définir une MU dans ses taux de convertibilité fondateurs, au regard des monnaies en usages ?
      Une discussion au sein du « machin » disait De Gaulle à propos de l’ONU ?
      « ONU embryon d’universel » écrit « Moi » sur un autre fil !
      L’ONU est l’appareil issu des compromis des vainqueurs de la WW2, avec droits de veto pour quelques uns et corruption des petits pays pour certains votes. L’ONU qui comme le FMI et autres organismes témoigne d’un rapport de force établi même si de plus en plus instable. Embryon tératologique au regard d’un universel consensuel au sens du nombre (attention péril jaune !).
      Même si votre réponse à Saule plus bas, avec laquelle je suis en accord, témoigne de votre conscience du rapport de forces, vous restez en deçà de ma question sur l’étalon.
      Alors utopie ? certainement ! mais pourquoi pas ; irréalité ? je préfère « délire », sachant qu’il en existe de socialement présentables en circulation et qui entraînent dans des fenêtres temporelles originales, l’adhésion des foules.
      Ce n’est pas parce que j’ai écrit sur un autre fil que vous étiez au travail, que je me suis prononcé sur sa valeur d’échange.
      “I’ll make him an offer he can’t refuse. You see, Johnny, we feel that entertainment is going to be a big factor in drawing gamblers into the casinos”.
      Puisque vous échangez en anglais financier, cette phrase ne vous est pas inconnue. Peut-on faire autrement ?
      Je suis pour la monnaie universelle depuis que je suis né, parce qu’elle supprime l’opacité des intermédiaires.
      À « Subprime », la seule réponse c’est « supprime ».
      Encore autre chose, quand je vous lis et que je tombe sur des expressions telle que « l’achat complet du risque sur le marché des risques » auxquelles je suppose quelque significations pour un public confidentiel, ça me rappelle que l’occident (pour faire court) a un souci nouveau avec la perte, la mort, le deuil. Est-ce lié à l’accumulation ? peut-être, mais aussi au bancal des solidarités sociales en vigueur.

    3. @Rosebud,

      Nous sommes en conjonction dialectique. A la fois en plein désaccord (ce que vous souhaitez) et en plein accord (ce dont je m’excuse puisque vous ne le souhaitez pas). Votre rappel sur l’étalon est remarquablement documenté et pertinent. Mais je n’y ai pas vu la justification de votre assertion sur l’étalon monétaire. L’étalonnage de la monnaie est LE problème de la monnaie depuis qu’elle existe ; au point qu’on doute toujours de la réalité de la monnaie.

      Tout ce que vous dites porte sur l’étalonnage de la matière. Pour compter la matière, il faut définir la matière particulière dont on parle et trouver la meilleure représentation physique de la définition retenue. Si la construction d’étalon physique est si difficile, c’est que la matérialité physique est insaisissable en soi (la définition des étalons change avec la science). C’est aussi que les hommes changent d’avis sur ce qu’ils veulent mesurer. Les finalités humaines changent.

      En montant d’un degre dans la problématique, vous suggérez que l’étalon a pour fin de reproduire. Voila la cause de l’instabilité des étalons que vous décrivez. Qu’est-ce qui mérite d’être reproduit ?
      A ce stade nous arrivons a la bifurcation par laquelle nous nous séparons. J’interprète votre position selon l’alternative suivante. Première hypothèse, vous êtes matérialiste et pensez que toute cause est exclusivement matérielle. Un étalon n’est donc que matériel et ne reproduit que du matériel. Comment une monnaie qui ne serait pas physique étalonnerait quoique ce soit ?

      Deuxième hypothèse, vous êtes idéaliste et constatez que les idées flottent. L’idée de la monnaie ne peut donc produire aucun étalon par son instabilité-même. Quelle que soit votre position, elle me convient parce qu’elle est vraie ; mais de mon point de vue, elle est partielle et donc dépassable. Je suggère le réalisme en partant de ce que vous dîtes et en ajoutant que l’étalonnage est une réalité étalonnable. J’appelle monnaie universelle l’unité de mesure de tout étalon existant ou à créer qui vise à évaluer un besoin réel quelconque d’un objet physiquement limité.

      Votre choix de la valeur incommunicable et non partageable entre totalement dans une vision réaliste du monde. En terme monétaire, il signifie que si vous échanger quelque chose avec quelqu’un qui n’utilise pas la même monnaie que vous, vous lui déniez tout droit d’avoir une opinion de la valeur de sa monnaie qui ne soit pas la vôtre. Vous êtes un chaud partisan du rapport de force monétaire où le plus malin impose son interprétation de la rareté. Vous choisissez l’inutilité de la monnaie universelle ce qui n’est pas du tout un obstacle pour qu’elle existe. Vous devez avoir toute liberté de dénigrer l’universalité de la responsabilité de la valeur pendant que d’autres ont toute liberté d’intégrer la valeur d’autrui dans leurs choix de valeur.

    4. @ PSDJ 24 septembre 2010 à 10:27
      D’abord de la part de Rosebud :

      Même si la langue est une matière vivante et que sa valeur de signification fuit, à chaque minute pendant la bourse des échanges verbaux et verbeux, on discute du produit offert par l’autre et en cas de désaccord massif on fait appel en tiers au Bureau des poids et mesures nationales des valeurs langagières cad l’Académie Française, notre cours des contes.

      Vous n’êtes pas libre de définir la valeur sémantique des termes que vous employez et qui vous emploient, sauf à risquer un rappel à l’ordre sémantique du Bureau, pire en cas de glossolalie ou schizophasie, vous devenez pour l’autre un aliéné.

      Donc si vous usez du terme de « étalon » dans vos écrits, ça vaut la peine de discuter de la valeur du produit offert à la consommation du lecteur.

      Même si je n’ai pas pris le temps de lire le bouquin de Guedj « le mètre du monde » mon entendement entend que son titre est un clin d’oeil homophonique.

      Vous écrivez que « la définition des étalons change avec la science ».
      J’écris plutôt qu’un des effets de la science est de produire des étalons au sens d’une unité de mesure indiscutable, donc universalisante (cet universel là n’est pas sans effets collatéraux sur l’attraction mondialisante/universaliste dans d’autres domaines…) et reproductible puisque c’est la raison d’être de l’étalon.
      Sans étalons « scientifiques » c’est la notion même de norme dans l’industrie qui disparaît et l’industrie avec.
      L’aventure du mètre a entrainé le kilogramme et le litre via le dm3. Plus ancien pour la force le Newton, ou la pression le Pascal, le Kevin, le Joule, le Watt, l’Ampère, le Volta, etc ces braves gens ne sont plus depuis longtemps et leurs étalons ne sont pas près de changer.
      Pour le mètre il aura fallu maitriser le ciel, les mathématiques pour produire entre Dunkerque et Barcelone un étalon indiscutable (on a le choix, on n’est pas obligé de l’adopter !) même si depuis les trouvailles scientifiques (laser) l’ont fait passer au rang suprême d’étalon « naturel ».
      Cette dénomination de « naturel » ici montre a contrario, que ce qui s’appelle droit « naturel » est un produit idéologique masqué sur la prétendue « nature » humaine.

      Vous dites : « L’étalonnage de la monnaie est LE problème de la monnaie depuis qu’elle existe »
      Oui. Tant que la monnaie était référée à un étalon défini, poids de métal précieux, et pourcentage d’alliage, elle était non seulement le signe mais en elle-même l’étalon reproductible sous réserve de la disponibilité des matières de référence.
      C’est l’afflux de nouvelles matières disponibles pour frapper des signes monétaires (cf. l’abondance d’or et d’argent avec les conquistadors) qui dans un monde stable par ailleurs pouvaient en faire varier la valeur d’échange. Mais vous l’avez remarqué, le monde n’est jamais stable. Pourtant si les USA n’avaient pas disposé des ¾ de l’or disponible en 44, les choses ne se seraient pas jouées de la même façon.

      L’étalon défini pour les sciences, est impossible pour la monnaie car il ne peut pas y avoir de valeur objective de quoi que ce soit (sauf en droit naturel ?). L’échange (qui suppose le manque) et est irréductiblement subjectif. Un bureau international de la monnaie ne peut qu’être réduit comme l’Académie Française à constater de temps en temps des changements de valeur de signification des monnaies nationales entre elles via une MU.
      L’E.C.U. a été refusé par les allemands car pour dire « ein ECU » ça assonait trop avec « eine Kuh » soit une vache. Le même reproche vous est encouru avec MU !

      Vous osez m’écrire « Quelle que soit votre position, elle me convient parce qu’elle est vraie », ce coût là est gratuit et n’a pas de prix !
      Dans « Le Prix » je remarque que Jorion dans la biblio cite Austin, Benveniste, Foucault, Le Bon et bien d’autres. La monnaie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux économistes, pour paraphraser Clausewitz.

      Ensuite de la part de 1871 (puisque vous m’avez coupé en deux).

      Une petite citation de Lacan pour bonus :
      [On ouvre le livre du nommé Smith, La Richesse des nations, et il n’est pas le seul, ils sont tous là à se casser la tête, Malthus, Ricardo et les autres, la richesse des nations, qu’est-ce que c’est ? On est là à essayer de définir la valeur d’usage, ça doit bien compter la valeur d’échange, ce n’est pas Marx qui a inventé tout ça. Or, il est extraordinaire que, depuis qu’il y a des économistes, personne, pour le coup, n’ait – même un instant, je ne dis pas pour s’y arrêter – fait cette remarque que la richesse, c’est la propriété du riche.]

      Enfin de Rosebud1871 :
      Voyez-vous cette fois ce qui justifie mon assertion sur l’étalon monétaire : « Le talon d’Achille de l’étalon monétaire, c’est qu’il n’y a pas d’étalon possible pour tous les temps et pour tous les peuples ? »
      C’est que le mètre de la monnaie n’existe pas, au contraire de la monnaie du Maître.

      Et à instaurer une monnaie sans référent, le terme étalon ne convient donc pas, car l’étalon en possède un dans la nature que vous ne trouverez pas pour la monnaie universelle.
      CQFD ?

    5. @Rosebud1871,
      Fort bien. Encore une fois, rien à redire sur votre démonstration. Et alors ?
      « Il est démontré, disait-il [Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie], que les choses ne peuvent être autrement : car tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. […] Ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise : il fallait dire que tout est au mieux. » Candide, Voltaire

    6. @ PSDJ 25 septembre 2010 à 11:43

      Et alors ?

      Et alors, on avance si vous n’avez cette fois rien à redire puisque au précédent échange

      Mais je n’y ai pas vu la justification de votre assertion sur l’étalon monétaire

      .
      Conséquence : il va vous falloir trouver un autre terme que « étalon » dans vos prochains écrits.
      Et puisque la raison indiscutable de l’étalon n’est pas, il va bien falloir aussi un jour discuter autour d’une table pour mettre en place un compromis pour cette MU.
      « La vraie sagesse des nations est l’expérience, voyez comment raisonnent les économistes. Qui le sait mieux que les économistes, dont tout le travail consiste à mettre en ordre des expériences, à rendre compte des faits, à étudier comment arrivent leurs conséquences ».
      J.B. Say p 668 Cours complet d’économie politique pratique 6ème Édition 1843.

    7. @Rosebud1871,

      Je reste coi. Je ne comprends pas le sens que vous donnez au prédicat étalon.
      Je trouve cette définition dans le TLFi : Modèle de poids ou de mesure, appareil établi avec une extrême précision et sous l’autorité et la garantie de l’État, qui sert de référence pour les autres mesures ou appareils de poids et mesures.

      Je ne vois pas du tout en quoi la monnaie n’entrerait pas dans cette définition. Je donne à l’étalon MU la définition suivante : nominal de l’option de prix à terme invariable de tout objet négociable sur le marché transnational d’égalité de droit de l’offre et de la demande garantie par tout État de droit adhérent à la MU. En quoi cette définition est plus abstraire ou plus concrète que « le mètre étalon est l’espace du vide parcouru par la lumière en 1/ 299 792 458ème de seconde » ?

      Dois-je comprendre que pour vous un étalonnage n’est pas possible sans matière physique ? Mais qu’est-ce que la matière physique sans le concept métaphysique qui la délimite ? Comment faites-vous pour mesurer objectivement le vide parcouru par la lumière ? Une masse quantique ? Ou peut-être voulez-vous dire que l’universel n’existe pas. Mais votre mètre étalon n’est alors pas étalon puisqu’il n’est pas universel. C’est votre définition à vous du mètre qui peut-être est la même pour les autres ou peut-être pas. Voulez-vous dire que la MU ne peut pas exister comme étalon ou que l’étalonnage de la MU en réalité doit se discuter ? Si je ne peux pas employer le mot étalon pour vous poser cette question, alors je n’ai aucune certitude que le mètre dont vous m’avez rappelé la définition soit bien un étalon. Est-il possible que nous partagions des certitudes ?

    8. Bon, alors on continue !
      Quand on a quitté le pouce, le pied, la toise etc. comme étalons de mesure très pratiques parce qu’on les avait sous la main si j’ose dire, on quittait la foire d’empoigne sur la façon de prendre la mesure puisqu’on restait dans l’à peu près. Quand j’écarte les bras, d’un bout à l’autre de mes bras poings serrés, j’obtiens 1,50 m à quelques cm près. Ça m’est utile parfois. Mais comme vous le savez pouce, pied et toise, malgré des constantes de rapports définies entre eux, ne fonctionnaient qu’avec une décision arbitraire concernant la longueur moyenne d’un pied d’un pouce et bien sûr le voisin pouvait définir autrement ses étalons, ça durait depuis la Mésopotamie.
      Le saut du passage à l’universel s’effectue avec quelques étalons invariables basiques (l’eau, le jour solaire, le méridien avec lesquels on obtient mètre, kilogramme, et seconde. L’étonnant est d’avoir conservé la base 12 pour le temps mais bon. Tous les autres étalons s’en déduisent etc.

      –« Dois-je comprendre que pour vous un étalonnage n’est pas possible sans matière physique ? »
      Oui vous avez compris, mais ce n’est pas pour moi, c’est pour le discours de la science.
      –« Mais qu’est-ce que la matière physique sans le concept métaphysique qui la délimite ? »
      Je ne m’aventure pas dans des exercices de ventriloquie métaphysique.
      –« Comment faites-vous pour mesurer objectivement le vide parcouru par la lumière ? »
      Je m’adresse à un technicien spécialiste.
      –« Ou peut-être voulez-vous dire que l’universel n’existe pas ».
      J’ai dit le contraire par le bout de la logique de l’universelle affirmative d’abord.
      –« C’est votre définition à vous du mètre qui peut-être est la même pour les autres ou peut-être pas ».
      Un sondage national il y a une vingtaine d’année montrait que presque la moitié des sondés répondait que le soleil tournait autour de la terre. Pour la longueur du mètre, je suppose qu’il y aurait moins d’égarement.
      –« Voulez-vous dire que la MU ne peut pas exister comme étalon ou que l’étalonnage de la MU en réalité doit se discuter ? »
      La MU comme étalon au sens moderne du terme n’existe pas. C’est pour cette raison qu’elle doit être discutée.
      –« Si je ne peux pas employer le mot étalon pour vous poser cette question, alors je n’ai aucune certitude que le mètre dont vous m’avez rappelé la définition soit bien un étalon ».
      […] si par hasard je ne regardais d’une fenêtre des hommes qui passent dans la rue, à la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes, tout de même que je dis que je vois de la cire; et cependant que vois-je de cette fenêtre, sinon des chapeaux et des manteaux, qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts? Mais je juge que ce sont de vrais hommes et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux. […] Descartes, Méditations…métaphysiques bien sûr.
      –« Est-il possible que nous partagions des certitudes ? »
      Le 15 août 2010 à 23:09 je vous répondais déjà à votre « La vérité et la réalité sont ce que nous voulons qu’elles soient. » : C’est ce que montre exemplairement un dialogue entre un psychiatre et un paranoïaque.
      J’ajoute aujourd’hui que Falret et Lasègue ont écrit un bouquin « folie à deux où folie communiquée » qui pose des questions sur le partage. Faut-il ajouter Gustave Le Bon ? qu’Hitler connaissait.

      L’idée d’une M.U. je vous l’ai déjà dit à mes faveurs, mais pour une M.U. il faudra bien passer par des discussions et donc des rapports de forces, politiques, économiques et militaires.
      Une fois la chose établie, j’ai bien compris qu’elle avait a priori des avantages pour tous. Mais vous ne pourrez pas l’établir à partir d’une référence naturelle comme pour le mètre et tous les autres étalons actuels.
      La création de l’euro a pris des années, et si j’ignore concrètement comment les ingénieurs ont fait, je doute qu’il n’ait pas été tenu compte des rapports de chaque monnaie entre elles sur une longue période, mais aussi de leurs rapports à d’autres devises, d’abord le dollar, ensuite d’autres monnaies de référence. Or toutes ces références sont instables, discutées au quotidien, alors que le méridien lui est indiscutable.
      Quand au TFLI, il ne vous interdit pas d’user du terme étalon, des articles encyclopédiques n’iraient pas forcément dans le même sens – à vérifier – mais pour la création de la M.U. il y a un forçage à ambitionner de ranger la monnaie dans la même case sémantique que le mètre et consorts.

    9. Ce débat a eu déjà lieu au XVIIe siècle
      determinatio negatio est

      “En ce qui concerne la démonstration que je soutiens pour mon compte dans l’Appendice de mes démonstrations géométriques appliquées aux Principes de Descartes, à savoir que Dieu ne peut être qu’improprement dit un et unique, je réponds ceci, qu’une chose peut seulement être dite une ou unique au point de vue de l’existence, mais non à celui de l’essence: en effet nous ne concevons les choses dans une perspective numérique que sous la condition de les avoir ramenées sous un genre commun. Pour prendre un exemple, celui qui tient dans sa main une sesterce et un écu ne pensera pas au nombre deux s’il ne peut désigner cette sesterce et cet écu d’un seul et même nom, celui de pièces ou de monnaies : en effet alors il peut affirmer qu’il possède deux pièces de monnaie, puisqu’il désigne du terme de pièce de monnaie non seulement la sesterce mais également l’écu. A partir de là il est donc manifestement évident qu’aucune chose n’est nommée une ou unique si ce n’est sous la condition qu’ait été conçue une autre chose qui, selon la formule, convient (est en accord de convenance, convenit) avec elle. Mais puisque l’existence de Dieu est son essence même, et que nous ne pouvons former de son essence une idée universelle (quoniam… de ejus essentia universalem non possimus formare ideam), il est indiscutable que celui qui appelle Dieu un ou unique n’a pas de Dieu une idée vraie, c’est-à-dire qu’il s’exprime improprement à son sujet.”

      Et tout récemment ici

      La hauteur est une qualité et un corps est pourvu d’une grandeur selon la qualité à laquelle on le rapporte. On utilisera le mètre ou la coudée pour dire sa hauteur ou sa longueur ou la poignée ou le litre pour dire son volume.
      Au début de son raisonnement, Marx s’enquiert d’une qualité universelle à laquelle puisse être rapportée toutes choses pour comprendre sur quoi repose la valeur d’échange. L’enjeu étant pour lui qu’il ne peut pas s’agir simplement de la monnaie, parce que la monnaie est à la fois valeur et support de valeur, d’où le paradoxe de la chrématistique, facteur de crise permanente qui n’aurait pas garanti la formidable avance financière qu’implique le mode de production capitaliste. Pour trouver ce « quelque chose de commun » il évacue les propriétés naturelles géométriques, physiques, chimiques, etc. car les qualités naturelles qu’elles induisent, par exemple, le volume, la pesanteur, la viscosité, « n’entrent en considération qu’autant qu’elles leurs donnent une utilité qui en fait des valeurs d’usage ».

    10.  » Le 15 août 2010 à 23:09 je vous répondais déjà à votre « La vérité et la réalité sont ce que nous voulons qu’elles soient. » : C’est ce que montre exemplairement un dialogue entre un psychiatre et un paranoïaque. J’ajoute aujourd’hui que Falret et Lasègue ont écrit un bouquin « folie à deux où folie communiquée » qui pose des questions sur le partage. Faut-il ajouter Gustave Le Bon ? qu’Hitler connaissait. »
      Que dois-je comprendre ?

       » L’idée d’une M.U. je vous l’ai déjà dit à mes faveurs, mais pour une M.U. il faudra bien passer par des discussions et donc des rapports de forces, politiques, économiques et militaires. »
      Effectivement.

       » Une fois la chose établie, j’ai bien compris qu’elle avait a priori des avantages pour tous. Mais vous ne pourrez pas l’établir à partir d’une référence naturelle comme pour le mètre et tous les autres étalons actuels. »
      C’est exact. Le référencement de la MU à un marché d’égalité de droit n’est pas naturel.

       » La création de l’euro a pris des années, et si j’ignore concrètement comment les ingénieurs ont fait, je doute qu’il n’ait pas été tenu compte des rapports de chaque monnaie entre elles sur une longue période, mais aussi de leurs rapports à d’autres devises, d’abord le dollar, ensuite d’autres monnaies de référence. Or toutes ces références sont instables, discutées au quotidien, alors que le méridien lui est indiscutable. »
      Juste. Mais la localisation du méridien n’affecte pas directement les intérêts humains. Les rapports des devises entre elles affectent beaucoup d’intérêts. Voyez-vous un autre moyen que la confrontation régulée par l’égalité des droits entre offre et demande pour fixer la variabilité des changes dans le temps ?

       » Quand au TFLI, il ne vous interdit pas d’user du terme étalon, des articles encyclopédiques n’iraient pas forcément dans le même sens – à vérifier – mais pour la création de la M.U. il y a un forçage à ambitionner de ranger la monnaie dans la même case sémantique que le mètre et consorts. »
      Oui, il y a bien forçage en étalonnant une réalité issue du seul choix humain qui n’obéit à aucune nécessité physique.

    11. @schizosophie,
      Merci de votre intervention. J’en déduis que le temps de travail est bien la matière qui doit étalonner la monnaie universelle pour rendre la valeur mesurable par sa source indépendamment de la nationalité du droit qui l’exprime. Cette conclusion vous convient-elle ?

    12. @ PSJ 26 septembre à 18 :32
      Le temps de travail n’est pas une matière. Par conséquent, votre conclusion ne me convient évidemment pas. J’en ai déjà conclu qu’il n’existe pas

      entre la valeur du temps de travail moyen nécessaire et celle du surtravail, une mesure qui serait un point d’équilibre et ferait tenir le système. Ce point d’équilibre est l’arlésienne des économistes lecteurs de Marx, et des marxistes comme des capitalistes assumés.

    13. @ PSDJ 26 septembre 2010 à 18:05
      Bien, on y est arrivé ! Cette fois je vous accorde que vous semblez m’avoir compris pour de vrai.
      1/ « Que dois-je comprendre ? »
      J’ai ri à cette question, venant de quelqu’un auquel on a beaucoup reproché d’être illisible. Qu’il s’agisse de votre « La vérité et la réalité sont ce que nous voulons qu’elles soient. » et votre « Est-il possible que nous partagions des certitudes ? », je vous réponds avec mes associations d’idées, comme tout un chacun, et j’imagine bien qu’elles sont très loin de votre façon d’associer.
      2/ « la localisation du méridien n’affecte pas directement les intérêts humains ».
      Désaccord total. L’essor de l’industrie et des échanges est liée à la révolution industrielle dont la production d’étalons universels est une des caractéristiques.C’est le sens même de la devise « à tous les temps, à tous les peuples ».
      3/ Voyez-vous un autre moyen que la confrontation régulée par l’égalité des droits entre offre et demande pour fixer la variabilité des changes dans le temps ?
      Ce qu’on appelle mondialisation ou globalisation pour d’autres langues, n’est que l’accélération d’une logique depuis l’entrée de l’histoire. La monnaie sera universelle, je n’étais pas majeur que j’en étais convaincu. Quand, comment, pour quels intérêts est plus complexe.
      4/ L’Universalis ne répond pas comme le TLFI.
      Je remarque que son article « étalons fondamentaux » ne comprend pas une seule occurrence du terme monnaie. Ça me confirme dans mon option de lecture. Je verrai demain Britannica s’il y a une différence !

    14. @ schizosophie 26 septembre 2010 à 12:48
      Merci pour ces liens.
      1/J’ai fait du tourisme philosophique dans le texte de Marcherey, il vaudrait mieux que je lise son bouquin sur les normes…Si la sesterce et l’écu ont le même poids et le même pourcentage d’alliage celui qui les détient comptera 2. Idem pour un euro fabriqué en Allemagne ou en France ils sont dissemblables à l’aspect mais se comptent.
      2/J’avais suivi puis oublié le fil sur Marx où il y a de bonnes contributions. Pour le mystère de la chrématistique, voyez le lapsus de Dati aujourd’hui. Si Marx puis Freud sont obligés d’importer le terme de fétichisme, c’est bien que ça tourne autour de ça…
      3/ Sur votre remarque arlésienne plus bas, OK, il y a aussi des gens qui courent après la base de l’arc en ciel. Sur le fait d’appeler matière le temps de travail, un contremaître n’y verra pas de malice. La répartition de la survaleur est un autre problème.
      En retour ça pourrait vous intéresser
      ici

    15. @ Rosebud1871
      27 septembre 2010 à 00:49

      Merci itou pour le lien, stimulant au premier regard, qui me donnera le loisir de faire du tourisme psy. Il est vrai qu’entre la dernière de Dati (…).
      Le contenu des pointillés n’a semble-t-il pas passé la censure. Il était question d’un « rire public foutrement lacanien » et sans gros mots. M’enfin, iatus entre le rire et le cens ou sensiblerie ?

    16. @ PSDJ 27 septembre 2010 à 17:18

      Je ne décide pas si vous « pouvez » comprendre ce que je dis.
      Je décide du sens de ce qu’ « on » m’adresse, au risque d’un malentendu, qu’un nouvel échange, peut infirmer ou confirmer.
      Je laisse le soin à l’autre de me faire entendre autrement ce que j’ai dit ou de confirmer ou infirmer qu’il m’a « bien » entendu.
      En cas de litige le tribunal de la raison tranche en fonction du nominal de l’option de sens à terme invariable, pour tout terme discutable sur le marché francophone d’égalité de droit de l’émetteur et du récepteur, garanti par toute académie de droit adhérente à la langue française.

  19. Le problème avec la réponse est que l’économie est maintenant sur toxed. Radioactive. Radioactifs. Grouillant de vermine papier et toutes sortes de vermine, notamment des dérivés toxiques – environ 1,4 quadrillions de dollars (alors même que nous essayons toujours de s’habituer à entendre les milliers de milliards à terme), selon la Banque des règlements nationaux. Cela est de 1.000 milliards de dollars, ou 190.000 dollars pour chaque être humain sur la planète. Il n’est pas maintenant, et ne le sera jamais, la richesse suffisante pour couvrir ce petit chien – parce qu’il n’y a pas assez de monde naturel dans le cadre du chiot à la créer. Le capitalisme crée des richesses.
    Les défenseurs du capitalisme qui disent qu’elle peut et doit être sauvé, doit aussi admettre qu’il n’y a pas assez d’argent pour travailler, à investir. Il y a seulement de la dette. Oh, oui, nous avons oublié, c’est la richesse de la dette à un banquier. Eh bien, tout ce que nous avons à faire est de recueillir 190.000 dollars par tête de personnes au Soudan et en Haïti et le reste de la planète.
    Joe Bagean

    Comme l’a écrit le banquier suisse Konrad Hummler, on maintient le système au moyen de garanties logiquement et économiquement tout à fait insoutenables, mais qui se soutiennent mutuellement. A l’aide de montants extrêmement élevés, on a créé une ‹garantie de ce qu’il est impossible de
    garantir› ».

    Les idées sont là. Qu’est-ce qui manque, c’est ce sentiment d’urgence et la volonté politique

  20. @ Pierre Sarton du Jonchay

    Afin de faire connaitre les analyses diffusées sur ce blog, je fais des copiés collé de certains billets diffusés sur ce blog sans omettre de surligner l’auteur et d’afficher le lien.

    J’ai constaté que certains copiés collés contenant la référence au blog de monsieur Jorion étaient refusés. Il faut parfois ruser pour faire passer le post.

    Un internaute m’a posé cette question, qu’elle réponse proposez vous?

    « cela veut-il dire que cette nouvelle monnaie internationale ne ferait qu’officialiser ce qui existe déjà ?
    Faudrait-il passer d’abord par cette étape afin de faciliter par la suite l’application d’une taxe TOBIN?

    Comme cela a été dit dans le débat C dans l’air, les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) vont-ils accepter de se laisser « taxer » sur leur croissance toute neuve au détriment des « anciens » qui ont absorbé et sécurisé leur croissance avec pour conséquence les déséquilibres actuels que l’on connait ? »

    1. Oui, la Chine, l’Inde et le Brésil croissent. Mais pour accumuler des créances sur les pays riches qui ne seront pas remboursées. Les États-Unis, l’Europe et le Japon vivent à crédit en mettant leur population au chômage, dans le sous-emploi et la précarité. Les pays émergents vont revendiquer une contrepartie réelle à leurs exportations. La cause de ces déséquilibres est l’impossibilité de caler la valeur réelle des monnaies de réserve (dollar, euro,…) sur la capacité de production de richesse à terme qui permette de rembourser les dettes. Les émergents travaillent beaucoup pour récupérer peu.

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