BFM RADIO, LUNDI 3 JANVIER 2011 A 11h38 – « Depuis l’été dernier, la crise des marchés financiers a changé de nature »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un câble diplomatique datant du 17 mars 2008, récemment divulgué par WikiLeaks, rapporte une conversation entre Mervyn King, le président de la Banque d’Angleterre, Robert Kimmitt,  alors Sous-Secrétaire au Trésor américain et Robert Tuttle, l’Ambassadeur des États-Unis en Grande-Bretagne, et répond indirectement à une question que l’on se pose à propos du déclenchement de la crise : parmi les instances dirigeantes de l’époque, incompétence ou dissimulation ?

La réponse dans ce cas-ci est claire : dissimulation. Parce que le diagnostic posé par Mervyn King ne diffère en rien de ceux qui furent proposés par les commentateurs de l’actualité financière à l’époque – je veux dire ceux d’entre nous qui n’avaient ni responsabilité politique, ni responsabilité au sein d’une banque, que celle-ci soit centrale ou commerciale.

Du côté des responsables, le message est resté identique, du plongeon du prix des titres adossés à des crédits hypothécaires subprime en février 2007 à aujourd’hui, et en contradiction flagrante avec les faits : la crise bancaire est une crise de liquidité et non pas de solvabilité. Autrement dit, elle résulte d’un problème purement technique de circulation de l’argent au sein du système financier et non de la faillite de fait du secteur bancaire dans son ensemble.

Or, le Président de la Banque d’Angleterre le dit sans ambages lors de ce déjeuner d’affaires à Londres en mars 2008 : la crise bancaire est maintenant une crise de solvabilité et non pas de liquidité, et il ne date pas ce verdict du moment où se tient la conversation, mais de six mois auparavant : en août 2007, c’est-à-dire du moment où un responsable de BNP Paribas prononça à propos des titres subprime les mots fatidiques : « Pas de prix ! » (après moi, en fait).

Quel aurait été l’impact a posteriori d’un diagnostic vrai ? Admettre l’insolvabilité de fait du secteur bancaire aurait débouché sur sa nationalisation, impliquant sa mise sous tutelle de l’État et un règlement par les investisseurs des pertes subies dans ce secteur. Refuser de reconnaître l’insolvabilité a conduit au résultat que l’on connaît : le règlement de l’addition par le contribuable à la place de l’investisseur, et un boulet attaché à son cou pour une durée indéfinie.

Il était question dans le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Toulon le 25 septembre 2008, de punir les responsables de la crise : « L’impunité serait immorale », y est-il dit. Or, il existait dès mars de la même année une solution à la crise, pas celle prônée par Mervyn King de la dissimulation mais celle de dire la vérité à ce moment-là : « On ne rétablira pas la confiance en mentant, on rétablira la confiance en disant la vérité », affirmait le même discours.

Un choix existait : sauver les peuples ou les investisseurs. Ce furent les investisseurs qui furent choisis. Un mauvais choix, tout aussi mauvais que celui qui fut à l’origine de la crise : « On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur », affirme le discours de Toulon. La conclusion de ce discours demeure elle aussi d’une étonnante actualité : « … ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique ».

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Le câble, publié par WikiLeaks

Lundi 17 Mars 2008, 18:27

CONFIDENTIEL LONDRES 000797

SIPDIS NOFORN SIPDIS

EO 12958 DECL: 03/17/2018

TAGS ECON, EFIN, UK

SUJET : LA CRISE BANCAIRE EST MAINTENANT UNE CRISE DE SOLVABILITE ET NON PAS DE LIQUIDITE AFFIRME LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ANGLETERRE

Classifié par : AMB RTUTTLE, raisons 1.4 (b) et (d)

Résumé

§1. (C/NF) Depuis l’été dernier, la crise des marchés financiers a changé de nature. Le problème est maintenant non pas celui de la liquidité présente dans le système mais plutôt une question de solvabilité systémique, selon les déclarations du Gouverneur de la Banque d’Angleterre (BOE) Mervyn King lors d’une rencontre à déjeuner avec le  Sous-Secrétaire au Trésor Robert Kimmitt et l’Ambassadeur Tuttle. King a mis en avant deux impératifs. Premièrement, trouver le moyen d’éviter aux banques l’infamie d’avoir à vendre des billets de trésorerie dont personne ne veut à des prix bradés ou de devoir réclamer l’aide d’une banque centrale. Deuxièmement, s’assurer qu’il existe un effort coordonné qui pourrait devoir aller jusqu’à recapitaliser le système bancaire dans son intégralité. Quant au premier impératif, King a suggéré de développer un système de regroupement et d’enchères  de manière à débloquer l’important volume d’investissements financiers pour lesquels il n’existe pour le moment aucun marché. Quant au second impératif, King a suggéré que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Suisse, et peut-être le Japon puissent former un nouveau groupe provisoire qui dans un commun effort réunirait le capital nécessaire afin de recapitaliser toutes les principales banques. FIN DU RESUME

L’insolvabilité systémique est désormais le problème

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§2. (C/NF) King a déclaré que la liquidité est nécessaire mais non suffisante dans la crise du marché actuelle car le système bancaire mondial est sous-capitalisé en raison d’un effet de levier trop important. Il a dit qu’il est difficile de penser que les quatre principales banques anglaises (Royal Bank of Scotland, Barclays, HSBC, and Lloyds TSB) n’ont pas besoin de capitaux supplémentaires. Un effort coordonné des banques centrales et des ministres des finances sera peut-être nécessaire afin de développer un plan de recapitalisation du système bancaire.

Débloquer les titres adossés à des hypothèques qui ne trouvent pas acheteur

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§3. (C/NF) King a déclaré qu’il est également impératif de trouver un moyen pour que les banques puissent se débarrasser de leurs titres qui ne trouvent pas acheteur, ce qui inclut les titres adossée à des hypothèques, sans devoir les solder à des prix bradés. Il a dit que les ventes à prix bradés ne servent qu’à abaisser la valeur plancher à laquelle les banques doivent évaluer leurs actifs (cote au marché), et par là-même obligent à entériner des ventes forcées supplémentaires injustifiées. Il a déclaré que nous devons inventer un système d’enchères où les banques pourraient placer les billets de trésorerie qu’elles veulent vendre sans craindre d’être stigmatisées par les marchés qui interpréteraient des ventes à faible prix comme le signe que la banque est en difficulté. King a pourtant indiqué qu’il ne savait pas encore comment structurer de telles enchères et que des discussions supplémentaires étaient nécessaires. Kimmit a convenu qu’il fallait trouver le moyen de débloquer ces marchés et a déclaré que nous devrions rester en contact aussi bien bilatéralement qu’à travers le G7, le Forum de Stabilité Financière et les banques centrales.

Une méthode  éventuelle de recapitalisation

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§4. (C/NF) Le G7 est presque complètement inopérant au niveau économique a déclaré King. Des économies jouant un rôle-clé ne sont pas représentées, en particulier celles qui ont d’importantes et croissantes réserves en capital. King a dit qu’un nouveau groupe international était nécessaire pour remédier à cela. Cela pourrait être un groupe provisoire, et il a suggéré que peut-être les banques centrales et les ministres des finances des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Suisse pourraient coordonner les discussions avec d’autres pays qui ont de vastes réserves de capitaux, incluant les fonds souverains, à propos du recyclage de dollars pour recapitaliser les banques. King dit que le Japon pourrait ne pas être inclus car il n’a pas grand-chose à offrir. King a observé pourtant qu’inclure les Japonais pourrait les forcer à finalement évaluer au prix du marché des actifs dépréciés. Kimmit a déclaré qu’il était réticent à susciter de nouveaux regroupements dans la communauté financière internationale en raison des inévitables débats visant à déterminer qui inclure.

Commentaire

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§5. (C) Les propositions de King n’étaient pas des idées en l’air comme on peut en lâcher pour faire la conversation au cours d’un déjeuner. Il était clair que son objectif principal lors de cette réunion était de faire connaître à Kimmit, dans les grandes lignes, ses idées originales sur la question. King n’est pas rentré dans les détails quant à ses propositions et se satisfaisait de présenter des idées générales, posant ainsi les fondements pour une discussion future. FIN DU COMMENTAIRE

§6. (U) Participants: USG: Ambassador Robert Tuttle; Deputy Secretary Kimmitt; Eric Meyer, Office Director for Europe;

SIPDIS Robert Saliterman, Spokesman, International Affairs, U.S. Treasury; Warren Chane, ECONOFF. UK: Mervyn King, Governor, Bank of England; Chris Salmon, Private Secretary.

§7. (U) Le Sous-Secrétaire Kimmitt a approuvé ce message.

Visit London’s Classified Website: http://www.state.sgov.gov/p/eur/london/index. cfm TUTTLE

Visit London’s Classified Website: http://www.state.sgov.gov/p/eur/london/index. cfm TUTTLE

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NB : Merci à Nikademus pour la traduction.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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159 réflexions sur « BFM RADIO, LUNDI 3 JANVIER 2011 A 11h38 – « Depuis l’été dernier, la crise des marchés financiers a changé de nature » »

  1. @vigneron
    De quel complot parlez-vous?
    Moi je ne vois que de la géo-stratégie de la part de nos « amis » Américains, si le dollar n’est plus la monnaie de référence pour ces échanges stratégiques que sont les matières 1eres de l’énergie, le dollar ne vaudra plus que sa valeur réelle, reflet de sa situation économique.
    Nul besoin de chandelle pour s’éclairer à moins d’être aveugle ou aveuglé!

    PS:- 777 est la baisse à Wall street le 29 septembre 2008, je ne suis pas fan d’ésotérisme, mais j’ai trouvé cela rigolo!

    1. Ce qui confère un privilège exorbitant, comme l’a remarqué pour la première fois Giscard alors ministre des finances de De Gaulle, c’est le privilège d’emmètre la monnaie de réserve internationale. Le fait que plus de 70% des réserves mondiales soient en dollars ou en titres en dollars (eg bons du trésor US) les protège d’une crise monétaire car ceux qui ont leurs réserves en dollar n’ont aucun intérêt à voir le dollar, et donc leur réserves, s’effondrer.

      Il n’y a aucune raison pour que le dollar s’effondre si le pétrole commençait à être échangé dans d’autres monnaies. C’est de la plus pure fabulation des spécialistes de la théorie du complot. Tant que la plupart des réserves accumulées seront en dollar, les états unis maintiendront ce « privilège exorbitant ».

    2. @ Chris
      Justement, le dollar commence à souffrir d’une crise de confiance en tant que monnaie de réserve internationale et des pays comme la Chine, qui en ont trop accumulé, cherchent à s’en défaire.

      « tenants de la théorie du complot »? Au lieu d’un complot, je ne vois là que de basses manoeuvres d’agences de notation à la solde de spéculateurs . Dites-moi pourquoi , chaque fois que quelqu’un sur ce blog remet en cause le sacro-saint dollar, vous le traitez de « complotiste » ou, même si des membres de sa famille sont New-Yorkais, « d’anti-américaniste-primaire », expressions toutes faites et qui se voudraient péjoratives, diabolisées, censées clore toute discussion, un peu comme le fut le mot « communiste » par les MacCarthistes. Il faudrait créer aussi un système de points Godwin pour ces expressions.définitives .
      Dites « anti hégémonie du dollar », ce sera plus exact . De plus, je ne vois pas pourquoi on assimilerait tout un continent à un seul pays. On parle ici du dollar, de la monnaie émise par les seuls Etats-Unis d’Amérique et non par l’Amérique toute entière, il n’est pas question de pro ou d’anti américanisme, . Le Brésil, autre nation américaine, commence à ne plus utiliser le dollar étatsunien comme monnaie d’échange, mais sa devise le real pour vendre son pétrole à la Chine..

    3. @ Mianne dit : 5 janvier 2011 à 03:30 et @ chris06

      A mon avis le système monétaire de l’étalon or s’est transformé en étalon or noir. Quand on voit le pétrole augmenter c’est qu’aussi le dollar baisse. Si peu à peu d’autres monnaies sont utilisées pour le commerce du pétrole, cela ne fera pas les affaires du dollar. Ce serait d’ailleurs une des causes possibles ayant amené guerre en Irak selon cet article : http://www.mediapart.fr/club/blog/guydufau/121110/ou-situer-la-guerre-des-monnaies

    4. @Mianne,

      Justement, le dollar commence à souffrir d’une crise de confiance en tant que monnaie de réserve internationale et des pays comme la Chine, qui en ont trop accumulé, cherchent à s’en défaire.

      tenez, voici le détail des réserves internationales en dollar, pays par pays et mois par mois. Franchement pas claire la « crise de confiance » : le total est passé en un an de 3576 milliards de $ à 4310. Et la Chine est passé de 938 milliards à 906, et pour quelqu’un « qui cherche à s’en défaire » a en fait augmenté ses réserves en dollar de façon significative sur les 5 derniers mois.

      Moi aussi, je suis « anti hégémonie du dollar ». Mais les faits sont les faits, et ce que vous écrivez, comme « il y a crise de confiance dans le dollar », ou « les agences de notations Américaines font du favoritisme au dollar » ou « le dollar s’effondrera si le pétrole commençait à être coté en Euros » ne sont tout simplement pas des propositions vérifiables par les faits. Donc c’est de la spéculation pure et simple qui émane de ceux qui pensent qu’il y a un vaste complot secret qui vise à maintenir l’hégémonie du dollar. Non, il n’y a pas de complot, il y a tout simplement les faits historiques, tout ce qui est de plus connu et indéniable desquels ont résulté l’hégémonie du dollar et ce privilège exorbitant dont Giscard parlait dèja dans les années 60.

      Comme vous, je souhaite, et suis convaincu, que cette hégémonie du dollar arrivera à terme dans le futur. Mais c’est pas pour 2011, ni 2012, mais un horizon qui est à mon avis plus lointain, entre cinq et dix ans (mais cela, c’est de la … spéculation….).

    5. « le total est passé en un an de 3576 milliards de $ à 4310.  »

      Mais comme il y a inflation des matières premières, il est logique que la quantité de monnaie de réserve qui sert essentiellement au commerce international augmente .

      Tout comme on pouvait déduire qu’il y avait un problème d’insolvabilité des banques dés lors qu’elle commencèrent à hésiter à se prêter de l’argent entre elles, on peut déduire que l’inflation pourrait bien guetter cette partie du commerce international qui se fait en dollar .

      http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/11/77/33/mars06/copie-1-matieres-premieres.pdf
      http://www.rfi.fr/emission/20101214-cours-petrole-repartent-vers-100-dollars

    6. @beber

      enfin c’est pas des matières premières que les USA importent de Chine, du Japon ou du Royaume Uni, les trois premiers détenteurs de réserves en dollars.

      Juste pour votre information, les matières premières ne représentent qu’une petite partie (environ 20%) du volume du commerce international. Et malgré l’inflation de ces matières premières, le volume total du commerce international est toujours en 2010, inférieur, et de loin, à ce qu’il était en 2008 avant la crise : environ 3200 milliards de $ par trimestre en 2010 contre presque 4000 milliards en 2008).

      Non Beber, l’inflation des matières premières n’explique pas tout..

    7. Je suis d’accord, la hausse des matière premières n’explique pas tout .
      Mais 20% n’est pas une « petite »partie du commerce international , surtout s’il y a potentiel pour faire passer ce 20% à un pourcentage beaucoup plus haut .

      Mon idée est de supposer , d’une part que la réserve en dollar accumulée par certains pays afin de faire du commerce international a augmentée en prévision d’une inflation des échanges commerciaux au niveau mondial, et d’autre part que vu les quantités déjà accumulées en monnaies de réserves ,cela oblige certains pays à éviter une trop grosse dépréciation de cette monnaie. ( et les invite à booster la demande de dollar de façon à en conserver au moins la valeur )
      L’avenir dira.

      Pour tout vous dire, j’ai l’intuition que la prochaine phase du capitalisme , après le capitalisme industriel puis financier , est celui d’un capitalisme de la dépendance .
      A l’image de ce qui se passe au niveau du marché des semences.

  2. lau dit : 4 janvier 2011 à 13:08
    « Bonjour Monsieur Trehin,

    « merci pour toutes ces informations…
    Cela paraît ‘assez lourdement administratif’ comme organisation… »
    Cette plate-forme semble pour la ‘non-initiée’ que je suis un peu rébarbative… »

    C’est en effet lourdcomme organisation. Mais pourrait-il en être autrement d’une organisation qui représente des intérêts aussi divers que ceux des personnes handicapées(toutes catégories), des personnes âgées, des personnes sans logement, des personnes en situation de grande pauvreté ainsi que des problèmes de discriminations de toutes sortes: discrimination homme-femme , discrimination sur les préférences sexuelles, la race; l’âge, le handicap et tout cela en essayant de prendre en compte les différences de situations dans les 27 pays de l’Union Européenne.
    Cette complexité est toutefois compensée par la coopération qui existe entre les différents, on s’aperçoit par exemple que les problèmes de logements touchent autant les personnes handicapées que celle dépendentes à cause de leur âge, que la discrimination envers les gay et lesbiennes est aussi forte que celle qui touche les personnes handicapées ou d’une ethnie différente de celle de la population majoritaire dans les pays… Tous unis nous avons une force plus grande pour nous faire écouter.

    Vous dites aussi « Je travaille comme éducatrice auprès de personnes handicapées mentales adultes en Belgique. »
    Le réseau EASPD, dont le Secretaire Général Luk Zelderloo est Blege lui aussi comme vous.(http://www.easpd.eu/AboutEASPD/tabid/3506/language/fr-FR/Default.aspx) ainsi que le réseau Inclusion Europe spécialement dédié au handicap Mental et Autisme Europe fonit partie de la Plate Forme Sociale. Les contributions de ces membres débouchent sur des décisions concrètes(opposition à la directive Bolkenstein) et défense des modes de fonctionnement hors des règles strictes des marchés des établissements sociaux qui s’occupent de personnes handicapées (mentales ou autres) en prouvant année après année que ce sont des domaines où le marché est inadapté au bon fonctionnement de ces établissements, ce n’est pas une petite affaire de prouver cela à la Direction Générale Marché intérieur et Concurrence, DG pour laquelle les marchés savent mieux et font mieux que les services publics ou associatifs… C’est un combat permanent.

    « Nous observons que de plus en plus de centres spécialisés français
    ouvrent ici faute semble t’il de possibilités et/ou de subsides en France… N’y a t’il pas là une contradiction avec les résultats obtenus?

    Vous soulevez un problème récurent dans le domaine social européen: la Commission n’a pas dans ce domaine de moyens cohercitifs de faire appliquer des réglementations sociales par les états membres qui restent libres dans ce domaine socialde leur politique. Ce principe est appelé « Principe de Subsidiarité… Quelques associations on demandé à avoir le possibilité de porter plainte contre l’application abusive de ce principe quand une directive européenne est plus favorable aux personnes du pays que ne le sont les lois nationnales… Mais les états membres ont mis un véto à cette demande… Car comme vous le dites l’état français n’applique pas certaines directives européenne en matière de non discrimination au prétexte que les lois françaises sont meilleures, or dans le cas du handicap ce ‘est pas vrai… Bien des associations françaises s’ppuient sur les directives et les droits fondamentaux européens pour essayer de faire pression sur le gouvernement français, mais ce dernier se réfugie sous le principe de subsidiarité en matière sociale. La France a pourtant bien été condamnée pour non respect du droit à l’éducation des enfants handicapés: en effet alors qu’un enfant non handicapé a droit à une scolarité, pour un enfant handicapé il y a une orientation vers un établissement spécialisé. Or si, comme vous le faites remarquer il manque des places dans cet établissement, l’enfant handicapé est mis e, « liste d’attente » et n’est donc pas scolarisé… Tout parent qui ne scolariserait pas un enfant serait rapidement condamné. Là c’est l’état français qui n’a pas assez de places pour scolariser ces enfants… La condamnation est venue du Conseil de l’Europe; les associations française ayant en charge l’éducation des enfants handicapés mentaux ayant demandé à Autisme Europe de porter l’affaire devant le Commité de la Charte des droits fondmentaux L’association Autisme Europé ayant depuis plusieurs années été acréditée auprès du Conseil de l’Europe pour pouvoir entamer ce genre de procédures… Le cas a été gagné par Autisme Europe, Mais étrangement bien qu’il n’y ait pas officiellement de censure de la presse en France, cette décision du conseil de l’Europe en 2004 condamnant la France pour non respect du droit fondamental à l’éducation, n’a eu droit qu’à un tout petit entre-filet dans le journal Le Monde…, alors que cette nouvelle a été reprise dans de très nombreux pays européens et même plus loin au Japon…

    D’où la perpétuation du manque de place pour les enfants handicapés en âge d’être scolarisés…

    Je précise que cette procédure dite de réclamation collective auprès du Commité de la Charte des droits fondamentauxsociaux et économiques de l’homme est applicable pour toute violation d’un droit fondamental inscrit dans cette charte.

    La Charte sociale européenne est un traité du Conseil de l’Europe qui sauvegarde les droits sociaux et économiques de l’homme. Adoptée en 1961, elle a été révisée en 1996.
    http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/socialcharter/default_fr.asp
    Attention c’est pes facile à lire comme document; mais en matière de droit peut-on être simple sans devenir simpliste…

    C’est aussi pour aider les associations à se servir de tels instruments juridiques complexes que la Plate-forme Sociale met en place des séminaires de formation pour les dirigeants associatifs…

  3. La crise de solvabilité se résume par une incapacité d’un demandeur à tenir ses engagements vis-à-vis de son fournisseur, ce qui me semble en définitive un problème assez simple à résoudre car il est totalement virtuel: Celui-ci n’existerait tout simplement pas si le demandeur ne pouvait de s’engager sur des transactions futures, au motif tout bête qu’il est par nature incapable de garantir sa pérennité jusqu’aux termes des dites transactions.

  4. Scoop : On connaît maintenant l’origine de la crise aux USA…

    Article publié sur Le Monde, aujourd’hui

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/01/04/plus-c-est-gros_1460844_3234.html

    Les républicains de la FCIC ont résumé le 15 décembre 2010 leur position : l’unique responsable de la crise, c’est… l’État américain ! Pour avoir flatté les pulsions égoïstes des familles à s’endetter afin d’accéder à la propriété, pour avoir trop régulé et instrumentalisé ses bras armés de la réassurance du crédit immobilier nommés Fannie Mae et Freddie Mac, l’État est consacré seul coupable de la déroute financière.

    Si vous avez loisir de lie l’article en entier, c’est assez croustillant…

    1. l’unique responsable de la crise, c’est… l’État américain

      quand je pense qu' »on » nous accuse d’idéologie ! c’est à se rouler par terre …..de rire…..

  5. @ Chris,

    Vous devriez lire sur Asia Times l’article de Spengler intitulé « Naked emperor and a conspiracy of silence » , une note quelque peu discordante et de quoi ébranler une belle confiance dans le dollar , monnaie de réserve

    http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/LL23Ak04.html

    Evidemment, nous ne trouverons pas ces informations dans la presse occidentale.

    Quant à la supériorité de l’armement américain, elle semble battue en brèche par deux avions technologiquement plus avancés , le J-20 chinois et le PAK-FA russe .

    Encore une belle certitude qui s’écroule mais le monde n’en est pas plus rassurant pour autant . Pauvres de nous !

    1. merci pour le lien.
      C’est tout à fait clair :
      la « conspiration du silence »: l’empereur est nu mais personne, ni même Putin ou Wen Jiabao n’osent rien dire de peur qu’il faille…

      Et cela risque de durer encore assez longtemps.

      Ne me méprenez pas, je n’ai pas une confiance inébranlable dans le dollar, pas plus que dans l’Euro ou n’importe quelle monnaie de réserve actuelle. Cela fait plusieurs années que j’ai converti une grande partie de mes économies en lingots d’or et le reste je l’ai diversifié en différentes monnaies.

    2. @ Chris

      Cela fait plusieurs années que j’ai converti une grande partie de mes économies en lingots d’or

      Cela semblait protéger de l’inflation l’épargne du peuple, mais pas des solutions expéditives de dernier recours des chefs d’état aux abois qui doivent un jour prendre l’or là où il se trouve. Quand le pays est menacé de faillite, le Citizens’Gold Confiscation Act de Roosevelt est toujours valable depuis le 5 avril 1933. Il permet à l’ètat fédéral de confisquer immédiatement et sans compensation l’or possédé en privé par les citoyens afin d’augmenter rapidement les réserves d’or du pays en cas d’urgence .

      Peu fortunés, nous avons choisi d’acheter des équipements collectifs de survie et une terre à cultiver collectivement pour nous nourrir sainement. Aucune solution n’est parfaite, on verra bien .

  6. Arnaud Lagardère a dit lors du scandale EADS « je préfère passé pour un « imcompétant plutôt que pour un « malhonnête ». Qu’il se rassure, ils sont tout incompétants et aussi « voyoux ».

  7. Paul,

    Tout d’abord bonne année.
    La solvabilité en problème et pas les liquidités.
    Wikipedia dit au sujet de ce mot:
    La solvabilité est la mesure de la capacité d’une personne physique ou morale à payer ses dettes sur le court, moyen et long terme. L’analyse de la solvabilité se distingue de l’analyse de la liquidité dans le sens où les indicateurs utilisés n’utilisent pas obligatoirement les flux de trésorerie, constituée par l’argent disponible en caisse ou en banque.

    Cela tourne un peu en rond. L’un dépendant de l’autre.
    Que représente le court, le moyen et le long terme pour un pays?
    Il dépend de tellement de facteurs.
    Quand on pense à l’Argentine qui est tombé en faillite et qui s’est redressé très vite.
    Comment ont-ils fait?
    Je l’indiquais dans mon post précédent, cette expérience est à prendre en considération.

    Au fait, faudrait peut-être dire au présentateur de l’émission qu’on connait vos antécédents et que ceux qui suivent la Bourse ne sont pas innocent en la matière non plus. C’est lors de la messe que l’on dit toujours au départ de toutes les messes qui est le sauveur de la terre comme au ciel.
    😉

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