SOCIAL-DEMOCRATIE : LE RAPPORT DU MEDECIN-LEGISTE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand le système financier international s’effondra à l’automne 2008, entraînant l’économie à sa suite, on s’attendit à un retour en force de la social-démocratie. Voilà tant d’années qu’elle attendait son tour et nombreux étaient ceux qui espéraient sa venue. Le communisme – dont les conservateurs de tout poil avaient toujours prétendu qu’il constituait son abominable vérité cachée – était mort, le capitalisme était désormais moribond : le moment était venu. Un grand vent d’enthousiasme social-démocrate se levait aux États-Unis : un candidat du parti démocrate au profil neuf était apparu, le pays appelait de ses vœux un second Franklin D. Roosevelt pour appliquer lui aussi un New Deal qui remettrait le pays sur ses rails, qui lui permettrait de renouer avec l’une de ses valeurs originelles : un pays sans aristocratie, une grande classe moyenne libérée des luttes de classes ancestrales.

Le désappointement fut à la mesure de l’espoir qui était né. Wall Street qui avait trahi l’idéal d’une société sans classes avait vacillé, une administration républicaine déboussolée glissait de jour en jour davantage – faute d’alternative – vers la social-démocratie. Enfin Obama vint, il rétablit Wall Street sur ses pieds et lui rendit les rênes du pouvoir qui avaient manqué lui échapper de très peu. Les électeurs d’Obama en sont encore sonnés. Il ne restait qu’un seul endroit pour une opposition déterminée à la restauration qui avait eu lieu : le populisme libertarien du Tea Party.

Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

En Europe aussi, le silence de la social-démocratie fut assourdissant. Des partis socialistes dont on attendait un sursaut n’émergèrent que des querelles entre candidats interchangeables, faute d’un quelconque programme. La raison en était simple : on attendait du corps endormi de la social-démocratie qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il fallut bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs.

Le projet de la social-démocratie est-il pour autant à jamais perdu ? Peut-être pas. Depuis trois ou quatre ans, nous avons pris l’habitude en Occident d’attendre, pareils à des enfants geignards, que nos parents résolvent tous les problèmes pour nous. « La Chine, dit-on d’un air entendu, rachètera bien toutes nos entreprises en difficulté ! ». Ce qui est vrai : c’est en train de se passer à côté de chez vous. Elle soutient le dollar à bout de bras, et pour faire bonne mesure, l’euro aussi. Elle a déjà sauvé la Grèce, elle aide activement aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, et sauvera bien tout le monde, le moment venu. « C’est son intérêt bien compris ! », ajoute-t-on du même air entendu. Vous aimez la social-démocratie ? C’est très simple : un peu de patience, un jour ou l’autre, la Chine finira bien par l’inventer pour nous.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction sur un support numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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176 réflexions sur « SOCIAL-DEMOCRATIE : LE RAPPORT DU MEDECIN-LEGISTE »

  1. « Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque. »

    Il a l’air tranquille, Paul, mais même de bon matin il peut envoyer de belles mandales. Le débat sur le populisme réglé en une observation dépassionnée qui réussit sans forcer à n’être plaisante pour personne…

    1. Grégory c’est une figure ! Monsieur Jorion est exempt de ce mauvais type d’observations au contraire des politiques français dans leurs analyses.

      Quant au billet : brillant, une fois de plus.

      Et puisque qu’on mentionne dans un commentaire (plus bas) le dernier livre de Monsieur Chevènement, je me permets de reposer la question : La france est-elle finie ? (sous entendu l’europe y compris, bien que je suis contre cette europe de maastrich)

      Je le crois.
      Signé d’un jeune précaire étudiant.

    2. « Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité »

      La social démocratie est à la fois étrangère et fondamentalement hostile à cette triade. La social-démocratie ou l’idiote utile du système. La bête est morte, dit-on. Tant mieux, nous n’avons jamais eu besoin d’elle.

    3. Ah bon Antoine Y? on n’a jamais eu besoin de la Social-Démocratie? Elle serait morte? Première nouvelle. Elle est partout, mais on s’y est habitué. Elle a besoin d’un grand coup de jeune, d’accord. Je crois que PJ nous provoque avec ce pamphlet-légiste. Je crois qu’il veut savoir si nous pouvons encore croire en une quelconque social-démocratie. J’en suis, sans la moindre hésitation. C’est pour cette raison que je propose un Etat Providence Participatif qui tienne compte des évolutions de la société (démographie, individualisme, femmes au travail). C’est pour cette raison que l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix rallie mon accord, c’est pour cette raison que l’interrogation sur la place et le rôle de la propriété m’interpelle. C’est pour cette raison qu’une évolution de l’entreprise me motive, pour qu’elle passe de la féodalité à plus de démocratie sans pour autant perdre tous ses moyens de décision. Une société de marché n’est pas socio-démocrate, mais une société avec marché peut l’être.

    4. La social démocratie, c’est l’Internationale du capital.
      Celle qui s’est séparée seulement il y a quelques jours de son parti frère, celui de Ben Ali.
      Et qui vient, pareillement, de se séparer d’un autre parti frère, celui de Moubarak.
      Le fric toujours, partout, même au prix de dizaines d’années de la pire répression.
      http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article20140

    5. à Charles A.

      La social démocratie, c’est l’Internationale du capital.

      Ben non, c’est l’abandon de la sociale-démocratie.
      Ce n’esyt pas parce que la démocratie a eu Napoléon III sur son chemin qu’elle n’a pas repris son chemin.

  2. Qui va le mieux représenter la social démocratie en France?
    DSK dont l’épouse « chuchote » dans les media main stream qu’elle aimerait qu’il ne soit pas renouvelé à son poste du FMI?
    Mélenchon?
    Besancenot?

    Vous n’y êtes pas car Denis Robert vient d’être déclaré vainqueur contre Clearstream.
    Si cette info n’est pas à la racine du début de la fin des sombres manoeuvres de l’oligarchie financière c’est à désespérer de l’indépendance de la justice…

    Rue 89

    1. TARTAR, vous oubliez le proverbe : le chien aboie, la caravane passe. Denis Robert a aboyé trop fort, on a voulu l’en punir, il a obtenu gain de cause, et la caravane continue son bonhomme de chemin.

    2. bravo TARTAR et mon plaisir de vous citer

      Vous n’y êtes pas car Denis Robert vient d’être déclaré vainqueur contre Clearstream.
      Si cette info n’est pas à la racine du début de la fin des sombres manoeuvres de l’oligarchie financière c’est à désespérer de l’indépendance de la justice…

      faux pas rêver non plus…

      voici le lien de SINE (n’est pas réactualiser donc faite suivre en haut à droite jusqu’au dernier poste)

      http://lazone.sinehebdo.eu/zone-32.html

    3. je vous dis pas merci Mr Paul Jorion car c’est juste que chaque X jusqu’à maintenant je vous devine sensible et clairvoyant avec des mots entiers.
      On vous ADORE tout simplement…. les mots que vous employez,je vais pas chercher coller copier. car bcp comprennent et partagent ce que vous dites ,Nous entrons dans l’obscurité et grâce à vous et à beaucoup de gents ici nous avons la chance d’y voir plus clair..

      Je sais il s’en fou qu’on l’adore ok pour celui qui cherche ?
      merci
      rego

    4. Paul Jorion attendait du corps endormi de la justice social-démocrate qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il dût bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la justice social-démocrate avait déserté les esprits dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer hors des prétoires, des tribunes et des blogs.
      Et Paul Jorion, homme d’hygiéne et d’épée ferma d’un coup de sa lame de buldozer Chinois, cette fosse commune ou s’agitait encore les corps égarés de quelques hommes de robe…….
      Denis Robert attendait la relève de ses confrères journalistes.
      Il n’y avait pas foule au bord du Styx aux eaux troubles de Clear-stream.

  3. Merci Paul pour ce billet qui remet les pendules à l’heure.
    Quand je pense que les socialistes osent ce matin monter D.S.K. (comme des oeufs en neige), un coup de média, orchestré par les propos de sa complice et compagne l’ex-journaliste Anne St clair ancienne propagandiste au service de la droite pendant des années (comme son compagnon propagandiste socialiste démocrate au service du FMI (qui se situe où au Faites?)

    1. sais pas pourquoi j’ai été interrompus ?
      voila,je résume..
      DSK ,la fumée ,le sybarite illuminé ,ivre de punir les gents ,infâme satyre FMI .
      Le Phare de l’hypocrisie monétaire..
      je continue si vous m’envoyez la 5 èm bierre ok ?
      bisous .
      Hé IDLE n’oubliez pas vos liens ,j’adore et vous remercie.
      bisous
      rego

  4. Il paraît qu’en Chine, il n’y a qu’un seul mot pour traduire « copier » et « apprendre ». Cela me plaît tout autant que la brevetabilité monopolistique ambiante me débecte.

    Pour l’aspect « social », voir « démocratie », puissent nos frères et soeurs chinoises nous montrer le chemin de l’insoumission, car pour l’heure, ce n’est pas encore cela!

    J’ai un pote qui bosse sur des problèmes d’interférences d’ondes électromagnétiques entre différents appareils. Il y a peu, son entreprise a invité un jeune ingénieur chinois à venir habiter pour quelques mois ici à Grenoble, pour faire avancer le boulot. Fang est venu avec son ordinateur portable.

    Au bout d’une semaine, mon pote s’est rendu compte que Fang n’avait pas accès aux mêmes pages que lui sur Internet. Ce type n’avait jamais entendu parler de l’histoire du dissident prix Nobel de la paix, tout ça tout ça.

    Avec la complicité des fournisseurs d’accès de la « démocratie » française?

    1. Tian Anmen : 20 ans de tabou

      « Vingt ans après, tout est fait pour que la répression sanglante du 4 juin 1989 soit oubliée en Chine. Le Parti communiste en a fait le tabou numéro un. Tous les médias (presse, télévision, radios, portails internet…) ont stricte interdiction d’en parler.

      Toute mention du « Mouvement du 4 Juin » (6/4, ou « liu si » en chinois) est rapidement effacée des blogs ou des sites qui le mentionnent. Ceux qui sont sensibilisés à la question parviennent à contourner ces barrages, mais la plupart des Chinois n’entendent plus parler du Mouvement démocratique de 1989 – ou n’en ont jamais entendu parler, notamment la plupart des jeunes de moins de 25 ans.

      Pour ARTE Reportage, 12 témoins et anciens acteurs des manifestations de 1989 ont accepté de raconter leur vision du passé, du présent et de l’avenir de leur pays, la Chine, où ils continuent de vivre aujourd’hui. »

    2. Je ne sais si vous parlez chinois, mais si vous observez les idéogrammes, ils semblent différents.

      To copy: 1. (duplicate) 复制品 2. (issue) 本/张/份 3. (text) 文字稿 4. (imitate) 模仿 5. (also: copy out) 抄写

      To learn: 1. (study) 学 2. 背 3. (find out) 得知 4. 学 5. (through experience) 学做某事/学习如何做某事

      J’ai trouvé cela ici : http://www.nciku.com/

      En outre, je crois qu’il semble préférable de se méfier de ce que nos médias/politiques veulent nous faire connaître de la Chine et des chinois…

    3. un seul mot pour traduire « copier » et « apprendre » ? Ca se retrouve dans leurs contrefaçons des marques occidentales. Mais en copiant l’Occident, ils ne feront qu’apprendre à produire des chimères qui ne me disent rien qui vaille.

    4. Etudier se dit xue 學 en chinois et comporte en effet dès l’origine l’idée de copie dans le sens où il faut assimiler un savoir préexistant, ce qui n’étonnera personne, notre enseignement n’échappant pas à la règle, les chinois, il faut le souligner, insistant tout de même beaucoup plus que nous sur le « par coeur » bei 背.

      Par contre il y a une réelle différence entre l’univers Chinois et l’occidental quant à faire une distinction entre l’étude et la science. Que ce soit en chinois classique ou en chinois moderne, ce qui pour tout relève exclusivement de la science n’est pas dans le monde chinois distingué de l’étude, du moins sur le plan sémantique sur l’on regarde quels sont les mots utilisés pour désigner les sciences ou objets de sciences.

      Cela s’explique si l’on sait que dans la pensée chinoise il n’y a pas la conception d’un arrière monde, d’un plan distinct du monde des idées de celui des phénomènes. Idées, formes, souffle ne sont que des manifestations d’un même monde continué, où différents aspects du réel s’engendrent l’un l’autre sans solution de continuité. Partant, la copie ne s’oppose pas à l’original puisque ce monde n’a ni début ni fin. Le nouveau, le singulier est le prolongement naturel de l’étude du déjà fait, déjà connu. Ce qui apparaît n’est dès lors selon une expression qui nous est connue, ni tout à fait le même ni tout à fait autre chose. En en mot l’idée de création ex nihilo est étrangère à cette civilisation.

      Les japonais, avec leur spécificité, qui sont grandes, en tant qu’ils partagent avec les chinois cette conception d’un monde incréé, n’ont pas procédé autrement lorsque de copieurs il y a quelques décennies ils sont devenus d’authentiques créateurs, tout au moins s’agissant de production industrielle, selon nos propres critères.

    5. je pensais avoir perdu définitivement le précédent commentaire et voilà qu’il apparaît sur le blog !
      Je l’ai donc réécrit, ce qui donne une nouvelle version, pas forcément meilleure mais en tous cas plus développée.

      A vrai dire, non, stricto sensu ce n’est pas le même mot qui désigne copier un produit étranger et apprendre dans le sens d’étudier. Par contre, en chinois moderne on peut dire dans un autre contexte, plus général : « étudier l’occident », ce qui signifie copier ses méthodes, ses techniques mais alors dans le sens de les assimiler. Cela dépasse donc l’idée de copie servile, même si celles-ci, du moins dans un premier temps, existent bel et bien, comme ce fut le cas au Japon, il y a quelques décennies. Par l’étude de ce qui était jusqu’ici inconnu il s’agit d’abord de s’adapter aux nécessités du contexte local, sino centré.

      On comprend mieux ce qui pour nous peut apparaître pour une confusion des genres si l’on a à l’esprit que dans l’univers chinois le monde est incréé, n’a donc ni début ni fin. Lui est étranger l’idée d’un arrière-monde, qu’il s’agisse d’un monde divin, distinct du monde phénoménal, ou d’un monde des idées. Sa compréhension, son intelligibilité se rapporte au seul monde phénoménal et immanent. Ainsi l’idée d’originalité absolue, d’invention créé ex nihilo dans un génial esprit n’y a aucun sens. De même, la matière, le souffle (énergie), l’esprit, ne sont que des aspects différents, plus ou moins subtils, d’une même substance, plus ou moins visible, plus ou moins palpable, et toujours en transformation. Si transcendance il y a en Chine c’est sur ce plan qu’elle existe. La transcendance est une perception sensible de ce qu’il y a de plus subtil dans l’univers, il s’agit donc d’une relation symétrique, à l’inverse de la conception occidentale antisymétrique de la transcendance qui est l’irruption de l’autre monde (dieu ou pensée, idée autonome) dans celui-ci. Cette transcendance particulière sur laquelle furent inventées démocratie et science, avec ses concepts de vérité et réalité. (cf Jorion, comment la vérité et la réalité furent inventées.)

      Encore aujourd’hui en Chine, sur le plan lexical et étymologique le déterminant lexical utilisé pour désigner les différentes sciences demeure le même que celui qui signifie étudier, y compris donc avec son sens d’assimilation de choses existantes. C’est que la science dans le contexte du monde chinois a une dimension morale et politique avant d’avoir une signification épistémologique. Ou plutôt la connaissance que l’on a du monde ne suppose pas que l’on s’en distancie par pure invention d’un modèle. La science s’applique au monde existant et procède du même monde. La science est une connaissance pour autant qu’elle est un usage du monde et en même temps une de ses (trans)formations.

  5. Obama est un imbécile, c’est triste mais c’est vrai. Vraiment du mal à lui pardonner de s’être fourvoyé à ce point dans une recherche de compromis avec les républicains qui l’a abattu et ne lui a permis d’aboutir sur aucun sujet y compris la sécurité sociale (contrairement à ce qui est parfois prétendu de ce côté de l’atlantique). Il avait pourtant une majorité claire dans toutes les instances sauf la Cour Suprême qui lui permettait de faire paser tout ce qu’il voulait. et pourtant il n’a rien fait. Les Républicains au pouvoir ne se sont jamais embarrassés de telles stupidités quasi criminelles.
    Et au final je pense qu’il est clair qu’Obama ne fera pas de deuxième mandat tant il a trahi ses électeurs. Quel lamentable et monstrueux gâchis !

    1. Mais est-ce que le discours du Caire en 2008 n’a pas permis une décrispation qui, peut être involontairement, laisse aujourd’hui de la place au basculement de la Tunisie, et aux crevasses en cours d’ouverture en Egypte au Yemen et ailleurs ?
      Au moins Obama aura-t-il été en phase, nolens volens, avec Al Jazeera …

      Quant à l’âme de la social-démocratie, j’aimerais qu’elle existe mais je parierait plutôt que d’autres avatars vont apparaître qui porteront d’autres nom. Le « social » lui-même dans la démo-cratie, suppose une « philia » qui elle-même se métamorphose sous nos yeux twitterisés.

    2. Pourtant il sait faire preuve de rigueur et de volonté.
      Cà fait la fierté de son épouse…il a arrêté de fumer.

    3. Appel à la population. Du blog.

      N’avez-vous pas l’impression, vu les dérives graves de tous les politiques à l’échelle mondiale, qu’ils sont en train de nous la jouer : « Après moi, le déluge ».

      C’est juste un sondage de ressentis, mais j’aimerais savoir si je mets vraiment à coté ou si la situation est jugée franchement chaotique par ceux qui SAVENT.

    4. Effectivement, yvan, beaucoup de « ceux qui savent » doivent se dire « Après moi, le déluge » ! Mais je ne pense pas que les politiques peuvent se permettent de penser ainsi, parce qu’ils sont quand même censés avoir des solutions, et donc se comporter en conséquences. Au moins dans les apparences.

    5. @yvan

      Quand la maison du peuple prend l’allure d’un repaire, quand tous les partis confondus y jouent la même musique ou bien dansent le menuet comme au temps des noblesses, que peut-on attendre de ces courtisans sinon qu’ils rampent aujourd’hui et demain encore pour leur vrai maître, le capital.

    6. Vous désirez la vérité??
      êtes vous certain ?
      je vous propose un indice pour commencer……

      Vous allez dans un centre commercial et vous achetez ,ok
      QUI sont aux caisses enregistreuses ?

      2èm indice

      Vous êtes sur autoroutes et vous tees arrêté à payer une contrevent ion..
      Vous payez QUI ?

      des exemples ainsi sont tellement simples à comprendre.
      Vous payez des EXTRAS TERRESTRES,la terre est vendue par le FMI et il faut rembourser les dettes..
      Personne ne les voit puisqu’ils sont dans les paradis sidérés…

    7. YVAN
      Tout le monde n’a pas encore répondu.

      Pour l’instant, je ne peux analyser que 3 réponses.
      non ,pas plus.
      si vous pouvez,soyez en certain,faites votre possible svp..
      en seriez vous la ?
      analyser 4 réponses au dessus de vos forces?
      ok je sort

    8. Obama est presque une caricature de la social-démocratie des trente dernière année. La recherche du consensus avant même de définir des objectifs, la négation de la politique.

      Je ne crois pas en revanche, que la majorité des hommes politiques soient lucides. Ils poursuivent simplement dans leur être, en tant que dominants…

    9. Le parti démocrate, au service de l’impérialisme numéro un, n’a jamais été fait d’imbéciles;
      Il a encore, comme les autres réformistes ailleurs, servi d’enfumage dans la crise.
      Quant à Obama, il a été choisi comme le meilleur acteur pour freiner la colère populaire.
      Comme la bourgeoisie française fera quand la colère montera d’un cran contre Sarko.

  6. M.Jorion fait bon marché de l’énorme responsabilité de la social-démocratie dans la dérégulation pratiquée dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix en Europe. En France on n’a jamais autant dérégulé que du temps des socialistes, il suffit de lire le dernier livre de Jean-Pierre Chevènement. qui est accablant pour la gestion socialiste.

    1. La dérégulation est l’un des symptômes de l’abandon du projet social-démocrate par les partis « socialistes », ce n’est pas sa mise en application.

    2. Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix en France, s’il y avait eu du socialisme, on l’aurait su!
      Dire socialisme pour cette période, c’est comme dire démocratie pour maintenant. Ok j’exagère, mais pas tant que ça…
      C’est comme dire droite pour extrême droite.
      Ou encore dire frappe chirurgicale pour carnage aveugle.
      Ou transparence pour solution. Ou islamiste pour communiste.
      Etc vous comprenez…
      … que l’empoisonnement linguistique et conceptuel est le meilleur rempart contre l’avènement d’une troisième voie, dont l’expression est plus à rechercher du côté de la Bolivie que de l’Europe post front populaire.

    3. Mr Jorion,

      Il y a deux ans, je vous avais proposé l’option de faire marche à arrière en ce qui concerne la mondialisation, vous m’aviez répondu, qu’il était trop tard ! Comment voulez-vous vous battre pour un idéal avec une base pareille ?

    4. @Coligny,

      petit rappel historique:

      La libération des capitaux à l’égard de tous les pays du marché commun mais aussi à l’égard des pays tiers, y compris les paradis fiscaux, apparaît dans l’acte unique négocié en 1985. Cette clause est imposée en fait par Margaret Thatcher. Ce texte est ratifié en 1987 par les socialistes mais aussi par la droite, alors majoritaire. La libération des capitaux intervient, le 1er janvier 1990, sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l’épargne, sous l’impulsion du Chancelier Kohl et sans objection de la France. Elle introduit une inégalité fondamentale entre le capital et le travail et va ouvrir la voie aux délocalisations industrielles.
      entretien de Jean-Pierre Chevènement à L’Humanité Dimanche, jeudi 20 janvier 2011.

      Sans vouloir remettre en cause la responsabilité des socialistes dans le processus de libéralisation économique en Europe, je pense qu’il serait plus instructif pour le futur de la social démocratie sur ce continent, de réfléchir à comment et pourquoi Margaret Thatcher a reussi à y imposer les idées de Milton Friedman et Friedrich von Hayek.

    5. @chris06 : lisez la stratégie du choc de Naomie Klein, tout y est détaillé.

      La social-démocratie est à mon sens le nom de tous ces politiques se réclamant de la « gauche » en 68 et qui ont retourné leur veste à la chute du mur de Berlin.

      Qu’est-ce qu’être de gauche selon Pierre Bourdieu :

      Dans son abécédaire, Gilles Deleuze, à la lettre G, expliquait pourquoi la gauche ne pouvait être qu’un contre-pouvoir.
      le texte de l’interview :

    6. Comment ça « M.Jorion fait bon marché de l’énorme responsabilité de la social-démocratie » ? Quand il dit que son âme l’avait déserté depuis 30 ans, il ne pointe pas sa responsabilité du doigt, certes, mais tout le monde comprend.

    7. pas spécialement pour BIBLE,mais encore
      voici coller copier

      Il y a deux ans, je vous avais proposé l’option de faire marche à arrière en ce qui concerne la mondialisation, vous m’aviez répondu, qu’il était trop tard ! Comment voulez-vous vous battre pour un idéal avec une base pareille ?

      Cela signifie que VOTER ne sert à rien(sur l’Europe par ex) ,MANIFESTER reste invisible,l’insensibilité à la misère avec les Spraygendarmes pour réprimer toute forme de liberté.
      Les médias crapuleux avec leurs show indécents(Afghanistan)et la caste héréditaire des représentants du peuple??
      Vous voyez Mr Bible que lire la Bible aide…..

    8. Si je me souviens bien, le livre de Frédéric Lordon « La crise de trop » parle aussi du bilan accablant des gouvernements socialistes en ce qui concerne la dérégulation.

      N’empêche que le véritable problème est cette dérégulation, peu importe de quel gouvernement elle provient.

    9. La désillusion vis-à-vis de la gauche classique résulte avant tout, à mon avis, du fait qu’elle a, progressivement, abandonné le combat démocratique pour promouvoir, en fait, une politique libérale en plaçant au coeur de ses programmes l’individu compétent. Évidemment, ces partis désignaient, du moins en théorie, les individus compétents sur des critères quelque peu différents de ceux des partis centristes. Dans la pratique, cependant, il n’est pas évident que les individus ainsi désignés aient été issus de milieux sociaux très différents de ceux que le discours libéral favorisait.

      Immanuel Wallerstein, Libéralisme & démocratie: frères ennemis ?

  7. Nous voici rassurés par cette vision d’avenir 🙂
    Toute blague dans le coin, comme on dit en Belgique (?), je ne suis pas sûr qu’il y ait grand chose à attendre des Chinois, ces inventeurs du communisme pour les riches…

    1. Le social-démocratie a été inventée en partie après des gros chocs (Beveridge en angleterre pendant la guerre, le CNR en France, qui ne se voulait pas outre mesure dans la lignée du Front Populaire). Pas ex nihilo, ni comme aboutissement voulu d’une révolution ou d’un grand soir.

      Si les chinois n’inventeront pas une post-social démocratie eux-mêmes, en effet, c’est un « cygne noir » qui pourra s’en faire l’accoucheur involontaire.

      Mieux vaut « savoir qu’on ne sait pas » mais ne pas sacrifier nos billes et garder de la politico-bio-diversité…

  8. Ben oui… on n’a de destin que celui qu’on prend à bras-le-corps.
    Ce n’est pas « l’indignation » qui nous fait défaut mais simplement le courage et la volonté: ce qui fait la différence entre la passivité confortable du chroniqueur circonspect et l’action qui comporte des risques, y compris celui de se tromper.

    1. Ben oui… on n’a de destin que celui qu’on prend à bras-le-corps>

      Certes, certes. Mais perso, j’aurais plutôt dit « par les hanches », voire « par les poignées d’amour » . Toujours teintée de besognage notre affaire me direz-vous, mais de façon, disons, moins exclusivement laborieuse; pour le moins… En tout cas plus engageante, plus appétissante. 😉

  9. Tout à fait d’accord avec avec Paul Jorion: le parti socialiste a abandonné tout projet social démocrate et a choisi par la dérégulation entre autre, le libéralisme new look. Mon idée est que c’est corrélé avec le fait que le PS est un parti du local et des collectivités territoriales. Point besoin de grand projet politique dans son fief de sous préfecture, on fait de la « bonne gestion » (externalisation,délégation de service public,…) et si les gens sont dans la misère, on y est pour rien, au niveau local.Et ils pourront se consoler avec un joli palais des sports. Avec un déni total de démocratie.là encore, au niveau local, on ménage les intérêts particuliers des uns et des autres, au détriment du commun. Mais est ce que ça ne fait pas partie de l’idéologie et la stratégie néo-libérale (la « bonne gouvernance »), cette émergence des collectivités locales face à l’État?
    Enfin, au PS, le poids des énarques. c’est un peu facile et démago de ma part, mais au niveau local, ils sont porteurs de ce discours sur la « neutralité » des outils de gestion…

    1. Le partage du gâteau.

      Dans un régime dit démocratique, les deux principaux partis de gouvernement se partagent le gâteau.
      Pour que ces partis existent et prospèrent, ils ont obligation de se rallier à l’idéologie dominante et approuver la domination de l’économie, aujourd’hui financiarisée, sur tout le champ social.
      Ils doivent être tout à fait semblables en ayant l’air différents, voire opposés.
      La fin, programmée dès la naissance, de la social-démocratie était inévitable.
      L’idéologie contemporaine de la gouvernance implique encore plus que les deux partis soient équivalents, comme sont équivalentes deux marchandises.
      Ce qui permet à un acteur de l’un des partis de changer de niche instantanément .
      Il reste que dans un régime présidentiel comme celui de la France, le meilleur candidat sera celui qui se présentera comme étant au-dessus des partis et devra donc être reconnus pour son expertise.
      Il aura alors à veiller à ce que les parts du gâteau soient bien égales.

    2. La décentralisation a été en effet un marche-pied très pratique pour diffuser le néolibéralisme. Je crois qu’il est temps d’arrêter la centrifugeuse…

  10. Alors pour 2012, le choix reste borné entre la peste (Sarko) et le choléra (DSK) ? D’autres choix restant « intolérable » fort « impoli » pour le conservatisme ambiant, toute classe confondue, dans notre pays …

    De toute façon , les français ont ce qu’ils méritent, à pleurnicher derrière leur clavier, pliant l’échine d’enfants encore trop gâtés, et noyés dans leur conservatisme et confort. La France et les français ont le destin et le malheur qu’ils ont choisi, et surtout que d’autres, privilégiés, ne se privent pas de leur imposer depuis 30 ans ! Tant pis pour eux, il ont le privilège du vote démocratique, et n’ont pas l’intelligence de l’utiliser à bon escient .

    Pas d’espoir, dans 10 ans, le débat sera le même et inchangé, j’en fait le pari.

    1. Vous oubliez un détail. Nos chers amis banquiers qui travaillent d’arrache-pied à l’avènement du prochain krach. Les français finiront par se soulever, contraints et forcés!

    1. Il doit s’agir de ceci :

      http://www.zerohedge.com/article/did-wikileaks-confirm-peak-oil-saudi-said-have-overstated-crude-oil-reserves-300-billion-bar

      En résumé, une fuite de Wikileaks révèle que l’Arabie aurait volontairement surestimé ses réserves de brut de presque 40%.

      Comme prévu, les 100 $ le baril de Brent ont été franchis fin janvier, et ce qui précède laisse augurer que ça ne va pas s’arrêter là. Si l’autonomie d’une voiture électrique vous suffit (et si vous en avez les moyens) ,commandez vite !

      Pas trop dur à trouver, tout de même, le lien.

      Hors sujet, bien sûr. Je suggère donc à l’équipe Jorion de proposer un endroit sur le site où déposer les nouvelles sans rapport avec les billets du jour.

    2. On avait pas besoin d’une fuite de Wikileaks ou de l’info de Zerohedge. Cela fait 7 ou 8 ans que Eric Laurent a écrit dans « La face cachée du pétrole » que les réserves annoncées des pays de l’Opep, à commencer par l’Arabie Saoudite, avaient été réévaluées du jour au lendemain de presque moitié, au doigt mouillé, sans qu’aucune découverte de nouveaux gisements ne viennent justifier la bascule.

  11. Jean-Luc Mélenchon a fait une bonne analyse de la social-démocratie dans son livre « En quête de Gauche » (2007). Il montre comment dans différents pays (Allemagne avec Schröder, Portugal avec Socrates, Espagne avec Zapatero, Angleterre avec Blair…) les socio-démocrates ont eu des politiques parfois pires que notre monarque présidentiel. D’ailleurs Sarko au Portugal déclarait : « Heureusement que les socialistes français ne sont pas comme lui, sinon j’aurais du mal à me positionner ! ».

    Désormais le Parti Socialiste français est clairement aligné sur les autres socio-démocrates européens (à la Papandréou, etc.). C’était ce que voulait Hollande et le groupe des « transcourants » adeptes de la « troisième voie » de Clinton.

    Ce livre préfigure la rupture de Mélenchon avec le PS et la création du Parti de Gauche. Le PG s’appuie sur le socialisme néomoderne (lire « Le socialisme néomoderne, ou l’avenir de la liberté » par Jacques Généreux) qui prône une rupture avec le capitalisme néolibéral contrairement à ce qu’est devenue la social-démocratie.

  12. Apres la sagesse du philisophe, le rapport du médecin légiste, à quand le plan de bataille du général? 🙂
    Et sinon quelles nouvelles de l’Islande, il me semblait qu’il y avait un embryon d’espoir par là bas.Ici un article de médiapart.
    Petit poucet Islandais: conte pour enfant?

    1. Bémol…
      Le prêt de 10 milliards qui leur a été accordé doit être remboursé entre 2016 et 2046.

      Sortir des griffes de l’argent n’est pour l’instant pas facile.

    2. « Apres la sagesse du philisophe, le rapport du médecin légiste » : oui, monsieur Jorion est très friand de ces comparaisons macabres, sans doute parce qu’il a raté sa psychanalyse… 😉

    3. Batracien…

      Tu sembles bien au courant pour affirmer que l’on peut « rater » sa psychanalyse…

      Je connais pourtant beaucoup de choses que l’on peut rater, mais une psychanalyse, j’ignorai.
      Comme quoi, on en apprend tous les jours.

      Et donc, en quoi consiste le fait de la « réussir », s’il te plait..??

    4. pour YVAN le terrible

      coller copier

      Et donc, en quoi consiste le fait de la « réussir », s’il te plait..??

      la psy bien sur.
      cheveux noirs,longs et satinés,le regard interminablement bleu profond turquoise,les courbes ,arrête merde..

  13. Il me semble qu’une question mérite d’être posée: sur quelles marges de manœuvre un projet social-démocrate pourrait aujourd’hui s’appuyer ?

    La réponse, qui tarde à venir, sera donnée par les programmes des candidats à la candidature présidentielle.

    En attendant, nous devons nous contenter de quelques déclarations, ici ou là, qui n’annoncent pas dans la généralité de leur propos de grandes avancées… Et pour cause !

    1. Monsieur Leclerc.

      Tout prétendant au trône de France ne peut, pour l’instant, que prétendre « sauver » leur bas de laine…

      Et lorsque, vous comme moi, savons que c’est tout ce qui leur reste comme argument, il y a de quoi désespérer, en effet…
      D’où l’expression : « un bien pour un mal ».

    2. Les marges de manoeuvre existent, il suffit d’arrêter de travailler dans un cadre préétabli. La globalisation qui sert aujourd’hui d’arrière plan à la pensée politique contemporaine est davantage une construction politique que quelque chose d’inéluctable qui nous tomberait sur la tête.
      Dani Rodrik est en train de sortir un livre où il annonce le retour des Etats-Nations sur la scène politique. Sur son blog, on peut lire qu’un collectif d’économistes vient de signer une lettre pour soutenir la régulation des capitaux sur la base des expériences en Amérique du Sud ou des crises Asiatiques. En Europe, des voix s’élèvent pour sortir de l’Euro et retourner aux monnaies nationales à tel point que les chefs d’Etat se sentent obligés de réaffirmer leur soutien à la monnaie unique (ce qui était inenvisageable, il y a encore 6 mois).
      Il existe d’ores et déjà, une demande des populations pour retrouver une certaine autonomie dans la conduite des politiques économiques.
      Le bon vieux triangle des incompatibilités de Mundell risque de reprendre du service. Vous voulez retrouver des marges de manoeuvre ? Faites flotter les monnaies ou limitez la libre circulation des capitaux qu’il disait. Vous pourrez alors vous occupez du chômage, de la pauvreté, et ou rafistoler l’Etat Providence sans vous soucier des contraintes extérieures.

    3. La marge ressemble plutôt à une bande d’arrêt d’urgence dans laquelle le tandem politico-économique à planté la société
      La nature des quelques déclarations, ici ou là, qui n’annoncent pas dans la généralité de leur propos de grandes avancées, a pour cause cette désynchronisation entre politique et économique (conséquence de la crise actuelle) qui rend impossible la construction d’un discours social, d’un projet de société. Les grands paradigmes restent bien entendu d’actualités (progrès social, lutte contre les inégalités, etc) mais c’est les moteur de la machine à consensus qui est brisé.
      D’où les expressions multiformes de désirs d’alternatifs, (désirs alternatifs), d’où ce blog, et, comme on le voit dans les commentaires de chacun, la volonté individuelle de combler un vide de sens collectif.
      J’en vient à ce raisonnement apres avoir lu « Metapysique des luttes » de Lordon (encore lui, décidément!)

    4. Sinon, Monsieur Leclerc, une élection se commence 6 mois avant le vote.

      Pas la peine de se poser des questions avant.

    5. Monsieur Leclerc,

      Les candidats déclarés ou pressentis pour les élections de 2012 sont tous très loin de la social démocratie. Les hommes et femmes politiques et leurs conseillers qui se revendiquent de la sociale- démocratie n’ont pas la connaissance transdisciplinaire nécessaire pour comprendre un monde de plus en plus globalisé et qui va de plus en plus vite.Il faut que des grands intellectuels comme Paul, Edgar Morin, Emmanuel Todt impulsent un mouvement politique en unissant leurs discours et leurs travaux autour d’un projet social-démocrate. Ces têtes pensantes pourraient est rejointes dans leur projet ,par des membres de la société civile experts en économie, finance, droit, fiscalité, sociologie, histoire, comme: Marc Trevidic, Jean Louis Nadal, Charles-Henri Filippi, Monique et Michel Pinchon, Eric Verhaegue, Laurent Cordonnier, Frédéric Lordon, Christian Charière-Bournazel, Phippe Askeny, Susan Georges, Daniel Lebegue, Denis Robert, Eva Joly, Stéphane Hessel, Claude Alphandery, Thomas Piketty, Laurence Vichnievsky etc….. Les grands changements ont toujours été initiés par un petit groupe d’individus conscients et engagés .

    6. Les gouvernements des pays occidentaux ont tendance à se « droitiser » et même davantage encore depuis le début de la crise. Pensez-vous que les projets socio-démocrates ont encore leur chance ?

      Peut-être en France mais pas ailleurs…

    7. Allez ! Allez, gens de la foule ! Aux urnes… Et ne vous plaignez plus. C’est assez. N’essayez pas d’apitoyer sur le sort que vous vous êtes fait. N’insultez pas, après coup, les Maîtres que vous vous donnez.

      (Alphonse Gallaud de la Pérouse, dit Zo d’Axa)

  14. toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

    En lisant cela sur ce blog bon nombre de ses commentateurs vont pourtant se croire intelligent.
    🙂

  15. Le péril grandit, apparemment.(c’est même la seule chose qui soit à peu près sûre aujourd’hui).

    Heureusement que nous gardons en mémoire la vieille pensée d’Hölderlin:
    « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».

    (Mais, pour moi, faites excuses, sûrement pas DSK, pas très social, et peu démocrate, du moins à l’égard des peuples en difficulté !)

  16. La social-démocratie est un monstre campant sur le millénarisme vaincu des masses au cours des deux siècles précédent. Ce fut la tentative de faire accepter à celles-ci l’ignoble condition salarial , cette nouvelle est enfin parvenu à la direction du CNRS – voir Lordon –

    la vie salariale est dans son essence indigne…

    .
    La Chine n’y peut rien , sa réalité social-démocrate est en fait la vérité du communisme.
    Les revendications adaptatives de la social démocratie sont semblable aux tentatives dénoncées sur ce blog d’anti-économistes qui continuent pourtant à jouer en bourse.

    1. Tiens, s’agissant de Frédéric Lordon, celui-ci a disparu de la circulation … Lui, a abdiqué.
      Un de moins, comme on dit.

    2. @Bible
      Parce que pour avoir un quelconque impact il faut non seulement exister dans les médias, mais en plus ne jamais s’en éloigner, voir s’en affranchir?
      Il y a http://www.fredericlordon.fr un très chouette site dont le contenu devrait suffire à vous faire patienter jusqu’à la prochaine apparition (puisque vous l’attendez) de notre messi.
      Amen

    3. Dans ce texte Lordon fait quelques allusions à l’autogestion , cette vieille lune soixante huitarde et à ce que pourrait être une démocratie sociale et non plus seulement politique. Le role de la social démocratie a essentiellement consisté à refouler non seulement l’indignité du salariat mais aussi n’ a vu la société que comme un Etat intervenant pour compenser les inégalités produites par une base « économique » prédatrice et quasi incontrolabe.
      L’état fut inventé dans la Grèce antique pour faire contrôler par des hommes supérieurs une base sociale presque entièrement composée d’esclaves.Par l’Etat les grecs disloque la société en une base répugnante œuvre des esclaves lieu des besoins et la spiritualité étatique qui a besoin du temps libéré par l’esclavage pour discuter des affaires supérieures de la société. Le christianisme en sera l’héritier cette dislocation peoduira le Ciel et l’Enfer.

  17. Toutes les expressions, sans exception, définissant un courant politique, (démocrates, républicains, démocratie sociale, démocrates chrétiens …) n’acquièrent leur définition qu’à travers l’usage qui en est fait par ceux qui s’en revendiquent. Il n’y a aucune raison à priori qu’un « républicain » soit plus conservateur qu’un « démocrate ». Il en va de même pour la « social démocratie ».
    Il me semble que Paul s’attache à une définition idéalisée contredite depuis longtemps par les faits. Au nom d’une « modernité » indépassable, les socialistes ont entériné le libéralisme mondialisé et ses dérives. Ce faisant, leur marge de manœuvre se réduit à des mesures d’ordre sociétal (libéralisation de la drogue ou mariage des homosexuels, comme l’explique jean Claude Michéa), ayant pour le reste, c’est-à-dire pour l’essentiel, organisé leur impuissance. La social démocratie est un fiasco en Europe. Obama, aux nuances près est un Tony Blair américain. Dans ce contexte, il est parfaitement logique qu’une offre politique nouvelle et réellement volontariste ait émergé à gauche d’un parti socialiste au bord du gouffre avec DSK pour seul parachute de secours.

  18. La Seine-Saint-Denis attaque trois banques en justice, qui ont négocié des emprunts toxiques avec le département: Depfa, Calyon (devenue Crédit Agricole CIB) et Dexia. Dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France, le président du conseil général du 93, Claude Bartolone, s’explique: « Lorsque je suis devenu président du département en 2008, j’ai découvert dans le bilan de mes prédécesseurs l’existence d’emprunts toxiques (alors 97% de la dette, ndlr). (…) Nous avons interpellé toutes les banques nous ayant vendu des prêts structurés afin qu’elles acceptent de renégocier ces emprunts. La plupart d’entre elles nous ont traités avec le plus grand mépris. (…) Nous avons tenté d’être diplomates, ça n’a pas marché. Voici donc venu le temps de la guerre. » Claude Bartolone réclame « l’annulation pure et simple des emprunts toxiques »: « Nous rembourserons aux banques le capital dû, c’est-à-dire les sommes d’argent que celles-ci nous ont effectivement prêtées, mais nous demandons que les banques nous reversent le montant des intérêts illégitimes que nous avons payés depuis la signature du prêt. » Et Claude Bartolone de préciser que le montant de ces intérêts auprès de Dexia s’élève à 13,8 millions d’euros. La Seine-Saint-Denis présente aujourd’hui un endettement de 950 millions d’euros, selon Le Parisien, dont 675 millions en emprunts toxiques (71%).

    http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20110209.CHA3009/la_seinesaintdenis_attaque_3_banques_en_justice.html

    1. Seule réponse, nationaliser le secteur bancaire : n’avoir plus qu’une seule banque, le Trésor Public, où l’on puisse s’ouvrir un compte comme pouvaient encore le faire les fonctionnaires dans les années 70 pour se faire virer leur salaire et retirer du liquide à la perception du patelin, avec une interdiction pour le Trésor Public de manoeuvrer pour plonger les clients pauvres dans les agios, les crédits revolving et le surendettement . Au moins, on aura la certitude que les bénéfices de cette banque publique alimenteront les finances de la Nation au lieu de partir en bonus pour des traders .

  19. L’Irlande va demander 40 pct de fonds en plus au FMI pour sauver les banques.

    Dukes: we need €15bn more to save the banks
    Anglo chief warns we face asking IMF for extra 40pc

    http://www.independent.ie/national-news/elections/latest-news/dukes-we-need-euro15bn-more-to-save-the-banks-2531404.html

    http://www.independent.ie/business/irish/shakeout-in-merger-may-cause-up-to-700-jobs-2531383.html

    Government must force losses on bondholders, stockbroker claims
    Goodbody calls for urgent action by next administration as cost of banking bailout has become too great for Ireland to bear.

    THE Government should immediately move to impose 50pc losses on all unguaranteed Irish bank bonds because the cost of the banking bailout has become too great for Ireland to bear, Goodbody’s Stockbrokers said yesterday.

    http://www.independent.ie/business/irish/government-must-force-losses-on-bondholders-stockbroker-claims-2531385.html

  20. « C’est seulement quand le froid de l’hiver est arrivé qu’on s’aperçoit que le pin et le cyprès perdent leurs feuilles après tous les autres arbres. »

    Le froid de l’hiver est l’image d’une époque de trouble. La persistance du feuillage est l’image de la volonté ferme et constante du sage. Quand la tranquillité règne, l’homme de peu pourra ne pas se distinguer de l’homme honorable. C’est seulement au milieu des avantages ou des désavantages apportés par une révolution qu’on reconnaît la constance de l’homme honorable.

    孔子

    1. Et on les a vus à l’oeuvre, comme en 68, les politiciens gauche caviar, Mélenchon compris: dénoncer la perspective de grève générale avec le hochet du référendum

  21. Irlande: haro sur le plan de sauvetage international

    “Inique”, “punitif”, “irréalisable”: le plan de sauvetage de l’Irlande signé avec l’Union européenne et le FMI est attaqué par l’ensemble des partis en campagne pour les législatives, qui promettent d’en renégocier certaines conditions, sous l’oeil inquiet de Bruxelles. C’est ce sujet-là qui a offert les échanges les plus vifs mardi soir, lors du premier débat télévisé de la campagne en vue des élections du 25 février. “L’accord doit être renégocié. Il est mauvais pour l’Irlande, l’Europe et la zone euro”: a asséné Eamon Gilmore, le bouillant leader du Labour (gauche).

    belga lesoir

    1. A mon avis il vont découvrir de nombreux cadavres dans les placards chez FG et au Labour après le 25 février….surprises en vue….

  22. Et si nous chantions des chants tantriques, afin de faciliter la migration de l’âme socialiste dans un nouveau corps ?

    De beaux bonnets pointus tout jaune et le droit de souffler dans la trompe …
    Pas beau, ça ?

    Va falloir souffler fort.

  23. Paul,
    Si la social-démocratie est aphone, atone et incolore, ne serait-ce pas parce que les conditions de son existence ont disparu?
    Le compromis social-démocrate était basé sur le partage (inéquitable mais partage quand même) des fruits de la croissance entre capital et travail. Or:
    1) la croissance est impossible et non souhaitable vu l’impasse écologique;
    2) le néo-libéralisme a cassé les règles du partage grâce à la mondialisation (qui rend le monde du travail incapable de se battre puisque soumis au chantage de la délocalisation) et grâce à l’habileté de la finance qui vampirise l’économie réelle.
    De plus, les cadres supérieurs de la social-démocratie sont devenus des privilégiés qui n’ont guère intérêt au changement et ont peu gardé l’idéalisme de leurs prédécesseurs tandis que la base est une classe moyenne encore assez confortable et dénuée de la moindre combattivité.
    Les travailleurs, les vrais, soit ne peuvent pas voter car étrangers, ou ne votent pas car complètement démobilisés par la société du spectacle ou votent pour l’extrême-droite, l’extrême-gauche ou les farfelus. Quant à l’écologie politique, elle hésite entre une social-démocratie vert pale (green new deal) ou l’objection de croissance. Elle rejoindra donc la coquille vide social-démocrate ou ira renforcer les rangs encore fort maigres des opposants au capitalisme.
    Le renouveau du spectre politique risque de prendre encore quelque temps…

  24. En Belgique, la social-démocratie (la vraie) est encore clairement défendue par les écologistes (qui font quand même 15% de l’électorat dans la partie francophone et 7-8% dans la partie néerlandophone).
    Diriez-vous la même chose pour les verts français? Je ne suis pas trop au courant des positions exactes des partis hexagonaux…

  25. Information importante (si si) :
    Faillite d’une banque danoise.

    Oui, bon d’accord, me direz-vous, et à part ça ?

    Information trouvée sur zerohedge, d’abord :
    http://www.zerohedge.com/article/failed-danish-bank-makes-history-first-senior-bondholderdepositor-impairment-tune-41
    Et en français, sur AGEFI :
    http://www.agefi.fr/articles/La-faillite-dune-banque-danoise-cree-precedent-creanciers-1167588.html

    « «Cela signifie que les détenteurs de dette senior et de dépôts supérieurs au plafond de 100.000 euros peuvent s’attendre à une décote de 41%», notent les analystes de CreditSights. »
    « Sur le principe, hormis le cas particulier de l’Islande, il s’agit du premier cas de pertes imposées à des créanciers bancaires seniors en Europe depuis le déclenchement de la crise financière. »

    Ce n’est plus l’Islande.
    C’est maintenant un pays de l’UE.
    Bientôt, ce sera un pays de la zone euro.

  26. « Sociale démocratie »? Mais qui donc prononcera encore ce mot si le pacte de compétivité concocté par l’Allemagne et La France ne soulève pas un tsunami à l’Egyptienne. Absolument tout sur cette Terre est sacrifié sur l’autel à un Dieu frappé.

  27. La social-démocratie n’est plus ce qu’elle était, et je crois c’est définitif. Les raisons pour son agonie son multiples:
    ~ La social-démocratie allemande par exemple reposait sur le socialisme (ou capitalisme) rhénan des années 50 à 60. L’industrie avait besoin de la main-d’oeuvre pour produire et vendre en toute tranquilité, sans être obligé de gérer des conflits sociaux importants.
    Ce n’est plus le cas.
    ~ Les partis de gauche en Europe, exemple France et Allemagne (SPD et PS), sont infiltrés de courants néo-libéraux, ce qui provoque l’impression de dèsunion et querelles à l’intérieur des partis de gauche.
    Le SPD ainsi que le PS sont le produit des Trente Glorieuses, le temps où l’on pouvait encore distribuer des richesses, où le salarié avait encore un certain poids.
    Les temps ont radicalement changé, nous avons à faire aux phénomènes tels que « corporate governance », la fricomanie des actionnaires et investisseurs, la capitulation des états devant le tout-puissant capital, et cétera.
    La social-déomcratie n’existe plus, mais il faudra inventer quelque chose qui puisse la remplacer – d’urgence!

    1. Poursuivons votre raisonnement dans deux directions:

      L’ ‘extrême:
      La Liberté a déserté notre contrat social.
      Plus rien ne la ramènera.
      Nous aurons toujours plus de contrôle social, plus de caméra, plus d’interdiction etc…
      un exemple généralisable:
      Vous levant le matin, vous risquez de glisser sur la moquette et vous casser la hanche,
      blessure invalidante au possible.
      Donc , principe de précaution: ceux n’ayant pas l’obligation de se lever aux lueurs blèmes de l’aube resteront couchés.
      Les penseurs prévoyants cherchent autre chose, un remplaçant à l’activité et ils trouvent.
      Par exemple, consommer.

      L’absurde:
      Un observateur affuté donne son diagnostique:
      « Les partis de gauche en Europe, exemple France et Allemagne (SPD et PS), sont infiltrés de courants néo-libéraux, ce qui provoque l’impression de dèsunion et querelles à l’intérieur des partis de gauche.
      Le SPD ainsi que le PS sont le produit des Trente Glorieuses, le temps où l’on pouvait encore distribuer des richesses, où le salarié avait encore un certain poids. »

      Un autre, plus primitif, trouve que:
      « La basse finance nous ment, elle nous enfume, elle nous pilonne d’une idéologie vérolée,
      elle détruit nos sociétés, elle siphonne les comptes publics ( elle nous prend notre argent ),
      elle augmente le prix de tout ce qui lui fait ventre, elle salit culture, art, nature, intelligence et imagination,elle met tout à son service, elle corrompt les Hommes
      et la Nature. Elle en fait des larbins ou des complices,
      elle se croit au-dessus des lois et hors du bien commun ».

      Le fin observateur et le primitif ont connu ou ont eut connaissance des « 30 glorieuses »,
      Ils en savent la part de rêves et ils savent que les conditions ont changées.
      Mais, cette connaissance les prédispose à croire que « quelque chose d’autre est possible ».
      Il pensent que les causes du malheur actuel sont assez bien identifiées:
      la Finance débridée et la faiblesse des hommes.
      Ils savent qu’ils sont sans doute limités: leurs réflexions sont probablement trop proches du plancher des vaches.
      Mais il savent que lutter n’est pas vain et que cette lutte est prioritaire, préjudicielle de l’avenir.
      Ils savent qu’ils ne sont pas seuls; ils disposent d’alliés multiples et d’autres
      insoupçonnés dont par exemple la nature suicidaire de cette Finance.
      Ils savent qu’une Finance rénovée, tendant à être utile au bien public sera seulement un point de départ pour d’autres problèmes.
      Mais ils ne se découragent pas.

      Ce scénario est absurde, naturellement.

  28. @ Alain A

    « Quant à l’écologie politique… Elle rejoindra donc la coquille vide social-démocrate »

    Oui. En début de ce XXIe siècle, le caviar est encore de bonne qualité. C’est le peuple qui le produit. Les verts qui le servent. Le P.S. qui se goinfre et le Front de gauche qui fait la vaisselle. La droite, elle, di-gère.

    Vive la révolution !

    P.S.: c’est complétement dingue les augmentations des prix là… Horreur ! STOOOP !

    1. En début de ce XXIe siècle, le caviar est encore de bonne qualité. C’est le peuple qui le produit. Les verts qui le servent. Le P.S. qui se goinfre et le Front de gauche qui fait la vaisselle. La droite, elle, di-gère.

      On ne peut mieux résumer la faillite des politiciens professionnels !

  29. Parler du « peuple du populisme toujours trop bête etc… » sans même définir ce que l’on appelle populisme, c’est à dire en y attribuant, par défaut, le sens que la vulgate dominante lui assigne pour servir ses intérêts, m’apparait tout simplement lapidaire et bougrement prétentieux.
    Le concept de populisme est un concept fourre-tout produit, au choix par la paresse intellectuelle, la mauvaise foi, le conformisme ou une rhétorique manipulatrice.
    Si c’est du racisme dont on veut parler, parlons de racisme.
    Si c’est d’anti-intellectualisme alors disons-le.
    S’il s’agit de la haine de la culture, stigmatisons cette tendance.
    S’il s’agit du rejet des autres, fustigeons cette attitude.
    Le mot populisme, dans la bouche de celui qui l’emploie de façon dépréciative, est en fait le vecteur d’épithètes psychologisantes et/ou psychiatrisantes qui se veulent irréfutables donc définitives.
    Parler « de la stupidité intrinsèque [du peuple populiste] » fut-il libertarian est un déni de raison.
    Avec un tel appareil critique et clivant, gageons que Wall Street et sa consubstantielle sociale démocratie, sauront, entre autre, en tirer un maximum de profits.

    1. Merci Claude Animo pour cet éclairage sur le mot populisme…Ce qu’il contient…Et au final, a qui profite cette parure voir cette posture verbale sélective, d’où une « séparativité » et une exclusion d’un certain groupe…Qui reste néanmoins humain bien entendu…Enfin, nous le souhaitons.

    2. Tous ces intellectuels qui veulent la démocratie sans la vouloir m’ont l’air bien hypocrites.
      Je préfère de loin le point de vue Ancien, qui avait l’honnêteté de jouer carte sur table en étant fondamentalement hostile aux gouvernements démocratiques au non d’une aristocratie de l’intelligence/ de la vertu. A la limite le régime politique mixte romain posait également les cartes sur la table. Mais conserver la conception agrégative de la démocratie (la volonté du peuple c’est la somme algébrique de la volonté de chaque citoyen) tout en parlant de populisme, je trouve toujours ça très gonflé. Y a un côté je fais partie de l’élite mais j’aime le peuple… mais je fais partie de l’élite… mais j’aime pas le peuple… mais j’aime le peuple… quand il pense comme moi du moins…
      Après évidemment, si par démocratie on entend une certaine conception normative de la philia qui peut s’incarner dans telle ou telle procédure de décision collective, alors les choses sont différentes (et le populisme est alors une menace car il implique une conception de la politeia qui n’est pas celle qu’elle devrait-être, ce qui implique une guerre civile larvée). Mais dans ce cas il faut assumer que la démocratie n’est certainement pas le gouvernement du peuple au sens où on l’entend habituellement et qu’elle n’a du reste nulle vocation à l’être.

      Quant à la sociale démocratie, dès le départ elle est une trahison des idéaux démocratiques, quelle que soit la conception choisie, soit qu’au fond elle accorde plus de place à l’ordre socio-économique qu’à l’orde politique, faisant passer la catégorie du travailleur ou du professionnel avant celle du citoyen (!!), soit qu’elle ne s’intéresse qu’à la distribution, c’est à dire à la correction des injustice posteriori, injustices qui n’auraient jamais dû avoir lieu en première instance. De ce point de vue, les points de vue marxisant et libertariens lui sont tellement supérieurs en terme de cohérence tant interne que dans la conception de la justice (qu’on approuve ou pas) qu’on se demande bien quel intérêt celle-ci pourrait encore avoir. Si ce n’est d’être une machine à trahir les idéaux démocratiques.

    3. Bonjour Claude Animo,

      Je crois qu’il y a une coquille, et que Paul Jorion a écrit « pour amuser en haut lieu » et non « s’amuser en haut lieu, » ce qui ne voudrait rien dire. L’antiphrase est ainsi mieux perceptible.
      Jacques Rancière est de votre avis, et de celui de Paul aussi je pense. Son indignation tangible contre la prédation, la spoliation dont sont l’objet les plus faibles (par Cameron récemment par ex.) cadrerait mal avec un tel dénigrement du peuple. Il parle de ceux qui emploient le mot populisme, et déplore que la social-démocratie ait simplement abandonné le peuple à son sort, gardant les conquêtes révolutionnaires, la citoyenneté et la triade liberté égalité fraternité, pour un usage seulement discursif.

      http://www.liberation.frpolitiques/01012311198-non-le-peuple-n-est-pas-une-masse-brutale-et-ignorante

    4. @Blandine Keller,

      N’étant ni Docteur es-Jorion, ni encore moins légiste, j’ai du mal à deviner les guillemets, à lire entre les lignes, à fouiller les inter-lignes, à détecter l’ironie, à surligner le sérieux et à stabiloter, pardonnez ce néologisme, le définitif.

  30. Le site est surchargé ?

    Incidente philosophique de 16h 30…

    Je réfléchissais au concept d’interface. L’interface peut être passive, comme un abat-jour qui a une fonction filtrante, elle filtre donc la lumière entre l’ampoule et l’oeil, une membrane osmotique est également une interface, beaucoup de membranes du corps sont des interfaces actives, qui transforment, convertissent en même temps qu’elles mettent en relation. Un convertisseurs analogique-numérique est une interface, le clavier en est une, les barres de graphites que l’on descend dans les réacteurs, une paire de jumelles…

    Un outil est simplement une aide, on peut souvent remplacer le mot outil par « aide », un outil ne fait que décupler la force, il met en relation directe 2 choses tandis qu’une interface met en relation modérée, indirecte, 2 choses. A ce titre, la démocratie représentative est une interface entre la volonté du démos et l’action réelle qui en résulte. La volonté du peuple est déléguée, mise en attente, transformée, elle subit beaucoup d’aléas puis il en sort un résultat.

    Le langage est une interface, non un outil qu’on maitrise… le langage est l’interface entre les hommes, car l’expression est convertie en mots puis reconvertie en pensée… le langage a ses propres règles également, qui transforment l’intention initiale, -voilà pourquoi le langage n’est pas un simple « outil ». L’habitus, le principe non choisi de tous les choix, hommage à Bourdieu.

    L’on pourrait aussi insérer des interface modératrices, ou des barres de graphites virtuelles, dans sa propre perception des choses, pour évité d’être submergé directement par ce qui nous affecte …

    A ce titre, quel est l’interface entre le monde financier et l’économie, entre les marchés et l’économie ? faut-il réguler la finance ou la mettre à distance de l’économie à l’aide une sorte d’interface, que représente le HFT en terme de suppression d’interface..

    On constate justement que la démocratie est hautement modérée pour accéder au réel tandis que la finance accède directement au réel. On peut aussi considérer la culture au sens large, comme une immense interface entre soi et le monde…

    L’Interface, quelle est la portée du concept, par rapport à outil, et régulation ? Quand je constate la fréquence du phénomène, je ne puis m’empêcher de penser que ce qui fonctionne sans interface est dangereux. Une interface est une mise en relation modérée de 2 phénomènes. La cour de justice est l’interface entre le crime, délit, etc et la sanction…

    Le Sénat, ou le bicamérisme, est une interface minimaliste, entre l’Assemblée et ses décisions puisque la double lecture du texte doit permettre de temporiser, de revoir sa copie et de bien réfléchir….

    Bref la seule instance dispensée de tout intermédiaire est celle de la finance, des marchés, etc. réguler, interdire, ou modérer ? ou supprimer puisque c’est en réalité mon option.

  31. J’ai adoré « l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs. » : mais faut lui laisser le temps de se réincarner, monsieur Jorion, ça ne peut pas se faire en un jour ! 🙂

    1. Espérons surtout que ca n’arrivera jamais. Ce serait le pire service à nous rendre. Trouvons autre chose. Ce ne sont pas les alternatives qui manquent.

  32. J’adore le coté « caustique » de cet article. Tout est si vrai dans ce qui y est dit…
    Mieux vaut en rire qu’en pleurer, c’est ce que je me dit souvent…

  33. Les néo-libéraux et capitalistes de tout poils n’ont pas la même lecture des événements. Ici, au Canada (au Québec plus précisément), ils disent que c’est justement à cause de la sociale-démocratie et de l’État providence que nous nous sommes endettés et que nous avons vécu au-dessus de nos moyens; que c’est à cause d’une trop forte régulation que les acteurs économiques et le néolibéralisme n’ont pas pu s’exprimer pleinement depuis un demi-siècle.

    http://www.iedm.org/fr/34066-le-declin-de-la-gauche

    Ils ne parlent jamais des écarts de richesse grandissants et du capitalisme financier qui ont provoqué la crise que nous connaissons. Il faut le faire pour à ce point se déresponsabiliser et surtout pointer le socialisme comme source de tous les malheurs.

    http://www.lesaffaires.com/blogues/paul-dontigny/lisez-entre-les-lignes–obama-demande-aux-ceo-dinvestir-et-de-creer-des-emplois/524370
    .

    1. « Ces oiseaux de proie sont méchants; et celui qui est un oiseau de proie aussi peu que possible, voir tout le contraire, un agneau , celui-là ne serait-il pas bon?,,
      Et les aigles de leur répondre:
      « Nous ne leur en voulons pas du tout, à ces bons agneaux, nous les aimons même: rien
      n’est plus savoureux que la chair tendre d’un agneau. »
      -Exiger de la force qu’elle ne se manifeste pas comme telle, qu’elle ne soit pas une volonté de terrasser et d’assujettir, une soif d’ennemis, de résistance et de triomphes, c’est tout aussi insensé
      que d’exiger de la faiblesse qu’elle manifeste de la force.
      (Nietzsche, métaphore, La généalogie de la morale)

    2. Et c’est là justement qu’il faut saisir la balle au bond: ne surtout pas transformer le débat en un « ils ont tort, nous avons raison. Ils sont responsables, pas nous! Leur modèle est la cause du problème, pas le nôtre! »

      Il est clair que le système financier et économique « libéral » précipite le monde vers l’abîme. Mais pour faire adopter par la majorité de la population un modèle social-démocrate, il faudra les convaincre: les convaincre que les « défauts » que soulignent les libéraux seront corrigés.

      Parmi ces « défauts » du modèle social-démocrate, on trouve entre autres:
      – Le gaspillage des fonds publics: comment éviter que les politiques n’utilisent les fonds de l’Etat pour leur propre intérêt, indirectement? Ou les utilisent tout simplement mal (mauvais gestionnaire?)
      – Le prétendument mauvais retour sur investissement: c’est à dire l’impression que pour une somme investie, les gens en retirent un service moindre. Typiquement l’image du fonctionnaire incompétent grassement payé à ne rien faire, et qu’on ne peut ni veut pas licencier…
      – La corruption: qui surveille les dirigeants?

      Nier ces problèmes, c’est justifier aux yeux du public le discours des libéraux. La guerre que nous menons est une guerre de communication…

    3. Cette guerre de communication n’est effectivement pas facile à mener car les débats idéologiques ont souvent tendance à prendre le dessus. Comme les causes de la crise n’ont pas été clairement identifiées (tout au moins par les communs des mortels) ni les moyens d’en sortir (cf. les gesticulations des dirigeants de nos pays), ce n’est pas simple.

      Merci pour vos commentaires.

    4. Les néo-libéraux et capitalistes de tout poils n’ont pas la même lecture des événements. Ici,
      au Canada (au Québec plus précisément), ils disent que c’est justement à cause de la sociale-démocratie et de l’État providence que nous nous sommes endettés et que nous avons vécu au-dessus de nos moyens; que c’est à cause d’une trop forte régulation que les acteurs économiques et le néolibéralisme n’ont pas pu s’exprimer pleinement depuis un demi-siècle.

      Et oui une autre très belle idée reçue, tout le langage du monde est un peu comme ça, c’est pas moi c’est l’autre, évidemment à force le monde ne passe pas réellement à autre chose
      de moins dualiste, pas étonnant alors que le monde ne s’aime et ne se pardonne plus.

      Sans doute que les gens qui ne peuvent plus guère soutenir la croissance, pensent peut-être encore un peu à tort au-dessus de leurs moyens.

    5. @Olivier M.

      Consultez le blog de Jacques Brassard, ancien ministre péquiste pour constater jusqu’à quel point le néolibéralisme peut répandre les spores de tous les défauts qu’un homme puisse porter.

      Salutations d’un Québecois affligé.

    6. @ Olivier M.

      A mon humble avis, la question est bien là: c’est à dire pas entre le capitalisme et le socialisme mais entre l’impôt redistribué (option de gauche) et la charge directe au particulier(option de droite).
      Dans les deux cas l’économie (éventuellement capitaliste) doit nourrir le même montant soit par l’impôt sur les activités et les revenus, soit sous forme de rémunérations, principalement des salaires. En définitive, l’option gauche/droite porte sur l’efficacité de la dépense et de l’investissement mieux contôlée par l’Etat ou au contraire par les particuliers. Toutes les nuances sont possibles entre ces deux extrêmes.

      La dérive du moment c’est que, d’une part, le capitalisme impose une réduction de sa quote part (impôts et/ou salaires) quand, d’autre part, les sociétés sont demandeuses de plus de ressources d’investissements et de dépenses collectifs. Ceci se traduit par des déficits budgétaires, les politiques ne sachant pas s’opposer à cette augmentation de la demande collective (Etat providence).
      Comme les particuliers voient se réduire (relativement) leurs revenus préhemptés par les capitalistes, ils doivent arbitrer leurs propres choix avec plus de pression et de difficultés.
      Ces arbitrages se traduisent par un sentiment de paupérisation qui va rapidement limiter la consommation au plus nécessaire et asphyxier les marchés de biens et de services affectant gravement l’économie et le capitalisme par simple ricochet…

  34. Social Démocratie et Keynes: un avis.

    Keynes a donné les outils économiques et financiers
    qui permettent une politique générale social-démocrate.
    Sa théorie trace un cadre s’adaptant à toutes les
    situations, sans rigidités. En ce sens, elle redonne à la volonté
    démocratique toute sa force.

    Ceux qui condamnent le kynésianisme le font
    à partir d’observations qui n’en sont qu’une pale copie,
    ou une copie dénaturée depuis plus de 30 ans.

  35. Le « social » est en trop, il redonde. La démocratie est directe, ou n’est pas. Ne pas participer à la gestion de l’Économie – le vivre-ensemble, l’organisation du groupe- c’est ne pas participer à la gestion de sa vie. C’est ne pas être conscient.

    Ça bouge !

  36. @Paul:

    Pourquoi cherchez-vous un renouveau dans le courant « social démocrate » ?
    Un Etat « libéral » limite ses pouvoirs régaliens à la justice, la défense du territoire, et au pouvoir de rendre la justice et accessoirement au droit d’émettre sa monnaie.
    – Alors, qu’est-ce qu’un Etat « social démocrate » ?
    C’est un Etat qui a ajouté à sa liste de droits régaliens un système de santé (même mince), une politique industrielle, un système de retraite (que cela soit par capitalisation ou répartition), des lobbys et des « fonctionnaires » pour promouvoir son commerce extérieur.

    En Europe, nous sommes déjà en social-démocratie : Un Etat qui légifère sur tous les domaines de la vie (sans aucune exception) mais qui en réalité ne peut rien pour nous. En d’autres termes et pour paraphraser Michéa : La sociale démocratie est le mouvement historique qui transforme en profondeur les sociétés modernes, elle est l’accomplissement logique (ou la vérité) du projet philosophique libéral. La sociale démocratie, son ‘marché’, ses lois, son le libéralisme réellement existant. Aussi bien pour son versant économiste (de droite) que pour sa culture (dont la défense est devenue la spécialité de la gauche contemporaine).

  37. @ Paul.J et Tous les Européens !

    Et si l’aristocratie américaine avait fabriqué Obama pour apaiser une grande classe moyenne et se permettait de nous fabriquer, notre prochain président, en la personne de DSK ?

    Un peu de patience ‘l’autre » -la Chine- le fera pour nous, peut-être demain ? Si toutefois les enfants geignards sont sages et surtout obéissants …

    Européens, dépourvus de matières premières, notre avenir démocratique réside dans notre créativité et notre courage !
    La Social-démocratie est morte vive l’Eco-social démocratie !

    Comment ? L’abandon du traité de Lisbonne au profit du traité Berlin-Paris !

    – L’abandon des représentations nationales au profit d’une Europe Fédérale.
    – Une taxe sur les énergies fossiles destinée à dégager des liquidités. Ces liquidités serviront au désendettement des états membres et à accompagner les activités économiques porteuses d’emplois durables.
    – Harmonisation sociale et fiscale.
    – La re-localisation des activités économiques.
    – Une agriculture ne mettant plus en péril biologique, les Peuples et les terres.
    – L’interdiction de spéculer sur les matières premières.

    Osons, car notre dépendance va devenir insupportable !

    1. Toute la bobocratie était en plein délire ce mercredi via ses médias habituels(nouvel obs, libé etc) suite à l’annonce d’Anne Sinclair (épouse de DSK) comme quoi son chéri ne se présenterait probablement pas pour un second mandat au FMI, tout simplement because la madame elle en a marre de Washington.Encore faut il que le dit chéri passe l’épreuve des primaires du PS…c’est tout sauf gagné….vu son extraordianaire ‘charisme’ et ses convictions très fmistes ..heuuu pardon socialistes.

  38. Il arrive à Jacques Attali de ne pas raconter que des bêtises tabagiques et je l’avais trouvé pariculièrement pertinent et éclairant quand , en 2004 , dans  » la voie humaine » , il évoquait les 4 grands destins entre lesquels la France ( mais pas qu’elle ) hésitait :

    a- se crisper sur elle même pour tenter d’échapper au monde
    b- s’inscrire dans la mondialisation et gagner la bataille contre la concurrence en réduisant au maximum ses coûts et en augmentant la précarité
    c- Mieux répartir la richesse en acceptant de prendre tous les risques de la société de marché
    d- inventer une nouvelle façon de vivre ensemble qui permette de combiner ce que le marché a de meilleur et ce que la démocratie apporte de plus fort .

    Autour de a – extrême droite et une partie de l’extrême gauche
    de b- les libéraux ( pouvoir actuellement en place )
    de c- sociaux démocrates de marché » , gauche maladroite qui ralliera les libéraux
    de d- une nouvelle voie , une voie humaine, pour une nouvelle sociale démocratie

    Tout ça pour dire qu’en vous lisant évoquer la sociale démocratie , je ne sais pas si vous parlez de c- ( tendance DSK ) ou d- ( et on cherche le ou la porte drapeau ) .

    A défaut de désigner des porte drapeaux , j’attendrais peut être de vous une première mise en forme de ce que devrait être les attributs de cette sociale démocratie du XXI ème siècle , remarque faite que je me suis toujours demabdé comment on pouvait être social sans être démocrate et réciproquement .

    Quelles vertus pour une démocratie vivifiée ?

    Au doigt mouillé :

    DUDH ,Liberté , Egalité , Fraternité , marché sous tutelle , interdiction des paris sur les fluctuations de prix , droits de la nature , accès universel au savoir , accès universel à la formation , un territoire privilègié ( Europe? avec la Russie ), RIP , Justice indépendante , presse indépendante , indépendance de la force armée ( niveau européen ?), débat « national » et plus si affinité sur les ervices publics et la gratuité …

    1. Au passage J. Attali a mille fois raison de vouloir interdire le tabac…Il ne fait que prévenir les futurs maux à venir…Le tabac tel qu’il est vendu aujourd’hui est un poison mortel et en cela J. Attali a raison de vouloir l’interdire, tout comme le ferait n’importe quel homme sage …Mais, nous oublions d’en donner la raison essentielle, qui est, que la substance vendue actuellement sous l’appellation tabac est tout sauf du tabac et là, oui, J.Attali a mille fois raison.
      Appelons ça contre bande, contre façon ou plus simplement crime contre l’humanité.

    2. @juan nessy

      Vous voulez un écho ? La pipe est également mauvaise pour la santé ! Ainsi que le cigare, même roulé sur les cuisses des tabatières andalouses ou cubaines.

      Option f, inventer une société sans marché et où les anciens trader & spéculateurs travailleront aux champs. Combiner l’absence de marché avec une économie dirigée.

      De toutes façons les solutions s’imposeront au fur et à mesure. Il n’y a pas autant de choix que vous semblez le croire….

      Comment gérer le mur de la banqueroute, et l’au delà de ce mur ? Car il y aura un lendemain.Il faudra une monnaie de substitution immédiate, puis réorganiser le travail, fabriquer sur place les choses nécessaires, etc. Voilà comment la banqueroute imposera une autre façon de vivre.

    3. Tiens, je vais m’en griller une petite accompagnée d’une vodka « Pour le meilleur des monde possible » tout en sachant qu’un homme mort – est un homme mort dans sa tête et dans son cœur.

      Et en plus une petite blague Russe peut amuser la galerie :

      Le maître et l’élève

      Y a-t-il quelque chose qui ait le moindre sens et qui soit capable de changer le cours des événements, aussi bien sur terre que dans les autres mondes ? ai-je demandé à mon maître.
      — Oui, bien sûr, m’a répondu mon maître.
      — Qu’est-ce donc ?
      — C’est…
      Soudain, mon maître s’est tu.
      Debout, plein d’attention, j’attendais sa réponse.
      Mais il continuait de se taire.
      Debout, je me taisais aussi.
      Il se taisait toujours.
      Debout, je me taisais.
      Il continuait de se taire.
      Tous les deux, debout, nous nous taisions.
      Oh là là !
      Nous nous taisions tous les deux.
      Oui, debout, nous nous taisions tous les deux !

      Daniil Kharms

    4. DSK ?

      Quelqun qui s’entoure de conseillers en communication (agence RSCG) pour préparer une candidature virtuelle, qui n’annonce aucun programme substantiel sinon celui appliqué par le FMI dont il est le président et que tout le monde connaît et a pu apprécier la teneur et la tournure, qui consulte le gratin de la science économique bien propre sur elle (Olivier Blanchard, Alain Cohen), peut-il être qualifié de social et démocrate ?

      Je réponds : ni social ni démocrate.
      Manque total de transparence ne serait-ce que sur ses intentions.
      Volonté d’utiliser les médias et les réseaux plutôt que de faire de la politique en suscitant un débat de société. N’a pas prévu la crise, celle-ci était purement conjoncturelle déclara-t-il de son poste de président du FMI en 2008. Néanmoins, étant donné ses relations privilégiées avec les tenants du système, a très vraisemblablement pensé que c’était une crise systémique mais alors ne l’a pas dit, tout comme l’a révélé dernièrement certaine conversation de grands argentiers datant de 2008 qui montrait que le diagnostic d’insolvabilité avait été fait dès le début par ceux-là même qui ensuite feraient payer les peuples la note salée laissée et toujours en « progrès » du système financier.

    5. à idle,

      Remarque fort pertinente à propos du tabac.
      Pourquoi ne pas l’étendre à tous les autres produits, alimentaires par exemple ?

  39. Les partis sociaux démocrates se sont laissés gangrené par le libéralisme, pratique du pouvoir oblige. En France depuis les années 1982-83 le pouvoir a fait un choix « pragmatique » puis très vite, sur cette pente douce, le véhicule du pouvoir a pris de la vitesse et a fait de la « crise » ses choux gras. Pour se maintenir au pouvoir, la gauche française a fait concurrence à la droite, libéralisant des pans entiers de l’économie et portée par ces petits succès, elle en a fait son fond de commerce. Deux personnages pour illustrer cette période, Tapie et sa case prison, Bérégovoy pour le remord, emblématique et sévère le remord.
    Cette stratégie consistant à chasser sur les terres de la partie adverse étant politiquement payante au niveau local fut transposée au plan européen. Et ainsi à vouloir faire mieux et plus fort que les libéraux nos zélées zélites de zauche fraîchement élues construisirent les bases de la chadokie.
    Lors du vote pour la Constitution européenne, plus libéral que moi tu meurs.
    Aujourd’hui que le marché politique se retourne… l’électeur se retrouve fort désarmé.

    1. Le peuple est stupide ? Possible , tant il est facile de la manipuler.

      Moi ce qui me rend surtout triste en ce moment, c’est Steevy il quitte Les Anges de la télé-réalité, heureusement d’ailleurs que la télé est là pour mieux nous montrer la réalité des choses du people,

      Et devant les premières émeutes de la faim sur terre, ils recherchent encore à mieux faire de l’audimat, ou pour d’autres dirigeants du monde à tripler davantage leurs bonus,

      Cela dépasse parfois mon propre entendement,

    2. Voilà une question qui me taraude tant la situation mondiale est effarante à tous les égards. N’y a-t-il pas lieu de penser que quelque part on cherche la provocation qui engendrerait les troubles sociaux qui eux justifieraient une répression implacable.
      Peut-être un peu de paranoïa de ma part, mais quand je vois ce que je vois, quand j’entends ce que j’entends…je pense ce que je pense(…)

    3. Bien vu, Béber. Comme d’hab.

      Fils, tu nous informes et cela est bon dans le sens où une (une seule) société vient de se faire mettre en examen pour « tromperie sur l’ « investissement » locatif avec déduction d’impôt de vue sur la mer.
      18 personnes ainsi que les plus grandes banques d’ « investissement » dans le logement sont mises en examen avec suivi judiciaire.

      A suivre.

  40. 1980

    C’est dans ce siècle que l’homme
    Qui avait le regard de l’homme
    Qui ne serait fait que de matière
    Leva sa main autoritaire

    Lourde comme un lingot d’or
    Comme cent ans de labeur et d’aurores
    Et la laissa tomber franc sur les têtes
    Comme la main d’une brute qui fait taire sa bête.

    Depuis, il y a ce silence sans fond
    Il n’y a plus ni mur, ni plancher, ni plafond.
    Devenus nombres parmi les nombres
    Les travailleurs ne font plus d’ombre.

  41. Merci Paul J. , pour cet article « presslib »
    En fait la « Social-démocratie » déplait souvent car, à l’opposé des attitudes populistes de droite comme de gauche, elle n’apporte pas de solutions toute prêtes: « simples, claires et fausses » comme le disait Menken, polémiste nord américain: « A tout problème il y a toujours une solution: simple, claire et fausse. »
    La social démocratie a un autre défaut, c’est qu’elle demande une implication de chacun d’entre nous. Ce que résumait très bien le slogan de John Fitzgerald Kennedy « Don’t ask what your country can do for you, ask what you can do for your country »
    Bien sur c’est moins porteur que le discours du chef d’état ou du candidat à la position de chef d’état qui annonce « Avec moi vous n’aurez plus de problèmes: j’ai des réponses à tout. »

    Le message sur la démocratie participative ne passe pas plus que celui sur la social démocratie : que le message vienne de droite comme de gauche. Chirac, que je n’aimais pas beaucoup, s’était fait taper sur les doigts après un discours du 14 juillet où il avait annoncé des initiatives liées à la démocratie participative: commentaires des journalistes et autres commentateurs politiques: « Chirac n’a parlé de rien ».
    Ségolène Royal a reçu le même accueil dans sa campagne présidentielle sur le même sujet de la démocratie participative: « Elle n’a rien à proposer ». Non, rien sauf de demander aux citoyens leurs avis sur des sujets importants les concernant.

    Qui ici a entendu parler de la « Méthode Ouverte de coordination (MOC) » qui fait parti des traités européens successifs depuis Maastricht et qui impose aux gouvernements des états membres de l’Union Européenne d’organiser des consultations régulières des membres de la société civile selon des procédures spécifiques, tenant compte de la représentativité des différentes associations qui forment cette société civile. De ces consultations sont sensés sortir des plans d’action nationaux dans les divers domaines sociaux: lutte contre la pauvreté, aide aux personnes handicapées, aux personnes âgées, aux personnes mal logées ou sans logement.
    Mais je n’ai jamais entendu un seul média parler de ce sujet, ni lu d’article dans la presse y faisant allusion.

    La société civile n’intéresse pas les médias, il n’y a pas assez de sang qui coule… On ne s’étonnera pas du manque d’engagement syndical, associatif ou politique un peu partout, sauf peut-être dans les pays Nordiques où le taux de syndicalisation est très fortement supérieur à celui des pays latins et en particulier à celui de la France.
    Sans ce genre d’engagement associatif, politique ou syndical il ne faut pas s’étonner que les décisions soient de plus en plus prises par des technocrates ou des bureaucrates.

    Petit exemple sans doute anodin: quand noue étions aux USA, où mon travail m’avait envoyé, nous avons été surpris mon épouse et moi d’apprendre que pour la dernière année de « high school » (équivalent de nos terminales), les élèves devaient avoir un engagement social, que ce soit auprès d’associations caritatives, d’encadrement de clubs sportifs dans des quartiers défavorisés ou d’aide à des personnes âgées ou handicapées. Cela faisait partie de la formation et des exigences scolaires.
    Dans un CV aux USA il est bien vu d’indiquer qu’on a occupé des fonctions dans une association sans but lucratif. Vous me direz que cela n’est peut-être pas vraiment d’une importance capitale…

    La participation à des mouvements associatifs est pourtant un apprentissage de la démocratie, de la responsabilité et de l’art de négocier en s’impliquant dans le tissu social tout en réalisant que tout le monde n’a pas automatiquement les mêmes priorités (même au sein d’un modeste ski club comunal). Cela peut prendre la forme de comités de quartiers qui se préoccupent de la desserte de leur quartier par les transports publics, ou de l’organisation plus efficace du ramassage des ordures… Oui, je sais, ce n’est pas très glorieux… Mais si ce ne sont pas les citoyens qui soulèvent les problèmes, ce seront les technocrates et les bureaucrates qui prendront les décisions à leurs manières technocratiques et/ou bureaucratiques.

    Je suis désolé d’entendre dire les associations et les partis politiques « Ca ne sert à rien, c’est toujours du bla-bla-bla » qu’attendent ces personnes pour venir transformer ces discussions au sein d’associations de syndicats ou de sections locales de partis politiques en autre chose que du bla-bla-bla »?

    J’ai déjà parlé de mon engagement au niveau européen dans le domaine du handicap et de la défense des droits des personnes handicapées, engagement élargi auprès d’une organisation non gouvernementale la Plate-forme Sociale Européenne : qui regroupe 43 très grandes associations Européennes non gouvernementales du domaine social.

    Là aussi on peut penser que c’est du « Bla-bla-bla » mais qui va aller porter le fer contre des initiatives comme celle ci: Michel Barnier et toute la Commission européenne comptent faire de « l’acte pour le marché unique » une priorité politique : http://ec.europa.eu/internal_market/smact/index_fr.htm

    Ce texte a fait l’objet de propositions de contestations de la part des membres de la Plate-forme Sociale Européenne et l’objet d’autres propositions de soutien à certains articles.
    En effet, ce texte, est apparemment plein de bonnes intentions en certains endroits. Il est toutefois entaché d’une erreur fondamentale dès son début, puisqu’il postule que le marché arrivera à résoudre l’ensemble des problèmes économiques et sociaux qui se posent à l’Union Européenne. Plusieurs d’entre nous avons ouvertement critiqué au cours de cette réunion ce texte dans ses parties faisant référence à la toute puissance des marchés pendant que d’autres essayaient d’encourager les parties qui semblent porteuse de valeurs sociales et démocratiques, telle que la référence faite à l’article 11 du traité de Lisbonne qui prévoit la consultation régulière de la société civile par les instances nationales et par les instances européennes.

    C’est un peu cela la social démocratie : essayer de trier le bon grain de l’ivraie… Ne pas approuver ou rejeter en bloc des idées simplement en fonction de qui les a exprimées.

    Le texte de Michel Barnier est disponible pour toutes remarques, critiques ou propositions à l’adresse web indiquée précédemment… Ne vous privez pas de faire part de vos idées (ça serait sympa si vous m’enfaisiez également part, ça m’aiderait à appuyer nos remarques auprès de Michel Barnier et de la Commission Européenne plus généralement.

    C’est qu’il faut en réunir des forces pour lutter contre ceux que Joseph Stiglitz appelle les « fondamentalistes » du marché…

    Toutefois ce n’est déjà pas si mal que ce texte soit disponible aux critiques… On aimerait bien que les textes nationaux français ou dans les autres pays, soient aussi mis à la disposition des membres de la société civile dans chacun des pays de l’Union Européenne pour être commentés ou critiqués…

    Nos dirigeants nationaux ne semblent pas pressés de suivre cet exemple d’ouverture aux remarques, critiques et propositions.

    Autre sujet de discussions intense lors de ma dernière réunion à Bruxelles : la rédaction d’une lettre à la Commission Européenne, directement adressée à son président Monsieur Barroso, lui demandant de porter son budget social d’environ 17% actuels à 33% du budget européen, afin de pouvoir faire appliquer les critères sociaux et les droits fondamentaux inscrits au sein même du traité de Lisbonne. Il lui est demandé de se donner les moyens de faire pression sur les états membres pour qu’ils suivent les recommandations européennes dans ce domaine social : respectant ainsi le traité qu’ils ont signé. Nous suggérons que la commission européenne renforce ses actions, entre autre au moyen du fond européen de développement quand les états membres ne veulent pas suivre les obligations sociales inscrites dans le traité de Lisbonne…

    Je précise que la Plate-forme sociale est très écoutée car elle a progressivement acquis une réputation de sérieux, compte tenu du travail de fond fait sur chacun des textes que la Direction Générale Emploi et affaire Sociales de la Commissioneuropéenne lui a soumis pour consultation (La commission distribue des documents appelés « livres verts » à la société civile dont La plate-forme Sociale Européenne est un des pôles les plus actifs en Europe. Ces livres verts sont ensuite transformés en « livres blancs » avant d’être utilisés dans des directives européennes ou des propositions de lois auprès du parlement européen.
    On aimerait bien ici aussi que les gouvernements des états membres adoptent de telles méthodes de consultation directe de la société civile, représentée par son tissu associatif et syndical…
    C’est dans une perspective participative étendue de ce genre que j’approuve l’idée de social-démocratie.

    Paul

    1. La social démocratie a un autre défaut, c’est qu’elle demande une implication de chacun d’entre nous. Ce que résumait très bien le slogan de John Fitzgerald Kennedy « Don’t ask what your country can do for you, ask what you can do for your country »

      En gros, si ça va mal, c’est de votre faute, c’est que vous ne vous êtes pas assez impliqués. Ceci repose sur un intérêt individuel bien compris, valeur de droite par excellence. L’État ne peut rien pour vous, c’est vous qui pouvez. C’est une autre façon de dire ce que dit M. Friedman à propos de l’État qui doit se désengager de tout. Après la libre entreprise, le libre-engagement…
      Or moi j’estime que l’État me doit tout car il s’impose à moi dès ma naissance, me façonne et me conditionne afin que j’évolue dans son cadre, selon des objectifs pré- déterminés, même si je finis par me les approprier et crois qu’ils viennent de moi. Je suis contraint de suivre des règles décidées par d’autres et je serai punis en conséquence si je ne les respectes pas.
      Rien que pour ça, je devrais recevoir un toit, de quoi manger et m’habiller jusqu’à ma mort.

      C’est là le problème de la social-démocratie : elle extrait l’individu de son milieu social, comme s’il débarquait de nul part, le met seul face à lui-même, et s’il échoue, c’est de sa faute, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.
      La social-démocratie ou comment dire la même chose que la droite mais avec des mots différents, pour maintenir l’illusion de de la démocratie. On balance quelques miettes aux pauvres pour s’assurer un électorat tout en s’assurant qu’ils restent à bonne distance afin de conserver nos privilèges de classe.
      Seulement aujourd’hui l’illusion ne prends plus car à force de parler d’intérêt individuel, nous avons finis par comprendre que c’étaient leurs intérêts de classe bien compris que les cadres sociaux démocrates défendent. Ils sont issus pour l’essentiel des classes supérieures, le néolibéralisme leur apporte des avantages conséquents, qui fondraient comme neige au soleil s’ils s’attaquaient aux vrais problèmes.
      Rien que le nom social-démocratie, ça sent l’arnaque.

      La démocratie participative est une vaste fumisterie. C’est le principe des chaines auto-bloquantes : plus il y a de maillons, plus il y a d’intérêts divergents, voire contradictoires, moins il y a de chance d’appliquer quoi que ce soit, sauf la volonté de celui qui crie le plus fort.
      ET puis même, quand nous sommes conditionnés dès la petite enfance à n’être que des consommateurs avides, entretenus dans une frustration permanente, à la poursuite d’un objet toujours fuyant, que croyez vous que nous ayons à demander ? Quand une pub vise un individu en particulier d’une même famille en faisant passer les autres pour des cons (parents ringards, ados rebelles etc…) ? Qu’est ce qu’il a à dire celui-là ?

      Pour la société civile, je cite Alèssi Dell Umbria : http://www.article11.info/spip/Mexique-La-paranoia-et-la-terreur

      Dresser une vertueuse société civile contre un État corrompu est parfaitement idéaliste. La corruption est précisément ce qui lie les deux. Il suffit d’observer les élections pour s’en convaincre… La société civile est ce qui, dans les pays occidentaux, a remplacé les formes de vie communautaires, méthodiquement détruites par l’État et par l’hégémonie bourgeoise – en son temps, Marx, qui put observer cette transformation, définissait déjà la société civile comme la simple somme des intérêts privés. Ce qu’on appelle l’américanisation n’est rien d’autre que cette transformation – il ne faut jamais oublier que les USA sont la vérité de l’Europe occidentale.

      Vous citez les USA en exemple, le plus grand cataclysme financier est parti de là bas…
      Et pour les indiens, à votre avis, vu qu’ils ne voulaient pas s’engager dans une voie tracée par d’autres, vous légitimez comment le fait qu’ils aient été massacrés ?
      Vous ne vous dites jamais que certains veulent vous faire jouer à un jeu dont vous avez le pressentiment qu’il est truqué ?

  42. Paru dans Marianne en 2009

    Que reprochez-vous à la gauche réformiste face à ce contexte inédit ?

    Daniel Bensaid. : De rester « en arrière de la main », autant en termes de pronostic qu’en termes de réponse. Entre ceux qui veulent sauver le capitalisme et ceux qui veulent le combattre, la ligne de partage est la question de la propriété, du droit à l’existence (au logement, au savoir) opposable au despotisme de marché. Si au NPA notre diagnostic est juste, nous n’assistons pas à une énième crise économique, mais aussi à une crise des solutions à la crise. Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes dans le cadre du capitalisme mondialisé réellement existant, je rigole doucement !

    Pourquoi ?

    D.B. : Mais parce que le keynésianisme suppose un espace économique homogène, avec un effet d’entraînement de la consommation sur la production. Dans une économie mondialisée et dans une Europe « vole au vent », un tel dispositif est inenvisageable. Si l’on pense, comme nous, que la crise sera plus grave et plus longue, il faut s’inscrire dans la durée pour reconstruire une gauche musclée et de combat. Tout indique que le PS, dans les mois et années qui viennent, va, quant à lui, s’enliser dans les opérations de type « parti démocrate » et finir avec les mêmes mésaventures endurées par Romano Prodi en Italie. Une fois encore, la politique du moindre mal risque de produire le pire.

  43. Cedric vous dites:
    « C’est là le problème de la social-démocratie : elle extrait l’individu de son milieu social, comme s’il débarquait de nul part, le met seul face à lui-même, et s’il échoue, c’est de sa faute, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même »

    Mon analyse disait exactement le contraire, je parlais d’un investissement personnel dans des actions collectives: associations, syndicats, partis politiques Toutes au moins à la base et localement extrêmement intégrées au tissu social, même si les appareils deviennent parfois lourds et opaques quand les organisations grossissent..

    L’engagement social c’est, au contraire de l’individualisme, penser que l’on appartient à un milieu social, penser et agir en sachant qu’on ne vit pas juste pour soi.

    Bien entendu loin de moi l’idée que l’état doit se désengager, mais il ne faut pas le laisser faire seul sinon, il ne faut pas se plaindre de sa technocratie et de sa bureaucratie…

    Bien cordialement.

    Paul

    1. N’est-ce pas le dilemme de fond entre « liens qui libèrent » et « liens qui emprisonnent »
      (par exemple dans la version de Jacques Généreux, dans « La Grande Régréssion »).

      Liens qui libèrent : ce que la famille, les amis, la commune apport à un individu pour qu’il avance sur son chemin vers une autonomie de ses choix de liens (pas une autonomie désincarnée)

      Liens qui emprisonnent : la famille d’immigré comme stigmate, la commune ou le département (9-3) d’appartenance comme stigmate, c’est à dire que le réseau des autres liens ghettoïse ou instrumentalise ce qui devient une communauté.

      Par ailleurs, j’espère avoir des échos sur le blog du passage d‘Emmanuel Todd à France Culture. Son approche « longue durée » se satisfaisait évidemment de la tournure des choses au Maghreb et en Egypte.

      Et il semble dire que le « protectionnisme européen » est une idée qu a nettement gagné di terrain depuis 2007, après ces années de manœuvres du gvt chinois…

    2. un investissement personnel

      terminologie de droite…

      L’engagement social c’est, au contraire de l’individualisme, penser que l’on appartient à un milieu social, penser et agir en sachant qu’on ne vit pas juste pour soi.

      A une époque, certes très lointaine, l’appartenance à un milieu social était quelque chose de « naturel », qui allait de soi, on ne se posait pas la question. L’histoire du néolibéralisme est l’histoire de la destruction systématique de ce sentiment d’appartenance à un milieu social, par la force ou par la propagande.
      La social-démocratie se propose de reconstruire ces anciennes formes de solidarité, mais dans le même temps les individus sont sans cesse placés en situation de compétition : pour trouver un emploi, un logement etc… Il faut savoir se vendre. Elle rationalise la solidarité.
      Le processus d’urbanisation même est un processus d’éradication des solidarités populaires. La social-démocratie telle que vous la définissez ne remet pas en question ce fonctionnement. Elle fait avec.

      Bien entendu loin de moi l’idée que l’état doit se désengager, mais il ne faut pas le laisser faire seul sinon, il ne faut pas se plaindre de sa technocratie et de sa bureaucratie…

      C’est ce que je dis, l’individu est contraint de s’engager, pas d’échappatoire possible. S’il veut vivre autrement, loin des querelles du pouvoir, et bien tant pis pour lui, qu’il subisse sans rien dire. Et puis vous l’avez dit vous-même, ça fait bien sur un CV (c’est très individualiste un CV), un engagement social.

      Imaginez une cours de récréation : des enfants jouent au foot par exemple, d’autres jouent à chat. Ceux qui jouent au foot obligent ceux qui jouent à chat à abandonner leur jeu afin de constituer deux équipes plus grandes. Et voilà ceux qui jouaient à chat contraints de jouer à un jeu auquel ils ne voulaient pas jouer au départ.
      Voilà ce que votre social-démocratie semble proposer : « mais si, tu vas voir, c’est bien le foot, on peut faire corps, on peut les battre », et l’enfant malheureux de répondre « mais ça ne m’intéresse pas le foot » et la social-démocratie de répondre « hé bien tant pis si tu perds »…

      Ce n’est pas l’État, la chose publique, le problème, c’est le pouvoir immense des multinationales, des intérêts privés, qui s’en est emparé. La social-démocratie obtient de temps à autres des petites victoires en contraignant les multinationales à distribuer quelques miettes pour calmer la colère populaire, mais elle ne remet pas en cause leur hégémonie.

      Pour conclure souvenez vous que les indiens d’Amérique vivaient en harmonie avec leur environnement. Ils chassaient juste ce dont ils avaient besoin, le reste du temps ils jouaient, ou se faisaient la guerre. Ils vivaient ainsi depuis des siècles. Les européens sont arrivés, ils ont dit, la fête est finie, cette terre nous appartient, vous allez à présent suivre nos règles. Ceux qui refusèrent furent massacrés, ceux qui signèrent les traités furent trahis puis parqués. Pour les survivants,l’alcool, le folklore, le jeu de l’envahisseur, contraint de s’engager dans une lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Et les sociaux-démocrates s’achètent à peu de frais une bonne conscience en les aidant dans leur lutte. Seulement le mal est fait, leur façon de vivre, l’harmonie qui les unissaient à leur environnement est à jamais perdue.
      Ils ont été contraint de jouer un jeu de dupes.
      Des exemples comme ça jalonnent l’histoire du capitalisme…

      Malheureusement pour moi je n’ai rien à proposer car ce jeu de la droite contre la gauche ne m’intéresse pas. L’image du bon flic et du mauvais flic dans les polars me vient à l’esprit : celui qui gifle et celui qui console, mais au final ils sont les deux faces d’une même pièce.

    3. @cedric76934,

      un investissement personnel

      terminologie de droite…

      Malheureusement pour moi je n’ai rien à proposer car ce jeu de la droite contre la gauche ne m’intéresse pas.

      Formidable!

  44. Magnifique et douloureux article.

    Mais le peuple n’attend plus rien de la sociale-démocratie, de l’escroquerie mitterando-fabiusienne et sa « réconciliation avec l’entreprise », de l’infamie blairo-schroderiste consistant à appliquer plus de friemanisme que Tatcher ou Reagan, à l’ignominie clintonnienne qui fit péter tous les verrous(glass-act, armées privées, etc…) , la sociale-démocratie n’a eu de cesse de ringardiser les citoyens sourcilleux , à les ringardiser au nom d’un mondialisme capitaliste en fait d’internationalisme fraternel.
    Comme le porc Brille-Babille de La Ferme Aux Animaux de G. Orwell, les sociales-démocraties ont travesties leurs propres valeur, de nuit, en douce sur la porte de la grange.
    « tous les animaux sont égaux » auquel on rajoute ‘mais certains le sont plus que d’autres »
    « quatre patte bien, deux pattes mal » qu’on traficote en « quatre pattes bien, deux pattes mieux ».
    Et qu’on fait bêler en coeur au militant et citoyen sous la garde vigilante des chiens intello-médiatiques.

    Les hierarques socia-démocrates ont exigé du citoyen qu’ils avaient la charge de conserver fraternels et intelligents, qu’il devienne moutonnier:
    « europe bieeeeeeeeeen, nation maaaaaaaal »
    « salaire bieeeeeeen, dividendes mieuuuuuuuux »
    « franchouille maaaaaal, anglo-saxon mieuuuuuuuuux ».

    La sociale démocratie est morte car elle a trahie, et elle a trahie au pire moment. Elle a vendu à l’esbrouffe les billets de la fête alors que les initiateurs la quittaient déjà.

    La sociale démocratie est morte, et avant qu’une meilleure idée ne ramène vertu, sans laquelle la république n’est rien, fraternité,équité et justice, il se passera du temps.

    Au Brésil, la sociale-démocratie a carrément abouti sa mutation, elle est passée dans l’opposition de droite….

  45. Les socialos façon social-démocratie sont mort parce qu’ils ont crus que l’on pouvait s’accommoder du système capitaliste à l’aménageant ici où là de quelques touches sociales pour dévier sa trajectoire. C’est aussi efficace que de vouloir envoyer des bombes sur les météorites qui nous menacent pour dévier leurs routes.
    Le système capitaliste financier est vicié dès le départ, car il met le capital et le gain comme objectif premier et unique et fait fi du bien de l’humanité.
    Aucun aménagement n’est possible avec, il faut repenser la société de fonds en comble…

  46. Quand le système financier international s’effondra à l’automne 2008, entraînant l’économie à sa suite, on s’attendit à un retour en force de la social-démocratie. Voilà tant d’années qu’elle attendait son tour et nombreux étaient ceux qui espéraient sa venue.

    Mais depuis une trentaine d’année la social-démocratie était partie prenante de ce néo-libéralisme mortifère. Les thèses de Milton Friedman n’ont pas été relayées que par Thatcher et Reagan, en France, comme ailleurs, la social-démocratie a pris sa part de l’infâme besogne.
    De Mitterrand à Jospin, de Maastricht au sommet de Barcelone, la social-démocratie a fait sienne le crédo libéral (privatisations de banques et de grandes entreprises type France télécom, libre échangisme, casse des services publics, baisse des impôts pour les plus riches, suppression des régulations financières……..), elle s’est vautrée dans le dogme du toujours moins d’état et l’autorégulation des marchés.
    Alors que fallait-il espérer de la social-démocratie ? Qu’elle se couche devant les marchés, comme Papandréou en Grèce ou Zapatero en Espagne, sous couvert du FMI et de l’OMC, ces deux organismes présidés par deux imminents membres de la social-démocratie française !

    Le communisme – dont les conservateurs de tout poil avaient toujours prétendu qu’il constituait son abominable vérité cachée – était mort, le capitalisme était désormais moribond : le moment était venu. Un grand vent d’enthousiasme social-démocrate se levait aux États-Unis : un candidat du parti démocrate au profil neuf était apparu, le pays appelait de ses vœux un second Franklin D. Roosevelt pour appliquer lui aussi un New Deal qui remettrait le pays sur ses rails, qui lui permettrait de renouer avec l’une de ses valeurs originelles : un pays sans aristocratie, une grande classe moyenne libérée des luttes de classes ancestrales.

    C’est oublier un peu vite qu’aux Etats-Unis les présidents ne sont que des hommes de paille, l’oligarchie et Wall Street jouent sur les deux tableaux, ils financent le candidat républicain et le candidat démocrate, et in fine ils attendent et exigent un retour sur investissement.

    Le désappointement fut à la mesure de l’espoir qui était né. Wall Street qui avait trahi l’idéal d’une société sans classes avait vacillé, une administration républicaine déboussolée glissait de jour en jour davantage – faute d’alternative – vers la social-démocratie. Enfin Obama vint, il rétablit Wall Street sur ses pieds et lui rendit les rênes du pouvoir qui avaient manqué lui échapper de très peu. Les électeurs d’Obama en sont encore sonnés. Il ne restait qu’un seul endroit pour une opposition déterminée à la restauration qui avait eu lieu : le populisme libertarien du Tea Party.

    Les adorateurs d’Obama ont été bien naïfs…..

    Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

    Dommage que le peuple de la social-démocratie soit si mal récompensé de sa clairvoyance.

    En Europe aussi, le silence de la social-démocratie fut assourdissant. Des partis socialistes dont on attendait un sursaut n’émergèrent que des querelles entre candidats interchangeables, faute d’un quelconque programme. La raison en était simple : on attendait du corps endormi de la social-démocratie qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il fallut bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs.

    Difficile pour la gauche caviar de changer de cap, surtout lorsqu’elle a son strapontin dans les meilleurs clubs de l’oligarchie du type « le siècle » et qu’elle mange à la table des puissants.

    Le projet de la social-démocratie est-il pour autant à jamais perdu ? Peut-être pas. Depuis trois ou quatre ans, nous avons pris l’habitude en Occident d’attendre, pareils à des enfants geignards, que nos parents résolvent tous les problèmes pour nous. « La Chine, dit-on d’un air entendu, rachètera bien toutes nos entreprises en difficulté ! ». Ce qui est vrai : c’est en train de se passer à côté de chez vous. Elle soutient le dollar à bout de bras, et pour faire bonne mesure, l’euro aussi. Elle a déjà sauvé la Grèce, elle aide activement aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, et sauvera bien tout le monde, le moment venu. « C’est son intérêt bien compris ! », ajoute-t-on du même air entendu. Vous aimez la social-démocratie ? C’est très simple : un peu de patience, un jour ou l’autre, la Chine finira bien par l’inventer pour nous.

    DSK et les Thinks Tank de la social-démocratie vont nous arranger tout ça, si Sarko échoue à se succéder à lui-même la ploutocratie a un plan B.
    Mais on peut aussi changer de cheval si on n’a pas confiance (pour moi ce sera Front de Gauche).

    1. Vous semblez identifier un certain nombre de partis « socialistes » européens avec la social-démocratie. La démarche est inattendue – en particulier vu les faits que vous mentionnez. Quel lien voyez-vous entre les deux ?

    2. @ Paul Jorion

      Tous les partis « socialistes » européens s’identifient eux-mêmes à la social démocratie et ils se réclament tous de la social-démocratie..
      http://www.mediapart.fr/journal/international/290608/les-quatre-crises-de-la-social-democratie-europeenne
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Social-d%C3%A9mocratie

      Le mot « socialisme » était même un gros mot il y a une dizaine d’année pour les partis socialistes européens, le mot « sociale-démocratie » était plus convenable (Jospin en 2002 : Mon programme n’est pas socialiste.)

  47. « Socialism works until you run out of others people money » Margaret Thatcher

    Il semblerait que ce soit chose faite, une fois encore.

  48. 1612 ?
    C’est le titre d’un film que j’ai vu avant hier soir, produit en Russie par Nikita Mikhalkov,
    Nikita c’est « Le Nôtre parmi les autres » son 1er long métrage en 1974…en ce temps là, le film « 1612 » n’aurait pas vu le jour…personne n’aurait eu l’idée d’un tel film.
    « 1612 » ce sont les prolégomènes de la saga des Romanov. On y voit un Pape comploter pour introduire le catholicisme en Russie, un pope stylite visionnaire du destin de la Russie, un serf ou esclave devenir le premier des Romanov. Et les polonais et lituaniens à Moscou…
    Difficile de regarder ça sans conclure qu’une contre-révolution s’est produite avec la dissolution de l’URSS, et qu’une nouvelle (?) idéologie est à transmettre.
    Après ce film je lis un émail d’une copine québécoise (ex-mao dans les 70′) qui revenait de 3 semaines à Cuba qu’elle n’avait pas revu depuis 83. Ils n’ont toujours pas de savon m’écrit-elle. Je ne suis jamais allé à Cuba mais une bonne douzaine de témoignages depuis 30 ans me répète que le savon manque à Cuba : pas le savoir, la culture, pas la santé, mais le savon et la liberté de se plaindre du manque de…savons entre autres.
    La sociale-démocratie, dans mon souvenir, c’était la troisième voie, comme il y a le troisième œil, alors il y avait des troisièmes voix qui ne votaient ni pour le capitalisme, ni pour le socialisme mais pour ce qu’on leur présentait comme la savante alchimie des deux, le juste dosage des intérêts du capital et des intérêts du travail.
    Je n’ai jamais saisi le sens d’un tel dosage sinon banquale. Si un blogueur pédagogue veut essayer…
    Notre président a sa pharma-copé : Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés intéressés et participatifs et un tiers à l’entreprise investissante. Les 3 X 8 pour les 3 X tiers.
    Le projet social-démocrate a fonctionné d’abord via le refus sous la forme d’un déni de l’expérience de 1917 (cf. le congrès de Tours) ensuite après la WW2 et la pression
    de ses effets, sous la forme d’un compromis de classe dit guerre froide… de classe (en Europe).

    Un projet reste un projet tant qu’il n’est pas enterré par une réalisation qui le rend d’évidence caduc. Il ne manque pas de médecins pour se prononcer sur l’état de santé de toutes sortes de projets à Davos ou ailleurs, avec pilules amères et savoir suppositoires de circonstances.

    Une petite minorité à l’échelle mondiale espère conserver Ad Vitam Aeternam ce qu’elle sait et s’est accaparée partout depuis que l’écriture existe. En quoi est-ce l’intérêt général, et en quoi un compromis sur le niveau d’accaparement serait-il raisonnable ? À l’échelle d’individus ? de familles ? de clans ? de tribus ? de nations ? Avec quel droit ? de quel droit ?

    1. Pouvez-vous préciser votre pensée Paul ? Je suis curieux que vous vous intéressiez à ce genre de propos puisque ces blogeurs du journal Les Affaires sont avant tout des spéculateurs et des investisseurs à la Bourse. La macroéconomie et l’analyse que vous faites de la crise, cela ne semble pas vraiment leur truc. Eux, ce qui les intéresse, c’est leur portefeuille d’actions.

      Je résume le texte de Paul Dontigny. Qu’y-a-t-il d’intéressant à dire que la crise est survenue parce que le capitalisme n’est pas allé assez loin ou que la crise est survenue à cause de trop d’étatisme ? Qu’y-a-t-il d’intéressant à parler de capitalisme sans évoquer les écarts de richesse, les cadeaux aux riches, la dérégulation, etc ?

      En fait, le gouvernement a tenté d’utiliser le système capitaliste (banques prêtent) pour effectuer leur intervention sans qu’elle n’ait l’air d’une intervention socialiste. Quand ils ont réalisé que les dérivés avaient créé un aussi grand problème (en 2008), ils ont agi en gouvernement socialiste et ont transféré les pertes et dettes des entités privées vers le gouvernement. Ainsi, récompensant ceux qui avaient failli dans leur entreprise d’un capitalisme sauvage causant d’énormes pertes au peuple, et pénalisant une deuxième fois le peuple en exigeant que celui-ci rembourse les coupables. Ils ont détruit le capitalisme qui prône la compétition et le fait que les indivudus et compagnies peuvent s’enrichir en prenant des risques mais doivent perdre lorsque ces risques se réalisent. Le gouvernement a modifié cette équation qui est l’essence du capitalisme et il donc agi de façon socialiste ou autre.

      Dans ce paragraphe, on y apprend que prêter aux banques, c’est agir en gouvernement socialiste et que le vrai capitalisme aurait été de laisser le système s’effondrer. En disant ça, il évite toutes les critiques possibles envers le capitalisme et c’est ce que beaucoup de think tank de droite essaient ici en Amérique du nord de faire avaler aux gens. Ils disent : « Vous voyez, c’est parce que le capitalisme n’a pas été jusqu’au bout que l’on arrive à la situation actuelle où le gouvernement régit toute votre vie et a aidé les banques. » Par socialisme, on entend aussi pour eux toutes les formes d’état providence qui ont creusé les dettes publiques, etc. C’est exactement le discours de Sarah Palin. Faut pas inverser les rôles, quand même. Et les origines de la crise ?
      Elles viennent de trop de socialisme ?

    2. Je ne sais pas si c’est départager ou conforter les deux Paul , mais ma réponse personnelle c’est que les embrouilles viennent de  » pas assez de peuple  »

      De Démocratie .

      Et de citoyens responsables .

  49. Cédric dit : « ça fait bien sur un CV (c’est très individualiste un CV), un engagement social. »

    Cela dépend des pays et des entreprises.
    En France mettre sur son CV qu’on est actif dans une association est le plus souvent mal vu, presqu’aussi mal vu que de dire qu’on est membre d’un syndicat. La direction du personnel suspecte un possible « emmerdeur »…

    Pour ce qui est du tissu social tué par la social démocratie, c’est vraiment très différent d’un endroit à l’autre. Même dans les grandes villes cela varie d’un quartier à l’autre.
    Mais là aussi il y va souvent d’un ensemble de comportements individuels plus ou moins aptes à prendre « l’autre » en considération, quel que soit cet « autre », jeune, vieux, handicapé étranger, apparemment socialement favorisé ou défavorisé…

    Participer au milieu social peut simplement vouloir dire être dans un petit club sans prétentions comme celui où je suis : Le club des « Amis du Haut de Cagnes », Vieux village de la commune de Cagnes sur Mer: Les membres s’y retrouvent souvent autour d’un repas convivial à prix plus que raisonable (le cuisto est un des membres du club et le service est assuré par les membres eux mêmes. Parmi les membres il y a des ouvriers de la ville, des ouvriers ou employés actifs ou retraités, des cadres de petites et moyennes entreprises, un médecin, un architecte, des petits commerçants, j’arrête ici ma liste…) Des habitants locaux, d’autres « étrangers » : anglais, italiens, danois, suédois, espagnols, africains et même des parisiens 🙂 (humour bien entendu)
    Dans beaucoup de mouvements associatifs on retrouve cette mixité, au moins au niveau local. Les circonstances ont fait que je me suis impliqué dans le mouvement de défense des droits des personnes handicapées, où j’ai trouvé de très nombreuses personnes, venues de tous les milieux sociaux, qui n’avaient pas d’intérêt individuels à leurs participations à ces activités associatives.
    J’habite dans un quartier avec une population là aussi très diversifiée, et cela par choix, à peu près la même composition sociologique que celle du club cité auparavant. (je voulais que mes enfants vivent dans un milieu diversifié, tout comme mes parents, petits commerçants, m’avaient mis à l’école publique du quartier et inscrit en colonie de vacance dans celle de la commune, pour que j’y apprenne à vivre en groupe avec des enfants de tous les milieux.

    Au niveau national la convivialité dans les associations est un peu moindre, en revanche au niveau européen on retrouve un niveau de convivialité très fort, peut-être est-ce dû au fait que tenant compte des différences de langue maternelle: on ne parle en général pas dans sa propre langue : les langues acceptées au niveau des associations sont le français ou l’anglais (les associations n’ont pas les moyens de payer 27 traducteurs lors des réunions.) donc on fait attention d’avoir bien compris ce que l’autre veut dire, et que l’autre a bien compris ce que nous voulions dire, avant de commencer à s’énerver… On devrait appliquer ce genre d’attitude même entre gens de même langue maternelle, car comme cela avait déjà été signalé sur ce blog, le langage a souvent du mal à faire passer des concepts d’une personne à une autre car ces concepts sont colorés par les expériences personnelles souvent très différentes, ce qui fait que même quand on parle d’un concept simple comme celui d’une maison, peut venir à l’esprit de l’un ou de l’autre une maison particulière qui a fortement marqué la mémoire de chacun.
    C’est pour cela que j’ai fait une petite digression à propos de mes activités associatives ou de mon lieu d’habitation.

    Vous dites aussi :
    « La démocratie participative est une vaste fumisterie. C’est le principe des chaines auto-bloquantes : plus il y a de maillons, plus il y a d’intérêts divergents, voire contradictoires, moins il y a de chance d’appliquer quoi que ce soit, sauf la volonté de celui qui crie le plus fort. »
    Cela est d’autant plus vrai que les personnes qui participent n’ont pas l’expérience de la vie associative le plus tôt possible dans leur vie, de manière à apprendre à respecter l’autre, l’écouter, puis lui répondre calmement, en essayant de bien se faire comprendre. Accepter que l’autre et les autres puissent avoir des idées différentes des nôtres… Apprendre à participer au fonctionnement des activités du groupe. J’ai souvent remarqué qu’il était assez facile de repérer, lors de soirées de divertissements en groupe, les personnes qui avaient eu cette chance d’aller en colonie de vacance ou dans des camps d’éclaireurs ou de scouts : il n’y a qu’a voir celles et ceux qui donnent naturellement un coup de main pendant la soirée et surtout à la fin de la soirée.

    Cela va faire 50 ans que je participe à des activités associatives en prenant en compte ma participation active au ski scolaire comme élève puis comme instructeur bénévole dès que j’avais pu apprendre assez de technique de ski moi-même, pour pouvoir expliquer aux plus jeunes les bases du ski (j’ai pris l’exemple du ski car nous avons des stations très proches de la Méditerranée, ce qui permet donc des sorties au ski très abordable pour le ski scolaire) Mais un jeune footballeur peut faire de même avec les nouveaux venus dans le club… Depuis je n’ai pratiquement jamais arrêté mes activités associatives dans des domaines très différents. Ca n’a pas toujours été un grand succès, mais au moins j’aurai essayé…
    Bien sur, j’ai souvent rencontré des aquoibonismes sur mon chemin me disant ça ne sert à rien tout ça… J’ai même eu parfois des moments de désespoir ou au moins de grande fatigue…

    A ceux qui ne connaissent pas je recommande la chanson d’Anne Sylvestre :
    J’aime les gens qui doutent :
    http://fr.lyrics-copy.com/anne-sylvestre/les-gens-qui-doutent.htm

    Les gens « qui savent mieux que les autres un peu sur tout » m’inquiètent, surtout en politique ou en matière sociale et même en matière économique.

    Il me semble cependant que la Social démocratie telle qu’on la connaît en Europe aurait encore pas mal de progrès à faire mais je la préfère au totalitarisme du tout marché ou à celui du tout état.
    Dans le tout marché les décisions de productions de biens et services sont prises en fonction des besoins solvables et encore, pas tellement bien que ça… laissant de côté les besoins non solvables. On peut ainsi voir une femme prête à accoucher et ayant perdu les eaux être refusée à l’entrée de plusieurs hôpitaux aux USA car elle n’a pas l’assurance santé pour couvrir les frais d’accouchement et pas l’argent pour régler la note…
    Dans le tout état, des technocrates décident quelles sont les productions de biens et services dont ces technocrates pensent que « le peuple » a besoin…

    Comment s’assurer que tous les besoins soient pris en compte de manière satisfaisante pour tous, pas seulement pour ceux qui peuvent se le payer (économie de marché) ou selon les préjugés des technocrates qui décident à la place du peuple (planification étatique), et toutefois en utilisant pour le mieux, sans gaspillages, les ressources naturelles et humaines nécessaires à la production et à la distribution de ces biens et services

    En attendant de trouver une solution à ce véritable problème d’adéquation de la mise à disposition de biens et services et de la production et la distribution de ces biens et services,
    la social démocratie, bien qu’entachée de graves défauts dans sa forme présente, me semble être un moindre mal dont il serait peut-être possible d’améliorer les modes de fonctionnement défaillant en l’état actuel…

    Pour finir vous citez l’exemple des indiens d’Amérique du Nord que le capitalisme a déracinés. Même si le capitalisme a eu sa part dans cette catastrophe, rappelez vous que les pionniers pensaient avoir Dieu à leurs côtés (Belle chanson de Bob Dilan (God on our side) très bien traduite par Hugues Aufray, à mon avis un des meilleurs traducteurs de Bob Dilan) On lira avec attention les paroles de la chanson ici http://www.musikiwi.com/paroles/hugues-aufray-dieu,est-nos-cotes,21014.html
    On peut également citer dans le même ordre d’idées, les tribus Toungouses ou Mongoles et autres peuplades autochtones de Sibérie, de la Mongolie ou de l’Oural, dont l’industrialisation soviétique avait requis la participation au grands projets de l’URSS, les communistes interdisant eux aussi pour des raisons idéologique autres que religieuses : rationalisme et matérialisme, les pratiques coutumières, les religions locales et le chamanisme, entrainant ces belles sociétés du Nord et du centre de l’Asie dans un phénomène d’acculturation non moins horrible que celui pratiqué sur les indiens d’Amérique par les pionniers nord américains au nom du christianisme, avant même que le capitalisme prenne la forme de capitalisme industriel qui a malheureusement aggravé par la suite le phénomène d’acculturation par sa forme d’économie liée à la compétition et à l’accumulation de capital, notions qui n’avaient pas de sens pour les tribus indiennes, ou du moins un sens très différent de celui des colons européens.

    Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’industrialisation soviétique a parachevé l’acculturation des peuplades de l’Asie centrale et de l’Asie du Nord.

    Le poète Jean Ferrat a lui aussi très bien exprimé le dilemme « entre tout marché et tout état » dans sa chanson « Dans la jungle ou dans le zoo »
    http://www.paroles2chansons.com/paroles-jean-ferrat/paroles-dans-la-jungle-ou-dans-le-zoo.html

    N’attendant rien de la jungle ni du zoo, j’ai la faiblesse de croire, car ce n’est qu’une croyance, qu’il est encore possible aux hommes de refonder une démocratie sociale sur de nouvelles bases, sinon, si je n’avais pas un peu confiance dans l’humanité je ne serais pas en train d’écrire ce message.
    On lira avec intérêt dès qu’il sera traduit de l’anglais, le livre de Jeremy Rifkin : « l’ère de l’empathie »

    Cordialement

    Paul

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