SOCIAL-DEMOCRATIE : LE RAPPORT DU MEDECIN-LEGISTE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand le système financier international s’effondra à l’automne 2008, entraînant l’économie à sa suite, on s’attendit à un retour en force de la social-démocratie. Voilà tant d’années qu’elle attendait son tour et nombreux étaient ceux qui espéraient sa venue. Le communisme – dont les conservateurs de tout poil avaient toujours prétendu qu’il constituait son abominable vérité cachée – était mort, le capitalisme était désormais moribond : le moment était venu. Un grand vent d’enthousiasme social-démocrate se levait aux États-Unis : un candidat du parti démocrate au profil neuf était apparu, le pays appelait de ses vœux un second Franklin D. Roosevelt pour appliquer lui aussi un New Deal qui remettrait le pays sur ses rails, qui lui permettrait de renouer avec l’une de ses valeurs originelles : un pays sans aristocratie, une grande classe moyenne libérée des luttes de classes ancestrales.

Le désappointement fut à la mesure de l’espoir qui était né. Wall Street qui avait trahi l’idéal d’une société sans classes avait vacillé, une administration républicaine déboussolée glissait de jour en jour davantage – faute d’alternative – vers la social-démocratie. Enfin Obama vint, il rétablit Wall Street sur ses pieds et lui rendit les rênes du pouvoir qui avaient manqué lui échapper de très peu. Les électeurs d’Obama en sont encore sonnés. Il ne restait qu’un seul endroit pour une opposition déterminée à la restauration qui avait eu lieu : le populisme libertarien du Tea Party.

Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

En Europe aussi, le silence de la social-démocratie fut assourdissant. Des partis socialistes dont on attendait un sursaut n’émergèrent que des querelles entre candidats interchangeables, faute d’un quelconque programme. La raison en était simple : on attendait du corps endormi de la social-démocratie qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il fallut bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs.

Le projet de la social-démocratie est-il pour autant à jamais perdu ? Peut-être pas. Depuis trois ou quatre ans, nous avons pris l’habitude en Occident d’attendre, pareils à des enfants geignards, que nos parents résolvent tous les problèmes pour nous. « La Chine, dit-on d’un air entendu, rachètera bien toutes nos entreprises en difficulté ! ». Ce qui est vrai : c’est en train de se passer à côté de chez vous. Elle soutient le dollar à bout de bras, et pour faire bonne mesure, l’euro aussi. Elle a déjà sauvé la Grèce, elle aide activement aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, et sauvera bien tout le monde, le moment venu. « C’est son intérêt bien compris ! », ajoute-t-on du même air entendu. Vous aimez la social-démocratie ? C’est très simple : un peu de patience, un jour ou l’autre, la Chine finira bien par l’inventer pour nous.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction sur un support numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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176 réponses à “SOCIAL-DEMOCRATIE : LE RAPPORT DU MEDECIN-LEGISTE

  1. Avatar de Germanicus

    La social-démocratie n’est plus ce qu’elle était, et je crois c’est définitif. Les raisons pour son agonie son multiples:
    ~ La social-démocratie allemande par exemple reposait sur le socialisme (ou capitalisme) rhénan des années 50 à 60. L’industrie avait besoin de la main-d’oeuvre pour produire et vendre en toute tranquilité, sans être obligé de gérer des conflits sociaux importants.
    Ce n’est plus le cas.
    ~ Les partis de gauche en Europe, exemple France et Allemagne (SPD et PS), sont infiltrés de courants néo-libéraux, ce qui provoque l’impression de dèsunion et querelles à l’intérieur des partis de gauche.
    Le SPD ainsi que le PS sont le produit des Trente Glorieuses, le temps où l’on pouvait encore distribuer des richesses, où le salarié avait encore un certain poids.
    Les temps ont radicalement changé, nous avons à faire aux phénomènes tels que « corporate governance », la fricomanie des actionnaires et investisseurs, la capitulation des états devant le tout-puissant capital, et cétera.
    La social-déomcratie n’existe plus, mais il faudra inventer quelque chose qui puisse la remplacer – d’urgence!

    1. Avatar de daniel

      Poursuivons votre raisonnement dans deux directions:

      L’ ‘extrême:
      La Liberté a déserté notre contrat social.
      Plus rien ne la ramènera.
      Nous aurons toujours plus de contrôle social, plus de caméra, plus d’interdiction etc…
      un exemple généralisable:
      Vous levant le matin, vous risquez de glisser sur la moquette et vous casser la hanche,
      blessure invalidante au possible.
      Donc , principe de précaution: ceux n’ayant pas l’obligation de se lever aux lueurs blèmes de l’aube resteront couchés.
      Les penseurs prévoyants cherchent autre chose, un remplaçant à l’activité et ils trouvent.
      Par exemple, consommer.

      L’absurde:
      Un observateur affuté donne son diagnostique:
      « Les partis de gauche en Europe, exemple France et Allemagne (SPD et PS), sont infiltrés de courants néo-libéraux, ce qui provoque l’impression de dèsunion et querelles à l’intérieur des partis de gauche.
      Le SPD ainsi que le PS sont le produit des Trente Glorieuses, le temps où l’on pouvait encore distribuer des richesses, où le salarié avait encore un certain poids. »

      Un autre, plus primitif, trouve que:
      « La basse finance nous ment, elle nous enfume, elle nous pilonne d’une idéologie vérolée,
      elle détruit nos sociétés, elle siphonne les comptes publics ( elle nous prend notre argent ),
      elle augmente le prix de tout ce qui lui fait ventre, elle salit culture, art, nature, intelligence et imagination,elle met tout à son service, elle corrompt les Hommes
      et la Nature. Elle en fait des larbins ou des complices,
      elle se croit au-dessus des lois et hors du bien commun ».

      Le fin observateur et le primitif ont connu ou ont eut connaissance des « 30 glorieuses »,
      Ils en savent la part de rêves et ils savent que les conditions ont changées.
      Mais, cette connaissance les prédispose à croire que « quelque chose d’autre est possible ».
      Il pensent que les causes du malheur actuel sont assez bien identifiées:
      la Finance débridée et la faiblesse des hommes.
      Ils savent qu’ils sont sans doute limités: leurs réflexions sont probablement trop proches du plancher des vaches.
      Mais il savent que lutter n’est pas vain et que cette lutte est prioritaire, préjudicielle de l’avenir.
      Ils savent qu’ils ne sont pas seuls; ils disposent d’alliés multiples et d’autres
      insoupçonnés dont par exemple la nature suicidaire de cette Finance.
      Ils savent qu’une Finance rénovée, tendant à être utile au bien public sera seulement un point de départ pour d’autres problèmes.
      Mais ils ne se découragent pas.

      Ce scénario est absurde, naturellement.

  2. Avatar de Papillon

    @ Alain A

    « Quant à l’écologie politique… Elle rejoindra donc la coquille vide social-démocrate »

    Oui. En début de ce XXIe siècle, le caviar est encore de bonne qualité. C’est le peuple qui le produit. Les verts qui le servent. Le P.S. qui se goinfre et le Front de gauche qui fait la vaisselle. La droite, elle, di-gère.

    Vive la révolution !

    P.S.: c’est complétement dingue les augmentations des prix là… Horreur ! STOOOP !

    1. Avatar de Charles A.

      En début de ce XXIe siècle, le caviar est encore de bonne qualité. C’est le peuple qui le produit. Les verts qui le servent. Le P.S. qui se goinfre et le Front de gauche qui fait la vaisselle. La droite, elle, di-gère.

      On ne peut mieux résumer la faillite des politiciens professionnels !

  3. Avatar de L'enfoiré

    Encore faut-il définir ce qu’on entend par social-démocratie.
    Elle est complètement différente de pays à pays.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Social-d%C3%A9mocratie
    Le socialisme à la française n’a rien à voir avec celui des pays de l’est.

  4. Avatar de Claude Animo

    Parler du « peuple du populisme toujours trop bête etc… » sans même définir ce que l’on appelle populisme, c’est à dire en y attribuant, par défaut, le sens que la vulgate dominante lui assigne pour servir ses intérêts, m’apparait tout simplement lapidaire et bougrement prétentieux.
    Le concept de populisme est un concept fourre-tout produit, au choix par la paresse intellectuelle, la mauvaise foi, le conformisme ou une rhétorique manipulatrice.
    Si c’est du racisme dont on veut parler, parlons de racisme.
    Si c’est d’anti-intellectualisme alors disons-le.
    S’il s’agit de la haine de la culture, stigmatisons cette tendance.
    S’il s’agit du rejet des autres, fustigeons cette attitude.
    Le mot populisme, dans la bouche de celui qui l’emploie de façon dépréciative, est en fait le vecteur d’épithètes psychologisantes et/ou psychiatrisantes qui se veulent irréfutables donc définitives.
    Parler « de la stupidité intrinsèque [du peuple populiste] » fut-il libertarian est un déni de raison.
    Avec un tel appareil critique et clivant, gageons que Wall Street et sa consubstantielle sociale démocratie, sauront, entre autre, en tirer un maximum de profits.

    1. Avatar de idle

      Merci Claude Animo pour cet éclairage sur le mot populisme…Ce qu’il contient…Et au final, a qui profite cette parure voir cette posture verbale sélective, d’où une « séparativité » et une exclusion d’un certain groupe…Qui reste néanmoins humain bien entendu…Enfin, nous le souhaitons.

    2. Avatar de AntoineY

      Tous ces intellectuels qui veulent la démocratie sans la vouloir m’ont l’air bien hypocrites.
      Je préfère de loin le point de vue Ancien, qui avait l’honnêteté de jouer carte sur table en étant fondamentalement hostile aux gouvernements démocratiques au non d’une aristocratie de l’intelligence/ de la vertu. A la limite le régime politique mixte romain posait également les cartes sur la table. Mais conserver la conception agrégative de la démocratie (la volonté du peuple c’est la somme algébrique de la volonté de chaque citoyen) tout en parlant de populisme, je trouve toujours ça très gonflé. Y a un côté je fais partie de l’élite mais j’aime le peuple… mais je fais partie de l’élite… mais j’aime pas le peuple… mais j’aime le peuple… quand il pense comme moi du moins…
      Après évidemment, si par démocratie on entend une certaine conception normative de la philia qui peut s’incarner dans telle ou telle procédure de décision collective, alors les choses sont différentes (et le populisme est alors une menace car il implique une conception de la politeia qui n’est pas celle qu’elle devrait-être, ce qui implique une guerre civile larvée). Mais dans ce cas il faut assumer que la démocratie n’est certainement pas le gouvernement du peuple au sens où on l’entend habituellement et qu’elle n’a du reste nulle vocation à l’être.

      Quant à la sociale démocratie, dès le départ elle est une trahison des idéaux démocratiques, quelle que soit la conception choisie, soit qu’au fond elle accorde plus de place à l’ordre socio-économique qu’à l’orde politique, faisant passer la catégorie du travailleur ou du professionnel avant celle du citoyen (!!), soit qu’elle ne s’intéresse qu’à la distribution, c’est à dire à la correction des injustice posteriori, injustices qui n’auraient jamais dû avoir lieu en première instance. De ce point de vue, les points de vue marxisant et libertariens lui sont tellement supérieurs en terme de cohérence tant interne que dans la conception de la justice (qu’on approuve ou pas) qu’on se demande bien quel intérêt celle-ci pourrait encore avoir. Si ce n’est d’être une machine à trahir les idéaux démocratiques.

    3. Avatar de Blandine Keller

      Bonjour Claude Animo,

      Je crois qu’il y a une coquille, et que Paul Jorion a écrit « pour amuser en haut lieu » et non « s’amuser en haut lieu, » ce qui ne voudrait rien dire. L’antiphrase est ainsi mieux perceptible.
      Jacques Rancière est de votre avis, et de celui de Paul aussi je pense. Son indignation tangible contre la prédation, la spoliation dont sont l’objet les plus faibles (par Cameron récemment par ex.) cadrerait mal avec un tel dénigrement du peuple. Il parle de ceux qui emploient le mot populisme, et déplore que la social-démocratie ait simplement abandonné le peuple à son sort, gardant les conquêtes révolutionnaires, la citoyenneté et la triade liberté égalité fraternité, pour un usage seulement discursif.

      http://www.liberation.frpolitiques/01012311198-non-le-peuple-n-est-pas-une-masse-brutale-et-ignorante

    4. Avatar de Claude Animo

      @Blandine Keller,

      N’étant ni Docteur es-Jorion, ni encore moins légiste, j’ai du mal à deviner les guillemets, à lire entre les lignes, à fouiller les inter-lignes, à détecter l’ironie, à surligner le sérieux et à stabiloter, pardonnez ce néologisme, le définitif.

  5. Avatar de Lisztfr

    Le site est surchargé ?

    Incidente philosophique de 16h 30…

    Je réfléchissais au concept d’interface. L’interface peut être passive, comme un abat-jour qui a une fonction filtrante, elle filtre donc la lumière entre l’ampoule et l’oeil, une membrane osmotique est également une interface, beaucoup de membranes du corps sont des interfaces actives, qui transforment, convertissent en même temps qu’elles mettent en relation. Un convertisseurs analogique-numérique est une interface, le clavier en est une, les barres de graphites que l’on descend dans les réacteurs, une paire de jumelles…

    Un outil est simplement une aide, on peut souvent remplacer le mot outil par « aide », un outil ne fait que décupler la force, il met en relation directe 2 choses tandis qu’une interface met en relation modérée, indirecte, 2 choses. A ce titre, la démocratie représentative est une interface entre la volonté du démos et l’action réelle qui en résulte. La volonté du peuple est déléguée, mise en attente, transformée, elle subit beaucoup d’aléas puis il en sort un résultat.

    Le langage est une interface, non un outil qu’on maitrise… le langage est l’interface entre les hommes, car l’expression est convertie en mots puis reconvertie en pensée… le langage a ses propres règles également, qui transforment l’intention initiale, -voilà pourquoi le langage n’est pas un simple « outil ». L’habitus, le principe non choisi de tous les choix, hommage à Bourdieu.

    L’on pourrait aussi insérer des interface modératrices, ou des barres de graphites virtuelles, dans sa propre perception des choses, pour évité d’être submergé directement par ce qui nous affecte …

    A ce titre, quel est l’interface entre le monde financier et l’économie, entre les marchés et l’économie ? faut-il réguler la finance ou la mettre à distance de l’économie à l’aide une sorte d’interface, que représente le HFT en terme de suppression d’interface..

    On constate justement que la démocratie est hautement modérée pour accéder au réel tandis que la finance accède directement au réel. On peut aussi considérer la culture au sens large, comme une immense interface entre soi et le monde…

    L’Interface, quelle est la portée du concept, par rapport à outil, et régulation ? Quand je constate la fréquence du phénomène, je ne puis m’empêcher de penser que ce qui fonctionne sans interface est dangereux. Une interface est une mise en relation modérée de 2 phénomènes. La cour de justice est l’interface entre le crime, délit, etc et la sanction…

    Le Sénat, ou le bicamérisme, est une interface minimaliste, entre l’Assemblée et ses décisions puisque la double lecture du texte doit permettre de temporiser, de revoir sa copie et de bien réfléchir….

    Bref la seule instance dispensée de tout intermédiaire est celle de la finance, des marchés, etc. réguler, interdire, ou modérer ? ou supprimer puisque c’est en réalité mon option.

  6. Avatar de Crapaud Rouge

    J’ai adoré « l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs. » : mais faut lui laisser le temps de se réincarner, monsieur Jorion, ça ne peut pas se faire en un jour ! 🙂

    1. Avatar de AntoineY

      Espérons surtout que ca n’arrivera jamais. Ce serait le pire service à nous rendre. Trouvons autre chose. Ce ne sont pas les alternatives qui manquent.

  7. Avatar de G.

    J’adore le coté « caustique » de cet article. Tout est si vrai dans ce qui y est dit…
    Mieux vaut en rire qu’en pleurer, c’est ce que je me dit souvent…

  8. Avatar de Olivier M.

    Les néo-libéraux et capitalistes de tout poils n’ont pas la même lecture des événements. Ici, au Canada (au Québec plus précisément), ils disent que c’est justement à cause de la sociale-démocratie et de l’État providence que nous nous sommes endettés et que nous avons vécu au-dessus de nos moyens; que c’est à cause d’une trop forte régulation que les acteurs économiques et le néolibéralisme n’ont pas pu s’exprimer pleinement depuis un demi-siècle.

    http://www.iedm.org/fr/34066-le-declin-de-la-gauche

    Ils ne parlent jamais des écarts de richesse grandissants et du capitalisme financier qui ont provoqué la crise que nous connaissons. Il faut le faire pour à ce point se déresponsabiliser et surtout pointer le socialisme comme source de tous les malheurs.

    http://www.lesaffaires.com/blogues/paul-dontigny/lisez-entre-les-lignes–obama-demande-aux-ceo-dinvestir-et-de-creer-des-emplois/524370
    .

    1. Avatar de Paul Jorion

      Le top 1%, au reste de la population : « Nous avons vécu au-dessus de VOS moyens ».

    2. Avatar de yvan

      Hhmm.. Logique.

      Il faut prendre « sur soi ». Ou à défaut, prendre sur les autres.
      Politique de psychologues.

    3. Avatar de rodolphe B

      « Socialisme source de tous nos maux… » on dirait du Madelin dans le texte. A la recherche du temps perdu…

      J avoue qu au départ le titre faisant référence au médecin « légiste « ,je pensais qu on se penchait sur le corps du délit et pas sur les « oh » a mettre sur les « i » du socialisme. 🙂

      Dominique A : »Immortel  »
      http://www.youtube.com/watch?v=w23I5aRnJK0&feature=youtube_gdata_player

    4. Avatar de n'importe qui a

      « Ces oiseaux de proie sont méchants; et celui qui est un oiseau de proie aussi peu que possible, voir tout le contraire, un agneau , celui-là ne serait-il pas bon?,,
      Et les aigles de leur répondre:
      « Nous ne leur en voulons pas du tout, à ces bons agneaux, nous les aimons même: rien
      n’est plus savoureux que la chair tendre d’un agneau. »
      -Exiger de la force qu’elle ne se manifeste pas comme telle, qu’elle ne soit pas une volonté de terrasser et d’assujettir, une soif d’ennemis, de résistance et de triomphes, c’est tout aussi insensé
      que d’exiger de la faiblesse qu’elle manifeste de la force.
      (Nietzsche, métaphore, La généalogie de la morale)

    5. Avatar de G.

      Et c’est là justement qu’il faut saisir la balle au bond: ne surtout pas transformer le débat en un « ils ont tort, nous avons raison. Ils sont responsables, pas nous! Leur modèle est la cause du problème, pas le nôtre! »

      Il est clair que le système financier et économique « libéral » précipite le monde vers l’abîme. Mais pour faire adopter par la majorité de la population un modèle social-démocrate, il faudra les convaincre: les convaincre que les « défauts » que soulignent les libéraux seront corrigés.

      Parmi ces « défauts » du modèle social-démocrate, on trouve entre autres:
      – Le gaspillage des fonds publics: comment éviter que les politiques n’utilisent les fonds de l’Etat pour leur propre intérêt, indirectement? Ou les utilisent tout simplement mal (mauvais gestionnaire?)
      – Le prétendument mauvais retour sur investissement: c’est à dire l’impression que pour une somme investie, les gens en retirent un service moindre. Typiquement l’image du fonctionnaire incompétent grassement payé à ne rien faire, et qu’on ne peut ni veut pas licencier…
      – La corruption: qui surveille les dirigeants?

      Nier ces problèmes, c’est justifier aux yeux du public le discours des libéraux. La guerre que nous menons est une guerre de communication…

    6. Avatar de Olivier M.

      Cette guerre de communication n’est effectivement pas facile à mener car les débats idéologiques ont souvent tendance à prendre le dessus. Comme les causes de la crise n’ont pas été clairement identifiées (tout au moins par les communs des mortels) ni les moyens d’en sortir (cf. les gesticulations des dirigeants de nos pays), ce n’est pas simple.

      Merci pour vos commentaires.

    7. Avatar de Jérémie

      Les néo-libéraux et capitalistes de tout poils n’ont pas la même lecture des événements. Ici,
      au Canada (au Québec plus précisément), ils disent que c’est justement à cause de la sociale-démocratie et de l’État providence que nous nous sommes endettés et que nous avons vécu au-dessus de nos moyens; que c’est à cause d’une trop forte régulation que les acteurs économiques et le néolibéralisme n’ont pas pu s’exprimer pleinement depuis un demi-siècle.

      Et oui une autre très belle idée reçue, tout le langage du monde est un peu comme ça, c’est pas moi c’est l’autre, évidemment à force le monde ne passe pas réellement à autre chose
      de moins dualiste, pas étonnant alors que le monde ne s’aime et ne se pardonne plus.

      Sans doute que les gens qui ne peuvent plus guère soutenir la croissance, pensent peut-être encore un peu à tort au-dessus de leurs moyens.

    8. Avatar de Pierrot du Québec

      @Olivier M.

      Consultez le blog de Jacques Brassard, ancien ministre péquiste pour constater jusqu’à quel point le néolibéralisme peut répandre les spores de tous les défauts qu’un homme puisse porter.

      Salutations d’un Québecois affligé.

    9. Avatar de EOLE

      @ Olivier M.

      A mon humble avis, la question est bien là: c’est à dire pas entre le capitalisme et le socialisme mais entre l’impôt redistribué (option de gauche) et la charge directe au particulier(option de droite).
      Dans les deux cas l’économie (éventuellement capitaliste) doit nourrir le même montant soit par l’impôt sur les activités et les revenus, soit sous forme de rémunérations, principalement des salaires. En définitive, l’option gauche/droite porte sur l’efficacité de la dépense et de l’investissement mieux contôlée par l’Etat ou au contraire par les particuliers. Toutes les nuances sont possibles entre ces deux extrêmes.

      La dérive du moment c’est que, d’une part, le capitalisme impose une réduction de sa quote part (impôts et/ou salaires) quand, d’autre part, les sociétés sont demandeuses de plus de ressources d’investissements et de dépenses collectifs. Ceci se traduit par des déficits budgétaires, les politiques ne sachant pas s’opposer à cette augmentation de la demande collective (Etat providence).
      Comme les particuliers voient se réduire (relativement) leurs revenus préhemptés par les capitalistes, ils doivent arbitrer leurs propres choix avec plus de pression et de difficultés.
      Ces arbitrages se traduisent par un sentiment de paupérisation qui va rapidement limiter la consommation au plus nécessaire et asphyxier les marchés de biens et de services affectant gravement l’économie et le capitalisme par simple ricochet…

  9. Avatar de daniel

    Social Démocratie et Keynes: un avis.

    Keynes a donné les outils économiques et financiers
    qui permettent une politique générale social-démocrate.
    Sa théorie trace un cadre s’adaptant à toutes les
    situations, sans rigidités. En ce sens, elle redonne à la volonté
    démocratique toute sa force.

    Ceux qui condamnent le kynésianisme le font
    à partir d’observations qui n’en sont qu’une pale copie,
    ou une copie dénaturée depuis plus de 30 ans.

  10. Avatar de Fab

    Le « social » est en trop, il redonde. La démocratie est directe, ou n’est pas. Ne pas participer à la gestion de l’Économie – le vivre-ensemble, l’organisation du groupe- c’est ne pas participer à la gestion de sa vie. C’est ne pas être conscient.

    Ça bouge !

  11. Avatar de Bertrand_M

    @Paul:

    Pourquoi cherchez-vous un renouveau dans le courant « social démocrate » ?
    Un Etat « libéral » limite ses pouvoirs régaliens à la justice, la défense du territoire, et au pouvoir de rendre la justice et accessoirement au droit d’émettre sa monnaie.
    – Alors, qu’est-ce qu’un Etat « social démocrate » ?
    C’est un Etat qui a ajouté à sa liste de droits régaliens un système de santé (même mince), une politique industrielle, un système de retraite (que cela soit par capitalisation ou répartition), des lobbys et des « fonctionnaires » pour promouvoir son commerce extérieur.

    En Europe, nous sommes déjà en social-démocratie : Un Etat qui légifère sur tous les domaines de la vie (sans aucune exception) mais qui en réalité ne peut rien pour nous. En d’autres termes et pour paraphraser Michéa : La sociale démocratie est le mouvement historique qui transforme en profondeur les sociétés modernes, elle est l’accomplissement logique (ou la vérité) du projet philosophique libéral. La sociale démocratie, son ‘marché’, ses lois, son le libéralisme réellement existant. Aussi bien pour son versant économiste (de droite) que pour sa culture (dont la défense est devenue la spécialité de la gauche contemporaine).

  12. Avatar de PAD

    @ Paul.J et Tous les Européens !

    Et si l’aristocratie américaine avait fabriqué Obama pour apaiser une grande classe moyenne et se permettait de nous fabriquer, notre prochain président, en la personne de DSK ?

    Un peu de patience ‘l’autre » -la Chine- le fera pour nous, peut-être demain ? Si toutefois les enfants geignards sont sages et surtout obéissants …

    Européens, dépourvus de matières premières, notre avenir démocratique réside dans notre créativité et notre courage !
    La Social-démocratie est morte vive l’Eco-social démocratie !

    Comment ? L’abandon du traité de Lisbonne au profit du traité Berlin-Paris !

    – L’abandon des représentations nationales au profit d’une Europe Fédérale.
    – Une taxe sur les énergies fossiles destinée à dégager des liquidités. Ces liquidités serviront au désendettement des états membres et à accompagner les activités économiques porteuses d’emplois durables.
    – Harmonisation sociale et fiscale.
    – La re-localisation des activités économiques.
    – Une agriculture ne mettant plus en péril biologique, les Peuples et les terres.
    – L’interdiction de spéculer sur les matières premières.

    Osons, car notre dépendance va devenir insupportable !

    1. Avatar de dissy

      Toute la bobocratie était en plein délire ce mercredi via ses médias habituels(nouvel obs, libé etc) suite à l’annonce d’Anne Sinclair (épouse de DSK) comme quoi son chéri ne se présenterait probablement pas pour un second mandat au FMI, tout simplement because la madame elle en a marre de Washington.Encore faut il que le dit chéri passe l’épreuve des primaires du PS…c’est tout sauf gagné….vu son extraordianaire ‘charisme’ et ses convictions très fmistes ..heuuu pardon socialistes.

  13. Avatar de juan nessy

    Il arrive à Jacques Attali de ne pas raconter que des bêtises tabagiques et je l’avais trouvé pariculièrement pertinent et éclairant quand , en 2004 , dans  » la voie humaine » , il évoquait les 4 grands destins entre lesquels la France ( mais pas qu’elle ) hésitait :

    a- se crisper sur elle même pour tenter d’échapper au monde
    b- s’inscrire dans la mondialisation et gagner la bataille contre la concurrence en réduisant au maximum ses coûts et en augmentant la précarité
    c- Mieux répartir la richesse en acceptant de prendre tous les risques de la société de marché
    d- inventer une nouvelle façon de vivre ensemble qui permette de combiner ce que le marché a de meilleur et ce que la démocratie apporte de plus fort .

    Autour de a – extrême droite et une partie de l’extrême gauche
    de b- les libéraux ( pouvoir actuellement en place )
    de c- sociaux démocrates de marché » , gauche maladroite qui ralliera les libéraux
    de d- une nouvelle voie , une voie humaine, pour une nouvelle sociale démocratie

    Tout ça pour dire qu’en vous lisant évoquer la sociale démocratie , je ne sais pas si vous parlez de c- ( tendance DSK ) ou d- ( et on cherche le ou la porte drapeau ) .

    A défaut de désigner des porte drapeaux , j’attendrais peut être de vous une première mise en forme de ce que devrait être les attributs de cette sociale démocratie du XXI ème siècle , remarque faite que je me suis toujours demabdé comment on pouvait être social sans être démocrate et réciproquement .

    Quelles vertus pour une démocratie vivifiée ?

    Au doigt mouillé :

    DUDH ,Liberté , Egalité , Fraternité , marché sous tutelle , interdiction des paris sur les fluctuations de prix , droits de la nature , accès universel au savoir , accès universel à la formation , un territoire privilègié ( Europe? avec la Russie ), RIP , Justice indépendante , presse indépendante , indépendance de la force armée ( niveau européen ?), débat « national » et plus si affinité sur les ervices publics et la gratuité …

    1. Avatar de idle

      Au passage J. Attali a mille fois raison de vouloir interdire le tabac…Il ne fait que prévenir les futurs maux à venir…Le tabac tel qu’il est vendu aujourd’hui est un poison mortel et en cela J. Attali a raison de vouloir l’interdire, tout comme le ferait n’importe quel homme sage …Mais, nous oublions d’en donner la raison essentielle, qui est, que la substance vendue actuellement sous l’appellation tabac est tout sauf du tabac et là, oui, J.Attali a mille fois raison.
      Appelons ça contre bande, contre façon ou plus simplement crime contre l’humanité.

    2. Avatar de juan nessy

      @idle :

      Pour ne rien vous cacher , j’aurais préféré un écho au reste de mon allusion à Attali .

    3. Avatar de Lisztfr

      @juan nessy

      Vous voulez un écho ? La pipe est également mauvaise pour la santé ! Ainsi que le cigare, même roulé sur les cuisses des tabatières andalouses ou cubaines.

      Option f, inventer une société sans marché et où les anciens trader & spéculateurs travailleront aux champs. Combiner l’absence de marché avec une économie dirigée.

      De toutes façons les solutions s’imposeront au fur et à mesure. Il n’y a pas autant de choix que vous semblez le croire….

      Comment gérer le mur de la banqueroute, et l’au delà de ce mur ? Car il y aura un lendemain.Il faudra une monnaie de substitution immédiate, puis réorganiser le travail, fabriquer sur place les choses nécessaires, etc. Voilà comment la banqueroute imposera une autre façon de vivre.

    4. Avatar de octobre

      Tiens, je vais m’en griller une petite accompagnée d’une vodka « Pour le meilleur des monde possible » tout en sachant qu’un homme mort – est un homme mort dans sa tête et dans son cœur.

      Et en plus une petite blague Russe peut amuser la galerie :

      Le maître et l’élève

      Y a-t-il quelque chose qui ait le moindre sens et qui soit capable de changer le cours des événements, aussi bien sur terre que dans les autres mondes ? ai-je demandé à mon maître.
      – Oui, bien sûr, m’a répondu mon maître.
      – Qu’est-ce donc ?
      – C’est…
      Soudain, mon maître s’est tu.
      Debout, plein d’attention, j’attendais sa réponse.
      Mais il continuait de se taire.
      Debout, je me taisais aussi.
      Il se taisait toujours.
      Debout, je me taisais.
      Il continuait de se taire.
      Tous les deux, debout, nous nous taisions.
      Oh là là !
      Nous nous taisions tous les deux.
      Oui, debout, nous nous taisions tous les deux !

      Daniil Kharms

    5. Avatar de Pierre-Yves D.

      DSK ?

      Quelqun qui s’entoure de conseillers en communication (agence RSCG) pour préparer une candidature virtuelle, qui n’annonce aucun programme substantiel sinon celui appliqué par le FMI dont il est le président et que tout le monde connaît et a pu apprécier la teneur et la tournure, qui consulte le gratin de la science économique bien propre sur elle (Olivier Blanchard, Alain Cohen), peut-il être qualifié de social et démocrate ?

      Je réponds : ni social ni démocrate.
      Manque total de transparence ne serait-ce que sur ses intentions.
      Volonté d’utiliser les médias et les réseaux plutôt que de faire de la politique en suscitant un débat de société. N’a pas prévu la crise, celle-ci était purement conjoncturelle déclara-t-il de son poste de président du FMI en 2008. Néanmoins, étant donné ses relations privilégiées avec les tenants du système, a très vraisemblablement pensé que c’était une crise systémique mais alors ne l’a pas dit, tout comme l’a révélé dernièrement certaine conversation de grands argentiers datant de 2008 qui montrait que le diagnostic d’insolvabilité avait été fait dès le début par ceux-là même qui ensuite feraient payer les peuples la note salée laissée et toujours en « progrès » du système financier.

    6. Avatar de Marlowe

      à idle,

      Remarque fort pertinente à propos du tabac.
      Pourquoi ne pas l’étendre à tous les autres produits, alimentaires par exemple ?

  14. Avatar de hervey

    Les partis sociaux démocrates se sont laissés gangrené par le libéralisme, pratique du pouvoir oblige. En France depuis les années 1982-83 le pouvoir a fait un choix « pragmatique » puis très vite, sur cette pente douce, le véhicule du pouvoir a pris de la vitesse et a fait de la « crise » ses choux gras. Pour se maintenir au pouvoir, la gauche française a fait concurrence à la droite, libéralisant des pans entiers de l’économie et portée par ces petits succès, elle en a fait son fond de commerce. Deux personnages pour illustrer cette période, Tapie et sa case prison, Bérégovoy pour le remord, emblématique et sévère le remord.
    Cette stratégie consistant à chasser sur les terres de la partie adverse étant politiquement payante au niveau local fut transposée au plan européen. Et ainsi à vouloir faire mieux et plus fort que les libéraux nos zélées zélites de zauche fraîchement élues construisirent les bases de la chadokie.
    Lors du vote pour la Constitution européenne, plus libéral que moi tu meurs.
    Aujourd’hui que le marché politique se retourne… l’électeur se retrouve fort désarmé.

  15. Avatar de béber le cancre

    Le peuple est stupide ? Possible , tant il est facile de la manipuler.
    Cependant, quand le peuple n’a plus d’issues, intelligent ou pas, il se révolte .

    En France , il est désormais interdit de se démerder.
    La prochaine étape sera violente ?
    Très certainement.
    http://blogs.mediapart.fr/blog/ivan-villa/260111/lea-et-tom-sont-condamnes-par-l-etat-devenir-des-sdf

    1. Avatar de Jérémie

      Le peuple est stupide ? Possible , tant il est facile de la manipuler.

      Moi ce qui me rend surtout triste en ce moment, c’est Steevy il quitte Les Anges de la télé-réalité, heureusement d’ailleurs que la télé est là pour mieux nous montrer la réalité des choses du people,

      Et devant les premières émeutes de la faim sur terre, ils recherchent encore à mieux faire de l’audimat, ou pour d’autres dirigeants du monde à tripler davantage leurs bonus,

      Cela dépasse parfois mon propre entendement,

    2. Avatar de Pierrot du Québec

      Voilà une question qui me taraude tant la situation mondiale est effarante à tous les égards. N’y a-t-il pas lieu de penser que quelque part on cherche la provocation qui engendrerait les troubles sociaux qui eux justifieraient une répression implacable.
      Peut-être un peu de paranoïa de ma part, mais quand je vois ce que je vois, quand j’entends ce que j’entends…je pense ce que je pense(…)

    3. Avatar de yvan

      Bien vu, Béber. Comme d’hab.

      Fils, tu nous informes et cela est bon dans le sens où une (une seule) société vient de se faire mettre en examen pour « tromperie sur l’ « investissement » locatif avec déduction d’impôt de vue sur la mer.
      18 personnes ainsi que les plus grandes banques d’ « investissement » dans le logement sont mises en examen avec suivi judiciaire.

      A suivre.

  16. Avatar de dissy

    Ce matin l’Irlande avait besoin de plusieurs dizaines de milliards en plus venant du FMI..ce soir subitement tout va bien madame la marquise DSK

    IMF says Irish plan ‘on target’.

    http://www.irishtimes.com/newspaper/breaking/2011/0209/breaking40.html

    1. Avatar de zébu

      Comme quoi, suffit de demander …
      🙂

  17. Avatar de Pierrot du Québec

    1980

    C’est dans ce siècle que l’homme
    Qui avait le regard de l’homme
    Qui ne serait fait que de matière
    Leva sa main autoritaire

    Lourde comme un lingot d’or
    Comme cent ans de labeur et d’aurores
    Et la laissa tomber franc sur les têtes
    Comme la main d’une brute qui fait taire sa bête.

    Depuis, il y a ce silence sans fond
    Il n’y a plus ni mur, ni plancher, ni plafond.
    Devenus nombres parmi les nombres
    Les travailleurs ne font plus d’ombre.

  18. Avatar de Paul TREHIN

    Merci Paul J. , pour cet article « presslib »
    En fait la « Social-démocratie » déplait souvent car, à l’opposé des attitudes populistes de droite comme de gauche, elle n’apporte pas de solutions toute prêtes: « simples, claires et fausses » comme le disait Menken, polémiste nord américain: « A tout problème il y a toujours une solution: simple, claire et fausse. »
    La social démocratie a un autre défaut, c’est qu’elle demande une implication de chacun d’entre nous. Ce que résumait très bien le slogan de John Fitzgerald Kennedy « Don’t ask what your country can do for you, ask what you can do for your country »
    Bien sur c’est moins porteur que le discours du chef d’état ou du candidat à la position de chef d’état qui annonce « Avec moi vous n’aurez plus de problèmes: j’ai des réponses à tout. »

    Le message sur la démocratie participative ne passe pas plus que celui sur la social démocratie : que le message vienne de droite comme de gauche. Chirac, que je n’aimais pas beaucoup, s’était fait taper sur les doigts après un discours du 14 juillet où il avait annoncé des initiatives liées à la démocratie participative: commentaires des journalistes et autres commentateurs politiques: « Chirac n’a parlé de rien ».
    Ségolène Royal a reçu le même accueil dans sa campagne présidentielle sur le même sujet de la démocratie participative: « Elle n’a rien à proposer ». Non, rien sauf de demander aux citoyens leurs avis sur des sujets importants les concernant.

    Qui ici a entendu parler de la « Méthode Ouverte de coordination (MOC) » qui fait parti des traités européens successifs depuis Maastricht et qui impose aux gouvernements des états membres de l’Union Européenne d’organiser des consultations régulières des membres de la société civile selon des procédures spécifiques, tenant compte de la représentativité des différentes associations qui forment cette société civile. De ces consultations sont sensés sortir des plans d’action nationaux dans les divers domaines sociaux: lutte contre la pauvreté, aide aux personnes handicapées, aux personnes âgées, aux personnes mal logées ou sans logement.
    Mais je n’ai jamais entendu un seul média parler de ce sujet, ni lu d’article dans la presse y faisant allusion.

    La société civile n’intéresse pas les médias, il n’y a pas assez de sang qui coule… On ne s’étonnera pas du manque d’engagement syndical, associatif ou politique un peu partout, sauf peut-être dans les pays Nordiques où le taux de syndicalisation est très fortement supérieur à celui des pays latins et en particulier à celui de la France.
    Sans ce genre d’engagement associatif, politique ou syndical il ne faut pas s’étonner que les décisions soient de plus en plus prises par des technocrates ou des bureaucrates.

    Petit exemple sans doute anodin: quand noue étions aux USA, où mon travail m’avait envoyé, nous avons été surpris mon épouse et moi d’apprendre que pour la dernière année de « high school » (équivalent de nos terminales), les élèves devaient avoir un engagement social, que ce soit auprès d’associations caritatives, d’encadrement de clubs sportifs dans des quartiers défavorisés ou d’aide à des personnes âgées ou handicapées. Cela faisait partie de la formation et des exigences scolaires.
    Dans un CV aux USA il est bien vu d’indiquer qu’on a occupé des fonctions dans une association sans but lucratif. Vous me direz que cela n’est peut-être pas vraiment d’une importance capitale…

    La participation à des mouvements associatifs est pourtant un apprentissage de la démocratie, de la responsabilité et de l’art de négocier en s’impliquant dans le tissu social tout en réalisant que tout le monde n’a pas automatiquement les mêmes priorités (même au sein d’un modeste ski club comunal). Cela peut prendre la forme de comités de quartiers qui se préoccupent de la desserte de leur quartier par les transports publics, ou de l’organisation plus efficace du ramassage des ordures… Oui, je sais, ce n’est pas très glorieux… Mais si ce ne sont pas les citoyens qui soulèvent les problèmes, ce seront les technocrates et les bureaucrates qui prendront les décisions à leurs manières technocratiques et/ou bureaucratiques.

    Je suis désolé d’entendre dire les associations et les partis politiques « Ca ne sert à rien, c’est toujours du bla-bla-bla » qu’attendent ces personnes pour venir transformer ces discussions au sein d’associations de syndicats ou de sections locales de partis politiques en autre chose que du bla-bla-bla »?

    J’ai déjà parlé de mon engagement au niveau européen dans le domaine du handicap et de la défense des droits des personnes handicapées, engagement élargi auprès d’une organisation non gouvernementale la Plate-forme Sociale Européenne : qui regroupe 43 très grandes associations Européennes non gouvernementales du domaine social.

    Là aussi on peut penser que c’est du « Bla-bla-bla » mais qui va aller porter le fer contre des initiatives comme celle ci: Michel Barnier et toute la Commission européenne comptent faire de « l’acte pour le marché unique » une priorité politique : http://ec.europa.eu/internal_market/smact/index_fr.htm

    Ce texte a fait l’objet de propositions de contestations de la part des membres de la Plate-forme Sociale Européenne et l’objet d’autres propositions de soutien à certains articles.
    En effet, ce texte, est apparemment plein de bonnes intentions en certains endroits. Il est toutefois entaché d’une erreur fondamentale dès son début, puisqu’il postule que le marché arrivera à résoudre l’ensemble des problèmes économiques et sociaux qui se posent à l’Union Européenne. Plusieurs d’entre nous avons ouvertement critiqué au cours de cette réunion ce texte dans ses parties faisant référence à la toute puissance des marchés pendant que d’autres essayaient d’encourager les parties qui semblent porteuse de valeurs sociales et démocratiques, telle que la référence faite à l’article 11 du traité de Lisbonne qui prévoit la consultation régulière de la société civile par les instances nationales et par les instances européennes.

    C’est un peu cela la social démocratie : essayer de trier le bon grain de l’ivraie… Ne pas approuver ou rejeter en bloc des idées simplement en fonction de qui les a exprimées.

    Le texte de Michel Barnier est disponible pour toutes remarques, critiques ou propositions à l’adresse web indiquée précédemment… Ne vous privez pas de faire part de vos idées (ça serait sympa si vous m’enfaisiez également part, ça m’aiderait à appuyer nos remarques auprès de Michel Barnier et de la Commission Européenne plus généralement.

    C’est qu’il faut en réunir des forces pour lutter contre ceux que Joseph Stiglitz appelle les « fondamentalistes » du marché…

    Toutefois ce n’est déjà pas si mal que ce texte soit disponible aux critiques… On aimerait bien que les textes nationaux français ou dans les autres pays, soient aussi mis à la disposition des membres de la société civile dans chacun des pays de l’Union Européenne pour être commentés ou critiqués…

    Nos dirigeants nationaux ne semblent pas pressés de suivre cet exemple d’ouverture aux remarques, critiques et propositions.

    Autre sujet de discussions intense lors de ma dernière réunion à Bruxelles : la rédaction d’une lettre à la Commission Européenne, directement adressée à son président Monsieur Barroso, lui demandant de porter son budget social d’environ 17% actuels à 33% du budget européen, afin de pouvoir faire appliquer les critères sociaux et les droits fondamentaux inscrits au sein même du traité de Lisbonne. Il lui est demandé de se donner les moyens de faire pression sur les états membres pour qu’ils suivent les recommandations européennes dans ce domaine social : respectant ainsi le traité qu’ils ont signé. Nous suggérons que la commission européenne renforce ses actions, entre autre au moyen du fond européen de développement quand les états membres ne veulent pas suivre les obligations sociales inscrites dans le traité de Lisbonne…

    Je précise que la Plate-forme sociale est très écoutée car elle a progressivement acquis une réputation de sérieux, compte tenu du travail de fond fait sur chacun des textes que la Direction Générale Emploi et affaire Sociales de la Commissioneuropéenne lui a soumis pour consultation (La commission distribue des documents appelés « livres verts » à la société civile dont La plate-forme Sociale Européenne est un des pôles les plus actifs en Europe. Ces livres verts sont ensuite transformés en « livres blancs » avant d’être utilisés dans des directives européennes ou des propositions de lois auprès du parlement européen.
    On aimerait bien ici aussi que les gouvernements des états membres adoptent de telles méthodes de consultation directe de la société civile, représentée par son tissu associatif et syndical…
    C’est dans une perspective participative étendue de ce genre que j’approuve l’idée de social-démocratie.

    Paul

    1. Avatar de cedric7693

      La social démocratie a un autre défaut, c’est qu’elle demande une implication de chacun d’entre nous. Ce que résumait très bien le slogan de John Fitzgerald Kennedy « Don’t ask what your country can do for you, ask what you can do for your country »

      En gros, si ça va mal, c’est de votre faute, c’est que vous ne vous êtes pas assez impliqués. Ceci repose sur un intérêt individuel bien compris, valeur de droite par excellence. L’État ne peut rien pour vous, c’est vous qui pouvez. C’est une autre façon de dire ce que dit M. Friedman à propos de l’État qui doit se désengager de tout. Après la libre entreprise, le libre-engagement…
      Or moi j’estime que l’État me doit tout car il s’impose à moi dès ma naissance, me façonne et me conditionne afin que j’évolue dans son cadre, selon des objectifs pré- déterminés, même si je finis par me les approprier et crois qu’ils viennent de moi. Je suis contraint de suivre des règles décidées par d’autres et je serai punis en conséquence si je ne les respectes pas.
      Rien que pour ça, je devrais recevoir un toit, de quoi manger et m’habiller jusqu’à ma mort.

      C’est là le problème de la social-démocratie : elle extrait l’individu de son milieu social, comme s’il débarquait de nul part, le met seul face à lui-même, et s’il échoue, c’est de sa faute, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.
      La social-démocratie ou comment dire la même chose que la droite mais avec des mots différents, pour maintenir l’illusion de de la démocratie. On balance quelques miettes aux pauvres pour s’assurer un électorat tout en s’assurant qu’ils restent à bonne distance afin de conserver nos privilèges de classe.
      Seulement aujourd’hui l’illusion ne prends plus car à force de parler d’intérêt individuel, nous avons finis par comprendre que c’étaient leurs intérêts de classe bien compris que les cadres sociaux démocrates défendent. Ils sont issus pour l’essentiel des classes supérieures, le néolibéralisme leur apporte des avantages conséquents, qui fondraient comme neige au soleil s’ils s’attaquaient aux vrais problèmes.
      Rien que le nom social-démocratie, ça sent l’arnaque.

      La démocratie participative est une vaste fumisterie. C’est le principe des chaines auto-bloquantes : plus il y a de maillons, plus il y a d’intérêts divergents, voire contradictoires, moins il y a de chance d’appliquer quoi que ce soit, sauf la volonté de celui qui crie le plus fort.
      ET puis même, quand nous sommes conditionnés dès la petite enfance à n’être que des consommateurs avides, entretenus dans une frustration permanente, à la poursuite d’un objet toujours fuyant, que croyez vous que nous ayons à demander ? Quand une pub vise un individu en particulier d’une même famille en faisant passer les autres pour des cons (parents ringards, ados rebelles etc…) ? Qu’est ce qu’il a à dire celui-là ?

      Pour la société civile, je cite Alèssi Dell Umbria : http://www.article11.info/spip/Mexique-La-paranoia-et-la-terreur

      Dresser une vertueuse société civile contre un État corrompu est parfaitement idéaliste. La corruption est précisément ce qui lie les deux. Il suffit d’observer les élections pour s’en convaincre… La société civile est ce qui, dans les pays occidentaux, a remplacé les formes de vie communautaires, méthodiquement détruites par l’État et par l’hégémonie bourgeoise – en son temps, Marx, qui put observer cette transformation, définissait déjà la société civile comme la simple somme des intérêts privés. Ce qu’on appelle l’américanisation n’est rien d’autre que cette transformation – il ne faut jamais oublier que les USA sont la vérité de l’Europe occidentale.

      Vous citez les USA en exemple, le plus grand cataclysme financier est parti de là bas…
      Et pour les indiens, à votre avis, vu qu’ils ne voulaient pas s’engager dans une voie tracée par d’autres, vous légitimez comment le fait qu’ils aient été massacrés ?
      Vous ne vous dites jamais que certains veulent vous faire jouer à un jeu dont vous avez le pressentiment qu’il est truqué ?

  19. Avatar de Charles A.

    Paru dans Marianne en 2009

    Que reprochez-vous à la gauche réformiste face à ce contexte inédit ?

    Daniel Bensaid. : De rester « en arrière de la main », autant en termes de pronostic qu’en termes de réponse. Entre ceux qui veulent sauver le capitalisme et ceux qui veulent le combattre, la ligne de partage est la question de la propriété, du droit à l’existence (au logement, au savoir) opposable au despotisme de marché. Si au NPA notre diagnostic est juste, nous n’assistons pas à une énième crise économique, mais aussi à une crise des solutions à la crise. Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes dans le cadre du capitalisme mondialisé réellement existant, je rigole doucement !

    Pourquoi ?

    D.B. : Mais parce que le keynésianisme suppose un espace économique homogène, avec un effet d’entraînement de la consommation sur la production. Dans une économie mondialisée et dans une Europe « vole au vent », un tel dispositif est inenvisageable. Si l’on pense, comme nous, que la crise sera plus grave et plus longue, il faut s’inscrire dans la durée pour reconstruire une gauche musclée et de combat. Tout indique que le PS, dans les mois et années qui viennent, va, quant à lui, s’enliser dans les opérations de type « parti démocrate » et finir avec les mêmes mésaventures endurées par Romano Prodi en Italie. Une fois encore, la politique du moindre mal risque de produire le pire.

  20. Avatar de Paul TREHIN

    Cedric vous dites:
    « C’est là le problème de la social-démocratie : elle extrait l’individu de son milieu social, comme s’il débarquait de nul part, le met seul face à lui-même, et s’il échoue, c’est de sa faute, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même »

    Mon analyse disait exactement le contraire, je parlais d’un investissement personnel dans des actions collectives: associations, syndicats, partis politiques Toutes au moins à la base et localement extrêmement intégrées au tissu social, même si les appareils deviennent parfois lourds et opaques quand les organisations grossissent..

    L’engagement social c’est, au contraire de l’individualisme, penser que l’on appartient à un milieu social, penser et agir en sachant qu’on ne vit pas juste pour soi.

    Bien entendu loin de moi l’idée que l’état doit se désengager, mais il ne faut pas le laisser faire seul sinon, il ne faut pas se plaindre de sa technocratie et de sa bureaucratie…

    Bien cordialement.

    Paul

    1. Avatar de timiota

      N’est-ce pas le dilemme de fond entre « liens qui libèrent » et « liens qui emprisonnent »
      (par exemple dans la version de Jacques Généreux, dans « La Grande Régréssion »).

      Liens qui libèrent : ce que la famille, les amis, la commune apport à un individu pour qu’il avance sur son chemin vers une autonomie de ses choix de liens (pas une autonomie désincarnée)

      Liens qui emprisonnent : la famille d’immigré comme stigmate, la commune ou le département (9-3) d’appartenance comme stigmate, c’est à dire que le réseau des autres liens ghettoïse ou instrumentalise ce qui devient une communauté.

      Par ailleurs, j’espère avoir des échos sur le blog du passage d‘Emmanuel Todd à France Culture. Son approche « longue durée » se satisfaisait évidemment de la tournure des choses au Maghreb et en Egypte.

      Et il semble dire que le « protectionnisme européen » est une idée qu a nettement gagné di terrain depuis 2007, après ces années de manœuvres du gvt chinois…

    2. Avatar de cedric7693

      un investissement personnel

      terminologie de droite…

      L’engagement social c’est, au contraire de l’individualisme, penser que l’on appartient à un milieu social, penser et agir en sachant qu’on ne vit pas juste pour soi.

      A une époque, certes très lointaine, l’appartenance à un milieu social était quelque chose de « naturel », qui allait de soi, on ne se posait pas la question. L’histoire du néolibéralisme est l’histoire de la destruction systématique de ce sentiment d’appartenance à un milieu social, par la force ou par la propagande.
      La social-démocratie se propose de reconstruire ces anciennes formes de solidarité, mais dans le même temps les individus sont sans cesse placés en situation de compétition : pour trouver un emploi, un logement etc… Il faut savoir se vendre. Elle rationalise la solidarité.
      Le processus d’urbanisation même est un processus d’éradication des solidarités populaires. La social-démocratie telle que vous la définissez ne remet pas en question ce fonctionnement. Elle fait avec.

      Bien entendu loin de moi l’idée que l’état doit se désengager, mais il ne faut pas le laisser faire seul sinon, il ne faut pas se plaindre de sa technocratie et de sa bureaucratie…

      C’est ce que je dis, l’individu est contraint de s’engager, pas d’échappatoire possible. S’il veut vivre autrement, loin des querelles du pouvoir, et bien tant pis pour lui, qu’il subisse sans rien dire. Et puis vous l’avez dit vous-même, ça fait bien sur un CV (c’est très individualiste un CV), un engagement social.

      Imaginez une cours de récréation : des enfants jouent au foot par exemple, d’autres jouent à chat. Ceux qui jouent au foot obligent ceux qui jouent à chat à abandonner leur jeu afin de constituer deux équipes plus grandes. Et voilà ceux qui jouaient à chat contraints de jouer à un jeu auquel ils ne voulaient pas jouer au départ.
      Voilà ce que votre social-démocratie semble proposer : « mais si, tu vas voir, c’est bien le foot, on peut faire corps, on peut les battre », et l’enfant malheureux de répondre « mais ça ne m’intéresse pas le foot » et la social-démocratie de répondre « hé bien tant pis si tu perds »…

      Ce n’est pas l’État, la chose publique, le problème, c’est le pouvoir immense des multinationales, des intérêts privés, qui s’en est emparé. La social-démocratie obtient de temps à autres des petites victoires en contraignant les multinationales à distribuer quelques miettes pour calmer la colère populaire, mais elle ne remet pas en cause leur hégémonie.

      Pour conclure souvenez vous que les indiens d’Amérique vivaient en harmonie avec leur environnement. Ils chassaient juste ce dont ils avaient besoin, le reste du temps ils jouaient, ou se faisaient la guerre. Ils vivaient ainsi depuis des siècles. Les européens sont arrivés, ils ont dit, la fête est finie, cette terre nous appartient, vous allez à présent suivre nos règles. Ceux qui refusèrent furent massacrés, ceux qui signèrent les traités furent trahis puis parqués. Pour les survivants,l’alcool, le folklore, le jeu de l’envahisseur, contraint de s’engager dans une lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Et les sociaux-démocrates s’achètent à peu de frais une bonne conscience en les aidant dans leur lutte. Seulement le mal est fait, leur façon de vivre, l’harmonie qui les unissaient à leur environnement est à jamais perdue.
      Ils ont été contraint de jouer un jeu de dupes.
      Des exemples comme ça jalonnent l’histoire du capitalisme…

      Malheureusement pour moi je n’ai rien à proposer car ce jeu de la droite contre la gauche ne m’intéresse pas. L’image du bon flic et du mauvais flic dans les polars me vient à l’esprit : celui qui gifle et celui qui console, mais au final ils sont les deux faces d’une même pièce.

    3. Avatar de juan nessy

      @Cedric :

      Pour changer , vous pouvez jouer aux cow-boys et aux indiens .

    4. Avatar de chris06

      @cedric76934,

      un investissement personnel

      terminologie de droite…

      Malheureusement pour moi je n’ai rien à proposer car ce jeu de la droite contre la gauche ne m’intéresse pas.

      Formidable!

  21. Avatar de roma

    sur le site d’un commentateur régulier du blog
    Les dix stratégies de manipulation de masses, Par Noam Chomsky
    http://lafindel-apartheideconomique.midiblogs.com/

  22. […] This post was mentioned on Twitter by sebmusset, Vincent Knobil and Vincent Knobil, 1g0r. 1g0r said: #Jorion : Social-démocratie : le rapport du médecin-légiste. On n'est pas sortie de l'oligarchie! http://ur1.ca/35xc9 #crise #democratie […]

  23. Avatar de Kerjean

    Magnifique et douloureux article.

    Mais le peuple n’attend plus rien de la sociale-démocratie, de l’escroquerie mitterando-fabiusienne et sa « réconciliation avec l’entreprise », de l’infamie blairo-schroderiste consistant à appliquer plus de friemanisme que Tatcher ou Reagan, à l’ignominie clintonnienne qui fit péter tous les verrous(glass-act, armées privées, etc…) , la sociale-démocratie n’a eu de cesse de ringardiser les citoyens sourcilleux , à les ringardiser au nom d’un mondialisme capitaliste en fait d’internationalisme fraternel.
    Comme le porc Brille-Babille de La Ferme Aux Animaux de G. Orwell, les sociales-démocraties ont travesties leurs propres valeur, de nuit, en douce sur la porte de la grange.
    « tous les animaux sont égaux » auquel on rajoute ‘mais certains le sont plus que d’autres »
    « quatre patte bien, deux pattes mal » qu’on traficote en « quatre pattes bien, deux pattes mieux ».
    Et qu’on fait bêler en coeur au militant et citoyen sous la garde vigilante des chiens intello-médiatiques.

    Les hierarques socia-démocrates ont exigé du citoyen qu’ils avaient la charge de conserver fraternels et intelligents, qu’il devienne moutonnier:
    « europe bieeeeeeeeeen, nation maaaaaaaal »
    « salaire bieeeeeeen, dividendes mieuuuuuuuux »
    « franchouille maaaaaal, anglo-saxon mieuuuuuuuuux ».

    La sociale démocratie est morte car elle a trahie, et elle a trahie au pire moment. Elle a vendu à l’esbrouffe les billets de la fête alors que les initiateurs la quittaient déjà.

    La sociale démocratie est morte, et avant qu’une meilleure idée ne ramène vertu, sans laquelle la république n’est rien, fraternité,équité et justice, il se passera du temps.

    Au Brésil, la sociale-démocratie a carrément abouti sa mutation, elle est passée dans l’opposition de droite….

  24. Avatar de tchoo

    Les socialos façon social-démocratie sont mort parce qu’ils ont crus que l’on pouvait s’accommoder du système capitaliste à l’aménageant ici où là de quelques touches sociales pour dévier sa trajectoire. C’est aussi efficace que de vouloir envoyer des bombes sur les météorites qui nous menacent pour dévier leurs routes.
    Le système capitaliste financier est vicié dès le départ, car il met le capital et le gain comme objectif premier et unique et fait fi du bien de l’humanité.
    Aucun aménagement n’est possible avec, il faut repenser la société de fonds en comble…

  25. Avatar de argeles39

    Quand le système financier international s’effondra à l’automne 2008, entraînant l’économie à sa suite, on s’attendit à un retour en force de la social-démocratie. Voilà tant d’années qu’elle attendait son tour et nombreux étaient ceux qui espéraient sa venue.

    Mais depuis une trentaine d’année la social-démocratie était partie prenante de ce néo-libéralisme mortifère. Les thèses de Milton Friedman n’ont pas été relayées que par Thatcher et Reagan, en France, comme ailleurs, la social-démocratie a pris sa part de l’infâme besogne.
    De Mitterrand à Jospin, de Maastricht au sommet de Barcelone, la social-démocratie a fait sienne le crédo libéral (privatisations de banques et de grandes entreprises type France télécom, libre échangisme, casse des services publics, baisse des impôts pour les plus riches, suppression des régulations financières……..), elle s’est vautrée dans le dogme du toujours moins d’état et l’autorégulation des marchés.
    Alors que fallait-il espérer de la social-démocratie ? Qu’elle se couche devant les marchés, comme Papandréou en Grèce ou Zapatero en Espagne, sous couvert du FMI et de l’OMC, ces deux organismes présidés par deux imminents membres de la social-démocratie française !

    Le communisme – dont les conservateurs de tout poil avaient toujours prétendu qu’il constituait son abominable vérité cachée – était mort, le capitalisme était désormais moribond : le moment était venu. Un grand vent d’enthousiasme social-démocrate se levait aux États-Unis : un candidat du parti démocrate au profil neuf était apparu, le pays appelait de ses vœux un second Franklin D. Roosevelt pour appliquer lui aussi un New Deal qui remettrait le pays sur ses rails, qui lui permettrait de renouer avec l’une de ses valeurs originelles : un pays sans aristocratie, une grande classe moyenne libérée des luttes de classes ancestrales.

    C’est oublier un peu vite qu’aux Etats-Unis les présidents ne sont que des hommes de paille, l’oligarchie et Wall Street jouent sur les deux tableaux, ils financent le candidat républicain et le candidat démocrate, et in fine ils attendent et exigent un retour sur investissement.

    Le désappointement fut à la mesure de l’espoir qui était né. Wall Street qui avait trahi l’idéal d’une société sans classes avait vacillé, une administration républicaine déboussolée glissait de jour en jour davantage – faute d’alternative – vers la social-démocratie. Enfin Obama vint, il rétablit Wall Street sur ses pieds et lui rendit les rênes du pouvoir qui avaient manqué lui échapper de très peu. Les électeurs d’Obama en sont encore sonnés. Il ne restait qu’un seul endroit pour une opposition déterminée à la restauration qui avait eu lieu : le populisme libertarien du Tea Party.

    Les adorateurs d’Obama ont été bien naïfs…..

    Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

    Dommage que le peuple de la social-démocratie soit si mal récompensé de sa clairvoyance.

    En Europe aussi, le silence de la social-démocratie fut assourdissant. Des partis socialistes dont on attendait un sursaut n’émergèrent que des querelles entre candidats interchangeables, faute d’un quelconque programme. La raison en était simple : on attendait du corps endormi de la social-démocratie qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il fallut bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs.

    Difficile pour la gauche caviar de changer de cap, surtout lorsqu’elle a son strapontin dans les meilleurs clubs de l’oligarchie du type « le siècle » et qu’elle mange à la table des puissants.

    Le projet de la social-démocratie est-il pour autant à jamais perdu ? Peut-être pas. Depuis trois ou quatre ans, nous avons pris l’habitude en Occident d’attendre, pareils à des enfants geignards, que nos parents résolvent tous les problèmes pour nous. « La Chine, dit-on d’un air entendu, rachètera bien toutes nos entreprises en difficulté ! ». Ce qui est vrai : c’est en train de se passer à côté de chez vous. Elle soutient le dollar à bout de bras, et pour faire bonne mesure, l’euro aussi. Elle a déjà sauvé la Grèce, elle aide activement aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, et sauvera bien tout le monde, le moment venu. « C’est son intérêt bien compris ! », ajoute-t-on du même air entendu. Vous aimez la social-démocratie ? C’est très simple : un peu de patience, un jour ou l’autre, la Chine finira bien par l’inventer pour nous.

    DSK et les Thinks Tank de la social-démocratie vont nous arranger tout ça, si Sarko échoue à se succéder à lui-même la ploutocratie a un plan B.
    Mais on peut aussi changer de cheval si on n’a pas confiance (pour moi ce sera Front de Gauche).

    1. Avatar de Paul Jorion

      Vous semblez identifier un certain nombre de partis « socialistes » européens avec la social-démocratie. La démarche est inattendue – en particulier vu les faits que vous mentionnez. Quel lien voyez-vous entre les deux ?

    2. Avatar de argeles39

      @ Paul Jorion

      Tous les partis « socialistes » européens s’identifient eux-mêmes à la social démocratie et ils se réclament tous de la social-démocratie..
      http://www.mediapart.fr/journal/international/290608/les-quatre-crises-de-la-social-democratie-europeenne
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Social-d%C3%A9mocratie

      Le mot « socialisme » était même un gros mot il y a une dizaine d’année pour les partis socialistes européens, le mot « sociale-démocratie » était plus convenable (Jospin en 2002 : Mon programme n’est pas socialiste.)

    3. Avatar de zenblabla

      @argelès39
      Si le front de gauche s’attachait avec l’Europe, éviterions nous la nationale-socialitude?

    4. Avatar de Marlowe

      Le socialisme a été remplaçé par la gauche.
      Ce qui n’est pas adroit.

  26. Avatar de fgambs

    « Socialism works until you run out of others people money » Margaret Thatcher

    Il semblerait que ce soit chose faite, une fois encore.

  27. Avatar de Rosebud1871

    1612 ?
    C’est le titre d’un film que j’ai vu avant hier soir, produit en Russie par Nikita Mikhalkov,
    Nikita c’est « Le Nôtre parmi les autres » son 1er long métrage en 1974…en ce temps là, le film « 1612 » n’aurait pas vu le jour…personne n’aurait eu l’idée d’un tel film.
    « 1612 » ce sont les prolégomènes de la saga des Romanov. On y voit un Pape comploter pour introduire le catholicisme en Russie, un pope stylite visionnaire du destin de la Russie, un serf ou esclave devenir le premier des Romanov. Et les polonais et lituaniens à Moscou…
    Difficile de regarder ça sans conclure qu’une contre-révolution s’est produite avec la dissolution de l’URSS, et qu’une nouvelle (?) idéologie est à transmettre.
    Après ce film je lis un émail d’une copine québécoise (ex-mao dans les 70′) qui revenait de 3 semaines à Cuba qu’elle n’avait pas revu depuis 83. Ils n’ont toujours pas de savon m’écrit-elle. Je ne suis jamais allé à Cuba mais une bonne douzaine de témoignages depuis 30 ans me répète que le savon manque à Cuba : pas le savoir, la culture, pas la santé, mais le savon et la liberté de se plaindre du manque de…savons entre autres.
    La sociale-démocratie, dans mon souvenir, c’était la troisième voie, comme il y a le troisième œil, alors il y avait des troisièmes voix qui ne votaient ni pour le capitalisme, ni pour le socialisme mais pour ce qu’on leur présentait comme la savante alchimie des deux, le juste dosage des intérêts du capital et des intérêts du travail.
    Je n’ai jamais saisi le sens d’un tel dosage sinon banquale. Si un blogueur pédagogue veut essayer…
    Notre président a sa pharma-copé : Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés intéressés et participatifs et un tiers à l’entreprise investissante. Les 3 X 8 pour les 3 X tiers.
    Le projet social-démocrate a fonctionné d’abord via le refus sous la forme d’un déni de l’expérience de 1917 (cf. le congrès de Tours) ensuite après la WW2 et la pression
    de ses effets, sous la forme d’un compromis de classe dit guerre froide… de classe (en Europe).

    Un projet reste un projet tant qu’il n’est pas enterré par une réalisation qui le rend d’évidence caduc. Il ne manque pas de médecins pour se prononcer sur l’état de santé de toutes sortes de projets à Davos ou ailleurs, avec pilules amères et savoir suppositoires de circonstances.

    Une petite minorité à l’échelle mondiale espère conserver Ad Vitam Aeternam ce qu’elle sait et s’est accaparée partout depuis que l’écriture existe. En quoi est-ce l’intérêt général, et en quoi un compromis sur le niveau d’accaparement serait-il raisonnable ? À l’échelle d’individus ? de familles ? de clans ? de tribus ? de nations ? Avec quel droit ? de quel droit ?

    1. Avatar de Paul Jorion

      Je ne suis pas nécessairement d’accord avec vous : c’est toujours intéressant, ce qu’il dit, Paul Dontigny.

    2. Avatar de Olivier M.

      Pouvez-vous préciser votre pensée Paul ? Je suis curieux que vous vous intéressiez à ce genre de propos puisque ces blogeurs du journal Les Affaires sont avant tout des spéculateurs et des investisseurs à la Bourse. La macroéconomie et l’analyse que vous faites de la crise, cela ne semble pas vraiment leur truc. Eux, ce qui les intéresse, c’est leur portefeuille d’actions.

      Je résume le texte de Paul Dontigny. Qu’y-a-t-il d’intéressant à dire que la crise est survenue parce que le capitalisme n’est pas allé assez loin ou que la crise est survenue à cause de trop d’étatisme ? Qu’y-a-t-il d’intéressant à parler de capitalisme sans évoquer les écarts de richesse, les cadeaux aux riches, la dérégulation, etc ?

      En fait, le gouvernement a tenté d’utiliser le système capitaliste (banques prêtent) pour effectuer leur intervention sans qu’elle n’ait l’air d’une intervention socialiste. Quand ils ont réalisé que les dérivés avaient créé un aussi grand problème (en 2008), ils ont agi en gouvernement socialiste et ont transféré les pertes et dettes des entités privées vers le gouvernement. Ainsi, récompensant ceux qui avaient failli dans leur entreprise d’un capitalisme sauvage causant d’énormes pertes au peuple, et pénalisant une deuxième fois le peuple en exigeant que celui-ci rembourse les coupables. Ils ont détruit le capitalisme qui prône la compétition et le fait que les indivudus et compagnies peuvent s’enrichir en prenant des risques mais doivent perdre lorsque ces risques se réalisent. Le gouvernement a modifié cette équation qui est l’essence du capitalisme et il donc agi de façon socialiste ou autre.

      Dans ce paragraphe, on y apprend que prêter aux banques, c’est agir en gouvernement socialiste et que le vrai capitalisme aurait été de laisser le système s’effondrer. En disant ça, il évite toutes les critiques possibles envers le capitalisme et c’est ce que beaucoup de think tank de droite essaient ici en Amérique du nord de faire avaler aux gens. Ils disent : « Vous voyez, c’est parce que le capitalisme n’a pas été jusqu’au bout que l’on arrive à la situation actuelle où le gouvernement régit toute votre vie et a aidé les banques. » Par socialisme, on entend aussi pour eux toutes les formes d’état providence qui ont creusé les dettes publiques, etc. C’est exactement le discours de Sarah Palin. Faut pas inverser les rôles, quand même. Et les origines de la crise ?
      Elles viennent de trop de socialisme ?

    3. Avatar de juan nessy

      Je ne sais pas si c’est départager ou conforter les deux Paul , mais ma réponse personnelle c’est que les embrouilles viennent de  » pas assez de peuple  »

      De Démocratie .

      Et de citoyens responsables .

  28. Avatar de Paul TREHIN

    Cédric dit : « ça fait bien sur un CV (c’est très individualiste un CV), un engagement social. »

    Cela dépend des pays et des entreprises.
    En France mettre sur son CV qu’on est actif dans une association est le plus souvent mal vu, presqu’aussi mal vu que de dire qu’on est membre d’un syndicat. La direction du personnel suspecte un possible « emmerdeur »…

    Pour ce qui est du tissu social tué par la social démocratie, c’est vraiment très différent d’un endroit à l’autre. Même dans les grandes villes cela varie d’un quartier à l’autre.
    Mais là aussi il y va souvent d’un ensemble de comportements individuels plus ou moins aptes à prendre « l’autre » en considération, quel que soit cet « autre », jeune, vieux, handicapé étranger, apparemment socialement favorisé ou défavorisé…

    Participer au milieu social peut simplement vouloir dire être dans un petit club sans prétentions comme celui où je suis : Le club des « Amis du Haut de Cagnes », Vieux village de la commune de Cagnes sur Mer: Les membres s’y retrouvent souvent autour d’un repas convivial à prix plus que raisonable (le cuisto est un des membres du club et le service est assuré par les membres eux mêmes. Parmi les membres il y a des ouvriers de la ville, des ouvriers ou employés actifs ou retraités, des cadres de petites et moyennes entreprises, un médecin, un architecte, des petits commerçants, j’arrête ici ma liste…) Des habitants locaux, d’autres « étrangers » : anglais, italiens, danois, suédois, espagnols, africains et même des parisiens 🙂 (humour bien entendu)
    Dans beaucoup de mouvements associatifs on retrouve cette mixité, au moins au niveau local. Les circonstances ont fait que je me suis impliqué dans le mouvement de défense des droits des personnes handicapées, où j’ai trouvé de très nombreuses personnes, venues de tous les milieux sociaux, qui n’avaient pas d’intérêt individuels à leurs participations à ces activités associatives.
    J’habite dans un quartier avec une population là aussi très diversifiée, et cela par choix, à peu près la même composition sociologique que celle du club cité auparavant. (je voulais que mes enfants vivent dans un milieu diversifié, tout comme mes parents, petits commerçants, m’avaient mis à l’école publique du quartier et inscrit en colonie de vacance dans celle de la commune, pour que j’y apprenne à vivre en groupe avec des enfants de tous les milieux.

    Au niveau national la convivialité dans les associations est un peu moindre, en revanche au niveau européen on retrouve un niveau de convivialité très fort, peut-être est-ce dû au fait que tenant compte des différences de langue maternelle: on ne parle en général pas dans sa propre langue : les langues acceptées au niveau des associations sont le français ou l’anglais (les associations n’ont pas les moyens de payer 27 traducteurs lors des réunions.) donc on fait attention d’avoir bien compris ce que l’autre veut dire, et que l’autre a bien compris ce que nous voulions dire, avant de commencer à s’énerver… On devrait appliquer ce genre d’attitude même entre gens de même langue maternelle, car comme cela avait déjà été signalé sur ce blog, le langage a souvent du mal à faire passer des concepts d’une personne à une autre car ces concepts sont colorés par les expériences personnelles souvent très différentes, ce qui fait que même quand on parle d’un concept simple comme celui d’une maison, peut venir à l’esprit de l’un ou de l’autre une maison particulière qui a fortement marqué la mémoire de chacun.
    C’est pour cela que j’ai fait une petite digression à propos de mes activités associatives ou de mon lieu d’habitation.

    Vous dites aussi :
    « La démocratie participative est une vaste fumisterie. C’est le principe des chaines auto-bloquantes : plus il y a de maillons, plus il y a d’intérêts divergents, voire contradictoires, moins il y a de chance d’appliquer quoi que ce soit, sauf la volonté de celui qui crie le plus fort. »
    Cela est d’autant plus vrai que les personnes qui participent n’ont pas l’expérience de la vie associative le plus tôt possible dans leur vie, de manière à apprendre à respecter l’autre, l’écouter, puis lui répondre calmement, en essayant de bien se faire comprendre. Accepter que l’autre et les autres puissent avoir des idées différentes des nôtres… Apprendre à participer au fonctionnement des activités du groupe. J’ai souvent remarqué qu’il était assez facile de repérer, lors de soirées de divertissements en groupe, les personnes qui avaient eu cette chance d’aller en colonie de vacance ou dans des camps d’éclaireurs ou de scouts : il n’y a qu’a voir celles et ceux qui donnent naturellement un coup de main pendant la soirée et surtout à la fin de la soirée.

    Cela va faire 50 ans que je participe à des activités associatives en prenant en compte ma participation active au ski scolaire comme élève puis comme instructeur bénévole dès que j’avais pu apprendre assez de technique de ski moi-même, pour pouvoir expliquer aux plus jeunes les bases du ski (j’ai pris l’exemple du ski car nous avons des stations très proches de la Méditerranée, ce qui permet donc des sorties au ski très abordable pour le ski scolaire) Mais un jeune footballeur peut faire de même avec les nouveaux venus dans le club… Depuis je n’ai pratiquement jamais arrêté mes activités associatives dans des domaines très différents. Ca n’a pas toujours été un grand succès, mais au moins j’aurai essayé…
    Bien sur, j’ai souvent rencontré des aquoibonismes sur mon chemin me disant ça ne sert à rien tout ça… J’ai même eu parfois des moments de désespoir ou au moins de grande fatigue…

    A ceux qui ne connaissent pas je recommande la chanson d’Anne Sylvestre :
    J’aime les gens qui doutent :
    http://fr.lyrics-copy.com/anne-sylvestre/les-gens-qui-doutent.htm

    Les gens « qui savent mieux que les autres un peu sur tout » m’inquiètent, surtout en politique ou en matière sociale et même en matière économique.

    Il me semble cependant que la Social démocratie telle qu’on la connaît en Europe aurait encore pas mal de progrès à faire mais je la préfère au totalitarisme du tout marché ou à celui du tout état.
    Dans le tout marché les décisions de productions de biens et services sont prises en fonction des besoins solvables et encore, pas tellement bien que ça… laissant de côté les besoins non solvables. On peut ainsi voir une femme prête à accoucher et ayant perdu les eaux être refusée à l’entrée de plusieurs hôpitaux aux USA car elle n’a pas l’assurance santé pour couvrir les frais d’accouchement et pas l’argent pour régler la note…
    Dans le tout état, des technocrates décident quelles sont les productions de biens et services dont ces technocrates pensent que « le peuple » a besoin…

    Comment s’assurer que tous les besoins soient pris en compte de manière satisfaisante pour tous, pas seulement pour ceux qui peuvent se le payer (économie de marché) ou selon les préjugés des technocrates qui décident à la place du peuple (planification étatique), et toutefois en utilisant pour le mieux, sans gaspillages, les ressources naturelles et humaines nécessaires à la production et à la distribution de ces biens et services

    En attendant de trouver une solution à ce véritable problème d’adéquation de la mise à disposition de biens et services et de la production et la distribution de ces biens et services,
    la social démocratie, bien qu’entachée de graves défauts dans sa forme présente, me semble être un moindre mal dont il serait peut-être possible d’améliorer les modes de fonctionnement défaillant en l’état actuel…

    Pour finir vous citez l’exemple des indiens d’Amérique du Nord que le capitalisme a déracinés. Même si le capitalisme a eu sa part dans cette catastrophe, rappelez vous que les pionniers pensaient avoir Dieu à leurs côtés (Belle chanson de Bob Dilan (God on our side) très bien traduite par Hugues Aufray, à mon avis un des meilleurs traducteurs de Bob Dilan) On lira avec attention les paroles de la chanson ici http://www.musikiwi.com/paroles/hugues-aufray-dieu,est-nos-cotes,21014.html
    On peut également citer dans le même ordre d’idées, les tribus Toungouses ou Mongoles et autres peuplades autochtones de Sibérie, de la Mongolie ou de l’Oural, dont l’industrialisation soviétique avait requis la participation au grands projets de l’URSS, les communistes interdisant eux aussi pour des raisons idéologique autres que religieuses : rationalisme et matérialisme, les pratiques coutumières, les religions locales et le chamanisme, entrainant ces belles sociétés du Nord et du centre de l’Asie dans un phénomène d’acculturation non moins horrible que celui pratiqué sur les indiens d’Amérique par les pionniers nord américains au nom du christianisme, avant même que le capitalisme prenne la forme de capitalisme industriel qui a malheureusement aggravé par la suite le phénomène d’acculturation par sa forme d’économie liée à la compétition et à l’accumulation de capital, notions qui n’avaient pas de sens pour les tribus indiennes, ou du moins un sens très différent de celui des colons européens.

    Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’industrialisation soviétique a parachevé l’acculturation des peuplades de l’Asie centrale et de l’Asie du Nord.

    Le poète Jean Ferrat a lui aussi très bien exprimé le dilemme « entre tout marché et tout état » dans sa chanson « Dans la jungle ou dans le zoo »
    http://www.paroles2chansons.com/paroles-jean-ferrat/paroles-dans-la-jungle-ou-dans-le-zoo.html

    N’attendant rien de la jungle ni du zoo, j’ai la faiblesse de croire, car ce n’est qu’une croyance, qu’il est encore possible aux hommes de refonder une démocratie sociale sur de nouvelles bases, sinon, si je n’avais pas un peu confiance dans l’humanité je ne serais pas en train d’écrire ce message.
    On lira avec intérêt dès qu’il sera traduit de l’anglais, le livre de Jeremy Rifkin : « l’ère de l’empathie »

    Cordialement

    Paul

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