UN VOLCAN ISLANDAIS, FUKUSHIMA, LA REVOLUTION, par zébu

Billet invité

Comme dans les jeux enfantins, on peut proposer de trouver l’intrus parmi différents termes d’une proposition, mais il se pourrait bien que cette fois, il n’y ait point d’intrus.

Dans le choix des risques, nous pouvons être confronté à 2 types de risques : des risques naturels et des risques humains et technologiques (les risques technologiques ne sont que des effets des risques humains), le dernier terme de la proposition étant une conséquence des risques encourus ou une solution pour les éviter.

Il apparaît étrange de pouvoir lire ces trois termes côte à côte, tant ils semblent disparates : un élément naturel, une centrale nucléaire en déperdition et un phénomène politique. En précisant bien, on y ajoute même des périodes de l’histoire et des lieux différents, puisque le volcan islandais en question est le Läki au 18ème siècle, Fukushima au Japon du 21ème siècle et la révolution un phénomène… trans-historique et trans-géographique.

Pourtant, à y regarder de près et justement parce que ceux-ci sont par trop éloignés, la comparaison de ces termes est non seulement opportune mais aussi nécessaire.

En 1783, le volcan Läki entra en éruption en Islande, provoquant une fissure éruptive de 40 km de long, d’où sortira le plus grand épanchement lavique de tous les temps, l’équivalent de deux fois le débit du Rhin à son embouchure… par seconde.

Un véritable hiver volcanique s’ensuivit, par la projection de cendres et de pluies d’acides sulfuriques, provoquant des hivers terribles, réduisant la production alimentaire et créant les famines en Europe de la fin des années 1780. Des orages de grêle par exemple, en plein été, détruisirent une bonne partie des récoltes de l’année 1788 en France. Le prix d’un boisseau de blé, de 11 sols en 1706, passa à 206 au printemps 1790. L’un des rares scientifiques de l’époque à avoir fait le lien entre l’observation des intempéries météorologiques et l’éruption du Läki fut Benjamin Franklin, un des pères de la révolution américaine de 1776.

Alors que cet hiver volcanique toucha une bonne partie de l’hémisphère nord, de l’Amérique du Nord jusqu’en Egypte, seule la France entrera en révolution en 1789, de sorte qu’il paraît excessif de corréler trop étroitement ces deux évènements.

Reste qu’à la veille de la révolution française, la population subissait déjà les conséquences de cet hiver volcanique provoqué par l’éruption du Läki en 1783 (mais dont les émissions de cendres perdurèrent jusqu’en 1785) et réclamait du pain, dont le prix explosait, quand Marie-Antoinette, de sa fameuse phrase, leur répondit « Qu’ils mangent de la brioche ! ». S’il est vrai que les conditions politiques et financières forcèrent le Roi à convoquer les Etats Généraux pour trouver une solution à la faillite en cours, un des prolégomènes de cette révolution fut que l’ensemble de la chaîne alimentaire fut touchée par l’éruption phénoménale du Läki. La famine, alliée aux catastrophes climatiques et à la gabegie de la royauté française, participa à l’émergence d’un mécontentement tel que Louis XVI fut forcé de convoquer ces Etats Généraux, qui n’avaient pas été convoqués depuis… 1615.

Autre période, autre lieu.

Fukushima, Japon, aujourd’hui. Après un tremblement de terre très important (mais pas « exceptionnel » en ces terres, comme se plaisent à le dire les commentateurs), suivi d’un tsunami dévastateur, la centrale nucléaire alimente la chronique maintenant quotidienne de l’actualité mondiale, parfois mise sous le boisseau selon les actualités (intervention en Libye, crise en Syrie, élections ici ou là) mais toujours en toile de fond du récit médiatique, tel un feuilleton improbable que des téléspectateurs incrédules suivent, hagards et impuissants. Si l’élément naturel est certes à l’origine de la catastrophe (que d’aucuns eurent le plus grand mal à nommer ainsi), les prolégomènes de celle-ci sont cette fois à rechercher plus en amont, comme le déclarèrent certains experts japonais mais aussi des scientifiques de renom : l’origine de la catastrophe est bien humaine.

Par esprit de lucre. Ou par orgueil prométhéen.

Les preuves commencent à s’accumuler quant à la « faute humaine » : niveau des pré-requis trop faibles quant à la construction, économie sur la sécurité et plus largement, quant au nucléaire, rêve de domination de la fission nucléaire qui tourne au cauchemar, tant il est vrai que cette domination est factice : en lieu et place, les humains en sont contraints à jouer les arrosés arroseurs…

De sorte que n’apparaît guère comme évident l’intérêt de comparer les deux évènements, ni même de savoir ce que vient faire la révolution en cet espace et ce temps, où nul ne parle d’insurrection populaire, au Japon ou ailleurs, hormis dans les pays arabes et pour d’autres raisons.

Pourtant, cet intérêt s’avère plus solide que jamais, si la catastrophe de Fukushima devait perdurer. Car, tout comme le Läki, Fukushima a atteint des strates, en deçà desquelles nous touchons à l’ontologie de l’espèce humaine, à savoir sa survie.

Déjà touchés par la furie des éléments naturels, la terre en premier lieu puis l’eau, les êtres humains commencent à faire face non pas à une furie mais à une « contamination », lente, insidieuse et impalpable d’éléments tout aussi essentiels pour sa survie : l’air, avec la propagation d’éléments radioactifs et les substances nutritionnelles qu’ils absorbent pour se nourrir, soit la chaîne alimentaire ; l’eau, le plus important d’entre eux, étant possiblement contaminé. De sorte que non seulement les Japonais devront faire face à une possible « contamination » à grande échelle de leur chaîne alimentaire mais qu’une bonne partie des êtres humains sur cette planète sont potentiellement concernés par ce risque maximum : on ne parle plus de « contaminations » localisées ou de catastrophes que l’on puisse circonscrire mais bien de catastrophe généralisée à l’échelle de la planète, a fortiori si le plutonium contenu dans le réacteur n°3 se vaporise dans l’atmosphère en cas d’explosion du réacteur (ce qui est un risque non nul si le corium apparemment formé entre en contact avec de l’eau), sans compter le risque de contamination des océans.

Dans ce choix des risques (si tant est que nous ayons le choix), il est donc bien évident que celui de Fukushima appartient au haut de la liste à très court terme : si le CO2 est certes un risque maximal au travers du réchauffement de la planète, il ne l’est cependant pas dans l’immédiat.

Fukushima, oui.

Le Läki, d’origine naturelle, et Fukushima, causée par l’homme, se rejoignent donc dans les effets : planétaires, atteintes à la chaîne alimentaire, psychose collective.

Car de cela non plus nous ne parlons pas. Mais de plus en plus de pays, proches dans un premier temps et certainement moins si la catastrophe s’amplifie, mettent en place des embargos sur les produits alimentaires provenant du Japon, en attendant de mettre en place un embargo plus étendu sur tout ce qui proviendra de ce pays. De sorte que ce containment renforce celui mis en place par les autorités japonaises elles-mêmes sur les produits provenant des régions « contaminées », étouffant encore plus la chaîne alimentaire dans son approvisionnement et ses débouchés et renforçant la crise psychologique en cours.

Par leurs effets, Läki comme Fukushima nous signifient les mêmes choses : quand la chaîne alimentaire est touchée, l’être humain devient alors « hors de contrôle », car il en va de sa survie, tant individuellement qu’en tant qu’espèce.

Face à cela, les pouvoirs de coercition apparaissent bien faibles, le pouvoir médiatique étant battu en brèche et internet une ressource collectivement répandue pour s’informer.

Au Japon même, où les commentateurs louaient (consciemment ou non) l’abnégation du peuple, pour ne pas dire la passivité et le fatalisme, certains commencent à demander des comptes.

En Allemagne, des manifestations monstres rassemblant plusieurs centaines de milliers de participants se sont déroulées contre le nucléaire et l’attitude opportuniste de Madame Merkel ; attitude qui ne lui aura d’ailleurs pas servi pour les élections qui viennent de se clôturer en Bade-Wurtenberg par une défaite de son parti et de celui des libéraux du FDP.

De sorte qu’il serait logique que si la catastrophe de Fukushima se poursuit (et rien ne semble pour l’instant indiquer le contraire : on parle de plusieurs semaines, voir de plusieurs mois d’émissions radioactives), nous serons bientôt placés devant le risque maximum pour les êtres humains : l’atteinte à la chaîne alimentaire, sans compter la contamination de l’air et de l’eau. Que cette contamination soit « dangereuse » en termes effectifs ou non n’est pas la question car les populations concernées seront des plus suspicieuses, le précédent de Tchernobyl hantant les discours publics proférés sur l’absence de danger.

Nous sommes donc loin devant le risque économique voir financier que peut représenter cette catastrophe, risque réels mais peut-être « limités » potentiellement. Ou même d’un risque de contamination, même important, sur un espace localisé, à savoir une région du Japon (et quand bien même le Japon, qui n’est qu’une région de la planète), à l’inverse de ce que nous avons pu connaître avec Tchernobyl, le sarcophage mis en place au prix du sacrifice de dizaines de milliers de « liquidateurs » d’Europe de l’Est nous ayant protégé d’une contamination de longue durée et d’une confrontation à un tel « choix » des risques.

Par les « vertus » de la libéralisation sans frontières, confortée médiatiquement, nous sommes donc confrontés aux effets d’un système mondialisé qu’il nous faut reconnaître, par delà le nucléaire.

Mais aussi démanteler.

Et ce d’autant plus vite que la terre n’a pas attendu d’être « mondialisée » par l’homme pour mondialiser les effets d’une contamination, qu’elle soit volcanique ou nucléaire, les vents en altitude narguant les frontières depuis des lustres : le Läki est justement le type même d’expérience dont nous devrions analyser les retours.

Or, un de ces retours d’analyse est que justement les effets de cet hiver volcanique participèrent à l’émergence d’une révolution en France, pays où les ferments étaient déjà en place pour une telle explosion.

De sorte que nous pourrions poser ainsi différentes questions : à causes différentes et mêmes effets, mutatis mutandis, quel(s) pays connaîtr(a/ont) les mêmes conséquences, à savoir entrer en révolution ?

Et si la révolution française mit à bas un régime que l’on qualifia rétrospectivement « d’ancien » pour mettre en place un « nouveau » régime, la question qui se pose alors immédiatement est : vers quoi aller, en lieu et place ?

Enfin, la question est aussi : combien de temps les structures sociales de nos sociétés pourront-elles résister à l’angoisse de ce risque majeur, réel ou non, avant qu’elles ne rompent ou qu’elles n’implosent pour répondre à cette angoisse ?

Concernant l’éruption du Läki, la société française, déjà durablement impactée par l’ancien régime, résista près de 6 ans. Ce ne fut qu’avec les épisodes les plus dramatiques de 1788, qui provoquèrent des famines mais aussi probablement des ruptures psychologiques collectives (au même titre mais d’un ordre différent qu’avec la peste de 1348), qu’un « seuil » fut apparemment franchi.

En Allemagne, la réponse fut apparemment massive, en termes de manifestants.

Comme le fut la sanction politique.

De même, pourrait-on dire, le désaveu du système politique actuel par l’abstention record que vient de connaître la France ce même jour.

Mais est-ce suffisant ?

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261 réflexions sur « UN VOLCAN ISLANDAIS, FUKUSHIMA, LA REVOLUTION, par zébu »

  1. La forme narrative me laisse bouche bée, (comme toujours quand zébu se met à « raconter des histoires »), et le fond révèle une question effectivement inattendue : que la chaîne alimentaire soit touchée à grande échelle. Mais la conclusion principale, (« quel(s) pays connaîtr(a/ont) les mêmes conséquences, à savoir entrer en révolution ?« ), me semble un peu faible eu égard à ses prémisses. Si la pollution de Fukushima s’éternise et produit un peu partout des pluies radioactives et aléatoires, les conséquences seront totalement imprévisibles, surtout dans nos sociétés réglées comme des moteurs de Formule 1.

    1. @ Crapaud Rouge :
      « un peu faible eu égard à ses prémisses » :
      C’est exact, si on ne tient compte que de l’aspect politique de la révolution française.
      Plus largement, ce fut cependant une véritable rupture, sur tous les plans : sociaux, religieux, psychologiques, …
      La formule ‘Ancien Régime’ indique bien cette rupture.
      L’exécution de Louis XVI ne porta pas ‘que’ sur le corps physique de la royauté : elle déclara aussi l’exécution du corps mystique de celle-ci, chose inouïe alors, même pour des anglais qui en coupèrent pourtant plus d’une, de têtes royales.
      L’hiver volcanique fut terrible. Mais qu’a retenu la mémoire collective (et pas uniquement celle des français) ? L’éruption du Läki ou la révolution française ?

      Pourtant, avec Fukushima, on passe effectivement à un autre niveau, en intensité et en espace concerné.
      En intensité, car le risque majeur avec la radioactivité est justement sa durée et son impact sur la chaine alimentaire, que n’a pas eu l’hiver volcanique provoqué par le Läki.
      En espace concerné, du fait de la mondialisation actuelle, les effets subis ne seront pas ressentis que dans une partie de l’hémisphère nord, comme en 1783 mais bien pour l’ensemble des pays intégrés dans cette mondialisation.

      ‘Entrer en révolution’, c’est entrer dans une rupture profonde, dont la suite est imprévisible.
      Une rupture mondiale.

      Fukushima est notre parangon volcanique, au niveau qui est le sien : potentiellement ravageur, mais encore potentiellement.
      Car à la différence d’une éruption volcanique, une catastrophe humaine peut (encore) être contrôlée par ceux qui l’ont créé.

      1. Je suis un peut énervé par ZEBU,pas par vous,mais par la réponse de la cuisse du Jupiter rouge..

        Bravo,vous résumez la situation,à part la révolution qui me fais rigoler..

        Qui seras bête pour léguer des gènes pollués à une descendance ???
        Perso,je crois plus à l’avenir en connaissance de causes,me tenir informer grâce à vous,au Blog (merci Mr P Jorion)et m’amuser le temps qu’il me reste..
        Merci ZEBU,en vous avoir lu je retrouve comme avec PJ des mots JUSTES,(sauf la révolution,ha ha)
        merci encore

      2. Merci Zébu. J’ai un article en gestation sur un thème similaire. J’en prends de la graine. Je vais pomper un peu…(en te citant).

      3. Le parallèle avec le Läki est excellent ! ne pensez-vous pas cher zébu que la crise financière mondiale à partir de 2007/2008 a eu comme conséquences entre autres les révolutions de Tunisie, d’Égypte, du Yemen, de Libye et du Bahreïn ? la chaîne alimentaire a bien été touchée en Afrique (du nord aussi) et la situation économique des jeunes et des chômeurs, qui ont lancé les premières flammes des révolutions arabes, peut être mise en relation avec la crise financière de la même manière comme vous le faite.

  2. Fukushima, même à devenir dix fois pire que Tchernobyl, restera un épiphénomène…

    Nos sociétés sont en train de basculer parce que les politiques, soucieux de leurs réélections, on fonctionné, à de rares exceptions, comme des apothicaires de leurs petits intérêts plutôt que de penser à l’intérêt général. On a même l’impression que ce phénomène de « je sauve ma gueule avant la cata » s’amplifie avec la montée des problèmes.( voir Sarkophage par exemple..)

    Certes votre analogie n’est pas inintéressante, même si vous utilisez le rapport de similitude de manière un peu mécanique sur ce blog, un peu comme un prof s’accrocherait à des recettes…

    Bien sûr que non que ce n’est pas suffisant !

    Les gens vont se révolter toujours plus (je l’espère et je fais tout dans ce sens) car le capital toujours plus virtuel du « feignant qui prête » a pris maintenant de manière trop absurde le pas sur la force vive du travailleur. Le travailleur, pas totalement demeuré, sait bien que le crédit n’est pas la solution… mais il sait aussi que les maîtres du crédit ne méritent pas de tenir les rênes ; ils ne sont pas honnêtes, ils sont méprisants… pas humains en quelque sorte.

    En réalité, pour faire simple, mais pourquoi faire compliqué ?… Les états, le FMI, les gros fonds de pension, tous sont actuellement insolvables, il n’ont que du papier dans les mains, papier que l’inflation est en train de faire disparaître. (J’aime assez l’image d’un fondu enchaîné : l’argent virtuel s’évapore, remplacé par du réél vraiment utile)

    Nous approchons gentiment des limites d’un système humano planétaire : ressources toujours plus chères, populations excédées, états de moins en moins en mesure de « tenir » la foule…
    A se demander si les dirigeants ne sont pas ravis du Jasmin arabe et de l’épiphénomène Fukushima… Beaux nuages de fumée dans notre monde « tout médiatique »… où on fait comme si la plus grande conflagration mondiale à ce jour n’avait pas encore commencé.

    1. Chacun voit une des crises comme déterminante, mais c’est la conjonction de toutes ces crises économique et financière, des ressources, politique, énergétique, guerres, catastrophes, de l’oligarchie etc… qui rend inéluctable la fin du système.

    2. Non, Mike.

      Les Russes pouvaient être sacrifiés. Ils ignoraient encore trop les conséquences.
      Là, même si les Japonais furent pour certains kamikaze, les mentalités ont changé.

      Et le reste de la planète aussi.

      1. Exact Yvan.
        Je ne vois pas les dizaines de milliers de liquidateurs à Fukushima.
        Et je les comprends parfaitement : maintenant, depuis, Tchernobyl, ils savent.

      2. Il n’y a que Proglio pour répondre que la cata tchernobyl a provoqué moins de morts que les routes de France en une année.
        Conclusion du gars: le nucléaire n’est pas dangereux…la Classe!

      3. les mentalités ont changé.

        Et le reste de la planète aussi.</blockquote
        Oui, du coup l'agence de protection de l'environnement américane (EPA) vient de retirer 8 des 18 moniteurs de radiations en Californie car ceux -ci affichaient des relevés trop élevés !
        (http://www.bloomberg.com/news/2011-03-21/some-radiation-tracking-air-monitors-may-not-be-working-properly-epa-says.html)

        La collusion entre l'EPA et le lobby nucléaire est telle qu'une reforme des taux de radiations dangereux est programmées, pour les relever…
        In 1992, the EPA produced a PAGs manual that answers many of these questions. But now an update to the 1992 manual is being planned, and if the “Dr. Strangelove” wing of the EPA has its way, here is what it means):

        * A nearly 1000-fold increase for exposure to strontium-90;
        * A 3000 to 100,000-fold hike for exposure to iodine-131; and
        * An almost 25,000 rise for exposure to radioactive nickel-63.

        (http://www.tennessean.com/article/20110316/NEWS08/110316027/1969/NEWS/Group-warns-EPA-ready-increase-radioactive-release-guidelines-?odyssey=nav|head)

    3. « Fukushima, même à devenir dix fois pire que Tchernobyl, restera un épiphénomène… »
      A mon sens, si les choses continuent à empirer, non.
      Il me semble que vous n’avez pas compris, justement, l’analogie : toucher à la chaine alimentaire, c’est toucher l’insondable, l’animal en nous. Et ce que craint le plus l’être rationnel : la contamination, invisible, inodore.
      La contamination du feu nucléaire contamine les trois autres éléments : terre, eau et air.
      Mais à échelle mondiale.
      On est loin, très loin, d’un ‘ras le bol’ d’un personnel politique, de la ‘vie à crédit’, de travailleur, de capitaliste, …
      Tout comme le Läki, c’est le feu mis à un immense baril de poudre. Retirez la poudre, dans une société pacifiée et ‘en croissance’ économique, sans crise financière, morale et politique, il ne reste ‘que’ le feu (ce qui provoque famines, modifications météorologiques, … : choses que l’être humain est ‘habitué’ à rencontrer durant son ‘existence’ en tant qu’espèce humaine, sans, sauf exceptions, provoquer une rupture avec un ‘avant’ et un ‘après’).

      Sauf que cette fois, ce ‘feu’ est suffisant en soit-même pour provoquer une telle rupture.
      Maintenant, ajoutez-y la ‘poudre’ …

      1. Je rejoins globalement l’avis de Mike. Vous versez AMHA un peu trop dans le catastrophisme pour le coup. Le plus probable est que des écoulements très radioactifs vont se produire et gravement contaminer le site et l’environnement local (ce qui est déjà dramatique). Mais cela ne fera en aucun cas des 150 millions de Km² de surface habitable de notre planète une décharge radioactive.

        d’où sortira le plus grand épanchement lavique de tous les temps, l’équivalent de deux fois le débit du Rhin à son embouchure

        C’est ce que dis wikipédia, mais avez-vous déjà entendu parler des Trapps de Sibérie ?

      2. Je crois que Fukushima va empirer. Est-ce que cela atteindra 10 Tchernobyl, il faut espérer que non. Mais même dans un cas aussi extrème, il me semble que seulement la chaîne alimentaire locale serait touchée.

        Par contre il est possible que la psychose s’installe poussée par le pouvoir médiatique, dont internet fait partie. On pourrait avoir les mêmes effets que ceux induits par une vraie atteinte à la chaîne alimentaire mondiale alors que l’atteinte serait seulement locale

      3. Les alchimistes, abstracteurs de quintessence – cinquième élément – nous ont donné le feu insidieux et destructeur – quatrième élément –

      4. Chez les Chinois, le cinquième élément est le wuxing !

        Ils ne précisent pas lourds et radioactifs …

      5. @ Antoine :
        Oui, l’instinct. De survie.
        En règle générale, c’est rarement une avancée pour l’espèce humaine.
        Il est encore temps que ce que la raison a fait qu’elle le défasse.
        Encore faut-il sortir du ‘pas de peu’ (et non de deux, TEPCO ayant été ‘vitrifié’ par la catastrophe, économiquement, techniquement, humainement, financièrement) que joue l’Etat japonais.
        L’appel à l’aide extérieur est un premier pas dans la bonne direction.

        Mais il intervient 15 jours trop tard …

      6. @Fatso :
        ‘pour le coup.’ : merci, pour le coup 😉

        ‘Le plus probable est que des écoulements très radioactifs vont se produire et gravement contaminer le site et l’environnement local (ce qui est déjà dramatique).’
        :
        Je l’espère aussi. Mais le mode de contamination ne semble pas suivre ce mode opératoire, en tout cas en ce moment. Car quand bien même le corium en cours de formation coulerait au fond de la cuve sans émettre des nuages de particules, le risque persiste d’un contact avec l’eau.
        Ne pas oublier qu’il existe 4 réacteurs, aussi.

      7. @ PAD

        Si je peux me permettre, « äº”è¡Œ » [wÇ”xíng] correspond aux cinq éléments (五 : cinq, è¡Œ : (ici) constante, élément), à savoir feu, terre, métal eau, bois.

        Lien Wikipedia

      8. Si je ne me trompe, cela signifie que lorsque des enjeux vitaux sont sur la table, l’instinct prend le dessus de la raison.

        Si tel est le cas, en cas d’urgence pour la préservation de l’espèce, le cortex dominerait le néocortex.

        Mais lorsqu’urgence il y a, n’est-il pas logique que l’homme ait recours à ce qui lui procure le plus de puissance, pour y faire face? Car la puissance, c’est ce qui permet d’asseoir son courage face à l’adversité.

        Et si cette puissance siège dans l’instinct, pourquoi ce dernier serait dominé par la raison en temps normal?

    4. épiphénomène : « phénomène qui accompagne le phénomène essentiel sans être pour rien dans son apparition ou son développement » : la catastrophe de Fukushima n’est certes pour rien dans cette grande crise que traverse l’Occident, c’est un symptôme, mais ce n’est pas qu’un symptôme secondaire. A côté du pétrole, l’électricité est au centre du système, et l’électricité nucléaire au centre du complexe militaro-industriel. On peut parier qu’aucune centrale nucléaire ne serait jamais sortie de terre sans un état policier pour protéger leurs promoteurs. Idem pour les gaz de schistes. Voir dans cette catastrophe un « épiphénomène » est une absurdité.

  3. En tout cas, le débit du Rhin.. est constant, embouchure ou pas, et par seconde est inutile, le débit étant déjà calculé par unité de temps. Petite remarque 🙂

      1. C’était difficile de terminer votre phrase en fait c’était ça le problème, c’est la période qui exige une précision ! C’est le style.

    1. Juste, un débit, tout comme une vitesse d’ailleurs, sont des valeurs issues de fonctions dérivées de type dv/dt

      1. bah, vu le post précédent, même la haut, ils ont internet, ce qui parfois leur permet de dire des choses sensées.

    2. Si on veut rajouter les secondes, je crois qu’il faut parler de … 2 000 m3/seconde !
      De lave.

  4. On ne pourra pas se débarasser de l’atome en moins de 20 voire 30 ans. Un des problèmes vient du fait que le réacteur contient le carburant pour un an voire plus. C’est comme si une voiture à essence était reliée au dépôt de pétrole! En cas de problème on multiplie les risques. Ne serait-il pas possible d’imaginer des réacteurs avec beaucoup moins de combustible (pour une semaine ou un mois?). le coût serait plus élevé mais le risque bien plus faible et peut-être acceptable. Qu’en pensent les spécialistes?

    1. Les spécialistes ? ils sont partis au loin ! (patagonie, afrique du sud, tasmanie) On va devoir se débrouiller tout seul, comme des grands.

    2. Effectivement, il existe des petits réacteurs de quelques 10aines de MW à quelques 100aines de MW. Par exemple, la plupart des porte-avions et pas mal de sous-marins sont propulsés par des réacteurs nucléaires.

      L’avantage est effectivement que la sûreté est bien meilleure (certains fonctionnent même sans alimentation électrique).

      Inconvénients en revanche: gestion des déchets plus problématique, et surtout…risque de prolifération….

    3. Techniquement, faire des réacteurs d’une puissance de 300 MW par exemple (le tiers des premières tranches françaises) ne pose pas de problème. Ne pas oublier quand même l’optimisation économique : calculer le prix du kW installé pour une centrale de 300MW n’est pas la même chose que pour un centrale de 900MW considérant les coûts d’investissement liés au nucléaire. Si AREVA arrive à démontrer que le cout de son kW nucléaire installé est inférieur à celui du thermique conventionnel (charbon – calcul très contestable par ailleurs), c’est bien parce qu’elle est dans les grandes puissances (> 1500 MW).

      Mais franchement, là n’est pas le problème. 300, 900 ou 1500 MW, le nucléaire reste le nucléaire. Que vous ayez un accident avec une Twingo ou un 30t ne change rien à votre destinée. La petite centrale de Brennelis arrêtée il y a bientôt 30 ans est encore sur nos bras !

      1. @Didier

        Ca m’étonnerait que le nucléaire soit moins cher que le charbon dans la plupart des pays (Chine, Allemagne ?). D’ailleurs, le fait que la joint venture eDF-Constellation se soit cassé la figure aux Etats-Unis provient du fait que des études ont montré que le nucléaire était plus cher que le gaz de shiste. Donc « drill baby drill » pour reprendre les mots de Palin.

        Et ce n’est pas vrai que AREVA n’est que dans les grandes puissances. ATMEA, KERENA, sont des réacteurs dont la puissance est entre 1000 et 1200 MW. Prix au kW/h effectivement plus élevé.

        Et enfin, pour reprendre votre propre métaphore, il est certainement plus facile d’éviter l’accident dans une Twingo que dans un 30t (ne serait-ce que par la capacité de freinage), et si vous allez quand même y passer l’impact sur le monde extérieur est bien différent. C’est pareil avec le nucléaire: des centrales plus petites peuvent être proportionellement plus facile à gérer en situation accidentelle, et en même temps provoquer moins de dégats dans l’environnement. Mais il faut évidemment comparer les situation « une centrale à 1500 » versus « trois centrales à 500 ».

        PS: Quel rapport entre un accident et Brennelis, qui est en démantèlement ?

    4. Bonjour,
      Je pense qu’il y a légère méprise sur la nature du combustible. Mettez un litre de fioul dans la chaudière, on se chauffera pendant 5 heures, mettez 2 litres, pendant 10 heures…

      Le combustible nucléaire ne procède pas suivant cette logique linéaire.

  5. C’est un « stress test ». Pas de souci. Nous avons l’habitude 😉

    Excellent article, Zébu.
    Et j’en rajoute une couche avec notre « cher » Trichet qui va relever son taux de directeur en prévoyant une hyper-inflation.
    Car il ne s’agirait pas que le Japon serve d’excuse dérivative à nos chers « richépuissants ».

    Ils en sont d’ailleurs responsables vu l’obstination qu’a montré Tepco à vouloir un « business as usual » alors que la situation était déjà incontrôlable.

    N.B. : Tepco n’arrive plus à trouver d’ouvriers pour aller bosser sur le site. Etonnant…

    1. Merci Yvan.
      J’espère que ta foi dans l’instinct de survie de l’espèce humaine va une nouvelle fois démontrer sa ‘raison’ …
      A commencer justement par les ‘ouvriers’ et les ‘ingénieurs’, enfin, les premiers plus que les seconds.

      « Monde de merde », comme dirait George.

    2. N.B. : Tepco n’arrive plus à trouver d’ouvriers pour aller bosser sur le site. Etonnant…

      Si j’étais ouvrier dans le nucléaire, j’accepterai d’aller bosser sur le site pour sauver des milliers de personnes, à une condition : qu’un patron de TEPCO participe à part égale. Après tout ils sont tout à faits capables d’arroser un réacteur. Il serait normal qu’ils paient le prix de leur incurie, aussi. A minima, à égalité avec les vaillants et extraordinairement dévoués ouvriers qui interviennent depuis le début de cette catastrophe. J’oubliais, faudrait aussi penser aligner leurs salaires sur celui des ouvriers, à travail égal, salaire égal.

      1. Lemar.

        La Chine, suite aux trop nombreux accidents de mines, a décidé il y a quelques mois, que les dirigeants des mines devaient aussi descendre…

        Je demande d’ailleurs la confirmation d’une info : il paraitrait que les concepteurs de sous-marins devaient participer à la première plongée.

        Zébu, depuis longtemps, je sais qu’ouvriers et ingénieurs ne sont rien les uns sans les autres.
        Ne faisons pas du « diviser pour mieux régner », cela profite toujours à ceux qui sont au sommet.

        Par contre, en Russie Soviétique, un ingénieur comme un médecin gagnait 2 fois le salaire d’un ouvrier. Point.
        Et tout le monde était content.

      2. Yvan, je sais bien mais je ne peux que constater que ce sont, comme toujours, les ouvriers qui crèvent des conneries réalisées par les ingénieurs.
        C’est particulièrement le cas dans le nucléaire, où on envoie des intérimaires faire le job, pas les ingénieurs : sont pas cons, ceux là, ils savent ce qu’ils ont construit …

        ‘Et tout le monde était content.’ : ben non, justement …

      3. Zébu.

        La vidéo de Jorion dans le sujet au-dessus le dit aussi…

        Il existe encore quelques ingénieurs responsables….

        Et d’ailleurs, crois-en mon expérience, ils servent souvent de … fusibles.

      4. Non, Batracien.

        C’est la « Direction » qui décide d’embaucher ou de garder une structure légère.

        Le responsable Achats d’une boite aide dans la rédaction d’une politique Achats. En aucun cas il ne la décide.

      5. @ Yvan :
        « Il existe encore quelques ingénieurs responsables…. » :
        heureusement, sinon on n’aura jamais assez d’ouvriers et d’employés pour rattraper leurs conneries 🙂
        (je dis juste ça pour faire râler, Yvan … 😉 )

  6. « Le ciel était obscurci par les cendres volcaniques. Ce fut un été sans Soleil. Il neigea en août et cet hiver fut un des plus rudes de mémoire d’homme ».

    Benjamin Franklin

    En 1783, il était à Paris, pour la signature du traité de paix (de Paris) qui mettra fin à la guerre d’indépendance.

  7. Alors que cet hiver volcanique toucha une bonne partie de l’hémisphère nord, de l’Amérique du Nord jusqu’en Egypte, seule la France entrera en révolution en 1789

    Ben oui ! Et pourquoi donc ?

  8. Panem et circenses : tant qu’il y a du pain, le Tour et l’OM, pas de révolution en vue par ici. Mais les tensions intraeuropéennes vont s’aggraver sur la question énergétique. Une percée des lepénistes ou des mélanchonistes pourrait aboutir à un éclatement de l’euro et de l’Europe, ce serait un début de révolution, avec une belle plongée du niveau de vie matériel en perspective.

    Pour avoir faim (surtout les pauvres), il faudra compter plutôt sur des catastrophes climatiques et un pétrole (qui sert à faire marcher les tracteurs et à fabriquer engrais et pesticides) hors de prix. Un peu plus tard, donc, mais peut-être bien pas tant que ça.

    C’est tout de même au Japon que Fukushima devrait déclencher quelque chose en premier lieu, une fois la phase de sidération terminée. Le fatalisme, ça va bien un moment, mais faut pas pousser !

    1. Il me semble que pour l’instant, tout comme les français et les ‘occidentaux’ à la fin des années 1780, les japonais subissent les catastrophes.
      Réaction de survie collective. Résilience.
      Dès qu’une accalmie surviendra ou qu’une rupture psychologique se sera opérée, on devrait les entendre, sauf si la catastrophe redevient maitrisable.
      Ceci dit, on commence à voir des manifestations à Tokyo (ce qui était inimaginable au Japon il y a seulement 1 mois) …

  9. Citation de Mike:
    « Beaux nuages de fumée dans notre monde « tout médiatique »… où on fait comme si la plus grande conflagration mondiale à ce jour n’avait pas encore commencé. »

    C’est clair ! Le jour où ça parlera à tour de bras de mettre en pratique des vagues de solutions radicales , l’aube d’une ère nouvelle salvatrice marquera l’Histoire. Mais effectivement, pour l’instant, ainsi font font font les petites marionnettes… pendant qu’un grand nombre de miséreux crève la dalle ou crève tout court. Dans tous les pays. Je hais ce système, il m’exaspère ! Tout comme ces zélites et leurs blabla immangeable ! Répugnant !

  10. Je ne sais pas ce que les météorologues pensent aujourd’hui des effets de Läki sur la dégradation du climat dans les années 1780, mais toute catastrophe touchant la chaîne alimentaire menace l’ordre social, c’est évident. Alors…
    Merci à Zébu d’introduire une réflexion sur les conséquences à long terme de la castrophe de Fukushima dans ce qu’elle risque de changer l’ordre mondial – et la survie des humains autour ou loin des sources de radioactivité.

  11. Une révolution de plus ne serait pas suffisante!
    Je suis plus curieux de connaître notre évolution dans les décennies à venir…

    Vous nous dites responsables de notre propre déchéance nucléaire
    Par esprit de lucre. Ou par orgueil prométhéen.

    Ce peut aussi être par sottise, ou par ignorance. Même experte. Certaines vagues étant connues pour atteindre 38m de hauteur. D’autres vagues à venir étant encore inconnues. Mais Tepco le savait-il? Tepco faisait-il la distinction entre contrôle et maîtrise du nucléaire? Entre contrôle et maîtrise de la nature? Quadruple non. Les japonais ont parié sur Tepco et ils ont perdu.

    Et est-ce que valait vraiment le coup de le savoir, de prendre ce risque, ou de ne pas alimenter les distributeurs de petites culottes usagées que vous croisez à chaque coin de rue à Tokio? Je les trash un peu, c’est parce que je les aime bien, mais il nous faudra un jour poser la question de l’utilisation de l’énergie plutôt que de sa production.
    Les japonais vont-ils casser leurs distributeurs automatiques nucléaires pour faire la révolution?
    Et nous, allons nous détruire nos ordinateurs?
    Permettez-moi d’en douter!

    Pour la chaîne alimentaire contaminée, hélas il n’y a pas eu besoin d’attendre Fukushima…
    La plupart de nos semblables continue de bouffer du pétrole-pesticide ou de crever de faim; l’agriculture traditionnelle est elle en voie d’extinction.
    L’inquiétude présente vient plutôt de la capacité du Japon à produire les derniers Ipads. Sans mentir, c’est ce que l’on pouvait lire dans reuters la semaine passée.

    La révolution a peut-être besoin de ventres vides, et peut-être de ventres contaminés. De toute façon elle aura les deux. Pour l’instant les pauvres ont le ventre le plus gros… c’est comme ça… une question d’éducation alimentaire je crois.

    La catastrophe de Fukushima est un événement historique, c’est indéniable, au même titre que le 11/11/01 ou les révolutions au moyen-orient. Mais chercher des causalités à tout prix pour saisir le sens d’une histoire qui s’accélère est un vilain défaut!

    On peut dire que le 11/11/01 a engendré l’invasion de l’Irak.
    On peut dire que l’immolation d’un jeune homme tunisien a engendré la révolution.
    On peut espérer que l’accident de Fukushima aura des conséquences… positives.

    Attention: ne pas confondre élément déclencheur choisi comme symbole pour illustrer un fait historique et causalité.

    Et au passage merci pour votre excellent billet Zébu!

    1. @ Pipas :
      Je comprends votre point de vue et le partage : « Pour la chaîne alimentaire contaminée, hélas il n’y a pas eu besoin d’attendre Fukushima… ».
      Pesticide, OGM, hydrogénée, etc.
      Reste qu’il reste quand même soit des poches de résistances soit, parce que le monde est encore rural, une agriculture traditionnelle, dans le monde (le monde occidental n’étant pas LE monde).
      Reste aussi du temps pour inverser les choses.
      Avec Fukushima, le risque est … qu’il n’en reste plus si la catastrophe empire. Une contamination à grande échelle de la chaine alimentaire, même ‘restreinte’ sur le Japon et je vous parie vos petites culottes que les japonais délaisseront petites culottes, ordinateurs et distributeurs automatiques en moins de deux : instinct de survie.

      Je ne cherche pas LA causalité : elle n’existe pas (du moins, ici bas).
      Je cherche simplement à répondre à Les pieds dans le plat qui m’avait demandé d’identifier le type de risques majeurs selon moi : la contamination, je veux dire la contamination immédiate, réelle ou psychologique de la chaine alimentaire en est une.
      A mon sens, la seconde.
      La première, c’est la guerre nucléaire.
      Du moins concernant le second type de risque, humain.

      Dans le premier cas, tout est évidemment possible mais relève du domaine de la divination ou de l’eschatologie.
      Il faudrait demander à quelqu’un d’autre … 🙂

  12. Au risque de passer pour un ignorant, quelqu’un aurait-il une idée des doses radioactives
    – qui s’échappent
    – qui pourraient s’échapper (au max)
    – qui s’échapperont surement

    Une simulation visuelle serait la bienvenue pour éclairer mon globe (et le vôtre).
    Pour finir, une brève mention de la dangerosité de ces seuils (pour comprendre de quoi on parle) serait un vrai plus.
    merci

    1. Je ne voudrais pas plomber l’ambiance mais de mon humble point de vue totalement non qualifié, je vous répondrais:
      – doses qui s’échappent : existantes donc potentiellement actives à un endroit ou à un autre de la planète, particules pouvant d’ailleurs nuire à plusieurs reprises, être ingurgitées et une fois expulsées continuer leur chemin dévastateur.
      – doses qui pourraient s’échapper au max : 6 réacteurs plus les piscines qui seraient abandonnées pour cause de radiation trop puissantes, cela donnerait du jamais vu. Les fameux experts ont-ils faits des simulations pour mesurer les doses maximales pouvant être produites? Connaissent-ils parfaitement le cocktail qui s’est produit à l’état liquide et à l’état gazeux? Je pense qu’ils ont préféré surveiller la bourse mais je dois être de mauvaise fois.
      – qui s’échapperont surement : de quoi provoquer des millions de décès par cancers dans les années à venir.
      Et encore, c’est ma vision la plus optimiste de la situation.
      Je suis grand-mère d’une petit-fille de 5 jours. J’ai un petit-fils de 5 ans. Quel avenir pour eux et pour tous les enfants de la Terre?
      J’ai toujours habité à une trentaine de kilomètres d’une centrale nucléaire. Je souffre d’une maladie thyroïdienne comme tant d’autres. Aujourd’hui, je me sens bien nulle de n’avoir pas milité contre le nucléaire car sa dangerosité ne m’avait pas échappé et ce depuis de nombreuses années.
      Mais au fait, les constructeurs de centrales nucléaires, ils sont faits en quoi? Et notre VRP national?

      1. Comme vous ditez vous saviez, ou vous en aviez entendu parler, à propos des dangers du nucléaire.
        Nous savons tous que notre organisation sociale est en fait dirigée contre la vie.
        Ce qui fait la différence c’est l’importance du déni de conscience, variable selon les individus.
        Ce déni est une véritable névrose des temps modernes, un produit de la religion d’aujourd’hui.

  13. L’Islande est un véritable chalumeau équipé d’une trentaine de volcans actifs, dont quatre susceptibles de déclencher une catastrophe comparable à celle du Läki. L’un deux, « grand frêre » du petit volcan qui a semé la pagaille dans l’aviation civile l’an dernier, habitué à éructer tous les dix ans, devrait bientôt se manifester.

    Comme quoi faut pas désespérer : pour l’instant, nous n’avons « que » Fukushima …

    1. J’espère que notre mode de production énergétique à ce moment-là ne sera pas « tout solaire ».

      Sinon on risque fort de se retrouver face à la constatation suivante: la production énergétique et par extension l’activité humaine est par essence risquée.

    2. Si ce n’est déjà fait, les islandais devraient s’orienter vers la géothermie: pas de risque supplémentaire dû aux nucléocrates.

      1. Je suis désolé, mais le terme nucléocrate m’insupporte. Je vais donc m’autoriser un petit message sarcastique.

        Or donc, au lieu de commentaires généraux s’apparentant fort à des répliques de comptoir, prenez donc environ 30 secondes pour taper avec vos petits doigts « islande » + « géothermie » dans google et constatez que oui, l’Islande utilise bien la géothermie pour subvenir à 90% de ses besoin en chauffage et à 20% de ses besoins en électricité (le reste étant du fossile bien sûr).

      2. @Reiichodo/Reeichidodo
        Ben précisément, le terme « nucléocrate » est choisi pour insupporter les insupoportables.

      3. Pour mon nom, ce n’est pas ma faute: mon ordi au travail n’accepte pas le renseignement de champs, je suis donc obligé de faire ça en aveugle 🙂

        @schizosophie: He bien c’est réussi, mais parfaitement inutile 🙂 Ca c’est bien les écolos-bobos !

  14. Merci Zebu.
    L’Histoire a le don de requalifier les insurrections en révolutions.
    Il faut du temps et une bonne dose d’analyse des causes intestines ou extérieures.

    Des gens ont déjà prévu la prochaine.
    Elle a pris 6 ans de retard mais les causes semblent s’accumuler commes des doses en siverts.
    http://zinelibrary.info/files/pdf_Insurrection.pdf

    1. Texte très intéressant mais qui mérite quelques commentaires critiques comme ceux d’Anselm Jappe dans le receuil d’articles « Crédit à mort » (Editions Lignes) dont certains articles sont disponibles sur : http://palim-psao.over-blog.fr

  15. Très bien tout cela…

    Mais pourquoi 1789 et non la Grande Crise du Moyen-âge ?

    Rappelons que 1789 correspond à une phase de démocratisation des armes et des usages de la violence (dite de masse) : il fallait 3 semaines pour apprendre à se servir d’un mousquet et quelques heures pour fabriquer un canon et des boulet.

    Aujourd’hui, comme au Moyen-Age, les moyens militaires sont hautement technologiques, professionalisés à outrance.

    D’où ma réflexion, déjà menée sur ce blog : ne sommes-nous pas trop optimiste à voir se mettre en place les prodromes d’un nouveau 1789 (nuit du 4 août pour être exacte) alors que rien n’est certain. Cela peut aussi basculer vers ce qui s’est passé au XIVème siècle, et là c’est moins drôle (avec le césium et l’iode radioactive à la place du Yersinia Pestis), surtout pour les plus pauvres…

    Il faut donc chercher plus loin les zones d’inflexion entre ces deux enchaînements qui partent de situations similaires et aboutissent à des résultats opposés (à court terme).

    Cordialement,

    CM

    1. Effectivement, il n’est pas certain que notre grande crise débouche sur une révolution, car l’on ne voit guère d’idées neuves pour l’alimenter. Les propositions qui montent de partout n’ont rien de fondamental, et sont loin de former un nouveau système. Ça viendra sûrement un jour, mais pas avant la fin du siècle.

      Les nuls en histoire, (dont je suis), peuvent lire La grande crise du Moyen Âge .

      1. Pas d’accord Krapo, la révolution n’a pas besoin d’idées neuves, mais d’individus déterminés à stopper quelque chose. Les idées, recuites ou pas, y’en a toujours, il faut juste un support….

        Mesdames et messieurs!
        Voici Seigneur Crapaud qui réside…
        Dans ce buisson-ci. Issa Kobayashi 😉

    2. @ Cedric Mas – ça me plait bien ce que vous dites mais jusqu’à la dernière phrase que je ne comprends pas bien. Pourriez vous élaborer comme disent nos amis british ?

      1. Utiliser la machine à remonter le temps, j’ai nommé l’histoire pour trouver d’autres articulations pertinentes dans la chaine des causalités…
        Beaucoup de mal à m’arracher à la posture prométhéenne du sujet connaissant..
        Sniff,sniff…

      2. J’avais écrit là dessus.
        L’idée est d’être attentif à ne pas trop vite choisir la Crise que nous préférons, en écartant les autres.
        La Grande Crise médiévale fut une terrible épreuves, causée par un enchaînement de catastrophes naturelles et de faillites des élites (crise économque liée à la financiarisation…) qui va finalement profiter… aux élites et aux structures en place au prix de la disparition physique des plus pauvres dans d’horribles souffrances (pestes noires, guerres, famines…. jusqu’aux derniers cas de cannibalisme en France).
        D’une crise systémique majeure, on aboutit sur deux générations à l’inverse de la nuit du 4 août, les structures féodales et inégalitaires sortant renforcées de l’épreuve, grâce à l’extermination des plus défavorisés.

        est-ce plus clair ?

      3. @ Cedric Mas : excellent, merci beaucoup. Je partage votre remarque. Sans vouloir être désagréable, il y a sur ce blog un tropisme pour 1789 que j’ai un peu de mal à comprendre quelques fois.

    3. @ Cédric Mas

      Je soutiens pleinement vos propos et reste convaincu que la situation actuelle n’a pas grand chose de comparable avec celle de la fin du XVIIIe siècle. Mais encore ? me direz-vous. Je crois qu’il est préférable que je laisse à des auteurs plus talentueux que moi le soin d’expliciter cela (déjà une tentative par Cédric mas, il n’ y a pas si longtemps).
      Je me demande si cette insistance à se raccrocher ainsi à des analogies avec un mouvement révolutionnaire qui a profondément marqué positivement notre civilisation ne constitue pas un forme de déni de la réalité. Une tentative désespérée de se raccrocher à l’espoir d’un grand soir et d’une belle nuit.

    4. @ Cedric :
      Tu as raison. Le pire n’est jamais sûr. Je parlais d’ailleurs de la peste de 1348, comme rupture. L’entrée en révolution pourrait bien être aussi de cet ordre là.
      Pour ma part, je situerais les zones d’inflexion sur le rapport entre l’homme et le divin (ou sa place dans l’ordre céleste) et entre l’homme et lui-même.
      En 1348, en France, on est en plein dans l’après Crécy (guerre de cent ans) mais aussi en plein dans le ‘schisme’ d’Avignon. Les hommes sont dans un ordre troublé et n’ont pas encore connu la renaissance, soit un rapport d’avec eux mêmes très différent dans ce plein moyen-âge. La peste va rendre possible l’émergence d’une explication eschatologique : la punition divine face aux péchés des hommes.
      De sorte que l’enchaînement pour sortir de cette rupture est très difficile à assumer. Il faudra attendre la fin de la guerre de cent ans et les prémices de la renaissance pour que ce soit le cas fin du 15ème siècle, tant par rapport à l’ordre céleste que par rapport à l’Homme.
      A l’inverse, la révolution française a été précédée par un siècle dit des lumières, qui donne un toute autre appui aux hommes dans leur rapport avec leur environnement, qui n’est plus celui de l’ordre céleste mais bien de l’Homme par rapport à lui-même : l’enchainement qui suivra est donc ‘logique’ ou ‘naturel’. Il sera politique.

      Il me semble que tu as raison de dire que nous sommes dans une zone d’inflexion.
      La foi dans le divin a été remplacé par la foi dans la science, science qui se voit être remise en question, ou du moins que son ‘ordre’ semble ébranlé.
      Fukushima est le prototype même de la perte complète de repères dans cette foi scientiste.
      C’est une occasion unique pour sortir de ce positivisme. Mais il me semble que l’environnement que nous connaissons actuellement se rapproche plus de celui de 1347 que celui de 1788 : je ne vois pas de ‘siècle des lumières’ nous précédent (plutôt le siècle des boucheries …).

      Mais sur quoi s’appuyer dès lors ?
      Pour ma part, je crois avoir identifier qu’un des points d’appuis de sortie de la crise du Moyen-âge fut de s’appuyer sur … le passé, à savoir les civilisations greco-romaines, pour créer une renaissance.
      Revenir à l’origine de la démocratie. Et Aristote ?

      1. Il me semble que Paul avait écrit sur les nervures du temps un article très « psychohistoire » non ?
        Plus sérieusement, nous sommes dans une zone d’inflexion majeure en effet.
        Ce que tu écris sur la perte de foi m’inquiète car aujourd’hui aussi nous sommes dans une perte de foi.
        De même, je rappelle que le succès de la Révolution française tient à l’échec des moyens de maintien de l’ordre, la technique militaire s’étant démocratisée à l’extrême. Or aujourd’hui on constate une réduction de cet accès avec de nouveaux moyens de contrôle social, et une professionnalisation militaire mettant à nouveau des armées de technologie face à la masse plébéièenne.
        MAIS, pour rester optimiste, nous avons en commun avec le XVIIIème finissant deux éléments majeurs : un accès à la connaissance répandu dans toute la population, et de nouveaux moyens de sociabiliation (le net remplaçant les clubs qui firent tant pour l’éducation politique des citoyens).
        Cela n’existait pas lors de la Grande crise du Moyen Age.
        Mais rien n’est joué…
        C’est je pense au milieu de la décennie que les choses vont se décanter…
        CM

      2. C’est vrai que pour la renaissance, on oublie quand même … l’imprimerie, qui contribua à sortir de la crise du Moyen-âge (et à sortir du moyen-âge tout court).
        De même, les salons philosophiques du 18ème siècle ont préfiguré les clubs révolutionnaires.
        Internet, en tant que média et en tant que ‘lieu’ (virtuel) d’échanges est donc un vecteur non négligeable, peut-être même primordial.
        Paul parlait de ‘guerres numériques’.
        Toujours pour la possession de … l’information (ou de la connaissance).

        Concernant la technique militaire, je suis plus dubitatif.
        La journée des tuiles de Grenoble a montré justement que les troupes face à la détermination populaire n’ont pas pu en venir à bout, malgré leur supériorité technique et l’accessibilité de cette technique à la population (uniquement des tuiles et des barricades).
        De même, la prise de la Bastille s’est faite grâce aux retournements de certaines troupes contre la place forte.

        Tu noteras que c’est, aussi, ce qui s’est passée en Tunisie, dans une mesure plus que relative en Egypte et pas du tout (ou presque) en Libye.
        😉

      3. Je ferais très modestement deux remarques :
        – la structure d’Ordres telle qu’elle existait soit au Moyen Age soit avant 1789 rend difficle je crois tout rapprochement pertinent afin d’en tirer des conclusions sur ce qui va advenir
        – Emmanuel Todd dans son Le rendez vous des civilisations écrit avec Youssef Courbage (La République des Idées au Seuil – 12,5€) nous explique très bien le lien entre taux d’alphabétisation et déclenchement des révolutions. Toute chose bien applicable dans notre monde ancien. Mais aujourd’hui, j’imagine que le taux d’alphabétisation au Japon est proche de 99%, comme en Europe ! Alors ?

        Enfin, très discutable le « De même, je rappelle que le succès de la Révolution française tient à l’échec des moyens de maintien de l’ordre …. » En Juin 89, les troupes n’étaient elles pas massées à Versailles ? Le Royal Allemand aurait écrasé l’Assemblée et les manifestants en 48h.

      4. Je maintiens mon appréciation : en 1789, les moyens militaires sont démocratisés (on entre dans l’ère des guerres de masse, de conscription).
        Au Moyen-Age il fallait des années pour faire un bon chevalier ou un bon archer, et il fallait des moyens technologiques excédant les capacités du peuple « vulgaire ». Comme aujourd’hui où personne ne serait capable de fabriquer des armes de haute technologie, et encore moins de s’en servir…(vous savez fabriquer un avion, un char ? pas plus qu’un paysan ne pouvait fabriquer une armure de plates).

        Au XVIIIème – XIXème siècle, la poudre noire se fabrique facilement (salpêtre, soufre et charbon de bois), comme les canons et boulets ou les grenades (la technique de forge nécessaire est grossière et suffisamment maîtriser dans tous les villages), et la manipulation des armes à feu simplissime (même pas besoin de savoir lire).
        Si les manoeuvres complexes des armées de l’ordre mince nécessitent un entraînement de quelques semaines en bataillon de dépôt, le combat en ville est à la portée de tous.

        Comme vous le relevez, en 1789, le Roi avait rassemblé des forces à proximité de Paris prêtes à écraser la Révolution (comme certains le lui demandaient d’ailleurs). Mais il a refusé, pas par humanisme mais d’abord par faiblesse puis parce que l’issue du combat n’était pas acquise face à la population en arme dans une ville aux rues étroites (cf l’exemple de Grenoble).
        D’ailleurs le XIXème siècle sera marqué par de nombreux soulèvements populaires en milieu urbain qui seront difficiles à réprimer de plus en plus difficile puisqu’à la fin, en 1871, il faudra sortir de la ville pour y revenir de l’extérieur (et par trahison) – il y a d’autres exemples ailleurs qu’à Paris.

        Donc, à mon humble avis, la question du contrôle social et de l’accès aux moyens de violence (armes) est un point d’inflexion entre 1789 et aujourd’hui.

        Face à des blindés et des armes plus ou moins létales, la population n’a… que des pavés (lorsqu’ils n’ont pas été enlevés), et des armes par destination, à la limite quelques armes dont elle ne sait pas se servir et qu’elle n’a surtout pas les moyens d’entretenir (fusil d’assaut etc…) ni d’alimenter en munitions (une cartouche de Kalash de 5.45 nécessite une autre technologie qu’une balle de mousquet, et je ne parle même pas de celle de 7.62).

        Certes cela ne fait pas tout (il reste la force morale, qui peut faire défaut pour réprimer de manière sanglante une « émotion populaire » comme en Tunisie), mais c’est un élément à prendre en considération lorsqu’on veut analyser les points d’inflexion.

        Il y en a d’autres.

        CM

  16. le plus grand épanchement lavique de tous les temps

    hum hum, il me semble qu’il y a 65 millions d’années, ce qui a formé les Trapps du Deccan étaient des coulées de lave d’une ampleur considérable. De là à y voir un lien avec l’extinction des dinosaures…

    1. Bien vu.
      J’ai oublié un terme que le vulcanologue avait rajouté : ‘historiques’, les temps, ‘historiques’.
      Avant, je sais pas, j’ai séché les cours de paléontologie (c’est mal : je me fouetterais 20 fois avec un humérus de Rex avant de me coucher ce soir).
      🙂

      1. je me fouetterais

        Je constate que Zébu accommode avantageusement la conjugaison pour ce qui est des pénitences futures… Que voilà un conditionnel fautif bien peu catholique. ! La sincérité de la contrition s’en révélant plus que douteuse, vous doublerez le châtiment, pénitent Zébu…

  17. Ne poussez -vous pas le bouchon un peu loin Zebu avec des considérations historiques quand même contestables :
    1/ la crise de production agricole, notamment/surtout celle du blé, est récurrente pendant toute la seconde moitié du 18ème siècle en France. Je me permets de vous rappeler que la guerre des farines, c’est 1776, soit 7 ans avant 1783 ! Et ne venez pas me dire que la réforme de Turgot ne touchait que la circulation des grains. Turgot a voulu cette libéralisation de la circulation des grains justement parce qu’il y avait crise. Il en espérait une meilleure répartition dans le royaume. J’ajoute qu’à l’inverse le nuage de Tchernobyl, les effets de l’éruption volcanique de 1783 n’auraient touché que la France ? Curieux.
    2/ « la gabegie de la royauté française » dites vous. Je vous rappelle et vous le savez très bien que l’énorme déficit du budget français à cette époque est du à la guerre d’Amérique. Point de gabegie la dedans, une volonté politique de Vergennes soutenu par Louis XVI contre la Perfide Albion. Des historiens sérieux ont estimé que les frais liés à la Cour (Marie Antoinette et sa coterie) ne dépassaient pas 5% du budget annuel, je pense que c’est à cela que vous pensez en utilisant le mot gabegie.

    Mais surtout, ce qui ne va pas dans votre rapprochement c’est que les phénomènes sont de nature différente. Vous semblez d’ailleurs l’admettre en parlant de la cause « naturelle » de l’un et « humaine » de l’autre.
    En fait, ce que l’on constate c’est qu’aussi douloureux que puisse être le premier évènement (la famine et la misère), il est contrôlable, maitrisable. Celui que nous vivons aujourd’hui ne l’est pas. De mon point de vue, il est 1000 fois plus anxiogène que le premier.

    Je partage assez l’idée : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Nous ne sommes pas dans le même contexte.

    1. >Didier

      Pour le lien entre le climat et la Révolution Française, il est intéressant de lire l’ouvrage de Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Tome 2, Disettes et révolutions (1740-1860) chez Fayard.

      Il y a eu aussi quelque chose de comparable en Chine, même si cela ne concerne pas le climat: Soulstealers de Philip A. Kuhn chez Harvard University Press. Là, sur fond de troubles écologiques, une « épidémie » de sorcellerie provoquera de grands troubles préludant à la décadence de l’Empire Chinois. C’est assez fascinant car ce type de Grande Peur a eu lieu aussi en Occident.

      Sinon, il y a The Collapse of Complexe Society de Joseph A. Tainter chez Cambridge University Press qui essaie de comprendre comment des cultures différentes, face à des crises écologiques s’effondrent du fait des manques de leurs élites. Je pense que c’est vraiment un ouvrage fondamental à lire actuellement.

      1. Merci blob de cette piqure de rappel bien utile. Cela fait un an que je me dis il faut « s’attaquer » à Le Roy Ladurie. Ça y est c’est fait, j’ai commandé – merci 😉

    2. @ Didier :
      C’est justement parce qu’ils sont d’origine différente qu’il faut les comparer.
      « je pense que c’est à cela que vous pensez en utilisant le mot gabegie » :
      Pas uniquement, dans le sens où vous le donnez, qui ne reprend que le sens de ‘faillite’ (financière).
      La gabegie, c’est le désordre, le chaos mais aussi la tromperie, la fraude, sous l’apparence de l’ordre : l’Ancien Régime, dans toute sa splendeur.
      La famine et la misère provoquée par l’éruption du Läki ne sont pas controlables puisque naturelles. Mais je suis d’accord avec vous sur le fait que celui de Fukushima est ‘pire’ puisqu’il est de notre fait.

      Enfin, prenez les registres paroissiaux et regardez le nombre de morts dans les mois suivant l’éruption du Läki : vous verrez, c’est spectaculaire. Bien pire que la ‘guerre des farines’ et les famines d’ancien régimes (auxquelles les hommes étaient ‘habitués’).

      1. >J’ai oublié de signaler un autre excellent ouvrage, de Mike Davis chez La découverte, intitulé d’un façon un peu grandiloquente Génocides tropicaux. L’ouvrage est née d’une étude sociologique menée lors d’un colloque de climatologie. Mike Davis s’est entiché du sujet et a écrit un ouvrage remarquable montrant comment les phénomènes climatiques du début du XIXeme siècle, notamment un phénomène El Nino de grande échelle furent utilisés par la Grande Bretagne pour briser l’Inde.

        C’est un excellent ouvrage, jouant sur une multitude de registre, comportant d’ailleurs un chapitre de physique du climat tout à fait pertinent.

  18. Merci pour ce très bon article Zébu.
    Pour ajouter les faits concrets prouvant l’origine humaine de la catastrophe on peut lire un article dans le Monde daté du 29 mars: « la catastrophe actuelle a été provoquée par l’imprudence des hommes ». . et dans un autre article sur la situation ces informations:
    – en 1896, hauteur du tsunami = 38m
    – en 1933 hauteur = 29m
    – construction de Fukushima avec un mur de 5,5m (référence d’un tsunami au Chili en 1956 !!!)
    Un mur de 5,5 m, oui c’est haut … et ça prouve bien que le risque tsunami était pensé, mais ‘à l’économie’ comme on dit. D’autre part si on utilise le mot japonais (au lieu d’un mot espagnol du Chili) au lieu de raz de marée c’est parce que le tsunami est lié au tremblement de terre en mer.
    Donc quand les nucléocrates nous ont affirmé que la conjonction des deux événements était un cygne noir (ou mieux pour faire intello un blaque souanne) on s’est bien foutu de notre poire!
    Revenons à ce que dit Nassim N.Taleb du Cygne noir : en gros ça relève de l’incapacité d’accepter l’imprédictibilité’ . Et le nom de cygne noir explique ça très bien. Comme le noir pour le corbeau, le blanc était le signe du cygne… A jamais. Mais en Australie on découvre des cygnes à plumage noir… Et Taleb continue en se moquant de la drogue des ingénieurs : les courbes gaussiennes, cet instrument de prédiction si dangereux quand il est mal appliqué.
    Mais trêve de maths: puisqu’on a erreur humaine on peut , on doit aussi parler de sociologie. Je recommande ce livre si percutant de Christian Morel : Les Décisions absurdes.
    Où il parle avec brio du joint de caoutchouc et l’explosion de la Navette Challenger.
    En résumé on a la conjonction si humaine de la cupidité et la stupidité.
    J’avoue avoir été un agnostique du nucléaire, en pratique même pronucléaire (horrosco referens) car peu de CO2… pour moi les problème de cancers initiés par les nitrates ou les pesticides étaient bien plus importants que ceux des dangers du nucléaire et près d’une centrale j’étais aussi indifférent que lorsque je prends l’avion. Mais bon là ça va j’ai compris. Et je crois que ce type de prise de conscience (d’un ingénieur de formation) va être également un des gros problèmes des nucléocrates et de l’oligarchie en symbiose : « allez- vous faire voir , c’est fini pour vous, il faut sortir vite de ce piège mondial »… si ce n’est pas déjà trop tard.

    1. IL y avait en particulier en 1993 le tsunami d’Okushiri
      avec des vagues de 12 à 20 m à 300 km à vol d’oiseau de l’autre côte du Japon‘Okushiri 1993

      Il fallait être aveugle pour ne pas en tenir compte.

    2. @ tous et à Tolosolainen
      Excellent, ce livre les Décisions absurdes !
      Je le garde en bonne place dans ma bibliothèque, histoire de relativiser sur le comportement de mes congénères quand il devient désespérant. Et c’est vrai qu’en ce moment il y a de quoi.

      Un grand moment de jubilation dans la description de deux navires cargos se transmettant clairement par radio leurs intentions de manœuvre afin d’éviter l’autre… pour finir par s’éperonner sans aucune hésitation !

      Pour rassurer tout le monde, il est à prévoir que le Japon saura parfaitement sacrifier quelques centaines de héros pour mettre fin aux vapeurs et écoulements mortels de Fukushima. Les exemples culturels et historiques de ce pays ne manquent pas : les Shogun, les kamikazes, le Seppuku (harakiri), les attitudes conquérantes des keiretsus ou anciens zaibatsus (conglomérats militaro-industriels). Bref, c’est méconnaître le Japon que de penser qu’il ne saura pas régler efficacement le problème qu’il affronte. La honte, plus forte que tout dans l’empire du soleil levant, et l’esprit d’abnégation sacrificielle forment là-bas un coktail hyper efficace. Après l’hébétude va venir rapidement l’action. Savoir s’ils ont raison ou tort n’a pas beaucoup d’importance.
      A bon entendeur.

  19. non, en terme d’assurance dommage, la catastrophe technologique n’est pas comparable avec une catastrophe naturelle. Ce ne sont pas les mêmes franchises, et c’est bien le point essentiel de la suprématie de l’homme sur la nature…

  20. oui, une blague. Malgré tout, le risque de famine n’est pas crédible pour l’instant, c’est plutôt un risque différé dans le temps, sur la santé des « peuples ». Il y aura un étalement des conséquences de cette catastrophe sur les autres parties du globe non concernées pour l’instant, a priori.
    mais c’est passer sous silence un peu vite la catastrophe financière qui affame les peuples par le jeu de la spéculation sur les matières premières et sème des pré-révolutions, notamment au moyen orient.
    si les famines participent au renversement des tyrannies, nous sommes encore trop bien nourris aux pays de la mal-bouffe, on en crèvera et les révolutions seront avortées…

  21. Merci Zébu…En effet en prenant de l’altitude, on observe par l’analogie historiques des événements des répétitions de scénarios…donc des prévisions et des analyses possibles…J’aime beaucoup votre façon d’aborder le futur…

    1. Je pense que la catastrophe au Japon va changer les orientations du monde, ….
      (avec un avant et un après …
      le désarroi est encore immense, )

      Dans le documentaire d’Arte « nuage mortel » le climat ne reste pas indifférent, il réagit à la pollution du volcan, je crois d’abord les orages, puis le froid
      ( le ciel semble aussi se décharger plus efficacement de la radioactivité de ses nuages par la pluie …. )

  22. Bonsoir ,

    Je viens d’apprendre – bien que M.Jorion nous ait déjà prévenu depuis longtemps ici sur son blog – que la Fed était officiellement en faillite et qu’au Japon on pense déjà à nationaliser Tepco au vu de l’incurie de cette entreprise atomique.

    Une façon comme une autre de socialiser les pertes et de privatiser les profits.

    Le peuple Japonais aura a charge de payer pour les criminels de Tepco. Il est toujours fascinant de voir que dans ce système capitaliste, les plus irresponsables ne sont jamais jugés et ont l’impunité totale. Cela en rappelle d’autres. Plus le crime est immense et plus l’impunité est étendue. On est toujours aussi sidéré de voir l’éternel phénomène se répéter à l’infini. On se demande bien ce qui pourrait arrêter cette folie. Une révolution ? Une nouvelle conscience mondiale sans aucun doute.

    Fed :  » Cette faillite technique s’explique par un facteur précis : la FED a acquis auprès des banques privées tellement de titres «pourris» de créances immobilières au moment de la crise qu’une modeste baisse de la valeur faciale de ces derniers lui serait fatale. La seule solution consistait donc à trouver un autre organisme pour payer les pots cassés. Et c’est le Trésor qui a été choisi, autrement dit le contribuable américain  »

    http://www.lavieeco.com/actualite/La-Banque-centrale-americaine-en-faillite-5501.html

    Les contribuables américains & Japonais ont bon dos. Une révolution ? On va la voir surgir sans doute venant de ces deux pays la brûlant par les deux bouts. Les révolutions arabes auront servit de mèche à la déstructuration accélérée du système néolibéral mondialisé tandis qu’un dénommé Mohamed Bouazizi aura été l’obscur détonateur humain du grand tremblement.

    Voilà un bref message au vu de la teneur de cet article écrit par M.  » Zébu  » .

    1. On voit fleurir ici et là des sites douteux qui annoncent tous que la FED est en « faillite ».

      Je profite donc de l’occasion pour rappeler que ce n’est pas (encore) le cas…

      1. Est-ce même possible? Ils fabriquent les billets non? Je croyais qu’au pire c’était l’hyperinflation, pas la faillite de la FED.

        1. @ Moi

          Dans l’absolu, oui, elle peut faire faillite, comme tout établissement tenu par un bilan actifs/passifs. Ceci étant posé, la seule possibilité pour que la FED fasse faillite serait que l’Etat américain fasse faillite également.

      2. Ah bon l’état Américain n’est pas en faillite? On peut faire le bilan Actif/Passif pour voir? Heureusement qu’il y a les contribuables.

        1. Non, à ma connaissance, il n’est pas – encore – en faillite. Je suis curieux de voir la comptabilisation du bilan pour les Etats-Unis d’Amérique, oui !

      3. Hhmm.. le terme de « faillite » est subjectif. Tout comme l’argent.

        … AIG…

        Certes, l’état américain est le « dernier recours » à toute activité économique aux US.

        Mais il est encore l’état qui peut imposer sa volonté à la planète.

    2. La FED est en faillite réelle, quelle a revendue en ++ au monde entier grâce à ces merveilleux CDS, MAIS virtuellement elle tient debout avec ses comptes/contes cosmétisés ET last but not least un état très très armé qui est son garant, le rêve américain de l’argent c’est très puissant c’est pour çà qu’ils ont la FOI et que le dollar est la monnaie de référence mondiale.Son langage binaire est roi et impitoyable, t’en a où t’en a pas, les gens connaissent leurs places « a right men at the right place ».Dans ce pays on ne sait plus ce qui est réel où virtuel,actif/passif, qu’en penses tu Crapeaud où qu’est ce que tu crois ?
      àJEFF
      des révoltes certaines mais plus de révolutions.
      @Julien
      Faudra bien un jour nous dire ce qu’est un site douteux, serions nous sur un site de prétendu certitude scientifique ? ? ?

      1. Mon cher Georges / Simplesanstete / égalité et désintégration,

        Les sites douteux, ce sont par exemple ceux où tu te permets d’écrire ceci, sans que cela ne dérange visiblement l’éditeur du site :

        C’est le temps des enculés cool de l’extrême droite à l’extrême gauche comme Paul Jorion et son larbin Julien Alexandre, avant gardiste du rien, sous traitant d’Attali que je salue en passant par la bande.
        De plus en plus anti ces mythes.

        Ca te rafraichit la mémoire ?

      2. Ce que j’en pense ? Si j’ai bien retenu ma leçon, seul le système financier est proche de la faillite puisqu’il regorge de dettes que les débiteurs ne peuvent pas payer. Mais la FED n’est pas une banque commerciale, c’est avant tout une institution. Elle peut faillir dans sa mission, elle ne peut pas faire faillite comme un vulgaire débiteur.

        1. Crapaud Rouge, oui, c’est ce que l’on constate malheureusement 9 fois sur 10 lorsque l’on cherche un peu… J’ai une liste longue comme le bras d’exemples.

      3. à Crapaud Rouge
        Je ne pense pas que tout soit aussi simple que décrit dans cet article du grand soir …

        L’article définit l’extrême-droite dans le cadre d’une restriction très singulière dont je ne suis pas très convaincue …
        dans ma logique à moi, (j’essaye de faire simple)
        il y a d’abord la gauche (qui préfère partager) et la droite ( qui rechigne à partager),
        puis l’extrême-droite (qui refuse de partager) et l’extrême-gauche (qui impose de partager)

        A notre époque, je dirais que l’échiquier politique s’est déplacé vers la droite,
        que la gauche est un peu le centre, le centre assez la droite, la droite surtout pas mal d’extrême-droite …
        et que donc de là, les extrêmes sont en chambard,
        -l’extrême gauche devient de plus en plus de la gauche, elle s’attache à mobiliser les électeurs abandonnés par le PS,
        -et l’extrême-droite qui ne se suffit plus à se singulariser d’être d’extrême-droite pour récupérer son électorat tranche dans la droite jusque d’extrême droite entre mondialiste et souverainiste,…

        Je ne vois pas que la « conspiration » fasse la différence pour marquer l’extrême-droite, surtout lorsque ce mot de « conspirationniste » , tel de cet article du Grand Soir, cible Michel Colon ..
        pendant qu’on y est, pourquoi n’en pas rajouter Noam Chomsky, Daniel Mermet, Stéphane Hessel …
        car en effet, qu’est-ce qu’une conspiration ???
        -est-ce que lorsque le gouvernement de Georges Bush a menti dans l’objectif de médire pour outre-diaboliser fallacieusement de l’Irak à l’ONU, c’était ou ce n’était pas une conspiration ???
        -est-ce que critiquer la politique va-t-en guerre d’Israël est ou n’est pas « conspirationniste » ???
        Rien n’est très clair de l’usage de ce mot de conspiration …

        Par contre, je fais entièrement confiance à Julien, lorsqu’il nous signale que la FED n’a pas fait faillite
        (et que mentir de cela est déjà déplorable …
        mais aussi et conspirationniste et d’extrême-droite..
        je rajouterais même que ceux qui donc en sont là, seraient autrement plus malins d »investir carrément et directement dans la création financière d’un CDO-synthétique ou d’un CDS-nu et co, pour parier la faillite de la FED ….. )

        Et lorsqu’il remet à sa place Simple sans tête, je sais qu’il ne s’agit pas en aucun cas d’une conspiration, mais d’un fait

  23. Dans la somme de catasprophe de 2010 et 2011, il y a aussi la marée noire du golf du Mexique. C’est comme Tchernobyl, vite oublié..:(

    1. Vous oubliez les centaines de millions de citoyens qui déversent leurs produits à » déboucher leur toilettes » et autres … en toute bonne conscience …

  24. La révolution, c’est donner libre cours à notre animalité sous prétexte de liquider des usurpateurs au profit de névrosés.

      1. PAD

        « évènement prévisibles »

        Ben voyons !
        Vous voulez dire rétrospectivement prévisibles je suppose 😉

        Citez-moi un article dont vous auriez eu connaissance qui annonçait les révolutions arabes prévoyant non seulement leur soudaineté mais aussi leur effet boule de neige ?

  25. Zébu,

    Je vous trouve optimiste. Dans les trucs polluants qui tuent, je vous propose le mercure et toute la famille des métaux lourds. Je sais juste qu’un rouge très vif est obtenu avec un de ces métaux dits lourds. Dans les deux cas, la pollution est invisible. Pour la voir, il faut de très bons appareils et savoir ce que l’on cherche.

    La radio-activité, de ce point de vue là, c’est la même chose. Tant qu’on ne la cherche pas, elle est invisible. Les cancers induits par une hausse de la radio-activité peuvent être cachés sous l’augmentation actuelle et carrément épidémique des cancers. La mauvaise santé due une irradiation peut passer sous un syndrome quelconque et très mal compris. Les morts par empoisonnement aux métaux lourds peuvent être rangés sous des affections nerveuses (je vois bien une variante atypique de la sclérose en plaques dans le rôle). Donc la radio-activité et la pollution associée peuvent passer inaprerçues.

    Le coup est parfaitement jouable, surtout si je considère nos besoins en énergie. Nous aurons le choix entre notre mode de vie actuel épicé par les difficultés données ci-dessus et des coupures de courant très visibles nous prenant des emplois et nos habitudes pour une raison qui nous échappe. Je pense que le choix sera très vite fait.

    En 2007, la finance a implosé. En 2010, la « reprise » est là. Toutes les mesures de régulation sont enterrées. Les gens qui ont remporté cet énorme « succès » sont aux manettes. Je les vois parfaitement capables de nous convaincre d’être « raisonnables et d’accepter par réalisme, la nécessité du nucléaire ». L’alternative est un changement de logiciel extrêmement profond.

    Un des épiphénomènes que je peux imaginer est la fin de la course à la croissance. Il y en a d’autres. La question de réduire la population mondiale se poserait. Tirer les conséquences du réchauffement climatique me semble une activité très reposante à côté de ça.

    Ce changement sera donc vigoureusement et efficacement combattu par tous les lobbies et tous les représentants de nos zélites. Leur légitimité est en jeu. J’ai pu voir leur efficacité avec Maastrich et Lisbonne. Je suis encore admiratif (?) de la façon dont ils ont fait accepter aux Irlandais la constitution européenne.

    Vous appelez la Révolution. Je suis votre homme pour ça. C’est mon seul espoir. Par contre, je vous demande sur quoi allez vous baser la société, notre société, après cette révolution. Sans cette idée ou un groupe d’idées, cette révolution me semble un suicide, i.e. cette révolution donnerait nos pays à ceux que Michea nomme les Robert Macaire. Je pose la barre très haut. Mais je n’ai pas du tout envie de faire un truc du genre échanger le Shah d’Iran contre Khomeiny. J’ai raté le progrès de l’opération et c’était une révolution superbe.

    1. « Vous appelez la Révolution » :
      Euhhhh …
      Vous avez lu ça où (d’autant que j’ai paumé son numéro, c’est con) ?
      Plus sérieusement, concernant les métaux lourds, on n’en parle évidemment pas.
      La Chimie, l’autre lobby …
      Comme c’est plus lent, c’est moins ‘dangereux’. Pour les zélites.
      Pour votre question, il me semble que ce n’est pas qu’à moi de répondre.
      Mais comme je ne peux pas me défiler non plus, il me semble qu’il faudrait réfléchir aux communs, à la res communis.
      Et refuser de mettre en oeuvre des choses dont le risque est ‘générique’ (nucléaire, OGM, pesticide, …) et dont on ne peut démontrer que l’on maîtrise à 100%.
      En gros, péter un peu moins haut que son cul.

      1. La res communis n’implique-t-elle pas la collectivisation des ressources, de toutes les ressources ?

      2. Zébu,

        J’admets avoir été trompé par le lien entre Laki, Révolution Française et le lien entre Fukushima et Laki.
        Naturellement, si tout cela n’est qu’un empilement d’éléments sans liens, une révolution dans un très proche avenir n’est pas du tout à l’ordre du jour.

    2. DidierF.

      Le mot cancer réveille toujours en moi de vives douleurs. Et il me semble qu’il y a environ 3 mois, j’ai entendu parler d’un colloque mondial dans lequel un pays très pauvre avait un taux de cancer quasi-nul.
      Tout simplement, les habitants étaient « obligés » de ne consommer que ce qu’ils produisaient ou trouvaient.

      Pas du « bio », bien sûr. Mais du non commercial ni industriel.

      1. Le « Bio » avant d’être une marque que les industriels essayent de promouvoir pour occuper le terrain, est avant tout une production d’avant, artisanale et honnête, pour employer des termes qui s’opposent à industriel et commercial.

      2. Peut-être que les gens de ce pays très pauvre y mouraient avant même de pouvoir attraper un cancer….

      3. Quelqu’un. Je pense que discréditer un colloque sur le cancer est très inutile.

        Par ma part, je sais que ce n’est que depuis 2003 que les pathologies de mort par cancer sont strictement répertoriées en France.

        Mais tu devrais te renseigner sur le cancer du sein avant l’âge de 50 ans qui permet un dépistage gratuit et massif.
        Tu resterais ainsi sur le cul et aurais envie de réfléchir.

        Je ne te parle même pas des leucémies infantiles qui sont la suspicion de présence d’agents altérants la reproduction cellulaire, là, ta réflexion ne peut même pas te permettre d’essayer d’y voir clair.

        Laisses-toi bercer par la télé ou le nombrilisme, ce sont tes meilleurs refuges.

      4. Marlowe, le bio est une marque commerciale 70% plus chère (en moyenne) que l’industriel.

        Et encore, 70% n’est pas vérifiable.

        C’est donc du commercial.

      5. Yvan : L’agriculture industrielle est par rapport au bio ce que le nucléaire est pour les énergies propres et renouvelables et durables dites « vertes ».
        Cela a déjà été dit , mais encore une fois : le vrai coût, le coût réel de l’agriculture industrielle, tout comme celui du nucléaire, n’est nullement répercuté sur le prix de leurs produits.
        Pour l’agriculture industrielle un seul exemple suffit pour expliquer:
        L’eau dite potable (du robinet) : on estime aujourd’hui que rien que le coût de la dénitrification de l’eau du robinet coûte environ 0,28€ / m3 et je ne parle pas des pesticides dont certains ne peuvent même pas être extraits de l’eau alors qu’ils ont toutes sortes d’effets (négatifs) sur la santé .
        Ceci dit, à Munich on a vu venir le problème de l’eau à temps. Dans la région qui alimente le bassin d’eau potable de la ville on a lancé un programme de motivation des agriculteurs pour la conversion vers l’agriculture biologique avec des résultats tout à fais appréciables de l’amélioration de la qualité de l’eau. Ce programme n’a coûté que 0,01€ / m3 d’eau avec toutes sortes d’autres effets positifs sur l’environnement, l’alimentation, le travail des agriculteurs etc.
        Je t’envoie ici un résumé en français sur l’approvisionnement en eau potable de la ville de Münich (il y a plus complet en d’autres langues)

      6. à Yvan,

        Le Bio est une marque commerciale. Soit.

        Le « Bio » est aussi une pratique artisanale.
        Marlowe achète de la viande directement à des éleveurs de sa région qui sont certifiés « Bio » et qui ont une pratique d’élevage d’avant la deuxième guerre mondiale.
        Le prix moyen au kg est de 15 euros comprenant un assortiment de tous les morceaux.
        La même marchandise, mais ce n’est pas la même viande, coûte plus cher chez les bouchers et cela se comprend d’autant plus que le boucher n’achête plus à l’éleveur mais à une grande entreprise qui fait la distribution de bidoche falsifiée.
        Quand je dis bidoche falsifiée je veux qu’on m’explique comment il faut 36 mois pour obtenir dans l’industrie un boeuf du même poids pour lequel il fallait auparavant, et encore aujourd’hui chez les éleveurs bio de plein air, 48 mois.
        Quant aux légumes la différence de qualité est encore plus évidente.

      7. Pour la viande falsifiée industriellement, les méthodes et les coûts réels, les curieux peuvent lire de Fabrice Nicolino le livre « Bidoche. L’industrie de la viande menace le monde » aux éditions Les Liens qui libèrent. et aller voit le site :

        http://bidoche.wordpress.com

      8. à Marlowe de 17:51 : C’est vrai, la production industrielle et la consommation excessive de viande est très au centre d’un énorme problème globale : la famine qui tue chaque seconde.
        Comment est-ce possible?
        Les viandes dites « pas chères » sont celles des porcs et volailles, ils sont nourris aux céréales qui pourraient servir à l’alimentation humaine (blé, soja etc). A apport calorique égale, il faut plus de céréales pour produire de la viande que pour fabriquer du pain : 3 kg de céréales pour 1 kg de porc, 8kg pour 1 kg de boeuf. Mais Le boeuf est un ruminant et sait transformer des aliments indigestes (herbe) en viande pour l’homme et n’a en principe pas besoin de céréales pour être engraissé. Effectivement ce boeuf là aura besoin de plus longtemps, c’est le cas pour le boeuf bio.

      9. Ouaich, DidierF.
        C’est triste à dire, mais nous sommes tous menacés par le productivisme.

        Pour compléter aussi le tableau, il vous faut savoir que les élevages français dans leur ensemble ont consommé 1 056 tonnes d’antibiotiques l’année dernière quasiment exclusivement à titre préventif.

        Pourquoi préventif? Tout simplement car ils pourraient être évités si le niveau d’hygiène était relevé, d’une part, mais aussi parce qu’un véto coute très cher…

  26. Que deviennent les contrats signés par Tepco pour installer deux centrales nucléaires dans des régions à risques sismiques très élevés en Turquie?

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