LE MONDE-ÉCONOMIE, Les pigeons de facebook, lundi 4 – mardi 5 juin 2012

Les pigeons de facebook

Merci à Tim Gupwell pour sa traduction en anglais : Ordinary Scandals.

Dans le livre qu’il consacra au krach de 1929 (*), John Kenneth Galbraith faisait remarquer que si l’on parle énormément de fraude durant les périodes de crise, ce n’est pas parce qu’une maladie endémique de la finance a soudainement viré à l’épidémie, mais parce que l’attention de tous étant en éveil, celui qui imagine qu’un soupçon pèse sur lui se transforme promptement, et à toutes fins utiles, en dénonciateur.

C’est là finement observé, mais une autre raison pour une telle recrudescence doit être, si l’on en juge par notre expérience récente, une meilleure éducation du public.

On se plaint amèrement que l’homme de la rue ne soit insuffisamment informé des tenants et des aboutissants de la crise actuelle, il n’en est pas moins vrai que par rapport à la période antérieure, le public est aujourd’hui bombardé d’explications relatives aux mécanismes financiers. Il est permis de penser qu’il a dû en être de même dans le sillage du krach de 1929 et les années de Dépression qui s’ensuivirent.

C’est cette meilleure conscience de la manière dont opère la finance qui explique sans doute l’indignation récente parmi ceux qui accordent un minimum d’attention à l’actualité économique et financière, à propos de deux incidents : le premier concerne les pertes – difficiles à chiffrer, mais de certainement plus de trois milliard de dollars – subies par la banque américaine J.P. Morgan Chase, dues à une politique calamiteuse de gestion du risque ; le second concerne les irrégularités apparues lors de l’introduction en bourse de la société facebook. Ces pratiques, ou les mécanismes que ces pratiques révèlent, apparaissent aujourd’hui scandaleuses, alors qu’elles constituent le train-train habituel de la finance depuis cent cinquante ans au moins.

Faut-il ainsi s’étonner que le conseil de gestion du risque de J. P. Morgan Chase ait été constitué jusqu’il y a quelques jours seulement d’« amis de la famille », très bien rémunérés sans doute mais dont le manque de compétences sur les matières qu’ils étaient censés superviser, était patent ? Pensons, par exemple, à Mme Ellen Futter, Présidente du Musée américain d’histoire naturelle. Faut-il s’étonner que la banque ait cependant passé haut la main les plus récents tests de résistance des dix-neuf plus grosses banques américaines exigés par la Fed , lui donnant ainsi le droit d’attribuer d’abondants dividendes aujourd’hui malheureusement compromis ?

Faut-il s’étonner que les variations du prix de l’action de la compagnie facebook, le 18 mai, jour de son introduction en bourse, se soient résolues en gains pour les banques responsables du lancement, et ceci que le prix soit à la hausse ou à la baisse, parce que certains de leurs départements pariaient dans une direction et d’autres dans l’autre ? Comme le fait remarquer Daylian Cain, professeur d’éthique financière à la business school de l’Université de Yale, interrogé par le Wall Street Journal : « Le conflit d’intérêt, ça peut rapporter gros ! »

Faut-il s’étonner, toujours dans l’affaire facebook, que les plus gros clients des banques émettrices aient été alertés à titre privé que l’avenir de la compagnie était moins rose que généralement anticipé, ce qui leur avait permis de ne pas se porter acheteur et d’éviter ainsi des pertes ? L’explication n’est-elle pas que la mise en évidence de cet élément d’information supplémentaire avait nécessité une recherche plus approfondie qu’il aurait été injuste de ne pas rémunérer – même si la sacrosainte « transparence » des marchés s’est trouvée écornée au passage ?

Est-il possible de prévenir ces pratiques détestables, d’autant qu’en période de crise comme aujourd’hui, elles se voient étalées à la une des journaux ? La volatilité créée artificiellement le 18 mai autour du titre facebook est due aux ventes à découvert, lesquelles ne sont possibles que parce que des détenteurs d’actions les prêtent à des spéculateurs qui s’empressent de les revendre, avant de les racheter ensuite à un prix déprécié. Cette « location » de titres peut rapporter gros : l’équivalent annualisé de 10 % à 40 % le jour de l’introduction en bourse de facebook. La pratique n’est toutefois légale qu’en raison d’une négligence de la loi : parce que l’emprunteur est autorisé à vendre les actions qu’il a empruntées. Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? Que faudrait-il pour prohiber la pratique, dont la nocivité est criante ? Pas plus qu’un décret. Un tel décret serait-il en préparation que les « marchés » entonneraient leur vieille rengaine sur les risques qui pèserait sur leur « liquidité », et chacun opinerait du bonnet sans se soucier davantage de ce qu’ils veulent dire par là.

« Dumb money » : l’argent stupide, c’est la façon dont les professionnels nomment les opérations passées par des particuliers. 10 % à 15 % d’une offre initiale sont en général réservés à cet argent stupide. Dans le cas de facebook, 25 % avaient été retenus à cet effet. Pourquoi se gêner, alors que de nouveaux pigeons naissent chaque jour que Dieu fait ?

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(*) John Kenneth Galbraith, The Great Crash – 1929, Houghton Mifflin, 1954

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161 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE, Les pigeons de facebook, lundi 4 – mardi 5 juin 2012 »

  1. Michel Santi à propos de Facebook:

    “Nul ne s’était attaché à déceler les faiblesses de cette entreprise ni à mettre en garde contre des risques pourtant patents. La manipulation a donc bien fonctionné tandis que les petits et moyens investisseurs ont délibérément cédé à l’irrationalité et à l’optimisme démesuré d’un Facebook considéré comme insubmersible. L’aura – voire la mystique Facebook – est effectivement si puissante que cette entreprise – considérée comme une too big to fail – était supposée croître et s’enrichir systématiquement et facilement dans les années à venir.

    Pourtant, Facebook est susceptible de faire des ravages sur l’économie américaine.

    Après avoir enrichi un tout petit nombre ayant largement profité de cette introduction boursière en fanfare, c’est à présent des millions de petits porteurs à travers le monde qui se réveilleront progressivement de cette illusion collective qui veut que, du haut de son introduction boursière à 100 milliards de dollars, la valeur de Facebook est 33 fois supérieure à ses revenus publicitaires! Chiffre qui n’est que de 5 chez Google… Pour honorer ses engagements et ne pas trahir ses nouveaux actionnaires, Facebook est donc condamnée à accroître ses revenus de plus de 40% par an ces cinq prochaines années ! Tâche impossible pour toute entreprise, qui plus est de la taille de Facebook qui, loin d’être une “too big to fail” se révèle en outre trop massive pour engranger de tels bénéfices, sans même évoquer le contexte hyper concurrentiel où elle évolue.

    Des pertes substantielles sont donc inévitables pour cette armée de petits porteurs et l’aventure Facebook risque fort de se transformer en un épisode « black Swan » cher à Taleb, synonyme d’une liquéfaction généralisée similaire à l’implosion des valeurs technologiques en 2000 ou aux subprimes dès 2007. Après l’effondrement des illusions (savamment entretenues) selon lesquelles les prix de l’immobilier et de la nouvelle économie monteraient éternellement. Après l’implosion douloureuse de ces mythes, le coup de grâce viendra-t-il de Facebook dont la chute inéluctable des valorisations sonnera comme un sauve-qui-peut généralisé ? La manipulation Facebook se soldera-t-elle par un feu d’artifice hautement nuisible pour l’économie américaine et donc pour la croissance mondiale ?”
    http://www.gestionsuisse.com/2012/les-chimeres-du-capitalisme-americain/

  2. Ce matin sur le site du Monde :

    45 % des jeunes adultes déclarent se sentir seuls

    Que font les réseaux (a)sociaux ?

      1. les jeunes,les moins jeunes…le système tend à nous isoler pour que “la peur de l’autre” nous maintienne dans la dualité.

        Il nous infantilise, nous fait croire que nous sommes libres de choisir, à condition de rester dans le cadre et de ne jamais s’autoriser à remettre en question les fondements même de ce système d’exploitation et de domination qui n’est qu’un leurre.

        S’il devait y avoir une seule régle sur laquelle baser nos lois,ce devrait être les droits de l’homme et celles du respect de notre environnement.

        Au lieu de cela,ceux qui ont le pouvoir tissent des lois qui ,quelques que soient les circonstances,privilégient toujours les plus riches,financièrement parlant.

        Les plus riches ne sont pas les plus argentés mais ceux qui ont gardé leur indépendance de penser,de parler et d’agir,parfois même au prix de leur vie.

        Les plus riches sont les plus intégres,des insoumis clairvoyants qui ne se laissent plus duper par les illusions et les mensonges insanes d’une structure en voie de destruction…

    1. 45 % des jeunes adultes déclarent se sentir seuls

      Évidemment, c’est programmé:
      Chacun, seul devant son écran, avec ses 350 Euros/mois…
      C’est la société que nous préparent nos “élites”…

      1. oui, dans la même veine ils avaient bien sûr interdits les apéros géants… initiative sympathique et conviviale s’il en est. les réseaux sociaux avaient aussi joué un rôle dans les émeutes en grande-bretagne.

    2. bien vu, tout les deux.
      C’est exactement ça.
      Les réseaux sociaux pourraient être un outil formidable pour faciliter les rencontres, mais dans la pratique tout est organisé pour les décourager.
      En commençant par fabriquer des amis en série, comme si il suffisait d’un clic pour se faire des amis. C’est banal que de le dire, mais c’est très révélateur. Autant dire que la méthode suppose le problème résolu avant qu’un réel échange ait pu avoir lieu. Voilà pour Facebook qui est encore ce qu’il y a de moins pire dans le genre.

      Les sites payants du genre Meetic sont eux à pleurer. Le profilage forcené renforce chacun dans sa position sociale, les stéréotypes en tous genres, bref chacun est conforté dans l’image déjà préfabriquée qu’il se fait de lui-même. La multiplication des critères de sélection tuent dans l’oeuf tout imprévu, toute fantaisie. Le pire est qu’il existe quelques rares sites gratuits où les fonctionnalités sont simples, mais ils sont désertés, les gens préférant se rassurer en consultant les sites dont les vitrines sont flamboyantes et où il faut payer rubis sur ongles pour avoir accès au saint des saint. EN ce moment des pubs dans le métro visent les intellos qui ont maintenant leur site dédié, comme si réfléchir devait être réservé à certains et surtout devait être assimilé à un mode de consommation spécifique.

      Ces nouveaux moyens de communication sont censés favoriser la communication, mais c’est l’inverse qui se produit. Dans la rue, le métro, dans les cafés beaucoup de gens s’enferment aussi dans une bulle sonore, casque tout confort, son stéréo, se rendent-ils même compte qu’ils participent d’une certaine destruction de l’espace social, par définition partagé, en se retirant à la vue de tous dans la sphère privative ?

      Désolé mais quand je croise un casqué je traduit : “non cela ne m’intéresse pas de communiquer avec vous, je suis très bien tout seul, je me suffis très bien à moi-même, faites comme si j’étais pas là”.

      1. Pierre-Yves, comme tu le sais, j’ai essayé de faire des rencontres à partir du blog de Jorion et cette démarche a donné quelque résultat.
        Par contre pour ce qui concerne les rencontres galantes ou amoureuses, le résultat est nul
        Comme disait un auteur que j’aime bien et qui déplaît tant à d’autres, “dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux”.

        P.S. Dans ta critique n’oublie pas le téléphone portatif, accessoire payant devenu obligatoire, que seuls quelques derniers irréductibles, pas tous gaulois, refusent.

      2. “Les sites payants du genre Meetic sont eux à pleurer. Le profilage forcené renforce chacun dans sa position sociale, les stéréotypes en tous genres, bref chacun est conforté dans l’image déjà préfabriquée qu’il se fait de lui-même. ” Très bien vu. J’ai une amie qui est persuadée que c’est grâce à cette fonctionnalité qu’elle est tombée sur quelqu’un qui “lui correspondait”. Je lui ai fait remarquer que c’était l’image qu’il se faisait de lui qui correspondait à l’image qu’elle se faisait d’elle même. Mais bon, c’est idéal pour les hystériques. Cela va sans dire que ce type ne l’attire pas une seconde. Et qu’on peut additionner les pourcentages de bonnes raisons pour que cela marche, à l’arrivée, il reste un pauvre type pret à tout pour garder celle qui a 80% d’affinité avec lui.

      3. Amsterdam, 5 juin 2012

        Oui, certainément des systèmes de “draining of energy” des systèmes de dégonflage d’energie. L’oligarchie en est très consciente et très contente.

        J’aimerais vous expliquer que la folle Neelie Kroes (http://nl.wikipedia.org/wiki/Bestand:E-G8_-_Neelie_Kroes.jpg) comme Vice Présidente de la Commission Européenne et chargée de la société numérique en est responsable maintenant, mais, TRES important pour notre mémoire collective, en était DEJA responsable comme ministre des communications aux Pays-Bas dans les années 1970- 1980, pendant la privatisation desastreuse des PTT aux Pays-Bas (voir les mots de l’ancien vice président du Conseil de l’Etat devant la première enquête parlémentaire jamais organisée dans le Sénat hier à la Haye), la création des réseaux dans les chats et les réseaux ‘sociaux’ des ‘solitaires’, appuyée par monsieur Verwaayen… voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Ben_Verwaayen , membre du même parti politique de Neelie Kroes. (Verwaayen, déjà lié a ITT dans les années 1970… Ah! ITT? Allende? NOTRE 11 Septembre 1973?).

        Et, avant que vous l’oublierez, Neelie Kroes est membre du même parti politique que cet autre ancien Commissaire à la Commission Européenne, Frits Bolkestein, fameux pour ses décisions en ce qui concerne la libéralisation et la flexibilisation, et… père politique du clown Geert Wilders, petit fils de Le Pen, qui vient de détruire ce qui était bon aux Pays-Bas, raciste fameux et xénophobe et anti-Européen.

        Et, pour être complet, monsieur Marc Rutte, toujours premier ministre du cabinet gouvernemental tombé le 21 Avril 2012, aussi membre de ce même parti politique de Neelie Kroes et de Frits Bolkestein, essayant maintenant de devenir grand ami de François Hollande..
        Bien étonnés de se retrouver ensemble?

        http://www.refdag.nl/polopoly_fs/ruttehollande_1_645592!image/3500342406.jpg

        Ou?

        Bien, elle. L’admireuse des étoiles. La géante contre Bill Gates.

        http://www.parlement.com/9291000/biof/01716

        Folle? Pourquoi ce mot dur?

        A lire sa biographie, et les observations là dessus par Bram Peper, ancien maire de Rotterdam, qui je connais bien, et.. ancien époux de Neely Kroes.
        Bram explique dans ce livre remarquable que cette femme (http://www.nieuwamsterdam.nl/neelie-kroes ) ne prenait que des décisions politiques qu’après des consultations auprès des… astrologues…

        (http://www.hpdetijd.nl/2011-05-25/neelie-kroes-nam-beslissing-op-basis-van-de-sterren/)

        Et, croyez moi, il n’y a très peu de personnes dans la politique au monde qui parleront ainsi de leurs ex… et entre eux sûrément Bram Peper…
        (ancien prof de fac en sociologie, très intelligent, à l’Université de Rotterdam Erasme).

        Paul: c’est bien bizarre n’est-ce pas, pour une fille de Rotterdam qui devenait la femme plus puissante de l’Europe?

        Mais, n’oublions jamais en même temps les observations de Robert Michels (malheureusement terminé à Rome dans le fascime..).
        En Français mieux voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d'airain_de_l'oligarchie

        Ainsi, la lutte pour la participation ACTIVE de chacune/chacun dans les prises de décisions s’impose toujours et partout.

        La démocratie n’existe pas comme fait accompli.
        C’est la démocratisation qui se produit et qui nécessite s’approfondir, jusqu’aux derniers moments de notre vie.

        “No effort no pain” n’existe pas dans le jardin de l’amour.

        Bien à vous tous.

        Johan Leestemaker

      4. Il y a pire encore que Meetic. Sur je ne sais plus quelle TV de la TNT j’ai vu une pub pour une espèce de Meetic de luxe pour riches (avec un nom anglais).

      5. à lou,

        A propos de cet auteur que j’aime bien et qui déplaît à tant d’autres, voici une autre citation (1967) : “Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.”

      6. Marlowe,
        je précise que je ne mettais pas dans le lot le BJ car si l’on désire réellement faire des rencontres, on le peut. Comme toi je l’ai vérifié. Ce n’est pas le but premier d’un blog, mais il s’avère que c’est un bon moyen, car on part sur une base saine de véritable dialogue, un dialogue qui existe réellement sur le blog. Et à force de fréquenter le blog les différentes personnalités qui s’y expriment prennent figure. Aussi quand on rencontre les personnes l’image qu’on s’en faisait n’est jamais très éloignée dans la réalité.
        Par contre, il s’avère que certains hésitent à franchir le pas même si l’on avait pu détecter chez tel ou untel un désir d’une rencontre de visu. Mais ce n’est pas bien grave, car comme je le disais un blog c’est d’abord fait pour échanger des idées, la rencontre c’est la cerise sur le gâteau ! Et après tout dans la vie courante, même quand toutes les conditions devraient objectivement être réunies pour faire des rencontres, parfois le courant ne passe pas.

        Si un jour Paul écrit ses mémoires il en aura des choses à raconter à propos des rencontres qu’il a pu faire via son blog. Et quelle vue imprenable sur la nouvelle société en gestation. Pour un sociologue c’est du pain béni.

  3. Amsterdam, 5 juin 2012

    Chèr(e)s co-blogistes,

    Si vous me permettez, je m’inquiète du silence autour des propositions du coté d’Alessio Moretti et de celles de ma part d’il y a quelques jours ici au BLOG pour améliorer l’universalisation du BLOG.

    En outre, et entre autres, Alessio Moretti et Tim Gupwell ont fait, et à plusieurs reprises, des traductions des contributions de Paul Jorion ici au BLOG, sans suite effective (‘follow up’) quant à la traduction des commentaires et des réactions aux commentaires à ces mêmes contributions du coté de Paul Jorion.

    Avec une exception remarquable quand même, puisque la traduction en Allemand d’il y a quelques jours, soudainement a provoqué des commentaires et de réactions aux commentaires, véhémentes et intéressantes en… Alleman!

    Une preuve (importante..) alors, de l’hypothèse sur la nécessité de l’universalisation du BLOG Jorion et de le transformer en machine complète en traductions simultanées.

    (A mon avis, urgemment, vu les opportunités et vu les dangers…).

    Mais hélas… là aussi, dans le cas de l’Allemand… on peut constater la mort tranquile après une petite dizaines de commentaires et réactions… La raison?
    Il n’y pas de force motrice derrière la traduction ‘en ligne’ et ‘simultanée’ comme c’est le cas avec les textes en Français.. puisque…regardez les réactions aux commentaires (et parfois des commentaires ‘nets’ et additionnels) ultra-rapides et nécessaires du coté de Paul Jorion, Julien Alexandre et François Leclerc.

    Et, il ne me faut pas l’óublier, avec quelle énergie.. avec quelle ténacité.. Je vous admire Paul, Julien et François, mais, je me sens très préoccupé de vos efforts en même temps… votre labeur n’aura PAS de ‘sostenibilad institucional’ mes chèrs Paul, Julien et François, si vous oubliez de renforcer l’institutionalisation de votre travail… vous le savez très bien vous mêmes… pensez au sort tragique de toutes ces belles initiatives privées dans la coopération internationale Paul! Vous, qui comme moi, connait l’Afrique!
    Maintenant je vous parle avec l’expérience de quelqu’un qui a travaillé plus que 32 ans dans ce domaine et ayant le grand privilège d’avoir vu les résultats encourageants mais également les résultats tristes de la coopération internationale.

    Regardez maintenant comme à Medellín, Sergio Fajardo finalement a pu changer ce drame.. voir les résultats!

    De retout au sujet.
    Encore PIRE c’est la situation sur la page Anglaise du BLOG, aucun commentaire, aucune réaction.. bien sûr la conséquence directe de la tradition de la monoculture (je dis cela avec regret, sans aucune accusation!).
    La tradition d’être SUR d’être pris(e)s au sérieux est très importante! La mémoire…. La madeleine… Le son du cuillette de thé…

    Paul Jorion a dit, donnant sa réaction à Alessio Moretti, qu’il manque les sous (‘l’argent’) pour réaliser l’universalisation du BLOG.

    Cela sonne un petit peu bizarre. Manque de sous? Dans un monde où on jette l’argent par les fenêtres? (Dumb money.. mieux dit: dumped money… argent stupide!)

    Quand j’entends de telles remarques en Afrique, ou en Amérique Latine, ou en Indonésie, je me rappelle toujours les mots sages de mon éducateur le grand financier de développement Klaas Kuiper: “alors, on va chercher les sous!”.

    (voir aussi:
    http://www.gdrc.org/icm/country/kk-Fruin-POLICY-MANUAL.doc
    et
    http://www.gtz.de/en/dokumente/en_Act_or_Accident_Kuiper.pdf )

    Ou, comme on dit à Amsterdam, “het geld ligt op straat meneer!” (l’argent se trouve dans la rue monsieur!).

    Et, je me rappelle les mots de mon prof de fac à Harvard et à Boulder, la reine d’épargne Marguerite Robinson, citant les mots d’un directeur d’une banque commerciale en Indonésie, parlant à une vieille dame pauvre qui venait déposer ses petits sous d’épargne: “we don’t want your dirty money!!” (Nous ne voulons pas vos sous sales!).

    (voir: www-wds.worldbank.org/…/232500v10REPLA18082134524501PUBLIC1.pdf )

    Ce n’est PAS le manque d’argent, c’est le manque d’institutions adéquates et FIABLES pour chercher, absorber et gérer nos fonds.

    Moi, de ma part, volontièrement je donnerais le peu que j’ai (et ce n’est rien du tout, parcequ’aux Pays-Bas on a vécu dans les années passées les conséquences du petit fils de Le Pen au pouvoir gouvernemental, avec sa manie de détruire tout ce qui est, mieux dit était la “coopération internationale”) à un fonds géré par Paul Jorion.

    Probablement c’est cette proposition que Paul Jorion aimerait recevoir de notre coté: s’il vous plaît monsieur Jorion, créez votre / notre Banque!

    🙂

    Mais retournons au sujet du BLOG, si vous me permettez, personne n’a réagi ici aux propositions du coté d’Alessio Moretti en ce qui concerne la création de ce qu’il appelle une fédération pour pouvoir surmonter notre problème à nous en Europe (et au monde..) de la construction de la tour de Babel, ni personne n’a réagi à ma proposition pour commencer en ‘micro’ avec des paiements par lecteur d’environ 0,25 eurocentimes par mois par sms pour pouvoir couvrir les frais d’un équipe de traducteurs/trices.

    Contrastez notre isolement et notre pauvreté (en solutions!) avec les richesses de l’Union Européenne, ou du Conseil de l’Europe, ou de l’European Central Bank.

    Il n’y a pas de publications, de réunions ou de conférences de presse du coté de nos ami(e)s les Eurocrates sans les traductions simultanées en beaucoup de langues.

    C’est cela leur grand pouvoir… ils/elles ont pu surmonter le problème des malentendus, ils/elles ont crée jusqu’ici le monopole de leurs paroles POLYGLOTTEéS simultanées, et alors, de leur pouvoir.

    Les services de traductions de ces institutions sont leur VRAI capital (dans le sens de Bourdieu).

    Et ils/elles sont TRES, que dis je, PLUS QUE content(e)s de voir notre désarroi, le résultat de notre malcompréhension.

    http://areopage.net/atxtheb/langue_babel.jpg

    Vous me permettez une paraphrase, (et pardonnez moi des erreurs..): dans un monde des mono-glottes, les polyglottes sont roi et reine.

    Le grand jeu du coté du pouvoir c’est, comme toujours, ‘divide et impera’.

    Et nous ne saurions pas la réponse?

    Vous, chèr(e)s co-blogiste, vous le croyez aussi?

    Immanuel Wallerstein a dit, suivants les mots du grand Fernand Braudel, que précisément dans la situation de crise SYSTEMIQUE, le rôle des individu(e)s augmente relativement fort.

    Paul Jorion en est la preuve toujours bien vivante.

    Je vous propose que nous suivons son exemple, et que nous mettions les pas audaces et nécessaires pour améliorer l’accès universel de nos échanges ici au BLOG.

    Cela sera, probablement, la première fois dans l’histoire humaine que nous allons surmonter un défi jusqu’ici jamais vu avant, le reveil des humilié(e)s, avec un clin d’oeil à JA en ce qui concerne la (e)…. un petit peu ‘machisto’ notre amigo JA… 😉 ?

    Bien à vous tous,

    Johan Leestemaker

      1. Chèr Julien!

        Très très bien! Je me réjouis, you make my day!

        Et, j’ose vous le garantir la réaction du coté des Pays-Bas sera foudroyante.

        Puisque…. ‘fama rupit’, comme une grande ligne séquentielle des allumettes, posées les têtes aux queues, au sol, dès que la première soit allumée…. zouououff!

        🙂

        Johan Leestemaker

      2. Internationaliser le blog seait une heureuse initiative, mais quel boulot s’il faut tout traduire !

        1. L’idée serait comme nous l’avons initié sur le blog anglais – avec l’aide précieuse de Tim – de ne traduire qu’une sélection des contenus les plus pertinents pour l’international.

      3. il y a aussi un format de traduction instantanée du blog multilangue tenté par ANTICIPOLIS :
        https://forum-anticipolis.eu/fr/qa-fr
        ce qui permet non seulement la traduction des textes mais aussi des commentaires.
        Et chacun peut corriger les traductions (car le premier jet, fait automatiquement est souvent peu exact)
        Mais je ne connais pas l’accessibilité à un tel système, ni son coût

      4. à Julien Alexandre,

        Comme il est facile de le remarquer, je donne souvent des liens d’articles disponibles sur
        http://palim-psao.over-blog.fr
        et je remarque ce jour un article traduit d’un auteur allemand Claus Peter Ortlieb, Aveugles face à la crise, article qui, sur le fond, est proche des idées défendues sur le blog de Paul Jorion.

        Il y un lien vers un site allemand et je me demande s’il ne serait pas possible de trouver “d’honorables correspondants” dans d’autres pays.

  4. Petits ou grands porteurs, le sort de ces pigeons ne m’émeut pas. S’ils sont victimes, ce n’est que de leur appât du gain.
    Le matin de l’introduction, mon fils de 15 ans, avec sa fascination des nouvelles technos me disait: “c’est dégueulasse, ceux qui ont plein d’argent vont acheter plein d’actions Facebook et gagner encore plus”.
    Quand je lui ait dit que je ne croyais pas au modèle économique de Facebook, bien moins solide à mon sens que celui de Google, j’ai eu droit à un regard plein de mépris… Je ne pensais vraiment pas que le marché me réhabiliterait aussi vite à ses yeux !

    1. C’est beau quand l’actualité vient confirmer les sages messages que nous tentons de transmettre à nos enfants !
      Il y a une réalité derrière le système qu’il est bon de révéler et de transmettre quitte à être à contre courant des idées majoritairement admises.
      De plus en plus l’actualité nous confirment l’absurdité d’un mode de fonctionnement basé sur l’avidité et la dualité .
      Puissions-nous intégrer,avant qu’il ne soit trop tard,que nous ne sommes que partie d’un Tout qui nous dépasse et que nous avons la prétention et l’arrogance de vouloir maitriser !
      La vie est au-delà de nos petits calculs mentaux et ce que l’on croyait vrai hier s’avère faux aujourd’hui.C’est dire l’ampleur de notre ignorance et de ses infinies incionséquences !
      Un peu plus de simplicité,d’humilité et de dignité rendraient honneur à notre filiation divine et cosmique…

  5. bonjour, à propos de l’éducation du public, j’ai de sérieux doutes: dans nos contrées “développées” on a jamais été aussi bien éduqué qu’aujourd’hui ou en tout cas on a jamais eu autant accès librement à l’information et pourtant le nombre d’imbéciles reste colossal! La preuve on vit encore dans un système de libre échange non régulé et injuste. Pourtant, depuis le temps qu’il montre ses faiblesses et ses saloperies… C’est aussi la preuve qu’au delà de l’éducation il y a l’homme et ses démons: l’apparence, la rapacité, l’égoïsme, l’hédonisme, le fric, le bling bling, et tout le reste. Depuis le temps qu’on “éduque” on devrait disposer d’une base sociale mature majoritaire capable d’esprit critique et de refuser l’inacceptable. Hé non! C’est toujours plus facile de regarder ailleurs et d’essayer malgré tout de rafler la mise au loto ou à la bourse (si on gagne on oublie tout n’est-ce-pas), que de remettre le système qui nous plombe depuis 2 siècles en question. Oui je sais grâce au capitalisme on s’est incroyablement développé sur le dos des 3/4 de la population mondiale, merci pour eux, et en ruinant la planète mais un, on est toujours dans la même situation qu’en 1788 avec 1% la population mondiale qui dispose de 60% des richesses (je crois) et ça ne s’arrange pas comme vous le savez, deux si le progrès ne rapportait pas de fric personne ne s’emmerderait à investir pour la beauté du geste ou le seul bien être de la population et trois, effectivement la Terre est devenue une poubelle surpeuplée. Alors l’éducation, j’y ai beaucoup cru dans les années 70 et du reste je ne la jette bien sûr pas aux orties mais croire que l’éducation à elle seule est la clef des problèmes dans lequel nous barbotons depuis si longtemps, c’est de la rigolade. Les financiers sont éduqués et ça ne les empêche pas d’être de gros salauds cyniques pour l’essentiel. Tout le monde va à l’école et ça n’empêche pas 10 millions de personnes de regarder chaque jour TF1 tout en sachant qu’ils ne sont que du temps de cerveau disponible pour CocaPepsi… Ne te réveille pas Condorcet, ça va te faire du mal!
    Quant à Facebook, c’est un truc d’enfant pour les enfants. Rien que l’engouement pour ce gadget démontre que l’éducation n’a rien à voir la dedans. Par ailleurs que les banquiers se foutent de la gueule des petits porteurs qui veulent gagner du blé en dormant et en créant du chômage (parfois ils sont aussi socialistes, ouaf!) après tout c’est dans l’ordre des choses. A mon sens en plus de l’éducation ce qui manque c’est l’utopie, les rêves en commun et les “idéologies” qui fondent de véritables projets de société. C’est pour ça qu’on se contente de se regarder tomber, de suivre au jour le jour l’écroulement de ce monde débile en le commentant de façon plus ou moins pertinente mais on ne fera rien car on ne sait pas vraiment quoi faire. L’utopie est morte dans les années 70 piétinée par l’argent facile, la consommation, l’égoïsme et l’hédonisme.
    C’est pas réjouissant.

  6. Alors que M. Lloyd Blankfein, PD-G de Goldman Sachs, firme ayant organisé des paris sur l’effondrement du système financier (la firme votant en sa faveur) coule des jours paisibles, des étudiants, et un professeur, de University of California at Davis risquent onze ans de prison pour avoir bloqué l’accès à une agence de banque. Si vous pensez qu’il y a là – comment dire ? – comme une anomalie, signalez-le ici.

    1. Qui a dit que les USA étaient la plus grande démocratie du monde?

      Il faudrait vraiment redéfinir ce mot ou inventer un autre (demidémocratie, ploutodémocratie?).

      1. On a aussi dit qu’il n’y avait pas de “classes sociales” aux États-Unis parce qu’il n’y a là qu’une immense “classe moyenne”.

        Le 1% au sommet (avec 1/3+ de la richesse) est simplement un peu moins “moyen” que les autres. Mais n’allez pas chercher des poux !

      2. @Pablo75: c’est une ploutocratie avec un vernis démocratique, cherche pas midi à quatorze heures. L’URSS aussi se proclamait démocratique. Je pense même que Saddam ou Pol-Pot se prétendaient démocratiques. Même en Afrique aucun dictateur ne peut plus se passer de cette comédie de la démocratie (élections bidon, faux parti d’opposition, etc). Ils le font juste moins bien que les ricains, c’est tout.

      3. @Moi le rabat-joie!
        “On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n’ont pas tenu devant l’existence. On est tombé dans les salades qu’étaient plus affreuses l’une que l’autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s’est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d’inquiétudes que les vacheries recommenceraient…Et toujours elles ont recommencé…Rappelons-nous!”
        Guignol’s Band
        Malgré tout ça et peut-être grâce à tout ça, la joie.

    2. Y a-t-il eu au moins des plaintes et un procès contre Lloyd Blankfein et Goldman Sachs pour “non assistance à système économique en danger” ?

    3. Bof, dans la perspective ultralibérale, il n’y a que des individus égocentriques en danger, les systèmes n’existent pas, et s’ils existaient, ils ressembleraient tellement à l’État, que ce serait de toute façon bien fait pour leur pomme !

    4. Leur seuil de tolérance est assez inquiétant, a-t-il seulement des limites?

      http://www.zerohedge.com/news/record-number-us-households-foodstamps

      Vous qui connaissez bien ce pays, vous y croyez une explosion sociale possible? Depuis leur guerre de sécession le système n’y a jamais eu beaucoup de mal à garder le couvercle sur la marmite. Quitte à évacuer l’excès de vapeur par des excursions revigorantes au quatre coins du globe.

      1. La remarque de Tyler Durden rejoint ma plus récente chronique pour Le Monde :

        At least all these impoverished believers in hope and change have FaceBook IPO profits to look forward to.

        Tous ces fidèles appauvris d’ “espoir et changement” peuvent au moins se réjouir des profits qu’ils réalisent depuis l’introduction en bourse de facebook” (-31 % à l’heure où je vous parle).

  7. L’accessibilité actuelle pour les masses devient de plus de plus en difficile de part la vie chère, des prix en constante augmentation concernant les loyers, l’alimentaire, les assurances, l’achat immobilier,…

    La prise de position a été d’éviter une spirale déflationniste, c’est à dire que la baisse des prix va créer obligatoirement une baisse de la production. Pour celà, les banques centrales dans le monde ont créer de la monnaie pour éviter cette spirale.

    “Dans une telle spirale, la baisse des prix mène à une réduction générale de la production, engendrant une baisse des salaires, un recul de la consommation, et donc de la demande, accroissant ainsi la baisse des prix.”
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Spirale_d%C3%A9flationniste

    Il faut rajouter que dès qu’un secteurd’activité connaît une “baisse” de ses bénéfices (uniquement par rapport à l’ancien), les lobbys et des représentants du secteur d’activité réagissent très rapidemment, en parlant de crise. Il n’est pas du tout prise en compte le prix très élevé, qui de toute façon à terme fera baisser le nombre de clients et de possibilités d’achats.

    De plus, il y a des gaspillages d’une à une surproduction, et à une difficile accessibilité des masses à des produits (immobilier,ect…) parce que les prix sont trop élevés.

    Les revenus stagnent, sont gelés, les contrats précaires ou à titre gratuit sont de plus en plus sur le marché tandis que les prix augmentent dans de nombreux secteurs d’activités. Ceci menant de facto vers une diminution des capacités des citoyens à acheter.

    Une baisse des prix dans ce type de contexte ne signifie pas automatiquement une baisse de la production, surtout que la planète n’a pas la possibilité de continuer sur ce rythme par la prise en compte des facteurs écologiques. Car l’accessibilité des citoyens aux produits va augmenter, diminuant aussi les gaspillages dans des secteurs comme l’énergie (construction et acheminement de produits), l’alimentation,ect…

  8. La corruption des politiques commence par le fait que les candidats à l’élection postulent pour le salaire et les privilèges exorbitants qui accompagnent la fonction qu’ils convoitent .

    Hier soir, j’entendais un candidat revendiquer que toute fonction d’élu, maire, conseiller général, député, parlementaire (y compris européen), sénateur, ministre, président de la République, relève totalement du bénévolat , comme pour les associations loi de 1901 dont les réunions, les conseils, se font les week-ends et le soir après le travail. Le seul rôle des ministres, du présiden t et de tous les élus est de transmettre leurs directives aux fonctionnaires subordonnés, des salariés, dont c’est le travail à plein temps de les appliquer et de faire tourner la machine .

    C’est une manière d’écarter les cupides du gouvernement, de recruter des personnes désintéressées, et de donner ainsi la preuve du dévouement des hommes et femmes politiques au bien de l’humanité toute entière sur le long terme .

    1. Bonjour Mianne,

      Pour alimenter la réflexion, voici quelque extraits d’un entretien avec Pierre Lacousmes La corruption et ses représentations en France , réalisé à l’occasion de la sortie de l’étude Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêt

      Comme le souligne Pierre Lacousme, le plus surprenante est notre tolérance à la corruption

      Enfin, et ce fut ma principale surprise sociologique, une part importante des citoyens considère que les transgressions sont une composante du rôle politique. Elles en constitueraient une inévitable face noire. La tolérance de la « corruption » est souvent partie intégrante de la conception de la fonction politique.

      Lacousme précise que la société civile, c’est-à-dire nous tous, somme un observateur passif dont il souligne la responsabilité.

      …la stigmatisation sociale se portent prioritairement sur le « corrompu » (en fait, le décideur, celui qui dispose du pouvoir d’attribuer des ressources). Je rappelle simplement qu’il existe aussi des corrupteurs qui sont toujours intéressés à obtenir des passe-droits, à gagner inéquitable ment des marchés contre leurs concurrents, etc. Là s’observe la pression constante des intérêts privés sur la décision publique. Enfin, j’attribue aussi une certaine responsabilité à l’audience, à la société civile, qui n’est le plus souvent qu’un observateur passif.

      Un commentateur précise

      La responsabilité des citoyens dans l’existence des mécanismes de corruption est rarement évoquée, encore moins étudiée. Et par un mécanisme de refoulement assez Freudien, plus la société admet la corruption, moins elle veut que l’on s’y intéresse. C’est le syndrome des doigts qui ont trempé dans la confiture. Autorisez les petits à faire refaire leur toiture au noir, ils vous laisseront gérer vos « petites affaires ».

      Indépendamment, de la compréhension des mécanismes de notre passivité, il nous est déjà possible de répertorier les citadelles d’impunité (Eric Art)

      1. Tolérance à la corruption.
        D’après la section française de Transparence Internationale,
        la tolérance française à la corruption est unique en Europe.
        ( avec un second pays, Slovaquie, je crois.)
        Son président citait le phénomène courant du corrompu
        réélu. Il faut rappeler qu’un pourri, jugé comme tel,
        reste un pourri , élections ou non
        Pour les affaires pendantes, la réélection ne vaut pas absolution par la Justice.
        Des exemples locaux montrent que les corrompus
        de haut niveau ( que de contorsion pour ne nommer personne.)
        sont quasiment absous par la Justice.

        La France est probablement unique dans le sens où la corruption
        massive est le fait d’un petit nombre au sommet, privé et public confondu.
        Les ventes d’armements à l’étranger sont une mine de corruption
        inépuisable.

        A un niveau en dessous, les PME/TPE sont soumis à un
        processus normalisateurs dont tous les éléments sont
        déments. Exigences démentes, compréhensions ardues
        au moins, extraordinairement couteux et bénéfices douteux.
        Les organismes certificateurs – privés- ont ainsi quasiment
        droit de vie ou mort sur ces entreprises.
        J’ai pu constater que l’arbitraire dans les critères d’appréciations
        n’était pas absent. (malgré la garantie de normes
        que doivent satisfaire ces organismes certificateurs…)
        On peut s’attendre à la survenue de tentatives de corruption.

        @Jean-Luce Morlie
        Les extraits que vous donnez sont très curieux.
        Je ne m’y retrouve pas.
        Etes-vous raisonnablement sûr que l’auteur est sérieux ?

        A titre info » facilitateur des rouages sociaux »
        était une expression utilisée par un chroniqueur
        anglais ( Samuel Pepys – 17. éme siécle ) pour décrire
        l’âge d’or de la corruption en Grande-Bretagne.
        On peut avoir des vues semblables mais 1 siècle
        plus tard dans
        “La marche folle de l’histoire”, Barbara Tuchman,
        Laffont, 1985, chapitre ” Les britanniques
        perdent leurs colonies américaines”.
        (… à cause d’une corruption profonde.)
        Au moins 2 siècles d’une corruption générale et admise
        et maintenant un des peuples les plus honnêtes.

        La corruption devrait passer en France de joyeux
        phénomène sociologique pour sociologue en veine
        de paradoxes créatifs à un objectif d’intérêt collectif
        pour la Justice.
        Une autre ONG signalait que le budget de la Justice
        en France était l’un des plus faibles. Hasard ?

  9. Alerte du Monde du 6 juin à 19h26.
    Facebook : le Nasdaq va indemniser les investisseurs
    La plateforme boursière a annoncé qu’elle allait indemniser à hauteur de 40 millions de dollars (31,8 millions d’euros) les investisseurs qui ont subi des pertes à cause de problèmes informatiques survenus pendant le lancement de l’action Facebook, le 18 mai. (AFP)

    Plus d’info sur le site du Monde.

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