LE MONDE-ÉCONOMIE, Les pigeons de facebook, lundi 4 – mardi 5 juin 2012

Les pigeons de facebook

Merci à Tim Gupwell pour sa traduction en anglais : Ordinary Scandals.

Dans le livre qu’il consacra au krach de 1929 (*), John Kenneth Galbraith faisait remarquer que si l’on parle énormément de fraude durant les périodes de crise, ce n’est pas parce qu’une maladie endémique de la finance a soudainement viré à l’épidémie, mais parce que l’attention de tous étant en éveil, celui qui imagine qu’un soupçon pèse sur lui se transforme promptement, et à toutes fins utiles, en dénonciateur.

C’est là finement observé, mais une autre raison pour une telle recrudescence doit être, si l’on en juge par notre expérience récente, une meilleure éducation du public.

On se plaint amèrement que l’homme de la rue ne soit insuffisamment informé des tenants et des aboutissants de la crise actuelle, il n’en est pas moins vrai que par rapport à la période antérieure, le public est aujourd’hui bombardé d’explications relatives aux mécanismes financiers. Il est permis de penser qu’il a dû en être de même dans le sillage du krach de 1929 et les années de Dépression qui s’ensuivirent.

C’est cette meilleure conscience de la manière dont opère la finance qui explique sans doute l’indignation récente parmi ceux qui accordent un minimum d’attention à l’actualité économique et financière, à propos de deux incidents : le premier concerne les pertes – difficiles à chiffrer, mais de certainement plus de trois milliard de dollars – subies par la banque américaine J.P. Morgan Chase, dues à une politique calamiteuse de gestion du risque ; le second concerne les irrégularités apparues lors de l’introduction en bourse de la société facebook. Ces pratiques, ou les mécanismes que ces pratiques révèlent, apparaissent aujourd’hui scandaleuses, alors qu’elles constituent le train-train habituel de la finance depuis cent cinquante ans au moins.

Faut-il ainsi s’étonner que le conseil de gestion du risque de J. P. Morgan Chase ait été constitué jusqu’il y a quelques jours seulement d’« amis de la famille », très bien rémunérés sans doute mais dont le manque de compétences sur les matières qu’ils étaient censés superviser, était patent ? Pensons, par exemple, à Mme Ellen Futter, Présidente du Musée américain d’histoire naturelle. Faut-il s’étonner que la banque ait cependant passé haut la main les plus récents tests de résistance des dix-neuf plus grosses banques américaines exigés par la Fed , lui donnant ainsi le droit d’attribuer d’abondants dividendes aujourd’hui malheureusement compromis ?

Faut-il s’étonner que les variations du prix de l’action de la compagnie facebook, le 18 mai, jour de son introduction en bourse, se soient résolues en gains pour les banques responsables du lancement, et ceci que le prix soit à la hausse ou à la baisse, parce que certains de leurs départements pariaient dans une direction et d’autres dans l’autre ? Comme le fait remarquer Daylian Cain, professeur d’éthique financière à la business school de l’Université de Yale, interrogé par le Wall Street Journal : « Le conflit d’intérêt, ça peut rapporter gros ! »

Faut-il s’étonner, toujours dans l’affaire facebook, que les plus gros clients des banques émettrices aient été alertés à titre privé que l’avenir de la compagnie était moins rose que généralement anticipé, ce qui leur avait permis de ne pas se porter acheteur et d’éviter ainsi des pertes ? L’explication n’est-elle pas que la mise en évidence de cet élément d’information supplémentaire avait nécessité une recherche plus approfondie qu’il aurait été injuste de ne pas rémunérer – même si la sacrosainte « transparence » des marchés s’est trouvée écornée au passage ?

Est-il possible de prévenir ces pratiques détestables, d’autant qu’en période de crise comme aujourd’hui, elles se voient étalées à la une des journaux ? La volatilité créée artificiellement le 18 mai autour du titre facebook est due aux ventes à découvert, lesquelles ne sont possibles que parce que des détenteurs d’actions les prêtent à des spéculateurs qui s’empressent de les revendre, avant de les racheter ensuite à un prix déprécié. Cette « location » de titres peut rapporter gros : l’équivalent annualisé de 10 % à 40 % le jour de l’introduction en bourse de facebook. La pratique n’est toutefois légale qu’en raison d’une négligence de la loi : parce que l’emprunteur est autorisé à vendre les actions qu’il a empruntées. Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? Que faudrait-il pour prohiber la pratique, dont la nocivité est criante ? Pas plus qu’un décret. Un tel décret serait-il en préparation que les « marchés » entonneraient leur vieille rengaine sur les risques qui pèserait sur leur « liquidité », et chacun opinerait du bonnet sans se soucier davantage de ce qu’ils veulent dire par là.

« Dumb money » : l’argent stupide, c’est la façon dont les professionnels nomment les opérations passées par des particuliers. 10 % à 15 % d’une offre initiale sont en général réservés à cet argent stupide. Dans le cas de facebook, 25 % avaient été retenus à cet effet. Pourquoi se gêner, alors que de nouveaux pigeons naissent chaque jour que Dieu fait ?

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(*) John Kenneth Galbraith, The Great Crash – 1929, Houghton Mifflin, 1954

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161 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE, Les pigeons de facebook, lundi 4 – mardi 5 juin 2012 »

  1. « …. parce que l’emprunteur est autorisé à vendre les actions qu’il a empruntées. Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? »

    Pas du tout… Moi, ça fait trois fois que je revends l’appart’ que je loue… Là, je suis sur un gros coup… La vente en viager du palais de l’Élysée…. mais gardez ça pour vous, faudrait pas qu’Hollande vienne à l’apprendre…

  2. Rien que deux questions gênantes, pas plus…
    – Et si JPM avait fait 3 milliards ou plus de gain..??
    – Et si le cours de facebook avait augmenté, comme lors de toute entrée en « bourse »..??

    D’accord, ma Tante a le caractère à en avoir…

  3. Je me plait toujours à m’imaginer comment nos descendants regarderons ces pratiques , celles décrites ici ou celle qui veut qu’un état passe par intermédiaire supplémentaire , dont l’utilité est questionnable , pour financer son budget.

    Ca me fait imaginer que le regard condescendant que l’on peut avoir sur certaines pratiques légales de l’antiquité ou du moyen-age , on pourrait tout aussi bien l’avoir sur nous dans 2 ou 3 siècles.

    Pendant ce temps la grande majorité des gens se moquent de tout ça , n’y comprennent rien , ou en ignorent tout.

    1. pas besoin d’imaginer nos descendants dans 2 ou 3 siecles @jomen je doute fort qu’il restera des humains vivants, n’oublions pas que le systeme economique est malade mais la terre aussi, de n’avoir respecter ni la nature ni l’humanité nous allons bien en payer le prix.

  4. Excellent!

    Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ?
    Où a t-on jamais vu quelqu’un assurer un bien qu’il ne possède pas afin de pouvoir y mettre le feu pour toucher la prime. (je ne sais pas si je formule bien le principe des CDS)
    On pourrait continuer la liste de tout ce que ce monde là s’autorise et qui n’est pas en usage, à juste titre, dans l’économie réelle.

      1. Puisqu’on est entré dans le casino; jouons encore!
        Je vais en essayer une autre.
        Où a t-on jamais vu quelqu’un déchirer un billet de cent euros en dix morceaux et revendre chacun de ces morceaux entre 12 et 15 euros! (je ne sais pas si je formule bien le principe de subpribes)

  5. Mr Jorion, faut-il s’étonner qu’il n’est pas possible logiquement, de parier Et de gagner, A LA FOIS à la hausse ET à la baisse sur une fluctuation de prix ? Les départements assis de chaque côté d’une balançoire (seesaw), doivent logiquement avoir des gains ET des pertes qui s’annulent, sinon, sinon ce serait trop facile.

    1. Le secret de la finance c’est que C’EST trop facile.

      – Vous faites gagner votre firme, vous gagnez beaucoup d’argent !

      – Vous conduisez votre firme droit dans le fossé, vous êtes automatiquement indispensable dans la procédure de redressement judiciaire : vous gagnez beaucoup d’argent.

      Dans le cas d’Enron, un des dirigeants reçut une indemnité égale à la somme totale reçue par le reste du personnel, en échange de sa promesse de ne pas quitter la firme pour une durée de trois mois.

      Une fois atteint un certain niveau dans ce type de hiérarchie, on ne perd plus dans aucun cas de figure.

      1. N’étant pas du tout spécialiste, dieu m’en garde, ce n’est pas le sens de la question de Lisztfr il me semble. Mais c’est peut-être votre réponse et c’est votre droit. Peut-on jouer la même somme sur le rouge et noir en même temps, oui, l’intérêt ? Aucun, si ce n’est jouer.

        Mais de même pour moi, cette phrase me semble mystérieuse et pour le dire, étrange :

        « Faut-il s’étonner que les variations du prix de l’action de la compagnie facebook, le 18 mai, jour de son introduction en bourse, se soient résolues en gains pour les banques responsables du lancement, et ceci que le prix soit à la hausse ou à la baisse, parce que certains de leurs départements pariaient dans une direction et d’autres dans l’autre ?  »

        Soyons claire, les positions se dénouent avant terme, une fois la tendance engagée, sans jamais s’engager ? Genre, ah ben non, je ne prends plus, ou je ne vends plus, on passe au tour suivant sans raquer ? Je voudrais bien connaître les places qui acceptent de jouer la partie ainsi.

      2. Docteur, ça s’appelle jouer la volatilité. On perd de l’argent si ça ne bouge pas, on en gagne du moment que ça bouge beaucoup, à la hausse ou à la baisse. Ça s’appelle un straddle ou stellage. Et, comme dans ce cas-ci on est celui qui fait bouger, le risque de ne pas gagner beaucoup d’argent est nul.

        Je persiste et signe : « Le secret de la finance c’est que C’EST trop facile ».

      3. Z’avez raison, c’est trop facile, c’est pour cela que je ne capte rien. Ce truc là, ce straddle, c’est tellement du chinois que le sens même m’échappe. Nan sérieux, c’est un hiéroglyphe qui n’évoque rien en moi. Et pour tout dire, je n’ai pas envie de faire l’effort intellectuel de comprendre de quoi il en retourne, je sens d’avance que je perdrais mon temps à tenter d’absorber la vacuité du concept. M’en vais me pendre d’être aussi bête. Et vous envie de parler ce langage aussi aisément !

      4. Un pari massif à découvert à risque faible grâce la volatilité induite par la position dominante via l’asymétrie d’infos et le poids dans le marché drs banques introductrices, plus une couverture minimale à risque faible en cas d’échec; facile et rapide quand on est maître d’ouvrage et arbitre de fait de l’introduction. Sauf que quand c’est trop beau trop gros, ça fait viandard au tir aux pigeons d’argile, mauvais genre quoi, et ça buzze en retour, et ça grogne. Et les comparses jouent les dénonciateurs en ressortant tardivement leurs avertissements de la 25ième heure convenus autant que discrets. Revers de la médaille du levier obligatoire des grandes manips médiatiques, le boomerang. Dans la gueule de MS et des autres petits malins. A mon avis y’aura des « sentences exemplaires », pour sauver les apparences, ou ce qu’il en reste.
        Naïf, qu’est-ce qu’on se tire sur la nouille avec les 500 000 € annuels du polytechnicien mégalo Richard ? C’est d’ores et déjà 90 milliards garantis proforma, la facture Dexia sur leurs 250 milliards, d’obligations pourries (grecques, espagnoles, italiennes, portugaises, irlandaises, islandaises. etc) dans leur bilan, peut-être autant à venir. On va lui en faire rendre gorge de sa retraite, très bien, and so what ? Après ça ?

      5. « … la vacuité du concept »

        Une vacuité qui diffère du vide sidéral en raison de son potentiel financier…

        Mais dans ce cas-là, Docteur, un conseil : ne vous aventurez pas sur ces marchés. On vous y attend déjà comme pigeon !

      6. Aucun risque, je ne fais que ce que je comprends, c’est à dire rien du tout, et c’est bien assez fatiguant.

        Cependant, si vous regardez attentivement ma main droite en haut de l’écran, qui s’agite brusquement, et si vous écoutez le son de ma voix, à travers cet écran , vous aurez compris mais trop tard que ma main gauche vient de vous faire les poches. Ce qui est à tout prendre une variante plus ancienne et plus artisanale de « jouer la volatilité ». A part ça, franchement je ne vois pas !

        Puisque trouvé sur le net :

        Cette stratégie est souvent employée par des trader qui s’attendent à une forte variation du cours d’une société suite par exemple à l’annonce de résultats ou à des problèmes techniques ou juridiques. Néanmoins, si l’ensemble du marché s’accorde à dire qu’il y aura des mouvements sur cette action alors le prix des options sur cette dernière sera élevé. Pour profiter pleinement de cette stratégie il faut que l’avis du trader ne soit pas partagé par l’ensemble du marché.

        CQFD.

        Mais sérieusement, euh, je blague, une question me brûle la vulve :

        Si comme vous dites : « On perd de l’argent si ça ne bouge pas, on en gagne du moment que ça bouge beaucoup, à la hausse ou à la baisse »,

        Alors cet exemple, glané en deux coups de cuillère à pot sur google, ne correspond pas exactement à votre définition :

        Exemple :

        Prenons le cas d’un trader qui sent que le cours d’une action, qui vaut actuellement $69, va décaler violemment dans les trois mois qui viennent. Le trader peut créer un straddle en achetant à la fois un call et un put de strike $70 et de maturité 3 mois. Supposons que le call coûte $4 et le put $3.
        Si le cours de l’action reste à 69$ le trader perd $6 (le call ne vaut plus rien à maturité et le put ne vaut plus que $1).
        Si le cours de l’action monte à $70, la perte est de $7 (c’est le pire des cas).
        Si le cours de l’action monte à $90, le trader réalise un profit de $13 (-4-3+90-70).

        Quid d’une baisse importante dans leur exemple ? Pas tout capté le doc, pas tout capté. C’est chiant ça de ne pas trouver des exemples claires en conformité avec des énoncés claires. M’énerve !!!

        Notons au passage qu’avec cet exemple, celui qui achète le titre à 69 dolls ne perd rien si le titre y reste (pendant que totoche se ramasse de 6), gagne 1 dolls si le titre passe à 70 (pendant que totoche se ramasse lui de 7), et enfin gagne 21 dolls si le titre grimpe à 90 ! … Pendant que totoche aligne péniblement 13 dolls ! Euh, y réfléchissent vraiment les gonzes de la finance ? 😀

      7. Doktor Clown niais, faut écouter ce que te dit le mossieur patient avant de perdre ton temps, et le sien, le nez dans ton Vidal :

        et comme dans ce cas-ci on est celui qui fait bouger, le risque de ne pas gagner beaucoup d’argent est nul…

      8. @Dr Georges Clownet

        Le problème c’est qu’à ne rien vouloir savoir de ces machins straddeliques à la noix, nous restons condamnés à nous faire plumer à tous les coups, pigeon voyageur ou pas…

      9. Allons Martine, voyez comme maladroitement, je tente quand même de saisir la démarche de ce type de produit et son fonctionnement. Mais manque toujours un chaînon de compréhension in fine, et patatras ce qui semblait s’éclaircir tombe en poussière et tout est à recommencer.

        Mais c’est peine et temps perdu sur tous les plans à la fin vous verrez, ces zinzins n’ont pas de sens. Aucun sens. Objectivement pas plus qu’une donation/offrande volontaire sous peine de mort horrible dans des tourments infernaux là où sont les pleurs et les grincements de dents comme disaient les grands prêtres. Une version moderne du commerce des indulgences. Pourtant, pour sur ça marchait les indulgences cré non d’une pipe en bois !

        Bon scrabble !

        @ La Vigne,

        Pensez donc, ma main voyageuse avait bien capté le truc, on trouve toujours plus bête que soit, simplement, si vous sortez de ce cadre là, ma foi. Comme je le disais plus haut, soyez indulgents, parce que rien n’y fait et roulez roulez n’amasse pas mousse. Si ? non ? Pas grave dans ton cas.

      10. Un pari massif à découvert à risque faible grâce la volatilité induite par la position dominante via l’asymétrie d’infos et le poids dans le marché drs banques introductrices, plus une couverture minimale à risque faible en cas d’échec….

        Ha!!! bin!!! voillaaa!!! c nettement plus claire!!!

      11. Si je comprends bien la bourse c’est facile. Voilà une bonne nouvelle! Faudrait expliquer cela à notre gouvernement pour lui permettre de gagner les quelques milliards qui lui manquent. Il serait heureux de savoir comment on fait pour plumer Citibank. Par contre il ne faudrait pas en souffler mot à Kerviel qui à coup sûr serait écoeuré de ne pas avoir été mis au parfum du straddle et de la volatilité. Le pôv gars se mettait des valises sous les yeux avec ses produits vanille alors qu’il suffisait de secouer le cocotier. Sans parler de tous ces banquiers qui bouffent leur magnésium avec toutes ces obligations pourries qui moisissent dans leur actif. Elle va où la courbe ? Chépa puis on s’en fou.. Straddle et bingo!!

    2. « Les départements assis de chaque côté d’une balançoire (seesaw), doivent logiquement avoir des gains ET des pertes qui s’annulent, sinon, sinon ce serait trop facile. »

      Tout est là : ce n’est pas le cas.
      Ce n’est pas le cas parce que des montages complexes à partir de positions acheteuses (long), vendeuses (short), produits dérivés (options, swaps, produits synthétiques) permettent véritablement de faire des choses qui défient la logique. Les meilleurs traders sont effectivement des gens qui parviennent à maîtriser la complexité d’une combinaison d’achats, ventes de produits, paris sur du change, paris sur l’évolution des taux d’intérêt, paris sur des instruments de dette, dans un contexte d’inflation, d’incertitude politique, etc. etc.

      Quand je dis JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley étaient en position de gagner à tous les coups, c’est parce qu’en regardant l’évolution de la journée du 18 mai + quelques descriptions assez techniques des volumes, ventes à découvert, etc. je me dis « Crénom ! ils étaient tous les trois en straddle ! » Est-ce à dire qu’ils avaient effectivement mis en place des straddles en combinant des positions sur options ? je n’en sais rien (ce n’est pas exclu en tout cas), tout ce que je sais c’est que la configuration globale pour eux trois est celle d’un straddle : ils gagnaient à la hausse comme à la baisse du moment qu’il y avait assez de mouvement, et comme ils étaient en position de créer le mouvement eux-mêmes…

      Je termine en synthétisant tout cela : il faut bien connaître la technique financière pour que dans un cas comme celui-ci, par exemple, on se dise en les regardant : ils se sont mis en position de gagner à la hausse ET à la baisse, parce que le bon sens suggère en effet qu’on ne peut pas gagner à la hausse ET à la baisse.

      1. J’ai des doutes sur votre histoire de straddle. Tout d’abord le nombre de produits dérivés disponibles le jour de l’introduction est limité : pas d’options, pas de futures. Je ne suis pas trader, mais il me semble que ça limite franchement les possibilités.

        Ensuite, le cours a très clairement été soutenu à son niveau d’introduction, à 38$. La première fois ce soutien a été suivi d’un petit rebond, donc éventuellement les banques auraient pu revendre. Mais après la deuxième fois, en fin de journée, alors que le volume était très important, le cours n’est jamais repassé au-dessus des 38$. Impossible donc de se débarrasser de la masse d’actions accumulées de manière profitable. Personnellement je suis convaincu que cette introduction est un fiasco pour les banques l’ayant gérée, en tout cas pour les branches chargées de soutenir le cours le premier jour.

      2. @ Yann

        Personnellement je suis convaincu que cette introduction est un fiasco pour les banques l’ayant gérée, en tout cas pour les branches chargées de soutenir le cours le premier jour.

        Non, pas du tout. Greenshoe + commission = jackpot pour les banques, et en particulier Morgan Stanley.

      3. Je termine en synthétisant tout cela : il faut bien connaître la technique financière pour que dans un cas comme celui-ci, par exemple, on se dise en les regardant : ils se sont mis en position de gagner à la hausse ET à la baisse, parce que le bon sens suggère en effet qu’on ne peut pas gagner à la hausse ET à la baisse.

        Ce que vous ne dites pas, c’est qu’ils se sont dès lors mis en position de perdre si le cours devait ne pas varier. Et c’est précisément là le problème : ils savent que le cours va varier puisqu’ils s’en chargent eux mêmes. D’où la question : quelle est la définition d’un « délit d’initié » ?

      4. En attendant c’est 27 $ l’action. C’était combien le plus haut du vendredi ? On doit pas être loin des 40% de chute. Mais loin encore du plancher des vaches, raisonnablement estimé à 9,59 $ par Thomson Reuters Starmine…

      5.  » Hey Stellage!…, hey Stellage! », criait Marlon dans un certain film très connu… lol

        ok je sors..

  6. Voyant l’homme , Dieu lui mis dans les mains l’effet de levier , la spéculation et l’atome………

      1. Pour aller un peu plus loin, sur la question des sondages en Grèce, un article intéressant de Reuters :
        « LES INSTITUTS SE DÉFENDENT
        La Grèce compte une dizaine d’instituts de sondage, des sociétés privées mandatées et payées par leurs clients.
        Ils garantissent la fiabilité de leurs enquêtes, qui doivent s’appuyer sur un échantillon représentatif d’au moins 1.000 électeurs à travers le pays. Les sondeurs sont également tenus de mentionner le nom du client et de publier l’ensemble des questions et réponses.
        Le caractère contradictoire des sondages publiés n’est pas, disent-ils, le résultat de méthodes divergentes, ce que contestent certains commentateurs politiques.
        « Celui qui paie et commande le sondage a une forte influence sur les questions posées« , dit le politologue Theodore Couloumbis. Les instituts conviennent que les questions jouent un rôle essentiel dans les résultats des enquêtes mais assurent que le processus est transparent.
        La plupart s’accordent cependant pour dire que les sondages eux-mêmes peuvent influencer les électeurs, ce qui explique que le gouvernement grec interdise la publication des enquêtes deux semaines avant le vote. Pour les élections du 17 juin, l’interdiction entrera ainsi en vigueur samedi.
        « Cela a bien sûr un impact », confirme Theodore Couloumbis, expliquant que les électeurs tendent à voter pour ou contre les partis qui ont à leurs yeux de réélles chances de gagner. »

        Sur le dernier sondage à avoir été publié (le 01/06/2012), soit celui de Public Issue, la Syriza est très en avance (31,5%).
        J’ai par ailleurs constaté que 2 instituts de sondage donnaient systématiquement la Syriza en avance : Public Issue et VPRC. A l’inverse, ALCO, à 2 reprises, donnait systématiquement la Syriza sous ND.
        Pourtant, Public Issue a réalisé son dernier sondage pour Kathimerini, un journal conservateur …
        Ce qui viendrait infirmer les propos du politologue cité par Reuters, concernant le payeur, lequel, en l’espèce, n’a pas intérêt à ce que la Syriza soit si largement en tête devant ND (plus de 5 points d’écart, deux fois plus que la marge d’erreur, estimée en général à 2,5%).
        Qui plus est, ce sondage est le dernier à avoir été publié : lourd de conséquences, à supposer que ce même politologue ne se trompe pas encore une fois dans ses analyses.

        En parlant d’analyses, la dernière en date, celle du sondeur Public Issue justement, concernant les tendances en cours :
        « The limits of New Democracy’s electoral resonance have become apparent. The reasons for the crisis of the conservative bloc are more permanent and will not easily be resolved. ND’s initial electoral strengthening, observed during the first week of the current brief post-election period, does not appear to be increasing further. This strengthening was primarily due to the absorption of Democratic Alliance and LAOS voters as well as, to a lesser extent, small gains from the camp of ‘anti-Memorandum’ right-wing voters who, on 6 May, had preferred Independent Greeks and Golden Dawn. »
        « In this respect it is noteworthy that the estimated voter support of Independent Greeks has contracted mainly to the benefit of SYRIZA and less so in favor of ND. One possible explanation is the following: In conditions of widespread condemnation of the Memorandum, both within and outside Greece, it stands to reason that this will be to the benefit of the par excellence and authentic representative of the ‘anti-Memorandum’ pole, namely SYRIZA, rather than ‘last-minute’ critics of the bailout package. »
        La Syriza semble ainsi connaître une plus grande dynamique que la ND :
        « It absorbs a considerable segment from the general pool of Communist Party of Greece voters, the majority of voters of small formations of leftist protest (ANTARSYA, leftist groupings not represented in Parliament, NO, Ecologists Greens), but also the greater portion of the right-wing anti-Memorandum protest (Independent Greeks, Golden Dawn). Lastly it has also attracted a stream of voters who had chosen to abstain in the elections of 6 May. »

        Reste encore 12 jours.

    1. Les paris boursiers devraient être interdits mais l’extrapolation des sondages indiqués par zébu donne Syriza à 27,8 % pour le 17 juin (sur excel)

      1. @zebu, comment ose tu demander à merlin comment il fait ce qu’il fait… il le fait c’est tout. un magicien ne révèle jamais ses tours.

  7. « Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien »

    Il suffit parfois qu’une peitte mouche perturbe la tête d’impression.

    Hier soir, sur Arte, j’ai revu avec plaisri le film « Brazil ». Il m’avait déjà frappé lorque je l’ai vu un soir pour la première fois il a presque 25 ans, dans une ville de l’ouest (anciennement Bretonne) où j’avais à défendre un projet dans une réunion quasi Kafkaienne avec des représentants d’une grande et alors puissante administration.

    Hier soir, je n’ai pu m’empêcher de penser à Bruxelles … (mais qui serait alors Mr Kurtzman ?).

  8. A.G.Slama est-il sain d’esprit ?

    Slama : les ministres sont humains ; c’est là le problème. .. et de se lancer dans une diatribe faisant le lien entre démocratie et tyrannie, si on applique trop fort les lois. Il faut laisser aux ministres une marge de maneouvre (aux limites de la loi), qui ne relève QUE de leur « fort intérieur » ! Et vouloir que ces messieurs se conforment à la loi relève de l’hypocrisie et de la tyrannie.

    C’est incroyable qu’une certaine classe de personnes est sensée être au dessus des lois !

    Je trouve ce genre de raisonnement monstrueux ! C’est absolument ignoble, ignoble que ce genre de propos soit diffusé sur une radio nationale.

    1. Entendu même chose.
      Déraille sympa. – oui sympa. comme pathétique.
      Raisonnement:
      – faut des lois.
      – Ne pas trop les appliquer. Trop c’est inhumain.
      surtout quand elles sont anticorruption.
      Pathétique.
      Mais il aime l’huile d’olive tunisienne.
      On a la madeleine qu’on peut. C’est humain.

    2. Pfff… que d’émotion ! J’en suis tout retourné. Graaave incident diplomatique entre Alain Géraaaard Slama et Liszzzzztfr. Sob sob… Qu’allons-nous deveni.ii.ir ? Vous demandé-je anxieuseument…

      1. Il n’y a rien de plus important, que le rapport de chacun à cette institution qu’est la Loi. Un certain degré de liberté avec elle a été considéré comme tolérable, eu égard à l’imperfection de la nature humaine et secondairement à l’illusion nécessaire peut être de conserver une dose de libre arbitre.

        La Constitution dit bien que tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, il semblerait donc qu’il ne soit pas nécessaire de transgresser la loi. Cependant, G. Bataille a pu montrer la nécessité de cette transgression… je ne me souviens plus pourquoi. Nécessité psychologique.

        En laissant de côté la problématique oedipiene de tout ceci, les propos de Slama révèlent une condescendance pour le centralisme de l’Etat jacobin sans doute. Il est typique que les libéraux rêvent de moins de lois partout, sauf pour la petite délinquance. Les grands délinquants ont par contre leur passe-droits d’office, puisque l’argent a tous les droits.

        il est aussi normal que Mr Slama souhaite attaquer l’aspect irréprochable du nouveau gouvernement, qui n’a pas ses faveurs, l’ancien étant exclusivement constitué de récidivistes, l’ancien que lui, Slama, soutenait. Pour atténuer le contraste, on dit que ça n’a aucune importance, et je pense que c’est l’unique objectif du radotage de Slama ce soir.

        Il est bien clair que c’est avec des ministres repris de justice que l’on remettra en vigueur l’autorité n’est-ce pas Monsieur Slama ? Eric Woerth, Gérard Longuet, sans parler de Sarkozy lui même, impliqué dans plusieurs affaires.

        Donc il s’agit d’une remise en cause des idéaux de la république, un dénigrement de l’autorité de la Loi issue de la victoire de la Révolution sur l’arbitraire, une remise en cause du pacte républicain, une façon de recréer une seigneurie nouvelle façon de noblesse, au dessus des lois !

        Les ministres sont humains, et par conséquent leur « humanité » les empêche de respecter la loi ? C’est par gentillesse qu’ils trichent ? Un humain est celui qui contourne la loi, qui en profite, qui se fiche du bien public, et les autres sont bien bêtes de payer l’impôt ?

      2. Entièrement d’accord.
        Morale à géométrie variable et inconsolable de la perte
        du pouvoir.
        Jamais la Droite n’a tant chargée un Président
        avant même qu’il n’ait bougé.
        Et sans craindre les contradictions trop/trop peu.
        Reste à écouter Briiiice…

      3. Cependant, G. Bataille a pu montrer la nécessité de cette transgression…

        sans doute quand les autres ont tous les droits .

      4. Bon, bien ce matin j’ai un fourgon de banque à braquer. C’est la morale des forts revue par Slama, n’allez quand même pas me reprocher une peccadille, la loi c’est pour les faibles, et pour enfin, les sans grades, la France d’en bas. Y a la morale des forts, toute personne qui se respecte, et bien c’est la force qui tient lieu de droit. C’est humain ! Sinon c’est la tyrannie, de temps en temps, il faut savoir braquer un fourgon, une bijouterie, pour se donner un peu d’air. Ah non la contrainte je ne supporte pas. La police c’est pour les autres ! c’est pour le contrôle d’identité, d’alcoolémie… etc. mais les « forts » (tout individu qui se respecte), n’ont pas besoin de police.

        Le « malaise dans la civilisation » revu par Slama. effectivement insupportable malaise, depuis David qui pris la femme de son ami/subalterne. Alors pensez-vous, un ministre. La loi c’est pour la multitude, pas pour l’individu d’exception. On ne va pas se mêler à la populace. Y a la populace, et ceux qui se respectent. Ah Nietzsche merci. Au moins Hobbes ne perdait pas de vue la civilisation, la société, les grecs aussi voyaient cette tension entre le développement personnel et ce qui est dû à la société. Avec Slama c’est le retour à l’état de nature. C’est la légitimation du délit, ci ce n’est du crime.

        La nouvelle définition du citoyen de Slama : les hommes sont libres et égaux en droit, certains plus que d’autres. Apologie de la corruption rédemptrice, c’est par la corruption qu’on rejoint l’homme, le propre de l’homme c’est la triche. Plus tu es corrompu plus es aimable, humain, beau. l La corruption c’est la liberté; la loi c’est l’ennui, la tyrannie.

        Je suis corrompu, donc je suis. Oh, Slama n’est pas pour l’anarchie, il conserve la loi, comme horizon improbable pour lui, probable pour autrui. Gagnant – gagnant ! Slama a des bonnes chances de devenir immortel, il parviendrait à tricher avec la faucheuse si on lui en laisse le temps.

    3. Slama, (Contre-pointe du 4 Juin 2012) :

      La gauche et la droite sont décidément des invariants de notre vie politique. J’ai eu assez souvent l’occasion de critiquer le président sortant pour son pragmatisme excessif, qui l’a conduit à égratigner certains principes républicains, comme la laicité voire le simple respect de la Constitution, pour ne pas être suspect d’opposition systématique en exprimant des réserves à l’égard du défaut symétrique de la gauche. Ce défaut a été relevé jadis par Valéry Giscard d’Estaing, lors de l’élection présidentielle de 1974. C’est la prétention de détenir le monopole de la morale. Mr Hollande a choisi pour thème majeur de sa campagne présidentielle, la volonté de rétablir une république irréprochable. Cette promesse a contribué à lui faire remporter l’élection, mais elle risque de lui compliquer passablement la vie pendant la durée de son mandat. Irréprochable, équivalent de tolérance zéro, est un adjectif qui ne fixe pas de limites, or nous savons sans être pour autant disciples de Machiavel, qu’en politique la prétention d’atteindre des faits sans reproches avec des moyens sans reproches, est l’autre nom de l’angélisme. C’est prendre beaucoup de risques, que de promettre ainsi l’infini, quand on se propose de mener une politique qui est d’abord une affaire humaine, avec des ministres qui sont des êtres humains. Les fondateurs de la république, dont François Hollande peut à juste titre revendiquer l’héritage, ont été dés les débuts de la 3ème conscients de ce problème. Dans un essai intitulé « La morale dans la démocratie », qui fut publié à la fin du second Empire, le philosophe et futur élu de la 3ème Jules Barni, célèbre pour ses traductions de Kant, qui n’était donc pas précisément un esprit frivole, se félicitait de ce que ses amis républicains commencent à comprendre je le cite, « que la politique et la morale ne sont pas absolument identiques ». Il distinguait entre ce qui relève du droit, de la loi, au nom de l’intérêt général, et tout ce qui dans la morale n’est pas de droit mais relève du for intérieur, du domaine de la conscience. Certes expliquait-il la politique est intéressée à l’observation des devoirs qui ne regardent que la conscience, mais elle n’a pas le droit de les imposer par la force, dont elle dispose, et il concluait en ces termes : « Lorsque la démocratie méconnait la limite de sa juridiction, et qu’elle empiète sur le domaine propre de la morale, elle tombe dans une tyrannie insupportable, elle est condamnée à employer les plus détestables moyens, l’espionnage des moeurs, l’inquisition des consciences, et elle favorise », je cite toujours Barni, » ce qu’il y a de plus odieux au monde, l’hypocrisie ».
      Alors on sait que Montesquieu a érigé la vertu en principe de la démocratie, il considérait que les lois devaient entretenir la frugalité. Mais Montesquieu selon Barni avait tort, il ne voyait pas que des lois de ce genre sont tyranniques et qu’elles n’engendrent ordinairement, qu’une fausse vertu. Peu importe, en d’autres termes, que cette vertu soit vraie ou fausse, le fait est que de telles mesures entretiennent le soupçon, là où elles voudraient le réduire.

      1. La « corruption » ne veut rien dire, c’est l’effet d’une structure sociale, par exemple le clientélisme comme structure hiérarchique, parallèle à l’État de droit. L’ennui est que l’intériorisation d’une structure sociale « corrompue » crée des habitudes …

        LES TRANSFORMATIONS DU CLIENTELISME DE PARTI EN EUROPE DU SUD (ESPAGNE, GRECE, PORTUGAL, TURQUIE)DANS UNE PHASE DE CONSOLIDATION DEMOCRATIQUE

        Yannis PAPADOPOULOS et Semih VANER

      2. @Jean-Luce Mortie
        La corruption de l’Etat ne serait donc pas le pire mal qui soit… Le cynisme apparent de cette phrase est encore un effet de ce refus d’idéalisation en même temps que du goût pour le paradoxe qui caractérise Montaigne. Le désordre civil et le renversement des valeurs morales ont surtout des effets sur les hommes privés. En effet, l’Etat lui-même n’est pas en danger car il n’est pas une entité morale selon Béatrice PERIGOT (Université de Nice-Sophia-Antipolis)
        Deux-Montagnes Québec

      3. Changeons le nom: clientélisme si le faut.
        La réalité des conséquences -détournement de fonds, prévarication etc…-
        demeurent. Pour faire simple, je propose de ramasser les conséquences sous
        un nom simple. « Soleil », « table » etc… sont déja occupés et on a bien
        le droit d’avoir la flemme d’en créer un nouveau et
        le faire accepter, donc je propose de baptiser
        ces phénomènes sous le nom de
        « corruption ».
        On est bien d’accord, il s’agit d’une convention.

        Le « nominalisme » devrait avoir une fin.
        Sous peu , corruption dans son sens premier va devenir :  » facilitateur des rouages sociaux ». ou « marqueur mineur de la dominance ».

      4. @Lorimiera

        Nous pouvons approfondir, mais là, je n’ai pas le temps. Le point de départ ce sont les structures hiérarchiques (compenser le désagrément de recevoir des coups par au-dessus en en donnant en dessous), lorsque l’ordre hiérarchique officiel est difficile d’accès, les voies de la corruption sont ouvertes à tous les talents, c’est l’explication de la servitude volontaire.

        A+

      5. Daniel Lorimiera, Daniel, c’est un peu comme pour « le prix », la corruption ne renvoie à aucune « valeur morale », les valeurs morales ne sont inscrites nulle part dans une quelconque transcendance.

        Bien entendu, …

        Le discours logique a toujours trouvé une interprétation morale, éthique et culturelle, pour expliquer l’ensemble des jugements de valeur des automatismes conceptuels, des préjugés d’une époque. En pleine inconscience de l’inconscient dominateur qui mène ce discours, les groupes humains à travers l’histoire ont toujours fait entrer la dominance du plus fort, dans le cadre de la justice, de la liberté, du choix, de l’honneur, de la discipline librement consentie, de la tolérance, de l’amour du prochain, de la charité, continuant à perpétuer les guerres, les génocides et l’exploitation de l’homme par l’homme au nom du droit et de la vérité. Le progrès technique, produit de déchet du progrès de la connaissance, a été considéré comme le seul progrès, le bien par excellence, d’autant qu’il a permis aux ethnies qui en ont bénéficié la fabrication d’armes plus efficaces leur permettant d’imposer leur culture, qui n’était que l’ensemble de leurs préjugés et de leurs jugements de valeur.

        (Pour plus de détails, voir ici )

        Ceci ne signifie pas que la dimension éthique ne puisse être aujourd’hui conquise, construite au-delà de l’habituel « blabla » permettant de justifier la dominance par les groupes dominants de la socioculture : « la nature est faible corruptible, etc. » c’est la nature dormitive de l’opium
        C’est pour cette raison qu’il me semble nécessaire d’opérationnaliser la notion de corruption comme non pas « marqueur mineur de la dominance », mais effecteur majeur de la dominance , par contre , votre expression « facilitateur des rouages sociaux » me paraît excellente.

    4. Idem il y’a quelques mois au sujet de la lutte contre la corruption.
      Pour résumer:
      Lutter contre la corruption = vouloir laver plus blanc que blanc = fascisme.
      Un pur scandale sur une radio publique.

      1. La corruption, le clientélisme, les petits et moins petits arrangements avec la morale dont l’application sans faiblesse est pourtant sévèrement préconisée pour le commun des mortels (qui n’a jamais goûté aux joies de l’un de ces formidables débats sur les droits et les devoirs ne peut pas comprendre) : tout cela relève d’une véritable philosophie politique, que dis je, d’une véritable philosophie de vie pour la droite et ses affidés. « Faites comme je dis mais il va de soit qu’en tant qu’être supérieur à qui le pouvoir revient de droit divin je ferai pour ma part ce que bon me semblera dès lors qu’il s’agira de mon propre intérêt exclusif ».
        Les radios publiques sont farcies de ces chantres de droite qui, soit dit en passant, ne jurent que par la privatisation de tout ce qui existe dans la création. Si la soupe est bonne il n’en reste pas moins que cela en dit long sur les rapports de force idéologiques au sein de notre société.

  9. JPMC mal surveillée?
    Et la BCE?
    Bruxelles (awp/afp) – La Cour des comptes de l’Union européenne a annoncé lundi avoir relevé des « faiblesses » dans l’évaluation et la maîtrise des risques par la Banque centrale européenne et lui a recommandé de mettre en place une fonction de gestion des risques unique et indépendante.

    « La Cour a relevé certaines faiblesses affectant l’approche adoptée par la BCE en matière d’évaluation, de suivi et de maîtrise/d’atténuation des risques », annonce-t-elle dans son rapport annuel.
    http://www.romandie.com/news/n/Zone_euroLa_BCE_a_des_faiblesses_dans_sa_gestion_des_risques47040620121700.asp

  10. Résumé : il ne faut ni s’étonner ni du bonnet opiner. (Nonobstant les nonobles du Bo du Bon Dubonnet apéritifs pour lesquels on s’étonne de voir opiner durablement Sa Majesté la Couine Lisbeth Two)

    1. Adhoncques la Père Ubu hoscha la poire, dont fut depuis nommé par les Anglois « Shakespeare »

      (A.J.)

    1. Ce genre de manuel techniciste fricailleux pour VIP minables de la grande orgie, plein de condescendance purulente et de la pathétique auto-satisfaction d’avoir enflé les honnêtes cons, est « proprement » gerbant.

      Tous ces tristes sires ont-ils oublié la caresse du soleil levant, le son de la gratte au coin du feu, la goulée du passetougrain qui circule de main en main ? Que ressentent-ils encore du monde physique ?

      Misérables apothicaires d’outre-tombe, vous nous emmènerez peut-être avec vous, mais nous, nous aurons vécu.

  11. Les pigeons de première catégorie sont ceux qui ont acheté des actions de Facebook.
    N’oublions pas tous les autres, ceux qui ont un compte (comme on dit avoir un compte en banque) ou un profil (comme disent les polices).

      1. De la tromperie comme nature du commerce.

        Ma thèse, c’est que lorsqu’il y a tromperie sur la marchandise que vend une entreprise, il est logique qu’il y ait tromperie sur l’ensemble de l’entreprise et que cerre tromperie soit aggravée par des complices qui y trouvent leur compte.

      2. il me semble que nul ne trouve son compte dans tout ce qui se passe . on fait comme si . et puis, ça doit dépendre des gens . certains sont dupes , d’autres le sont aussi mais ils le savent .
        tenez, nous avons été informés de ND des landes par nos contacts facebook . la presse n’en parlant pas . on s’est déplacé . et il semble que ce soit pas fini .
        il y a des circonstances qui ne nous ont laissé que cet outil pour poster et recevoir des infos .
        de toutes façons si tout est sous police, nous aussi on est tenu un peu au courant de certaines choses , relativement au biotope, par exemple .
        tout est critiquable , même les bouquins . qui ne sont pas la vie
        ché pu ki, disait que la culture orale avait une certaine supériorité . sans doute , parce que tout ce qui s’y mémorisait se faisait dans un rêve ?

  12. professeur d’éthique financière à la business school de l’Université de Yale

    – J’y crois pas.
    – Oxymores.
    – Impossible.
    – Comique.
    – le staff de Goldman-Sachs a un abonnement?
    – Et il a du travail ?
    – Son amphi est vide ?
    – Conseiller en évasion fiscale déguisé?
    – Se reconvertira mafia bancaire ?
    – La solitude du chercheur de fond(s)?
    etc…
    Un jour sans un rire franc est un jour perdu.
    Merci, les flottantes me encore font mal.(cotes flottantes, cage thoracique.)

    1. Eux, ils sont guidés par une éthique définie par leurs propres soins et l’interprétation qu’ils en font. Nous, nous sommes contraints par la loi que je vous déconseille d’essayer d’interpréter surtout devant l’un de ses représentants. Tout est là.

  13. Les pigeons sont limités cognitivement face aux pièges des chasseurs hominidés. Pas les acheteurs des actions Facebook, eux, ce sont des cons. La connerie chez homo economicus prend toujours des aspects himalayens.

    1. C’est ce que je voulais dire, mais je pensais que mon commentaire ne serait pas au goût du modérateur. Comment peut-on être aussi c… pour dans des investir dans des m… pareillles ? Bien fait pour eux, que cela leur serve de leçon.

    2. Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

      Même à acheter du fesse-bouc à 100 milliards de $
      (100 millions de $ ça serait déjà trop)

  14. Pourquoi se gêner, alors que de nouveaux pigeons naissent chaque jour que Dieu fait ?

    … »Et il en fait, le bougre ! » (R.Queneau)

  15. Bon, voilà, j’ai partagé ce billet sur… Facebook. Je vous tiens au courant si je suis modéré.

  16. Le pigeon est la seule espèce humaine qui ne sera pas en voie de disparition cf l’affaire de délit d’initié d’EADS ( dont on a plus entendu parlé), mais en remontant plus loin de la Société d’exploitation du tunnel sous la manche, ou encore plus loin dans l’histoire l’aventure du canal de Panama….
    Si le risque est un coût comment le faire assumer aux petits porteurs. L’esprit de lucre de ces derniers les fait se prendre pour des grands capitalistes, de grands investisseurs alors qu’ils ne sont que le balai à wc des gros…. Tel est pris par la perte qui CROYAIT prendre les gains! La perte des petits sert de boucliers aux gros qui sont souvent les mieux informés dans le système (en langage théorique les fameuses « asymétries d’informations » sur le marché, qui sont l’autre nom de l’escroquerie considérer comme inévitable et inhérente à la complexité des situations de marché. Alors on sanctionnera juste ce qui est le plus flagrant et manifestement malhonnête, en tolérant une marge grise très large.
    En outre de nombreux vides juridiques sont laissés à remplir, et quand les normes existent on a souvent acheté l’organe de contrôle (ENRON).

  17. Je serai très curieux de connaître la distribution des couples (dollars investis dans Facebook, nombres d’amis Facebook). Par exemple, pour moi, c’est (0$, 35amis).

  18. @ P.Jorion

    La question (métaphysique) qui pose le fonctionnement du monde de la finance en général et la crise actuelle en particulier, et qu’on voit bien dans le cas exposé dans votre texte, est: un système humain peut-il durer longtemps sans règles morales? L’éthique est-elle aussi indispensable à moyen terme à l’être humain que l’eau à court terme? Est-ce un hasard si dans ce monde-ci sans éthique rien ne peut marcher longtemps? Si l’être humain sur cette planète, après seulement 6 000 ans de « civilisation », n’a maintenant que deux options: ou l’éthique ou l’auto-destruction?

    1. « un système humain peut-il durer longtemps sans règles morales? »

      On ne peut pas à la fois détruire et appeler à la destruction des systèmes moraux (révolution de 1789 en vue d’affaiblir la mainmise du clergé, « interdiction d’interdire » de 1968) et se plaindre des conséquences. De plus, le système libéral tant critiqué sur ce blog est pourtant doté d’une morale intrinsèque (celle du libre-arbitre) là où les systèmes collectivistes en sont totalement dénués (voir la lutte anti-religieuse de tous les partis d’extrême-gauche et la répartition égalitariste basée sur autre chose que le simple mérite ou l’investissement personnel).
      En fait, j’imagine que pour vous il y a la « bonne » morale (la vôtre) et la « mauvaise » (celle des autres).

      1. @ Pignouf 1er

        C’est quoi la morale « du libre arbitre » du système libéral? Celle pratiquée par Goldman Sachs, J.P.Morgan et autres Madoff? Celle qui détruit la planète? Celle de Sarkozy en France?

        PS. Pour moi le catholicisme est immoral.

      2. @Pablo75

        « Celle pratiquée par Goldman Sachs, J.P.Morgan et autres Madoff? »

        Ce sont les Etats qui empêchent la faillite de ces banques après les avoir autorisées à toutes sortes de magouilles (connivence banquiers-hommes politiques). Le biais initial est donc situé au niveau de la relation entretenue par les politiques et les hommes d’influence plutôt que dans la mise en place libérale.

        « Celle qui détruit la planète? »

        Ce sont les individus qui sont responsables de la situation et non leur organisation sociétale, car on sait que des groupes humains ont créé des déserts avant même la découverte de l’écriture.

        « Pour moi le catholicisme est immoral. »

        Forcément, je suis sur un blog situé majoritairement à la gauche de la gauche.. Sachez que c’est un protestant qui a autorisé le droit au prêt usuraire (Calvin) alors que cela était interdit depuis toujours par l’église catholique. Et que les « métiers » liés à l’argent étaient historiquement exclus aux catholiques et seulement autorisés aux juifs. Généralement les critiques de votre genre démontrent une méconnaissance des faits historiques et du sujet lui-même.

      3. @ Pignouf 1er

        « Le biais initial est donc situé au niveau de la relation entretenue par les politiques et les hommes d’influence plutôt que dans la mise en place libérale. »

        Mais la « mise en place libérale » c’est ça: mettre au pouvoir les politiques et les hommes d’influence libéraux qui permettent les magouilles.

        « Ce sont les individus qui sont responsables de la situation [écologique désastreuse de la planète] et non leur organisation sociétale ».

        Dites ça à Greenpeace (dont je suis membre) qui passe son temps à lutter contre les organisations qui détruisent la Terre (aujourd’hui ils ont survolé une centrale nucléaire espagnole).
        http://www.lavanguardia.com/vida/20120605/54303553154/greenpeace-seguridad-central-garona.html

        « je suis sur un blog situé majoritairement à la gauche de la gauche. »
        Mais moi je ne suis ni de gauche ni de droite, mais « anarco » (je n’ai jamais voté dans des élections, j’ai voté une seule fois dans ma vie: dans le referendum pour la démocratie à la sortie du franquisme)

        « les critiques de votre genre démontrent une méconnaissance des faits historiques et du sujet lui-même. »
        Ce qui est immoral c’est avoir transformé le message du Christ (de l’un de deux Christ qu’il y a dans les Evangiles, le pacifique, pas l’autre, le violent) en instrument de pouvoir, en Inquisition, en Vatican.

      4. @Pablo75
        « j’ai voté une seule fois dans ma vie: dans le referendum pour la démocratie à la sortie du franquisme »

        Je vois, malheureusement je connais très bien l’histoire et les faits du POUM et du CNT et comment ils ont été liquidés par leurs frères d’armes communistes sauf ceux qui ont fui lâchement vers la France en laissant derrière eux leurs familles payer pour leurs forfaits. Les anarchistes espagnols, donc, sous couvert du cache-sexe « républicain » n’ont pas complètement réglé leurs dettes. Mais ce n’est pas le sujet de l’article.

        Vous me parlez de l’inquisition, certes, une dérive criminelle régulièrement rappelée ici et ailleurs. Mais qui a créé les premiers hopitaux, les premières universités, l’état-civil et d’autres institutions qui ont encore cours aujourd’hui car reprises par l’Etat (mariage) ?.. Avez-vous d’autres exemples plus d’actualité pour forger votre opinion ? Par curiosité, savez-vous au moins quelles sociétés ont été les premières à autoriser légalement l’esclavagisme et les dernières à l’interdire ?..

      5. @ Pignouf 1er

        « je connais très bien l’histoire et les faits du POUM et du CNT et comment ils ont été liquidés par leurs frères d’armes communistes »

        La 2e partie de votre phrase contredit la première. Les anarchistes espagnols n’ont jamais été « frères » de ceux qui les ont liquidé ou voulu les liquider. Le reste du paragraphe est trop stupide pour qu’il mérite la contradiction.

        « Qui a créé les premiers hopitaux, les premières universités, l’état-civil et d’autres institutions qui ont encore cours aujourd’hui…? ».

        Les dictateurs et les milliardaires qui ont volé leur fortune le font aussi. Donc ça ne prouve rien. Votre phrase explique ce que j’ai dit plus haut, que l’Eglise a pris le pouvoir et l’a exercé. Pour le reste, une seule question: combien de millions de morts a l’Église sur la conscience? Combien de dégâts moraux, psychologiques, sexuels, combien des vies ravagées par les conneries de leur théologie débile? Combien de mystiques chrétiens brûlés vifs ou emprisonnés? (il n’y a pas longtemps on en a parlé sur le blog). Combien d’assassinats en Amérique, en Afrique, en Asie commis au nom du message d’amour du Christ dans les derniers siècles? Combien d’escroqueries commises par le Vatican et leurs sectes genre Opus Dei dans les dernières décennies? Combien d’affaires de pédophilie cachés? (J’ai passé 4 ans dans un collège de Jésuites et j’en ai vu de près).

        Je remarque que vous n’avez pas répondu ni au début ni à la fin de ma réponse antérieure, et surtout à l’objection essentiel: la transformation du message très simple du Christ pacifique des Évangiles en théologie imbécile et en pratique politique mafieuse.

        PS. Vous avez tort de discuter avec moi de religion, je connais très bien le thème et je suis croyant. La religion est pour moi le contraire exact de la spiritualité en général et de la mystique en particulier.

      6. @Pablo75
        « Les anarchistes espagnols n’ont jamais été « frères » de ceux qui les ont liquidé ou voulu les liquider »

        Mais bien sûr qu’ils étaient frères d’armes, ils ont formé la Colonne Durruti et incorporé la 26e division. Durruti lui-même a été liquidé par des « républicains », comme tant d’autres (anarchistes ou pas d’ailleurs) notamment par le Boucher d’Albacete.

        « Pour le reste, une seule question: combien de millions de morts a l’Église sur la conscience? »

        Peut-être pas tant que ce que vous ne croyez si vous savez distinguer ce qui était motivé politiquement mais justifié par des arguments religieux. Par exemple les guerres de pouvoir en Europe peuvent être analysées sur la base des protestants contre les catholiques, ou bien sur la base géopolitique. Je pense que vous ratez l’essentiel en prenant les mauvais critères d’analyse des faits historiques. Même si, il est vrai, certains faits sont indiscutablement des crimes commis par des religieux ou au nom de la religion chrétienne.

        « Votre phrase explique ce que j’ai dit plus haut, que l’Eglise a pris le pouvoir et l’a exercé. »

        C’est vraiment très simpliste. L’Etat a été créé à travers plusieurs événements marquants et généralement sanglants, le dernier en date 1789, je crois que vous faites un mauvais procès.

        « la transformation du message très simple du Christ pacifique des Évangiles en théologie imbécile et en pratique politique mafieuse »

        Certainement l’incompréhension de certains face à un message qui vous parait simple mais qui ne l’est pas du tout (les travaux de certains traducteurs érudits mettent régulièrement au jour des aspects trompeurs du livre). Et aussi parce qu’il y a des opportunistes partout y compris au sein même du Vatican.

        « La religion est pour moi le contraire exact de la spiritualité en général et de la mystique en particulier. »

        Ca dépend de quelle spiritualité on parle non ? La mystique est une chose, probablement une dérive comme tant d’autres hérésies, mais que faire des mystiques eux-mêmes comme Padre Pio ? Son oeuvre, sa vie, ne sont-elles pas transcendantes à la notion même de vie terrestre ?

    2. De la morale.

      Je conseille de lire Michéa au sujet de la morale et de son absence dans le monde capitaliste.
      L’idée du bien a disparue car faisant trop de ravages dans la société du développement capitaliste et a été remplacée par la logique du moindre mal.

      1. Tant que l’on peut encore se pavaner à choisir la morale qui nous convient, alors tout va bien….

        Il me semble que la morale est un ovni personnel, que l’on partage plus ou moins avec son prochain, selon son degré de rapprochement social, choix religieux blah blah.

        C’est donc un objet à deux niveaux. Et il relève de sa décision toute personnelle que de se plier ou non à la morale d’un autre, en fonction de sa propre morale, des aléas du moment etc.

        Bref. La morale ne peut faire loi.

        Par ailleurs, la loi ne devrait pas être vécue telle une nécessité, mais un choix partagé.
        Hors la loi est depuis toujours institutionnalisée, nous n’avons jamais eu à faire ce choix en tant qu’individu, tel un rituel, de la respecter. Par la contrainte de l’organisation en société, il est admis qu’elle nous est et nous sera de toute façon imposée.
        Ne nous laissant plus qu’avec notre morale, et des forces de l’ordre, pour nous guider dans la décision du respect ou non cette loi subie. Selon l’humeur, le risque encourus, l’aléa du jour elle apparaîtra à l’individu comme une contrainte à court circuiter, ou un bien fait à respecter.

        Ce sont les individus qui sont responsables de la situation et non leur organisation sociétale, car on sait que des groupes humains ont créé des déserts avant même la découverte de l’écriture.

        Cette phrase est vraiment datée, gâtée, périmée.
        Ce n’était valable que lorsque l’on ne savait pas écrire.
        Au regard de la connaissance actuelle de notre impact sur notre monde, de notre inaptitude avérée au changement, et par notre conduite du moindre mal apparent, nous faisons chaque jour un peu plus le choix de notre désertification.

        Je voudrais que nos organisations en société soient là pour nous accompagner face aux caprices de la vie, tel un support, et non pas cette contrainte mal branlée qui nous étouffe..

        Comme le sentiment de balancer un tas de banalités… Enfin bref, fallait que sa sorte.

  19. « Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? »

    On l’a vu et on le voit encore dans la nue-propriété et dans l’usufruit. Et c’est une pratique répandue dont personne ne se plaint.

    1. Celle là :

      De plus, le système libéral tant critiqué sur ce blog est pourtant doté d’une morale intrinsèque (celle du libre-arbitre)

      J’avoue que c’est le sens(ou l’emploi disons) du mot moral dans cette phrase qui m’échappe.
      Quand à l’absence de moral des systèmes collectivistes j’imagine que le mot est employé avec le même sens qui m’échappe encore.

      1. Il vous faudrait poser la question à l’auteur qui mentionne des « règles morales » sans préciser desquelles il s’agit.
        Dans mon propos effectivement je maintiens le flou car la morale est une notion relative à l’individu.

        Pour répondre sur la morale du libéralisme : ce système tend à récompenser l’effort ou les choix judicieux d’un individu, et cela est d’autant plus juste que l’individu concerné en est à l’initiative grâce au libre-arbitre/libre-entreprise. Evidemment ça ne marche pas à tous les coups : une initiative porteuse dans un monde en perdition (constat de P. Jorion qui semble coller à la situation) aboutira dans ces circonstances à l’échec. C’est pour cela qu’il s’agit d’un système moral et non simplet où il suffirait d’agir dans le bon sens pour être récompensé automatiquement. Dans un pays où le 1er employeur est la PME ou l’artisanat, cela est donc adapté.

        A l’inverse le système collectiviste se dédouane de la morale, car l’objectif égalitariste ne récompensera pas plus l’initiative que l’oisiveté. Je grossis le trait volontairement, puisque la morale est une notion individuelle mal adaptée à évaluer un système de groupe, où il s’agira plutôt d’évaluer la vertu de long-terme.

    2. C’est vraiment des trolls ceux-là,. Et celui-ci il est très content de lui avec sa dernière sortie :

      « Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? »

      On l’a vu et on le voit encore dans la nue-propriété et dans l’usufruit. Et c’est une pratique répandue dont personne ne se plaint.

      On a dit concurremment, qui a le sens « d’ensemble ou en même temps » mais aussi « en concurrence », le contexte de la phrase indiquant le deuxième.

      Surtout qu’un nu propriétaire et un usufruitier, des personnes qui se sont entendues sur la répartition d’une propriété devant notaire, sont bien sûr à placer sur le même pied que des escrocs qui ont achetés des actions avec de l’argent obtenus quasi gratuitement par effet de levier, qui les louent à d’autres escrocs qui eux s’empressent de les revendre (bien que n’en étant pas propriétaire) en les jouant à la hausse ou à la baisse, avec gros bénéfice garanti puisque le marché est manipulé, et tout cela bien sûr dans la plus grande opacité…

      Toute cette suffisance n’est par perdue pour tout le monde. Continuez comme ça… la colère monte.

      1. @ERIX le Belge

        Bein voyons, il suffit de ne pas aller dans le sens de la majorité pour être qualifié de troll.

        Et les places d’avion vendues 2 fois à 2 clients différents, ça vous va comme exemple ?

        « avec gros bénéfice garanti puisque le marché est manipulé »
        Ca reste à démontrer, d’ailleurs si vous lisez ce site vous devriez savoir que les banques ne s’en sortent que grâce aux renflouements publics.. le bénéfice étant donc négatif à l’origine !

        « Toute cette suffisance n’est par perdue pour tout le monde. »
        Et c’est vous, si prompt à juger les autres qui dites ça. C’est une blague ??

      1. merci, je viens d’installer le facebook cleaner de safari. Le téléchargement prend une seconde, et, miracle, la pub a disparu !

      2. @ demobilier

        Tout à fait. Avec Firefox bien réglé moi je ne reçois plus aucune pub sur le Net. Pour Facebook, ne l’ayant pas, je ne sais pas comment ça se passe pour les pubs. Si on peut les bloquer avec les bons navigateurs, il est très mal barré.

    1. Disparitions des 2.
      La poutre parle à la paille.
      fond Ironfire Capital?
      L’un est inutile, l’ autre fait partie des malfaisants.

  20. Michel Santi à propos de Facebook:

    « Nul ne s’était attaché à déceler les faiblesses de cette entreprise ni à mettre en garde contre des risques pourtant patents. La manipulation a donc bien fonctionné tandis que les petits et moyens investisseurs ont délibérément cédé à l’irrationalité et à l’optimisme démesuré d’un Facebook considéré comme insubmersible. L’aura – voire la mystique Facebook – est effectivement si puissante que cette entreprise – considérée comme une too big to fail – était supposée croître et s’enrichir systématiquement et facilement dans les années à venir.

    Pourtant, Facebook est susceptible de faire des ravages sur l’économie américaine.

    Après avoir enrichi un tout petit nombre ayant largement profité de cette introduction boursière en fanfare, c’est à présent des millions de petits porteurs à travers le monde qui se réveilleront progressivement de cette illusion collective qui veut que, du haut de son introduction boursière à 100 milliards de dollars, la valeur de Facebook est 33 fois supérieure à ses revenus publicitaires! Chiffre qui n’est que de 5 chez Google… Pour honorer ses engagements et ne pas trahir ses nouveaux actionnaires, Facebook est donc condamnée à accroître ses revenus de plus de 40% par an ces cinq prochaines années ! Tâche impossible pour toute entreprise, qui plus est de la taille de Facebook qui, loin d’être une “too big to fail” se révèle en outre trop massive pour engranger de tels bénéfices, sans même évoquer le contexte hyper concurrentiel où elle évolue.

    Des pertes substantielles sont donc inévitables pour cette armée de petits porteurs et l’aventure Facebook risque fort de se transformer en un épisode « black Swan » cher à Taleb, synonyme d’une liquéfaction généralisée similaire à l’implosion des valeurs technologiques en 2000 ou aux subprimes dès 2007. Après l’effondrement des illusions (savamment entretenues) selon lesquelles les prix de l’immobilier et de la nouvelle économie monteraient éternellement. Après l’implosion douloureuse de ces mythes, le coup de grâce viendra-t-il de Facebook dont la chute inéluctable des valorisations sonnera comme un sauve-qui-peut généralisé ? La manipulation Facebook se soldera-t-elle par un feu d’artifice hautement nuisible pour l’économie américaine et donc pour la croissance mondiale ? »
    http://www.gestionsuisse.com/2012/les-chimeres-du-capitalisme-americain/

  21. Ce matin sur le site du Monde :

    45 % des jeunes adultes déclarent se sentir seuls

    Que font les réseaux (a)sociaux ?

      1. les jeunes,les moins jeunes…le système tend à nous isoler pour que « la peur de l’autre » nous maintienne dans la dualité.

        Il nous infantilise, nous fait croire que nous sommes libres de choisir, à condition de rester dans le cadre et de ne jamais s’autoriser à remettre en question les fondements même de ce système d’exploitation et de domination qui n’est qu’un leurre.

        S’il devait y avoir une seule régle sur laquelle baser nos lois,ce devrait être les droits de l’homme et celles du respect de notre environnement.

        Au lieu de cela,ceux qui ont le pouvoir tissent des lois qui ,quelques que soient les circonstances,privilégient toujours les plus riches,financièrement parlant.

        Les plus riches ne sont pas les plus argentés mais ceux qui ont gardé leur indépendance de penser,de parler et d’agir,parfois même au prix de leur vie.

        Les plus riches sont les plus intégres,des insoumis clairvoyants qui ne se laissent plus duper par les illusions et les mensonges insanes d’une structure en voie de destruction…

    1. 45 % des jeunes adultes déclarent se sentir seuls

      Évidemment, c’est programmé:
      Chacun, seul devant son écran, avec ses 350 Euros/mois…
      C’est la société que nous préparent nos « élites »…

      1. oui, dans la même veine ils avaient bien sûr interdits les apéros géants… initiative sympathique et conviviale s’il en est. les réseaux sociaux avaient aussi joué un rôle dans les émeutes en grande-bretagne.

    2. bien vu, tout les deux.
      C’est exactement ça.
      Les réseaux sociaux pourraient être un outil formidable pour faciliter les rencontres, mais dans la pratique tout est organisé pour les décourager.
      En commençant par fabriquer des amis en série, comme si il suffisait d’un clic pour se faire des amis. C’est banal que de le dire, mais c’est très révélateur. Autant dire que la méthode suppose le problème résolu avant qu’un réel échange ait pu avoir lieu. Voilà pour Facebook qui est encore ce qu’il y a de moins pire dans le genre.

      Les sites payants du genre Meetic sont eux à pleurer. Le profilage forcené renforce chacun dans sa position sociale, les stéréotypes en tous genres, bref chacun est conforté dans l’image déjà préfabriquée qu’il se fait de lui-même. La multiplication des critères de sélection tuent dans l’oeuf tout imprévu, toute fantaisie. Le pire est qu’il existe quelques rares sites gratuits où les fonctionnalités sont simples, mais ils sont désertés, les gens préférant se rassurer en consultant les sites dont les vitrines sont flamboyantes et où il faut payer rubis sur ongles pour avoir accès au saint des saint. EN ce moment des pubs dans le métro visent les intellos qui ont maintenant leur site dédié, comme si réfléchir devait être réservé à certains et surtout devait être assimilé à un mode de consommation spécifique.

      Ces nouveaux moyens de communication sont censés favoriser la communication, mais c’est l’inverse qui se produit. Dans la rue, le métro, dans les cafés beaucoup de gens s’enferment aussi dans une bulle sonore, casque tout confort, son stéréo, se rendent-ils même compte qu’ils participent d’une certaine destruction de l’espace social, par définition partagé, en se retirant à la vue de tous dans la sphère privative ?

      Désolé mais quand je croise un casqué je traduit : « non cela ne m’intéresse pas de communiquer avec vous, je suis très bien tout seul, je me suffis très bien à moi-même, faites comme si j’étais pas là ».

      1. Pierre-Yves, comme tu le sais, j’ai essayé de faire des rencontres à partir du blog de Jorion et cette démarche a donné quelque résultat.
        Par contre pour ce qui concerne les rencontres galantes ou amoureuses, le résultat est nul
        Comme disait un auteur que j’aime bien et qui déplaît tant à d’autres, « dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux ».

        P.S. Dans ta critique n’oublie pas le téléphone portatif, accessoire payant devenu obligatoire, que seuls quelques derniers irréductibles, pas tous gaulois, refusent.

      2. « Les sites payants du genre Meetic sont eux à pleurer. Le profilage forcené renforce chacun dans sa position sociale, les stéréotypes en tous genres, bref chacun est conforté dans l’image déjà préfabriquée qu’il se fait de lui-même.  » Très bien vu. J’ai une amie qui est persuadée que c’est grâce à cette fonctionnalité qu’elle est tombée sur quelqu’un qui « lui correspondait ». Je lui ai fait remarquer que c’était l’image qu’il se faisait de lui qui correspondait à l’image qu’elle se faisait d’elle même. Mais bon, c’est idéal pour les hystériques. Cela va sans dire que ce type ne l’attire pas une seconde. Et qu’on peut additionner les pourcentages de bonnes raisons pour que cela marche, à l’arrivée, il reste un pauvre type pret à tout pour garder celle qui a 80% d’affinité avec lui.

      3. Amsterdam, 5 juin 2012

        Oui, certainément des systèmes de « draining of energy » des systèmes de dégonflage d’energie. L’oligarchie en est très consciente et très contente.

        J’aimerais vous expliquer que la folle Neelie Kroes (http://nl.wikipedia.org/wiki/Bestand:E-G8_-_Neelie_Kroes.jpg) comme Vice Présidente de la Commission Européenne et chargée de la société numérique en est responsable maintenant, mais, TRES important pour notre mémoire collective, en était DEJA responsable comme ministre des communications aux Pays-Bas dans les années 1970- 1980, pendant la privatisation desastreuse des PTT aux Pays-Bas (voir les mots de l’ancien vice président du Conseil de l’Etat devant la première enquête parlémentaire jamais organisée dans le Sénat hier à la Haye), la création des réseaux dans les chats et les réseaux ‘sociaux’ des ‘solitaires’, appuyée par monsieur Verwaayen… voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Ben_Verwaayen , membre du même parti politique de Neelie Kroes. (Verwaayen, déjà lié a ITT dans les années 1970… Ah! ITT? Allende? NOTRE 11 Septembre 1973?).

        Et, avant que vous l’oublierez, Neelie Kroes est membre du même parti politique que cet autre ancien Commissaire à la Commission Européenne, Frits Bolkestein, fameux pour ses décisions en ce qui concerne la libéralisation et la flexibilisation, et… père politique du clown Geert Wilders, petit fils de Le Pen, qui vient de détruire ce qui était bon aux Pays-Bas, raciste fameux et xénophobe et anti-Européen.

        Et, pour être complet, monsieur Marc Rutte, toujours premier ministre du cabinet gouvernemental tombé le 21 Avril 2012, aussi membre de ce même parti politique de Neelie Kroes et de Frits Bolkestein, essayant maintenant de devenir grand ami de François Hollande..
        Bien étonnés de se retrouver ensemble?

        http://www.refdag.nl/polopoly_fs/ruttehollande_1_645592!image/3500342406.jpg

        Ou?

        Bien, elle. L’admireuse des étoiles. La géante contre Bill Gates.

        http://www.parlement.com/9291000/biof/01716

        Folle? Pourquoi ce mot dur?

        A lire sa biographie, et les observations là dessus par Bram Peper, ancien maire de Rotterdam, qui je connais bien, et.. ancien époux de Neely Kroes.
        Bram explique dans ce livre remarquable que cette femme (http://www.nieuwamsterdam.nl/neelie-kroes ) ne prenait que des décisions politiques qu’après des consultations auprès des… astrologues…

        (http://www.hpdetijd.nl/2011-05-25/neelie-kroes-nam-beslissing-op-basis-van-de-sterren/)

        Et, croyez moi, il n’y a très peu de personnes dans la politique au monde qui parleront ainsi de leurs ex… et entre eux sûrément Bram Peper…
        (ancien prof de fac en sociologie, très intelligent, à l’Université de Rotterdam Erasme).

        Paul: c’est bien bizarre n’est-ce pas, pour une fille de Rotterdam qui devenait la femme plus puissante de l’Europe?

        Mais, n’oublions jamais en même temps les observations de Robert Michels (malheureusement terminé à Rome dans le fascime..).
        En Français mieux voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d'airain_de_l'oligarchie

        Ainsi, la lutte pour la participation ACTIVE de chacune/chacun dans les prises de décisions s’impose toujours et partout.

        La démocratie n’existe pas comme fait accompli.
        C’est la démocratisation qui se produit et qui nécessite s’approfondir, jusqu’aux derniers moments de notre vie.

        « No effort no pain » n’existe pas dans le jardin de l’amour.

        Bien à vous tous.

        Johan Leestemaker

      4. Il y a pire encore que Meetic. Sur je ne sais plus quelle TV de la TNT j’ai vu une pub pour une espèce de Meetic de luxe pour riches (avec un nom anglais).

      5. à lou,

        A propos de cet auteur que j’aime bien et qui déplaît à tant d’autres, voici une autre citation (1967) : « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. »

      6. Marlowe,
        je précise que je ne mettais pas dans le lot le BJ car si l’on désire réellement faire des rencontres, on le peut. Comme toi je l’ai vérifié. Ce n’est pas le but premier d’un blog, mais il s’avère que c’est un bon moyen, car on part sur une base saine de véritable dialogue, un dialogue qui existe réellement sur le blog. Et à force de fréquenter le blog les différentes personnalités qui s’y expriment prennent figure. Aussi quand on rencontre les personnes l’image qu’on s’en faisait n’est jamais très éloignée dans la réalité.
        Par contre, il s’avère que certains hésitent à franchir le pas même si l’on avait pu détecter chez tel ou untel un désir d’une rencontre de visu. Mais ce n’est pas bien grave, car comme je le disais un blog c’est d’abord fait pour échanger des idées, la rencontre c’est la cerise sur le gâteau ! Et après tout dans la vie courante, même quand toutes les conditions devraient objectivement être réunies pour faire des rencontres, parfois le courant ne passe pas.

        Si un jour Paul écrit ses mémoires il en aura des choses à raconter à propos des rencontres qu’il a pu faire via son blog. Et quelle vue imprenable sur la nouvelle société en gestation. Pour un sociologue c’est du pain béni.

  22. Amsterdam, 5 juin 2012

    Chèr(e)s co-blogistes,

    Si vous me permettez, je m’inquiète du silence autour des propositions du coté d’Alessio Moretti et de celles de ma part d’il y a quelques jours ici au BLOG pour améliorer l’universalisation du BLOG.

    En outre, et entre autres, Alessio Moretti et Tim Gupwell ont fait, et à plusieurs reprises, des traductions des contributions de Paul Jorion ici au BLOG, sans suite effective (‘follow up’) quant à la traduction des commentaires et des réactions aux commentaires à ces mêmes contributions du coté de Paul Jorion.

    Avec une exception remarquable quand même, puisque la traduction en Allemand d’il y a quelques jours, soudainement a provoqué des commentaires et de réactions aux commentaires, véhémentes et intéressantes en… Alleman!

    Une preuve (importante..) alors, de l’hypothèse sur la nécessité de l’universalisation du BLOG Jorion et de le transformer en machine complète en traductions simultanées.

    (A mon avis, urgemment, vu les opportunités et vu les dangers…).

    Mais hélas… là aussi, dans le cas de l’Allemand… on peut constater la mort tranquile après une petite dizaines de commentaires et réactions… La raison?
    Il n’y pas de force motrice derrière la traduction ‘en ligne’ et ‘simultanée’ comme c’est le cas avec les textes en Français.. puisque…regardez les réactions aux commentaires (et parfois des commentaires ‘nets’ et additionnels) ultra-rapides et nécessaires du coté de Paul Jorion, Julien Alexandre et François Leclerc.

    Et, il ne me faut pas l’óublier, avec quelle énergie.. avec quelle ténacité.. Je vous admire Paul, Julien et François, mais, je me sens très préoccupé de vos efforts en même temps… votre labeur n’aura PAS de ‘sostenibilad institucional’ mes chèrs Paul, Julien et François, si vous oubliez de renforcer l’institutionalisation de votre travail… vous le savez très bien vous mêmes… pensez au sort tragique de toutes ces belles initiatives privées dans la coopération internationale Paul! Vous, qui comme moi, connait l’Afrique!
    Maintenant je vous parle avec l’expérience de quelqu’un qui a travaillé plus que 32 ans dans ce domaine et ayant le grand privilège d’avoir vu les résultats encourageants mais également les résultats tristes de la coopération internationale.

    Regardez maintenant comme à Medellín, Sergio Fajardo finalement a pu changer ce drame.. voir les résultats!

    De retout au sujet.
    Encore PIRE c’est la situation sur la page Anglaise du BLOG, aucun commentaire, aucune réaction.. bien sûr la conséquence directe de la tradition de la monoculture (je dis cela avec regret, sans aucune accusation!).
    La tradition d’être SUR d’être pris(e)s au sérieux est très importante! La mémoire…. La madeleine… Le son du cuillette de thé…

    Paul Jorion a dit, donnant sa réaction à Alessio Moretti, qu’il manque les sous (‘l’argent’) pour réaliser l’universalisation du BLOG.

    Cela sonne un petit peu bizarre. Manque de sous? Dans un monde où on jette l’argent par les fenêtres? (Dumb money.. mieux dit: dumped money… argent stupide!)

    Quand j’entends de telles remarques en Afrique, ou en Amérique Latine, ou en Indonésie, je me rappelle toujours les mots sages de mon éducateur le grand financier de développement Klaas Kuiper: « alors, on va chercher les sous! ».

    (voir aussi:
    http://www.gdrc.org/icm/country/kk-Fruin-POLICY-MANUAL.doc
    et
    http://www.gtz.de/en/dokumente/en_Act_or_Accident_Kuiper.pdf )

    Ou, comme on dit à Amsterdam, « het geld ligt op straat meneer! » (l’argent se trouve dans la rue monsieur!).

    Et, je me rappelle les mots de mon prof de fac à Harvard et à Boulder, la reine d’épargne Marguerite Robinson, citant les mots d’un directeur d’une banque commerciale en Indonésie, parlant à une vieille dame pauvre qui venait déposer ses petits sous d’épargne: « we don’t want your dirty money!! » (Nous ne voulons pas vos sous sales!).

    (voir: www-wds.worldbank.org/…/232500v10REPLA18082134524501PUBLIC1.pdf )

    Ce n’est PAS le manque d’argent, c’est le manque d’institutions adéquates et FIABLES pour chercher, absorber et gérer nos fonds.

    Moi, de ma part, volontièrement je donnerais le peu que j’ai (et ce n’est rien du tout, parcequ’aux Pays-Bas on a vécu dans les années passées les conséquences du petit fils de Le Pen au pouvoir gouvernemental, avec sa manie de détruire tout ce qui est, mieux dit était la « coopération internationale ») à un fonds géré par Paul Jorion.

    Probablement c’est cette proposition que Paul Jorion aimerait recevoir de notre coté: s’il vous plaît monsieur Jorion, créez votre / notre Banque!

    🙂

    Mais retournons au sujet du BLOG, si vous me permettez, personne n’a réagi ici aux propositions du coté d’Alessio Moretti en ce qui concerne la création de ce qu’il appelle une fédération pour pouvoir surmonter notre problème à nous en Europe (et au monde..) de la construction de la tour de Babel, ni personne n’a réagi à ma proposition pour commencer en ‘micro’ avec des paiements par lecteur d’environ 0,25 eurocentimes par mois par sms pour pouvoir couvrir les frais d’un équipe de traducteurs/trices.

    Contrastez notre isolement et notre pauvreté (en solutions!) avec les richesses de l’Union Européenne, ou du Conseil de l’Europe, ou de l’European Central Bank.

    Il n’y a pas de publications, de réunions ou de conférences de presse du coté de nos ami(e)s les Eurocrates sans les traductions simultanées en beaucoup de langues.

    C’est cela leur grand pouvoir… ils/elles ont pu surmonter le problème des malentendus, ils/elles ont crée jusqu’ici le monopole de leurs paroles POLYGLOTTEéS simultanées, et alors, de leur pouvoir.

    Les services de traductions de ces institutions sont leur VRAI capital (dans le sens de Bourdieu).

    Et ils/elles sont TRES, que dis je, PLUS QUE content(e)s de voir notre désarroi, le résultat de notre malcompréhension.

    http://areopage.net/atxtheb/langue_babel.jpg

    Vous me permettez une paraphrase, (et pardonnez moi des erreurs..): dans un monde des mono-glottes, les polyglottes sont roi et reine.

    Le grand jeu du coté du pouvoir c’est, comme toujours, ‘divide et impera’.

    Et nous ne saurions pas la réponse?

    Vous, chèr(e)s co-blogiste, vous le croyez aussi?

    Immanuel Wallerstein a dit, suivants les mots du grand Fernand Braudel, que précisément dans la situation de crise SYSTEMIQUE, le rôle des individu(e)s augmente relativement fort.

    Paul Jorion en est la preuve toujours bien vivante.

    Je vous propose que nous suivons son exemple, et que nous mettions les pas audaces et nécessaires pour améliorer l’accès universel de nos échanges ici au BLOG.

    Cela sera, probablement, la première fois dans l’histoire humaine que nous allons surmonter un défi jusqu’ici jamais vu avant, le reveil des humilié(e)s, avec un clin d’oeil à JA en ce qui concerne la (e)…. un petit peu ‘machisto’ notre amigo JA… 😉 ?

    Bien à vous tous,

    Johan Leestemaker

      1. Chèr Julien!

        Très très bien! Je me réjouis, you make my day!

        Et, j’ose vous le garantir la réaction du coté des Pays-Bas sera foudroyante.

        Puisque…. ‘fama rupit’, comme une grande ligne séquentielle des allumettes, posées les têtes aux queues, au sol, dès que la première soit allumée…. zouououff!

        🙂

        Johan Leestemaker

      2. Internationaliser le blog seait une heureuse initiative, mais quel boulot s’il faut tout traduire !

      3. L’idée serait comme nous l’avons initié sur le blog anglais – avec l’aide précieuse de Tim – de ne traduire qu’une sélection des contenus les plus pertinents pour l’international.

      4. il y a aussi un format de traduction instantanée du blog multilangue tenté par ANTICIPOLIS :
        https://forum-anticipolis.eu/fr/qa-fr
        ce qui permet non seulement la traduction des textes mais aussi des commentaires.
        Et chacun peut corriger les traductions (car le premier jet, fait automatiquement est souvent peu exact)
        Mais je ne connais pas l’accessibilité à un tel système, ni son coût

      5. à Julien Alexandre,

        Comme il est facile de le remarquer, je donne souvent des liens d’articles disponibles sur
        http://palim-psao.over-blog.fr
        et je remarque ce jour un article traduit d’un auteur allemand Claus Peter Ortlieb, Aveugles face à la crise, article qui, sur le fond, est proche des idées défendues sur le blog de Paul Jorion.

        Il y un lien vers un site allemand et je me demande s’il ne serait pas possible de trouver « d’honorables correspondants » dans d’autres pays.

  23. Petits ou grands porteurs, le sort de ces pigeons ne m’émeut pas. S’ils sont victimes, ce n’est que de leur appât du gain.
    Le matin de l’introduction, mon fils de 15 ans, avec sa fascination des nouvelles technos me disait: « c’est dégueulasse, ceux qui ont plein d’argent vont acheter plein d’actions Facebook et gagner encore plus ».
    Quand je lui ait dit que je ne croyais pas au modèle économique de Facebook, bien moins solide à mon sens que celui de Google, j’ai eu droit à un regard plein de mépris… Je ne pensais vraiment pas que le marché me réhabiliterait aussi vite à ses yeux !

    1. C’est beau quand l’actualité vient confirmer les sages messages que nous tentons de transmettre à nos enfants !
      Il y a une réalité derrière le système qu’il est bon de révéler et de transmettre quitte à être à contre courant des idées majoritairement admises.
      De plus en plus l’actualité nous confirment l’absurdité d’un mode de fonctionnement basé sur l’avidité et la dualité .
      Puissions-nous intégrer,avant qu’il ne soit trop tard,que nous ne sommes que partie d’un Tout qui nous dépasse et que nous avons la prétention et l’arrogance de vouloir maitriser !
      La vie est au-delà de nos petits calculs mentaux et ce que l’on croyait vrai hier s’avère faux aujourd’hui.C’est dire l’ampleur de notre ignorance et de ses infinies incionséquences !
      Un peu plus de simplicité,d’humilité et de dignité rendraient honneur à notre filiation divine et cosmique…

  24. bonjour, à propos de l’éducation du public, j’ai de sérieux doutes: dans nos contrées « développées » on a jamais été aussi bien éduqué qu’aujourd’hui ou en tout cas on a jamais eu autant accès librement à l’information et pourtant le nombre d’imbéciles reste colossal! La preuve on vit encore dans un système de libre échange non régulé et injuste. Pourtant, depuis le temps qu’il montre ses faiblesses et ses saloperies… C’est aussi la preuve qu’au delà de l’éducation il y a l’homme et ses démons: l’apparence, la rapacité, l’égoïsme, l’hédonisme, le fric, le bling bling, et tout le reste. Depuis le temps qu’on « éduque » on devrait disposer d’une base sociale mature majoritaire capable d’esprit critique et de refuser l’inacceptable. Hé non! C’est toujours plus facile de regarder ailleurs et d’essayer malgré tout de rafler la mise au loto ou à la bourse (si on gagne on oublie tout n’est-ce-pas), que de remettre le système qui nous plombe depuis 2 siècles en question. Oui je sais grâce au capitalisme on s’est incroyablement développé sur le dos des 3/4 de la population mondiale, merci pour eux, et en ruinant la planète mais un, on est toujours dans la même situation qu’en 1788 avec 1% la population mondiale qui dispose de 60% des richesses (je crois) et ça ne s’arrange pas comme vous le savez, deux si le progrès ne rapportait pas de fric personne ne s’emmerderait à investir pour la beauté du geste ou le seul bien être de la population et trois, effectivement la Terre est devenue une poubelle surpeuplée. Alors l’éducation, j’y ai beaucoup cru dans les années 70 et du reste je ne la jette bien sûr pas aux orties mais croire que l’éducation à elle seule est la clef des problèmes dans lequel nous barbotons depuis si longtemps, c’est de la rigolade. Les financiers sont éduqués et ça ne les empêche pas d’être de gros salauds cyniques pour l’essentiel. Tout le monde va à l’école et ça n’empêche pas 10 millions de personnes de regarder chaque jour TF1 tout en sachant qu’ils ne sont que du temps de cerveau disponible pour CocaPepsi… Ne te réveille pas Condorcet, ça va te faire du mal!
    Quant à Facebook, c’est un truc d’enfant pour les enfants. Rien que l’engouement pour ce gadget démontre que l’éducation n’a rien à voir la dedans. Par ailleurs que les banquiers se foutent de la gueule des petits porteurs qui veulent gagner du blé en dormant et en créant du chômage (parfois ils sont aussi socialistes, ouaf!) après tout c’est dans l’ordre des choses. A mon sens en plus de l’éducation ce qui manque c’est l’utopie, les rêves en commun et les « idéologies » qui fondent de véritables projets de société. C’est pour ça qu’on se contente de se regarder tomber, de suivre au jour le jour l’écroulement de ce monde débile en le commentant de façon plus ou moins pertinente mais on ne fera rien car on ne sait pas vraiment quoi faire. L’utopie est morte dans les années 70 piétinée par l’argent facile, la consommation, l’égoïsme et l’hédonisme.
    C’est pas réjouissant.

  25. Alors que M. Lloyd Blankfein, PD-G de Goldman Sachs, firme ayant organisé des paris sur l’effondrement du système financier (la firme votant en sa faveur) coule des jours paisibles, des étudiants, et un professeur, de University of California at Davis risquent onze ans de prison pour avoir bloqué l’accès à une agence de banque. Si vous pensez qu’il y a là – comment dire ? – comme une anomalie, signalez-le ici.

    1. Qui a dit que les USA étaient la plus grande démocratie du monde?

      Il faudrait vraiment redéfinir ce mot ou inventer un autre (demidémocratie, ploutodémocratie?).

      1. On a aussi dit qu’il n’y avait pas de « classes sociales » aux États-Unis parce qu’il n’y a là qu’une immense « classe moyenne ».

        Le 1% au sommet (avec 1/3+ de la richesse) est simplement un peu moins « moyen » que les autres. Mais n’allez pas chercher des poux !

      2. @Pablo75: c’est une ploutocratie avec un vernis démocratique, cherche pas midi à quatorze heures. L’URSS aussi se proclamait démocratique. Je pense même que Saddam ou Pol-Pot se prétendaient démocratiques. Même en Afrique aucun dictateur ne peut plus se passer de cette comédie de la démocratie (élections bidon, faux parti d’opposition, etc). Ils le font juste moins bien que les ricains, c’est tout.

      3. @Moi le rabat-joie!
        « On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n’ont pas tenu devant l’existence. On est tombé dans les salades qu’étaient plus affreuses l’une que l’autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s’est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d’inquiétudes que les vacheries recommenceraient…Et toujours elles ont recommencé…Rappelons-nous! »
        Guignol’s Band
        Malgré tout ça et peut-être grâce à tout ça, la joie.

    2. Y a-t-il eu au moins des plaintes et un procès contre Lloyd Blankfein et Goldman Sachs pour « non assistance à système économique en danger » ?

    3. Bof, dans la perspective ultralibérale, il n’y a que des individus égocentriques en danger, les systèmes n’existent pas, et s’ils existaient, ils ressembleraient tellement à l’État, que ce serait de toute façon bien fait pour leur pomme !

    4. Leur seuil de tolérance est assez inquiétant, a-t-il seulement des limites?

      http://www.zerohedge.com/news/record-number-us-households-foodstamps

      Vous qui connaissez bien ce pays, vous y croyez une explosion sociale possible? Depuis leur guerre de sécession le système n’y a jamais eu beaucoup de mal à garder le couvercle sur la marmite. Quitte à évacuer l’excès de vapeur par des excursions revigorantes au quatre coins du globe.

      1. La remarque de Tyler Durden rejoint ma plus récente chronique pour Le Monde :

        At least all these impoverished believers in hope and change have FaceBook IPO profits to look forward to.

        Tous ces fidèles appauvris d’ « espoir et changement » peuvent au moins se réjouir des profits qu’ils réalisent depuis l’introduction en bourse de facebook » (-31 % à l’heure où je vous parle).

  26. L’accessibilité actuelle pour les masses devient de plus de plus en difficile de part la vie chère, des prix en constante augmentation concernant les loyers, l’alimentaire, les assurances, l’achat immobilier,…

    La prise de position a été d’éviter une spirale déflationniste, c’est à dire que la baisse des prix va créer obligatoirement une baisse de la production. Pour celà, les banques centrales dans le monde ont créer de la monnaie pour éviter cette spirale.

    « Dans une telle spirale, la baisse des prix mène à une réduction générale de la production, engendrant une baisse des salaires, un recul de la consommation, et donc de la demande, accroissant ainsi la baisse des prix. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Spirale_d%C3%A9flationniste

    Il faut rajouter que dès qu’un secteurd’activité connaît une « baisse » de ses bénéfices (uniquement par rapport à l’ancien), les lobbys et des représentants du secteur d’activité réagissent très rapidemment, en parlant de crise. Il n’est pas du tout prise en compte le prix très élevé, qui de toute façon à terme fera baisser le nombre de clients et de possibilités d’achats.

    De plus, il y a des gaspillages d’une à une surproduction, et à une difficile accessibilité des masses à des produits (immobilier,ect…) parce que les prix sont trop élevés.

    Les revenus stagnent, sont gelés, les contrats précaires ou à titre gratuit sont de plus en plus sur le marché tandis que les prix augmentent dans de nombreux secteurs d’activités. Ceci menant de facto vers une diminution des capacités des citoyens à acheter.

    Une baisse des prix dans ce type de contexte ne signifie pas automatiquement une baisse de la production, surtout que la planète n’a pas la possibilité de continuer sur ce rythme par la prise en compte des facteurs écologiques. Car l’accessibilité des citoyens aux produits va augmenter, diminuant aussi les gaspillages dans des secteurs comme l’énergie (construction et acheminement de produits), l’alimentation,ect…

  27. La corruption des politiques commence par le fait que les candidats à l’élection postulent pour le salaire et les privilèges exorbitants qui accompagnent la fonction qu’ils convoitent .

    Hier soir, j’entendais un candidat revendiquer que toute fonction d’élu, maire, conseiller général, député, parlementaire (y compris européen), sénateur, ministre, président de la République, relève totalement du bénévolat , comme pour les associations loi de 1901 dont les réunions, les conseils, se font les week-ends et le soir après le travail. Le seul rôle des ministres, du présiden t et de tous les élus est de transmettre leurs directives aux fonctionnaires subordonnés, des salariés, dont c’est le travail à plein temps de les appliquer et de faire tourner la machine .

    C’est une manière d’écarter les cupides du gouvernement, de recruter des personnes désintéressées, et de donner ainsi la preuve du dévouement des hommes et femmes politiques au bien de l’humanité toute entière sur le long terme .

    1. Bonjour Mianne,

      Pour alimenter la réflexion, voici quelque extraits d’un entretien avec Pierre Lacousmes La corruption et ses représentations en France , réalisé à l’occasion de la sortie de l’étude Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêt

      Comme le souligne Pierre Lacousme, le plus surprenante est notre tolérance à la corruption

      Enfin, et ce fut ma principale surprise sociologique, une part importante des citoyens considère que les transgressions sont une composante du rôle politique. Elles en constitueraient une inévitable face noire. La tolérance de la « corruption » est souvent partie intégrante de la conception de la fonction politique.

      Lacousme précise que la société civile, c’est-à-dire nous tous, somme un observateur passif dont il souligne la responsabilité.

      …la stigmatisation sociale se portent prioritairement sur le « corrompu » (en fait, le décideur, celui qui dispose du pouvoir d’attribuer des ressources). Je rappelle simplement qu’il existe aussi des corrupteurs qui sont toujours intéressés à obtenir des passe-droits, à gagner inéquitable ment des marchés contre leurs concurrents, etc. Là s’observe la pression constante des intérêts privés sur la décision publique. Enfin, j’attribue aussi une certaine responsabilité à l’audience, à la société civile, qui n’est le plus souvent qu’un observateur passif.

      Un commentateur précise

      La responsabilité des citoyens dans l’existence des mécanismes de corruption est rarement évoquée, encore moins étudiée. Et par un mécanisme de refoulement assez Freudien, plus la société admet la corruption, moins elle veut que l’on s’y intéresse. C’est le syndrome des doigts qui ont trempé dans la confiture. Autorisez les petits à faire refaire leur toiture au noir, ils vous laisseront gérer vos « petites affaires ».

      Indépendamment, de la compréhension des mécanismes de notre passivité, il nous est déjà possible de répertorier les citadelles d’impunité (Eric Art)

      1. Tolérance à la corruption.
        D’après la section française de Transparence Internationale,
        la tolérance française à la corruption est unique en Europe.
        ( avec un second pays, Slovaquie, je crois.)
        Son président citait le phénomène courant du corrompu
        réélu. Il faut rappeler qu’un pourri, jugé comme tel,
        reste un pourri , élections ou non
        Pour les affaires pendantes, la réélection ne vaut pas absolution par la Justice.
        Des exemples locaux montrent que les corrompus
        de haut niveau ( que de contorsion pour ne nommer personne.)
        sont quasiment absous par la Justice.

        La France est probablement unique dans le sens où la corruption
        massive est le fait d’un petit nombre au sommet, privé et public confondu.
        Les ventes d’armements à l’étranger sont une mine de corruption
        inépuisable.

        A un niveau en dessous, les PME/TPE sont soumis à un
        processus normalisateurs dont tous les éléments sont
        déments. Exigences démentes, compréhensions ardues
        au moins, extraordinairement couteux et bénéfices douteux.
        Les organismes certificateurs – privés- ont ainsi quasiment
        droit de vie ou mort sur ces entreprises.
        J’ai pu constater que l’arbitraire dans les critères d’appréciations
        n’était pas absent. (malgré la garantie de normes
        que doivent satisfaire ces organismes certificateurs…)
        On peut s’attendre à la survenue de tentatives de corruption.

        @Jean-Luce Morlie
        Les extraits que vous donnez sont très curieux.
        Je ne m’y retrouve pas.
        Etes-vous raisonnablement sûr que l’auteur est sérieux ?

        A titre info » facilitateur des rouages sociaux »
        était une expression utilisée par un chroniqueur
        anglais ( Samuel Pepys – 17. éme siécle ) pour décrire
        l’âge d’or de la corruption en Grande-Bretagne.
        On peut avoir des vues semblables mais 1 siècle
        plus tard dans
        « La marche folle de l’histoire », Barbara Tuchman,
        Laffont, 1985, chapitre  » Les britanniques
        perdent leurs colonies américaines ».
        (… à cause d’une corruption profonde.)
        Au moins 2 siècles d’une corruption générale et admise
        et maintenant un des peuples les plus honnêtes.

        La corruption devrait passer en France de joyeux
        phénomène sociologique pour sociologue en veine
        de paradoxes créatifs à un objectif d’intérêt collectif
        pour la Justice.
        Une autre ONG signalait que le budget de la Justice
        en France était l’un des plus faibles. Hasard ?

  28. Alerte du Monde du 6 juin à 19h26.
    Facebook : le Nasdaq va indemniser les investisseurs
    La plateforme boursière a annoncé qu’elle allait indemniser à hauteur de 40 millions de dollars (31,8 millions d’euros) les investisseurs qui ont subi des pertes à cause de problèmes informatiques survenus pendant le lancement de l’action Facebook, le 18 mai. (AFP)

    Plus d’info sur le site du Monde.

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