ÉLOGE DE LA GUINGUETTE : RÉPONSE À CRAPAUD ROUGE, par Jean-Luce Morlie

Billet invité. Réponse à Le prix de la liberté économique.

Bonjour. La socialisation des salaires me paraît, en effet, une voie de sortie hors des pièges du capitalisme, c’est-à-dire essentiellement l’horreur de l’acceptation d’une soumission par le travail pour l’obtention d’un revenu et d’autre part, l’aspiration de l’argent dans une boucle d’accumulation autant absurde que mortifère.

Comme évoqué par votre péroraison, « Prédateurs et accapareurs, ce sont les héritiers en ligne directe du mâle dominant qui propage ses gènes. », l’argent est en effet le pouvoir de prendre plaisir à faire faire quelque chose à quelqu’un d’autre (cf. Jorion, l’argent mode d’emploi). Pourtant, votre argument est bien près de verser dans le « racisme » : la classe capitaliste, expliquée par l’excès de testostérone programmée par les gènes ; ainsi, seules les motivations des capitalistes seraient mauvaises, ne faisons-nous pas partie de la même espèce ?

Nous étions pourtant d’accord) sur une définition de la servitude volontaire comme « le plaisir que chacun prend à asservir celui qui se trouve en dessous de lui, en compensation d’obéir aux ordres qu’il reçoit du dessus » et sur laquelle vous me répondiez

« ah oui, comme ça, tout à fait d’accord ! Cette servitude-là n’a même pas besoin de recevoir explicitement des ordres : elle se fait un devoir d’être la courroie de transmission du pouvoir qu’elle idéalise pour trois raisons : 1) ne pas souffrir de sa propre sujétion ; 2) avoir une « bonne raison » de soumettre les autres, et ainsi trouver effectivement une compensation ; 3) ne pas avoir de problème de conscience concernant, en particulier, le sort réservé aux rebelles »

Je crois nécessaire de remettre cette question explicitement à l’avant-plan, ainsi, Bernard Friot, dans un texte assez récent, issu de l’atelier: la mesure du travail constituée et constituante (XVIIIèmes Journées Internationales de Sociologie du Travail), écrivait ceci :

« Quand nous en aurons fini avec le privilège de la définition de la valeur économique par les propriétaires lucratifs, cela n’abolira pas l’enjeu de pouvoir qu’est cette définition. Le conflit se déplacera à l’intérieur du salariat

– je souligne -et B. Friot de poursuivre

« Très vite des pater familias, des prêtres ou des princes, ou toute autre institution de pouvoir à imaginer, et il y en a peut-être de pires que la trilogie évoquée, feront le tri dans le travail concret. »

La démarche de Friot est semblable à celle de Paul ; retrouver « le prix » comme terrain de luttes concrètes articulées sur la compréhension des rapports de forces et (alléluia) l’assomption de la Philia, (laquelle, la Philia instrumentale ou la Philia véritable, il faudra y revenir ?)

C’est peut- être l’effet d’une présentation nécessairement écourtée en raison du format imposé par le blog, mais votre schéma met, fortement en avant, l’État. Ca n’existe pas « l’État », cher Crapaud, et vous le savez, « l’État » c’est un nœud de rapports de force entre groupes d’intérêts qui « s’étripaillent ». Que vous préparez-vous à dissimuler en ressortant cet oripeau, le rebaptiseriez-vous « état démocratique populaire et libertaire», croyez-vous qu’il serait automatiquement l’expression d’un ensemble commun qui dépasserait les intérêts particuliers et réaliserait la forme instituée de la Philia.

En effet, pour aborder ce problème sous un autre angle, si « l’État » éradiquait toute possibilité d’évasion fiscale, et dans un même mouvement, décrétait un resserrement de la grille des rémunérations (1 à 5) sur base d’un salaire initial continûment augmenté, l’argent ne pourrait plus s’accumuler « en cul-de-sac » et jusqu’à l’absurde. Mais, par contre, il serait encore possible de prendre plaisir à la domination d’autrui, et cela d’une façon d’autant plus affutée, qu’elle serait gainée de principes moraux d’égalité et de justice sociale, autant qu’énervée de la capiteuse ivresse méritocratique (5 classes ça se verrait ). Nous avons, en effet, beaucoup trop tendance à considérer l’économie comme un système d’échange de bien, nous oublions que le don au sens anthropologique, est d’abord un échange d’affects (quelque peu « hypocrite », au sens où cet échange est par les deux mouvements contradictoires des processus opposants – ). Il me semble que ne considérer de l’économie que sous la forme abstraite des circuits d’échanges d’objets et de services, c’est faire exactement « « comme si » notre pensée était consciente, comme si nous échangions des signifiants, dont les signifiés, nous était transparents et univoques. Vous écriviez tout récemment

« La Boétie et sa « servitude volontaire » en prennent un coup dans les dents avec ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie, non ?

Ailleurs vous poursuiviez « Au risque d’en choquer plus d’un, je vois dans la Boétie l’ancêtre de la gauche caviar … Vous avez bien lu : « c’est le peuple qui s’assujettit », son tyran n’est jamais que le serviteur en chef de la servitude générale ».Certes, Paul Jorion, commentant le discours de Toulon, dans son message du vendredi 31 décembre 2010, tout en reconnaissant l’intérêt du concept considérait que « la servitude volontaire est un concept dangereux et une excuse pour ne rien faire ». . De votre côté, vous développiez votre commentaire sur la Tunisie de la façon suivante « Mais le peuple ne peut pas être tous les jours au créneau, c’est une dépense considérable d’énergie qui sera, une fois le calme revenu, redirigée vers les fourneaux. Ainsi le peuple « tournera le dos » au pouvoir, en viendra à ne pas pouvoir résister à un autre dictateur ». Ne croyez-vous pas qu’il nous faille considérer que, ne pas prendre en considération le mécanisme de la servitude volontaire, est également dangereux ? L’administration de Ben Ali n’est-elle est pas toujours en place, puis-je sérieusement ne pas penser que l’islam, même modéré de Ennahdha, est le premier pas mais vers une démocratie islamique, c’est-à-dire une théocratie ? Pour ma part, en tant qu’athée radical, je ne puis rien imaginer de plus assujetti ! (Bien entendu, tout le monde a le droit d’écouter, et même avec passion, Helmut Loti, mais personne n’aurait le droit de m’y forcer et devrait me laisser libre d’écouter ce que je veux.)

Lorsque vous écrivez :

« Ci-dessous, le schéma de gauche montre qu’un État doté de sa souveraineté monétaire est en position de créditeur universel : il finance le travail de la société civile, mais n’impose ni sa définition ni son prix. Il faut cependant que la monnaie ainsi mise en circulation lui revienne, sinon elle s’accumule dans le système, perd sa valeur et ne peut plus servir à régler les échanges. (Le schéma de droite montre la situation actuelle.) »

La boucle fléchée allant d’entreprises (impôts) en passant par État ( salaires) – à ménage, ne semblent pas souffrir « de diversion » à la façon dont vous représenté laconiquement , mais de l’autre côté « l’évasion fiscale ».

Votre schéma est « redistributif » ; alors, comment seront gérées les caisses, car c’est bien là le problème, ou je me trompe ? Comment, dès l’énoncé du schéma, penser à nous nous préserver de l’émergence d’une hiérarchie parallèle construite sur l’égalité des chances qu’apporte le fait d’être, pour la plupart d’entre nous, munis de capacité à nous à valoriser nos insuffisances par la corruption, et sans trop d’effort? Les caisses sont-elle pas d’ineffables outils de captation du pouvoir ? Ne faudrait-il pas en parler d’emblée?

Dans quel langage seront gérées les caisses ? Arrêtons-nous un instant : si les ordinateurs fonctionnent sur plusieurs couches de langage, ces langages ont la particularité d’avoir été intentionnellement construit selon un principe de compatibilité ascendante (lire des fichiers de langage anciens), et descendante lire des fichiers de langage à venir). Ce n’est pas notre cas, nous fonctionnons avec un système hérité (obsolète et plus difficilement remplaçable). Ce système « hérité » fonctionne sur les circuits de la récompense, de la punition et de l’inhibition de l’action, en tant que « processeurs » et « mémoires » d’affects , leur fonctionnement historique ayant peu à peu ayant produit le logiciel de la dominance ; aussi, n’avons-nous pas à inventer une nouvelle couche de langage qui reprogramme les algorithmes historiquement hérités de la couche précédante ; passer cette nécessité sous silence aujourd’hui serait coupable, ne croyez-vous pas? Deux flèches et « hop là », c’en est de fini l’entourloupe à droite ?

Dans cette perspective, Je plaiderai pour une socialisation des salaires par les « circuits-courts » (1), par la hiérarchisation et la diversification des circuits de mutualisation et de redistribution ; l’idée clef étant qu’il faut, d’un côté, fermer la voie à l’accumulation des plaisirs du pouvoir par les groupes sociaux qui gèrent la redistribution (là, pour l’instant, c’est « la totale » en prébendes « and Co » sur 51 % du PIB, et tout ça tient, par le clientélisme, qui percole jusqu’en bas de la hiérarchie sociale).

Je crois nécessaire d’inventer d’autres plaisirs ; moi, j’aimerais bien les « guinguettes sociales » : jardinage, gentilles filles, écrasé de pomme de terre minute, et aviron…( et une coop internationale de fabrication turbine à ailettes céramiques pour fraiseuse de dentiste supersoniques)

( 1) Je pense à la nécessité de regarder, ce qui, dès aujourd’hui, grouille dans le ventre de la bête en décomposition ; ainsi,rien qu’au niveau du fonctionnement des AMAPS, c’est complètement bourgeois ! Selon une étude de Ruralia (référence fournie par Zebu) ; les Amapiens regroupés en niveau d’éducation les catégories (Bac ou brevet professionnel, Bac + 2, Diplôme supérieur à bac + 2) ils forment 86,5 % du public des AMAPS,alors que ce groupe ne représente que 28,9% dans l’ensemble de la population française et que regroupés selon les catégories (aucun diplôme, BEPC, CAP/BEP) ils ne constituent que 7,8 % des membres des amaps, alors qu’ils représentent 59,6 dans la population française.

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56 réflexions sur « ÉLOGE DE LA GUINGUETTE : RÉPONSE À CRAPAUD ROUGE, par Jean-Luce Morlie »

  1. l’idée clef étant qu’il faut, d’un côté, fermer la voie à l’accumulation des plaisirs du pouvoir par les groupes sociaux qui gèrent la redistribution (là, pour l’instant, c’est « la totale » en prébendes « and Co » sur 51 % du PIB, et tout ça tient, par le clientélisme, qui percole jusqu’en bas de la hiérarchie sociale).

    Euhhh soit, mais quid de « l’autre coté » (« d’un coté, fermer » et ouvrir quoi de l’autre ?) ? Pas le jardinage, les gentilles filles (quid des pas gentilles), les patates minutes (quid des sarladaises) et la marine à rame kamême ?

    1. Vigneron . En tant qu’espèce, par les voies néocorticales, nous pouvons apprendre à gérer les étages hérités de notre développement cérébral antérieur. La première chose est de faire comprendre à tout le monde que nous ne sommes pas faits pour produire des marchandises, mais pour gérer de l’information. Les jeunes générations y sont, peut-être devrions-nous unir nos forces pour promouvoir la lecture de :
      La Société informationnelle : Idées pour l’autogestion. (Première édition 1973)

      1. @Jean-Luce Morlie
        Nous ne sommes pas faits non plus « pour gérer l’information », pensez est tout autre chose, d’ailleurs nous ne sommes pas faits pour quoi que ce soit. Les machines, composées, elles, le sont. Nous avons à distinguer, sans cesse, ce qui suppose que le tri n’est pas fait.

      2. Schizosophie,

        Bon, de mon éducation, assez classique finalement, 4 milliards de neurones et je ne sais plus combien de névroglies, ça sert à quoi d’autre que de gérer de l’information, avec pour finalité… téléonomie, mettez tous les cache sexes possibles, de maintenir tout ce bazar en état : la seule finalité d’une structure c’est de se maintenir comme structure, sinon il n’y aurait pas de structure et il n’y aurait rien . Non mais, attention, parfois, « je » pense !

      3. Je ne connaissais pas cet ouvrage, mais au seul vu de son intitulé, j’ai pensé à Laborit… dont je voulais justement, en lisant votre commentaire, recommander la lecture et/ou relecture (également et entre autres) de L’Homme imaginant, L’Agressivité détournée, Eloge de la fuite, La Nouvelle grille. Essentiel(s)! Pour autant, comme schizosophie sans doute, je suis gêné pour ne pas dire plus de vous voir écrire que nous sommes « faits pour gérer de l’information ». Que notre système neuronal le permette -à sa façon, une bactérie le fait aussi- d’accord, mais toute la question est bien de savoir ce que nous faisons de cette information (par-delà nos déterminismes, comme aurait dit Laborit). Dit plus trivialement: d’abord, enclencher la cervelle (je ne suis pas en train de dire que vous ne faites pas!). Pas certain hélas (mais faut-il le regretter? ce serait plutôt une injure à la pensée) que nos zélites formatées de la mondialisation heureuse (si, si, ça existe) le fassent. Pour gagner au casino de la finance, un cerveau reptilien doit suffire.

      4. Comme le pensait Günther Anders, dans cet achèvement des temps modernes qu’est notre présent, l’homme regrette d’être né, il aurait voulu être fabriqué.

      5. @ Michel,

        vous écrivez :  » je suis gêné pour ne pas dire plus de vous voir écrire que nous sommes « faits pour gérer de l’information »; c’est amusant çà, car il s’agit précisément d’une assertion de Henry Laborit, (assertion que j’ai citée plusieurs fois sur ce blog, depuis le temps que j’y radote).

      6. Nous sommes faits pour … « les deux » (produire de nos mains avec des outils et traiter de l’info avec notre néo-cortex):
        Ce Que Sait la Main, de Richard Sennett, m’en a à peu près convaincu…

      7. @ Jean-luce Morlie
        Toujours cette énigmatique information. Je viens de relire ce qu’en dit Wiki: on ne va pas bien loin ama avec ça!
        Perso je suis bloqué par le fait que je suis tout de suite amené à me demander de quoi mes sens m’informent, autrement dit s’il y a un sens (une finalité?) dans le spectacle que nous offre le monde.
        Héraclite a dit: « Le maître dont l’oracle est à Delphes ni montre ni ne cache, il signifie ». C’est la très vieille idée que Dieu nous parle à travers les apparences du monde, et que notre tâche est de déchiffrer son message. L’information: un Protée de la sémantique, à la fois feu magique dompté et magicien lui-même? J’ai bien peur que le problème se situe à ce niveau.

      8. « La première chose est de faire comprendre à tout le monde que nous ne sommes pas faits pour produire des marchandises, mais pour gérer de l’information. »

        JDucac vous a donné des cours du soir de spermatozoïde capitaliste?
        Ceci correspond uniquement à votre vision étriquée d’occidental « post-moderne » ou je ne sais quelle foutaise métaphysique/scientiste. Merci de ne pas faire comme si elle allait de soi, car elle ne repose sur rien de plus que toutes les opinions inverses.

        Les 3/4 de la planète vous diraient sans doute, avec des variantes: ben non, perdu, nous avons reçu la raison pour la Foi..
        En gros pour la méditation/ l’expérience spirituelle, laquelle n’est pas computationnelle. Ou alors pour « l’élèvation de soi », autrement dit pour tout sauf  » le maintien des structures prééxistantes ».
        Ou alors on vous dira qu’il n’y a pas de structure (« l’homme est l’étant dont l’essence – et donc la destination- n’a pas encore été fixée », ou une variante chinoise sur le Vide, l’Informe tout ça…). Le mot structure, d’ailleurs, qui ne veut strictement rien dire, et revient périodiquement à la mode (c’est tellement pratique… ou comment une phrase grammaticalement correcte donne l’illusion que l’on parle de quelque chose, alors que l’énoncé n’a rigoureusement aucun sens…)

        Quand au raisonnement proprement dit, il est tout à fait magnifique: que la possession de neurones soit ce qui distigue en propre l’homme des autres étants, c’est déjà en soi fort douteux (en plus d’être arbitraire comme choix de critère), mais que les autres étants qui possèderaient également des neurones ne se voient pas, eux, assigner la même finalité (traiter de l’information… mdr), c’est là parfaitement stupide.
        La finalité des abeilles, qui possèdent des neurones, est de traiter des informations…Merci pour la leçon monsieur le professeur…

        Je ne me rappelle plus exactement des remarques acerbes et fort drôles de Julien sur la théorie des (super) cordes, mais je n’en pense pas moins à l’égard de ces niaiseries. Combiner deux bêtises, la « théorie » de l’information (ce n’est d’ailleurs pas une théorie mais une métaphysique, un métalangage) et la réflexion sur les sacro-saintes « structures » (lesquelles ne définissent même pas un « concept ») , cela donne simplement une nouvelle bêtise au final, laquelle a toutes les chances de devenir une nouvelle théologie/idéologie vu son niveau d’abstraction et de généralité. Au moins, il y là de quoi gloser sans fin dans les colloques…
        Au passage, je vous rappelle que l’homme ce n’est pas seulement des neurones, mais également de l’affect, de la peau, du coeur (des « rapports d’ordres » comme diraient St Augustin et Pascal)… si les sentiments et émotions morales ont une dimension cognitive, celle-ci n’est certainement pas centrale. L’homme c’est d’abord de l’affectif.

        C’est d’autant plus important de ne pas laisser passer vos propos qu’il existe un lien direct entre ces derniers et l’abaissement continu des buts que s’assignait la philosophie politique depuis Machiavel. Du bien commun au calcul d’intérêt, il a fallu un maillon dans la chaîne de raisonnement, et ce maillon c’est l’abaissement des finalités de la Cité, par abaissement de la dignité de la vie humaine, réduite à un fonctionnalisme de bas étage. Observez la conception de l’homme des philosophes des Lumières. C’est en creux, déjà, la figure de l’homo economicus!!

        Ces métaphores issues des mathématiques, de la logique et maintenant la programmation, qu’on plaque arbitrairement sur des réalités ontologiques distinctes, par exemple le vivant , l’organisation sociale des êtres humains ou « la » conscience, sont une catastrophe. Il faudrait interdire aux mathématiciens,aux logiciens, et aux chercheurs spécialistes de la matière morte (physique des matériaux, cosmologie) si ce n’est de faire des recherches dans ces domaines, du moins de ne pas exposer en public le fruit de leurs paralogismes délirants.
        Chaque fois qu’ils le font, c’est un festival. Toujours plus de propagande scientiste, de réductionnisme à deux sous, bref de religion se faisant passer en contrebande pour de la science, imposant mine de rien leur définition de l’Homme, du sens de l’Univers et bien sûr des buts de l’existence humaine, comme si de rien n’était.

        Lisez un peu de Pascal, un peu de Chesterton, de Bergson, de James, voire de Merleau-Ponty…, ca guerira sûrement cette vilaine crise de jducacite aigue.

      9. @ clown vert

        Il faut propager au plus vite cette notion que l’homme « n’est » pas une force de travail mais une structure qui traite l’information et qui se trouve être également une source nouvelle d’information. Qu’une partie de celle-ci lui serve à transformer la matière et l’énergie et aboutisse à la création d’objets, que ceux-ci aient avant tout une valeur d’usage, avant d’avoir une valeur d’échange, cette dernière assurant d’abord le maintien de la dominance, est admissible. Mais que cette information que sécrète son cerveau imaginant lui serve exclusivement à produire des objets, des marchandises, c’est là qu’est l’erreur fondamentale qu’ont entretenu les idéologies socio-économiques contemporaines.

        La nouvelle grille (1974), Henri Laborit, éd. Robert Laffont, 1974, p. 329

      10. @Jean-Luce Morlie

        le plaisir que chacun prend à asservir celui qui se trouve en dessous de lui, en compensation d’obéir aux ordres qu’il reçoit du dessus.

        C’est une vision très moraliste de l’énigme. Les éducateurs assez prompts à diagnostiquer du sadisme et du masochisme (que La Boétie ignorait sauf à verser dans l’anachronisme) pourraient passer une soirée dans un club sado-maso histoire de s’interroger sur les effets subjectifs du spectacle, ou interviewer les « mobiles » des pratiquants. Vous pourriez en place de, voir au moins Claire Devers ( Noir et blanc) et (Topazu) de Ryu Murakami et témoigner si ça ne fait pas grains de sables dans la noria boetienne.

        nous ne sommes pas faits pour produire des marchandises, mais pour gérer de l’information.
        combien de névroglies, ça sert à quoi d’autre que de gérer de l’information

        Mes parents sont très âgés, Un nouvel incident de santé m’a fait aujourd’hui leur parler maison de retraite, fin de vie, procuration bancaire etc.
        À la fin du repas, eux restés dans la cuisine, j’entends ma mère s’inquiéter auprès de mon père : la veilleuse de la chaudière est éteinte. Silence, puis commentaires : non, on la voit mal de jour mais la nuit on la distingue ; quand la chaudière était neuve elle était plus grande, mais avec l’âge elle s’est réduite. Mais elle est toujours allumée, même si on ne voit pas la flamme, elle est toujours là.
        Cet échange selon l’oreille prêtée est réductible à des anecdotes répétitives de vieillards, ou une réponse poétique à ma brutalité informationnelle. La qualité énigmatique des neurones n’est pas le sujet. Et votre « ça sert à quoi », avec son verbe servir est truculent au regard de votre marotte contre l’asservissement. Bigre, répondre à l’inquiétante question du sens de la vie par la gestion de l’information, de quoi se flinguer pour briser le destin du labo rites.
        Décidément trop dominatrice est votre morale pour m’y sousmettre.

      11. @ Rosebud1871, et là, … Charles Foster…

        vos automatismes culturels à propos du sens « d’information » sont ,comme pour beaucoup, ici, formidablement soudés !

        Un système nerveux, même déclinant,ça sert à traiter de l’information multiforme: voyez là : ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9#comment-7).

        … Weave a circle round him thrice,
        And close your eyes with holy dread,
        For he on honey-dew hath fed
        And drunk the milk of Paradise…

        Puis,vient:

        « caneseated millikinstool »

        Après, ça vous prend des années pour rendre compte de l’information qui circulait entre « ces deux poèmes »,devait un jour,passer par votre système nerveux; et figurez-vous que là, votre conscient ne peut y être que pour rien!

      12. @ Kercoz
        « musique »
        C’est marrant ce que vous dites! C’est comme ça que, je crois au fond, Thom voit l’information: une compétition de résonances, cad pour moi une musique. Il dit que à son avis l’étude de la compétition des résonances est de la plus haute importance (c’est la seule fois où je l’ai vu utiliser un ton aussi emphatique). Il ajoute (1972) qu’il n’y a aucune étude mathématique là dessus.
        C’est comme ça qu’il voit que l’ADN informe je ne sais plus quoi (je n’ai pas mes sources sous la main). J’ai fait la citation exacte à Lisztfr tout récemment dans je ne sais plus quelle file (à propos d’un article pour moi passionnant de Badiou sur la musique de Wagner).

      13. @Basic :
        //// Thom voit l’information: une compétition de résonances, cad pour moi une musique. Il dit que à son avis l’étude de la compétition des résonances est de la plus haute importance (c’est la seule fois où je l’ai vu utiliser un ton aussi emphatique). Il ajoute (1972) qu’il n’y a aucune étude mathématique là dessus /////

        C’est curieux ….Prigogine est passé du quantique ou il semble qu’il ait beaucoup pataugé , a la th. du Chaos en usant des equa stat et de la résonance …
        Il part du principe que tout signal est décomposable en fonction sin cos ou autre …..ce qui fait qu’en groupant des signaux (souvent a tendance exponentiels) , on choppe facilement des frequences de resonances responsable de l’ hyper sensibilité aux variables d’entrée ……ça se défend , mais pour moi il n’est pas nécessaire d’expliquer ou de tenter de suivre les fonctions diff qui ont passé le « temps caracteristiques » inaccessibles de toute façon …
        Vaut mieux s’interesser a l’ aboutissement de ces fonctions : « les attracteurs » et surtout a leur limites (la robustesse de machinsky) etant la force d’inertie empechant l’equa de sortir de l’attracteur …la pente sur les bords en qq sorte . )

  2. Je crois nécessaire d’inventer d’autres plaisirs ; moi, j’aimerais bien les « guinguettes sociales » : jardinage, gentilles filles, écrasé de pomme de terre minute, et aviron…

    Pourquoi pas d’autres plaisirs que ceux de nos vies actuelles, certes. Cependant, que proposez-vous d’autres que des « gentilles filles » ? Parce que bon, en tant que fille pas gentille – gentille fille, quelle horreur – moi, les gentilles filles, ça me donne plutôt envie de fuir à toutes jambes (pour ne pas dire envie de vomir). Vous avez quoi en rayon côté garçons ? Des obéissants qui font la vaisselle et qui sont diplômés en massages orientaux ?

    😛

    1. gentil veut donc dire ennuyeux et méchant est un synonyme de fantaisiste.
      Voilà donc résolue l’équation, pourquoi l’homme (masculin) est agressif, comme une roue à un paon, ou une crête à un coq, le caractère méchant offre une capacité plus féconde a engendrer ces besoins (qui dépasse largement son conscient).
      On est toujours au néolithique 🙂
      (ceci dit sans animosité, mais c’est juste un rappel d’une vieille pensé adolescente et c’est toujours amusant de ce rappeler nos déjà vieux points de vues).
      Bon j’ai tilté tout pareil à gentille fille, rassurez vous, mais en même temps c’est ridicule, gentil devra un jour être autre chose qu’un synonyme d’idiot.

  3. Non. Dans ma jeunesse, je me battais pour un « Jean Genet, comédien et martyr » (Sartre) ; depuis, l’homosexualité est devenu une Disney parade ; je regrette, je déplore , je condamne, cette veulerie marchande et très bêtement , – très bêtement- spectaculaire !

    1. Vous connûtes Gilles Sandier ?
      Sinon, pas sûr d’avoir compris si la liste des guingettes sociales est au 3e ou au 4e degré.

    2. Cher Monsieur Morlie
      Vous vous êtes battu pour Jean Genêt ( comment ?) dans votre jeunesse, et vous regrettez la tournure « marchande » qu’aurait selon vous pris l’homosexualité.
      De deux choses l’une :
      Ou bien vous êtes homosexuel et votre avis/constat est tout à fait respectable car venant d’un membre de la famille, et je n’irai pas plus loin.
      Ou bien vous êtes hétérosexuel et votre avis/constat représente à mes yeux ce qu’il y a de pire dans le genre Tartufferie petite bourgeoise bien-pensante, à savoir « défendre » l’homosexualité ( celle des autres, forcément) dans la mesure où celle-ci correspond à vos goût, à prioris et jugements, et dans votre cas je crois déceler un soutien humanistiquement correct à une homosexualité un tantinet tourmentée, de gauche, et surtout discrète et digne. Pédé oui, mais pédé avec de la hauteur…La gay pride ( ou devrais-je dire la Disney parade ?) en comparaison c’est de mauvais goût, et en plus ceux qui y participent ne semblent pas vraiment souffrir. Me trompé-je ?

      1. Ou bien vous êtes homosexuel et votre avis/constat est tout à fait respectable car venant d’un membre de la famille, et je n’irai pas plus loin.

        Ah, d’accord, donc quand on est homosexuel, on peut critiquer la Disney Parade, mais quand on est hétéro c’est réac ? Où est la logique ?

      2. Pourquoi un avis cesserait-il d’être respectable selon l’orientation sexuelle de celui qui l’émet ??? Le fait est que la Gay Pride n’est plus une marche de la dignité, et je ne vous dirai pas si je suis bi, homo ou hétéro, na !

      3. Est-il devenu impossible de critiquer la marchandisation et la mise en spectacle de tout, y compris de ce qu’il est convenu de nommer une préférence sexuelle ?

      4. C’est vrai que déjà l’idée même de « fierté gay » (merci, au passage, pour les lesbiennes et tous ceux qui se retrouvent dans les sexualités alternatives…), même si l’on comprend la campagne de com’ visant à « inverser le stygmate » sur le modèle du « black power », était parfaiotement douteuse. S’il n’y a pas à avoir honte au fait d’être gay, et justement parce-qu’il n’y a pas de honte au fait d’être gay, il n’y a aucun motif paticulier non plus à en être fier (autant être fier d’être né ici plutôt que là-bas c’est du même tonneau)… Mais encore une fois, ca avait plus ou moins bien marché ailleurs, et puis surtout la médiatisation pouvait sûrement aider nombre de jeunes désespérés, rejetés par leurs famille, à ne pas succomber à la tentation du suicide.

        Mais quand on voit ce que c’est devenu…
        Autrement dit, ce n’est pas une question de préférence pour les homosexuels de tel type plutôt que pour les homosexuels de tel autre type (ce qui ne serait pas répréhensible d’ailleurs, car quelle étrange loi stipule que la solidarité envers les difficultés rencontrées par les gays devrait être inconditionnelle?!), qu’une question de respect même de la cause gay . La Techno Parade, clairement désormais, déssert cette cause aux yeux du public, et je ne suis pas sûr qu’elles soit encore utile aux jeunes. C’est tout ce qu’il y avait à comprendre je pense.

  4. Si on est réduit à un tas de neurones on est bon pour matrix , et çà se nourrit d’électricité les neurones ?
    ( 1/4 de l’énergie consommé par le corps ! ) .

    1. Les neurones, se nourrissent effectivement d’« atp » – adénosine triphosphate- ,tout comme les cellules musculaires, de façon à répercuter, en aval, l’effet des neurotransmetteurs (y en a tout un paquet) sur les boutons synaptiques ; au total, comme dirait Jorion, les neurones, ça produit de « lalangue » et, c’est précisément ce que nous entendons quand nous croyons penser … amusant, non ?

      1. @Kercoz,

        j’ai écouté Kourlisky, par hasard, en rediffusion vers 1H du matin, il y a quelques semaines, mais à cette heure- là, je mélange tout, mais sa voix « sonnait bien » … Néanmoins, j’étais frappé par sa description de l’enchevêtrement multiniveaux des processus immunitaires ; au total c’était « au carré » la leçon de Laborit, sous la forme de la commande de chaque niveau d’organisation contrôlé par l’étage supérieur de servo-mécanisme, mais par une généralisation de la complexité par connexion multiniveaux, et pourtant, ça marche !

        La robustesse du système global est assurée bien au-delà des niches de finalité minimale qui font « la base » des processus immunitaires. Précisément là où, vous personnellement, Kercoz, vous pensez rabattre l’organisation sociale sur les « fonctionnalités minimales » de l’organisation sociale ». Rigolo non ? Vous pensez que le corps social est moins capable d’inventer une forme de robustesse prodigieuse, alors que le « corps cellulaire organisé par la circulation entre organes » y parvient.

        Accessoirement, il faut donc que je vous dise que votre position « parcellitaire » est mortifère !

        En effet, en fonction de la variabilité de notre environnement (Marlowe nous radote un truc sur l’accélération de la vitesse du changement, en ce moment), ne nous pouvons acquérir de la robustesse sociale qu’en accroissant la variabilité, c’est-à-dire que face à l’augmentation de la complexité du milieu extérieur, il n’y a d’autre régulation que l’augmentation de la complexité du système adaptatif intérieur par l’augmentation de la complexité de notre système de production de réponse.

        Si cette révision vous était déchirante, je compatis !

        Accessoirement, c’est en raison de ce principe que je m’amuse à dégommer, par avance, les simplifications de « l’Etat centralisé » façon crap(eau) rouge et radote le municipalisme libertaire, façon Murray Bookchin

        C’est qu’en effet, en fonction de la loi de la variété nécessaire de Ashby: la complexité d’un système doit être au moins aussi forte que la complexité de l’environnement piloté par ce système. » Il n’y a pas d’autre issue, mais notre système immunitaire y parvient !

        C’est pourquoi « ma cousine », je pense qu’il convient de repenser la régulation l’économie en fonction d’une ananastome des processus régulateurs qui soit également « cablés » avec le niveau d’organisation de nos systèmes nerveux ;).

        “This is the law of Requisite Variety. To put it more picturesquely: only variety in R can force down the variety due to D; variety can destroy variety. This thesis is so fundamental in the general theory of regulation …. (Page 206)”

        AN INTRODUCTION TO CYBERNETICS
        W. ROSS ASHBY M.A., M.D.(Cantab.), D.P.M.
        SECOND IMPRESSION LONDON ,CHAPMAN & HALL LTD 37 ESSEX STREET WC2 1957.

      2. @ Jean-Luce Morlie et kercoz
        J’ai moi aussi, à la demande de kercoz, tenté de réécouter Kourilsky pour la troisième fois. J’ai pensé au début que mon incompréhension était seulement due à ma totale incompétence en biologie moléculaire, donc en immuno. Mais je crois que ça vient d’autre chose, du fait de l’usage immodéré et incontrôlé de ces mots passe-partout de complexité, d’information, de robustesse, etc.

        J’ai commencé à bosser sérieusement le chapitre « Dynamique des formes » de SSM qui traite de ça. Si j’arrive à en tirer qq chose je vous le dirai.

      3. @Jean Luce Morlie:
        ///// Vous pensez que le corps social est moins capable d’inventer une forme de robustesse prodigieuse, alors que le « corps cellulaire organisé par la circulation entre organes » y parvient. ////

        Oui , je persigne ! pour plusieurs raisons :
        -Le « corps social  » est dé-naturé, parce que sorti de sa structure originelle complexe ..son modèle actuel est linéarisé (meme si on a replatré avec qqs feed back )
        -le corps cellulaire a mis un max de millénaires a développer une auto-organisation complexe et « robuste » …il serait surprenant qu’on puisse (et par la « raison » ), bricoler-inventer un outil pertinent aussi rapidement .
        Je reviens sur la notion de « Robustesse « , que je perçois comme la pente des limites de l’attracteur d’un système …..Je trouve curieux que Kourlisky semble approcher la th. du Chaos et de la Complexité en refusant l’historique du concept et en créant des néologismes . Il évite soigneusement le concept et ses termes …alors qu’il pourrait s’ y appuyer , puisqu’ils ont débroussailler pas mal de chose et pour celà , je crois récolté un Nobel.
        De plus il se plante en prenant des objets comme un avion ou une portier comme ex de complexité …Ces objets n’ayant quasi pas de degré d’auti-organisation ne sont pas pertinent pour comparer des degrés de complexité …
        Permettez de me poser en faux sur votre point de vue :
        //// ne nous pouvons acquérir de la robustesse sociale qu’en accroissant la variabilité, c’est-à-dire que face à l’augmentation de la complexité du milieu extérieur, il n’y a d’autre régulation que l’augmentation de la complexité du système adaptatif intérieur par l’augmentation de la complexité de notre système de production de réponse. /////
        C’est là le problème de l’existence ou non d’une rigidité comportementale transhistorique.
        la rigidité que je défend ne concerne bien sur que le comportemental interieur interactif du groupe , voire le comportemental interactif inter groupe .
        Le comportemental envers l’exterieur des especes sociales est par nature extremement « élastique » et adaptatif …..( voir les textes de Lorenz sur les rats , les corvidés …il montre une adaptabilité extreme de ces especes sur le temps et l’espace , jusqu’a etre granivore ici et carnassier là ..tout en restant d’une rigidité comportementale ABSOLUE ds leurs interaction intra et infra groupes .
        Il existe bien sur une capacité d’adaptation du groupe lorsqu’il est contraint …je regrette de prendre l’ex des camps de concentration , mais il montre qu’on s’ y adapte meme 4 ans … mais cette elasticité contrainte se fait a quel prix ?
        Etant ds le système , nous ne savons actuellement pas quel est le « Prix » que nous payons pour l’ « élasticité » adaptative que nous subissons actuellement du fait de la sortie de la structure archaique .
        Vous constatez que je n’ai aucun déchirement que vous puissiez compatir …je dois etre borné ..ou peut etre suis je ds le vrai?
        @Basic :
        Faites comme moi n’essayez surtout pas de retenir quoi que ce soit du discours immuno…juste la musique ,En fait ce ne semble pour lui qu’un support pour passer a la thèse de la complexité qu’il demble découvrir ou admettre et qu’il meut d’envie de développer .

  5. Oui, oui, on va finir par y arriver !
    A partir du moment où ils sont délivrés du travail un nombre conséquent de personnes trouvent tout à coup des tas d’occupations.
    Chacun sait ce qu’il a envie de faire, seule l’obligation de « travailler » entrave cet esprit d’entreprendre, de créer, d’apprendre qui nous anime.
    Hier au soir, sur je ne sais plus quelle chaîne de télé il y avait un documentaire sur les effets qu’un énorme cataclysme produirait dans nos sociétés dites civilisées (pandémie grippale en tête) et à chaque effet, je retrouvais le pendant à ce que je pense .
    Ex : trop de malades qui ne peuvent plus travailler dans les centrales électriques = coupure de courant (et là ils ont fait léger, car en ce qui concerne les centrales nucléaires plus personne pour s’en occuper = gros soucis de radioactivité et gros risque de disparition de l’humanité !), le chaos s’installe, pillages, etc,etc…..
    Pour moi c’est plutôt :
    le « système » s’effondre, l’argent n’a plus aucune valeur, le chaos va s’installer, pillages, etc,etc…..
    Or, il y a quand même un certain nombre de gens raisonnables et sensés qui savent ce qu’ils ont à faire, à savoir : rejoindre ou rester sur leur lieu de travail pour assurer le boulot, nous avons un outil formidable qui permet de transmettre des informations et de savoir rapidement ce qui manque où et combien, une organisation informelle peut se mettre en place pendant que les gars des « banlieues » vont piller les centres commerciaux ou les boutiques des champs élysées .
    Les bras ne manquent pas, il y en a plein qui attendent un boulot à pôle emploi !
    Des gens qualifiés avec de l’expérience qui ne demandent que çà.

    Le tout étant d’assurer les approvisionnements de base l’eau, l’énergie, les transports et faire fonctionner le système de santé.
    A un moment la famille dont on suit l’histoire dans le docufiction, se décide à quitter la ville (Los Angeles, je crois) alors que c’est une des premières choses à organiser dès le début !
    Tous ceux qui n’ont aucune utilité doivent quitter les grandes villes et trouver refuge, qui dans sa résidence secondaire, qui chez leurs parents restés en province, qui chez la tata Fanny.

    Tout ceci est possible, il suffit de faire les choses et de ne plus être en attente d’une solution venue « d’en haut ».

  6. C’est un bon billet, au final dés qu’on prend un peu de temps, quelque soit le modèle choisit (plus ou moins: libéral, égalitaire, centralisé ) c’est moins important que d’analyser ces dérives possibles (notamment par le pouvoir sur l’homme) et de l’inclure dans la démarche.
    L’idéal étant d’avoir le temps et les moyens de vulgariser le pourquoi on en arrive à cette démarche (afin de lui donner l’inertie nécessaire).
    Faudrait pas forcement grand chose, une émission après le journal, qui vulgarise ce qu’est l’argent, l’égalité, la liberté, la justice, même en format court (voir un peu humoristique, c’est un bon moyen de mémorisation) , une initiation et laisser à l’inconscient le temps de digérer que l’argent n’est qu’un moyen d’échange etc…
    Cela donnerai peut-être l’envie de s’autoriser à réfléchir, même si un quotidien ne fait que rappeler son échec social.

    1. Oui Samuel, c’est mon truc, prévoir, avec un coup d’avance, comment la prochaine guerre sera perdue 😉

      1. Quand la guerre sera perdue, il faudra recommencer encore et encore car ce n’est pas la victoire qui importe mais la guerre qui compte.
        Nous sommes beaucoup trop peu nombreux pour avoir quelque chance de gagner et encore faudrait-il abattre l’illusion démocratique.

      2. Si on repart 100 ans en arrière, socialement, cela était il plus sympa ?, y à quand même des trucs rassurants, la lutte armé a fait place aux décroissants, bien sur ça va pas s’améliorer tout de suite, mais….

  7.  » gentilles filles  »

    , dans le contexte, en gros , très gros.

    Comme les houries, le lait et le miel étant secondaires
    Attention: comme le combattant est un gaillard
    -même si c’est un combattant social, un combattant de la guerre sociale
    pour la veuve, l’orphelin et un revenu inconditionnel-
    il lui faut plusieurs houries en récompense;
    sexuelle peut-être,la récompense, la seule qui vaille pour ceux-là.

    On va dire que vos gentilles filles sont là pour le plaisir
    de la vue , un rappel de l’immaculée:
    jeunes, pleines de vie, innocentes, une Joconde
    vierge,inspiratrice muette du sublime.
    Mais en quoi consiste leur gentillesse ?

    Je vous aime bien; je ne comprends pas tout ce que vous écrivez
    – vous avez dû vous en rendre compte. J’aime bien le combat
    contre les moulins à vent-, mais je serais une femme,
    je me sentirais insultée. Et je noterais:  » a fuir ».

    A propos, la dominance existe-elle entre les sexes?

    1. Pour les romains de l’âge classique, le sexe (peu importe le genre), c’est rien que de la dominance. Mais, n’en déplaise aux psychanalystes, allez savoir pourquoi, des fois, c’est tout à fait charmant ; qui est « au-dessus de l’autre », là franchement …?

    2. Comme j’ai commencé la lecture du livre de Paul, les pêcheurs d’Houat, je ne résiste pas au plaisir de vous renvoyer à sa lecture et particulièrement ce qu’il écrit sur les rapports de sexe dans l’île ces années là.

      Mon hypothèse est que lorsque la femme quitte la maison pour devenir salariée, non seulement elle concurrence son mari sur le marché du travail, mais elle perd une grande partie de son pouvoir en changeant de statut.

      1. @ Marlowe, Jorion, Archao, J’ai vu passé, il y a quelques mois ( mais où ?), une découverte archéologique récente et surprenante : les sépultures des « femmes de paludiers » de l’âge du bronze, sont très significativement plus riches en bijoux que les sépultures des autres catégories sociales, (nécessairement retrouvées sur d’autres localisations). D’une façon ou d’une autre, les marais salants devaient-ils « garder leur femmes » ?

      2. @ Jean-Luce Morlie
        Réponse rapide avant départ en vacances, pas sur les sépultures que vous évoquez mais sur les rapports entre exploitation du sel et catégories sociales. Article d’Olivier Weller du CNRS, spécialiste de la question.

        L’hypothèse d’un statut particulier du sel dans la sphère des échanges dès le Néolithique moyen était d’autant plus probable que l’on a pu observer d’étroites relations spatiales, à travers toute l’Europe occidentale, entre longues haches soigneusement polies en roche alpine et ressources salifères (Pétrequin, Croutsch, Cassen et Weller, 1997).

        http://cnrs.academia.edu/OlivierWeller/Papers/973102/CONTINUITES_ET_DISCONTINUITES_DANS_LEXPLOITATION_DU_SEL_SUR_LA_COTE_ATLANTIQUE_DE_LA_BRETAGNE

  8. Il y a quelques temps, j’avais répondu à un internaute qui s’interrogeait sur la nécessité de la démonstration permanente de la virilité : « A mon sens, cette ‘démonstration’ permanente trouve ‘sens’ dans le fait qu’elle a servi (et sert toujours) un ordre hiérarchique entre hommes (les femmes étant toujours ‘en bas’ quoiqu’il arrive, elles n’ont pas de ‘rôle’ de hiérarchie) ». Je sors les femmes de la hiérarchie et établis que seul entre les hommes existe un rapport de force.

  9. A lire par nos génies de la socialisation avant qu’ils ne « resoviétisent » le monde… Un doigt de bon sens vaut mieux que toutes les idéologies, même celles qui promettent le bien (l’Enfer est pavé de bonnes intentions, comme on le sait):

    Un professeur d’économie dans un lycée annonce fièrement qu’il n’a jamais vu un seul de ses élèves échouer, à l’exception d’une année, où ce fut la classe entière qui a connu l’échec.
    Cette classe était entièrement convaincue que le socialisme était une idéologie qui fonctionnait, et que personne n’était ni pauvre ni riche !
    Un système égalitaire parfait.

    Le professeur dit alors :
    « OK donc, nous allons mener une expérience du socialisme dans cette classe. A chaque contrôle, on fera la moyenne de toutes les notes et chacun recevra cette note. Ainsi personne ne ratera son contrôle et personne ne caracolera en tête avec de très bonnes notes. »

    Après le 1er contrôle, on fit la moyenne de la classe et tout le monde obtint un 13/20.
    Les élèves qui avaient travaillé dur n’étaient pas très heureux au contraire de ceux qui n’avaient rien fait et qui, eux, étaient ravis.

    A l’approche du 2ème contrôle, les élèves qui avaient peu travaillé en firent encore moins tandis que ceux qui s’étaient donné de la peine pour le 1er test décidèrent de lever le pied et de moins travailler. La moyenne de ce contrôle fut de 9/20 ! Personne n’était satisfait ..

    Quand arriva le 3ème contrôle, la moyenne tomba à 5/20. Les notes ne remontèrent jamais, alors que fusaient remarques acerbes, accusations et noms d’oiseaux, dans une atmosphère épouvantable, où plus personne ne voulait faire quoi que ce soit si cela devait être au bénéfice de quelqu’un d’autre.

    A leur grande surprise, tous ratèrent leur examen final. Le professeur leur expliqua alors que le socialisme finit toujours mal car, quand la récompense est importante, l’effort pour l’obtenir est tout aussi important, tandis que, si on confisque les récompenses, plus personne ne cherche ni n’essaie de réussir.
    Les choses sont aussi simples que çà.

    Voici un petit extrait de discours qui résume parfaitement les choses :
    « Vous ne pouvez pas apporter la prospérité au pauvre en la retirant au riche.  »
    « Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit.  »
    « Tout Pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres.  »
    « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation. On n’accroît pas les biens en les divisant. » Dr. Adrian Rogers, 1931

    1. Anecdote probablement tirée d’un ouvrage traitant des grands mythes du conservatisme. C’est une fable qui bien que parfaitement taillée pour soutenir en tout point la rhétorique conservatrice, est pourtant hautement improbable. Quand bien même, elle illustre paradoxalement parfaitement l’un des fondements théoriques de ce blog, à savoir qu’on ne peut envisager de modification des comportements sans modification de la structure qui les englobe.

      En l’occurrence, ces élèves ont été imbibé depuis le cours préparatoire de la notion de compétition et de performance individuelle. Le conditionnement de leur réussite aux examens et autres passages de classes le sont tout autant, hormis l’expérience effectuée par ce professeur (qui, si l’histoire s’avérait réelle, mériterait d’être condamné dans un tribunal pour sabotage et prosélytisme à mon avis, mais c’est un autre sujet). Or, dans un tel contexte l’expérience ne pouvait aboutir qu’à ce résultat. On ne gomme pas 15 ans d’instruction égo-centrée par quelques heures de cours hebdomadaire d’une année.

      Par ailleurs, les observations anthropologiques de Paul témoignent que dans un autre cadre, celui des communautés de pêcheurs notamment, dont les conditions de vie difficiles à beaucoup d’égards rendent la coopération indispensable, ce phénomène de sabordage collectif est loin d’être démontré, et c’est même plutôt le contraire. Ne serait-ce que par instinct de survie, les plus puissants admettent des concessions envers les plus faibles car ils savent très bien que leur propre existence en dépend et de même, les plus faibles consentent à des efforts si cela s’avère nécessaire.

      1. @ Dissonance 9 juillet 2012 à 13:00

        Or, dans un tel contexte l’expérience ne pouvait aboutir qu’à ce résultat. On ne gomme pas 15 ans d’instruction égo-centrée par quelques heures de cours hebdomadaire d’une année.

        Donc, si je vous comprends bien, vous attribuez les résultats décevants obtenus dans la classe d’étudiants, au fait que la nouvelle structure de fonctionnement n’a pas duré assez longtemps au regard des « 15 ans d’instruction égo-centrée » antérieurs, pour permettre l’atteinte de résultats plus satisfaisants.

        Par contre, il semble difficile d’attribuer la même cause avec l’échec de l’expérience communiste dans les pays de l’Europe de l’Est qui a duré 45 ans. Cette expérience grandeur nature a fait apparaître un retard considérable par rapport à l’Europe de l’Ouest, très nettement caractérisé par l’écart de développement atteint en 1990 entre Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est.

        L’honnêteté intellectuelle ne pousse-t-elle pas admettre que cet écart est imputable à la différence des structures adoptées dans les 2 pays ?

        Capitalistes et libérales à l’Ouest, Anti capitalistes et communistes à l’Est.

        Tout compte fait, l’expérience avec les étudiants, n’a peut-être fait que confirmer les différences de performance des 2 types de structures de fonctionnement.

    2. Je n’ai pas pour habitude de faire de longs commentaires.
      Et d’ailleurs qu’est-ce qu’il faudrait penser de cette petite leçon de choses franchement caricaturale.
      Où sont les rentiers et spéculateurs dans cette histoire ?
      Pas dans cette classe j’en ai bien peur.
      Donc une question : Pourquoi des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres ? C’est en grande partie l’objet du blog que de pouvoir y apporter des réponses.

    3. @chalmicf

      A lire par nos génies de la socialisation avant qu’ils ne « resoviétisent » le monde…

      Z’avez oublié les tits enfants que les bolcheviques font frire (Trop triste)

      Et z’avez oublié de préciser qui est Adrian Rogers (Trop drôle)
      Adrian Rogers (né en 1931), prédicateur évangéliste d’extrême-droite anti-avortement et homophobe.

      C’est sûr… C’est de la référence intellectuelle !!!! Entre « mein kampf », « voici », p’etre « Jours de France »… j’ai pas encore cerné toute la complexité de sa pensée et de son obédience.

  10. Première réponse, à : Comme évoqué par votre péroraison, « Prédateurs et accapareurs, ce sont les héritiers en ligne directe du mâle dominant qui propage ses gènes. », l’argent est en effet le pouvoir de prendre plaisir à faire faire quelque chose à quelqu’un d’autre (cf. Jorion, l’argent mode d’emploi). Pourtant, votre argument est bien près de verser dans le « racisme » : la classe capitaliste, expliquée par l’excès de testostérone programmée par les gènes ; ainsi, seules les motivations des capitalistes seraient mauvaises, ne faisons-nous pas partie de la même espèce ?

    Vous avez soigneusement omis les phrases qui précèdent ma « péroraison », et la justifient par comparaison, non par racisme et encore moins par hypothèse biologique. En sus, je n’ai pas dit que leurs motivations étaient mauvaises, simplement souligné le fait qu’ils sont accrochés comme des sangsues à leur modèle. Lecteurs et lectrices sont censés en conclure qu’il ne faut pas compter sur eux pour changer quoique ce soit.

  11. Deuxième réponse, à : Je crois nécessaire de remettre cette question [la servitude volontaire] explicitement à l’avant-plan : Non, pas du tout nécessaire ! Le but de la réflexion n’est pas de sauver les théories, mais de les faire évoluer.

    premier pas mais vers une démocratie islamique, c’est-à-dire une théocratie : et alors ? Imaginons que ce soit la classe des intellos et des professeurs qui en arrivent à tenir le haut du pavé, vous croyez que ce sera mieux ? Eux aussi en viendraient à s’accrocher comme des sangsues à leurs prébendes, et à bloquer toutes évolutions du système qui pourraient leur nuire.

  12. @ Crapaud

    je me suis servi, amusé, de votre « biologisme » soudain, pour « le replacer » dans le contexte de servitude volontaire, de la corruption, et du clientélismee considérés comme expressions d’une même nécessité systémique d’établissement de hiérarchies parallèles, ayant pour fonction d’égaliser les chances, dans une société injuste par construction 😉 .

    Tout « ne se vaut pas », il faut faire évoluer les théories, il y a une flèche du temps, l’athéisme est une étape nécessaire, le religieux est régressif : j’assume mon rôle. En plus, « démocratie islamique » est un concept contradictoire, c’est une théocratie, laquelle ne pourrait, s’avérer sincèrement « bonne au peuple » « paisible » « tolérante » envers les musulmans, alors même que trop de versets du Coran, en effet, appellent au meurtre de l’infidèle, la justice ne se réalise qu’envers l’humanité out entière. Bien entendu, aujourd’hui encore, il y a des musulmans éclairés qui tentent de se dépêtrer comme nous, « du texte sacré » – trop discrètement à mon goût . J’aime assurément Hafiz,  » Le pain licite des bigots ne vaudra pas, j’en ai bien peur, au jour du Jugement dernier, plus que notre infâme liqueur. « .

    1. @Jean Luce Morlie :
      ///// c’est une théocratie, laquelle ne pourrait, s’avérer sincèrement « bonne au peuple » « paisible » « tolérante » envers les musulmans, alors même que trop de versets du Coran, en effet, appellent au meurtre de l’infidèle, /////
      Oui , chez nous on a la démocratie , hein . «  » »Qu’un sang impure abreuve ….. » » » !
      Vous devriez faire un pas de coté , «  » »toute VRAIE croyance est inconsciente » » » ».
      En fait c’est le monothéisme qui est regressif , il mène a l’athéisme qui l’est aussi puisqu’il cache l’ organicisme (fin des ismes)
      Le polythéisme est par nature tolérant .
      A ne pas rater si on veut le fait islamique , l’excellente emission : « culture d’ islam  » de vendredi ….
      http://www.franceculture.fr/emission-cultures-d-islam-la-verite-de-l%E2%80%99islam-2012-07-06

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