Et si le moment Charlie était beaucoup plus qu’une marche d’un jour ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les horribles assassinats de 17 personnes du 7 au 9 janvier ont suscité en France et dans le monde une émotion légitime dont la manifestation le plus emblématique a été la marche républicaine du 11 janvier à Paris. Ils relancent aussi tragiquement le débat sur l’origine du terrorisme islamiste et notamment l’intérêt pour la thèse de Samuel Huntington sur le choc des civilisations, qui, a priori, a l’avantage séduisant de fournir une explication  logique dans le contexte de l’irrésistible ascension des mouvements fondamentalistes musulmans telle qu’elle est présentée par les media occidentaux.  Elle a par contre l’inconvénient d’être plus descriptive qu’explicative, et d’être fondée sur un concept flou, qui a bien du mal par exemple à expliquer pourquoi la plupart des conflits armés dans le monde opposent des « semblables » à l’intérieur des civilisations telles que définies par Samuel Huntington.

Il est bien possible que ce soit une grille de lecture pertinente dans le temps très long, quand l’humanité se languira d’avoir enfin trouvé des solutions durables à ses problèmes  matériels de survie, au même titre que certains estiment que l’ultime conflit humain pourrait être la guerre des sexes, quand la procréation sera maitrisée au point de pouvoir être « same sex ». Mais en attendant ces jours lointains, les conflits humains s’expliquent plus par des conflits d’intérêt bassement matériels que par de hautes raisons religieuses, philosophiques ou morales, qui, quand elles sont invoquées, sont plus des alibis que des causes réelles.  En clair, le désespoir des laissé-pour-compte et des exclus de la globalisation heureuse explique sans doute beaucoup mieux que la lecture des textes religieux leur recours à la violence.

Or cette globalisation néolibérale heureuse n’est pas une civilisation, pas même une religion sauf pour quelques illuminés. C’est un mode d’exploitation financière optimisée de la biosphère, humanité comprise, qui se cache derrière quelques grands principes : démocratie, droit de l’homme, protection de l’environnement, liberté d’expression depuis quelques jours, etc. pour faire progresser ses intérêts tout en pratiquant presque systématiquement le « faites ce que je dis et ignorez ce que je fais » comme le montre la mise sous tutelle de l’information officielle en « Occident » dont on peut constater trop souvent qu’elle a le respect de la liberté d’expression très sélectif. Ses rudes principes fondateurs ont pour doctrine principale que les rapports de force omniprésents dans nos vies ne peuvent être résolus que sur la base de la loi du plus fort, – qui a le droit de tout prendre s’il le souhaite, y compris celui « d’ajuster » la loi pour se le permettre -, et donc de la compétition et de l’exclusion. Ce comportement, peu fréquent dans la nature où la régulation est plus souvent consensuelle et coopérative que conflictuelle et par attrition ne fait pas l’unanimité même en Occident, où des institutions aussi anciennes et respectées que l’Eglise Catholique, – dont il challenge sournoisement en ayant le toupet de s’en réclamer, tous les principes éthiques et moraux au nom de la modernité -, les contestent ouvertement.

Il y a un incontestable problème de cohabitation pacifique entre l’islam qui se veut universel et imposer sa vision de la gestion des affaires des hommes au reste du monde, si besoin est par la terreur. Cette vision est soutenue par des Etats dont on a voulu pendant longtemps nous faire croire en Occident qu’ils étaient tous dirigés par d’affreux dictateurs sanguinaires, – ce qui était malheureusement vrai pour les peuples qu’ils opprimaient, mais moins pour le reste du monde -,  membres d’un axe du mal qu’il fallait abattre. Il est aujourd’hui difficile de nier que les amis fréquentables de l’Occident dans les pays islamiques ne traitent souvent pas mieux leurs peuples, et contribuent eux aussi à « allumer le feu », aidés et souvent encouragés en cela par certains pays « occidentaux », – il faut bien qu’ils achètent leur énergie et vendent leur matériel de guerre quelque part -, qui, de l’Afghanistan à la Syrie en passant par l’Irak ou la Libye, ne se sont jamais privés d’activer ces feux quand ils estimaient que leurs ravages pouvaient leur être favorables.

Ces gouvernements occidentaux font-ils partie pour autant du clan islamiste au sens du choc des civilisations? Leurs dirigeants apprentis sorciers doivent-ils tous être jugés pour haute trahison de la « civilisation » occidentale ? Répondre à la question, c’est effectivement contester la pertinence du concept de Samuel Huntington pour constater que la résurgence des mouvements religieux n’est pas la cause première du terrorisme mais le produit d’une réaction au vide éthique, moral et matériel que crée le néolibéralisme financier pour s’enrichir toujours plus en éliminant toutes les contraintes qui peuvent entraver la recherche de la maximisation de son retour sur capital financier. Dans ces conditions, le « monde musulman » pose certainement un problème particulier « au reste du monde », mais ce n’est certainement pas en faisant de la surenchère idéologique et religieuse qu’on le résoudra ; on ne fera au contraire que le faire croitre et embellir.

L’intégration des musulmans n’est pas, tant s’en faut, la seule raison pour laquelle il est urgent de sortir de l’impasse néolibérale. Le blog de Paul Jorion évoque très souvent la déliquescence mortifère du modèle économique des sociétés occidentales dites avancées, qui doivent faire face d’une part à la raréfaction du travail provoquée par les progrès technologiques (automatisation, intelligence artificielle…) et de l’autre à une concurrence fiscale et sociale acharnée pour attirer les entreprises sur leur territoire. Il le fait sans pouvoir toutefois proposer concrètement, à court terme, d’autres perspectives que la résignation à tous ceux qui ne peuvent pas aller chercher sous d’autres cieux la solution à leurs problèmes.

Mais le vent est peut-être en train de tourner. La presse américaine vient de signaler que ce que l’on considère comme la possible plate-forme de la candidate Hillary Clinton (« Report of the Commission on Inclusive Prosperity ») comportait un important volet sur la défense et la promotion des classes moyennes américaines que l’évolution des 30 dernières années a fortement secouées (suppression des hiérarchies intermédiaires, délocalisation, robotisation, mécanisation de plus en plus nombreuses de taches intellectuelles…).

La fraction la moins obtuse de l’oligarchie néolibérale commencerait ainsi à prendre conscience que laminer la classe moyenne est certes formidable pour les résultats financiers à court terme des entreprises et le bonus de leurs cadres dirigeants, mais mauvais à moyen et long terme pour les pouvoirs publics et les actionnaires, parce que ce laminage martyrise Sainte Croissance en détruisant beaucoup de « bon » pouvoir d’achat, celui des classes moyennes, et en le remplaçant par du moins bon, par exemple dans le secteur de la distribution, voire par aucun pouvoir d’achat du tout dans le cas du chômage de longue durée, dont les victimes n’ont pas d’autre solution que de sortir des circuits marchands officiels, ce qui ampute d’autant le PIB, les bénéfices et les impôts.

On peut rêver : ce serait formidable si cette prise de conscience pouvait être annonciatrice d’un remplacement de la convergence d’intérêts entre managers et actionnaires, forcement court-termiste et grande destructrice de valeur sociale, économique et écologique qui prévaut actuellement, par une convergence d’intérêts entre l’ensemble des salariés, les actionnaires, et si possible, les clients. Ces solidarités nouvelles sont en effet les matrices indispensables d’un système de fonctionnement durable, dans lequel le paradigme de la vente d’un maximum de produits sera remplacé par celui de la vente d’un maximum de valeur d’usage extraite  des matières premières et de l’énergie utilisée.

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Pour en savoir plus:

– The Clash Of Civilizations – Samuel Huntington – Foreigh Affairs – Summer 1993

– America just got its first glimpse at Hillarynomics — here’s what it looks like

« Report of the Commission on Inclusive Prosperity » – Center for American Progress January 2015

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80 réflexions sur « Et si le moment Charlie était beaucoup plus qu’une marche d’un jour ?, par Jean-Paul Vignal »

  1. Je suis d’accord pour l’essentiel avec cette analyse, sauf qu’elle ne prend pas vraiment en compte que nous sommes dans un monde fini où une croissance illimitée n’est pas vivable.
    J’ai aussi des doutes sur la réalité de la fraction éclairée de l’oligarchie mondialisée, car je crois que lorsqu’on chasse le naturel (néolibéral) il revient au galop.
    La vérité est que même les plus éclairés des antilibéraux ne savent pas bien quoi faire, et par quoi remplacer le Léviathan qui nous amène à l’abîme.
    D’où la résignation et le désespoir qui prévalent dans nos rangs.
    Je ne crois pas non plus que les(belles et nécessaires) manifestations changeront peu ou prou la donne politique.
    J’espère me tromper.

    1. Je ne crois pas à la croissance illimitée qui n’a effectivement pas de sens dans un monde fini dont la population humaine va se stabiliser ; je crois par contre qu’il est possible d’avoir une activité humaine à empreinte écologique négligeable hors infrastructures (terres cultivées, habitations, routes etc. qui permette à chacun de vivre dans des conditions comparables à celles que nous connaissons aujourd’hui dans le pays développés. Pour situer le potentiel de progression possible, on peut prendre la question énergétique. Le soleil rayonne chaque année sur la terre 8,2 millions de quads, soit 2,4 milliards de térawatts/h. Or la consommation humaine est actuellement d’un peu lus de 500 quads, et tout porte à croire que, l’efficacité énergétique s’améliorant elle ne devrait pas dépasser 2 000 quads a niveau de « confort équivalent » pays occidentaux actuels, soit moins de 0,25%. Si l’on ajoute les potentiels éoliens et hydrauliques, on conçoit assez facilement que la fourniture d’énergie durable n’est pas un problème de disponibilité de la ressource, mais plutôt un problème de « technologie » et de modèle d’affaires.

      J’ai aussi des doutes sur la générosité de l’oligarchie qui règne sur le monde. Mais je pense qu’elle est en train de redécouvrir le principe d’Henry Ford : si je veux vendre beaucoup de voitures, il faut que mes ouvriers puissent les acheter ; il faut donc que leur rémunération soit calculée en conséquence. Ce n’est pas de la générosité, juste du management bien compris.

      1. elle est en train de redécouvrir le principe d’Henry Ford :

        Ce n’est sans doute pas le problème de l’oligarchie.

        La finalité du système, et l’objectif des « vrais » capitalistes , n’est pas de produire pour vendre, mais de devenir toujours plus riche, en captant les vraies richesses.

        Peu importe que toujours plus nombreux soient ceux qui échouent, puisque de ce fait ils perdent aussi leur pouvoir de décision.
        Les entreprises pourraient toutes sombrer, que les ressources/richesses/pouvoir économique et donc le Pouvoir réel, iraient se concentrer chez un toujours plus petit nombre d’individus, et à la limite 1 seul. C’est d’ailleurs à ça qu’on assiste.
        Seules les entreprises nécessaires à satisfaire les besoins de cette minorité survivront.

        Autrement dit, on peut exclure la quasi totalité de l’humanité du système, que celui ci continuera de fonctionner. Les œuvres de charité ont aussi de l’avenir.

        Néanmoins il est vrai que plus ça va, plus nombreux seront ceux qui comprendront l’absurdité ahurissante de ce système. Mais il y a encore de la marge, tant son idéologie est ancrée dans les gènes…

      2. La croissance des produits financiers représente-elle sa part (en tant que ressourse financière) dans le calcul de la croissance ?

        Je n’en suis que là :
        « La croissance démographique doit normalement accompagner, et surtout ne pas contrecarrer, la croissance économique; elles doivent même se combiner : la mesure de la croissance, admet-on généralement, est donnée par l’augmentation du revenu national global et par tête d’habitant. »
        définition : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?12;s=1771457460;r=1;nat=;sol=1;

      3. « J’ai aussi des doutes sur la générosité de l’oligarchie qui règne sur le monde «
        Quelques éléments à ce sujet.
        . Le dernier livre de Suzan George qui dénonce les « trans-nationales », présentation par l’auteur à France Culture.
        « Les usurpateurs – Le pouvoir des entreprises transnationales »
        http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-les-usurpateurs-le-pouvoir-des-entreprises-transnationales-2014-12-20

        . Un article de Bastamag signalé par rezo le 20/1
        « Comment les géants de l’audit ont pris le pouvoir »
        http://www.bastamag.net/Comment-les-geants-de-l-audit-ont
        « Quel est le point commun entre le Vatican, le géant français Total et la métropole rennaise ? Tous ont fait appel au cabinet KPMG pour expertiser leurs comptes ou réformer leurs méthodes de gestion. KPMG, Ernst & Young, Deloitte et PwC sont les quatre principaux géants de l’audit. Méconnus du grand public, ces « Big Four » conseillent gouvernements et multinationales, font la loi dans les paradis fiscaux et tissent leur toile dans les instances internationales. Leur chiffre d’affaires : 90 milliards d’euros. Enquête sur des multinationales au pouvoir grandissant, qui valident les comptes des entreprises, tout en les aidant à développer une « optimisation fiscale agressive ». »

        . Un article de l’Observatoire des multi-nationales signalé par rezo le 21/1
        « Secret des affaires : les entreprises mises à l’abri du regard démocratique »
        http://multinationales.org/Secret-des-affaires-les

  2. Il y a un sens de l’histoire je crois. Qui met en confrontation la verdeur spirituelle d’un Islam, dernière réforme spirituelle mondiale, avec les valeurs, surtout de consommation, d’une civilisation occidentale qui touche à ses limites.
    Ce qui est frappant c’est combien il semble utopique d’imaginer des occidentaux capables de limiter leur folie consommatrice pour partager plus, peut-être bien la seule issue pour casser la frustration énorme des masses musulmanes, surtout jeunes… Tout en étant assez sages, humains et diplomates pour prendre leçon d’un Islam bourré de qualités, s’inspirer de ses aspects les plus attirants en terme de valeurs éthiques (poésie, frugalité, espace intérieur) pour tout en même temps amender par une influence bienveillante ses modes de fonctionnements les plus rétrogrades (inégalités hommes-femmes, fanatisme idiot, belle lapalissade, et autres).

    La pression nataliste de musulmans qu’on regarde de haut comme si la vertu était de notre côté, parce que nous ne savons pas mettre à leur juste place les phénomènes de rage impuissante comme l’affaire Charlie, ne conduira qu’au clash si les occidentaux ne savent pas lâcher du lest…

    Malheureusement je n’ai pas connaissance d’exemple similaires (à cette échelle) dans l’histoire des hommes.

      1. Merci d’ouvrir les commentaires!
        Que le flux 2015 engendre!

        Les pages paraissent blanches, tandis que les marches…
        Il serait dramatiquement impossible de relier l’analyse de la violence à celle des rapports de force.
        Quoi s’est enterré avec Charlie?
        Hélas l’idée de la non-violence prend un sacré coup…
        It’s a shame!

    1. occidentaux capables de limiter leur folie consommatrice pour partager plus,

      Mais non, le problème ne se pose pas comme ça.

      Les individus ne sont pas responsables de la « folie consommatrice », ils ne font que jouer le jeu qui leur est imposé par le système, qu’ils n’ont pas choisis, même si certains s’en accommodent très bien.

      Il ne s’agit donc pas de « partager », d’autant que ça ne résous pas les problèmes d’épuisement des ressources etc., mais d’imaginer et mettre en place un système économique durable, et qui réponde aux besoins réels, et non plus aux besoins solvables…

      Et j’ai une idée sur ce sujet.. Qu’en pensez vous?

  3. Je viens de terminer le livre de Jacques Généreux : Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde »
    Ouf, ça fait du bien un peu d’air frais et des idées claires
    Reste à trouver les relais politiques pour soutenir et construire une vrai alternative (air connu)

    Comme Duprez Patrick j’ai plus que des doutes sur la conversion spontanée des zélites

  4. Je suis à peu près certain que si les marches de protestation ont recueilli l’assentiment de la majorité des Français, il n’en reste pas moins qu’une assez forte minorité de nos compatriotes pour des raisons diverses n’ était pas Charlie.
    J’ai pu constater (et tous les échos que j’ai entendus vont dans ce sens) que la majorité des participants se situaient à gauche et que la droite dite républicaine était presque partout minoritaire.
    Par ailleurs, les habitants des quartiers n’étaient pas aussi nombreux qu’on aurait pu l’espérer (et c’est un euphémisme).
    Pourquoi?
    J’ai peur que ça soit à cause d’une « coupure socio-culturelle » qui ne fait que de s’accentuer depuis bien des années.
    Pour autant, je ne pense pas que nous soyons les seuls responsables de cette coupure que j’ai vu s’installer sans raison évidente chez des gens autrefois bienveillants et ouverts.
    Je ne pense pas que la solution soit de lâcher du lest au communautarisme, en tout cas pas celui de laïcité.
    J’espère juste que cette marche,aura une suite positive et ne sera pas le chant du cygne de l’Humanisme et de la démocratie.

    1. ça ne dépend que de vous .

      Mais quand ça réagit au quart de tour , au même moment , du village de 200 habitants à des villes millionnaires , c’est qu’il y a quelque chose de partagé partout . Quoi ? j’ai aussitôt écrit que je m’interdisais le ridicule ou la prétention de le traduire sans risque

      Partagé peut être pas par tous , mais suffisamment pour que ça dure .

      Et s’il s’agit d’avoir le doit d’avoir une opinion , une expression , et de pouvoir en changer , je ne lâcherai rien que par force violente , que l’adversaire ou l’ennemi soit idéologique , religieux ,financiaro-économique , dictatorial , totalitaire.

      1. Je ne lâcherai rien moi aussi…

        Mais qu’est-ce que cela veut dire ?
        Surtout ne lâchez pas, mais quoi?
        La laïcité, Rien?

        Il y a un incontestable problème de cohabitation pacifique entre l’islam qui se veut universel et imposer sa vision de la gestion des affaires des hommes au reste du monde, si besoin est par la terreur.

        Ne lâchez surtout pas la syntaxe…
        Le capital lui n’impose rien par la terreur, hé? C’est connu.
        Quel ennui ce texte, pitié.
        Ablutions rituelles et laïcardes.

        le 14 janvier, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, a déclaré à l’Assemblée nationale : « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les “Oui je soutiens Charlie, mais”, les “deux poids, deux mesures”, les “pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?” Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs ».

        Elle ne lâche rien, cool…

      2. Les élèves sont loin d’être dupes, mais ensuite pour beaucoup ‘la subordination du temps’ commence plus sérieusement… et la marginalité fait peur, ou est mal comprise.

    2. l’assentiment de la majorité contre les attentats, certainement, humainement c’est un intolérable, surtout pour ces raisons. Comment avez vous pu savoir que la majorité se situaient à gauche d’une part et d’autre part la question d’une moindre participation des quartiers…Quels quartiers ?
      de Paris, de Province, de quartiers élargis c’est à dire de zones…
      quand à la laïcité, c’est l’Essentiel de notre liberté et de notre vivre ensemble
      nous ne sommes plus sous la dictature de l’Eglise…heureusement pour les femmes !
      j’ai vécu dans plusieurs pays musulmans, je peux vous dire que j’ai mesuré la chance en tant que femme d’être née en France, un pays européen, mais j’ai vu aussi des hommes traités comme des « chiens » parce que sous une dictature religieuse on se soumet à l’ordre, et l’ordre c’est celui qui représente dieu sur terre…
      il est temps d’agir sur le vivre ensemble d’une façon éclairée, mais ne faut il pas plusieurs générations pour arriver à cela ? les choses avançaient plus vite au temps du plein emploi, avec des populations plus proches de nous, même si il y avait rejet au départ. Avec un chômage impressionnant touchant principalement les populations issues de l’émigration, ne nous étonnons pas qu’elles ne viennent pas manifester, étant pour la plupart en grande difficulté sociale, le seul espoir , le seul refuge pour espérer un monde meilleur est la religion hélas ! qui peut se permettre d’annoncer « un au-delà » merveilleux !

      1.  » Avec un chômage impressionnant touchant principalement les populations issues de l’émigration… »
        Il faut mettre en évidence cette réalité: le travail insère et rapproche. Il donne dignité et espérance.
        Il n’est pas la solution universelle, mais avec les taux de chômage actuels, rien n’est possible.

        « mais ne faut il pas plusieurs générations pour arriver à cela « :
        juste et cependant dérangeant.
        A partir d’un certain âge, la question  » serais-je assez vieux pour vivre cette époque ? » devient … envahissante et inconfortable.
        L’ évolution sociale est lente. Encore que la « mondialisation » uniformise les modes de vie; c’est un espoir qu’une échappée vers plus de liberté et d’autonomie devienne « subitement » désirée par une forte minorité agissante et convaincue, et crédible par sa proximité.
        Il ne faut pas tomber dans l’angélisme: le « progrès » se mesurera bien assez par l’amélioration de la condition féminine. Non qu’elle soit un but, mais y parvenir suppose des avancées dans beaucoup d’autres domaines.

      2. il est temps d’agir sur le vivre ensemble d’une façon éclairée, mais ne faut il pas plusieurs générations pour arriver à cela

        Plus qu’une question de nombre de générations, c’est une question de système économique, qui est une compétition de tous contre tous, et avec des inégalités considérables.
        Impossible dans un tel contexte d’espérer voir les gens « vivre ensemble »
        Sauf les très riches, bien sur.

      3. Nous sommes d’accord sur la préservation de la laïcité qui est la principale garante de notre vivre ensemble..
        Il m’a semblé (d’après ce que j’ai constaté ( j’habite en banlieue) que ceux qui partaient à la manifestation se situaient à gauche et qu’il y avait peu de représentants des quartiers. (j’ai d’ailleurs revu ce même constat dans la presse). Maintenant, je vous l’accorde, il n’y a jamais de « thermomètre » incontestable dans ce domaine et tant mieux, si les gens de droite étaient plus nombreux que je ne l’ai pensé.
        Que ce qu’on appelle les quartiers aient des problèmes économiques spécifiques qui génèrent des inégalités inacceptables est une évidence.
        Qu’il nous faille lutter de toutes nos forces contre ces injustices et ces inégalités en est une autre (c’est d’ailleurs à mon avis un des buts du blog de Paul Jorion).
        Cela étant dit si le « terrorisme » a des causes, il a aussi des mauvaises raisons que la raison ignore.
        Et heureusement pour nous et le genre humain, les mêmes causes ne mènent pas toujours à ce résultat là!
        Désolé, je ne leur vois pas d’excuses, et je voudrais pas qu’on inverse la responsabilité de cette horreur, sur la société et le système seuls.
        En tout cas pour ma part, je ne me sens pas responsable comme « certains » dans les médias voudraient maintenant nous le faire accepter.
        Je ne sais pas si je suis un « laïcard » mais je ne serais jamais « l’idiot utile » de l’islamisme radical.

      4. Désolé, je ne leur vois pas d’excuses, et je voudrais pas qu’on inverse la responsabilité de cette horreur, sur la société et le système seuls.

        L’erreur est de chercher un seul responsable. Les auteurs de crimes sont des coupables parfaits. Mais c’est un peu léger comme instruction.

        Tout comme dans les catastrophes aériennes, les causes sont toujours multiples.

        Par contre, contrairement à l’aviation, la société n’a pas de Bureau Enquête Accident,
        et, contrairement aux avions, jamais on ne remettra en question sa constitution/conception.

        Sinon, on découvrirait assez rapidement que la quasi totalité des catastrophes sociales, et aussi maintenant écologiques, ont pour origine le Système économique capitaliste des rentiers, qui ravage la société et la planète en général, depuis 2 siècles. C’est facile à démontrer…

        Mais faire porter le chapeau aux lampistes évite très opportunément de faire cet effort, car cela pourrait remettre en question les structures sociales ou, tout en bas, on trouve justement les méchants terroristes et, tout en haut, les gentils fortunés dont les armes sont beaucoup plus discrètes, et tellement plus efficaces…

      5. @Duprez Patrick 21 janvier 2015 à 11:18

        Que ce qu’on appelle les quartiers aient des problèmes économiques spécifiques qui génèrent des inégalités inacceptables est une évidence.
        Qu’il nous faille lutter de toutes nos forces contre ces injustices et ces inégalités en est une autre (c’est d’ailleurs à mon avis un des buts du blog de Paul Jorion).
        Cela étant dit si le « terrorisme » a des causes, il a aussi des mauvaises raisons que la raison ignore.

        Il est en effet difficile de ne pas y voir des raisons géo-politico-religieuses, quand on cherche à expliquer des anomalies flagrantes.

        Pourquoi l’Europe de l’Ouest, généreuse au point de se ruiner en s’endettant plus que de raison, est-elle contrainte d’accueillir tant de migrants musulmans alors que beaucoup de pays musulmans au Moyen Orient regorgent de richesses et les étalent sans se soucier des inégalités?

        http://france-moyenorient.com/Arabie-Saoudite-villes-nouvelles-l-avenir-en-six.html

        N’est-ce pas évident qu’il y a dans ces pays du travail et des logements à fournir, alors qu’ils manquent chez-nous ?

      6. Mon pauvre Jduc. Toujours aussi mal informé je vois. Une idée de la proportion de travailleurs immigrés dans la population active saoudienne en 2013 ? De l’ordre de 80%… 80%… Sans les clandestins. Une paille, pas vrai Jduc ?

      7. @ V-ignoble 21 janvier 2015 à 15:51

        Et pourquoi ce pays et ses semblables, ne tendraient-ils vers 100%, dès lors qu’il s’agit d’une même base culturelle et religieuse stabilisatrice. De plus ils disposent, bien plus que la vielle Europe, des ressources économiques nécessaires pour faire face à un accroissement de population.

      8. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin Jduc ? Je propose (j’exige !) 175% de la population active saoudienne pour les immigrés (musulmans !) !
        Sacré Jduc, c’est dur le cap des 80 berges, uh ?

      9. @ Vigneron

        Merci de répondre à la question que j’ai posée

        Pourquoi l’Europe de l’Ouest, généreuse au point de se ruiner en s’endettant plus que de raison, est-elle contrainte d’accueillir tant de migrants musulmans alors que beaucoup de pays musulmans au Moyen Orient regorgent de richesses et les étalent sans se soucier des inégalités?

        J’ai suggéré de possibles raisons « géo-politico-religieuses ».

        Quel est ton avis et quels sont les arguments qui le soutiennent ?

    3. « Je ne pense pas que la solution soit de lâcher du lest au communautarisme, en tout cas pas celui de laïcité »

      Houlala, non, surtout ne rien lâcher, surtout pas la sacro-sainte laïcité, tenez bon peuple de France…
      sans compter :

      J’ai peur que ça soit à cause d’une « coupure socio-culturelle » qui ne fait que de s’accentuer depuis bien des années.

      Mais quel esprit aigu, dites donc…
      Vous connaissez les conditions de VIE des prolos de banlieu, c’est-aut’choz, hein… que du « socio-culturel », believe me, tout autre choz, vous captez?
      Ou faut un dessin…

  5. C’est une concordance de temps : L’Islam comme système politique (accessoirement une religion) n’en fini pas de mourir depuis la chute de l’empire Ottoman tandis que l’économie néolibérale se meurt parce qu’elle est une pseudo-science. Dans les deux cas les perdants sont victimes de sectes.
    L’Arabie Saoudite incarne d’ailleurs parfaitement le mauvais goût capitaliste mâtiné de droits canons islamiques vieux du VII ème siècle : la moitié des tweets des vieux barbus incarnant la parole sunnite orthodoxe sont des appels à la destruction de l’occident. L’appel au crime est sanctifié depuis l’avènement du wahabisme. Ils appliquent leur religion et la connerie est universelle.

  6. Bonsoir à tous:
    Quelques dizaines de millions de personnes dans le monde brûlent des drapeaux français en criant à l’insulte grave qui leur est faite ( à tort ou à raison ) : Hollande: la France n’insulte personne! Quel déni de l’autre! Quelle surdité née de l’arrogance qui chante le petit nègre dans l’ombre! Sarkozy avec son africain pas encore dans l’histoire ne vaut pas mieux…
    J. P. VIgnal parle d’intégrer les musulmans: bien, je suis d’accord, mais eux? Conceptuellement, l’Islam est là pour intégrer , absorber le monde, pas pour être intégré!
    Là encore je pointe une méconnaissance des fondamentaux de la question qui ne peut que générer un dialogue de sourd…
    Intégrer des gens dans un groupe suppose de d’abord les connaître afin de définir le chemin et le processus qui convient avec eux et non pas de les considérer comme des disques vierges à graver en français!
    Ceux qui sont profondément musulmans , aussi paisibles soient ils, considèreront qu’ils seront très bien intégrés quand la France sera devenue toute entière dar el islam!
    On ne peut entamer la formation d’hypothèses pour répondre justement à un problème qu’après avoir posé toutes les données vérifiées!
    Raisonner justement sur des données fausses, n’annule pas la fausseté des donnée et ne produit jamais de solution correcte!

    Cordialement.
    Steve

    1. vos dizaines de millions m’ont plutôt l’air de quelques milliers.
       » Ceux qui sont profondément musulmans , aussi paisibles soient ils, considèreront qu’ils seront très bien intégrés quand la France sera devenue toute entière dar el islam! » : Qu’en savez vous ? J’ai entendu de nombreux musulmans laïcs ces jours-ci.

    2. « Quelques dizaines de millions de personnes dans le monde brûlent des drapeaux français en criant »

      Vous, vous êtes juste très très malade!!

      Karachi : « Plusieurs centaines de personnes dénoncent la dernière une du journal satirique, représentant le prophète Mahomet. »

      Jakarta : « Plus d’une centaine d’islamistes radicaux ont manifesté aujourd’hui devant l’ambassade de France à Jakarta contre la caricature de Mahomet… »

      Niamey : quelques dizaines d’excités (ça c’est une citation de moi)

      Je m’arrête là, pas le temps de faire toutes les capitales.

      Conclusion : Putain globalement les muslims sont des gens super normaux… ça vous en fout plein le derche non?

      1. Steve exagère en parlant de millions dans les rues brulant les drapeaux français. Pour le reste, il est évident que le fosse culturel et surtout spirituel entre le monde arabe et nous est immense, et complètement sous-estimé.

        J’attends avec impatience le prochain billet de Jeanne Favret-Saada sur le blog qui me semble dire des choses plus justes que ce que je peux lire dans ces commentaires. En attendant, je relis ceci: http://www.pauljorion.com/blog/2014/10/04/le-balancier-dibn-khaldun-par-jeanne-favret-saada/

      2. @Dominique Gagnot 20 janvier 2015 à 23:44

        il y en a même qui croient que le capitalisme des rentiers nous enrichit, alors que ça ruine la planète

        C’est une consommation excessive qui ruine la planète. C’est parce que la vie, telle que nous la connaissons, ne peut pas exister sans consommation, que peu à peu nous ruinons la planète.

        Il est vrai que sans l’invention du capitalisme, ce processus à la base de l’évolution, y compris de l’évolution du vivant, la planète serait dans un bien meilleur état.

        Mais l’humanité aurait-elle atteint le même niveau d’évolution, tant en nombre d’individus, qu’en capacité, au moins pour les plus évolués, à comprendre comment marche le monde et la vie?

        Même la religion chrétienne, soumise elle aussi aux nécessités de l’évolution, adapte son discours à ce sujet.

        http://www.liberation.fr/monde/2015/01/19/le-pape-francois-demande-aux-catholiques-de-ne-pas-procreer-comme-des-lapins_1184294

      3. @ jducac 21 janvier 2015 à 11:36

        C’est une consommation excessive qui ruine la planète. C’est parce que la vie, telle que nous la connaissons, ne peut pas exister sans consommation, que peu à peu nous ruinons la planète.

        (Je vais faire comme si vous pensiez ce que vous écrivez.)

        Oui, il s’agit d’une consommation excessive des ressources, je dirais même d’un gaspillage éhonté.

        Mais il ne s’agit pas là d’une volonté éclairée des individus, mais d’une logique systémique.

        En effet: Le système capitaliste des rentiers a pour objectif de maximiser les profits. C’est le but des investisseurs, détrompez moi si je me trompe.

        Et pour maximiser les profits, il faut que les entreprises produisent et vendent un maximum, c’est même une question de survie pour elles, peu importe les conséquences.

        Donc, tout est fait pour, structurellement (pub, marketing, endoctrinement selon lequel il faut avoir le dernier truc, sinon vous êtes un plouc, jetabilité programmée(1)…)

        Et puisque dans le bilan des entreprises mondialisées, la valeur de la Planète Terre est considérée comme nulle, ben c’est elle qui trinque.

        (1) exemple emblématique: une 2CV Citroên, conçue il y a 70ans!, est toujours facilement réparable, quelque soit le problème, alors que les voitures et autres produits actuels seront conçus pour qu’il soit impossible d’échanger des éléments de fonctions pourtant identiques…
        Sans parler des produits ou services inutiles, voire nuisibles, ou totalement disproportionnés à leur vocation.

        Tout, absolument tout, serait a reconsidérer dans un objectif de préservation de la planète, mais c’est totalement incompatible avec votre système économique dont le moteur est le profit.

  7. Bonjour

    Nous sommes aujourd’hui comme un artiste peintre devant sa toile blanche. Ce qu’il veut faire c’est du vrai du beau mais il ne sait pas encore quel sera le résultat de son travail. il avance avec sa technique de dessin et de couleur petit à petit mais il avance également avec son profond instinct d’artiste et son observation fine de tous ceux qui gravitent autour de lui, et de tout ce qui se passe dans la société. La créativité de l’ensemble des personnes est immense. Les canuts n’ont jamais eu de chef pourtant ils ont inventé le mutualisme, les prudhommes,ils ont créé un journal,etc…
    Pour l’instant pas de réponse cohérente sur l’avenir mais ce blog (merci M. JORION) entre autres peut permettre par les mille idées qu’il inspire forger un demain plus humain c’est à dire aller vers la vérité. Ce blog m’a permis de nouer des relations avec des personnes que je n’aurais jamais pu imaginer rencontrer. Aller au delà de nos préjugés, c’est vraiment important.
    Cordiales salutations Eliane CHAPONIK

    1. Ahhhh ! Professeur Kuing Yamang is back (again & again &…) ! Son nouveau pseudonyme, hélas, fait dans l’has-been rougeâtre palissant à l’ouest (Mehlang Chang). On préférait l’éternel roboratif des patissiers de l’extrême ouest.

      1. Ouais, l’Orient est rouge et reprocher à Mehlang Chang sont alliance avec les staliniens est bien proche d’un point Godwin symétrique… Il a encore, et encore, pour l’éternité, le couteau sanguinolent entre les dents.
        Peu importe la justesse du message : le messager tue le message.
        Ce soir je vais regarder sous mon lit, des fois que…

      2. @ v-ignoble
        on comprend bien que la clinique du syndrome du larbin puisse te faire souffrir
        en psychanalyse on appelle ça de la dénégation
        en économie de l’ attalite aigüe
        tout ça pour s’empiffrer de sucrerie et peu importe l’épicerie tant qu’on se goinfre
        ça ne manquerait pas un peu d’ambition?

    2. Un naîf,
      oui il faut être bien naïf et surtout ne pas lire et comprendre le chinois pour ne pas savoir que le sous-titrage en français n’a rien à voir avec ce que disent effectivement l’interviewer et l’interviewé, en chinois mandarin.
      Il s’agit seulement de commerce extérieur à l’occasion de l’exposition universelle de Shanghai, il y a quelques années déjà.

      1. Oui Pierre-Yves, j’espère être (encore un peu) naïf
        Non, Pierre-Yves, je ne lis ni ne comprends le chinois (honte sur moi)
        J’espère au moins que vous avez esquissé l’ombre d’un sourire ?

        Bonne journée à vous !! 🙂

    3. C’est trop génial ce truc! Tout y est dit, super clair, et rigolo en plus!

      ChapÔ à l’artiste qui a pondu ça.

      Par contre c’est tellement HénÔrme cette arnaque, que beaucoup ne pourront/voudront pas le croire.

  8. Nous avons laissé les pleins pouvoirs à des crapules politiques, à des marchands incultes, à des publicitaires bouffons, à des affairistes sans scrupules, à des banquiers véreux, à des économistes aux ordres, à des religieux sans foi ni loi, à des militaires revanchards, à un patronat glouton, à une police presque partout et à une justice nulle part !

    Vite vite ma dose d’espoir, c’te bonne poire pour la route !

    C’est pas fini. Juché sur leurs épaules, le dieu microbe, tranquille, ce connard ultra friqué pendant ce temps de la catastrophe, hé bien il pompe pompe pompe et il conchie conchie conchie sur la vie, le monde, sur tes valeurs et sur la tête de tes gosses !

    Le 21ème siècle est et sera comme le siècle précédent : une bouillie de fer de sang de feu et de merde !
    O horror, horror, horror !

  9. Il est un fait que le système économique occidental, focalisé sur la croissance continue, sur l’optimisation de la « workforce » exerce un effet déstructurant et sur les individus, sur la société et sur l’environnement. Mais tant les gens s’empresseront de courir dans la roue, d’adhérer au catéchisme néolibéral……rien ne changera. Une « marche républicaine » comme celle du 11 janvier est plutôt reconfortant pour le pouvoir; la preuve, la cote de la popularité du gouvernement a fait un bond. Pourtant c’est lui qui a la charge de maintenir et de défendre le système établi, observé et scruté par les marchés financiers.

    1. Souvent, pour nous attirer à notre perte, les instruments des ténèbres nous disent des vérités ; ils nous séduisent par d’innocentes bagatelles, pour nous pousser en traîtres aux conséquences les plus profondes.

      Shakespeare William, Macbeth, p.253 Garnier-Flammarion no 17

    2. tant les gens s’empresseront de courir dans la roue, d’adhérer au catéchisme néolibéral…

      faut pas écrire des trucs pareil, ça me déprime.

      Une lueur d’espoir (potentiel) : quand ils seront tous à la rue (et plus dans la rue), ils n’y croiront (peut être) plus. Une grosse crainte: dans quel fanatisme iront ils s’engouffrer?

      1. Dominique Gagnot
        Bonne question et justifiée. Peut-être faudrait-il relire le bouquin de Gustave le Bon sur la psychologie de la foule. Voir aussi Sigmund Freud qui a publié des choses intéressantes sur ce sujet.
        Michel Gaillard
        Merci pour le Shakespeare. On y trouve toujours à nouveau des sagesses inoxydables.

  10. Voici quelques arguments que Jules Ferry, qui a dû démissionner de son poste de premier ministre en mars, tient devant les députés le 28 juillet 1885, tels qu’ils sont transcrits au Journal Officiel. Ils constituent les fondements de la pensée coloniale de la IIIème République:

    « La première forme de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.[…]

    Mais il y a une autre forme de colonisation, c’est celle qui s’adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.[…] Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux.[…] Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché.[…]

    Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures […][Remous sur plusieurs bancs à l’extrême gauche] parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[…]

    Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation .[…]

    A l’heure qu’il est, vous savez qu’un navire de guerre ne peut pas porter, si parfaite que soit son organisation, plus de 14 jours de charbon et qu’un navire qui n’a plus de charbon est une épave sur la surface des mers abandonné au 1er occupant. D’où la nécessité d’avoir sur les mers des rades d’approvisionnement, des abris, des postes de défense et de ravitaillement. »

    1. Pour la « petite histoire », « l’extrême-gauche » en question avec ses remous, c’est essentiellement la clique radicale du très vallsien Clemenceau, çui de la future « Union Sacrée » (qui aura la peau de Ferry sur cette « affaire » du Tonkin)…

      1. v-ignoble
        pour la petite histoire:
        à propos de mandel, très proche de clémenceau, l’avis de jacques galiardi, ancien dirigeant de l’uimm:
         » tout le monde sait bien qu’avant 1914 les campagnes électorales sont financées par le comité des forges. Mandel, qui était d’origines modestes, menait grand train…. eh bien c’était le comité des forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien d’autres ».
        comme quoi une guerre, ça tient à pas grand chose

    2. Sur les détails de l’époque et de cette histoire-ci
      lu l’année dernière l’excellent Patrick Deville sur Brazza
      Equatoria (et tapez-vous les quatre, ça instruit brillamment
      sur les tribulations un peu torves de ce vieil occident)

  11. @Jean-Paul Vignal:

    Il y a un incontestable problème de cohabitation pacifique entre [avec?] l’islam qui se veut universel et imposer sa vision de la gestion des affaires des hommes au reste du monde, si besoin est par la terreur.

    Cette phrase qui, je l’espère, ne représente pas le fond de votre pensée, est typique de la « grille de lecture identitaire ». Elle fait fi du contexte historique mouvant et contingent, des lignes de fracture et de tension à l’oeuvre dans toute réalité géo-politique.

    S’il n’existe et ne peut exister d’autre islam, alors certes nous sommes fichus! Et si nous le pensons, alors les va-t-en-guerre de tous pays ont gagné, l’internationale djihadiste autant que l’internationale du complexe militaro-industriel occidental.
    Mais vous allez un peu vite!
    Heureusement, l’islam, comme toute aire de civilisation, est pétri de contradictions et traversé par l’histoire.

    Les Mille et une Nuits, l’art de vivre en Andalousie arabe, les poèmes d’al-Maari, syrien du XIe siècle, qui raillaient la religion comme absence de cerveau, ceux d’Omar Khayyam, mathématicien et scientifique par ailleurs, qui chantaient le vin comme un absolu du désir, toutes ces productions libertaires et amoureuses ont éclos en terre musulmane, et n’évoquent en rien l’islam borné et arriéré des ayatollahs.

    Les pays d’islam vaincus et humiliés (le plus souvent par l’Occident) se crispent sur un passé révolu et magnifié. On connaît ça partout! Aussi en terres de tradition chrétienne et aujourd’hui! Et notablement, dans la « patrie des droits de l’homme ».

    Les terres d’islam en période de paix et de confiance, ou de libération, confiantes en l’avenir, peuvent même rompre avec le religieux, ou le mettre à sa place, comme l’illustre cette narration cocasse, par Nasser, de sa rencontre avec le conseiller général des frères musulmans: on est en 1953.

    Les musulmans progressistes et démocrates existent, les athées et démocrates en terre d’islam ou nés en familles musulmanes existent. Il y en a dans mon quartier et dans ma ville. Il y en a dans les universités. Ils ont leurs associations, leurs mouvements, leurs partis. Au Kurdistan syrien, ils ont un gouvernement et, avec la charte du Rojava, une constitution exemplaire qui pourrait nourrir très utilement l’Europe de l’austérité.

    Il serait tellement simple de les reconnaître, les saluer, les soutenir. Ce serait tellement naturel pour des démocraties, …qu’en l’absence de ces actions on se demande quelle est finalement la vraie nature de notre régime.

    On ne peut pas dire que nos gouvernements se préoccupent de ça.
    Leur principale préoccupation là-bas, c’est le pétrole, le gaz, la mainmise sur les ressources, l’opposition à la Chine ou à la Russie, le commerce.
    Leur principale action là-bas, c’est la guerre.

      1. @GL,
        Oui, du fond du coeur, merci ! j’ai rencontré des musulmans progressistes et démocrates, et même des sages parmi eux et des jeunes gens prêts « à s’adapter » comme ils disaient.
        cf, Idir, poète et chanteur sans grande prétention, à qui un public musulman fit un triomphe à Puteaux, il y a quelques années (années 90, terribles pour l’Algérie) : « Pourquoi cette pluie, pourquoi … // j’ai froid mon pays, j’ai froid ; faut-il le fêter ou bien le maudire ? // j’ai cherché dans le livre qui sait / au creux de ses versets / j’y ai lu / « cherche les réponses à tes questions,// cherche le trait d’union // etc. »
        Certes, certaines interrogations relatives aux possibles sanctions divines peuvent faire sourire et paraitront contestables à certains d’entre nous ; pourtant sans ces propos, cet Idir et son public resteraient secs de toute tradition, coupés de ces racines qui les font humains de si émouvante façon. Refusons le meurtre (par les djihadistes) et le non-respect d’autrui (par les « Charlie ») , mais acceptons au moins que chacun soit de droit reconnu dans sa capacité à évoluer au rythme qui lui est propre : Justesse plutôt que Justice.

  12. Le moment Charlie…tiens,tiens!
    Si dimanche le 25 janvier une marche de l’envergure de « Je suis Charlie » se déroulait, mais sous la bannière « Je suis Grec », question d’appuyer Syriza dans sa volonté de changer les choses, peut-être que…je rêve.

  13. On peut rêver : ce serait formidable si cette prise de conscience pouvait être annonciatrice d’un remplacement de la convergence d’intérêts entre managers et actionnaires, forcement court-termiste et grande destructrice de valeur sociale, économique et écologique qui prévaut actuellement, par une convergence d’intérêts entre l’ensemble des salariés, les actionnaires, et si possible, les clients. Ces solidarités nouvelles sont en effet les matrices indispensables d’un système de fonctionnement durable, dans lequel le paradigme de la vente d’un maximum de produits sera remplacé par celui de la vente d’un maximum de valeur d’usage extraite des matières premières et de l’énergie utilisée.

    Cela n’ a rien à voir avec Charlie mais:
    Il semblerait donc que l’espoir d’une vraie réforme s’attaquant efficacement au ‘soliton’ pourrait surgir d’une prise de conscience de l’élite du capitalisme américain. Après tout, quand on voit à quoi aboutissent les gauchistes d’ici et ailleurs (= à rien d’autre que des discours et anathèmes) je voudrais y croire.
    Un autre espoir: le Pape qui déclare +- que « Les lapins ne sont pas les meilleurs catholiques ». Après des millénaires de « croissez et multipliez », chapeau !

    1. quand on voit à quoi aboutissent les gauchistes d’ici et ailleurs (= à rien d’autre que des discours et anathèmes

      C’est à dire que dans la mesure ou le Pouvoir est à l’Argent, et que précisément les partis de vraie gauche n’en ont pas, il leur est difficile de faire autre chose que des discours…

      Avez vous remarqué que tous les jours Sarkozy, Hollande, le Pen et les économistes et journalistes larbins saturent les médias, alors que d’autres n’y apparaissent jamais?… Hasard, ou Pouvoir?

      1. Ni hasard ni pouvoir, Gagnot, simplement statistique : ce qui est numériquement (et politiquement) ultra minoritaire est trrrrrès logiquement sous-exposé médiatiquement, i.e opportunément relégué au rôle de nécessaire condiment dans la soupe.
        Faut faire avec.
        Par contre, pour ce qui concerne ce lieu et ta petite personne, tu en sursatures sévère les fils, me semble, non ?

      2. @V-ignoble 21 janvier 2015 à 17:30

        Ni hasard ni pouvoir, Gagnot, simplement statistique : ce qui est numériquement (et politiquement) ultra minoritaire est trrrrrès logiquement sous-exposé médiatiquement, i.e opportunément relégué au rôle de nécessaire condiment dans la soupe.
        Faut faire avec.
        Par contre, pour ce qui concerne ce lieu et ta petite personne, tu en sursatures sévère les fils, me semble, non ?

        Bravo la logique:
        On ne médiatise pas certaines idées => elles restent minoritaires => on ne les médiatise pas… etc.
        La liberté d’expression est ainsi bien encadrée.

        Sinon heureux que vous me lisiez. J’essaye de combler les lacunes des gros médias, mais comprends tu ce que je dis?

      3. @V-ignoble

        Puisque Paul Jorion nous donne la possibilité de débattre de sujets que jamais les gros médias n’abordent (sauf, et encore, quand tout le monde est couché), que penses tu de cette proposition, qui consisterait à redonner la propriété des Ressources (du Capital donc) à la collectivité?
        Elle pourrait ainsi les affecter, pour satisfaire les besoins réels, à des entreprises privées.
        Tout comme aujourd’hui le font les propriétaires privés, sauf que eux affectent ces ressources de sorte à en tirer un maximum de profit, ce qui aboutit aux catastrophes sociales et écologiques que nous vivons…

        Le pouvoir économique serait ainsi démocratique, et je pense que tu es attaché à ce principe.

      4. @V-ignoble 21 janvier 2015 à 23:22

        Surprends moi Gagnot, réfléchis,’ pour une fois.

        Peut être, comme certains, souhaites tu que le pouvoir économique reste contrôlé par une oligarchie car toi, ça t’arranges bien. J’ai bon?

        Sinon répond à ma question, en argumentant…

      5. T’es décidément pas surprenant, Gagnot, quoiqu’à ce point c’en est surprenant. Préviens moi si t’as une soudaine révélation.

    2. entre autres parmi les infos sous-exposées,
      (info extraite du « discours » de son interprétation, -soit certes à vérifier mais de fait VERIFIABLE- )
      celle de la variation du franc CFA entre le 1/1/2014 et le 1/1/2015

      « Depuis quelques mois, nous assistons à une baisse spectaculaire de l’EURO qui a des impacts considérables sur notre économie soumise au FCFA. En Janvier 2014, un EURO valait 1,349 DOLLARS. Au 16 Janvier 2015, un EURO vaut 1,158 DOLLARS. Ce qui équivaut à une baisse de 14% de l’EURO en une année. L’EURO a une parité fixe par rapport au FCFA soit un EURO pour 655,957 FCFA. Toute variation de l’EURO par rapport aux autres devises est automatiquement subie par le FCFA. Par conséquent, pour avoir un DOLLAR en Janvier 2014, il fallait 486 FCFA alors qu’au Janvier 2015, nous devons débourser 566 FCFA pour avoir un DOLLAR.  »
      http://www.momsarew.org/baisse-de-l-euro-et-devaluation-deguisee-du-fcfa

  14. « … sortir des circuits marchands officiels, ce qui impute d’autant le PIB, les bénéfices et les impôts. »

    Ce n’est pas AMPUTER plutôt que IMPUTER ?

  15. Je ne croyais pas lire ce genre de choses sur ce blog:

    « Il y a un incontestable problème de cohabitation pacifique entre l’islam qui se veut universel et imposer sa vision de la gestion des affaires des hommes au reste du monde, si besoin est par la terreur.  »

    Ou alors cela:

    « quand l’humanité se languira d’avoir enfin trouvé des solutions durables à ses problèmes matériels de survie »

    Nous n’avons pas de problemes de survie, on a des problemes d’organisation et de changements climatiques (entre autres).

    Avec autant d’imprecisions, nous n’avons que tres peu de chances de comprendre ce qui nous arrive…

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