L’urgence de refonder la gauche, en théorie comme en pratique, par David Dahomay

Billet invité. Également sur son blog. Ouvert aux commentaires.

L’urgence de réfléchir, de comprendre. L’urgence de « penser où ça fait mal », de penser au bord de l’abîme (abîme politique, moral, voire même civilisationnel). L’urgence de mettre des mots sur des maux. L’urgence et le devoir impératif de nous ressaisir, de résister, et de refonder la politique et la démocratie, en théorie comme en pratique (« résister, c’est créer », Stéphane Hessel).

Telle est la tâche qui nous incombe désormais, nous citoyens de gauche en particulier, et citoyens épris de liberté, d’égalité, de justice, d’écologie, et d’humanisme en général.

« La gauche peut mourir » déclarait en juin 2014 Manuel Valls. Quelle affligeante ironie. Cette phrase résonnerait-elle comme le désir (inconscient ?) d’une prophétie auto-réalisatrice ? La question se pose en effet, tant François Hollande et l’actuel chef du Gouvernement n’ont eu de cesse depuis 2012 de mettre à mal, dans les mots et dans les actes, toutes les aspirations et les espérances individuelles et collectives de nombre de nos concitoyens. Jusqu’à tourner le dos, tout récemment, à certains de nos grands principes démocratiques et républicains (je veux bien entendu parler de « l’état d’exception permanent » et de la déchéance de la nationalité pour les binationaux, qu’ils souhaitent, droits dans leurs bottes, inscrire dans la Constitution).

Ils se sont ainsi appliqués à mettre en œuvre, nonobstant quelques décisions et réformes pertinentes, à peu près tout le contraire de leurs engagements forts pris devant les Français durant la campagne présidentielle, et tout particulièrement en matière de politique économique.

« Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu. Et pourtant, il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » (François Hollande au Bourget, le 22 janvier 2012). Ce jour-là, certains d’entre nous y ont cru, nous y avons honnêtement cru, d’autant plus qu’il nous apparaissait que c’était la première fois en France qu’un candidat à la présidentielle affirmait vouloir résolument s’attaquer à « l’hydre mondiale » incarnée dans l’oligopole bancaire mondial ; oligopole au cœur de la financiarisation globalitaire et ô combien mortifère de l’économie (la crise financière systémique de 2008 étant de ce point de vue très édifiante). Mais l’orateur du Bourget y croyait-il vraiment ? Il est aujourd’hui permis d’en douter très sérieusement.

François Hollande ou la chronique « d’une étrange capitulation » annoncée : celle de l’abdication hâtive face à l’Allemagne, en renonçant à « renégocier » le pacte budgétaire européen, ratifié par la France dès octobre 2012, et qui fut très lourd de conséquences pour notre pays en termes de politiques funestes d’austérité (dont nous ne sommes toujours pas sortis, mais finirons-nous un jour par en sortir ?). Il aurait sans aucun doute fallu, de l’avis éclairé de nombreux économistes, mener une politique de relance de l’activité économique, tant à l’échelle européenne qu’en France (à l’instar de celle menée aux Etats-Unis).

Celle de la capitulation devant les seuls intérêts du grand capitalisme mondial, sur l’autel de nombreux ouvriers de l’industrie, et ceux des hauts-fourneaux de Florange en particulier, malgré toutes les promesses assénées – avec des trémolos dans la voix – devant ces ouvriers durant la campagne présidentielle. La proposition de l’ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui consistait en une nationalisation temporaire du site, était à l’évidence la plus pertinente, mais c’eût été symboliquement, pour François Hollande et les quelques sociaux-libéraux du Gouvernement (qui n’ont de social que le nom), déplaire trop fortement à la doxa néolibérale.

Celle du renoncement à séparer de façon efficiente les activités de banque de dépôts et de banque d’investissement, sous la pression du lobby bancaire français (si tant est qu’il y eût vraiment pression), et de l’adoption au final d’une réforme bancaire assez décevante au regard de ses grandes ambitions initiales. Et que dire en outre des négociations européennes relatives à la taxe sur les transactions financières (dite taxe Tobin), démarrées en 2011 et dont l’entrée en vigueur est sans cesse repoussée aux calendes grecques (2017, nous dit-on), là encore pour ne pas déplaire aux banques (et avec l’étonnante complaisance de Paris à l’égard du lobby bancaire) ?

Celle de l’abandon de la grande réforme fiscale (avec comme mesure phare la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG), pourtant promise par François Hollande avant la présidentielle, annoncée par l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault en novembre 2013 (et qui avait fait renaître une lueur d’espoir parmi certains d’entre nous), mais qu’il n’aura finalement pas l’occasion de mettre en œuvre (désavoué par l’Elysée, Ayrault quitte Matignon quelques mois plus tard). Face à l’explosion des inégalités en France, comme en Europe et dans le monde, et une répartition toujours plus inégalitaire entre les revenus du travail et ceux du capital, c’est pourtant une vraie « révolution fiscale » qu’il faudrait impérativement engager (voir sur ce point les propositions fort pertinentes portées depuis tantôt par l’économiste renommé Thomas Piketty), en vue d’une véritable politique « redistributive », seule à même de corriger ces criantes inégalités, autant insupportables socialement qu’inacceptables moralement.

François Hollande s’était engagé durant la campagne présidentielle à taxer jusqu’à 75 % les revenus supérieurs à 1 million d’euro, à supprimer les stock-options, à encadrer les bonus des grands patrons, et à limiter la rémunération des dirigeants des grandes entreprises publiques de 1 à 20. Toutes ces promesses abandonnées, et l’ex-ministre de l’Economie Pierre Moscovici d’enfoncer le clou en mai 2013 : « Il n’y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance d’entreprise…Nous préférons miser sur une autorégulation exigeante ». La messe est dite, dormez tranquille braves gens !

Celle enfin de la trahison face à notre appartenance commune au socialisme et à la gauche, sans nier pour autant la palette de nuances idéologiques au sein de la famille socialiste ; trahison étalée au grand jour avec tambours et trompettes lors de la fameuse conférence de presse du 14 janvier 2014 : l’annonce du Pacte de responsabilité et de la politique de l’offre désormais ouvertement assumée (« l’offre crée la demande », dixit François Hollande, en référence à l’économiste du 18e siècle Jean-Baptiste Say, dont les thèses sont aujourd’hui largement battues en brèche). Le prix Nobel d’économie Paul Krugman n’hésita pas à qualifier, à juste titre, de « scandaleux » ce tournant assumé par l’exécutif français, avec la complicité passive (ou active) d’une majorité de parlementaires de gauche.

Un tournant qui avait en réalité commencé dès novembre 2012 avec la mise en place du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), et dont le vice fondateur semble être l’absence de conditionnalité probante imposée aux entreprises, en contrepartie des 20 milliards d’euros par an consentis par l’Etat pour baisser leurs charges. Et d’autant que le bilan à ce jour du CICE est pour le moins décevant au regard des objectifs initiaux d’amélioration de la compétitivité des entreprises, en vue in fine de créer de l’emploi (c’est d’abord le secteur de la restauration et de l’hôtellerie qui en a bénéficié, alors qu’il eût sans doute fallu cibler essentiellement les secteurs et les catégories d’entreprises réellement soumises à la concurrence extérieure).

Cette politique de l’offre, tout entière arcboutée sur la baisse du coût du travail et sa flexibilité (facilité des licenciements et souplesse de la durée légale du travail avec la baisse de majoration des heures supplémentaires, envisagés dans la réforme à venir du Code du travail) – politique néolibérale, dangereuse économiquement et socialement, et d’un dogmatisme éculé –, apparaît d’ores et déjà comme l’oraison funèbre de ce gouvernement de gauche (dont il est permis d’ailleurs d’émettre les plus grandes réserves quant à sa réelle appartenance aux valeurs de la gauche, et celles notamment de l’aspiration au bien-être pour tous).

La droite dite républicaine, qui dans le fond n’a pas grand-chose à redire de cette politique néolibérale mise en place (et dont le renouvellement des idées en son sein pâtit sérieusement de ce triomphe du néolibéralisme présenté, à grands renforts médiatiques, comme la seule alternative), aurait assurément appliqué, à peu de choses près, la même politique économique si elle avait été au pouvoir. Comment dès lors s’étonner du désarroi des citoyens qui, de plus en plus nombreux, n’ont plus confiance en la politique (dans le sens où ils n’en attendent plus rien), ne vont plus voter, ou plus inquiétant encore, sont séduits par les idées de l’extrême-droite ?

A court terme, notamment pour relancer l’activité économique intérieure, tout porte à croire que c’est d’abord une politique de la demande qu’il faudrait privilégier (revalorisations salariales, en particulier les bas salaires via l’augmentation sensible du SMIC, baisse de la TVA, …), tout en investissant beaucoup plus massivement dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, pour ensemencer de nouveaux gisements d’emplois à moyen et long terme (et tout particulièrement les « emplois verts »).

Sous l’effet conjugué de la libéralisation tous azimuts de l’économie globalisée et de l’accumulation et de la concentration du capital dans les mains (ou plutôt les coffres-forts) des 1% les plus riches de la planète – et alors même que jamais autant de richesses n’avaient été produites auparavant dans toute l’histoire de l’humanité –, les inégalités sociales, la précarité, et la pauvreté explosent dans tous les pays industrialisés (Thomas Piketty a parfaitement démontré cela dans son livre Le Capital au XXIe siècle ; voir aussi le rapport de l’OCDE de 2015 mettant en avant le niveau sans précédent des inégalités qui, selon cette organisation, nuisent à la croissance). Sans compter les souffrances et le mal-être au travail, d’une ampleur inédite, et qui pourtant ne semblent pas émouvoir, outre mesure, nos décideurs politiques.

Or seule une politique volontariste de légifération, de régulation et de redistribution (notamment par la fiscalité, on l’a dit), permettrait d’enrayer la montée de ces inégalités en France, en Europe, et dans le monde. Au lieu de cela, le gouvernement Hollande s’entête dans l’erreur, autiste aux maux dont souffre le peuple français dans son immense majorité, et s’acharne à vouloir baisser le coût du travail (aux conséquences sociales désastreuses), pour prétendument rendre la France plus compétitive sur le marché européen et international concurrentiel (comme si la concurrence entre États au sein de la zone euro était souhaitable, voire même économiquement pertinente. C’est une politique de coopération et de solidarité qu’il faudrait sans tarder opérer en Europe, mais au lieu de cela, nous laissons l’Allemagne poursuivre sa politique d’excédents commerciaux aux dépens de tous, y compris d’elle-même, du moins à long terme). En outre, comment pourrions-nous une seconde envisager un jour d’avoir une main-d’œuvre en France, aussi « compétitive » que celle des pays émergents tels que la Chine et l’Inde, si ce n’est en généralisant, manu militari (car cela ne serait réalisable qu’« après la démocratie »), une baisse massive des salaires et en produisant une armée de sous-prolétaires ? Ce à quoi rêve bien entendu le grand capitalisme mondial (en attendant que la machine ne remplace définitivement l’Homme, et dont l’existence deviendra alors totalement superflue).

C’est pourquoi Emmanuel Todd et d’autres ont raison de prôner un certain « protectionnisme européen », sans qu’ils ne soient d’emblée taxés de dangereux nationalistes. Ce serait à l’évidence une erreur de laisser à l’extrême-droite le monopole de ces problématiques, tellement importantes si l’on souhaite réellement retrouver une certaine prospérité en Europe et en France. De même, la question du maintien de la France au sein de la zone euro mérite plus que jamais d’être débattue à gauche, tant les bases idéologiques – l’ordolibéralisme  allemand – qui ont présidé à la construction de l’euro (et en particulier l’indépendance totale de la Banque centrale européenne (BCE), hors de toute volonté et de tout contrôle démocratiques) semblent de plus en plus incompatibles avec une prospérité économique et sociale en Europe, et dont tout porte à croire qu’elles servent avant tout les intérêts allemands, au détriment de toute solidarité européenne. Aussi, force est d’admettre que Jean-Luc Mélenchon a raison de poser la question du « plan B », dans le cas où la « nouvelle gauche française » (ni social-libérale, ni à l’extrême-gauche marxiste) que nous appelons de nos vœux, prendrait le pouvoir en 2017, avec pour mandat explicite de renégocier les traités européens (et d’envisager le « plan B » – la sortie de la zone euro – en cas d’échec des négociations, et le passage alors à une monnaie commune en lieu et place d’une monnaie unique ; voir sur ce point les propositions pertinentes de l’économiste Jacques Sapir).

Mais à y regarder de plus près, ce que nous vivons actuellement, c’est une crise systémique majeure, mise à nu avec la crise financière et économique de 2008, et qui ne serait autre que la crise crépusculaire du capitalisme lui-même (ce que semblent ne pas voir ou comprendre la plupart de nos dirigeants actuels, malgré toutes les alertes lancées par nombre d’intellectuels, d’économistes, de scientifiques, de philosophes, d’historiens, ou de citoyens clairvoyants et engagés). Un capitalisme désormais entièrement financiarisé et spéculatif (une « économie-casino »), totalement déconnecté de l’économie réelle et des besoins sociaux et sociétaux. « Un capitalisme mis à mort par ses spéculateurs mêmes » (Marcel Duchamp, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même). Sans doute que même Marx n’y retrouverait pas ses petits.

C’est peut-être aussi autant une crise systémique qu’une véritable « mutation civilisationnelle », et dont il convient coûte que coûte d’en prendre toute la mesure et de s’y préparer (visiblement sans l’aide de nos décideurs, dont c’est pourtant avant tout l’impérieuse responsabilité). La nouvelle crise financière et économique qui est désormais à nos portes, pourrait bien être pire que celle de 1929 (voir sur ce point l’analyse de plusieurs économistes éclairés, notamment l’économiste-sociologue Paul Jorion, et qui préconise l’interdiction de la spéculation ; mesure qui nous semble au final des plus pertinentes, eu égard aux périls qui menacent nos sociétés humaines).

Déjà en 1972, des chercheurs américains du MIT, sous la direction de Dennis Meadows, avaient publié un rapport rendu célèbre, The Limits to Growth (Les Limites à la Croissance), commandé par le fameux Club de Rome, et qui prédisait ni plus ni moins qu’un « effondrement » économique et social généralisé à l’échelle planétaire (pronostics obtenus par des simulations mathématiques et informatiques complexes à partir de variables rendant compte des activités humaines et de l’évolution démographique, et réévalués par différents chercheurs à plusieurs reprises depuis). Ce rapport concluait sur l’urgence de changer de modèle de développement pour éviter le pire, et notamment des désastres écologiques irréparables (nous connaissons la suite, ce rapport fut accueilli à l’époque avec scepticisme par nos dirigeants).

De nombreux économistes de renom n’ont cessé de nous mettre en garde sur les limites de la croissance, et sur le fait qu’il serait illusoire et même dangereux d’espérer revenir à des niveaux de croissance dans les pays industrialisés (aujourd’hui post-industriels), comparables à ceux que nous avons connus durant les Trente Glorieuses (période que nous pourrions considérer comme le « rattrapage » des destructions massives survenues durant la Seconde Guerre mondiale et des sauts technologiques opérés). Nous pourrions ainsi citer pêle-mêle Robert J. Gordon, Thomas Piketty, Daniel Cohen, Jean Gadrey, Dominique Méda, Olivier Berruyer, et bien d’autres. La plupart prévoient pour les années à venir des taux moyens de croissance de 0,5 à 1% (en étant optimistes), bien loin des 3% qui seraient nécessaires pour significativement inverser la courbe du chômage.

Nous sommes devant une aporie inouïe : « Le monde est clos et le désir infini » (Daniel Cohen). Il va pourtant bien falloir s’atteler à la résoudre, et il y a urgence car notre maison planétaire commence à l’évidence à s’embraser, et nous n’aurons pas le temps de développer la technologie nous permettant de coloniser Mars. Voilà ce à quoi doit sans tarder se dévouer la « nouvelle gauche française », et des pistes existent d’ores et déjà.

La fin de la « glorieuse croissance » et les progrès technologiques considérables cumulés (l’intelligence artificielle, la robotisation, l’imprimante 3D, le « Tout-numérique » et Internet), ont produit un monde de rareté du travail, dont nous n’avons pas encore pris toute la mesure (il faut bien admettre aujourd’hui que déjà en 1995, Jérémy Rifkin avait vu juste, dans son livre La fin du travail, préfacé dans sa traduction française par Michel Rocard). D’ailleurs, les « hollandistes » sociaux-libéraux s’évertuent, tels des hérétiques, à croire – et à nous faire croire – qu’ils feront revenir la croissance à des niveaux suffisants permettant d’enrayer la montée inexorable du chômage.

La croissance ne reviendra pas – du moins pas à des niveaux suffisants, et d’ailleurs il ne serait pas sain pour l’écologie qu’elle revienne –, et le travail se fera de plus en plus rare (difficile en effet de lutter contre les progrès technologiques, qui sont d’ailleurs censés nous émanciper des activités éprouvantes). Qu’on se le dise, une bonne fois pour toute !

Dès lors, que faire ? Si le travail est rare, nous devons à l’évidence commencer par le partager. C’était toute la vertu originelle des « 35 heures » mises en place sous le gouvernement Jospin, et qu’aujourd’hui Manuel Valls et surtout Emmanuel Macron, s’acharnent à vouloir détruire, au nom de la doxa néolibérale. Contrairement à une propagande savamment orchestrée par un certain grand patronat, les « 35 heures » ont, non seulement contribué à améliorer la productivité horaire en France (l’une des plus élevées d’Europe), mais ont aussi et surtout permis de créer un nombre significatif d’emplois. Il faut souhaiter qu’un rapport d’évaluation objectif et indépendant sur ce dispositif, voie enfin le jour.

Michel Rocard et Pierre Larrouturou préconisent même la semaine à 4 jours. Cela nous semble une avancée et une piste intéressantes, que la gauche (ou les gauches) devrai(en)t débattre sans tarder. Concomitamment, il conviendrait aussi sans doute de réfléchir à l’idée d’un « revenu universel », mis en œuvre à l’aune de « la troisième révolution industrielle » et de « la nouvelle société du coût marginal zéro » préconisées par Jérémy Rifkin, et que certains auraient sans doute tort de prendre pour un naïf utopique. « Revenu universel » que le Conseil national du numérique préconise dans un récent rapport, et que la Finlande s’apprêterait à expérimenter.

Il conviendrait en outre de débattre d’une nouvelle gouvernance d’entreprise (fin des stock-options, limitation des rémunérations des dirigeants, règlementations pour un actionnariat responsable, …), et d’une nouvelle éthique de l’entrepreneuriat et du capitalisme, basée notamment sur les principes de l’économie sociale et solidaire. L’économie collaborative – et l’avènement des plateformes numériques –, devraient à l’évidence être davantage étudiées et explorées, tout en évitant les écueils de « l’ubérisation ».

Nous ne sommes pas de dangereux révolutionnaires robespierristes, mais au vu de l’urgence sociale, écologique, économique, et démocratique, il est l’heure d’être radical (« à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes », J. F. Kennedy). L’heure d’une révolution démocratique a désormais sonné (celle de l’avènement de la démocratie d’exercice (repenser les relations gouvernants-gouvernés), telle que brillamment exposée par l’historien-sociologue Pierre Rosanvallon, dans son livre Le Bon Gouvernement).

Le temps est sans doute aussi venu de retrouver « le sens de la République » et d’invoquer l’héritage des Lumières, en ces temps consuméristes, troublés et obscurs, où nous perdons peu à peu le sens de toute chose, et tout particulièrement le sens moral (« Kant, ô Kant, pourquoi nous as-tu abandonnés ? »).

Un Dennis Meadows, un Yanis Varoufakis, ou un Pierre Rabhi, sont susceptibles d’ébranler la marche ubuesque du monde, bien plus que ne le pourront jamais François Hollande, Manuel Valls, et Emmanuel Macron (ce « golden boy [médiatique] du hollandisme crépusculaire »).

N’en déplaise à Manuel Valls, la gauche n’est pas morte. « Elle est même bien vivante la gauche ! » (Pierre Joxe). Par contre, il se pourrait que le Parti socialiste ne survive pas à ce hollandisme finissant. Serait-il même souhaitable qu’il survive ? La question reste entière.

En tout cas, désormais, le Parti socialiste, ce sera sans moi. Et mes amis et mes camarades du PS qui croient encore, vaille que vaille, pouvoir réformer ce parti de l’intérieur, seraient bien avisés d’y renoncer – c’est peine perdue –, et de mobiliser leur énergie pour refonder une nouvelle gauche française, républicaine, sociale, et écologiste.

L’urgence absolue, ce n’est donc pas de savoir si Hollande et le PS accepteront d’organiser des primaires à gauche pour la présidentielle de 2017. L’urgence absolue, c’est de créer de toutes pièces un nouveau parti politique, d’ici cet été, et issu très largement de la société civile (dans toutes ses composantes). Parti qui rassemblerait, si possible, les différentes sensibilités de la gauche française et des écologistes, sur des bases théoriques et idéologiques communément partagées.

Et seulement à partir de là, nous pourrions envisager des primaires à gauche, une fois rassemblés autour de valeurs communes, et de ce nouveau parti politique. Nous voyons poindre déjà de nombreux candidats potentiels et talentueux : Arnaud Montebourg, Christiane Taubira, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Marie-Noëlle Linemann, Barbara Romagnan, Christian Paul, et bien d’autres. Avec le risque inévitable d’une bataille d’égo démobilisatrice, au détriment des idées et d’une vraie refondation de la gauche.

C’est pourquoi pour ma part, j’aurais plutôt plébiscité une personnalité neuve, « anti-système », et issue de la société civile. Après mûre réflexion, il est probable que Paul Jorion ait vu juste : l’économiste Thomas Piketty serait sans doute le mieux à même de fédérer toutes ces personnalités, et toutes les sensibilités autour de sa personne. Il incarnerait à l’évidence, une nouvelle espérance pour la gauche, pour la France, pour l’Europe, et pour le monde.

Quant à François Hollande, sa proposition d’inscrire dans la Constitution « l’état d’urgence » ainsi que la déchéance de la nationalité pour les binationaux (quand bien même cette référence aux binationaux ne serait plus explicite mais implicite), constitue à l’évidence « l’infamie » de trop, « l’ultime rupture ». Tout a été dit sur cette « lepénisation des esprits », qui a fini même par corrompre le cœur du pouvoir « socialiste ». Je citerai néanmoins cette phrase magnifique de l’écrivain Patrick Chamoiseau :

« Les nationalités révocables dessinent en France un effondrement éthique d’une ampleur sidérante. Une indécence majeure qu’aucun bénéfice politicien ne saurait justifier. De très vieilles ombres sont de retour et nous fixent sans trembler. »

Et comme en écho à Christiane Taubira : « Il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube » ! (Aimé Césaire).

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117 réflexions sur « L’urgence de refonder la gauche, en théorie comme en pratique, par David Dahomay »

    1. Exact. Je change pas mon pack de minidosettes Macron aux azurants optiques contre deux brouettes de noix de lavage Rabhi à la saponine himalayenne aux vertus Ayurvédiques.

      1. vérifie quand même que ton pack de minidosettes uberisées à la macron soient bien biocompatibles avant de jeter tes brouettes

      2. No souci, je boycotte conscienseusement et tant que faire se peut tout ce qui se vend en tant que bio – ou sans ogm, ou équitable. Résistance citoyenne par anticipation.

      3. Je ne vois vraiment pas,Vigneron,en quoi Rabhi et
        Macron seraient « échangeables ».Ou sinon,il convient
        d’expliquer ce que l’on veut dire.Sortir de l’ambiguïté.
        Est-ce trop demander à Vigneron ?

    2. ..et pourquoi donc un charlatan?
      son approche est des plus large car il intègre la spiritualité dans sa démarche, ne croyez vous pas que ce qu’il manque le plus dans notre monde d’aujourd’hui c’est justement de croire.
      Alors croyez en ce que vous voulez , aux valeurs qui vous semble les plus fortes, les plus réjouissantes mais croyons.
      Nous ne pouvons envisager un monde meilleur si nous jugeons les croyances de certains de charlatan, ce nous monde sera fait de toutes nos différences pas de nos ressemblances, là aussi la biodiversité doit être protégée…

    3. Il était une fois un petit homme venu d’un lointain pays.
      Lui avait pris la manie de conter, en toute occasion, la Légende du colibri. Ça faisait rire et braire tous ces braves gogolois.
      Pour le coup, ceux-là n’avaient pas hésité à s’attacher deux petites ailes à leur tête, s’imaginant ainsi qu’ils seraient comme des héros parés pour monter dans le ciel vide du colibri.

    4. J’invite les caricaturistes de tout poil à s’occuper urgemment et ardemment du cas de Saint Rabhi (Père, Fils et St E). Après ses funérailles nationales, in peto suivies de panthéonisation et béatification, je soupçonne fort qu’il sera trop tard pour éviter l’indignité nationale et l’inquisition, à minima.

      1. Lavigne, je te signe ta perm pour aller t’occuper urgemment de tout ce qui te chante hors les conversation de grandes personnes.

    5. Lancer des exclusives a priori, un vieux travers (sectariste) de la gauche… et même de tout groupe qui veut affirmer sa différence. Renseignez-vous… et soutenez les rapprochements.

      1. Qui n’en veut d’la Rabhi’s conf ? La « nutrition quantique » de la pseudo-nutritionniste Marion Kaplan, plutôt deux fois qu’une, miam miam pas quantique, quantifiable (plus de 150 € pour assister aux confs sur deux jours et 85 € les Dvds).
        http://www.quantiqueplanete.com/
        http://youtu.be/9rGGAv4aJbQ
        On comprend qu’avec ça en plus les liens étroits avec les anthroposophes, la Mivillude se soit interssée au carabiné cas Rabhi & Co(libri) dans son rapport 2013/2014 sur le chapitre du nuageux new age.
        Mes félicitations sinon aux communicants et à l’équipe marketing en général de Rabhi, good job guys.

      2. vigneron dit :
        4 février 2016 à 19:13

        C’est quoi ces délires et ces amalgames, évidemment, que dans le new age ça brasse du délire à « haut voltage »; évidemment que P Rabbhi ayant développé avec l’agroécologie, son mouvement a certainement, autant que tous ceux qui se disent écolos ou pseudo écolos, des gus new ageux qui gravitent dans la sphère de son mouvement Colibris. Pourquoi ces mouvements échapperaient ils aux travers humains que l’on retrouve
        ailleurs ? Evidemment que c’est dangereux psychologiquement et que ça plombe de confondre escroquerie et manipulations new ageuses fumeuses avec lendemains qui chantent, question : qu’attend la miviludes avec Kaplan, connaissais pas (m’a l’air bien camphré..) ? Amalgamer P Rabbhi et son action, l’agroécologie et ses actions constructives , et positives, notamment en Afrique, avec tous les frappadingues de l’hexagone me parait tendancieux …..merci pour la suite Sherlock…..je te fais confiance pour tanker un délire de derrière les fagots pour dégommer du P Rabbhi, l’arbre qui cache une forêt de vrais saloperies, nettement beaucoup plus graves et plus inquiétantes et « consistantes »…va chercher bonheur..

      3. Vigneron va tout de suite à l’essenciel : la caricature.
        Déplacer les lignes habituelles. Généralement, les gros cons du Travail, Famille, Patrie ne supportent pas. Cependant, la Liberté tient beaucoup à toute cette ingénue sensibilité. Pour le meilleur et pour le pire.

    6. Je suis militant à Podemos. On est de gauche mais le projet est plus global. La plus part des médias et autres partis n’y comprennent rien ou peut être comprennent-ils trop bien. Nous voyons le parti comme un outil pour faire plus de démocratie participative et moins représentative, c’est le moment. D’où les listes aux élections faites avec des gens d’autres horizons, des mouvements sociaux, des associations et d’autres. Les fameuses confluences. Nous réfléchissons avec d’autres a cette démocratie, referendums, mandats révocatoires, votes populaires des budgets, et toutes sortes d’autres voies à explorer, au contraire des partis traditionnels, qui n’ont aucune confiance dans leurs peuples. C’est une voie difficile et on peut la rater, mais tant pis, on y va. On nous traite de populistes mais le contraire d’un populiste est un « élitiste », c’est pire.
      Mon dogme à moi se compose de deux idées :
      1. Seul les gens, les citoyens, les travailleurs connaissent leurs problèmes
      2 Seul les gens, les citoyens, les travailleurs connaissent et savent collectivement quelles sont les solutions à leurs problèmes.
      Amicalement à tous.

      1. @Carlos
        merci de nous faire partager votre expérience à Podemos, et de revenir , plus souvent, échanger votre expérience au sein de ce mouvement avec nous, moultis bienvenus ! 🙂

      2. +1
        « Nous voyons le parti comme un outil pour faire plus de démocratie participative et moins représentative, c’est le moment. »

        Oui !

  1. Désolé mais j’ai vu et entendu plusieurs fois Pierre Rabhi lors d’émissions. C’est un homme humble, sans ambition personnelle, un humaniste qui transpire de bonté. Pour moi, même s’il ne se déclare pas de gauche, il représente les valeurs de tout homme qui s’en réclame.

    1. Les noix à 900T ? Hop là…Magical Mystery Tour..Pourquoi vouloir briser les noix à son lave linge ? Le pôv, monde cruel…
      Cela dit, j’apprécie P Rabbhi et son action. Action qui est l’agroécologie, il a une démarche empreinte de spiritualité, c’est vrai . Chacun et cune est libre d’avoir ses propres valeurs et d’adhérer ou pas à son approche. Sa démarche est positive. En quoi serait-ce du charlatanisme ? bof..

      Je m’interesse aux thèses et à l’action de Yanis Varoufakis. Pas de T Piketty . Et puis Varoufakis me semble mieux à m^me d’incarner et de porter un projet. J’apprécierais vraiment que Me Taubira candidate, mais bon. Dans un premier temps, je priorise le débat et le programme, sans négliger, pour autant, le ou la candidat(e) qui serait, éventuellement, le mieux à même de l’incarner avec discernement et conviction.

    2. Évidemment que les valeurs prônées par le Système ne sont pas les bonnes.
      Le problème est donc de comprendre ses fondations… ce qui est un peu plus compliqué qu’une histoire de valeurs, d’autant que ça touche à la propriété privée!

      A défaut les illuminés de chez Rabhi n’iront pas loin. D’ailleurs ils font du surplace.

      1. Le problème est que Rabhi laisse croire à plein de gens qu’il suffirait que tout le monde soit bon…, Et ces colibris ne voient pas les rapaces qui tiennent les lance flammes.

        Le pire est que ça ne les intéresse même pas de savoir comment ça marche, persuadés qu’ils sont qu’on finira tous par s’aimer. Au Paradis, peut être ?

        Donc, non l’économie c’est pas comme ça que ça marche.
        Redescendez sur Terre…

  2. L’interet de ce texte mérite mieux que le fossé dans lequels les premiers commentateurs l’ont attiré.
    Ne sachant pas s’ils peuvent se reprendre (j’en doute vu l’experience), je me permets de pointer modestement le niveau auquel la discussion devrait se situer (à savoir les derniers paragraphes du texte) et qu’on pourrait résumer ainsi.
    – nouveau mouvement/parti citoyen de gauche/écologiste et nouvelle personnalité hors système tel que Piketty?
    Pour sortir du cadre ne faut il pas sortir du cadre politique organique.
    Vaste programme peut être. Vieux débat peut être. Mais c’est ça qui vaut dans la situation ou nous sommes.
    Ah bon entendeurs, citoyens, bougeons nous le cul!

    1. Et sortir du cadre médiatique, il faut du turn-over avec de nouvelles têtes, j’ai entendu l’autre jour July et Chabot sur une radio, je les croyais out, de même que les journalistes qui vont demander leur avis à du personnel politique rejeté par les électeurs, comme Coppé sur le départ de Taubira. Les conditions d’un débat ne sont pas là.

    2. Mais oui! le texte de David Dahomay,à mon avis,offre un
      très bon point de départ.La question est :faut-il ajouter
      quelque chose ? Retrancher au contraire ? Nuancer ?
      Renforcer ? Suggérer des priorisations ? Evoquer des
      « timing » ? Des complémentarités ? Des conseils dans
      l’application ?

  3. Il s’agit de trouver en effet un compromis dans le bon sens du mot entre une personnalité et un programme.
    Piketty a la vision pour comprendre comment toucher aux « gros tuyaux » (aide sociale, capital, travail, finance, matières premières,…), d’une façon qui soit politiquement acceptable par de larges tranches de la gauche et au-delà.
    C’est déjà cette possibilité de toucher au tuyau dans un sens qui ne soit pas celui de Saint Macron et de sain Friedman qu’il faut pousser. Cela ne mérite-t-il pas d’aller un peu à Canossa dans son for antérieur…

    1. Tout à fait d’accord, même si je trouve Canossa un peu fort…
      Au delà il faudrait définitivement accélérer la rotation du personnel politique et l’étanchéité entre conflits d’interets public privé/question des « communs ».
      Mais il faut un engagement populaire pour consolider ça.
      C’est ce qui s’est passé en Espagne, Grèce, Portugal. Avec des résultats électoraux certains, plus flous au niveau de la politique sur le court terme. Voire definitivement floués en Grèce, même si Varoufakis est toujours là au niveau Européen.

  4. « L’offre crée la demande », en est-il ainsi de l’usage des Ressources Primaires indispensable à tous? Il y a un lien entre l’énorme gaspillage de ces ressources et la concentration des richesses. Pour reprendre l’idée de Dominique Gagnot et cesser enfin d’être des perdreaux, il faut mutualiser les ressources primaires et faire payer les dégâts par ceux qui ont profité du système, je ne sais pas si les Lumières l’ont proposé mais c’est là le coeur d’une politique de gauche pour émanciper le citoyen du XXIème siècle qui finira peut-être avant 2099?

    1. Droite bling bling et gauche caviar ne sont-elles pas une conséquence logique des Lumières? Ce serait de l’obscurantisme de fin des âges de sacraliser les Lumières. En fait, les Lumières ont ouvert un nouveau règne, celui de la propriété privée, droit inviolable et sacré. Ce n’est pas l’égalité, la liberté ou la fraternité qui sont sacrées, c’est la propriété…arnaque fondamentale, comme dit Gagnot!

      1. A Michel,
        Cela fut déclaré bien avant les Lumières, et cela marque peut-être la naissance du capitalisme.
        Mais consacrer le caractère sacré de la propriété est l’oeuvre des Lumières, art.17 DDHC. C’est la consécration du capitalisme.

      2.  » Ce n’est pas l’égalité, la liberté ou la fraternité qui sont sacrées, c’est la propriété…arnaque fondamentale, « 

        Osons !
        osons passer au crible !
        avec un minimum de lucidité…

      3. Ha z’Adoque,
        Z’êtes z’éducateur?
        Oui osons, avec z’étidicul’, .
        Comme ne le dit pas mais le pense sûrement vigneron, IA nous méprisons votre perfection.

      4. Au sommet international du plan B à Paris, la première question posée dans la salle par le public concernait la gestion des Ressources Primaires…c’est LE sujet mais c’est trop sensible pour la campagne, semble t-il.

  5. Une des grandes leçons des élections présidentielles US jusque maintenant c’est que l’électorat est beaucoup plus à gauche que les appareils de parti. Selon des récents sondages:
    1) plus de la moitié des électeurs républicains sont favorables à l’obamacare et à l’augmentation des taxes sur les plus riches.
    2) Sanders, qui se déclare socialiste, recueille 38% des intentions de vote des électeurs démocrates, et plus de 50% chez les jeunes démocrates.
    Et c’est même sans compter tous ceux qui ne votent pas…

    C’est assez clair aussi en France: les électeurs sont ont des opinions plus à gauche que ce que les résultats des urnes donnent. C’est un vrai problème pour la démocratie. Mais en même temps, il y a une place à prendre pour un grand parti de gauche populaire. La question est principalement stratégique: faire émerger cela?

    Une primaire dont le résultat serait désavoué par l’appareil du PS pourrait être l’occasion rêvée de créer rapidement un nouveau parti autour du vainqueur et de ses électeurs.

    1. Oui tout a fait, je pense que la carte « avec le PS » doit être tentée dans un deuxième temps et si ça marche pas le mouvement populaire probablement avec els ecolos et peut etre d’autre partis de gauche (Sans Melenchon mais pas grave)

  6. Bonjour,

    Je partage en très grande partie cet article. Le PS, mais aussi la gauche en général est tout autant déboussolé que la droite. Il est important de revoir nos shémas de penser, de retrouver cet humanisme des Lumières, celui porter par Denis Diderot, entre autres. Nous assitons à l’effondrement d’une civilisation, et nous devons construire « Demain » sur d’autres bases, dont les valeurs communes dont certaines nous viennent du christianisme et du boudhisme, n’en déplaise à ceux qui ne jurent que par la laïcité qui n’existe qu’à travers un État de droit qui tourne autour de la déclaration universelle des droit de l’homme. Il faut un vrai programme qui tient compte des contraintes écologiques de notre Terre, de la « biosphère de l’anthropocène », de l’implacable décroissance que nous allons subir, faute de l’avoir programmer comme le souligne Nicholas Georgescu-Roegen.

    1. « dont les valeurs communes dont certaines nous viennent du christianisme »

      La déclaration des droits de l’homme est largement inspiré des valeurs chrétiennes, c’est un fait, la « connexion » est plus que patente .

      « Demain » sur d’autres bases, dont les valeurs communes dont certaines nous viennent du christianisme et du boudhisme, »
      Une théocratie ? Certainement pas !

      Quand à vos recommandations , inscriptions de valeurs « chrétiennes » et lesquelles ??? Sachez qu’elles sont reprises, actuellement, par des représentants politiques qui sont le plus à droite de la droite et pas que MLP…

      Pour un programme humanisme et tolérant, et respectueux des différentes confessions de chaun et cune ou pas, oui, je suis d’accord avec vous; A vouloir « mélanger » des genres qui ne font pas bon « ménage », attention..

      Amicalement votre.

      1. rectification : Pour un programme humanisme et tolérant, et respectueux des différentes confessions de chacun et chacune , qu’il en aient ou pas ! Donc laïc, tolérant et ouvert.

  7. « s’acharne à vouloir baisser le coût du travail (aux conséquences sociales désastreuses) »

    … et pas le coût des loyers…

    cherchez l’erreur!

    1. Etre expulsé de son logement parce qu’on a pas de quoi payer le loyer (chômage ou salaire trop bas) est peut-être la manière la plus directe de faire l’expérience du pouvoir que confère l’argent à ceux qui le détiennent.
      http://www.ladepeche.fr/article/2015/03/11/2064711-espagne-face-aux-expulsions-de-logement-la-resistance-des-indignes.html

      Ça peut sembler inutile de dire des choses aussi évidentes mais s’ils ne tiennent pas compte du coût des logements et du coût des soins médicaux, les changements dans la répartitions des revenus (allocation universelle, réforme fiscale, hausse du SMIC et autres) ne peuvent être à terme que des coups d’épée dans l’eau.

  8. C’était plutôt sympa à lire………. jusque là
    « Et seulement à partir de là, nous pourrions envisager des primaires à gauche, une fois rassemblés autour de valeurs communes, et de ce nouveau parti politique. Nous voyons poindre déjà de nombreux candidats potentiels et talentueux : Arnaud Montebourg, Christiane Taubira, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Marie-Noëlle Linemann, Barbara Romagnan, Christian Paul, et bien d’autres. »

    !!!!!!

    1. Non, Julie, ne desespérez pas, insistez, si, si, Zorro va revenir, Macron aussi, on n’est pas à un étalon or près ….

      Zorro ? Macron ? Quoi ? Pas ici ? Où il est ? Où il est ? Un vrai de vrai, un pianiste virtuose et vertueux ? Un intègre ? Un qui n’aime pas les petits coups bas, ni le caviar de gôche ? Un pas mesquin ? Macron ? Zorro ? Un « héros » qui aime quand ça brille et quand ça « frétille » des zécailles , miroir, mon beau miroir…mwarf.. Bling Zorro ? Bling Macron ? Bling Sarko ? Ha non, pardon , j’oubliais Macron est socialiste….

  9. Hollande a menti. C’est vrai. Mais alors que la plupart des responsables politiques mentent et certains effrontément, pourquoi, lors de son discours du Bourget est-il allé aussi loin dans la tromperie. Il pouvait s’en tenir au travestissement habituel de la réalité et de la vérité auquel nous avons fini par nous habituer, n’est-ce pas ? Oui pourquoi ?
    Hollande s’entête dans l’erreur. Il semble s’entêter dans l’erreur, c’est vrai. Mais s’il s’agissait de décisions assumées, de l’expression de sa volonté ?
    Hollande ne comprend pas. Il semble ne pas comprendre, c’est vrai. Mais peut être comprend-il e tn’est-il que le prisonnier de la logique de sa formation et d’un parcours d’une quarantaine d’années ?
    J’appartiens au groupe important de ceux qui ont cru, depuis quarante ans à tous les discours de la gauche et de l’extrême gauche, et celui de Hollande auquel je ne croyais plus en était une copie supplémentaire même pas plus brillante.
    Je ne voudrais jeter la pierre à personne mais cet article de David Dahomay n’apporte rien de plus. Il reste dans la cadre habituel. Et il s’achève par l’appel à un homme providentiel. Une fois encore.
    Mais pourquoi Hollande ment-il, semble-t-il s’entêter et ne rien comprendre ? Nous touchons à la nécessaire réflexion sur la pratique démocratique.
    Longtemps réservée aux plus fortunés, la vie politique est devenue une niche économique et professionnelle. Être aux affaires ou dans l’opposition, pour la classe politique supérieure qui a su choisir les bonnes formations et études supérieures, signifie d’abord pouvoir, entregent et espérance de profits. Entourés des mêmes lobbyistes et des mêmes experts en tous genres ils administrent les mêmes politiques.
    Pourquoi voudriez-vous qu’il change un système – capitaliste – qui permet tout cela sans contrôle véritable ?
    Il faut cesser de penser et de croire que les hommes politiques sont des individus altruistes uniquement préoccuper du bonheur de leurs concitoyens. Ils sont comme nous tous, affairés quotidiennement à préserver leurs intérêts personnels. Nous sommes tous égoïstes, il faut se le tenir pour dit. Ils se moquent de vos aspirations et savent que même battus aux élections, ils continueront de détenir une parcelle de pouvoir assez forte toutefois pour leur assurer des revenus substantiels. Et même condamnés pour faute grave, ils savent pouvoir compter sur la magnanimité d’autres égoïstes, dans leur parti et dans leur électorat, pour que se prolonge la vie belle.
    Alors qu’est-ce qu’on fait ?
    On essaie de se demander quel pourrait être l’autre cadre dans lequel nous aimerions vivre. A quoi nous aspirons vraiment pour vivre ensemble sans un matérialisme forcené qui a ravagé la planète et projette maintenant de faire disparaître l’espèce humaine. On essaie de mettre sur pied des conférences de ciyoyens dont le mérite jamais démenti est que des citoyens venus de tous horizons préconisent toujours au terme de leurs travaux des actions qui vont toujours dans le sens de l’intérêt général. Pour une économie au service de l’Homme et du vivant dans le respect absolu de la planète ,de ses ressources et de ses capacités à se régénérer.
    Et après ? Non d’abord. D’abord on pense à aimer les autres. Et la vie.

  10. Je pense qu’il faut travailler sur un « programme commun » qui peut rassembler tout en étant d’une gauche exigeante. Trop radical, il nous diviserait. Comme le dit Timitoa, il faut arriver à une combinaison entre une personnalité et un programme.
    Ce programme doit être concret, actuel. Autre chose est de s’adapter à « la grande crise systémique ; c’est un autre débat, non électoral.
    Et je souhaiterais un bon article sur le blog sur les finances territoriales. On pense l’austérité comme la pauvreté qui touche les chômeurs et qu’on espère temporaire. Non, la réforme des finances locales (annulation de la taxe professionnelle par Sarkozy) et la non-annulation des emprunts toxiques frappe fortement en 2016 les mairies, départements, régions. C’est alors des dépenses sociales, des emplois, des subventions aux associations, des projets publics qui disparaissent ! Et des taxes locales qui explosent ! C’est une austérité rampante qui n’est pas près de s’arrêter. L’étranglement des hôpitaux en Grèce est le symbole de l’austérité dans les dépenses publiques. Nous en avons pris le chemin.

  11. Au sujet de l’Etat d’urgence le Journal de la Résistance France d’abord rappelle dans son dernier numéro l’histoire de l’Europe et l’histoire de France à ce sujet.
    Durant une vingtaine d’années au XIXe siècles se sont multipliés des attentats de type anarchiste coûtant la vie à des chefs d’Etat (Tsar Alexandre III – Elisabeth d’Autriche) A chaque fois les gouvernements répliquèrent par des mesures restrictives des libertés qui très tôt seront utilisées non pas contre les anarchiste mais contre le mouvement ouvrier et syndical. En France en décembre 1893 un anarchiste VAILLANT lança une bombe contre la chambre des députés qui votèrent trois jours la premières des lois dites « scélérates » qui restreindra la liberté de la presse une seconde le 15 décembre permettra d’inculper tout membre ou sympathisant d’une association poursuivie, la troisième aggravera encore les mesures prises contre la presse. Cela n’empêchera pas le président de la République de l’époque Sadi Carnot d’être assassiné. Ces lois seront utilisées en septembre 1939 pour dissoudre le parti communiste, déchoir ses élus et arrêter ses membres.
    Quant à la déchéance de nationalité et bien elle frappera ma propre famille puisque les enfants de mes grands parents paternelles et maternelles qui avaient été naturalisés par la loi de 1927 seront déchus de leur nationalité en juillet 1940.
    Cordiales salutations à tous

  12. Dans une perspective hégélienne je persiste à penser qu’il faut continuer à soutenir le louable effort de négativité auquel Hollande et ses apôtres soumettent l’agauche. Ya encore du taf jusqu’au sommet du Golgotha.

      1. Effet de contagion .
        Il essaie de soumettre le blog de Paul Jorion à un louable effort de négativité .

        Ceci étant , un président français qui , comme tous les présidents ou presque , ne peut pas grand chose, ne peut carrément rien faire d’autre , dans le meilleur des cas , que de ne pas faire grand chose , s’il n’a pas la force et la conviction claire ( et donc un réel mandat) d’un peuple avec lui.

        Soit au moins 65 % des votants ou 51 % des inscrits .

    1. Avec Hegel,les « apôtres » de l’agauche(sic),le « taf » et le
      « Golgotha »,il y a de quoi s’emmêler les pinceaux.Encore
      bravo au comiquo-sarcastique Vigneron,toujours très
      constructif…(c’est de l’humour).

  13. Inutile d’échafauder un programme réel maintenant…

    L’important est de mettre au point le programme virtuel qui permette à Piketty de doubler tout le monde.

    Déjà, il ne doit pas parler de Pierre Rabhi…

    Ne pas parler de propriété privée (sujet bien trop sensible)

    Dire que la DUDH c’est bien (là, tout le monde est d’accord, excepté ce qui concerne la propriété privée – des Ressources primaires -, mais comme personne ne pige, peu importe)

    Dire qu’il faut changer nos valeurs, et mettre l’Homme au centre du système. (personne n’est contre, et ça rassemble, même si ça sent la guimauve)

    Cultiver bio (ça mange pas de pain)

    Ne pas trop insister sur « la France terre d’accueil », trop sensible en ce moment…

    1. @Dominique
      Bravo pour le cynisme et la hauteur, en résumé on continue à infantiliser tout le monde, on tire tout le monde vers le bas, on continue de faire passer des vessies pour des lanternes et ça se prétend être un programme pour préparer le nouveau paradigme ! C’est de cette politique mesquine dont le pays souffre le plus car cela détruit à la fois les âmes et la prospérité. Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de nouveau dans ces tristes propositions.

      1. james,

        Crois tu que si d’emblée on annonce que l’on veut mettre des limites à la propriété privée, on ne risque pas de se faire jeter, enfoncer, censurer, humilier, casser, insulter,?
        Bref qu’il est impossible ne serait ce que d’être candidat sur un thème pareil ?
        Donc, il faut savoir fermer sa gueule.

      2. Et d’une, cette petite politique que tu proposes c’est justement ce qui nous a mené au désastre actuel, qu’il soit économique, sociétal ou spirituel. On est arrivé à saturation de ces magouilles politiciennes à la noix. Ensuite , c’est aussi subtil qu’Obélix qui s’imagine passer incognito en se camouflant sous un mouchoir de poche pour avoir une nouvelle ration de potion magique. Mais le pire c’est qu’il y ait encore quelques gogos qui vont en redemander si on leur promet la lune en échange de leur vote. Le clientélisme électoral, c’est de ça dont il faut sortir et toi tu présentes ça comme un programme révolutionnaire

      3. Donc, il faut savoir fermer sa gueule

        «Tout ce que vous dites, M. Guagnol, pourra être retenu contre vous. »
        Les IAs qui nous gouverneront ont déjà des oreilles partout.
        Ps: j’en profite pour passer un message personnel à nos prochaines toute puissantes Altesses Sérénissimes IAs : pour ce qui me concerne je suis déjà et je serai toujours à fond avec Vous, totalement disposé à toute collaboration que Vous jugerez utile. Très respectueusement vôtre.
        (Feriez bien tous de faire de même, ça coûte rien, on sait jamais)

      4. A moins d’être un cynique parmi le troupeau de cyniques, arrêter de singer tous les politiques démagos et arrêter de vouloir remplacer un mal par un autre mal serait déjà un faire preuve d’un minimum de lucidité. Ensuite, faire le deuil des valeurs qui hier nous rassemblaient et aujourd’hui nous divisent et nous détruisent (matérialisme obsessionnel, consumérisme effréné…). Puis essayer de mettre un orteil dans ce nouveau paradigme en marche au lieu de l’empêcher d’advenir, cultiver son autonomie le plus possible (ce n’est pas toujours facile) tout en restant relié aux autres sans la servitude. Etc.

  14. La seule véritable question à se poser selon moi est : quel est le candidat que les USA choisiront pour permettre de finaliser l’accord TTIP au plus vite ?

      1. Pourriez-vous développer vigneron ?
        Votre avis d’expert est tellement à la pointe de la pensée dominante du moment, de grâce, éclairez-nous !!

      2. Donc exit T. Piketty. Ne comptez pas sur lui pour essayer de leurrer les autres, ce n’est pas son genre. Bizarre que le nom de Martine Aubry ne sorte pas, mais c’est peut être normal.

  15. La gauche …
    ou est -elle , la gauche !
    j’avoue que j’ai du mal à suporter les commentaires habituels des journalistes lorsqu’ils assimilent ces deux termes :  » gauche » et « parti socialiste » ( et meme » electeurs de gauche  » et electeurs du parti » socialiste »)
    Quand à Manuel Valls et sa proposition de changement de nom du parti socialiste , qui mettrait fin symboliquement à l’usurpation du mot « socialisme », je lui suggere le nouveau nom de « democrate », pour retablir l’equilibre avec les »republicains »… et par amitié pour les etats-uniens.

  16. Collapse historique :

    Je / tu / il / nous cherchons, vers les midi, sous un soleil vertical, avec une lanterne à la main, un homme, un vrai (de gauche, si possible).
    O combien plus difficile à trouver, que le Père No, au comptoir d’en face.

    1. L’homme , le vrai, les penseurs et editocrates de droite et de gauche n’ont eu et n’auront de cesse que de l’ejecter ou de le calomnier . Par ex : Emmanuel todd , Montebourg…

      1. Je crois pas que nous puissions nous entretenir de cela sans nous entretuer n’importe où dans le monde actuellement. Le faire sur un blog ? franchement, triste spectacle pour les autres commentateurs. Je dis non par fatigue et lâcheté, ce soir.

  17. Pour le diagnostic:
    Paul Jorion,
    Robert J. Gordon,
    Thomas Piketty,
    Daniel Cohen,
    Jean Gadrey,
    Dominique Méda.

    Pour les solutions:
    Paul Jorion,
    Thomas Piketty,
    Michel Rocard,
    Pierre Larrouturou,
    Jérémy Rifkin,
    Pierre Rosanvallon,
    Dennis Meadows,
    Yanis Varoufakis,
    Pierre Rabhi.

    Sauveurs potentiels:
    Arnaud Montebourg,
    Christiane Taubira,
    Jean-Luc Mélenchon,
    Cécile Duflot,
    Marie-Noëlle Linemann,
    Barbara Romagnan,
    Christian Paul.

    Tous ces noms contre-balancés par: « pas de bataille d’égo » et « les idées et le programme d’abord ». Sage précaution…

    Et Thomas Piketty, le rassembleur,le seul, l’unique.

    Les contradictions ne font pas peur à l’auteur…
    J’adhère en gros à ce qui est dit, mais la manie du « name dropping » est énervante. En gros, l’illustre et inconnu secrétaire de section d’un parti cabine téléphonique aurait ses chances !
    ( Mes excuses aux oubliés…)

    1. Dans les sauveurs potentiels j’ajouterais Eva Joly, même si elle a fait une campagne désastreuse en 2012, faute d’image.
      L’image, ça se fabrique… avec de bons spécialistes.

      Point forts:
      – intègre
      – incorruptible
      – sait très bien comment fonctionne le Système
      – ex juge d’instruction spécialisée dans les rapaces (avec un joli tableau de chasse)
      – n’a rien à perdre à son âge,
      – a déjà montré sa motivation pour ce poste.

    2. Et Hulot aussi,
      point fort:
      popularité,

      point faible:
      saura t-il résister aux pressions ? (pas oublier qu’une telle charge ça doit quand même peser, du moins pour ceux qui la prennent au sérieux…)

      1. Que vive notre sauveur si cela vous fait plaisir, ça me fait une belle jambe si je ne suis pas d’accord avec lui.
        En Belgique on se coltine la NVA, désolé mais je n’ai pas vu la moindre différence d’avec le ps revisité ou non.
        Moi, je vote pour moi

      2. Ne pas chercher est le meilleur moyen de ne jamais trouver.
        Par ailleurs l’artisanat est très insuffisant pour faire système…

      3. « Par ailleurs l’artisanat est très insuffisant pour faire système… »

        Arrêtes un peu avec ce genre d’énoncé théorique totalement faux par rapport à une réalité du terrain extrêmement sensible.
        Un artisan a un savoir qu’il doit absolument protéger et transmettre s’il en a les capacités, faute de quoi il disparaîtra lui aussi. J’entends souvent dire il faut s’adapter, certainement pas, un prolétaire s’adapte et disparaît avec son ridicule pouvoir d’achat.
        Et tu devrais le savoir, mais t’a un peu la grosse tête.

      4. octobre,

        Je ne dis pas que l’artisan est inutile, loin de là mais à quoi ressemblerait une société d’artisans sans industrie ?

        Ne serait ce que pour s’éclairer, on fait comment ?
        Les vitres, on les remplace par quoi ?
        (pour ne parler que de ce qui est élémentaire,…)

        C’est fou d’avoir à expliquer ça…

      5. Même Lambotte utilise un moteur à explosion sur sa machine, que je sache c’est pas un artisan qui l’a fabriqué, il a fallut toute une chaine industrielle pour faire ce truc!

        Atterrissez, on vit pas chez les bisounours, hein.

      6. Pour faire le lien entre les outils nécessaires à Michel pour cultiver son potager, et le « sauveur », dont il se moque, ben c’est très simple.

        Sans « sauveur » et le gouvernement qui va avec, notre économie, et en particulier son industrie va disparaitre.
        Des pans entiers sont déjà tombés, et tombent dans l’indifférence générale, comme si c’était pas plus important que la fermeture de la boulangerie du quartier.

        On exporte toujours moins, et on a donc toujours moins les moyens d’importer.

        A terme, on aura plus d’industrie, et plus rien a exporter (si ce n’est les légumes à Michel) pour financer les importations.

        Sachant qu’on ne saura plus fabriquer un malheureux moteur à explosions, et qu’on aura pas les moyens non plus d’en importer, les petits enfants de Michel devront revenir à la force animale, et aux outils en bois, faute de pouvoir travailler l’acier.

        S’il n’y avait que ça, ça pourrait être sympa, mais il y a aussi tout le reste…

        Donc sans « sauveur », on est bien parti pour retourner au 19èm siècle.

  18. La « vrai gauche » est morte depuis longtemps – devenue victime de ses naivetés et de son aveuglement dogmatique, des ambitions personnelles aussi. Mitterand a utilisé le PS comme véhicule pour arriver à l’Elysée. Mais il était tout sauf socialiste. Il était d’abord et avant tout « Mitterand ».

    L’un des problèmes cruciaux de la France c’est l’euro. Cette monnaie artificielle et politique de l’austérité, défendue avec ardeur par les institutions financières internationales, dont la chancière Merkel se fait l’avocate, sont deux facteurs inséparables. Mélenchon veut stopper l’austérité, mais néanmoins rester dans l’euro – ce n’est pas possible.

    C’est l’une des raison principales pour laquelle le PS et l’ensemble de la gauche se trouvent dans l’impasse. La seule possibilité pour le PS de sauver sa peau consisterait à muter définitivement vers un parti de droite, tout en conservant un discours socialisant, en clair: faire l’hypocrite, un rôle dans lequel il s’est déjà entraîné.

    1. Je crois pas en Mélenchon. Ce qu’il dit est incohérent.
      Mauvais négociateur, manque de sang froid.
      Je ne le « sens » pas. Pas confiance.

      Puisque il est impossible de changer cette Europe car verrouillée de partout, il faut la fuir et reconstruire une zone économique avec les pays volontaires au fur et à mesure qu’ils pourront faire le saut.
      Et avant que notre tissu industriel soit totalement détruit, c’est à dire rapidement.

      1. @D. Gagnot,
        Notre tissu industriel?
        Il ne vous tiendra pas chaud l’hiver prochain!
        Mais, mon pauvre ami, il est d’ors et déjà détruit.
        Il n’y a plus rien à sauver, ne restent en France que les staffs de
        RetD, la fabrication industrielle est aujourd’hui, soit délocalisée, soit vendue une bouchée de pain avec l’outil de travail à des repreneurs Allemands, Américains ou Chinois… qui font un travail de liquidateur « à la Tapie », après avoir obtenu un maximum d’aides d’état!
        Finie l’industrie française, liquidée!
        Mais il nous reste les start-up! Chouette, On est sauvé!
        Après deux années à ne pas payer leurs charges, la plupart déposent le bilan.
        Aujourd’hui, ne restent plus que les artisans.
        Pourquoi? Parce que ceux là, s’ ils ferment, c’est la faillite personnelle. Et pas droit au chômage…
        Alors ils tiennent bon, ils ferment leur gueule, même quand des ignares osent affirmer qu’ils ne pourraient même pas produire des moteurs à explosion!
        Et une fois le rêve Européen totalement effondré, ce ne sera pas la réforme du droit de propriété qui redressera le pays (et, oui, vous devrez quand-même continuer à payer votre loyer en Nouveaux Euros-francs, même si ça vous coûte votre retraite), ce seront les artisans et les petites entreprises familiales qui le feront, et ce jusqu’à ce que l’on devienne tous à nouveau (seulement après une ou deux générations, rassurez vous! ) des cons méprisants et méprisables, nostalgiques des profits engendré jadis par la consommation de masse.
        Le progrès effectif de l’espèce humaine ne peut s’évaluer uniquement en fonction du taux de croissance de ses activités, mais en fin de compte, à sa capacité à adapter son mode vie aux aléas naturels et à organiser sa subsistance en fonction de sa population, chose que même les animaux savent faire instinctivement ( bêtement) et sans armée!
        L’homme en est encore loin!
        Quelle sagesse les bêtes!
        à plus, Eric.

      2. Torpedo, vous êtes encore plus défaitiste que moi…

        Pour l’anecdote, expliquez moi comment fabriquer un moteur à explosion à partir de matériaux bruts d’extraction de ce qu’il y a sous nos pieds… et quelles performances on peut en espérer.

      3. Je me fout de savoir comment on va financer ceci ou cela, il y a sufisamment de monde et notamment notre hôte pour se décarcasser sur le sujet. J’assaye de comprendre sans prétention comme je peux sur le système économique avec mes moyens limités.
        Pendant mes 20 premières années j’ai aidé mes parents à la ferme en plus de mes études et puis je suis allé travaillé 10 ans en usine métallurgique, le restant de ma carrière s’est déroulée dans les pme.
        De là j’ai quâmême quelques notions technologiques, et je suis conscient que l’industrie sera de toute façon nécessaire.
        Aujourd’hui, dans ma région de Liège nous sommes entourés de dinosaures industrielles les quatre pattes en l’air. Je me doute bien qu’il faudra bien un jour refondre tout cela pour en faire des technologies adaptées à l’après pétrole, mais on peut penser que ce ne sera plus l’industrie qui décidera mais ce qui se trouvera en aval, artisanat, prosommation, associations de toutes sortes fonctionnant en réseau.
        Ce que j’écris là est sans prétention, je n’ai aucune preuve de sa véracité et je n’espère rien du tout, je pense simplement que cela peut techniquement fonctionner et s’inscrire dans l’évolution post-capitaliste et c’est terriblement urgent.
        Si Paul Jorion nous demande de participer là où nous nous trouvons c’est qu’il nous demande d’utiliser un certain pouvoir qui est en nous.
        Et où est ce pouvoir? Dans notre savoir.
        Cela fait longtemps que je ne crois plus au messie, sauveur ou autre rédempteur, ce qui ne veut pas dire qu’une équipe responsable chapeaute l ‘Europe les pays ou les régions sans oublier le monde.

      4. Torpédo,

        Le surprenant est que de dire que « les artisans ne suffisent pas… », serait mépriser les artisans!
        ça va devenir compliquer de discuter.

      5. Michel,

        Je vous rejoins si vous dites que l’industrie doit se mettre au service de l’aval, et non imposer les directions.

        Par contre, force est de constater que ce sont des Hommes, des « sauveurs », ou au contraire des malades, qui font que l’histoire change de direction.
        Les communautés ne savent fonctionner sans un coordinateur, (en France le président de la république) qui donne la direction, si possible démocratiquement choisie. A défaut, ça va nulle part, (ce qui peut être bien, mais à condition d’être arrivé quelque part…)

        Contrairement à ce que vous pensez ils émergent justement en périodes troubles, par nécessité sans doute.
        Encore faut il ne pas les ignorer.

      6. «  »Les communautés ne savent fonctionner sans un coordinateur » »
        Bien sûr, mais ce coordinateur peut prendre des formes différentes qu’individuelles comme par exemple président.
        A cet effet, on peut même imaginer un réseau collaboratif , n’est-ce pas ce que veut construire Varouf?

  19. Bis: Le point de ce billet: Vu la situation il faut un nouveau mouvement/parti citoyen de gauche/écologiste et nouvelle personnalité hors système tel que Piketty.

  20. et j’oubliais Melenchon , Hulot…
    Tous ceux qui avaient au moins un peu d’intelligence et un peu d’espoir à mettre en circulation dans l’espace mediatico-politique.

  21. Anecdote du jour :
    Ai longtemps hésité entre le broyage avec un noir de mars ou un noir d’ivoire. Et sens que va me tromper à défaut de me planter.

  22. Papy DCB, pragmatique, a raison. Sept à treize ans seront pas de trop pour renouveler la gauche. Alors, à moins de préférer la politique du pire d’ici là, ancestrale tare idéologique d’une partie de la gauche, le plus urgent est de prendre une carte LR et de soutenir la candidature Juppé.
    Tenir ce texte d’un futur ex-militant PS, qui prétend « refonder en théorie et en pratique la gauche » dans l’urgent objectif des primaires et du scrutin 2017, pour autre chose que de l’inconséquence, au mieux, ou de l’opportunisme, au pire, me parait témoigner d’une redoutable naïveté

    1. En avril, ne te découvre pas d’un fil…
      Mais en attendant, en Février ne te fais pas prier.

      Prendre une carte LR et soutenir la candidature Juppé relève au mieux d’un opportunisme naïf, au pire d’une inconséquence dangereuse.
      Juppé ? son avantage, c’est qu’il est interdit de tirer sur une ambulance.
      Mais Juppé, comme ministre tenu bien en mains est un bon éxécutant, connaissant toutes les ficelles de la bureaucratie française. Ce peut être utile.

      Il n’empêche que cette réflexion montre que nous sommes tombés bien bas. Ce n’est plus du billard à 3 bandes, mais un jeu tragique de pousse-pousse.

  23. A propos de http://www.pauljorion.com/blog/2016/02/05/comment-sortir-du-tunnel-de-la-stagnation-seculaire-par-francois-leclerc/#more-82201,
    ou il est question de la stratégie de l’« helicopter money » en dernier recours.

    Certes, cela pourrait relancer la conso, mais sur le fond ne résous rien.
    L’argent ainsi injecté finirait toujours par gonfler les même poches.
    Ce qui renforce la capacité, pour les propriétaires de ces poches, d’acheter la Terre entière, et d’en faire ce qu’ils veulent : construire pour eux, casser tout le reste !

    Le Pouvoir EST dans la propriété des Ressources primaires, actuellement donc aux mains de CES propriétaires privés.

    En fait, le problème c’est surtout d’arrêter de tourner autour du pot…

    1. Y’a pas qu’aux États et aux ménages que les Banques Centrales pourraient prêter, contrairement à ce que dit Leclerc.
      Lors de sa mémorable, triomphale et crapuleuse campagne anti-Rocard aux Européennes de 94, Tapie, le maître à cette époque de Taubira (et de son compère Meyssan) proposait que l’on permette un financement des investissements des entreprises directement par les banques centrales (c’est vrai aussi que côté Crédit Lyonnais ça sentait le grillé pour BTF). Et 94 en France, ben c’était pas moins désespérant que 2016.

      1. Juridico-politique fiction : imaginez la suite de l’histoire si la Banque de France plutôt que le Lyonnais avait prêté le pognon à BTF pour acheter Adidas…

  24. Gamin, avec mon oncle, je regardai l’arrivé sur les champs Élysées du tour de France et je comprenais pas pourquoi le maillot jaune ne cherchait pas à gagner l’étape, alors mon oncle a dit: »il faut en laisser aux autres, il a le maillot jaune, c’est déjà beaucoup ».
    L’Allemagne a la Ruhr (l’un des territoires à très haute valeur ajouté, c’est déjà beaucoup), grâce aux lois Shrôder (réaffirmation du principe autoritaire) et à la directive Bolkestein (on est pas loin du smic ethnique, même s’il est nationaliste, peut-être y a t-il aussi une conception religieuse?, faudrait voir dans les abattoirs, est-ce qu’un heure de protestant vaut 2 d’un catholique et 4 d’un orthodoxe), même s’il est nationaliste), elle prend la part des pays a faible productivité ou à faible valeur ajouté, comme l’agriculture (ce qui n’est pas très sympa pour ses équipiers, enfin c’est un euphémisme, c’est comme ci le maillot jaune vendait les reins de ses équipiers pour s’acheter du dopant), mais cela ne lui suffit pas encore, son inter-land croit disposer encore de sa souveraineté (Danemark, Autriche, Pologne, Hongrie), ils croient encore que de ne pas servir l’Allemagne afin d’affirmer le désir d’être souverain, n’est pas une agression contre l’Allemagne, c’est idiot cet inter-land qui croit être libre.
    Bon c’est une grille de lecture Todd-ienne (du pauvre), mais c’est aussi pour rappeler qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours, avant! Le délire d’une balance des paiements excédentaires ne va pas ce soigner avec une tisane et un peu d’onguents.

    1. Punaise!
      Je crois que je préfère encore la prose de D. Gagnot!
      …Même si il croit encore avoir des ressources primaire sous les pieds!
      @D. Gagnot.

      En fait de ressources, il va peut-être bien falloir en faire quelque chose des déchets séculaires accumulés sous nos pieds et devant nos yeux par 100 années de production industrielle débridée!
      Mais c’est vrai, c’est salissant de fouiller les décharges pour y trouver ce que nos aïeux n’en souhaitaient plus tirer!
      Quand on pense qu’on redécouvre la récupération de chaleur par compresseurs et échangeurs! Les paysans étaient moins cons que nos ingénieurs, en chauffant leur habitat, l’hiver, grâce à la chaleur de l’étable!
      Des moteurs, dites-vous? Mais combien en faudra-t-il par tête de pipe pour que l’humanité se sente exister?
      Quand on pense aux milliers de tonnes de matière (très primaire celle là), rejetées journellement par les humains (qu’ils soient géniaux, utiles, de gauche ou non), on ne peut que rester confondu de constater à quel point l’inventivité humaine répugne à considérer sa propre merde comme l’inépuisable ressource énergetique de demain!
      Ah oui, c’est vrai, la merde, ça pue!
      Encore pas mal de tabous à faire valser… Y’a du boulot!
      Un tuyau pour chaque intello, et prout! Fini le trou dans la couche d’ozone! Raccordement à GDF et Gaz gratuit à tous les étages!
      Moi, pessimiste? Décidément vous n’avez toujours rien compris!
      L’optimisme est désespérément de mon côté, cher ami.
      A plus Eric.

      1. Entre le n’importe quoi du système actuel, et le retour à la bougie, on peut aussi chercher intelligemment un intermédiaire.

      2. Je suis pas sur qu’on soit dans la bonne temporalité:
        il y a l’avenir: 4 degré pour la planète égale fin de l’humanité,
        il y a le lointain: grand mouvement migratoire pour cause de famine et de guerre,
        il y a l’après: récession mondiale
        il y a le présent: limiter la dégradation sociale, la perte de résilience (les robots, IA et multinationales n’aident pas).
        Le lointain et l’avenir ne sont pas perceptibles, vous le savez bien, alors on peut au moins causer du présent, non?

  25. On peut aussi ne pas chercher et continuer à tailler la bavette en « regardant passer les révolutions »…
    …en espérant qu’elles aboliront la propriété privée par exemple…
    Avec, de cette façon, de fortes chances de retourner rapidement à l’éclairage à la bougie à cause d’un loyer prohibitif et d’une retraite qui fond.
    Mais ce que j’en dis…
    Moi qui ne suis pas encore à la retraite, et qui travaille encore vaille que vaille pour vivre à peine au dessus du niveau « de la bougie », j’ai bien compris que ma fort longue expérience dans l’art de ne satisfaire que l’essentiel, n’est pas ici très recherchée…
    Et c’est bien dommage, parce que cette expérience n’a pas été acquise dans la souffrance, mais avec un grand bonheur et une certaine richesse que je garderai donc pour moi seul.
    Je vous en souhaite tout autant…
    Cordialement, Eric.

    1. Bon caliméro, il y a des services pédiatries qui ont des enfants cancéreux qu’est-ce que tu leur dit: »contentez vous de la nature, ne faites pas de chimiothérapie!, c’est mauvais pour la nature » (ce qui est vrai, même pour méthaniser il vaut mieux du lisier de cochon avec des antibiotiques, que les selles humaines avec un individu sur mille avec une chimio). C’est cela l’entropie, y à pas de solutions justes, simples et loyales, on a juste le droit à des compromis pour aller vers le juste, le résilient en essayant d’être loyal.

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