Le Parti travailliste, victime collatérale du Brexit

Quelle que soit la réalité ou non d’une spécificité britannique, le Parti travailliste du Royaume-Uni subit en ce moment le sort de l’ensemble des partis dits « socialistes » européens, à savoir que la résurgence dans l’effondrement généralisé du monde occidental d’un authentique choix de société Droite (= repli égocentrique) / Gauche (= générosité), conduit à leur scission, la ligne de partage les traversant en leur beau milieu.

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste depuis septembre de l’année dernière, vient de subir une défaite cinglante, la confiance lui ayant été refusée il y a quelques minutes par 172 votes contre 40. Cette défiance succède à une hémorragie dans les rangs de son cabinet-fantôme au cours des deux derniers jours.

La division Droite / Gauche garde son sens plus que jamais et aucun parti n’est à l’abri de la reconfiguration, la nébuleuse populiste à l’extrême-droite de l’échiquier politique pas plus que quiconque (comme je l’ai souligné à plusieurs reprises récemment), mais ce sont les partis « socialistes », victimes d’une catastrophique dérive néo-libérale au cours des quarante dernières années, qui sont au premier rang des victimes potentielles.

Le Financial Times écrit : « Certains dirigeants du parti [travailliste] ont maintenant le sentiment qu’il vacille au bord du schisme ». Les cartes sont en train d’être rebattues pour les partis « socialistes » européens. Le grand-écart idéologique dans lequel ils se sont complus au cours des quarante dernières années connaît en ce moment-même sa grande résolution.

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