La route qui s’ouvre avec Benoît Hamon est-elle une impasse ? par François Fièvre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

En réponse au billet de Pierre-Yves Dambrine, je m’interroge sur la pertinence ou non de la « voie ouverte » par Benoit Hamon à l’issue de la primaire du PS. Autant on peut être d’accord avec la première partie de son billet, qui décrit par le menu à quel point la désignation de Benoit Hamon comme candidat du PS est une bonne nouvelle, dans la mesure où elle ouvre une brèche dans l’ordo-libéralisme solférinien, notamment avec sa proposition certes imparfaite de revenu universel, autant je me pose la question de la justesse de la réflexion politique qui anime la seconde partie de son billet. Cette réflexion consiste à dire, si j’ai bien compris et si je résume : « On ne peut pas gagner avec Mélenchon, donc la voie ouverte avec Hamon doit être empruntée. »

Le raisonnement s’appuie notamment sur des contre-vérités, ou du moins sur ce que je considère comme des erreurs d’analyse. Notamment ici :

« Dans sa dernière vidéo, Mélenchon en sommant Hamon de rompre les amarres avec ses camarades du PS qui ont voté la loi sur le travail, pratique une politique de la terre brûlée. Ce type de démarche ne mène à rien car ce faisant Mélenchon ramène l’enjeu de l’élection sur le terrain circonscrit d’une logique d’appareil dont il prétendait pourtant nous sortir avec sa Constituante. Un comble. »

D’abord, Mélenchon ne « somme » pas Hamon de faire quoi que ce soit, mais lui demande de choisir son camp s’il veut qu’une collaboration soit possible avec la France insoumise (FI). La nuance est importante, vu qu’on passe entre les deux de l’image de quelqu’un (JLM) qui veut couler avec le navire de la gauche et s’enfoncer électoralement pour rester fidèle à ses principes, à celle de quelqu’un qui ne demande qu’à collaborer, mais qui pose des conditions préalables. Ceci est-il ramenable à une « logique d’appareil » ? Un comble serait de penser ça, justement ! C’est pour sortir de cette logique d’appareil et des petits arrangements entre partis que Mélenchon dit à Hamon qu’il faut choisir son camp au niveau des idées, ce qui suppose concrètement de secouer Solférino et de « dégager », ou du moins de refuser l’investiture aux législatives, à ceux qui sont responsables du désastreux quinquennat Hollande (Valls, Sapin, El Khomri, Cazeneuve, etc.). Il ne s’agit là pas non plus de « demander des têtes », mais simplement d’affirmer un projet de rupture forte avec ce qui s’est depuis des décennies pratiqué au PS. À savoir le jeu des chaises électorales et la tricherie aux élections d’une part, la soumission au « pragmatisme » socio-libéral d’autre part. Ce que Hamon n’a fait qu’en partie lors de son discours d’investiture.

Partant de là, comment Hamon peut-il réussir à « rassembler la gauche » ? Regardons ce dont il dispose :

– il part très tard en campagne par rapport à la plupart des autres candidats ;

– il est jeune et dynamique, ce qui lui donne un capital de sympathie ;

– il n’a a priori pas de casseroles aux fesses, contrairement à Fillon, et peut difficilement être considéré comme un candidat de l’establishment, comme Macron ;

– il a un capital politique assez compliqué, dans la mesure où il a fait partie d’un gouvernement très critiqué… mais aussi du groupe des frondeurs, ce qui n’aide pas à le poser comme un véritable opposant « droit dans ses bottes » comme Mélenchon, mais permet de le poser à l’inverse en « pragmatique » ouvert à la conciliation ;

– son programme existe (contrairement à celui de Macron), mais il est inconsistant par rapport à celui de la FI, ou même celui du candidat EELV Yannick Jadot : une collection de « petits objets » sympathiques mais inoffensifs et sans lien entre eux, comme le désignent Lordon et Mermet ;

– certes les sondages le mettent désormais en tête devant Mélenchon, mais 1/ il faut se méfier des sondages qui ne sont qu’un reflet très déformé de la réalité, et pas la réalité, 2/ les sondages sont valables à un instant t, et peuvent bouger d’ici mars ;

– même si on veut se fier aux sondages, en l’état actuel des choses, Hamon ne peut pas gagner seul, et notamment pas sans un report massif des électeurs soit de Macron, soit de Mélenchon (et comme il s’est clairement tourné vers Mélenchon et Jadot plutôt que vers Macron à la suite de son élection comme lors de son discours d’investiture, mettons plutôt que la dynamique aille vers Mélenchon plutôt que dans l’autre sens) ;

– Hamon dispose de l’appareil du PS pour soutenir sa candidature, ce qui n’est pas rien, mais n’est pas grand chose non plus. Si on compare le nombre d’adhérents PS avec les soutiens à la candidature de JLM, ça fait en gros 45 000 < 230 000, soit pas grand chose. Je compare ici ce qui est comparable, c’est-à-dire une base militante, et pas une base électorale : Hamon a bien sûr rassemblé beaucoup plus de monde sur sa candidature en termes de vote… mais pas tant que ça vu que la participation à la primaire au second tour n’a pas non plus décollé, et qu’il faut aussi penser au fait qu’une bonne partie de sa victoire soit due à la volonté de dégager Valls, et donc qu’une partie des gens qui ont voté pour lui à la primaire ne voteront peut-être pas pour lui à la présidentielle.

 

Une fois posée toute cette série de constats, quelle marge de manœuvre est-elle possible pour une éventuelle alliance entre Hamon et Mélenchon ? Car c’est de ça qu’il s’agit, en tout cas si l’on croit aux sondages au jour d’aujourd’hui : Hamon ne pourrait pas vaincre sans Mélenchon, et Mélenchon ne pourrait pas vaincre sans Hamon. Les deux seraient donc dans une impasse électorale. Mais il y a plus : le programme de Hamon étant peu abouti, celui-ci s’est peu exprimé sur la manière dont il allait pouvoir l’appliquer. Il est notamment resté très évasif sur la manière dont il comptait passer à la VIe République, alors que Mélenchon s’est très clairement exprimé là-dessus. La Constituante n’est certes qu’un moyen et pas une fin, mais à un moment, si l’on veut pouvoir avancer, il ne faut pas poser des objectifs infaisables, et penser aux moyens d’y parvenir. Que dire sinon de la volonté de Benoît Hamon de « changer l’Europe », sinon qu’il ne pense encore une fois qu’à un plan A (la changer) sans plan B (la quitter), ce qui risque fortement, comme pour Tsipras en 2015, d’aboutir à une impasse politique, et donc à un reniement des promesses de campagne ? Comment, surtout, Hamon va-t-il faire pour revenir sur la loi El Khomri si son parti investit Mme El Khomri pour les législatives ? Comment faire pour changer le PS, alors que celui-ci a ses « habitudes de gouvernance » bien chevillées au corps ? L’option risquée d’une candidature hors parti qu’a tentée Mélenchon a au moins le mérite de la clarté, et du dégagement complet de ces obstacles de « politique politicienne », que Hamon a maintenant à affronter s’il veut tenir sa ligne. Ce à quoi d’autres que Mélenchon l’encouragent d’ailleurs à le faire. Tenir sa ligne, ouvrir sa voie, certes… mais si cela doit aboutir à l’impasse politique pour des raisons aussi bien programmatiques que de « logique d’appareil », à quoi servirait une victoire électorale ? Quitte à être impuissant, autant être dans l’opposition, parce qu’être au pouvoir avec les mains liées, rien de plus frustrant, et de plus déshonorant aussi.

Très concrètement, comment, donc, penser une éventuelle alliance entre Hamon et Mélenchon pour sortir de l’impasse électorale, et en réunissant les conditions pour sortir également de l’impasse politique dans laquelle Hamon semble s’acheminer tranquillement ? Mélenchon rejoignant Hamon et s’inféodant au PS, alors qu’il a lutté contre lui toutes ces années, c’est impossible. Qu’est-ce que demande alors Mélenchon pour que « tout soit possible » ? Que le ménage soit fait, c’est-à-dire que Hamon tranche dans le vif pour un programme exigeant, qui fasse fuir les brebis de l’aile droite du PS ailleurs (c’est-à-dire probablement chez Macron). Il ne s’agit pas de mettre des têtes sur des piquets, ni de viser qui que ce soit en particulier, mais de créer les conditions favorables au départ de quelques-uns, et donc d’ancrer clairement son discours à gauche, et de cesser de vouloir faire le grand écart, qui est une démonstration de souplesse gymnastique mais ne permet pas d’avancer loin.

Il me semble, et là c’est moi qui m’avance, qu’une seconde condition pour parvenir à sortir le programme de Hamon de l’impasse politique, serait qu’il cesse de picorer dans le programme de la FI en y ajoutant deux ou trois choses de son cru (le revenu universel, etc.), et qu’il l’embrasse en intégralité. Les deux se ressemblent déjà beaucoup, ça ne devrait pas être très dur d’adapter le reste… Et donc il faudrait que Hamon réussisse à inféoder sa candidature, et donc le PS, à la FI… pour quel résultat ? pour que, je crois qu’il aurait la générosité et l’honnêteté de le faire, Mélenchon retire sa candidature à son profit. Il n’a en tout cas jamais manqué de répéter, y compris à son double discours de Lyon et de Paris du 5 février, que l’important ce n’était aps lui, mais les idées pour lesquelles il combattait. Et quand les gens crient « Mélenchon président », il les reprend, et leur dit que la seule chose à crier, c’est « Résistance ». Se désister en faveur de quelqu’un qui embrasserait son programme et qui serait jugé mieux apte à le porter ne devrait donc pas poser de problème pour Mélenchon, c’est du moins ma thèse. Et dans ce cas d’un ralliement de Hamon non à Mélenchon, mais à la FI (hautement improbable, je le sais, mais on peut rêver… et surtout il n’y a pas d’autre option d’accord possible dans l’état actuel des choses), le reste de la gauche suivrait, notamment EELV ou le PCF, qui ne s’est pour l’instant impliqué que très mollement dans la campagne de JLM.

Serait-ce encore une « carabistouille », un accord d’appareils ? Non, parce que la France insoumise n’est pas un parti, mais un mouvement dont la plupart des adhérents ne sont pas encartés ailleurs, et un mouvement par ailleurs très contraignant : ce n’est pas un cartel de partis comme le Front de gauche à l’intérieur duquel deux partis pouvaient se présenter face à face à des élections législatives ou municipales, mais un mouvement trans-partis largement ouvert à la société civile où les accords électoraux sont interdits, et où la signature d’une charte donne des boutons aux élus habitués à une totale indépendance et aux « petits arrangements » – c’est notamment ce qui a fait tiquer les élus PCF à qui on a demandé en novembre dernier s’ils voulaient soutenir la FI.

Les insoumis verraient-ils d’un bon œil la défection de Mélenchon vis-à-vis de Hamon ? Non, si cela se faisait sans garantie aucune de respect de la parole politique. Oui, si Hamon s’engageait, en signant la charte et en acceptant du coup l’autorité collective de la FI, à appliquer le programme pour lequel il serait élu. Parce que le plus important, ce ne sont pas les personnes, ce sont les idées. Et que de ce point de vue, le programme de la FI est bien plus abouti, cohérent et pragmatique (tout y est chiffré, tous les moyens d’action sont pensés et explicités) que celui de l’actuel candidat PS.

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227 réflexions sur « La route qui s’ouvre avec Benoît Hamon est-elle une impasse ? par François Fièvre »

  1. Pourquoi est-il si peu question des législatives dans cette discussion?

    Sauf peut-être Macron s’il parvenait à se faire soutenir à la fois par un nombre suffisant de députés LR et de députés PS, on va avoir une cohabitation sans queue ni tête. Ça me semble absolument évident pour Le Pen et Mélenchon (qui ne pourraient ni l’un ni l’autre faire appliquer leur programme une fois élu) mais je ne vois pas bien non plus de quelle majorité pourrait disposer Fillon ou Hamon.

    Si en plus le Président élu ne respecte pas la politique inscrite dans les traités européens il risque d’y avoir pas mal de tangage.

    1. Ça existe un exécutif, quel qu’il soit et d’où qu’il soit, qui respecte à la lettre « la politique inscrite dans les traités européens » ? Le jeu de tout exécutif national n’est-il pas justement de ne pas respecter autant que faire se peut les traités européens tout en prétendant s’y astreindre autant que possible ?

      1. J’aurais du être plus clair :
        – comme ses prédécesseurs le prochain Président aura assez de pouvoir pour provoquer pas mal de catastrophes
        – à cause de l’absence probable d’une majorité disposée à le soutenir et de l’appartenance à l’UE et à la zone euro il n’aura pas assez de pouvoir pour éviter celles qui nous menacent.

        Comme beaucoup d’autres ça ne m’empêche pas de passer pas mal de temps à suivre l’actualité de cette présidentielle et comme beaucoup d’autres j’irai probablement voter mais …

        … Interrogé sur le curieux sujet de partiel mardi matin à quoi sert le Président Hollande ? sur Europe 1, le président de la République a répondu avec sérieux qu’il trouvait « que la question n’était pas saugrenue ». Avant de donner son interprétation très personnelle de la question soumise aux étudiants en droit : «Est-ce qu’il est possible encore de changer le destin d’un pays ? [Car] c’est ça la question de celui qui est aux responsabilités. Est-ce que la politique a encore du pouvoir ? Est-ce qu’elle peut-être puissante ?»

      2. @ G L 7 février 2017 à 23 h 26 min
        qui pose la question « Est-ce que la politique a encore du pouvoir ? Est-ce qu’elle peut être puissante ?» »
        Oui à condition de briser les menottes en plastiques qui vous empêche d’embrasser.
        Thèse défendue par Jacques généreux . . .

  2. Coucou la foule !

    Je me pose en fait une question vraiment importante moi :

    OU EST ZEBU ?

    Le commentateur expert en salade PS.

  3. Que de stratèges en chambre ici… Tant de temps occupé à imaginer des scénarios hypothétiques autour de l’élection d’un président. Moi je voterais bien pour Lenormand. C’est le premier qui a chanté « Si j’étais président… » mais sans y croire, lui https://www.youtube.com/watch?v=s565nXsXTrg .
    Vite que se termine ce show médiatique pour que l’on reparle politique. Comme dit dans un lien ci-dessus, parlerons-nous enfin des projets respectifs de nationalistes, des conservateurs, des individalistes et des altermondialistes. Et puis, surtout, réfléchir à comment informer et puis convaincre les millions de citoyens complètement perdus et dégoûtés par cette guerre des chefs.
    Je crains bien que tant que la France n’optera pas pour un système électoral proportionnel, elle ne sortira pas du star system et des stériles débats de personnes. Heureusement, pendant ce temps, quelques militants existentiels commencent à construire les bases de la résilience d’après la cata qui se profile de plus en plus inéluctablement.

  4. On perds notre temps dans ces conjonctures politiques.
    Même si dans le cas de F Fillon, c’est assez distrayant de plonger dans sa vie de parlementaire clientéliste (ça rappelle un peu la plongée dans la vie de DSK…à l’époque de ses « amours » avec Nafissatou Dialo !).
    Il y a une sorte de tendance dans tout ça…Le spectacle distrayant des stars qui tombent, se relèvent, insultent, cassent, se font insulter…cette sorte de galerie des monstres et des egos permanente, cache en fait la diversion politique énorme, de ne pas poser les questions qui fâchent.
    Par exemple celle-ci : la défense de l’environnement, si elle est incontestablement indispensable et urgente, est-elle encore compatible avec la liberté laissée aux individus, d’augmenter leur confort matériel ?
    A côté de cette question, l’existence même de François Fillon et de toute sa famille est peu de chose.

    1. pas seulement,
      il me semble que d’aucuns ici mettent en avant
      contre vents et marée
      le programme des candidats . . .

  5. Les auditeurs belges francophones de France Inter pétitionnaires, ils ont pas les 50 roros pour se payer un poste radio wifi ?
    On devrait continuer à payer 13 millions de diffusion grandes ondes obsolètes pour quelques Belges sans wifi ni satellites – ni redevances ?

  6. Ce que disent la victoire de Hamon à la primaire et les sondages actuels, c’est que, pour la première fois depuis longtemps, l’électorat de la gauche interne et externe au PS, une gauche non sociale-libérale, peut emporter l’élection et accéder au pouvoir (grâce au mode de scrutin et à l’épouvantail FN, il est vrai, mais sans avoir une majorité des voix…).

    Pour ça, il faut que les électorats de gauche interne et externe s’additionnent sans perdre des voix au passage du fait de l’union et d’un effet démobilisateur dû aux rancœurs de gauche (justifiées ou pas). L’union ne peut donc pas se faire par le ralliement d’un candidat au programme de l’autre, ni dans un sens ni dans l’autre. Pour pouvoir conserver l’ensemble des voix, il faut un programme commun sur une base égalitaire avec concessions mutuelles et de très sérieux engagements de fidélité (surtout de la part du PS considéré par une bonne part de la gauche comme des sociaux-traîtres).

    Par ailleurs, pour le second tour, il faut nécessairement que le candidat soit Hamon. Une trop grande part de l’électorat centriste ou modéré renvoie dos à dos ce qu’il considère, à tort ou à raison, comme de l’extrême-gauche avec l’extrême-droite, et considère Mélenchon comme trop radical. Je n’ose imaginer Mélenchon tentant de défendre le chavisme et la ruine du Vénézuéla face aux autres candidats dans un débat télévisé. La réalité et le centre de gravité de l’électorat sont ce qu’ils sont. Mélenchon a déjà été battu par Lepen, c’est malheureusement un fait qu’on ne peut ignorer (même si c’était un premier tour local, certes). Hamon n’est pas ma préférence personnelle, loin de là, mais ce doit être lui.

    Le risque existe d’être trahi par le PS. Alors, il sera toujours temps de le tuer dans cinq ans, s’il vivote encore. En attendant, ça urge, pour négocier un programme commun. Mais si ça se fait, ça peut créer une dynamique. Et ne pas le faire serait une responsabilité historique impardonnable. Ceux qui miseraient sur 2022 seraient non seulement immoraux, mais en plus stupides, parce que chacun voit que l’Histoire s’accélère et que 2022 est de plus en plus loin et imprévisible.

    1. Bonjour
      La réaction énervée de B. Hamon au dernier rapport de la Cour des Comptes dénonçant les astuces comptables et les projections irréalistes des politiques en dit long sur sa manière de concevoir le gouvernement: que les experts comptables de la fonction publique se taisent quand les politiques balancent des chiffres tirés des chapeaux, et montent des usines à gaz dispendieuses et inefficaces dans le seul but de se faire mousser et de conserver leurs postes.
      Entre parenthèses, je n’ai repéré dans aucun des programmes de gauche des mesures destinées à rendre la gestion parlementaire transparente. Même pas celle d’aligner nos textes sur ceux du parlement européen!
      Comme si la bonne vieille école, celle d’Edouard Herriot ( la politique c’est comme l’andouillette: pour que ce soit bon , il faut que ça sente un peu la m…. e mais pas trop!) restait l’horizon indépassable et paradisiaque de tout politique , professionnel de la profession, qui se respecte.
      JL Mélenchon peut toujours appeler B.H à se libérer de ce milieu!
      Cordialement.

      1. @ Steve 8 février 2017 à 18 h 01 min
        qui dit
        « Entre parenthèses, je n’ai repéré dans aucun des programmes de gauche des mesures destinées à rendre la gestion parlementaire transparente. »
        Mais avez vous mesuré les implications de la convocation d’une constituante ?

      2. Tout aussi cordialement, Mélenchon peut toujours appeler les électeurs à le placer deuxième au soir du premier tour !

        On ne passe pas en quelques semaines d’un pays profondément ancré à droite à… un autre pays. A trois mois de l’élection, sauf explosion d’un candidat suite à un scandale (et Fillon n’a pas pour le moment explosé, juste fortement baissé, sans qu’on sache même si ça durera, son électorat étant bien ancré), les sondages des uns et des autres ont peu de chance de fluctuer de plus de 5% (assez, voire très possible) à 10% (pas impossible, mais peu probable). Macron peut baisser en étant forcé de sortir de l’ambiguïté, mais sans doute pas assez pour perdre, et en tout cas pas devant Mélenchon, ni sans doute même devant Hamon.

        Il n’y a qu’une seule voie possible pour éviter l’extrême-droite, la droite dure conservatrice et libérale, ou le blairisme à la Française du responsable de la politique économique des cinq dernières années. C’est l’union du PS d’Hamon avec Mélenchon et EELV. Tout le reste n’est que bavardage. Vous ne voulez pas d’Hamon uni à Mélenchon ? Alors vous voulez Macron ou Fillon. Faut savoir ce qu’on veut.

        Parce que le seul candidat qui aurait raison de faire le pari que le pays peut exploser dans les 5 ans qui viennent de façon à lui donner en 2022 une chance qu’il n’a pas en 2017 – j’espère toujours, sans certitude – c’est Lepen.

      3. @ Marcel

        « Tout aussi cordialement, Mélenchon peut toujours appeler les électeurs à le placer deuxième au soir du premier tour ! »

        A quoi bon aller voter si vous connaissez déjà le résultat ?

      4. Personne ne connaît encore le résultat. À trois mois, et avec ces sondages et ces candidatures, c’est même encore assez ouvert. Mais il y a des résultats fortement probables (Macron, ou Fillon si remontée surprise après tassement de l’affaire) et d’autres fortement improbables (Hamon, sauf grosse surprise dans le mois qui vient, et surtout Mélenchon, derrière tous les autres et sans réserve de voix ailleurs).

        Donc, soit on attend le miracle en se purifiant la conscience politique , soit on suscite l’inattendu en travaillant le réel.

  7. A défaut de « plan B » pour la droite , et pour cette seule raison , FILLON se maintiendra , sera présent au second tour et vaincra sans gloire M.L.P. , devenant président français.
    Si FILLON-président veut appliquer son hard-programme , alors les diverses couches sociales françaises , depuis les fonctionnaires jusqu’à ceux « concernées par les réformes lumpen-prolétariennes » se rappelleront brutalement que « leur » élu fait activement partie de la classe des « dégoutants » et se retrouveront dans la rue.
    Qu’en sortira-t-il de totalement improvisé..??
    Bof! , de toute façon ce sera mieux que les quelques lignes brouillonnes rédigées à la hâte dans un coin discret par quelques caciques paléo-trotskystes et ânonnées par Mélenchon tous les soirs ad nauséam sur les chaînes de France-télévision …
    Je respire mieux . A bas Mélenchon.

    1. and so what ?

      la grande majorité des sondages avaient donné le oui gagnant en France en 2005 et plus prés de nous combien de sondages avaient donné Trump gagnant ?
      Les sondages ne sont au mieux que des instantanés . . .

      1. Oui mais plutôt non. Les sondages étaient très erronés 3 mois avant le référendum de 2005 mais, dans le dernier mois, certains annonçaient le résultat : ça se resserrait. De même qu’en 2002, la présence de Lepen au second tour était prévisible vu la dynamique – je ne suis ni politologue ni très malin, mais je me souviens très bien en avoir vu la possibilité alors que personne n’en parlait, ce qui me mettait très en colère – j’avais encore pas mal d’hormones, et je ne comprend toujours pas cet aveuglement collectif face à cette possibilité. Idem pour le Brexit et l’élection de Trump qui, vraiment, n’auraient dû surprendre personne : quand les différences dans les sondages sont vers 3-4% dans les derniers jours et qu’il y a eu des mouvements de yo-yo, c’est évidemment du fifty-fifty. Il faut prendre les sondages avec minimum 3% d’erreur, plutôt 4 ou 5 pour être prudent, et considérer leur dynamique et l’ambiance psychologique de l’époque ainsi que les particularités du scrutin. À partir de là, non, les sondages ne sont pas si souvent à côté de la plaque, c’est un mauvais procès, comme pour les agences de notation, ainsi que déjà dit par PJ sur ce blog, je crois. Ce sont les commentateurs qui sont souvent à côté de la plaque, d’autant plus qu’ils sont rarement neutres.

        Les sondages ne commencent à être précis que dans les deux derniers mois, et d’autant plus qu’on se rapproche. Soit Hamon monte en flèche sans raison prévisible dans les 15 jours, soit il n’a aucune chance tout seul, et Mélenchon encore moins. Un miracle dans les deux cas, donc mieux vaut bosser sur le programme commun, en cas d’absence de miracle.

        Mélenchon est le seul des candidats pour lesquels j’ai ENVIE de voter, avec mon cœur, mes tripes et mon cerveau, mais mon cerveau me dit aussi que seule une alliance du PS de Hamon et de la France Insoumise de Mélenchon pour les présidentielles et les législatives – derrière la figure de Hamon dans le cas des présidentielles – avec si possible EELV et les résidus des vieilles lunes (report des voix assuré donc en fait on s’en fiche) – a une chance non nulle de l’emporter.

    2. C’est bien pour ça qu’il faut « muscler » un peu Hamon en construisant une alliance réunissant Hamon, Mélenchon, Hadot (comme l’explique très bien Marcel plus haut) cela permet au passage de gommer les aspérités de Mélenchon qui ne passent pas, pour n’en garder que le meilleur.
      Si tu choisis Macron avec une assiette électorale centre-droit, il fera nécessairement une politique plus à droite, sous les applaudissements du MEDF. Macron contre Lepen il risque d’y avoir beaucoup de pêcheurs à la ligne.

      1. Vigneron, j’ai le sentiment parfois (si c’est faux, reprends-moi) que tu es un émule de Rocard — un peu perdu au XXI ème siècle, qui a surtout horreur des envolées franco-françaises de Mélenchon. Tu préfères Macron parce que Macron ne fera pas joujou avec l’idée européenne. En excellent analyste financier que tu es tu comprends parfaitement le langage de Macron, tu peux donc avoir une vision claire de ce qu’il fera. Par contre, devant un Mélenchon, tu ne maîtrises plus tout, les choses deviennent alors pour toi imprévisibles, voire s’annoncent sous des auspices catastrophiques. Bref, tu partages avec Rocard une même aversion pour le risque en politique. Macron c’est donc pour toi un gage de stabilité dans un monde chaotique tandis qu’avec Mélenchon le remède serait pire que le mal. Le « mal » ce sont les inégalités, les injustices, car bien entendu tu n’es pas l’affreux ultra-libéral que certains croient. Rocard (comme Delors) a pensé bien faire « en homme de gauche » en accompagnant le néo-libéralisme lorsqu’il a commencer à déferler sur l’Europe dans les années 80. IL a pensé qu’on ne pouvait pas lutter contre le tsunami, et que donc la meilleure chose à faire c’était de créer des amortisseurs sociaux. Hélas, avec le recul, on s’aperçoit que ce n’était pas une bonne politique, car on a fait entrer le loup dans la bergerie, même si le loup était peint en agneau façon CFDT. De plus Macron ne porte pas grand intérêt à l’écologie alors que c’est tout de même de notre environnement qu’il s’agit. T’y crois vraiment au business vert censé nous rendre l’air pur et nous débarrasser du CO2 qui va nous réchauffer l’atmosphère ? Tu penses sérieusement que les écolos totalitaires sont aux portes du pouvoir et qu’ils vont mettre en péril la science ? T’as pas plutôt l’impression que dans le rapport de force ce sont les pollueurs et les destructeurs de l’environnement qui ont les coudées franches ?

      2. (suite) D’où l’idée peut-être pas si bête de faire une plateforme commune avec tous ceux qui à gauche veulent tenter quelque chose pour plus de justice sociale dans un monde qui aurait une plus belle gueule d’atmosphère. Certes, c’est pas gagné, rien n’est jamais gagné d’avance. Certes il y a quelques risques, un mauvais génie peut toujours emporter la gauche vers une triste aventure. Mais s’il faut attendre que toutes les planètes finance s’alignent parfaitement pour trouver enfin l’opportunité qui nous permettra d’opérer un « grand tournant » vers un monde plus juste et assurant notre survie, on risque d’attendre longtemps et de voir l’état de nos sociétés et de notre environnement s’aggraver toujours plus.

      3. Cette « gauche », militante PS, ne s’est pas contentée de rester dans l’étroit parti, pour phagocyter de nombreuses sections syndicales CFDT. Des forteresses indéboulonnables, imprenables, qui n’étaient (ne sont) que des antichambres du parti, qui musellent toute alternative voire tout combat du contre pouvoir. Un réseau savamment développé et infiltré.
        La CFDT va rouler Macron, à moins d’un tsunami interne qui ne se profile pas pour le moment. La CFDT pèse son petit poids dans les élections présidentielles…. M’enfin, elle a perdu sa campagne pour la constitution européenne de 2005 dont le vote coïncidait avec son propre congrès confédéral à l’époque.
        A voir si des « Hamon » reprendront le dessus de côté-là.

      4. @ Julien Alexandre dit : 9 février 2017 à 10 h 30 min

        L’essentiel de la vidéo ne se situe pas au niveau de l’internet et du rôle qu’a pu jouer F.Fillon dans ce domaine.
        Ce sont les autres arguments qui sont développés et justifiés par Rafik Smati, qui sont importants. Ils semblent très loin de servir la cause d’ Emmanuel Macron.

  8. Personne ne l’évoque mais j’observe que ce qu’Hamon a fait de mieux au gvt, c’est sa loi Consommation et sa loi Economie Solidaire. Deux lois absolument libérales et 100 % macrono-compatibles.

    1. Hamon veut clairement accompagner le libéralisme de mesures « sociales/charitables » de droite, donc. D’ailleurs s’il entend respecter les traités européens, il n’a pas le choix.

      A propos des sondages:

      « Les sondages « traditionnels » estiment que Jean-Luc Mélenchon stagne autour de 10 % d’estimations de vote au premier tour de la Présidentielle. Or, selon la société Filteris EuroMediations, l’analyse des perceptions et des valeurs qui sont associées à chacun des dix candidats déclarés aujourd’hui indique que Jean-Luc Mélenchon se situe bien plus haut : (18%) »

      http://www.entreprendre.fr/melenchon-sondage

      1. En cherchant longtemps et dans tout un verger de cerisiers ravagé et récolté, on peut finir par trouver une cerise consommable à portée de main d’un cul-de-jatte.

      2. Rassurez-vous ( ou non…) , la sphère médiatique va rester … comment dit-on?… « impartiale » .
        Un exemple du WE dernier ( asi , Schneiderman) :
        … »Mais quels comptes demander aux chaînes d’info continue qui, le week-end dernier, ont choisi le second tour de leurs rêves, en retransmettant toutes (toutes !) en direct les réunions de Macron et de Le Pen, tandis que les deux autres candidats principaux, Hamon et Mélenchon, devaient se contenter d’un service minimum« … http://www.arretsurimages.net/articles/2017-02-06/Le-Pen-et-Macron-en-direct-et-en-integrale-sur-les-chaines-d-info-pas-Melenchon-et-Hamon-id9524
        Tout roule..

      3. Otromeros, t’auras les premiers chiffres par média concerné pour la période 01-02/12-02 lundi, quand les relevés des temps de parole et temps d’antenne auront été communiqués au CSA.
        Sinon on a encore pu constater l’effarante efficacité du biais des grandes chaînes d’info US dans le cas d’Hillary, comme avant ici pour le traité constit de 2005 ou encore le brexit. Sans oublier pour autant le traitement du cas Fillon qui produit le miracle d’amener une partie du PS à subitement croire en la résurrection des morts.

    1. Arrête ce cinéma, cette danse du ventre d’un burlesque achevé, c’est bon, on a compris. C’est pas un programme d’insoumis infoutu de seulement détourner du PS un quasi-exclu comme Filoche qui va soumettre quoi que ce soit de substantiel au PS. Ciao.

      1. Pour un gars qui trouvait que Hollande ferait un grand président, je vous trouve bien arrogant…

        Vigneron, allez soigner votre dépression chronique ailleurs…

      2. Tu dois confondre avec Emmanuel 100 nuances de gris Todd et son « Président révolutionnaire », « Roosevelt français », etc.

  9. Il semble que l’effet vainqueur de la primaire s’érode peu à peu chez Hamon : http://www.parismatch.com/La-presidentielle-en-temps-reel
    La dynamique chez Mélenchon semble à la hausse et l’incident à flamanville vas certainement si ce n’est faire gagner des électeurs au moins inciter à se pencher sur le programme. Si la FI passe devant le PS ou ne serait ce que se rapproche à un 1 point, Hamon aura pas besoin de pousser les Valls et compagnie vers la sortie, ils courront tous comme un seul homme chez Macron pour sauver leur siège de député. Au moindre sondage qui puisse laisser entrevoir un « sorpaso » se sera le sauve qui peut. Imaginons la circonscription d’un cacique PS qui se présente En Marche, un illustre inconnu qui se présente PS Hamon (mais les deux encartés PS) et un candidat FI. On vas se retrouver avec des dizaines de députés FN, des triangulaires de la mort dans tous les sens, l’assemblée vas être un foutoir inextricable, je souhaite bon courage au premier ministre qui devra faire avec ça et vu la popularité dont joui le 49.3 …. Du n’importe quoi pendant peut être 5 ans sauf dissolution…. Que de temps perdu avec 52 cocottes minutes à l’uranium qui mijotes doucement… Seule la FI propose une sortie totale et rapide du nucléaire je me pose pas plus de questions ni ne me perd en plus de conjecture. Entre ceux qui disent qu’il vont le faire (et qui le feront peut être pas) et ceux qui ne l’envisage même pas, le choix est vite fait et étant donné l’enjeu, il est prioritaire sur tous les autres points de programme. Peu importe qu’on soit riche, pauvre, libéral, coco, prolo, rentier ou que sais-je on à tous le cul sur la même poudrière, il serait temps que l’on se réveille avant que ça pète pour de bon.

      1. @ vigneron
        Quand tu fais de l’humour avec le nuc, j’ai comme une impression, bien qu’étant très rationnel, que ça va finir par nous porter la poisse. Et alors j’ai les boules ! Mais les boules !
        Cependant, je reste bon prince : si Golfech (ou Blaye) fait explosion, je t’offre un refuge en Bretagne, avec une connexion Internet pour soigner ta dépression ; celle que blob a diagnostiqué chez toi. Diagnostic qui peut sembler pertinent, finalement ! Avec le recul ?!

      2. C’est pas de l’humour c’est de la mauvaise foi travestie en humour. Les comme lui il feront encore les fanfarons avec leurs dosimètres et leurs pastilles d’iodes pour pas traumatiser leurs enfants qu’ils aiment tant…

  10. Aujourd’hui à Flamanville, un ventilateur de la centrale a explosé.

    « Les causes ? Un ventilateur
    Le préfet de la Manche, Jacques Witkowski, précise : « Un ventilateur a explosé. C’est un problème mécanique. Il s’est mis à surchauffer et cela a provoqué un dégagement de fumée et un incendie ».
    http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/nord-cotentin/flamanville/explosion-centrale-nucleaire-flamanville-pas-blesses-1193635.html

  11. « que ça va finir par nous porter la poisse. »

    mais non , ce n’est qu’un début, après c’est Donald qui va exploser en plein vol. Pof ! Vi, vi, vi….

    Le joker inquiète et pour cause… . Ce sera de plus en plus difficile pour lui de mobiliser le peu de neurones qui lui restent pour avoir une apparence humaine de potus digne de ce nom; vu la vitesse à laquelle il a brulé son stock et compte tenu de ce qu’il lui reste.
    Le regarder en dit long sur son « état », le subir doit être une vraie purge …

    « WASHINGTON – Le président n’était plus sûr de savoir: vaut-il mieux, pour l’économie américaine, que le dollar soit fort ou faible? Il a donc pris son téléphone, mais pas pour parler aux conseillers économiques qu’il a fait entrer au gouvernement, ni même à l’un de ses amis constructeurs immobiliers. Il a appelé son conseiller à la sécurité intérieure, le lieutenant-général Mike Flynn, d’après deux sources qui ont entendu celui-ci relater l’incident. »

    « Flynn est un spécialiste du contre-espionnage, mais pas des questions macroéconomiques. Il a donc répondu à Donald Trump qu’il ne savait pas, que ce n’était pas son domaine d’expertise, et qu’il valait mieux demander à un économiste. »
    http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/des-fuites-suggerent-que-le-comportement-de-donald-trump-inquiet/

    1. Dés qu’il aura terminé la dérégulation financière et mis à la poubelle les lois anti évasion fiscale ils pourront commencer le processus de destitution, il fallait quelqu’un comme lui pour faire ça : c’est passé comme une lettre à la poste entre deux manif contre les lois anti immigration.

  12. Pierre-Yves Dambrine 8 février 2017 à 23 h 43 min

    « Bref, tu partages avec Rocard une même aversion pour le risque en politique ».

    Je n’arrive pas lire votre phrase : est-ce le risque pour Rocard mais de quoi ? Où d’autres mais lesquels ? et quel serait l’objet du risque ?

    Ça m’a rappelé une conversation ce matin avec un cousin de l’âge de Jorion, comme un grand frère pour bibi, fils unique tellement fraternel…un cousin donc voisin d’HLM dans l’enfance.
    Lui jeune cadre d’entreprise puis reconverti en prof de compta à l’éducation nationale. A voté communiste jusqu’en 86 puis reprochant aux cocos d’avoir quitté le navire gouvernemental, (bizarre reproche mais c’est du brut) s’est mis à voter écolo. A lâché les écolos il y a quelque années (parce que pas-assez-clairs) malgré son auto électrique, sa chaudière 97% au bois etc. pour le PS.

    Votera Hamon ! Pourquoi ? Il craint pour sa retraite en perdant l’euro avec Mélenchon. Pense le revenu universel attrape couillons, mais si Hamon va trop loin, il est rassuré que la droite du PS le contrôlera ! La logique vous échappe, moi aussi, mais ce sont les électeurs…

      1. Andrew 9 février 2017 à 22 h 10 min .
        Non non il ne basculera jamais à droite ni à l’extrême droite, vacciné d’enfance. La peur du lendemain semble atavique chez les petites gens, d’origine ou qui le sont restés. C’est encore pire chez les vieux pour qui le lendemain c’est maladie et mort. D’où la tendance conservatrice majoritaire qui s’installe chez ceux qui ne sont pas appelés à se conserver bien longtemps. Ça se joue peut-être différemment chez les riches d’origine ou par acquisition, où la crainte de « manquer de… » est souvenir, fantasme, impensé voire impensable. D’où les prises de « risques » pour revenir au mot de PYD, de certains, adrénaline en prime comme chez les casse-cous.

    1. Rosebud1871,

      « Est-ce le risque pour Rocard »
      Ah je n’y avais pas pensé. Il me semble que Rocard savait prendre des risques pour lui-même, en homme intègre qu’il était. En fait je le crois même plutôt courageux, je pense par exemple à son action en nouvelle Calédonie. Rocard préfère la politique des petits pas assurés que les grandes enjambées mal assurées pourtant parfois nécessaires. S’il ne peut pas calculer tous ses coups d’avance, il voit dans la prise de risque d’abord un risque de grande catastrophe plutôt qu’une possibilité d’ouverture. L’antithèse d’un Varoufakis si vous voulez. Rocard m’apparaissait comme quelqu’un de profondément pessimiste, d’ailleurs il le disait lui-même.

      1. PS j’ajoute que la question ici n’est pas d’être pessimisme ou d’être optimiste, car il y a différentes façons d’être l’un ou l’autre. Il peut aussi bien y avoir des pessimistes casse-cou et des optimistes pépères, et ainsi de suite.

      2. Pierre-Yves Dambrine 9 février 2017 à 23 h 06 min

        « S’il ne peut pas calculer tous ses coups d’avance »,

        c’est évidemment la complexité même du réel qui devrait parer à l’illusion du calculable, qui n’obvie jamais aux erreurs imparables de calculs. L’envie, le désir, contrevient au calculable technocratique. L’incalculable, l’indécidable, ça existe ou pas ?

        Les petits pas ne fonctionnent pas au passage du gué. Sauf métaphore made in China.

  13. Un brave papy de 86 ans, ancien ministre des finances de Reagan et ministre des Affaires Etrangères de Bush sénior, rend visite hier au Donald…

    Former Secretary of State Jim Baker went to the White House on Wednesday to gain Trump administration support for the plan, which would place a tax on oil, natural gas and coal and use the proceeds to pay dividends of an estimated $2000 each year to families.

    Mr Baker conceded the group faces long odds for political success. “This makes such good sense from a conservative, limited government, free market, pro-competitive approach, that at the very least we hope they’ll take a look at it,” he said. “But we know we have an uphill slog to get the Republicans interested in this.”

    Within hours of their announcement, influential conservative anti-tax crusader Grover Norquist took to Twitter to suggest any proposal that includes a carbon tax is dead on arrival at Capitol Hill.

    “Now that the GOP can repeal all the anti-energy, anti-job regs – the Left offers to trade those regs for a carbon tax,” the president of the group Americans for Tax Reform tweeted. “Nice try. No.”

    http://www.news.com.au/technology/environment/climate-change/welcome-to-the-madhouse-scientist-says-trump-could-destroy-the-world/news-story/0e31691ab55a520800cef7dbd289fdad

    1. L’effet écossais, voire irlandais, se fait entendre aussi. Ils le reformulent avec conviction, majoritairement décidés et, plus que jamais déterminés à rester dans l’UE !

      Scotland the brave.
      « les parlementaires du SNP, le parti nationaliste et pro-Union européenne écossais, ont siffloté l’«Ode à la joie», l’hymne officiel de l’UE. Ce qui leur a valu un rappel à «l’ordre». »
      http://www.dailymotion.com/video/x5b3z6r_des-deputes-entonnent-l-hymne-europeen-avant-le-vote-sur-le-lancement-du-brexit_news

      Effets et paradoxes du Brexit : l’union avec l’UE renforcée.
      « Beaucoup d’Irlandais du Nord et du Sud qui jusqu’à maintenant ne voyaient aucun intérêt à réunifier l’Irlande, commencent à en voir la nécessité, et pensent même qu’il est inévitable de le faire. » http://www.humanite.fr/brexit-lecosse-et-lirlande-font-monter-la-pression-630334

  14. L’effet pénien se fait sentir : L’Agence Française de Développement a dû annuler une émission obligataire de 1 milliard de $ ; Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank et JP Morgan n’ont pas trouvé preneurs d’un papier AFD en $ sous menace pénienne. L’Afrique attendra, comme dit l’autre, « l’Afrique est dans l’attente d’une lutte passive ».

  15. @PYD
    Merci pour ce débat

    Nombre d’honnêtes gens, dont très immodestement, je pense faire partie, sont un peu paumés pour leur vote futur, et ce débat apporte un éclairage intéressant.
    Pour apporter ma pierre, ou mon grain de sable, au débat, je te dis ce que j’en ai retenu.

    -Benoît HAMON a fait un parcours remarquable en un temps très court. Je suis OK avec Vigneron sur son action positive dans sa loi sur la consommation, pour l’économie solidaire, et bien que son action ai été appréciée par les acteurs de l’économie solidaire (dont je fais partie) il a aussi fait un bon boulot, mais, sur le fond, je reste dubitatif sur le principe même de l’économie solidaire. (Doit on mettre des pansements ou doit on attaquer les causes du mal ?, ça rejoint un peu, dans ma tête, le revenu universel, ou le « care » défendu par Me AUBRY, ou la charité chrétienne,…)

    -Jean-Luc MELENCHON a, de même, fait un parcours remarquable mais beaucoup plus étalé dans le temps, parmi ses points forts, je citerais 2 points:
    -sa conversion à l’écologie, conversion qui date de 5 à 7 ans mais qui a suffisamment convaincu Nicolas HULOT pour qu’il lui accorde sa voix en 2012.
    -sa campagne 2017 basée sur internet et qui a fait (entre autre) que mon fils de 18 ans s’intéresse à cette campagne. (Dans son milieu étudiant, en gros, son retour est le suivant; les filières scientifiques voteront MELENCHON et les filières sciences-po / commerce /management voteront MACRON).

    Da façon plus opérationnelle, je ne pense pas que l’on puisse faire quoi que ce soit pour les faire se rejoindre. Par la raison, je pencherai plutôt sur la solution d’une PF commune (par ex, HAMON supprime (ou reporte) son RU, MELENCHON supprime un truc qui déplait aux partenaires potentiels de HAMON, et le candidat finalement choisi s’engage à ne rester que 2 ans président, le temps, par ex, que la nouvelle constitution soit approuvée). Mais par l’intuition, je rejoins un peu le diagnostic de MACAREL (voir un peu plus haut), le scénario de l’explosion du PS est peut-être le seul qui permettrait un rapprochement, je ne le souhaite pas car il y aurait alors un vainqueur et un vaincu, ce qui ne me semble pas constituer les prémices d’un partenariat solide.

    A pat ça, personnellement, je ne pourrai voter ni MLP, ni FF, ni EM, ni au 1°, ni au 2° tour. Mais, la vie n’est finie pour autant. A la différence des jeunes de 35 / 40 ans (qui sont malheureusement encombrés par de vieux schémas obsolètes: croissance verte, nouvelle économie, et développement durable, matinés de néo-libéralisme qui ne dit pas son nom (c’est typiquement le cas de EM)), ceux de 18 / 25 ans qui n’entendent parler que de crise depuis 10 ans, (c.a.d. depuis l’âge où on commence à réfléchir à la société), me semblent bien plus aguerris.

    Merci aussi à PJ à François FIEVRE, et à tous les autres qui ont permis et/ou alimenté ce débat.

    1. Les 35/40 situent leurs vieux jours vers 2050/2060, pour les 18/25 c’est du 2080/2090. Si les premiers peuvent encore espérer naïvement que le monde tel qu’il est se maintiendra jusqu’à leur mort, pour les second il est quasiment certain avec 5ºc de plus que ce sera pas joli à voir, ni à vivre…

      1. DUP 10 février 2017 à 14 h 17 min

        Bah quel pessimisme, c’est méconnaître les opportunités de l’immaculée Antarctique comme conservatoire des espèces en voie de disparition genre centenaire, pour prendre la relève de la banque norvégienne au Svalbard. J’attends un projet immobilier pour investir…

      2. @ DUP
        En résumé, je dirais que le sujet « départ en retraite » pour celles et ceux qui ont moins de 45 ans n’a plus lieu d’être à l’ordre du jour d’une quelconque réunion.

      3. Le monde selon Donald et son acolyte préféré, en couple comme les siths : déni, harcèlement, paranoïa aigüe à tous les étages, etc…

        Comment délivrer la biosphère de ces nuisibles ? L’idéal serait un largage en plein milieu du Pacifique, voire près des 50èmes hurlant, dans l’océan austral, et en y joignant le pote fladimir le souriant, cela va sans dire. Donc, repas gratos pour les requins-marteaux, ces grands nettoyeurs, hyènes des mers efficaces et utiles, déchiquetage soigneux du harceleur décérébré putinassier et de ses potes, PLUS, engrais pour les fonds marins ET de l’air frais pour l’humanité. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout est changé. ECO-LO-GIQUE ! Confidence de Yoda : You-pi ! Que ma joie demeure.
        http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/09/pour-steve-bannon-leminence-grise-de-donald-trump-lapocalyps/?utm_hp_ref=fr-homepage

        Donald parle avec beaucoup d’empatie et de compassion de son électorat…Fucked up : Donald Trump, harceleur en chef sur Twitter.

        « A chaque fois que je parle des rageux et des perdants je le fais avec amour et affection. Ils n’y peuvent rien s’ils sont nés détraqués ! »
        « Every time I speak of the haters and losers I do so with great love and affection. They cannot help the fact that they were born fucked up! »
        http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/l-amerique-selon-trump/20170209.OBS5112/donald-trump-harceleur-en-chef-sur-twitter.html

  16. « J’attends un projet immobilier pour investir… » (Rosebud1871)

    Il y a plusieurs projets d’iles flottantes autonomes dont un en Polynésie française ;o)

    1. Je l’avais annoncé y’a bien deux mois. Faut pas s’affoler, l’avait fait pareil avec Hollande, pareil avec Royal.

      1. Hamon n’a pas les mêmes oreilles que Hollande, enfin je préfère miser sur ce possible là…
        En tout cas, ils ne se sont pas encore étripés au parti, c’est déjà ça. Car une campagne solitaire genre ségolène serait une cata.
        Apparemment il accepte les belges, il en a déjà un. PJorion pourrait lui chanter le chant systémique et ses lumières de temps à autre.

      2. Marine Le Pen plus proche de l’Elysée que jamais… mais Le FN a-t-il vraiment les compétences pour gouverner la France ?

        « Qu’en sera-t-il de Marine Le Pen si elle devait arriver au pouvoir ?

        Jean-Philippe Moinet : L’incompétence, en cas d’accession de Marine Le Pen à l’Elysée, serait un élément de catastrophe nationale de plus. Les responsables du FN ne sont évidemment pas incompétents en soi, ils sont consubstantiellement inexpérimentés, ils se sont mis politiquement hors des champs de compétence des partis de gouvernement, par construction ils se sont placés dans une bulle idéologique radicalement « anti système », qui peut faire une force électorale (jusqu’à un certain point) mais aussi une grande faiblesse politique, quand il s’agit d’agir (avec efficacité, hors système autoritaire, qui peut devenir une tentation). Les dirigeants du FN ont toujours refusé une logique de gestion, encore plus de co-gestion (avec d’autres) du pouvoir. Ils préfèrent marteler certains thèmes, occupant la fonction tribunicienne de l’ancien PC, avec « l’alternative nationale » en perspective, centrée sur des boucs-émissaires: l’étranger, l’Europe… C’est une situation très confortable quand il s’agit de récupérer les protestations liées à toutes sortes de crises, c’est la spécialité de toutes les extrêmes droites, de tous temps, de récupérer – de provoquer quand ils le peuvent – les problèmes et les peurs. Mais cela produirait une incompétence flagrante, et un désordre national, en cas d’accès du FN au pouvoir national. »
        http://www.atlantico.fr/decryptage/marine-pen-plus-proche-elysee-que-jamais-mais-fn-t-vraiment-competences-pour-gouverner-france-ollivier-rouquan-jean-philippe-2961820.html

    2. « The core of Bannon’s worldview can be found in his movie “Generation Zero.” It centers on the financial crisis of 2008, and the opening scenes – in their fury against bankers – could have been written by Sen. Bernie Sanders (I-Vt.). But then it moves on to its real point: The financial crisis happened because of a larger moral crisis. The film blames the 1960s and the baby boomers who tore down traditional structures of society and created a “culture of narcissism.”
      https://www.washingtonpost.com/opinions/stephen-bannons-words-and-actions-dont-add-up/2017/02/09/33010a94-ef19-11e6-9973-c5efb7ccfb0d_story.html?utm_term=.2d336b8f5fff

  17. Oubliez l’anthropocène, on est résolument entré dans l’ère du Donaldcène. C’est Open Bar pour les Jobards. Nouvelle illustration, l’emblématique député européenne EELV Rivasi se répandant sur les ondes pour traiter ce pauvre Juncker d’irresponsable, de traitre à la cause européenne et de défaitiste devant Trump pour avoir annoncé qu’il jetterait l’éponge à la fin de son premier mandat en 2019. Venant d’une « responsable » politique ayant pris la responsabilité de faire la promotion du très donaldesque Wakefield et de son film Waxxed aux quatre coins de la francophonie, franchement, ça me le troue. Mais on s’habitue, changement d’ère oblige.
    https://www.statnews.com/2017/01/21/andrew-wakefield-trump-inaugural-ball/
    http://seppi.over-blog.com/2017/02/rivasi-la-retraite-de-paris-et-lumiere-sur-les-derapages.html

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