La route qui s’ouvre avec Benoît Hamon est-elle une impasse ? par François Fièvre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

En réponse au billet de Pierre-Yves Dambrine, je m’interroge sur la pertinence ou non de la « voie ouverte » par Benoit Hamon à l’issue de la primaire du PS. Autant on peut être d’accord avec la première partie de son billet, qui décrit par le menu à quel point la désignation de Benoit Hamon comme candidat du PS est une bonne nouvelle, dans la mesure où elle ouvre une brèche dans l’ordo-libéralisme solférinien, notamment avec sa proposition certes imparfaite de revenu universel, autant je me pose la question de la justesse de la réflexion politique qui anime la seconde partie de son billet. Cette réflexion consiste à dire, si j’ai bien compris et si je résume : « On ne peut pas gagner avec Mélenchon, donc la voie ouverte avec Hamon doit être empruntée. »

Le raisonnement s’appuie notamment sur des contre-vérités, ou du moins sur ce que je considère comme des erreurs d’analyse. Notamment ici :

« Dans sa dernière vidéo, Mélenchon en sommant Hamon de rompre les amarres avec ses camarades du PS qui ont voté la loi sur le travail, pratique une politique de la terre brûlée. Ce type de démarche ne mène à rien car ce faisant Mélenchon ramène l’enjeu de l’élection sur le terrain circonscrit d’une logique d’appareil dont il prétendait pourtant nous sortir avec sa Constituante. Un comble. »

D’abord, Mélenchon ne « somme » pas Hamon de faire quoi que ce soit, mais lui demande de choisir son camp s’il veut qu’une collaboration soit possible avec la France insoumise (FI). La nuance est importante, vu qu’on passe entre les deux de l’image de quelqu’un (JLM) qui veut couler avec le navire de la gauche et s’enfoncer électoralement pour rester fidèle à ses principes, à celle de quelqu’un qui ne demande qu’à collaborer, mais qui pose des conditions préalables. Ceci est-il ramenable à une « logique d’appareil » ? Un comble serait de penser ça, justement ! C’est pour sortir de cette logique d’appareil et des petits arrangements entre partis que Mélenchon dit à Hamon qu’il faut choisir son camp au niveau des idées, ce qui suppose concrètement de secouer Solférino et de « dégager », ou du moins de refuser l’investiture aux législatives, à ceux qui sont responsables du désastreux quinquennat Hollande (Valls, Sapin, El Khomri, Cazeneuve, etc.). Il ne s’agit là pas non plus de « demander des têtes », mais simplement d’affirmer un projet de rupture forte avec ce qui s’est depuis des décennies pratiqué au PS. À savoir le jeu des chaises électorales et la tricherie aux élections d’une part, la soumission au « pragmatisme » socio-libéral d’autre part. Ce que Hamon n’a fait qu’en partie lors de son discours d’investiture.

Partant de là, comment Hamon peut-il réussir à « rassembler la gauche » ? Regardons ce dont il dispose :

– il part très tard en campagne par rapport à la plupart des autres candidats ;

– il est jeune et dynamique, ce qui lui donne un capital de sympathie ;

– il n’a a priori pas de casseroles aux fesses, contrairement à Fillon, et peut difficilement être considéré comme un candidat de l’establishment, comme Macron ;

– il a un capital politique assez compliqué, dans la mesure où il a fait partie d’un gouvernement très critiqué… mais aussi du groupe des frondeurs, ce qui n’aide pas à le poser comme un véritable opposant « droit dans ses bottes » comme Mélenchon, mais permet de le poser à l’inverse en « pragmatique » ouvert à la conciliation ;

– son programme existe (contrairement à celui de Macron), mais il est inconsistant par rapport à celui de la FI, ou même celui du candidat EELV Yannick Jadot : une collection de « petits objets » sympathiques mais inoffensifs et sans lien entre eux, comme le désignent Lordon et Mermet ;

– certes les sondages le mettent désormais en tête devant Mélenchon, mais 1/ il faut se méfier des sondages qui ne sont qu’un reflet très déformé de la réalité, et pas la réalité, 2/ les sondages sont valables à un instant t, et peuvent bouger d’ici mars ;

– même si on veut se fier aux sondages, en l’état actuel des choses, Hamon ne peut pas gagner seul, et notamment pas sans un report massif des électeurs soit de Macron, soit de Mélenchon (et comme il s’est clairement tourné vers Mélenchon et Jadot plutôt que vers Macron à la suite de son élection comme lors de son discours d’investiture, mettons plutôt que la dynamique aille vers Mélenchon plutôt que dans l’autre sens) ;

– Hamon dispose de l’appareil du PS pour soutenir sa candidature, ce qui n’est pas rien, mais n’est pas grand chose non plus. Si on compare le nombre d’adhérents PS avec les soutiens à la candidature de JLM, ça fait en gros 45 000 < 230 000, soit pas grand chose. Je compare ici ce qui est comparable, c’est-à-dire une base militante, et pas une base électorale : Hamon a bien sûr rassemblé beaucoup plus de monde sur sa candidature en termes de vote… mais pas tant que ça vu que la participation à la primaire au second tour n’a pas non plus décollé, et qu’il faut aussi penser au fait qu’une bonne partie de sa victoire soit due à la volonté de dégager Valls, et donc qu’une partie des gens qui ont voté pour lui à la primaire ne voteront peut-être pas pour lui à la présidentielle.

 

Une fois posée toute cette série de constats, quelle marge de manœuvre est-elle possible pour une éventuelle alliance entre Hamon et Mélenchon ? Car c’est de ça qu’il s’agit, en tout cas si l’on croit aux sondages au jour d’aujourd’hui : Hamon ne pourrait pas vaincre sans Mélenchon, et Mélenchon ne pourrait pas vaincre sans Hamon. Les deux seraient donc dans une impasse électorale. Mais il y a plus : le programme de Hamon étant peu abouti, celui-ci s’est peu exprimé sur la manière dont il allait pouvoir l’appliquer. Il est notamment resté très évasif sur la manière dont il comptait passer à la VIe République, alors que Mélenchon s’est très clairement exprimé là-dessus. La Constituante n’est certes qu’un moyen et pas une fin, mais à un moment, si l’on veut pouvoir avancer, il ne faut pas poser des objectifs infaisables, et penser aux moyens d’y parvenir. Que dire sinon de la volonté de Benoît Hamon de « changer l’Europe », sinon qu’il ne pense encore une fois qu’à un plan A (la changer) sans plan B (la quitter), ce qui risque fortement, comme pour Tsipras en 2015, d’aboutir à une impasse politique, et donc à un reniement des promesses de campagne ? Comment, surtout, Hamon va-t-il faire pour revenir sur la loi El Khomri si son parti investit Mme El Khomri pour les législatives ? Comment faire pour changer le PS, alors que celui-ci a ses « habitudes de gouvernance » bien chevillées au corps ? L’option risquée d’une candidature hors parti qu’a tentée Mélenchon a au moins le mérite de la clarté, et du dégagement complet de ces obstacles de « politique politicienne », que Hamon a maintenant à affronter s’il veut tenir sa ligne. Ce à quoi d’autres que Mélenchon l’encouragent d’ailleurs à le faire. Tenir sa ligne, ouvrir sa voie, certes… mais si cela doit aboutir à l’impasse politique pour des raisons aussi bien programmatiques que de « logique d’appareil », à quoi servirait une victoire électorale ? Quitte à être impuissant, autant être dans l’opposition, parce qu’être au pouvoir avec les mains liées, rien de plus frustrant, et de plus déshonorant aussi.

Très concrètement, comment, donc, penser une éventuelle alliance entre Hamon et Mélenchon pour sortir de l’impasse électorale, et en réunissant les conditions pour sortir également de l’impasse politique dans laquelle Hamon semble s’acheminer tranquillement ? Mélenchon rejoignant Hamon et s’inféodant au PS, alors qu’il a lutté contre lui toutes ces années, c’est impossible. Qu’est-ce que demande alors Mélenchon pour que « tout soit possible » ? Que le ménage soit fait, c’est-à-dire que Hamon tranche dans le vif pour un programme exigeant, qui fasse fuir les brebis de l’aile droite du PS ailleurs (c’est-à-dire probablement chez Macron). Il ne s’agit pas de mettre des têtes sur des piquets, ni de viser qui que ce soit en particulier, mais de créer les conditions favorables au départ de quelques-uns, et donc d’ancrer clairement son discours à gauche, et de cesser de vouloir faire le grand écart, qui est une démonstration de souplesse gymnastique mais ne permet pas d’avancer loin.

Il me semble, et là c’est moi qui m’avance, qu’une seconde condition pour parvenir à sortir le programme de Hamon de l’impasse politique, serait qu’il cesse de picorer dans le programme de la FI en y ajoutant deux ou trois choses de son cru (le revenu universel, etc.), et qu’il l’embrasse en intégralité. Les deux se ressemblent déjà beaucoup, ça ne devrait pas être très dur d’adapter le reste… Et donc il faudrait que Hamon réussisse à inféoder sa candidature, et donc le PS, à la FI… pour quel résultat ? pour que, je crois qu’il aurait la générosité et l’honnêteté de le faire, Mélenchon retire sa candidature à son profit. Il n’a en tout cas jamais manqué de répéter, y compris à son double discours de Lyon et de Paris du 5 février, que l’important ce n’était aps lui, mais les idées pour lesquelles il combattait. Et quand les gens crient « Mélenchon président », il les reprend, et leur dit que la seule chose à crier, c’est « Résistance ». Se désister en faveur de quelqu’un qui embrasserait son programme et qui serait jugé mieux apte à le porter ne devrait donc pas poser de problème pour Mélenchon, c’est du moins ma thèse. Et dans ce cas d’un ralliement de Hamon non à Mélenchon, mais à la FI (hautement improbable, je le sais, mais on peut rêver… et surtout il n’y a pas d’autre option d’accord possible dans l’état actuel des choses), le reste de la gauche suivrait, notamment EELV ou le PCF, qui ne s’est pour l’instant impliqué que très mollement dans la campagne de JLM.

Serait-ce encore une « carabistouille », un accord d’appareils ? Non, parce que la France insoumise n’est pas un parti, mais un mouvement dont la plupart des adhérents ne sont pas encartés ailleurs, et un mouvement par ailleurs très contraignant : ce n’est pas un cartel de partis comme le Front de gauche à l’intérieur duquel deux partis pouvaient se présenter face à face à des élections législatives ou municipales, mais un mouvement trans-partis largement ouvert à la société civile où les accords électoraux sont interdits, et où la signature d’une charte donne des boutons aux élus habitués à une totale indépendance et aux « petits arrangements » – c’est notamment ce qui a fait tiquer les élus PCF à qui on a demandé en novembre dernier s’ils voulaient soutenir la FI.

Les insoumis verraient-ils d’un bon œil la défection de Mélenchon vis-à-vis de Hamon ? Non, si cela se faisait sans garantie aucune de respect de la parole politique. Oui, si Hamon s’engageait, en signant la charte et en acceptant du coup l’autorité collective de la FI, à appliquer le programme pour lequel il serait élu. Parce que le plus important, ce ne sont pas les personnes, ce sont les idées. Et que de ce point de vue, le programme de la FI est bien plus abouti, cohérent et pragmatique (tout y est chiffré, tous les moyens d’action sont pensés et explicités) que celui de l’actuel candidat PS.

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227 réflexions sur « La route qui s’ouvre avec Benoît Hamon est-elle une impasse ? par François Fièvre »

  1. Hamon rassembleur? Je dirais non.
    Pour avancer en politique en France, un parti a besoin d’un ou plusieurs partenaires. Cela va être difficile pour Hamon. De plus je ne crois pas à l’avenir de son projet « revenu universel », en tout cas pas pour les prochaines cinq années, et même au-delà. Même la gauche européenne n’en veut pas, les syndicats non plus. Exemple: un parti de gauche comme « Die Linke » en Allemagne dit ne ne pas trouver de majorité pour le revenu universel, le cas échéant.
    On est toujours devant l’éternel problème: les temps nouveaux exigent des moyens nouveaux, adaptés, alors que la classe politique dans son ensemble, y compris les partenaires sociaux, préfèrent des mesures anciennes qui ne marchent plus.

    1. Germanicus,
      On est d’accord, son projet de revenu universel ne peut être l’alpha et l’oméga de sa future action politique. Je l’appréhende seulement comme un aiguillon, et Hamon lui-même ne l’appréhende certainement pas autrement. Ses références à Piketty peuvent l’attester. L’idée c’est d’abord de réintroduire de la sécurité sociale (au sens le plus large) avec le partage du temps de vie et des richesses, ce sur quoi ont achoppé Hollande-Valls pendant ce quinquennat, faute de vision. Hamon a fait la démonstration que de nouvelles idées, une nouvelle perspective, pouvaient dégager une majorité nouvelle au PS et au delà si l’on considère le rapprochement du parti écologiste. S’il a pu le faire dans un PS qu’on disait fossilisé, pourquoi ne pourrait-il pas à le faire à un plus haut niveau ? Avec peu de moyens, en un temps très court, Benoît Hamon a fait sans tambour ni trompettes un job historique qui ne vaut pas que pour son camps mais pour tout le monde. Qui que soit le prochain président, quelle soit la prochaine majorité présidentielle, plus rien ne sera comme avant.

  2. « Mélenchon ne « somme » pas Hamon de faire quoi que ce soit »
    Pardi, il lui intime seulement de virer la moitié des membres de son parti, bagatelle.
    Papier absolument surréaliste à forte odeur de sapin.

    1. Il lui demande de virer des personalités désavouées tant par les resultats de leurs actes politique que par celui du vote de la primaire socialiste.

      1. Traduction : il envoie chier Hamon qui n’a aucune envie de casser son jouet pour les beaux yeux d’un Monsieur incontrôlable et duquel, de surcroît, il a déjà soutiré le tiers du faible électorat potentiel.

      2. En fait, les programmes sont tout à fait compatibles, ce qui explique les déclarations de Mélenchon, comme celles de Hamon. Le concurrence n’est pas sur le fond, plutôt pour fond de gamelle. Cette analyse, au delà de sa forme humoristique, a achevé de me convaincre:
        Hachon et Emmêlon les oignons de la gauche
        http://wp.me/p5oNrG-wh9 

      3. @ Vigneron
        Je ne pense pas que Hamon ait soutiré grand-chose à FI. Comme il est dit dans le billet, un peu de FI s’est déplacé pour faire barrage à Valls. L’analyse du vote le montre clairement, les quelques départements (9 hors IdF) où la participation a été plus forte sont des département où JLM faisait déjà de bons score en 2012. Mais sur de larges parties du territoire, la participation a été lamentable et le nombre de voix rassemblées par Hamon dérisoire.
        Moi, je ne me fierai pas aux supputations sondagières et je vous donne RV le 24 avril pour en reparler si vous voulez…

  3. Il faudra quand même m’expliquer comment les millions de déçus, de trahis, de cocus et d’abandonnés par le quinquennat qui s’achève iront glisser un bulletin PS dans l’urne…quand bien même le programme est celui de la FI, ce qui d’ailleurs est totalement improbable.

    1. Oui, je le dis moi-même que c’est hautement improbable. Mais comme tout le monde dit en ce moment qu’il faudrait que les deux s’allient, j’essaye juste de réfléchir à la forme que ça pourrait prendre. Et c’est là où on se rend compte en effet que ça risque fort de ne pas se passer.

    2. Bonjour,
      Penser que Hamon peut gagner ou même être au second tour me fait bien rigoler (jaune). Jamais plus je ne voterai P »S », ce parti de #$€£Â¥!, et je ne suis certainement pas le seul. Ce qui est déplorable c’est que beaucoup de gens ont la mémoire d’un poisson rouge et un comportement de mouton : ce qui fait qu’on a une grande chance de se taper micron. Mais jamais plus !

      PS (pun intended ) : c’est quoi déjà le programme du sieur Hamon ?

      1. Je partage complètement votre colère, mais vu que :

        – Hamon est clairement l’aile gauche du PS et a remporté la primaire, c’est un fait nouveau et un signe de changement possible
        – la défaite est très probable et quasi assurée sans union Hamon-Mélenchon
        – cette union peut être le prétexte pour Hamon de se débarrasser de sa proposition embarrassante de RU mal fagotée qui paraîtra irréalisable aux électeurs
        – Hamon a plus de chance que Mélenchon au second tour car l’étiquette PS rassure ou effraie moins au centre (pour les raisons mêmes de notre colère, mais aussi par simple habitude et peur de l’inconnu) tandis que Mélenchon est considéré comme clivant et d’extrême-gauche par une partie de l’opinion
        – il y a la (petite) possibilité d’un momentum européen avec l’annonce d’une montée du SPD en Allemagne – (même si Schultz serait évidemment beaucoup moins à gauche, il n’empêche que ça peut ouvrir des possibilités)

        …n’est-il pas préférable de donner une dernière chance à ce parti plutôt que de choisir la défaite assurée ?

        Du reste, si Hamon ne fait pas le choix que lui demande Mélenchon, ce sera lui qui aura pris la décision pour nous. Et ce sera cinq ans de perdus à continuer les mêmes recettes en espérant des résultats différents (une définition de la folie). Dans le meilleur des cas.

        Tout cela dit, un simple ralliement de Hamon au programme de FI me semble politiquement impossible. L’union ne peut que passer par des négociations sur un programme commun.

  4. Merci de votre point de vue, où chaque mot est pesé. C’est plus facile pour les idées sur la table d’opération, les pesantes comme les légères valant leur poids selon le jugement du peseur.

    Le pèse-personne reste plus délicat, une certaine opacité empêchant qu’il soit sur la table d’opération, sauf pesée des âmes en phase terminale.

    Au « je te tiens tu me tiens par la barbichette », il serait triste que le gagnant apparaisse comme le plus sérieux, le sérieux étant dans le programme, hélas inapplicable par un robot-président pas encore programmé, lui.

    Les français comme d’autres peuples gardent vis-à-vis de leur président quelques traces de la fascination passée pour les pharaons et autres empereurs malgré l’effort fait par Giscard d’inviter des éboueurs pour prendre leur petit déjeuner à l’Élysée. Et chaque média de s’interroger si le costume irait bien au candidat, et ça bavarde, à table le dimanche sur ce qu’en disent les médias.

    Mélenchon semble mal fagoté à ce que je lis, pourtant ça serait déjà du changement de style, comme de trouver une majorité hétéroclite pas trop soumise à l’encartage discipliné.

    Reste à savoir si l’électeur ou l’encarté va faire du Principe kantien sa morale ou se laisser séduire par les objections de Schopenhauer :
    [C’est pourquoi en opposition à la dite forme du principe moral kantien j’aimerai poser la règle suivante : pour tout homme avec lequel vous entrez en rapport, n’entreprenez pas d’appréciation objective de sa valeur ou de sa dignité, ne prenez donc pas en considération la méchanceté de sa volonté, ni l’étroitesse de son intelligence, ni l’absurdité de ses idées, car la première pourrait facilement susciter à son égard la haine, et la dernière le mépris, vous éprouverez pour lui cette compassion qui est seulement « agapé » auquel vous appelle l’Évangile.
    Pour empêcher la haine ou le mépris de s’élever contre lui, ce n’est pas, à la vérité, la recherche de sa soi-disante «dignité » qui convienne, mais au contraire le seul point de vue de la compassion.] in « Le sens du destin » p.115

    De ce point de vue le laboratoire de ce blog offre une expérience miniature en cours, sachant que le maître des lieux, aime Hamon, et est encarté au PS même belge, que 2/3 de ses amis préfèrent le programme des insoumis, j’attends de savoir comment les frondeurs vont évoluer…
    Si je l’apprends un jour…

  5. On enterre un peu vite le PS.
    Il y aurait les caciques du PS, des élus du PS, qui grèveraient toute possibilité d’appliquer une autre politique que celle qui fut appliquée par Hollande-Valls-Macron. C’est la thèse de François Fièvre et de Mélenchon.
    Evidemment ils ne vont pas disparaître de l’horizon du jour au lendemain. Mais c’est tout à fait secondaire, il me semble, dès lors
    qu’après la campagne réussie de Hamon le centre de gravité du PS s’est d’ores et déjà déplacé vers la gauche. C’est moins Hamon qui devra faire des compromis avec les intéressés que ceux qui
    appartiennent à la vieille ligne sociale-libérale du PS. Le PS a déjà changé de figure, sur certaines orientations (besoin de sécurité sociale au sens large, intégration du facteur écologique dans l’économie) le PS pourra très difficilement revenir en arrière.

    Un signe qui ne trompe pas, le ralliement de Aubry à Hamon, qui a été franc et massif, chaleureux même, tout sauf simulé. Aubry c’est tout de même pas rien, ce sont les 35 heures, donc le partage du travail, pour vous convaincre de son importance, pensez un peu à l’image qui est la sienne à droite ? Cela conforte mon opinion selon laquelle le centre de gravité du PS s’est bien déplacé. Aubry très longtemps indécise a finalement tranché.
    Elle a compris que le PS devait évoluer. Devra évoluer, sous peine de disparaître.
    De toute évidence Hamon a provoqué une prise de conscience qui ne fait qu’entériner l’état d’esprit, les aspirations des électeurs de la gauche.
    Le fait est qu’un certain nombre d’entre-nous ont peine à réaliser ce que vient de faire Hamon avec ses électeurs est quelque chose de tout à fait remarquable. Les élus socialistes qui ne se retrouvent pas sur la ligne Hamon-Mélenchon soit iront voir ailleurs, soit mangeront leur chapeau ou tout au moins mettront de l’eau dans leur vin, pour se …. faire réélire. Par définition un élu n’est pas propriétaire de son électorat.

    1. Je crois que c’est la deuxième fois que j’interviens sur ce blog depuis des années, mais franchement, vous nous prenez pour qui ? Des poissons rouges ? Allez, s’il déclare qu’il se battra contre la finance son ennemi, je vote pour lui…

      ou pas

    2. Les 35 heures… Au PS on disait (à raison) que c’était une bonne idée de DSK mais une mauvaise application d’Aubry.

      1. heu pardon : 350000 emplois crées. La droite sur ce coup là — comme souvent, est de très mauvaise foi.

      2. @ Pierre-Yves Dambrine dit : 6 février 2017 à 21 h 27 min

        Evoquer l’emploi, c’est bien mais, ça n’est qu’un élément du problème que la France doit résoudre.
        Si vous regardiez l’évolution de notre déficit commercial depuis l’introduction des 35 heures, vous verriez qu’il existe une corrélation directe.

        http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/52-les-origines-du-deficit-exterieur-de-la-france.html

        Les 35h , (venant en sus de la retraite à 60 ans) ont mathématiquement augmenté le coût du travail dans le pays, le rendant moins compétitif. Cela a fait croître le chômage puisqu’il est devenu de plus en plus évident que les consommateurs français avaient intérêt à consommer les productions étrangères devenues moins chères que les nôtres.
        Comme corrélativement et afin de limiter, le chômage l’Etat et les collectivités locales ont eu tendance à accroître les emplois non marchands, le pays s’est de lui-même éliminé de la compétition mondiale et a aggravé sa situation. Comme si les emplois non productifs de richesses marchandes pouvaient constituer une solution quand on consomme plus que ce que l’on produit.
        Pour avoir vécu, durant près de 15 ans, au dessus de ce qu’il produisait, le pays s’est appauvri en accroissant sa dette et en réduisant nombre de ses moyens industriels à l’état de ruine.
        Comme aucun autre pays ne voudra effacer l’ardoise calamiteuse de la France, il ne nous reste plus qu’à nous en prendre à nous-mêmes et à travailler maintenant plus, tout en consommant moins pour redevenir crédibles au regard de nos partenaires.

        C’est le sens du projet de François Fillon auquel, bien évidemment, ceux qui nous ont amenés à cette situation s’opposent, quitte à user des plus de basses et viles manœuvres.

      3. @judac et @ vigneron,

        Origine du déficit extérieur : la lettre de economist.eu est excellente, synthétique, à lire à relire. Certe, la productivité française en a pris un coup avec le passage des 35h, mais c’est l’Etat qui en a fait les frais, qui s’en est sorti via l’endettement.
        Travaillant chez Renault à cette époque là, je n’ai pas vu de différence sur ma feuille de paie par contre j’avais 8 semaines de vacances en plus (pas tout à fait). Renault a obtenu des compensations mais pas à 100%.
        L’explication est à recherché sur la capacité organisationnelle des entreprises moyennes ou petites à exporter. C’est là que le bas blesse. J’ai des exemples à l’appui mais ce serait trop long de développer.
        Merci à Judac de m’avoir orienté vers economie.eu, cette newsletter semble d’un bon niveau. 150 € / an pour 40, c’est pas mal et les vaut bien.
        Merci Judac dont je ne partage pas totalement l’anlyse trop rapide !

  6. La candidature de Benoit Hamon a le mérite de dégager – un peu, beaucoup, …-, les faux socialistes qui investissent ce parti depuis des décennies. De l’air. Sûr que ceux-là vont se réveiller, se défendre et ne se contenteront pas de se reporter sur M. Macron. Ça doit chahuter sévèrement au parti.
    Je ne vois pas une personnalité comme Mélenchon se rapprocher de Benoit Hamon.
    Les cartes sont davantage entre les mains des électeurs, dans la solidité du programme, aidées de l’évolution du spectacle politique actuel, complètement surréaliste.
    Les arrangements d’appareils me semblent exclues, en tout cas pour le moment. Les défenseurs de Mélenchon sont viscéralement accrochés à leur candidat, ceux de Hamon trop méfiants vis-à-vis de Mélenchon.

    1. @Vigneron
      Quinté en fonction de la fréquentation dans les meeting :
      1: Monsieur JLM; 2: M; 3: LP; 4: F; 5: H
      Bon courage au taciturne breton pour remonter la pente.

  7. Une candidature unitaire de la gauche est-elle possible et acceptable ? La seule manière de répondre à cette question est de savoir si une plate-forme commune est possible.
    Au Portugal, quand le PC et l’extrême-gauche portugaise ont décidé de soutenir l’actuel gouvernement socialiste, ils ont négocié un accord pour la législature. Et cela marche.

    1. « Cela marche »….. mouais…..

      Disons surtout que la coalition ne tombe pas. Parce que le PSD et le CDS sont encore KO, qu’il n’y a pas d’extrême droite démaguogue et que le précédente coalition a pris des mesures.
      Sur le fond, peu/pas de réforme dans un sens ou dans l’autre. On attend que la tempête européenne s’éloigne en croisant les doigts que la petite reprise économique profite au pays. Mais ce ne seront que des miettes.

      1. Le PS tient ses engagements : fin du gel sur les salaires et les retraites des fonctionnaires, hausse du salaire minimum, embauche des fonctionnaires vacataires… C’est loin d’être parfait, mais demandez-vous pourquoi le PCP et le Bloco soutiennent ce gouvernement.

    2. Difficile de comparer quand on a d’une part un système fondé sur une élection législative avec scrutin plurinominal proportionnel à un tour et de l’autre un système fondé sur une élection présidentielle avec scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

      1. @vigneron : super, j’applaudis des pieds et des mains.

        Je serai favorable à une élection type conseil syndical avec obligation d’embarquer tous les prétendants rassemblant au moins 51% des voix ou… Ce que j’avais appelé dans un mail précédent vote de valeur.
        Et la plan, le FN arrive à la queue ou presque.

      2. @François Leclerc

        Le PS tient ses engagements : fin du gel sur les salaires et les retraites des fonctionnaires, hausse du salaire minimum, embauche des fonctionnaires vacataires… C’est loin d’être parfait, mais demandez-vous pourquoi le PCP et le Bloco soutiennent ce gouvernement.

        Je ne souscris à ces mesures que si on précise que :
        – Alignement des augmentations des salaires sur l’inflation tant qu’on n’y voit pas plus clair sur le ré-équilibre de notre balance des transactions courantes
        – Alignement progressif du calcul des retraites des fonctionnaires sur celui du privé
        – Hausse du salaire minimum par entreprise à compétitivité constante, c’est à dire en diminuant les dividendes proportionnellement, les primes des plus haut salaires etc  »
        – Embauche des vacataires à conditions que leur retraite soit alignée avec ceux du privé.

        Il faut absolument comprendre que l’amélioration de la compétitivité globale de la compétitivité française est un incontournable, qu’il faut aider ceux qui gagnent le moins, ceux qui n’ont rien en expliquant aux plus aisés qu’on leur demande un effort justifié par le fait que c’est eux qui ont le plus bénéficié de la croissance dans les années passées.

        Si c’est ce que pense et n’a pas dit François Leclerc, je souscris à 101%, sinon, pschittttt….

    3. Merci beaucoup François pour ton commentaire. Il est vital d’aller voir ailleurs et ne pas seulement resté confiné dans les débats franco-français.
      L’exemple portugais est une parfaite perspective : qu’on s’en souvienne !

      1. @Jacques,

        Exemple portugais, peux-tu m’expliquer un peu plus, je ne saisis pas ?

        Bonne journée et au plaisir

    4. Comme toujours, François Leclerc frappe au coin du bon sens !
      Mais je crois bien que Mélenchon veut faire l’impasse sur la Présidentielle, voire même tenter de couler toute tentative de s’allier avec la tendance gauche du PS pour s’imposer via les législatives comme la force d’opposition incontournable. Doublement déraisonnable. On a bien vu que Hollande et sa clique avaient tordu, surtout dans la seconde moitié du quinquennat, le PS sur sa droite, de même qu’on voit bien que, la présidentielle commandant tout, une défaite à celle-ci serait suivie d’une débandade de l’électorat de gauche aux législatives.
      Ou l’art de tout perdre en voulant trop gegner !

      1. Il y a des jours où je me demande si JL Mélenchon n’est pas devenu un rentier de la politique.
        Avec 5% des voix au moins, il est sûr de toucher 8.000.000 €. Ca aiguise l’appétit, permet de faire joujou avec les hologrammes. C’est lui qui avait dit à un homme politique : « dégage » ?
        Si chacun des deux protagonistes roulent pour lui, c’est mieux que de rouler ensemble et tout ça au frais du contribuable. Il serait souhaitable de moduler les remboursements en fonction du % d’une façon plus continue. A approfondir car pas mur !
        500 signatures, ça vaut 800.000 €

        http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/8904-le-remboursement-des-frais-de-campagne-presidentielle

        C’était le dessous des cartes !

    5. La situation politique en France est différente. Peut-être pourra-t-on observer, en quelque temps, une séparation de fait entre une gauche radicale d’une part, et quelque chose comme un parti social-démocrate tel que le SPD ou Labour…..d’autre part. On a déjà vu un phénomène semblable: lorque le chancelier Schröder envisagait une poltique libérale voir ultra-libérale. Le résultat réactif de ce virage idélogique était la création du Parti « Die Linke » avec Oscar Lafontaine comme leader. Le SPD d’aujourd’hui est invariablement un parti néolibéral, malgré ses discours « socialisants » – ce serait peut-être l’option du PS.

      1. Ça fait guère que 58 ans que le Spd est ordolibéral (économie sociale de marché, rien moins que constitutionnel en Allemagne), alors Schröder…

  8. Bonjour;
    Il me semble que nous vivons la dernière élection présidentielle de la 5ème,en tout cas sous cette forme;pas un des »grands » candidats ne sait ce que c’est de travailler,en tout cas plus depuis belle lurette,ni,pire,ce que c’est que de rechercher un emploi…
    Quand la majorité des citoyens arrive à s’en sortir tant bien que mal,ça passe,mais quand même la »classe moyenne »tire la langue et s’inquiète pour ses gosses,ça risque de tanguer sous peu,quelque soit la brutalité des classes dominantes pour imposer ses choix,nous en avons eu un aperçu il y a quelques mois…Et qui commandait les matraques à ce moment là?Les gens s’en souviennent et n’ont pas oublié non plus la pusillanimité des »frondeurs »…Le PS est un parti d’élus et d’apparatchics qui ne lâcheront rien.Hamon,aussi manoeuvrier soit-il n’est pas prêt de le contrôler,sauf à manger quelques chapeaux.Mélenchon a la cohérence pour lui,même si je ne donne pas cher de son nouveau machin dans la durée(La France Insoumise après la Convention pour la 6ème République et le Parti de Gauche…)Appuyer un candidat par un clic,et militer,même si des gens sincères se donnent de la peine,ce n’est pas la même.L’union est un combat et sur le terrain,on aiguise les couteaux,même dans des circonscriptions sans véritables enjeux;je crains que non seulement la présidentielle se passe en ordre dispersé,et tout de même,je ne vois pas Hamon avoir une légitimité autre que sondagière,quant aux législatives…Enfin,comme disait un président du conseil: »Aucun problème ne résiste à une absence de solution »!Citoyens,il va falloir s’en mêler,et enfin faire de la politique…avec ce qu’on a.

  9. « Parce que le plus important, ce ne sont pas les personnes, ce sont les idées ».
    Certes, mais pour mettre en pratique des idées il faut gagner les élections. Et pour cela il faut quand même (qu’on le regrette ou non) un minimum de charisme et d’éloquence. Sur ce point, je n’ai pas l’impression qu’Hamon soit le meilleur. Qu’il se désiste en faveur de la bête de scène du moment qui lui accordera s’il est sage un strapontin holographique.
    Mais à quoi bon ces discussions stériles puisque le Grand Prophète Sondage a déjà élu Macron président. C’est MA-THE-MA-TIQUE qu’y disent.

  10. Je m’excuse d’avance d’avoir pas pris le temps de lire tous les commentaires, ayant peut être exprimé la même chose…

    M. François Fièvre. N’y a t-il un hic dans le fait de nous présentez que M. Mélenchon se retirerait (aux profits des idées) si M. Hamon reconnaissait l’entièreté du programme de FI comme celui devant le faire élire à la présidentielle, en signant la charte… ?

    Est-ce que ce hic serait aussi persistant si c’était M. Mélenchon en personne, et non vos louables intuitions, vos interprétations n’étant pas mises en doute non plus, qui faisait la même déclaration solennelle… ?

    Et est-ce que les électeurs-trices de M. Hamon suivraient ce dernier, s’il se désavouait ainsi que son programme, en reconnaissant celui de FI et de M. Mélenchon l’ayant porté, comme meilleur… ?

    N’y a t-il pas une impasse à former une majorité suffisante si les électeurs-trices de M. Hamon ne voudraient pas voter pour ce dernier, parce qu’il se désavouerait au profit du programme de FI et de M. Mélenchon, au rique qu’ils-elles partent vers Macron, l’abstention ou le fhaine, en colère et se sentant trahis-es abandonnés-es… ?

    1. Cela dit, je voudrais rajouter par ailleurs que je défends une bonne partie du reste de l’analyse, mais reste dubitatif sur d’autre point manquant d’explication, de contre-point de vu selon moi, à opposer aux programmes des uns et des autres pour en faire un tout commun.

    2. Vous avez raison. C’est pour ça que ce ne sont que des hypothèses de travail, de la « politique-fiction » si on veut, et pas autre chose. Mais je me suis dit, vu le nombre de personnes qui « appellent à une union entre Hamon et Mélenchon » sans savoir à quel poitn c’est compliqué, qu’on pouvait au moins essayer de voir si c’était davantage possible d’une manière ou d’une autre. Et sur les deux axes programmes/personnes, il me semble que du moins probable au plus probable, on peut avoir cette suite:
      1/ Mélenchon se désiste au profit de Hamon et de son programme
      2/ Hamon se désiste au profit de Mélenchon qui porterait le programme de Hamon
      3/ Hamon se désiste au profit de Mélenchon et de son programme
      4/ Mélenchon se désiste au profit de Hamon qui porterait le programme de Mélenchon.

      Des quatre hypothèses, je n’ai abordé que la quatrième parce que c’était la seule qui me semblait possible. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit probable, loin de là. Et en plus on sait tout à fait que quelle que soit l’hypothèse choisie, les électorats en effet ne s’additionnent pas mathématiquement, surtout sur la base de sondages eux-mêmes sujets à caution…
      Ce qui risque de se passer du coup, c’est l’élection de Macron, maintenant que Fillon est out… à moins que, à moins que, on ne sait pas, il reste encore trois mois, et il peut se passer beaucoup de choses. Qui aurait pu prédire avant l’arrivée de ces événements 1/ la victoire de Fillon, 2/ la victoire de Hamon, 3/ la déroute actuelle de Fillon? Dans ces conditions, tout devient possible, y compris la victoire du candidat doppelganger. Donc en ce qui me concerne, ça reste JLM de toute façon.

      1. « il peut se passer beaucoup de choses. »
        C’est aussi ce que je pense aussi.

        Et merci d’avoir relancé le débat pour explorer toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Dans votre liste pour pourriez ajouter celle de la plateforme commune suggérée par François Leclerc. Je suis assez « vieux » pour avoir connu le programme commun de la gauche. L’époque et les circonstances ne sont pas les mêmes, mais c’est une idée qui me semble indémodable. Quand il existe diverses tendances dans un mouvance (ici celle de gauche) et devant un danger plus grand encore que celui de voir perdre son propre parti, on s’attache à trouver un socle d’idées communes pour sauver ce qui peut l’être, et l’emporter. En 1981 le programme commun avait été longuement mûri, puisqu’il résultat d’un accord signé en 1972 https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_commun mais nous nous avons changé d’époque, nous vivons à l’ère numérique. Tout va beaucoup plus vite. Demain, si Mélenchon, Jadot et Hamon le voulaient, un accord pourrait être signé. Ce serait un coup de tonnerre dans la campagne. Panique à bord coté LR et Macron ….
        A suivre

      2. PYD, 6 février 2017 à 23 h 04 min

        Vous allez trop vite, 72 oui, vous oubliez le tournant de 78 et le reproche du PCF au PS d’abandonner le programme commun, et Mitterrand en 81 c’était les 101 propositions inspirées du programme commun mais pas le programme commun même si en 10 ans des petites choses étaient périmées.
        Le président, un trait m’importe : qu’il sache soutenir un OUI comme un NON, avec l’appui d’une majorité + des français. Si Mitterrand n’avait pas renoncé à la 90e proposition, sur la création d’« un grand service public, unifié et laïque de l’éducation nationale », traduite par le projet de loi Savary, et mise en échec par le « Mouvement de l’École libre de 1984 » bref droite et extrême droite, croyez vous qu’on en serait là ? Les petits blonds de l’époque ont 40 balais aujourd’hui…

      3. Rosebud1871, ok pour les précisions.
        On ne revient pas en arrière, ma référence au programme commun c’est juste pour dire que c’est possible pour la gauche de gagner les élections. Donc c’est la méthode qui m’intéresse en l’occurrence. Méthode qu’il va falloir jouer en accéléré …
        Je ne reviens pas sur les années Mitterrand dont Hollande est l’héritier …

      4. Sur les années Mitterrand, les propos du président que rapporte son épouse Danièle Mitterrand sont la plus grande leçon de science politique. Ils réduisent à néant l’agitation des politiciens, qui bien sûr ne citeront jamais les propos de Mitterrand. Je les ai trouvé et savouré ici:
        Mitterrand: « j’ai gagné le gouvernement, mais pas le pouvoir»
        http://wp.me/p5oNrG-vMh

      5. On aurait sans doute eu aujourd’hui, quoi qu’il fût advenu de la 90eme proposition de 81, le blond Macron ou un autre pour torpiller Monsieur et le candidat du PS, mais avec un Rocard plutôt qu’un Savary à l’Education, peut-être n’aurait-on pas eu les grandes manifs de 84…
        Passionnante interview (pléonasme) de Rocard en 2006 sur son passage rue de Varenne et la Loi Savary.
        https://www.cairn.info/revue-parlements1-2006-1-page-18.htm

        1. On peut le comprendre le pauvre Méluche, même sourd comme un pot, écouter la casserole blonde éviter chacun des notes avec un entêtement qui frise le surnaturel, c’est au-delà du supportable 😉

      6. Charles 7 février 2017 à 5 h 44 min

        Oui Mitterrand n’était pas débile. Je répète : L’addition du « Pouvoir » + « Pouvoir ne pas » c’est la toute puissance. « Ne pas pouvoir » c’est l’impuissance.
        La finance n’est pas toute puissante non plus.

        Je préfère des adversaires doués, ça permet de causer. Quand à la révolution, j’ai pu entendre des plaintes reprochant à l’armée rouge de ne pas être allée jusqu’à Brest (et tant qu’à faire pourquoi pas jusqu’au au phare de Finisterre en Galicie ? ) des plaintes de gauchistes reprochant au PCF de ne pas avoir pris les armes en mai 68, ça en dit long sur le sentiment de toute-puissance de certains…

      7. Certes mais il pourrait au moins honorer l’Internationale en duo de la casserole et de l’Alexis de la présence d’un hologramme enregistré. 😉

      8. Ce qui est dommage, il me semble c’est qu’il faille… maintenant que le ps a dégagé sa ligne, a ouvert un peu plus l’horizon, de manière nettement plus majoritaire en tout cas, et plus clairement que ce que la gouvernance « social démocrate-libérale » de Hollande/Valls/Macron l’ont obstrué, obscurcie… c’est qu’il faille donc venir se disputer entre Hamon, Mélenchon, etc qui des programmes et/ou des égos proposer aux plus de 9 millions de personnes survivant sous le seuil de pauvreté, aux personnes précaires, paupérisées, discriminés-es à l’embauche, à l’accès aux droits sociaux (NON RECOURS, et manque de logements sociaux, etc refus du droit de vote… contrôles aux faciès…) et par les hausses d’impôts injustes par des 49.3 (CICE, pacte d’irresponsabilité, « lois scélérates », etc, exonérations fiscales pour « l’ubérisation et ordinisation » du travail et de l’emploi disparaissant) et enfin par l’austérité et l’explosion illégitime, illégale des dettes publqiues.

        C’est même tellement dommageable pour ce public qui est majoritairement abstentionniste, peine dans la « mondialisation » et/ou « l’économie productiviste », quand malheureusement une part croit que haïr l’accueil des réfugiés-es, des plus pauvres qu’elle, lui est salutaire… c’est tellement dommageable donc que le fait que M. Mélenchon ai refusé de participer aux primaires de gauche, de jouer carte sur table au moment opportun (même s’il était téléguidé par les « sociaux démocrates-libéraux », refuser le combat, cette attitude individualiste, m’a semblé nuire à la prétention de reformer du sens et des repères collectiviste, du commun), fait qu’il est autant suspecté de défendre que sa paroisse (productiviste), avec la personnification excessive et abusive du pouvoir monarchique qu’il veut conquérir et prétend rendre, cela semble autant suspect donc que Macron et son « présumé » « anti-système », son absence de programme (qu’il adapte en réalité suivant le sens du vent) occupe le vide laissé par l’absence de confrontation de la pluralité de la gauche dans les primaires.

        Mais ce qui finit par sembler discréditer plus encore M. Mélenchon et FI (ne faisant pas par exemple le plein de voies des abstentionnistes) de ne pas pouvoir mener à bien, avec ses soutiens, malgré des propositions fortes (révocations des élus-es, etc)… répondant qu’à une partie des problèmes de « représentativité », est un point critique qui peut aussi être mis du coté de M. Hamon et son programme mal étayé, porté par ceux et celles que M. Mélenchon lui demande de dégager… Ce terme lui même peut paraître agressif, à cet électorat abstentionniste trahi, abandonné, renié, autant qu’il peut donner du grain à moudre (dans le bon ou mauvais sens) au niveau local, aux élus-es de terrain du ps, mais aussi du fahne, des droites extrêmes, et autres de la « macronite », des plus suspects-es de retourner leur veste au moment venu… au moment ou le vent va tourner. Il me semble que malheureusement le serpent se mort la queue et risque de le faire indéfiniment tant que des plaies resteront ouvertes et purulentes.

  11. Présidentielle et législatives forment un tout : il faut une majorité de députés pour réaliser le programme ! Le personnalisme encombre les esprits !
    Du point de vue des forces en présence, il faut aussi rappeler que les cotisants réguliers du P.C.F. étaient plus de 50 000 votants au moment de la consultation de fin Novembre 2016, qui a choisi le soutien à J.L.Mélenchon.
    Le premier parti de France est celui de l’abstention, parfois plus de 50% des inscrits, chiffre qui se réduit quand les enjeux du scrutin sont sur la table, expliqués et mobilisateurs pour les classes populaires notamment. Il est certain qu’une candidature P.S. ne va pas mobiliser les fameux pêcheurs à la ligne !…
    Et après trente ans de renoncement politique et d’hégémonie à gauche, il faut en finir avec le P.S., que B.Hamon s’en démarque en s’associant au programme  » L’avenir en commun », qui s’inspire de celui du Front de Gauche en 2012.

  12. J’ai retenu deux bouts de phrases du happening médiatique déplorable de FF aujourd’hui. Si je les assemble, en trichant à peine, on résume absolument le bonhomme.
    « Je ne suis pas absolument parfait, à l’insu de mon plein gré. »

    1. Une alliance improbable JL Mélenchon – B. Hamon, c’est l’assurance de voir un deuxième jour avec E. Macron, donc E. Macron comme président, comme un désistement de B. Hamon ou de JL Mélenchon au profit de l’autre. Donc chacun des deux restera candidat, ne révez pas d’une Alliance, c’est foutu pour cette fois ci.

      B. Hamon doit choisir une stratégie qui lui permettra d’être présidentiable en 2022.

      Conclusion : on part seul pour les présidentielles et on organise le désistement systématique au profit du meilleur pour maximiser le nombre de députés et préparer l’alliance en 5 ans. 5 ans ça va, ça donne du temps. JL Mélenchon n’aura plus de voix

    2. François Fillon a tout perdu, même sa femme à son insu. Il réalise maintenant que l’argent ne fait plus le bonheur.

      1. Julien, je ne suis pas très au fait de ce qui se passe en Allemagne. Ca vaudrait peut-être un petit éclairage rapide ?

        SPD = parti socialiste de droite, sans jeu de mots ?

  13. Ensemble a publié un texte qui contient une proposition concrète qu’ils demandent à Jean Luc Mélenchon de faire sienne.

    …/… « Ensemble ! » propose que les trois candidatures à gauche, et les forces en accord avec cette démarche, se rencontrent pour examiner quelles convergences sont possibles en vue d’un « Pacte pour une alternative de gauche », visant à rassembler tous ceux qui veulent en finir avec le bilan désastreux du quinquennat Hollande, et veulent redéfinir un projet mobilisateur pour faire front face à Fillon, Macron et Le Pen. Dans ce cadre, Ensemble ! propose de multiplier les initiatives locales associant les forces politiques, le mouvement social, les forces citoyennes, notamment sous la forme de débats publics.

    Ensemble souhaite que Jean-Luc Mélenchon se fasse le porte-voix de cette proposition de rassemblement et qu’il s’adresse en ce sens à Yannick Jadot, Benoît Hamon et à toutes les forces sociales, politiques qui partagent cet objectif. …/…

    Ce « pacte pour une alternative de gauche » se décline en sept points que je vous invite à aller découvrir sur
    https://www.ensemble-fdg.org/content/declaration-politique-densemble-0

    1. La seule chose dont est sûr quant avec les propositions du groupe Ensemble, c’est qu’il cherche du picotin pour ses dirigeants.
      Autain, porte-parole et Asensi, seul député et autre figure de Ensemble, se sont fait élire en 2014 respectivement vice-présidente et président de l’agglo « Terres de France » (regroupant Tremblay, Sevran et Villepinte) en passant un accord avec la formation de Sarko (UMP alors) contre le candidat PS/EELV…La première vice-présidente est donc Martine Valleton, maire sarkoziste (UMP alors) de Villepinte.

      « L’objectif est de travailler avec tous dans le consensus et surtout dans l’intérêt des populations[…]au-delà des clivages partisans » avançait Asensi comme justification. Un consensus politique avec l’UMP ? On voit là l’importance que peuvent accorder les patrons d’Ensemble à leur propre programme, comme à n’importe quel autre…

      1. merci pour cette information, mais le propos ici est d’envisager les différentes voies qui pourraient faire advenir une gauche de gauche au pouvoir, dans cette perspective l’initiative d’Ensemble me parait digne d’intérêt.

  14. Un ptit pronostic :
    au premier tour Macron le banquier ou Fillon le hobereau de province , au coude à coude .
    Je ne vois pas d’alliance réalisable entre Méluche et Hamon , hélas … (et Jadot et les quelques autres )
    Dommage car une situation favorable à 2 mois et demi de la présidentielle (droite embarbouillée) ne se représentera pas de sitôt .

    1. Qui va réussir à couper les ailes au FN, je ne vois vraiment personne y arriver sauf E. Macron. Je vois plutôt une finale E. Macron / M Le Pen, Le Pen n’étant arrivée que seconde au premier tour.
      C’est mon pronostic si F. Fillon ne laisse pas laisser tomber ou si un « relayeur » prend la suite de F. Fillon (Larcher).
      Si X Bertrand renie sa promesse faite aux Hauts de France, ça pourrait changer un peu le paysage. B. Lemaire est trop tendre et trop perso pour cette présidentielle.

  15. Dans le programme de M. Hamon, il y a quelque-chose qui m’interpelle. Pourquoi vouloir sortir les dépenses militaires du calcul des déficits ?
    J’y vois la porte à toutes les dérives guerrières.

      1. Parce que la France a un budget militaire important qui pourrait être utilisé pour défendre l’Europe, avec son deuxième porte-avion !

  16. Une alliance improbable JL Mélenchon – B. Hamon, c’est l’assurance de voir un deuxième jour avec E. Macron, donc E. Macron comme président, comme un désistement de B. Hamon ou de JL Mélenchon au profit de l’autre. Donc chacun des deux restera candidat, ne révez pas d’une Alliance, c’est foutu pour cette fois ci.

    B. Hamon doit choisir une stratégie qui lui permettra d’être présidentiable en 2022.

    Conclusion : on part seul pour les présidentielles et on organise le désistement systématique au profit du meilleur pour maximiser le nombre de députés et préparer l’alliance en 5 ans. 5 ans ça va, ça donne du temps. JL Mélenchon n’aura plus de voix

  17. Hamon, je vois ça d’ici…

    Son idée phare, le revenu universel (dont j’attends toujours que Paul m’explique en quoi la simplification administrative qu’il provoquerait, et donc la liberté que des gens comme moi regagneraient, pourrait être confisquée par la finance…), connaîtra exactement le même sort que la célèbre promesse de Hollande de « s’attaquer à la finance »: au mieux, on nommera un comité Théodule, qui enterrera toute l’affaire ou décrétera, après trois ans de réflexion – grassement payée -, que c’est infaisable parce que nous ferait « perdre de la compétitivité »… Un « frondeur » qui ne met jamais en péril le gouvernement qu’il prétend contester, merci bien.

    Mais voilà, Monsieur Hamon plaît au taulier des lieux, pour au moins deux raisons: il est venu le saluer dans une réunion publique (et ce n’est pas faire injure à Paul que de relever à quel point il est friand de mondanités…), et il ne lui rappelle pas son prof de maths. Deux raisons majeures.

    Donc, le blog de PJ, après avoir perdu des mois à soutenir la candidature d’un non-candidat, va militer pour Hamon… Que de temps perdu!

    Un dernier mot: s’il faut réellement affronter la finance – et ce point semble à peu près faire l’unanimité ici -, je préfère de loin un homme aguerri, capable de faire preuve d’agressivité (oui, ça clive…), à un n-ième leurre, même propre sur lui. Ce n’est pas avec des ronds de jambes et des salamalecs que nous arracherons quoi que soit.

    @vigneron: merci, etc.

    1. « Militer pour Hamon », comme vous y allez !
      Je vois surtout ici un débat.
      Chacun donne ses raisons quant aux meilleures chances de faire gagner la gauche, et on les discute ces raisons, c’est comme ça qu’on avance non ?

      1. Faire élire une gauche qui n’est pas vraiment de gauche, franchement je ne vois pas l’intérêt, si ce n’est dégoûter encore plus de gens de la politique, et faire le lit du populisme de droite extrême.
        Le but d’une gauche authentique ne devrait pas être de conquérir le pouvoir pour s’y accrocher comme une arapède, mais comme lors de l’épisode du front populaire, profiter de son passage au pouvoir pour vraiment changer la vie des gens.
        C’est bien parce que les politiciens du PS ont eu comme priorité de se maintenir au pouvoir, quoiqu’il en coûte en terme de compromissions avec les forces de l’argent et de la finance, que ce parti est aujourd’hui en si mauvais état. Mais bon, dès lors que l’on « fait carrière » en politique, comment peut-il en être autrement ?

      2. PYD 7 février 2017 à 0 h 56 min
        « Meilleures chances de faire gagner la gauche »

        Si vous appelez « gauche » ce qui va des forces du PS représentées par Hamon, au NPA/LO alors je maintiens il faut un TAMDEM Hamon TRAIT d’UNION Mélenchon avec accord programmatique, juste pour savoir où mène celui qui tient le guidon.
        Mathématiquement, passé le 1er tour si l’adversaire est MLP à moins d’un mot d’ordre type « Hitler plutôt que le front populaire », c’est gagné, si c’est Fillion ça peut être gagné, si c’est Macron aussi.
        Reste le raisonnement de l’électeur : pour abonder dans le sens des remarques de Didier 6 février 2017 à 23 h 22 min , une de mes tantes ne votait pas pour un député PS alors qu’elle votait toujours PS parce que ce député ressemblait à son dentiste. A l’époque je n’ai rien pu faire avec cette têtue. Le raisonnement par analogie à ses apories qui résonnent.

        Inutile de me répondre qu’un pédalo est à 2 places, je suis au courant.

    2. Si Benoît Hamon lit Paul Jorion, s’il reconnaît son immense courage intellectuel, et s’il adhère plus ou moins aux articles sur ce blog, je trouve que c’est déjà pas mal, et je serai tenté de prendre mon courage à 2 mains, et de voter pour lui. Cependant, je ne vous cache pas que cela me fait peur pour plusieurs raisons.

      1 / j’ai peur de voter pour un programme aussi radical, sans que ce programme soit soutenu par une réflexion de fond qu’aurait engagée une large part de la population. Les espaces de réflexion sont faibles dans les grands médias, et il me semble que la très grande majorité des gens, ne comprend rien à ce qui se passe, qu’ils fuient même toute réflexion, et que la dispersion des idées et des programmes est à l’image de l’éclatement de toutes les certitudes, et du renoncement populaire à y comprendre quelque chose.

      2 / La deuxième chose qui me fait peur avec Benoît Hamon, c’est qu’il me semble peu aguerri. Je me base sur cette séance de photo prise avec le premier ministre, ces jours-ci, suite à sa victoire à la primaire socialiste. Cela ressemblait fort à un « piège d’image » : On l’a fait assoir là, à côté de B. Caseneuve, la star de l’anti-terrorisme, qui posait en majesté… et la disposition mettait Hamon dans une posture d’infériorité. On n’a pas osé lui mettre un siège plus bas, mais c’était pas loin. Il ne faut pas tomber dans ces pièges, il faut être comme Obama, ou comme Caseneuve justement : ne jamais quitter d’un mm sa posture de modestie, ne se laisser griser par aucune flatterie, et être prêt à massacrer le premier qui tente de vous éloigner de cette attitude.

      1. @Vincent Rey (7/17 à 10:15)
        Votre première réflexion est fondamentale…
        … » une réflexion de fond qu’aurait engagée une large part de la population « …
        Ça me rappelle quelqu’un… pas en odeur de sainteté sur cette époque du blog… Dommage.

    3. Le revenu universel a permis à Hamon de gagner la primaire. Mais c’est un coup de démagogue. Le revenu universel, dans l’univers dans lequel nous vivons c’est la garantie du renforcement d’une société à deux vitesses. L’on donnera aux « surnuméraires » une somme de 700€ à 800€ aux exclus comme solde de tout compte et qu’ils fichent la paix aux inclus, tout en permettant le démantèlement de la sécurité sociale.

      1. Sauf que nombre de « surnuméraires » touchent moins de 700 à 800 €.

        RSA + ALS + CMU + prime de Noël, on y est aux 7 à 800 de pouvoir d’achat pour une personne seule

    4. Rosebud1871,
      Nous sommes souvent en désaccord, mais sur ce coup là je crois que nous pouvons nous entendre. Oui, un accord programmatique ! Je ne vois pas mieux non plus, j’ajoute tout de même qu’il faut y inclure EELV.

      1. Pierre-Yves Dambrine 7 février 2017 à 13 h 27 min

        L’écologie j’ai été aveugle pendant des décennies sur l’urgence, et pis EELV qu’il y ait des écologistes pro-capitalisme est aberrant pour moi, d’où l’oubli ! Bien sûr EELV ! Ce qui nous sépare reste discutable ; pas, plus, ce qui nous rassemble, et pas seulement entre vous et moi.

  18. À ce stade aucun candidat ne veux faire progresser l’Europe politique autour des pays de l’Eurogroupe.
    De facto la France est en train de s’engager dans le FREXIT.

  19. Bonjour
    J ai essayé de vous lire , je l avoue avec peu d assiduité … Je pense que mélenchon …oups je reprends j espère que Mélenchon n ira pas s allier avec l ennemi , Hamon une fois au pouvoir nous remettra les mêmes cancers que Mr Hollande. Si c est pour reprendre le même jeu je jette mon pli … Cordialement lydie

  20. Le rassemblement n’est possible que si le P »S » explose, comme une supernova dont les débris iraient alimenter d’un côté le trou noir Macron, de l’autre la proto-galaxie Mélenchon . Or pour des raisons purement électoralistes et de carrière, les caciques du P »S » vont tout faire pour maintenir une unité de façade. Donc, de rassemblement de toute la gauche il n’y aura pas, il ne faut pas se faire d’illusion. Le P »S » va conduire la gauche à la défaite en avril-mai 2017. Pour continuer à filer l’allégorie cosmique, le P »S » n’est plus depuis longtemps qu’un astre mort, dont la lumière nous parvient encore (c’est de Lordon). Mais beaucoup de sympathisants de gauche croient encore à son existence et vont se faire avoir, comme ils se sont fait avoir en 2012. Ce qui est grave c’est que derrière ce mirage spatio-temporel, il y a certes Macron et son ubérisation de la société, mais aussi MLP et le péril qu’elle représente pour la paix civile (pour l’instant le bolide Fillon semblant en voie de désintégration).

    1. Dans votre hypothèse « de la destruction créatrice », où en passant vous chargez unilatéralement la barque du PS, l’ennui c’est que la gauche perd en 2017, et en sus vous n’évitez pas le péril que vous voudriez éviter.

      1. Vous reconnaîtrez qu’il y a maintes raisons de « charger la barque du PS » comme vous dites. Je suis de ceux qui ont fait confiance à ce parti en 1981, puis lors de nombreux scrutins ensuite, en particulier lors du référendum sur le traité de Maastricht (sa promesse d’Europe sociale, et d’un euro qui était censé dynamiser notre économie).
        C’est à partir de 2002 que j’ai commencé à m’en éloigner, et surtout à partir de 2005. La question européenne est centrale dans la désaffection d’une bonne partie de l’électorat du P »S » envers ce parti. Mélenchon a bien des défauts, mais il a le courage de l’aborder . Et par ailleurs, le programme de la FI (qui n’est pas l’oeuvre du seul Mélenchon) a le grand mérite de poser la question sociale, tout en tenant compte des contraintes environnementales, et de proposer des pistes pour sortir de l’impasse de l’économie capitaliste productiviste telle que nous la subissons aujourd’hui. Il a le mérite de dire « aux gens » qu’il n’y a aucune fatalité à se résigner, et que l’homme n’est homme que lorsqu’il est debout !
        « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »
        Abraham Lincoln – 1809-1865

      2. Macarel,
        Pour les mêmes raisons je fais partie de ces déçus du PS.
        Mais sachez que Hamon a voté non au project de constitution européenne en 2005, il a réclamé un référendum sur le mini traité. http://www.lemonde.fr/politique/article/2007/11/12/benoit-hamon-eurodepute-ps-abandonner-le-projet-d-un-referendum-sur-le-traite-simplifie-accroit-la-defiance-a-l-egard-de-l-ue_977448_823448.html
        Que voulez-vous de plus ?
        Je sais pas si vous êtes au courant, mais il vient de remporter la primaire. La configuration n’est plus la même au PS. Alors c’est pas le moment de mollir. 😉
        Je suis bien conscient que Hamon ne peut pas à lui tout seul nous emmener vers la victoire de la gauche, mais ne pas en tenir compte c’est se résigner à la défaite…

  21. J’ai dû m’éloigner quelques jours d’un PC et du blog. Au retour, j’ai été surpris avec quelle énergie Paul s’impliquait dans l’élection présidentielle.
    Je ne reconnais plus mon Paul. Ça a changé un max. Au lieu d’une saine distanciation des faits et péripéties, Paul et le blog foncent dans l’actualité le nez dans le guidon. Au point d’avoir des réactions à chaud pour ce qui restera comme une ride dans un verre d’eau tiède.

    Je m’étonne de la haine que soulève Mélenchon. Passe encore que le parti de Poutou le fusille à mort en l’accusant par avance de tous les revirements. Ces gens, les poutouniste ont toujours préféré la victoire de la Droite. Mais de la part de gens raisonnables, c’est incompréhensible.

    Macron et Fillon, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, et le P »S » est mort, explosé ou dispersé. On s’acheminerait donc vers un match Droite( Macron, plus probable que Fillon) contre extrême droite. Ce qui est la honte absolue. Nous n’en sommes plus au choix positif. Il ne nous reste que le choix négatif des résidus. Et ce choix est Mélenchon, même si il est plein de défauts. Il a au moins le mérite d’un programme qui l’engage. Ceux qui tirent à vue sur Mélenchon se rendent-ils compte qu’ils favorisent ce match entre droites ? Ils portent la responsabilité d’une honte irréparable. La patrie des droits de l’Homme et le berceau de la Révolution va donner au monde un spectacle désolant.
    C’est à croire que le simple réflexe de la survie nous quitté.

      1. Vigneron, on vous aura connu mieux inspiré. Colporter ces rumeurs de “pacte tacite” entre Le Pen et JLM revient à racler le fond du bidet de la réflexion politique. Je ne sais pas ce qu’il peut se passer dans la tête de la Le Pen, mais en tout état de cause JLM ne perd jamais une occasion de l’attaquer. Sauf qu’en effet il ne passe pas son temps à le faire, parce qu’il a souvent mieux à faire au cours de ses meetings, comme par exemple dérouler son programme.
        Et pour le second tour, il n’y a pas d’adversaire “rêvé”, les trois autres candidats, Fillon, Macron et Le Pen, incarnant un angle de la vie politique française. Et donc ayant pleinement leur place au sein de la bataille des idées, de manière plus ou moins nauséabonde.
        http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/09/31001-20170109ARTFIG00262-vers-la-quadripolarisation-de-la-vie-politique-francaise.php

      2. Qui peut nier que Monsieur n’a qu’un rêve, comme tous les autres prétendants : se retrouver face à la pénienne le 7 mai ?
        Qui peut nier que la pénienne n’a qu’un rêve : se retrouver face à Monsieur le 7 mai ?
        Je ne peux nier n’avoir qu’un cauchemar quant au 7 mai : un duel Monsieur/la pénienne.

      3. L’alliance du rentier et de la rentière contre le troufion et le bellâtre sera d’une telle inefficacité que le bellâtre fera explosé la rentière lors des débats sur chacune des propositions de l’un ou de l’autre.

        Ce commentaire n’est pas sérieux mais je me l’autorise !

      4. @Vigneron
        Moi je le nie. Effectivement on vous a connu mieux inspiré… Et je pense qu’un deuxième tour Mélenchon-Fillon serait plus significatif.

      5. Qu’est-ce que tu nies ? Que Monsieur rêve de la pénienne au deuxième ? Qu’il la préfèrerait à Fillon ou Macron ? En ce cas, il est temps pour toi d’envisager de se réveiller.

  22. Bon, voilà pourquoi Hamon est une impasse, non seulement électorale, mais politique. À quoi sert que la “gauche” gagne si c’est “business as usual”? Je ne suis pas pour la politique du pire, mais je préférerais vraiment que la gauche soit dans l’opposition plutôt qu’elle continue sur sa lancée blairiste. Et faire une “plateforme commune”, pourquoi pas, mais avec quel parlement pour voter quelles lois ? Il est déjà trop tard du fait de la concomitance des présidentielles et des législatives, donc autant voter pour la résistance. À la double impasse électorale et politique Hamon, je préfère de loin la simple impasse Mélenchon. Qui si ça se trouve n’en sera pas une.

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hamon-un-programme-abandonne-avant-189352

    1. François Fièvre 7 février 2017 à 14 h 42 min

      Remarques justes et analyse du lien correcte en temps T.

      Il était juste que JLM pose la question de la légitimité de la députation façon El Khomri et consorts et culotté qu’Hamon rétorque « coupeur de tête » dans un pays où les sans-culottes font partie des images d’Épinal. Stratégie du faire peur ? Les anglophones appellent Skrink (réducteur de tête) les psy, mais à ma connaissance aucun psy n’a encore coupé la tête d’un patient pour la réduire dans sa marmite (image !) façon Shuars ou Jivaros.
      Pour le T + n, ça reste ouvert, les candidats à la députation sont « libres » avec ce qu’on appelle « liberté de conscience » (cette blague est drôle !) et le PS peut-être « libre » de retirer ? mais mieux vaut laisser la « liberté de conscience » agir…

      1. Il aurait pu dire aussi bien « chasse aux sorcières » ou « inquisition » pour ne pas froisser quelques belles âmes jacobinbines, mais pas sûr que l’effet eût été moins pire, surtout pour les anciens qui se souviennent de Valence 81, comme Monsieur.

  23. Bonjour,

    Merci François Fièvre de rétablir une certaine moyenne sur ce site, après le billet (calamiteux à mes yeux et à ceux de quelques autres commentateurs) de Pierre-Yves Dambrine.
    Je vais me limiter ici au projet de revenu universel du nouveau prince ‘frondeur’. (On ne sait déjà plus s’il ne faut pas appeler ‘frondeurs’ les députés PS qui lorgnent sur Macron.)

    Donner de l’importance au côté « clivant » du personnage Mélenchon n’est pas politique. Pour certains, ça frise ou ça respire la mauvaise foi, consciente ou inconsciente, pour d’autres on est dans la sujétion au show médiatique et aux poncifs. Insister sur ce côté de Mélenchon me paraît surtout refléter les rigidités du locuteur, une façon de ne pas dire que le programme est clivant (il a intérêt à l’être !) et un manque d’argumentation. Ce programme vendu 3 euros a été acheté à ce jour par 250.000 personnes.
    Et de même, donner de l’importance à un côté « sympathique » de Hamon n’est pas politique non plus.

    Le blog de Paul Jorion a pour objet central ou historique la prédation de la finance sur l’économie, et son fondateur nous a bien aidés à y voir clair. Une conclusion forte et qui devrait être en permanence dans les esprits, en est que rien de significatif ne sera fait sans combattre la finance et réduire sa part du gâteau.
    Mais malheureusement, cette considération cruciale est bien souvent absente ou très périphérique dans nos discussions, y compris dans certains textes de Paul, comme son article du Monde consacré récemment au revenu universel. (1)

    Il s’ensuit que si les 35 heures ont réussi, c’est parce que, et dans la mesure où, il a été touché aux privilèges du capital. Je pense pour ma part que c’est par inadvertance que Martine Aubry, bien intégrée dans la société marchande, a exercé cette pression.
    De même, le R.U. ne sera intéressant pour les classes populaires que s’il s’inscrit dans cette guerre-là. Autant le savoir, et le rappeler! Un R.U. « finançable », ce qui veut dire : sans toucher aux privilèges, ne sera, et ne pourra être, qu’une couillonnade. Merci Pagnol.

    Si Hamon devenait président (ça n’arrivera pas, je prends date), qu’apporterait au mieux son projet de R.U.:
    1 – Créditons-le de commencer à le mettre en oeuvre et de ne pas tourner casaque comme François Hollande face à son supposé ennemi « qui n’a pas de visage ».
    2- Son équipe commencerait par instaurer le R.U. pour une certaine couche de la jeunesse (c’est annoncé), parce qu’il faut être prudent et qu’en outre on est très sensible aux critiques de la droite (à laquelle appartient désormais une bonne proportion du parti, dont les sortants sortis), selon laquelle le RU n’est pas finançable.
    3 – Le temps du quinquennat filant, le camp Hamon n’arrivera pas à la phase suivante, et nous aurions provisoirement ou au final, juste une partie de la jeunesse qui disposerait de ce R.U. ‘finançable’.
    La condition d’une avancée serait alors que les clauses d’accès ne soient pas tâtillonnes et bureaucratiquement humiliantes comme le sont les allocations actuelles (en théorie ce devrait être le cas, mais ne sous-estimons pas la créativité bureaucratique), et alors cette partie de la jeunesse y trouverait des moyens inférieurs au seuil de pauvreté (supposons un statu quo ou une amélioration insuffisante de son état actuel) et surtout un certain bol d’air au quotidien, un relâchement de l’oppression – le mot est tristement exact.
    Resteraient de toutes façons d’autres limitations ou inquiétudes, dont une qui me paraît majeure, bien présente dans les arguments de Paul (encore (1)): une pression à la baisse sur les salaires accessibles. Je n’ai pas vu que Benoît Hamon préparait quelque chose en regard de cette embûche.

    *

    Dans le monde politico-spectaculaire où nous sommes, la confusion autour du revenu universel en général et de celui de Benoît Hamon en particulier, lui a sans doute permis de recueillir pas mal de voix. Sur le plan idéologique, l’avancée de cette notion n’est pas négligeable et fait hurler certains réactionnaires. Mais les réactionnaires les plus ‘malins’ ont déjà leur mouture toute prête, comme en Finlande, où un gouvernement de droite dure est le plus proche en Europe de concrétiser le projet.

    (1) http://www.pauljorion.com/blog/2017/01/24/le-monde-lecho-le-revenu-universel-de-base-fausse-bonne-idee-le-mardi-24-janvier-2017/

    1. Il s’ensuit que si les 35 heures ont réussi, c’est parce que, et dans la mesure où, il a été touché aux privilèges du capital.

      Passionnants les actes de foi, presqu’autant que les hologrammes.
      http://www.laviedesidees.fr/L-enterrement-des-35-heures.html
      « Récit d’un basculement du droit du travail. »

      De fait, dès 2000 – 2001, la gauche gouvernementale a souhaité limiter l’ampleur de cet électrochoc, qui a revivifié comme jamais la principale organisation patronale : en reculant en 2001, via des périodes transitoires, la date à partir de laquelle les petites entreprises allaient être concernées par ce nouveau seuil légal (prévu initialement à 2002 pour les entreprises de moins de 20 salariés), et surtout, dès la seconde loi Aubry adoptée en janvier 2000, en assouplissant les conditions d’obtention des aides financières promises aux entreprises qui passaient aux 35 heures. Car les entreprises, pour obtenir ces aides, devaient respecter les deux objectifs essentiels assignés à la loi : créer des emplois et réduire effectivement la durée du travail, pour éviter l’absorption intégrale de la RTT par des gains de productivité ou une mise en conformité purement juridique, sans RTT ou réorganisations [3]. Ainsi, dès la seconde loi Aubry, en n’exigeant plus un pourcentage minimal d’embauches ni une réduction de la durée du travail à mode de calcul constant pour obtenir les aides financières de l’État, la politique très volontariste et incitative de RTT était terminée. Autrement dit, dès 2000, le « carcan » si décrié des 35 heures – s’il a jamais existé tant, entre 1998 et 2000, l’incitation seule opérait – était largement assoupli. Après la seconde loi, seule restait une forte incitation à négocier, puisque, par contre, pour toucher ces fameuses aides, les employeurs devaient signer des accords majoritaires. La loi Fillon de 2003 généralise ces aides à toutes les entreprises, qu’elles soient passées aux 35 heures ou non, et, par un abaissement de la majoration salariale des heures supplémentaires pour les petites entreprises, neutralise la hausse des salaires qu’implique le maintien du seuil légal des 35 heures et le refus de la plupart de ces petites entreprises de négocier des accords et de réduire la durée effective du travail.

      1. Bonjour,

        Vigneron, qui ne rate aucune occasion de relever les bretelles qui ne sont pas les siennes, et dont certains jours je me demande s’il n’est pas Julien Alexandre (je ne plaisante pas), voire un contractuel de Paul Jorion engagé pour l’animation du blog (je plaisante), me donne ici raison.

        Sa citation, extraite d’un site très soucieux de l’émancipation humaine et populaire, d’un site qui ne s’en laisse pas conter par les pouvoirs en place, et encore moins par le droit, irréfragable (incontestable) et prioritaire, de la finance à s’enrichir, ne peut omettre de constater qu’à ses débuts, la première phase des 35 heures, était bien gênante pour …certains. Ni que dans les années qui ont suivi, droite et « gauche » confondues n’ont eu de cesse de castrer la mesure initiale.

        Je le dis ici juste par ennui et par accident. Vous remarquerez que je n’y ai mis aucune urgence. Je réponds au sieur raisiné-raisonnant, vineux-vinifié, plus de trois jours après son dépôt. Chose incroyable, les commentaires sont toujours ouverts.

        Je ris.

      2. Les Britts disent que la première impression est toujours la bonne surtout si elle est mauvaise. Aubry aurait donc été bien inspirée d’en rester à sa première impression sur les 35 heures et avisée de rester scotchée aux préceptes d’un certain T. Pi…y : « on ne combat pas la stagnation économique avec des mesures malthusiennes ».

      3. Nulle part les 35 heures n’ont écorné les « privilèges ». Elles étaient échangées, à l’échelle des entreprises, contre des assouplissements de la durée globale du temps de travail, notamment contre l’annualisation du temps de travail. Cela permettait aux directions patronales de rationaliser la présence des mêmes salariés sur l’année avec la distinction entre périodes basse et haute de production sur l’année.
        De plus, là où le rapport de force était le plus défavorable aux salariés, même en présence de représentants syndicaux (rarement combatifs), elles ont souvent étaient octroyées contre une baisse du treizième mois ou une disparition d’avantages anciens comme les primes de vacances, ou d’autres plus particuliers à tel corps de métier. Les embauches n’étaient en rien obligatoires, mais soit refusées par les directions, qui pouvaient ne pas signer d’accord, soit largement compensées par les aides, et toute embauche prévisible lié au remplacement d’un salarié passait alors comme relevant de l’accord.

        Dans très peu d’entreprises, comme la FNAC-Paris, des grèves, en l’occurrence celle de 1999 ayant empêché l’entrée des marchandises à la période de Noël ont pu renverser le rapport de force et imposer les termes d’une négociation au bout de laquelle les salariés ont pu obtenir deux semaines de congés supplémentaires annuels ou un jour de repos hebdomadaire (et même là, un syndicat avait vendu un des onze jours fériés traditionnels, en l’occurrence celui de la Pentecôte, le même que Raffarin volera au prétexte de la mort des vieux causée par la pénurie de bouteilles d’eau l’été précédent).

        La seconde loi généralisa l’échange inégal en imposant soit 35 heures contre l’annualisation du temps de travail, soit le maintien à 39 heures dont 4 payées à 25 % supplémentaires, ou moitié-moitié avec une durée hebdomadaire par tête de 37 h 30. Bien évidemment, la rationalisation permettait aux chefs d’entreprises de ne pas embaucher en inondant l’idéologie de leurs larmes de crocodile, et le gouvernement auquel appartenait Aubry n’a pas facilité les régimes de chômage.

        Martine Aubry, ancienne directrice adjointe chez Pechiney, savait comment accompagner les intérêts patronaux dans le contexte de la raréfaction du travail. L’histoire de sa loi est un laboratoire menant au dialogue social à l’échelle des entreprises plutôt qu’au niveau des branches et aux assouplissement du code du travail dont la loi El Khomri-Macron est un achèvement.

  24. On lit que JLM s’inspire de Sanders : je voudrai apporter un ferme démenti d’expérience sur un point.

    Quand j’ai envoyé 50 € pour financer Sanders (en intervenant donc dans la campagne US…comme d’autres moins discrets que moi) j’ai commencé dès le lendemain à recevoir de 1 à 5 emails quotidien à contenus différents se terminant tous invariablement en anglais bien sûr par: « merci d’envoyer à nouveau XX dollars (la conversion de mes euros) dès aujourd’hui via paypal ».

    J’ai fini par leur écrire en anglais que j’étais français, que je soutenais mais pas tous les jours et je ne voulais pas voir ma boîte envahie. À ma grande surprise un type a vraiment lu et ils m’ont laissé tranquille.

    Pour les Insoumis, la première fois que j’ai envoyé 50 € j’ai juste reçu un merci, puis plus rien.
    La seconde il y avait la possibilité d’un prélèvement mensuel le temps de la campagne électorale, j’ai pris un abonnement et j’ai reçu un merci et puis plus rien.
    Morale : on voit bien que les Insoumis n’ont pas copié Sanders et j’espère qu’il ne leur arrivera pas la même chose.

    1. Ouais, en même temps Monsieur cherche pas à lever l’équivalent insoumis des $ 230 millions de Bernie.

      1. Voui, « l’équivalent insoumis » c’est pas pour les chiens. Ça veut bien dire « à l’échelle », soit 50 millions de roros ou 3 fois son plafond de dépenses autorisé (premier tour seulement, évidemment).
        Moi, je vais envoyer 50 roros au Fonds Solidaire d’Aide aux Belges Francophones Aux Abois Sans France Inter, pour qu’au moins un puisse se payer une radio wifi… Je pense pouvoir en récupérer les deux tiers en baisse d’IR pour cause humanitaire.

      2. C’est exactement ce que je dis, rien à voir avec les fonds levés par Bernie.
        Tant qu’on parle gros sous, j’avais particulièrement apprécié la chevaleresque défense de la pénienne par Monsieur lorsque les médias ont révélé le financement des campagnes du FN par des banques russes et son appel à la pitié des banques françaises envers sa pénienne et chère concurrente. Ce fut littéralement dé-lec-ta-ble.
        Au fait, on sait toujours pas quelles sont ces « deux banques coopératives » qui auraient courageusement prêté 8 millions à Monsieur ?

    2. « Ce fut littéralement dé-lec-ta-ble. »
      Juste présenté comme une attitude républicaine !

      Par ailleurs il ne vous aura pas échappé que ces deux banques coopératives mettent une condition, un peu plus de 600 promesses de signatures de parrainage . . .
      On peut imaginer que c’est une pratique courante et qu’elle pourrait expliquer la « difficulté » du FN, mais ne rêvons pas trop . . .

  25. Bonjour
    Comme F. Fillon, B. Hamon a commencé comme assistant parlementaire. Il sait bien saisir d’où vientle vent. Il a fait une magnifique carrière d’apparatchik au sein d’un parti, bien subventionné, mais pas assez sans doute puisque l’actuel secrétaire général du dit parti a été condamné dans l’affaire de la MNEF. Pour rappel, les dirigeants de la MNEF, tous issus de l’UNEF (par laquelle passent les futurs top-apparatchiks du dit parti) avaient monté tout un réseau très opaque de sociétés diverses pour bien pomper les cotisations étudiantes…..
    On peut mettre ses espoirs en lui bien sûr.
    Linus, le copain de Charlie Brown, allait toutes les nuits d’Halloween dans le carré de potirons du potager pour attendre la Grande Citrouille qui devait le combler de bienfaits… Ça au moins, c’est plus poétique!
    Cordialement

    1. N’évoquons pas trop les longues carrières d’apparatchiks PS ex permanents de l’UNEF, ça nous mènerait trop loin, trop loin à gauche.

    2. Steve,
      d’habitude j’apprécie énormément tes commentaires, mais là, je trouve que c’est un peu court.
      Comme si le fait d’être apparatchik cela devait condamner a priori un politique. Je connais un célèbre apparatchik, même qu’il s’appelle Gorbatchev ! C’est tellement vrai que lors de retour de Chine par le transsibérien il y avait des vendeurs qui passaient de compartiment en compartiment pour nous vendre des matriochkas (poupées emboîtées). Et il se trouve qu’un de leur modèle était Gorbatchev soi-même, gris de gris, en costume gris, tout de bois. Bref, c’est l’image qu’il avait en Russie ! Mais ce type, lui, on est pas prêt de l’oublier, pour ce qu’il a fait ! Hamon n’est pas Gorbatchev bien sûr, mais tout de même … le réduire à cette caricature me semble contre-productif.

      1. C’est un peu court, mais on n’a pas oublié le pas-de-deux des frondeurs hypocrites sur la motion de censure contre la loi El Khomri ou Benoît Hamon s’est particulièrement illustré pour se faire attribuer un brevet d’opposant tout-à-fait bidon…

        https://www.youtube.com/watch?v=Y-H02oqnjlo&t=35s
        Primaire des ministres: la belle arnaque populaire

        https://www.youtube.com/watch?v=ENuNVbXn_C0
        Comment juger un candidat ? Bilan vs. Promesses – ALLER PLUS LOIN #1

  26. Eh les amis. J’ai vraiment pas envie dans 3 mois d’avoir ou Fillon, ou Macron ou Lepen à l’Elysée. Dans ces trois cas on va pas rigoler ! Dans l’est de la France ils viennent d’entériner le RSA contre du travail obligatoire. Et c’est déjà prévu que ce soit étendu ailleurs dans les régions. C’est ce genre de choses qui nous attendent. Au carré.

    Alors franchement les discours comme quoi Hamon c’est un ultra-libéral vendu au grand capital, je veux bien, mais c’est pas sérieux. je sais encore faire la différence entre un Fillon, un Lepen et un Macron avec un Benoît Hamon…. Le problème ce n’est ni Mélenchon ni Hamon, c’est une gauche incapable de voir que c’est maintenant que cela se joue. On a pas pas 5 ans pour préparer une victoire en 2022 ! Tout s’accélère. Faut faire avec nos possibilités, car les périls, les défis à relever, eux, ils ne nous attendront pas. L’objectif, là maintenant, c’est de faire gagner la gauche à ces élections. Après ceux qui voudront résister, se soulever, faire preuve d’insoumission si des lois ou des décrets scélérats sont promulgués, rien ne les empêchera de se bouger. Cela sera même vivement conseillé. Alors qu’est-ce qu’on attend pour nous rassembler !

    1. Le problème est qu’on a déjà donné en 2012. Hors de question de recommencer en 2017, le PS c’est un vote inutile, qu’il dégage donc !

    2. PYD, 7 février 2017 à 21 h 48 min

      « Eh les amis »…

      Je peux compter sur les doigts d’une main, ceux que j’ai choisis dans la réciprocité et qualifié « d’amis », au contraire de nombreuses relations amicales comme parfois le deviennent les liens professionnels ou camaradesques.

      « Dans ces trois cas on va pas rigoler »

      Même avec le 4ème ça va pas rigoler non plus, je vous prédis quelques tensions, pas les mêmes qu’avec les autres lascars, mais dans le temps on disait « intensification de la lutte des classes » : foutaise, ça va ça vient staferlà.

      « Hamon c’est un ultra-libéral vendu au grand capital »

      Foutaise, pas lu sur ce blog une connerie pareille, alors vous jouez à Don Quichotte, et ça fait avancer le schmilblick ?

      « une gauche incapable » : Bravo pour le point de vue d’aplomb et d’extériorité que vous portez là !

      « qu’est-ce qu’on attend pour nous rassembler ! »

      Ben moi j’attends la réponse de Hamon à JLM. J’en suis resté à une main tendue (si Hamon ou JLM pratique les arts martiaux l’autre devrait se méfier, il parait qu’en attrapant une main tendue l’autre vous fout par terre). Comme JLM a proposé une rencontre publique, aucun n’osera devant les caméras, à la récré par contre…
      Donc je suppose qu’Hamon réfléchit. Mettez vous à sa place, il n’est candidat que récemment, l’autre depuis très longtemps, il a un programme façon tourneur-fraiseur ajusté je suppose, ça m’échappe un peu, mais vu tout ce qui m’échappe il y a un moment où je fais ou pas confiance à mes risques et périls.
      Alors soyez indulgent, laissez Hamon prendre son temps, la précipitation est mauvaise conseillère dit-on. Oui et non un passage à l’acte est parfois résolutif d’une ambivalence, et on se sent mieux après décision. Si vous ne m’entendez pas là dessus, lisez ça, vous comprendrez. « 1945-03-00 LE TEMPS LOGIQUE ET L’ASSERTION DE CERTITUDE ANTICIPÉE »

      1. Je ne demande que ça, que Mélenchon et Hamon se parlent, et parviennent à un accord, y compris avec EELV. Je n’embraye pas sur la question de savoir qui doit faire le plus de chemin pour pour parvenir, car c’est justement le type d’attitude qui mène à l’impasse … A suivre donc.

      2. Oublie tout ça Pierre-Yves. Comme on dit aux USA, y’a que trois règles pour un candidat, au premier comme au second tour : Win, Win, Win !
        Tu peux aussi bien dire : War, War, War !
        On discute alliance (officiellement et réellement) après le premier tour, une fois les comptes faits, point.

      3. Mais nous ne sommes pas aux Etats-Unis où il n’y a d’ailleurs qu’un seul tour.
        N’en déplaise à certains péroreurs, ici nous avons quatre tours, les 23 avril et 7 mai, et les 11 et 18 juin.

      4. Ah ouais ? Les primaires ne constitueraient pas de fait un premier tour aux US ? C’est vrai qu’ici on est passé à trois tours avec les primaires, à l’américaine, Win Win Win, sans compter le tour devant les juges pour certains.

      5. vigneron
        Tu oublies que le premier tour peut-être éliminatoire pour les deux candidats Hamon et Mélenchon. Là c’est exit pour les deux dès le premier tour, autant dire le jeu à somme nulle et zéro pointé pour la gauche.
        Evidemment si le but de l’opération c’est de faire gagner Macron …

  27. Avis aux politiques avides et déconnectés et à Fifi d’amour à sa Pénélope et à sa grande famille souffrant de précarité.

    Eric is watching you !

    C’est légal MAIS…La liberté n’est pas la licence !

    « Car liberté n’est pas licence et l’on ne voit guère ce qui interdirait à la justice de vérifier que les ressources communes ont effectivement servi à l’usage qui leur était promis.
    Un tel argument laisse craindre que trop de responsables publics ne se comportent comme si les biens qui leur sont remis pour remplir leurs fonctions leur appartenaient en propre. Les sacrifices qu’ils exigent de leurs concitoyens ont pour contrepartie la rigueur qu’ils doivent s’imposer, même si la loi n’en dit rien. Il leur faut admettre que ce qui n’est pas illégal ne leur est pas nécessairement permis. Sans doute la morale publique n’est-elle pas une norme complémentaire ; elle reste toutefois le prix de l’exemplarité pour ceux qui l’incarnent. À tenir le droit pour la seule frontière des contraintes, il est permis de redouter qu’il ne puisse suffire à faire barrage à l’avidité qui ronge les démocraties. »
    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/eric-de-montgolfier/eric-de-montgolfier-ce-qui-n-est-pas-illegal-n-est-pas-forcement-permis-02-02-2017-2101913_1451.php

    1. Le logiciel antiparlementariste des Français comme des médias a focalisé le pénélopegate sur les indemnités d’assistante alors que c’est bien l’affaire Ladreit de Lacharrière/Fillon/Pénélope qui est la plus grave, aussi bien moralement que politiquement et juridiquement.
      De Lacharrière nous dit que le travail de Pénélope pour sa Revue des Deux Mondes n’avait « rien de fictif ». J’imagine qu’il veut dire « aussi peu fictif » que sa Grand Croix de la Légion d’Honneur ou que les services rendus par Fillon à Fimalac voire, soyons fou, aussi peu fictif que le triple A pour la dette française maintenue si longtemps par son agence Fitch après sa dégradation par S&P et Moodys début 2012.

      1. « aussi bien moralement que politiquement et juridiquement. »

        Certes. Cela dit, nul besoin d’un logiciel antiparlementaire avec Cahuzac et Nabogzy-bygmalionné. Entre autres.
        Inutile, de lister les « lignes de code » du Doom-logiciel qui s’est développé ces dernières années, et que ce genre d’actes a contribué à répandre en open source voire à viraliser de façon exponentielle…
        Les canards flingueurs déchainés ne lâchent rien. Effectivement, tous les éditoriaux n’ont pas repris l’historique exhaustif des actes édifiants de M Propre (Fimalac, Axa,etc…) mais peu, s’en sont privé. A raison ! Désormais, la mise à jour est quotidienne.

        Plus grave, cela démontre qu’ils sont totalement HORS SOL car ils alimentent par leurs malversations, la défiance croissante et la montée des extrémismes et des colères, qu’ils se plaisent tant à dénoncer. Cherchez l’erreur.

        Fifi le chasseur de voix se fait plomber grave par des canards déchainés, c’est ballot…
        Mais toujours aussi nauséeux.

        http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/son-epouse-ses-enfants-sa-societe-on-fait-le-point-sur-les/

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