Jacob Taubes (1924 – 1987), l’homme qui avait tout compris … et qui en est mort de rire !

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Jacob Taubes et … quelqu’un qui l’aime bien manifestement
Jacob Taubes, né en 1924 et mort en 1987, était selon ceux qui l’ont connu, un personnage infréquentable. L’un rapporte à son propos : « Il sollicitait votre avis avec un œil pétillant, puis, dès qu’on commençait à lui répondre, son regard se voilait d’un immense désintérêt qui vous blessait profondément » (Heinz Wismann selon Aeschimann 2009), un autre dit : « Il sonnait chez toi à 11 heures du soir et te disait : « Je voudrais dormir dans ton lit ! » ».

Qu’est-ce qui le rendait aussi impossible ?

À mon sens, la conviction d’avoir tout compris dès l’âge de 23 ans et de l’avoir bien expliqué dans sa thèse (Abendländische Eschatologie, 1947). Il avait tout compris et en particulier trois choses :

1° que Paul de Tarse, « saint Paul », avait résolu le drame de la condition humaine

2° que Freud avait compris la nature profonde du judaïsme et du christianisme, et qu’il était du coup le plus grand théologien de tous les temps

3° que la pensée occidentale est par nature, apocalyptique et messianique.

J’explique.

Paul de Tarse a compris que l’être humain est déchiré entre ce que sa raison (l’« esprit ») lui enjoint de faire et ce que son corps (la « chair » dans les traductions classiques des Épîtres ; l’« inconscient » chez Freud) l’oblige à faire par ailleurs du fait qu’il n’a qu’un seul souci inscrit dans la nature animale de l’homme : assurer sa propre survie et celle de l’espèce. Comment résoudre la souffrance qui résulte de la constatation que l’on fait que ses propres agissements sont déconnectés des intentions que l’on a, voire en totale contradiction avec elles ? Paul affirme 1° que les hommes sont tous les mêmes, c’est l’universalisme de sa parole qui s’adresse aussi bien aux Gentils qu’aux Juifs, et qu’il existe donc une solution valant pour tous, 2° qu’il existe une instance qui résout tous les conflits entre la chair et l’esprit, elle se trouve au ciel et c’est le Christ qui doit être en nous. En termes modernes, le « surmoi » a cessé d’être un combat permanent entre ce que j’ai l’intention de faire et ce qu’exige contradictoirement de moi la voix de mes parents dans ma tête, parce que le Surmoi se trouve ailleurs, à savoir au ciel où Paul l’a éjecté dans sa prédication, d’où il me dit sans ambiguïté ce que je dois faire.

Freud a compris de quoi il était véritablement question avec ce « péché originel » dont le Christ nous a dit qu’il nous délivrait. Ce péché originel, c’est que nous les frères, nous nous sommes mis en bande, nous avons assassiné le père et nous l’avons dévoré. Et le Christ nous délivre de cet acte abominable dont nous ne conservons que l’ombre d’un souvenir (il a été « refoulé ») quand il nous dit : « Il fallait malheureusement en passer par là : il fallait que les fils se débarrassent du père ! Le règne du fils est arrivé, j’ai payé de mon propre martyre notre faute à tous, la note a été réglée par moi : maintenant, allez l’âme en paix ! »

La pensée occidentale étant obsédée par l’histoire, passée et à venir, est du coup nécessairement apocalyptique et messianique : elle voit que tout va mal et prévoit que tout va bientôt s’écrouler (l’« apocalypse ») mais elle ajoute avec optimisme que tout s’arrangera aussitôt après parce que, comme son nom l’indique, l’apocalypse est une « révélation ». L’injustice crève les yeux, c’est à cause d’elle que l’on va droit à la catastrophe, mais le changement est proche et l’orchestrateur de la métamorphose indispensable a pour nom le « messie ». Chez Marx, le messie, c’est la classe ouvrière, et le Royaume de Dieu qui vient après l’apocalypse (la Révolution), c’est la société sans classe. Toute réflexion un peu poussée au sein de notre culture occidentale conduit inéluctablement, dit Taubes, à deux conclusions liées : que l’écroulement est proche et, de manière plus inquiétante encore, que le messie en question, c’est peut-être bien ma propre personne ! Mais comme quiconque consacrant à la question un minimum de réflexion débouche nécessairement sur ces deux conclusions, que la fin est proche et que le déclencheur de l’écroulement final, c’est peut-être moi, leur portée en est considérablement banalisée et réduite !

La conclusion personnelle que Taubes avait tirée du fait d’avoir ainsi tout compris était que plutôt que de se croire le messie, il valait mieux rire de tout, quitte à passer, comme ce fut son cas, pour un malappris ! [1]

Post-scriptum : Or il n’y a rien au ciel, pas même le Surmoi universel ! Et, non, le banquet des fils où l’on mangeait du steak ou une côtelette de père n’a pas eu lieu : c’est de la mythologie ! Et de plus, le messie ne viendra pas, et l’injustice ne sera pas réparée, alors que la catastrophe – qui ne sera pas une révélation – aura lieu quand même ! Alors que faire ?

(La réponse au prochain numéro 😉 )

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Aeschimann, Eric, « L’Apocalypse selon Jacob Taubes », Libération, le 30 décembre 2009

[1] Une insolence comme celle de Taubes n’est pas sans risque cependant, les ennemis de la liberté tels Léo Strauss vous prennent en grippe et se livrent à leurs falsifications habituelles. L’éthique, pour des individus comme Strauss étant une référence juste bonne pour les gogos, pas pour des personnes de leur qualité :

« En 1952, Taubes quitte l’université de Jérusalem, fâché avec son professeur, Gershom Scholem. Direction les États-Unis, où il espère trouver un poste universitaire. Au même moment, Scholem écrit à Léo Strauss, celui dont on fera bien plus tard le maître à penser des néo-conservateurs américains. Taubes ‘utilise ses talents indéniables pour des tours de passe-passe philosophiques, écrit Scholem. Un charabia prétentieux sans cohérence intérieure. Je n’ai rien pu changer chez ce jeune homme’. Réponse de Strauss, trois semaines plus tard : ‘Je n’ai jamais vu une ambition aussi effrontée, pourra-t-il jamais être corrigé’. Léo Strauss demande à Gershom Scholem une attestation prouvant que Taubes n’a jamais enseigné à l’université de Jérusalem, fait circuler le document et réussit à fermer définitivement les portes des universités américaines au jeune homme, coupable, dit-il, d’‘antisémitisme philosophique’. » (Aeschimann 2009).

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44 réflexions sur « Jacob Taubes (1924 – 1987), l’homme qui avait tout compris … et qui en est mort de rire ! »

  1. « L’injustice crève les yeux »… mais on s’arrange pour la rendre presque invisible, « naturalisée », confinée dans d’autres frontières ou si c’est dans nos frontières, dans des « non-lieux ».

    Les facteurs /mythologies cités par Paul ne sont-elles pas l’apanage des « polis » , des cités, qui certes avait pris le pas dès la grande Grèce pour ce qui est de parler de la politique, d’y voir passer tyrans ou (rarement) démocrates. Est-ce qu’il n’y a pas sinon une « résistance de la terre », de l’hors-des-villes, du moins un considérable freinage de passer à l’acte révolutionnaire ou de bousculer collectivement les choses, sauf à titiller le vital : famine, etc. ?

  2. « La fin du monde » « Apocalypse »
    Ces représentations mentales ont toujours existé, chez les Maya ou en Egypte des pharaons, chez des peuplades nordiques et ailleurs: le risque que le monde disparaisse est omnipréssent; après un bon coup de purification, tout finira bien.
    Quant à Karl Marx, il était sociologue avant tout, mais ses études se sont inscrits dans la continuité chrétienne. Il faut prendre en considération le fait que christianisme « primitif » était un mouvement social révolutonnaire, ses adeptes et suiveurs étaient persécutés par les Romains, puis cruxifiés.
    Le christianisme apportait à l’époque une touche d’humanisme (ce qui était nouveau) à la réligion archaique des juifs.
    Personnellement je suis athée, le Christ, admettons qu’il a existé, était probablement un chamane réligieux itinérant, identifié par l’occupation romaine comme adversaire du pouvoir, puis condamné à mort. Mais je m’interroge sur le vide que laisse la retraite de l’église.

  3. Le coeur, valeur spirituelle et rythme biologique, l’âme, le Père chrétien, la Mère en psychanalyse, imaginaire, conscience et rêve, moi paranoïaque, peur, guerres, esclavage, avoir et paraître, autant de concepts forgés par l’histoire. Le temps existe t-il, l’Évolution est-elle antinomique à la Création, la Révélation précède t-elle la Révolution éclairée; nous n’avons pas de boules de cristal. L’eau bénite fait l’objet d’un commerce douteux, les images de propagande font des écrits saints un pis-aller, l’apocalypse devient aliénation. Chacun doit vivre sa propre voie et doit respecter les valeurs de la société et du cosmos ce qui peut rendre malade tout esprit libre ou qui aspire à l’être. Dans le ciel il y a beaucoup d’espace, et des exoplanètes, ne les perdont pas de vue pour se penser toujours dans un univers inconnu, sur une planète en orbite. Vous avez fait un excellent numéro, le prochain ne pourrait attendre trop longtemps. Saint-Paul fut assez dur avec la chair féminine, certains psychanalystes ont émis l’hypothèse qu’il était impuissant, en plus d’être jaloux du fait de cette filiation ancienne avec Yahvé, et qu’il avait cette tendance à vouloir que tout le monde soit comme lui (ancien persécuteur qui devient prosélyte), d’où ces complexes chrétiens sur le corps. Mdr

      1. « même parmi les psychanalystes », J’ai ressenti une véritable amertume en lisant le Marianne de cette semaine: un député LR psychiatre de son état considère l’homosexualité comme une maladie mentale, je doute que la bisexualité soit la norme à laquelle il aspire. De là à désespérer de la politique, de la religion, la psychiatrie et la psychanalyse…

      2. A désespérer de la nature humaine, aurait dit mon ancien prof de droit civil. La surpasser, qu’en pensez-vous?

      3. @ Cornelius

        1-2-3 ; j’en ai rencontré 3, des psychiatres masculins et je peux vous assurer que je ne les sentais pas trop à l’aise avec mon orientation sexuelle. De fait je les virai.
        Sinon il a un peu raison quand même (attention second degré) ; malade mental, je reconnais que c’est le seul endroit où je me sens un peu bien, savoir le cabinet d’un psy.
        Ainsi ma psychiatre actuelle est une jeune femme ravissante au charme trouble. Intelligente de surcroît.
        Misogyne assumé je reconnais de un que je dois énormément aux femmes, qu’elles ont rarement la lâcheté d’un homme et que leur compagnie n’a rien de désagréable (peu me contrediront ici je pense). Mais séduire ces messieurs j’aime encore mieux évidemment. Et puis nous au moins on n’a jamais eu besoin de tuer des gens pour arriver à nos fins.

      4. Pour autant arrivons-nous à nos fins? Je suis d’accord qu’il existe d’autres voies que le meurtre. Il existe même une voie vers la sagesse, mais elle demande un investissement, sa vie, que beaucoup ne possède pas, si tant est qu’elle ait appartenue à quelqu’un. C’te espèce a une dent contre les origines, la connaissance apaise autant qu’elle dérange, souvent les érudits sont chassés du paradis, Tolstoï excommunié, le royaume des cieux est en nous rappelait-il, n’en déplaise à la psychiatrie qui se fixe sur une norme de la folie qui comprend la folie même dans des classifications totalitaires, ce qui n’empêche pas que ça peut marcher quand même à brève échéance, comme pour dépanner, il faut tout de même plus qu’un bon docteur pour trouver la paix, il y contribue par différents moyens.
        St Paul: « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi » (7,7). Il souffrait aussi. Et nous sommes bien un peu tous comme lui.

      5. L’homosexualité une maladie, c’est une mauvaise plaisantrie. Même les phobies, les obsessions pathologiques etc. ne sont pas des maladies, on ne peut parler, de manière générale de maladies dans ce contexte. La grippe, le cancer….sont des maladies, mais une schizophrénie par exemple ne l’est pas. Il s’agit d’en dysfonctionnement au niveau du néocortex.

        Remarque hors cadre: veuillez m’excuser poru mes fautes d’orthographes, je ne les fais pas exprès. Je ne relis jamais mes textes.

    1. @ Paul Jorion
      Je préfère le ping-pong au tennis et c’est un rêve que j’ai de faire un jour une partie de ping-pong avec vous si l’occasion se présente.

      1. Il y a une histoire ( pas belge ) de balles de ping pong , qui est presque une métaphore de la recherche de la « vérité » , mais elle est trop longue à raconter …

      2. 1 2 3 psychiatres
        4 5 6 dentistes
        7 8 9 kinésithérapeutes

        Le ping-pong raconte déjà beaucoup de choses.

  4. Le Léviathan serait-il un surmoi qui plombe et déconstruit tout débat au profit d’une seule omnipotence impotente, nihiliste?

    Mais il y a aussi en guise d’avertissement à quiconque cherche l’illumination sur le chemin d’une vérité, ce message manuscrit de Londres, le 18 mars 1872,

    Au citoyen Maurice La Châtre,
    Cher citoyen,
    J’applaudis à votre idée de publier la traduction de Das Kapital en livraisons périodiques. Sous cette forme l’ouvrage sera plus accessible à la classe ouvrière et pour moi cette considération l’emporte sur toute autre.
    Voilà le beau côté de votre médaille, mais en voici le revers : La méthode d’analyse que j’aie employée et qui n’avait pas encore été appliquée aux sujets économiques, rend assez ardue la lecture des premiers chapitres et il est à craindre que le public français toujours impatient de conclure, avide de connaître le rapport des principes généraux avec les questions immédiates qui le passionnent, ne se rebute parce qu’il n’aura pu tout d’abord passer outre.
    C’est là un désavantage contre lequel je ne puis rien si ce n’est toutefois prévenir et prémunir les lecteurs soucieux de vérité. Il n’y a pas de route royale pour la science et ceux-là seulement ont chance d’arriver à ses sommets lumineux qui ne craignent pas de se fatiguer à gravir ses sentiers escarpés.
    Recevez, cher citoyen, l’assurance de mes sentiments dévoués.
    Karl Marx

  5. Aïe ,aïe , aïe !

    Moi qui pensais peu à peu vacciner d’un peu de sagesse la folie de Clo Clo , s’il se trouve un référent dans Jacob Taubes , tous mes efforts sons rendus vains , et je n’aurai plus d’espérance que dans le « nouveau monde » à venir pour trouver une solution à l’apocalypse Clo Clo-dienne .

    1. Reste à définir le jardin et la « meilleure » façon de le cultiver .

      C’est peut être ce que laisse présager  » la suite au prochain numéro ».

      Ce rappel de Candide me remet aussi en tête qu’on y trouve une analyse synthétique de la place du travail , qui mérite actualisation :

      « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui , le vice et le besoin » .

      Echapper aux trois grands maux par les emplois de la transition écologique ?

      1. @ Juannessy
        C’est sur que perché à 120m d’altitude pour le montage ou la maintenance d’une éolienne on a d’autre préoccupations que l’ennui, le vice ou le besoin… On pense plutôt à la fiabilité des harnais et des mousquetons 😉

      2. Quand on est à la cime du mât , c’est sur , mais avant d’y monter et quand on est redescendu ?

  6. Une insolence comme celle de Taubes n’est pas sans risque cependant, les ennemis de la liberté tels Léo Strauss vous prennent en grippe et se livrent à leurs falsifications habituelles, l’éthique, pour des individus comme Strauss étant une chose juste bonne pour les gogos, pas pour des personnes de leur qualité :

    « En 1952, Taubes quitte l’université de Jérusalem, fâché avec son professeur, Gershom Scholem. Direction les États-Unis, où il espère trouver un poste universitaire. Au même moment, Scholem écrit à Léo Strauss, celui dont on fera bien plus tard le maître à penser des néo-conservateurs américains. Taubes ‘utilise ses talents indéniables pour des tours de passe-passe philosophiques, écrit Scholem. Un charabia prétentieux sans cohérence intérieure. Je n’ai rien pu changer chez ce jeune homme’. Réponse de Strauss, trois semaines plus tard : ‘Je n’ai jamais vu une ambition aussi effrontée, pourra-t-il jamais être corrigé’. Léo Strauss demande à Gershom Scholem une attestation prouvant que Taubes n’a jamais enseigné à l’université de Jérusalem, fait circuler le document et réussit à fermer définitivement les portes des universités américaines au jeune homme, coupable, dit-il, d’‘antisémitisme philosophique’. »

    Aeschimann, Eric, « L’Apocalypse selon Jacob Taubes », Libération, le 30 décembre 2009

    1. C’est vrai aussi qu’être prénommé Jacob par ses parents, c’est un fardeau ,sinon une prédétermination, difficiles à porter.

      Déjà que , pour ce qui me concerne , René m’est parfois aussi ardu que de marier la folie et la sagesse , le sel et le potage , je compatis avec Taubes , tout en étant déjà plus vieux que lui à sa mort , mais en ayant eu , de ce que je lis , largement moins de conquêtes féminines , ni de Rachel , ni de Rebecca , ni de servantes .

      Alors , plutôt que de rire , j’en reste au sourire comme moyen et fin .

      1. Amour n’est pas querelle (JLM).
        Se prénommer c’est être, Jacob, René ou Paul est un fardeau, une identité qui aliène, le votre particulièrement, qui ne semblez pas pressé de rempiler. Tout état-civil porte une oppression. Le Christ dit qu’il faut haïr sa famille pour entrer dans son royaume, c’est donc aussi redéfinir son identité avec le Christ, mais le baptême se fait pour les catholiques à la naissance, ce qui peut nuire à l’émancipation familiale et la soumission fidèle à Dieu.

      2. J’ai écrit que c’était ardu, mais pas opprimant ni oppressant .

        Au passage , le « re » de René signifie  » deux fois  » ( né de deux vies différentes … dans la même « vie »), plutôt qu’un encouragement à rempiler .

        Surtout s’il faut en passer par un chemin initiatique qui se termine comme celui de JC .

        Et si en plus ,il faut 1000 ans pour faire les 14 stations !

        Pour l’émancipation familiale ,pas de soucis. Nos parents se sont émancipés de mes frère, sœur et moi même , en même temps que nous nous émancipions d’eux , et les transmissions n’étaient pas de soumission divine ou d’autres natures .

        PS : Tous les insoumis de FI sont ils des « mécréants » ?
        MDR .

      3. Pourquoi ne pas baptiser l’être humain avant même la naissance? Si on est contre l’ivg, on doit pouvoir baptiser tout embryon, un baptême pour la résurrection et bienvenue au royaume de Dieu.

      4. Il faut rebaptiser ce monde. Nous pourrions l’appeler une déchetterie, en faire une belle roulotte, tournez hors-cycle économique de rentabilité des dividendes, il faut sacraliser la terre que nous tous avons eu la grâce de connaître par l’illumination de la conscience, et par le saint-esprit. Un baptême de lumière, retentit un cri et les racines du mal apportent des fruits pleins de vertus. Résurrection, millénarisme, tout tout de suite, ou plus rien. Les croyances humaines comme si elles n’avaient jamais existé, plus d’hommes, plus de corps, plus de conscience, plus d’âme, l’illusion, un rite qui annihile par sa solennité la force de la nature, sauvage, indomptable, redoutable, simple, effrayante, apportant soins et confort, injustice et rivalité, qui nous fait naître pour nous anéantir, tout en faisant preuve de génie autant que des pires bassesses, voilà que notre civilisation de convertis, les premiers chrétiens étaient juifs, se voit éteinte, comme l’ont noté certains historiens le pape Ratzinger a probablement pris note que l’église Graza Familia de Barcelone ne sera jamais finie, pour quitter le saint-siège, se voit disparue, la culture totalement effacée par la nature. La nature le véritable corps, l’inconscient, qui balaie la civilisation, Dieu comme idée disparaît dans un dernier souffle, plus rien de pensé, d’acté, de temps, de relations, plus de dette à payer. Des illusions pour passer à coté, mais à coté c’est le gouffre, c’est la vague, une chute et un naufrage. Un phénomène naturel emportera Dieu pour de bon. Tout tient dans ce que l’on entend par dieu.

      5. Binationaux alors pourquoi pas plusieurs religions? Le syncrétisme existe du fait du monothéisme, « il n’y a de Dieu que Dieu » dit l’islam. Les religions du livre cohabitent si la terre est multiconfessionnelle, si le corps de l’homme l’est aussi, si l’homme accepte sa propre diversité et sa même origine.

  7. Bonsoir
     » Quelques mois avant de mourir, Taubes concluait son séminaire sur Paul par un quasi-aveu d’échec : «Je me suis laissé entraîner dans un domaine où je n’ai fait réellement que remuer des idées, sans pouvoir m’attribuer effectivement aucune compétence, ce qui n’empêche pas que je considère comme des ignorants ceux qui se donnent pour compétents. La plupart des livres à ce sujet sont d’insupportables fadaises, qui n’ont pas le moindre soupçon des forces et des crises réelles.» A l’homme contemporain travaillé par la peur d’un monde sans issue, Jacob Taubes offre une porte de sortie – mais ne dit rien de ce qu’il y a derrière. »
    Fin de l’article de Libération cit plus haut.
    Le judaïsme n’est pas une théologie du salut: le Messie est attendu, mais à la fin des temps et, selon le Talmud, si tu es en train de planter un arbre quand le Messie arrive, qu’est ce que tu fais? R: tu continues la plantation de ton arbre.
    Ce sont les occidentaux romanisés qui ont fait un « arrêt sur image » avec le Messie… Par ailleurs, le royaume de Dieu n’est pas au ciel car sinon, les oiseaux y seraient avant nous…ainsi que le rabbi Yoshua/Jésus l’a bien spécifié.
    Comme disait Konrad Lorenz, le chaînon manquant entre le singe et l’homme c’est nous, donc l’Humain et le Messie sont une seule et même chose; comme quoi, cf Taubes, même l’éthologie est théologique en Occident!
    Cordialement.

  8. Il est différentes façons d’avoir tout compris (j’entends par ici ce sentiment qu’il n’y a rien à comprendre de plus, encore ou d’autre-c’est un sentiment proche de ce que les mystiques appellent l’illumination.
    On est touché par la grâce et le temps n’existe plus, un seul sentiment prédomine, le juste le parfait.
    Vous l’obtiendrez de toutes sortes de façons mais le provoquer est inutile, c’est lui qui s’impose à vous, il s’invite.
    Le relâchement provoqué par une très grande douleur lui permet de se révéler, se déployer ; la tension arrivée à son apogée retombe d’un coup et là vous l’avez il est à vous. La beauté, la tendresse, la sexualité et sans doutes mille autres choses le permettent.
    https://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.onelittleangel.com/common/images/auteur/Ma-Anandamayi-952.jpg&imgrefurl=http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/ma-anandamayi.asp&h=465&w=350&tbnid=-TuqPpzt5OgqAM:&tbnh=186&tbnw=140&usg=__Apt2qX7aQj6L7audGFavOYVDa7s=&vet=10ahUKEwjg69LG76TUAhXPKFAKHdvcCekQ_B0IfDAK..i&docid=d4mr3nC2bCbBxM&itg=1&sa=X&ved=0ahUKEwjg69LG76TUAhXPKFAKHdvcCekQ_B0IfDAK&ei=VFg0WeDxM8_RwALbuafIDg
    Les premières minutes
    https://www.youtube.com/watch?v=HKdUMNdUHBo

  9. Notre intelligence artificielle a ses propres limites que nous avons du mal à accepter, reconnaitre, à comprendre. Analysons comment nous nous sommes construits, et comme toute voiture autonome, c’est en allant dans le mur, en rejouant la vidéo qu’on a une chance de corriger notre erreur.
    Manque de chance, une fois que nous avons compris, nous sommes un homme quasiment mort et notre intelligence artificielle partira avec nous. Elle se transmettra plus ou moins bien, tout ou partiellement.
    Quel gâchis ? Non, c’est notre condition humaine.

    La comparaison entre notre apprentissage de la vie et l’apprentissage de la conduite autonome d’une voiture dite « autonome » me plait assez.
    Quelles sont les règles d’auto-correction de conduite d’un véhicule autonome du futur ?
    Quelles sont les règles d’auto-construction d’un homme ? Quel rôle joue notre conscience ? Qu’est ce qui est l’équivalent de notre conscience pour un véhicule autonome ?

    Good luck et n’en faites pas des cauchemars : carpe diem !

  10. quelques maladresse d’écriture qui rend le billet plus difficile à décoder. Je reprécise ultérieurement ma pensée si nécessaire.

    1. Ça paraît effectivement nécessaire , mais prenez votre temps , même si j’ai de plus en plus le sentiment qu’il faut tout le temps d’une vie pour comprendre , dans le meilleur des cas .

      1. tout le temps d’une vie

        Je ne suis pas sûr que ça suffise ! A moins qu’il se produise un phénomène mé/inconnu au moment où on la quitte !
        Sans doute, vous et moi, sommes mal outillés face aux nombreux « sachants » qui eux, ont tout compris…
        Exemple: Laurent Alexandre (Laurent pas Julien 😉 ), nous expliquait en 2012 que certains parmi son auditoire seraient encore vivants dans mille ans. Ce monsieur a été auditionné au Sénat…
        https://www.youtube.com/watch?v=KGD-7M7iYzs&vl=fr
        Selon vous, Juannessy, mille ans suffiront-ils ?

      2. @Adoque :

        J’avais précisé « dans le meilleur des cas » pour rester ouvert .

        Pour les  » mille ans » , je me suis déjà exprimé lors d’une confrontation un peu vive avec un trans-humaniste du pseudo d’Olivier , je crois .

  11. tout ne serait qu’une vaste propagande circulant dans les méandres d’une vanité reflétée par des jeux de miroirs, certains brisés.

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