L’horrible M. Trump… stade suprême du néolibéralisme le plus mortifère ! par Yorgos Mitralias

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Trump n’est pas n’importe qui et nos gouvernants font preuve de grande irresponsabilité quand ils feignent ne pas apercevoir l’énormité de la terrible et si immédiate menace contre l’humanité et la planète représentée par cet homme et ses amis. Certainement, il s’agit de quelqu’un monstrueusement inculte, primitif, vulgaire, raciste et brutal. Sûrement, Trump est un déséquilibré totalement incapable de maîtriser ses réactions. Et sans aucun doute il peut à n’importe quel moment tout foutre -vraiment- en l’air!

Tout ça est vrai. Pourtant, ça ne peut pas expliquer le cauchemar qui se déroule devant nos yeux. Et tout d’abord, comment ça se fait qu’un tel monstre humain ait réussi à se hisser au sommet de la super-puissance mondiale? Comment ça se fait qu’il continue à gouverner la “plus grande démocratie du monde libre”? Et comment ça se fait qu’il soit en train de faire école puisqu’on voit se multiplier dangereusement ses clones, les “racistes fous” comme lui et autres “incultes” crapuleux et “brutes d’extrême droite” qui ont pu se mettre à la tête des pays petits et grands, à l’est comme à l’ouest, au nord comme au sud de ce monde aux abois.

La plus éloquente des réponses à toutes ces interrogations (largement existentielles) est offerte par  nos bons gouvernants “démocrates” quand ils font mine de ne rien voir ni entendre, préférant parler d’autre chose, à moins qu’ils ne flattent pas servilement Trump à l’instar de ce jeune premier ministre grec de gauche (radicale!) repenti en un temps record. Ce faisant, ils ne font d’ailleurs que suivre l’exemple de leurs ancêtres politiques des années ‘30, lesquels confrontés à un certain chancelier Hitler et à ses acolytes, avaient réussi le tour de force de reconnaître certains aspects très positifs à ses politiques ! Les analogies entre cette époque -décidément pas si lointaine que ça- avec la présente sont étonnantes. En effet, suivant l’exemple du célèbre Establishment du parti Démocrate (qui coïncide dans une large mesure avec l’établissement des États Unis), presque tous les “démocrates” qui nous gouvernent sont actuellement en train de faire de même en découvrant… les cotés “positifs” des politiques économiques de Trump. Alors, il n’est pas surprenant que comme on l’écrivait déjà il y a plusieurs mois, la répulsion manifeste que leur provoquent les mauvaises manières de cette brute vulgaire, inculte et déséquilibrée qu’est Trump s’estompent devant les fabuleux “cadeaux” faits à eux par ce même occupant sexiste et raciste de la Maison Blanche.

Nous voici donc devant ce qui semble être le plus irrésistible des arguments de Trump, le 1,5 milliard (!) de baisses d’impôts accordées au fameux 1% de ceux qui sont  déjà milliardaires. Un “cadeau” outrageusement colossal et sans précédent historique, rendu évidemment possible par les coupes, également sans aucun précédent historique, dans les services publics et autres aides élémentaires de l’État nord-américain à ses citoyens. Coupes plus que drastiques payées “naturellement” très chèrement par les dizaines de millions de ses compatriotes que Trump condamne non seulement à une misère absolue (quand les pauvres sont déjà 41 millions) mais aussi à une mort annoncée puisqu’il les prive de toute couverture maladie et soins de santé !

Voici donc la raison plus profonde qui permet à cet horrible M. Trump inculte, brutal et dangereux raciste de se maintenir à la tète de la super-puissance mondiale même si sa présence à la Maison Blanche représente, de l’avis général, une menace directe contre la paix et l’humanité ! Car ce que tous nos gouvernants lui reconnaissent, même en râlant et avec quelques réserves, c’est qu’il est en train de mener avec une fermeté et une persévérance sans pareille, la plus extrême et la plus inhumaine des guerres de classe jamais vue en temps de paix ! Et évidemment, ce n’est pas un hasard qu’inspirés par son exemple, les uns après les autres nos gouvernants si démocrates tentent d’en faire autant, rongeant ou même démolissant le peu qui reste de l’État providence que nos anciens avaient pu bâtir avec leur sueur et beaucoup de leur sang…

Heureusement, l’histoire ne finit pas ici car elle ne peut pas se terminer comme ça. Si le secteur le plus alerte et le plus clairvoyant de l’établissement nord-américain semble maintenant s’inquiéter – ou même paniquer – des extravagances de Trump, ceci n’est pas  à ses états d’âme démocratiques ou humanistes, d’ailleurs inexistants. Avant tout, il est dû à la peur que lui inspire la résistance toujours plus radicale d’une partie de plus en plus grande de la société nord-américaine contre la guerre menée contre elle par Trump et ses fidèles. Et force est de constater qu’ils ont tout à fait raison d’avoir peur et de s’inquiéter puisque, depuis un an, ils ont vu le traditionnel système politique américain entrer dans la plus grande crise de son histoire. Et pire encore, ils ont vu la menace de son effondrement se combiner avec une opposition populaire galopante tant au bipartisme traditionnel qu’à ses fondements capitalistes eux-mêmes ! La preuve en est que – fait unique et sans précédent dans l’histoire des États Unis – des dizaines de sondages et autres enquêtes approfondies concordent pour constater que la fine fleur de la population du pays, les “Millennials” qui incluent les tranches d’age de 18 a 35 ou 36 ans, rejettent le capitalisme et se déclarent en faveur d’un “socialisme” dont la première priorité devrait être la “plus juste répartition des richesses” ! Et c’est de très mauvaise augure pour cette grande bourgeoisie inquiète et ses hommes de paille politiques et médiatiques que ces Millennials semblent vouloir passer à l’action pour réaliser, même si c’est confusément, leurs choix existentiels et autres qui se résument à la création d’une société, mais aussi d’une vie, diamétralement opposée à l’actuelle…

L’année passée a vu Trump et sa base sociale nullement dérisoire persister dans leurs choix barbares qui les rendent de plus en plus agressifs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis. Mais, elle a vu aussi que sur les ruines du traditionnel système politique qui est en train de mourir prospère une polarisation sociale et politique sans précédent, qui pousse au développement et à la radicalisation impétueuse d’une grande variété de mouvements sociaux progressistes, souvent de masse, lesquels – malheureusement – n’ont pas pu se coordonner entre eux, chose qui ne leur a pas encore permis de passer à la grande offensive finale.

C’est ainsi que vont les développements cataclysmiques nord-américains qui accélèrent l’histoire et déterminent comme jamais auparavant le sort de l’humanité. Les mois, les jours ou même les heures sont désormais plus critiques qu’ils ne l’étaient depuis la fin de la dernière guerre mondiale et une fois arrivés au point ou nous en sommes maintenant, tout est possible, le meilleur mais aussi le pire. Cependant, combien plus favorable se profilerait notre propre avenir si la gauche européenne, dans toutes ses composantes et sensibilités, ne se limitait pas à se désintéresser si scandaleusement des développements nord-américains, leur tournant le dos et refusant de collaborer et même de soutenir activement les avant-postes des résistances politiques et sociales mondiales qui se situent actuellement pas à l’extérieur mais plutôt à l’intérieur des États-Unis d’Amérique. C’est à dire là où va se jouer et où se joue déjà le sort de nous tous!

Note

1. Étant donné l’absence d’informations les plus élémentaires sur ce qui se passe dans la société des États-Unis, nous tentons depuis deux ans de couvrir un peu ce vide avec les deux Facebooks “américains” (le “grec” et l’“européen”) dont nous prenons soin et qui ont comme principal ambition d’aider le lecteur de former sa propre opinion concernant le présent et l’avenir de ce grand pays. Comment ? En lui offrant l’image la plus fidèle possible des développements au sommet mais surtout à la base de la société nord-américaine, grâce aux milliers de textes, images et vidéos de tout ordre et de première main (évidemment en anglais) postés jour après jour chaque deux ou trois heures. Jugez-en vous mêmes en cliquant sur : Europeans For Bernie’s Mass Movement

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23 thoughts on “L’horrible M. Trump… stade suprême du néolibéralisme le plus mortifère ! par Yorgos Mitralias”

  1. « Voici donc la raison plus profonde qui permet à cet horrible M. Trump inculte, brutal et dangereux raciste de se maintenir à la tète de la super-puissance mondiale même si sa présence à la Maison Blanche représente, de l’avis général, une menace directe contre la paix et l’humanité !  »
    Vous vous êtes en « paix »! Mais il serait peut être temps d’ouvrir les yeux. Une grande partie de l’humanité ne connaît pas la paix! Elle ne vit pas bien installé confortablement derrière son ordinateur à regarder les malheurs du monde tout en se disant que cela ne la touchera jamais. Alors Trump s’est le petit moustique que vous aimez pas car il vous rappelle que maintenant vous aussi vous pouvez en prendre plein la gueule! Ah que cela aurait été mieux Hillary Clinton avec sa politique consensuelle, ses grandes phrases creuses qui nous auraient fait tant de bien , nous, les gentils! Et puis par derrière, elle aurait fait une politique bien dégueulasse comme Trump. Mais cela nous aurait pas déranger comme çà on aurait pu dormir tranquille avec nos bons sentiments, nous les gentils!

    Trump c’est le Démon du Capitaine Haddock dans Tintin…On l’a tous en nous. Mais on se le cache, on ne veut pas le voir. Rien que pour çà je suis heureux qu’il soit président des États Unis. Maintenant, il est présent dans tous les médias, partout on en parle. Il nous rappelle constamment notre petit démon celui qu’on ne veut pas voir!

    La nature humaine est fragile, on est des petites machines tiraillés par notre biologie. Quand Paul Jorion écrit « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » , c’est pas un roman de science fiction, cela peut arrivé! Le réchauffement climatique, l’acidification des océans, l’extinction massive de centaines d’espèces animales, tout çà c’est vrai! C’est pas un roman, c’est entrain de se produire! Et notamment par notre faute du fait de notre nature!
    Alors Trump c’est une partie de nous! On l’aime pas mais elle fait partie de nous! Il serait peut être temps de l’accepter et au lieu de le refouler comme j’ai pu le lire dans cet article. Il serait peut temps de se regarder tous dans le miroir et de comprendre qui nous sommes si nous voulons encore sauver quelque chose!

  2. « … La preuve en est que – fait unique et sans précédent dans l’histoire des États Unis – des dizaines de sondages et autres enquêtes approfondies concordent pour constater que la fine fleur de la population du pays, les “Millennials” qui incluent les tranches d’age de 18 a 35 ou 36 ans, rejettent le capitalisme et se déclarent en faveur d’un “socialisme”… »

    Ah sacrés yankees, toujours en avance sur le reste du monde !

    Je n’ai plus qu’à aller pondre mes posts sur un forum socialiste US.

  3. Quand un empire finit , les coups viennent toujours de l’intérieur simultanément à l’extérieur .

    La nouveauté c’est la puissance exterminatrice des forces en jeu ( de tous côtés) , l’accélération des temps et le flou philosophique et économique du nouvel horizon en création ( mais ça se décante) .

    Je ne crois pas comme vous que les vrais femmes et hommes d’Etat qui comptent de par le monde soient aussi naïfs et sans précaution que vous le dites .

    Je redoute davantage la désinvolture encore persistante des peuples , et l’irresponsabilité des chapelles progressistes .

    Pour la bourgeoisie elle même , elle sera de plus en plus conduite à choisir son camp : conservateur ou en mouvement de vie collective et individuelle . On en voit des prémisses chez nous et ailleurs .

    Si le temps est donné .

  4. Trump passe pour un fou. Ce personnage, qu’on fait passer pour un idiot, possède pourtant une culture (sur laquelle, c’est le moins qu’on puisse dire, il ne s’étale pas). Il n’en est que plus dangereux.
    Pour ma part, sous les apparences exterieures d’un pré-ado immature et obsédé par l’argent (enfin disons plutôt par le fait de « pouvoir acheter son voisin », ce qui est un peu différent), je vois un calculateur froid, méthodique et réfléchi, sachant très bien ce qu’il fait, quand il le fait, et comment il le fait.

    La politique qu’il suit est, pour tout un courant de stratèges US, la seule façon de sauver la prédominance des USA pour les 20 années qui viennent, tout en préservant la domination des élites locales sur le peuple américain. En effet, toute autre façon de faire impliquerait un changement de système complet, qui affaiblirait lesdites élites.

    La tentative est désespérée, bien sûr.
    Ne serait ce que parce que les USA sont devenus une maison de fous, où que l’on tourne le regard: du FBI au Congrès, de Wall Street à Washington D.C, du service diplomatique à l’Université. L’Hubris y est partout chez elle. Encore ne s’agit-il même plus d’hubris à ce niveau là, mais bien plutôt d’un refus hystérique, fanatique, de la réalité, pour ainsi dire institutionnalisé. D’une véritable psychose politique.
    Les dieux rendent d’abord fous ceux qu’ils veulent perdre. Les USA ne s’en sortiront pas. Car il faudrait qu’ils ne soient plus qui ils sont. La perte de leadership va s’accélérer. La population se paupériser d’avantage encore. Jusqu’à l’implosion-explosion finale.

    Infiniment + réfléchis, + criminels et + dangereux que n’importe quel dictateur de la planète : le cartel bancaire qui contrôle la FED, Wall Street, et le strategic board de la plupart des multinationales (industrie pétrolière, agrochimie, pharma et robotique).
    A cet égard, on a une pensée émue pour le vrai-faux fond d’investissement d’Apple (qui échappe à la réglementation financière). Et on se rappelle, en passant, que d’ anciens agents du renseignement américain, dont l’activisme déplaisait à G…gle, ont révêlé, en mesure de rétorsion, que la firme disposait de sa propre armée de mercenaires, actuellement stationnée quelque part entre le Moyen-Orient et l’Afrique. Bizarrement depuis, G…gle leur fout la paix. Dans un premier temps on se demande: « pour quoi faire? ». Et dans un deuxième temps : « Pourquoi la presse française et les réseaux sociaux se sont-ils tus? ». N’y aurait il pas un lien avec le volume des ventes de la presse française, et la signature récente d’un deal rémunérateur entre cette dernière et la multinationale?

    Tout ça pour rappeler que derrière ses effets de manche, il y a infiniment + dangereux que Trump. Tachons de ne pas (trop) nous laisser distraire.

  5. Ce Donald ne fait plus rire !
    Ses récentes initiatives au niveau de la politique internationale des U.S. laissent augurer de bien mauvaises choses.
    Une lueur d’espoir toutefois, les gens dont il s’est entouré, ne semblent pas être aussi cinglés et subjugués, comme avaient pu l’être les sbires de Hitler, la démocratie américaine devrait pouvoir corriger cet état de chose actuel; le pourra-t-elle avant l’arrivée du pire ?

    1. Je partage votre avis et je pense que son entourage fait tout pour le contrôler afin d’éviter le pire en accord avec les services  »spécialisés » des grandes puissances.
      Regardez ce qu’il se passe en Corée, liaison nord sud rétablie, rencontre au sommet, participation de la Corée du Nord aux JO, …
      Auriez-vous imiginé cela il y a à peine 1 mois ?
      Le Donald semble court-circuité.
      J’en arrive à penser que tous les responsables dignes de ce nom se disent … patience, encore 3 ans !!

  6. «le plus irrésistible des arguments de Trump, le 1,5 milliard de baisses d’impôts»

    C’est plutôt 1500 milliards de dollars (estimation sur 10 ans.)

  7. Bonjour,
    tout d’abord une remarque et une correction :
    1- Trump est loin de gouverner « la plus grande démocratie du monde libre »…d’ailleurs je cherche les démocraties du monde « non libre ». Jusqu’à preuve du contraire la plus grande démocratie du monde est l’Inde (1 Md ha), devant l’Union Européenne (500 M ha).
    2 – Ce sont bien 1500 milliards de baisse d’impôts que Trump accorde au 1%.
    Sur le fond maintenant, je suis de ceux qui prennent au sérieux les tweets hyper narcissique de celui-là qu’on prend un peu trop facilement pour un pitre imbécile.
    Je crois au contraire que toute cette clownerie est un divertissement qui permet aux forces au pouvoir d’agir tranquillement à l’atteinte de leurs objectifs : libéralisation ultime de la société et de l’économie US, avec effet de cliquet (ceux qui arriveront après ne pourront pas revenir en arrière). Et vu sous cet angle, le fameux tweet hyper-narcissique prend tout son sens : « je suis un génie parce que j’arrive à vous faire croire que je suis un idiot et que personne ne m’empêche de faire ce que j’ai prévu ».
    Mais ça fait tout aussi froid dans le dos…

    1. Votre hypothèse, celui de jouer l’idiot, ou plutôt la provoque, et finalement faire diversion pour faire passer « en douce » la politique la plus dure (depuis un siècle ?) d’un point de vue sociale (et la plus profitable pour l’oligarchie)….me parait tout à fait plausible. Et la deuxième question serait de, plutôt que de trop s’attacher au « symptôme » (certes déterminant), se demander pourquoi les USA ont pu en arriver à élire cette personne. Ayant lu le livre de Bernie Sanders, « Notre révolution », il me semble qu’une partie de la réponse s’y trouve (excellent livre qui, paradoxalement, redonnerait presque un peu d’espoir, et rend tout à fait plausible ce mouvement « millennials » « pro-socialiste »); rappelant en particulier, comment le clan Clinton noyotait le partie Démocrate, et étant finalement trop occuper à courtiser les financeurs d’eux-mêmes et de leur parti, en ont oublié la réalité du terrain, laissant un boulevard à un Trump, qui lui a flairé le bon filon, et a su capter une partie importante de ces laissers-pour-compte ; avec une question corolaire, du niveau de corruption (directe ou indirecte – par effets d’influence à coup de milliards) qu’a pu atteindre le système américain, aggravé par le niveau élevé d’inégalité….Maintenant, je ne voudrais pas spéculer, mais cette baisse drastique de la fiscalité va certainement avoir des conséquences sociales très graves concrètement, et dans un an ou deux se traduire dans le paysage quotidien des USA, à commencer par avoir des effets directs sur le système de santé et d’éducation déjà mal en point…En tout cas, à suivre de très prés !

  8. Vous demandez comment il est possible « qu’un tel monstre humain ait réussi à se hisser au sommet de la super-puissance mondiale ? »

    Voici un élément de réponse, c’est un commentaire à un article sur le livre de Michael Wolff qui fait tant de bruit. Il émane d’un partisan de Trump « Gerard » qui sait visiblement s’exprimer et argumenter, et je le trouve intéressant. Sans être révélateur – pas de grande surprise ici – il confirme bien le type de raisonnement qui a conduit beaucoup d’Américains à voter pour Trump « sans illusion »… et surtout ce que ces personnes pensent de l’état de leur pays.

    Je n’en traduis que de courts extraits :

    « Comme personne qui a voté Trump sans illusions, parce que son adversaire et son parti sont l’incarnation de la décadence et de la corruption qui détruisent notre pays, permettez-moi de dire ceci :

    L’historique et la réputation de Wolff n’inspirent pas confiance en sa crédibilité, mais postulons qu’une partie ou beaucoup de ce qu’il a écrit sur Trump est vrai. Et alors, où est le Grand Scoop au juste ? Que c’est un bouffon infantile ? Ouais, on savait. Qu’il est incapable de remplir sa charge ? Ça n’a jamais été disputé non plus.

    Et oui, il est consternant que le pays ait pour président un bouffon infantile.

    Cependant, il y a quatre choses qui sont encore plus consternantes, et il est vraiment dommage que le plus gros de la Classe Pensante de la nation ne puisse ou ne veuille les comprendre :

    Premièrement, le fait que l’échec désastreux des Elites Gouvernantes, leur abandon dans l’isolation de la classe populaire américaine, l’accélération alarmante de la division du pays en 35% de pourvus et 65% de dépourvus, et la poursuite par l’Etablissement de politiques étrangères et économiques qui ne servent pas les intérêts des citoyens – que toutes ces choses ont mis Trump à la Maison Blanche. C’est vraiment consternant.

    Deuxièmement, (…)

    Il y a une explosion qui arrive, mon chéri, et quand elle sera là ça ne sera pas joli. »

    Voici l’original complet en anglais http://www.theamericanconservative.com/dreher/mr-trump-he-crazy-michael-wolff/comment-page-1/#comments (chercher « Gerard » pour arriver au bon endroit dans la page)

    Beaucoup des partisans même de Trump savent qu’il est un « bouffon », un « clown ». Et ils le reconnaissent tout uniment.

    Mais ils ont choisi d’utiliser cet instrument – le seul que le système politique américain, incomparablement mieux verrouillé que le français, leur laissait – comme une boule de démolition, ou au minimum un majeur pointé en direction des élites gouvernantes de leur pays. Dont ils ont le fort sentiment qu’elles les ont laissés complètement sur le bord de la route.

    Était-ce décision sage de lancer une boule de démolition dans ces conditions, d’éprouver un tel « désespoir » que l’on est prêt à « donner sa chance à un type comme Trump parce que l’on pense que MÊME LUI est préférable (aux alternatives) » – comme le dit ce même « Gerard » ? Ça se discute. Ça se discute même assez sérieusement. Quoi qu’il en soit, ils l’ont fait.

    Mon sentiment, c’est que si le Parti Démocrate américain veut avoir la moindre chance d’empêcher Trump d’emporter un deuxième mandat (oui il est vraiment possible que Trump soit réélu !) il a fortement intérêt à opposer à ce milliardaire arrogant quelqu’un d’autre qu’une AUTRE milliardaire arrogante… comme, au hasard, Madame Oprah Winfrey !

  9. Soyez sans illusion, Trump est parfait car à cause de ses excès ,il est en permanence sous la menace d’une destitution on le tient et ainsi on le télécommande….Il est l’expression d’un pays inculte politiquement ,ce à quoi se consacre notre presse ,comme celle des USA, mais aussi étranger à toute pratique culturelle pour la majorité des gens ,avec le seul souci de consommer plus et de paraître…Dans le fond rappelez vous la charge d’un certain Sarkozy contre la princesse de Clèves?????Ce qui gênerait ces messieurs c’est une culture populaire.. Ce n’est pas nouveau: Millet (19e siècle) avait subi de violents attaques à cause de son tableau « Des glaneuses »..Rien de nouveau:un peuple éduqué,ce serait pour ces messieurs une catastrophe…Donc pour eux un Trump est un personnage parfait!!(Tout convient chez lui y compris sa vulgarité et l’agressivité de ses propos)…

  10. Vous diffamez plusieurs fois et cela me surprend car habituellement la modération était stricte, réglo sur ce blog. Sans doute un relâchement étant donné que le blog vit ses dernières heures.
    J’imagine que c’est l’émotion qui vous fait parler ainsi. Emotion et analyse ne vont pas bien ensemble.
    Comment se fait-il que Trump a été élu ? C’est l’évidence même, les Américains l’ont préféré à Hilary Clinton. Et on ne saura jamais si les Américains auraient préféré Bernie Sanders, celui-ci ayant été écarté grâce aux trucages de Clinton. On comprend que pour vous, certainement Clinton serait plus légitime à gouverner.

  11. « Et donc, comme tous les 4 ans, non seulement les États-Unis nous font subir le spectacle attristant de l’élection du Président du Monde libre, mais par dessus tout ils nous infligent ensuite la litanie éprouvante des commentaires tous plus convenus les uns que les autres…
    Option 1 : c’est un(e) Démocrate qui gagne. Mettre en avant sa coolitude supposée (top moumoute : le saxophone de Bill Clinton), la jeunesse, le « changement de style ». C’est l’Amérique réconciliée avec elle-même, l’ouverture sur le monde, la fin de l’impérialisme, des coups tordus et des coups d’État, la paix dans le monde (des fois, même : le prix Nobel) ; le FBI, la CIA et la NSA sous contrôle, la liberté pour tous et les valeurs modernes qu’on aime, et même, des fois, la promesse d’un capitalisme un peu régulé…

    Option 2 : c’est le Républicain qui gagne. C’est la fin de la démocratie, la plongée dans la fascisme, un monde qui s’effondre. La première semaine, des étudiants parfaitement démocrates qui manifestent et pétitionnent pour dénoncer le résultat des élections, les déclarations grandiloquentes sur le thème : « je vais m’expatrier au Canada ». Le conservatisme et ses mauvaises odeurs, le retour de la prière à l’école pendant le levée du drapeau, le combat contre l’avortement, la persécution des gays, et tout le monde vierge avant le mariage, une vision du monde façonnée par Fox News ; l’impérialisme décomplexé, les coups d’État, les invasions, le soutien ouvert aux régimes-clients fascistes et les freedom fighters unanimement néo-nazis. Et, pire : le retour des politiciens qui, tous, ressemblent à des bonimenteurs de télé-achat ou à des téléévangélistes, tout cela dans un immense concours de coupes de cheveux toutes plus hideuses les unes que les autres.

    Et puis tout change et rien ne change. Ce qui est surtout remarquable, c’est la permanence de l’exceptionnalisme américain, la continuité de sa politique étrangère, la stabilité exemplaire de son impérialisme, son système d’exploitation à l’intérieur comme à l’extérieur, le développement constant de son système militaro-industriel, un système étatique intégralement consacré à la défense de la forme la plus inégalitaire et prédatrice du capitalisme… et une absence totale de sens du ridicule. » Posté en nov. 2016.
    Je radote… mais ne suis pas le seul.

    1. @ nono
      « Et puis tout change et rien ne change. Ce qui est surtout remarquable, c’est la permanence de l’exceptionnalisme américain, la continuité de sa politique étrangère, la stabilité exemplaire de son impérialisme, son système d’exploitation à l’intérieur comme à l’extérieur, le développement constant de son système militaro-industriel, un système étatique intégralement consacré à la défense de la forme la plus inégalitaire et prédatrice du capitalisme… et une absence totale de sens du ridicule. »

      Et une dette qui se creuse, et un dollar de moins en moins apprécié dans le monde.

      En apparence seulement, nous sommes dans le changement dans la continuité.

      Une porte pourrie grince longtemps sur ses gongs.

      « l’exceptionnalisme américain » réside dans le fait que ce peuple jeune, lorsqu’il fait quelque chose, il ne le fait pas à moitié.

      La révolution socialiste là bas, ça va décoiffer, et pas seulement la perruque de Trump, celle de Washington aussi !

  12. Je vous le fais en Pentateuque, enfin 4 livres sur 5, je vous laisse le soin d’imaginer le 5ème.

    Abraham Lincoln fut le président du Livre quand se pointait déjà l’ère du télégraphe.
    FD Roosevelt fut le président du télégraphe quand se pointait déjà l’ère de la radio.
    Reagan fut le président du cinéma quand se pointait déjà l’ère de la télévision.
    Trump est le président de la télévision (The Apprentice etc.) quand se pointe déjà l’ère d’Internet.

    Chacun a profité d’un nouveau support comme bonne arme de guerre, tout en étant archétype rassurant de l’ancien.

    Je vous laisse imaginer le président de l’Internet à l’ère où l’AI de chez AI pointera déjà. etc. Ne pas répondre Trudeau même si vous avez envie, merci !

  13. (Ci-dessous, quelques sensations verbalisées sans leçon spécifique… Ssssss 🙂

    Une grande part de la population du pays supposé « le plus puissant du monde » semble bien avoir peur, et de se réfugier sous la grande houppe blonde du couillu télévisuel qui vire les incompétents (qui sont bien sûr toujours « les autres »…)
    Peur de qui ?
    Peur de quoi ?
    De son voisin, lui aussi armé ?
    Des Chinois ?
    Des Européens ? (non, je rigole).
    Des socialistes ?
    Des immigrés ?
    Des islamistes ?
    Des écolos qui font fermer les usines ?

    L’homme a la houppe les aidera, les protègera du monde.

    L’agneau qui demande aide et protection auprès du loup, escomptant peut-être être plus malin que lui…

  14. Les outrances de personnage mise à part cela me rappelle quelqu’un mais qui?
    Trump rend bien service à l’état profond zunien, en étant l’épouvantail et le bouc émissaire de la catastrophe qui se pointe

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