Le Monde / L’Écho – Le Royaume-Uni victime du Brexit, le 2 juillet 2018

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Le Monde : Le Brexit et « la débâcle du Royaume-Uni »
L’Écho : Le Royaume-Uni victime du Brexit

Nous nous sommes fait à l’accession au pouvoir de régimes autoritaires en Hongrie et en Pologne en nous rassurant que ces nations ne sont que les marches de l’Europe. Malgré son immédiate dérive xénophobe, le gouvernement populiste en Italie est instantanément devenu la nouvelle norme : les marchés sont pragmatiques bien davantage qu’omniscients.

Mais c’est au cœur du noyau idéologique de l’Occident : aux États-Unis et au Royaume-Uni, que la décomposition s’opère ces jours-ci avec la plus grande vigueur et à un rythme allant en s’accélérant. Si les citoyens les plus éclairés de ces deux nations décrivent la voie où elles sont engagées de « tragi-comédie », de « farce tragique », nous qui les observons en extériorité y lisons une authentique tragédie. Notre propre sort est hélas bien trop lié à elles sur les plans commercial et militaire pour que nous sortions indemnes de leur décadence.

Illustrons cela par quelques chiffres et faits sur la débâcle présente du Royaume-Uni.

Selon une analyse du Centre for European Reform, depuis le vote fatidique du 23 juin 2016 où le Brexit l’emporta par 51,9%, l’économie britannique s’est réduite de 2,1% Le syndicat patronal du secteur automobile cite le chiffre de 860.000 emplois menacés, dont plusieurs milliers chez Airbus en raison des casse-tête douaniers à venir.

Les fonds ministériels dédiés à l’innovation numérique sont réaffectés à une reconstitution du système qui précéda l’adhésion à l’Union européenne.

Selon les partisans du désengagement, un « dividende Brexit » d’un montant de 350 millions de livres (400M €) serait libéré chaque semaine, somme qui viendrait alimenter le financement du NHS, le service national de santé. C’est au contraire 440 millions (500M €) que le Brexit coûte chaque semaine à l’État. Theresa May, Premier ministre, n’en a pas moins annoncé qu’une rallonge de 20 milliards (23MM €) au financement du NHS serait « partiellement financée par le dividende Brexit », provoquant un tollé. Le chiffre gouvernemental est d’une perte post-Brexit annuelle de 15 milliards de livres (17MM €).

Rien d’étonnant alors qu’une manifestation à Londres le 23 juin, réclamant un nouveau referendum, ait rassemblé 100.000 manifestants. Un sondage relatif à l’opportunité d’un second referendum donne 48% en sa faveur, 25% contre, 18% d’indécis et 9% d’abstentions. Les suffrages qui seraient recueillis seraient de 47% en faveur du Brexit contre 53% pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

Devient aussi de jour en jour plus évident que le Brexit débouchera sur une reconfiguration du Royaume-Uni. Une clause, rarement évoquée, du Good Friday Agreement qui mit fin à la guerre civile en Irlande du Nord en 1998 prévoit en effet que le ministre en charge de la région peut appeler à un vote de réunification « s’il lui paraît probable » qu’une majorité se dégage en faveur d’une Irlande unifiée. Or plusieurs facteurs poussent désormais en ce sens. Ainsi, l’évolution démographique qui fait qu’à partir de 2021, la population « catholique » de l’Ulster sera plus importante que sa population « protestante ». Renversement de la situation historique, le PIB par habitant est désormais double en République d’Irlande de ce qu’il est dans le Nord. Autre renversement : le Nord qui apparaissait plus progressiste que la République d’Irlande en permettant le divorce et l’avortement, est désormais à la traîne du fait de l’interdiction toujours en vigueur du mariage pour tous.

Paradoxalement, deux ans après le vote du Brexit, le Royaume-Uni n’a jamais été un partenaire aussi fiable de l’Union européenne et s’en rapproche plutôt qu’il ne s’en écarte, mais c’est dans le cadre du front uni qui s’est constitué pour contrer les effets déstructurants de la déliquescence d’États-Unis en proie à un cauchemar et d’un Royaume-Uni victime d’un effondrement majeur.

Notre regard étant fixé sur les arbres que sont la guerre commerciale qui se déchaîne ou le casse-tête des migrants, nous sommes aveugles à la forêt qu’est un Occident en voie de rapide décomposition.

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151 réflexions sur « Le Monde / L’Écho – Le Royaume-Uni victime du Brexit, le 2 juillet 2018 »

  1. C’est la décomposition au plus petit dénominateur commun.
    Le référendum n’apportera rien.
    Le coût du brexit et les pertes d’emploi de multinationales sont énormes.
    Puisqu’un député français LaRem organise des conférences dans notre pays sur l’intelligence artificielle,
    A l’instar de ces conférences il serait bien qu’un groupe d’élus travaillent en ce sens sans oublier la jeune élue américaine.
    Comment allez de l’avant sans suppression d’emplois ?

  2. « …Occident en voie de rapide décompensation »
    C’est curieux, mais le parti allemand « AfD » (Alternative für Deutschland) a suggéré, il y a quelques jours, une psychothérapie pour l’Allemagne – son système serait décompensé – et que l’AfD pourrait être son thérapeute.
    Je ne pense pas que l’occident soit perdu, exposé à la décompensation, mais il risque de finir comme région colonisée par les Chinois, les USA, et peut-être plustard, quand elle aura compensée ses retards, par la Russie
    L’Angleterre s’en remettra, mais il faudra du temps; je connais bien ce pays, il a une force extraordinaire pour gérer toutes sortes de marasmes et conflits, il l’a prouvé dans le passé. Il ne faut jamais sousestimer ce pays.

    1. Les pays survivent toujours, en général, mais les ‘peuples’ en chient quand même un peu…
      Et parfois, parfois, il finissent même par se révolter sans prévenir, ça résout rarement les choses mais ça défoule,
      et ceusses dont « on ne peut imaginer le cynisme » et qui « se tapent sur les cuisses » se disent, « vraiment le peuple
      quelle inconsistance, toujours à protester, pige rien le peuple » ! 🙂

  3. M Jorion, dans cet article vous relatez des faits, des sondages, mais vous m’autoriserez à trouver dommage de ne pas dire pourquoi selon vous l’occident entre en décomposition.

    Dommage car les gens ne comprennent pas : leur courage, leur abnégation, ne suffisent plus, et personne ne les aide à comprendre. Ils entendent sur les ondes toujours les mêmes rengaines, « plus de compétitivité », « seule la croissance crée l’emploi », « il faut être mieux formé, dans des logiques de savoir être plutôt que de savoir faire » etc… et après avoir accepté des licenciements, de se former, ou lorsque la croissance revient, rien ne se passe…

    Qui d’autre que vous peut l’expliquer avec des mots simples ?

    Vincent Rey, findutravail.net

      1. On ne vous fera pas le reproche de vous admirer … si vous le faites vous même !…

        ( jamais pu résisté à une moquerie ….gentille )

    1. Je ne parlerais pas de « décomposition » mais de dissolution, d’effervescence. Ce que « l’art » contemporaine reflète très bien – l’art est toujours un mirroir de son époque. Quelles sont nos valeurs, celles de l’occident, aujourd’hui? Peut-être l’argent, la consommation, un individualisme et hédonisme sans bornes, l’exaltation d’une époque sociopathe.

      1. « l’art est toujours un miroir de son époque ».

        Ok, mais quel rapport entre les farces présentées (l’horloge qui tourne tandis que l’aiguille reste fixe, le pneu qui s’use, etc.) et l’art ?

      2. Selon Duchamp, n’importe quel objet devient une oeuvre d’art, dès lors qu’il est exposé au regard humain…. un peu facile non ? Cherchez donc ce qu’il y a d’universel et d’humain dans un urinoir, ou dans un porte-bouteille… où est l’orgueil, l’envie, la détresse, l’amour, la jalousie, l’enfer, le paradis, la compassion, et tout ce qui fait que nous sommes humains ?

        J’y vois bien pour être honnête de la cupidité, mais longtemps après avoir trouvé ça nul. D’ailleurs au sujet de « Fontaine », mieux connu sous le nom d' »urinoir de duchamp » (ce qu’il est en réalité, le nom qu’on lui donne ne trompe pas), un homme qui se disait artiste avait mis un petit coup de marteau dessus, prétendant que par ce geste, il avait aussi effectué une oeuvre d’art, et qu’il ne pouvait pas être condamné pour ça, au nom de la liberté d’expression ! Pourquoi pas, au point où on en est !

        Si je me mouche en public aussi, ça devient de la musique, puisque j’expose le bruit au public ? ça pourrait peut-être se vendre, je vais envoyer un enregistrement à Bernard Arnaud…

  4. Qu’elles sont les causes avancées par le syndicalisme patronal. Est il logique qu’il détruise autant d’emplois dans l’automobile ?
    Airbus est la bataille avec l’avionneur boeing, la société Airbus est elle une multinationale ?

    1. Pour l’automobile, normal que ça s’arrête. On en est saturé. Alors que, grâce à la publicité et à l’innovation, on en vend toujours plus. Jusque quand ?

      1. Bonjour Francis,
        Si le commerce d’automobiles se developpe pourquoi le coût d’une automobile est il aussi élevé ?
        @+

    2. J’ai écrit un article documenté sur le sujet, Bernadette, en me basant sur une étude de l’INSEE sur le secteur de l’Automobile, intitulé « La Croissance crée l’emploi ? ». Il avait avait été publié initialement sur ce blog sous un autre titre en 2016 ici. J’espère que vous y trouverez des réponses à vos questions. V Rey

      1. Il n’y a aucune reponse à ma question. Je posais une question simple. : pourquoi les automobiles sont elles si coûteuses à l’achat neuves ou occasion ?

  5. Certes, le vote majoritaires des Britanniques pour le Brexit est une grosse erreur aux plans économique et, sans doute, politique.
    Mais, une fois de plus, revenir sur le résultat d’un referendum démocratique avec pour raison que cela va coûter cher (ou que la City et les milieux économiques sont fâchés), cela ne risque-t–il pas de donner bien du grain à moudre à ceux qui, vote après vote, accusent les « élites » de toujours revenir sur les décisions qui ne leur plaisent pas?

      1. Les consultations et référendums européens sont des blagues de potache, ça oui ! puisque leurs résultats n’ont aucune incidence sur rien et que, de toutes façons, ceux qui ont mal voté revotent. Je considère comme un devoir civique de ne plus participer jamais à de tels simulacres.

        Mais un référendum britannique n’a rien d’une blague, ça non !

      2. Une seule issue , donc :

        Se faire naturaliser britannique .

        Mais on dirait que c’est justement pour éviter ça que le referendum britannique a eu le résultat qu’on sait .

        Touche pas à mon referendum raciste .

      3. Si les referendum sont des blagues de potache, que dire des élections, européennes par exemple, par lesquelles on délègue le pouvoir de décider à quelques centaines d’inconnus qui, sauf quelques-uns, trouvent là une belle planque lorsqu’ils sont out au niveau national… J’ai parfois du mal à suivre la logique de vos raisonnements…

  6. Je suis en complet désaccord avec cette analyse.
    Le Royaume Uni, par le vote du Brexit, et par le respect par ses dirigeants du résultat de ce vote, donne à l’Europe une leçon de démocratie.
    L’idée, bien bruxelloise, de faire revoter ceux qui ont « mal » voté, est une trahison de l’idée-même de démocratie.

    Que cette décision ait eu un impact économique est possible, dans quel sens ? les avis comme toujours divergent. Mais l’essentiel n’est pas là. La politique doit passer avant l’économie, ou bien c’en est fini de la souveraineté, de la démocratie, de la république, de la politique…

    1. Vous êtes touchant de croire que la démocratie a encore un rôle à jouer là-dedans, au premier niveau, ou au second niveau, ou au 3e niveau… vous ne réalisez pas le niveau d’entubage du citoyen ordinaire dans cette histoire. Votre candeur est du genre : « Combien mon patron gagne plus que moi ? Euh… peut-être 50 fois ? » Non, c’est 4.500 fois. « Avec tout cet argent que les gens empruntent à la banque, c’est normal qu’elle doive l’inventer ! » Non, elle a 2 fois plus que nécessaire : le reste elle le prête à la spéculation parce que ça paie davantage. Vous êtes tellement gentil que vous ne pouvez même pas imaginer le cynisme des gens d’en face (et ils vous en remercient secrètement, en … se tapant sur les cuisses).

      1. Je l’aurais dit autrement , mais je signe .

        Le capitalisme libéral n’autorise à la démocratie que des actes qui désagrègent et affaiblissent les peuples .

        On attend , pour être plus intelligents et libres , des actes démocratiques qui solidarisent et donnent à la puissance publique les leviers réels de la décision . Pas des actes manqués et des envolées de mensonges médiatiques .

      2. 1/ je préfère être « touchant », naïf, « gentil »… que cynique, ne vous en déplaise.

        2/ envoyer ainsi un qualificatif à la tête de votre contradicteur est une réponse sans portée ni intérêt.

        3/ à Vichy, pour convaincre les parlementaires de voter les pleins pouvoirs à Pétain, Laval a très largement utilisé l’argument de l’impuissance de la démocratie. Étaient-ils « touchants », eux aussi, ceux qui lui opposèrent leur attachement à la démocratie et à la république ?

        4/ qui sont » les gens d’en-face » ? Dans cette guerre globale qu’est la mondialisation, tout le monde est contre tout le monde. L’objectif doit être la paix, pas une exacerbation des oppositions et des haines, c’est-à-dire une accentuation de la guerre.

        5/ de Gaulle a écrit qu’il avait relevé la France grâce aux deux môles qui avaient tenu « l’un était un tronçon du glaive, l’autre, la pensée française ». Qu’est la pensée française devenue ? Pire : qu’est la pensée devenue ?

      3. @Broca :

        Cette récupération de Pétain et De Gaulle pour justifier une préférence nationaliste , ne devrait pas trop ébranler un des rares gaullistes qui le soit resté , de cœur et d’action : Michel Barnier .

        Mais lui , il sait de quoi il retourne , et n’appelle pas les grandes références volontaristes et progressistes pour justifier des vieux modèles conservateurs et hors des enjeux d’aujourd’hui .

      4. @ Juannessy

        Michel Barnier gaulliste ?!?… il faut se pincer et le relire 3 fois pour être d’avoir lu ce qu’on a lu…

        Il n’y a pas plus européiste et fédéraliste que lui.

      5. Là je dois dire que je ne vous comprends pas M Jorion (1).

        Personne n’a tenu la main des britanniques dans l’urne. Aussi, « Blague de potache » ou pas, ce référendum et ses conséquences doivent être assumées, ou bien c’est la fin de la démocratie. Les britanniques ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus, il y a eu une campagne, les avis ont pu s’exprimer, ils ont choisi en toute connaissance de cause.

        Que voit-on maintenant ? des tentatives désespérées de l’establishment politico-financier-publicitaire pour revenir sur cette décision réellement catastrophique pour le monde des affaires , tout en conservant les apparences de la démocratie. Mais le « leave » ne menace pas directement les intérêts des classes populaires, pour qui ça ne fait ni chaud ni froid : que veut dire 45 milliards d’€ à rembourser à l’UE, pour un anglais pauvre, il sait que de toutes façons, ça ne sortira pas beaucoup de son porte-monnaie ! Et si le Brexit ne se faisait pas, comme c’est probable, alors les anglais sauront que la démocratie capitaliste, c’est un peu comme le « Canada Dry »…ça a le goût de la démocratie, la couleur de la démocratie, mais ce ne serait pas vraiment de la démocratie.

        Je crois que placé devant cette alternative simple du « remain or leave », le peuple britannique qui était à la recherche des raisons profondes qui l’ont conduit à ce dénuement, a cru voir une porte de sortie dans le « leave » (après tout, pourquoi ne pas essayer ça, puisque personne ne nous propose autre chose ?). Je crois aussi, que les britanniques se sont posé à l’occasion du Brexit, la question de l’équilibre entre Démocratie et Capitalisme. Ils devaient sentir confusément que la démocratie (qu’ils assimilent et confondent volontiers avec le niveau de vie qu’ils avaient atteint dans les années 1960) était attaquée par le capitalisme. Il n’est pas anodin que pendant la campagne, la députée Jo Cox ait été assassinée. Car qui Thomas Mair assassinait-il en réalité ? la démocratie, ou la démocratie dévoyée par le capitalisme ?

        Le temps viendra, lorsque le peuple britannique aura enfin compris que cette alternative du « remain or leave » était « hors sujet » pour répondre à son problème, où il remettra en question le capitalisme financier et publicitaire.

        Vincent Rey,
        findutravail.net

        (1) Je vous suspecte de lancer parfois quelques provocations , pour tester votre auditoire.

      6. M. Rey, je regrette de devoir vous rappeler ce qui devrait être une vérité élémentaire : que les conspirationnistes sont des gogos.

        « ils ont choisi en toute connaissance de cause ». J’espère que vous n’êtes pas sérieux ! Les gens ordinaires ont voté sur le discours de propagande que le Brexit rapporterait 400 millions € par semaine, qui irait au service de santé. Il en coûte au contraire 500 millions €. Mais ne vous inquiétez pas pour vos économies : ce sont les gens ordinaires qui raqueront. Comme d’habitude. Lisez-moi svp : la socialisation des pertes, ce n’est pas un accident : c’est inscrit dans les règles comptables.

        Je vous apprends vraiment quelque chose en vous annonçant que les populistes sont des marionnettes que font danser les autres ? Je vous apprends quelque chose en vous disant que pour que les attrape-couillons aient tant de succès, il faut que les volontaires se bousculent au portillon ?

      7. ils ont choisi en toute connaissance de cause.

        Faut vraiment être un pignouf pour l’oser celle-là… « En toute connaissance de cause », alors que les Brexiters, Boris en tête, n’ont cessé d’aligner mensonge sur mensonge sur mensonge ?

        Edit: je vois que Paul avait déjà sorti le bazooka, bis repetita non placent

      8. « en toute connaissance de cause » …
        Libé, Christopher Wylie, Cambridge Analytica,
        http://www.liberation.fr/planete/2018/03/26/sans-cambridge-analytica-il-n-y-aurait-pas-eu-de-brexit_1638940
        > « Est-ce que le vote en faveur du Brexit aurait eu lieu sans Cambridge Analytica ?
        > Non, ils ont joué un rôle crucial, j’en suis sûr. Il y a deux aspects dans le scandale. D’une part, Cambridge Analytica a admis la semaine dernière avoir effectivement travaillé avec le groupe de campagne «Leave.EU». L’autre aspect, c’est que AggregateIQ [une entreprise canadienne issue de Cambridge Analytica, ndlr] a aussi travaillé avec Cambridge Analytica sur un système qui a permis à Leave.EU de dépasser son plafond de dépenses, et d’utiliser près d’un million de livres pour cibler la population. Sans AggregateIQ, le camp du «Leave» n’aurait pas pu gagner le référendum, qui s’est joué à moins de 2% des votes. Or, 40% du budget de «Vote Leave» est allé à AggregateIQ, c’est beaucoup. Cette entreprise a joué un rôle pivot dans le référendum. Elle a travaillé main dans la main avec Cambridge Analytica. Si vous ciblez un petit nombre spécifique de personnes avec des milliards de publicité, cela peut suffire à gagner suffisamment d’électeurs ».

      9. M Jorion, les conspirationnistes sont peut-être des « gogos » manipulés, mais la démocratie, même si c’est parfois terrifiant, n’est-ce pas aussi la liberté laissée aux peuples de donner du crédit à des sornettes ? La propagande pour le « Leave » était mensongère dites-vous; certes, et vous le démontrez très bien, mais elle n’était pas la seule sur la place, il y avait aussi la propagande pour le « remain », et donc tous les points de vue ont pu s’exprimer. Maintenant que les conséquences du « Leave » se font jour, espérons que les britanniques ont compris que la question qu’on leur a posé était en réalité sans objet et qu’ils auraient dû refuser de voter : ni le « Leave », ni le « Remain » ne pouvait leur apporter une solution, puisque ni l’un ni l’autre ne pouvait attaquer les métastases d’une économie dopée, disparition du travail, exaspération de la concurrence entre les peuples, pollution, surexploitation, destruction des liens sociaux, explosions des inégalités…

        Il faut bien s’être trompé, pour savoir qu’on a fait fausse route, et en prendre une autre. (à condition de ne pas avoir jeté sa voiture dans un ravin !)

    2. Quand les extrêmes démocrates défendent mordicus la bêtise – pardon, le « droit » ! – d’un peuple qui se suicide, c’est en général le signe que la fin est proche.

      Article 1. de la convention de la démocratie des neuneus : « Le droit des peuples à s’indisposer eux-mêmes ».

      1. Je dirais plutôt le contraire : quand les extrêmes idéologues défendent mordicus qu’ils savent comment protéger le peuple contre lui même, c’est alors que la fin est proche. Graine de Polpot , Julien Alexandre ?

      2. Il n’y a aucun confusionnisme à s’abstenir de voter, et à regarder en face les problèmes, plutôt qu’à perdre du temps et de l’énergie, à s’engager sur les diversions électorales qu’on nous propose. Mais libre à toi de penser le contraire.

    3. Et en particulier que vous n’avez pas compris grand chose du gaullisme , qui est d’abord juger juste et sain pour son pays la réalité des faits .

      A chacun ses amours .

    4. Un peuple vote, il prend une décision importante, voire lourde, à une élection nationale. Il choisit de sortir de l’Union européenne, d’élire Emmanuel Macron, d’élire un parlement dominé par M5S et Lega, de réélire Angela Merkel, de rejoindre l’UE, d’abandonner une candidature à l’UE (Islande) etc. etc.

      Il a pris une bonne, ou pas si bonne décision, pour ses intérêts et pour la préparation de son avenir. Qu’y a-t-il de nouveau à cela ? La démocratie n’a jamais signifié que les décisions du peuple seraient toujours justes. Pas davantage qu’en dictature, oligarchie, monarchie, aristocratie ou tout autre système : les individus et les petits groupes se trompent eux aussi.

      Ce que signifie la démocratie, c’est seulement que l’ensemble du peuple prendra les décisions importantes. Ni plus, ni moins. Ce qui n’est pas tellement illogique : après tout, c’est bien l’ensemble du peuple qui devra en assumer les conséquences.

      Pour le reste, une décision peut toujours être rapportée plus tard. On peut élire un autre parti, un autre dirigeant à l’élection suivante.

      Et le Brexit ne fait pas exception. Le Royaume-Uni va sortir de l’UE en 2019. Les Britanniques en apprécieront les conséquences, les avantages comme les inconvénients. Ils resteront en dehors de l’UE. Ou bien ils poseront leur candidature pour la rejoindre plus tard.

      Ce n’est pas un effondrement. C’est une évolution institutionnelle, exactement comme lorsque tel autre pays rejoint l’UE, ou décide de ne pas la rejoindre, ou de la rejoindre après en être parti. Et la vie continue.

      Ce qui s’est effondré, clairement, c’est le mécanisme du « cliquet » cher à Jean Monnet, comme quoi la construction européenne ne connaîtrait qu’un seul sens et une seule direction. Il me semble bien d’ailleurs que Paul Jorion a dénoncé en d’autres circonstances des mécanismes de cliquet… est-ce que les cliquets seraient parfois bons et parfois mauvais 🙂 ?

      Je suis d’un avis différent. Un cliquet en matière politique est toujours négatif à mes yeux.

    5. « Les gens ordinaires ont voté sur le discours de propagande que le Brexit rapporterait 400 millions € par semaine, qui irait au service de santé »

      Concernant les raisons pour lesquelles les Britanniques ont voté pour rester ou pour sortir, ce document est très fouillé et complet http://lordashcroftpolls.com/wp-content/uploads/2016/06/How-the-UK-voted-Full-tables-1.pdf et cet article en est un résumé http://lordashcroftpolls.com/2016/06/how-the-united-kingdom-voted-and-why/

      Les gens qui ont voté pour rester ont cité les quatre raisons suivantes dans cet ordre (page 239)
      1. Les risques de sortir de l’UE semblent trop grands s’agissant d’économie, emploi et prix
      2. Rester signifie accès au marché unique tout en restant en dehors de l’euro et de la zone Schengen, l’équilibre idéal
      3. En quittant l’UE, le RU s’isolerait de ses amis et voisins
      4. Fort attachement à l’UE, son histoire, sa culture et traditions

      Les gens qui ont voté pour sortir ont cité les quatre raisons suivantes dans cet ordre (page 256)
      1. Par principe, les décisions affectant le RU doivent être prises au RU
      2. Quitter l’UE aiderait à reprendre le contrôle sur l’immigration et les frontières
      3. Rester signifierait n’avoir aucun choix sur l’expansion des pays membre ou des pouvoirs de l’UE à l’avenir
      4. Le RU bénéficierait davantage d’être en dehors de l’UE que dedans s’agissant de commerce et d’économie

      La propagande Leave comme quoi l’économie bénéficierait d’une sortie de l’UE n’apparaît que comme quatrième raison de sortir, loin devant les deux premières qui sont tout à fait différentes.

      De même, la propagande Remain comme quoi l’UE serait belle et digne d’un attachement de cœur n’apparaît que comme quatrième raison de rester, loin devant les premières.

      1. Je suis d’accord.
        Les Britanniques ont voté en leur âme et conscience.
        Ceux qui ont voté « leave » n’étaient pas tous des imbéciles ou des ignares à front bas incapables d’avoir une idée personnelle sensée.
        Ceux qui ont voté « remain » n’étaient pas tous dupes des promesses mirifiques des défenseurs de l’UE.

        Chaque électeur était partagé comme le corps électoral l’était. Mais un vote a eu lieu et son résultat se doit d’être respecté..

        La première raison invoquée par les partisans du « leave » est sans ambiguïté : les Britanniques tiennent à leur souveraineté. Le Royaume Uni tient à sa souveraineté comme à la prunelle de ses yeux. « Right or wrong, my country ». Nous devrions en prendre de la graine.

        Pour moi, il ne fait aucun doute, malgré les aboiements vexés venant de Bruxelles, que le Brexit aura lieu.

      2. Pour Bruxelles ,il ne s’agit pas de savoir si le brexit aura lieu : tout depuis un an et pour l’an à venir , est conduit dans la certitude qu’il aura lieu , et que dans ce contexte le projet « Europe » doit sauvegarder ses justes intérêts sans offenser l’avenir et l’intelligence .

        S’il n’a pas lieu ce sera le fait des britanniques et d’eux seuls .

        A eux de nous montrer qu’ils sont pragmatiques , comme on les qualifie , plutôt qu’idéologues et lyriques , comme on nous qualifie souvent .

        Sinon , le brexit sera , les britanniques perdront pas mal , et nous aussi .

        A qui profite le crime ( d’opéra bouffe d’ailleurs ) ?

  7. La dernière phrase , en conclusion , est plus vaste et féconde que le titre du billet-article , et situe sans doute beaucoup mieux , dans la foulée d’autres analyses sur l’histoire et son « avenir », le challenge qui est imposé à l’Europe , si elle en a la force , le cran et les nouveaux concepts .

    Ce qui pourrait être le fonds de billets-articles à venir pour faire dans la construction , après le constat d’effondrement  » occidental  » ( et potentiellement mondial ) déjà documenté depuis une vingtaine d’années .

    1. Suite nécessaire , ne serait-ce que pour certifier le sous titre du Blog de Paul Jorion (  » le seul blog optimiste du monde occidental » °.

  8. Ahhh Monsieur Jorion, il me semble que vous soyez touchant à votre tour, à moins que vous soyez tout simplement cynique… Si la démocratie n’a plus aucun rôle à jouer, comment expliquez vous votre projet de candidature à l’élection Européenne de 2019…

    1. La remarque se reçoit .

      Ma réponse , si j’étais dans cette situation , serait de dire que je pars au combat avec des jeunes pour échapper aux vieux cons et leurs arguties .

  9. du fait de n’avoir tiré aucune leçon de 2008 une consolation se trouve par le nationalisme, l’ultra libéralisme s’en accommode fort bien, on renouvelle les marionnettes politiques, plus souples, tolérantes à la « Schadenfreude » (la joie mauvaise à l’idée du malheur d’autrui – sur F.Cul ce matin.
    Autre « adaptation » à venir : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/ressources-naturelles/isr-rse/le-chiffre-75-de-la-planete-est-deja-degradee-146001.html

  10. Je suis en complet désaccord avec cette analyse.
    Le Royaume Uni, par le respect du résultat du référendum, donne à l’Europe une leçon de démocratie.

    L’idée de faire revoter ceux qui ont « mal » voté, est une trahison de l’idée-même de démocratie.
    Que cette décision ait eu un impact économique est possible. L’essentiel est qu’une politique régulièrement exprimée passe avant l’économie.

    Que l’idée initiale du référendum soit issu du cerveau confus de quelques sommités du parti conservateur n’invalide pas son résultat. Ils ont pris cette décision capitale comme d’hab, sans raisons valables ou à la légère, en bons politiciens irresponsables, comme beaucoup d’autres qui déterminent nos vies.

    Du reste, les Britts ont su au cours des siècles se tirer d’affaires avec succès de situations autrement scabreuses. Ils peuvent envisager l’avenir avec confiance. Toute leur longue histoire montre que le courage et la détermination abondent dans ces îles.

    Pour nous, nous pouvons avoir l’espoir que les Britts nous montrent, comme ils l’ont fait si souvent, le chemin vers une autre articulation sociale. Il est probable que le Brexit et ses chamboulements soient plus favorables à une réévaluation du rôle des banques et de l’industrie que notre politique encadrée par Bruxelles. Selon l’Echiquier, la réorientation des échanges en direction du Commonwealth, qui a déjà commencée, semble pleine de promesses.

    Il ne dépend que d’eux que le Brexit soit un succès ou un échec, mais dans tous les cas l’histoire n’est pas suspendue. Elle continue.

    Enfin, l’impression de ceux qui désespèrent de l’Europe est qu’il faut soit se soumettre soit se désister. La démocratie formelle et procédurière atteint ses limites. Que les gouvernements démocratiquement élus se servent de l’impératif européen pour faire passer des réformes anti-sociales devient grotesque. C’était d’ailleurs un objectif des signataires français au traité de Rome, connu sous le nom de ‘contrainte extérieure’. Passer sous la table ou renverser la table – et rapatrier sa souveraineté-, les Britts ont fait leur choix. Courageux, sans aucun doute.

    [Merci à Denis Monod-Broca, que j’ai pompé]

    1. C’est la première fois que j’entends dire que la City va se suicider.

      Oh! mama mia …

      Seigneur , protégez moi de mes amis , mes ennemis je m’en charge ( enfin , j’essaie ).

      Encore un effort et Christine Lagarde va succéder à Macron ….

      1. Moi je ne comprends pas que vous ne comprenez pas que Trump et Poutine veulent désosser l’Europe , et que leurs meilleurs alliés pour ce faire sont les nationalistes ringards .

        Pour ce qui est de mes rapports au personnel politique , les longues relations de terrain que j’ai pu avoir avec eux ( pour faire et imaginer , pas pour bavasser ) , m’ont appris à reconnaitre celles et ceux qui au delà de la couleur de leur drapeau , étaient vraiment portés par le désir de servir le bien public , s’armant de toutes les compétences mêmes « ennemies » , pour sauver et fortifier l’avenir et non pas pour « avoir raison » .

        A cette mesure là , mes meilleurs combats communs et amitiés « d’homme » , ont été avec un PCG éminemment gaulliste , un député maire communiste commandant dans la résistance à 25 ans , un sénateur maire conseiller général t régional venu à la politique par le PSU , devenu barriste libéral.

        Car tous les trois pensaient « juste » et désintéressé .

        Liberté , Egalite , Fraternité étendue au vivant .

    2. Pour les britishs , ils feront bien ce qu’ils ont envie de faire , et ils sont bien évidemment les seuls légitimes pour en décider et savoir si RU doit continuer à signifier Royaume Uni .

      On ne leur demande que de supporter seuls leurs erreurs quand ils en commettent , sans chercher comme ils le font depuis un an à garder les avantages du mariage dans ce divorce , pour payer leur nouvelle maîtresse .

      1. @ Juan
        Votre 20h36: Très bon porte voix de notre savoyard commissaire. Vous cherchez à faire partie de la bande?

        Votre 20h26:
        Ce n’est pas exactement ce que j’ai exprimé. En fait je n’y pensais pas beaucoup.
        Je fais confiance à notre savoyard commissaire et son équipe. J’espère qu’il saura rogner ses ailes, pour le bien de tous, des Britts y compris. C’est là où leur exemple futur peut servir, et pas le seul.

        Confiance limitée  kamême: sauront-ils gérer à l’avantage de tous ces redoutables négociateurs que sont les Britts. On se souviendra que malgré son activisme, Jean Monnet était resté en retrait très longtemps à leur sujet, se contentant d’affirmer que si on les admettait dans la structure européenne, ils auraient à cœur de la faire fonctionner. Perdu.
        C’est plus élégant que LB Johnson: « être hors de la tente et pisser dedans ou être dans la tente et pisser dehors ».

      2. @Daniel :

        Votre première attaque un peu vile ne vous ressemble pas . Manque d’élégance .

        Le négociateur européen a pour le moment plus de mauvais coup à redouter des nationalistes , de Trump et de Poutine que des britishs .

      3. Comprends pas. Vous voulez dire que Poutine ou Trump veulent quitter l’Europe ?
        Je sais, et je m’en excuse, ce n’est pas plus élégant que ma suspicion illégitime mais avouez que vous répétez fort bien ses pensées, sinon ses paroles.

        Je vous rappelle qu’il a reconnu à Bruxelles, in fine, une « naïveté » dans les négociations commerciales en général, mais il pensait d’évidence aux heurts futurs avec Trump.

    3. Bizarre Daniel tu ne t’es pas fait tabasser par les trois J… Respect pour ta personne ou pour tes propos? Ta personne j’en sais rien, tes propos impec mec (et au fond très très élémentaires, non? « Basique » chanterait l’autre).

      1. J’indique tout de suite qu’Orelsan n’a pas de droit de vote pour le referendum sur mon statut de vieux con bavassant , car il est trop vieux ( plus de trente ans ) .

  11. Bravo Paul,
    Superbe article mais j’ai bien peur que face à la machine footbalistico-presse-cervelle que nous vivons, il ne sera que trop peu lu…..
    Mais votre article à la mérite de dire que la situation est grave et que nous vivons des moments très troubles.
    A ce propos, je vous invite à écouter en podcast le dernier billet de Bernard Guetta de France Inter.
    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-02-juillet-2018
    Alors je précise, Bernard Guetta n’est pas vraiment ma tasse de thé. Je l’écoute d’une oreille discrète. Je trouve qu’Il est trop souvent la voix d’une vision occidentale convenue et donneuse de leçon. Mais bon, je l’écoute malgré tout car parfois il parle de nouveau sujet dont je ne m’intéressais pas et c’est toujours bon d’avoir des visions nouvelles. Mais ce matin, notre bon Bernard a annoncé qu’il quittait France Inter pour revenir à son métier de base de grand reporter. Alors pourquoi? Tout simplement car il reconnaît qu’il n’avait rien vu venir concernant les événements que nous vivons aujourd’hui (Brexit, Trump, Chine, Poutine, migration etc, etc, etc,…). Son ton grave m’a touché et je me suis dit , il se passe quelque chose de grave, de vraiment grave. Pas un truc qu’on dit pour se faire peur, pour avoir l’impression de vivre ou pour se trouver quelques problémes dans le but de conjurer le mauvais sort …non, non, je pense qu’on va vers des jours noirs.
    Alors, c’est vrai, on s’en est plutôt bien sorti jusqu’à maintenant. Personnellement, le seul truc historique que j’ai vécu: c’est la chute du mur de Berlin. Pas un seul coup de fusil , un déclin qui se fait sans vague ou très peu et un vainqueur qui aura finalement vécu 20 ans comme le maître du monde. Mais ce qui se prépare maintenant, c’est autre chose.
    Partout, je sens l’odeur de la poudre à canon. On va pas y échapper cette fois ci!
    A moins que les peuples se rebellent contre un système économique qui nous mène inexorable à notre perte. Il ne faut pas se tromper d’ennemi car notre probléme c’est le capitalisme et ses valeurs nauséabondes.
    Paul, le capitalisme doit mourir. Les valeurs qu’il véhicule sont un cancer ! Il corrompt les esprits. Mais où sont ses alternatives? Faudra t il attendre que notre monde se transforme en champ de ruine pour que les survivants puissent enfin tourner la page?
    Quoi qu’il en soit, Vendredi je serais devant ma télévision et nous serons des millions à regarder 22 joueurs poussant une balle. C’est peut être décevant mais c’est la vie des êtres humains et pendant quelque instant je vais oublier que l’époque que nous vivons est spéciale, très spéciale.

    1. Bonsoir Pierre,
      Ce n’est tout de même pas logique que la finance s’attaque à l’économie et crée autant de chômage et isole les gens bien qui travaillent.
      Ces gens qui travaillent sont la base même de la démocratie.
      Bons matchs

      1. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh! les « gens bien »… une denrée périssable, et rapidement en plus. Fongible quoi.
        Ma chère Bernadette, j’ai la faiblesse de penser que même ceux qui sont pas « bien » ou pas très « bien » , c’est-à-dire sans emploi, sont aussi dignes d’exercer leurs droits démocratiques que les autres, « bien » tout court.

        Je sais, vous intervenez pour une bonne cause, mais parfois vos interventions toutes personnelles prennent des détours inattendus.

        Pas de « bons match » pour moi, c’est matériellement impossible.

      2. Il me semble que les gens qui travaillent font partie intégrale du capital social et que ces gens ont tout à fait le droit de s’exprimer avec les syndicats sur la pérennité de leur entreprise. C’est la cheville ouvrière de leur développement personnel.

      3. Ne tombez pas dans le piège d’appeler « capital » des choses ayant rapport avec les gens normaux : vous contribuez à légitimer la chose « capital » : on s’habitue à l’idée qu’il y ait du « capital », de l’argent qui manque partout là où il est nécessaire.

  12. L’affaiblissement des Etats unis est une bonne nouvelle, si les chefs de gouvernement européens avaient le courage de prendre leur distance avec l’administration américaine et avec le modèle américain néolibéral.
    La mondialisation néolibérale a trouvé son origine au sein des élites industrielles et financières américaines. Le Royaume uni de Thatcher et Blair a été le cheval de Troie en Europe avec les gouvernements allemands en particulier de Schroeder et Merkel tenant de l’ordo libéralisme qui complète le néolibéralisme et déstructure nos sociétés pour le plus grand bénéfice des multinationales anglosaxonne et allemandes qui donnent le la à toutes les multinationales. La dérégulation a une origine claire, l’idéologie de la création de valeur pour l’actionnaire aussi, l’explosion des inégalités a des conséquences politiques graves, inquiétantes.
    Nous devons nous émanciper de ces tutelles mortifères. nous devons reconquérir les institutions européennes ou provoquer une crise, avant qu’il ne soit trop tard : nous aurons alors le néo-ordo libéralisme avec une droite autoritaire alliée ou non à l’extrême droite, c’est cela le vrai danger!

    1. Quel rapport avec l’administration américaine ?
      Elle ne fait qu’appliquer la politique du pouvoir en place, et encore certains parties de cette administration en restant elles-mêmes font à l’occasion de la résistance, je pense à l’administration judiciaire (Mueller ..) , à la CIA ..
      Nous n’avons rien à gagner de l’affaiblissement de cette administration. Non les US ne sont pas tout d’un bloc, ils n’ont jamais été si divisés, et la majorité des citoyens américains n’approuve pas la politique de Trump.
      Aidons plutôt les citoyens américains à entamer une nouvelle ère politique.

      1. « Aidons plutôt les citoyens américains à entamer une nouvelle ère politique. »

        Ils nous attendent, ils nous espèrent, ils ont les yeux fixés sur nos prouesses, nos exemples, nos conseils. Nous sommes l’espoir du Monde, son guide et son mentor, et singulièrement en direction du citoyen américain. Et évidemment , ça lui manque.

        Et à moi aussi. Je veux bien , même croire à la descente de dieu sur cette pauvre terre US en déshérence, comme au père noël. Mais ça ressemble furieusement à pousser Mémé dans les orties. Remarquez que nous avons peut-être des qualités -exemplaires- cachées et inconnues de tous, surtout de nous. En voilà une idée pour Hollywood… avec une course poursuite, bien sûr.

  13. Ce débat est révélateur de la difficulté et de la complexité du sujet. L’Europe (le système tel qu’il est) est devenu à la fois la solution et le problème. Ou plutôt, une construction européenne qui montre un visage de moins en moins désirable et de plus en plus dans l’impasse. Ou sont passés les politiciens capables de défendre un véritable projet, surtout à gauche….Il faut dire qu’il y a Varoufakis qui nous a alerté depuis il y a bientôt 2 ans, en mettant bien les points sur les « l' » : il faut démocratiser L’Europe où elle se désintégrera. Les faits semblent bien lui donner raison. Il avait mouillé sa chemise avant le vote anglais, en vain. Les choses se corsent drôlement aujourd’hui pour savoir, en quelque sorte, si la désintégration de l’UE ne risque pas de se produire avant celle du RU….. Ironie du sort !…

    1. Bonne nuit !

      Je vais essayer de retrouver l’intelligence du regard du jeune étudiant avec qui j’avis discuté à la fin de Democracy in America , pour me donner un peu d’espoir .

    2. SuperJuannessy, seriez vous le seul à rajeunir et devenir moins « con » par conséquent ??? Prétentieux pour le moins
      le gar isn’t it !!!

      1. Je me livre en aveugle au jugement des jeunes , qui est le seul qui vaille .

        Et j’emmerde les vieux ( un peu moins les vieilles ).

      2. Correction à la marge :

        « …pas du tout les vielles . »

        Lâchement , car elles ont toujours le dessus , et nous survivent au moins cinq ans .

  14. Nous avons à nos portes dans un contexte de capitalisme non remis en question, deux expériences en cours qui devraient montrer deux nouvelles impasses :
    – la sortie de l’Europe dans une quête têtue d’une énième tentative d’adapter le libéralisme,
    – la reconduite brutale aux frontières des personnes migrantes.
    Et chez nous la transformation d’un pays en une start up nation dont une poignée d’illuminés se rassemblent derrière le slogan : après nous le déluge.

    Moi je reste fidèle à ma devise : Pour une économie au service des êtres humains et du vivant dans le respect absolu de la planète Terre de ses ressources et de ses capacités à se régénérer.

    Mais en effet le roi est nu.

    1. Peska,

      Vous ne croyez pas si bien dire.

      « Après moi le déluge »
      Dans cette vidéo qui date d’hier, le premier ministre Philippe et Hulot évoquent un effondrement possible des sociétés.
      Edouard Philippe dit même « à certain moment il y a des décisions qui doivent être prises » (pour éviter l’effondrement.) Comment expliquer un tel écart entre les paroles et l’absence de décisions décisives ? Sensibilisation trop récente à l’écologie, ou comme le disait Fravret-Saada dans un de ses billets, je cite de mémoire : « ils savent, mais ne réalisent pas vraiment ce qui se passe. »
      Hulot apparaît comme un coach, on le sent fier des progrès accomplis par l’élève, mais sa nervosité trahit une crainte que l’élève oublie sa leçon. On en est là ! Autant dire qu’on a au sommet de l’état une bande d’incompétents.
      https://www.youtube.com/watch?v=j4sYh9WWwYA

      1. Et la lumière fut. Il vous en a fallut du temps. Tout ça pour ça.

        Il n’est jamais trop tard pour éprouver un éclair de lucidité, même bref.
        Mais il y a plus important, par rapport au cataclysme bordélique garanti par un gouvernement France Insoumise, ce gouvernement-là nous assure quoi qu’il arrive un effondrement dans l’ordre, le respect de la propriété privé, le rendement des actions préservé, une écologie maîtrisée dans ses débordements.
        Entre nous, c’est pas mal qu’ils y pensent et le prévoient.

        Quoi qu’on en dise, le parfum de la richesse en impose toujours. Savoir tenir sa place est la politesse des humbles. Et surtout, par dessus tout, ne faisons jamais rien pour la première fois.

      2. Merci pour la vidéo Pierre-Yves,

        L’impression qu’elle me laisse, c’est que Nicolas Hulot est mal à l’aise en ce moment, et il tente ici de convaincre l’opinion qu’il a toujours une influence sur le premier ministre, et qu’il est toujours accroché à la locomotive. Mais lui-même n’en a pas l’air très convaincu. S’était-il persuadé que le Président et le Premier Ministre étaient des partisans de l’écologie ? Je comprends sa déception…

        Où sont les vrais partisans ? (sur findutravail.net)

      3. Daniel,
        Puisque vous en redemandez à propos de Mélenchon, alors qu’il il n’était pas question ici dans mon commentaire, demandez-vous si question lucidité l’intéressé est vraiment le mieux placé ?

        Russie : tout faux. Je vous rappelle que la Russie vient de refuser l’asile politique à des réfugiés syriens. Motif : pas de guerre en Syrie. Je pense que cela se passe de commentaire. En passant, Poutine devient impopulaire suite à l’annonce de son projet de réforme de l’age de la retraite, une réforme qui n’a rien à envier au programme néo-libéral. Pour ma part je n’ai pas attendu cette réforme, pour savoir que le pouvoir poutinien s’accorde très bien de la mondialisation, la mondialisation financière fait les choux gras de l’oligarchie russe, dont une partie est en cheville avec le Kremlin. C’est bien gentil de souligner qu’il existe une oligarchie en Occident, ce que personne n’a jamais contesté sur le blog, au contraire, mais passer au second plan, ou même éluder la question, quand il s’agit de l’oligarchie russe, c’est bien faire deux poids deux mesures.

        Vénézuéla : tout faux, un pays à la dérive, suite à l’erreur stratégique monumentale de Chavez ; le tout pétrole comme viatique, traduction en langage commun « mettre tous ses oeufs dans le même panier. » Juste une politique de redistribution, effectivement un court moment au bénéfice des plus pauvres, mais avec ses conséquences in fine désastreuses pour les pauvres et les classes moyennes, bref tout le contraire d’une vision à long terme, et même à moyen terme. Or une telle vision, c’est vraiment le minimum requis pour un homme ou une femme politique digne de ce nom au XXème siècle.

        Vous me direz, il ne s’agit pas d’écologie, sujet oh combien vital. Raison de plus pour douter de la hauteur de vue de Mélenchon puisqu’il n’a pas la lucidité pour estimer que les exemples cités sont des échecs plutôt que des exemples à suivre, de près et même de loin.
        Ou alors démontrez moi que les intéressés sont des hommes politiques avisés et qu’ils sont vraiment des exemples à suivre.

        Pou

      4. Telle que je peux l’imaginer, une partie de la difficulté est que le « point de basculement », qu’évoque Hulot à la suite de Jared Diamond, ne peut être précisément déterminé à l’avance. On sait après coup qu’il était là, si on le dépasse – et il vaut mieux l’éviter… – mais quant à discerner avant où il se trouve, c’est incomparablement plus difficile.

        On peut sans doute parler de « 2°C » par exemple, on peut dire que nous dégradons la Terre « en moyenne » 60 ou 70% au-delà de sa capacité de régénération. Mais il est possible d’être un certain temps, pas bien long, au-delà de ces limites… combien de temps au juste, sans rendre l’effondrement inévitable ? Et la capacité à changer peut à la fois être sous-estimée et surestimée : les êtres humains ça a de ces pesanteurs… sauf quand parfois ça change très vite.

        Comme le point de basculement n’est pas déterminé précisément, il est fort tentant de l’imaginer plutôt assez loin… surtout quand on a beaucoup de soucis plus immédiats, en apparence plus importants. La limitation à 80 km/h sur les routes secondaires, tenez ! Et la réforme de la SNCF, voyons ! Et tant d’autres…

        Un souci reste tout de même à l’arrière-plan… et il peut être lancinant, ça peut miner si on y pense trop. Alors le meilleure solution est peut-être de faire un peu d’écologie, un tantinet de réflexion sur l’énergie. Quelques panneaux solaires ici, une centrale nucléaire fermée là – voilà qui va améliorer les émissions en gaz à effet de serre, c’est sûr !

        On s’achète une conscience écologique à peu de frais pour parer l’apocalypse climatique, comme on achetait des indulgences autrefois pour assurer son salut. On sacrifie aux divinités, on fait quelques génuflexions devant la statuette à Saint-Machinchose, comme ça on sera protégés. Et puis ça permet ensuite d’oublier, aussi.

        Surtout.

        Le carbone, pendant ce temps-là, il monte. Il s’en fout des migrants, du Brexit comme du Bremain, des ridicules de Trump et de ceux de Xi Jinping, des pectoraux de Poutine et du sourire enjôleur de Macron.

        Il monte.

      5. Moi je pari que Hulot va démissionner avant 6 mois (sans me vanter, j’avais prévu son embauche par Macron (certainement soufflé dans son oreille par Cohn-Bendit – petite vanité personnelle)). Car, mais si le pari était tentant, sauf à avoir été transformé par le pouvoir, maintenant il a raisonnablement plus de chose à faire « dehors que « dedans ». Le dernier intérêt pour lui, saurait été de s’impliquer dans le cadre d’un « plan de rence vers européen. Là, c’est cuit. Mais ce n’était pas le sujet du billet….

  15. Je ne vois pas en quoi le cout du Brexit pourrait justifier un nouveau vote.
    Que ce soit au RU ou dans un autre pays la sortie de l’U€ aura un cout.
    Suivant les auteurs il faudra un à trois ans pour retrouver un équilibre.
    Par ailleurs je persiste à penser que l’establishment du RU voulait sortir essentiellement ou notamment parce que l’U€ n’est pas assez « néolibérale » à leurs yeux, et qu’ils escomptent bien pousser plus loin la dérégulation tout azimut.
    Ce qui, j’en conviens, n’étaient pas les arguments les plus entendus pendant la campagne.

    1. Des britts ultra libéraux, et gagnants, est en effet un risque, pour eux. Et pour nous, si contre toute attente, ils persistaient à se croire modèle en politique.
      Ils ont collectivement un tel talent pour les relations publiques et la mise en scène que nos dirigeants (les meilleurs et les plus intelligents) risquent de persister dans leur fascination.
      Perso, ça fait partie des cauchemars auxquels on doit penser mais n’en parler que rarement.

    2. Dans la « négociation  » brexit , ceux des deux côtés qui aiment un peu leur peuple , savent que c’est du « perdant – perdant » .

      Ça n’est pas entre RU et EU que « l’équilibre  » ( la perte ) bilatérale se mesurera .

  16. Je pense que la seule démarche qui pourrait aider tout le monde est une manifestation contre la hausse des carburants sachant que les nouveaux vehicules sont fabriqués avec des réservoirs de plus en plus grands.

    1. Y’a de l’idée.
      Soyons constructifs: je propose une manif non contre des véhicules au réservoir trop grand mais en faveur de réservoirs plus petits équipant indifféremment tous les véhicules, y compris les horribles daubes 4*4 ou utilitaires dit sportifs/récréatifs.
      Le but , c’est évidemment d’obtenir une baisse du prix du carburant, puisqu’il semble y avoir une corrélation entre taille et prix. Mais on n’est pas obligé de le proclamer d’entrée. Ce sera comme une divine surprise.
      Maintenant, il nous faut un front commun dans la négociation à venir, donc résoudre la question du volume autorisé. Je propose 3 litres, c’est bien suffisant pour aller à la plus proche annexe des impôts indirects délivrant du carburant. Et revenir, tout juste.
      Bien entendu, pas de stock caché ou réservoir indu. Certes, du travail pour nos limiers des forces de polices, mais la justice sociale avant tout.

      1. Le carburant fossile ne sera jamais assez cher .

        La seule manifestation utile : celle contre les bagnoles et véhicules à moteur .

    2. Très rare Bernadette,
      A la lecture de toutes (toutes) vos interventions, je me demande si….
      Non, préférable que je le garde pour moi.
      Mais au moins, on s’amuse, c’est déjà ça!

      1. Deuxième inélégance !

        Attention , à la troisième , exclusion pour huit jours ( j’ai l’approbation de Madame Daniel ) .

      2. @ Très rare Bernadette, et Juan.
        J’y peux rien si Bernadette… Promis, j’essaierai de faire gaffe à l’avenir. Plaignez-moi, va falloir que je mette un éteignoir sur mes bouffées… d’hilarité. L’âge est injuste, vraiment.

        Très rare Bernadette ( ce qui est rare est coûteux, la preuve), acceptez, je vous prie, mes excuses. Et continuez…

  17. Newsletter du Financial Times tombée à l’instant (la gauche du Labour Party, c’est des Socialistes : ils ne peuvent qu’être d’accord avec moi 😉 )

    Labour activists are turning against Brexit

    By James Blitz 
    July 3, 2018

    Something is stirring in the grassroots of the Labour party over Brexit.
    Since the 2016 referendum, Jeremy Corbyn has consistently disappointed Remainers by being a committed Brexiter, determined to take the UK out of the EU and single market come what may.
    But like any party leader, Mr Corbyn needs to keep an eye on shifting opinion among grass roots activists. And on Brexit, the grass roots seem increasingly averse to Britain leaving the EU and increasingly favourable towards a second referendum.
    There are three pointers to this. 
    First, Momentum, the grassroots political movement that swept Mr Corbyn to the Labour leadership, seems more attracted to a “people’s vote”.
    As Jim Pickard wrote at the weekend, Momentum is facing an upswelling of anti-Brexit sentiment among its membership of largely younger, more urban, supporters. Its leading figures say they could force a vote among delegates at the September conference on whether there should be a “people’s vote” on the final Brexit deal.
    Second, there is the Unite union, led by Corbyn ally Len McCluskey.
    Ahead of its conference this week, a poll of Unite members showed that 57 per cent supported a referendum on any divorce agreement. That desire for a second plebiscite looks set to get more formal union backing today.
    Third, there is the general mindset of Labour voters who are increasingly against Brexit. The latest YouGov poll tracker has those saying it is right to leave the EU on 21 per cent, and wrong to leave on 72 per cent. 
    Does this matter? Remainers who have waited in vain for Corbyn to shift position will doubtless shrug their shoulders. But two points are worth considering.
    First, Momentum and Unite are the pillars on which Mr Corbyn has built his personal support. He identifies closely with these movements. If they are calling for a second referendum, he has to listen.
    Second, these developments give calls for a “people’s vote” wider legitimacy inside Labour. Thus far, Tony Blair has been the principal Labour figure advocating a second referendum against a “catastrophic” Brexit, but he is weighed down by the Iraq factor. If Momentum and Unite are making the arguments, it is harder to ignore.
    Ultimately, everything depends on what happens in Mrs May’s cabinet. If the prime minister can achieve the goal of the UK staying in a customs union and single market for goods — and secure cabinet and EU approval — Labour’s manoeuvring should be a sideshow.
    But if the cabinet remains stuck in its current chaos, the call for a second referendum could start sounding much more credible after the summer.
    Mr Corbyn has opposed a “people’s vote” until now. But will his hand be forced by a vote at the Labour conference in September? That might be the direction in which Unite and Momentum are heading.

    1. Oui, le Pognon spéculatif s’inquiète. Sont même capables d’enrôler le diable ( Corbyn) pour agir en leur nom et place. Et si il se ramasse un bon coup dans le pif, il sera seul avec sa peine.
      Rien de nouveau sous le soleil.

  18. Bonjour,
    Je suis votre blog depuis quelques années maintenant et c’est mon premier commentaire.
    Je constate que vous déplorez le Brexit. Cela peut se comprendre. Même si pour ma part j’envie les anglais à qui on a donné la parole sur ce sujet au combien politique. Et le peuple s’est exprimé. Que ce choix soit bon ou mauvais pour le Royaume-Uni qu’importe, il a pris sa décision.
    Mais ce qui me surprend et m’inquiète (venant d’un intellectuel dont je pense cerner les idées) c’est que vous semblez souhaitez un nouveau référendum. Or parallèlement vous vous inquiétez de la montée de la droite autoritaire et nationaliste en Europe. C’est précisément le mépris de la parole et du choix des peuples qui est un des facteurs de cette montée. La plaie béante des refus d’entendre les peuples sur les référendums de 2005 sur la constitution européenne n’en finit pas de sécréter le mal que vous craignez.
    Alors on revote sans cesse jusqu’à ce que les européistes soient satisfaits. Quand décide-t-on d’admettre le résultat de ce type de consultation? (Je mets à l’écart les mascarades que sont les élections législative sous la V ème République, élections européennes etc…).
    Les raisons du Brexit sont multiples mais il me semble que l’une d’entre elles est le refus de cette UE qui fonctionne comme l’URSS, Bruxelles a remplacé Moscou. Demandez aux Grecs qui ont voulu dévier de la ligne on ne leur a pas envoyé des chars mais la Troïka pour le même résultat. Retour dans les clous.
    Des anglais sont attachés à la souveraineté populaire sans rejet de l’autre.
    Pourriez vous m’éclairer sur votre position.
    Cordialement Au plaisir de vous lire.

    1. Faire autre chose , ça devrait être l’enjeu des élections législatives et européennes , mais si ce sont des mascarades …..

      Et l’enjeu , ce n’est pas Macron ou Tartempion , ou le RU , ou l’Europe comme icone , c’est notre destin dans le monde .

      Qui , clairement , assurément , …viscéralement , intellectuellement ,culturellement, pour moi , passe par une « force européenne » , ou ne passera plus nulle part .

      Je souhaite que les prochaines élections européennes confirment , un peu partout , cette direction , même encore sans toutes ses armes et concepts nouveaux , pour que la flamme ne s’éteigne pas avant la lumière planétaire .

      1. On pourrait rêver que ces prochaines élections européennes puissent être la (dernière) chance pour un projet européen renouvelé. Et si on se permet de rêver, alors cette fois-ci, « on » se donnerait les moyens de débattre, dans toutes langues que composent les pays qui la constituent, et sur toutes les places publiques – de façon démocratique…..peu probable que cela se produise, car les « maître du jeux » ont trop conscience des enjeux pour eux-mêmes. Ils ont la hantise constament de verrouiller le système à tous les niveaux, et il est probable qu’ils préféreront in fine la désintégration de L’Europe, plutôt que de risquer de perdre le contrôle de ce que pourrait représenter un modèle d’Europe politique conçu sur une base vraiment démocratique, donc forcément contraire à leurs intérêts…Mais ça vaut la peine de se battre pour cela …..

      2. @François Corre :

        Je me souviens très bien de cette émission qui , de mémoire , accompagnait une forme de campagne électorale ( on votait pour la présidentielle à la fin de l’année).

        53 ans plus tard , je me demande ce que De Gaulle , dirait , confronté aux même questions , qui avaient à cette époque la vertu de voler haut et de vraiment interpeller un président de la République dans la fonction qu’on attend de lui .

        Sans faire parler une grande voix morte , je suis enclin à penser que , toujours par souci d’être à la fois ambitieux ,  » français » dans l’âme ( favoriser la paix) , fin analyste des forces en présence , il relèverait les limites de la concertation politique entre états membres ( et on était que six à l’époque ) dont une traduction peut être vue d’ailleurs dans le Conseil européen avec sa faillite impuissante , et que ( en lisant Paul Jorion ou tout seul ) , il aurait mieux compris les impasses et prises de pouvoir réel du marché capitaliste ( même s’il affirmait déjà  » la politique ne se fait pas à la corbeille » ) que ses successeurs .

        Comme il fait partie des influences qui m’ont fait choisir la fonction publique , j’ai la naïveté de croire qu’un demi siècle d’avilissement mondial de notre devise en trois mots , lui ferait comprendre mon propre cheminement .

      3. @Juannessy
        Oui, l’entre deux tour des présidentielles.
        Mais je ne peux pas me souvenir de cette interview, vu que je n’ai que 6 mois d’écart avec elle…! 🙂

      4. @François Corre :

        Vous êtes donc encore assez jeune , mais trop vieux pour donner votre avis sur mon statut de vieux con ( je fixe un âge limite à 30 ans ) .

      5. @Juannessy
        De toute façon, je m’en garderais bien !
        Petit de la dernière averse, ou vieux des neiges d’antan…

      6. @ Francois Corre

        Merci pour cette vidéo de de Gaulle sur l´Europe.

        Sa vision de l’Europe était modeste, réaliste, fondée sur l’existence de pays.
        La vision de l’Europe de nos européistes est d’un orgueil sans limite. Les insensés veulent créer un nouveau pays. Cette nouvelle tour de Babel finira comme celle de la bible, comme finissent les empires, comme finissent toutes les constructions démesurées…

        Sauf si nous revenons à une vision modeste, réaliste…

      7. D’ailleurs , à l’échelle mondiale «  »la corbeille » nous prouve aujourd’hui chaque fois , qu’elle ne redoute plus les politiques , et que , même, les aléas électoraux lui sont surtout l’occasion de jouer au casino .

        Tant qu’on peut jouer ….à la corbeille ou en dehors .

    2. « Pourriez vous m’éclairer sur votre position. »
      Je ne peux ni ne veux répondre à la place de Paul.
      Sur le Brexit proprement dit, vous pourriez commencer par lire son article; ici, si vous ne l’avez pas trouvé:
      https://www.pauljorion.com/blog/2018/07/02/le-monde-lecho-le-royaume-uni-victime-du-brexit-le-2-juillet-2018/
      Des fois, face à une question hardue, la meilleure méthode pour l’aborder, c’est encore de commencer par le début. Ça manque certainement de panache et pas terrible du point de vue vitesse – on est tous pressé, les pâtes sur le gaz , les gosses qui réclament une attention soutenue, le conjoint qui fait la tronche, et j’en passe- mais c’est du sûr.
      SI j’ai pu moindrement vous aider, j’en serai très content.

  19. Je ne suis pas sûr que l’on puisse considérer que T. Blair soit un véritable socialiste ?
    Il aimerait que soit tenu un nouveau référendum populaire, mais sa voix ne semble pas bien perçue, surtout à la suite de la ‘boulette’ de la guerre d’Irak.
    Les anglais réalisent maintenant qu’ils ont probablement commis une erreur, mais il me semble que si l’on avait exposé un peu mieux les avantages et surtout les inconvénients du Brexit, – en gros, un débat comme il a pu avoir lieu en France lors du référendum sur la constitution européenne, les choses se seraient, qui sait, passées différemment ?

    1. C’est curieux, plus les commentaires avancent, plus je les trouve désopilants. Y’a des humoristes à froid qui s’ignorent ou bien nous sommes victimes d’une hénaurme canular tendant à démolir la bonne tenue de ce blog, comme si Jules Romains avait fait des émules.

      Reprenons dans l’ordre :
      1) Blair socialiste? La question mérite d’être posée, mais si vous répondiez par l’affirmative, vous seriez assez seul et déçu. Mais vous avez droit à toutes les illusions qui vous plaisent.

      2) La guerre en Irak, une « boulette » ? Ça c’est la litote du 21.ième siècle débutant. Des millions de morts et un moyen-orient ravagé vous remercient. Et tout cela ‘justifié’ par plusieurs mensonges d’État, où effectivement Blair et ses Services ont joué, sur ordre, un rôle abject.

      3.ième affirmation) je cite « […] un débat comme il a pu avoir lieu en France lors du référendum sur la constitution européenne, les choses se seraient, qui sait, passées différemment?
      J’ai suivi le débat en France : il n’a pas été un modèle d’équilibre. Néanmoins le vote négatif a été majoritaire. J’ai peu suivi le débat chez les Britts, sauf sur un point : leur fixation sur l’importance de la douane en dur entre les 2 Irlandes, alors que visiblement des questions sans doute plus abstraites, moins directement matérielles, avaient une importance plus grande. Peu importe, le débat a existé. On peut faire confiance au professionnalisme de la presse Britt dans son ensemble. Et… le résultat a été le même qu’en France. Comment alors pouvez-vous supposer ou imaginer que «  les choses se seraient passées différemment » ?

      Tout vous hérisse, c’est bien probable… moi non plus.

  20. Paul Jorion Bonjour,
    Je viens de revitaliser quelques lignes ecrites en 2017 relatives à Melenchon et Hamon.
    Je partage vos dires.
    En 2018 le comportement des insoumis est quelque peu interrogatif.
    Le salaire interprofessionnel de croissance (Smic) va augmenter parce que le coût de la vie augmente. Melenchon s’en rejouit pour les femmes, sauf qu’il faut savoir qu’il y a des salaires versés qui sont au dessous du Smic donc rien pour ses salariés.
    D’autre part les petits paysans ne s’en sortiront jamais. C’est le désespoir en continu. La misère est elle logique ?
    Il faut absolument baisser le coût du carburant à la pompe parce que les prix vont augmenter terriblement.

    1. Il fallait lire à la 1ere ligne RELIRE et non « revitaliser ».
      L’insee publie des tonnes d’indices telle que l’inflation qui sert à augmenter le SMIC.
      Les petits paysans qui résident loin de la ville sont obligés de faire des centaines de kms pour se soigner, les études des enfants et plein d’autres choses
      Il devient nécessaire d’abaisser le coût des carburants.

  21. « LES GOGOS N’IMAGINENT PAS À QUEL POINT ILS SONT MANIPULÉS ! »

    Mais, cher Monsieur Jorion, qui sont les gogos et qui sont les manipulateurs ?

    Quelle est la plus grosse blague, le Royaume Uni décidant de quitter l’UE ou la construction de l’UE elle-même ?

    Un parlement qui est faux parlement puisqu’il ne détient aucune souveraineté,
    Une administration, la commission, qui se prend pour un organe exécutif,
    Un budget qui n’est pas un budget mais la somme des cotisations des membres de l’union,
    Une monnaie qu’on dit européenne mais qui est la monnaie allemande affublée d’un pseudo,
    Des référendums qui ne sont pris en compte qu’à la condition d’avoir le résultat voulu par les blagueurs en chef,
    Des élections qui ne sont que des simulacres n’ayant aucun effet sur rien,
    Des gouvernements nationaux qui se défaussent systématiquement sur « l’Europe » pour l’accuser ensuite de ne pas avoir fait ce qu’elle aurait dû.
    Etc…

    J’en ai assez d’être manipulé, c’est exactement cela. Mais pourquoi vous rangez-vous du côté des manipulateurs ?

    La situation est pire encore que ce que vous dites.
    Quand les manipulateurs ne se rendent même plus compte qu’ils manipulent,
    quand ils prennent au sérieux leurs blagues,
    quand ils confondent leur rêve, les Etats-Unis d’Europe, avec la réalité, une UE ectoplasme politique,
    quand ils confondent ce qu’ils sont avec les personnages qu’ils jouent…
    c’est qu’ils sont devenus fous.

    Nous en sommes là.

    1. Denis Monod-Broca,
      Vraiment, Paul Jorion se range comme Boris Johson, du coté des manipulateurs ? C’est ce que vous dites implicitement. Vous êtes sérieux ?! Ou juste emporté par une saine colère ?

      L’Europe a été mal faite, est-ce une raison pour baisser les bras ?

      Plus d’Europe, plus d’alibi Européen, et alors, la belle affaire, on aurait avancé d’un iota vers la solidarité de toutes façons nécessaire pour faire face à tous les défis ?
      Vous confondez il me semble manière dont s’est construite l’Europe et l’Europe comme institutions, comme outil, pour faire avancer des projets bons ou mauvais.
      L’Europe se délite toute seule, il n’y presque plus personne pour la défendre, et surtout pas ceux qui la dirigent aujourd’hui. Le remède doit-il donc être de la tuer définitivement, nous privant d’un outil précieux, en tant qu’il oblige à se projeter dans un ensemble plus vaste que celui du pré-carré national. L’enjeu il est là.

      1. C’est surtout la seule façon d’imaginer , si on le désire vraiment , un lieu qui permette d’expérimenter autre chose que la régulation économique à la chinoise ( au prix de l’obéissance imposée ), ou à « l’occidentale » et son régime marchand ultra-libéral ( au prix de tout ce qui est révélé par le soliton ). Excellent billet de François Leclerc sur ce thème , plus utile que les éternelles jérémiades , qui s’abritent derrière la « condamnation » des puissants du moment ,en rêvant de schémas du passé qui ont le grand avantage de ne pas les remettre eux mêmes en cause .

        C’est dire si faire du neuf n’est pas vraiment la tasse de thé des critiques geignards .

        Et pourtant , faire du neuf , les européens en ont les atouts, plus que tout autre : un territoire homogène , une population significative , des infrastructures nombreuses , des talents et professionnels en tous domaines , une puissance financière encore mal ou in- employée , des cultures et des langages qui se frottent les uns aux autres depuis longtemps ….

        Il ne  » leur reste » , pour échapper aux deux autres schémas , « qu’à » conscientiser les maux du monde proposé actuellement ( et c’est à son échelle le travail de Paul Jorion ), s’emparer des nouveaux concepts et mode relationnels que cette révolution suppose , en donner la traduction démocratique institutionnelle qui peut le mieux répondre à cette nouvelle ambition de vie . Et ça urge .

        Ou continuer à pleurnicher dans son coin national , et s’apprêter à se faire américain ou chinois , deux mondes où , pour le coup , ils seront vraiment manipulés sans retour .

      2. @ Pierre-Yves Dambrine

        « L’Europe se délite toute seule »
        L’Europe, l’Europe en tant qu’institution, ne fait rien d’elle-même, elle ne fait rien toute seule, elle n’est rien en soi. Elle n’est rien d’autre que ce que ses membres la font.

         » Le remède doit-il donc être de la tuer définitivement,… »
        Non, le remède est de ne pas lui demander d’être ce qu’elle n’est pas, de ne pas lui demander de faire ce qu’elle est incapable de faire.

  22. Ma voisine me disait qu’il fallait redescendre parce que nous avons tout acquis : automobiles, électroménager, ameublement, piscine…
    Comment redescendre : supprimer l’automobile ?.
    Que signifie redescendre ?
    En fait nous sommes arrivés tout en haut du sommet.
    En fait je m’aperçois que cette construction verticale protège les très riches

    1. Si on est tout en haut du sommet , y a pas de soucis , on ne peut que descendre , dans la mesure où , sur un sommet , il n’y a pas la place pour tout le monde .

      Enfin , c’est ce que dit Daniel .

      1. @ Bernadette ,
        L’écoutez pas ; c’est un personnage bassement matérialiste, incapable de s’élever à votre transcendantale hauteur.
        Et soyez assurée que je partage votre vertige.

        Vous avez raison dans votre mode de pensée.
        C’est en se penchant sur les humbles qui souffrent qu’on s’élève.
        La conclusion, erronée, de notre triste époque est que les humbles sont indispensables à l’élévation d’âme des riches. Ils s’ingénient donc à en créer en continu. Il faut leur reconnaître un succès grandissant dans ce projet.

        Les humbles, à l’inverse, peuvent toujours regarder en haut quand le bas blesse [ je l’ai déjà sortie, et elle n’est pas de moi]. Donc, symétriquement, on est en droit de penser que les humbles fabriquent du Riche pour les inciter à s’élever, une forme d’aiguillon. Et là aussi, bien qu’une action positive des humbles soit difficile à prouver, leur succès n’est pas niable. Incise: Avez-vous remarqué combien les humbles sont capables de jouer contre leur camp?

        Quand deux parties, que tout oppose, convergent vers une conclusion commune aux conséquences sociales néfastes, on est pas loin d’une conspiration. Vos cultivateurs et autres victimes sont donc mal barrés. Surtout, grands Dieux, s’ils sortent leur attirail de culture pour réclamer une baisse des carburants. C’est un solécisme mondain très mal vu. C’est un petit-fils de paysans-vignerons qui vous le dit, la rage au cœur. Consolons-nous, leur sacrifice n’a pas été vain.

      2. On tient la solution , au moins en France :

        autoriser tous les petits fils de vignerons et les filles d’émigré espagnol , inscrits à la MSA de préférence , à rouler au carburant détaxé pourvu que ce soit avec un tracteur ou véhicule agricole dument reconnu ( il me semble d’ailleurs que leur vitesse autorisée n’est plus limitée à 27 k/h mais à 40 , progrès technologique aidant – mais j’en suis pas sur ) .

      3. «Je regarde en haut quand le bas blesse » .
        Paul Personne, Saoulé, au 3.ième vers, ici :
        https://www.youtube.com/watch?v=OvsFbPl1S4s
        Ici la prononciation est assez pâteuse, volontairement, sans doute. Sur disque, le phrasé est beaucoup plus précis et la prise de son y est excellente.
        Peut-on lui accorder la création du jeu de mots? peut-être pas. Doit être vieux comme le monde.
        Paul Personne, poête, chanteur et instrumentiste, est beaucoup trop méconnu. Et il est beau.

  23. Merci à François Gore de nous avoir glissé cette allocution de De Gaulle. D’abord, je ne sais pas pourquoi, mais elle ne manque pas d’une certaine drolerie et plein de finesse. Après, si le mot pertinent peut avoir un sens, il le trouve là. Sur L’Europe, on entend les mots « organisation », « solidarité  » et « coopération », osant évoquer en ligne de mire l’idée meme d’une « confédération ». L’impasse actuelle pousserait à actionner prudemment la marche arrière jusqu’à trouver le point où eu lieu la mauvaise bifurcation, pour peut etre repartir en marche avant dans une meilleure direction… Mais en considérant biensur que la « réalité  » du monde d’aujourd’hui est très très différente du monde d’il y a… 1/2 siècle. Né justement à cette période là, j’aborde cette vidéo comme déjà un document d’histoire, aux thèmes tellement actuels. Je suis personnellement très touché quand il parle de coopération avec les pays qu’on disait autrefois « sous-développes ». Car je sais que j’ai hérité dans mon parcours personnel de cette conception la, et de cet esprit de « coopération », et qu’il en reste une trace profonde des gens de ces pays. Même s’il n’est aucunement question de recette, il n’en demeure pas moins bon nombre de principes pérennes….

    1. @Emmanuel
      Merci, mais je vous assure, je n’ai aucun lien de parenté avec Albert (Al), et si c’était le cas, ce ne serait pas une horreur… 🙂

    2. Il ya a même , il y a trois fois cinquante ans , des gars et des garces qui ont dit et écrit des choses pas mal , voire plus pertinentes que ce que racontent le web .

      A bien considérer , il y a même quelques vieux croutons africains , asiatiques ou inuits qui ont laissé moins de traces écrites , qui étaient pas mal non plus .

      On se demande comment ce que nous étions a pu donner ce que nous sommes et n’imaginons même plus être .

  24. Les commentaires sur le Brexit proprement dit se tassent et il m’est temps de proposer un dernier truc . Non conclusif, du moins je n’oserais pas.

    Donc, chuis déçu, profondément affecté, un seul être vous manque et le monde est vide. J’ai pourtant tendu des perches certes discrètes, espérant une reprise, une controverse ou même une insulte de bon aloi, entre gens civilisés. Mais rien, rien de rien, comme des bovins regardant défiler les wagons.

    LUI,
    Le grand manipulateur du vote du Brexit, le type à la puissance ténébreuse qui a sans aucun doute glissé l’idée funeste dans les tronches en pois chiche de Cameron et consorts, celui qui a suivi pas à pas les ressentiments des Brexiter et excité les indécis à la haine de l’Europe bruxelloise, le complice de Farage , qui l’a aidé dans ses mensonges délirants sur les bénéfices certains du Brexit, celui qui par maléfice a fait taire les anti-Brexiter, celui qui s’est glissé dans l’isoloir et tenu la main, une à une, des votants. Le grand comploteur et chef des complotistes, le deus ex machina, le virtuose de facebouque, le fondu de la Hi-Tec sans contact, directement de son cerveau à celui de toutes les victimes, enfin, l’ange noir omniscient et ubiquitaire de toutes les apocalypses, européenne mais pas seulement, oui, LUI, pas cité une seule fois.
    LUI, Poutine, surnommé Vlad l’empaleur.

    Vraiment, nous sommes naïfs et manipulés.

      1. Oui, et comme au Royaume-Uni, il y a des défecteurs russes à tous les coins de rue, il est finalement assez normal que si du novichok s’échappe d’un centre de l’armée, il tombe sur un défecteur russe. Ou alors, et c’est encore plus probable, si un gars du contrespionnage britannique veut tester du novichok sur des passants, il va de soi que comme le produit est très dangereux, il ne voudra pas s’écarter de sa caserne de plus de trois maïles !

        Ce qui est très remarquable avec les conspirationnistes, c’est que la vraisemblance, c’est pas du tout leur truc : ce n’est pas une coïncidence à l’intérieur d’une coïncidence qui leur fera peur.

        D’ailleurs, moi qui vous parle, devant mon ordi, il en faut une suite de coïncidences pour que je sois là à écrire ce que j’écris ! Vous voyez bien !

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