« Nous sommes cuits. Que faire ? », le 8 août 2018 – Retranscription

Retranscription de « Nous sommes cuits. Que faire ? », le 8 août 2018. Merci aux quatre qui s’y sont mis ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le mercredi 8 août 2018 et aujourd’hui ma causerie s’appellera : « Nous sommes cuits. Que faire ? »

Il y a une semaine à peu près, Cédric Chevalier, qui réfléchit avec moi et avec d’autres sur la question de la collapsologie, de l’extinction de l’humanité, m’avait envoyé une réflexion, que j’ai voulu mettre sur le blog, bien que je ne prenne plus beaucoup de billets invités, sur notre attitude vis-à-vis du danger d’extinction. Alors, il y a des gens qui disent : « Non ce n’est pas vrai », il y en a qui disent : « Oui mais enfin on ne peut plus rien faire », etc. Il avait mis quatre scénarios.

Et, pas la nuit dernière, mais la nuit d’avant, il m’envoie un message à propos d’un article, qui avait paru dans la journée du 6 août, dans le cadre de la PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States), c’est une des publications scientifiques parmi les plus respectées, et il y avait là un article par des chercheurs internationaux. J’ai vu beaucoup de Suédois, d’Allemands, peut-être un Belge, un Australien ou une Australienne, et l’article nous disait que si nous ne faisons rien, nous allons entrer dans un système climatique et géologique qu’ils appelaient « hothouse », ce que j’ai traduit moi par serre (parce que c’est ça un « hothouse »). On a parlé de cet article dans la journée d’hier en France, et j’ai vu un « monde-étuve ». L’image est peut-être plus parlante en français, « hothouse » ce n’est pas une étuve mais c’est peut-être plus parlant.

Qu’est-ce que ça nous dit ? Ça nous dit que nous allons droit vers un monde dans lequel les êtres humains ne pourront pas vivre, les mammifères de manière générale non plus, et nous donne en conclusion ce qu’il faudrait faire. Il ne faudrait pas seulement arrêter de consommer des carburants fossiles (charbon, pétrole) qui produisent du gaz carbonique mais il faudrait agir justement sur ce qui pourrait retenir le gaz carbonique et des choses comme ça. Ils nous disent qu’il faut entre autres se débarrasser du capitalisme. Ils ne disent pas ça comme ça, mais enfin, c’est ça que ça dit : qu’il faut changer de système politique, qu’il faut changer d’attitude, etc. et en fait, dans leurs conclusions, on dit à peu près ce qu’on dit dans certains de mes livres qui s’appellent : Le dernier qui s’en va éteint la lumière et Défense et illustration du genre humain.

J’avais donc réagi au mail de Cédric Chevalier en disant : « Oui, eh bien, c’est ce que tous les gens sérieux pensent », et le reste de la journée d’hier, puisque ça se passait vers minuit, je l’ai consacré essentiellement à me dire : « À quoi ça sert d’écrire un livre sur Trump, à quoi ça sert d’écrire un livre sur l’amour, un grand roman d’amour (qui sont les choses auxquelles je me consacre en ce moment), si personne ne les lira, si ça ne fera aucune différence, etc. ? » En gros, la question que je me posais hier, c’est… Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans une casserole qu’on fait chauffer, et on raconte l’histoire qui est la suivante. La grenouille ne se rend pas compte qu’elle pourrait sauter : que la température est en train de monter, et au moment où elle se rend compte qu’il y a un problème, elle est cuite. Alors la question que je me posais hier, du moins dans la journée, c’est à quoi ça sert de dire à la grenouille que la température est en train de monter si l’honnêteté vous obligerait à dire en même temps : « Mais les parois de la casserole sont trop élevées pour que tu puisses, en sautant, en sortir. » Et donc, j’ai passé la [journée] comme ça, je n’ai pas parlé sur mon blog de cet article, il allait dans le sens de choses que je lis depuis des années. Ça a commencé, si on peut dire, avec le rapport du club de Rome, le rapport Meadows en [1972], et depuis, je lis des choses comme ça et en 2015, quand j’ai rédigé un livre qui s’appellerait Le dernier qui s’en va éteint la lumière, je parlais de trois ou quatre générations, c’est-à-dire, si on multiplie par 30, ça fait de 90 à 120 ans qui nous sont laissés, à l’espèce humaine, pour survivre, si nous restons sur les rails où nous sommes. Et quand mon éditeur Fayard a lu le titre du livre suivant, celui qui a paru au mois de mai, et qui s’appelait Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain, ils ont dit : « Oui, mais vous savez… », ils ont eu peur de faire peur et « on va enlever le ‘Qui étions-nous ?’ » Mais finalement c’est peut-être une bonne chose et je vous vais vous dire pourquoi à la fin.

Alors voilà comment j’ai passé la journée d’hier. J’ai continué à travailler, bien entendu, sur mon bouquin sur Trump, j’ai continué à réfléchir sur l’amour, et celui ou celle d’entre vous qui m’a envoyé cette autobiographie de Stephen King, m’aide à écrire ce livre-là.

Et je suis allé dormir. Et au milieu de la nuit, à 3h du matin, je me suis réveillé et je me suis dit : « Bon, la première chose à faire, c’est de publier les réflexions de Cédric Chevalier pour qu’il y ait un débat sur le blog, et dans la matinée, quand tu te réveilleras, tu feras une vidéo et tu parleras de ça », parce qu’on ne peut pas dire comme ça simplement qu’il y a deux choses possibles, c’est-à-dire laisser les gens dans leur ignorance crasse et puis leur dire : « oui, oui » quand quelqu’un vous dit, comme il y a un commentaire ce matin que j’ai sucré parce que vraiment, là, je n’ai plus la patience pour ça, [et qui disait] « Oui mais j’ai un cousin dont le beau-frère qui connaît bien les histoires de climat dit que tout ça n’est pas sérieux. » Bon là, excusez-moi, on n’a plus le temps pour ça, on n’a plus le temps pour les négationnistes. Bien. Je me suis réveillé en me disant, on ne peut ni se dire que la paroi de la casserole est trop haute, ni se dire que c’est un baroud d’honneur. Il faut, aux yeux de l’univers – qui n’a pas d’yeux – il faut que nous montrions que nous sommes aussi intelligents que nous l’imaginons, et que nous fassions les choses qui sont dites dans la conclusion de cet article, et qui sont dites dans Défense et illustration du genre humain.

Quand je me réveille ce matin et que je regarde le résultat des élections qui ont eu lieu dans la nuit aux États-Unis, et que je vois que les candidats socialistes démocratiques du genre de Mme Alexandria Ocasio-Cortez, des gens qui défendent les mêmes idées que moi, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’une solution encore, c’est un socialisme – je vais appeler ça « démocratique » comme le disent les Américains maintenant, ça fait la différence très claire avec le communisme soviétique – ces candidats-là ont été balayés. C’est pas ça que les gens veulent, les gens aux États-Unis comme ici veulent choisir maintenant entre un conservatisme de type absolument classique et axé sur le profit, ce dont parlait déjà Veblen en 1904, c’est-à-dire de faire confiance au monde des affaires, que sans doute il a nos intérêts à cœur et que si lui marche bien, eh bien il s’arrangera pour que nous vivions bien aussi – dont nous savons depuis au moins 200 ou 300 ans que ce n’est absolument pas le cas mais ça fait rien, ça fait partie de cet optimisme conservateur – ou bien le populisme dans le mauvais sens du terme, c’est-à-dire : « Tous pourris », et., « Constituante » et je ne sais quoi, l’agitation désordonnée qui conduit aux régimes autoritaires et qui n’est pas la solution non plus. Bon. Il y a des périodes où des remous de ce type-là, pendant un certain temps, pendant les deux premières années de la Révolution française, avant la Terreur… Et vous le savez, j’ai beaucoup de respect pour Robespierre, pour Saint-Just, il faudrait qu’il y ait des Saint-Just, hein, il en faudrait qu’il y en ait un peu plus, de nos jours ! Mais, là aussi, il faut quand même bien le dire, ils s’étaient mis dans une impasse. On va demander à tout le monde d’être vertueux, et puis zut ça ne marche pas, eh bien alors maintenant on est obligé de faire tourner l’échafaud.

Il faut, chers Amis, que nous fassions quelque chose, il faut que nous nous montrions à la hauteur de notre intelligence, il ne faut pas que la réaction… Parce que qu’est-ce que ça va être ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi est-ce que maintenant les gens regardent ça dans Le Monde ? Quand un article comme celui-là, disant : « On va tous crever de chaleur », et que ça tombe au milieu d’une canicule, les gens font attention. L’erreur de mon éditeur, c’est de sortir mes livres au mois de mai. Alors on dit bon, oui d’accord, au mois de mai il fait encore un peu frais, ça va encore. Non, Fayard, il faut que vous sortiez mes livres au mois d’août, en plein milieu de la canicule ! Alors là, les gens vont ouvrir les yeux, parce que, comme je vous le dis dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière, on peut lire ça comme simplement le fait qu’on fait le deuil de l’espèce, mais on peut le lire aussi comme, quand même, un cri d’alarme et dire : « Nous avons quand même encore la capacité de faire quelque chose ».

Et c’était le reproche qui m’avait un petit peu été fait pour celui-là, en disant : « C’est un peu négatif quand même, essayez quand même de produire davantage, d’étoffer sur ce qu’on pourrait faire ». Et là, j’avais fait, donc : Qui étions nous? Défense et illustration du genre humain, et là l’éditeur dit : « Qui étions-nous ? Non ça c’est pessimiste, les gens ne vont pas acheter, on ne va pas en parler » et, résultat c’est qu’il fallait peut-être faire un petit peu peur aux gens, mais maintenant je suis content qu’on n’ait pas mis ce « Qui étions nous? ». Parce qu'[avec] ce « Qui étions nous? », les gens auraient eu le sentiment que je baissais les bras avec les autres, alors que ce n’était pas ça que j’essayais de faire dans ce livre. J’ai voulu quand même prendre l’attitude de dire : « Maintenant que nous avons pris conscience que nous sommes dans la casserole, que la température monte et qu’en sautant simplement tout seul on n’y arrivera pas, il faut que l’on réfléchisse à ce qu’il faut faire ». Il faut se mettre ensemble parce que, qu’est-ce que ça va produire des canicules comme ça ? Qu’est-ce que ça va produire ?

Vous l’avez peut être vu, le plus grand incendie, en Californie, de l’histoire maintenant (parce qu’il y en a deux qui se sont connectés, « le Ferguson » avec le « Carr » et c’est passé vers l’ouest, vers le Mendicino county). Quand on demande aux gens, là-bas, au milieu de l’incendie, qui sont en train d’essayer de sauver leurs maisons : « Est-ce que vous croyez que c’est le réchauffement climatique ? » il y a encore une majorité de gens qui disent : « Non non, le réchauffement climatique, c’est sûrement, c’est un truc, voilà, moi j’y crois pas trop, etc. », même comme ça. Mais que font les gens, qu’est-ce qu’ils font ? Ils n’y croient pas mais ils tombent dans des stratégies de type survivaliste, c’est-à-dire : moi et mon génie personnel, je vais arriver quand même à sauver ma famille. Et là, je crois que c’est ça qui va se passer. Les gens vont prendre conscience du danger, mais ils vont continuer à vous radoter des histoires de gouvernement… je ne sais même pas comment ça s’appelle… d’illuminati et de gouvernement international, je ne sais quoi, toute cette propagande américaine d’extrême-droite qui n’est même pas récente en général, il y a même des trucs des années 30 qui sont recyclés là-dedans, et c’est intéressant, hein, parce que les gens qui sont les plus anti-américanistes primaires qui m’écrivent, ce sont les mêmes qui colportent ces fables américaines que l’on ne trouve que dans la littérature américaine des années 30, 40 ou 50, les machins à la Alex Jones et des machins comme ça. Ils n’aiment pas l’Amérique mais pour ce qui est des conneries les plus extraordinaires qui ont été inventées en Amérique, ils en sont les grands diffuseurs !

Tout ça pour dire qu’on ne peut pas, on ne peut pas ! Et ce n’est pas avec des raisonnements comme je fais parfois (c’est pas vraiment des raisonnements) de dire : « Schelling a dit : ‘C’est extraordinaire, nous avons pris conscience..’ » » On attribue ça maintenant à des tas de gens qui vivent encore, c’est gentil mais, non, ça se trouve déjà chez Schelling : l’être humain, c’est ce qui a permis à la nature de prendre conscience de l’univers. La nature a pris conscience d’elle-même grâce a l’être humain et nous sommes des génies : nous avons fait des choses extraordinaires ! Nous sommes d’une cruauté invraisemblable : aucune autre espèce ne se conduit comme ça vis-à-vis d’autres représentants de sa propre espèce, mais nous avons quand même un génie tout à fait particulier : nous pouvons en mettant toutes nos ressources ensemble, intellectuelles, technologiques, etc. nous pouvons faire mieux que de tomber dans du survivalisme de quartier, constituer des bunkers à la Mad Max, nous pouvons faire mieux que ça, nous pouvons aussi faire mieux que simplement nous enfuir et essayer d’aller trouver une planète où nous allons essayer de reconstruire quelque chose, c’est quand même relativement plus simple d’essayer de sauver celle-ci. Et maintenant, il faut absolument le faire.

Alors, la question que je pose, « C’est cuit, que faire ? », on n’a pas le choix. On n’a pas le choix, il faut mettre… Et je vois, et ça c’est dommage, parce que je suis entouré, ici, dans le monde occidental, de gens entièrement découragés, des gens comme moi dans la journée d’hier avant le sursaut de 3h du matin, des gens qui disent : « Bon, voilà… » On ne peut pas, on ne peut pas ! On ne peut pas ! Ce n’est pas pour que la Nature continue à rester consciente d’elle-même, elle s’en fout, elle s’en est toujours foutu, c’est splendide, c’est pour nous, c’est pour nous qu’il faut se dire ça, que nous sommes prodigieux. Nous sommes prodigieux, malgré nos camps de concentration, les tortures et tout ça, nous sommes quand même prodigieux ! Avec les moyens qu’on nous a donnés, avec le monde qui était autour de nous ! Alors je ne dis pas que c’était une grande affaire de se débarrasser des tigres aux dents-de-sabre et des ours des cavernes, mais enfin bon, on a dû survivre à ça quand même. On a dû survivre à la crise des années 60, frôlé une guerre thermonucléaire, nous sommes toujours là et nous ne sommes malheureusement pas très nombreux à dire : « On peut faire quelque chose ». C’est ça la difficulté. Il y a tout un pays comme les États-Unis qui sont en train de tomber en vrille, ce qui n’aide pas à la tâche générale. Enfin bon, moi j’espère que ce type [Trump] va disparaître rapidement, mais même si il disparaît rapidement, je ne suis pas sûr que le socialisme démocratique prendra le pouvoir très rapidement aux États-Unis. Encore que, et là, bon, voilà, petite note d’espoir, les sondages d’opinion montrent que parmi les jeunes, c’est quand même les idées comme ça qui sont dominantes. Alors, il faut se retrousser les manches, il faut faire quelque chose.

Le pire, je crois que c’est mon attitude dans la journée d’hier – mais qui est justifiée, hein, bon, voilà ! – de dire : « Je continue, mais je ne sais pas trop pourquoi ». Il faut sauver la vie sur la planète terre. Il ne s’agit pas simplement de nous : si on nous sauve nous, on sauvera en même temps les ours polaires, les bactéries et tout. Parce qu’il faudra encore, dans la fournaise que nous sommes en train de préparer, il faudra encore que quelque chose survive après que nous ayons disparu.

Alors les amis, eh bien, la réponse, c’est : « Il faut faire quelque chose ». Il faut faire quelque chose, et je ne suis pas sûr qu’on soit très nombreux à être prêts, encore, à nous retrousser les manches, il faudrait qu’il y ait des gens qui soient un peu plus jeunes que moi quand même, qui… Qu’on ne tombe pas dans la morosité survivaliste : « On va s’arranger, nous, notre famille et trois familles dans le coin, on va s’arranger pour constituer un fort Chabrol, et que ça [nous] permette quand même à nous de continuer un peu plus longtemps ; le problème c’est les autres, le problème c’est que les autres sont 7 milliards ! ». Non, chers amis, c’est nous qui sommes 7 milliards, nous tous ensemble !

Mais nous avons des ressources. D’habitude, je vous montre des livres. Là, je vous ai quand même préparé quelque chose, parce que, voilà, ça c’est splendide ! Si vous n’avez jamais vu ça : Melancholia. C’est un drôle de type qui fait des films comme ça, Lars Von Trier ! La première partie du film (c’est en deux parties), ne la regardez pas : c’est une ode qu’il fait à la dépression nerveuse parce que c’est son style à lui, mais la seconde partie (c’est en deux disques, voilà, bon, c’est facile, regardez la seconde), c’est pas dans le spectaculaire, c’est pas des films d’Hollywood. Non, il parle de la fin du monde entre trois personnes qui sont dans une espèce de ferme qui est là comme ça dans la campagne en Suède. On ne vous montre pas des foules qui s’affolent dans une grande ville, on ne vous montre pas des survivalistes, on vous montre, voilà, des gens qui se disent : « C’est terminé, qu’est-ce qu’il faut faire ? ». Bon, dans ce film-là, ça se termine mal, mais nous avons le cerveau qu’il faut, nous pouvons même maintenant mettre des machines à réfléchir l’équivalent de deux milliards d’années sur un problème, parce que pour elles, ça leur prend quelques semaines de parcourir un temps qui, pour nous, représente deux milliards d’années.

Nous pouvons, nous avons les moyens, nous avons les moyens de nous en sortir, mais il faut le faire ! Il faut le faire, et malheureusement, ce n’est pas avec les gouvernements entre lesquels nous choisissons maintenant qu’on va pouvoir le faire. Ce n’est pas entre un ultra-libéralisme plus ou moins encore démocratique avec tendance oligarchique ou un populisme délirant fondé sur des théories conspirationnistes, que « C’est sûrement la faute des autres ! », voyez ce qui se passe en Italie, ce n’est pas comme ça qu’on s’en sortira. Regroupons-nous, ceux qui croient qu’on peut encore faire quelque chose ! Qu’il y ait le maximum de savants là-dedans, qu’il y ait le maximum de scientifiques, qu’ils fassent comme dans l’article dont je vous parlais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’ils ne perdent pas leur temps comme on a fait jusqu’ici avec des « 95 % d’intervalle de confiance » et des machins comme ça qui simplement étaient des tics de langage. Soyons sérieux, la plupart des gens qui mettaient ça à propos de la queue de la distribution, il ne savaient même pas de quoi ça parlait exactement, et en général, même des scientifiques ne maîtrisaient pas bien les techniques statistiques qui permettaient de dire exactement de quoi il s’agissait, parce qu’il ne s’agissait peut-être même pas d’une courbe de Gauss, etc. Bon, ça c’est des petits clins d’œil que je fais, non, des petites admonestations que j’adresse aux scientifiques…

Il faut faire quelque chose. Il reste un peu de temps. Ce n’est pas sûr, ce n’est pas sûr qu’on y arrivera, mais ne le faisons pas simplement dans l’esprit « baroud d’honneur », faisons-le convaincus qu’on peut faire quelque chose et qu’il faut le faire, et que voilà, ce n’est pas la Nature qui nous regarde parce qu’elle ne regarde pas, c’est pour notre propre fierté à nous, pour montrer qu’on est à la hauteur de ce que nous imaginons que nous sommes.

Voilà, allez, à bientôt !

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47 réflexions sur « « Nous sommes cuits. Que faire ? », le 8 août 2018 – Retranscription »

  1. Je découvre les propos de Paul Jorion ici (je préfère lire que regarder, et je remercie les transcripteurs !). Il me semble qu’il y a deux questions en suspens, à discuter et développer (et aussi à la suite de la proposition de Cyrille dans son commentaire de son propre article : « il y a une étude qui démontre qu’une minorité de 25% peut faire changer la décision, peut faire la différence, etc. », et qui, suite à mon commentaire, reconnait : « oui, c’est compliqué, mais j’utilise la méthode Coué pour que cela bouge ») :
    1) La prospective. Il y a quand même une forme de fuite en avant avec cet appel à la volonté de « devenir une grenouille consciente » (c’est l’image que j’en ai eue) et donc s’agitant pour un motif d’éthique désespérée « on va quand même le faire ». Il faut être plus clair sur l’objectif et son espoir de réussite. Prenons les russes de l’attentat contre le Tsar et les quelques Bande à Baader des années de plomb : ils étaient déterminés mais pas clairs sur le scénario. Ils ne fournissaient que l’étincelle en supposant que la poudre était réunie. Donc, après que nous aurons détourné le fonctionnement social (c’est une révolution, cela, et cela posera bien un problème d’éthique, de terreur et de stratégie – P. Jorion l’évoque évidemment), quel est notre programme d’urgence ? Et quelle satisfaction offrira-t-il aux gens ? (Je songe à Churchill et sa promesse de larmes : parfois on peut faire cela avec une nation volontaire). ON pourrait penser à une sorte de « Programme du Conseil National de la Résistance » qui a les apparences d’une démarche politique citoyenne, contre les combines des dirigeants, et pouvant faire consensus. Or nous sommes, bien sûr au milieu de beaucoup d’initiatives positives, TRES divisés sur les aspects concrets de l’objectif. En énergie, le nucléaire est source de division. En économie, la propriété privée et la redistribution sont sources de division, etc. Et cette division est catastrophique si on obtient le pouvoir trop vite ; c’est le cas de 1789 et de 1917. J’ai bien connu la maladie du gauchisme, son « sectarisme » et sa « terreur », et nous devons travailler à passer ce stade et cela prendra du temps de construction d’une unité suffisante. Nous avons la France Insoumise, nous avons Podemos comme expérience en train de se faire, et très maladroitement autant que très novateur par rapport ce qui existait avant.
    BREF, ce n’est pas qu’une question d’intelligence au pouvoir (point de vue plus appuyé sur ce blog), mais de aussi de rassemblement et de construction, auquel chacun doit répondre selon certains critères de jugement qui lui appartiennent. Il est facile de penser « je suis le centre du rassemblement » mais il est plus difficile de penser au chemin pour qu’un rassemblement se fasse. Donc, il faudrait produire des notes de travail et de discussion sur les points à mettre en avant dans ce « programme du CNR » : gratuité, propriété, nucléaire ou non, etc., etc.
    2/ La dynamique d’un mouvement. En gros, faire une analyse de science (?) politique. A quelles conditions, une grande majorité de gens de toutes classes sociales accepteront-ils d’entrer dans une dynamique de sacrifices du confort ? Deux étés chauds et trois incendies ou inondations n’y suffisent pas. Il faut une plus « grande peur » (sentiment d’urgence) et une colère contre une injustice (sentiment d’émeute), et un espoir de meilleur (un autre monde est possible). Et cela au sein de plusieurs nations en même temps. Il est très incertain que les crises vécues débouchent sur cette perception collective du problème, au delà de cette attitude de débrouillardise à quelques-uns (Fort Chabrol selon Paul Jorion). Et donc cette acceptation d’entrer dans une zone d’inconfort. Que pouvons-nous faire pour travailler à cette perception commune ? (Ce n’est pas qu’une mesure de la fièvre électorale, l’opinion bascule indépendamment de ce calendrier). Il faut être conscients que nos sociétés sont les plus corrompues par la consommation, ce qui nuit à un basculement. Mais aussi que rien ne nous est dit sur le recul actuel de la conso, le % de population « déclassée » par l’austérité et la disparition des « emplois ». On nous cache le thermomètre social, préférant la fièvre ou le symptôme au diagnostic. C’est un deuxième aspect de temps à considérer, ce basculement d’opinion, et il est imprévisible. S’il arrivait cet hiver ou l’été prochain, nous ne serions pas prêts. On aurait une émeute sans lendemain.
    Face à cette perception commune, vient l’offre politique d’une direction collective militante. Qui doit être construite, comme j’ai dit ci-dessus.
    Et à ce moment, se poseront des questions de stratégie de direction du mouvement qui devront être pensées avant : quelle forme d’organisation, quelles taches pour les militants de base (une faiblesse actuelle des mouvements de Macron, Mélanchon, Hamon selon moi ; la vitrine médiatique nous obnubile et n’est pas une mesure suffisante des besoins d’organisation), quel encadrement des violences (militarisation, service d’ordre, etc.).
    De ce point de vue, les contributions de Paul Jorion et de beaucoup d’autres ont quelque chose d’angélique, de ‘méthode Coué’. (L’idée de se présenter aux élections, comme jadis l’appel à Piketty, sont selon moi dans cet irréalisme politique). Et les observations plus négationnistes ou sceptiques sont aussi irréalistes.
    A la limite, mes remarques ont-elles leur place sur ce blog ? Et inversement, les idées ‘généreuses’ et ‘optimistes’ de Paul Jorion ou d’autres de ce blog seront-elles invitées à la table de construction du rassemblement ?

    1. Chabian : « S’il arrivait cet hiver ou l’été prochain, nous ne serions pas prêts. On aurait une émeute sans lendemain »
      franchement…vous y croyez vraiment, ou vous vous en persuadez ?

      1. Ce n’est pas une question de croyance mais de préparation stratégique. Je ne sais pas les questions qui circulent dans l’opinion. Je sens les jeunes n’avoir aucunement la perspective d’emploi qui fut la notre et je sens la société très instable (je pense notamment à #MeToo et #Balancetonporc et aujourd’hui #BalancetonYoutubeur, comme symptômes d’un changement de valeurs, échappant à la servitude confortable sous les dominations coutumières), mais ce fut aussi le cas entre 1787 et 1789 dans les régions françaises ; et à une certaine époque vers 40 ou avant, où le PCF en recul dans les urnes a gagné tant de nouveaux membres… Bref le « basculement » n’est pas une science exacte. Je ne suis pas optimiste pour autant, mais je trouve qu’il faut organiser notre volontarisme. Lénine, réfugié en Suisse, décide soudain de négocier avec l’Allemagne un transfert en Russie, qu’elle accepte à condition que le wagon soit plombé. Il prend ce risque inouï. Pour participer au basculement, et le diriger avec sa petite organisation. Il ne s’est pas posé la question que vous me posez…

    2.  » A quelles conditions, une grande majorité de gens de toutes classes sociales accepteront-ils d’entrer dans une dynamique de sacrifices du confort ?  »

      Cela n’arrivera JAMAIS.

      A cet égard, le nucléaire est un point central (77% de notre électricité) : allez expliquer à un français qu’il devra se passer de chauffage, ou à un américain qu’il devra renoncer à la clim. Le joli programme que vous aurez là… Paul Jorion vous dit, reprenant les analyses de Keynes : « il faut trouver des mesures que tout le monde accepte volontiers », et vous imaginez pouvoir les convaincre « d’entrer dans une dynamique de sacrifices du confort » ..?

      Je reformule donc votre question, qui devrait être :  » A quelles conditions, une grande majorité de gens de toutes classes sociales accepteront-ils d’entrer dans une dynamique POLITIQUE ?  » (visant à la réforme profonde du système économique)

      Mais j’ai une bonne nouvelle Chabian : en France, plus qu’en aucun autre endroit dans le monde, ils y sont prêts ! Et nous avons de la chance : le leader d’extrême droite s’est grillé, il y a un boulevard à prendre pour une nouvelle gauche. A condition d’être plusieurs !

    3. De plus, il faut avoir le courage d’être seul, en tant que pays, sans attendre l’étranger. Et ça posera tout un tas de problèmes : eh bien oui, on le sait. Chabian, vous évoquez Churchill, mais les anglais ont eu ce courage, avant l’entrée en guerre des USAs fin 41…

      Unissez-vous donc si voulez avoir une action sur le réel en France ! Au lieu de ça, on dirait que vous attendez l’Apocalypse et l’effet de serre comme le doigt de Dieu qui vendrait punir les hommes…vous ne voyez pas un châtiment trop sévère pour eux…qu’ils grillent au soleil, ou qu’ils périssent noyés, ou qu’ils s’entre tuent en attaquant les jardins potagers !

      Il faut vous rendre compte maintenant, que vous êtes UNE PARTIE DU PROBLEME !

  2. Bonjour,
    Bon, il faut remettre un peu d’optimisme….
    La Nouvelle-Zélande interdit les sacs plastique à usage unique:https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/08/10/la-nouvelle-zelande-interdit-les-sacs-plastiques-a-usage-unique_5341029_1652666.html
    « « Nous devons être beaucoup plus malins dans la façon dont nous gérons les déchets, et c’est un bon départ », a fait valoir la première ministre travailliste. »

    C’est un bon début , alors OK, on va trop lentement mais ici et là, on voit naître une nouvelle mentalité. Il faut pas rêver, une société plus vertueuse cela ne pourra pas se faire en un claquement de doigt et puis on doit affronter de puissantes oppositions. Un ex : Alternatives au plastique : « Un surcoût injuste »:https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/13/alternatives-au-plastique-un-surcout-injuste_5331084_3232.html
    « Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants. »

    Notre société est encore trop « carbonophile ». De plus, pour qu’elle prenne conscience du risque du réchauffement climatique , il lui manque un événement fondateur, une catastrophe naturelle d’un telle ampleur que le monde économique et politique ne pourra plus regarder ailleurs ou faire semblant. Par exemple, si un jour New York est dévasté par un cyclone de type Irma alors là les cerveaux vont commencer à évoluer. Pour l’heure, les effets du réchauffement climatique ne sont pas assez tangible, ils frappent soit des environnements naturels (glacier, zone polaire, taiga, etc…) ou des populations trop faible pour se faire entendre…..
    Pour que les mentalités évoluent, il faut que les zones économiques les plus puissantes du monde soient touchées directement (New York, Shanghai, Tokyo, Paris, San Francisco, Londres, Pékin, etc…). Il faut marquer les esprits. Comme par exemple Fukushima qui a bien entamé l’image du nucléaire.

    Alors que les choses soient claires, cela ne sera pas suffisant pour changer notre modèle de pensée mais cela va permettre de préparer les esprits. Et c’est là que les gens qui avaient prévenu de longue date les dangers du réchauffement climatique, pourront faire leur travail pédagogique. Ensuite, il est fort probable que à ce niveau, on voit apparaître des clivages dans la société entre les défenseurs de l’ancien monde et une population qui aspirera à autre chose. D’ailleurs, c’est ce qu’on commence déjà à observer. Par ex, les ZAD sont des embryons de ces nouvelles pensées. Les altermondialistes, c’est la même chose. On pressent que de nouvelles idées sont entrain d’émerger mais devant les « succès » supposés de notre modèle économique , leur nécessité n’est pas d’actualité.
    Finalement, face à la rapacité du capitalisme, la frugalité de la planète sera peut être ce qui nous sauvera.

    1. La valeur pédagogique et rassembleuse d’une catastrophe ?
      Très peu pour les autres et les miens. Pas du tout.

      Vous êtes curieusement centré sur les villes en général et les villes occidentales. Me semble que le Bangladesh morflera salement et bien avant vos phares de la civilisation. Vous me direz qu’un Bangladeshi sait crever avec la discrétion qu’ils ont si souvent montré dans le passé. ( 1973, je crois, 700000 morts) Loin des yeux, loin du cerveau… Le cœur? Quel cœur?

    2. « Par exemple, si un jour New York est dévasté par un cyclone de type Irma alors là les cerveaux vont commencer à évoluer ».
      D’où me vient l’idée, que vous l’attendez, comme le jugement dernier ? Avez-vous lu l’Apocalypse ?

      1. Oui, d’où vous vient cette idée ? Paul vous dit que les incendies ne font pas encore bouger les gens. Et que d’autres parlent d’une sauvegarde individuelle. Et nous discutons des Conditions d’un tel sursaut des gens. Cela vous déplait et vous nous soupçonnez. Parce que vous seul avez raison et pourrez ainsi rassembler les gens ?

    3. Le problème c’est que les dégâts écologiques atteignent aujourd’hui les équilibres économiques mais les systèmes d’information économiques sont tellement verrouillés pour des raisons multiples et variées que quand bien même la catastrophe économique serait sous leurs yeux et dans leurs poches qu’ils expliqueraient les choses d’une telle façon que les choses devraient continuer. Je pense que l’on ne peut rien attendre du système global. Ce n’est pas du défaitisme encore moins du complots, mais une forme de lucidité éclairée. Aujourd’hui il faut inventer et agir par nous même dans les lieux que nous pouvons investir. Il faut « investir »les friches vacantes. Dans son appétit démesuré de profit rapide et dans son absence totale d’imagination, le capitalisme délaissé des territoires.

      1. Très bien. Encore que le déficit d’info éco serait plutôt de notre fait. Le « daubé » par chez moi cause surtout enterrement (sépulture en langage local), mariage, inauguration, mouvement des Corps Constitués et fête très locale, passe que ses lecteurs préfèrent ces divertissements. Si il causait autant éco, les ventes s’effondreraient. Y’a aucune raison de penser qu’il en irait autrement au plan national. Mettons à part « Alternative Économique » et « L’agriculteur du Sud-Est » des années 1970-1980. Il présentait des articles de fond à tendance économique d’une très bonne tenue.

        « les lieux que nous pouvons investir », pouvez-vous donner quelque exemple?

  3. Ça ressemble un peu à la place de la république à certaines heures cet espace commentaire.

    Peut-être sommes-nous à l’aube de quelque chose comme une globale nuit debout, non ?

    Inclusive, forcément (elle parlera toutes les langues, en inventera de nouvelles).

    Un roman d’amour (un roman tout court, donc) rapportera peut-être (dans une forme nouvelle) les étranges événements que nous vivons.

    Qui l’écrira ?

  4. Salut Paul, moi j’ai un cousin dont la grand mère a bien connu Paul Emile Victor, et il parait qu’il disait souvent à sa belle soeure que quand il mettait un glaçon sur une poêle à frire, ça fondait moins vite que au 45° parallèle.
    Pourtant l’oncle de la tante de son demi-frère disait lui que la température de sa cuisine était égale à celle d’une journée de novembre sans pluie. Donc bon, y a de quoi douter quand même non ?
    Signé Johnny Potash

  5. Tenter de se regrouper à partir de zéro (à condition d’arriver à se mettre d’accord sur un objectif commun concret) est chronophage, car on discute toujours infiniment plus qu’on ne réalisera jamais. La tentative avorte souvent, tout comme la majorité des nouveaux partis qui naissent à chaque élection : c’est à peu près la même démarche. Je ne crois pas non plus à la pertinence des mouvements pétitionnistes (Avaaz, SumOfUs, Pollinis…) qui sont surtout experts dans l’art de la récupération des batailles gagnées par d’autres, sans compter l’obole qu’ils sollicitent au passage.
    Par contre, il existe une flopée d’initiatives concrètes qui sont déjà structurées et qui ont des actions plus ou moins convaincantes à leur actif. Donc, pas trop de trucs comme Demain, Nuit debout, etc…, qui nous font seulement changer de chaise, de chez soi au débat. Un peu de recherche sur Internet avec un minimum de sagacité permet d’effectuer une sélection en fonction des orientations de chacun. Bien entendu, une marque de sympathie ne suffira pas ; il faut accepter d’y consacrer quelques heures de son temps et parfois un peu de sous.
    Bref, il faut commencer ou continuer à agir parce que l’action a un effet positif sur notre mental. Agir permet aussi d’alimenter le débat d’autres idées que des considérations purement philosophiques. En ce qui me concerne, je préfère cela que siroter le désespoir qui me semble nimber le blog de P.J. ces derniers temps. Je le fréquente très souvent, mais avec un verre de rosé à portée de main pour l’instant !

    1. Je signe . C’est ce que j’essayais de dire à ma façon , en écrivant ailleurs :  » aller là où il y a déjà du monde  »

      Pour grossir les rangs et viser le supranational .

  6. « Hothouse »
    c’est bien trouvé. Il faut tenir compte d’une réalité supplémentaire: le méthane, un gaz qui se libère sous l’influence du réchauffement climatique dans le pleines sibériennes et canadiennes, renforce le processus. Mais que faire, c’est en effet la grande question. Quand vous posez cette question à un certain Monsieur Hulot, vous n’aurez que des réponses sans intérêt, il n’a aucune solution à proposer, son discours est purement théorique, il fait que reformuler des choses connues. Je me demande pour quelle raison il fait encore partie du gouvernement. Et puis la Chine: elle demande à occident de faire des efforts……De nombreux emplois et profits sont liés à la pollution atmosphèrique qui a commencée vers 1955 environ – tous les polluants (indiquateurs) monntent en flèche dpuis cette période.

  7. lisez et écouter cette magnifique émission qui nous montre que les autochtones en Afrique sont plus savants que Trump (et les « grands savants qui ne comprennent pas plus que lui) https://www.franceinter.fr/emissions/voyage-en-terre-indigene/voyage-en-terre-indigene-10-aout-2018
    tenté de tout vous recopier ce ne sera que morceaux pour vous mettre l’eau à la bouche

    Au Cameroun, c’est bien au nom de la conservation de l’environnement que les pygmées ont été exclus de leur forêt. Au sud-est du Cameroun, à la frontière du Congo Brazzaville, alors qu’ils devaient déjà faire face à la déforestation et au plus grand projet au monde d’exploitation minière avec la création de l’aire protégée en 2006, ils ne peuvent plus chasser ni pratiquer leurs activités traditionnelles au risque d’avoir à faire aux éco-gardes de l’ONG WWF qui, au Cameroun, travaille en étroite collaboration avec le gouvernement.

    Grâce au soutien des ONG, les pygmées qui avaient été oubliés par le Ministère des Forêts et la Banque mondiale, lors de la création de l’aire protégée, ont obtenu, en 2016, quelques compensations. Entre le village et la réserve, quelques maisons en dur dans le village d’Assoumindélé de ces trois cents Bakas, une école, un forage et une forêt tampon de quelques milliers d’hectares leur ont été attribués.

    Au Tchad Dans la bande du Sahel, les peuls sont impuissants devant les conséquences du réchauffement climatique. La sécheresse a contraint ces nomades à se sédentariser. Ils tentent malgré tout de s’adapter grâce à leur savoir traditionnel. Mais déracinés, leur mode de vie est en péril.

    il y a plus à lire, si vous n’écoutez, pas sans compter les magnifiques photos des autochtones.

  8. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, alors je fais ce que je peux suivant mon sentiment et carpe diem – au sens originel.
    J’essaie de ne pas me réveiller à 3h du matin avec une angoisse existentielle au cœur en cultivant mon jardin…
    Je comprends les survivalistes, bien que je crois le truc un peu vain.
    Je comprends les ignorants volontaires, la paix de l’esprit n’a pas de prix.
    Je comprends les militants, on donne le sens qu’on veut à sa vie.
    Je comprends aussi ceux qui ont la Foi en l’Humain, on n’est jamais aussi bien servi que par soit même.
    Je comprends même ceux qui s’en foutent, la durée de la vie est trop courte pour la gaspiller avec des soucis futurs, si on peut en profiter aujourd’hui (de son point de vue bien sûr).
    Et je comprends particulièrement la grande masse qui n’a pas le temps de se poser des questions sur l’avenir, même proche, quand il faut remplir chaque jour les assiettes de la maisonnée, même de mauvaise nourriture de supermarché ne contenant que 46.7% de matière réellement nourrissante dont se réclame l’enveloppe du paquet.
    Bonne continuation…

      1. Désolé mais concernant le sujet, le comportement humain, je comprends.
        Tout ça c’était pour dire d’une autre manière tout plein de lieux communs, du genre:
        Il faut de tout pour faire un monde
        Les petits ruisseaux font de grande rivières
        L’union fait la force
        La diversité est nécessaire à la survie
        Etc…
        ou plus simplement:
        Tout ce que vous entreprendrez seul ou en commun, petites choses ou grandes choses, dans quelque domaine de que soit, participera à la résolution du problème du moment que ce que vous entreprenez dépasse l’intérêt de votre seule personne…
        Faites ce que vous pouvez, mais faites…
        Au final, le résultat – extinction de l’espèce ou survie – serait ce qu’il devra être… 🙂
        Je ne vise qu’une chose: l’arrêt ou, faute de mieux, la diminution de la souffrance AU QUOTIDIEN, de soi même (d’abord) et des autres… C’est déjà du boulot.

  9. Paul Jorion disait qu’il fallait se debarrasser du capitalisme. Franchement je trouve que la speculation boursiere a detruit une part de ma vie.
    Je trouve triste que le petit agriculteur ne puisse pas vivre de qu’il produit.

    1. C’est le moment de témoigner plus concrètement ! Pour suivre un peu les questions d’agriculteurs, et en pensant qu’un programme révolutionnaire doit se confronter tout de suite à cette question de pouvoir nourrir les gens, donc qu’il doit intégrer les positons de Via Campesina par exemple dans un futur rassemblement, je vous relance : en quoi la spéculation Boursière (pas foncière ?) a détruit votre vie d’agricultrice ? Quelles mesures d’urgence pour intégrer toute l’agriculture familiale (pas l’industrialisée) dans une économie décarbonnée ?

      1. @Chabian
        déjà vous pouvez en lire un aperçu dans les commentaires du billet précédent : des expériences de jardins dans les villes,
        mais maintenant c’est devenu d’un commun … pour rire, car c’est l’avenir.
        Partout dans les villes : sur les toits, à la place des jardins… en plus ça fait double emploi ça purifie l’air polluée.

      2. Et en vertical , accroché aux murs?
        C’était le thème du pavillon US à la foire internationale de Milan, 2015 je crois, avec un vidéo impec d’Obama présentant la chose. Le béton (plus de l’acier inox ou galva) réconcilié avec la culture (agri-), quelle belle chose (!). Et y’a un avantage: les murs ruisselant d’eau, goutte à goutte, rafraîchissent l’ambiance. Les visiteurs n’étaient pas beaucoup convaincus, semble-t-il, mais ils restaient volontiers pour la fraicheur tant le temps était à la canicule, déjà. En arrivant de Turin à Milan, par le train, comme vous le savez, on longe une immense plaine (30 km, sinon plus) montrant une mise en culture intensive et industrialisée. J’imagine volontiers que les rêves de bobos intéressés à leur confort et ayant intégrés les intérêts des bétonneurs et aciéristes devaient laissés de glace ces agriculteurs capables d’une maîtrise pareille.

  10. Le temps des idées, disons le temps idéologique, est un temps long, plutôt à l’échelle du demi-siècle, voire du siècle. Que nous reste-t-il comme « peu de temps » ? Quelques décennies tout au plus pour n’avoir plus aucune perspective positive en matière climatique notamment.
    Par contre, ce qui nous pend au nez immédiatement (un, cinq, dix ans ?), c’est une crise financière et économique dans la foulée, crises totales et mondiales, qui devraient signer le début d’un changement sociétal (civilisationnel ?) lui même total. Le meilleur – la construction fraternelle – est pour le moment exclu (cf la case idéologie), et le pire – la guerre thermonucléaire totale – heureusement pas sûr. Restent tous les scenarii possibles de survie entre ces pôles, déjà largement traités ici et ailleurs.
    Alors, optimisme, pessimisme, confiance, découragement : est-ce encore le moment ?
    LA question qui commence à me travailler, moi, l’habitant d’un village méridional de périphérie urbaine : qu’est-ce que je ferai si (quand…) des hordes d’ex-bourgeois soudainement affamés par la rupture des approvisionnements débarquent dans mon coin tranquille ?
    Mais il s’agit bien sûr d’un scenario de film catastrophe.

    1. @un passant
      les campagnes l’ont déjà vécu durant la guerre de 39/45 : Paris crevait de faim (ce dont les autres Français n’ont jamais eu conscience) et partait à la campagne pour ramener un peu de quoi bouffer. Dans mon enfance un lapin sur le balcon… qui s’engraissait du tabac dans les pots de la voisine !

      vous n’avez pas tort de nous rappeler que la future (et proche ?) crise financière sera d’un autre tonneau que celle de 2007 et suivantes.

    2. A toutes les guerres (et déjà en 1789), l’Etat organise des réquisitions de nourriture pour les villes, au détriment des agriculteurs et des ruraux. Qu’il soupçonne de tricherie. C’est évident : un régime qui ne peut alimenter la population est renversé.
      Et durant les dernières guerres, les gens des campagnes ont aidé les maquis (des gens de la ville) à survivre. Prenant des risques qu’ils ont payé très cher, par exemple dans le Vercors.

  11. Se bouger ? Sur mpn exploitation, c est en marche si vous me permettez l expression :
    – passage au bio
    – Agriculture de conservation des sols (stockage du carbone, vie du sol, moindre dependance énergétique, diversité de. Productions)
    – autonomie fourragere en énergie et en protéines pour un bilan carbone positif et des economies d intrants (on ne travaille pas pour faire circuler des cargos et des camions de cereales à travers le globe pour nourrir mon troupeau )
    – valeur ajoutée économique..et de l emploi en vue.

    Que puis je faire de mieux ? (sachant que je suis toujours celui qui prend le risque économique et financier pour le pot commun et que les états en Europe se désengagent du soutien de nos modes de production).

    Je fais ce que je m imagine, pour le bien de tous.
    Vous y etes Paul, je ne vous ai pas oublié. Je passe simplement plus de temps désormais à agir qu à écrire.
    A bientôt.

  12. Comme chacun sait, ce n’est pas déontologique d’utiliser la météo (canicule et incendies) pour faire avancer vos idées réchauffistes sur le climat.
    Alors pour équilibrer, savez vous que nous avons battu un record de froid (-98 °C !!) en Antarctique en juillet ?

    1. Pourquoi fait-il plus froid au pôle sud qu’au pôle nord ? ici:
      https://www.chosesasavoir.com/plus-froid-pole-sud-quau-pole-nord/

      La température minimale moyenne est de l’ordre de -93°C, -92 ou -89, selon les sources. Si ce sont des Russes qui ont mesurés votre -98°C, à leur station Vostok ( « l’endroit le plus froid au monde », Russe dixit) , prudence. Nous savons qu’ils sont portés à l’exagération intéressée, de plus la métrologie des basses températures permet des « biais » non négligeables.

      L’affaire Skripal montre que les Russes maitrisent mal la métrologie pondérale ( mesure de masses pesantes). En effet la dose mortelle ( létale, pour les gens biens) de Novichok s’exprime en mg de toxique par kg de viande de la victime visée. Manifestement, ils ont lamentablement foiré l’acquisition soit des mg de Novichok soit les kg des Skripal et plus probablement des deux, père et fille étant vivants.

      Faites le saut de poids à température et concluez vous-même pour vos -98°C .
      Je vous accorde que si cette température est le résultat d’un pays développé, alors elle doit être vraie.

  13. Nous en savons assez – vous en savez assez – est-il nécessaire de continuer à disputer du sexe des anges ? Les crises convergent et l’effondrement de nombreux systèmes est bel et bien en cours.
    Que faire demande Paul Jorion à plusieurs reprises ?
    Commencer par croire ce que nous savons.
    Être conscient que si nous commencions dès demain matin à diminuer nos rejets de CO2 et de méthane dans l’atmosphère, les premières manifestations d’une amélioration ne se feraient pas avant une cinquantaine d’années. Et ce n’est pas demain la veille que nous déciderons de changer de pied. A moins que de très très graves événements ne surviennent. Et je pense là, par exemple, à la mort de dizaines d’enfants victimes du réchauffement ou de glissements de terrains ou de pollutions diverses ou de la mauvaise qualité des eaux de baignade ou de celle de l’eau de boisson ou de maladies … que sais-je encore ?
    Nous ne disposons pas – vous ne disposez pas – du pouvoir d’infléchir les politiques, les géopolitiques. Nous ne pourrons pas -vous ne pourrez pas – agir pour proposer et imposer un nouveau cadre. Le cadre capitaliste se brisera tout seul et ce n’est que dans un contexte inédit et jusqu’ à lors impensé que nous aurons à réparer ce qui pourra l’être, le monde et les sociétés humaines. Pour cela nous devrons faire confiance à ces merveilleuses aptitudes des êtres humains à rêver,à imaginer et à inventer comme des millions d’exemples du passé en témoignent. Comme des millions d’hommes vivant en ce moment même dans des conditions extrêmes nous en offrent des exemples admirables.
    Alors ?
    Alors, il ne s’agit pas tant d’agir que de se préparer à agir. Si nous ne pouvons pas changer le monde, au moins pouvons-nous changer notre manière d’y vivre.
    Alors, pour commencer, décidons de cesser de râler, de nous débarrasser de la contestation stérile, de ne plus céder à la tentation facile de nous opposer les uns aux autres. Et demandons-nous sur quoi nous pourrions peser, ici et maintenant, à notre niveau ?
    Alors il faut travailler localement. Constituer des réseaux qui s’appuieront sur des expériences en cours. Et il en existe beaucoup. Favoriser les contacts et de ces différents exemples imaginer des modèles. Travailler avec les élus de terrain car sans eux rien ne sera possible. Mettre en commun, moyens et connaissances. Créer des banques de données pragmatiques et des coopératives. S’inspirer des approches permaculturelles. Se préparer à gérer les pénuries, notamment alimentaires, notamment en eau.
    Oui, décrétons, que nous avons les solutions sous les yeux, que les réponses se trouvent dans notre vie quotidienne. Et particulièrement dans notre alimentation. Car l’agriculture, de nos jours, est une industrie qui repose sur l’utilisation du pétrole et de nombreuses autres ressources en quantités limitées. C’est une activité devenue destructrice, polluante et dangereuse. C’est une activité humaine qui nous a échappé et en laquelle nous n’avons plus vraiment confiance pour assurer la sécurité de notre nourriture.
    Prendre en main la production d’une partie de notre nourriture est donc un bon moyen d’agir dans de nombreux domaines.
    – Parce que notre nourriture rejaillit sur notre santé et sur celle des paysans,
    – Parce que la production de nourriture peut avoir des conséquences dramatiques ( pollution de
    l’eau, de l’air, destruction des sols, perte de la biodiversité, maltraitance animale, gaspillage…)
    – Parce que notre nourriture est produite loin de nous et nécessite des transports nombreux,
    Notre réponse est le retour dans les jardins. Nos parents, nos grands-parents possédaient des jardins et de petits élevages. Ils produisaient ainsi une grande part de leur nourriture et assuraient leur sécurité alimentaire. Nous pouvons cultiver des jardins communs producteurs de légumes variés, nutritifs et sains. Nous pouvons mettre en place des composts collectifs pour rendre à la terre le plus possible de matières organiques ; planter des arbres fruitiers et à noix partout où cela est possible ; reprendre des idées qui ont fait leur preuve comme les incroyables comestibles, les villes en transition ; constituer des banques de graines ; repérer les plantes sauvages locales qui pourraient nourrir et soigner ; favoriser l’installation de jeunes maraîchers ; engager dès l’école primaire une initiation des enfants des écoles au jardinage.
    Et selon la méthode des groupes de transition, rassemblons les citoyens pour agir selon les principes de localisation des activités, de sobriété pour ne pas être dépendant des énergies fossiles et de résilience pour tirer des forces de nos difficultés.
    Agissons partout où cela est possible.
    La transition, c’est un retour au collectif pour retrouver de l’autonomie dans notre vie quotidienne, diminuer nos besoins, se simplifier la vie et retrouver la lenteur. Et pourquoi pas le bonheur ?
    Oui, pourquoi pas ?

  14. http://richardheinberg.com/museletter-303-climate-change-isnt-our-biggest-environmental-problem-and-why-technology-wont-save-us

    Les bonnes nouvelles concernant le changement climatique que je peux citer (comme je l’ai fait dans un essai publié en juin) sont que les réserves de combustibles fossiles économiquement récupérables ne sont cohérentes qu’avec des scénarios de changement climatique à faibles émissions. Comme l’indiquent BP et d’autres sources crédibles pour les réserves de charbon, de pétrole et de gaz naturel, et comme de plus en plus de chercheurs le soulignent, les scénarios climatiques les plus défavorables associés aux niveaux d’émissions de carbone «business as usual» sont irréalistes.

    Maintenant, les mauvaises nouvelles.

    Alors que nous pourrions vivre parfaitement bien avec moins d’énergie, ce n’est pas ce que veulent les gestionnaires de notre économie. Ils veulent de la croissance. Toute notre économie est structurée de manière à exiger une croissance constante du PIB et, dans la pratique, augmenter le PIB signifie utiliser plus d’énergie. Alors que des économistes marginaux et des écologistes proposent depuis des années des moyens de se défaire de notre dépendance à la croissance (par exemple, en utilisant des indices économiques alternatifs tels que le Bonheur National Brut), aucune de ces propositions n’a été généralisée. Dans l’état actuel des choses, si la croissance faiblit, l’économie s’effondre.

    Il y a aussi de mauvaises nouvelles sur le climat: même avec les niveaux actuels de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous constatons des effets inacceptables et de plus en plus graves – incendies qui font rage, élévation du niveau de chaleur et fonte des calottes glaciaires. Et il y a des indices que des rétroactions autorenforcées pourraient être mises en place: un exemple est la libération de grandes quantités de méthane provenant de la décongélation de la toundra et des hydrates océaniques, ce qui pourrait entraîner un réchauffement à court terme mais abrupt.

    Mais prenons du recul. Si nous sommes intéressés par les signes d’une crise mondiale imminente, il n’y a pas besoin de s’arrêter à ces deux défis mondiaux. Le monde perd 25 milliards de tonnes de terre végétale par an en raison des pratiques agricoles industrielles actuelles. Si nous ne traitons pas de cette question, la civilisation continuera de tomber, même si nous réussissons à faire notre test énergétique et climatique. L’humanité utilise aussi trop d’eau douce: les anciens aquifères sont en train de s’épuiser, tandis que d’autres sources d’eau sont polluées. Si nous ne traitons pas notre crise de l’eau, nous allons quand même droit au mur. Les espèces disparaissent mille fois plus vite qu’avant la révolution industrielle. Si nous ne traitons pas le dilemme de la biodiversité, nous allons aussi droit au mur. Il y a ensuite des problèmes sociaux et économiques qui pourraient faire s’effondrer les nations même si nous parvenons à protéger l’environnement; cette catégorie de menaces comprend les menaces de dépendance excessive à l’égard de la dette et l’accroissement des inégalités économiques.

    Si nous attaquons chacun de ces problèmes au fur et à mesure avec des solutions technologiques (par exemple, la technologie de désalinisation pour résoudre la crise de l’eau ou la géo-ingénierie pour stabiliser le climat), nous risquons de provoquer des conséquences inattendues, car c’est ce que font les interventions technologiques. Quoi qu’il en soit, la probabilité d’identifier et de déployer avec succès tous les correctifs nécessaires dans le temps est infime.

    De nombreux problèmes convergent à la fois parce que la société est un système complexe et les défis dont nous avons discuté sont des aspects d’une crise systémique. Une façon utile d’encadrer une compréhension intégrée du défi de la survie au XXIe siècle est la suivante: nous, humains, avons dépassé la capacité de charge à long terme de la Terre pour notre espèce. Nous avons pu le faire grâce à une subvention temporaire d’énergie bon marché et abondante provenant des combustibles fossiles, qui nous a permis d’étirer les limites de la nature et de soutenir une population globale beaucoup plus grande que ce qui aurait été possible autrement. Mais maintenant nous commençons à voir des contraintes d’approvisionnement pour ces carburants, et les effets secondaires de la combustion d’énormes quantités de charbon, de pétrole et de gaz naturel sont également en vue. Parallèlement, l’utilisation d’énergie bon marché pour développer les processus économiques extractifs et générateurs de déchets entraîne une perte de biodiversité; l’épuisement du sol, de l’eau et des minéraux; et la pollution de l’environnement. Juste décarboniser l’énergie, bien que nécessaire, ne traite pas adéquatement l’overshoot systémique. Seule une réduction de la population et de la consommation globale de ressources, ainsi qu’une réduction rapide de notre dépendance aux combustibles fossiles et une refonte des systèmes industriels, peuvent le faire.

    Les inégalités économiques sont également un problème systémique. Au fur et à mesure que nous avons développé notre économie, ceux qui étaient en mesure d’investir dans l’expansion industrielle ou de prêter de l’argent à d’autres ont récolté la majorité des récompenses, tandis que ceux qui ont survécu en vendant leur temps et leur travail (ou dont l’héritage culturel a simplement appropriés par les industriels) sont à la traîne. Il n’y a pas de solution technologique pour les inégalités. Pour y faire face, il faudra revoir notre système économique et redistribuer les richesses. Ceux des pays riches devraient, en moyenne, ajuster leur niveau de vie à la baisse.

    Maintenant, pouvons-nous faire tout cela sans crash? Probablement pas. En effet, de nombreux économistes considèrent que les médicaments (réduction de la population, diminution de la consommation d’énergie par habitant et redistribution économique) sont plus graves que tous les aspects de la maladie qu’ils sont prêts à reconnaître. Les défenseurs de l’environnement et des droits de l’homme seraient en désaccord. Ce qui veut dire qu’il n’y a vraiment aucun moyen de s’en sortir. Que l’on s’en tienne au statu quo ou qu’on tente une intervention à plusieurs volets, notre mode de vie «normal» est foutu.

    Accepter qu’un crash soit plus ou moins inévitable est un grand pas, psychologiquement parlant. J’appelle cela une connaissance toxique: on ne peut pas « ignorer » que le système mondial actuel soit suspendu par un fil, et cette compréhension peut conduire à la dépression. À certains égards, la crise systémique à laquelle nous sommes confrontés est analogue à la crise existentielle individuelle de la vie et de la mort, que nous devons tous affronter par la suite. Certains ignorent volontairement leur propre mortalité aussi longtemps que possible; d’autres tentent de s’agripper à une croyance dans l’au-delà. D’autres encore cherchent à créer un sens et un but en faisant une différence positive dans la vie de ceux qui les entourent avec le temps dont ils disposent. De tels efforts ne modifient pas l’inévitabilité de la mort. Cependant, contribuer à sa communauté semble améliorer le bien-être de bien des façons, au-delà de la simple prolongation de la vie.

    Mais est-ce qu’un crash est la même chose qu’un destin tragique?

    Pas nécessairement. Notre meilleur espoir à ce stade semble être un crash contrôlé qui permette une récupération partielle à un niveau inférieur d’utilisation de la population et des ressources, et qui ne mène donc pas à l’oubli total (extinction humaine ou proche). Parmi ceux qui comprennent la nature systémique de nos problèmes, l’option d’écrasement contrôlé est le sujet de ce qui pourrait être la conversation la plus intéressante et la plus importante qui se déroule sur la planète en ce moment. Mais seules les personnes informées qui ont surmonté le déni et l’auto-illusion en font partie.

    1. Merci Richard, avoir lu votre mail m’évite de devoir lire mes propres livres 😉

      Mais il y a dans ce que vous dites là, une option que je n’avais pas envisagée : celle de l’effondrement contrôlé. Je vais commencer à y réfléchir.

  15. Sur tous les problèmes concernant les dérèglements climatiques et les solutions technologiques possibles pour y remédier je vous conseille de lire le roman de Norman Spinrad qui il y a 19 ans déjà publiait
    « Bleue comme une orange » (Greenhouse Summer, 1999, (ISBN 2290325775)) :
    l’effet de serre va-t-il s’emballer et la Terre devenir semblable à Vénus ?
    Dans un monde post-capitaliste accablé de chaleur, Spinrad dépeint un Paris tropical vivant, drôle et original sur fond d’espionnage industriel. Une véritable réflexion philosophique sur les changements climatiques.

    Tous les thèmes développés par vous y sont déjà, la survie de la terre est abandonnée aux rapaces capitalistes, car eux seuls disposent des fonds pour tenter quelque chose; Ils sont prêt à tout pour faire du fric quitte à faire crever la planète !

    Ce roman est visionnaire, à l’aune de ce que l’on connait, il est même prophétique !

    Je vous en conseille la lecture même si le style date un peu ;

    Bien à vous !

  16. Quand j’ai dit à @daniel que je supposais qu’il n’utilisait jamais de coton, sans doute m’a-t-on prise pour une douce illuminée ? pas du tout, j’étais des plus sérieuses ; le coton est bien pire que prendre l’avion :

    Il se trouve qu’un débat sur le sujet à lieu sur France-Inter ce soir : https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-15-aout-2018

    Une prise de conscience émerge sur les conséquences écologiques et sociales du système de production des vêtements. Entre l’enthousiasme des jeunes entreprises « éthiques » et la remise en question des grandes marques : Comment passer d’une mode jetable à une mode durable ? On en parle ce soir au Téléphone Sonne !

    Il faut l’équivalent de 285 douches pour produire un jean, et beaucoup de produits chimiques polluants. Etant donné les quelques 130 milliards de pièces de vêtements produites chaque année dans le monde, le textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole.

    L’impact écologique de l’industrie de la mode n’est plus à prouver. Les conditions de travail douteuses derrière chaque étiquette non plus, depuis l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, qui abritait la fabrication de plusieurs marques occidentales en 2013 et faisant 1 200 morts.

    Les mentalités évoluent, surtout chez les plus jeunes : selon une étude éditée par The Business of Fashion (FOB), 66% des 12-25 ans veulent dépenser leur argent dans des marques durables.

    Les marques aussi, se mettent au vert. Tandis que de nombreuses entreprises émergentes font de la mode éthique leur raison d’être, les poids lourds de la mode revoient leur modèle. Comme Lacoste, qui a remplacé le crocodile fétiche par dix animaux en voie d’extinction sur une collection de polos, après avoir annoncé un partenariat de trois ans avec l’union internationale pour la conservation de la nature.

    Stratégie marketing ou réelle prise de conscience ?

    La mode peut-elle être durable ?

    Comment abandonner la malfringue, la fast-fashion et ses désastres écologiques et sociaux ?

    Avec nous pour en parler : Christelle Merter, cofondatrice de la Gentle Factory et Majdouline Sbaï, sociologue spécialisée en environnement et auteure de Une mode éthique est-elle possible ? (Ed. Rue de l’échiquier, 2018).

  17. Bonjour M.Jorion,
    tout d’abord je tiens à vous remercier infiniment pour votre travail depuis des années, et surtout pour votre tentative incessante d’éveil de nos contemporains aux problèmes que certains ignorent trop et aux désastres qui s’annoncent.
    J’aimerais ici cependant émettre non pas une critique mais disons partager mon sentiment suite à votre vidéo intitulée: « Nous sommes cuits. Que faire ? » dans laquelle je me reconnais assez.

    J’ai beaucoup consulté de documents, livres, vidéos, sur la géopolitique, le climat, l’agriculture, l’énergie c’est dernières années… j’ai 44 ans, informaticien de formation, père de deux enfants de 13 et 15 ans, et j’aurais voulu me rendre compte de ce qui nous préoccupe ici beaucoup plus tôt dans ma vie.
    J’essaye de les éveiller à tous ces sujets tout en mettant ce que je peux en oeuvre pour agir à notre petit niveau comme des citoyens responsables, même si je sais que ça ne suffira pas.

    les politiques ne pensent qu’à servir des interêts à cours terme, souvent electoraliste, quand ils ne sont pas tout simplement corrompus consciemment ou inconsciemment par un système qui les dépassent.
    notre inertie de masse est telle que trop peu a été fait dans les 40-50 dernières années, depuis le premier rapport Meadows, et il est difficile d’imaginer que cela puisse changer de manière significative et en tout cas pas avant qu’il ne soit trop tard, et pour beaucoup il est déjà trop tard.

    Le totalitarisme n’est pas la solution? mais les démocraties ont-elles réussi à faire mieux?
    Vous parliez des tendances des élections américaines, mais Obama au pouvoir pendant 2 mandats à la tête de la plus grande puissance mondiale a-t-il réellement eu un impact positif sur ce monde ?
    Les entreprises d’armement ont générés plus de resultats durant sa présidence que durant les 5 mandats précédents (depuis Bush père)!
    et le fait est que de manière générale, la militarisation sur notre planète s’intensifie.
    Avez-vous lu Brzeziński le stratège américain qui je ne sais plus si c’est dans son fameux livre le grand échiquier où dans son dernier dans lequel il explicite de manière à peine voilée qu’il est dans l’intérêt général (général pour qui?) de garder le peuple occupé avec des conneries plutôt qu’il ne devienne conscient des enjeux et des problèmes réels qui nous entoure, et il va même jusqu’à s’inquieter de l’éveil politique des masse!!
    Personnellement je pense qu’il y a peu de chance que cet éveil n’ateigne une dimension pourtant nécessaire à mon sens, dans un avenir suffisament proche, mais c’est sans doute une piste à travailler.
    Pour finir sur la politique américiane, rappelez vous de la sortie de Bush père qui a dit que le niveau de vie des américains n’était pas négociable!
    Je pense que cette phrase résume beaucoup de chose!! et même si ça n’est pas explicité, jusque là dans les faits, c’est la même inconscience qui domine partout en Europe.

    peut-être qu’il faudrait obliger la grenouille à se rendre compte qu’elle peut au moins essayer de sauter, sachant que dans la réalité non seulement les bords de la casserole sont trop haut pour une seule grenouille, mais surtout qu’il y a plusieurs grenouilles dans la casserole, de ce fait, certains pourront gràce à l’entraide, s’en sortir, même si les dernières y resteront!
    et il est là le problème, si on arrive à faire comprendre cette vérité de nombreux morts suivront… mais au moins nous aurons peut-être sauvé l’humanité en arrêtant plus tôt la destruction de nos ressources, et ceux qui survivrons auront plus de chances que si nous attendons davantage encore?…

    Vous balayez l’idée du totalitarisme et je pense que vous avez raison car le pouvoir monte à la tête des gens et c’est comme cela qu’on transforme le communisme trotskiste en capitalisme d’état, j’en passe et des meilleurs mais grossièrement le roi élu ou non n’est pas la solution, cela dit je vais jouer l’avocat du diable et tout de même poser la question suivante:
    ne pourrions nous pas envisager un gouvernement totalitaire « positif » dont la principale grille de lecture serait le bien commun de l’humanité?
    du genre et je carricature:
    on interdit les tomates dans les supermarché au mois de décembre,
    on interdit les grosses cylindrées au profit de véhicules le moins gourmant possible sauf exception pour les utilitaires,
    on transforme toutes les chaudières au fuel et on les remplace par des pompes à chaleur,
    on restreint la dose de pétrol par habitant et par an,
    pas plus d’une tv ou d’un ordinateur par logement,
    on instaure un quota minimum d’arbres par hectare,
    etc…
    un tel totalitarisme serait-il toujours à proscrire dans ce cas ?
    Je pense que la question sous jacente ici serait de dire:
    est-ce que collectivement nous sommes assez intelligent pour accepter de travailler tous ensemble pour le bien commun sans aucune contrainte qui nous pousse dans le dos ?
    nous avons malheureusement trop d’exemple du contraire!
    même si en cas de crise majeure on observe sur le terrain une réelle volonté et organisation d’entraide entre humains, seulement voilà dans ce cas la crise est déjà visible par tous et elle est surtout temporaire.
    A l’heure actuelle trop peu veulent ouvrir les yeux.

    Vous parlez de socialisme démocratique du genre de Mme Alexandria Ocasio-Cortez, j’avoue que je ne connais pas cette dame donc je vais m’interesser à la question…
    Cela dit je commence sérieusement à croire que la démocratie actuele est un leure dans notre pays tout comme dans beaucoup d’autre, et au états unis ou tout est plus grand, c’est encore plus évident.
    Connaissez vous beaucoup de Français qui savent qu’il n’existe pas seulement 2 partis politiques aux usa ?
    il n’est pas possible d’être élu à moins d’avoir derrière soi des moyens colossaux!
    Alors le socialisme démocratique ? pouvons nous y croire dans un monde dans lequel le nombre de propriétaires de média a été divisé par 40-50 en moins de 100 ans ?
    J’espère qu’il ne s’agit pas du même socialisme dont Hollande nous a fait la démonstration ?
    ni du même socialiste qui ne l’a jamais été, ni de gauche, ni de droite, de Macron, qui s’est retrouvé en première page de magazine plus de 70 fois alors qu’il n’avait jamais été élu avant ?
    Qui plus est vous prenez l’exemple encore une fois des états unis, pays dans lequel vous trouverez un nombre non négligeable de gens qui ne savent même pas qu’il y a de la vie en dehors de leur frontière ? sans parler des créationistes et autres abérations…
    sérieusement, vous n’y croyez pas plus que moi?

    Trump si abruti il est, le problème c’est qu’il n’est pas tout seul dans ce cas et il est avant tout un symptome d’un cancer généralisé de la société.
    dire qu’on en serait peut-être pas là si tous les programmes de télérealité qui se sont développés depuis 15 ans n’avaient pas eu autant de succès?
    s’en est presque risible malheureusement c’est la réalité!
    à ce demander pourquoi Macron n’a pas choisi Loana comme ministre de la culture, qui sait ça sera peut-être pour bientôt.
    Avec un président qui ne voit rien de mal à encourager les jeunes à avoir comme objectif de devenir milliardaire ou de s’acheter le dernier costard à la mode!
    ça fait 50 ans qu’on essaye de nous vendre le rêve américain, comment voulez vous changer les mentalités drastiquement derrière tout ça maintenant que nous en aurions le plus besoin ??

    même votre éditeur n’est pas capable de comprendre l’importance de votre travail et se soucis certainement plus du coté commercial de vos publications qu’autre chose!
    Bon je suis peut-être un peu méchant pour le coup, et j’avoue qu’il n’est pas facile de trouver le bon ton pour la plupart des gens et que la ligne est mince entre le fait d’avoir l’air pessimiste et de baisser les bras, et le fait de dire la vérité tout en essayant de rester optimiste tellement la situation est grave lorsqu’on regarde les choses de près, objectivement.

    En France les verts sont à mourrir de rire ou de désespoir, incapables de se mettre d’accord sur autre chose que non au nucléaire.
    On arrive à croire que les Allemands sont plus écolos que nous alors qu’ils avance plus sur le charbon qu’autre chose!
    Bref pour conclure, la politique au niveau des états malheureusement… et l’UE ne fait pas mieux!!

    Quant à l’ONU, amputé par des rouages technocratiques pour ne pas dire des magouilles d’influence entre états, demande des enquêtes, fait des rapports, émet des résolutions mais n’a aucun pouvoir réel et contraignant au niveau politique, ni d’impact suffisant au niveau de l’opinion.
    Mais c’est là peut-être une piste à explorer.

    Mais il faut se dépêcher car les démocraties, si l’on veut y croire encore, ne resisteront plus encore très longtemps de manière générale à une démographie croissante et des mouvements de population inévitables et incontrôlables associés à une raréfaction des ressources en matières première, énergie, eau et nouriture.

    Maintenant un mot sur les progrès technologiques sur lesquelles beaucoup misent aveugléments et qui malheureusement ont souvent montrés qu’ils pouvaient aussi être contre productif.
    J’entends des gens comme Jancovici qualifier d’abération le plébiscite des panneaux solaires qui selon lui poluent autant en Chine avec leur fabrication dépendance d’une éléctricité liée au charbon, qu’ils ne permettent de disposer d’une énergie propre là où on le pose…
    Les éoliennes présentent également un double paradoxe, du fait qu’il faille extraire des quantités astronomiques de terres pour en extraire les fameuses terres rares nécessaires d’une part et d’autre part le fait que l’energie non pilotable ainsi obtenue entraine une recrudescence de l’utilisation d’energie fossile afin de compenser l’alimentation du réseau lorsque c’est necessaire…
    Plus d’efficacité énergétique resulte plus souvent en davantage de consomation qu’autre chose.
    Un autre example qui illustre bien cela:
    on fabrique des voitures moins chères et qui consoment aujourd’hui beaucoup moins que lorsque j’étais gamin, du coup on fabrique et vend toujours davantage…
    Pour illustrer cela, il n’y a qu’à regarder les photos des avenues principales de Pekin dans les années 90, aux carrefours remplis de vélos, ce sont maintenant les voitures et les scooters qui dominent.
    Sans parler du fait qu’avec ce soit disant progrès, leur niveau de vie augmente et leur consomation de viande avec.
    Idem pour nombre de régions en Inde.
    Si on fait le cumul c’est en gros 3 à 4 milliards d’individus qui aspirent à quadrupler/quintupler leur niveau de vie à moyen terme.
    Sans parler de ceux qui vont naitre dans les années à venir.

    En effet la démographie qui est souvent un sujet tabou est pourtant également un vrai sujet mais trop peu traité.
    Si nous ne sommes pas capable de gérer les naissances aujourd’hui, qui décidera demain de ceux qui vont mourrir ?

    Jacques Blamont déclarait il y a quelques années déjà, qu’il ne croyait plus qu’il faille compter sur la politique ni le progrès pour nous sortir d’affaire, et invitait l’église catholique à user de son pouvoir de persuasion pour éveiller les consciences… a-t-on entendu le pape demander à son milliard de fidèles ne serait-ce que de privilégier l’économie locale et le vélo à la voiture ?
    Les religions exaserbent les différences et les tensions renaissent ses dernières années plus qu’elles ne s’appaisent… Je ne pense pas non plus qu’il faille compter sur un miracle de ce coté là non plus avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

    Pour ce qui est des voitures et des déplacements en général.
    As-t-on reussi à décider Mercedes et Ferrarri à se lancer dans les voitures basses consomation ?
    non au lieu de cela ce sont tous les autres constructeurs qui ont sorti un modèle genre 4*4 de ville à la Porche Cayenne!
    Les hybrides sont une arnaque écologique sans nom puisqu’elles consoment pour la plupart 2 fois plus d’essence au delà de 70km/h
    Les croisières et les compagnies aériennes low cost remplissent leur carnet de commande.

    La mondialisation ne s’essouffle pas assez vite, il y a trop de gens même s’ils sont une minorité, les puissants, pour lesquels les enjeux économiques sont trop importants et qui se moquent de l’intérêt général, alors c’est tout le reste qui s’effondrera avec.
    Comme l’explique très bien Jared Diamond, l’une des explications de l’effondrement parmi sa fameuse checklist, sont les conflits d’intérêts entre les intérêts principalement économiques d’une minorité à court terme et l’interrêt de tous à long terme…

    Il est vrai que l’être humain peut être capable de tant d’imagination, je dirais même de miracles scientifiques, artistiques, etc..
    mais force est de constater que la majorité de la population fait preuve d’une bétisse crasse pour rester poli et je crains que le nombre de gens éveillés ne soit toujours pas suffisant pour l’emporter à temps.

    La nature reprendra ses droits, si tant est qu’elle aie encore la force de le faire tout en gardant le vivant et la diversité car l’humanité va devoir suivre de gré ou de force.

    Toutes les bonnes volontés, les initiatives positives et collaboratives sont bonnes à entendre mais je me rends compte que mon état d’esprit face aux challenges qui se présentent devant nous, évolue comme une bouée au gré des marées.
    Je suis plutôt pessimiste aujourd’hui comme vous l’étiez l’autre jour ou comme dirait sans doute Pablo Servigne j’essaye d’être réaliste, et prêt à accepter l’effondrement qui arrive inéluctablement et simplement à faire de mon mieux pour contribuer à ce qu’opèrent des collaborations humaines constructives.

    Enfin dans votre vidéo vous parlez de votre journée d’avant et vous étiez plutôt pessimiste, puis de votre rebond à 3h du matin, alors optimisme aujourd’hui ?
    bougeons nous!
    Mais à mon grand regret, et c’est la raison pour laquelle je me permets de réagir aujourd’hui, vous n’évoquez aucun debut de solution, à la place transparait pour la majeure partie de la vidéo une resignation sousjacente, comme un constat d’echec non explicité mais presque reconnu.
    Alors que reste-t-il concrètement ?
    simplement une conviction?
    Nous sommes prodigieux et il nous faut prouver que nous sommes aussi intelligent que nous l’imaginons ?
    Le sentiment que nous sommes des êtres extraordinaires et qu’il est très certainement possible de trouver une solution, sans pour autant en avoir la moindre idée concrète.
    Vous prétendez être « Le seul Blog optimiste du monde occidental »?? Pour le coup c’est plutôt raté.
    Oui je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il est encore possible de faire quelque chose et que nous avons les moyen de le faire.
    Mais comme dirait mon défunt père, il ne faut pas le dire, il faut le faire!

    Il y a heureusement un nombre grandissant de gens qui s’informent, se mobilisent, des créateurs qui cherchent des alternatives, mais ils sont encore trop peu nombreux et surtout trop peu soutenus.

    Je ne m’attends pas à une réponse de votre part, et demain j’arriverai sans doute à redevenir un peu plus optimiste car c’est dans ma nature
    non pas pour moi même tout seul dans mon jardin potager, ni même pour tous, mais pour un reste de notre humanité qui je l’espère continuera dans l’intelligence et le respect de chacun au delà de ce siècle, et pour mes enfants bien sûr, que je ne veux pas effrayer ni condaner, sans pour autant rien leur cacher de ce que je pense comme vous être le plus important.
    Alors vous avez raison et même sans réponse concrète, il faut continuer à y croire, croire que l’humanité va s’en sortir, et ce même si nous sommes persuadés qu’avant que cela arrive, notre monde ira de pire en pire avant d’aller mieux.
    Je vous prie de m’excuser pour la colère qui transparait sans doute dans ces lignes, vous comprendrez qu’il n’y a rien de personnel.

    Et histoire de ne pas finir sans aucune suggéstion comme je vous le reproche un peu ici,
    parlons un peu de la façon de convaincre les gens, même les négationistes, il ne faut pas abandonner non plus!
    A la limite, on peut ne pas croire au réchauffement climatique, il y a des abus des 2 cotés, des histoires de taxes qui incitent le commun des mortels à la méfiance des politiques qui trop souvent baignent dans l’oppulance et sont trop loin de montrer l’exemple et la droiture comme il le faudrait.
    Ce ne sont pas l’échéance des 2 degrés de la cop21 ni quelques photos d’ours polaires qui vont changer la donne.
    Il faut selon moi davantage appeler à la logique et dire la vérité, se baser sur des infos irréfutables et surtout palpables.
    concernant le climat, qu’on pense que l’homme en soit responsable ou non n’est même pas le plus important, ce qui est le plus important c’est de faire comprendre à tous, négationiste inclus, qu’il est stupide de continuer à abuser des ressources comme nous le faisont car cela ne peut qu’être un élément agravant à une situation qui dépendante de nous ou pas, existe bel est bien.
    J’en arrive à comprendre ceux qui pense que le pic pétrolier n’arrive pas assez tôt!
    Il faut se baser sur les chiffres des espèces qui disparaissent, les résultats des campagnes de pêche, etc
    et que par ailleurs la planète étant un espace fini et la population et ses besoins augmentant toujours de plus en plus, alors il est évident qu’il y aura une fin à ce système.
    Bref, faire appel au bon sens au lieu de créer des polémiques qui accuse les uns ou les autres et au final divise l’opinion.

    Les gens n’ont pas le sentiment de pouvoir faire quoi que ce soit pour changer le climat
    mais il pourrait peut être comprendre qu’il nous faut changer notre système de société pour perdurer et pour cela consomer moins.
    ok le réchauffement climatique est gros problème, et que l’on croit que l’homme y soit pour quelque chose ou non, il serait bon de faire comme si, et de tout faire pour arrêter de l’aggraver.
    maintenant tout est lié et il faut arrêter de penser que le réchauffement climatique est la seule et unique question à traiter.
    par ailleurs je dirais que l’être humain ne conçoit pas le danger facilement concrètement sans faire appel à ses 5 sens, en gros on fonce vers un mur, mais le problème c’est qu’on voit pas le mur, c’est encore trop abstrait.
    Je pense qu’il est plus facile d’expliquer le problème lié aux manques futur de ressources fossiles et autres matières premières dont nous dépendons.
    Et si on arrive clairement à éveiller les consciences sur ce problème, on traitera indirectement la question climatique/co2 en même temps.
    Il faut distinguer les usages des energies fossiles nécessaire de ceux qui le sont moins ou pas du tout
    restreindre ces derniers pour que les usages nécessaires puissent perdurer davantage afin de nous donner du temps pour trouver et développer des alternatives.
    Nous devrions utiliser les reserves de pétroles encore existantes aujourd’hui pour contribuer à créer et mettre au point les système d’énergie renouvelable de demain, et ce sans attendre davantage.

    D’ailleurs font tous les scientifiques, les politiques qui y croit encore, pourquoi tout le monde ne déscend pas dans les rues??
    Peut-être faut-il faire un appel aux scientifiques
    reunir toutes les associations, et toutes les entreprises qui travaillent sur la question,
    réunir tout ce mon là et montrer au reste du monde qu’il y a un constat terrible qui est sur la table et que nous devons tous bouger ensemble dans la même direction sans quoi nous allons au devant de quelque chose de terrible.
    avant tout il faut faire une liste des questions les plus fréquentes et pertinentes et y répondre d’emblée dans un discours rassembleur

    Décidément ça n’est pas facile de garder la tête froide et de rester vraiment positif, je pense pour ma part qu’un effondrement est inévitable.
    Sans doute que des millions voir des milliards de gens vont mourrir au cours de ce siècle, mais j’espère surtout qu’au delà de cela, la planète survivra et l’humanité également, et c’est au moins en cela que je veux rester optimiste.
    Il faut éviter l’extinction de l’espèce, rien ne sera plus comme avant, mais qui sait s’agira-t-il peut-être d’un monde meilleur à bien des égards.

    1. on interdit les tomates dans les supermarché au mois de décembre,
      on interdit les grosses cylindrées au profit de véhicules le moins gourmant possible sauf exception pour les utilitaires,
      on transforme toutes les chaudières au fuel et on les remplace par des pompes à chaleur,
      on restreint la dose de pétrole par habitant et par an,
      pas plus d’une tv ou d’un ordinateur par logement,
      on instaure un quota minimum d’arbres par hectare,

      En admettant que ce soit de bonnes mesures, pourquoi seul un régime totalitaire serait-il capable de les prendre ?

      Sur un autre point : que je ne propose pas de mesures pour l’avenir, je vous ferai la faveur de penser que vous n’êtes pas familier de mes propositions.

      1. Si bien entendu, je m’interesse évidemment à vos proposisitions, et toutes les bonnes volontés sont à écouter, mais je faisais clairement référence à cette vidéo en particulier dans laquelle malgrés toutes vos conaissances et votre bonne volonté, vous n’en exprimiez pas la moindre concrètement.
        Ne le prenez pas mal mais je pense qu’il peut-être contre-productif de conclure comme vous le faisiez, laissant croire justement que vous n’auriez rien de concret à proposer que du simple il faut y croire il faut y croire, et c’est d’autant plus dommage que je sais que c’est faux et que vous êtes justement force de proposition.
        Mais je comprends que même les meilleurs d’entre nous peuvent avoir des jours avec et des jours sans…
        Encore une fois j’étais également parti sur un pied disons très pessimiste et je ne voulais pas vous vexer et vous prie de m’en excuser une fois de plus si c’est le cas.
        Ici de mémoire je serais tenter de reprendre votre appel à une constitution pour changer la nature de la spéculation qui a mon avis aurait eu un impact indirect sur notre environement en faisant ressortir possiblement l’argent du système financier pour être plus utile à l’économie réelle coprenant que le capitalisme à outrance que nous subissons contribue à nous mener à l’abattoir, je ne me souviens plus des détails mais c’est plus ou moins l’idée que j’en retiens et je me trompe peut-être…
        Je sais que vous avez nombre de propositions et qu’ils y a heureusement également par ailleurs nombre de gens de bonnes volonté.
        Encore une fois je vous remercie pour votre persévérance 😉

        Concernant le régime autoritaire, non je ne dis pas que seul un tel régime pourrait prendre ses décisions et en fait j’en doute également spécialement parce que le pouvoir corrompt souvent les esprits.
        Mais je ne pense pas qu’il faille balayer cette option sans y réfléchir pour autant.
        Car les problèmes qui se présentent à nous sont trop urgents et considérant ce qui a été accompli au court des quelques dernières décennies, force est de constater que nous restons globalement inéfficace à traiter ces problèmes démocratiquement.
        Voir pire, nous continuons à prendre trop de décisions en dépis du bon sens.

        Et nous ne prenons même pas le temps d’exprimer ce qui parfois pourrait être utile.
        Pour prendre un exemple concret le passage de 90 à 80 à l’heure a créé plus de tension et de difference dans l’opinion qu’autre chose, certains disant que cela va servir à sauver des vies, d’autres disant que cela va surtout remplir les caisses d’un état déjà endetté jusqu’à la moele… Les deux étant sans doute vrai d’une certaine mesure, je pense qu’il y avait également autre chose à dire.
        Personnellement lorsqu’il m’arrive encore de prendre l’autoroute, je roule plutôt à 110 plutôt qu’à 130 ou 150 comme certains, et j’ai clairement remarqué une consommation d’essence beaucoup moins importante, même si j’ai déjà une petite voiture, sans oublier le fait que c’est bon pour le portefeuille.
        Alors oui je regrette que dans les médias, personne n’ai plébiscité cette décision de passage à 80 en prenant justement l’occasion d’expliquer que cela allait avoir aussi un impact écologique en limitant la consommation de carburant… car nous avons besoin de prendre conscience de ce besoin, collectivement.

        De plus les gens sont abreuvés de conneries à longueur de temps, et il suffit de visiter par exemple la page d’accueil de youtube avant de se connecter et de constater le contenu affligeant qui est proposé par défaut.
        Et je ne parle même pas des programmes TV que je ne regarde plus depuis longtemps, mais je sais que Nagguy et d’autres sont toujours là pour divertir les masses aux heures de pointes et que les programmes plébiscitant la culture si ils existent encore seront relégués aux heures de basses audience…

        Les causes d’un effondrement sont multiples et complexes.
        L’une d’entre elle mise en avant je crois par Joseph Tainter et Jared Diamond entre autres, est pour faire simple, qu’il y a trop de conflits d’intérêt entre ceux qui ne pensent qu’aux profits à court terme, et ceux qui essayent de faire passer des lois pour le bien commun.
        Il y a tout simplement trop d’inertie en occident (spécialement si l’on considère notre responsabilité et notre impact) et nous risquons de nous trouver dans une situation, si ça n’est pas déjà le cas, où il sera trop tard pour agir efficacement.

        Alors oui, peut-être faut-il considérer que les peuples malheureusement sous éduqués sont les enfants d’une famille nombreuse, et qu’il nous faut un groupe dirigeant, comme les parents, qui régissent et établissent les règles nécessaires au bien être de tous.
        Et dans ce cas évidement, les jeunes enfants n’ont pas le droit de vote 😉

  18. Bonjour,
    Pour me mettre les idées au clair et m’obliger à lire en détail cet article, et aussi pour la famille et les amis que 15 pages d’anglais technique rebutent, j’ai traduit l’article Trajectories of the Earth System in the Anthropocene et mis sur mon petit blog perso. Si ça peut être utile : https://patricefaliph.wordpress.com/
    Cordialement,

    PS : je pense que comme d’habitude les gens vont comprendre à la 25e heure et que dans quelques décennies, comme nous aurons raté le coche, nous passerons aux mesures à la chinoise du style : limitation des naissances à 1 enfant par famille pour passer sous la barre des 1 milliards avant l’arrivée des tropique à Paris et autres joyeusetés. J’ajouterais quelques scénarios dans mes « visions du futur » dans ce style.

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