Les derniers r** quittent le navire, le 19 août 2018 – Retranscription

Retranscription de Les derniers r** quittent le navire (I) et (II), le 19 août 2018. Ouvert aux commentaires.

(I)

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 août 2018 et hier j’ai bien travaillé. Vous avez dû voir, j’ai fait trois longs billets sur Mme Omarosa Manigault-Newman, toute une retranscription d’une émission de télévision de M. John Brennan avec Mme Rachel Maddow – je ne vous ai mis que des extraits parce que tout n’était pas aussi pertinent par rapport à ce que j’avais envie de dire par la suite, qui était en fait une réflexion sur le retrait de l’autorisation de l’accréditation secret-défense de M. John Brennan et la réaction d’un militaire, de l’amiral McRaven à cela. Eh bien, un long article dans la presse américaine hier sur le fait que l’ensemble de la communauté liée à la police et aux renseignements aux États-Unis est en train de se soulever avec une belle unanimité contre M. Trump. Il a déjà irrité ce monde passablement, mais maintenant c’est le branle-bas de combat du côté de ces gens-là, et à peine voilé chez Brennan et chez McRaven, un conseil donné à tous ces gens disant : « Ne vous inquiétez pas, lâchez-le. Le moment, c’est maintenant. Ne faites plus la moindre concession. »

Je ne savais pas comment j’allais appeler ma vidéo ce matin. Je ne sais toujours pas, je vais inventer un titre par la suite. J’avais envisagé « Le dénouement », et puis le dénouement – oui, on est dans le dénouement – mais il peut encore durer un moment, parce que voilà, il y a toute la structure autour. On est au mois d’août et on ne peut pas savoir exactement ce qui va se passer. C’est un processus « critique », comme disent les physiciens. On sait que ça va lâcher, on sait que ça va craquer, mais on ne peut pas faire de prédiction précise parce que cela dépend d’un grain de sable, littéralement, parce que l’image souvent donnée, c’est celle d’un tas de sable fait par les enfants. Ils jettent des pelletées et on ne sait pas quelle est la pelletée qui va faire s’effondrer le tas tout entier. Ça dépendra d’un grain de sable qui rendra l’âme, qui tombera et qui entraînera les autres dans sa chute. Pareil pour ceci. Donc on ne peut pas dire « dénouement », alors que ça va durer peut-être encore des mois.

Dans l’expression « les derniers rats quittent le navire », là je trouve que ce n’est pas gentil pour certaines des personnes qui seraient des rats dans cette histoire. Je sais : l’expression est une expression consacrée. On dit les rats quittent le navire, mais ce n’est quand même pas très aimable pour certaines des personnes qui sont impliquées et qui seraient visées indirectement.

Alors, comment je vais commencer ce que je vais vous dire ? Je vais commencer par vous parler d’un film. Je cherchais dans ma collection, et je me dis : « Tiens, je vais commencer à regarder les choses le soir avec des films de Woody Allen dont j’ai oublié totalement de quoi ils parlaient.

J’ai regardé comme ça Le sortilège du scorpion de jade. Très amusant. Considéré comme nul par les critiques, et encore pire peut-être celui que j’ai regardé avant-hier qui s’appelle Anything else. « Anything else », c’est « Tout le reste ».

Alors d’où vient le titre dufilm ? C’est dans ce film que Woody Allen est un comedian qu’on traduit maintenant malheureusement par « comédien », parce qu’il y a un mot qui existe, c’est le mot « chansonnier ». Il conseille un jeune qui se lance dans cette profession et le titre du film vient d’une anecdote, enfin d’une blague, que raconte Woody Allen. Voilà, il est dans un taxi et il engage la conversation avec le taximan, et il lui dit : « Mais vous savez, quand on pense à nos petits soucis à l’intérieur de la vie telle qu’elle est sur une planète : nous sommes un grain de sable parmi des milliards de personnes. Et puis si on prend un peu de recul encore, notre planète est dans un système solaire avec d’autres planètes et puis tout autour il y a ces myriades d’étoiles. Alors qu’est-ce que ça signifie vraiment de penser à la vie ou à la mort dans un cadre comme celui-là ? » Il y a le taximan qui a l’air un peu pensif, il dit : « Yes, it’s like anything else. » « Oui ben c’est comme tout le reste. » Alors pourquoi la blague est drôle – enfin certains ne la trouveront pas drôle [rires] – ? C’est parce que justement, ce que Woody Allen essaie de faire, c’est de placer les choses en perspective à l’intérieur d’un facteur d’échelle. Que sont nos petits soucis à l’échelle de la planète et puis de la planète par rapport au système solaire et puis du système solaire par rapport à l’ensemble des étoiles ? Et le type lui dit « Oui c’est comme tout le reste. » Et « tout le reste », c’est les traites à payer, c’est avoir mal aux pieds quand on marche trop longtemps, c’est les enfants qui braillent, etc., c’est-à-dire tout ramener à une échelle absolument minuscule.

Et ça c’est la chose je dirais qui ne passe pas entre certains d’entre vous et moi ces jours-ci. J’en ai parlé de ce facteur d’échelle, à propos de ces gens qui me disent : « Oui mais Mme Hillary Clinton a fait des saloperies aussi. » Et je dis : « Oui mais enfin ce n’est pas – comme je l’ai dit l’autre jour – dans la même division, ce n’est pas la même échelle que ce que M. Trump est en train de faire, par exemple de remettre en question toutes les lois sur l’environnement : on n’est pas dans le même ordre de grandeur. »

J’y pensais ce matin parce que j’ai reçu un mail d’une personne qui me dit : « Reprenez votre casquette d’anthropologue : il se passe des tas de choses passionnantes aux États-Unis. » Et qu’est-ce que ça veut dire, c’est qu’il se passe des tas de choses passionnantes aux États-Unis mais qui ne sont pas celles dont je parle, et que, si je remettais ma casquette d’anthropologue, je verrais que les choses passionnantes aux États-Unis ne sont pas celles dont je parle. Ça me rappelle un peu la personne qui tout au début de mon blog – je ne parlais que de la crise des subprimes -, et quand soudain j’ai fait un billet sur une question d’anthropologie, et qui m’a répondu très vertement : « Occupez-vous plutôt des choses que vous connaissez » et à qui j’ai répondu : « Mais Madame, mon vrai métier c’est ça. »

Mais là c’est autre chose, c’est cette idée que si j’étais resté dans mon rôle d’anthropologue je parlerais d’autres choses qui sont passionnantes aux États-Unis et qui, bien entendu, sont sûrement très passionnantes – mais j’ai dû en parler d’ailleurs en d’autres occasions – mais qui dans le contexte actuel ne sont pas du même ordre de grandeur, elles ne sont pas justement à l’échelle. Ce que j’ai essayé de faire en prédisant la crise des subprimes c’est de montrer qu’il y avait un phénomène qui était en train d’acquérir un autre ordre de grandeur que celui qu’on pouvait imaginer. Et là aussi, à l’époque bien entendu, j’étais entouré de gens qui disaient : « Oui mais enfin, que des pauvres ne puissent pas rembourser leurs traites, ça crève les yeux, c’est évident, c’est des platitudes. Pourquoi vous ne parlez pas des choses intéressantes en ce moment aux États-Unis ? » Par exemple, je ne sais pas, les déclarations de M. Greenspan à la tête de la Federal Reserve qui expliquait qu’on était en vitesse de croisière et qu’il n’y aurait plus jamais d’accident à l’intérieur de la finance. C’est peut-être ça dont j’aurais dû parler ! J’en ai parlé après quand quand il s’est ridiculisé.

Non, le rôle de l’anthropologue, c’est précisément de voir ces ordres de grandeur, de voir ces facteurs d’échelle, et de pouvoir voir ce qui est important. Et quand je dis que la télé-réalité, c’est une mine à ciel ouvert, c’est pour comprendre comment fonctionne l’être humain. Et il y a sûrement des tas d’anthropologues, de sociologues qui doivent dire : « Non, c’est du divertissement de bas étage, etc., ça n’intéresse que des gens qui ne sont pas intéressants », et ainsi de suite.

Non, précisément, le rôle de l’anthropologue c’est de voir ce qui se passe dans son espèce et d’en parler, et de voir les facteurs d’échelle, de voir les ordres de grandeur, et de savoir ce qui est – parce que cette personne emploie aussi l’expression politique de caniveau … Non, ce qui est la politique de caniveau en 2005, ce n’est pas nécessairement la politique de caniveau en 2018, justement parce qu’il y a des changements d’échelle, il y a des ordres de grandeur différents qui apparaissent.

Alors, pourquoi j’avais été tenté de parler de derniers rats qui quittent le navire ? C’est parce qu’il y a un article très intéressant paru hier – est-ce que c’est dans le New-York Times ? Je crois que c’est le New-York Times – à propos de Monsieur Donald McGahn, conseiller juridique à la Maison Blanche. Mais avant de vous dire de quoi il s’agit, je vais vous dire pourquoi je pense aux ratx qui quittent le navire. C’est parce que les gens qui écrivent ça sont M. Michael Schmidt et Mme Maggie Haberman. Et Maggie Haberman, c’est une correspondante depuis des années et des années sur ce qui se passe à la Maison Blanche. Elle est extrêmement crainte de M. Trump. Quand il dit fake news et tout ça, il vise spécifiquement des gens comme Mme Haberman.

Et dans l’article – ce n’est pas dit tout au début, c’est dit au milieu, j’ai eu même un peu de mal après à essayer de retrouver cette phrase – il est dit que l’information qui est donnée dans l’article sur monsieur Donald McGahn, conseiller juridique à la Maison Blanche, est le résultat d’entretiens. Et puis il est dit « un certain nombre de personnes », etc., il y en a au moins une dizaine, de personnes qui ont travaillé en d’autres occasions à la Maison Blanche, et qui y travaillent en ce moment. C’est-à-dire que chacun est en train d’expliquer ce qui se passe, chacun est en réalité en train de se couvrir. Mme Omarosa Manigault-Newman a compris que dans ce monde-là il fallait enregistrer toutes les conversations pour pouvoir se défendre un jour d’avoir été associé à ce qui se passait.

De M. Michael Cohen, avocat de M.Trump jusqu’à récemment, on dit : « Mais pourquoi est-ce qu’un avocat enregistrait les conversations de son client ? Ça ne se fait pas du tout. » Oui mais son client c’était M. Trump. Tout le monde a compris que M. Trump parle de loyauté à tour de bras, reprochant aux gens de ne pas être loyaux vis-à-vis de lui, mais c’est une personne qui au cours de sa vie a montré que la loyauté, pour lui, ça ne comptait absolument pas, c’est la loyauté des autres qui compte pour lui. La sienne envers les autres, elle ne compte pour rien. M. Roy Cohn était son grand ami, c’était son mentor – je rappelle que Roy Cohn était l’âme damnée de McCarthy à l’époque de la commission McCarthy, devenu avocat de Trump -, le jour où on a compris que M. Roy Cohn était en train de mourir du SIDA, M. Trump n’en n’a plus parlé et a même fait semblant qu’il ne savait pas de qui il s’agissait. La loyauté c’est bon, mais c’est la loyauté des autres, pas la sienne propre.

(II)

Alors, qu’apprend-on dans cet article du New York Times de Michael Schmidt et Maggie Haberman, qui est paru hier ? Non seulement le fait que l’article est possible, parce qu’il y a un grand nombre de gens à la Maison-Blanche ou qui ont été à la Maison-Blanche, qui vendent la mèche et qui permettent donc aux deux auteurs de mentionner, on devine, une dizaine de personnes corroborant les mêmes informations.

De quoi s’agit-il ? Eh bien, que ce monsieur McGahn a passé déjà trente heures de conversations avec la commission Mueller, qui enquête, donc, sur une collusion éventuelle de l’équipe Trump avec la Russie. Alors, trente heures, c’est beaucoup, ça révèle que ce monsieur a été en contact constant [avec la commission Mueller] et qu’il a dit tout ce qu’il savait. C’est la personne avec qui Trump avait eu un échange très dur quand on avait appris – avec un peu de retard, d’ailleurs – nous, l’opinion publique, le fait que c’était au moment où M. Trump avait essayé de déboulonner M. Mueller, de le révoquer à la tête de sa commission, c’est M. McGahn qui avait mis sa démission dans la balance et qui avait empêché Trump de le faire. Donc, en fait et a posteriori, on découvre que ce M. Donald McGahn roulait pour la commission Mueller dès le départ.

M. Trump ne va pas pouvoir dire que c’est un Démocrate : c’est un Républicain affirmé qui a d’ailleurs joué déjà un rôle très important dans deux choses qui sont sur l’agenda, qui sont dans le programme du Parti républicain. C’est le renversement de la réglementation sur les choses d’ordre bancaire, et l’autre chose sur laquelle il a travaillé énormément, c’est le remplacement de juges considérés de gauche par des juges considérés de droite. Donc, c’est un fidèle au niveau de ses prises de positions, mais que dit la presse ? Il s’est mis au service de l’institution de la Présidence, et pas au service du Président. Il a compris la chose suivante : M. Trump a dit à ses avocats… parce que M. McGahn est associé à la Maison Blanche, par ailleurs M. Trump a des avocats, en particulier M. Ty Cobb et M. John Dowd qui sont ses avocats à proprement parler [Cobb jusqu’en mai 2018 et Dowd jusqu’en mars 2018]. Et ces avocats ont joué le jeu de croire M. Trump quand il leur a dit : « Il n’y a pas de collusion entre moi et mon équipe avec la Russie. » Et ces deux personnes ont donc joué cette carte à fond, avec les difficultés que l’on voit maintenant, et on a pris M. McGahn dans le rôle de fusible, c’est-à-dire d’être la personne exposée dans les relations avec le monde extérieur. Et ça, donc, ce M. McGahn l’a compris, il l’a compris apparemment très rapidement et qu’est-ce qu’il a fait ? Eh bien, il a commencé à travailler en liaison étroite avec la commission Mueller.

C’est à dire qu’on a un phénomène du même type que ceux qu’on a pu observer : M. Michael Cohen enregistrant toutes les conversations qu’il a avec M. Trump parce qu’il ne lui fait pas confiance, parce que la loyauté, comme je l’ai dit dans la vidéo précédente, c’est un truc qui va seulement dans une direction pour lui ; comme a fait Mme Omarosa Manigault-Newman dès le départ aussi, qui a compris qu’il fallait tout enregistrer. Et M. McGahn, avec le recul, il n’a même pas eu besoin d’enregistrements : il est allé raconter le jour-même – je dis ça entre guillemets – mais il a tenu au courant en direct la commission Mueller sur ce qui était en train de se passer.

C’est peut-être moins important sur la question de la collusion, parce qu’il n’a pas un rapport immédiat avec ça, mais en tout cas, il a toujours eu un rapport immédiat avec la possibilité d’une inculpation de Trump pour obstruction ou entrave à la justice. Pourquoi ? Eh bien, comme vous le savez, c’est propre à notre droit : notre droit fait la distinction que fait Saint Paul entre deux volontés chez nous, celle de la chair, qui est automatique, qui fait les choses automatiquement, et celle de l’esprit, qui peut délibérer et qui peut décider d’avoir des intentions, de faire les choses selon des intentions alors que, vous le savez, par exemple dans un crime passionnel, on considère que la délibération ne joue aucun rôle, c’est le corps uniquement, la chair, qui joue et qui prend des décisions indépendamment de ce que notre esprit peut faire. Donc, il est très important aux yeux de la Loi, de savoir s’il y a eu intention ou non. Et dans le cas de la « collusion » – plus spécialement de la « conspiration », qui est le terme technique – il est important, pour savoir si il y a conspiration, si il y a eu corrupt intent, « intention corrompue » (je traduis littéralement), c’est à dire l’intention de nuire.

Et là, ce monsieur McGahn a été certainement témoin, voilà, de toutes les réflexions de M. Trump sur pourquoi virer M. James Comey à la tête du FBI, pourquoi faire ceci ou cela. Parfois c’est en surface, parfois on ne doit même pas creuser, comme l’autre jour, quand la Maison-Blanche, Mme Sarah Huckabee Sanders fait une déclaration au nom de la Maison-Blanche en disant que M. Brennan a été révoqué pour telle et telle raison, d’avoir parlé à la presse de manière inconsidérée, etc., et puis que quelques heures plus tard, interrogé par le Wall Street Journal, le Président dit : « Oui, non, c’est tous des salopards qui sont impliqués dans cette chasse aux sorcières ! c’est de leur faute ! c’est des ordures ! on va les virer ! etc. » Donc voilà.

On est dans une série, Michael Cohen, Mme Manigault-Newman, M. McGahn, c’est-à-dire des gens qui ont compris tout de suite à qui ils avaient à faire et que s’ils voulaient collaborer avec ce personnage, mais pouvoir s’en sortir par la suite, il fallait tout étayer, il fallait tout dire, il fallait que tout le monde sache à l’extérieur ce qui se passait au moment-même, soit par des enregistrements qu’on pourrait montrer ensuite, soit, comme là, en communiquant directement avec les gens qui enquêtent sur Trump.

Et donc, bon, l’étau se resserre, la nasse se referme petit à petit. Les gens autour de Trump se sont protégés, et ils se protègent encore ! Ceux qui donnent à M. Schmidt et Mme Haberman toute l’information sur ce que McGahn a fait, et qu’on ne saurait pas si eux ne divulguaient pas cette information-là, c’est aussi des gens, sans doute, qui se défendent, qui se protègent, qui permettront ensuite à ces journalistes de dire : « Mais non, à cette époque-là déjà, telle et telle personne à l’intérieur de la Maison Blanche me disait ceci ou cela. »

Et il ne serait pas tellement étonnant que parmi les gens qui font des fuites, on trouve des gens très très proches de Trump. Comme dans les « mhm mhm » qui quittent le navire, il n’est pas impossible qu’il y ait des gens de sa famille, de sa famille immédiate ou par alliance. Je parle de ce que la presse appelle Jarvanka, un mélange de Jared [Kushner, le gendre] et Ivanka [Trump, fille de Donald et épouse de Jared]. Il ne serait pas étonnant que, par la suite, ces gens s’en tirent en ayant fait la preuve que eux aussi avaient lâché le Président quand la folie l’a pris : quand il a fait ce basculement qui est propre aux pervers narcissiques, entre la névrose et la psychose.

Voilà ! Allez, j’arrête là.

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34 réflexions sur « Les derniers r** quittent le navire, le 19 août 2018 – Retranscription »

  1. Il est devenu clair que Mister TRUMP est un nuisible global.
    Le comble du problème à mon sens …c’est que, sauf erreur, son remplaçant logique sera(it) bien pire…!

  2. En effet Hillary Clinton ne serait pas pire que Donald Trump, mais à sa manière ce ne serait pas des plus joyeux, son accointance avec les banques, sa conviction que rien de mieux que le libéralisme tout en se proclamant démocrate : un peu du genre de Hollande, de notre cher ministre de l’économie Moscovici qui crie bravo à la réussite de la Grèce et étant le fossoyeur joyeux de ce pays,
    En France et aux EU (et sans doute ailleurs) on se trouve dans une situation similaire : le faux socialisme ou le guignol fou, le notre n’est pas un guignol mais il a su s’en faire un copain, et je ne peux pas que l’attribuer à des relations internationales nécessaires pour la politique extérieure de la France, il a du ressentir quelque pensée similaire à Trump (et la photo le montrant se faisant trainer par la main par l’énorme Trump en comparaison de lui minuscule marionnette).

  3. Il est fort possible que les défections dans l’entourage de Trump s’accélèrent, voire pourquoi pas se transforment en mouvement de panique. Mais je ne vois guère comment la chose pourrait avoir comme conséquence de raccourcir le mandat de Trump, même si les Républicains perdaient la majorité aux élections de mid-term en novembre. Et si Trump reste président, alors il aura toujours un entourage même s’il est constitué de « petits nouveaux » encore plus sycophantes que son entourage actuel : le pouvoir attire toujours ce genre de personnalités, surtout quand l’homme de pouvoir est si prêt à croire qui lui dit qu’il est génial.

    Une mise en accusation de Trump est pensable si les Démocrates reprennent la majorité à la Chambre des représentants, la chambre basse du parlement américain, car ce genre de procédure se décide à la majorité simple. Mais la décision de condamner ou non le président est prise au Sénat à la majorité des deux tiers. Et il n’est absolument pas réaliste d’imaginer que les Démocrates, qui sont aujourd’hui 47 sur 100 sénateurs, arrivent à gagner les 20 sièges qui leur manquent pour voter la destitution.

    Pour que Trump soit condamné par le Sénat, il faudrait qu’une grande partie des sénateurs républicains votent sa déchéance – un tiers, si l’on imagine que les Républicains ont à peu près la moitié, et si d’autre part les Démocrates sont unanimes à vouloir le destituer.

    C’est politiquement très improbable, car le parti républicain a largement effectué sa mue. Le parti qui il y a deux ans n’admettait que contraint et forcé d’être représenté par le minoritaire Trump – normal, ses principaux autres candidats étaient très divisés – a aujourd’hui disparu. Comme le dit fortement l’ancien président républicain de la Chambre des représentants John Boehner « Il n’y a plus de parti républicain. Il y a le parti de Trump » https://www.youtube.com/watch?v=AU6vSNPy9mA :

    Le représentant républicain qui voterait pour accusation ou condamnation de Trump commettrait un véritable suicide politique. A moins que la « base » de Trump, les plus ou moins 40% qui ont une opinion (très) favorable de lui ne le lâche, bien sûr. Mais c’est précisément ce qui n’arrive pas ! Trump jouit d’ailleurs de plus d’opinions favorables aujourd’hui (42% contre 54%) qu’au moment où il fut élu (38% contre 58% vers le 9 novembre 2016) https://www.realclearpolitics.com/epolls/other/trump_favorableunfavorable-5493.html

    Même si une vidéo de Trump rencontrant des prostituées dans un hôtel de Moscou, ou un enregistrement où il remercierait Vladimir Poutine pour ses conseils en vue de l’élection, apparaissait demain, il m’est personnellement difficile d’imaginer que cela impacte vraiment la popularité de Trump. Si les partisans de Trump étaient prêts à le lâcher rapidement pour l’une ou l’autre de ses turpitudes, ils l’auraient déjà fait.

    Peut-être une majorité démocrate à la Congrès parviendrait-elle à limiter quelque peu Trump, comme c’est arrivé à plus d’un président en milieu de mandat – pas entièrement bien sûr, mais ce serait déjà ça. Il est permis de l’espérer – l’espérer seulement, car les Démocrates ont-ils vraiment changé eux ? Les affairistes alliés des néolibéraux – dont Clinton était un remarquable spécimen – ont-ils cédé la place à des gens honnêtes et proposant de vraies solutions de gauche, comme Sanders l’a tenté il y a deux ans ? Je ne sais pas, mais si la plupart des candidats démocrates de novembre prochain sont plus proches du modèle Clinton que Sanders, il est fort possible que les mêmes causes produisent les mêmes effets… D’autant que ce qui pourrait vraiment faire changer d’avis les partisans de Trump, c’est-à-dire l’échec économique, n’est pas encore arrivé.

    Même dans le cas plus favorable d’une majorité démocrate au Congrès en novembre, il me semble que ces conséquences au moins resteront avec nous :
    – Effondrement définitif probable du traité avec l’Iran – sauf si les Européens réussissent un petit miracle, mais c’est plutôt mal parti – mettant le Moyen-Orient sur trajectoire de conflits ravivés
    – Démantèlement des rares et faibles protections contre l’excès de spéculation mises en place sous la présidence Obama, augmentant le risque de nouvel « accident » financier
    – Forte impulsion éloignant du régime de libre-échange en direction d’un mercantilisme qui ne dit pas son nom et où c’est l’argument de force qui prévaut
    – Nouvelle embardée du déficit budgétaire américain, et si jusqu’ici tout a tenu, rien ne prouve qu’à force de tirer sur la corde on ne puisse finir par la rompre
    – Et surtout sortie du déjà très faible et très incomplet traité climatique

    C’est cette dernière conséquence qui me semble particulièrement inquiétante. Déjà que le traité climatique était en grande partie une pantomime…

    Les Etats-Unis c’est 15% des émissions de gaz à effet de serre. Impossible de plus compter sur eux. La Chine c’est 30%. Déjà qu’elle n’avait aucune intention de bouger avant 2030 – voir le traité climatique justement – on pourra encore moins compter sur elle. Et Pékin vend des centrales à charbon à tire-larigot à tous les pays en développement qui en veulent…

    Ce ne sont pas les Européens avec leurs 8% qui vont y changer quelque chose. Pas en réduisant leurs émissions tout au moins… même s’ils arrivaient à les faire passer à zéro, ce que nul ne saurait faire aujourd’hui.

    Je crois que la seule voie qui reste pour limiter le changement (les effondrements) climatique est une ou des percées technologiques. Ce n’est plus la raison qui peut convaincre de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Il ne reste donc plus que l’appât du gain. Il faut que l’énergie non carbonée devienne tellement bon marché que tous abandonnent en urgence les vieux gaz, pétrole et charbon, à la recherche de profits faciles.

    Sachant que les énergies renouvelables ou autres non émettrices de gaz à effet de serre (nucléaire) sont toutes aujourd’hui soit beaucoup plus chères en coût complet (réseau compris) soit limitées (trop peu d’uranium), sans compter qu’elles ne fournissent pas de vraie solution pour la mobilité (pas au bon prix ni à la bonne échelle)… il faudrait de véritables percées en effet. Et pour cela de gros financements, qui seraient forcément risqués et ne pourraient pas être motivés par l’appât du gain eux. Il faudrait donc qu’ils soient publics.

    Ce serait bien de commencer en France, et dans tous les pays européens qui le souhaitent, quitte à se coordonner ensuite – si tout le monde attend tout le monde il ne se passera pas grand-chose.

    Y aurait-il un coup à jouer… en acceptant l’injonction du président américain d’augmenter le budget de la défense à 4% du PIB 🙂 ? Oui, et là-dedans 2% pour la défense au sens actuel, la défense militaire, ce qu’on a déjà prévu en somme. Et 2% pour la défense de l’avenir. Donc pour la recherche… la recherche de véritables percées. Je le répète, nous n’avons pas actuellement les technos dont nous aurions besoin, nous en sommes fort loin à vrai dire.

    Quand on cherche à faire des choses impossibles, la meilleure chance est encore de réunir des chercheurs et de leur offrir un budget illimité. C’est ainsi que les Etats-Unis ont construit la bombe atomique par exemple, ou qu’ils sont allés sur la Lune. Aujourd’hui remplacer les énergies fossiles est impossible. Mais en jetant quelques dizaines de milliards sur le sujet par an, et au niveau de la seule France encore, sans compter les autres ?

    Qui essaie d’éviter un brasier n’a que deux solutions : ne pas s’y jeter, ou bien ne pouvant plus éviter de s’y jeter tenter alors de sauter par-dessus.

    Il aurait été préférable d’éviter de se précipiter dedans naturellement. On savait pourtant ce qu’il convenait de faire, on le savait même déjà il y a soixante ans http://www.noeud-gordien.fr/index.php?post/2015/11/12/Crise-des-ressources-energetiques-On-le-savait-deja-il-y-a-60-ans

    Mais maintenant le vin est tiré, il faut le boire. Pas d’autre solution que de sauter par-dessus le brasier, bref tenter de passer d’un coup à un régime d’énergie bon marché et mobile qui soit encore plus facile que l’ère du pétrole… et pourra donc la remplacer rapidement sans qu’il soit besoin de faire appel à autre chose qu’à l’esprit de lucre.

    1. Ça se tient si on réduit le sauvetage de l’humanité à la fourniture d’énergie abondante , pas chère et rapido ( cf mon commentaire sur le lâchage de l’accord de Paris par l’Australie ) , et si on pense que Jacquot et ses copains de promo arriveront , avec 2% , à trouver la pierre philosophale . Jducac pourrait être d’accord .

      Mais la fuite par la course à ‘énergie , n’est ce pas du même tonneau que la fuite vers l’Ouest ou sur Mars , et « faire l’impasse  » sur nos outrances prolifiques et prédatrices ?

      1. « Mais la fuite par la course à ‘énergie , n’est ce pas du même tonneau que la fuite vers l’Ouest ou sur Mars , et « faire l’impasse » sur nos outrances prolifiques et prédatrices ? »
        D’accord avec vous mais on fait comment pour changer « nos outrances prolifiques et prédatrices », on attends les transhumanistes pour notre insérer des puces électroniques de la vertu dans nos cerveaux….

        Sinon, l’énergie est primordiale pour la survie humaine pour ma part, je parie sur la fusion nucléaire.

      2. @Pierre :

        Vos paris sont encore plus irrationnels que les miens .

        J’avais joué aujourd’hui , à l’euro millions ,la date anniversaire de ma mère qui aurait eu 100 ans .

        J’ai perdu , et c’est dommage car le gagnant ( pas français , salops d’étrangers ) a empoché près de 107 millions que je réservais pour la donation au blog et au financement de la campagne européenne de Paul Jorion .

      3. Mais pour le coup Paul Jorion est content : on revient au titre du billet .

        PS : Un peu flagada ce soir , je vais me coucher . Amitiés .

    2. Bonjour,
      Votre intervention aurait mérité d’être un billet invité…..
      Tout y est Trump, Clinton, la photographie des forces politiques en présence et le plus important….le climat!
      S’agissant de votre solution des 2% d’argent public prélevé sur le budget militaire pour avancer sur les technologies « propres », je reste dubitatif…

    3. Le point important à mon avis, c’est de ne pas proposer quelque chose qui impose des restrictions en énergie.

      Est-ce qu’il ne faudrait pas appliquer pour l’énergie, la même logique que pour la « gratuité sur l’essentiel » chère à P Jorion ? proposer quelque chose que tout le monde serait enclin à accepter ?

      Aucune transformation de la société ne pourra se faire (ni s’exporter), si elle restreint trop notre confort, qu’il s’agisse du chauffage, de la climatisation, ou les déplacements…

      1. Mais la raréfaction de l’énergie pas chère est déjà là…. ça veut dire qu’il va falloir réduire notre consommation (ce qui n’est pas forcément synonyme de confort)… et si on ne l’ordonne pas (dans le sens de mettre en ordre) alors ce sera le gros gros bordel. Il faut donc eduquer les gens à ça (aussi).

      2. Quand le choix sera clairement que c’est la restriction ou la mort et rien d’autre possible , la transformation se fera peut être bien ….

        Ou pas .

        Mais con à ce point , ça ne mériterait pas de vivre .

      3. Il faut savoir si on parle d’énergie ou d’électricité.

        Si on parle d’énergie, alors toute la partie non électrique qui représente environ 50% parait facilement compressible, en faisant l’inventaire des activité inutiles, et de tous les gaspillages d’énergie qu’on peut faire. Ce pourrait même être quelque chose de très utile à faire avant les autres, en cas de peak oil…

        Par contre, si on parle d’électricité, alors on touche à la vie privée des gens…le pourcentage d’électricité utilisé pour la consommation finale est très grand, de l’ordre de 68% d’après EDF (incluant le secteur tertiaire cependant, edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/le-developpement-durable/la-consommation-d-electricite-en-chiffres)

      4. @Vincent Rey
        Un des points les plus importants est justement de réduire notre consommation d’énergie.
        En premier lieu, cela nous évitera des querelles byzantines et récurrentes avec Arnaud et autres adeptes de Jancovici quant à la dangerosité respective des GES et du nucléaire pour l’humanité et la planète 😉
        Faut quand même rappeler que notre boulimie énergétique ne date que de 1 à 2 générations.
        Bien que n’ayant pas l’âge canonique de Juannessy (si j’en crois la date anniversaire du décès de sa mère évoqué par lui même plus haut), j’ai dormi toute mon enfance dans une chambre non chauffée avec des glaçons aux fenêtres en hiver et je n’en suis pas mort et mes cinq frères et sœurs non plus.
        Alors, il y a la méthode chinoise : Le chauffage individuel au charbon, ça contribue à la pollution atmosphérique urbaine. On bloque la vente de charbon aux particuliers. Chef on a froid ! Ben rajoutez un pull et en échange vous respirerez mieux et puis dans quelques années vous pourrez de nouveau vous chauffer grâce à l’électricité solaire en provenance du Xinjiang et des barrages hydrauliques du Laos.
        Si on reste adepte des méthodes douces, tentons l’éducation aux bonnes pratiques.

      5. @Arkao :

        Pour se chauffer ( encore que , réchauffement climatique aidant , ce serait plutôt pour se rafraichir qu’il faudrait trouver des solutions ) , il y a aussi la méthode auvergnate , qui , pourvu que vous habitiez un premier étage ou plus , vous permet avec une seule bûche de bois de vous chauffer tout l’hiver .

        Dès que vous sentez le premier frisson , vous jetez la buche par la fenêtre , vous descendez la rechercher et vous remontez l’escalier , ad libitum .

        Le pull over , pour les auvergnats, sert uniquement à camoufler sur soi son livret de caisse d’épargne .

        Paul Jorion se demande si nous méritons qu’il se ruine la santé et raccourcisse ses nuits pour suivre la chute de Trump .

      6. @Juannessy (et @Paul Jorion)
        Mes obligations professionnelles me conduisant à explorez l’histoire de l’humanité sur une longue échelle de temps, je suis peu enclin à être réceptif aux urgences de courte échéance (à l’exception des réflexes de survie primaire comme par exemple freiner face à un embouteillage sur la route). Autant confesser que la chute ou non de Trump ne m’empêche pas de dormir et que je suis dans une phase shakespearienne d’observation du drame humain non sans éprouver une forme délectation morbide au spectacle de la chute d’un empire qui pourtant par certains aspects constitue la base de mon identité culturelle. Ne sommes-nous pas tous Franco-Américains de la même façon que nos lointains ancêtres furent tous Gallo-Romains ?

      7. @Arkao :

        Franco-américain ? ! Parlez pour vous .

        Moi je me revendique africano-gallo-romain et fier de l’être , fils de Lucy , Vercingétorix et César .

        PS : alors , comme ça , monsieur ne voulant plus combattre le Volsque Trump , se réfugie sur son Aventin d’archéologue ?

      8. Ça pourrait être une fonction pour Linky : on affecte un quota d’énergie électrique à chaque compteur pour l’année , et on coupe le jus ( à distance , le pied ) à la demande du fournisseur ou de l’Etat , au fur et à mesure que la production ne suit plus . Ça marchait déjà à Dakar en 1998 , et pour l’eau potable à El Asnam en 1970 .

        Radical et efficace .

        Juste une période de rodage pour que le petit peuple s’y fasse .

      9. Complément :

        et ça permet rapidement de comprendre où sont les priorités vitales : je me passais sans trop me désoler d’électricité , mais pour l’eau c’était la course au trésor .

        Vertu pédagogique de la pénurie .

        On commence enfin à parler de Trump en France , ailleurs que sur le blog de Paul Jorion .

        Ils sont courageux ces journaleux ,je leur couperais l’eau et l’électricité !

      10. @Juannessy
        Franco-Américain, je parle pour moi en effet et sans doute pour une grande partie de ma génération. En jetant un regard lucide et honnête sur ma discothèque et ma cinémathèque personnelle, force est de constater qu’elle est composée à 80 % de productions en provenance d’Outre-Manche et d’Outre-Atlantique, malgré une défiance voire une détestation des politiques des pays en question. Je ne nie pas les grandes qualités des cultures romanes, germaniques et slaves, mais elles appartiennent au passé (je ne peux pas me contenter d’écouter du Tchaïkovski en boucle en relisant perpétuellement du Tolstoï, ni d’écouter du Mahler en boucle en relisant perpétuellement du Thomas Mann).

        PS: Disons que pour moi la chute de l’empire étasunien est déjà actée, tout en étant conscient que l’Europe de l’Ouest en constitue la frange et qu’on risque de morfler sévère, comme tous les espaces périphériques en contexte de crise. Je pense que la population américaine a suffisamment de ressources intellectuelles pour recréer quelque chose de mieux à l’avenir, chez eux sans emmerder le reste de la planète.
        La grande question c’est la Chine. Jusqu’où ira son expansion et sous quelle forme ?

      11. Pas bien solide cette fibre « franco-américaine » ….

        Prête à se faire chinoise après quelques dizaines d’années .

        Culture du zapping , zapping des cultures .

      12. @arkao qui dit « Un des points les plus importants est justement de réduire notre consommation d’énergie »

        Oui mais politiquement, comment pourrait-on faire ? On doit rester pragmatique…

        La publicité, et la surveillance informatisée, ça fait suer tout le monde, alors il ne serait pas difficile de faire accepter l’idée de la disparition de l’un et de l’autre, une fois qu’on aura montré le prix que ça coûte, et la gêne que cela procure.

        Si on ajoute à ça la gratuité sur l’essentiel, l’interdiction des paris spéculatifs, la lutte contre l »évasion fiscale, on a déjà là des éléments qui peuvent nous rendre très attractifs électoralement. Une constitution économique, c’est utile à faire, et je ne crois pas que cela soulèverait non plus une grande opposition, peu de gens imaginant ce que ça peut représenter.

        Si déjà on pouvait faire tout ça, SANS TOUCHER à l’énergie (ni à rien d’autre, sauf peut-être la fiscalité), on aurait déjà fait un grand pas. Parce que justement, on aurait libéré des espaces d’éducation à la télévision, et sérieusement ralenti l’aliénation à la consommation. En 5 ans, on aurait déjà changé de société, les plus aliénés à la consommation commenceraient peut-être à changer de mentalité, et la majorité des gens sauraient qu’on travaille pour eux. Mais surtout, après un mandat comme celui là, celui qui voudrait restaurer l’ancien système n’aurait aucune chance.

      1. Je me mouille de répondre à la place de Jacquot : oui , mais on a plus de marge et de temps ( et toute la puissance innovatrice américaine remise au service des avancées nécessaires ) .

    4. Trump est invariablement très soutenu par un noyau dur il peut s’appuyer sur un grand réseau de sympathisants. Il faut attendre les élections. Je pense que les démocrates sortiront tout leur armement pour essayer de chasser Trump par voie d’impeachment. Mais quelle sera l’alternative – Clinton? La domestique au service de Wall Street?

  4. Ne nous excitons pas sur Trump et le climat… les sujets tres chaud de la rentrée sont
    – la réforme des retraites
    – les scories de l’affaire Bennalla
    – un djihadiste libéré
    – les plis habituels de chaque titre national en attendant le marronnier de la rentrée.

    1. @Arnaud
      C’est drôle que vous évoquiez la réforme des retraites comme un événement de moindre importance face à l’urgence environnementale. C’est justement à ce propos qu’a eu lieu le clash entre Fabrice Nicolino (que vous devez connaitre) et la direction du journal Politis. Souvenirs-souvenirs…. Débat très enrichissant par ailleurs.
      https://fabrice-nicolino.com/?p=1605

      1. Merci Arkao,
        Oui je lis Nicolino toute les semaines dans son excellent journal, même si mon côté « Hulot-compatible » n’en sort pas toujours indemne! je vais regarder ça.

      2. Oui je suis assez d’accord avec cette critique de Nicolino, qu’il manque un élément essentiel dans la gauche.
        Pour moi l’écologie n’y est encore malheureusement que subsidiaire.
        « Nous sommes – grosso modo 500 millions d’habitants du Nord – les classes moyennes du monde réel. Nous consommons infiniment trop, et précipitons la crise écologique, jusqu’à la rendre peut-être – probablement – incontrôlable. Tandis que quatre à cinq milliards de ceux du Sud tiennent vaille que vaille avec deux ou trois euros par jour, nous vivons de plus en plus vieux, et ne travaillons pour de vrai qu’à partir de 23 ou 25 ans. La conclusion s’impose : ne touchons surtout à rien ! » Et d’enfoncer le clou : « Le syndicalisme, fût-il d’extrême gauche ou prétendument tel, est devenu réactionnaire. Où trouve-t-on la moindre critique de la prolifération d’objets inutiles et de l’hyperconsommation chère à tant de retraités ? »

        PS: je suis syndicaliste aussi

  5. Enfin des infos concernant Manafort sur France-Inter ce jour, et qq mots sur « l’avenir » de Trump.
    Je n’ai pas été voir ailleurs : les médias français se réveillent-ils ? ou simplement ça sent la rentrée

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