Fin de partie pour la démocratie représentative ? par Roberto Boulant

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L’histoire façonne la culture politique de chaque pays et il existe probablement autant de variations sur ce thème que de nations. Alors pour éviter de se noyer dans de vaines comparaisons – tout en versant sa dime au chaos qui s’installe au fur et à mesure que les institutions internationales nées de la 2nde GM se désagrègent – concentrons-nous sur la doulce France et sur la mère des élections, la présidentielle. Celle qui détermine la vie politique du pays pendant cinq ans.

Sur l’électorat en âge de voter, soit 53.689.151 personnes, il y eut 36.054.394 suffrages exprimés (hors bulletins blancs et nuls), dont 8.656.346 voix pour le futur vainqueur, Emmanuel Macron. Hors le second tour qui a consisté en un non-choix, on peut donc considérer que seulement 16,12% du corps électoral français a voté pour le programme de M. Macron. Le même calcul appliqué au premier tour des législatives donnant un total de 11,90% du corps électoral votant pour LREM.

À ces scores picrolinesques, le PR ne représentant même pas un électeur sur 6 et l’AN un électeur sur 8, il convient de rajouter les tares de la Cinquième aggravées par l’inversion du calendrier électoral et le quinquennat, qui ont transformé les ministres en secrétaires et les députés en godillots. La séparation des pouvoirs n’étant plus que formelle, c’est donc un seul homme – devenu inarrêtable – qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs.

Rajoutez-y quelques prises de conscience (tardives et apparemment douloureuses), telles que :

– ledit président nous a été vendu comme un paquet de lessive par une presse appartenant à plus de 95% aux milliardaires,

– qu’il obéit à une feuille de route très précise impliquant de reporter taxes et impôts sur les classes dominées pour mieux en dispenser les dominants,

– qu’il poursuit une politique déjà bien entamée par ses prédécesseurs consistant à privatiser les services publics au prétexte de la dette, tout en légiférant par ordonnances pour détruire les ultimes protections sociales des travailleurs,

– que les corps intermédiaires sont totalement dévitalisés suivant le principe édicté par Sarkozy en son temps du « j’écoute mais je ne tiens pas compte ».

Les gilets jaunes sont donc au-delà de leurs différentes (et souvent contradictoires) revendications, le symptôme d’institutions politiques perçues désormais comme largement illégitimes.

Sentiment d’illégitimité ne pouvant que s’accroitre, M. Macron n’étant pas un politicien professionnel sachant interpréter les humeurs de la populace – à laquelle il voue d’ailleurs un profond et évident mépris.

Le choix est donc cornélien pour ceux qui l’ont porté au pouvoir par la grâce de leur argent : soit risquer une paralysie totale pendant les 3 ans 1/2 à venir en appelant à dissoudre l’AN et à de nouvelles élections, dans l’espoir de tout changer pour ne rien changer. Soit poursuivre dans la politique d’autiste et se maintenir par la violence contre le peuple, avec l’espoir que de nouvelles élections, forcées et non plus choisies cette fois-ci, portent au pouvoir une extrême-droite qui proposera au peuple la poursuite des politiques néolibérales en échange d’une chasse généralisée aux migrants, métèques et autres boucs émissaires.

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301 réflexions sur « Fin de partie pour la démocratie représentative ? par Roberto Boulant »

  1. Bonjour Roberto,

    Vous avez oublié le tiret :

    – Stephen Bannon qui est aux anges, parce que les Unated states ont misé sur l’affaiblissement de l’Europe,

    Cordialement,
    personne

    1. Je préfère parler d’Union européenne plutôt que d’Europe qui ne peut être que celle des peuples, ce qui n’est manifestement pas le cas.

      Vous avez raison de souligner les implications internationales, politiques mais également commerciales et financières, d’une UE affaiblie et au bord de l’implosion, mais j’ai préféré axer mon papier sur la seule politique intérieure française.

      1. Bonjour Roberto,
        Je trouverai bien que les communes reajustent le drapeau européen dans leur commune. Signe de solidarité entre les peuples de l’Europe mais aussi de la France et de la Commune elle même. Le développement de la vie associative est une condition ultime pour vivre mieux et la commune doit participer à ce développement, ce qui n’est plus le cas dans les communes rurales.

      2. L’intention est bonne Bernadette, mais il ne faut pas oublier que désormais l’Europe dans sa version UE est devenue pour beaucoup, non pas le symbole de la solidarité mais celui d’une mise en concurrence généralisée pour faire baisser protections sociales et salaires.

        Je suis le premier désolé de cet immense et criminel gâchis, mais les mêmes politiques qui détruisent la démocratie française détruisent également l’Europe.

    1. Ou bien encore « Fin de partie pour la démocratie représentative de l’argent »?

      La question posée est celle du contrôle des représentés sur les représentants, ou dit d’une manière plus brutale, de la corruption systémique…

      1. Merci Pierre. Au moins sait-on, même si le néolibéralisme empêche leurs mises en œuvre, que les solutions existent !

  2. L’argent est un faux problème, une illusion. Tout est basé sur la confiance avec des systèmes devenus d’une fragilité incroyable.

    Alors, avec un monde occidental au niveau de vie trop élevé en terme de consommation de biens tangibles. Et sa population formatées par le big brother consumériste sur des valeurs comme « j’ai droit à mon steack 2 x par semaine, ou mon voyage 1 x par ans, etc. » Prérequis minimaux pour considérer sa vie comme acceptable..

    Le capital c’est la planète. Le pognon, du virtuel. Et vous qui pensez qu’un ré équilibrage du différentiel de l’argent résoudra le machin ?!!!! ????

    Et matez l’Etat social, ses résultats.

    Voulez-vous plus ou moins d’impôts ? Préférez-vous la guerre ou la paix ? Le confort ou l’inconfort ?

    C’te bonne blague…

    1. Vous aurez bien compris que ce n’est pas l’argent en tant qu’entité plus ou moins virtuelle qui pose problème mais sa concentration entre quelques mains, avec entre autres conséquences, la destruction de l’état social, du vivre-ensemble et accessoirement du climat. Vous aurez également remarqué que lorsque l’argent-jeton acquis au casino boursier se volatilise, cela à des conséquences extrêmement concrètes sur la vie des gens.

      Quant à mettre sur un pied d’égalité en termes de nuisances, ceux qui prétendent manger de la viande deux fois par semaine ou voyager une fois par an, avec les grands groupes qui participent de l’économie mondiale comme Monsanto ou Total par exemple, j’avoue que la comparaison est osée.

      1. Cet argent dont vous parlez c’est du vent, des signes sur du papier ou des bit sur le web. Il ne s’agit que de rapports de forces, inégaux, à corriger, etc…

        Quand à votre second paragraphe vous semblez ne pas saisir les rapports d’échelles. Les aspirations des gens lambda issues des habitudes consuméristes…. Les 1% existent, tiennent plus ou moins les manettes, c’est tout. Ils bénéficient principalement d’une forme de sécurité « matérielle ». Mentale. Certains souvent très raisonnables, d’autres show of à vomir… Mais bon sang, comment peut-on imaginer des recettes structurelles financières et politique avant de parler de surpopulation et de niveau de vie de l’Occident, sans parler des aspirations des autres peuples. Le standard existant est intenable.

      2. Si un dollar est égal à une voix, il n’est guère étonnant que les frères Koch ou M. Bolloré aient plus de poids que des millions d’électeurs et que les politiques suivies aillent à l’encontre du bien commun. Cet argent est donc bien plus que le vent dont vous parlez, il respire, bouge et dirige des pays pour notre plus grand malheur. Cet argent a les visages de Trump, Macron, Bolsonaro et bien d’autres encore.

        Le fameux rapport de force dont vous parlez, dans sa splendeur virginale.

        Même malentendu apparemment pour le second paragraphe. Évidemment que le standard est intenable, tout le monde en est maintenant bien conscient et la presse en fait régulièrement ses premières pages. So what ? Sans vous attaquer directement au pouvoir de ceux qui contrôlent le cœur du réacteur, non pas le 1% mais probablement plutôt le 0,001%, vous n’obtiendrez aucun changement et les choses poursuivront leur cours jusqu’au choc terminal.

    2. L’argent participe à vivre mieux tout de même. Il serait novateur que nos députés nous expliquent ce qu’ils font à l’Assemblée Nationale en particulier le contenu des lois qu’ils ont voté favorablement ou pas. Un petit journal semestriel serait le bienvenu.

  3. Bonne analyse politique et prospective malheureusement convaincante.

    Maintenant, comment faire pour redresser la barre ? Car comme c’est indiqué dans le billet, nous seront sous perdants si rien ne change ? Macron au pied du mur, dans une posture qui me fait penser, la hauteur de vue en moins (j’espère être contredit et qu’il changera de cap …), à celle de Gaulle à la fin du mois de mai 68.
    Le président Macron visite ce dimanche l’arc de Triomphe « souillé », les lieux sinistrés des émeutes pour apparaître comme celui qui remet de l’ordre et est le garant de l’ordre, et tant pis si les pauvres et les classes moyennes devront attendre les fruits d’une croissance qui ne viendra plus…. Au moins de Gaulle avait fait Grenelle.

    1. Le président, tendu, sous l’arc de triomphe, accompagné de Castaner qui tire une tête de croquemort.
      Macron a assurément un problème d’agenda. Margaret Tatcher a pour muse Brigitte. Via les réseaux sociaux courent les histoires d’argent d’arrière-cour, la lingerie, la vaisselles, récemment d’une nouvelle moquette pour qu’y brille le jour. L’histoire que se racontent les puissants ne change jamais vraiment et fixe en général la conduite conforme. Il arrive qu’à un certain moment (et souvent au meilleur) l’histoire et les êtres censés l’incarner, ne correspondent plus, se parasitent mutuellement, leur point de jonction tend un miroir fissuré. l’acteur est bon, un peu omnipotent, un peu psychopathe, l’image du nouveau monde coincé dans un pli du passé d’un coup révèle son arnaque. Imaginons la grève générale…

      piqure de rappel « Petite pédagogie de la crise financiere, par Michel Rocard »
      https://www.youtube.com/watch?v=oJMtgTVt-WI

      1. Désolé wiki est censuré en Turquie où je suis. Ma remarque portait sur le fait que Grenelle était l’issue d’un rapport de forces que De Gaulle avait entériné. Problème, ça n’a pas empêché la droite de rester au pouvoir jusqu’en 81, puis depuis après 83.

  4. Un peu hors sujet, mais je ne peux m’empêcher de vous relater le rire qui m’a pris, en voyant ce matin à la piscine, un groupe de femmes d’un certain âge, en train de pédaler dans l’eau (hydro biking) au rythme de cette chanson de Trust « ANTISOCIAL TU PERDS TON SANG FROID ! »
    Etant donné les circonstances, de voir toute ces femmes de la bonne bourgeoisie blésoise, c’était du plus haut comique ! et attendrissant pour notre espèce, oserais-je dire … 🙂

  5. Pour en revenir plus sérieusement au billet de Roberto, on se trompe de cible si on parle du Président Macron, alors qu’on devrait parler du capitalisme. Les gilets jaunes se trompent aussi, en pensant qu’en changeant de président, tout irait mieux tout à coup. Le problème, c’est la concurrence entre pays pour récupérer de l’activité. Ni la diminution des taxes, ni l’augmentation des salaires en France, ne sont susceptibles d’apporter une solution à ce problème international.

    Nous payons pour attirer l’activité, ou pour maintenir les revenus, soit en offrant des subventions, soit en offrant des avantages en nature. Sur les 54 milliards apparaissant sous le compte « subventions » en 2017 dans la comptabilité nationale, 21 milliards ne sont pas expliqués. De quoi s’agit-il précisément ? Ce serait certainement intéressant qu’un économiste se penche sur ce point pour en faire le détail. (Voir la dessus si vous le souhaitez mon article intitulé « Quel est le montant des aides publiques, pour soutenir l’activité en France ? » sur findutravail.net. )

    Si on parle de taxes et d’impôts, il me semble qu’il serait urgent de faire le compte de l’argent public qui est reversé au capitalisme, pour en maintenir l’existence. Ce n’est pas le rôle de l’Etat de subventionner l’économie, c’est même une sorte de contresens : vous payez, vous avez l’activité et les revenus, vous ne payez pas, vous n’aurez ni l’un ni l’autre.

    Ça ne vous rappelle rien ? un peu la mafia tout de même…non ?

    V Rey, findutravail.net

    1. Vincent, nous sommes bien d’accord, il ne sert à rien de tout changer pour ne rien changer. Si nous voulons stopper le capitalisme dans sa course au suicide planétaire, c’est la démocratie dans sa version mal nommée « représentative », qu’il nous faut dépasser.

      Là où j’aurai un bémol par rapport à ton commentaire, c’est lorsque tu écris que ça n’est pas à l’État de subventionner l’économie. La subventionner peut-être pas, mais l’État reste, et de loin, le seul acteur suffisamment puissant pour impulser une politique écocompatible sur le long terme.

      À condition qu’il le veuille, et nous en revenons au premier point cité supra.

      1. Oui Roberto vous avez entièrement raison, il est demandé aux élus en place de comprendre les lois qu’ils promulguent et les conséquences qu’elles peuvent avoir sur les pauvres (salariés pauvres, agriculteurs pauvres, artisans pauvres etc…..).

      2. Au point où en est l’espèce, c’est-à-dire à dire au bord de la disparition si le scénario à + 5,5° degrés du Giec se confirme, peut-être pouvons-nous nous dispenser de perdre un temps devenu précieux à répartir les responsabilités entre dominants et dominés ? (de toutes les manières, la grande licorne rose invisible reconnaitra les siens)

        En partant du constat élémentaire que nos économies extractivistes boostées par la financiarisation et la énième mondialisation détruisent l’écosystème planétaire d’une part, et d’autre part que la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier, il ressort assez logiquement qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe. De la démocratie des egos à celle des égaux.

        C’est à ma connaissance le seul et unique moyen de détruire la corruption systémique, celle inscrite dans les lois et les traités, qui dirige exécutifs et législatifs des « démocraties libérales » (avec comme tout dernier exemple la loi protégeant le secret des affaires, et qui à l’époque aurait bâillonné le docteur Irène Frachon en l’empêchant par de très lourdes amendes, voire par des peines de prison, de révéler le scandale du Médiator).

        C’est certainement une utopie, mais comme la situation actuelle n’est plus tenable et ne peut qu’empirer vers des états de guerres civiles ou inter-étatiques…

      3. Vous terminez par utopie. Certes malgré quelques essais depuis Athènes, tous crashés, il y a persévérance, mais les résistances de nature diverses sont là.

      4. Oui ! Mises en musique, persévérances et résistances danseraient probablement le tango, un pas en avant, deux en arrière (ou l’inverse dans les périodes fastes). La différence notable étant la survenu d’un nouveau danseur qui ne va pas écraser que les pieds, le basculement climatique.

      5. Roberto, c’est le capitalisme qu’il faut réformer, rien d’autre. Nous n’avons pas de problème institutionnel.

        La démocratie directe, ou un changement du mode de scrutin, ne changera rien aux forces économiques en présence, ni au pillage des ressources, ni à l’évasion fiscale ou à la dégradation de l’atmosphère. Un mode de scrutin qui amplifie les différences entre électeurs n’est pas forcément mauvais, il est gage de stabilité, en obligeant les intérêts divergents à se rejoindre dans des programmes d’action.

        Concernant le rôle de L’Etat, il a bien sûr un rôle central à jouer, mais il ne peut pas jouer celui d’inciter à l’activité économique en investissant de l’argent public. Il faut refuser cela, car dans un contexte de disparition du travail qui va en s’accélérant, car en fin de course, on en arrivera à payer autant de charges et d’impôts que de revenus.

        Nous sommes au début de ce processus non ? Le « Peak Work » a été dépassé en Europe, depuis les années 1980 (*). Maintenant, l’offre de travail dépasse largement la demande. C’est une donnée qu’il faut désormais intégrer au capitalisme, s’il a toujours pour objectif de donner aux gens des moyens d e subsistance : un toit, de quoi se nourrir, s’éduquer et se soigner.

        Il faut élire des députés, qui légiféreront sur la GRATUITE SUR L’ESSENTIEL, ainsi que sur la FIN DES PARIS SPECULATIFS DANS LA FINANCE. On doit aussi mettre sur pied une REFORME FISCALE capable d’impacter la totalité de l’activité humaine et d’orienter l’innovation (quel autre taxe que la TVA pourrait faire ça ?).

        C’est tout cela que j’espère pouvoir proposer avec Place Publique….ce serait enfin une nouvelle proposition, qui n’opposerait pas le social à l’environnemental. Mais changer d’institutions ou de mode de scrutin ne serait qu’une perte de temps. Risquer de revenir à un régime instable de type 4ème république, ne ferait que nous pénaliser dans ces objectifs, avec le risque de les rendre tout à fait impossibles, par des renversements de majorité. De tels changements ne pourront se faire que dans des institutions stables.

        (*) ma démonstration sur ce point sur findutravail.net : article « La croissance crée l’Emploi ? » reprenant une étude de l’Insee sur l’emploi dans l’automobile.

        Vincent Rey,
        place-publique.eu
        findutravail.net

      6. Vincent, dire que nous n’avons pas de problème institutionnel revient à nier que depuis près de 40 ans nous avons beau changer les têtes et que ce sont toujours les mêmes politiques macro-économiques qui sont appliquées. Et soit dit en passant, avec de plus en plus de violence au fur et à mesure que leurs effets destructeurs sur la société se font sentir.

        Quant à prétendre réformer le capitalisme, c’est un non-sens absolu, autant vouloir rendre végétarien un tigre.

        Et c’est justement la démocratie directe qui peut inverser les forces en présence, car contrairement au système actuel, elle permet de mettre face aux maitres du CAC40 et de Lesmarchés, non pas par un appareil partisan composé d’opportunistes corruptibles, mais tout un peuple. Seul le poids de millions de gens, conscients de la gravité de la situation et pouvant révoquer leurs représentants qui désobéiraient au verdict des urnes, aura la puissance nécessaire pour abolir le capitalisme qui nous conduit au bord de l’extinction. Penser que tout ce qui a si bien échoué depuis 40 ans va opportunément se mettre à fonctionner alors que nous sommes en approche du chaos social (et de la dictature qui ne manquerait pas de lui succéder), relève de l’aveuglement le plus total.

        Total désaccord également en ce qui concerne la non-participation de l’État à l’activité économique. Sa participation est au contraire absolument indispensable, car lui seul à la pérennité et les moyens d’investir massivement sans devoir viser la rentabilité immédiate.
        Lui seul peut se coordonner avec les autres états pour coordonner des politiques écocompatibles à l’échelle internationale.

        L’économie d’un pays n’a strictement aucun rapport avec l’économie d’un ménage obligé d’agir dans l’enveloppe de revenus fixes et d’un cadre fiscal déterminé. Tu le fais d’ailleurs remarquer toi-même en parlant d’instaurer la gratuité sur les biens et services essentiels ou d’interdire la spéculation.
        Un pays peut choisir l’affectation de ses richesses. Dès lors, la répartition des dites richesses se substitue naturellement au problème de la disparition du travail (et petit détail, du pillage généralisé des hommes et des ressources par le capitalisme).

      7. Roberto, concrètement s’il te plaît, pour étayer ce que tu dis, au sujet de nos institutions…

        quels articles dans la constitution de 1958, s’opposeraient à :

        – l’établissement de la gratuité sur l’essentiel
        – le retour à la situation fiscale antérieure (dont parle souvent Paul Jorion) interdisant les paris financiers
        – une réforme fiscale

        Il n’y en a pas. L’exécutif fait ce qu’il veut une fois élu. Ce sont plutôt les traités européens qu’il faudrait réformer, car ils rendent sans doute un tel programme impossible. Mais ce n’est pas parce que pendant 40 ans, les socialistes se sont convertis à l’ultra-libéralisme, pour faire comme tout le monde et en arriver là où on en est aujourd’hui, qu’il en sera toujours ainsi.

        Je ne comprends pas ton point de vue, donnes moi des éléments concrets.

      8. Vincent, nous savons tous que la difficulté principale n’est pas dans l’écriture de la loi, mais dans son respect. C’est ainsi qu’un dissident chinois peut se permettre de juger comme quasiment parfaite la Constitution de son pays qui est pourtant une dictature.

        Ce n’est donc pas la loi qui empêche, mais le verrou des politiciens professionnels tout attaché à faire les quatre voluptés de ceux qui détiennent les pouvoirs financiers et économiques. Mon point de vue, tiré de l’expérience de ces quarante dernières années dans les démocraties ‘libérales’, est qu’il est impossible de modifier l’ordre des choses par la démocratie dite représentative. Que nous pourrons multiplier les nouveaux partis, mouvements et autres machins gazeux jusqu’à ce que le basculement climatique sonne la fin de la récréation.

        Je suis bien évidement d’accord sur la malfaisance de traités européens qui imposent le toujours moins (de salaires, de services publics, de protections sociales, etc) et qui ôtent aux gouvernements tout pouvoir quant aux décisions économiques et budgétaires. Mais la question est ici de savoir s’il est possible de modifier lesdits traités ou si les cliquets rendent la chose impossible ?

  6. Titre d’un livre posé sur la table à 15 cm du netbook : du mensonge à la violence. Paru chez Pocket. L’auteure en est Hannah Arendt.
    Comme souvent déjà beaucoup de choses sont dites à travers ce seul titre.
    J’entendais hier sur une vidéo (Frédéric Lordon à propos de son dernier livre), que la littérature était le lieu où toutes ces choses flottantes, comprenez difficiles à énoncer, à cerner, à dire, se trouvaient. J’ai très bien compris ce qu’il voulait dire.

    Ceci me traverse maintenant l’esprit, quand on ne sait pas se dire ou quand on se rend compte qu’au fond même dire (ou penser) ne sert à rien ou si peu ou trop peu, est reçu trop loin et trop tard , soit c’est l’implosion (la dépression), soit la colère.
    Et c’est ici que s’invite le calme, la réflexion, l’étude, même pas l’action (laquelle?), la vie, par défaut.

  7. Et donc, du point de vue de ceux qui nous domine, donc du notre car c’est le seul qui puisse faire changer les choses, sauf révolution, tout est bloqué selon vous ?
    Peut-être le choix d’une prise de conscience s’imposant à eux pour préserver la paix sociale dans le pays où ils ont grandi ?
    C’est sûrement trop optimiste ! En tout cas quand je croise un dominant je me mets à y croire et ça marche.
    Il se prend de tendresse pour les dominés et se dit qu’il possède déjà peut-être trop !
    C’est la loi de l’attraction de la Filia.

  8. « Soit poursuivre dans la politique d’autiste et se maintenir par la violence contre le peuple, avec l’espoir que de nouvelles élections, forcées et non plus choisies cette fois-ci, portent au pouvoir une extrême-droite qui proposera au peuple la poursuite des politiques néolibérales en échange d’une chasse généralisée aux migrants, métèques et autres boucs émissaires. »

    C’est je le crains le scénario le plus probable, vu que les forces de gauche sont incapables de s’unir.

    1. Un nouvel avatar illustrant la division de la gauche façon puzzle.

      Sur Mediapart le 30/11:
      « Le Festival des idées : faire tomber les murs, inventer de nouveaux horizons
      À l’initiative du journaliste Guillaume Duval (Alternatives Économiques) et de l’ancien député Christian Paul, un Festival des idées se tiendra début juillet 2019 à la Charité-sur-Loire avec le soutien de dizaines de personnalités de tous horizons. Plusieurs médi/as, dont Mediapart, accompagnent cette initiative pluraliste et y tiendront des débats.  »
      Je n’oublie pas « Place publique ».
      Le diagnostic a été fait des centaines de fois depuis 30 ans. Alors les solutions sont maintenant déblayées.
      C’est une synthèse qui manque, une clarification sur l’essentiel pour que tous s’y retrouvent.

    1. Franchement la ce soir à part Place Publique (voir son fil Twitter), je dirais que toute la classe politique (Hamon, Jadot, Mélenchon, Ruffin, Wauquiez, Larcher) qui savonne la planche pour une trajectoire à la Brésilienne.
      Ca me donnerait presque envie de soutenir LREM.

      1. « Ca me donnerait presque envie de soutenir LREM»
        Arnaud, au moins votre tropisme final est clair.
        Ce n’est pas le mien. Disons que ce n’est plus le mien puisque j’ai voté Macron au 2e tour et que maintenant j’ai le terrible sentiment d’avoir été pris en otage et ça je ne peux plus le pardonner.
        Vive Ruffin !

      2. Mais Jacques on avait pas le choix.
        Et bien sur qu’on s’est fait avoir.
        J’aime bien le Ruffin de Merci Patron, Celui qui a soutenait ecopla à Grenoble (https://www.pauljorion.com/blog/2016/12/29/histoire-de-scop-assemblee-generale-constituante-ecopla-le-14-decembre-2016-a-la-bourse-du-travail-de-grenoble-par-arnaud-castex/) et même le candidat aux legislatives. Mais désolé sur sa fixette anti macron et son crédo « foutons le dehors et tout sera pour le mieux » c’est de la pensée magique.

      3. Comme chacun peut le voir et l’entendre, Ruffin n’a jamais dit « foutons le dehors et tout sera pour le mieux » mais « conformément à mon mandat, je viens de rapporter ici à Paris devant l’Élysée l’état d’esprit de mes concitoyens »

        Ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

        Ah pardon, j’allais oublier : …

        https://www.youtube.com/watch?v=ODRQGbLtWas

      4. @Jacques seignant
        Et bien il vous en a fallu du temps moi j’ai eu ce sentiment dès la sortie de l’isoloir voir peut être même avant d’y entrer…

    2. C’était ce que pas mal de gens pensaient au soir du 1er tour de fin avril 2017 : Macron va passer et pas Le Pen, mais c’est d’autant plus partie remise pour dans 5 ans (.. ou moins aurais-je du penser…) que le gus ne saura appliquer que le programme de l’institut Montaigne(*)

      (*), le truc à Bébéar et au capitalisme français de connivence (Kohler …colère),pas exactement néolib si no va dans la nuance, mais que les aristocrates du jour grenouillant dans les allées du pouvoir (les successeurs des Jouyet, les Gracques) voient comme seule recette possible.

  9. Tout de même étrange ce best-of de l’intervention à Cannes où on n’aperçoit qu’une seule fois Paul Jorion contre 3 ou 4 fois pour monsieur Baverez.
    Je suis resté perplexe, cela est-il proportionnel il à vos temps de parole respectifs ?
    C’est certains que ça ne correspond pas à l’intérêt du contenu et à son utilité publique.
    Toutes les vérités ne sont donc pas bonnes à faire entendre ?
    (Souvent le diable se cache dans les détails, m’a t on dit)

    1. Le biais est patent. Mais ne vous inquiétez pas : l’intérêt de la salle était inversement proportionnel. La vidéo complète (à venir, paraît-il) en fera foi.

      Mise à jour : j’ai remplacé le Best of très déséquilibré par la vidéo du débat. J’ignore si la partie questions de la salle donnera lieu à une vidéo séparée.

      1. Nous avons dans ce débat une parfaite illustration de ce que ne dois pas être un débat.
        Il n’y a pas le temps d’exposer votre système de pensée.
        (Les remerciement appuyé de la modératrice à la fin qui se tourne brusquement sûr vous montre qu’elle a conscience de ne pas avoir été à la hauteur, Ça c’est l’effet Jorion :D)
        Vous savez d’avance en quoi vos avis vont diverger.
        On peut très bien sentir que Monsieur Baverez est ligoté par je ne sais quel intérêt ou muselière de penser, même sa voix manque de souffle.
        J’aurai vu avec grand plaisir la partie des questions Mais ceux qui ont officiellement publié les vidéos n’ont pas l’air très objectif entre le best of biaisé et la non publication de la partie questions.
        Enfin bon, je n’étais pas là mais tant pis car niveau de l’intérêt du publique je vous crois et ce moment a bien eu lieu, et tant mieux si ce n’était pas dans un lieu ou ce que vous avez dit ne doit pas trop être entendu.
        En plus il y avait mon philosophe des sciences préféré, Klein qui est profondément humain et qui vous a comme vous l’avez dit appelé, j’en suis très heureux.
        Comme diraient de fichus rappeurs, les vrais reconnaissent les vrais.

  10. Tout d’abord merci à Roberto Boulant pour cette très claire analyse.
    Il se trouve que depuis quelques temps, je recherche des textes sur le Front populaire. Or, dans la bibliothèque de mon père j’ai trouvé un livre sur le thème avec une préface du poète résistant Jean CASSOU. Extrait : » une situation lorsqu’elle devient phénomène de conscience, perd son inertie, s’anime, prend forme d’événement. Ainsi des prises de conscience ont-elle déterminé des événements de notre histoire auxquels ultérieurement il plaît à notre conscience d’y revenir : 1848, la Commune, l’Affaire Dreyfus, la Résistance, le Front populaire. »
    Après plusieurs pages où il évoque la montée de l’extrême droite (1934), le Front populaire et le ministre Jean Zay qu’il a bien connu (assassiné par la milice de Pétain) il termine ainsi : « Pendant ces années de lutte qui ont abouti à la victoire du Front populaire, le peuple français a possédé la vérité, la liberté et la justice. Cette victoire fut brève et suivie d’écrasantes catastrophes, mais tout peuple, même vaincu, garde en sa conscience les biens pour lesquels il s’est battu et pour lesquels il recommencera à se battre. » Jean CASSOU

  11. la thèse sous jacente etait donc dans un commentaire:,
    « En partant du constat élémentaire que nos économies …. détruisent l’écosystème planétaire … la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier, il ressort ASSEZ LOGIQUEMENT qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe.

    C’est A MA CONNAISSANCE LE SEUL ET UNIQUE MOYEN de détruire la corruption systémique,

    C’est certainement une utopie, mais comme la situation actuelle n’est plus tenable et ne peut qu’empirer vers des états de guerres civiles ou inter-étatiques… »

    Il n’y a aucun raisonnement solide la dedans, aucune démonstration, toujours ces mêmes rengaines
    éternelles. Et en guise de dégagement ces très explicites trois points de suspensions dans lequel chacun est libre de fantasmer.
    Emmanuel Macron une figure d’autant plus utile qu’il ne faudra pas grand choses pour attiser la haine et le rejet. Ruffin s’y emploie très bien, ça lui devient malheureusement comme une drogue dure.
    C’est pas comme ça qu’on va s’en sortir.

      1. yaka ifokon je voulais dire bien sûr 😉
        Arnaud, avez-vous pris la peine de simplement un peu aller vers ces gens sur les ronds-points ? Désolé mais je n’arrive plus à comprendre.

      2. Jacques,
        Je l’ai déjà dit, je comprends et soutiens la demande de justice sociale des gilets jaunes et leur critiques de la politique écologique telle que pratiquée par le gvt pour faire três gros mais il y a aussi « autre chose » dans les gilets jaunes que je ne soutiens pas ( extrême droit, droite réac, extrême gauche).
        Et pas besoin d’aller dans un rond point pour voir la misère, l’injustice, l’inégalité, etc etc. (je vais pas vous faire ma bio mais j’ai des arguments plutôt sur le mode de l’observation participante et des choix de vie).
        Et ce soir d’après les réactions politiques que je vois c’est place publique qui a une proposition qui tient la route (avec ou sans gilet jaune).
        Est ce plus clair?

      3. Arnaud, j’ai eu tort de suggérer que vous ne connaissiez pas la misère, l’injustice sans avoir en fait la moindre connaissance de votre parcours, de la même manière que vous ne pouvez connaître le mien.
        Ces discussions par commentaires sur ce type de médias sont à la fois indispensables et vaines.
        Rien ne peut remplacer une discussion sur une place publique ou dans un café. Ce soir je suis rentré de Normandie (impératif familial) et deux fois j’ai été arrêté : une fois 20 mn à un rond-point, ensuite 40 mn à un croisement. La nuit était tombée, il pleuvait un peu. Malgré le fait que je n’aime pas être bloqué, les deux fois je me suis senti en empathie avec les gilets jaunes. Non, je ne crois absolument pas que l’élément extrême droite domine pas plus qu’une simple revendication sur les prix de carburant ou même plus de sous.
        Non, il y a selon moi quelque chose de plus profond qui cherche à se dire : une volonté de retrouver sa dignité, de ne plus être méprisé. Ils m’ont ému, je l’avoue, et ma solidarité était entière malgré ce retard imposé.
        Macron a été systématiquement méprisant : faut-il rappeler ses nombreuses phrases, quand son « corps » parlait, peut-être sans que sa « volonté » ne puisse contrôler ces mots ? Ses actes sont profondément nuisibles sur l’ensemble du corps social.
        Mais au-delà de Macron, comment peut-on penser que la moindre des propositions que fait Place Publique et que bien sûr j’approuve peut être mise en place. En finir avec les paradis fiscaux ? Pensée magique.
        Là je ne trouve plus mes mots pour exprimer mon sentiment proche du désarroi. Depuis quand une domination telle que celle nous subissons a-t-elle accepté de perdre pouvoir et privilèges sans y être forcée ? Les Gilets jaunes offrent une fenêtre d’opportunité mais elle va se refermer comme toujours par les diverses récupérations y compris par l’extrême droite.
        Les soutenir sans trop réfléchir (oui, j’ose ça) est le seul moyen de progresser et d’éviter une catastrophe.

      4. Apparemment la réponse d’Arnaud tend à souligner que le problème est plus Ruffin que Macron.

        Comme un air de déjà-vu et de guerre des gauches non ?

      5. Place Publique avec un mec comme Glucksmann ? Je me rappelle son soutien à la douteuse « révolution » de Maïdan (dont il me semble assez clair qu’il s’agissait d’une opération téléguidé par l’OTAN et la CIA , mais peut-être mes informations sont-elles fausses). Une émission de télé en particulier. Très anti-russe, c’est probablement un agent de la CIA.
        Je ne vois pas ce que l’on peut faire de positif avec quelqu’un comme ça.

    1. « Il n’y a aucun raisonnement solide la dedans, aucune démonstration, toujours ces mêmes rengaines éternelles. »

      Est-ce à dire que vous soutenez l’idée que l’augmentation des températures et la sixième extinction en cours n’ont rien à voir avec les activités humaines, nos industries et nos modes de développement ?

    2. @Arnaud
      Je vais tenter de répondre à la place de F. Ruffin étant proche culturellement, politiquement et géographiquement (à ce détail près qu’il a effectué sa scolarité dans le même lycée privé de Jésuites qu’ E. Macron alors que moi pendant ce temps-là j’étais dans le bahut public mitoyen chez les rouges avec Liem Hoang-Ngoc – ça en fait des amiénois en politique ! – fin de l’anecdote).
      Ce n’est pas Ruffin qui est à l’origine de la relation particulière du Président et des français caractéristique de la Ve. Relation quasi monarchique, déiste et E. Macron en a rajouté une couche dans l’hyper-présidentialisme. Pas étonnant que ce soit sur sa personne que se cristallisent les mécontentements. Ce qu’a constaté Ruffin sur le terrain ce week-end, c’est que le slogan « Macron démission » n’est plus le slogan convenu des manifs classiques, mais qu’il y a une véritable haine. Des gens demandent sa tête comme celle de Louis XVI. On en est là. Et c’est grave. L’émission spéciale de France 2 hier soir nous a montré un Mélenchon calme et un Ruffin en colère. Colère à mon avis consécutive à la fatigue et au constat (comme Todd) que décidément Macron ne comprend rien et que par son obstination orgueilleuse il conduit le pays au chaos.
      Le gouvernement aura beau proposer +5% de ceci et -5% de cela, ce ne sera pas suffisant. Il faut maintenant des mots, tels que Churchill ou De Gaulle les ont prononcé dans les situations graves. De la part d’un énarque sans culture, ça va être difficile. Ce que je lui conseillerai (et ce que Ruffin suggère), avant que le pays ne parte en vrille, c’est de faire appel aux bribes de son éducation religieuse et de faire acte de contrition:
      Commencer par présenter des excuses aux Français pour les mots insultants et méprisant qu’il a proféré. Après, on pourra passer aux dispositions techniques.

      1. @ Arkao, un point parfait : en effet j’ai bien vu que F. Ruffin dit qu’il essaye de calmer ses interlocuteurs et qu’en fait en étant leur porte-parole il cherche sans doute à aider malgré les apparences de sa vidéo qui je le conçois peut aussi choquer dans les chaumières.
        La contrition et les excuses, il les a déjà faits si je me souviens dans une de ses dernières allocutions. Cela dit il faut en plus des mots, des actes. Ma crainte est que son gouvernement et ses conseillers soient aussi coupés que lui du pays et incapables de voir au-delà de ces émeutes. Incapables d’accepter de reculer puisqu’ils ont toujours raison et que nous ne sommes pas capables de comprendre tout le bien qu’ils font ruisseler sur le pays (« ce pays » en langage énarchique).

      2. En démocratie non représentative , il n’y a ni Macron , ni Ruffin , ni Mélenchon ,ni Wauquiez , ni Jadot , Ni Machin , ni parti , ni mouvement , ni Place Publique , ni sénat , ni parlement , ni syndicat .

        Mais , il y a un Duce et des fonctionnaires affidés serveurs d’IA , et Facebook .

        Ce qui est un peu la Chine , Facebook en moins qu’on laisse aux américains et aux russes .

      3. Absolument d’accord ! Mais las il faut bien avouer que M. Macron à commis une erreur, celle d’avoir surestimé l’intelligence des gens qui-ne-sont-rien. Malgré son excellente pé-da-go-gie, des dizaines de milliers d’illettrés occupent routes et ronds-points sans se rendre compte qu’ils vivent en démocratie. Les imbéciles !

      4. Monsieur Macron doit convoquer une sorte de Grenelle réunissant les corps intermédiaires, et y compris des associations citoyennes, et des citoyens ordinaires, car les mesures décidées en interne à l’Elysée ou Matignon même si elles ne sont pas trop mauvaises, risquent d’apparaître encore comme le fait du prince, or c’est cette image de prince dans sa tour d’ivoire qui lui colle à la peau dont il lui faut se départir cette fois en actes. Il a une occasion de prendre un nouveau cap. Sera-t-il à la hauteur ? Je n’en sais rien.
        Emmanuel Macron a jusqu’ici fait tous les faux pas qu’il était possible de faire outre sa politique qui ne passe pas. Il a manqué de culture historique. Un pays comme la Franche est profondément attaché à la notion d’égalité, il semble l’avoir oublié, s’il ne l’a jamais su. Mais je ne lui souhaite pas d’échouer maintenant, j’attends donc un sursaut. La démission du gouvernement ou des élections ne résoudront rien.

      5. La bataille de l’égalité
        https://www.mediapart.fr/journal/france/011218/la-bataille-de-l-egalite

        1 décembre 2018 Par Edwy Plenel
        La révolte des « gilets jaunes » vise l’injustice fiscale et l’arbitraire étatique. Son moteur est le cœur des combats émancipateurs : l’exigence d’égalité. De son ouverture aux causes communes d’une égalité pour toutes et tous dépendra son avenir politique.
        La révolte des « gilets jaunes » est un événement pur : inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations installées, bouscule les commentateurs professionnels, affole les gouvernants en place. Comme toute lutte sociale collective, elle s’invente au jour le jour, dans une création politique sans agenda préétabli, où l’auto-organisation est le seul maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France telle qu’elle est, dans sa diversité et sa pluralité, avec ses misères et ses grandeurs, ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs.

        Devant l’inconnu, la première responsabilité du journalisme est, avant de juger, de donner à entendre pour chercher à comprendre. C’est ce que Mediapart s’est efforcé de faire depuis le début en prenant le temps d’aller y voir, au plus près du terrain, rencontrant une diversité de motivations, de générations et de milieux, montrant l’implication inédite des retraités et la forte présence des femmes (lire notamment les reportages de Mathilde Goanec et François Bonnet). En ne se limitant pas à la chronique fait-diversière des incidents racistes, anti-migrants ou anti-journalistes, qui ont parfois émaillé et discrédité la mobilisation, nos reportages ont ainsi mis en évidence l’authentique conscience politique qui traverse cette révolte spontanée : d’une part, la perception aiguë de l’injustice sociale ; d’autre part, l’exigence forte d’une démocratie radicale.

        La question fiscale a servi de révélateur social. Tout un peuple a compris que le pouvoir sorti des urnes en 2017 assume sans vergogne une politique au bénéfice d’intérêts économiques socialement minoritaires. Emmanuel Macron a sciemment appauvri l’État au bénéfice des ultra-riches, tout en faisant peser sur les revenus du plus grand nombre les conséquences d’une politique de classe qui ruine triplement les solidarités : en affaiblissant les services publics de tous, en allégeant les impôts d’une minorité et en augmentant ceux de tous les autres. Largement documentée sur Mediapart (lire notamment les articles de Romaric Godin), la froideur des chiffres s’est soudain muée en chaleur des indignations.
        Le 2 août dernier, avant même que survienne la révolte des « gilets jaunes » contre la taxe carbone, le ministère des comptes publics publiait la situation du budget de l’État à fin juin 2018, soit à la moitié de l’année. Comme l’a d’emblée souligné Alternatives économiques, il en ressortait déjà qu’à périmètre constant, les recettes fiscales avaient reculé de 2,4 % par rapport au premier trimestre 2017, baisse qui, en volume, est en réalité de 4,5 %, si l’on tient compte de l’inflation, soit un trou énorme de 14 milliards d’euros sur l’année. Or ce recul est dû, et seulement dû, à l’injustice fiscale de la politique gouvernementale : tandis que les taxes qui pèsent sur le plus grand nombre ont continué d’augmenter, la chute des recettes fiscales vient des cadeaux faits aux entreprises et aux fortunés. À périmètre constant, entre le premier semestre 2017 et le premier semestre 2018, leur recul est de 10,5 % pour l’impôt sur les sociétés et de carrément 39 % pour l’impôt de solidarité sur la fortune, supprimé pour un impôt sur la fortune immobilière, les droits de succession et l’imposition du capital !

        Les « gilets jaunes » ne se révoltent pas contre l’impôt mais contre son injuste répartition. La meilleure preuve en est qu’ils demandent des services publics dotés et accessibles, défendent à leur tour ce qui fait tenir ensemble une société – des écoles, des hôpitaux, des commissariats, des transports, etc. Comme tout un chacun, ils savent que ces services publics sont financés par l’impôt, cette « contribution commune indispensable » dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 rappelait déjà, en son article 13, qu’« elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». Ce qui n’est plus supportable, c’est qu’elle soit, tout au contraire, inégalement répartie. Ce qui n’est pas admissible, c’est que le peuple acquitte de plus en plus d’impôts, alors même que l’État réduit les services qu’il lui rend, à cause de l’ampleur considérable des cadeaux fiscaux consentis aux entreprises et aux très riches.

        L’autre lucidité politique portée par cette révolte concerne le déni de démocratie. L’usage égalitaire des réseaux sociaux, le refus des récupérations partisanes, la volonté de filmer les rencontres avec les autorités, l’élaboration collective de cahiers de doléances, l’invention spontanée de nouveaux modes d’action, etc. : autant de symboles d’une exigence démocratique nouvelle, quelles que soient les tensions ou les contradictions qui la traversent. Soudain, le peuple s’empare de la question institutionnelle qui, dès lors, prend vie et corps au-delà des programmes politiques et des colloques savants. Par l’évocation de référendums, l’exigence de concertation, la demande de délibération, les « gilets jaunes » disent que la démocratie ne se réduit pas au droit de vote. Et qu’une démocratie où le peuple souverain perd tout pouvoir une fois qu’il a voté, congédié du débat politique et invité à faire silence, n’en est plus une.
        Cette exigence radicalement démocratique affronte de plein fouet l’aveuglement monarchique de la présidence Macron (lire l’analyse d’Ellen Salvi). Après s’être faite sur la promesse d’une « révolution démocratique profonde » (sic), l’improbable élection d’un outsider de la politique professionnelle s’est traduite par une accentuation des pires travers de cette dernière sous la Ve République : pouvoir d’un seul se comportant en propriétaire de la volonté de tous ; personnalisation autoritaire de la décision politique autour du « moi » présidentiel ; majorité soumise aux désirs, erreurs et errements du monarque élu, jusqu’à tolérer l’affaire Benalla ; clientèle d’intérêts privés largement récompensée par une présidence absolutiste qui s’en fait la fondée de pouvoir au détriment de l’intérêt commun.

        Emmanuel Macron n’est évidemment pas le premier président à illustrer cette régression démocratique. Mais deux caractéristiques de sa présidence aggravent son cas, au point de nourrir un rejet passionnel et virulent qui évoque, alors qu’il est encore au début de son quinquennat, la toute fin de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). Ce sont d’abord les circonstances de son élection face à l’extrême droite : au lieu de prendre en compte le sens de ce vote (nous le lui avions rappelé avant son élection), qui n’était pas d’adhésion massive mais d’obligation contrainte, au lieu de tenir compte de sa diversité et de ses contrastes par une pratique participative et délibérative du pouvoir, il s’est comporté comme si son socle de 18 % des électeurs inscrits du premier tour lui donnait un chèque en blanc pour agir, fût-ce au détriment des 82 % restants (nous le lui avons de nouveau rappelé un an plus tard).
        À cette inconscience irresponsable, tant pour l’avenir elle fait, de nouveau, le jeu de l’extrême droite, s’est ajouté un exercice personnel du pouvoir tissé de morgue et de mépris. S’il va volontiers au contact, ce président-là ne peut s’empêcher d’y faire la leçon. Il prétend savoir par avance, et mieux que les premiers concernés, ce qui est bon pour le peuple, qu’il évoque souvent comme s’il lui était extérieur, sinon étranger – ah, ces « Gaulois réfractaires » ! Cumulant mépris de classe – les plus riches – et de caste – les plus diplômés –, il incarne, par son comportement dans l’exercice du pouvoir, une politique de l’inégalité où il y a des supérieurs et des inférieurs, des esprits forts et des volontés faibles, des inclus et des exclus, des vernis et des malchanceux. L’idéologie de la réussite individuelle, au détriment des solidarités collectives, épouse l’hybris d’une aventure personnelle, cette démesure qui ne s’autorise que d’elle-même.

        Du terrain fiscal – la question sociale – au débat politique – la question démocratique –, le mouvement des « gilets jaunes » renouvelle l’exigence d’égalité qui a toujours été le ressort des combats émancipateurs. Le 10 décembre prochain, on fêtera l’adoption à Paris, il y a 70 ans, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’affirmation préalable que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » se traduit en exigences démocratiques et sociales déclinées en 30 articles. Ce droit d’avoir des droits, de les défendre, de les revendiquer et de les inventer, ouvre en grand les possibles politiques, déplaçant des montagnes de conservatisme, bousculant des siècles de préjugés, renversant des dominations qui se croyaient inébranlables. Car c’est un énoncé sans frontières qui se dresse face à tous les tenants des inégalités naturelles : sans distinction d’origine, de condition, d’apparence, de croyance, de sexe ou de genre, nous sommes égaux en droits et en dignité.

        Selon sa traduction politique, ce « n’importe qui » démocratique est au cœur de l’avenir du mouvement des « gilets jaunes ». La sympathie active que lui déclarent droites et extrêmes droites entend l’entraîner vers une égalité trahie, celle où ne sont concédés des droits qu’à celles et ceux qui nous ressemblent, dans l’entre-soi des identités closes et fermées, repliées sur elles-mêmes, excluant les autres dans la diversité des préjugés – xénophobes, racistes, sexistes, homophobes, etc.
        À l’inverse, les convergences revendiquées par les mouvements sociaux dans leur pluralité plaident pour un surgissement des causes communes de l’égalité : salariés en lutte, comme le sont ces temps-ci les infirmières et les travailleurs des raffineries ; étudiants et lycéens contre l’augmentation des frais universitaires ; femmes de #NousToutes contre les violences sexistes et sexuelles ; populations discriminées en raison de leur origine, de leur apparence ou de leur croyance, à l’instar du mouvement #RosaParks ; gays et lesbiennes pour l’ouverture de la PMA à tous ; solidaires et hospitaliers en défense de l’accueil des migrants, etc.

        L’avenir n’est pas écrit, tant ici l’événement est maître, sans avant-garde autoproclamée ni appareil dominant. Mais, plutôt que de tenir à distance cet inédit qui les déborde et les dépasse, tous les tenants d’une République démocratique et sociale devraient mener cette bataille de l’égalité auprès des « gilets jaunes » et avec eux. S’abstenir, rester spectateur ou dubitatif, en retrait ou en réserve, ouvrirait encore plus la voie aux forces de l’ombre qui, aujourd’hui, en France et en Europe, comme à l’échelle du monde entier, entendent remplacer l’égalité par l’identité, le droit de tous par le privilège de certains.

      6. Effectivement des élections législatives dans le contexte politique actuel ne résoudraient rien, voire seraient catastrophiques.
        Il a voulu le pouvoir suprême, il en a joui, qu’il en assume les conséquences.

      7. « Effectivement des élections législatives dans le contexte politique actuel ne résoudraient rien, voire seraient catastrophiques. »
        C’etait aussi l’analyse de Todd ce matin sur France Culture

      8. Macron a surtout surestimé les aptitudes de son opposition à repérer et peser correctement les dangers sociaux potentiels de sa politique globale , parce qu’elle était sans doute plus obnubilée par ses chapelles que par la mesure exacte des problèmes de ses électeurs supposés , ou par la mise au point d’un contreprojet en prise aussi bien sociale qu’écologique et économique , suffisamment réaliste et étagée pour convaincre ….le « peuple » dans toutes ses composantes .

        C’est d’ailleurs bien une majorité de ceux qui étaient catalogués dans les abstentionnistes historiques qui sont dans les ronds points aujourd’hui . Pour le coup la démocratie est sauvée par la liberté de manifester , qui est en voie d’être assassinée ( et la démocratie sinon la République bien amochée ce samedi , avec elle ) par le « hors limites » .

        A titre personnel , je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de morts ce jour là , et , d’expérience ancienne , je crois que c’est à mettre à l’honneur des forces de l’ordre qui visiblement avaient des ordres pour éviter le carnage . On peut penser qu’ils auront des ordres plus « offensifs » dans les jours à venir .

        Finalement , le seul qui ait vu clair , c’est Hulot :

        https://www.youtube.com/watch?v=AfpSRnahQig

        Il faut sans doute reprendre le débat là où il le voyait il y a six mois .

        Avec un bricolage fiscalo budgétaire franco-français , et un desserrement des règles sur le taux d’endettement % PIB , en excluant les postes de budgets orientés investissements « transition énergétique »( ce qui pourrait desserrer le nœud coulant sur la Grèce , l’Italie , l’Espagne et le Portugal , voire inciter la Pologne à se faire plus écolo ).

        Mais rien ne sera réglé structurellement tant que capitalisme et néolibéralisme mèneront le jeu , sans qu’on fasse au moins un sort à l’extraterritorialité du premier et à la notion de propriété privée dans le second .

        PS 1 : j’avais heureusement signalé la vertu d’intelligence des « ronds points » dans une discussion un peu mouvementée avec Vincent Rey sur d’autres sujets concernant déjà la bagnole .

        PS 2 : c’est Julien Alexandre qui vient de vous reprendre la modération ?

      9. « Macron a surtout surestimé les aptitudes de son opposition à repérer et peser correctement les dangers sociaux potentiels de sa politique globale, »

        Voulez-vous dire que l’échec de la politique de M. Macron est dû à son opposition ?

        Il y a bien entendu deux manières d’envisager le premier parti de France (et de bien d’autres pays), celui des abstentionnistes : soit comme des gens n’assumant pas leur devoir de citoyens, soit comme des gens refusant de se livrer à ce qu’ils considèrent comme un simulacre démocratique.

        Dans le second cas, on peut considérer que les premiers responsables de ce dépérissement démocratique sont ceux qui nous gouvernent.

        Tout à fait d’accord avec vous par contre lorsque vous écrivez « Mais rien ne sera réglé structurellement tant que capitalisme et néolibéralisme mèneront le jeu , sans qu’on fasse au moins un sort à l’extraterritorialité du premier et à la notion de propriété privée dans le second. »

        Pour répondre à votre PS2, je ne me suis jamais occupé de la modération sur le blog de Paul Jorion.

      10. Ouf !
        Julien Alexandre :
        C’est donc bien Julien Alexandre qui modère et incrémente les commentaires en temps et en texte ?

  12. « la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier » écrivez vous dans une réponse. Mais votre article qui porte uniquement sur la 5e République Fr. et seulement sur l’élection présidentielle ne légitime pas cela. Et ne légitime pas votre titre. J’en resterai toujours à la définition de Bernard Manin : la démocratie sert à désigner des dirigeants (les députés) qui se donnent un pouvoir majoritaire et un espace de discussion. Par extension, le peuple a un espace de discussion secondaire et qui devient crucial (décisif) durant la campagne et l’élection. Maintenant la question qui se pose (et qui est aussi vieille que la démocratie) est celle des mécanismes de contrôle des élus, dont notamment la reddition des comptes, la révocation des élus, le grand nombre d’élus, le jugement en sortie de charge, etc. Et le rôle de l’argent durant la campagne, et la limitation de la propagande et des promesses. D’Athènes à Cuba, tout cela est expérimenté mais peu capitalisé. Ne prenez pas les démocraties les plus proches du pouvoir fort comme seul exemple ! Après (autre question), demandons-nous comment Trump et Bolsanero (et Hitler) arrivent au pouvoir en incarnant la puissance de la violence, car ce n’est pas qu’une question d’argent.

    1. Libre à vous de penser que le peuple doit avoir un espace de discussion secondaire pendant cinq ans et un espace de discussion prioritaire pendant quelques semaines. Et de fait, c’est exactement ce qui se passe et qui jette maintenant les gens dans les rues : nous sommes appelés à voter, puis à regarder passer les trains pendant cinq ans.

      Ce système qui infantilise les citoyens et ne les utilise que pour donner une onction démocratique a des candidats qui appliquent depuis près de 40 ans les mêmes politiques macro-économiques est tout sauf démocratique.

      Pourquoi des Trump, des Macron ou des Bolsonaro arrivent-ils au pouvoir demandez-vous ? C’est pourtant très simple, ils sont la conséquence de l’injustice sociale qui de tous temps a toujours été une question d’argent. La beauté de la chose étant bien entendu que leurs politiques aggravent encore les inégalités et la fragmentation des sociétés.

      « Il n’y a pas de liberté individuelle sans sécurité économique. Un peuple affamé et sans emploi est la matière dont sont faites les dictatures ».
      Franklin Roosevelt.

      1. Oui, parfaitement d’accord.

        La suite, c’est que la démocratie, la vraie, c’est pas super fun.

        Se coltiner la gestion de la Cité au quotidien, y a qu’à voir la galère des communes de 1000 à 2000 habitants pour trouver 12 conseillers….

        Et donc derrière la revendication légitime, il y a pas loin, l’espoir de l’homme providentiel qui reglera la question, et beaucoup moins l’idée de s’engager soi, pour agir.

        Vaste programme.

      2. Effectivement Thomas, la croyance en l’homme providentiel, en un père (ou une mère) qui viendrait pour nous sauver est une folie, la meilleure manière de se retrouver sous la dictature. Au moins Macron, s’il cumule les pouvoirs exécutifs et législatifs, n’est-il pas perçu comme oint d’une onction divine !

        Le problème tout à fait réel de la participation des citoyens à la vie quotidienne de la Cité peut-il être résumé lapidairement par « beaucoup d’emmerdes, peu de pouvoir » ?

        Je n’ai pas la réponse, mais ce qui me fait poser la question est le fort taux d’engagement des français(es) dans des dizaines de milliers d’associations. Le signe à mes yeux d’une volonté de participer au bien commun.

      3. C’est pour cela que je parle des mécanismes ‘citoyens’ de contrôle des élus, qui sont absents chez nous. Mécanismes récurrents (reddition annuelle des comptes), appelables (droit de révocation) etc.
        Il est vrai qu’il faut par ailleurs se demander pourquoi la social-démocratie s’est écroulée et le néo-libéralisme s’est imposé (La guerre de Thatcher contre les mineurs anglais par exemple), pourquoi le « sursaut social » réussit à faire reculer durablement les possédants à la sortie des guerres principalement. Bref comprendre une dynamique historique. La démocratie représentative est à mon avis une question de principe, tous les ajouts de type « démocratie participative » peuvent s’y encastrer, pas la remplacer.

      4. Je ne vois pas vraiment en quoi déléguer ses pouvoirs à des représentants serait une question de principe ?

        Maintenant si en parlant de la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat, vous préférez parler de contrôle plutôt de démocratie directe, ça me va parfaitement. Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

        Pour la dynamique historique dont vous parlez, il est possible de remplacer la phrase « pourquoi la social-démocratie s’est écroulée et le néo-libéralisme s’est imposé » par un simple mot : corruption.

      5. Selon France Bénévolat , le bénévolat global a diminué de 2,2 % entre 2013 et 2016 .

        Au mieux , on peut penser que globalement l’implication bénévole en association , ou ailleurs , se maintient globalement , même si la photo est difficile à prendre .

        Tous ceux qui ont pu participer à ,ou animer , de telles associations ( sportive , culturelle ou d’entraide pour ce qui m’a concerné ) , savent , comme les maires , les grandeurs et limites des troupes où il y avait de plus en plus de soutenus que de soutenants .

        La question de la délégation ou représentativité s’y pose d’ailleurs immédiatement , ne serait ce que pour désigner le « président » , le trésorier et le secrétaire , et souvent la « participation » de la majorité des membres est hélas rarement revendiquée au delà de la discussion autour de la table , et de la satisfaction d’avoir pu ramener sa fraise .Même trouver des commissaires aux comptes volontaires est une aventure aléatoire .
        Trouver des acteurs pour plus d’une année en est une seconde .

        Mais les associations ont des vertus propres qui vont au delà de leur objet .

        Quand tout baigne , c’est une excellente école primaire de la démocratie …et de l’art de la délégation représentative responsable .

      6. Non . D’expérience personnelle ( qui a duré au total pas loin de 20 ans en cumul quand même ) et de celles de quelques copains ( un à Humanisme et Habitat , un à SOS Méditerranée , un comme responsable d’une banque alimentaire ) on peut au doigt mouillé estimer à près de 50 % des non égoïstes « bénévoles  » le poids de ceux qui sont là pour ramener leur fraise .

        Ça n’est pas une condamnation de l’Association ( sinon je n’aurai pas arrêté il y a cinq ans , non pas par dépit , mais par arrêt de l’arbitre médical , je m’y serais pris bien plus tôt ). Ça veut simplement dire qu’il ne faut pas faire du bénévolat associatif , l’icone de la démocratie directe et de la « participation » idéale , d’autant que gérer une association de type culturelle , sportive ou d’entraide , ça n’est pas de même enjeu que gérer une commune et encore moins un état .

        Même si ça peut donner une idée très formatrice des obstacles à franchir pour être efficace dans la durée .
        Et que le mouvement associatif a toute sa place efficiente pour gérer dans la proximité , les  » faire  » et les « partager équitablement » que les politiques publiques ( communales et étatiques )ne lui délèguent actuellement que lorsqu’il n’y a pas de politique à leur niveau .

        Je ne sais bien parler que de ce que j’ai vraiment connu comme acteur ( et connait de moins en moins , je vous l’accorde ).

      7. « Ça veut simplement dire qu’il ne faut pas faire du bénévolat associatif , l’icone de la démocratie directe et de la « participation » idéale , d’autant que gérer une association de type culturelle , sportive ou d’entraide , ça n’est pas de même enjeu que gérer une commune et encore moins un état . »

        Vous m’aurez donc lu, une fois de plus, de travers…

        J’ai écrit : « Le problème tout à fait réel de la participation des citoyens à la vie quotidienne de la Cité peut-il être résumé lapidairement par « beaucoup d’emmerdes, peu de pouvoir » ? Je n’ai pas la réponse, mais ce qui me fait poser la question est le fort taux d’engagement des français(es) dans des dizaines de milliers d’associations. Le signe à mes yeux d’une volonté de participer au bien commun.

        Je « n’iconise » donc pas la démocratie directe par la participation « idéale » au bénévolat associatif, mais remarque simplement la volonté d’un français sur quatre de participer au bien commun au travers d’un investissement associatif.

  13. Non désolé Roberto, je ne vois pas ou est le raisonnement notamment par rapport à ce que j’ai mis en gras.
     » il ressort ASSEZ LOGIQUEMENT qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe.
    C’est A MA CONNAISSANCE LE SEUL ET UNIQUE MOYEN de détruire la corruption systémique, etc »

    Et non je n’ai jamais soutenu l’idée fausse que  » l’augmentation des températures et la sixième extinction en cours n’ont rien à voir avec les activités humaines, nos industries et nos modes de développement », bien au contraire. Et sinon je ne soutiendrais pas place publique ;-D!

    1. Le raisonnement part du constat évident que les politiques macro-économiques sont menées au profit exclusif des dominants et que ceux-ci font voter lois et traités. Je ne vois donc pas d’autre solution que la démocratie directe et la possibilité de révoquer les élus pour nous assurer contre le pouvoir de corruption de l’argent.

      Mais je suis soulagé que vous partagiez l’évidence de la sixième extinction. Encore un effort et je suis sûr que vous finirez par comprendre que le système politique qui en est responsable n’est pas la solution pour nous sauver du scénario catastrophe promis par le Giec 😉

  14. « […]Le choix est donc cornélien pour ceux qui l’ont porté au pouvoir par la grâce de leur argent[…] »

    Vous oubliez (opportunément) tous ceux qui, ici-même, ont milité pour son élection, bon gré, mal gré, et qui ont ainsi collaboré comme d’autres, sourds aux mises en garde d’alors que s’il était élu, ce ne serait que pour mieux différer l’avènement de l’extrême droite (dont il est en fin de compte un avatar parmi d’autres).

    Il n’est plus temps, maintenant que l’insurrection a commencé, de se perdre en excuses et en explications. Vous obtenez, vous comme d’autres, ce que vous avez contribué à semer.

    1. Point d’oubli opportun ni de fausses excuses. Je fais partie de ceux qui ont voté FI au premier tour et qui se sont abstenus au second, refusant la prise d’otage qui consistait à devoir choisir entre le fascisme de l’une et le fascisme de l’autre.

      Contrairement à ce que répond Arnaud à Jacques Seignan un peu plus haut dans le fil de ces commentaires, on a toujours le choix. Ici les mots d’Hannah Arendt ont toute leur résonance : « ceux qui choisissent le moindre mal ont vite fait d’oublier qu’ils ont choisi le mal. »

      Si beaucoup ont voté Macron par peur, peu pouvaient ignorer au vu de son parcours, du battage médiatique qui l’accompagnait et de la nature de ceux qui l’avaient fabriqué comme présidentiable, à qui ils avaient réellement affaire : un pur néolibéral qui allait s’attaquer avec violence à la démocratie.

      1. Roberto,
        Je jusqu’au bout en 2017 je me suis posé la question de lâcher Hamon pour soutenir Mélenchon.
        J’ai acheté le bouquin des insoumis, regardé les vidéos de Mélenchon, lu tous vos articles.
        Et j’ai plein de souvenir de discussions avec des insoumis sur les marchés, dont plusieurs nous insultaient en nous traitant de collabos.
        Vous pouvez penser ce que vous voulez. Je ne regrette pas mon choix au premier tour ni même celui du deuxième, sans illusion contrairement à ce que vous pensez.
        Je vous laisse maintenant à votre pureté idéologique et vos « mains propres ».

      2. Je vous laisse maintenant à votre pureté idéologique et vos « mains propres ».

        Oui, c’est à peu près le type d’insultes auxquels avaient droit ceux et celles qui sans être encartés osaient dire qu’ils allaient voter FI : des idéologues aux « mains-propres », c’est à dire des rouges-bruns…

        J’espère pour Place publique qu’ils ne reprendront pas ce type « d’argument », tout du moins s’ils veulent dépasser le stade groupusculaire de l’actuel PS.

    2. Je vais peut-être choquer certains de mes amis, mais tant pis.
      Valait-il mieux l’extrême-droite classique tout de suite avec la possibilité d’une suppression rapide des libertés publiques, une augmentation rapide des actes racistes (l’exemple du Bresil..), une sortie de l’Union en catastrophe (sans plan B) ou bien Macron dont on savait qu’il ferait de la casse sociale, mais devant lequel il y a la possibilité de se révolter si c’est nécessaire.
      J’ajoute, gagner du temps ce n’est pas inutile quant à l’horizon se profile l’effondrement. Pour que les nouvelles idées percolent dans la société vaut mieux que soient garanties un minimum de libertés publiques.
      En ce qui me concerne je ne vois pas pour quelle raison je devrais regretter mon vote. De manière générale, j’estime que la vie démocratique ne se limite pas aux élections, c’est donc qu’il y a une place de choix pour les mouvements sociaux. Nous y sommes.
      Bien sûr Macron représente l’aristocratie de l’argent, la politique qu’il applique de toute évidence est dictée par ses intérêts, mais cette aristocratie avait déjà pignon sur rue depuis belle lurette, ce président n’avait qu’à porter à son paroxysme une tendance bien établie. Monsieur Macron n’était-il pas le conseiller de l’ex-président de la République, un certain Hollande ?!

      1. Pierre-Yves, ton commentaire ne me choque absolument pas puisque implicitement j’ai fait ce choix en votant Macron au 2d tour. Aujourd’hui je peux seulement m’étonner du peu de sens politique de ce monsieur qui s’est mis à ce point dans la m***. Par exemple pour faire des économies assez dérisoires s’attaquer frontalement aux retraités, qui votent et qui généralement sont conservateurs : ne pas oublier la non-indexation sur 3 ans. Les gens savent calculer quand il s’agit de leur pognon qui n’est pas de « dingue ».
        Cela posé, choisir entre la peste et le choléra n’est pas un choix ; on l’oublie souvent en citant ce dicton. Il fallait éviter ce faux choix avant mais bon, on ne réécrira pas l’Histoire. On pourra simplement se souvenir des erreurs engendrées par les dogmatismes politiques.

      2. le soucis c’est que Macron, maître du temps durant sa campagne, est passé dans l’exercice de la représentation borgne; il découvre qu’un pays n’est pas une start-up, mais n’en sait pas plus pour autant. Son horloge est irréparable, sa pensée complexe est indigeste. La crédibilité et l’efficience d’un projet politique se mesure à la « maîtrise » du temps.
        Emmanuel Todd : "La culture française égalitaire et libérale est toujours là" "Le gouvernement cherche le chaos pour provoquer une rupture"
        https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/cartographie-des-coleres-francaises-avec-emmanuel-todd

    1. @Jacquot

      Je plussoie.
      Et
      P. Aghion : refonte de la fiscalité. Entre autres.

      Cela les gilets jaunes le disent aussi.
      « Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement où il y a plusieurs demandes qui sont faites : de la contestation des institutions, à la revalorisation des retraites, de la CSG, etc. Il y a un certain nombre de choses qui n’ont pas été faites depuis longtemps, mais ce n’est pas que le résultat de ce qui s’est fait depuis six mois », explique-t-il.  »

      « Comment explique-t-il le sentiment d’injustice des manifestants ? Pour lui, il y a eu une mauvaise évaluation politique sur les mesures fiscales du gouvernement. Défenseur de la mise en place d’une « flat tax » qui remette à plat les niches fiscales, il explique que « l’ISF, c’est très peu d’argent mais c’est très symbolique. Quand vous supprimez l’ISF, vous devez faire quelque chose d’aussi symbolique dans l’autre sens. Il y a eu une mauvaise évaluation politique, il fallait faire une mesure symbolique ». Mais il précise aussi que « les effets ne sont pas immédiats, en Suède c’est arrivé en cinq ans ».

      « Il faut une croissance inclusive, c’est-à-dire qu’il faut stimuler la croissance en préservant le mode social et en faisant une croissance plus verte ».
      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-30-novembre-2018

  15. Issu d’une conversation privée ce soir avec l’un des CRS qui était sur le terrain dans le quartier de l’Etoile samedi 1er décembre, un aperçu de ce qui se dit dans les rangs de la troupe :
    – « Ce n’est pas une surprise que ‘ça pête’, ça devait arriver, même si on s’attendait plutôt à ce que ce soit du côté des banlieues »
    – « Sur le fond, les gilets jaunes, on est d’accord avec eux ! Nous, nous sommes comme les ‘gilets bleus’ ! »
    – « La grande inquiétude pour samedi prochain, c’est qu’en face certains en viennent aux armes à feu. Vu l’escalade de la violence contre nous jusqu’ici, c’est la seule chose qui serait pire »

    Par ailleurs, prise de position intéressante de Philippe Aghion, économiste soutien de Macron « une sortie provisoire de la contrainte européenne des 3 % de déficit budgétaire est souhaitable » https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/03/pour-l-economiste-philippe-aghion-il-faut-retablir-une-nouvelle-forme-d-isf-pour-sauver-les-reformes_5391824_3232.html

    Effectivement :

    – Ce serait le moyen pour le gouvernement de se redonner des marges de manœuvre, en terme de réduction de la fiscalité frappant les plus modestes et/ou d’investissement public – par exemple pour la transition énergétique – surtout si elle était couplée à une augmentation de la fiscalité sur les très hauts revenus, qu’Aghion défend aussi

    – Du point de vue diplomatique, Emmanuel Macron a clairement une ouverture qui lui permettrait d’imposer cette décision :
    1. Le chaos qui commence en France doit aussi inquiéter à Berlin et à Bruxelles
    2. Etant déjà « bien bordé » du côté pro-européen – qui en France est plus européiste que lui 🙂 ? – Emmanuel Macron pourrait très facilement dire « Je ne suis pas Salvini ! Mais j’ai besoin de changer la trajectoire budgétaire du pays pour répondre à l’exigence des Français »
    3. Vu le Brexit, le gouvernement italien et dans un autre genre le gouvernement polonais, sans compter Donald Trump, la France est du point de vue de l’Allemagne son DERNIER allié fiable. Ce n’est pas comme si elle avait le choix

    D’un certain point de vue, si la situation présente crée une contrainte intérieure forte pour le président, elle desserre aussi objectivement la contrainte extérieure. Elle n’est pas loin de représenter paradoxalement une opportunité de reprendre la main vis-à-vis de Berlin, sachant que l’Allemagne refuse de faire le moindre pas autre que cosmétique dans la direction de réforme de l’euro que propose Macron.

    … Reste à voir s’il saura mettre à profit cette opportunité. Qui est peut-être la dernière occasion pour lui de « rattraper » sa présidence.

    1. On est à peu près en phase , remarque faite qu’il ne s’agit pas de rattraper ou de perdre un quinquennat , mais de trouver la bonne mécanique pour résoudre à la fois les attentes immédiates et les opportunités de traiter réellement de cette transition qui ne sera pas un long fleuve tranquille , et le sera d’autant moins que les efforts ne seront pas équitables alors que la solution est internationale .

      Sur l’agenda , je ne suis pas loin de penser que , même si ça tangue , il vaut mieux trouver des issues maintenant , que se retrouver dans le vide dans trois ans , dans les mêmes dénis réciproques .

      https://www.pauljorion.com/blog/2018/12/02/fin-de-partie-pour-la-democratie-representative-par-roberto-boulant/#comment-683446

    2. Concernant les allemands, reste à savoir s’ils tiennent plus à l’UE qu’à leur dogme monétaire. Au vu de leur véritable fétichisme pour le mark, pardon, l’euro, il n’est pas du tout évident qu’après le vote d’un budget italien hors des clous, ils soutiennent Macron s’il se décidait à suivre les préconisations de Philippe Aghion. Ils verraient là sans doute, et à raison, la fin du PSC.

    3. Oui tout à fait ok avec votre analyse Jacquot et OK avec Juan sur le fait que ce qui se joue ici dépasse le seul quinquennat présent et les simples frontières exagonales.
      Ce qui est fou c’est de voir tout ce qui peut être est encaissé avant que ça explose.

      1. Oui, compression avant explosion : on est dans le moteur thermique, à carburant !
        En passant, il est étonnant de voir combien les leçons du passé (certes ancien, 1789) ne sont jamais retenues : trop peu et trop tard => aggravation de la situation. Aggravation continue => basculement.

      2. @Jacques Seignan,
        En même temps ce n’est pas étonnant en réduisant à pas grand chose les niveaux de négociations intermédiaires on en arrive à ce que toute transition finisse par se jouer entre deux états aux niveaux d’énergies très éloignés > ça dégage beaucoup d’entropie quand ça change « d’état ».
        D’ailleurs ce manque de négociation aux niveaux intermédiaires semble se retrouver aussi dans la grande difficulté d’émergence d’un cahier de revendication et de représentants des « gilets jaunes » eux mêmes, ou apparemment ça ne rigole pas avec la délégation: menaces de mort et porte dérobées de rigueur pour l’instant.

    4. On en revient à la « faute » originelle d’Hollande. Bien élu (lui) il devait impérativement renégocier avec l’Allemagne comme l’a écrit Th. Piketty. Au-delà de l’abjecte tromperie électorale, il y avait sa propre idéologie et bien sûr il n’est pas anodin qu’il ait choisi comme conseiller un certain Macron…
      Personnellement je ne parierai pas un kopek sur cette sortie vers le haut avec notre pauvre Jupiter.

      1. La sortie par le haut est très improbable, voire carrément impossible.

        Quand on est élu avec moins d’un cinquième des voix du corps électoral, on a tout juste la légitimité suffisante pour expédier les affaires courantes et inaugurer les chrysanthèmes. Certainement pas pour réorienter la machine étatique au profit exclusif des intérêts privés.

        Il n’est donc pas surprenant qu’en rajoutant le mépris et le crachat au holdup, on obtienne de la haine. Haine qui ne s’éteindra pas avec une reculade tactique du gouvernement, mais uniquement avec le départ de M. Macron. Dans une telle situation de rejet, avec un individu qui provoque d’aussi violents sentiments, le temps restant de son quinquennat va paraitre interminable pour tout le monde.

        Typiquement le nul du jeu d’échecs lorsque le Roi ne peut plus bouger. Dans la vraie vie, le choix entre l’immobilisme et la violence.

        Partie nulle, vraiment nulle !

    1. A moins de comprendre «enfant» comme dans le «Allons enfants»… et de se rappeler l’origine de l’hymne national.

      Je préfère pour ma part la réforme à la révolution. Le problème étant bien sûr que le mot même de «réforme» a pris une teinte très laide depuis vingt ans et plus que tout ce qui cause dans micro l’utilise comme synonyme de «réforme néolibérale»…

    1. Saluons le parler clair, construit et modéré de Jean-François Barnaba.
      « des gens qui ont un tableur excel à la place du cerveau », j’aurais dit aussi à la place du cœur.

  16. Il fait nuit, il y a du brouillard, la route est verglacée. Le conducteur est bourré. Le passager a peur.
    Je suis un citoyen français dans cette bagnole dont le conducteur (enfin le sous-fifre du conducteur) vient d’annoncer les mesures : des moratoires. Croit-on vraiment que les gens des ronds-points ne comprennent pas ce mot ? Dans six mois aura donc trouvé du pognon de dingue pour compenser ces mesurettes car surtout il ne faut rien lâcher. Bruno Le Maire l’a parfaitement annoncé : on vous prendra le fric qu’on vous redonne (en langage énarchique : «maintenant, il faut accélérer la baisse des impôts. Mais pour cela il faut accélérer la baisse de la dépense publique »).
    Oui, devant de tels dirigeants, j’ai peur pour mon pays car les révolutions y sont terribles et leurs conséquences terriblement incertaines dans un monde en voie de trumpisation comme ultime solution des possédants.

    1. Je partage votre sentiment.

      Un résumé des annonces du premier ministre aujourd’hui : « Trop peu, trop tard ».

      Je crois que plusieurs des membres du gouvernement devraient se rappeler que « peu instruit » et « con » sont deux choses différentes. Et qu’à prendre les gens moyennement ou peu instruits pour des imbéciles, on ne fera qu’attiser leur colère.

  17. Vous connaissez ce jeu ?

    où il s’agit de constituer une figure, et dans lequel il faut bouger une pièce dont le déplacement implique qu’il faudra bouger une autre pièce et ainsi de suite, pour reconstituer l’image. Imaginez maintenant que cette figure c’est la transition énergétique socialement compatible. Imaginez que l’on part d’un jeu totalement brouillé ; il faut déplacer l’une après l’autre beaucoup de pièces. Dans ce cas ne vaut-il mieux pas changer le jeu en instaurant de nouvelles règles du jeu (en économie, pour la finance..) pour repartir sur de meilleurs bases ? Pour gagner du temps et de la cohérence.

    Les mesures qui viennent d’être annoncées par le gouvernement pour sortir de la crise ressemble à des mouvements désordonnés d’un jeu qu’on ne change pas.

  18. Il aura fallu attendre que toute la presse recouvre son bel unanimisme de période électorale en conseillant le « recul signe d’intelligence politique et non de renoncement », il aura fallu la crainte d’une quatrième journée de manifestations parisiennes encore plus violentes, pour que le gouvernement annonce… un simple moratoire !

    Autrement dit, rentrez chez vous mes braves, nous ne vous taxerons que dans six mois…

    Au fond qui risque d’être très mal perçu, s’ajoute la forme qui rajoute à son image de suffisance et de mépris. Celle d’un PR faisant porter le message par son premier collaborateur, alors que les circonstances exigeaient qu’il s’adresse solennellement à la nation.

    Allo, Papa Tango Charlie ?

    1. Concernant le message délivré par le premier ministre plutôt que par le président, je l’interprète comme une habileté déplacée : s’adresser au pays pour annoncer des changements substantiels est la cartouche la plus puissante à la disposition de Macron. S’agissant d’une simple tentative a minima de « calmer » les manifestants avec bien peu de concret et beaucoup de promesses de « concertation », il y a une certaine logique à la faire porter par le premier subalterne plutôt que par le chef de l’Etat.

      Mais bien sûr cette habileté est déplacée, ou plus précisément bien trop tardive. Au point où nous en sommes, seule la cartouche la plus puissante de Macron pourrait être efficace, à la fois en annonçant des évolutions concrètes et à la hauteur, et en montrant de manière immanquable qu’à titre personnel il a compris que l’affichage de son mépris était une faute très grave, et qu’il est en train de se reprendre.

      Acte 4 ce week-end – voire plus tôt. J’espère vivement que nous n’aurons pas à déplorer d’autres morts avant que Macron enfin ne réagisse, mais cela me semble hélas improbable.

    2. Comme il ne s’agit sur le fond sans doute ni de mépris ni de suffisance ( dont on n’aurait d’ailleurs pas grand chose à foutre ) , c’est encore plus inquiétant .

      Allo , Berlin ?

      Pas sur qu’on votera pour les européennes en 2019.

      1. On peut effectivement tenir notre homme pour sot mais pas suicidaire. Mais peu importe, même involontaire cette énième maladresse ne peut qu’accentuer son image de petit-marquis méprisant.

        Pour l’UE, force est de constater que ses quatre premières puissances économiques connaissent quelques trous d’air. Le RU s’en va (ou va rester, mais dans quel état ?), l’Italie vote un budget bras d’honneur, la France n’est plus en mesure de respecter les règles cabalistiques du PSC, et il n’est plus insensé de se demander si Macron qui hier encore apparaissait comme l’homme fort de la zone euro, ne sera pas poussé à dissoudre l’AN pour tenter de préserver l’essentiel. Vu la cote de popularité de la marque Macron, au moins égale à celle de Monsanto, les europhobes de tout poil doivent rêver de le voir s’investir dans la prochaine campagne électorale européenne.

        Quant à l’Allemagne, sa situation politique intérieure n’étant guère plus enviable, il n’est pas écrit qu’elle accepte les trajectoires budgétaires française et italienne et la détérioration monétaire qui s’en suivrait. Dès lors l’hypothèse d’un Germanxit pour préserver les bijoux de la couronne -le Deutsche Mark débarrassé de son faux-nez euro-, n’apparait plus comme irréaliste.

        À défaut de plan B, le plan Z comme dans WorldWarZ ?

      2. C’est bien parce que l’Allemagne a besoin de l’euro comme monnaie faible qu’elle peut avoir envie de sauver la famille .

        Reste à savoir ( toujours cette machine à calcul ) ce qui , tous + et tous – combinés , rapporte le plus à terme , ou préserve le plus à court terme .

        Si on devait en rester aux tableaux excell , et ne pas mettre « aussi » dans la balance la place de la famille entre Chine et USA , et la recherche de la paix .

        La « Révolution » , c’était l’élection de Trump , nous sommes l’impact , sans envie et forces apparentes pour être la « réplique » .

      3. « C’est bien parce que l’Allemagne a besoin de l’euro comme monnaie faible qu’elle peut avoir envie de sauver la famille »

        Vous permettrez que je la conserve celle-là, elle est excellente !

        En fait les allemands ont besoin aujourd’hui d’un euro fort comme hier ils avaient besoin d’un mark fort. Parce que l’économie allemande est une économie amont à forte valeur ajoutée, positionnée sur le marché du haut-de-gamme, que ce soit celui de la machine-outil ou de la berline de luxe.

        Une économie et des industries fortement exportatrices générant une balance commerciale au solde largement excédentaire. Et peu importe que l’euro-mark soit totalement surévalué pour les autres pays de la zone euro, qu’en tant que monnaie unique et non commune, il rend toute dévaluation interne impossible, étranglant ainsi les économies plus faibles.

        Deutschland über alles !, l’Allemagne peut ainsi continuer à engranger des excédents records grâce à l’euro fort… tout en déséquilibrant l’économie des autres pays de la zone euro, qui faute de dévaluation interne possible, se livrent à la déflation salariale.

        Que le cours de l’euro vienne à chuter à cause de ces faignants d’Italiens ou de Français qui feraient baisser les taux d’intérêt et de change, et adieu donc les excédents commerciaux.

        Quand l’image de votre industrie repose sur la qualité pendant que vos concurrents se battent sur le marché du moyen-de-gamme, vous avez tout intérêt à avoir la monnaie la plus forte possible. Tout simplement parce que votre stratégie vous permet d’écouler des produits plus chers.

      4. On laissera le fin mot aux spécialistes , mais depuis des années , l’euro faible favorise les exportations de l’Allemagne hors Europe .

        Le cours de l’action Airbus , plonge d’ailleurs chaque fois que l’euro s’apprécie par rapport au dollar , même si Airbus amortit , comme les grands constructeurs automobiles , en « fabricant moitié en dollar , moitié en euro », avant de vendre en dollars . .

        PSDJ a sans doute des lumières .

      5. « On laissera le fin mot aux spécialistes , mais depuis des années , l’euro faible favorise les exportations de l’Allemagne hors Europe . Le cours de l’action Airbus , plonge d’ailleurs chaque fois que l’euro s’apprécie par rapport au dollar , même si Airbus amortit , comme les grands constructeurs automobiles , en « fabricant moitié en dollar , moitié en euro », avant de vendre en dollars . »

        Votre exemple du groupe Airbus, bien que de manière involontaire, est excellent !

        Airbus n’est pas un groupe allemand mais européen, mais surtout, il n’est pas positionné sur le marché du haut-de-gamme gage de fortes marges, mais sur un des marchés les plus férocement concurrentiel qui existe.
        CQFD.

        Surtout n’hésitez pas à revenir nous faire part de vos lumières en matière économique, les temps sont sombres et nous avons tous besoin de nous détendre.

      6. J’attendrai quand même les arbitrages éclairés de meilleurs références .

        Thomas Enders et les 22000 employés allemands d’Airbus seront heureux d’apprendre que l’Allemagne n’est pas concernée par le sort d’un des deux leaders mondiaux de l’aviation civile et militaire , qui a un chiffre d’affaire de l’ordre de 70 milliards ….d’euros .

      7. Je n’ai jamais dit que l’Allemagne se désintéressait du sort d’Airbus, mais que le marché d’Airbus fortement concurrentiel, et donc à faibles marges, ne correspondait pas au modèle industriel allemand axé sur le haut-de-gamme à fortes marges.

        Votre méthode consistant à déformer systématiquement mes propos est non seulement enfantine mais cousue de fil blanc.

      8. Que la marge soit faible ou forte , ce qui compte c’est dans quelle monnaie ( ou cocktail de monnaies ) je fabrique , et dans quelle monnaie je vends ( ça on sait , à l’export , c’est le dollar ).

        Le but du jeu de tout grand constructeur mondial est de fabriquer avec des produits et salaires dans des pays à monnaie faible ( mais pas trop pour amortir les retournements de cours ) et de vendre en dollars forts .

        Le jeu changera vraiment quand le dollar ( que la FED s’acharne parfois à faire plonger pour rétablir la compétitivité américaine ) ne sera plus monnaie de référence .

        Pour ce qui est des grosses cylindrées de haut de gamme et fort rapport allemandes ( ou suédoises ) , qui se portent bien tant que le marché international ( dont chinois) en demande , le péril viendra davantage du diselgate , ou de …l’écologie que du cours de l’euro .

      9. « Que la marge soit faible ou forte , ce qui compte c’est dans quelle monnaie ( ou cocktail de monnaies ) je fabrique , et dans quelle monnaie je vends ( ça on sait , à l’export , c’est le dollar ). »

        Heu non, la question ne fait même pas débat : l’importance de la marge est cruciale dans toute entreprise commerciale. Ensuite une monnaie forte, surtout si elle s’appuie sur une main d’œuvre à bas coût et qualifiée comme celle qu’utilise l’industrie allemande dans ses usines des ex-pays de l’Est, n’est non seulement pas un véritable handicap lorsque l’on détient le monopole sur les produits industriels haut-de-gamme, mais permet en plus de profiter d’un taux de change favorable pour ses importations.

        Concernant les « grosses » voitures, en notant qu’il devient impropre de parler de grosses cylindrées puisque downsizing aidant il est devenu courant que des moteurs d’1,5L délivrent 180 ch et plus, et que d’autre part le Suédois Volvo appartient au Chinois Geely, je vous confirme que si toutes les marques planchent sur les motorisations alternatives, le thermique couplé ou non à de l’hybride « full » ou rechargeable a encore de beaux jours devant lui.

        Et preuve que la marge commerciale est vraiment importante, vous pouvez être sûr que même si nous en revenions aux chaises à porteurs, les allemands se lanceraient dans leur fabrication haut-de-gamme. Prenez l’exemple des boites à chaussures appelées SUV dont la mode débuta réellement avec le X5: elles se sont imposées pour plumer le chaland lorsque radars, permis à points et turbo-mazout de gueux accélérant très fort, se sont ligués pour contester la supériorité du noble conducteur de bolides.

      10. On va attendre que Carlos Ghosn sorte de taule pour donner la vérité de l’entrepreneur , mais je n’ai toujours pas compris dans votre argumentaire ( tiré de Wikipédia ? Le mien est tiré de quelqu’un qui m’est cher qui a travaillé pour EADS ) pourquoi un euro fort assurerait la forte marge des voitures haut de gamme allemandes .

      11. Êtes-vous vraiment certain que le titre d’entrepreneur soit celui qui convienne le mieux à M. Ghosn ?

        Pour l’argumentaire, étant des générations pré-internet, j’ai appris à me servir d’un vieux truc plus guère usité de nos jours, la mémoire.

        Pour l’euro fort, pas de problème, je recommence autant de fois que nécessaire, la pé-da-go-gie est à la mode de nos jours : une monnaie forte n’est pas vraiment un handicap à l’exportation lorsque ses industriels sont positionnés et dominent le marché du haut de gamme, et ça devient franchement un avantage lorsqu’il s’agit d’aller sur Lesmarchés ou d’importer des biens et services.

      12. Je ne suis pas sur que la FED ou Daimler vous embaucheraient sans précaution .( pas plus qu’ils ne me recruteraient moi , d’ailleurs !)

      13.  » il ne s’agit sur le fond sans doute ni de mépris ni de suffisance ( dont on n’aurait d’ailleurs pas grand chose à foutre ) »

        Moi je n’en aurais pas grand chose à faire en effet. Mais j’ai un travail bien rémunéré et de manière générale la tête assez loin hors de l’eau financièrement parlant.

        Je soupçonne que pour beaucoup de ceux qui ont le menton juste au dessus de l’eau, voire sont pratiquement en train de boire la tasse, c’est important. Une situation dure, et qui se détériore, tandis qu’aucun effort n’est demandé des plus aisés, c’est déjà beaucoup. Quand l’insulte perçue ou réelle s’y rajoute, c’est à coup sûr trop.

    3. Vous perdez de l’altitude… sur le hâvre fiscal des Bermudes
      (pour les jeunes : chanson de Mort(imer) Shuman des années 1970 finissantes… »triangle des Bermudes »)

      1. 🙂
        Et nous sommes quelques millions en cabine à cogner sur la porte du cockpit où s’est enfermé le pilote fou…

  19. Sur ce blog, nous savons tous que les ressources sont limitées, et qu’une décroissance drastique est nécessaire, principalement dans les pays développés d’Europe et d’Amérique du Nord, pour que l’humanité puisse survivre. Malheureusement, l’homme (et la femme) n’accepte pas volontairement de diminuer son train de vie. Le seule solution est donc une décroissance imposée par la réalité. On ne pourra jamais trop remercier les gilets jaunes de nous entraîner, à l’insu de leur plein gré, dans cette voix salvatrice. La France servira ainsi, encore une fois, de modèle pour un nouveau monde.

  20. Quelques notes sur les aspects autre qu’économiques.

    Je perçois dans le mouvement gilets jaunes une colère qui est en partie la réponse à ce qui fut perçu comme des insultes. Le slogan « Macron, t’es f…u, les Gaulois sont dans la rue » est assez clair par exemple, la remarque sur les Gaulois prétendument « réfractaires » a marqué les esprits. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. On se rappellera des employées « illettrées », de l’ouvrier qui doit « bosser pour se payer un costard » ou de la réponse aberrante et insultante à un chômeur comme quoi il suffirait de « traverser la rue » pour trouver un emploi.

    Il y a encore autre chose il me semble. Au moins chez certains « gilets jaunes » se dessine un appel à l’autorité. Voir Christophe Chalençon, porte-parole gilet jaune qui appelle à… la nomination du général Pierre de Villiers comme premier ministre. La proposition est loufoque bien entendu – d’autant plus que ce n’est pas le premier ministre qui définit les grandes orientations de la politique ! – mais elle souligne la déconsidération du pouvoir et le désir dans une partie de la population d’une autorité.

    Je le rapproche de :
    – La fameuse photo où Emmanuel Macron se laisse ridiculiser à poser avec des petits délinquants dont l’un fait un doigt d’honneur bien visible. Et ridiculiser, c’est le pire de tout, sans réagir à l’insulte
    – L’épisode d’Emmanuel Macron lançant depuis la cour de l’Elysée « Qu’ils viennent me chercher ! ». Il s’adressait bien sûr à ses adversaires politiques… mais ce ne sont pas nécessairement les seuls à avoir reçu le message. Et un type plutôt gringalet qui lance un défi de petit voyou depuis un palais, c’est une image dangereuse

    Nous autres êtres humains ne sommes pas seulement des « animaux économiques », nous sommes encore bien d’autres choses, y compris d’un certain point de vue des grands singes poussés en graine. Un dirigeant peut être un homme plutôt fluet, cela peut être une femme, il n’y a là aucun problème… à condition qu’il ou elle « en impose ».

    Un président qui non seulement est mal élu, non seulement poursuit et amplifie une politique qui laisse une grande partie de la population sur le carreau, non seulement y rajoute l’insulte… mais encore apparaît comme FAIBLE, cela fait beaucoup !

    Je souhaite vivement qu’Emmanuel Macron trouve en lui-même les ressources d’empathie, de respect des autres et de lui-même et enfin de courage pour sortir de la situation dangereuse où nous sommes arrivés. Mais il en a vraiment fait beaucoup pour l’aggraver.

    1. « Je souhaite vivement qu’Emmanuel Macron trouve en lui-même les ressources d’empathie, de respect des autres et de lui-même et enfin de courage pour sortir de la situation dangereuse où nous sommes arrivés. Mais il en a vraiment fait beaucoup pour l’aggraver. »

      Je souhaite vivement, que les GJ trouvent en eux m^mes les ressources d’empathie, de respect des autres et d’eux m^mes et aient le courage de larguer les amarres avec
      ceux qui les ont infiltrés et sont en train de les noyautér, les intimider, les instrumentaliser, pas de jaunisse, respect, empathie, et tout et tout, vi vi, plus belle la vie au pays de Candy.

      « Un groupe impose sa dictature » : menaces de mort contre les « gilets jaunes libres »

      L’une des icônes du mouvement, Jacline Mouraud, dit avoir déjà déposé « six plaintes » à la gendarmerie pour menaces de mort.
      Par L’Obs. Publié le 03 décembre 2018 à 12h23

      Les « gilets jaunes libres », qui ont appelé dimanche 2 décembre à une « sortie de crise », ont reçu depuis lors des dizaines de menaces de mort, a indiqué l’une d’entre eux, la Bretonne Jacline Mouraud.

      « On est visé par des espèces de gamins anarchistes qui sont manipulés. On reçoit des appels en pleine nuit, des menaces comme ‘on a ton adresse, t’en as plus pour longtemps' », a déclaré la Bretonne de 51 ans, à l’origine d’une vidéo virale sur la « traque aux automobilistes ».

      « D’autres personnes ont reçu des menaces sur leurs enfants », a-t-elle ajouté, affirmant que les menaces venaient d’autres « gilets jaunes ».

      Six plaintes déposées
      Jacline Mouraud, qui dit avoir déjà déposé « six plaintes » à la gendarmerie pour menaces de mort, précise en avoir reçu beaucoup plus depuis la publication de la tribune dans le « Journal du dimanche » dans laquelle une dizaine de « gilets jaunes libres » appelaient à une sortie de crise.

      « Cette nuit, c’était le summum », a-t-elle souligné. « C’est clair que ces personnes [qui font des menaces de mort, NDLR] ne veulent pas de résolution du conflit. Elles ne sont là que pour ‘foutre la merde’. »

      « Un groupe impose sa petite dictature et tous les autres obéissent. Il est hors de question que je cautionne des gamins irresponsables qui appellent à tout casser encore une fois à Paris », a poursuivi Jacline Mouraud.

      « J’ai une question à poser aux ‘gilets jaunes’ : vous voulez quoi maintenant ? Vous voulez que quelques anarchistes retournent le pays ? »
      Pour Jacline Mouraud, « le gouvernement a la solution ». « Ils n’ont pas pris le mouvement au sérieux. Il faut qu’ils ouvrent les yeux », a-t-elle dit.

      Elle a estimé qu’une résolution du conflit passait par un moratoire sur les taxes sur le carburant, une annulation de l’alourdissement du contrôle technique automobile et un rétablissement de l’impôt sur la fortune.
      https://www.nouvelobs.com/societe/20181203.OBS6445/un-groupe-impose-sa-dictature-menaces-de-mort-contre-les-gilets-jaunes-libres.html

      PS : mais ça c’était…avant…

      1. La seule façon que les gilets jaunes ne soient entravés par des éléments extrêmistes minoritaires usant de méthodes de fascistes et que nous soutenions les gilets jaunes et que le mouvement des gilets jaunes se transforme en un vaste mouvement de lutte politique et sociale. En nous tenant à l’écart, en ne manifestant pas notre solidarité avec ceux d’entre eux qui sont animés de bonne volonté, nous créons une sorte d’entre-deux dans lequel prospère le ressentiment et la peur. Or pour qu’un vaste et puissant mouvement social avec sa convergence des luttes puisse émerger il faut éliminer le ressentiment et la peur. Ce sont les demie-mesures comme celle que vient de prendre le gouvernement qui sont dangereuses, elles ne sont destinées qu’à gagner du temps, elles ne clarifient rien.

        C’est logique qu’un mouvement qui menace la politique menée par le gouvernement et l’aristocratie de l’argent qui le soutient, soit travaillé (infiltré ?) par des individus, des groupes, qui intentionnellement ou objectivement sont les adeptes les plus farouches de l’ordre établi, au besoin en semant le chaos pour le rétablir sous une forme plus dure encore.

      2. Pierre-Yves, peut-on encore parler de « gouvernement » lorsque ses marges de manœuvre sont étroitement bornées par les limites du PSC européen et sa déclinaison nationale, le PLF ?

        C’est avec un mélange d’effroi et d’amusement que l’on peut prendre la non-réponse du « gouvernement » aux revendications sociales: non seulement il nous dit que les augmentations de taxes ne sont que reportées à plus tard, mais dans sa terrifiante ingénuité il nous signale que les mesures qu’il est obligé de prendre pour calmer la populace vont couter 2 milliards au budget de l’État. En clair, la possibilité de sortir du bac à sable tracé par l’aristocratie de l’argent est totalement inenvisageable, en dehors du cadre mental. L’univers commence et s’achève par le TINA !

        Nous sommes donc dans la situation où il faut faire discuter un mouvement totalement horizontal sans représentants, avec un « gouvernement » laissé sans aucune possibilité de marge de manœuvre budgétaire par ses maitres ! Car il est bien sûr totalement hors de question pour les dominants de voir désamorcer la pompe à fric qui fait ruisseler les richesses vers le haut de la pyramide sociale.

        Sous ces conditions, le « gouvernement » n’a plus d’autres choix que la politique du pire, attendre voire provoquer les drames, pour mettre en place l’état d’urgence tout en communiquant sur la défense de la démocratie face aux hordes fascistes.

        Impact dans trois, deux, un…

      3. « Les médias qui disent s’opposer à Trump ne cessent de lui faire de la publicité gratuite et les gens intelligents et condescendants qui méprisent les ignares au bas de l’échelle sociale travaillent pour les Trump et Bolsonaro sans, apparemment, s’en rendre compte. Néanmoins, Thomas Piketty avait déjà établi les similitudes entre les politiques économiques de Trump et de Macron indiquant que la ligne de partage entre néolibéralisme et ploutocratie autoritaire est étroite. »

        https://decodeurs360.org/societe/comment-se-cree-le-terreau-de-lextreme-droite/

      4. « peut-on encore parler de « gouvernement » lorsque ses marges de manœuvre sont étroitement bornées par les limites du PSC européen et sa déclinaison nationale, le PLF ? »

        Je me répète, mais les marges du gouvernement sont en fait assez larges. La situation internationale les a grandement augmentées, du fait que :
        1) L’Allemagne n’a plus qu’un seul allié fiable parmi les grands pays, et c’est la France. Pour des raisons diverses, Grande-Bretagne, Italie, Pologne, pire encore les Etats-Unis sont tous en opposition frontale avec Berlin. Et ce n’est pas la Russie qui peut lui servir de solution de secours
        2) D’autre part, l’Allemagne est fortement gênée par sa dépendance en matière de défense. La France qui a la capacité d’assurer seule sa survie en cas de guerre internationale n’a pas ce souci qui ne peut être que comme une sourde inquiétude au-delà du Rhin

        Si le président de la République va de l’avant, l’Allemagne suivra. Parce qu’elle n’a pas d’autre choix. Et si l’Allemagne suit, il va de soi que Bruxelles aussi.

        La question est de savoir si le président de la République est prêt à utiliser ces marges de manœuvre. Je n’en sais rien, mais je n’en serais sûr ni dans un sens ni dans l’autre.

        « Toujours le chef est seul en face du mauvais destin » (Charles de Gaulle)

      5. Répétition pour répétitions :

        – l’Allemagne laissera-t-elle le PSC se faire saborder (si l’Italie et la France ne le respectent pas, pourquoi les autres pays n’en feraient-ils pas de même) ?
        – l’Allemagne compte en cas d’agression russe, scénario très improbable, sur l’armée US et non sur l’armée française dont les effectifs tiennent tout entier dans le Stade de France.

        D’accord avec le grand Charles, mais reste à savoir si Macron est un chef d’État ou un simple DRH de la start-up nation ?

      6. D’accord Roberto, j’aurais plutôt dû répondre à vos arguments :

        « l’Allemagne laissera-t-elle le PSC se faire saborder »

        Dans le scénario Aghion, l’Allemagne n’aurait pas le choix. Ni elle, ni Bruxelles n’ont le pouvoir par exemple d’empêcher l’Italie de faire un budget hors des clous (et avec bras d’honneur en prime). A plus forte raison s’agissant de la France. A plus forte raison quand la France est le dernier allié fiable (et Macron continuerait de faire tous les bruits nécessaires sur la coopération et le grand avenir de l’UE).

        La seule alternative pour l’Allemagne serait de sortir de l’euro. D’une part elle ne le ferait sans doute pas, parce que l’euro tel qu’il est lui est un grand avantage et son démantèlement non négocié entraînerait de graves pertes (voir la balance Target2). D’autre part si par extraordinaire elle le faisait… ce ne serait pas si grave pour la France 🙂 ! A vrai dire, un euro limité à France, Italie, Espagne, Bénélux plus quelques autres… pourrait bien devenir viable, une zone monétaire peut-être pas exactement optimale mais disons pas si loin d’un optimum qu’elle provoque problèmes et crises à répétition.

        « l’Allemagne compte en cas d’agression russe, scénario très improbable, sur l’armée US »

        Tout à fait d’accord. Ce que j’évoquais est que l’Allemagne est bien moins sûre d’elle-même depuis l’élection de Donald Trump – qui a provoqué immédiatement un débat sur l’opportunité de construire des armes nucléaires allemandes, même s’il a rapidement débouché sur la conclusion qu’il en résulterait plus de mal que de bien. La défense du pays est toujours basée sur l’idée que les Etats-Unis le protégeraient… mais la chose n’est plus tellement assurée.

        L’Allemagne ne compte certes pas sur la France pour sa défense. Mais cette inquiétude sourde qui il me semble continue à exister en arrière-plan fait qu’elle sera d’autant moins encline à s’éloigner de son dernier allié, même si celui-ci fait de son point de vue des choses folles (augmenter la dette ! Donnerwetter !)

        « D’accord avec le grand Charles, mais reste à savoir si Macron est un chef d’État ou un simple DRH de la start-up nation ? »

        C’est la question, exactement.

        Pour Emmanuel Macron, c’est l’épreuve du feu. Soit il se transmue en chef d’État – quelqu’un ici croit à l’alchimie :-/ ? – et les trois prochaines années ne seront pas nécessairement bonnes, mais un scénario d’évolution plus positive est pensable. Soit il ne le fait pas, et alors je ne sais pas ce qui peut advenir mais je crains que la situation empire beaucoup, et peut-être gravement, avant que des chemins plus positifs soient trouvés.

        Ce que j’ai perçu d’Emmanuel Macron jusqu’ici ne me rend pas spécialement optimiste. Mais je me rappelle aussi que les hommes peuvent surprendre, pour le pire comme pour le meilleur.

      7. En étant bien d’accord qu’il ne s’agit que d’hypothèses et non de certitudes 😉

        – Le Germanxit est à mon sens une hypothèse extrêmement sérieuse. Bien entendu que l’Allemagne y perdra, mais elle pourra se replier sur son hinterland constitué des pays captifs tels que Tchéquie, Slovaquie, Pologne dans une moindre mais importante mesure, et sur ses pays vassaux tels que l’Autriche ou la Hollande. Ce qui fait tout de même un ensemble de poids. L’autre solution consistant à voir ses fondamentaux monétaires se dégrader si plus personne ne respecte le PSC, ce qui outre la psychologie allemande marquée par l’histoire monétaire du pays et le traumatisme de 1929, offrira un boulevard au storytelling de l’extrême-droite sur ces vertueux et courageux allemands qui travaillent pour les touristes du club méd.

        – Concernant la défense allemande, elle est assez déliquescente avec des matériels cloués au parc faute d’entretien (surtout dans le domaine aérien), et soumise à des procédures très contraignantes de la part du Bundestag pour son utilisation (l’héritage d’une lourde histoire bien sûr). Autrement dit, les seuls armées robustes –et la puissance est ici toute relative- en Europe de l’Ouest, restent la française et l’anglaise. Quant à une armée européenne, qui viendrait forcément concurrencer et doubler les structures otaniennes, elle est dans les limbes. Juste un beau sujet pour discours électoralistes l’œil fixé sur la ligne glorieuse du futur. Personne n’en veut, et surtout pas en France ! Bref, même si les USA ne sont plus un partenaire fiable, l’Allemagne n’a pas vraiment d’autre choix.

        Hypothèses suite, concernant Macron. Au bar du café du commerce, je parie une grenade lacrymogène que sachant la situation sans issue, il va jouer la politique du pire : attendre le drame pour pouvoir utiliser tout l’appareil répressif et liberticide législatif laissé par le bon président socialiste Hollande. Comme il est douteux que cela suffise si le pays bascule dans l’insurrection populaire, ne lui restera alors plus que la dernière cartouche, celle de la dissolution afin de tout changer pour ne rien changer.

        En fait, même si le personnage est absolument détestable -vieille maxime militaire, quand le général en face est nul, priez pour qu’il soit conservé à son poste-, il ne s’agit pas d’un problème d’hommes, mais de régime.

      8. @PYD
        5 décembre à 9h35

        Personne ne les « tient à l’écart », ils s’y mettent tout seuls.
        https://www.rtl.fr/actu/politique/gilets-jaunes-la-perception-de-l-opinion-peut-changer-dit-guillaume-roquette-7795815679

        Il me semble plutôt Pierre-Yves, que les GJ ouverts d’esprit et ouverts au dialogue, de fait les GJ LIBRES,
        O Tann ou Jacline Mouraud, entre autres, sont bel et bien empêchés voire menacés de MORT , eux et leurs proches, donc dans leur intégrité PHYSIQUE par des GJ RADICALISES. Méthodes dignes de la N’Dranghetta plus que d’une « démocratie représentative » me semble t-il isn’it ?
        Je ne vois aucune « logique » dans une menace et ce, quelle qu’elle soit, une menace est une agression, point barre. Je vous concède volontiers que le manque de concertation démocratique, voire le manque d’ancrage territorial et les maladresses patentes, émanant de cet exécutif et du président, n’ont rien arrangé, so what ?what’s the crime ?
        Cela dit, je ne confond pas logique et perversion ; voire une manœuvre opportuniste couplée à une tentative de récupération démagogique, effectivement des plus grossières et des plus courantes, hélas, surtout chez les revanchards médiocres et les mauvais perdants !
        Plus c’est gros, plus ça fonctionne. La « stratégie du chaos », pas besoin d’être grand clerc, même les « bébés » connaissent les ficelles…mais il est vrai que leur pouvoir d’expression est plutôt limité et que la démocratie n’est pas encore un acquis… pour un individu en pleine croissance. Entre autres. Et qu’ils ne connaissent pas les Bannon et autres tireurs de ficelles bien à l’ombre et bien planqués qui envoie le populo se faire viander et la démocratie avec, de préférence. Donald l’agité du tweet est, aussi, comme par « hasard » à la
        « manœuvre »…
        Oui à l’expression démocratique, ouverte et pacifique et RESPECT aux GJ ! Non aux manipulateurs et autres infects manipulateurs des souffrances d’autrui !

        Entendu ce matin sur France Inter, un gilet jaune intewievé, qui s’est clairement DESOLIDARISE de ces GJ menaçants et de cette violence. Merci à lui ! Et c’est tout à leur honneur de vouloir s’organiser, pour porter leur revendications par des moyens d’expression démocratiques. Faire le « ménage » ? Ben vi, à l’instar de ce qui est reproché à E Macron, il serait temps , effectivement qu’ils le fassent !

    1. Comme il y a actuellement autant de présidents et de revendications prioritaires différentes qu’il y a de giratoires en France , je ne prendrai en compte que la vidéo que je mettrai moi même sur les réseaux sociaux .

      1. il est juste question d’entendre ce qu’ils disent
        par exemple, leur volonté de s’organiser
        d’avoir des délégués par région
        pas des représentants
        etc.

    2. « Certains » se sont fait la malle, pendant que les GJ se faisaient attraper et donc ont eu « moins de bol », c’est ballot…

      Au tribunal, peu de casseurs, mais des «gilets jaunes» hébétés
      « Comme la semaine dernière, les profils des casseurs interpellés diffèrent. Pour la plupart intégrés socialement, ils semblent découvrir la portée de leurs actes. »
      http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/03/01016-20181203ARTFIG00303-au-tribunal-peu-de-casseurs-mais-des-gilets-jaunes-hebetes.php

      1. oui, bien sur cet aspect de son intervention ne m’a pas échappé, mais ce qui retient mon attention est le refus de la récupération et la volonté de s’organiser, contrairement aux participants de Nuit Debout, par exemple, et bien sur le nombre de participants à cette vidéo qui passe de la centaine, au millier et à la dizaine de milliers.

  21. Ah zut, ah les cons, z’ont compris que moratoire de 6 mois c’est juste une pause pour 6 mois et qu’après on remet la pompe à fric en marche : des pauvres vers les riches. Un bel élément de langage pour ces pauvres députés LAREM : ça coûte 1 ou 2 milliards ! Quel scandale : on va fâcher la CE… on ne va pas arriver aux 3 %.
    Oups ! «Ce jeudi [05.07.2018], le magazine « Challenges » publie le classement des 0,001% des français les plus riches. Cette année, le patrimoine des 500 premières fortunes françaises s’approche des 650 milliards d’euros. Une somme équivalent à 30% du PIB de la France. Et qui ne cesse d’augmenter.
    Depuis la première édition du classement, en 1996, le total du patrimoine des plus riches est passé de 81 milliards à 650 milliards d’euros. Depuis 2008, leur fortune a doublé et augmenté bien plus que la production nationale. Surtout pour les dix premiers du classement qui ont vu leur fortune quadrupler alors que celles des 490 suivants a seulement doublé. »
    Des rapaces et des imbéciles car à tout vouloir on peut tout perdre.
    Quelque chose d’extraordinaire arrive : les yeux s’ouvrent. Le « diner de cons » est fini ! Ils ont bien ri dans les beaux restos où ils fêtaient leurs victoires, depuis des années, des cons qui votaient Sarkozy, Hollande et Macron. Fini ! Les « cons » ont compris. Les cons se révoltent en masse.
    Je ne sais pas s’il y a des GJ qui viennent ici mais qu’ils sachent mon entière solidarité et je sais que je ne suis pas seul ici.

    1. Une interview de Sophie Wahnich parue aujourd’hui sur Mediapart :

      « Le plus souvent, nous dit Machiavel, les troubles sont causés par les possédants, parce que la peur de perdre engendre chez eux la même envie que chez ceux qui désirent acquérir. En effet, les hommes ne croient pas posséder en toute sécurité s’ils n’augmentent pas ce qu’ils ont. En outre, possédant déjà beaucoup, ils peuvent plus violemment et plus puissamment susciter des troubles. » À force de vouloir toujours dominer davantage et accumuler davantage et ainsi appauvrir et exaspérer le petit peuple qui, lui, veut simplement vivre dignement.

      Car selon Machiavel « le peuple désire n’être ni commandé ni opprimé par les grands, tandis que les grands désirent commander et opprimer le peuple ». Si, pour lui, tous les hommes sont « méchants », ils ne le sont donc pas à parts égales. Les grands ou la noblesse le sont par nature bien davantage que les autres car leur désir vise leur bien particulier tandis que le désir du peuple vise par nécessité un « bien » universel – la liberté de tous identifiée à leur sécurité.

      1. C’est déjà ça , même si ça n’était pas le but .

        En parlant de représentativité , je revenais au sujet du billet .

      2. Et que penser alors de la vidéo du jour de Paul intitulée : « C’est là … c’est là … c’est la révolution ! » ?

        Moi elle me fait penser à une autre assez récente vidéo où Paul faisait (de mémoire) la remarque suivante :
        que ferions-nous le 14 juillet 1889 lorsqu’un ami se présenterait à notre domicile nous disant que tout le monde se dirige vers la Bastille .. et de répondre :
        — on y va !

        PS. une lecture trop rapide m’a fait penser dans un premier temps que Paul dans la vidéo du jour ne disait rien de spécial, que de son balcon, il se faisait simple reporter. Puis j’ai réalisé qu’il avait écrit non pas « c’est la révolution », mais :  » c’est là … la révolution. »
        La révolution serait donc en marche 🙂 Ou alors c’est c’est un lapsus révélateur !

        Je referme cet interlude pour détendre l’atmosphère.

      3. @PYD :

        J’ai dit plus haut quelle était la Révolution qui pèse .

        Celle montrée par Paul Jorion serait d’ailleurs bien pauvrette si elle devait se résumer à 150 lycéens qui ont de la peine à se mêler au trafic des …bagnoles et camions qui passent sur l’allée perpendiculaire , ou aux quarante mêmes lycéens que je suis allé rencontré vers 16 heures devant les grilles de la préfecture d’Annecy .

        Quand bien même nous n’aurions plus la même assemblée nationale dans deux mois , notre révolution franco-française ne serait qu’un épiphénomène mondial comparable à une guerre régionale , dans le contexte géopolitique actuel et futur .

      4. @Juannessy
        Bon pied bon œil.
        Moi qui vous imaginais cloué dans un fauteuil devant votre ordinateur tel un Hawking alpin.
        Encore un mythe qui s’effondre.

      5. Juannessy,
        Je pensais que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix pouvait être décidée unilatéralement par un pays. C’est pas moi qui l’a dit, mais l’hôte de ce blog. Alors non, dans ce cas, une révolution franco-française ne serait pas tout à fait inutile. 😉

      6. @Arkao :

        Il faisait beau et c’était la foire de la Saint André ( un méga marché de soldes de tous types de babioles , avec près d’un millier de petits vendeurs de tout Rhône Alpes et au delà ) . Bref , l’occasion de faire les deux ou trois kilomètres à pied qui épargnent à la sécurité sociale plus de comprimés , et de discuter le coup au passage avec les lycéens ( majorité de lycéennes d’ailleurs ) qui jouaient du tambour devant la Préfecture en sortant du lycée Berthollet .

        Si ça reste prévu , je pense d’ailleurs participer à ma deuxième marche  » pour le climat » ce samedi ( et si on n’a pas la neige d’ici là ) .Quitte à cracher mes dernières dents , autant que ce soit pour le vrai péril .

      7. @PYD :

        Si vous pensez que , s’il y a prochaine assemblée , elle se souciera de l’interdiction de la spéculation sur les variations de prix , c’est un ….pari qui me parait encore plus risqué que de … penser que cette évolution franco- française fera tache d’huile dans un monde qui ne veut même pas admettre qu’il y a le feu à la maison .

        Je sais bien que c’est l’ambition du taulier , mais il va lui en falloir des vidéos sur Facebook et du temps consacré à Place Publique , pour déjà incrémenter ça dans le débat actuel qui ne veut pas du débat mais des sous .

        La même énergie pour faire bouger l’Europe ou au moins les quatre ou cinq pays qui y pèsent , hic et nunc , me semble plus « payante » et plus assurée de faire le lit de cette condition forte d’un nouveau système .

        Mais je l’admire de continuer à ne pas se résigner , même s’il rencontre des difficultés avec les  » (sans) transitions ».

        Arkao a finalement raison , j’en ai trop vu et entendu qui ressemblait déjà à ce que je vois et j’entends , contradictions comprises .Il est temps de me taire davantage , en concluant comme Serres : » il aurait fallu un récit utopique , un exode …où, rencontrant telles circonstances et sachant les négocier, un groupe innombrable échapperait à deux morts conjuguées: celle qu’inévitablement l’on rencontre et celle qu’il prépare de ses propres mains . Je n’ai pas su l’inventer. Je soupçonne que ceux qui le concevront ouvriront avec bonheur la porte close devant ma faiblesse » .

        Pardonnez ma faiblesse , mais ne me demandez pas de ne pas reconnaitre le noir et le blanc .

        Aimez vos enfants et gardez le sourire.

    2. Juannessy
      Nous sommes écartelés par deux nécessités, celle de penser la percolation d’un nouveau paradigme avec sa temporalité au long cours, et celle de penser l’urgence, avec ses effets de seuil dont nous ne connaissons pas les termes.
      Nous ne pouvons donc tabler pour notre survie que sur l’accélération du processus percolateur pour avoir le temps de mettre en place les bonnes solutions.
      Dans cette perspective toute fenêtre politique qui s’ouvre est une opportunité pour produire l’accélération sus-dite. Il me semble que nous sommes en train de vivre un tel moment, qui tombe pas du ciel mais vient à la suite d’une suite de séquences, dont la dernière avait été la démission d’Hulot et la première la suppression de l’ISF en début de mandat.. Macron a son corps défendant est un accélérateur de percolateur 😉
      Ne me faîtes pas plus naïf que je ne le suis, rien ne dit que la séquence sociale et politique que nous vivons en ce moment débouchera sur quelque chose de vraiment positif.
      Mais si on essaye rien, pas à l’aveugle, mais faisant tout notre possible pour appréhender toutes les facettes d’une situation, on aura peut-être perdu une bonne occasion.
      C’est l’essence du politique qu’il n’est pas maîtrisable et qu’il y a toujours une part de risque dans la mise en oeuvre des possibles que l’on entrevois, suppute.
      Et c’est aussi par le dialogue, en échangeant nos arguments, qu’on améliore nos chances de limiter les sottes attitudes, les erreurs de jugement, auxquelles personne ne saurait échapper.
      La politique en temps de crise, ce n’est pas seulement une affaire de nombres, de rapports de force, ce sont aussi des systèmes de valeur qui se transforment.

      1. Je sais , j’ai tenu aussi ce discours .

        Mais si je suis un ancien et toujours adepte de Tolstoï , c’est que je crois , par humilité acquise , plus à la « précipitation » (au sens du phénomène physique ) d’événements multiples , de natures différentes , de poids et de saveurs multiples , d’envergure mondiale , qu’à la «  »percolation » de quelques idées géniales franco-françaises qui auraient leur place , mais comme élément secondaire et infime dans une valse , que plus personne ne maîtrise et dont la musique est donnée en fait par l’environnement terrestre qui orchestre la nature et l’heure des « phénomènes » ( des précipitats environnementaux ). Et ce qui « précipite » actuellement est hors d’échelle avec une « révolution » française .

        Alors que nous ne savons percoler que des choses mineures , peu nombreuses , contradictoires ou opposées à celles des autres .

      2. Je suis d’accord pour la précipitation auxquels participent des évènements multiples.
        Je ne pensais pas aux seules « idées géniales ». Un évènement politique et social participe de la précipitation.
        Le fait que cela se passe dans un pays en particulier, à un moment particulier a son importance tout de même, car tout évènement concerne d’abord des communautés politiques ; les gens reçoivent les informations, communiquent sur l’évènement dans leur langue propre, en un lieu qui leur est familier. C’est dans ce cadre que les choses résonnent en quelque sorte. Le cadre politique national est lui-même la résultante de contraintes extérieures, qui sont multiples. Toute transformation interne a donc des conséquences sur ce qui se passe à l’extérieur des frontières. Nous le voyons avec l’Europe. Les USA ….
        Pouvons-nous nous payer le luxe d’attendre qu’une multiplicité d’évènements mondiaux précipitent la survenue d’une solution ? Il me semble qu’à l’heure de la mondialisation un évènement fort qui surgit en un endroit du monde peut encore produire des effets ailleurs, et pourquoi pas sur l’ensemble du monde. Et cela à une vitesse jamais connue auparavant. La bêtise systémique qui semble si stable pourrait donc être abolie aussi rapidement qu’elle s’est établie si certaines conditions précipitaient les choses dans une certaine direction à la faveur d’un évènement imprévue précipitant des choses estimées jusqu’ici hautement improbables. Si certains cliquets en quelques endroits étaient désactivés par exemple.

        Les gilets jaunes sont d’une certaine manière la métaphore de cela : en bloquant finalement un nombre limité d’endroits névralgiques ils provoquent, voire précipitent, certaines choses. Par exemple le fait qu’un gouvernement se trouve acculé à aller chercher des ressources budgétaires ailleurs que dans les taxes indirectes, l’oblige soit à aggraver la déséquilibre dans le partage des richesses dès lors qu’il n’imposerait pas davantage les plus riches, et procéderait comme le préconise Lemaire à de nouvelles coupes budgétaires, soit l’incite à changer de cap en instaurant un partage plus juste. Bref, un tel mouvement, même s’il n’est pas animé de cette intention, peut produire un tel effet, en portant les contradictions d’une politique à leur paroxysme. Sur le plan de l’évolution de l’opinion, cela a forcément un impact, car les contradictions sont mises à nue. Une compréhension plus évidente de certains mécanismes s’ensuit.

      3. @PYD :

        ça n’est pas faux , et j’ai moi même indiqué qu’une explosion française participait à son très petit niveau à la totalité des éléments qui se combinent . J’indiquais aussi que l’utilisation de cette éventuelle énergie devait sans délai être d’un niveau européen pour signifier une promesse réalisable et actrice dans la marche du monde , sinon ce sera juste un instant de digestion un peu pénible dans le repas des deux ogres . Hors je ne vois rien de ce genre , que ce soit des tractations ou des manifestations spontanées  » ailleurs » .

        Et en l’état , compte tenu de la violence , et de la « non représentativité » , je vois plutôt , à l’expérience de l’histoire , que l’énergie dégagée soit utilisée par qui l’on sait , avec des troupes défiant avec « Liberté , Egalité , Fraternité  » écrit dans le dos .

        Fraternité . Le comble de l’ironie .

        J’ai pris la crève hier . A plus tard .

      4. juannessy
        soignez-vous bien.
        PS. effectivement ce que vous dites est un scénario plausible.
        Il me semble que plus nous retardons les moments de la révolte organisée plus grandes seront les chances que ce scénario se réalisera dans sa version violente.

  22. Macron s’est perdu, cet après midi. demain ou un peu plus tard.
    Quant a savoir si ce seront des lendemains qui chantent voici peut être un élément de réponse. En espérant un rebondissement inespéré.

    SONDAGE – Selon une étude d’opinion publiée ce mardi, le Rassemblement national est le seul parti à connaître un regain de popularité en plein mouvement des Gilets jaunes.

    https://www.lci.fr/politique/marine-le-pen-tire-profit-de-la-crise-des-gilets-jaunes-dans-l-opinion-selon-un-sondage-ifop-fiducial-pour-paris-match-2106480.html

      1. Eh oui Julien, ces gens sont trop cons pour comprendre pour qui ils vont voter bientôt…
        Juste une question : à qui la faute s’il y avait ─ ce que je n’analyse pas ainsi ─ un 3e tour dans la rue ?
        À qui la faute si l’on est est arrivé là ? Un simple sentiment d’injustice auquel une bonne pédagogie pourra remédier ?
        Mais bon, comme ça a été dit je suis un idiot qui veut la révolution par procuration.
        Il est temps que je revienne à mes lectures et travaux personnels divers.
        Hasta luego !

      2. « Ah le jaune serait-il une couleur ultra-Marine ? »

        Meuh non, enfin, quelle drôle d’idée.

        La dream team de Bannon et de ses sbires en embuscade. Comme vous y allez, m’enfin….

        « Cette théorie est notamment diffusée par des élus locaux du RN ou par Bernard Monot, député européen Debout la France. Dans une vidéo intitulée “Le remplacement des européens par des migrants, une réalité” et qui comptabilisait mardi après-midi plus de 400 000 vues, il affirme que l’ONU recommande de remplacer les citoyens européens par des hommes et des femmes issus de l’immigration. “Macron signera des deux mains (…) L’Europe est à la veille d’un tsunami migratoire de type invasion et colonisation” assène-t-il.  »
        https://www.franceinter.fr/info/la-france-va-passer-sous-administration-de-l-onu-la-folle-rumeur-qui-agite-des-gilets-jaunes

      3. @ Julien Alexandre 4 décembre 2018 à 22 h 42 min
        …/… si « lepeuple » voulait le programme de Méluche, « lepeuple » aurait voté Méluche …/…
        oui, bien sur, mais il ne vous a pas échappé que la liste de revendications publiée par FranceInfo,
        qui ne peut être soupçonné d’être un partisan de JLM, est étonnamment compatible pour ne pas dire plus avec le programme de la FI.
        Pour ma part cela m’a étonné, agréablement étonné.

      4. @ Julien Alexandre 6 décembre 2018 à 21 h 08 min
        Avez vous bien lu la liste des revendications publiée par France Info à laquelle je fais référence ?
        Je ne vois là que des revendications de gauche dont une seule qui pourrait aussi être revendiquée par la droite et l’extrême droite, celle demandant la reconduction dans leur pays des demandeurs d’asile déboutés.
        ____________________________________________
        *Le mouvement a envoyé aux médias et aux députés un communiqué
        comprenant une quarantaine de revendications, jeudi. **
        **Les revendications des « gilets jaunes » dépassent désormais
        officiellement la seule question des prix du carburant. Dans un long
        communiqué envoyé aux médias et aux députés, jeudi 29 novembre, la
        délégation du mouvement liste une série de revendications qu’il souhaite
        voir appliquées.*

        « Députés de France, nous vous faisons part des directives du peuple
        pour que vous les transposiez en loi (…). Obéissez à la volonté du
        peuple. Faites appliquer ces directives », écrivent les « gilets
        jaunes ». Des porte-parole de la délégation doivent être reçus, vendredi
        à 14 heures, par le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre
        de la Transition écologique, François de Rugy.

        Augmentation du smic à 1 300 euros net, retour à la retraite à 60 ans ou
        abandon du prélèvement à la source… La liste comprend de nombreuses
        mesures sociales, mais également des mesures concernant les transports,
        comme la fin de la hausse des taxes sur le carburant et la mise en place
        d’une taxe sur le fuel maritime et le kérosène. Voici cette liste non
        exhaustive de revendications :

        • Zéro SDF : URGENT.
        • Davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire
        davantage de tranches.
        • Smic à 1 300 euros net.
        • Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. Cesser
        la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes
        qui tuent le petit commerce et davantage de parkings gratuits dans les
        centres-villes.
        • Grand plan d’Isolation des logements pour faire de l’écologie en
        faisant faire des économies aux ménages.
        • Impôts : que les GROS (MacDo, Google, Amazon, Carrefour…) payent GROS
        et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
        • Même système de Sécurité sociale pour tous (y compris artisans et
        autoentrepreneurs). Fin du RSI.
        • Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. Pas
        de retraite à points.
        • Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
        • Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
        • Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de
        transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit
        au ticket restaurant et au chèque-vacances.
        • Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les
        allocations doivent être indexés à l’inflation.
        • Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations.
        Protéger notre industrie, c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
        • Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille
        sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des même
        droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire
        français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur
        doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
        • Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour
        les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
        • Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une
        industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement
        écologique, contrairement à la voiture électrique.)
        • Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts
        de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la
        dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres, mais en
        allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
        • Que les causes des migrations forcées soient traitées.
        • Que les demandeurs d’asile soient bien traités. Nous leur devons le
        logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les
        mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient
        ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la
        demande d’asile.
        • Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays
        d’origine.
        • Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en
        France implique de devenir français (cours de langue française, cours
        d’histoire de France et cours d’éducation civique avec une certification
        à la fin du parcours).
        • Salaire maximum fixé à 15 000 euros.
        • Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
        • Augmentation des allocations handicapés.
        • Limitation des loyers. Davantage de logement à loyers modérés
        (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
        • Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage,
        aéroport…)
        • Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la
        gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de
        l’ordre soient payées ou récupérées.
        • L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra
        servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la
        sécurité routière.
        • Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu
        privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix
        baissent de manière conséquente.
        • Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de
        poste, des écoles et des maternités.
        • Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de
        l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du
        bien-être gris commence.
        • Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la terminale.
        • Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
        • Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création
        d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de
        contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette
        proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de
        loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale
        qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700
        000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
        • Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la République.
        L’élection des députés deux ans après l’élection du président de la
        République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au
        président de la République concernant sa politique. Cela participait
        donc à faire entendre la voix du peuple.)
        • Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillé dans un
        métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la
        retraite à 55 ans.
        • Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des
        aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
        • Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
        • Pas de prélèvement à la source.
        • Fin des indemnités présidentielles à vie.
        • Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs
        clients utilisent la carte bleue. Taxe sur le fuel maritime et le
        kérosène. »

    1. Avant mon moratoire sur ce blog : Arnaud, le propre de l’Histoire est de ne jamais se répéter et d’être imprévisible. Selon la formule de Dac : les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir.

      1. L’élection de Trump était imprévisible,
        L’élection de la Ligue était imprévisible
        l’élection de l’extrême droite en Andalousie était imprévisible.
        Etc etc etc

    1. Bof! Ceux-là on leur donne rapidement leur carotte et puis ils retournent au boulot comme les agriculteurs (appel à la grève aussi la semaine prochaine pour protester contre la hausse des taxes sur les produits phyto).

      1. Effectivement, jusqu’à présent cela c’est souvent passé ainsi. Mais aujourd’hui sera-ce encore le cas avec toutes ces colères qui semblent se coaguler et la véritable haine qui se focalise sur Macron ?

      2. Plus intéressante serait une jonction entre les marcheurs pour le climat samedi et les gilets jaunes qui reviendront dans la capitale, la boucle serait bouclée en quelque sorte, celle de l’écologie et du social.
        C’est ce qui pourrait arriver de mieux, même si cela se réalise partiellement, c’est bon à prendre.

      3. Les marcheurs pour le climat pourraient carrément revêtir un gilet jaune sans oublier d’amener leurs pancartes pour l’avenir de l’humanité.

      4. Pierre-Yves, les jiléjônes auraient aussi pu se joindre à la marche contre la violence faite aux femmes à Paris, non ?

        Z’ont sans doute pas voulu se laisser « piéger » par un moratoire sur les « caresses un peu fermes » 😉

        De manière générale, je suis d’avis que ce soit le plus petit groupe qui se joigne au plus grand plutôt que l’inverse. 8.000 péquins fluos à Paris le 24 novembre, contre 30.000 au calme de l’autre côté.

      5. Julien
        En ce qui me concerne je ne ferais pas de paris sur les nombre des gilets jaunes présents à Paris samedi.
        M’est d’avis que pour faire du mouvement des gilets des jaunes quelque chose qui ouvre de nouvelles perspectives une bonne tactique consisterait justement à s’approprier le gilet jaune comme signe de ralliement pour une transformation plus profonde de la société (j’ai vu à Paris, j’ai même une photo, des gilets jaunes avec leur pancarte « liberté égalité fraternité ») : laisser les gilets jaunes à eux-mêmes c’est la meilleure manière de laisser tous les combats isolés les uns des autres et d’entretenir l’incompréhension mutuelle. En nous mêlant les uns aux autres, bariolés de jaune de vert de rouge, peut-être que dans le geste quelques idées passeront mieux d’un bord à l’autre. Plus de conscience sociale chez ceux qui marchent pour la planète, et réciproquement. Tous les gilets jaunes ne sont pas sexistes, il y en a aussi, même comme dans toutes les couches de la société, on en a même découvert de sévères au sommet d’EELV..

      6. @PYD :

        Mao avait compris ça en format très intéressant : tout le monde avec son petit livre rouge .

        Mussolini avait aussi un gout prononcé pour les couleurs « uniformes « .

        Certains avaient même inventé les bulletins de vote en couleur , plus faciles à repérer .

        Quand on pense qu’on n’impose pas la blouse grise obligatoire à l’école , quel scandale .

        ( c’est moi qui devient fou ?…)

      7. Juannessy,
        et le 14 juillet, et pour Charlie, tous les drapeaux bleu blanc rouge, c’est Mao, Mussolini ?

      8. Si vous annexez pour l’y confondre le « bleu-blanc-rouge » avec quoique ce soit d’autre , on ne sera jamais d’accord entre nous deux ( enfin sur ce point là , car ça fait trop longtemps qu’on s’apprécie . Ne me faites pas le coup du moratoire ! ) .

      9. Juannessy
        et le gilet jaune avec sa pancarte « liberté égalité fraternité » (désolé il ne connait pas juannessy, il n’y avait pas « étendu au vivant »), il compte pour du beurre ? 🙂
        Je vous fournis la photo (très belle photo m’ont dit ceux qui l’ont vue, désolé pour cet excès d’immodestie), si vous m’en faites la demande.

      10. @PYD :

         » étenduE » au vivant !

        Marianne et son drapeau n’appartient pas à un homme ou une femme seuls ;

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant ne vit et n’existe que lorsque tout le pays se trouve la même motivation pour se réunir derrière le drapeau et la devise .

        C’est d’ailleurs ce qui m’a fait écrire assez tôt que ceci n’était pas une révolution , car le pays est coupé en 5 voire six morceaux de poids comparables , dans un ensemble européen qui lui même s’anémie . Et qu’on cherchait la colle sur un marché où les deux colles disponibles ne feraient rien d’autre qu’agréger les acheteurs aux deux vendeurs .

        Mais si vous avez des idées pour leur faire adopter la colle de notre devise avec le mode d’emploi , Banco .

      11. @ Julien Alexandre 4 décembre 2018 à 22 h 32 min
        J’ai participé à la manif contre les violences faites aux femmes, notamment en jouant avec l’Orchestre debout sur la place de la République, je vous assure qu’il y avait des gilets jaunes sur cette même place, et qu’ironie de l’histoire, les manifestants contre les violences faites aux femmes ayant choisi la couleur violette, les GJ se trouvaient en parfaite complémentarité.
        Par ailleurs, destinataire de la liste de diffusion ATTAC Ile de France, je vous informe qu’un texte appelant expressément au rassemblement des GJ et la marche pour le climat circule en ce moment même.

  23. En attendant tous a vos gilets verts pendant qu’il en est encore temps…
    https://nousvoulonsdescoquelicots.org/agir-ensemble/

    7 DECEMBRE, JOUR DE FÊTE NATIONALE
    Le vendredi 7 décembre à 18H30, les signataires de l’Appel se retrouvent à nouveau devant les mairies de leurs villes et villages. Inscrivez-donc votre rassemblement sur cette page!

    Ça va swinguer, coquelicots à la boutonnière ! Nous vous avons concocté quelques chansons pas piquées des vers (à télécharger ici). Aux nouveaux venus, on souhaitera la bienvenue et on se rappellera ensemble le sens de l’Appel. Ceux qui étaient là la fois précédente dresseront un bilan des 2 mois écoulés et nous imaginerons ensemble les prochaines actions à mener. Avec UN objectif central, impératif, essentiel: récolter des signatures. A l’aide des feuilles de signatures, via une tablette ou avec votre téléphone portable. Faire signer, c’est le mot d’ordre!

    Enfin, si vous avez prévu le coup, on descendra quelques verres de vin, de cidre ou d’orangeade, au milieu des cris d’enfants, des sonnettes de vélos, des tambours et des casseroles. Juré, on va à nouveau s’amuser et faire du bruit.

    PS: Il nous est arrivé aux oreilles que des municipalités enquiquinent certains d’entre vous en leur réclamant des assurances ou en laissant entendre que des agriculteurs pourraient venir leur frotter les oreilles… On vous a concocté une petite note, pour rappeler l’essentiel: se rassembler est un droit (constitutionnel, même!).

      1. @Arnaud
        Des cahiers de revendications décentralisés (souvent à l’échelle du département) sont en cours de réalisation un peu partout. Il ne faut pas oublier qu’il y a parmi les gilets jaunes des syndicalistes mécontents des stratégies de leurs centrales et qui apportent leur expertise militante sur le terrain.

  24. Brèves de presse:

    Lors de son allocution de fin d’année Jupiter voyait 2018 comme « l’année de la cohésion de la Nation » 🙂
    «Je ne suis pas fait pour diriger par temps calme. Mon prédécesseur l’était, mais moi je suis fait pour les tempêtes.» E.Macron, The Guardian, octobre 2017
    (E. Todd: « Macron a un rapport particulier à la réalité qui mériterait l’intérêt des psychologues ».)

    Les chauffeurs routiers, les ambulanciers, les transporteurs de fonds et les déménageurs sont appelés à la grève à partir de dimanche soir, et pour une durée indéterminée, par les fédérations CGT et FO du secteur du transport

    La Fédération CGT des Services publics annonce le depot d’un preavis de greve pour le samedi 8 decembre et pour la periode du 9 au 31 decembre.routier.

    Attac appelle à rejoindre les #GiletsJaunes

    Lycées, Tolbiac …

    «Parce que la transition écologique suppose la défense de la justice sociale, gilets jaunes et climat doivent pouvoir se rejoindre !» L’appel de ⁦@MicheleRivasi⁩ de ⁦@EELV⁩ à la convergence dans ⁦@libe⁩ avant samedi prochain

    Nicolas Hulot a appelé à un report de La marche pour le climat . « C’est mon avis personnel, ça n’engage que moi, je trouve que ce n’est pas le moment car c’est un risque de confrontation supplémentaire et de confusion des messages », a-t-il dit.

    « C’est la 1ère fois que je reçois un tel ordre » un CRS. Selon L’Express, les unités de #CRS auraient reçu la consigne de procéder à des tirs tendus de lanceurs lacrymogènes à hauteur d’homme samedi dernier à #Paris. Une pratique interdite, justifiée par le contexte.

    Le gouvernement s’obstine, Macron exclusivement s’agite à draguer l’armée et la police. Les craintes de Todd d’un coup d’état sont bien réelles.

    1. Depuis ce matin le calendrier de l’Avent s’enrichit:
      -Préavis de grève illimitée déposé dans la Police Nationale à partir du 8 décembre 2018 (Syndicat VIGI)
      – Un syndicat de police, la FPIP a rejeté la prime promise aux CRS.
      -Le Syndicat de la magistrature appelle les professionnels et citoyens à participer la journée « Justice pour tous » du 12 décembre! Le préavis de grève est déposé
      -Les dockers des ports de Marseille et de Fos sont en grève totale en soutien aux lycéen.nes réprimés hier à Marseille
      -Le syndicat Sud Rail appelle les cheminots à rejoindre en masse le mouvement des #GiletsJaunes .
      A cet effet nous mettons à votre disposition l’ensemble de notre outil syndical, ainsi qu’un préavis de grève reconductible.
      -La CGT Éduc’action appelle les personnels de l’Éducation nationale à se mobiliser, à se réunir pour envisager les suites permettant la convergence des luttes, y compris par la grève.  »
      – La CGT, FO, SUD santé et solidaires lancent un appel à la grève
      à suivre…
      Un peu d’optimisme: RUFFIN : #BDR39 : BRAVO, ÉCLAIR DANS LA NUIT DE L’HISTOIRE, CHEVAL DE TROIE & LA NUIT DES GILETS JAUNES https://www.youtube.com/watch?v=WfbPvd0lvg8
      Un portrait de Macron, en échos à ce que raconte Todd:
      DÉMOSTHÈNE : « MACRON EST DÉSORMAIS PERÇU PAR BEAUCOUP COMME UN PERVERS MANIPULATEUR » https://lemediapresse.fr/idees/demosthene-macron-est-desormais-percu-par-beaucoup-comme-un-pervers-manipulateur/

  25. @Roberto Boulant 4 décembre 2018 à 9h59
    Outre le coût prévisible de ces mesures provisoires, il faut tenir en compte les pertes économiques induites lors de tous ces événements qui faisaient suite à  « Nous ne changeons pas de cap » donc à l’entêtement obtus de l’exécutif face à une demande gérable à l’origine.
    Le plus agaçant était également de constater que, lors de différents débats sur les chaînes de télévision, les députés se comportaient, à peu de nuances près, comme les défenseurs bec et ongles des décisions de l’exécutif plutôt que comme élus du peuple dont ils étaient censés être les représentants.
    Quant au ruissellement vers le haut, l’analogie avec un cours d’eau remontant vers le haut de la montagne est un peu tordue, ne faudrait-il pas adopter l’analogie de la sublimation de la neige ou de la glace qui passe de l’état solide à l’état gazeux sans passer par la phase liquide ?
    L’exécutif ne revient pas sur la suppression de l’ISF mais se propose d’en évaluer les conséquences d’ici 1 an, l’imposition de 1,7 % de CSG sur les retraites, on ne parle pas de sa suppression.
    Une chose est sûre, la conjonction de ces deux mesures a eu un impact certain sur les dons, ils sont en chute libre :
    https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/En-panne-dons-associations-salarment-2018-12-03-1200987035

    1. Le ruissèlement vers le haut est plus qu’une analogie tordue, c’est une réalité répugnante.

      Et l’impossibilité, au sens physique, de son énoncé dit mieux à mon sens la machinerie mise en place pour le hold up, que l’évaporation ou la sublimation qui sont eux des processus naturels. Mais c’est bien sûr une question de goût et de préférences.

  26. Issu du fil d’actualité du Figaro ce soir :

    « L’Élysée redoute la venue de personnes pour «casser et tuer», samedi à Paris
    Alors que le gouvernement a multiplié les appels au calme mercredi, l’Élysée craint des manifestations d’une «grande violence», samedi prochain, à Paris. La présidence, contactée par Le Figaro, redoute un «noyau dur radicalisé» de «gilets jaunes» venus «pour casser et pour tuer». L’exécutif fait état «d’appels à tuer et à venir armé afin de s’en prendre notamment aux parlementaires et aux forces de l’ordre». »

    Ça recoupe un élément marquant de la conversation privée que j’ai rapportée plus haut il y a deux jours avec l’un des CRS qui était sur le terrain dans le quartier de l’Etoile samedi 1er décembre, comme quoi « La grande inquiétude pour samedi prochain, c’est qu’en face certains en viennent aux armes à feu. »

    La conversation incluait des détails de situations tactiques potentielles, que je ne vais évidemment pas rapporter ici. Mais qui montrent que déjà en début de semaine l’hypothèse était prise très au sérieux.

    Il y a un risque que la journée de samedi soit véritablement dramatique.

      1. Je pense que la question n’est pas là. Pas besoin d’évoquer le risque d’une provocation téléguidée par quelque service secret.

        Il y a des gens qui ont des armes en France, il y a des groupes d’extrémistes violents – ultra-gauche ou ultra-droite – dont l’objectif peut être de tuer du flic et l’espoir de provoquer une réaction disproportionnée, il y a des groupes criminels qui ont des armes et pourraient voir une occasion…

      2. Justement, tous ces braves gens peuvent être les idiots utiles d’un gouvernement aux abois qui pourrait être tenté de voir dans l’état d’urgence la seule manière de sortir d’un conflit d’un type nouveau, auquel il ne sait pas (et ne peut pas) répondre.

        Solution extrêmement risquée parce que les forces de l’ordre sont déjà en surchauffe depuis longtemps, et qu’il parait difficile qu’elles aient les moyens de faire respecter l’état d’urgence, non pas dans une ou deux « banlieues », mais sur l’ensemble du territoire. Sans omettre le fait que des étudiants, voire des lycéens, ont l’intention semble-t-il de manifester samedi prochain, et que si l’un d’eux venait à être tué, toute la responsabilité en retomberait sur M. Macron, puisqu’il est de fait PR et Premier ministre.

        Solution extrêmement risquée donc, mais les gens qui sont supérieurs intellectuellement avec une pensée subtile sont bien connus pour oser tout…

      3. A qui profite la suspicion de délit d’intention ?

        Les morts se consoleront avec les fleurs que l’esprit subtile de Roberto Boulant apportera sur leurs tombes dont on espère qu’elles seront moins profanées que celle du soldat inconnu .

        Les gilets jaunes ont permis ce jour là , l’avènement d’un gouvernement autoritaire en France , et la fin probable du modèle social français .

      4. « Les gilets jaunes ont permis ce jour là , l’avènement d’un gouvernement autoritaire en France , et la fin probable du modèle social français »

        Salauds de pauvres qui viennent troubler notre confort. S’ils ne peuvent endurer en silence, que l’on fasse donner la troupe !

        Bref, ce sont les pauvres les responsables, et non la violence des riches.

        Et pour le délit d’intention, voyez le premier secrétaire de M. Macron, c’est lui qui parle de morts, seul lamentable moyen qu’ait trouvé ces gens-là pour dissuader les manifestants…

      5. @Juannessy
        Tombe du soldat inconnu. Belle illustration du caractère composite de ce mouvement. Ne me dites pas que vous n’avez pas vu cette image de ce groupe de gilets jaunes assis et soudés chantant la Marseillaise autour de ladite tombe. Comme il est impossible à l’heure actuelle, pour le sociologue et l’historien, de recueillir le témoignage des acteurs, nous en sommes réduits à des interprétations spéculatives. Parmi ces dernières, rien n’interdit d’évoquer la réappropriation d’un symbole national « souillé » par le ratage mémoriel de l’itinérance présidentielle.
        Je m’explique: Pour une très grande majorité des français, la Grande Guerre c’est la boucherie, l’horreur des tranchées, le deuil et, maintenant nous avons le droit de le dire, l’incompétence criminelle d’un partie de l’État-major et de ses généraux d’opérette. Le Président de de la République n’a pas intégré cette donne, ni les travaux récents des historiens. Une fois de plus il s’est montré inculte et complètement déconnecté de la réalité sociale et culturelle du pays.

      6. Je sais bien que ce ne sont pas les gilets jaunes qui avaient imaginé profané la tombe du soldat inconnu , et que certains ont tenté de s’y opposer .

        Je sais par contre ce qu’on peut faire avec un mouvement de foule (pauvre ou pas ) non structuré , et ce qu’il peut en résulter qui n’est jamais ce qui a motivé d’apparence ou de fond , la mise en route . Soit qu’on soit du côté des machiavels conscients ( et j’espère et sais que tous les politiques le sont ) , soit qu’on soit des machiavels de l’ombre , soit qu’on ne maîtrise plus rien du tout car la violence a ses caractéristiques propres qui ne permettent aucun pronostic.

        Autre que le retour aux urnes dans le cas idéal , dans un contexte de ruée vers « l’ordre » .

        Déjà vu et inévitable .

        Pour la fin plus ou moins rapide du modèle social français , ça n’est que mon pronostic , en fonction de ce que pourra faire la France dans le contexte mondial actuel , et dans le contexte français qu’elle aura elle même créée .

        Je ne voulais pas laisser le monopole des prophéties au taulier .

        Les gilets jaunes pauvres ou pas , ne sont que des auxiliaires dans l’affaire .

        La responsabilité est fondamentalement celle du matériel politique français au sein duquel les « courants » de la gauche sont les premiers défaillants .

      7. Tout cela peut être résumé simplement : nous assistons à une crise de régime puisque le peuple n’est plus représenté.

        Et si en plus le PR dispose de tous les pouvoirs, il devient logiquement responsable de tout. Rajoutez à cela la dévitalisation des corps intermédiaires, et le PR se retrouve seul devant le peuple dans la rue.

        De l’avantage du cliquet pour faire exploser la machine.

        Sans omettre que les quasi-pleins pouvoirs ne suffisant pas à notre Machiavel de carton, celui-ci gouverne par ordonnances pour précipiter la fin du modèle social français. Tout en passant son temps à insulter les français(es). N’en jetez plus!

        Ceux des américains qui souhaitent voir Trump empêché vont être rêveurs devant un Président qui s’auto-empêche de lui-même en l’espace de 18 petits mois.

      8. @ Arkao,

        Le ratage d’Emmanuel Macron sur ce sujet est d’autant plus navrant qu’il était aisément évitable.

        L’hommage aux maréchaux de la Grande Guerre aurait parfaitement pu être maintenu, en rappelant simplement cette réalité pourtant élémentaire que Philippe Pétain n’est pas maréchal de France. Il n’est même pas simple soldat, car toute dignité de ce genre lui a été retirée lors de sa condamnation pour les faits que nous savons.

        L’Histoire ne doit certes pas être changée, et c’est bien lui qui était à la tête de l’armée française lorsqu’elle remporta la victoire. Mais il a été frappé ensuite de ce que les Romains appelaient la damnatio memoriae, l’annulation de tous les honneurs, et les recherches historiques sur la période ont confirmé qu’il ne l’avait pas volée.

      9. @ Juannessy,
        « Les gilets jaunes ont permis ce jour là , l’avènement d’un gouvernement autoritaire en France , et la fin probable du modèle social français . »

        C’est le scénario des législatives de juin 1968. Je n’y crois pas du tout, car il suppose le ralliement de la majorité au « parti de l’ordre ». Mais où est-il, celui-là ? Emmanuel Macron et LREM sont identifiés comme les principaux responsables du mouvement Gilets jaunes, donc comme une source de désordre. Et aucune des trois oppositions principales (LR, RN, LFI) n’apparaît comme crédible dans le sens où l’opinion imaginerait que « un Tel peut faire mieux ». Il n’y a pas de parti de l’ordre où se réfugier…

        Ou encore ce pourrait être un scénario « J’utilise l’article 16, je prends les pouvoirs exceptionnels ». Mais d’une part ce dispositif est limité (le parlement continue à siéger, le conseil constitutionnel peut remettre en cause s’il estime que ça dure trop longtemps), d’autre part et surtout le gouvernement ne pourrait pas réprimer des manifestations vraiment de masse. Et la raison est simple : il n’a pas les troupes pour.

        Les policiers, les militaires sont avant tout des Français. Comme la majorité de la population, il y a toute raison de penser que la majorité approuve le mouvement Gilets jaunes. Qu’on leur demande de protéger la République contre les casseurs ou contre des tentatives d’intrusion à l’Elysée ou au Parlement, ils le feront bien évidemment. Mais s’ils recevaient des ordres de tirer sur une foule pour faire disparaître des manifestants, comment imaginer qu’ils obéissent ? De même, les militaires se sont peut-être engagés en espérant « casser » du terroriste, certainement pas de la mère de famille et du jeune qui manifeste.

        Or la seule manière de casser le genre de manifestation de masse qui suivrait certainement une tentative du président d’établir un régime autoritaire, c’est la solution Tiananmen, on en tue quelques centaines ou milliers et les autres resteront chez eux parce qu’ils tiennent à la vie. Pas possible en France. Et si Macron était suffisamment fou pour essayer – je n’y crois pas du tout – il ne ferait que décider de sa chute, qui se terminerait en procès pour haute trahison.

        On ne peut établir un régime autoritaire sans disposer soit de l’assentiment d’une majorité de la population (Vladimir Poutine par exemple), soit d’une troupe de prétoriens suffisamment détachée du corps social pour mitrailler sans ciller une foule de concitoyens innocents. Ni l’un ni l’autre n’existent aujourd’hui en France.

      10. Ouaf ! Ouaf ! Qu’est ce qu’on se marre !

        Ça me fait penser à Mélenchon qui voulait faire de l’élection européenne le simple outil pour dégommer Macron . Ce à quoi je répondais ( ici , pas à Mélenchon qui ne me lit pas ) , que Macron était déjà dégommé dès sa fin de mandat , et que JLM ferait mieux de faire de l’élection européenne une véritable chance pour répondre aux injustices du monde .

        Le même grief aux oppositions de tous bords , qui se sont contentés de cacher leur incapacité à vraiment voir venir le clash derrière les caricatures de Macron ( et il était et reste caricaturable) , et de mettre en musique cohérente les nouvelles donnes et nouveaux concepts qui pouvaient déstabiliser capitalisme et néo-libéralisme , pour offrir un autre espoir à ceux qui sont au fond ou craignent d’y tomber . Seul Hamon , dans les temps récents a essayé de porter une idée neuve qui ait un sens social profond .

        J’ai souvent vanté les maires de petites et moyennes communes , et « la territoriale » y compris celle d’Etat . Je reçois comme un espoir de réalisme et équité , la montée au front de ces maires là , qui étaient au bord de l’abandon en grand nombre pour les prochaines municipales ( des sortes de gilets jaunes institutionnels ) , et qui ont des tas de choses à dire et à faire pour apporter les vraies issues immédiates et de moyenne haleine .

        L’aménagement du territoire retrouvera alors son réalisme et fiabilité juste de proximité , que tous les gouvernements depuis quarante ans ont abandonné aux logiques économiques u capitalisme libéral .

        Le plan Marshall est là . Les « Banlieues  » s’y intègrent . Colossal travail et énormes ressources et maîtrise d’œuvre directe » publiques nécessaires ( dont les gratuités ) .

        Dans un contexte de disparition du travail , de baisse des salaires , de dettes , de caisses vides , de critiques insensées de la pression fiscale , et de profond déséquilibre de la répartition des richesses ( insensées en ce qu’elles ne prennent pas la mesure du lien direct entre cette fiscalité et notre modèle social ) .

        Que ce soit assez rapide ou surtout pour les européennes , on vote pour qui ? et surtout pour quoi ?

      11. Pour quoi ?
        Pour un Parlement croupion dont la principale prérogative, c’est déjà ça, est de pouvoir décerner le prix Sakharov une fois l’an.

        Pour qui ?
        Vu le pouvoir du Parlement, est-ce vraiment important ? Nous pourrions envoyer 74 députés de la même formation politique à Strasbourg, que cela ne changerait pas grand-chose.

      12. @Jacquot :

        Vos arguments ont leur pertinence , mais nous n’allons pas vers des analyses réfléchies . Si les choses se « précipitent « , c’est le dernier état d’âme qui fait le vote dans l’isoloir .

        C’est vrai par contre que Wauquiez qui aurait pu rafler la mise , est à la ramasse ( et de sa faute personnelle) .

        J’aimerais me tromper sur la couleur de la casaque qui sortira du chapeau , et sur le poids de la France dans le contexte mondial .

      13. On aura donc trouvé à qui profite le crime :

        à Roberto Boulant qui veut la place du PR ( pour l’écrire comme lui , ça vaut un tableau Excell) Macron , ou d’un autre d’ailleurs éventuellement .

      14. Non , conclusion logique .

        A moins que Roberto Boulant soit le porte parole d’une écurie particulière ?

        Auquel cas : le crime profite à l’écurie particulière ( sans doute nationaliste si pas souverainiste ) .

      15. Puisque vous prenez plaisir à écrire mon nom pour me prêter je ne sais quelles intentions malfaisantes faute de pouvoir me contrer sur le terrain des arguments, me serait-il possible de connaitre votre véritable nom « Juannessy » ?

      16. Appelez vous Robboul si vous voulez , ça ne change rien à la conclusion logique .

        En quoi serait il malfaisant ,d’être le porte parole d’une écurie ?

        Ce qui serait malfaisant serait de ne pas l’annoncer . Capisto ?

        De mon côté , je traine le même pseudo depuis 15 ans et ne  » représente » que moi même , c’est dire si ce que je raconte est de peu d’importance , sauf parfois pour moi , en m’aidant à mettre de l’ordre dans mes idées et vérifier si je suis encore d’accord avec moi même .

      17. – A moins que Roberto Boulant soit le porte parole d’une écurie particulière ?
        – On aura donc trouvé à qui profite le crime :à Roberto Boulant qui veut la place du PR
        – Auquel cas : le crime profite à l’écurie particulière ( sans doute nationaliste si pas souverainiste )
        – Mais je ne m’y risquerai pas , car Roberto Boulant m’a déjà appris qu’il se battait avec une épée et un poignard caché dans la botte

        En lieu d’argumentaire, des insinuations et des attaques ad hominem caché douillettement derrière un pseudo. N’est-ce pas la définition de ce qu’est un troll ?

      18. Désolé arkao de vous donner cet impression. Si je veille toujours à rester sur le terrain des idées et de l’argumentation, il est toujours délicat de de faire face à des gens qui utilise un pseudo, non pas pour protéger leur identité sur le net, chose compréhensible, mais pour se livrer à des attaques ad hominem et à d’insidieuses insinuations lorsqu’ils sont à court d’arguments.

      19. @Arkao :

        Je suis déjà assez déplumé comme ça ! et si c’était un duel , je vous prendrais comme témoin .

        Mais je ne m’y risquerai pas , car Roberto Boulant m’a déjà appris qu’il se battait avec une épée et un poignard caché dans la botte ( sans que ça ne choque trop François Leclerc apparemment ). Le genre de truc qui me fait changer de trottoir définitivement et juger d’un bonhomme .

      20. Oui, vous n’avez pas supporté de ne pas être le plus bel oiseau du blog de François Leclerc, c’est à dire de produire un commentaire sur 3 ou 4, et vous en êtes parti comme Giscard sur un Adieu assez comique.

      21. Pourquoi ne serait-ce pas bien de nommer les choses ? C’est la définition même du troll que d’insinuer, d’insulter ou de polluer le débat, tout en se cachant derrière un pseudo.

      22. Si jamais c’est passé inaperçu à François Leclerc , je fais en fait référence à un billet de son blog présenté sous la plume de Roberto Boulant (RAS ) , qui commence à être commenté , avec des réponses fournies ( RAS au contraire ) du même Roberto Boulant .
        Jusqu’au moment où mes commentaires n’étant pas du goût de l’auteur du billet ( RAS ) , je commence à constater que mes commentaires tardent à être incrémentés ( pourquoi pas ) mais surtout que les réponses de Roberto Boulant s’incrémentent dans la même seconde que ma question ( une réponse s’est même incrémentée avant la question dans la file ) .

        C’est alors que j’ai compris ce que les commentateurs ne savaient pas , c’est que Roberto Boulant assurait aussi la modération du site et qu’il trouvait normal de le faire sans l’avoir précisé . Le genre de chose qu’on ne me fait pas deux fois ( d’où mes demandes de précision à Julien Alexandre ) .

        Quand on trouve que je gène , il suffit de me le dire , je m’en vais .Pas besoin de dés pipés .

        Roberto Boulant serait il la vérité du siècle que je ne me fierais pas à sa parole .

        J’ai plus confiance dans une promesse de Jducac ou de Vigneron .

      23. – « Juannessy », il est impossible qu’une réponse apparaisse sous un commentaire non publié.

        – « Juannessy », vous n’avez jamais été censuré sur le blog de François Leclerc et toutes vos réponses ont été publiées,

        – « Juannessy », si vos réponses tardent à être incrémentées c’est que nous ne sommes que deux, François et moi, à nous occuper de la modération.

        – « Juannessy », si vous voulez savoir qui fait la modération d’un site, c’est effectivement extrêmement compliqué : il faut poser la question. Vous l’avez d’ailleurs fait sur le blog de Paul Jorion, et vous avez eu la réponse immédiatement.

        – « Juannessy », personnellement que vous fassiez vôtre le blog de Paul Jorion au point de produire un quart des commentaires de certains papiers ne me gène absolument pas. Vraiment. Ce qui me gène par contre, c’est que lorsque faute d’argument vous passez à l’insinuation et à l’attaque ad hominem.

        Et puisque c’est vous qui faite allusion à cet épisode sur le blog de François Leclerc, tant pis pour votre petit égo, mais j’invite tous ceux que ça intéresse à jeter un œil au papier en question et aux commentaires, les vôtres comme les miens.

        https://décodages.com/2018/07/12/trump-joue-le-demantelement-de-leurope/

    1. Monsieur Macron,
      la situation est explosive.
      Vous devez désamorcer rapidement, avant demain, l’irréparable, ce n’est pas moi qui le dis, c’est un de vos ministres qui s’inquiète à juste raison, quoi qu’on puisse penser de lui.
      Il s’agit du contrat social, auquel il vous faut redonner un peu de sens. Pour cela il vous faut faire un geste qui fasse l’unanimité de tous. Un geste, non pas de concession, mais simplement qui apaise, devant lequel la violence ne peut que reculer. Ainsi vous sortirez par le haut de la crise au regard de l’histoire. Je ne fais pas allusion ici à votre avenir politique, il s’agit ici des Français, dont vous êtes le président, ainsi le veut notre constitution.

      1. Cet homme s’est-il tellement isolé qu’il n’y a même plus un bon écrivain dans son entourage pour l’aider à écrire un bon discours ?

      2. « Les associations des maires ruraux et des petites villes de France demandent à leurs élus d’ouvrir leurs mairies samedi, jour de mobilisation annoncée des « gilets jaunes », pour permettre aux citoyens d’exprimer leur colère et leurs revendications. »

        Merci à eux, dans ce climat propice aux messages délétères et clivant à souhait, d’apporter des ouvertures au dialogue, à l’écoute et aux échanges citoyens constructifs souhaitables. J’ai la chance d’avoir un maire , dans mon village qui est ouvert, avec une vraie humilité et à l’écoute (DivG) et qui a cet état d’esprit. Service !!!

  27. Les associations des maires ruraux et des petites villes de France demandent à leurs élus d’ouvrir leurs mairies samedi, jour de mobilisation annoncée des « gilets jaunes », pour permettre aux citoyens d’exprimer leur colère et leurs revendications.
    Contre « la surdité » de ceux qui gouvernent, les maires veulent « permettre à chacun de nos concitoyens d’exprimer verbalement leur colère », écrivent l’Association des maires ruraux (AMRF) et l’Association des petites villes de France (APVF) dans un communiqué commun.
    « Lors de cette journée, le rôle du maire et du conseil municipal sera d’écouter, d’enregistrer et de faire remonter l’information, sans prendre parti, sans juger, sans contredire… », poursuivent-elles. « Charge ensuite à l’Etat de récolter, d’écouter et de synthétiser les remontées », précisent les deux associations qui regroupent environ 11.000 maires.
    Une synthèse départementale des « doléances et propositions » devrait être ensuite diffusée « au gouvernement, au parlement et aux médias ».

  28. Je suis rarement en désaccord avec Paul, mais ici je ne peux qu’exprimer ici un désaccord.

    L’équation Fake-news = Gilets jaunes, me semble fausse.

    Quel rapport entre les Gilets jaunes et les fake-news ?
    Certes il y a des leaders auto-proclamés qui versent dans cette inepte tendance, mais est-ce vraiment cela le trait le plus caractéristique de ce mouvement ?
    Ce qui est visé c’est l’Etat, comme source de leur mal-être. Et comment pourrait-il en être autrement dès lors que c’est bien l’Etat (et Macron comme son représentant) qui est à l’origine et applique la politique fiscale ? Ce n’est même pas l’Etat comme institution qui est remise en cause, c’est son injustice. C’est l’argent qu’ils ont en moins d’ou le slogan souvent inscrit sur les gilets : « rendez l’argent! » et les sommes d’argent que les plus riches ne paient pas.
    Autant dire que les Gilets jaunes font de la politique. Les corps intermédiaires ne remplissant plus leur rôle, ils invitent la politique dans la rue. Plutôt que les jacqueries du Moyen-Age c’est 1830, 1848 …. avec des différences bien sûr, l’histoire ne se répète pas à l’identique. Les GJ c’est même tout à fait inédit ; si l’on doit dire que c’est une jacquerie alors précisons que c’est dans le contexte d’une société démocratique, ce qui change tout et dès lors change la définition du mot jacquerie.

    La vidéo se termine en disant en passant : « Les gueux qui disent n’importe quoi ». S’agit-il de citer le discours dominant pour le critiquer, ou de reprendre à son compte ?
    Si l’on garde le titre de la vidéo, où il est bien question de fake news je suis bien obligé de conclure que la bonne interprétation est effectivement : ils disent n’importe quoi, les Gilets jaunes.
    Si c’est le cas, c’est une mécompréhension de ce qu’est la parole des Gilets jaunes, comme le rappelle Edouard Louis dans son intervention récente où il dit en substance qu’aux Gilets jaunes on refuse toute autonomie de pensée, faisant d’eux des non-sujets.
    Certes ils sont divisés, les revendications n’entrent pas dans les clous du discours académique, mais ils disent des choses, en se réunissant ils se forgent une nouvelle conscience politique.
    Il se passe beaucoup de choses admirables parmi ces gens qui bravent le froid et tiennent des barrages à des endroits névralgiques de l’économie d’un pays. Ce sont pour moi des gens ordinaires qui font d’une certaine façon des choses extra-ordinaires. Ils réinventent les barricades mais adaptées à la société du XXème siècle. Ils réinventent les modalités du rapport de force.
    Un mouvement comme les GJ ne peut se résumer à une simple jacquerie, il faut avoir mis un peu entre parenthèse la sociologie pour ne pas voir que c’est un phénomène social total comme dirait Mauss. Il y a les GJ, mais il y a toutes les interactions, les discours qui s’articulent autour de leur action, qui fait que ce mouvement a pris une toute autre dimension, si bien qu’on a maintenant une crise sociale, politique, et peut-être même de régime.

    Je ne suis pas d’accord non plus avec l’idée que les GJ c’est seulement l’étincelle qui embrasse la prairie. Il y a cela, c’est incontestable, mais on ne peut pas réduire l’analyse à seulement cela, c’est trop simple.
    Il y a un contexte politique bien particulier. La nécessité de faire de la transition énergétique une question sociale est une chose qui n’allait pas de soi, or les GJ ont permis, après la séquence Hulot, ne l’oublions pas, que la question sociale soit intégrée à la réflexion politique relative à la transition énergétique, ce n’était sans doute pas intentionnel mais le résultat est là. Pas certain qu’une révolte sous un autre « prétexte » aurait donné ce résultat précis.
    Hegel est évoqué mais dans la vidéo il n’y a pas d’analyse historique dialectique des GJ, comme mouvement qui s’insère dans le débat démocratique, dans le mouvement des idées relatives
    à l’approche qu’on peut avoir de l’écologie.

    Enfin, il n’y a pas de parallèle possible entre les fake news et la limitation à 80 km/h.
    Cette limitation n’engage pas la question de la vérité, il s’agit juste de la perception que c’est insupportable de devoir se limiter et c’est d’ailleurs ce que Paul dit.
    Comment est-il possible dans ces conditions de raccorder cet exemple à une démonstration comme quoi les gilets jaunes diraient n’importe quoi ?
    Les automobilistes ne produisent aucune théorie parallèle, aucune post vérité concernant le fait de devoir rouler moins vite.

      1. Le langage et les vidéo des « élites » , sont condamnés aux malentendus ( et encore , là , PYD restait soft )

        Il y a des circonstances , où , comme dans certaines réunions de famille ( les enterrements par exemple ) , il vaut mieux se contenter de « condoléances  » plutôt qu’à croire bien faire avec le beau discours qui tente de rassembler ce que l’on retiendra de la vie et du message du défunt ( s’il y a un message , ce qui est très rarement le cas ) .

      2. Si Paul, ce malentendu peut être partagé et j’en témoigne.
        Dans l’équation de la post-vérité il y a Trump et les fachos… d’où GJ = post-vérité = Trump = fachos.
        Je sais qu’ici certains (Julien par ex.) ont condamné ce mouvement comme s’il n’était, je cite, « qu’un 3e tour » contre l’élection de Macron et par conséquent une émanation des forces rouge-brun du RN à Méluche. C’est leur droit d’interpréter comme ils veulent (et je sais qu’il y a bien des infiltrations nauséabondes) ─ et même avec un ton cassant et méprisant. Je ne voulais plus revenir sur ce forum mais l’heure est grave. Nous devons tous échanger. Voici mes arguments.
        Comme l’a si bien écrit Timiota dans son billet sur les ronds-points, ces gens dans la nuit, la pluie et le froid constituent le même genre d’intelligence collective que l’on a vu partout dans les soulèvement populaires. Il est injuste et totalement contre-productif de les mépriser et de les réduire à des forces obscures. Personne ne doit souhaiter que la violence survienne mais il est profondément triste que Macron ait commencé à céder avec des émeutes. Quand j’ai manifesté il y a quelques années pour les retraites, nous étions nombreux, très nombreux et rien n’a été cédé. Le message finit malheureusement par passer, à qui la faute ?
        Un bien piètre politicien, (un mauvais élève de plus) comme tu le dis et qui nous approche de l’abîme. J’ai voté pour lui contre Le Pen mais, après à peine 18 mois, il risque de lui ouvrir les portes du pouvoir. Tout ça pour ça ?
        Seuls notre soutien et notre support pourront aider ces mouvements à une sortie vers le haut, si c’est encore possible. Comme disait Timiota dans sa belle conclusion je le cite à peu près (pardon) : «sur la place Publique, agora de piétons, faire place aux centaures modernes avec leurs 4 roues».

      3. Paul, la polarisation, c’est aussi dans la division cellulaire, l’étape intermédiaire, et dans les villages en épuisement de ressources (par croissance démographique ou attrition des terres arables) c’est la sorcellerie utilisé « structuralement » pour que deux camps se distinguent d’un tout.
        Mais ici, il y a, dans mes souvenirs lointains de Hegel, différents stade de conscience dans la dialectique maitre/valet. Je crois qu’en résumant les GJ à un stade (et en l’appelant « fake-news »), tu prends le risque de laisser penser que ce mouvement GJ n’est pas en gésine d’autre chose, qu’il dépassera ce stade et que les consciences, des deux côté (maitres et valets) vont bouger. Il a pour lui son intelligence objective, les médiologues l’attesteront sans difficulté : se placer aux rond-points et non aux centre-ville, du coup la question des casseurs devient quasi (« toujours déjà ») une question de riche, n’affectant pas les ronds-points. Idem, pas de représentants, vu que tout ce qui dépasse dans ce style là est retourné contre eux par les bien-pensants. Le « fake-news » est un habit, la polarisation un moment du déphasage… il faut aider les gens (et ceux du blog) à penser globalement, à projeter ce qui fera que les 99% redeviendront 9% de pauvres et 90% de classe moyenne, polarisés par la lutte écologique et pas par les inégalités. Il y a comme un hiatus dans le cheminement que tu dessines, je ne suis pas plus pédagogue dans ces lignes, mais il faut se poser la question de l’être et du coup de laisser la possibilité que le « monde tel qu’il est » ne soit pas décrit uniquement par le vocabulaire des dominants.
        Débat …

  29. Il est envisagé de positionner des blindés du premier groupement de la gendarmerie mobile, issus du Quartier Moncey, Versailles-Satory, dans des casernes proches de Paris.
    Leur utilisation éventuelle pour le dégagement des rues est possible sur ordre du premier ministre.
    On peut percevoir une certaine analogie avec les évènements de la Commune en 1871 :
    -A. Thiers chef d’un exécutif représentant mal la diversité d’un population en souffrance et restant totalement inflexible dans sa volonté de ne pas négocier avec les envoyés de la Commune.
    -augmentation de la solde des troupes massées à Versailles, chargées de la répression.
    -colère qui s’est rapidement transformée en violence aveugle et répression.
    Il est à espérer que l’analogie s’arrêtera à ce qu’elle est pour l’instant et que chacun reprendra ses esprits.

    1. P.S. L’analogie est évidente. Je suis passé à un millimètre de parler de mentalité « versaillaise » ce matin dans ma vidéo quand j’évoque « un désir peut-être obscur et peut-être inconscient de provoquer l’affrontement entre différentes parties de la population ».

    2. Pour ce qui est des blindés prépositionnés , les derniers que j’ai personnellement vus ( et il y en avait un peu partout en France ) , c’était les trois automitrailleuses postées dans la caserne de pompiers où je vivais alors en Avril 1961 .

      Et puis aussi lors de la préparation du G8 d’Evian en 2003 .

  30. Clivages certains, déjà clairs et évidents , de fait, au moment des élections présidentielles de 2017. Mais qui ne datent pas d’hier.

    Bruno Cautrès : « La défiance envers les politiques est structurelle »
    Le vendredi 16 février 2018 Gratuit

    « Méfiance », « dégoût », « corruption »… les termes employés pour désigner la perception des Français de la politique sont alarmants. Depuis presque dix ans que le Cevipof (Sciences-Po) réalise une enquête sur la confiance en politique, le climat n’a cessé de se détériorer entre citoyens et élus. Jusqu’au point de non-retour ?
    Entretien avec Bruno Cautrès.

    « Huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, la dernière vague du Baromètre de la confiance politique du Centre de recherches politiques de Sciences Po, publiée en décembre 2017, permet de prendre le pouls du système démocratique français. Selon le chercheur Bruno Cautrès, qui analyse les résultats de l’enquête, la perte des repères politiques annoncée par le raz-de-marée de La République En Marche au Parlement en juin 2017 est à relativiser. L’« ancien monde » résiste et perdure dans le « nouveau ».

    Bruno Cautrès est chercheur CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) et enseignant à Sciences Po. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques.
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/bruno-cautres-clivage-defiance-politique-confiance

  31. L’analyse de la dernière élection présidentielle que propose Roberto Boulant se focalise sur le premier tour et réduit le second tour à un non choix, alors que celui ci révélait déjà la violence sous jacente à la société française : 4 millions d’électeurs contre le libéralisme, 10 millions 600 milles pour l’extrême droite. Plus de 10 millions adeptes des slogans simplistes, des idées revanchardes, du rejet des institutions, de la haine des riches et de l’autre.

    Est-il besoin de faire un exercice de cartographie et de superposer la carte du résultat du second tour à celle de la mobilisation des gilets jaunes pour s’percevoir de l’évidence : le corps électoral d’extrême droite est majoritairement présent dans les manifestations. Et les activistes de la fachosphère pas en reste sur les réseaux sociaux.

    Une partie de l’extrême gauche y participe certainement puisque, toujours le second tour, une partie des reports de voix sur Marine Le Pen provenait des électeurs de Mélenchon, qui s’était retenu de tout appel à voter Macron. La porosité entre extrême droite et extrême gauche est suffisamment reconnue.

    Certes, il y a des braves et pauvres gens dans ces foules, certes les forces démocratiques et anti libérales se réjouissent du rejet de la politique du gouvernement et projettent sur ces évènements leurs rêves de jours meilleurs pour le peuple.

    Mais quoi, sur la forme, il s’agit d’une émeute où les notions d’auto-gestion, de solidarité, de respect du bien et du travail d’autrui, des institutions et de la démocratie sont totalement absentes et n’émergeront pas de cette colère. Une régression terrible qui frappent les corps intermédiaires, mais aussi tous les acteurs de la solidarité.

    Quand je vois écrit sur un mur ou un gilet « Macron = PD », je ne vois pas une attaque contre la politique du président mais bel et bien que l’homophobie est toujours là.

    La guerre contre le capitalisme libéral sera longue, mais cette bataille là n’est pas la bonne.

    1. Juste une remarque sur la présidentielle de l’année dernière : le second tour a servi à éliminer le candidat considéré le plus mauvais, parce que c’est ce qu’on fait lors d’un second tour. Il ne s’agit pas tant d’un soutien à un candidat que du refus de l’autre.

      L’année dernière :
      – 44% du corps électoral a refusé Le Pen comme la pire des deux
      – 22% du corps électoral a refusé Macron comme le pire des deux
      – 34% du corps électoral a refusé de désigner un candidat comme pire que l’autre, et a préféré laisser les autres électeurs choisir à leur place

    2. Non la bataille ne sera pas longue.

      Ce n’est pas possible d’enfermer toute une population dans une boite avec son étiquette collée dessus : « attention, surtout ne pas approcher : « affreux sales et méchants. »

      L’espèce est en danger, là, tout de suite, oui ou non ?

      Y-a-t-il vraiment urgence ou pas ?

      Est-ce vraiment sérieux cette affaire d’extinction de l’espèce, de l’humanité, a–on le temps de donner du temps au temps ?

      A-t-on encore des années, et même des mois. La seule politique valable n’est-elle pas plutôt celle que l’on fait au plus près ? Comme on remonte le vent au près pour ceux qui connaissent la navigation à la voile ?

      Vieille rengaine, que celles des classes toujours dangereuses, analphabètes , brutales, tiens cela me fait penser à un certain président parlant des ouvrières d’une usine qu’il visitait au cours d’un déplacement dont il avait dit qu’elles étaient analphabètes.

      Si l’on commence par prendre pour postulat que les GJ c’est une masse informe d’infâmes individus irrécupérables juste bon à voter pour le FN, on s’en sortira pas les amis.

      Il faut à tout prix, poser des passerelles, leur parler, et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait samedi dernier avec certains d’entre eux dans la capitale. Il y a parfois des malentendus, parce que l’on ne vit pas dans les mêmes mondes sociaux, avec les mêmes géographies, les mêmes contraintes, mais tout malentendus sont voués à être dissipés par le dialogue et les preuves de bonne volonté qui se manifestent par des actes.

      Certes c’est inconfortable de se confronter aux réalités sociales qui ne nous sont pas familières, mais si nous voulons nous en sortir tous ensemble, il faut bien en passer par là.

      Avez-vous vu le magnifique documentaire à la télévision intitulé « Histoires d’une nation » ?
      https://www.france.tv/france-2/histoires-d-une-nation/
      On y apprend que les classes populaires sont un moment xénophobes, puis un meilleur vent de l’histoire souffle sur la nation, et c’est la fraternisation, la solidarité qui devient LA politique. 1936 : le front populaire. Quelles statistiques pouvaient prévoir un tel retournement ? Les humains sont faits de mots, de sentiments, d’abord, ce ne sont des nombres que parce que par commodité il faut bien les compter dans une société complexe.

      Nous sommes depuis des années dans les basses eaux de la solidarité, mais sans le savoir, se tissent peut-être dans la révolte et tout ce qui l’entoure, des choses prometteuses. Quand tout semble bloqué, que le monde apparaît dans cynique et injuste, comment ne pas être tenté par le ressentiment ? Comment aussi ne pas vouloir autre chose si cet autre chose enfin point à l’horizon ?
      N’est-ce pas le pacte social en mille morceaux le funeste vecteur des maux qui affectent un peuple ?
      Je ne pense pas vraiment que ce soit simplement des statistiques électorales, les sondages qui révèlent le sens de l’histoire, font et défont le monde.
      L’histoire n’est pas écrite.

      1. Pierre-Yves, un peu de sérieux, c’est pas les jiléjônes qui vont empêcher l’extinction de l’espèce, enfin !

        Drouet, Mouraud, Nicolle, Argillier, etc. : c’est la précipitation de l’extinction de l’espèce !

      2. @ Julien Alexandre 6 décembre 2018 à 23 h 28 min
        Et pourtant ils ont au moins trois revendications qui vont dans le bon sens.
        • Grand plan d’Isolation des logements pour faire de l’écologie en
        faisant faire des économies aux ménages.
        • Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une
        industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement
        écologique, contrairement à la voiture électrique.)
        • Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.

  32. Bonjour,
    Juan
    Les adjectifs de couleurs simples tels que blanc, noir, vert, jaune, bleu s’accordent en genre et en nombre avec les NON auquel ils se rapportent !

    JA : 3ème tours des présidentielles et législatives.
    Il y a les mots peuple, colère, légitime, territoire, communauté, riche, pauvre, victime, coupable, pouvoir (d’achat), menaces, mort. Il y a leur histoire. Il y a les phrases construites avec ces mots dévoilant des éléments de langages. Il y a leur(s) sens. Il y a ceux qui les prononcent. Il y a ceux qui les entendent.
    – Je suis en colère, retenez-moi, mais retenez-moi, bon sang, je n’en peux plus
    Les cœurs répondent
    – Oh oui, oh oui comme elle est légitime ta colère
    – Attention attention je ne me retiens plus, je vais être violent. Ca y’est. Je suis violent.
    Le choeur des coeurs
    – T’inquiète pas, t’es légitime, c’est pas à cause de toi, c’est pas d’ta faute,

    Puis il y a les faits.

    Manifestation. Le détournement des colères, carburant de l’extrême droite
    Lancé par des usagers de la route anonymes, le mouvement de contestation contre la hausse des carburants, avec en point d’orgue la manifestation du 17 novembre, est sous le coup d’une OPA politicienne brune qui pourrait l’affadir.
    https://www.humanite.fr/manifestation-le-detournement-des-coleres-carburant-de-lextreme-droite-662989

    La tactique des activistes : faire du dommage collatéral en multipliant les foyers de violence.
    Des gilets jaune pacifistes arrivés équipés pour faire face à une guérilla « au cas où » ils s’enragent des violences policières et qui se sont laissé emporter samedi dernier par la violence de leur indignation à l’insu de leur plein gré.
    Les gilets jaunes à l’origine du mouvement autoproclamés apolitiques qui s’imposent porte-paroles sur les plateaux télé depuis samedi en appelant à envahir l’Élysée samedi prochain.

    En bref :
    https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-10/809225-c-a-vous.html

    Ou comment basculer d’un état de droit à un état de légitimes vengeances., avec appel à couper des têtes, flinguer Macron (façon Kennedy)

    Pour ma part j’exclus les virgules. Point. J’ouvre les guillemets :
    « Si on vous dit que vous avez une bronchite ou si on vous dit que vous avez un cancer (généralisé), ce n’est pas la même chose.”

  33. Les Gilets Jaunes et pas les jiléjônes queue de race comme JA les écrit et décrit et décrie implicitement, (« c’est pas les jiléjônes qui vont empêcher l’extinction de l’espèce, enfin ! »), sont en colère. Personne ici pour le nier ou dénier. Amusant que leur colère soit sympathique au plus grand nombre ici comme ailleurs, alors que celle d’un JLM passe mal : il vrai qu’il est d’une autre classe, celle où on sait et doit bien se tenir à table. Passons.
    Bien sûr qu’il faut causer avec les coléreux, voire les colériques, en général ce qui déclenche une colère soit est énigmatique pour le sujet, soit est mal référencé, soit tient à la façon dont un autre vous maltraite, et si cet autre est inatteignable par un coup de poing dans la gueule à l’ancienne, les objets, les intermédiaires en font les frais. On trouvera un peu de tout ça chez les GJ.
    Croisé une immigrée d’Afrique du nord venue dans les 70’ avec un visa de tourisme, qui a su profiter de toutes les opportunités de naturalisation et d’aide sociales offertes dans notre pays. Résultat 2 enfants ayant fait du Bac + 5 à 7, et un dernier qui suit le même chemin. Succès lié à une rage de réussite sociale pour sa descendance combinée au soutien social et à l’abandon de la religion. L’ennui est que cette personne n’a jamais voté, et voterais FN. Discours anti immigration car ils viennent manger le pain des français et imposer l’islam. Adepte de la théorie du ruissellement, il faut bien des riches pour donner du travail aux pauvres. Etc. De la part d’une personne ayant quitté l’école très jeune, la seule formation de pensées semble avoir été la télé et des échanges avec d’autres personnes à peu près dans la même situation sociale des « quartiers ». Pour rectifier le tir, ce sont des années qu’il faudrait pour corriger de telles visions bien installées à la soixantaine, à moins qu’un effet boule de neige des furieux mais inévitablement fragile agglomère les indécis. Cette personne forte de ses succès n’est pas GJ, au point de manifester de l’incompréhension face aux GJ qui devraient aller voir dans d’autres pays la vraie misère… C’est pas gagné….

    1. NON PYD. Vous me répondez complexité. Comme je ne suis pas plus maligne que les étasuniens les grandbritains et les italiens, je parle compliqué. Le mien, i.e. être vigilante après le Brexit, l’élection de Trump et celle de Salvini, faire le tri entre ce que j’ai envie de croire et sentir d’évidence et ce que je pense. Comment savoir ce que je pense sans chercher à ne pas me conforter (confort) sans lire me documenter apprendre déduire écrire et surtout sans nier ce que j’ai trouvé ?

      Dès le début deux mots étendard en alarme stridente, qualifiant un état indépassable, inconditionnel justifiant toutes les actions, à grand rappel d’évidentes injustices hurlantes : légitime et colère. Un attelage qui ne peut galoper QUE vers l’exaction et non la seule action. Quand Gentil a perdu son deuxième œil sa colère est aveugle.

      L’extrême droite à la main sur tout le mouvement. Pas une ou un des INITIATEURS du « mouvement spontané » 4 mois avant les élections européennes qui ne soit pas proche ou encarté à l’extrême et ultra droite.

      Qui est vraiment Benjamin Cauchy, le porte-parole des “gilets jaunes (libres)” à Toulouse ?
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-qui-est-vraiment-porte-parole-gilets-jaunes-benjamin-cauchy-1578957.html

      La Gilet Jaune Laétitia Dewalle s’inquiète du pacte de Marrakech sur l’immigration que Macron pourrait signer : «Avons-nous les capacités financières de les intégrer ?»
      https://nos-medias.fr/video/la-gilet-jaune-laetitia-dewalle-s-inquiete-du-pacte-de-marrakech-sur-l-immigration-que-macron

      « Vendre la France à l’ONU » : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox
      Le texte de l’ONU en réponse à la crise des migrants est devenu la base d’une théorie conspirationniste dans le mouvement de protestation français.
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/06/vendre-la-france-a-l-onu-de-donald-trump-aux-gilets-jaunes-l-itineraire-mondial-d-une-intox_5393268_4355770.html

      Si tu n’es pas avec moi tu es contre moi. Si tu es contre moi tu es une ordure de collabo et je te crache à la gu….le. Si je le veux, drappé dans ma légitimée colère aveugle, je vais t’exécuter.
      Ce mouvement « spontané » est identitaire souverainiste et nationaliste.

      1. « faire le tri entre ce que j’ai envie de croire et sentir d’évidence et ce que je pense. »

        Oui, parfaitement d’accord avec vous.

        De toute évidence, si les gens sont dans les rues et occupent les ronds-points, c’est qu’ils subissent une violence sociale et économique qui atteint un point insupportable.
        L’économie française n’étant pas isolée du monde, cette violence à naturellement à voir avec le capitalisme mondialisé et financiarisé, mais ceux qui agressent et font souffrir tant de nos compatriotes sont en premier lieu des français : les ‘élites’ économiques et financières via ce qui est devenu leur bras armé, le gouvernement.

        Autre évidence, si les gens sont dans la rue, c’est bien qu’ils ne se sentent plus représentés. Et là encore, la faute de cette violence en incombe aux puissants intérêts privés qui ont transformé la démocratie représentative en théâtre d’ombres en dévitalisant tous les corps intermédiaires ainsi que la représentation de l’AN.

        Lorsque vous écrivez que l’extrême droite a la main sur tout le mouvement, c’est de toute évidence totalement faux. Parce qu’il ne s’agit pas d’un mouvement, c’est-à-dire d’une structure organisée et hiérarchisée comme peuvent l’être la FI ou la LREM, mais surtout, parce qu’il suffit à chacun de descendre en bas de chez lui et de discuter 5 mn avec les GJ pour s’apercevoir qu’il s’agit d’une révolte spontanée échappant à toute mainmise partisane.

        Une révolte qui concerne les gens ayant voté aux dernières élections et donc touchant tout le spectre politique français (RN/LR/LREM/PC/FI/Verts, etc) mais également ceux du premier parti de France, les abstentionnistes.

        Qu’il y ait ensuite des tentatives de récupérations et une bataille pour plaquer sur cette révolte une lecture partisane est une autre évidence.

  34. Lorient, des Gilets jaunes font une haie d’honneur aux marcheurs pour le climat (Info LCI, direct vidéo, il y a 5 minutes.) qui entament leur marche.

  35. Proposition pour donner au peuple ses responsabilités sans inclure les politiques:
    1) Le gouvernement crée un site web où chacun peut écrire une proposition (cfr les cahiers de doléances).
    2) On tire au sort 1000 citoyens chargés de choisir et formuler 10 demandes à partir de 1). Chaque demande doit être budgétisée: Comment et combien on la paye.
    3) Un référendum décide des demandes à réaliser.

    1. Vous réinventez « En marche ».
      Vous éliminez tous les corps intermédiaires.
      Vous aggravez donc le mal.
      Quant à la démocratie 2.0 c’est une illusion : sans substrat géographique concret il ne peut y avoir rencontre des corps pensants. Et donc réelle confrontation des idées et des expériences sur le terrain, préalable indispensable à la délibération collective. C’est ce que nous apprend un mouvement comme les GJ et tout ce qui s’y agrège aujourd’hui.
      Il ne peut y avoir démocratie que là où les choses pèsent de tout leur poids, où la durée fait son oeuvre.

  36. Le sociologue Benoît Coquard a pu interroger 80 gilets jaunes (le 17 novembre).
    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20181129.OBS6311/des-femmes-des-abstentionnistes-des-bandes-de-copains-un-sociologue-raconte-les-gilets-jaunes.html

    Extrait (mais il faut l’article complet) :
    —————————————————————————————————————————
    On peut prendre le problème par l’autre bout, en se demandant d’abord pourquoi le mouvement a été assimilé à l’extrême-droite. Si c’est simplement du fait qu’une partie des «gilets jaunes» vont déclarer avoir voté ou être favorable à Le Pen, il faut rappeler qu’il s’agit d’un mouvement de grande ampleur et que l’extrême droite et les idées qu’elle porte se sont implantées depuis longtemps dans la population générale, pas seulement dans l’électorat d’extrême droite.

    C’est d’autant plus vrai qu’il y a des effets de lieux: dans les régions rurales anciennement industrielles, cela va bien au-delà des seuls électeurs de Marine Le Pen. Se dire pro-extrême droite n’est plus un tabou, on le voit même chez des abstentionnistes ou des électeurs de la droite classique. Pour une partie des habitants, c’est même devenu une forme d’affirmation d’une respectabilité minimale, une manière d’attester que l’on est un «vrai Français», que l’on n’est pas un «cas social», et que l’on se rattache à une forme de pensée aujourd’hui devenue «normale» sur la place publique, souvent incarnée localement par une petite bourgeoisie de commerçants et d’artisans, de personnes «à leur compte» dont on valorise le courage au travail et qui ont un peu de pouvoir à leur échelle.
    ————————————————————————————————————————-

    Si coller l’expression « corps électoral d’extrême droite/extrême gauche » à une bonne partie des émeutiers ne semble pas convenir , on peut dire que la vague populiste commence de déferler…
    https://www.telerama.fr/idees/yascha-mounk-les-citoyens-se-detournent-de-la-democratie-en-nombre-de-plus-en-plus-important,n5870094.php

    Peu réjouissant.

    1. « Un noyau dur de quelques dizaines de milliers de personnes et deux autres strates »

      « C’est un mouvement politique en permanente mutation; aujourd’hui, l’agrégation de toutes les colères contre Emmanuel Macron »

      https://www.franceculture.fr/societe/mouvement-des-gilets-jaunes-revue-des-forces

      Sinon, puisque nous parlons non plus des Gilets jaunes mais de l’électorat du RN, il convient de rappeler inlassablement la responsabilité historique des socialistes qui une fois arrivés aux affaires se sont dévoilés comme soumis à l’idéologie néolibérale, poussant ainsi les « lamentables » dans les bras du RN.

      « C’est la France des fins de mois difficiles. Pas forcément les plus pauvres, ceux qui sont plus à la ligne de flottaison, qui disent qu’une fois qu’ils ont tout payé, ils ne peuvent plus amener, de temps en temps, leurs enfants au cinéma, qu’il y a quelques années ils partaient en vacances et qu’ils ne le font plus. Ce sont des gens aussi qui ne se sentent pas représentés. »

      Peu réjouissant certes, mais totalement prévisible.

      1. J’avoue ne pas très bien comprendre à quoi fait référence ton homo-consumericus, pas à la France des fins de mois difficile j’espère ?

      2. Ah d’accord, j’ai eu peur un moment que nous parlions des ploucs émissaires ! 😉

        Ceux qui sont le frein majeur à la transition écologique ne sont donc pas « ceux qui fument des clopes et roulent en diesel », mais ceux qui achètent des yachts, voyagent fréquemment en avion alors que le kérosène n’est pas taxé et sont les bénéficiaires de l’inégalité économique.

        https://decodeurs360.org/societe/salauds-de-pauvres-a-nouveau/

      3. J’ai tendance à croire que c’est un tout, c’est bien ça qui fait la complexité, la difficulté du bazar…
        Taxer le kérosène pourquoi pas, mais ça ne changera pas grand chose, Hulot vous le dirait…
        Et pour Homo consumericus marketinus, voir aussi Vincent Rey ! 🙂

      4. Taxer le kérosène ne changera pas grand-chose ?

        4,1 milliards de passagers en 2017, soit le double d’il y a douze ans et huit fois plus qu’au début des années 1970.
        Ces chiffres et leur évolution disent bien que la taxation du kérosène serait un levier efficace. Nier cette évidence revient à faire sien le discours-type, mise en place à l’époque par l’industrie du tabac (c’est compliqué, les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, il y a urgence à attendre, etc) et repris par le cœur des vierges de tous ceux qui ne veulent surtout pas entendre parler de taxation en général et de sortie du paradigme néolibéral en particulier.

        Tous responsables peut-être, mais le smicard obligé d’utiliser sa vieille Clio diesel, un chouia moins que Total…

      5. Et puis participer du basculement climatique qui va tous nous tuer c’est bien, mais y rajouter la casse sociale, c’est mieux !

        – Démissions, hôtels sociaux et rythmes « indécents », voilà le quotidien des PNC chez Joon

        https://www.tourmag.com/Demissions-hotels-sociaux-et-rythmes-%C2%A0indecents%C2%A0–voila-le-quotidien-des-PNC-chez-Joon_a94923.html

        Et si on rajoute l’humiliation, là c’est le Nirvana assuré !

        – Air France-KLM : polémique autour du salaire du nouveau patron Ben Smith

        https://www.air-journal.fr/2018-08-18-air-france-klm-polemique-autour-du-salaire-du-nouveau-patron-ben-smith-5203180.html

      6. Calmos Roberto, ça ne changera pas grand chose… En terme de pollution.
        4 milliards de passagers, ça veut dire taxe du kéro au niveau mondial, pas gagné c’t’affaire…
        Déjà au niveau européen ça serait bien ! 🙂

      7. Cher François, je peux t’assurer de deux choses :

        – de mon calme jupitérien 😉
        – que les marges des compagnies aériennes étant très faibles, celles-ci ne manqueraient pas de répercuter les taxes sur le prix du billet, ce qui aurait forcément un impact sur la fréquentation en diminuant le nombre de passagers.

        Je te confirme également que le système actuel empêche toute taxation du transport aérien et que l’augmentation du trafic devrait être multipliée d’un facteur deux d’ici à 2036.

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