Fin de partie pour la démocratie représentative ? par Roberto Boulant

Ouvert aux commentaires.

L’histoire façonne la culture politique de chaque pays et il existe probablement autant de variations sur ce thème que de nations. Alors pour éviter de se noyer dans de vaines comparaisons – tout en versant sa dime au chaos qui s’installe au fur et à mesure que les institutions internationales nées de la 2nde GM se désagrègent – concentrons-nous sur la doulce France et sur la mère des élections, la présidentielle. Celle qui détermine la vie politique du pays pendant cinq ans.

Sur l’électorat en âge de voter, soit 53.689.151 personnes, il y eut 36.054.394 suffrages exprimés (hors bulletins blancs et nuls), dont 8.656.346 voix pour le futur vainqueur, Emmanuel Macron. Hors le second tour qui a consisté en un non-choix, on peut donc considérer que seulement 16,12% du corps électoral français a voté pour le programme de M. Macron. Le même calcul appliqué au premier tour des législatives donnant un total de 11,90% du corps électoral votant pour LREM.

À ces scores picrolinesques, le PR ne représentant même pas un électeur sur 6 et l’AN un électeur sur 8, il convient de rajouter les tares de la Cinquième aggravées par l’inversion du calendrier électoral et le quinquennat, qui ont transformé les ministres en secrétaires et les députés en godillots. La séparation des pouvoirs n’étant plus que formelle, c’est donc un seul homme – devenu inarrêtable – qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs.

Rajoutez-y quelques prises de conscience (tardives et apparemment douloureuses), telles que :

– ledit président nous a été vendu comme un paquet de lessive par une presse appartenant à plus de 95% aux milliardaires,

– qu’il obéit à une feuille de route très précise impliquant de reporter taxes et impôts sur les classes dominées pour mieux en dispenser les dominants,

– qu’il poursuit une politique déjà bien entamée par ses prédécesseurs consistant à privatiser les services publics au prétexte de la dette, tout en légiférant par ordonnances pour détruire les ultimes protections sociales des travailleurs,

– que les corps intermédiaires sont totalement dévitalisés suivant le principe édicté par Sarkozy en son temps du « j’écoute mais je ne tiens pas compte ».

Les gilets jaunes sont donc au-delà de leurs différentes (et souvent contradictoires) revendications, le symptôme d’institutions politiques perçues désormais comme largement illégitimes.

Sentiment d’illégitimité ne pouvant que s’accroitre, M. Macron n’étant pas un politicien professionnel sachant interpréter les humeurs de la populace – à laquelle il voue d’ailleurs un profond et évident mépris.

Le choix est donc cornélien pour ceux qui l’ont porté au pouvoir par la grâce de leur argent : soit risquer une paralysie totale pendant les 3 ans 1/2 à venir en appelant à dissoudre l’AN et à de nouvelles élections, dans l’espoir de tout changer pour ne rien changer. Soit poursuivre dans la politique d’autiste et se maintenir par la violence contre le peuple, avec l’espoir que de nouvelles élections, forcées et non plus choisies cette fois-ci, portent au pouvoir une extrême-droite qui proposera au peuple la poursuite des politiques néolibérales en échange d’une chasse généralisée aux migrants, métèques et autres boucs émissaires.

Partager :

301 réflexions sur « Fin de partie pour la démocratie représentative ? par Roberto Boulant »

  1. Bonjour Roberto,

    Vous avez oublié le tiret :

    – Stephen Bannon qui est aux anges, parce que les Unated states ont misé sur l’affaiblissement de l’Europe,

    Cordialement,
    personne

    1. Je préfère parler d’Union européenne plutôt que d’Europe qui ne peut être que celle des peuples, ce qui n’est manifestement pas le cas.

      Vous avez raison de souligner les implications internationales, politiques mais également commerciales et financières, d’une UE affaiblie et au bord de l’implosion, mais j’ai préféré axer mon papier sur la seule politique intérieure française.

      1. Bonjour Roberto,
        Je trouverai bien que les communes reajustent le drapeau européen dans leur commune. Signe de solidarité entre les peuples de l’Europe mais aussi de la France et de la Commune elle même. Le développement de la vie associative est une condition ultime pour vivre mieux et la commune doit participer à ce développement, ce qui n’est plus le cas dans les communes rurales.

        1. L’intention est bonne Bernadette, mais il ne faut pas oublier que désormais l’Europe dans sa version UE est devenue pour beaucoup, non pas le symbole de la solidarité mais celui d’une mise en concurrence généralisée pour faire baisser protections sociales et salaires.

          Je suis le premier désolé de cet immense et criminel gâchis, mais les mêmes politiques qui détruisent la démocratie française détruisent également l’Europe.

    1. Ou bien encore « Fin de partie pour la démocratie représentative de l’argent »?

      La question posée est celle du contrôle des représentés sur les représentants, ou dit d’une manière plus brutale, de la corruption systémique…

      1. Merci Pierre. Au moins sait-on, même si le néolibéralisme empêche leurs mises en œuvre, que les solutions existent !

  2. L’argent est un faux problème, une illusion. Tout est basé sur la confiance avec des systèmes devenus d’une fragilité incroyable.

    Alors, avec un monde occidental au niveau de vie trop élevé en terme de consommation de biens tangibles. Et sa population formatées par le big brother consumériste sur des valeurs comme « j’ai droit à mon steack 2 x par semaine, ou mon voyage 1 x par ans, etc. » Prérequis minimaux pour considérer sa vie comme acceptable..

    Le capital c’est la planète. Le pognon, du virtuel. Et vous qui pensez qu’un ré équilibrage du différentiel de l’argent résoudra le machin ?!!!! ????

    Et matez l’Etat social, ses résultats.

    Voulez-vous plus ou moins d’impôts ? Préférez-vous la guerre ou la paix ? Le confort ou l’inconfort ?

    C’te bonne blague…

    1. Vous aurez bien compris que ce n’est pas l’argent en tant qu’entité plus ou moins virtuelle qui pose problème mais sa concentration entre quelques mains, avec entre autres conséquences, la destruction de l’état social, du vivre-ensemble et accessoirement du climat. Vous aurez également remarqué que lorsque l’argent-jeton acquis au casino boursier se volatilise, cela à des conséquences extrêmement concrètes sur la vie des gens.

      Quant à mettre sur un pied d’égalité en termes de nuisances, ceux qui prétendent manger de la viande deux fois par semaine ou voyager une fois par an, avec les grands groupes qui participent de l’économie mondiale comme Monsanto ou Total par exemple, j’avoue que la comparaison est osée.

      1. Cet argent dont vous parlez c’est du vent, des signes sur du papier ou des bit sur le web. Il ne s’agit que de rapports de forces, inégaux, à corriger, etc…

        Quand à votre second paragraphe vous semblez ne pas saisir les rapports d’échelles. Les aspirations des gens lambda issues des habitudes consuméristes…. Les 1% existent, tiennent plus ou moins les manettes, c’est tout. Ils bénéficient principalement d’une forme de sécurité « matérielle ». Mentale. Certains souvent très raisonnables, d’autres show of à vomir… Mais bon sang, comment peut-on imaginer des recettes structurelles financières et politique avant de parler de surpopulation et de niveau de vie de l’Occident, sans parler des aspirations des autres peuples. Le standard existant est intenable.

        1. Si un dollar est égal à une voix, il n’est guère étonnant que les frères Koch ou M. Bolloré aient plus de poids que des millions d’électeurs et que les politiques suivies aillent à l’encontre du bien commun. Cet argent est donc bien plus que le vent dont vous parlez, il respire, bouge et dirige des pays pour notre plus grand malheur. Cet argent a les visages de Trump, Macron, Bolsonaro et bien d’autres encore.

          Le fameux rapport de force dont vous parlez, dans sa splendeur virginale.

          Même malentendu apparemment pour le second paragraphe. Évidemment que le standard est intenable, tout le monde en est maintenant bien conscient et la presse en fait régulièrement ses premières pages. So what ? Sans vous attaquer directement au pouvoir de ceux qui contrôlent le cœur du réacteur, non pas le 1% mais probablement plutôt le 0,001%, vous n’obtiendrez aucun changement et les choses poursuivront leur cours jusqu’au choc terminal.

    2. L’argent participe à vivre mieux tout de même. Il serait novateur que nos députés nous expliquent ce qu’ils font à l’Assemblée Nationale en particulier le contenu des lois qu’ils ont voté favorablement ou pas. Un petit journal semestriel serait le bienvenu.

  3. Bonne analyse politique et prospective malheureusement convaincante.

    Maintenant, comment faire pour redresser la barre ? Car comme c’est indiqué dans le billet, nous seront sous perdants si rien ne change ? Macron au pied du mur, dans une posture qui me fait penser, la hauteur de vue en moins (j’espère être contredit et qu’il changera de cap …), à celle de Gaulle à la fin du mois de mai 68.
    Le président Macron visite ce dimanche l’arc de Triomphe « souillé », les lieux sinistrés des émeutes pour apparaître comme celui qui remet de l’ordre et est le garant de l’ordre, et tant pis si les pauvres et les classes moyennes devront attendre les fruits d’une croissance qui ne viendra plus…. Au moins de Gaulle avait fait Grenelle.

    1. Le président, tendu, sous l’arc de triomphe, accompagné de Castaner qui tire une tête de croquemort.
      Macron a assurément un problème d’agenda. Margaret Tatcher a pour muse Brigitte. Via les réseaux sociaux courent les histoires d’argent d’arrière-cour, la lingerie, la vaisselles, récemment d’une nouvelle moquette pour qu’y brille le jour. L’histoire que se racontent les puissants ne change jamais vraiment et fixe en général la conduite conforme. Il arrive qu’à un certain moment (et souvent au meilleur) l’histoire et les êtres censés l’incarner, ne correspondent plus, se parasitent mutuellement, leur point de jonction tend un miroir fissuré. l’acteur est bon, un peu omnipotent, un peu psychopathe, l’image du nouveau monde coincé dans un pli du passé d’un coup révèle son arnaque. Imaginons la grève générale…

      piqure de rappel « Petite pédagogie de la crise financiere, par Michel Rocard »
      https://www.youtube.com/watch?v=oJMtgTVt-WI

      1. Désolé wiki est censuré en Turquie où je suis. Ma remarque portait sur le fait que Grenelle était l’issue d’un rapport de forces que De Gaulle avait entériné. Problème, ça n’a pas empêché la droite de rester au pouvoir jusqu’en 81, puis depuis après 83.

  4. Un peu hors sujet, mais je ne peux m’empêcher de vous relater le rire qui m’a pris, en voyant ce matin à la piscine, un groupe de femmes d’un certain âge, en train de pédaler dans l’eau (hydro biking) au rythme de cette chanson de Trust « ANTISOCIAL TU PERDS TON SANG FROID ! »
    Etant donné les circonstances, de voir toute ces femmes de la bonne bourgeoisie blésoise, c’était du plus haut comique ! et attendrissant pour notre espèce, oserais-je dire … 🙂

  5. Pour en revenir plus sérieusement au billet de Roberto, on se trompe de cible si on parle du Président Macron, alors qu’on devrait parler du capitalisme. Les gilets jaunes se trompent aussi, en pensant qu’en changeant de président, tout irait mieux tout à coup. Le problème, c’est la concurrence entre pays pour récupérer de l’activité. Ni la diminution des taxes, ni l’augmentation des salaires en France, ne sont susceptibles d’apporter une solution à ce problème international.

    Nous payons pour attirer l’activité, ou pour maintenir les revenus, soit en offrant des subventions, soit en offrant des avantages en nature. Sur les 54 milliards apparaissant sous le compte « subventions » en 2017 dans la comptabilité nationale, 21 milliards ne sont pas expliqués. De quoi s’agit-il précisément ? Ce serait certainement intéressant qu’un économiste se penche sur ce point pour en faire le détail. (Voir la dessus si vous le souhaitez mon article intitulé « Quel est le montant des aides publiques, pour soutenir l’activité en France ? » sur findutravail.net. )

    Si on parle de taxes et d’impôts, il me semble qu’il serait urgent de faire le compte de l’argent public qui est reversé au capitalisme, pour en maintenir l’existence. Ce n’est pas le rôle de l’Etat de subventionner l’économie, c’est même une sorte de contresens : vous payez, vous avez l’activité et les revenus, vous ne payez pas, vous n’aurez ni l’un ni l’autre.

    Ça ne vous rappelle rien ? un peu la mafia tout de même…non ?

    V Rey, findutravail.net

    1. Vincent, nous sommes bien d’accord, il ne sert à rien de tout changer pour ne rien changer. Si nous voulons stopper le capitalisme dans sa course au suicide planétaire, c’est la démocratie dans sa version mal nommée « représentative », qu’il nous faut dépasser.

      Là où j’aurai un bémol par rapport à ton commentaire, c’est lorsque tu écris que ça n’est pas à l’État de subventionner l’économie. La subventionner peut-être pas, mais l’État reste, et de loin, le seul acteur suffisamment puissant pour impulser une politique écocompatible sur le long terme.

      À condition qu’il le veuille, et nous en revenons au premier point cité supra.

      1. Oui Roberto vous avez entièrement raison, il est demandé aux élus en place de comprendre les lois qu’ils promulguent et les conséquences qu’elles peuvent avoir sur les pauvres (salariés pauvres, agriculteurs pauvres, artisans pauvres etc…..).

        1. Au point où en est l’espèce, c’est-à-dire à dire au bord de la disparition si le scénario à + 5,5° degrés du Giec se confirme, peut-être pouvons-nous nous dispenser de perdre un temps devenu précieux à répartir les responsabilités entre dominants et dominés ? (de toutes les manières, la grande licorne rose invisible reconnaitra les siens)

          En partant du constat élémentaire que nos économies extractivistes boostées par la financiarisation et la énième mondialisation détruisent l’écosystème planétaire d’une part, et d’autre part que la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier, il ressort assez logiquement qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe. De la démocratie des egos à celle des égaux.

          C’est à ma connaissance le seul et unique moyen de détruire la corruption systémique, celle inscrite dans les lois et les traités, qui dirige exécutifs et législatifs des « démocraties libérales » (avec comme tout dernier exemple la loi protégeant le secret des affaires, et qui à l’époque aurait bâillonné le docteur Irène Frachon en l’empêchant par de très lourdes amendes, voire par des peines de prison, de révéler le scandale du Médiator).

          C’est certainement une utopie, mais comme la situation actuelle n’est plus tenable et ne peut qu’empirer vers des états de guerres civiles ou inter-étatiques…

      2. Vous terminez par utopie. Certes malgré quelques essais depuis Athènes, tous crashés, il y a persévérance, mais les résistances de nature diverses sont là.

        1. Oui ! Mises en musique, persévérances et résistances danseraient probablement le tango, un pas en avant, deux en arrière (ou l’inverse dans les périodes fastes). La différence notable étant la survenu d’un nouveau danseur qui ne va pas écraser que les pieds, le basculement climatique.

      3. Roberto, c’est le capitalisme qu’il faut réformer, rien d’autre. Nous n’avons pas de problème institutionnel.

        La démocratie directe, ou un changement du mode de scrutin, ne changera rien aux forces économiques en présence, ni au pillage des ressources, ni à l’évasion fiscale ou à la dégradation de l’atmosphère. Un mode de scrutin qui amplifie les différences entre électeurs n’est pas forcément mauvais, il est gage de stabilité, en obligeant les intérêts divergents à se rejoindre dans des programmes d’action.

        Concernant le rôle de L’Etat, il a bien sûr un rôle central à jouer, mais il ne peut pas jouer celui d’inciter à l’activité économique en investissant de l’argent public. Il faut refuser cela, car dans un contexte de disparition du travail qui va en s’accélérant, car en fin de course, on en arrivera à payer autant de charges et d’impôts que de revenus.

        Nous sommes au début de ce processus non ? Le « Peak Work » a été dépassé en Europe, depuis les années 1980 (*). Maintenant, l’offre de travail dépasse largement la demande. C’est une donnée qu’il faut désormais intégrer au capitalisme, s’il a toujours pour objectif de donner aux gens des moyens d e subsistance : un toit, de quoi se nourrir, s’éduquer et se soigner.

        Il faut élire des députés, qui légiféreront sur la GRATUITE SUR L’ESSENTIEL, ainsi que sur la FIN DES PARIS SPECULATIFS DANS LA FINANCE. On doit aussi mettre sur pied une REFORME FISCALE capable d’impacter la totalité de l’activité humaine et d’orienter l’innovation (quel autre taxe que la TVA pourrait faire ça ?).

        C’est tout cela que j’espère pouvoir proposer avec Place Publique….ce serait enfin une nouvelle proposition, qui n’opposerait pas le social à l’environnemental. Mais changer d’institutions ou de mode de scrutin ne serait qu’une perte de temps. Risquer de revenir à un régime instable de type 4ème république, ne ferait que nous pénaliser dans ces objectifs, avec le risque de les rendre tout à fait impossibles, par des renversements de majorité. De tels changements ne pourront se faire que dans des institutions stables.

        (*) ma démonstration sur ce point sur findutravail.net : article « La croissance crée l’Emploi ? » reprenant une étude de l’Insee sur l’emploi dans l’automobile.

        Vincent Rey,
        place-publique.eu
        findutravail.net

        1. Vincent, dire que nous n’avons pas de problème institutionnel revient à nier que depuis près de 40 ans nous avons beau changer les têtes et que ce sont toujours les mêmes politiques macro-économiques qui sont appliquées. Et soit dit en passant, avec de plus en plus de violence au fur et à mesure que leurs effets destructeurs sur la société se font sentir.

          Quant à prétendre réformer le capitalisme, c’est un non-sens absolu, autant vouloir rendre végétarien un tigre.

          Et c’est justement la démocratie directe qui peut inverser les forces en présence, car contrairement au système actuel, elle permet de mettre face aux maitres du CAC40 et de Lesmarchés, non pas par un appareil partisan composé d’opportunistes corruptibles, mais tout un peuple. Seul le poids de millions de gens, conscients de la gravité de la situation et pouvant révoquer leurs représentants qui désobéiraient au verdict des urnes, aura la puissance nécessaire pour abolir le capitalisme qui nous conduit au bord de l’extinction. Penser que tout ce qui a si bien échoué depuis 40 ans va opportunément se mettre à fonctionner alors que nous sommes en approche du chaos social (et de la dictature qui ne manquerait pas de lui succéder), relève de l’aveuglement le plus total.

          Total désaccord également en ce qui concerne la non-participation de l’État à l’activité économique. Sa participation est au contraire absolument indispensable, car lui seul à la pérennité et les moyens d’investir massivement sans devoir viser la rentabilité immédiate.
          Lui seul peut se coordonner avec les autres états pour coordonner des politiques écocompatibles à l’échelle internationale.

          L’économie d’un pays n’a strictement aucun rapport avec l’économie d’un ménage obligé d’agir dans l’enveloppe de revenus fixes et d’un cadre fiscal déterminé. Tu le fais d’ailleurs remarquer toi-même en parlant d’instaurer la gratuité sur les biens et services essentiels ou d’interdire la spéculation.
          Un pays peut choisir l’affectation de ses richesses. Dès lors, la répartition des dites richesses se substitue naturellement au problème de la disparition du travail (et petit détail, du pillage généralisé des hommes et des ressources par le capitalisme).

      4. Roberto, concrètement s’il te plaît, pour étayer ce que tu dis, au sujet de nos institutions…

        quels articles dans la constitution de 1958, s’opposeraient à :

        – l’établissement de la gratuité sur l’essentiel
        – le retour à la situation fiscale antérieure (dont parle souvent Paul Jorion) interdisant les paris financiers
        – une réforme fiscale

        Il n’y en a pas. L’exécutif fait ce qu’il veut une fois élu. Ce sont plutôt les traités européens qu’il faudrait réformer, car ils rendent sans doute un tel programme impossible. Mais ce n’est pas parce que pendant 40 ans, les socialistes se sont convertis à l’ultra-libéralisme, pour faire comme tout le monde et en arriver là où on en est aujourd’hui, qu’il en sera toujours ainsi.

        Je ne comprends pas ton point de vue, donnes moi des éléments concrets.

        1. Vincent, nous savons tous que la difficulté principale n’est pas dans l’écriture de la loi, mais dans son respect. C’est ainsi qu’un dissident chinois peut se permettre de juger comme quasiment parfaite la Constitution de son pays qui est pourtant une dictature.

          Ce n’est donc pas la loi qui empêche, mais le verrou des politiciens professionnels tout attaché à faire les quatre voluptés de ceux qui détiennent les pouvoirs financiers et économiques. Mon point de vue, tiré de l’expérience de ces quarante dernières années dans les démocraties ‘libérales’, est qu’il est impossible de modifier l’ordre des choses par la démocratie dite représentative. Que nous pourrons multiplier les nouveaux partis, mouvements et autres machins gazeux jusqu’à ce que le basculement climatique sonne la fin de la récréation.

          Je suis bien évidement d’accord sur la malfaisance de traités européens qui imposent le toujours moins (de salaires, de services publics, de protections sociales, etc) et qui ôtent aux gouvernements tout pouvoir quant aux décisions économiques et budgétaires. Mais la question est ici de savoir s’il est possible de modifier lesdits traités ou si les cliquets rendent la chose impossible ?

  6. Titre d’un livre posé sur la table à 15 cm du netbook : du mensonge à la violence. Paru chez Pocket. L’auteure en est Hannah Arendt.
    Comme souvent déjà beaucoup de choses sont dites à travers ce seul titre.
    J’entendais hier sur une vidéo (Frédéric Lordon à propos de son dernier livre), que la littérature était le lieu où toutes ces choses flottantes, comprenez difficiles à énoncer, à cerner, à dire, se trouvaient. J’ai très bien compris ce qu’il voulait dire.

    Ceci me traverse maintenant l’esprit, quand on ne sait pas se dire ou quand on se rend compte qu’au fond même dire (ou penser) ne sert à rien ou si peu ou trop peu, est reçu trop loin et trop tard , soit c’est l’implosion (la dépression), soit la colère.
    Et c’est ici que s’invite le calme, la réflexion, l’étude, même pas l’action (laquelle?), la vie, par défaut.

  7. Et donc, du point de vue de ceux qui nous domine, donc du notre car c’est le seul qui puisse faire changer les choses, sauf révolution, tout est bloqué selon vous ?
    Peut-être le choix d’une prise de conscience s’imposant à eux pour préserver la paix sociale dans le pays où ils ont grandi ?
    C’est sûrement trop optimiste ! En tout cas quand je croise un dominant je me mets à y croire et ça marche.
    Il se prend de tendresse pour les dominés et se dit qu’il possède déjà peut-être trop !
    C’est la loi de l’attraction de la Filia.

  8. « Soit poursuivre dans la politique d’autiste et se maintenir par la violence contre le peuple, avec l’espoir que de nouvelles élections, forcées et non plus choisies cette fois-ci, portent au pouvoir une extrême-droite qui proposera au peuple la poursuite des politiques néolibérales en échange d’une chasse généralisée aux migrants, métèques et autres boucs émissaires. »

    C’est je le crains le scénario le plus probable, vu que les forces de gauche sont incapables de s’unir.

    1. Un nouvel avatar illustrant la division de la gauche façon puzzle.

      Sur Mediapart le 30/11:
      « Le Festival des idées : faire tomber les murs, inventer de nouveaux horizons
      À l’initiative du journaliste Guillaume Duval (Alternatives Économiques) et de l’ancien député Christian Paul, un Festival des idées se tiendra début juillet 2019 à la Charité-sur-Loire avec le soutien de dizaines de personnalités de tous horizons. Plusieurs médi/as, dont Mediapart, accompagnent cette initiative pluraliste et y tiendront des débats.  »
      Je n’oublie pas « Place publique ».
      Le diagnostic a été fait des centaines de fois depuis 30 ans. Alors les solutions sont maintenant déblayées.
      C’est une synthèse qui manque, une clarification sur l’essentiel pour que tous s’y retrouvent.

    1. Franchement la ce soir à part Place Publique (voir son fil Twitter), je dirais que toute la classe politique (Hamon, Jadot, Mélenchon, Ruffin, Wauquiez, Larcher) qui savonne la planche pour une trajectoire à la Brésilienne.
      Ca me donnerait presque envie de soutenir LREM.

      1. « Ca me donnerait presque envie de soutenir LREM»
        Arnaud, au moins votre tropisme final est clair.
        Ce n’est pas le mien. Disons que ce n’est plus le mien puisque j’ai voté Macron au 2e tour et que maintenant j’ai le terrible sentiment d’avoir été pris en otage et ça je ne peux plus le pardonner.
        Vive Ruffin !

      2. Mais Jacques on avait pas le choix.
        Et bien sur qu’on s’est fait avoir.
        J’aime bien le Ruffin de Merci Patron, Celui qui a soutenait ecopla à Grenoble (https://www.pauljorion.com/blog/2016/12/29/histoire-de-scop-assemblee-generale-constituante-ecopla-le-14-decembre-2016-a-la-bourse-du-travail-de-grenoble-par-arnaud-castex/) et même le candidat aux legislatives. Mais désolé sur sa fixette anti macron et son crédo « foutons le dehors et tout sera pour le mieux » c’est de la pensée magique.

        1. Comme chacun peut le voir et l’entendre, Ruffin n’a jamais dit « foutons le dehors et tout sera pour le mieux » mais « conformément à mon mandat, je viens de rapporter ici à Paris devant l’Élysée l’état d’esprit de mes concitoyens »

          Ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

          Ah pardon, j’allais oublier : …

          https://www.youtube.com/watch?v=ODRQGbLtWas

      3. @Jacques seignant
        Et bien il vous en a fallu du temps moi j’ai eu ce sentiment dès la sortie de l’isoloir voir peut être même avant d’y entrer…

    2. C’était ce que pas mal de gens pensaient au soir du 1er tour de fin avril 2017 : Macron va passer et pas Le Pen, mais c’est d’autant plus partie remise pour dans 5 ans (.. ou moins aurais-je du penser…) que le gus ne saura appliquer que le programme de l’institut Montaigne(*)

      (*), le truc à Bébéar et au capitalisme français de connivence (Kohler …colère),pas exactement néolib si no va dans la nuance, mais que les aristocrates du jour grenouillant dans les allées du pouvoir (les successeurs des Jouyet, les Gracques) voient comme seule recette possible.

  9. Tout de même étrange ce best-of de l’intervention à Cannes où on n’aperçoit qu’une seule fois Paul Jorion contre 3 ou 4 fois pour monsieur Baverez.
    Je suis resté perplexe, cela est-il proportionnel il à vos temps de parole respectifs ?
    C’est certains que ça ne correspond pas à l’intérêt du contenu et à son utilité publique.
    Toutes les vérités ne sont donc pas bonnes à faire entendre ?
    (Souvent le diable se cache dans les détails, m’a t on dit)

    1. Le biais est patent. Mais ne vous inquiétez pas : l’intérêt de la salle était inversement proportionnel. La vidéo complète (à venir, paraît-il) en fera foi.

      Mise à jour : j’ai remplacé le Best of très déséquilibré par la vidéo du débat. J’ignore si la partie questions de la salle donnera lieu à une vidéo séparée.

      1. Nous avons dans ce débat une parfaite illustration de ce que ne dois pas être un débat.
        Il n’y a pas le temps d’exposer votre système de pensée.
        (Les remerciement appuyé de la modératrice à la fin qui se tourne brusquement sûr vous montre qu’elle a conscience de ne pas avoir été à la hauteur, Ça c’est l’effet Jorion :D)
        Vous savez d’avance en quoi vos avis vont diverger.
        On peut très bien sentir que Monsieur Baverez est ligoté par je ne sais quel intérêt ou muselière de penser, même sa voix manque de souffle.
        J’aurai vu avec grand plaisir la partie des questions Mais ceux qui ont officiellement publié les vidéos n’ont pas l’air très objectif entre le best of biaisé et la non publication de la partie questions.
        Enfin bon, je n’étais pas là mais tant pis car niveau de l’intérêt du publique je vous crois et ce moment a bien eu lieu, et tant mieux si ce n’était pas dans un lieu ou ce que vous avez dit ne doit pas trop être entendu.
        En plus il y avait mon philosophe des sciences préféré, Klein qui est profondément humain et qui vous a comme vous l’avez dit appelé, j’en suis très heureux.
        Comme diraient de fichus rappeurs, les vrais reconnaissent les vrais.

  10. Tout d’abord merci à Roberto Boulant pour cette très claire analyse.
    Il se trouve que depuis quelques temps, je recherche des textes sur le Front populaire. Or, dans la bibliothèque de mon père j’ai trouvé un livre sur le thème avec une préface du poète résistant Jean CASSOU. Extrait : » une situation lorsqu’elle devient phénomène de conscience, perd son inertie, s’anime, prend forme d’événement. Ainsi des prises de conscience ont-elle déterminé des événements de notre histoire auxquels ultérieurement il plaît à notre conscience d’y revenir : 1848, la Commune, l’Affaire Dreyfus, la Résistance, le Front populaire. »
    Après plusieurs pages où il évoque la montée de l’extrême droite (1934), le Front populaire et le ministre Jean Zay qu’il a bien connu (assassiné par la milice de Pétain) il termine ainsi : « Pendant ces années de lutte qui ont abouti à la victoire du Front populaire, le peuple français a possédé la vérité, la liberté et la justice. Cette victoire fut brève et suivie d’écrasantes catastrophes, mais tout peuple, même vaincu, garde en sa conscience les biens pour lesquels il s’est battu et pour lesquels il recommencera à se battre. » Jean CASSOU

  11. la thèse sous jacente etait donc dans un commentaire:,
    « En partant du constat élémentaire que nos économies …. détruisent l’écosystème planétaire … la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier, il ressort ASSEZ LOGIQUEMENT qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe.

    C’est A MA CONNAISSANCE LE SEUL ET UNIQUE MOYEN de détruire la corruption systémique,

    C’est certainement une utopie, mais comme la situation actuelle n’est plus tenable et ne peut qu’empirer vers des états de guerres civiles ou inter-étatiques… »

    Il n’y a aucun raisonnement solide la dedans, aucune démonstration, toujours ces mêmes rengaines
    éternelles. Et en guise de dégagement ces très explicites trois points de suspensions dans lequel chacun est libre de fantasmer.
    Emmanuel Macron une figure d’autant plus utile qu’il ne faudra pas grand choses pour attiser la haine et le rejet. Ruffin s’y emploie très bien, ça lui devient malheureusement comme une drogue dure.
    C’est pas comme ça qu’on va s’en sortir.

      1. yaka ifokon je voulais dire bien sûr 😉
        Arnaud, avez-vous pris la peine de simplement un peu aller vers ces gens sur les ronds-points ? Désolé mais je n’arrive plus à comprendre.

      2. Jacques,
        Je l’ai déjà dit, je comprends et soutiens la demande de justice sociale des gilets jaunes et leur critiques de la politique écologique telle que pratiquée par le gvt pour faire três gros mais il y a aussi « autre chose » dans les gilets jaunes que je ne soutiens pas ( extrême droit, droite réac, extrême gauche).
        Et pas besoin d’aller dans un rond point pour voir la misère, l’injustice, l’inégalité, etc etc. (je vais pas vous faire ma bio mais j’ai des arguments plutôt sur le mode de l’observation participante et des choix de vie).
        Et ce soir d’après les réactions politiques que je vois c’est place publique qui a une proposition qui tient la route (avec ou sans gilet jaune).
        Est ce plus clair?

      3. Arnaud, j’ai eu tort de suggérer que vous ne connaissiez pas la misère, l’injustice sans avoir en fait la moindre connaissance de votre parcours, de la même manière que vous ne pouvez connaître le mien.
        Ces discussions par commentaires sur ce type de médias sont à la fois indispensables et vaines.
        Rien ne peut remplacer une discussion sur une place publique ou dans un café. Ce soir je suis rentré de Normandie (impératif familial) et deux fois j’ai été arrêté : une fois 20 mn à un rond-point, ensuite 40 mn à un croisement. La nuit était tombée, il pleuvait un peu. Malgré le fait que je n’aime pas être bloqué, les deux fois je me suis senti en empathie avec les gilets jaunes. Non, je ne crois absolument pas que l’élément extrême droite domine pas plus qu’une simple revendication sur les prix de carburant ou même plus de sous.
        Non, il y a selon moi quelque chose de plus profond qui cherche à se dire : une volonté de retrouver sa dignité, de ne plus être méprisé. Ils m’ont ému, je l’avoue, et ma solidarité était entière malgré ce retard imposé.
        Macron a été systématiquement méprisant : faut-il rappeler ses nombreuses phrases, quand son « corps » parlait, peut-être sans que sa « volonté » ne puisse contrôler ces mots ? Ses actes sont profondément nuisibles sur l’ensemble du corps social.
        Mais au-delà de Macron, comment peut-on penser que la moindre des propositions que fait Place Publique et que bien sûr j’approuve peut être mise en place. En finir avec les paradis fiscaux ? Pensée magique.
        Là je ne trouve plus mes mots pour exprimer mon sentiment proche du désarroi. Depuis quand une domination telle que celle nous subissons a-t-elle accepté de perdre pouvoir et privilèges sans y être forcée ? Les Gilets jaunes offrent une fenêtre d’opportunité mais elle va se refermer comme toujours par les diverses récupérations y compris par l’extrême droite.
        Les soutenir sans trop réfléchir (oui, j’ose ça) est le seul moyen de progresser et d’éviter une catastrophe.

        1. Apparemment la réponse d’Arnaud tend à souligner que le problème est plus Ruffin que Macron.

          Comme un air de déjà-vu et de guerre des gauches non ?

      4. Place Publique avec un mec comme Glucksmann ? Je me rappelle son soutien à la douteuse « révolution » de Maïdan (dont il me semble assez clair qu’il s’agissait d’une opération téléguidé par l’OTAN et la CIA , mais peut-être mes informations sont-elles fausses). Une émission de télé en particulier. Très anti-russe, c’est probablement un agent de la CIA.
        Je ne vois pas ce que l’on peut faire de positif avec quelqu’un comme ça.

    1. Non désolé Roberto, je ne vois pas ou est le raisonnement notamment par rapport à ce que j’ai mis en gras.
      » il ressort ASSEZ LOGIQUEMENT qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe.
      C’est A MA CONNAISSANCE LE SEUL ET UNIQUE MOYEN de détruire la corruption systémique, etc »

      Et non je n’ai jamais soutenu l’idée fausse que » l’augmentation des températures et la sixième extinction en cours n’ont rien à voir avec les activités humaines, nos industries et nos modes de développement », bien au contraire. Et sinon je ne soutiendrais pas place publique ;-D!

      1. Le raisonnement part du constat évident que les politiques macro-économiques sont menées au profit exclusif des dominants et que ceux-ci font voter lois et traités. Je ne vois donc pas d’autre solution que la démocratie directe et la possibilité de révoquer les élus pour nous assurer contre le pouvoir de corruption de l’argent.

        Mais je suis soulagé que vous partagiez l’évidence de la sixième extinction. Encore un effort et je suis sûr que vous finirez par comprendre que le système politique qui en est responsable n’est pas la solution pour nous sauver du scénario catastrophe promis par le Giec

    2. « Il n’y a aucun raisonnement solide la dedans, aucune démonstration, toujours ces mêmes rengaines éternelles. »

      Est-ce à dire que vous soutenez l’idée que l’augmentation des températures et la sixième extinction en cours n’ont rien à voir avec les activités humaines, nos industries et nos modes de développement ?

    3. @Arnaud
      Je vais tenter de répondre à la place de F. Ruffin étant proche culturellement, politiquement et géographiquement (à ce détail près qu’il a effectué sa scolarité dans le même lycée privé de Jésuites qu’ E. Macron alors que moi pendant ce temps-là j’étais dans le bahut public mitoyen chez les rouges avec Liem Hoang-Ngoc – ça en fait des amiénois en politique ! – fin de l’anecdote).
      Ce n’est pas Ruffin qui est à l’origine de la relation particulière du Président et des français caractéristique de la Ve. Relation quasi monarchique, déiste et E. Macron en a rajouté une couche dans l’hyper-présidentialisme. Pas étonnant que ce soit sur sa personne que se cristallisent les mécontentements. Ce qu’a constaté Ruffin sur le terrain ce week-end, c’est que le slogan « Macron démission » n’est plus le slogan convenu des manifs classiques, mais qu’il y a une véritable haine. Des gens demandent sa tête comme celle de Louis XVI. On en est là. Et c’est grave. L’émission spéciale de France 2 hier soir nous a montré un Mélenchon calme et un Ruffin en colère. Colère à mon avis consécutive à la fatigue et au constat (comme Todd) que décidément Macron ne comprend rien et que par son obstination orgueilleuse il conduit le pays au chaos.
      Le gouvernement aura beau proposer +5% de ceci et -5% de cela, ce ne sera pas suffisant. Il faut maintenant des mots, tels que Churchill ou De Gaulle les ont prononcé dans les situations graves. De la part d’un énarque sans culture, ça va être difficile. Ce que je lui conseillerai (et ce que Ruffin suggère), avant que le pays ne parte en vrille, c’est de faire appel aux bribes de son éducation religieuse et de faire acte de contrition:
      Commencer par présenter des excuses aux Français pour les mots insultants et méprisant qu’il a proféré. Après, on pourra passer aux dispositions techniques.

      1. @ Arkao, un point parfait : en effet j’ai bien vu que F. Ruffin dit qu’il essaye de calmer ses interlocuteurs et qu’en fait en étant leur porte-parole il cherche sans doute à aider malgré les apparences de sa vidéo qui je le conçois peut aussi choquer dans les chaumières.
        La contrition et les excuses, il les a déjà faits si je me souviens dans une de ses dernières allocutions. Cela dit il faut en plus des mots, des actes. Ma crainte est que son gouvernement et ses conseillers soient aussi coupés que lui du pays et incapables de voir au-delà de ces émeutes. Incapables d’accepter de reculer puisqu’ils ont toujours raison et que nous ne sommes pas capables de comprendre tout le bien qu’ils font ruisseler sur le pays (« ce pays » en langage énarchique).

      2. En démocratie non représentative , il n’y a ni Macron , ni Ruffin , ni Mélenchon ,ni Wauquiez , ni Jadot , Ni Machin , ni parti , ni mouvement , ni Place Publique , ni sénat , ni parlement , ni syndicat .

        Mais , il y a un Duce et des fonctionnaires affidés serveurs d’IA , et Facebook .

        Ce qui est un peu la Chine , Facebook en moins qu’on laisse aux américains et aux russes .

        1. Absolument d’accord ! Mais las il faut bien avouer que M. Macron à commis une erreur, celle d’avoir surestimé l’intelligence des gens qui-ne-sont-rien. Malgré son excellente pé-da-go-gie, des dizaines de milliers d’illettrés occupent routes et ronds-points sans se rendre compte qu’ils vivent en démocratie. Les imbéciles !

      3. Monsieur Macron doit convoquer une sorte de Grenelle réunissant les corps intermédiaires, et y compris des associations citoyennes, et des citoyens ordinaires, car les mesures décidées en interne à l’Elysée ou Matignon même si elles ne sont pas trop mauvaises, risquent d’apparaître encore comme le fait du prince, or c’est cette image de prince dans sa tour d’ivoire qui lui colle à la peau dont il lui faut se départir cette fois en actes. Il a une occasion de prendre un nouveau cap. Sera-t-il à la hauteur ? Je n’en sais rien.
        Emmanuel Macron a jusqu’ici fait tous les faux pas qu’il était possible de faire outre sa politique qui ne passe pas. Il a manqué de culture historique. Un pays comme la Franche est profondément attaché à la notion d’égalité, il semble l’avoir oublié, s’il ne l’a jamais su. Mais je ne lui souhaite pas d’échouer maintenant, j’attends donc un sursaut. La démission du gouvernement ou des élections ne résoudront rien.

        1. La bataille de l’égalité
          https://www.mediapart.fr/journal/france/011218/la-bataille-de-l-egalite

          1 décembre 2018 Par Edwy Plenel
          La révolte des « gilets jaunes » vise l’injustice fiscale et l’arbitraire étatique. Son moteur est le cœur des combats émancipateurs : l’exigence d’égalité. De son ouverture aux causes communes d’une égalité pour toutes et tous dépendra son avenir politique.
          La révolte des « gilets jaunes » est un événement pur : inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations installées, bouscule les commentateurs professionnels, affole les gouvernants en place. Comme toute lutte sociale collective, elle s’invente au jour le jour, dans une création politique sans agenda préétabli, où l’auto-organisation est le seul maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France telle qu’elle est, dans sa diversité et sa pluralité, avec ses misères et ses grandeurs, ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs.

          Devant l’inconnu, la première responsabilité du journalisme est, avant de juger, de donner à entendre pour chercher à comprendre. C’est ce que Mediapart s’est efforcé de faire depuis le début en prenant le temps d’aller y voir, au plus près du terrain, rencontrant une diversité de motivations, de générations et de milieux, montrant l’implication inédite des retraités et la forte présence des femmes (lire notamment les reportages de Mathilde Goanec et François Bonnet). En ne se limitant pas à la chronique fait-diversière des incidents racistes, anti-migrants ou anti-journalistes, qui ont parfois émaillé et discrédité la mobilisation, nos reportages ont ainsi mis en évidence l’authentique conscience politique qui traverse cette révolte spontanée : d’une part, la perception aiguë de l’injustice sociale ; d’autre part, l’exigence forte d’une démocratie radicale.

          La question fiscale a servi de révélateur social. Tout un peuple a compris que le pouvoir sorti des urnes en 2017 assume sans vergogne une politique au bénéfice d’intérêts économiques socialement minoritaires. Emmanuel Macron a sciemment appauvri l’État au bénéfice des ultra-riches, tout en faisant peser sur les revenus du plus grand nombre les conséquences d’une politique de classe qui ruine triplement les solidarités : en affaiblissant les services publics de tous, en allégeant les impôts d’une minorité et en augmentant ceux de tous les autres. Largement documentée sur Mediapart (lire notamment les articles de Romaric Godin), la froideur des chiffres s’est soudain muée en chaleur des indignations.
          Le 2 août dernier, avant même que survienne la révolte des « gilets jaunes » contre la taxe carbone, le ministère des comptes publics publiait la situation du budget de l’État à fin juin 2018, soit à la moitié de l’année. Comme l’a d’emblée souligné Alternatives économiques, il en ressortait déjà qu’à périmètre constant, les recettes fiscales avaient reculé de 2,4 % par rapport au premier trimestre 2017, baisse qui, en volume, est en réalité de 4,5 %, si l’on tient compte de l’inflation, soit un trou énorme de 14 milliards d’euros sur l’année. Or ce recul est dû, et seulement dû, à l’injustice fiscale de la politique gouvernementale : tandis que les taxes qui pèsent sur le plus grand nombre ont continué d’augmenter, la chute des recettes fiscales vient des cadeaux faits aux entreprises et aux fortunés. À périmètre constant, entre le premier semestre 2017 et le premier semestre 2018, leur recul est de 10,5 % pour l’impôt sur les sociétés et de carrément 39 % pour l’impôt de solidarité sur la fortune, supprimé pour un impôt sur la fortune immobilière, les droits de succession et l’imposition du capital !

          Les « gilets jaunes » ne se révoltent pas contre l’impôt mais contre son injuste répartition. La meilleure preuve en est qu’ils demandent des services publics dotés et accessibles, défendent à leur tour ce qui fait tenir ensemble une société – des écoles, des hôpitaux, des commissariats, des transports, etc. Comme tout un chacun, ils savent que ces services publics sont financés par l’impôt, cette « contribution commune indispensable » dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 rappelait déjà, en son article 13, qu’« elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». Ce qui n’est plus supportable, c’est qu’elle soit, tout au contraire, inégalement répartie. Ce qui n’est pas admissible, c’est que le peuple acquitte de plus en plus d’impôts, alors même que l’État réduit les services qu’il lui rend, à cause de l’ampleur considérable des cadeaux fiscaux consentis aux entreprises et aux très riches.

          L’autre lucidité politique portée par cette révolte concerne le déni de démocratie. L’usage égalitaire des réseaux sociaux, le refus des récupérations partisanes, la volonté de filmer les rencontres avec les autorités, l’élaboration collective de cahiers de doléances, l’invention spontanée de nouveaux modes d’action, etc. : autant de symboles d’une exigence démocratique nouvelle, quelles que soient les tensions ou les contradictions qui la traversent. Soudain, le peuple s’empare de la question institutionnelle qui, dès lors, prend vie et corps au-delà des programmes politiques et des colloques savants. Par l’évocation de référendums, l’exigence de concertation, la demande de délibération, les « gilets jaunes » disent que la démocratie ne se réduit pas au droit de vote. Et qu’une démocratie où le peuple souverain perd tout pouvoir une fois qu’il a voté, congédié du débat politique et invité à faire silence, n’en est plus une.
          Cette exigence radicalement démocratique affronte de plein fouet l’aveuglement monarchique de la présidence Macron (lire l’analyse d’Ellen Salvi). Après s’être faite sur la promesse d’une « révolution démocratique profonde » (sic), l’improbable élection d’un outsider de la politique professionnelle s’est traduite par une accentuation des pires travers de cette dernière sous la Ve République : pouvoir d’un seul se comportant en propriétaire de la volonté de tous ; personnalisation autoritaire de la décision politique autour du « moi » présidentiel ; majorité soumise aux désirs, erreurs et errements du monarque élu, jusqu’à tolérer l’affaire Benalla ; clientèle d’intérêts privés largement récompensée par une présidence absolutiste qui s’en fait la fondée de pouvoir au détriment de l’intérêt commun.

          Emmanuel Macron n’est évidemment pas le premier président à illustrer cette régression démocratique. Mais deux caractéristiques de sa présidence aggravent son cas, au point de nourrir un rejet passionnel et virulent qui évoque, alors qu’il est encore au début de son quinquennat, la toute fin de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). Ce sont d’abord les circonstances de son élection face à l’extrême droite : au lieu de prendre en compte le sens de ce vote (nous le lui avions rappelé avant son élection), qui n’était pas d’adhésion massive mais d’obligation contrainte, au lieu de tenir compte de sa diversité et de ses contrastes par une pratique participative et délibérative du pouvoir, il s’est comporté comme si son socle de 18 % des électeurs inscrits du premier tour lui donnait un chèque en blanc pour agir, fût-ce au détriment des 82 % restants (nous le lui avons de nouveau rappelé un an plus tard).
          À cette inconscience irresponsable, tant pour l’avenir elle fait, de nouveau, le jeu de l’extrême droite, s’est ajouté un exercice personnel du pouvoir tissé de morgue et de mépris. S’il va volontiers au contact, ce président-là ne peut s’empêcher d’y faire la leçon. Il prétend savoir par avance, et mieux que les premiers concernés, ce qui est bon pour le peuple, qu’il évoque souvent comme s’il lui était extérieur, sinon étranger – ah, ces « Gaulois réfractaires » ! Cumulant mépris de classe – les plus riches – et de caste – les plus diplômés –, il incarne, par son comportement dans l’exercice du pouvoir, une politique de l’inégalité où il y a des supérieurs et des inférieurs, des esprits forts et des volontés faibles, des inclus et des exclus, des vernis et des malchanceux. L’idéologie de la réussite individuelle, au détriment des solidarités collectives, épouse l’hybris d’une aventure personnelle, cette démesure qui ne s’autorise que d’elle-même.

          Du terrain fiscal – la question sociale – au débat politique – la question démocratique –, le mouvement des « gilets jaunes » renouvelle l’exigence d’égalité qui a toujours été le ressort des combats émancipateurs. Le 10 décembre prochain, on fêtera l’adoption à Paris, il y a 70 ans, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’affirmation préalable que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » se traduit en exigences démocratiques et sociales déclinées en 30 articles. Ce droit d’avoir des droits, de les défendre, de les revendiquer et de les inventer, ouvre en grand les possibles politiques, déplaçant des montagnes de conservatisme, bousculant des siècles de préjugés, renversant des dominations qui se croyaient inébranlables. Car c’est un énoncé sans frontières qui se dresse face à tous les tenants des inégalités naturelles : sans distinction d’origine, de condition, d’apparence, de croyance, de sexe ou de genre, nous sommes égaux en droits et en dignité.

          Selon sa traduction politique, ce « n’importe qui » démocratique est au cœur de l’avenir du mouvement des « gilets jaunes ». La sympathie active que lui déclarent droites et extrêmes droites entend l’entraîner vers une égalité trahie, celle où ne sont concédés des droits qu’à celles et ceux qui nous ressemblent, dans l’entre-soi des identités closes et fermées, repliées sur elles-mêmes, excluant les autres dans la diversité des préjugés – xénophobes, racistes, sexistes, homophobes, etc.
          À l’inverse, les convergences revendiquées par les mouvements sociaux dans leur pluralité plaident pour un surgissement des causes communes de l’égalité : salariés en lutte, comme le sont ces temps-ci les infirmières et les travailleurs des raffineries ; étudiants et lycéens contre l’augmentation des frais universitaires ; femmes de #NousToutes contre les violences sexistes et sexuelles ; populations discriminées en raison de leur origine, de leur apparence ou de leur croyance, à l’instar du mouvement #RosaParks ; gays et lesbiennes pour l’ouverture de la PMA à tous ; solidaires et hospitaliers en défense de l’accueil des migrants, etc.

          L’avenir n’est pas écrit, tant ici l’événement est maître, sans avant-garde autoproclamée ni appareil dominant. Mais, plutôt que de tenir à distance cet inédit qui les déborde et les dépasse, tous les tenants d’une République démocratique et sociale devraient mener cette bataille de l’égalité auprès des « gilets jaunes » et avec eux. S’abstenir, rester spectateur ou dubitatif, en retrait ou en réserve, ouvrirait encore plus la voie aux forces de l’ombre qui, aujourd’hui, en France et en Europe, comme à l’échelle du monde entier, entendent remplacer l’égalité par l’identité, le droit de tous par le privilège de certains.

      4. Effectivement des élections législatives dans le contexte politique actuel ne résoudraient rien, voire seraient catastrophiques.
        Il a voulu le pouvoir suprême, il en a joui, qu’il en assume les conséquences.

      5. « Effectivement des élections législatives dans le contexte politique actuel ne résoudraient rien, voire seraient catastrophiques. »
        C’etait aussi l’analyse de Todd ce matin sur France Culture

      6. Macron a surtout surestimé les aptitudes de son opposition à repérer et peser correctement les dangers sociaux potentiels de sa politique globale , parce qu’elle était sans doute plus obnubilée par ses chapelles que par la mesure exacte des problèmes de ses électeurs supposés , ou par la mise au point d’un contreprojet en prise aussi bien sociale qu’écologique et économique , suffisamment réaliste et étagée pour convaincre ….le « peuple » dans toutes ses composantes .

        C’est d’ailleurs bien une majorité de ceux qui étaient catalogués dans les abstentionnistes historiques qui sont dans les ronds points aujourd’hui . Pour le coup la démocratie est sauvée par la liberté de manifester , qui est en voie d’être assassinée ( et la démocratie sinon la République bien amochée ce samedi , avec elle ) par le « hors limites » .

        A titre personnel , je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de morts ce jour là , et , d’expérience ancienne , je crois que c’est à mettre à l’honneur des forces de l’ordre qui visiblement avaient des ordres pour éviter le carnage . On peut penser qu’ils auront des ordres plus « offensifs » dans les jours à venir .

        Finalement , le seul qui ait vu clair , c’est Hulot :

        https://www.youtube.com/watch?v=AfpSRnahQig

        Il faut sans doute reprendre le débat là où il le voyait il y a six mois .

        Avec un bricolage fiscalo budgétaire franco-français , et un desserrement des règles sur le taux d’endettement % PIB , en excluant les postes de budgets orientés investissements « transition énergétique »( ce qui pourrait desserrer le nœud coulant sur la Grèce , l’Italie , l’Espagne et le Portugal , voire inciter la Pologne à se faire plus écolo ).

        Mais rien ne sera réglé structurellement tant que capitalisme et néolibéralisme mèneront le jeu , sans qu’on fasse au moins un sort à l’extraterritorialité du premier et à la notion de propriété privée dans le second .

        PS 1 : j’avais heureusement signalé la vertu d’intelligence des « ronds points » dans une discussion un peu mouvementée avec Vincent Rey sur d’autres sujets concernant déjà la bagnole .

        PS 2 : c’est Julien Alexandre qui vient de vous reprendre la modération ?

        1. « Macron a surtout surestimé les aptitudes de son opposition à repérer et peser correctement les dangers sociaux potentiels de sa politique globale, »

          Voulez-vous dire que l’échec de la politique de M. Macron est dû à son opposition ?

          Il y a bien entendu deux manières d’envisager le premier parti de France (et de bien d’autres pays), celui des abstentionnistes : soit comme des gens n’assumant pas leur devoir de citoyens, soit comme des gens refusant de se livrer à ce qu’ils considèrent comme un simulacre démocratique.

          Dans le second cas, on peut considérer que les premiers responsables de ce dépérissement démocratique sont ceux qui nous gouvernent.

          Tout à fait d’accord avec vous par contre lorsque vous écrivez « Mais rien ne sera réglé structurellement tant que capitalisme et néolibéralisme mèneront le jeu , sans qu’on fasse au moins un sort à l’extraterritorialité du premier et à la notion de propriété privée dans le second. »

          Pour répondre à votre PS2, je ne me suis jamais occupé de la modération sur le blog de Paul Jorion.

      7. Ouf !
        Julien Alexandre :
        C’est donc bien Julien Alexandre qui modère et incrémente les commentaires en temps et en texte ?

  12. « la démocratie représentative fonctionne uniquement au profit et pour les buts de ceux qui disposent du pouvoir économique et financier » écrivez vous dans une réponse. Mais votre article qui porte uniquement sur la 5e République Fr. et seulement sur l’élection présidentielle ne légitime pas cela. Et ne légitime pas votre titre. J’en resterai toujours à la définition de Bernard Manin : la démocratie sert à désigner des dirigeants (les députés) qui se donnent un pouvoir majoritaire et un espace de discussion. Par extension, le peuple a un espace de discussion secondaire et qui devient crucial (décisif) durant la campagne et l’élection. Maintenant la question qui se pose (et qui est aussi vieille que la démocratie) est celle des mécanismes de contrôle des élus, dont notamment la reddition des comptes, la révocation des élus, le grand nombre d’élus, le jugement en sortie de charge, etc. Et le rôle de l’argent durant la campagne, et la limitation de la propagande et des promesses. D’Athènes à Cuba, tout cela est expérimenté mais peu capitalisé. Ne prenez pas les démocraties les plus proches du pouvoir fort comme seul exemple ! Après (autre question), demandons-nous comment Trump et Bolsanero (et Hitler) arrivent au pouvoir en incarnant la puissance de la violence, car ce n’est pas qu’une question d’argent.

    1. Libre à vous de penser que le peuple doit avoir un espace de discussion secondaire pendant cinq ans et un espace de discussion prioritaire pendant quelques semaines. Et de fait, c’est exactement ce qui se passe et qui jette maintenant les gens dans les rues : nous sommes appelés à voter, puis à regarder passer les trains pendant cinq ans.

      Ce système qui infantilise les citoyens et ne les utilise que pour donner une onction démocratique a des candidats qui appliquent depuis près de 40 ans les mêmes politiques macro-économiques est tout sauf démocratique.

      Pourquoi des Trump, des Macron ou des Bolsonaro arrivent-ils au pouvoir demandez-vous ? C’est pourtant très simple, ils sont la conséquence de l’injustice sociale qui de tous temps a toujours été une question d’argent. La beauté de la chose étant bien entendu que leurs politiques aggravent encore les inégalités et la fragmentation des sociétés.

      « Il n’y a pas de liberté individuelle sans sécurité économique. Un peuple affamé et sans emploi est la matière dont sont faites les dictatures ».
      Franklin Roosevelt.

      1. Oui, parfaitement d’accord.

        La suite, c’est que la démocratie, la vraie, c’est pas super fun.

        Se coltiner la gestion de la Cité au quotidien, y a qu’à voir la galère des communes de 1000 à 2000 habitants pour trouver 12 conseillers….

        Et donc derrière la revendication légitime, il y a pas loin, l’espoir de l’homme providentiel qui reglera la question, et beaucoup moins l’idée de s’engager soi, pour agir.

        Vaste programme.

        1. Effectivement Thomas, la croyance en l’homme providentiel, en un père (ou une mère) qui viendrait pour nous sauver est une folie, la meilleure manière de se retrouver sous la dictature. Au moins Macron, s’il cumule les pouvoirs exécutifs et législatifs, n’est-il pas perçu comme oint d’une onction divine !

          Le problème tout à fait réel de la participation des citoyens à la vie quotidienne de la Cité peut-il être résumé lapidairement par « beaucoup d’emmerdes, peu de pouvoir » ?

          Je n’ai pas la réponse, mais ce qui me fait poser la question est le fort taux d’engagement des français(es) dans des dizaines de milliers d’associations. Le signe à mes yeux d’une volonté de participer au bien commun.

      2. C’est pour cela que je parle des mécanismes ‘citoyens’ de contrôle des élus, qui sont absents chez nous. Mécanismes récurrents (reddition annuelle des comptes), appelables (droit de révocation) etc.
        Il est vrai qu’il faut par ailleurs se demander pourquoi la social-démocratie s’est écroulée et le néo-libéralisme s’est imposé (La guerre de Thatcher contre les mineurs anglais par exemple), pourquoi le « sursaut social » réussit à faire reculer durablement les possédants à la sortie des guerres principalement. Bref comprendre une dynamique historique. La démocratie représentative est à mon avis une question de principe, tous les ajouts de type « démocratie participative » peuvent s’y encastrer, pas la remplacer.

        1. Je ne vois pas vraiment en quoi déléguer ses pouvoirs à des représentants serait une question de principe ?

          Maintenant si en parlant de la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat, vous préférez parler de contrôle plutôt de démocratie directe, ça me va parfaitement. Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

          Pour la dynamique historique dont vous parlez, il est possible de remplacer la phrase « pourquoi la social-démocratie s’est écroulée et le néo-libéralisme s’est imposé » par un simple mot : corruption.

      3. Selon France Bénévolat , le bénévolat global a diminué de 2,2 % entre 2013 et 2016 .

        Au mieux , on peut penser que globalement l’implication bénévole en association , ou ailleurs , se maintient globalement , même si la photo est difficile à prendre .

        Tous ceux qui ont pu participer à ,ou animer , de telles associations ( sportive , culturelle ou d’entraide pour ce qui m’a concerné ) , savent , comme les maires , les grandeurs et limites des troupes où il y avait de plus en plus de soutenus que de soutenants .

        La question de la délégation ou représentativité s’y pose d’ailleurs immédiatement , ne serait ce que pour désigner le « président » , le trésorier et le secrétaire , et souvent la « participation » de la majorité des membres est hélas rarement revendiquée au delà de la discussion autour de la table , et de la satisfaction d’avoir pu ramener sa fraise .Même trouver des commissaires aux comptes volontaires est une aventure aléatoire .
        Trouver des acteurs pour plus d’une année en est une seconde .

        Mais les associations ont des vertus propres qui vont au delà de leur objet .

        Quand tout baigne , c’est une excellente école primaire de la démocratie …et de l’art de la délégation représentative responsable .

      4. Non . D’expérience personnelle ( qui a duré au total pas loin de 20 ans en cumul quand même ) et de celles de quelques copains ( un à Humanisme et Habitat , un à SOS Méditerranée , un comme responsable d’une banque alimentaire ) on peut au doigt mouillé estimer à près de 50 % des non égoïstes « bénévoles  » le poids de ceux qui sont là pour ramener leur fraise .

        Ça n’est pas une condamnation de l’Association ( sinon je n’aurai pas arrêté il y a cinq ans , non pas par dépit , mais par arrêt de l’arbitre médical , je m’y serais pris bien plus tôt ). Ça veut simplement dire qu’il ne faut pas faire du bénévolat associatif , l’icone de la démocratie directe et de la « participation » idéale , d’autant que gérer une association de type culturelle , sportive ou d’entraide , ça n’est pas de même enjeu que gérer une commune et encore moins un état .

        Même si ça peut donner une idée très formatrice des obstacles à franchir pour être efficace dans la durée .
        Et que le mouvement associatif a toute sa place efficiente pour gérer dans la proximité , les  » faire  » et les « partager équitablement » que les politiques publiques ( communales et étatiques )ne lui délèguent actuellement que lorsqu’il n’y a pas de politique à leur niveau .

        Je ne sais bien parler que de ce que j’ai vraiment connu comme acteur ( et connait de moins en moins , je vous l’accorde ).

        1. « Ça veut simplement dire qu’il ne faut pas faire du bénévolat associatif , l’icone de la démocratie directe et de la « participation » idéale , d’autant que gérer une association de type culturelle , sportive ou d’entraide , ça n’est pas de même enjeu que gérer une commune et encore moins un état . »

          Vous m’aurez donc lu, une fois de plus, de travers…

          J’ai écrit : « Le problème tout à fait réel de la participation des citoyens à la vie quotidienne de la Cité peut-il être résumé lapidairement par « beaucoup d’emmerdes, peu de pouvoir » ? Je n’ai pas la réponse, mais ce qui me fait poser la question est le fort taux d’engagement des français(es) dans des dizaines de milliers d’associations. Le signe à mes yeux d’une volonté de participer au bien commun.

          Je « n’iconise » donc pas la démocratie directe par la participation « idéale » au bénévolat associatif, mais remarque simplement la volonté d’un français sur quatre de participer au bien commun au travers d’un investissement associatif.

  13. Non désolé Roberto, je ne vois pas ou est le raisonnement notamment par rapport à ce que j’ai mis en gras.
     » il ressort ASSEZ LOGIQUEMENT qu’il nous faut passer, si nous voulons sauver notre peau, par la démocratie directe.
    C’est A MA CONNAISSANCE LE SEUL ET UNIQUE MOYEN de détruire la corruption systémique, etc »

    Et non je n’ai jamais soutenu l’idée fausse que  » l’augmentation des températures et la sixième extinction en cours n’ont rien à voir avec les activités humaines, nos industries et nos modes de développement », bien au contraire. Et sinon je ne soutiendrais pas place publique ;-D!

    1. Le raisonnement part du constat évident que les politiques macro-économiques sont menées au profit exclusif des dominants et que ceux-ci font voter lois et traités. Je ne vois donc pas d’autre solution que la démocratie directe et la possibilité de révoquer les élus pour nous assurer contre le pouvoir de corruption de l’argent.

      Mais je suis soulagé que vous partagiez l’évidence de la sixième extinction. Encore un effort et je suis sûr que vous finirez par comprendre que le système politique qui en est responsable n’est pas la solution pour nous sauver du scénario catastrophe promis par le Giec 😉

  14. « […]Le choix est donc cornélien pour ceux qui l’ont porté au pouvoir par la grâce de leur argent[…] »

    Vous oubliez (opportunément) tous ceux qui, ici-même, ont milité pour son élection, bon gré, mal gré, et qui ont ainsi collaboré comme d’autres, sourds aux mises en garde d’alors que s’il était élu, ce ne serait que pour mieux différer l’avènement de l’extrême droite (dont il est en fin de compte un avatar parmi d’autres).

    Il n’est plus temps, maintenant que l’insurrection a commencé, de se perdre en excuses et en explications. Vous obtenez, vous comme d’autres, ce que vous avez contribué à semer.

    1. Point d’oubli opportun ni de fausses excuses. Je fais partie de ceux qui ont voté FI au premier tour et qui se sont abstenus au second, refusant la prise d’otage qui consistait à devoir choisir entre le fascisme de l’une et le fascisme de l’autre.

      Contrairement à ce que répond Arnaud à Jacques Seignan un peu plus haut dans le fil de ces commentaires, on a toujours le choix. Ici les mots d’Hannah Arendt ont toute leur résonance : « ceux qui choisissent le moindre mal ont vite fait d’oublier qu’ils ont choisi le mal. »

      Si beaucoup ont voté Macron par peur, peu pouvaient ignorer au vu de son parcours, du battage médiatique qui l’accompagnait et de la nature de ceux qui l’avaient fabriqué comme présidentiable, à qui ils avaient réellement affaire : un pur néolibéral qui allait s’attaquer avec violence à la démocratie.

      1. Roberto,
        Je jusqu’au bout en 2017 je me suis posé la question de lâcher Hamon pour soutenir Mélenchon.
        J’ai acheté le bouquin des insoumis, regardé les vidéos de Mélenchon, lu tous vos articles.
        Et j’ai plein de souvenir de discussions avec des insoumis sur les marchés, dont plusieurs nous insultaient en nous traitant de collabos.
        Vous pouvez penser ce que vous voulez. Je ne regrette pas mon choix au premier tour ni même celui du deuxième, sans illusion contrairement à ce que vous pensez.
        Je vous laisse maintenant à votre pureté idéologique et vos « mains propres ».

        1. Je vous laisse maintenant à votre pureté idéologique et vos « mains propres ».

          Oui, c’est à peu près le type d’insultes auxquels avaient droit ceux et celles qui sans être encartés osaient dire qu’ils allaient voter FI : des idéologues aux « mains-propres », c’est à dire des rouges-bruns…

          J’espère pour Place publique qu’ils ne reprendront pas ce type « d’argument », tout du moins s’ils veulent dépasser le stade groupusculaire de l’actuel PS.

    2. Je vais peut-être choquer certains de mes amis, mais tant pis.
      Valait-il mieux l’extrême-droite classique tout de suite avec la possibilité d’une suppression rapide des libertés publiques, une augmentation rapide des actes racistes (l’exemple du Bresil..), une sortie de l’Union en catastrophe (sans plan B) ou bien Macron dont on savait qu’il ferait de la casse sociale, mais devant lequel il y a la possibilité de se révolter si c’est nécessaire.
      J’ajoute, gagner du temps ce n’est pas inutile quant à l’horizon se profile l’effondrement. Pour que les nouvelles idées percolent dans la société vaut mieux que soient garanties un minimum de libertés publiques.
      En ce qui me concerne je ne vois pas pour quelle raison je devrais regretter mon vote. De manière générale, j’estime que la vie démocratique ne se limite pas aux élections, c’est donc qu’il y a une place de choix pour les mouvements sociaux. Nous y sommes.
      Bien sûr Macron représente l’aristocratie de l’argent, la politique qu’il applique de toute évidence est dictée par ses intérêts, mais cette aristocratie avait déjà pignon sur rue depuis belle lurette, ce président n’avait qu’à porter à son paroxysme une tendance bien établie. Monsieur Macron n’était-il pas le conseiller de l’ex-président de la République, un certain Hollande ?!

      1. Pierre-Yves, ton commentaire ne me choque absolument pas puisque implicitement j’ai fait ce choix en votant Macron au 2d tour. Aujourd’hui je peux seulement m’étonner du peu de sens politique de ce monsieur qui s’est mis à ce point dans la m***. Par exemple pour faire des économies assez dérisoires s’attaquer frontalement aux retraités, qui votent et qui généralement sont conservateurs : ne pas oublier la non-indexation sur 3 ans. Les gens savent calculer quand il s’agit de leur pognon qui n’est pas de « dingue ».
        Cela posé, choisir entre la peste et le choléra n’est pas un choix ; on l’oublie souvent en citant ce dicton. Il fallait éviter ce faux choix avant mais bon, on ne réécrira pas l’Histoire. On pourra simplement se souvenir des erreurs engendrées par les dogmatismes politiques.

      2. le soucis c’est que Macron, maître du temps durant sa campagne, est passé dans l’exercice de la représentation borgne; il découvre qu’un pays n’est pas une start-up, mais n’en sait pas plus pour autant. Son horloge est irréparable, sa pensée complexe est indigeste. La crédibilité et l’efficience d’un projet politique se mesure à la « maîtrise » du temps.
        Emmanuel Todd : "La culture française égalitaire et libérale est toujours là" "Le gouvernement cherche le chaos pour provoquer une rupture"
        https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/cartographie-des-coleres-francaises-avec-emmanuel-todd

    1. @Jacquot

      Je plussoie.
      Et
      P. Aghion : refonte de la fiscalité. Entre autres.

      Cela les gilets jaunes le disent aussi.
      « Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement où il y a plusieurs demandes qui sont faites : de la contestation des institutions, à la revalorisation des retraites, de la CSG, etc. Il y a un certain nombre de choses qui n’ont pas été faites depuis longtemps, mais ce n’est pas que le résultat de ce qui s’est fait depuis six mois », explique-t-il.  »

      « Comment explique-t-il le sentiment d’injustice des manifestants ? Pour lui, il y a eu une mauvaise évaluation politique sur les mesures fiscales du gouvernement. Défenseur de la mise en place d’une « flat tax » qui remette à plat les niches fiscales, il explique que « l’ISF, c’est très peu d’argent mais c’est très symbolique. Quand vous supprimez l’ISF, vous devez faire quelque chose d’aussi symbolique dans l’autre sens. Il y a eu une mauvaise évaluation politique, il fallait faire une mesure symbolique ». Mais il précise aussi que « les effets ne sont pas immédiats, en Suède c’est arrivé en cinq ans ».

      « Il faut une croissance inclusive, c’est-à-dire qu’il faut stimuler la croissance en préservant le mode social et en faisant une croissance plus verte ».
      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-30-novembre-2018

  15. Issu d’une conversation privée ce soir avec l’un des CRS qui était sur le terrain dans le quartier de l’Etoile samedi 1er décembre, un aperçu de ce qui se dit dans les rangs de la troupe :
    – « Ce n’est pas une surprise que ‘ça pête’, ça devait arriver, même si on s’attendait plutôt à ce que ce soit du côté des banlieues »
    – « Sur le fond, les gilets jaunes, on est d’accord avec eux ! Nous, nous sommes comme les ‘gilets bleus’ ! »
    – « La grande inquiétude pour samedi prochain, c’est qu’en face certains en viennent aux armes à feu. Vu l’escalade de la violence contre nous jusqu’ici, c’est la seule chose qui serait pire »

    Par ailleurs, prise de position intéressante de Philippe Aghion, économiste soutien de Macron « une sortie provisoire de la contrainte européenne des 3 % de déficit budgétaire est souhaitable » https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/03/pour-l-economiste-philippe-aghion-il-faut-retablir-une-nouvelle-forme-d-isf-pour-sauver-les-reformes_5391824_3232.html

    Effectivement :

    – Ce serait le moyen pour le gouvernement de se redonner des marges de manœuvre, en terme de réduction de la fiscalité frappant les plus modestes et/ou d’investissement public – par exemple pour la transition énergétique – surtout si elle était couplée à une augmentation de la fiscalité sur les très hauts revenus, qu’Aghion défend aussi

    – Du point de vue diplomatique, Emmanuel Macron a clairement une ouverture qui lui permettrait d’imposer cette décision :
    1. Le chaos qui commence en France doit aussi inquiéter à Berlin et à Bruxelles
    2. Etant déjà « bien bordé » du côté pro-européen – qui en France est plus européiste que lui 🙂 ? – Emmanuel Macron pourrait très facilement dire « Je ne suis pas Salvini ! Mais j’ai besoin de changer la trajectoire budgétaire du pays pour répondre à l’exigence des Français »
    3. Vu le Brexit, le gouvernement italien et dans un autre genre le gouvernement polonais, sans compter Donald Trump, la France est du point de vue de l’Allemagne son DERNIER allié fiable. Ce n’est pas comme si elle avait le choix

    D’un certain point de vue, si la situation présente crée une contrainte intérieure forte pour le président, elle desserre aussi objectivement la contrainte extérieure. Elle n’est pas loin de représenter paradoxalement une opportunité de reprendre la main vis-à-vis de Berlin, sachant que l’Allemagne refuse de faire le moindre pas autre que cosmétique dans la direction de réforme de l’euro que propose Macron.

    … Reste à voir s’il saura mettre à profit cette opportunité. Qui est peut-être la dernière occasion pour lui de « rattraper » sa présidence.

    1. On est à peu près en phase , remarque faite qu’il ne s’agit pas de rattraper ou de perdre un quinquennat , mais de trouver la bonne mécanique pour résoudre à la fois les attentes immédiates et les opportunités de traiter réellement de cette transition qui ne sera pas un long fleuve tranquille , et le sera d’autant moins que les efforts ne seront pas équitables alors que la solution est internationale .

      Sur l’agenda , je ne suis pas loin de penser que , même si ça tangue , il vaut mieux trouver des issues maintenant , que se retrouver dans le vide dans trois ans , dans les mêmes dénis réciproques .

      https://www.pauljorion.com/blog/2018/12/02/fin-de-partie-pour-la-democratie-representative-par-roberto-boulant/#comment-683446

    2. Concernant les allemands, reste à savoir s’ils tiennent plus à l’UE qu’à leur dogme monétaire. Au vu de leur véritable fétichisme pour le mark, pardon, l’euro, il n’est pas du tout évident qu’après le vote d’un budget italien hors des clous, ils soutiennent Macron s’il se décidait à suivre les préconisations de Philippe Aghion. Ils verraient là sans doute, et à raison, la fin du PSC.

    3. Oui tout à fait ok avec votre analyse Jacquot et OK avec Juan sur le fait que ce qui se joue ici dépasse le seul quinquennat présent et les simples frontières exagonales.
      Ce qui est fou c’est de voir tout ce qui peut être est encaissé avant que ça explose.

      1. Oui, compression avant explosion : on est dans le moteur thermique, à carburant !
        En passant, il est étonnant de voir combien les leçons du passé (certes ancien, 1789) ne sont jamais retenues : trop peu et trop tard => aggravation de la situation. Aggravation continue => basculement.

      2. @Jacques Seignan,
        En même temps ce n’est pas étonnant en réduisant à pas grand chose les niveaux de négociations intermédiaires on en arrive à ce que toute transition finisse par se jouer entre deux états aux niveaux d’énergies très éloignés > ça dégage beaucoup d’entropie quand ça change « d’état ».
        D’ailleurs ce manque de négociation aux niveaux intermédiaires semble se retrouver aussi dans la grande difficulté d’émergence d’un cahier de revendication et de représentants des « gilets jaunes » eux mêmes, ou apparemment ça ne rigole pas avec la délégation: menaces de mort et porte dérobées de rigueur pour l’instant.

    4. On en revient à la « faute » originelle d’Hollande. Bien élu (lui) il devait impérativement renégocier avec l’Allemagne comme l’a écrit Th. Piketty. Au-delà de l’abjecte tromperie électorale, il y avait sa propre idéologie et bien sûr il n’est pas anodin qu’il ait choisi comme conseiller un certain Macron…
      Personnellement je ne parierai pas un kopek sur cette sortie vers le haut avec notre pauvre Jupiter.

      1. La sortie par le haut est très improbable, voire carrément impossible.

        Quand on est élu avec moins d’un cinquième des voix du corps électoral, on a tout juste la légitimité suffisante pour expédier les affaires courantes et inaugurer les chrysanthèmes. Certainement pas pour réorienter la machine étatique au profit exclusif des intérêts privés.

        Il n’est donc pas surprenant qu’en rajoutant le mépris et le crachat au holdup, on obtienne de la haine. Haine qui ne s’éteindra pas avec une reculade tactique du gouvernement, mais uniquement avec le départ de M. Macron. Dans une telle situation de rejet, avec un individu qui provoque d’aussi violents sentiments, le temps restant de son quinquennat va paraitre interminable pour tout le monde.

        Typiquement le nul du jeu d’échecs lorsque le Roi ne peut plus bouger. Dans la vraie vie, le choix entre l’immobilisme et la violence.

        Partie nulle, vraiment nulle !

    1. A moins de comprendre «enfant» comme dans le «Allons enfants»… et de se rappeler l’origine de l’hymne national.

      Je préfère pour ma part la réforme à la révolution. Le problème étant bien sûr que le mot même de «réforme» a pris une teinte très laide depuis vingt ans et plus que tout ce qui cause dans micro l’utilise comme synonyme de «réforme néolibérale»…

    1. Saluons le parler clair, construit et modéré de Jean-François Barnaba.
      « des gens qui ont un tableur excel à la place du cerveau », j’aurais dit aussi à la place du cœur.

  16. Il fait nuit, il y a du brouillard, la route est verglacée. Le conducteur est bourré. Le passager a peur.
    Je suis un citoyen français dans cette bagnole dont le conducteur (enfin le sous-fifre du conducteur) vient d’annoncer les mesures : des moratoires. Croit-on vraiment que les gens des ronds-points ne comprennent pas ce mot ? Dans six mois aura donc trouvé du pognon de dingue pour compenser ces mesurettes car surtout il ne faut rien lâcher. Bruno Le Maire l’a parfaitement annoncé : on vous prendra le fric qu’on vous redonne (en langage énarchique : «maintenant, il faut accélérer la baisse des impôts. Mais pour cela il faut accélérer la baisse de la dépense publique »).
    Oui, devant de tels dirigeants, j’ai peur pour mon pays car les révolutions y sont terribles et leurs conséquences terriblement incertaines dans un monde en voie de trumpisation comme ultime solution des possédants.

    1. Je partage votre sentiment.

      Un résumé des annonces du premier ministre aujourd’hui : « Trop peu, trop tard ».

      Je crois que plusieurs des membres du gouvernement devraient se rappeler que « peu instruit » et « con » sont deux choses différentes. Et qu’à prendre les gens moyennement ou peu instruits pour des imbéciles, on ne fera qu’attiser leur colère.

  17. Vous connaissez ce jeu ?

    où il s’agit de constituer une figure, et dans lequel il faut bouger une pièce dont le déplacement implique qu’il faudra bouger une autre pièce et ainsi de suite, pour reconstituer l’image. Imaginez maintenant que cette figure c’est la transition énergétique socialement compatible. Imaginez que l’on part d’un jeu totalement brouillé ; il faut déplacer l’une après l’autre beaucoup de pièces. Dans ce cas ne vaut-il mieux pas changer le jeu en instaurant de nouvelles règles du jeu (en économie, pour la finance..) pour repartir sur de meilleurs bases ? Pour gagner du temps et de la cohérence.

    Les mesures qui viennent d’être annoncées par le gouvernement pour sortir de la crise ressemble à des mouvements désordonnés d’un jeu qu’on ne change pas.

  18. Il aura fallu attendre que toute la presse recouvre son bel unanimisme de période électorale en conseillant le « recul signe d’intelligence politique et non de renoncement », il aura fallu la crainte d’une quatrième journée de manifestations parisiennes encore plus violentes, pour que le gouvernement annonce… un simple moratoire !

    Autrement dit, rentrez chez vous mes braves, nous ne vous taxerons que dans six mois…

    Au fond qui risque d’être très mal perçu, s’ajoute la forme qui rajoute à son image de suffisance et de mépris. Celle d’un PR faisant porter le message par son premier collaborateur, alors que les circonstances exigeaient qu’il s’adresse solennellement à la nation.

    Allo, Papa Tango Charlie ?

    1. Concernant le message délivré par le premier ministre plutôt que par le président, je l’interprète comme une habileté déplacée : s’adresser au pays pour annoncer des changements substantiels est la cartouche la plus puissante à la disposition de Macron. S’agissant d’une simple tentative a minima de « calmer » les manifestants avec bien peu de concret et beaucoup de promesses de « concertation », il y a une certaine logique à la faire porter par le premier subalterne plutôt que par le chef de l’Etat.

      Mais bien sûr cette habileté est déplacée, ou plus précisément bien trop tardive. Au point où nous en sommes, seule la cartouche la plus puissante de Macron pourrait être efficace, à la fois en annonçant des évolutions concrètes et à la hauteur, et en montrant de manière immanquable qu’à titre personnel il a compris que l’affichage de son mépris était une faute très grave, et qu’il est en train de se reprendre.

      Acte 4 ce week-end – voire plus tôt. J’espère vivement que nous n’aurons pas à déplorer d’autres morts avant que Macron enfin ne réagisse, mais cela me semble hélas improbable.

    2. Comme il ne s’agit sur le fond sans doute ni de mépris ni de suffisance ( dont on n’aurait d’ailleurs pas grand chose à foutre ) , c’est encore plus inquiétant .

      Allo , Berlin ?

      Pas sur qu’on votera pour les européennes en 2019.

      1. On peut effectivement tenir notre homme pour sot mais pas suicidaire. Mais peu importe, même involontaire cette énième maladresse ne peut qu’accentuer son image de petit-marquis méprisant.

        Pour l’UE, force est de constater que ses quatre premières puissances économiques connaissent quelques trous d’air. Le RU s’en va (ou va rester, mais dans quel état ?), l’Italie vote un budget bras d’honneur, la France n’est plus en mesure de respecter les règles cabalistiques du PSC, et il n’est plus insensé de se demander si Macron qui hier encore apparaissait comme l’homme fort de la zone euro, ne sera pas poussé à dissoudre l’AN pour tenter de préserver l’essentiel. Vu la cote de popularité de la marque Macron, au moins égale à celle de Monsanto, les europhobes de tout poil doivent rêver de le voir s’investir dans la prochaine campagne électorale européenne.

        Quant à l’Allemagne, sa situation politique intérieure n’étant guère plus enviable, il n’est pas écrit qu’elle accepte les trajectoires budgétaires française et italienne et la détérioration monétaire qui s’en suivrait. Dès lors l’hypothèse d’un Germanxit pour préserver les bijoux de la couronne -le Deutsche Mark débarrassé de son faux-nez euro-, n’apparait plus comme irréaliste.

        À défaut de plan B, le plan Z comme dans WorldWarZ ?

      2. C’est bien parce que l’Allemagne a besoin de l’euro comme monnaie faible qu’elle peut avoir envie de sauver la famille .

        Reste à savoir ( toujours cette machine à calcul ) ce qui , tous + et tous – combinés , rapporte le plus à terme , ou préserve le plus à court terme .

        Si on devait en rester aux tableaux excell , et ne pas mettre « aussi » dans la balance la place de la famille entre Chine et USA , et la recherche de la paix .

        La « Révolution » , c’était l’élection de Trump , nous sommes l’impact , sans envie et forces apparentes pour être la « réplique » .

        1. « C’est bien parce que l’Allemagne a besoin de l’euro comme monnaie faible qu’elle peut avoir envie de sauver la famille »

          Vous permettrez que je la conserve celle-là, elle est excellente !

          En fait les allemands ont besoin aujourd’hui d’un euro fort comme hier ils avaient besoin d’un mark fort. Parce que l’économie allemande est une économie amont à forte valeur ajoutée, positionnée sur le marché du haut-de-gamme, que ce soit celui de la machine-outil ou de la berline de luxe.

          Une économie et des industries fortement exportatrices générant une balance commerciale au solde largement excédentaire. Et peu importe que l’euro-mark soit totalement surévalué pour les autres pays de la zone euro, qu’en tant que monnaie unique et non commune, il rend toute dévaluation interne impossible, étranglant ainsi les économies plus faibles.

          Deutschland über alles !, l’Allemagne peut ainsi continuer à engranger des excédents records grâce à l’euro fort… tout en déséquilibrant l’économie des autres pays de la zone euro, qui faute de dévaluation interne possible, se livrent à la déflation salariale.

          Que le cours de l’euro vienne à chuter à cause de ces faignants d’Italiens ou de Français qui feraient baisser les taux d’intérêt et de change, et adieu donc les excédents commerciaux.

          Quand l’image de votre industrie repose sur la qualité pendant que vos concurrents se battent sur le marché du moyen-de-gamme, vous avez tout intérêt à avoir la monnaie la plus forte possible. Tout simplement parce que votre stratégie vous permet d’écouler des produits plus chers.

      3. On laissera le fin mot aux spécialistes , mais depuis des années , l’euro faible favorise les exportations de l’Allemagne hors Europe .

        Le cours de l’action Airbus , plonge d’ailleurs chaque fois que l’euro s’apprécie par rapport au dollar , même si Airbus amortit , comme les grands constructeurs automobiles , en « fabricant moitié en dollar , moitié en euro », avant de vendre en dollars . .

        PSDJ a sans doute des lumières .

        1. « On laissera le fin mot aux spécialistes , mais depuis des années , l’euro faible favorise les exportations de l’Allemagne hors Europe . Le cours de l’action Airbus , plonge d’ailleurs chaque fois que l’euro s’apprécie par rapport au dollar , même si Airbus amortit , comme les grands constructeurs automobiles , en « fabricant moitié en dollar , moitié en euro », avant de vendre en dollars . »

          Votre exemple du groupe Airbus, bien que de manière involontaire, est excellent !

          Airbus n’est pas un groupe allemand mais européen, mais surtout, il n’est pas positionné sur le marché du haut-de-gamme gage de fortes marges, mais sur un des marchés les plus férocement concurrentiel qui existe.
          CQFD.

          Surtout n’hésitez pas à revenir nous faire part de vos lumières en matière économique, les temps sont sombres et nous avons tous besoin de nous détendre.

      4. J’attendrai quand même les arbitrages éclairés de meilleurs références .

        Thomas Enders et les 22000 employés allemands d’Airbus seront heureux d’apprendre que l’Allemagne n’est pas concernée par le sort d’un des deux leaders mondiaux de l’aviation civile et militaire , qui a un chiffre d’affaire de l’ordre de 70 milliards ….d’euros .

        1. Je n’ai jamais dit que l’Allemagne se désintéressait du sort d’Airbus, mais que le marché d’Airbus fortement concurrentiel, et donc à faibles marges, ne correspondait pas au modèle industriel allemand axé sur le haut-de-gamme à fortes marges.

          Votre méthode consistant à déformer systématiquement mes propos est non seulement enfantine mais cousue de fil blanc.

      5. Que la marge soit faible ou forte , ce qui compte c’est dans quelle monnaie ( ou cocktail de monnaies ) je fabrique , et dans quelle monnaie je vends ( ça on sait , à l’export , c’est le dollar ).

        Le but du jeu de tout grand constructeur mondial est de fabriquer avec des produits et salaires dans des pays à monnaie faible ( mais pas trop pour amortir les retournements de cours ) et de vendre en dollars forts .

        Le jeu changera vraiment quand le dollar ( que la FED s’acharne parfois à faire plonger pour rétablir la compétitivité américaine ) ne sera plus monnaie de référence .

        Pour ce qui est des grosses cylindrées de haut de gamme et fort rapport allemandes ( ou suédoises ) , qui se portent bien tant que le marché international ( dont chinois) en demande , le péril viendra davantage du diselgate , ou de …l’écologie que du cours de l’euro .

        1. « Que la marge soit faible ou forte , ce qui compte c’est dans quelle monnaie ( ou cocktail de monnaies ) je fabrique , et dans quelle monnaie je vends ( ça on sait , à l’export , c’est le dollar ). »

          Heu non, la question ne fait même pas débat : l’importance de la marge est cruciale dans toute entreprise commerciale. Ensuite une monnaie forte, surtout si elle s’appuie sur une main d’œuvre à bas coût et qualifiée comme celle qu’utilise l’industrie allemande dans ses usines des ex-pays de l’Est, n’est non seulement pas un véritable handicap lorsque l’on détient le monopole sur les produits industriels haut-de-gamme, mais permet en plus de profiter d’un taux de change favorable pour ses importations.

          Concernant les « grosses » voitures, en notant qu’il devient impropre de parler de grosses cylindrées puisque downsizing aidant il est devenu courant que des moteurs d’1,5L délivrent 180 ch et plus, et que d’autre part le Suédois Volvo appartient au Chinois Geely, je vous confirme que si toutes les marques planchent sur les motorisations alternatives, le thermique couplé ou non à de l’hybride « full » ou rechargeable a encore de beaux jours devant lui.

          Et preuve que la marge commerciale est vraiment importante, vous pouvez être sûr que même si nous en revenions aux chaises à porteurs, les allemands se lanceraient dans leur fabrication haut-de-gamme. Prenez l’exemple des boites à chaussures appelées SUV dont la mode débuta réellement avec le X5: elles se sont imposées pour plumer le chaland lorsque radars, permis à points et turbo-mazout de gueux accélérant très fort, se sont ligués pour contester la supériorité du noble conducteur de bolides.

      6. On va attendre que Carlos Ghosn sorte de taule pour donner la vérité de l’entrepreneur , mais je n’ai toujours pas compris dans votre argumentaire ( tiré de Wikipédia ? Le mien est tiré de quelqu’un qui m’est cher qui a travaillé pour EADS ) pourquoi un euro fort assurerait la forte marge des voitures haut de gamme allemandes .

        1. Êtes-vous vraiment certain que le titre d’entrepreneur soit celui qui convienne le mieux à M. Ghosn ?

          Pour l’argumentaire, étant des générations pré-internet, j’ai appris à me servir d’un vieux truc plus guère usité de nos jours, la mémoire.

          Pour l’euro fort, pas de problème, je recommence autant de fois que nécessaire, la pé-da-go-gie est à la mode de nos jours : une monnaie forte n’est pas vraiment un handicap à l’exportation lorsque ses industriels sont positionnés et dominent le marché du haut de gamme, et ça devient franchement un avantage lorsqu’il s’agit d’aller sur Lesmarchés ou d’importer des biens et services.

      7. Je ne suis pas sur que la FED ou Daimler vous embaucheraient sans précaution .( pas plus qu’ils ne me recruteraient moi , d’ailleurs !)

      8.  » il ne s’agit sur le fond sans doute ni de mépris ni de suffisance ( dont on n’aurait d’ailleurs pas grand chose à foutre ) »

        Moi je n’en aurais pas grand chose à faire en effet. Mais j’ai un travail bien rémunéré et de manière générale la tête assez loin hors de l’eau financièrement parlant.

        Je soupçonne que pour beaucoup de ceux qui ont le menton juste au dessus de l’eau, voire sont pratiquement en train de boire la tasse, c’est important. Une situation dure, et qui se détériore, tandis qu’aucun effort n’est demandé des plus aisés, c’est déjà beaucoup. Quand l’insulte perçue ou réelle s’y rajoute, c’est à coup sûr trop.

    3. Vous perdez de l’altitude… sur le hâvre fiscal des Bermudes
      (pour les jeunes : chanson de Mort(imer) Shuman des années 1970 finissantes… »triangle des Bermudes »)

      1. 🙂
        Et nous sommes quelques millions en cabine à cogner sur la porte du cockpit où s’est enfermé le pilote fou…

  19. Sur ce blog, nous savons tous que les ressources sont limitées, et qu’une décroissance drastique est nécessaire, principalement dans les pays développés d’Europe et d’Amérique du Nord, pour que l’humanité puisse survivre. Malheureusement, l’homme (et la femme) n’accepte pas volontairement de diminuer son train de vie. Le seule solution est donc une décroissance imposée par la réalité. On ne pourra jamais trop remercier les gilets jaunes de nous entraîner, à l’insu de leur plein gré, dans cette voix salvatrice. La France servira ainsi, encore une fois, de modèle pour un nouveau monde.

  20. Quelques notes sur les aspects autre qu’économiques.

    Je perçois dans le mouvement gilets jaunes une colère qui est en partie la réponse à ce qui fut perçu comme des insultes. Le slogan « Macron, t’es f…u, les Gaulois sont dans la rue » est assez clair par exemple, la remarque sur les Gaulois prétendument « réfractaires » a marqué les esprits. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. On se rappellera des employées « illettrées », de l’ouvrier qui doit « bosser pour se payer un costard » ou de la réponse aberrante et insultante à un chômeur comme quoi il suffirait de « traverser la rue » pour trouver un emploi.

    Il y a encore autre chose il me semble. Au moins chez certains « gilets jaunes » se dessine un appel à l’autorité. Voir Christophe Chalençon, porte-parole gilet jaune qui appelle à… la nomination du général Pierre de Villiers comme premier ministre. La proposition est loufoque bien entendu – d’autant plus que ce n’est pas le premier ministre qui définit les grandes orientations de la politique ! – mais elle souligne la déconsidération du pouvoir et le désir dans une partie de la population d’une autorité.

    Je le rapproche de :
    – La fameuse photo où Emmanuel Macron se laisse ridiculiser à poser avec des petits délinquants dont l’un fait un doigt d’honneur bien visible. Et ridiculiser, c’est le pire de tout, sans réagir à l’insulte
    – L’épisode d’Emmanuel Macron lançant depuis la cour de l’Elysée « Qu’ils viennent me chercher ! ». Il s’adressait bien sûr à ses adversaires politiques… mais ce ne sont pas nécessairement les seuls à avoir reçu le message. Et un type plutôt gringalet qui lance un défi de petit voyou depuis un palais, c’est une image dangereuse

    Nous autres êtres humains ne sommes pas seulement des « animaux économiques », nous sommes encore bien d’autres choses, y compris d’un certain point de vue des grands singes poussés en graine. Un dirigeant peut être un homme plutôt fluet, cela peut être une femme, il n’y a là aucun problème… à condition qu’il ou elle « en impose ».

    Un président qui non seulement est mal élu, non seulement poursuit et amplifie une politique qui laisse une grande partie de la population sur le carreau, non seulement y rajoute l’insulte… mais encore apparaît comme FAIBLE, cela fait beaucoup !

    Je souhaite vivement qu’Emmanuel Macron trouve en lui-même les ressources d’empathie, de respect des autres et de lui-même et enfin de courage pour sortir de la situation dangereuse où nous sommes arrivés. Mais il en a vraiment fait beaucoup pour l’aggraver.

    1. « Je souhaite vivement qu’Emmanuel Macron trouve en lui-même les ressources d’empathie, de respect des autres et de lui-même et enfin de courage pour sortir de la situation dangereuse où nous sommes arrivés. Mais il en a vraiment fait beaucoup pour l’aggraver. »

      Je souhaite vivement, que les GJ trouvent en eux m^mes les ressources d’empathie, de respect des autres et d’eux m^mes et aient le courage de larguer les amarres avec
      ceux qui les ont infiltrés et sont en train de les noyautér, les intimider, les instrumentaliser, pas de jaunisse, respect, empathie, et tout et tout, vi vi, plus belle la vie au pays de Candy.

      « Un groupe impose sa dictature » : menaces de mort contre les « gilets jaunes libres »

      L’une des icônes du mouvement, Jacline Mouraud, dit avoir déjà déposé « six plaintes » à la gendarmerie pour menaces de mort.
      Par L’Obs. Publié le 03 décembre 2018 à 12h23

      Les « gilets jaunes libres », qui ont appelé dimanche 2 décembre à une « sortie de crise », ont reçu depuis lors des dizaines de menaces de mort, a indiqué l’une d’entre eux, la Bretonne Jacline Mouraud.

      « On est visé par des espèces de gamins anarchistes qui sont manipulés. On reçoit des appels en pleine nuit, des menaces comme ‘on a ton adresse, t’en as plus pour longtemps' », a déclaré la Bretonne de 51 ans, à l’origine d’une vidéo virale sur la « traque aux automobilistes ».

      « D’autres personnes ont reçu des menaces sur leurs enfants », a-t-elle ajouté, affirmant que les menaces venaient d’autres « gilets jaunes ».

      Six plaintes déposées
      Jacline Mouraud, qui dit avoir déjà déposé « six plaintes » à la gendarmerie pour menaces de mort, précise en avoir reçu beaucoup plus depuis la publication de la tribune dans le « Journal du dimanche » dans laquelle une dizaine de « gilets jaunes libres » appelaient à une sortie de crise.

      « Cette nuit, c’était le summum », a-t-elle souligné. « C’est clair que ces personnes [qui font des menaces de mort, NDLR] ne veulent pas de résolution du conflit. Elles ne sont là que pour ‘foutre la merde’. »

      « Un groupe impose sa petite dictature et tous les autres obéissent. Il est hors de question que je cautionne des gamins irresponsables qui appellent à tout casser encore une fois à Paris », a poursuivi Jacline Mouraud.

      « J’ai une question à poser aux ‘gilets jaunes’ : vous voulez quoi maintenant ? Vous voulez que quelques anarchistes retournent le pays ? »
      Pour Jacline Mouraud, « le gouvernement a la solution ». « Ils n’ont pas pris le mouvement au sérieux. Il faut qu’ils ouvrent les yeux », a-t-elle dit.

      Elle a estimé qu’une résolution du conflit passait par un moratoire sur les taxes sur le carburant, une annulation de l’alourdissement du contrôle technique automobile et un rétablissement de l’impôt sur la fortune.
      https://www.nouvelobs.com/societe/20181203.OBS6445/un-groupe-impose-sa-dictature-menaces-de-mort-contre-les-gilets-jaunes-libres.html

      PS : mais ça c’était…avant…

      1. La seule façon que les gilets jaunes ne soient entravés par des éléments extrêmistes minoritaires usant de méthodes de fascistes et que nous soutenions les gilets jaunes et que le mouvement des gilets jaunes se transforme en un vaste mouvement de lutte politique et sociale. En nous tenant à l’écart, en ne manifestant pas notre solidarité avec ceux d’entre eux qui sont animés de bonne volonté, nous créons une sorte d’entre-deux dans lequel prospère le ressentiment et la peur. Or pour qu’un vaste et puissant mouvement social avec sa convergence des luttes puisse émerger il faut éliminer le ressentiment et la peur. Ce sont les demie-mesures comme celle que vient de prendre le gouvernement qui sont dangereuses, elles ne sont destinées qu’à gagner du temps, elles ne clarifient rien.

        C’est logique qu’un mouvement qui menace la politique menée par le gouvernement et l’aristocratie de l’argent qui le soutient, soit travaillé (infiltré ?) par des individus, des groupes, qui intentionnellement ou objectivement sont les adeptes les plus farouches de l’ordre établi, au besoin en semant le chaos pour le rétablir sous une forme plus dure encore.

        1. Pierre-Yves, peut-on encore parler de « gouvernement » lorsque ses marges de manœuvre sont étroitement bornées par les limites du PSC européen et sa déclinaison nationale, le PLF ?

          C’est avec un mélange d’effroi et d’amusement que l’on peut prendre la non-réponse du « gouvernement » aux revendications sociales: non seulement il nous dit que les augmentations de taxes ne sont que reportées à plus tard, mais dans sa terrifiante ingénuité il nous signale que les mesures qu’il est obligé de prendre pour calmer la populace vont couter 2 milliards au budget de l’État. En clair, la possibilité de sortir du bac à sable tracé par l’aristocratie de l’argent est totalement inenvisageable, en dehors du cadre mental. L’univers commence et s’achève par le TINA !

          Nous sommes donc dans la situation où il faut faire discuter un mouvement totalement horizontal sans représentants, avec un « gouvernement » laissé sans aucune possibilité de marge de manœuvre budgétaire par ses maitres ! Car il est bien sûr totalement hors de question pour les dominants de voir désamorcer la pompe à fric qui fait ruisseler les richesses vers le haut de la pyramide sociale.

          Sous ces conditions, le « gouvernement » n’a plus d’autres choix que la politique du pire, attendre voire provoquer les drames, pour mettre en place l’état d’urgence tout en communiquant sur la défense de la démocratie face aux hordes fascistes.

          Impact dans trois, deux, un…

        2. « Les médias qui disent s’opposer à Trump ne cessent de lui faire de la publicité gratuite et les gens intelligents et condescendants qui méprisent les ignares au bas de l’échelle sociale travaillent pour les Trump et Bolsonaro sans, apparemment, s’en rendre compte. Néanmoins, Thomas Piketty avait déjà établi les similitudes entre les politiques économiques de Trump et de Macron indiquant que la ligne de partage entre néolibéralisme et ploutocratie autoritaire est étroite. »

          https://decodeurs360.org/societe/comment-se-cree-le-terreau-de-lextreme-droite/

      2. « peut-on encore parler de « gouvernement » lorsque ses marges de manœuvre sont étroitement bornées par les limites du PSC européen et sa déclinaison nationale, le PLF ? »

        Je me répète, mais les marges du gouvernement sont en fait assez larges. La situation internationale les a grandement augmentées, du fait que :
        1) L’Allemagne n’a plus qu’un seul allié fiable parmi les grands pays, et c’est la France. Pour des raisons diverses, Grande-Bretagne, Italie, Pologne, pire encore les Etats-Unis sont tous en opposition frontale avec Berlin. Et ce n’est pas la Russie qui peut lui servir de solution de secours
        2) D’autre part, l’Allemagne est fortement gênée par sa dépendance en matière de défense. La France qui a la capacité d’assurer seule sa survie en cas de guerre internationale n’a pas ce souci qui ne peut être que comme une sourde inquiétude au-delà du Rhin

        Si le président de la République va de l’avant, l’Allemagne suivra. Parce qu’elle n’a pas d’autre choix. Et si l’Allemagne suit, il va de soi que Bruxelles aussi.

        La question est de savoir si le président de la République est prêt à utiliser ces marges de manœuvre. Je n’en sais rien, mais je n’en serais sûr ni dans un sens ni dans l’autre.

        « Toujours le chef est seul en face du mauvais destin » (Charles de Gaulle)

        1. Répétition pour répétitions :

          – l’Allemagne laissera-t-elle le PSC se faire saborder (si l’Italie et la France ne le respectent pas, pourquoi les autres pays n’en feraient-ils pas de même) ?
          – l’Allemagne compte en cas d’agression russe, scénario très improbable, sur l’armée US et non sur l’armée française dont les effectifs tiennent tout entier dans le Stade de France.

          D’accord avec le grand Charles, mais reste à savoir si Macron est un chef d’État ou un simple DRH de la start-up nation ?

      3. D’accord Roberto, j’aurais plutôt dû répondre à vos arguments :

        « l’Allemagne laissera-t-elle le PSC se faire saborder »

        Dans le scénario Aghion, l’Allemagne n’aurait pas le choix. Ni elle, ni Bruxelles n’ont le pouvoir par exemple d’empêcher l’Italie de faire un budget hors des clous (et avec bras d’honneur en prime). A plus forte raison s’agissant de la France. A plus forte raison quand la France est le dernier allié fiable (et Macron continuerait de faire tous les bruits nécessaires sur la coopération et le grand avenir de l’UE).

        La seule alternative pour l’Allemagne serait de sortir de l’euro. D’une part elle ne le ferait sans doute pas, parce que l’euro tel qu’il est lui est un grand avantage et son démantèlement non négocié entraînerait de graves pertes (voir la balance Target2). D’autre part si par extraordinaire elle le faisait… ce ne serait pas si grave pour la France 🙂 ! A vrai dire, un euro limité à France, Italie, Espagne, Bénélux plus quelques autres… pourrait bien devenir viable, une zone monétaire peut-être pas exactement optimale mais disons pas si loin d’un optimum qu’elle provoque problèmes et crises à répétition.

        « l’Allemagne compte en cas d’agression russe, scénario très improbable, sur l’armée US »

        Tout à fait d’accord. Ce que j’évoquais est que l’Allemagne est bien moins sûre d’elle-même depuis l’élection de Donald Trump – qui a provoqué immédiatement un débat sur l’opportunité de construire des armes nucléaires allemandes, même s’il a rapidement débouché sur la conclusion qu’il en résulterait plus de mal que de bien. La défense du pays est toujours basée sur l’idée que les Etats-Unis le protégeraient… mais la chose n’est plus tellement assurée.

        L’Allemagne ne compte certes pas sur la France pour sa défense. Mais cette inquiétude sourde qui il me semble continue à exister en arrière-plan fait qu’elle sera d’autant moins encline à s’éloigner de son dernier allié, même si celui-ci fait de son point de vue des choses folles (augmenter la dette ! Donnerwetter !)

        « D’accord avec le grand Charles, mais reste à savoir si Macron est un chef d’État ou un simple DRH de la start-up nation ? »

        C’est la question, exactement.

        Pour Emmanuel Macron, c’est l’épreuve du feu. Soit il se transmue en chef d’État – quelqu’un ici croit à l’alchimie :-/ ? – et les trois prochaines années ne seront pas nécessairement bonnes, mais un scénario d’évolution plus positive est pensable. Soit il ne le fait pas, et alors je ne sais pas ce qui peut advenir mais je crains que la situation empire beaucoup, et peut-être gravement, avant que des chemins plus positifs soient trouvés.

        Ce que j’ai perçu d’Emmanuel Macron jusqu’ici ne me rend pas spécialement optimiste. Mais je me rappelle aussi que les hommes peuvent surprendre, pour le pire comme pour le meilleur.

        1. En étant bien d’accord qu’il ne s’agit que d’hypothèses et non de certitudes 😉

          – Le Germanxit est à mon sens une hypothèse extrêmement sérieuse. Bien entendu que l’Allemagne y perdra, mais elle pourra se replier sur son hinterland constitué des pays captifs tels que Tchéquie, Slovaquie, Pologne dans une moindre mais importante mesure, et sur ses pays vassaux tels que l’Autriche ou la Hollande. Ce qui fait tout de même un ensemble de poids. L’autre solution consistant à voir ses fondamentaux monétaires se dégrader si plus personne ne respecte le PSC, ce qui outre la psychologie allemande marquée par l’histoire monétaire du pays et le traumatisme de 1929, offrira un boulevard au storytelling de l’extrême-droite sur ces vertueux et courageux allemands qui travaillent pour les touristes du club méd.

          – Concernant la défense allemande, elle est assez déliquescente avec des matériels cloués au parc faute d’entretien (surtout dans le domaine aérien), et soumise à des procédures très contraignantes de la part du Bundestag pour son utilisation (l’héritage d’une lourde histoire bien sûr). Autrement dit, les seuls armées robustes –et la puissance est ici toute relative- en Europe de l’Ouest, restent la française et l’anglaise. Quant à une armée européenne, qui viendrait forcément concurrencer et doubler les structures otaniennes, elle est dans les limbes. Juste un beau sujet pour discours électoralistes l’œil fixé sur la ligne glorieuse du futur. Personne n’en veut, et surtout pas en France ! Bref, même si les USA ne sont plus un partenaire fiable, l’Allemagne n’a pas vraiment d’autre choix.

          Hypothèses suite, concernant Macron. Au bar du café du commerce, je parie une grenade lacrymogène que sachant la situation sans issue, il va jouer la politique du pire : attendre le drame pour pouvoir utiliser tout l’appareil répressif et liberticide législatif laissé par le bon président socialiste Hollande. Comme il est douteux que cela suffise si le pays bascule dans l’insurrection populaire, ne lui restera alors plus que la dernière cartouche, celle de la dissolution afin de tout changer pour ne rien changer.

          En fait, même si le personnage est absolument détestable -vieille maxime militaire, quand le général en face est nul, priez pour qu’il soit conservé à son poste-, il ne s’agit pas d’un problème d’hommes, mais de régime.

      4. @PYD
        5 décembre à 9h35

        Personne ne les « tient à l’écart », ils s’y mettent tout seuls.
        https://www.rtl.fr/actu/politique/gilets-jaunes-la-perception-de-l-opinion-peut-changer-dit-guillaume-roquette-7795815679

        Il me semble plutôt Pierre-Yves, que les GJ ouverts d’esprit et ouverts au dialogue, de fait les GJ LIBRES,
        O Tann ou Jacline Mouraud, entre autres, sont bel et bien empêchés voire menacés de MORT , eux et leurs proches, donc dans leur intégrité PHYSIQUE par des GJ RADICALISES. Méthodes dignes de la N’Dranghetta plus que d’une « démocratie représentative » me semble t-il isn’it ?
        Je ne vois aucune « logique » dans une menace et ce, quelle qu’elle soit, une menace est une agression, point barre. Je vous concède volontiers que le manque de concertation démocratique, voire le manque d’ancrage territorial et les maladresses patentes, émanant de cet exécutif et du président, n’ont rien arrangé, so what ?what’s the crime ?
        Cela dit, je ne confond pas logique et perversion ; voire une manœuvre opportuniste couplée à une tentative de récupération démagogique, effectivement des plus grossières et des plus courantes, hélas, surtout chez les revanchards médiocres et les mauvais perdants !
        Plus c’est gros, plus ça fonctionne. La « stratégie du chaos », pas besoin d’être grand clerc, même les « bébés » connaissent les ficelles…mais il est vrai que leur pouvoir d’expression est plutôt limité et que la démocratie n’est pas encore un acquis… pour un individu en pleine croissance. Entre autres. Et qu’ils ne connaissent pas les Bannon et autres tireurs de ficelles bien à l’ombre et bien planqués qui envoie le populo se faire viander et la démocratie avec, de préférence. Donald l’agité du tweet est, aussi, comme par « hasard » à la
        « manœuvre »…
        Oui à l’expression démocratique, ouverte et pacifique et RESPECT aux GJ ! Non aux manipulateurs et autres infects manipulateurs des souffrances d’autrui !

        Entendu ce matin sur France Inter, un gilet jaune intewievé, qui s’est clairement DESOLIDARISE de ces GJ menaçants et de cette violence. Merci à lui ! Et c’est tout à leur honneur de vouloir s’organiser, pour porter leur revendications par des moyens d’expression démocratiques. Faire le « ménage » ? Ben vi, à l’instar de ce qui est reproché à E Macron, il serait temps , effectivement qu’ils le fassent !

    1. Comme il y a actuellement autant de présidents et de revendications prioritaires différentes qu’il y a de giratoires en France , je ne prendrai en compte que la vidéo que je mettrai moi même sur les réseaux sociaux .

      1. il est juste question d’entendre ce qu’ils disent
        par exemple, leur volonté de s’organiser
        d’avoir des délégués par région
        pas des représentants
        etc.

    2. « Certains » se sont fait la malle, pendant que les GJ se faisaient attraper et donc ont eu « moins de bol », c’est ballot…

      Au tribunal, peu de casseurs, mais des «gilets jaunes» hébétés
      « Comme la semaine dernière, les profils des casseurs interpellés diffèrent. Pour la plupart intégrés socialement, ils semblent découvrir la portée de leurs actes. »
      http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/03/01016-20181203ARTFIG00303-au-tribunal-peu-de-casseurs-mais-des-gilets-jaunes-hebetes.php

      1. oui, bien sur cet aspect de son intervention ne m’a pas échappé, mais ce qui retient mon attention est le refus de la récupération et la volonté de s’organiser, contrairement aux participants de Nuit Debout, par exemple, et bien sur le nombre de participants à cette vidéo qui passe de la centaine, au millier et à la dizaine de milliers.

Les commentaires sont fermés.