« Externalités négatives » ? Non : brutalisation ! par Vincent Burnand-Galpin

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« En sciences économiques, on n’a rien inventé depuis Marx » lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du Manuel d’économie critique, Hélène Richard et Renaud Lambert lors d’une conférence à l’ENSAE ParisTech le 6 décembre 2018. Leur idée ? Les concepts de la science économique actuelle sont « pauvres », autrement dit, ce sont des rustines que l’on appose par-ci par-là pour que la théorie néoclassique reste valide : un remake du géocentrisme de Ptolémée faisant face à la théorie de Copernic ? La science économique actuelle manque d’un vrai travail sur les concepts, un concept devant être une notion qui tend, par sa simple définition, à coller au mieux à une réalité. Plus il rend compte et explique un spectre de phénomènes par lui-même, plus le concept est riche.

Au-delà des « externalités » : la « brutalité » des choix économiques

Le concept « d’externalité » caractérise le fait qu’un agent économique crée, par son activité, un effet externe en procurant à autrui, sans contrepartie monétaire, une utilité ou un avantage de façon gratuite, ou au contraire une nuisance, un dommage sans compensation. Il peut être considéré comme pauvre car il n’est pas indépendant de l’idée de « marché » ; et signifie simplement « absence de marché ».

Alors, comment repenser les externalités ? Comment rendre compte d’une réalité plus grande à partir de cette idée fondamentale que, contrairement au postulat de base de la science économique, nous ne sommes pas maîtres des conséquences de nos choix économiques ? En réalité, nos actions n’ont pas parfois une externalité positive ou négative, nos actions ont toujours une infinité de conséquences non-anticipées, bonnes ou mauvaises. Au niveau macroéconomique, l’humanité est un éléphant dans un magasin de porcelaine : quoi qu’elle fasse, elle perturbera un équilibre préexistant à son action. Nous avons froid ? Chauffons-nous ! Construisons les centrales thermiques qui permettront de nous fournir en énergie. Le résultat ? Les émissions de gaz à effet de serre qui entrainent le réchauffement climatique, de la production de gaz toxiques qui détruisent la biodiversité, des rejets de particules fines qui encombrent nos poumons, etc.

Pour aller plus loin, un rien a une influence sur tout, c’est l’effet papillon de nos actions, les externalités sont infinies et incommensurables. Je m’achète un McDo à 12:32 et 28 secondes le 25 janvier 2019 pour mon déjeuner ? Je m’alourdis sensiblement et mon pas est donc ralenti pour prendre le bus, j’arrive en retard, je le rate, je dois prendre le prochain, et donc j’arrive en retard à mon entretien, rendez-vous qui sera donc annulé, entretien qui aurait pu être décisif pour le reste de ma carrière, carrière que je ne mènerai donc pas, je ne serai donc pas le grand chercheur en médecine que je voulais devenir, je ne découvrirai donc pas le vaccin contre le paludisme, des milliers des personnes dans le monde continueront à en souffrir… vous pouvez imaginer la suite.

Comment nommer cette réalité ? La « brutalité » des choix économiques. Dans le sens commun, la brutalité d’un comportement étant son caractère grossier et inattentionné, le terme reflèterait dans son sens économique, la non-prise en compte des conséquences infinies d’un choix économique réalisé. Le concept de brutalité des choix économiques peut rendre compte d’une réalité plus large que l’idée d’externalité et cela indépendamment de la notion de « marché ». Et s’ils s’appliquent aux choix individuels, la « brutalité » peut également qualifier un système économique dans son ensemble : l’engrenage infernal de son fonctionnement broie toute sensibilité à son infinité d’effets externes.

La « brutalisation » des comportements économiques au cours de l’histoire

Et si le concept historiographique de « brutalisation » proposé pour la première fois par l’historien américano-allemand George L. Mosse dans De la grande guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes (1990) trouvait un tout nouveau sens appliqué à l’histoire des faits économiques ?

Proposé dans son sens premier, il désigne l’acceptation, voire la désirabilité, d’un état d’esprit issu de la Grande guerre, par la « banalisation » de la violence, qui entraîne la poursuite d’attitudes agressives dans la vie politique en temps de paix. Cette brutalisation des esprits aurait alors entrainé le caractère fondamentalement violent de la vie politique de l’entre-deux-guerres en Europe avec le développement du fascisme.

Dans l’idée de brutalisation, on peut entendre le sens du terme « abrutissant » signifiant « rendre incapable de penser et de sentir ». Et c’est dans ce sens-là du terme que l’on peut retenir de la brutalisation des systèmes économiques : la perte progressive des facultés de percevoir les effets de l’activité économique humaine sur son environnement (tout autant naturel que social), la déconnexion de l’espèce humaine avec son environnement, sa tendance à s’en extraire psychologiquement et à ne plus pouvoir le sentir respirer.

La brutalité de notre présence au monde est omniprésente

Cette brutalisation de nos comportements économiques se légitime dans la « science économique ». D’une entité vivante dont on savait prendre le pouls, notre environnement (ou « la nature » dont on se garde bien de mettre à distance) est devenu un simple « capital » inerte et convertible en capital financier. En s’autonomisant des autres sciences, la science économique a jeté un voile pudique sur les effets de nos comportements économiques sur toutes les autres sphères de la vie. Alors que les premiers écrits économiques d’Aristote sur la formation des prix s’inscrivaient entièrement dans le contexte social et moral de l’antiquité, la « loi de l’offre et de la demande », de par même uniquement son nom, révèle bien sa prétention à la naturalité et à l’exclusivité de la sphère économique pour expliquer les faits économiques. En isolant l’activité économique du reste du monde, la science économique a agi comme un discours de légitimation de la technoscience consumériste en obstruant toute une partie de la réalité qu’elle a fini par timidement nommer « les externalités ».

Symptomatique de la brutalité de notre présence au monde est la banalisation de la destruction de la nature. Que Serge Gainsbourg mette feu à un billet de 500 francs en direct à la télévision, cela a choqué la France entière mais qu’en 2018 la déforestation de la forêt amazonienne, le « poumon de la planète », ait atteint 7 900 km², soit 1,2 milliards d’arbres abattus, ou encore 75 fois la ville de Paris, cela n’a pas offusqué grand monde : la preuve en est, les Brésiliens en veulent toujours plus en élisant comme Président du Brésil Jair Bolsonaro. À son investiture, notons que sa première mesure « écologique » a été de fondre le ministère de l’Environnement dans le ministère de l’Agriculture… tout un programme !

Pour observer ce processus de brutalisation des sociétés à l’économie « développée », citons l’exemple historique de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique : alors que les Européens ne débarquaient qu’avec pour seul objectif de trouver des richesses à exploiter, les Amérindiens se ruaient pour leur offrir milles merveilles en signe de bienvenue. Mais les Européens ont commencé à devenir insistants et quand les Amérindiens n’ont pas été tués par la violence ou la maladie, l’esclavage a conduit des familles entières au suicide collectif : les suicides amérindiens furent massifs ne supportant pas cette brutalité inouïe venue du « monde moderne ».

« Développement » économique et brutalisation : un cercle vicieux

Comment expliquer cette brutalisation progressive de nos comportements économiques ? Les différentes étapes du développement économique de l’humanité (domestication de la nature dans l’agriculture, urbanisation, industrialisation…) expliquent notre distanciation progressive avec notre environnement et donc la brutalité croissante. À chaque étape supplémentaire, le surcroit de brutalité permettait de passer à l’étape d’après. C’est uniquement parce que nous sommes nés dans une société brutalisée que nous la supportons comme telle et que nous pouvons ainsi la pousser plus loin encore dans de nouveaux « progrès » techniques. C’est uniquement parce que nos sociétés contemporaines sont à un stade élevé de brutalité, que nous connaissions, par exemple, les industries les plus polluantes comme les centrales à charbon, que nous avons pu moralement accepter la construction des centrales nucléaires, véritable épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.

Plus généralement, c’est un changement d’approche vis-à-vis de la nature qui s’opère dans le processus de brutalisation. L’anthropologue américain Marshall Sahlins, dans Âge de Pierre, âge d’abondance, affirme qu’il existe deux conceptions différentes de la richesse dans les sociétés du monde. La première est celle vécue par les sociétés aux systèmes économiques dits « primitifs » vivant au plus près de la nature : contrairement à ce que l’on peut croire, ils vivent sous le signe de l’abondance car, pour eux, la nature leur donne tout, ils sont si riches de leur environnement qu’ils n’ont pas besoin de travailler. Il suffit de cueillir le fruit du travail de la nature. Les travaux de Marshall Sahlins montrent comment les tribus Bemba, ne travaillent que très peu. Si ce sont uniquement les hommes de plus de 20 ans qui travaillent (chasser, construire, cueillir,…), on ne travaille environ qu’un jour sur 2 et uniquement 3 ou 4 heures par jour de travail. Eux connaissent les spécificités de chaque plante, connaissent les cycles de la nature, sentent les effets de leur activité sur la nature et sentent la nature respirer : ils se fondent dans leur environnement au contact de celui-ci, ils savent vous dire si la nature « va bien » ou non.

La deuxième conception de la richesse et de son environnement est la vision occidentale : la nature nous « mène la vie dure », elle est hostile et nous devons travailler sans cesse pour nous permettre d’y survivre. L’environnement est une réalité inerte que l’on ne sait plus appréhender. C’est cette vision qui nous fait dire que les pauvres « Indiens » et autres tribus reculées vivent dans le dénuement le plus total…mais c’est une illusion de nos esprits brutalisés devenus si empêtrés qu’ils ne ressentent plus la richesse de la nature, nature que l’on a de toute façon défigurée et dont on doit donc se passer pour survivre.

Vers l’extinction de l’espèce humaine ?

Comme la brutalisation politique des années 1920 et 1930 en Europe qui a mené au chaos de la Seconde Guerre mondiale, la brutalisation économique nous mène-t-elle à la catastrophe ? Notre inconscience écologique faisant que nous dépassions la capacité de charge de notre environnement et que nous l’endommagions donc de manière irréversible ; notre inconscience sociale faisant que l’on tolère un système économique inégalitaire, ne partageant pas la richesse mais les concentrant de plus en plus dans les mains que quelques-uns seulement ; et notre inconscience politique faisant qu’arrivent progressivement au pouvoir des partis portant la haine et la violence, bientôt prêts à se battre les uns contre les autres ; tout cela, nous amène-t-il à l’extinction prochaine de l’espèce humaine ?

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52 réflexions sur « « Externalités négatives » ? Non : brutalisation ! par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Bonjour,
    Très vrai cet article.
    Je voudrais soulever le problème de l’homologation des produits de traitement de la vigne ou autre.
    Les CMR sont des produits de traitement venus par les grands groupes comme Monsanto, Bayer,Sandoz et autres….
    Qui donne l’homologation pour mettre sur le marché ces produits qui sont nocifs.
    L’exploitant agricole va t’il continuer à acheter ces produits qui peuvent tuer par le cancer ou tout autre maladie. Mais pourquoi ces produits sont mis sur le marché et pourquoi l’exploitant agricole devient responsable de son achat.
    Je demande que ces produits nocifs soient retirés de la vente tout comme les milliers de détergents à usage ménager qui détruisent la flore et la faune.
    Non l’usager ne peut pas être tenu pour responsable.
    Bonne fin de journée et au plaisir de vous lire.

  2. L’essai de G.L. Mosse est remis en cause par la plupart des historiens de la Grande Guerre. En effet, il se fonde sur une analyse très discutable du conflit comme le combat au corps-à-corps, les charges à la baïonnette, les « nettoyeurs » de tranchée, qui est plus proche de la propagande journalistique que de la réalité historique. Il se trouve que de nombreuses études sérieuses et documentées ont montré que durant ce conflit, la mort est donnée et reçue à distance par le biais de l’artillerie lourde ou légère. Non, ce conflit n’a pas transformé les hommes en brutes sanguinaires. Si on peut comprendre que Mosse avait un compte personnel à régler avec l’Allemagne, il occulte le cas français où les traumatismes de guerre ont conduit une bonne partie des anciens combattants vers un pacifisme intégral allant jusqu’à l’acceptation honteuse de la défaite de 1940.
    Essai contestable aussi par son manque de perspectives sur le temps long de l’Histoire (effet des cloisonnements chronologiques de la discipline). S’il y a bien une « violence de guerre » extrême et une « brutalisation » des sociétés occidentales, on la trouvera plus surement au cours des deux siècles de Guerres de Religions qui ont secoué l’Europe.
    Sur Marshall Sahlins, qui occupe une place privilégiée dans ma bibliothèque: Oui c’est bien joli tout ça mais la révolution Néolithique c’était il y a 8000 ans. « L’âge d’or » c’est fini depuis longtemps et on n’est pas près d’y revenir, sauf peut-être pour les quelques dizaines de milliers de survivants du grand effondrement.

    1. Comme le faisait remarquer Leroi Gourhan, l’idée de de vivre au néolithique ne le dérangeait pas ;- sauf qu’il n’avaient pas de dentiste.

      Ceci dit, il va nous falloir rapidement inventer, au delà de la gratuité, des façons de vivre qui nous feront supporter l’idée de ne travailler que 4h par jour !

      1. les retraités n’ont pas de peine à se faire à l’idée et à la pratique ; en plus ils sont surchargés…

      2. @Chabian :

        Oui mais …..

        cf mode de financement de la retraite , fiscalité , taxation du travail ou de la rente , taxe Sismondi , RDB , gratuités , système social global , corrélation entre âge et nature des « satisfactions » , nature et multiplicité des « activités » possibles …..

      3. @Chaban,

        mais oui , les retraité se surchargent, précisément parce qu’ils leur fut refusé d’apprendre quoi faire de la vie au-delà du tripalium .

    2. Je plussoie (on ne dit plus cela ?) pour les guerres de religion. Finalement, la capacité de sauvagerie de l’homme n’est-elle pas constante ? Seuls certaines circonstances changent : la capacité destructive de l’armement (qui va croissante), la propagande (« fondamentaliste » ? nationaliste, religieuse…) et sa capacité à mobiliser les foules, à faire jouer des émotions, et la capacité d’organisation. Dans les armées, il y a des Cies sauvages et d’autres non, le Commandement utilise ces différences.
      Le processus de préemption excessive sur notre « ressource naturelle » n’est pas lié à ce type de sauvagerie. Peut être est-ce dû à nos structures de domination qui ont accru l’exploitation de l’homme par l’homme, capté les communs pour les mettre en « propriété privée », etc., créé donc un marché, et thésaurisé les profits sans distribution.
      D’ailleurs la déclinaison (brut, non utilisé !), brutal, brutalisation, abrutissant, brutalisé est plus enchanteresse que convaincante.

      1. à Chabian
        « Finalement, la capacité de sauvagerie de l’homme n’est-elle pas constante ?  »

        Intéressante question que je me suis posée plusieurs fois depuis lgtps.

        Ma conclusion non définitive :
        Nous ne sommes après tout que des animaux évolués, à la base sauvages (c’est dans nos gènes) Mais à mon avis, à la différence des autres animaux, un point d’interrogation a poussé sur notre crâne ; du moins un peu +gros que le leur (nombreux animaux peuvent s’interroger et peut-être la science en découvrira encore plus) et de + en + gros : Une question en appelant une autre.
        Ce qui a permis de trouver des réponses et de développer de + en + nos technologies.
        Mais l’homme , prétentieusement Homme (à cause de ce fichu point d’interrogation qui finit par être incommodant ! ) conservant quelques bribes (+ ou -) de sauvagerie, dont l’instinct de survie et la méfiance d’autrui, peut-être si ce point d’interrogation aussi développé avait poussé sur la tête d’un chimpanzé (notre cousin direct) ou d’un iguanodon (au hasard) cousin encore plus très très très éloigné…. (on vient bien tous des méduses non ? corrigez-moi si je me trompe), que seraient -ils devenus ? Et nous, existerions-nous encore ? Ou aurions-nous seulement existé ?
        Ou peut-être l’homme redevient sauvage, son point d’interrogation se ratatinant …. , avec cependant les technologies qui, elles, ne disparaissent pas grâce à l’intelligence artificielle de plus en plus développée, laquelle s’interrogeant à notre place.
        C’est puissant, non, comme raisonnement ? (j’en ai pas à la tête, ouille!)

        C’est de l’humour ! Mais derrière cet humour, il y a une vraie question :

        Mais scrogneugeu… est-ce que surfer constamment sur la toile d’une opinion à l’autre, voire (pire) d’une certitude à l’autre, sans prendre le temps de s’y arrêter pour nous interroger, n’y serait-il pas pour quelque chose ?

        Tiens, je quitte internet et vais regarder un film qui ne me fera pas réfléchir (enfin, j’espère!), ça repose.

        Bonne fin de soirée. Réfléchissez, réfléchissez….

  3. Bonjour,
    Vous écrivez :

    « Pour aller plus loin, un rien a une influence sur tout, c’est l’effet papillon de nos actions, les externalités sont infinies et incommensurables. »

    Votre usage de l’effet papillon est quelque peu « brutal » ; cette image, désormais journalistique, n’est pratiquement jamais justifiée, car la sensibilité aux conditions initiales n’est effective que dans un espace à trois degrés de liberté.

    « …Que se passe-t-il si on augmente le nombre de degrés de liberté? En fait, plus on augmente le nombre de degrés de liberté, plus l’effet papillon semble s’estomper… Lorsqu’on simule un système avec un grand nombre de degrés de liberté, la plupart des vols de papillon ont un effet très limité.  »

    http://accromath.uqam.ca/2011/01/au-dela-de-leffet-papillon/

    Mais il est vrai que les choix individuels ,contraints par l’organisation d’ensemble de notre société, entraînent des océans de plastics .

    1. Plastic ?

      Plastic : nom donné (par des militaires non français) à une forme d’explosif, composé de TNT et d’agents de passivation tel l’argile et d’huile. Il est malléable et de manipulations sans danger. TNT : trinitrotoluène. Très instable. Se fabrique avec le même dispositif que le DDT. Notre prof de chimie un peu dérangé nous en a fait obtenir sous prétexte de faire la synthèse du DDT. Dérangé, le prof ? Certain. Il était fasciné par les explosions et avait inventé une ‘machine à explosions perpétuelle’ (2 heures) qu’il installait au fond de la classe. Réglage difficile. Sa préparation des cours s’en ressentait, notre attention aussi.
      Le couple TNT/DDT fait immanquablement penser à l’infinie versatilité de la chimie. Par exemple le couple organo-chloré/organo-phosphoré. Le premier représente une classe d’insecticides , le second est le composant des gaz ou liquides (aérosols) de combat les plus méchants, Tabun, Sarin ou Novichok. Ils diffèrent par le précurseur. Une usine d’insecticide se transforme facilement en usine de gaz de combat. Daech ou Al Quaida… j’en ai déjà parlé.

      Plastique : plus personne, ni aucune industrie ne peut s’en passer. Et comme tous les fleuves vont à la mer, l’océan de plastique s’explique facile.

      2 autres faux amis : silicon et silicone.
      Le premier est notre silicium, sans qui ce blog n’existerait pas sous cette forme. Le second est un produit chimique de hautes performances obtenu en substituant le silicium au carbone, plus quelques broutilles. Nom déposé devenu commun.

      Un lien entre ces variétés ? Les extraordinaires réalisations de la chimie.
      Une philosophie? Abuser de l’utile ou de l’inutile et le rendre indispensable est notre malédiction. Brutale.

      1. Un oubli d’importance par son lien avec notre biologie humaine. Une autre pierre au gué de l’universalité suggérant l’unité intime des constituants, naturels ou artificiels, de notre biosphère et ses interrelations insoupçonnées. Parfois brutales, sinon dommageables. Pas toujours.

        Le plastic français est de couleur jaune, les anglo-américains préférant l’orange. Sous la forme jaune, ce plastic est ingérable (un faux ami pour bouffable. Ingérer) . Je l’ai goûté, la valeur d’une noisette, résultat pas terriblement gastronomique et sans conséquence notable, gastrique ou autre. Le point important est qu’en cas d’angine de poitrine aiguë, il faut en administrer au malade ayant oublié son médicament, genre Trinitrine. Quantité inconnue. Ça tombe bien, je n’aurais pas su distinguer une crise d’angine de poitrine et ses symptômes.
        A l’époque mon oncle,-Résistant, mais pas du cœur hélas-, avait son tube de Trinitrine à disposition, non sans parfois l’oublier. Quand je lui ai fait part de la substitution possible, il m’a répondu: «Si j’avais su quand je faisais sauter des voies ferrées, j’en aurais mis un peu de côté! Tu penses bien, impossible à oublier. Tant de souvenirs…» Je crois que le tonton aurait été déçu. Le sien, parachuté par les Alliés, n’aurait pas été de la bonne couleur.

        Autre détail: manipuler du plastic à main nue induirait de la diarrhée. Le fait m’a été confirmé par un médecin rigolard. J‘ai manipulé sans précaution mes 500g de plastic (500g, moins la valeur d’une noisette) pendant 10 mn environ sans altération ultérieure sur mon transit intestinal. Une fable de carabin?
        Vraie, sous condition de durée, l’histoire laisserait imaginer que notre épiderme est complexe par ses connections. Ce qu’il est.

        Ce serait un bon critère pour l’IA à prétention anthropomorphique. Le second pour ma part.
        Le premier étant l’induction pavlovienne de troubles psychosomatiques.
        Brutal, possible. Pourquoi l’IA devrait-elle être moins sensible à notre brutalité que celle que nous nous infligeons à nous-même? Sparte…

        Rajoutons, par souci de complétude, que l’énergie de l’explosion de 500g de plastic est assez faible, capable d’élever la température d’un litre d’eau de quelques degrés tout au plus. Si l’énergie est faible, la puissance développée, elle, est très élevée. [ puissance (W) = énergie (J) divisée par le temps (s) . Temps très faible, disons 1/1000 de seconde, implique les J multipliés par 1000 ].
        On peut généraliser : toute évolution brusque d’un phénomène implique une élévation importante de la puissance consommée et symétriquement délivrée.
        La brutalité à l’œuvre, encore une fois.

        J’aurais aimé évoquer la brutalité guerrière, en particulier sa forme extrême, la sidération, employée par les envahisseurs d’origine asiatique ( Oural, plaine hongroise) au début de notre ère. Menfin, les brutalités que nous nous infligeons n’ont pas besoin d’exemples sortis des fagots ancestraux.

        Finalement, le texte de Vincent Burnand-Galpin ne me semblait pas trop novateur. Une interprétation douteuse d’une réalité parfaitement incontestable.
        Erreur donc…
        Et merci à JLM.

    2. « Qu’en est-il lorsqu’on passe à la limite, c’est-à-dire qu’on passe d’un très grand nombre de degrés de liberté à un nombre infini de degrés de liberté? La réponse est encore inconnue et la recherche se poursuit du côté mathématique. »

      Tenez nous au courant… 😉

  4. « …issu de la Grande Guerre »
    Partiellement vrai. La guerre 14/18 a confronté les société occidentales aux cruautés et tueries de masse inconnues jusqu’alors, un certain Adolf Hitler a chopé ses visions durant cette guerre, a formé son identité sociale; ce type faisait partie, si l’on veut, du vomis de la guerre. Mais la réelle cause de la prise du pouvoir du regime basé sur la violence, criminel et ethnocide est autre: elle se situe au marasme économique entre 1929 et 1932, autrement dit les raisons de l’ascendance nazie étaient de nature économique, qui était aussi une conséquence aussi du Traité de Versailles. La clique nazie a réussi à manoeuvrer les Allemands dans une espèce paranoia artificielle, du style: l’étranger est notre andversaire, il nous veut du mal, il faut se battre pour la survie du peuple allemand etc…… Le but de la propagande nazie consistait à stimuler l’agression, la violence délirante contre d’autres ethnies et pays.

  5. A la minuit je me suis métamorphosé. Papillon, chien, loup, fantôme, boue, orage : je ne savais qui j’étais.
    Les mots n’avaient plus que l’épaisseur d’un nerf et je priais pour la musique.

    1. Zhuangzi et le papillon

      Un jour, le philosophe Zhuangzi (Tchouang-Tseu) s’endormit dans un jardin fleuri, et fit un rêve. Il rêva qu’il était un très beau papillon. Le papillon vola çà et là jusqu’à l’épuisement ; puis, il s’endormit à son tour. Le papillon fit un rêve aussi. Il rêva qu’il était Zhuangzi. À cet instant, Zhuangzi se réveilla. Il ne savait point s’il était, maintenant, le véritable Zhuangzi ou bien le Zhuangzi du rêve du papillon. Il ne savait pas non plus si c’était lui qui avait rêvé du papillon, ou le papillon qui avait rêvé de lui.

      1. J’espère que ce n’était pas Zhuangzi qui papillonnait sur ce court de tennis , car il aura vite su ce qu’est la brutalité , à défaut de l’art brut :

        https://www.20min.ch/ro/sports/tennis/story/Une-joueuse-choquee-par-une-ramasseuse-qui-ecrase-un-papillon-11551940

        Sur le billet : Mouais…

        J’espérais qu’en passant de  » externalités négatives « , ou de « espèce prédatrice et colonisatrice  » , à « brutes épaisses » ou « brutalisation » , l’auteur pourrait nous proposer des clés pour jouer sur les mécanismes et la bête , afin d’éviter la question finale ( extinction de l’espèce?) , mais pas vraiment , et le changement de mots ne résout pas l’angoisse .

        Un point papillon pour Octobre .

      2. [S’il rêve toutes les nuits qu’il est un papillon, est-il légitime de dire qu’il rêve qu’il est un papillon? Mais peu importe à Freud. Ce réalisme psychologique, cette quête d’une subjectivité essentielle ne le retient pas. Pour lui, l’important n’est pas qu’on rêve d’être un papillon, mais ce que veut dire le rêve, ce qu’il veut dire à quelqu’un. Quel est ce quelqu’un? Toute la question est là]. Lacan 1955

        [Quelle est notre position dans le rêve, sinon en fin de compte d’être foncièrement celui qui ne voit pas ? Il ne voit pas où ça mène, il suit, il peut même à l’occasion se détacher, se dire que c’est un rêve, mais il ne saurait en aucun cas se saisir dans le rêve à la façon dont dans le cogito cartésien il se saisit comme pensant. Il peut se dire « ce n’est qu’un rêve », il ne se saisit pas comme celui qui se dit, « mais malgré tout je suis conscience de ce rêve». Aussi bien Tchoang-Tseu rêve qu’il est un papillon. Ça veut dire qu’il voit le papillon dans sa réalité de regard, car qu’est-ce que tant de figures, tant de dessins, tant de couleurs sinon, ce « donné à voir» gratuit avec ces marques pour nous de la primitivité de cette essence du regard ? C’est un papillon qui n’est pas tellement différent de celui qui terrorise l’homme-aux-loups, et Merleau-Ponty en connaît bien l’importance et nous y réfère dans une note. Quand Tchoang-Tseu est réveillé, il peut se demander si le papillon qu’il rêve n’est pas lui, il a raison. Il ne se prend pas pour absolument identique à Tchoang-Tseu. Parce que, étant ce qu’il était, il devait savoir si bien dire qu’effectivement, c’est quand il était papillon, qu’il se sait à quelque racine de ce papillon, que c’est par là, en dernière racine qu’il est Tchoang-Tseu – Quand il est le papillon, il ne lui vient pas à l’idée de se demander si quand il est Tchoang-Tseu éveillé il n’est pas le papillon qu’il est en rêve. De rêver d’être… (c’est qu’en rêvant d’être papillon il aura à témoigner plus tard qu’il se représentait comma papillon), ça ne veut pas dire qu’il est captivé. Il est capture de rien dans le rêve, c’est quand il est réveillé qu’il est Tchoang-Tseu pris dans le filet à papillons – la terreur phobique de l’homme-aux-loups, la rayure primitive marquant son être atteint pour la première fois par la grille du désir !] Lacan février 1964

        [Suivons Freud : rêver-qu’on-rève doit être l’objet d’une fonction bien sûre, pour que nous puissions dire qu’à tous les coups ceci désigne l’approche imminente de la réalité ! Que quelque chose puisse s’apercevoir qu’il se remparde d’une fonction d’erreur, pour ne pas repérer la réalité, est-ce que nous ne voyons pas qu’il y a là – quoique d’une voie exactement contraire que l’assertion de ceci : qu’une idée est transparente à elle-même la trace de quelque chose qui mérite d’être suivi ? Et pour vous faire sentir comment l’entendre, il me semble que je ne peux pas mieux faire que d’aller – grâce au chemin que m’offre une fable, bien connue d’être tirée d’un vieux texte chinois, d’un de Tchouang Tseu (Dieu sait ce qu’on lui fait dire au pauvre !) – et nommément qu’à propos de ce rêve bien connu, de ce qu’il aurait dit, à propos d’avoir rêvé…, de s’être rêvé lui-même être un papillon : il aurait interrogé ses disciples sur le sujet de savoir comment distinguer Tchouang Tseu se rêvant papillon, d’un papillon qui – tout réveillé qu’il se croie – ne ferait que rêver d’être Tchouang Tseu. Il est inutile de vous dire que ceci n’a absolument pas le sens qu’on lui donne d’habitude dans le texte de Tchouang Tseu et que les phrases qui suivent montrent assez de quoi il s’agit et où cela nous porte : il ne s’agit de rien de moins que de la formation des êtres. A savoir de choses et de voies qui nous échappent depuis longtemps.] Lacan janvier 1967

      3. « S’il rêve toutes les nuits qu’il est un papillon, est-il légitime de dire qu’il rêve qu’il est un papillon? Mais peu importe à Freud.  »

        Ça devrait être : « S’il rêve toutes les nuits qu’il est un papillon, est-il légitime de dire qu’il rêve D’ÊTRE un papillon? Mais peu importe à Freud.  »

        Quoi, je corrige Lacan ? Oui, oui, j’ose ! Primo : la phrase qui suit dit « ce réalisme psychologique », Deuzio : le texte des « séminaires », ce sont des retranscriptions, Troizio : si la retranscription est correcte, il arrivait quand même à Lacan de s’emmêler les pinceaux (je l’ai entendu le faire, de 69 à 72, par là), ce n’est pas une grosse affaire, ça arrive à tout le monde (et comme vous le savez, même à moi 😀 ).

      4. Paul Jorion 10 février 2019 à 8 h 53 min

        Bah, « il rêve qu’il EST un papillon » ou « il rêve d’être un papillon », ce n’est pas tout à fait équivalent, et ça peut faire une soirée de discussions entre un petit groupe de transcripteurs, ou un embarras pesant le pour et le contre chez un solitaire, etc. l’important est d’avoir retenu qu’ « il ne s’agit de rien de moins que de la formation des êtres. A savoir de choses et de voies qui nous échappent depuis longtemps », et qui réveillent Octobre !
        Et « formation » des êtres, c’est exit l’essentialisme, l’ontologie et vive le tourniquet subjectivation/désubjectivation et le jeu des métamorphoses d’Octobre.

        « le texte des « séminaires », ce sont des retranscriptions »

        Non ! ce sont des transcriptions ! au moins pour tous les séminaires dont la bande son existe. C’est même pourquoi je vous ai corrigé jadis en indiquant que ce ne sont pas des retranscriptions mais des transcriptions qu’effectuent généreusement les transcripteurs de vos vidéos.
        La translittération se règle sur l’écrit, transfert d’une écriture à une autre.
        La traduction se règle sur la signification, transfert d’une langue à une autre
        La transcription se règle sur le son, transfert de la parole à l’écrit.
        https://www.persee.fr/doc/hom_0439-4216_1985_num_25_94_368570

        Toute transcription repart du son, il n’y a pas de retranscription sauf à corriger une transcription à partir de l’écrit comme tel. Cette retranscription, si elle omet de vocaliser le texte à retravailler sera réduite à se focaliser sur le sens, donc plutôt une opération de traduction. Et si elle repart du son, ce n’est pas une retranscription, mais une nouvelle transcription.
        Votre correction de Lacan, plus haut est une traduction en bon français.

        Oui Lacan comme tout le monde, s’emmêle les pinceaux. Là se pose un problème : soit vous lissez en bon français ce qui semble mal exprimé, bancal, mal dit, problématique, obscur, énigmatique etc. et vous obtenez un texte calibré, où les aspérités ont disparues. C’est la critique adressée au transcripteur officiel et légataire universel JAM d’une transcription à la machette, soit vous transcrivez au plus près de la bande son, en laissant apparaître les longs silences, les hum hum etc. à charge au lecteur d’en entendre lui-même quelque chose en opérant des choix de lecture. Dans le premier cas l’auteur vire au professeur, dans le second cas, l’auteur se rapproche d’une position d’analysant, comme votre propre façon de faire quand vous témoignez au début d’une video ne pas savoir ce que vous allez dire (c’est en partie faux) : position d’analysant, et qu’il vous faut vous écoutez après coup pour savoir ce que vous avez dit : position d’analyste.

        Tout sujet alphabétisé, entend toute parole avec de l’écrit, (à l’insu de son plein gré) ce qui n’est évidemment pas le cas de ceux qui ne le sont pas, notamment les enfants qui surprennent les alphabétisés par une écoute in-ouïe. La même difficulté arrive avec la lecture, silencieuse ou oralisée, ça ne produit pas les mêmes effets…ces va et vient sont une part du terreau de nos pourparlers.

      5. « Un robot rêvait d’être un homme qui rêvait d’être un robot …

        Allez,

        si nous nous différencions des robots, c’est bien parce que nous sommes à même de comprendre la façon dont – inconsciemment – nous produisons nos pensées.

        Les robots sont condamnés à aller de l’avant sur les rails de la « rationalité » (l’usage des 16 opérateurs binaires, puis de tout modèle formalisé, y compris par l’adjonction de paramètres affectifs), alors que nous pouvons nous comprendre (-grâce à Paul Jorion , marginalement, mais quand même) comme allant de l’avant précisément grâce à la connaissance des mécanismes de notre « irrationalité » (1) , « lequel magma » est d’un niveau supérieur, puisqu’il nous permet déjà de nous penser comme les fils et les filles des étoiles (la nature prenant conscience d’elle-même.).

        Ce point est déterminant, car un jour sans doute, les « deep … deep mind » apprendront ce que nous avions compris, avant eux et avec nos moyens « limités »

        Non mais des fois…

        (1) P. Jorion, Principe des systèmes intelligents, 1989, édit. Masson , Saint Germain, 75280, Paris cedex 06.

      6. Petit ajout conclusif :
        Avant les enregistrements audio du public et de qualité diverse, et par la suite en même temps, Lacan payait une sténotypiste qui tapait sur un sténéotype style Granjean ce qu’elle entendait. Métier féminin. Elle transcrivait ensuite en caractères latin puis Lacan corrigeait, et ces documents là sont appelés depuis transcription originale ou source.
        Après… il y a le souci de la traduction
        https://www.cairn.info/revue-essaim-2001-1-page-161.htm#

  6. A l’opposé de la brutalité que la culture occidentale cultive comme une nécessité(dans une vision aux contours « Science économique »)les bardes italiens se mesurent ces jours au festival de Sanremo, tellement moderne.
    Pour tous ceux qui désirent connaître l’âme italienne, je les encourage à regarder, c’est déjà très fort, et entendre les paroles.

  7. À chaque avancée technologique nous avons cru que nous allions progresser et à chaque fois nous avons oublié que nous ne savions toujours pas grand chose. Probablement que nous comprenons le sens de la vie quand nous mourrons. Et, si l’intelligence artificielle s’impose elle intègrera l’effet papillon…mais nous dira comment nous conduire.

    1. « nous comprenons le sens de la vie quand nous mourrons. »

      A contrario, pourrait-on comprendre qu’ignorer le sens de la vie c’est tenter d’éloigner l’approche de la mort?
      Vous comprendrez facilement que je m’accroche à tous les trucs susceptibles de tenir à distance le rendez-vous fatal. J’ai donc un un intérêt direct à votre réponse, non que je me fasse beaucoup d’illusions, ni sur ma santé, ni sur ma lucidité. Je vous fait confiance, rempli d’espoirs.

      Ceci dit, je crois que votre affirmation est une connerie, toute révérence gardée, car cette connaissance du sens de la vie pourrait nous traverser à l’instant précis de notre mort. Auquel cas il est vraiment inutile d’en parler. Pas de preuves, pas de témoin pour rapporter cette bonne nouvelle, personne pour en faire son miel et le partager avec autrui. On pourrait être moins radical et imaginer que la vérité transcendante me visite 30 mn ou même 1h avant ma mort. Je ne vois pas que la situation soit sensiblement changée, l’agonie étant ce qu’elle est. Si vous proposez 15 jours, alors là je crierais à la cruauté morale.

      C’était dans ma série ‘démolir une philo de bazar n’est pas si difficile’.

      Rassurez-vous,
      « nous avons oublié que nous ne savions toujours pas grand chose. » apparaît juste mais ne généralisez pas trop vite. Je sais que je ne sais que si peu; pas toujours, hélas. L’oubli de mon ignorance est une infirmité assumée seulement parce que la vieillesse est son propre anesthésique.
      Je n’aurais garde d’oublier que la philo n’a que peu d’intérêt pratique. Cependant, si votre proposition semble vraie, avouez que son utilité est très faible, à part nous inciter à la paralysie plutôt qu’à l’humilité.

      Laissons tomber ces questions tournant autour de vieillards grabataires, cacochymes et à la mémoire défaillante. Trop déprimant. Je vous propose sur un thème proche un exercice bien oublié mais encore valable: ‘Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait’. Autrement exaltant, non ?
      Courage.

      1. Daniel, peut-être puis-je apporter une autre réponse complétant la vôtre, laquelle résumée ainsi :

        « nous comprenons le sens de la vie quand nous mourons » : trop tard donc ! Dommage !

        Philo :
        Extrait d’une lettre que j’avais d’abord adressée à Jean Daniel, puis incluse dans un petit ouvrage : « les morales de Jaja » (Jaja étant moi), et titrée : « comment rester jeune, à défaut d’être une vieille conne » (« vienne conne »: je parlais pour moi).
        Cette lettre donnait une réponse personnelle à son questionnement.

        Extrait:
        « Je peux dire que je suis jeune parce que chaque année qui passe me rajeunit » ( je fais allusion aux découvertes augmentées d’année en année et enrichissant mes questionnements : tels les « pourquoi? » incessants d’un très jeune enfant)………..
        ………  » Vous demandez ; « qu’est-ce que la mort ne peut ravir ? Un sens ou une intensité? »
        Ma réponse est : la naissance et le passé, c-à-d. la vie entre la naissance et la mort. Parce que la seule chose que la mort puisse ravir est le futur, en arrêtant le présent. Elle vous prend donc « le sens de la vie », celui qui nous entraîne vers notre futur, et nous prend « l’intensité de la vie », celle qui actionne le mouvement perpétuel du présent. « …….
        ……. Il est donc vain de croire que vouloir donner à tout prix « un sens à sa vie » et vivre le plus intensément possible permette d’échapper à mort, puisque ce sont les seules choses qu’elle nous prendra : le sens et l’intensité.
        Croire cela n’engendre plus souvent qu’une fuite en avant et de ne plus voir la vie dans notre obsessionnelle échappée. La mort ne peut donc nous prendre ce par quoi elle existe, sinon elle n’existe pas. Au contraire, en existant, elle confirme qu’il y a eu naissance puis vie. Ce sont bien les choses qu’elle ne puisse ravir sans se détruire elle-même.
        ………. etc.

  8. « « En sciences économiques, on n’a rien inventé depuis Marx » lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du Manuel d’économie critique, Hélène Richard et Renaud Lambert lors d’une conférence à l’ENSAE ParisTech le 6 décembre 2018.  »

    Rien depuis Marx? Eh ben qu’est ce qu’ils font nos économistes de génies?
    Si je comprends bien, notre système économique serait si optimal qu’ils n’existeraient pas le début du commencement d’une façon nouvelle de concevoir les échanges de biens et services entre humain. Le modèle capitaliste serait le nec plus ultra de ce que l’humain serait capable de faire? Au mieux, on doit juste l’adapter….
    Bon à ce stade là, il vaut mieux qu’on arrête tout alors!
    Je trouve que c’est çà qui devrait choquer les économistes. Ne pas être capable de penser une nouvelle forme d’économie.

  9. J’apprends par le Sud ouest Dimanche qu’aura lieu mardi au tribunal de Nanterre un début de procès qui oppose le groupe Bolore à une ethnie cambodgienne qui revendique la spoliation de leur terre. 7000 hectares pour l’exploitation de l’hévéa.
    Pauvre Bunongs

    1. La spoliation des terres ressemble à l’intérêt général de la LGV sud Europe Atlantique au nord de Bordeaux. Des forêt ont été englouties, des maisons démolies pour relier la capitale régionale Bordeaux vers la capitale nationale Paris. Mais c’est l’intérêt général. …….Il faut toujours plus vite ….Et toujours plus haut….
      Et le financement dans tout ça. …….

  10. L’économie « vie aujourd’hui des externalités » qu’on balaie structurellement sous la carpette.
    L’intérêt du modèle économique actuelle est « gagner du temps » pour qu’on ne découvre pas son extrême inefficacité sociétale. Quelques problématiques avant de se réveiller :
    1. Politique, « gauche » et « droite » se battent pour la même illusion bureaucratique et en conséquence les externalités sont devenues des monstres ingérables.
    2. La fragmentation des prix en mille morceaux pour plaire à tout le monde (et personne) créant une matrice/labyrinthe bureaucratique dans laquelle on se perd structurellement politique, psychologique et scientifique!

  11. Une bonne analyse de la brutalité de l’Homme Occidental.

    Pour ne plus accepter nos brutalités futures, je me dis qu’il faudrait apprendre à reconsidérer nos brutalités passées. Envers d’autres hommes, comme les indiens, ou envers les poissons, les animaux..

    J’ai lu ou on m’a dit que jadis, dans la Loire, il y avait tellement de saumons, que les mariniers se plaignaient parfois d’en manger tous les jours. Aujourd’hui il n’y en a plus que 500 que l’on compte chaque année.

    Une brutalité passée bien acceptée, puisque personne ne se souvient qu’il y en avait énormément autrefois.

  12. à Vincent Burnand-Galepin (et clin d’oeil à Juannessy)

    Bonsoir

    Vous écrivez:
    « Les concepts de la science économique actuelle sont « pauvres », autrement dit, ce sont des rustines que l’on appose par-ci par-là  »
     » La science économique actuelle manque d’un vrai travail sur les concepts ».

    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous !
    D’une part, parce que la science économique, pour ne citer qu’elle, EST un concept ; et non une philosophie ou encore moins un « art ».

    Moi je dirais qu’un concept en lui-même est si pauvre, si mesuré, si « calculé », si « ciblé », si « spécialisé »…. qu’il n’a qu’une « vue partielle d’un tout » ( = piètres moyens) et ne peut que proposer des rustines.

    Et je dirais de la sorte, comme pour toutes sciences aujourd’hui, qu’elle manque de créativité et donc d’ampleur
    (pour « créer » il faut une vue large).

    J’ai eu l’audace ( ou le culot) de faire un témoignage ( c-à-d de m’étaler sur moi et sur mon cas particulier, fort mal d’ailleurs) sur un autre article, où j’ai révélé que dans un temps déjà lointain quand tout se précipite, avant que ne s’installe solidement le totalitarisme mondialisé du néo-libéralisme, j’étais « styliste ». C’est à dire que j’étais censée « créer » (de la mode vestimentaire, superflue pour nombreux, mais il y a de la « mode » partout jusque dans les sciences et technologies qu’elle en vaut bien une autre et y est étroitement associée).
    « Créer » dans mon sens signifiant apporter un regard neuf (nouveauté), artistique (au risque de choquer ceux qui ne voient dans l’art que de l’esthétisme), apportant une nouvelle orientation des « tendances », empêchant de la sorte que celles-ci s’installent durablement jusqu’à devenir une standardisation (comme un uniforme).
    Mais, ne travaillant pas pour la haute couture, j’excellais (à mon niveau) dans l’industrie, et lançais des tendances pour le bonheur des consommateurs d’alors qui voulaient encore du choix et ne réclamaient pas à l’unisson du « prix bas » pour tot, pour mon patron que j’aimais bien (créateur quand il était très jeune d’une des dernières entreprises familiales dans le secteur) ainsi que pour les salariés qui avaient un boulot encore intéressant (et non un « job » précaire). Et je parvenais encore, en tant que cadre responsable du « bureau de style », parmi la majorité des produits ciblés (il faut bien vivre) à y apporter de la « création » inédite.

    (nb : « bureau de style » pour lequel mon patron pouvait accorder 10 % du chiffre d’affaire (ce qui est impensable aujourd’hui) puisqu’il était à 80 ou 90 % actionnaire et réinvestissais ses bénéfices dans l’entreprise, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus et la vende à une holding. Je ne lui en veux pas)

    Mais dès début 90, on ne parlait plus « de bureau de style », mais de « bureau de conception ».
    De ce fait, même mon métier, aussi « futile » soit-il (la mode est un superflu n’est-ce-pas ? Un vulgaire besoin de consommateurs, diraient certains) est devenu « un concept », et non plus une profession artistique (que les étudiants en stylisme, s’il ne rêvent de haute couture – à l’agonie-, ne se fassent pas d’illusion).

    D’ailleurs, j’accumule des notes et réflexions diverses depuis quelques temps, avec mes très modestes moyens et mes incompétences d’autodidacte, dans le but d’écrire un ouvrage sur la mode : regroupant son origine, comment elle est née, quand l’a-t-on nommée « Mode », comment elle ne s’est plus appelée que « tendances », puis comment ces « tendances » se sont généralisées dans tous les secteurs d’activité pour se transformer en « standardisation à l’échelle mondiale » (pour le bonheur des multinationales et des spéculateurs)
    En somme, pour transposer, la Mode c’est le libéralisme, et les tendances le néolibéralisme.

    Humour : au point qu’on peut assortir ses fringues à son mobilier, à la déco de son logement, à sa voiture etc : gris. Jusque dans la tête ! (« on dit  taupe  pour gris, ça fait écolo » ). Ah non ! Il y a des couleurs variées pour les véhicules et quelques accessoires colorés pour la déco. Chic! Mais pas n’importe lesquelles tout de même ! Celles qui sont tendances sinon ça fait ringard.

    Bref ; l’effet « boule-de-neige » dont j’ai déjà parlé à l’article sur l’État providence….
    Mais je mets beaucoup de temps pour l’écrire, écrire m’est difficile ce qui me décourage à m’y atteler sérieusement ; alors qu’il me paraît « urgent » que ce sujet (inédit) soit édité.
    Le serait-il d’ailleurs ? La mode n’est pas un sujet « scientifique » et on n’accorde un quelconque crédit qu’aux scientifiques, docteurs, professeurs universitaires, spécialistes…

    (Appel aux bonnes volontés : pour l’écrire correctement documenté, plus rapidement, j’aurais besoin de l’aide (bénévole) d’historien, sociologue, anthropologue, ou au moins l’un ou l’autre : merci d’avance)

    Vous comprenez mieux à présent comment s’installe insidieusement, sournoisement, durablement l’abrutissement général ? (plutôt que « brutalité ») qui formate les goûts, les besoins, les désirs, et par conséquent les pensées ? au point que les citoyens devenus exclusivement des « consommateurs » ( quand bien même nous sommes, tous, les deux à la fois forcément) en perdent toute « conscience politique » et deviennent « crétins » malgré eux, des incultes aux instruits, des modestes aux riches (sauf que les modestes et les incultes n’y sont pour rien, et les riches diplômés des grandes écoles, tant pis pour eux). Mais parmi eux, même les moins instruits qui ne peuvent pas comprendre ce que veut dire « externalités négatives », il y en a qui savent mieux que vous ce que cela signifie, sans savoir l’exprimer ni sans savoir pourquoi/comment.
    Vous non plus ! qui vous interrogez encore, qui supputez…. D’où mon petit cours insolent.

    (D’ailleurs, nous les pauvres, les plus modestes, on fait essentiellement de la récup’, moins cons que les autres. Même ceux qui doivent payer la taxe carbone dans des voitures polluantes de récup’.)

    Disons que tout mon topo est une version plus nuancée et plus précise, et surtout mieux argumenté que :

    « Les concepts de la science économique actuelle sont « pauvres », autrement dit, ce sont des rustines que l’on appose par-ci par-là « , ça c’est vrai .

    (juannessy, j’ai été assez claire là, à votre avis? Pas trop prolixe  ? )

    1. Si c’est clair pour vous , c’est clair pour moi , même si le clin d’œil m’a un peu troublé .

      Le télescopage entre science économique et mode devrait intéresser l’anthropologue de service , et il est exact que de mode à modèle ,il y a du cousinage sémantique dans l’air du temps .

      Les « concepts » qui les accompagnent ( hiérarchie , position sociale , publicité ,consommation , apparences , communication , modernité réelle ou subie , inventivité , renaissance constante , gaspillage , superflu vs nécessaire ….que sais je ) peuvent sans doute avoir une lecture humaine commune .

      1. Juannessy
        Ne soyez pas troublé ! Peut-être quand j’étais styliste ( et plus jeune) j’aurais pu vous troubler autrement sans avoir besoin de vous faire un clin d’œil (ça fait bien, non? de connaître une styliste – surtout aujourd’hui, une « fashion designer »- si elle travaille pour une marque à succès. Bouh! si vous saviez ! comme le succès des uns fait tourner la tête des autres !
        Vous me « houspillez » parfois (le terme est fort mais je le trouve joli) sans malice, mais je vous aime bien. D’où mon clin d’œil amical, allusion à votre petite remarque me concernant (amusante)

        « Le télescopage entre science économique et mode devrait intéresser l’anthropologue de service  » :
        ça me plairait bien et je serais honorée ! En échange je pourrais lui amener un autre regard enrichissant (tous les autres regards sont enrichissants) en même temps qu’il m’apporterait ses connaissances que je n’ai pas.

        « Les « concepts » … peuvent sans doute avoir une lecture humaine commune  » :
        absolument d’accord ! Surtout si c’est moi qui écris ! puisque je vois que vous me comprenez, tout le monde comprendrait, du plus érudit au plus ignorant ; parce je n’écrirais jamais « externalités négatives ». Lol. (mais avec des mots précis, je m’y efforcerais, bien que pour moi, ce n’est si aisé) Je serais comme une passerelle en quelque sorte, entre le monde obscur (devenu) des connaissances et le monde limpide (devenu) des ignorances. Une petite lumière quouâ, avec un petit « aile ». Une abeille toute petite et discrète butinant de fleur en fleur (joliment bucolique, non?) avec mon sens de l’humour récréatif en prime.
        Déjà, en 96, le petit ouvrage titré « les morales de Jaja  » ou « comment se faire plein d’ennemis », écrit et envoyé gracieusement à l’Assemblée nationale , au gouvernement, à l’Elysée, au parti socialiste et à la presse (pour me moquer de tous ceux qui « osent nous la faire quand ils ne sont pas moins con que nous », mais me suis foulée! il y avait même des jolis dessins, pour illustrer, les enfants comprennent mieux) Ils ont tous compris ! Mais ne savaient pas comment faire et ces sots n’ont même eu l’idée de me le demander, même pas le ministère qui cherchait comment faire scrogneugneu pour relancer l’industrie en France alors que j’y avais planché dessus pendant 4 ans, quand je comprenais sur le terrain l’inexorable catastrophe, depuis l’intérieur, dans des SARL, PME. SA jusque à la fin en free lance au sein d’une multinationale. Pouvaient pas y être eux ! ni aucun conseiller, ni aucun député. N’avaient pas le oui. Moi oui ! Je ne travaillais plus et ils le savaient. Macron n’a pu le lire, il n’était pas né (du moins était-il un adolescent, pas responsable. Mais il n’a pas beaucoup grandi et puis, je n’écris qu’en français, peut pas comprendre)

      2. Vous êtes gonflée à bloc , c’est bien .

        Tout le monde m’aime bien , même Clo Clo , mais il ne le sait pas encore .

  13. Correction :
    (zut, j’ai pas relu 8 fois avant de poster pour éviter les coquilles)

    Il faut lire :
    Mais, ne travaillant pas pour la haute couture, j’excellais (à mon niveau) dans l’industrie, et lançais des tendances pour le bonheur des consommateurs d’alors qui voulaient encore du choix et ne réclamaient pas à l’unisson du « prix bas » pour tout; pour le bonheur de mon patron que j’aimais bien (créateur quand il était très jeune d’une des dernières entreprises familiales dans le secteur) ainsi que pour les salariés qui avaient un boulot encore intéressant (et non un « job » précaire). Et pour le mien bien sûr, avant les délocalisations chez les plus pauvres que pauvres. J e parvenais encore, en tant que cadre responsable du « bureau de style », parmi la majorité des produits ciblés (il faut bien vivre) à y apporter de la « création » inédite.

    1. J’ajoute pour illustrer mon propos ci-dessus.

      Un petit détail qui n’est pas anodin : En tant que styliste pour une marque à succès (pour les jeunes), et parce que précisément elle avait du succès en créant des nouvelles tendances qui sortaient de l’ordinaire, Citroën (c’est pas rien quand même !) m’a demandé via le directeur commercial de « relooker » sa plus moche voiture d’alors : l’AX, qui ne se vendait pas. Ne savait plus créer (la DS c’était si loin!). Je l’ai fait, mal, très mal, parce que j’avais bien d’autres choses à faire et, surtout, parce que je n’en avais rien à faire. Ils avaient plus de moyens que moi après tout et n’avez qu’à embaucher des « créatifs ».
      Ceci pour illustrer le fait que les tendances (nouveau nom de la mode) sont partout ET partout les mêmes aujourd’hui. Jusque dans la bouffe ! Les mêmes.

      1. J’ajoute (peut-être M. Jorion le lira)

        Extrait de mon/mes com. ci dessus.

         » Juanessy : « Le télescopage entre science économique et mode devrait intéresser l’anthropologue de service » :
        Jac : ça me plairait bien et je serais honorée ! En échange je pourrais lui amener un autre regard enrichissant (tous les autres regards sont enrichissants) en même temps qu’il m’apporterait ses connaissances que je n’ai pas.  »

        Concernant l’enrichissement.

        Réponses personnelles à mes questions personnelles : (je suis une autodidacte pour presque tout et spécialiste en rien, sauf de la mode – et encore j’ai des lacunes )

        Avant-propos : Evidence pour la plupart, puis bref développement de cette évidence (peut-être personnel, je n’en sais rien).

        Un autodidacte est une personne s’instruisant seule. Un docteur, ingénieur, technicien… est un spécialiste d’une discipline dont l’instruction est encadrée par des enseignants et confirmée (ou sanctionnée) par un diplôme.
        (Note : une personne diplômée d’une ou plusieurs discipline(s) peut aussi être autodidacte dans d’autres disciplines. Tel M. Jorion)

        L’instruction permet d’instruire les réponses issues de questionnements.
        La réponse = « point d’interrogation assouvi ».
        La question est issue soit :
        – d’une évidence, dans le cas de la naissance de l’humain puisque celui qui s’interroge est un humain (= stade primitif du questionnement : déf perso)
        – d’une réponse, si le sujet est autre que l’humain qui s’interroge (= stade évolué du questionnement : déf perso).

        Différences entre chercheurs  (autodidactes ou diplômés) :
        Il y a :
        – ceux qui cherchent à partir d’une évidence ou d’une réponse (germe de la question) à comprendre son évolution
        – ceux qui cherchent à partir de ce même germe à comprendre son origine ;
        ex. philosophes/religieux à partir d’une évidence, et/ou philosophes/religieux/scientifiques à partir d’une réponse. (là je suis moins sûre faudra que j’y réfléchisse encore – pas trop qd même ça fait mal à la tête- )
        -ceux qui recherchent à la fois son origine et son évolution, c-à-d. ce que pratiquent le plus les autodidactes non encadrés dans leur instruction, puisque celle-ci est libre (là je suis sûre. lol. Libre!).

        Propos :

        Un autodidacte non spécialiste du sujet traité donne une réponse personnelle à un sujet donné, avec des mots le plus souvent non nuancés puisqu’il ne connaît pas le jargon spécifique et précis du spécialiste de ce sujet. De ce fait, quand bien même le spécialiste opinerait à la déduction de l’autodidacte, ce dernier ne lui apprend rien. Donc évidemment le spécialiste rejette sa réponse puisqu’elle n’a pour lui aucun intérêt.
        En revanche, si l’autodidacte amène des conclusions logiques mais sur un sujet (ou nuance de ce sujet) que n’a pas étudié le spécialiste, la logique elle-même de « sa déduction réduite à son essentiel (vulgarisée) » laisse à penser au spécialiste qu’il ne lui apprend rien. Donc ce dernier rejette spontanément la réponse de l’autodidacte (c-à-d. sans réfléchir sur sa réponse).
        Alors que ce qu’a découvert l’autodidacte peut être inédit ; surtout s’il s’interroge à la fois sur l’origine et l’évolution alors que le spécialiste le plus souvent s’interroge sur l’un ou l’autre.

        Et si, en plus, l’autodidacte est capable de réfléchir (ou se questionner) à la vitesse grand V et de façon logique, il peut réunir dans la même réponse plusieurs sujets à la fois, dont certain(e)s inédit(e)s.
        Ceux-là, ils sont plus rares ! Parce que cela implique qu’ils s’interrogent en permanence – non stop – (Ouh ! c’est très épuisant je confirme). D’où son besoin de recourir aux spécialistes pour, au moins un peu, permettre du repos à son point d’interrogation permanent (ouf…).
        Et puis, cela peut lui permettre de donner plus rapidement des réponses à ses questions en disant moins de bêtises. Mais aussi de transcrire ses réponses dans un ouvrage destiné à instruire autrui (pédagogique) plus rapidement.

        (merci internet, merci le site de Paul Jorion et merci à nombreux de ses commentateurs).

    2. J’ajoute :
      La Chine, qui est capable de faire de la grande qualité ne vous déplaise (elle fabrique hélas, comme nombreux, selon les demandes exclusives du « prix le plus bas » de ses clients) délocalise chez les plus pauvres que pauvres. Toujours de plus en plus pauvres. Comme la France devenue, l’Europe, les Etats Unis. Sauf que les Etats Unis, même avant Trump, ont tellement de très pauvres sur une telle surface territoriale, que (chouette!) Trump a eu « l’idée », grâce à son excellent sens des affaires d’industriel, à réorienter les fabrications dans les états unis (comment? unis ? ) d’Amérique, ça coûte moins cher qu’en Chine : c’est plus près, moins de frais de transport entre autres frais. Pas pour bien payer les salariés ! « Quand même pas ! faut pas déconner, qu’ils prient le Bon-Dieu, ça soulage » ( je lis très bien dans ses pensées). Et puis comme on dit : « c’est mieux que rien » : de rien avoir un peu, ça fait déjà beaucoup. Et pour ceux qui en profitent en comptant leurs dividendes, ça fait encore plus de monnaie………. Et bonus pour Trump, les pauvres et les modestes (ou je dirais les pauvres modestes) l’applaudissent. Personne ne leur a expliqué. Peuvent pas comprendre quand bien même ils ne seraient pas sots.

      1. « Personne ne leur a expliqué » : parce que ceux qui comprennent un tantinet, quelques économistes, quelques politologues, quelques sociologues, voire politiciens honnêtes…. (tant d’experts!) ne savent parler qu’entre eux dans un jargon qu’ils sont seuls à connaître.

  14. Tiens, j’en rajoute un : ça fait un de + qui grossit le nombre des commentaires, lequel plus il est grand fait plus intéressant . Excusez-moi, je ne veux pas vous insulter en disant cela, je me mets seulement à la place de ceux qui, pour trier le nombre incessant des sujets proposés (dont nombreux ne font qu’un) se laissent influencer par le nombre de commentaires comme pour ceux des sites de pub (cachée).

    Et après on s’étonne que les fachos, les réacs, les « dictateurs en herbe » de tout poil se répandent partout parce que, eux, savent très bien parler aux non instruits et/ou qui ne comprennent rien (il y en a tant aussi parmi les instruits!) dans un langage compréhensible par tous. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle populistes. Sauf que eux apprennent ce langage en serrant les mains des humbles sur les marchés, ceux qui ne les intéressent que pour avoir plus de voix lors des élections ; mais les oreilles bien ouvertes pour grapiller ça et là quelques bonnes formules . »Ils sont cons ces braves gens, mais ils savent bien dire ce qu’il faut dire » se disent-ils entre eux, dans des salons privés (je le sais, je les ai entendu, lorsqu’un de leurs militants m’a invité chez lui, quand j’étais riche il fut un temps. Je n’ai pas eu besoin d’entendre plus pour comprendre).
    C’est ainsi qu’on manipule le bon sens de certains pour en faire de l’exécrable pour tous…

  15. Zut de zut :

    J’oubliais le plus important:

    A tous les consommateurs :

    Quand on exige le « prix le plus bas » pour tout, pour vous ça ne fait que des produits copiés (imitations) les uns aux autres et vice versa, sans réelle diversité pour pouvoir trouver ce qui correspond le mieux à chacun votre particularité : si ce n’est quelques modifications techniques et « relookings clinquants » (pour être remarqué) à ce qui existe déjà ; c’est plus rentable, ça ne coûte rien (merci les services marketing qui ont remplacé les bureaux de style)
    note : Je le sais ! le l’ai fait aussi (les commerciaux me l’exigeaient tant, quand c’était mon équipe avec moi au départ qui, par la diversité créative des produits, leur a permis d’augmenter leurs commissions pour qu’ensuite ils se la réduisent tout seuls – bien fait-) ; ça nous prenait 5mn de « design ».

    Mais pour les quelques autres, ceux qui au sommet de la chaîne ne cherchent que rentabilité, seuls ceux qui ont les moyens de faire de très grandes séries (à la couleur et à la nuance clinquante) peuvent passer commande, via les traders qui prospèrent, dans les délocalisations les plus lointaines chez plus pauvres que vous. Permettant ainsi que les plus riches dits « producteurs », à coups d’habiles publicités, s’enrichissent encore plus sur votre dos. D’où l’intérêt pour eux que vous soyez les plus nombreux « clients potentiels » possibles (vive la standardisation!) Parce que ceux qui persistent encore à ne faire que des petites séries, en osant, les renégats, apporter un peu de diversité créative et bio de surcroît (quitte à faire aussi, via le commerce équitable, travailler les petits producteurs à l’étranger, il y a de la place pour tout le monde) , ceux-là qu’ils se démerdent. Même l’Etat ne les aide pas. Et puis, ils sont trop chers pour les consommateurs trop goulus de fausse diversité.

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