Le Blog de Paul Jorion, par naroic

Ouvert aux commentaires.

Le blog de Paul Jorion, que je consulte depuis 2008, ressemble de plus en plus à une galerie d’art, notre hôte nous présente une pensée pertinente, enrichie de multiples strates d’expériences dans une foultitude de domaines, dans le même temps cette pensée est dynamique, cette œuvre est toujours en cours et il nous invite à y participer – un fab lab ? –

Mais, pour en revenir à l’analogie avec la galerie, l’impression est que nous évoluons en microcosme, de bonnes volontés, bien éduqués & instruits pour la plupart, nos contributions tombent sous le sens commun d’une intelligence/sensibilité largement partagée par les visiteurs du blog – & nous voulons changer le monde qui contient au moins 80% d’opinions très éloignées de nos préoccupations débattues sur cette plateforme numérique –

Si les idées les plus raisonnables/justes/équitables pour que la vie de la grande majorité des habitants de cette planète atteigne un optimum de satiété/liberté/épanouissement – s’étaient imposées par leur seule évidence dans la gouvernance du monde – depuis longtemps le phénomène se serait présenté – jamais le monde n’a porté autant de philosophes, de spécialistes du comportement humain, de professionnels de l’ergonomie sociale/individuelle (psy-coach en tout genres, etc…) & pourtant on ressent de la détresse partout parmi nos congénères comme jamais on en a connu en temps de paix –

Le défi du changement climatique va chasser toutes nos anciennes références culturelles de luttes – tout le monde sera concerné – évidemment que les classes sociales les moins favorisées morfleront en premier – mais personne n’échappera à la contrainte de vivre dans un monde sans croissance, avec moins d’apport énergétique et avec un nécessaire re-déploiement de tout notre système économique – la rupture du cycle systémique – énergie fossile/ flux financier – courroie de distribution de notre économie – provoquera un collapse – et nous devrons tout reconstruire à la force de nos bras – littéralement. En réalité, il n’est plus l’heure de discuter du sexe des anges, de vanter un monde plus juste ou d’exhumer les mérites de la permaculture, de l’agroécologie – il n’est plus l’heure de faire le cuistre ou de tenir salon –

Seule une économie de guerre pourra nous faire tenir les engagements signés par l’accord de Paris – donc exit la démocratie, plus le temps pour la sensibilisation des consciences – c’est malheureusement l’horizon qui se profile au fur et à mesure de l’inertie du monde politique – car seuls les politiques pourront obliger l’économique à mettre un frein à son appétit de croissance –

La démocratie va mourir, car le temps du débat ne sera plus permis, c’est cela qui nous guette, plus sûrement qu’une prise de conscience universelle des enjeux en question –

Partager :

19 réflexions sur « Le Blog de Paul Jorion, par naroic »

  1. Les derniers paragraphes de ce billet laisse perplexe : faut-il souhaiter l’avènement d’un despote éclairé, éclairé par une lumière dans la bonne direction mais surtout le bon sens (ne pas confondre sens et direction, voir vecteurs en math!), voire un ‘dictateur bienveillant’, mais dans ce dernier cas, l’aspect bienveillant se transforme très vite en malveillant, de nombreux exemples existent au cours de l’Histoire ?
    Il faut conserver la démocratie mais la débarrasser de l’influence des lobbies bien intentionnés dans l’optique de leurs intérêts, mais peu concerné par l’intérêt général ; l’exemple du vote récent d’un amendement gouvernemental concernant l’huile de palme est symptomatique, suite au courroux des écologistes, le premier ministre a mangé son chapeau et a demandé un second vote sur le sujet, hip!…

    1. Bonsoir,

      Aucune volition dans ce billet, mais plutôt un pari de ce qui nous attends si les choses restent en l’état, dans la perspective des objectifs que 202 états se sont fixés à travers la ratification de l’accord de Paris sur le Climat en 2015 – l’objectif de la neutralité carbone –
      Or en 2018 les émissions de Co2 ont encore augmenté de + 2.7 % au niveau mondial, alors que nous devrions, au jour d’aujourd’hui produire une décrue de 4.5 % par an pour atteindre cet objectif de maintenir la hausse globale des température en dessous des 2°C –
      Mon constat est pessimiste je vous l’accorde et le regrette, mais force est de constater que le présent augure mal d’un avenir maitrisé.

  2. J’aime beaucoup le dernier paragraphe de ce texte rempli de foi. Il nous faut un Lénine, entouré de ses révolutionnaires professionnels, pour construire la société sans carbone, et en attendant, la dictature de l’expertariat. Bien sûr, cela ne sera pas durable, le communisme léniniste n’a duré qu’une vie d’homme. Que cela ne nous empêche pas d’essayer.

  3. Bonjour. Moi aussi ça me laisse un peu perspecle les derniers paragraphes… Ça donne un peu l’impression que seul un gouvernement « fort » pourrait résoudre le problème… Sur la décroissance, j’en ai parlé à Paul Jorion la dernière fois et je ne suis pas sûr à 100% que ce soit la solution ni même la seule issue. Il faut voir si on ne peut pas essayer de stabiliser l’économie et la réorganiser. Je me dis aussi que certaines personnes qui écrivent sur ce blog (ou qui le consultent et qui partagent ce y qui est exposé) devraient sans doute essayer d’être plus présents dans les médias et /ou d’accèder à des postes de responsable politiques. C’est ce qu’essaye de faire Mr. Jorion depuis plusieurs années. Il me semble que d’autres personnes qui partagent son point de vue et notamment les jeunes devraient essayer de faire pareil. Le temps presse… Bonne journée

  4. Ecoute ce que nous dit ce jeune gilet jaune et remballe ton cynisme ainsi que le fond de conscience calamiteux qui va avec.

    Message de Ritchy Thibault, 14 ans !

    1. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire à plusieurs reprises :
      L’effondrement venu, nous devrons vivre comme l’ont fait avant nous des milliards d’êtres humains et comme le font en ce moment même des milliards d’êtres humains.

      1. Il n’y aura pas de symétrie, la dépendance au fossile ne se désapprend pas comme un retour en arrière, elle laisse sa trace et autre chose la suit.

      2. @Timiota
        Merci. Je crois que vous m’aviez déjà opposé cette objection. Je la comprends mais elle ne me convainc pas car je persiste à imaginer que nous devrions commencer par nous efforcer de décrire l’effondrement et non nous contenter de le penser avec des outils seulement scientifiques. De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons l’effondrement ? Un effondrement c’est un effondrement n’est-ce pas ? Tout se casse la g…, non ?
        Quelle sera la toile de fond ? Quel sera le décor dans lequel nous serons plongés lorsque viendra le moment de constater que tout se sera effondré ? Nous aurons besoin des artistes pour engager une nouvelle réflexion. Déjà certains explorent des voies nouvelles. Car il pourrait vient s’agir d’exprimer comment nous survivrons et comment nous réparerons ? Comment nous nous nourrirons, comment nous nous protégerons des menaces qui persisteront, comme nous nous logerons, nous déplacerons, nous communiquerons etc… Sur quelles valeurs fortes nous nous appuierons. Et là nous aurons besoin des exemples du passé et de ceux qui existent déjà à la surface de la terre. Kropotkine a montré que l’entraide de tous temps a traversé les époques. En voilà une valeur !
        Je suis désolé d’en rester aux généralités et de ne pas être encore suffisamment explicite.

    2. Bien vue, la vidéo. Juste pour rappeler, que pour les autres et les générations qui viennent, on a tout simplement le devoir de « ne rien lâcher ». Pas renoncer, ni se résigner, ni se soumettre. De là à parier sur une économie de guerre, économie oui, guerre, non, démocratie, c’est à dire un système qui permette au plus grand nombre de prendre part aux choix et décisions, avec un arbitrage pacifique fondé sur la raison, oui, sachant d’ailleurs qu’on obtiendra de la sorte de meilleurs résultats, parce qu’avec l’assentiment et la participation d’un plus grand nombre. La contrainte et la privation de liberté ne produit pas les meilleurs effets, et la concentration de pouvoir non plus…Donc il ne s’agit pas d’être un idéaliste déconnecté de la réalité en souhaitant la préservation de la démocratie, mais plutôt pragmatique pour un système plus efficace, dont on a absolument besoin pour relever collectivement les défis à venir. Enfin je le crois….

  5. « car seuls les politiques pourront obliger l’économique à mettre un frein à son appétit de croissance – »

    Vous m’en direz tant !

    Allons, la goinfrerie de biens et de services en tout genre, c’est juste la condition de notre humanité un peu couillonne. Du moment où vous souhaiter manger tous les jours, boire de l’eau potable tous les jours, où vous n’avez pas envie de vous le geler l’hiver, de crever de chaud l’été, de voir mourir vos enfants en bas âge, et d’accéder à un minimum d’échange avec vos congénères, vous êtes de faites dans une spirale infernale. Sortir la tête de dessus les branches, c’est entamer le cercle vicieux et puis c’est tout. Même un monde sages vertueux et économes foutra la planète en l’air, on est game over depuis le début.
    Faudrait juste qu’on sorte par le haut, comme des Hommes, dignes et dans la joie, et dans l’amour et le plaisir de la chaleur des uns et des autres, simplement, comme des gentlemen ! C’est à cela que va servir la prise de conscience. Pour le reste, vous savez comme moi sinon ce qui va se passer. Moi de mon côté je ne peux en l’état que me sacrifier si par un mauvais concours de circonstances un abruti illuminé , entouré d’une clique de serviteurs égaré, se sente le désir de nous guider vers le juste, le bon, le beau, le pur, ou l’avenir radieux, comme le laisse à penser notre auteur du billet du jour ouverts aux commentaires.

  6. Bonjour, Voilà, je viens de lire et relire le texte de ce jour : éco.de guerre, collap., démocratie, extinction.
    Je n’ai pas constaté que v/blog ressemblait de +en+ à une galerie d’art. Un fab-lab oui (encore que certains ne connaissent pas le fab-lab). Il y a une phrase qui a retenu mon attention : 80 % d’opinions très éloignées de vos préoccupations débattues s/v/plateforme. En effet, malgré mon niveau d’études CAP et réf.professionnelles : j’ai constaté hier que certaines personnes n’avaient pas vraisemblablement réaliser des lectures scientifiques sur ce blog ou dans les journaux ou par ailleurs dans certains livres. Certaines personnes ne lisent pas certains sujets.
    Je lis : la gde majorité des habitants de la planète atteigne un optimum satiété/liberté/épanouissement se serait déjà présenté depuis longtemps. Et justement, il aurait fallu que certaines se présentent avant. !! Or, il y a une grande majorité qui effectivement n’ont pas encore atteint ce « sommet ». J’oserai écrire que pour atteindre ce but, il faut du temps, de l’énergie et chercher & comprendre pour avoir un certain épanouissement (objectif à +ou- atteindre) qui n’est pas toujours donné au sein des familles, amis… il faut aller à sa rencontre, un chemin. J’ai pu constater également que beaucoup de gens étaient dans la détresse cela je le comprends. Je lis votre blog depuis longtemps et cela fait un moment que je ne vous avais envoyé de mail. En 2007, j’avais +ou- compris la crise à naître en 2008, je vous avais écrit à ce sujet (Stiglitz).

    Quand je lis : le défi du changement climatique va chasser toutes nos anciennes références culturelles de luttes, tout le monde sera concerné. Ceci est bien vrai, mais pourtant certains ne ressentent pas ces changements venir, poindre leurs nez à l’horizon. Je le sais pour avoir lu certaines choses et v/blog et vu un reportage lors d’un décès et ceci m’a marqué assez fortement puisque je ressentais déjà certains… Il y a des personnes autour de moi et nous qui ont des bons niveaux de vie, mais qui apparemment ne pourront changer leurs habitudes. Pour ma part, depuis 1962 (date riche en évènements), j’ai toujours fait avec pas beaucoup, donc cela ne me contrarie guère, mais cela peut perturber certains dans leurs habitudes consommation………….J’aime assez cette phrase : mais personne n’échappera à la contrainte de vivre dans un monde sans croissance, (j’avais écrit : (ce sans crois) dans l’instinct.! moins d’apport énergétique (bien qu’il m’en ai fallu pour différentes circonstances), encore et encore. Il est écrit : un nécessaire re-déploiement, oui, il le faudra (financier, de cultures, de déploiement de conscience et non d’ignorance ou de ne pas [vouloir-savoir] (et ceci je l’ai entendu) et certains ne comprennent pas. Crise systémique-sismique : attention !!!! La courroie de ma voiture avait lâchée il y a longtemps, mais là, il s’agit d’autres éléments plus importants. Oui, il faudra se retrousser les bras, les manches, les têtes avant d’affronter le collapse ou le Soliton comme vs l’aviez intitulé s/v/blog – reconstruire – construire des espaces à la force des bras….On peut créer des espaces où le végétal & légumes auraient plus de place – les animaux restant doivent contribuer à notre bien commun. Je ne suis pas tout-à-fait d’accord avec la phrase : ns n’avons + le temps pour la sensibilisation des consciences, moi je dirai au contraire développer d’une façon aiguisée tout ce que ns pouvons faire au quotidien. Récupérer de l’eau, faire des plantations, prendre en main les enfants, les adultes, cela me paraît très vital au contraire. Et dans ceci, malgré mon faible niveau d’études et mes « travers », il m’en a fallu de l’énergie, du temps depuis 2007. J’aime bien cette phrase inertie du monde politique car seuls les politiques pourront obliger l’économique à mettre un frein à son appétit de croissance (avant que le moteur explose). J’ai lu hier que ns étions endetté chacun à 32.500 dollars (édifiant)…
    Je rajouterai qu’il faut associer (une prise de conscience universelle des enjeux en question et le temps de certains débats qui peuvent être bénéfiques à plus d’un). J’insisterai sur le fait de reprendre les campagnes avec certains champs potagers et de les partager plus que le boeuf… (je ne suis pas végan, mais pense aux soucis de la terre). Notre terre si généreuse qui nourrit chacun et à l’enfilade, je mettrai en opposition « lobbies » qui coîncident avec le titre de cet article éco. de guerre, collapse, démocratie, extinction). Pour ma part, je n’aime pas la guerre. Il y a surement d’autres moyens que de faire la guerre.

    Trouver la voie du milieu (partage des richesses ou nouvelles affectations/ »transversales » et solidifier la paix et pacifier les peuples). Renouer avec ses forces et forces de la nation en commun, ne pas opposer….

    Je tenais à vous écrire ceci après un long chemin depuis 2007 et 1962 (se rappeler et penser/réfléchir à ce que l’on peut faire/écrire, être dans le bon…au bon moment, il est temps de changer de CAP avant le SOLITON. SOL Y TON (il faut mettre le ton pour changer). Il y a également de la violence car beaucoup ont peu de moyens….cela génère de la frustration et frustration dans différentes cases. On peut faire des choses avant les différentes vagues successives à venir. Conscience universelle enjeux : Faire avec
    la N A T U R E.
    Isabelle CORLAY

  7. Quel décideur politique, même aux antipodes de Trump, pourrait éviter de servir les riches d’abord dans l’hypothèse « monocratique » que je crois lire ? Avec une inégalité suffisante, les 1% pourront se croire vertueux (10t Co2 /tete/an) en laissant les 99% dans un marasme fractalisé tant qu’ils ne consomment en moyenne qu’ une t de Co2 / tete/an . Comme le retour des grandes fortunes analysées par Piketty l’indique rien n’empêche qu’il en soit de même pour le retour de la domesticité de fait et de l’esclavage (x% parmi les 99% les maîtres étant eux même seulement dans les 10%).
    Je ne vois guère qu’ une démocratie contre cela, en la rendant plus soucieuse de faire partager des savoirs liés aux pratiques (cf. les communs et Dardot et Laval) pour pallier les dérives de type fake news et autres misères Facebookhyenes.
    Débat il y aura tant qu’il y aura circulation du savoir (non universitaire. ..). Modulo le fait que nous surmontions les dérives actuelles des réseaux sociaux, les outils de cette circulatino existent.

    1. Quel décideur politique pourrait éviter de servir les riches d’abord ? N’importe lequel si il a une majorité pour le choisir et le mandater, et s’il a un mouvement populaire pour le soutenir (voyez aujourd’hui les partisans d’Evo Morales). Mais aussi si il a une fermeté dans les objectifs et la stratégie. Il y aura bientôt une fenêtre, une conjonction d’éléments pour ce type de démarche. Et ce décideur doit préparer son coup, son mouvement. De nombreux militants attendent sans doute cet événement.

  8. Notre inclination un peu romantique pour les grands hommes, son succédanée qu’est notre attachement à la démocratie représentative (nous en remettre aux moyens-hommes avec un grand-homme à leur tête) le tout enchâssé dans notre foi au grand ordonnateur que serait l’Etat constituent peut-être la première catastrophe dont il faudra nous relever.

    Le capitalisme ne tolère ces balivernes que parce qu’il s’en sert comme justification des inégalités qui constituent son moteur. Car il se précipite aussitôt pour faire des multinationales au-dessus des États, pour réunir des conseils d’administration où chacun représente non pas ce qu’il est ni les voix des salariés-électeurs mais plutôt ce qui lui est dû c’est à dire la quantité d’actions qu’il détient; et pour nous asséner qu’il n’y pas de grandeur humaine qui vaille, que c’est la guerre de tous contre tous à des fins d’accaparement des fruit du labeur d’autrui.

    Et nous qui songeons sérieusement à mettre fin au capitalisme, qui avons en tout cas sérieusement discuté des moyens d’y parvenir, à quoi croyons-nous donc avec tant soi peu de fermeté ? Montrons-nous le moindre attachement, même opportuniste, à ce qu’il conviendrait d’appeler l’incommensurable singularité de l’être ? Celle au nom de laquelle nous devrions tenir en respect, ne serait-ce que par sagesse, toute métrique à commencer par celle de la possession du capital et pas que celle-ci mais également celle insuffisante aussi de la grandeur des hommes ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.