“Si tu veux la décroissance, prépare la guerre”, par Cédric Chevalier

Imaginons que deux pays soient les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, imaginons qu’ils soient également parmi les plus vulnérables au réchauffement climatique, même si de façon différenciée, et imaginons qu’ils soient entrés dans une lutte pour l’hégémonie mondiale… Nous parlons bien sûr des Etats-Unis et de la Chine.

Voici un des plus gros obstacles pour contrer le dilemme du prisonnier face au réchauffement climatique et engendrer de la coopération. C’est aussi un des plus gros obstacles à la décroissance (quantitative) choisie par les Etats pour mettre fin à l’overshoot et revenir dans les limites planétaires. Il s’agit du problème de la puissance politique, liée à la puissance militaire, liée à la puissance économique, liée à la puissance énergétique, liée aux énergies fossiles et nucléaires, dont la densité de puissance est la plus élevée parmi toutes les énergies. Ainsi, géopolitiquement aujourd’hui, il semble qu’un Etat puissant est un Etat polluant. Or les élites politiques d’un pays ont tendance à vouloir en augmenter leur puissance et l’Etat est leur véhicule pour ce faire. Chacun joue dans sa division et les grandes puissances ont en général tendance à vouloir devenir hégémoniques. C’est cette dynamique de recherche de puissance qui explique durant l’histoire la course aux armements, au propre et au figuré. La guerre n’étant que la continuation de la politique par d’autres moyens, et vice versa ! Même le PIB et la taille de la population deviennent géostratégiques.

La puissance est néanmoins un concept relatif en géopolitique : on est plus puissant que quelqu’un d’autre et il suffit d’une différence significative pour être plus puissant. La taille de cette différence est en quelque sorte un “matelas de sécurité” pour pallier toutes les incertitudes quant à la suffisance dissuasive de l’écart avec ses concurrents. Certaines puissances ont des moyens tels qu’elles se permettent, avec leurs seules dépenses militaires, de dépasser grosso modo la somme des dépenses de tous leurs concurrents sur la planète (les Etats-Unis). Difficile de faire mieux en termes de dissuasion.

Le problème de la course aux armements est qu’elle épuise toutes les parties et n’a pas de limite définie. C’est le principe de la “reine rouge”, issu d’Alice au Pays des Merveilles. Pour rester premier, quand tout le monde court, il faut conserver son écart avec ses poursuivants. Si ses poursuivants accélèrent, on est forcé d’accélérer pour rester premier. En géopolitique, cela incite les prétendants à l’hégémonie à ne rien lâcher en termes de puissance. Et face au réchauffement climatique, ne rien lâcher équivaut aux effondrements, et à l’augmentation des risques d’extinction.

Comment renoncer aux combustibles fossiles et à la puissance qu’ils offrent sans bousiller la planète ? Le problème n’est pas seulement pour les grandes puissances, il est aussi pour les petits qui voudraient avancer seuls.

Durant l’histoire, les sociétés plus puissantes (thermodynamiquement/physiquement) tendent à absorber les sociétés moins puissantes et à détruire leur mode de vie “moins puissant”. C’est presque une loi nécessaire de l’évolution, toutes choses égales par ailleurs. La puissance implique la capacité de détruire ce qui est moins puissant. Sur une longue période et avec d’infimes variations, une simulation (par exemple de Monte Carlo pour les experts) montrerait probablement que les unités puissantes tendent à détruire et absorber les unités moins puissantes. Il suffit d’une génération de leaders belliqueux dans l’unité la plus puissante pour absorber une unité moins puissante qui avait profité jusque-là de voisins pacifiques. A long terme, y compris en biologie, la puissance métabolique est un argument massue (même si pas le seul nous le verrons).

Comme pour le désarmement nucléaire, face au réchauffement climatique et ses implications implacables envers la réduction de voilure économique, personne ne veut être le premier à ranger son flingue dans son étui. L’être humain étant ce qu’il est, on ne peut espérer qu’abaisser lentement, parallèlement, chacun son arme en observant rigoureusement à quelle hauteur son ennemi tient encore son flingue. C’est la logique de fonctionnement des traités internationaux de désarmement ou de limitation des armes nucléaires. Tenons-nous par la barbichette pour nous désarmer ensemble. C’est aussi, in fine, la logique de l’Accord de Paris sur le Climat : que chacun dépose son flingue sur la table et propose ses réductions d’émissions aux yeux de tous.

On trouve alors ici un argument stupéfiant : les décroissants (du moins ceux qui pensent que la seule manière de mettre fin à l’overshoot est la réduction de voilure de l’économie mondialisée d’un point de vue quantitatif), par réalisme, devraient examiner la question de la défense militaire avec une grande attention, voire même considérer l’option de l’arme nucléaire. Pourquoi ? Pour ne pas se faire bouffer par leurs voisins croissantistes pardi ! Et pourquoi diable lier décroissance et arme nucléaire ? Parce que l’arme qui a le plus la capacité de décorréler la puissance économique (donc l’énergie fossile) et la puissance militaire étant l’arme nucléaire, une nation décroissante pourrait y voir une manière de rester souverainement décroissante face à ses voraces voisins.

Le problème a un caractère hologrammique, c’est-à-dire qu’il se reproduit à toutes les échelles. Un petit village décroissant pourrait se féliciter d’avoir atteint la soutenabilité dans les limites de la planète, et même un certain confort de vie ma foi tout à fait satisfaisant… pour être ensuite coupé en deux par une belle autoroute à quatre bandes construite par l’Etat souverain sur le territoire duquel le petit village décroissant a eu le malheur d’espérer sa tranquillité. Faute d’avoir la puissance pour s’opposer à la puissance publique de l’Etat, les petites initiatives de transition sont toujours susceptibles d’être dévorées par la puissance qui les domine.

Au niveau individuel également, le problème de la reine rouge est prégnant : si je renonce au téléphone mobile et aux réseaux sociaux en décélérant, en décroissant, je cours le risque d’être isolé de “là où ça se passe” et même de ne plus être invité du tout. Désormais, pour rester “dans le coup” d’un point de vue individuel, dans ses relations sociales, une course technologique s’est engagée qui augmente l’empreinte écologique de la vie sociale. On ne semble plus s’y retrouver que si toutes nos relations décident ensemble de “désescalader”. Avant, on se donnait rendez-vous à un endroit donné à une heure donnée et … la plupart du temps ça fonctionnait !

Cela nous amène, en revenant à la géopolitique, à des considérations gênantes qui ne doivent pas effrayer le prospectiviste (qui n’est jamais responsable des prolongations de tendance qu’il soumet à la réflexion collective).

Si vis pacem para bellum, si tu veux la paix, prépare la guerre, disaient les anciens Romains… On pourrait dire aujourd’hui peut-être “si vis decrescientam para bellum” ?

Comme les armes nucléaires présentent certains inconvénients équivalents au réchauffement climatique en termes de hausse de la probabilité d’effondrements et d’extinctions, il y a lieu toutefois de dépasser cette conclusion immédiate. Mais on doit bien comprendre que les grandes puissances du monde se regardent et s’observent dans le domaine de l’écologie, du climat, de l’énergie fossile en particulier, si corrélé à la définition actuelle de la puissance géopolitique. Ainsi, comme pour l’armement nucléaire, on voit mal comment ces puissances accepteraient de “baisser les armes” même du seul point de vue économique, afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, tant qu’elles n’ont pas la garantie que leurs rivaux feront de même et qu’elles pourront le vérifier en permanence.

Si d’aventure un bloc continental voulait avancer seul (un peu comme l’Union européenne), il devrait alors être capable, faute d’accord explicite, d’imposer aux autres blocs continentaux le respect de conditions de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi l’Union européenne parle par exemple de “carbon border adjustment”, un système qui imposerait une fiscalité climatique aux produits et services vendus sur le sol européen, par des pays qui ne seraient pas engagés suffisamment à réduire leurs propres émissions.

Enfin, renversons la table pour maintenir la tension dialectique insoutenable qui nous occupe. Nous avons dit que même d’un point de vue biologique, les métabolismes élevés (comme les mammifères) ont semble-t-il gagné sur les métabolismes plus lents (les reptiles, les dinosaures). Mais est-ce si vrai ? Il y a des exceptions. Lorsque les ressources du milieu s’amenuisent drastiquement, les métabolismes les plus gigantesques et les plus élevés sont les premiers à périr, faute de pouvoir réduire la voilure. Tandis que les métabolismes disons plus “végétatifs”, de par l’excellence de leur efficience à transformer la moindre goutte d’énergie en vie, prospèrent dans la rareté. Ce raisonnement pourrait donc donner un avantage aux pays “décroissants” par rapport à ceux qui maintiennent leur métabolisme croissantiste. A ce moment, dans une telle contrainte écologique, il se pourrait bien que la géopolitique s’aligne avec l’écologie, et qu’on n’ait plus besoin d’arme nucléaire pour dissuader les ogres. Les Etats les moins résilients seraient tellement ravagés et incapables de soutenir leurs processus économiques que les Etats sobres n’auraient plus beaucoup de soucis à se faire.

Mais tout ceci n’est (encore) que de la fiction prospective…

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53 réflexions sur « “Si tu veux la décroissance, prépare la guerre”, par Cédric Chevalier »

  1. Dans l’utopie n°5678567594, les citoyens éclairés élisent des opinions super-éclairées, … lesquelles font “le bon choix pour la Rance” (cette rivière côtière devenue usine marémotrice, victime d’un assez gros envasement in fine, je crois).

    On a toutefois avec Angela Merkel le cas intéressant d’une scientifique assez réellement éclairée, et qui a pu être 10% en phase avec les volontés écologiques de son corps électoral (post-Fukushima par exemple). Pour extrapoler, il faudrait que la structure du savoir soit elle-même sanctuarisée (dynamiquement) et que les Sciences et Vie et autres, ne meurent pas comme canaris dans la mine (et c’étaient pas mes canaris préférés).

    Toutefois, le savoir est un des rares “biens non rivaux”, et à ce titre pas cher à répandre.
    Ce qui semble se répandre encore mieux, toutefois, c’est la “dynamique d’infect” Euh, pardon pour l’erreur typhorrographique, je voulais dire la “dynamique d’affect façon Zemmour et collègues”.

    Je propose de nommer TechNBio le vaccin contre cela. (copyright Rezifp encore non réservé).

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    1. Chus pas d’accord. Science et vie était pas mal entre 1970 et 1985. Une très bonne équipe de rédacteurs dont un médecin et un doctorat en physique et d’autres esprits plutôt universels façon Pic de la Mirandole. Et surtout réalistes et terre-à-terre. Quelques, en fait beaucoup, de parti-pris mais pardonnables. Ajoutons qu’ils se sont presque toujours trompés dans leurs prévisions. Le merveilleux an 2000, une frontière miroitante si proche et pleine de promesses. Voir venir est en effet très difficile. Ça rend la lecture actuelle intéressante.
      Science et vie maintenant? Rien.

      J’imagine que votre vaccin est sur la planche à dessin (CAO 3D etc.), ayant dépassé le stade des spécifications? Arn ou virus inactivé? Faites gaffe au prix et aux requins… Va falloir trouver l’astuce qui permettra de déclarer une efficacité de 90% d’abord, quitte ensuite à remonter un peu. Ne pas dépasser 96%, ça fait trop résultats staliniens aux élections en URSS. Même Poutine (du KGB, j’allais oublier) n’ose pas, c’est une preuve. Et voyez un peu du côté des journaux à comité de lecture. Ça coûte un bras mais la crédibilité a son prix. Mais vous devez savoir tout ça. A propos, quels sont vos actionnaires?

  2. En l’absence d’organisme de planification sérieuse sur le temps long, si le seul pilotage est celui des elections pour les démocraties, comment imaginer que celles ci n’aillent pas au casse pipe?
    De même comment imaginer que des grands ensemblent continentaux ne soient pas obligés de coopérer pour gérer les ressources vitales et éviter des effondrements périphériques qui finiront toujours par se retro-diffuser?

    1. “La justice, et non l’hégémonie, est la valeur commune de l’humanité. A la conférence de Bo’ao, Xi a répété pour les pays asiatiques le choix crucial auquel eux et l’humanité étaient confrontés. La Chine s’est développée par son seul travail, elle ne cherche pas à disputer l’hégémonie aux Etats-Unis pour installer la sienne, elle cherche le bien commun et est respectueuse des diversités politiques et de mœurs. Donc ou l’humanité se laisse entraîner dans la paranoïa des USA et de leurs alliés occidentaux ou elle établit de véritables valeurs d’égalité et de justice que l’occident prône mais a détruit désormais”. Editorial du Global Times , Publié le: Apr 20, 2021 7:47 PM

          1. Dont le chef d’éditorial , monsieur Wijin serait donc le haut parleur .

            Ceci étant , il vaut mieux , même si on doit s’en foutre , entendre des affirmations douces à l’oreille que des invectives .

            Mais , en diplomatie , on ne sait lire qu’avec ses dossiers et entre les lignes .

  3. Et donc? J’ai un peu l’impression d’avoir perdu mon temps avec un texte aussi long pour une telle conclusion…

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  4. C’est très interessant. Ce sont des idées qu’il faudrait vraiment développer… Peut-être en recherchant des précédents historiques ?

    1. Dans les précédents on trouve plutôt des exemples de rapports de forces corroborant la première partie du billet .

      Pourquoi pensez vous que De Gaulle a fait le forcing pour avoir la bombe et , petit jumeau civil toujours d’actualité écologique , le nucléaire ?

      PS : bizarrement sur ce coup là , il semble que pour une fois les britishs nous ont donné un coup de main en laissant fuiter des informations pertinentes .

      1. Intéressant graphique qui montre que les Etats-Unis ont un budget militaire qui se situe depuis plusieurs années sur une trajectoire de rendement décroissant (cf le parpaing volant, F35). Avec un budget 10 fois moins important, la Russie dispose d’un outil militaire largement plus efficace et technologiquement plus abouti (cf missiles hypersoniques en dotation dans les forces tandis sue ceux des EU poursuivent toujours un développement chaotique.

        La Russie applique donc à la dimension militaire l’avantage comparatif de la sobriété face à un orge gaspilleur d’une ressource rare et inefficacement employée.

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  5. Certains arguments sont curieux.

    Je note “je cours le risque d’être isolé”. Eh benalors! vous voulez pas payer la lutte contre le réchauffement climatique, et toussa, à son prix? Je crois que ça ne va pas le faire. Avancer ce genre d’arguments montre que l’affaire n’est pas mûres dans certaines têtes. Pourtant, suite à un entraînement assez poussé sur une période de 40 ans, je suis en mesure de dire que larguer tous ces trucs est faisable. En prime, éviter de “se faire inviter” est excessivement confortable.
    Et puis, cerise sur le gâteau, laisser tomber ces gadgets est aussi une façon de lutter contre les réseaux pseudo-sociaux mais de vrai espionnage de votre vie privée et de votre habitus.

    L’autre vaut son pesant d’illusions, et c’est du lourd.
    “carbon border adjustment”, je note qu’en anglais, c’est beaucoup plus engageant, comme toujours. On va traduire par “Taxe compensatoire carbone aux frontières”.
    Va falloir un sérieux effort sémantique de la part des bureaucrates européens, gardiens du Temple ne l’oublions pas, pour qu’ils se convertissent à cette idée. Le peuple va pas apprécier le résultat. Mais qui s’en soucie? C’est moins grave que le reste, sans doute. Les gilets Jaunes… qui ça?

    Notre situation préoccupante résulte d’une erreur, le capitalisme actuel. Avec lui, pas grand’chose n’est possible.

    Concernant les armements et la guerre je recopie ci-dessous des remarques par un penseur plus riche qu’il n’y paraît:
    “En temps de guerre, les deux camps s’efforcent à grand frais de convertir leur richesse en énergie qu’ils expédient gratuitement dans le camp adverse. Les conflits ne sont donc possibles que parce qu’aucun des belligérants n’est capables de capter cette énergie et de s’en servir. Si la technologie le lui permettait, il s’enrichirait si vite et son adversaire s’appauvrirait si rapidement que le combat deviendrait inutile […].”
    C’est de Norman F. Dixon, De l’incompétence militaire, Stock, 1976.

    Conclusion: il faut demander à la Russie d’augmenter les prix intérieurs de son armement (en particulier du Spoutnk5). La quantité d’armement qu’ils produisent, et de qualité acceptable à en juger par les résultats, pour un prix si faible est invraisemblable. Le différentiel varie de 8 à 2 contre 1. (Le rapport antivirus US contre spoutnik5 est probablement incommensurable…). Il faudrait les convaincre que jouer l’économie et l’efficacité n’est plus à la mode. Enrichir les actionnaires est noble.

    S’ils obtempèrent, les risques de guerre deviendrons moins aigus. Autant de gagné pour la Nature.
    Utopique? Bien entendu, autant que vos rêves.

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  6. L’effondrement climatique, s’il va au bout, laissera gagner quelques chinois, qui auront envahi la Sibérie et nomadiseront entre l’Arctique en été et l’Amour en hiver, et quelques américano-canadiens qui feront de même entre Arctique canadien et restes de forêt boréale. Les russes s’apercevront qu’ils ne sont pas assez nombreux. Et il restera quelques isolats dans les montagnes à plus de 3000 m.

    C’est l’implacable piège de l’évolution, dont une espèce ne peut s’extirper qu’en éliminant les luttes de pouvoir au profit de la collaboration.

  7. “Les énergies fossiles et nucléaires…”. Même combat? Ou ai-je mal compris?
    Les Allemands -toutes coalitions confondues, la prochaine n’y échappera pas- ont choisi de se passer de la seconde avant les premières. Vingt ans après, le bénéfice pour la lutte contre le changement climatique est voisin de zéro. Vous connaissez un scénario qui permet de se passer des unes et des autres (pas signé negaWatt ou Ademe)? Si oui, transmettez au Shift Project.

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  8. J’ai toujours eu présente à l’esprit cette remarque de Jacques Testart expliquant dans un entretien donné à Politis voilà bien longtemps que les citoyens réunis en conférence de consensus recommandaient TOUJOURS – oui toujours – de prendre des mesures qui allaient dans le sens de l’intérêt général. Selon lui, il n’y avait pas de contre-exemples. La récente conférence de citoyens sur le climat en a donné un nouvel exemple : 150 mesures qui feraient un parfait programme pour des gouvernants dépouillés de l’envie de s’enrichir et de satisfaire leurs égos névrosés sinon pire …

    Alors, je me demande pourquoi la formation de tout gouvernement ne devrait pas s’accompagner d’une procédure comparable aux conférences de citoyens, commençant par une formation de haut niveau donnée par des – je n’ose pas écrire experts – savants donc qui auraient établi un programme d’études ; et s’achevant par la rédaction de préconisations
    pour des ministères beaucoup moins nombreux en raison de la nécessaire globalisation des thèmes.

    Utile aussi de décliner cette démarche à tous les niveaux de l’exercice des pouvoirs, politiques, économiques et d’entreprise…

    Les idées qui peuvent soutenir ces démarches sont
    – savoirs et réinvention de la démocratie ( parole donnée à chacune et chacun pour la moindre des décisions et bazarder progrès, élites )
    – conviction que la vie que nous mènerons bientôt ressemblera à celle qu’ont vécu ceux qui nous ont précédés sur cette planète et à celle que vivent actuellement des peuples sobres ;
    ( Une humanité / une planète )
    – maîtrise de la démographie ; ( ben oui ! )

    – Ne plus dire que c’est compliqué, que c’est difficile … car nous disposons de tous les outils nécessaires. Il me semble qu’en y regardant de plus près, on voit en ce moment des gens de plus en plus nombreux stupéfaits de découvrir que le bonheur existe.

    Alors, les jeunes au boulot et n’oubliez pas de vivre.

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  9. Salut Cédric,

    J’ai retenu ce paragraphe de ton texte :

    “On trouve alors ici un argument stupéfiant : les décroissants (du moins ceux qui pensent que la seule manière de mettre fin à l’overshot est la réduction de voilure de l’économie mondialisée d’un point de vue quantitatif), par réalisme, devraient examiner la question de la défense militaire avec une grande attention, voire même considérer l’option de l’arme nucléaire. Pourquoi ? Pour ne pas se faire bouffer par leurs voisins croissantistes pardi ! Et pourquoi diable lier décroissance et arme nucléaire ? Parce que l’arme qui a le plus la capacité de décorréler la puissance économique (donc l’énergie fossile) et la puissance militaire étant l’arme nucléaire, une nation décroissante pourrait y voir une manière de rester souverainement décroissante face à ses voraces voisins.”

    Ma mamia, tu n’as jamais lu une seule fois les Evangiles c’est pas Dieu possible pour écrire pareil raisonnement. (Mais l’évidence se fait jour quand on lit “diable” dans ta phrase, CQFN).

    Tendre la joue mon ami, tendre la joue comme disait l’autre : “Si on te gifle sur la joue droite, tends la joue gauche ”

    Il n’ a pas rajouté, “avec un Colt dans ta poche au cas où” comme le croient les nords américains.

    1. Certes Cloclo, mais ce sont justes des propos, certes longs, mais liminaires et nécessaires pour arriver à la conclusion ; ils n’ont pour but ici que de pousser jusque dans leurs retranchements l’absurdité du raisonnement croissantiste qui contamine en quelque sorte la position croissantiste, ce mauvais pas dont il fallait sortir. Ce que parvient à faire Cédric Chevalier avec sa conclusion qui renverse la perspective.

      Dommage seulement que le titre, même entre guillemets, ne rende pas justice à celle-ci.

      Je lis ce texte comme un très convaincant plaidoyer pour la décroissance et la coopération.
      Cédric Chevalier m’épate : confronté aux réalités du pouvoir de par ses fonctions actuelles, il n’édulcore pas son message. Au contraire, loin des incantations qui émaillaient ses billets précédents pourtant excellents, il démontre rationnellement toute l’absurdité de la course à puissance, qu’elle soit US ou chinoise. Cédric pose les questions qui ne sont jamais posées dans les débats publics et pourtant ce sont les plus essentielles. J’applaudis ce texte des deux mains !

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      1. Oui faut arriver à la conclusion, qui reste alambiquée tout de même, et quand on sait qu’on s’arrête les 3/4 du temps au titre ! Je ne sais pas si on peut dire que c’est convainquant. Mais après tout pourquoi pas…

        En fait, probablement que plus résilient qu’une tribu dans l’Amazonie, y a pas, et là comme décroissance on touche au graal. A tel point qu’on les protège dis donc, du moins on tente, et que envahir l’Amazonie en tant que telle cela n’a aucun sens. Bref.

      2. Il fallait lire : « l’absurdité du raisonnement croissantiste qui contamine en quelque sorte la position dé-croissantiste«

      3. Pierre-Yves:
        […] liminaires et nécessaires pour arriver à la conclusion ; ils n’ont pour but ici que de pousser jusque dans leurs retranchements […]

        Pas exactement d’accord. Le diagnostic est largement connu et partagé. La question n’est plus “quoi?” mais “comment?”. Ce texte n’apporte aucune réponse.

        C’est d’ailleurs le même problème pour la Gauche (si elle existait en tant que force politique) et pour la goôoche, telle qu’elle est.

        Bilan: trop d’intellectuels qui s’écoutent intellectualiser et pas un praticien à l’horizon.

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        1. Daniel,
          Je prends de texte de Cédric Chevalier pour ce qu’il est : une réflexion philosophique.
          Il me semble que cela va ici au delà du diagnostic, il pose les conditions de possibilités d’un monde viable. Je n’ai vraiment pas le sentiment que le discours dominant actuellement dans les médias et venant des partis politiques c’est la dé-croissance. (J’entends celle de l’extactivisme, du PIB…)
          Pour le reste, j’attends les retours d’expérience de Cédric sur le terrain plus politique (il est actuellement conseiller du gvt Belge) .
          L’heure du bilan viendra, et plus tôt sera le mieux !

          1. Tout s’éclaire avec vos précisions.
            Je n’avais effectivement rien compris.
            Son texte est une tentative pour convaincre le gouvernement belge et ceux qui gravitent à proximité.
            Et en effet la tâche est rude…

            Bien. Je vais attendre, puisque tel est votre conseil. Remarquez que nous avons tous l’expérience d’attendre. D’un pas ferme et décidé, attendons.

            1. attendons ” …l’oeil bien ouvert sur certaines “anecdotes” qui ne manqueront pas de devenir généralités (très rentables mais pas pour “nous”) dans un futur précipité/impréparé, donc contraint :
              Puisqu’on évoque la Belgique …aujourd’hui :
              ” ” ” Un arrêt de Tihange 2 fait bondir le prix de l’électricité
              Le réacteur nucléaire hutois s’est arrêté automatiquement pendant un test mercredi après-midi. Conséquence : le prix de l’électricité sur le marché de gros a battu un record…
              (…)
              On parle de « prix de déséquilibre » lorsqu’il faut, comme cela a été le cas, combler rapidement une différence entre l’offre et la demande. L’arrêt de Tihange 2 est survenu à un moment où il y avait moins de vent que prévu, ce qui a également entraîné une baisse de la production des parcs éoliens en mer du Nord.
              Elia a toutefois ajouté qu’il n’y avait pas eu de problème d’approvisionnement.
              ” ” ”
              Ouf , je suis rassuré.

  10. C’est marrant mais, comment dire, in fine qu’est ce qui compte? Etre heureux? 🙂

    Donc, donc, donc, la meilleure arme ne serait elle pas pour un état d’arriver a rendre heureux ses ouailles? Zou en avant le ministère du bonheur 🙂

    Bien entendu, c’était probablement la recette américaine d’après guerre, apporter le bonheur par la consommation après la longue frustration de l’histoire pré-industrielle.

    Puis un des objectifs des 30 glorieuses de présenter une Europe plus heureuse par la prospérité que l’Union Soviétique. Et cela a fini par fonctionner, non?

    Donc si j’étais monarque, je me demanderai comment faire pour rendre une population heureuse de transiter.. et avec un peu de chance, in fine je me sentirai carrémet plus puissant que les voisins sur-armés, déprimés 🙂

    Cela dit ensuite, comme avec l’exemple du village en transition qui se fait couper en deux par une autoroute divine, On peut se demander si il n’y avait pas un peu de hargne revancharde lors de la crise monétaire grecque, de l’Europe du nord face a ces pays du sud, ma foi peut être plus heureux sur le fond du fond.. alors.. bang, un bon coup sur la tete!

    Bon la c’est moi qu’ai du avoir un coup sur la tete pour propulser cette diversion…

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    1. Se démener pour rendre la terre heureuse devrait nous rendre heureux. ( vous m’excuserez pour cet anthropomorphisme…) Il est des satisfactions qui justifient tous les inconforts. Celui-là en est un.

      Et à la fin c’est nous qu’on gagne. La petit radeau aussi.

  11. La décroissance est nécessaire, vitale.

    Les guerres et tensions sont principalement dues à la course à la croissance (aux ressources). S’engager dans la décroissance autour d’une monnaie (ou plusieurs) monnaie(s) sociale(s) permettrait de s’affranchir de ces problèmes.

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  12. Une chose a peut-être été oubliée dans cette prospective, c’est la puissance des normes commerciales…Si l’on veut bien les restaurer.
    Avant les accords de libre-échange (dont le but est bien évidemment de désarmer les états des possibilités de choisir la qualité, le type, l’info, sur le genre de marchandises que l’on autorise à être distribuées), je me souviens d’une bisbille entre la France et l’Angleterre concernant les dindes à l’export. L’un des états avait émis une norme sur la grandeur légale des étiquettes à poser sur les volatiles et avait poussé ainsi l’autre à venir en panique à la table des négociations, car ses volailles s’en trouvaient bloquées à la frontière….
    Vu les efforts déployés par les libéraux pour désarmer la souveraineté des états en la matière, je pense bien que c’est là l’avenir : s’attaquer aux accords de libre-échange pour retrouver un levier naturel de négociation sur la qualité de ce qui est vendu , donc aussi sur l’écologie.
    D’ailleurs, on voit bien aussi comment le monde économique met en avant les modalités d’écologie de marché et aide leurs supporters pour échapper à de sincères remises en question.

    1. Les avancées écologiques ne se feront qu’avec une phase intermédiaire d’accords géopolitiques économiques entre “zones” suffisamment puissantes et vertueuses pour négocier vraiment les + et les – ,avec une résultante positive allant dans le bon sens sur la durée . C’est en fait la mécanique qui a , de fait , pris en grande partie le relais de l’OMC qui est à la peine depuis une quinzaine d’années .
      Et dans ce décor , on imagine la vanité des tentations nationalistes ( ou souverainistes , monsieur ) .

      Où l’on retrouvera , sous cet environnement et cet emballage , la compétition ou la coopération entre les deux géants qui se partagent le monde .

      1. Bonjour Juanessy,
        il en est des vanités nationalistes ou souverainistes comme des vanités européistes ou européennes;
        Ces accords de libre-échange organisent la même impuissance au niveau de l’UE qu’au niveau des états et mettent hors de portée de tout contrôle démocratique ou revirement d’opinion, tout ce qui concerne la lubricité d’entreprendre n’importe comment dans n’importe quelles conditions. C’est d’ailleurs à mettre en parallèle avec la libre circulation des capitaux qui invalide toute velléité démocratique de prélever l’impôt…
        Vous en conviendrez, je suppose.

        1. Je n’en conviens surement pas .

          Vous ne pouvez ” contrôler” démocratiquement que la mode de négociation . La substance complète s de la négociation échappe forcément à un état seul car c’est le rapport de forces commerciales qui définit la possibilité d’avoir quelque chose à négocier ( et l’état de la balance commerciale et des paiements de la zone avec laquelle vous vivez plus couramment ).

          Mais on peut très démocratiquement et nationalement crever tout seul dans son coin d’anémie ou de rupture plus rapide dans les bras de fer de matamore inconscient .

          Par contre , entre accord multi ou bi latéraux ; il vaut mieux s’orienter selon la situation , vers des solutions adaptées aux ressources et faiblesses réelles de la zone d’appartenance pour garder la main sur le robinet de ce qu’on ” laisse faire” et de ce qu’on a besoin de préserver pour que l’évolution soit socialement supportable , une sorte de deal de libre échange auto-éducateur , pendant ( c’est d’ailleurs peut être la même chose) que le “protectionnisme éducateur ” de Friedrich List qui a permis aux allemands de faire une nation de leurs morceaux anciens , comme il peut permettre à l’Europe et au monde de s’homogénéiser sans trop de perdants et trop de gagnants brutaux .

          L’autre risque des accords multi ou bi latéraux , c’est qu’ils peuvent multiplier à l’infini les normes dont environnementales , et rendre les échanges internationaux obscurs et imbitables .

          C’est pourquoi je vois mal qu’on puisse échapper à une cohabitation , complémentarisme dans le bon cas , entre normes internationales cornaquées par l’OMC ( les grands géants en fait ) et souplesse multi et bi latérales où les pays en voie de développement ont plus de chance de ne pas se faire étrangler .

          1. Cher Juannessy
            Les échanges internationaux sont déjà obscurs et “imbitables” comme vous dites au regard de l’obsolescence programmée, des substances douteuses rajoutées dans l’agroalimentaire, et des externalités sociales, fiscales, et environnementales.
            Les accords de libre-échange n’ont rien amélioré et le monde “organisé” existait avant eux et ne se portait pas si mal. Nous ne mourions pas d’asphyxie…
            Quant à savoir s’il faut être gros ou petit pour se faire respecter, je dirais simplement que parfois “small is beautifull” et je citerais l’exemple de l’Islande qui a dit “merde” aux banques internationales et ne s’en est pas mal tirée… (l’Islande est la plus vieille démocratie du monde et en a gardé un certain courage ); …ou les Anglais qui roulent toujours à gauche sans jamais avoir cédé aux assauts normatifs de l’automobile internationale

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            1. Et à part l’Islande et ces 360 000 habitants qui vivent ( bien ) de la banque et de la pêche , mais qui a pris la précaution d’être membre de l’OTAN et de l’OCDE , de l’AELE et de l’espace Shengen , quoi ?

              Pour la conduite à gauche en Angleterre , elle n’est pas la seule à avoir gardé cette particularité à l’origine très factuelle , et il est d’ailleurs paradoxal que certaines anciennes colonies de l’empire britannique ( dont le Canada je crois ) l’ont abandonné pour la conduite à droite . Ceci étant , pour le commerce et l’industrie dont automobile , ça n’a aucun impact ou difficulté , et donc c’est un domaine où le marché s’accommode aussi bien de la gauche que de la droite , comme ils s’accommodent de la demande démocratique qui leur permet de multiplier les modèles , les couleurs , les conditions de vente dans une merveilleuse “liberté” lucrative .

  13. @Cédric

    Il me semble que la dissuasion nucléaire n’est pas un armement idéal de pays décroissant, bien au contraire.

    Disposer de la bombe, cela implique un high level of service de toute une filière, des forges capables de faire des couvercles étanches, des mines dans des régions maîtrisées, quelques milliers d’ingénieurs, une filière civile, des moyens de projections tels que sous marins, fusées, ou avions même si c’est has been, et un ou deux centres d’essais.

    Cela me semble un peu ressembler au Concorde ou au Mirage IV, de belles machines :
    – construites durant les 30 glorieuses
    – hors d’atteinte aujourd’hui en terme de maintenance

    Notre incompétence grandit alors que les années d’or du nucléaire s’éloignent, les entreprises aujourd’hui qui assurent le caractère opérationnel de la bombe française doivent être un peu comme le groupe folklorique d’un département rural…

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    1. Vous prenez vos désirs pour des réalités : nombre d’institutions sont en train d’admettre que l’électronucléaire est bien utile pour faire du courant sans émission de trop de GES. Et de nombreux réacteurs sont en construction ou en projet, ce qui fait que ça va coincer un jour pas très lointain du côté des mines d’uranium.

      Quant à la dissuasion, elle a ses limites dans le cas français : qui peut croire qu’on irait lancer une bombe sur Shanghaï si la Chine s’emparait des îles Marquises ou de Wallis et Futuna ?

      1. D’accord sur le premier paragraphe ( c’est d’ailleurs en chine qu’il y a le plus de centrales 3 -ème voire 4ème génération qui sont programmées ) .

        Pour le deuxième paragraphe , il y aurait sans doute des choses qui se passeraient avant qu’on en arrive là , mais si c’est jugé suffisamment agressif à terme , je ne prendrais pas le pari .

        L’Australie commence à ouvrir les yeux :

        https://www.msn.com/fr-fr/finance/other/route-de-la-soie-la-chine-pourrait-riposter-face-%C3%A0-l-australie-qui-ne-se-laissera-intimider-par-quiconque/ar-BB1fV3Fk?ocid=msedgdhp

      2. De quel désir parlez vous Ermisse ?

        Si votre plombier mettait 3 fois plus de temps à faire un chantier, pour 6 fois plus cher que le devis, que penseriez vous de ses compétences ? ( Flamanville Epr )

        Ce phénomène d’obsolescence des compétences, en France, n’est pas national, il est humain.

        C’est pour cela que le nucléaire est dangereux, il s’etends sur des durées ” inhumaines.”

        Et oui, je sais qu’il y a en gros, 430 réacteurs dans le monde…et 400 projets.

        1. Je répondais à votre dernier §.

          La compétence peut se retrouver si l’on ne met pas 10 ans à décider de la suite du programme, si on fait savoir que la filière a beaucoup d’avenir (ce qui est vrai dans tous les cas de figures – démanteler et gérer les déchets, ça occupe), enfin si l’on y met les moyens requis (cette technologie a horreur de la mesquinerie) en faisant passer le sûreté et la sécurité avant la “concurrence-libre-et-non-faussée” bruxelloise.

          Ça fait beaucoup de “si”, sûrement trop si on se reprends pour encore 5 ans d'”en même temps”.

          Dans le genre “durée inhumaine”, le réchauffement global n’est pas mal non plus : les deux font la paire ! Le danger, nous sommes plongés dedans, tous azimuts. Fallait pas, mais maintenant il faut assumer…

  14. Il existe une décroissance qui n’affecte pas la pyramide de domination des humains.
    Au sommet,
    A) la capacité à tuer (un maximum d’individu en un minimum de temps),
    B) celle à neutraliser physiquement (moi et mon corps, confinement matériel)
    C) celle à soumettre psychiquement (moi et la société, frontières immatérielles)
    D) celle à asservir par manipulation des émotions (moi et la reconnaissance des autres, Humanité).
    Elle doit être initiée par l’entité étant reconnu comme le plus fort au sommet de la pyramide.

      1. Bilan plus mitigé sur France Culture en décembre dernier :
        https://www.franceculture.fr/emissions/culturesmonde
        Gros problème pour gérer des besoins énergétiques en pleine croissance avec des solutions vertes qui n’existent pas encore pour compenser cette accroissement de la demande mais la Chine pourrait toutefois nous surprendre… et quand même près de 6000 morts prématurées par jour en raison de la pollution 🙁 qui représentent pour le PCC une préoccupation tant la question est sensible dans la population.

  15. @tous, dont l’auteur de ce billet…

    N’avez-vous pas le sentiment de tous tourner en rond là ?!

    Vous enfoncez littéralement des portes ouvertes !!

    @timiota, j’imagine que le copyright TechNBio fait partie intégrante de la farce ?!

    Ça manque bel et bien de systémique tout ça !! Sonnez-moi quand géopolitique et écopolitique admettront ENFIN leur échec total pour laisser ainsi la gouverne à la systémique !! La vraie !!

    Alors l’urgence de sauver l’espèce ?! Comment vous dire !! Regardez l’Inde…

    Les (!!!) sont surtout pour timiota, bien évidemment, tant je sais ô ! combien il adore ça !!

    Paul, si vous êtes en mal de billet, alors n’hésitez surtout pas…

    Amitiés,

    Philippe

    ps : vive le conditionnel de l’Accord de Paris ; ça c’est du factuel, du vrai, et c’est aussi le pur produit de la collaboration éco-géo-politique mondiale ; 6 ans après, on en paye d’ores et déjà le prix fort (j’avais alerté, y compris Hansen), et ce n’est hélas qu’un sinistre/triste début… rien n’a changé, alors c’est plié…

    Merci à vous !!

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    1. Pourriez-vous donner un ou deux exemples des avantages de la “systémique”. Existe-t-il un pays qui aurait combattu le virus à l’aide de la “systémique”?
      Le contenu de cette discipline est en effet plutôt nébuleux. Sauter en l’air comme un cabri et psalmodier ” Systémique, systémique” est insuffisant pour emporter le morceau.
      Tout se passe comme si vous affirmiez que la “systémique” avait la vertu de faire trembler de peur ce maudit virus.

      Etes-vous sûr que ce n’est pas un truc consistant à tout casser ( “bande de nazes vous avez rien compris et vous salopez le travail depuis le début”) et à reprendre l’objectif correctement à l’aide de la “systémique” mais avec un ou deux ans de retard. Retard au final plus dommageable qu’une action plutôt pragmatique. Et on connaît les résultats déplorables de cette absence de méthode.

  16. Globalement, je souscris à ce qui est dit dans ce billet, mais quelques bémols me viennent à l’esprit et me font douter que le nucléaire soit l’optimum indépassable qui permette de se retirer de courses à la surenchère techno-équipementière…
    En effet si un animal très toxique peut l’arborer par ses couleurs pour que les autres lui foutent une paix royale, il n’est pas à l’abri d’un animal plus agile que lui (mangouste).
    En fait donc, rien ne sert d’avoir la bombe si l’on n’est pas en capacité de la mettre en oeuvre en la projetant sur le territoire agresseur . Et là , la course à l’échalote revient puisque de contre-mesure en brouillage, de vitesse hypersonique, en armes laser ou micro-onde, sans parler de missile antimissile, et de systèmes de détections toujours plus performants pour détecter les sous-marins par exemple, finalement les moyens sont légions, d’empêcher la bombe de sortir de son silo et d’atteindre son efficience. La finalité de la bombe est sans arrêt menacée d’obsolescence et incite malheureusement à ne pas se retirer de la course.
    De plus aujourd’hui, le nucléaire ne protège pas des dissuasions (qui peuvent être low cost tout autant que high-tech) d’attaques “sales”, vicieuses et dissimulées (on pourrait ne pas savoir qui nous attaque vraiment) avec les armes chimiques, biologiques, radioactives (au sens du poison radio-actif, de la contamination).
    La question de la sécurité d’une nation ne peut donc pas être considérée comme un fait acquit par la présence un parapluie nucléaire qui nous dispenserait de participer à une course aux armements…
    Donc en fait, il n’y a pas de lien entre le nucléaire et la nécessité de décroissance, qui ne relève pas de régressions, mais bel et bien de progression en forçant le monde économique de la production à rechercher l’efficience plutôt que l’efficacité immédiate et en obligeant les systèmes financiers à vivre d’utilité sociale plutôt que d’entropie spéculative.

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