Le 7 avril à 19h56 :
M. Jorion, bonjour,
Votre article « La post-vérité est une fake news » » faisait partie des textes d’une épreuves de synthèse de l’école de commerce lilloise l’Iéseg qui s’est déroulé voilà quelques heures.
C’est le concours post-bac d’entrée dans cette école.
Bonne journée.
G.
17 réponses à « La post-vérité est une fake news !, le 2 novembre 2018, »
En pleine forme !
A réécouter :
https://www.franceculture.fr/emissions/bouvard-et-pecuchet-les-grands-feuilletons-de-lete-de-fc
le bon lien : https://www.pauljorion.com/blog/2018/11/05/la-post-verite-est-une-fake-news-le-2-novembre-2018-retranscription/
Bonjour Paul,
C’est une piqûre de rappel importante en effet. Un bel exemple de pensées qui avec le temps, percolent !
Mais je souhaite faire une petite remarque : la déclaration de bipolarisation (deux communautés, deux camps, deux vérités, etc.) est beaucoup trop réductrice, et je lui préfère plutôt celle de multipolarisation, ce qui certes, complique encore plus les choses bien évidemment, mais permet surtout d’exposer/expliquer des contextes propices aux conflits…
Le proverbe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », ne traduit-il pas par exemple une tripolarisation absolument nécessaire à un contexte favorable à la guerre, comme c’est actuellement le cas pour la guerre en Ukraine ; ici, la tripolarisation mettant en exergue le triplet (Chine,OTAN,Russie) ? Ici, on s’efforce malgré tout de trouver des points de convergence de vues (Chine, Russie) conduisant à une forme conditionnée de cohabitation, et ceci en dépit de l’ambivalence idéologique découlant ici d’une bipolarisation de l’autocratisme lui-même…
Amitiés,
Philippe
Le lien hypertexte ne renvoie pas au bon billet.
Corrigé.
Donc, cette vidéo est une post-vérité et une fake news puisqu’elle date de 2018. Mais elle témoigne quand même d’une réalité intéressante en nous montrant l’outrage des ans. Quelle vitalité vous affichiez à l’époque par rapport à aujourd’hui ! Par contre, le pull-over rouge n’a pas pris une ride ou un pli (1).
(1) La dernière fois qu’on l’a vu à l’écran, c’était le 21 janvier dernier.
https://www.youtube.com/watch?v=8BoHzTc3v8E
Vous êtes vraiment un commentateur d’un genre très particulier.
« Très particulier », en effet Monsieur Jorion, probablement sous l’emprise de la « tyrannie des apparences », exotique sur ce blog !
@ Gaston
“Sous l’emprise de la de tyrannie des apparences”. Comme vous y allez ! Ce qui pour vous apparaît comme une tyrannie, n’est pour moi qu’un sujet d’étude et de divertissement. Mais à chacun sa vérité aussi fausse soit-elle.
PS. Jean Baudrillard et Roland Barthes nous manquent terriblement.
Nous sommes bien d’accord, chacun trouve son « divertissement » là où ça lui chante.
Si le vôtre est de s’intéresser à savoir comment est attifé Pierre ou Paul, tant mieux pour vous, pour d’autres cela peut relever de la futilité et se contrefoutre de l’objet.
Sur ce blog, notre hôte, bon prince, vous a qualifié de l’euphémisme « très particulier », j’aurais dit très décalé (à moins que ce soit de l’humour au énième degré ?).
L’hyperlien, « La post-vérité est une fake news », contenu dans l’article fait un détour du côté d’un article de François Leclerc.
Oui, des guillemets qui manquaient… très curieux.
« In vino veritas ».
« Après avoir bien bu, ils délibèrent généralement sur les affaires les plus importantes.
Ce qu’ils résolvent alors, le maître de la maison dans laquelle ils ont délibéré le propose de nouveau, un jour après ; et si ce qu’ils ont convenu leur paraît bon lorsqu’ils sont à jeun, ils le mettent en exécution, sinon, ils le révoquent.
Ils ont aussi l’habitude de réexaminer, quand ils ont bien bu, la chose même sur laquelle ils ont délibéré en état de sobriété » (Histoire I, CXXXIII).
Hérodote à propos des Perses (-500 avant JC)
La Sagesse en dernier recours.
);-) à CloClo
Comme quoi ils avaient une connaissance intime de la dynamique d’affect !
Qu’elle soit modulée par l’éthanol leur a paru un bon moyen de l’explorer.
Nous avons peut-être trop figé certaines choses, « la raison » par exemple, en compa-raison.
Eloge de la déraison !
J’adore !
😀
Oui. (:-)
C’est en écoutant l’une des vidéos de PJ sur la transmission des savoirs (excellent) … me suis souvenu de ces « primitifs » cité par Hérodote.
Intéressant, même si j’ai des doutes sur cette vérité d’adéquation du mot à la chose.
A ce sujet, j’invite à lire le magnifique livre de Donald D. Hoffman « How the evolution hid the truth from our eyes » qui tente de montrer que même s’il existe bien une réalité, nous ne la percevons que par l’intermédiaire d’un « tableau de bord » avec des instruments qui nous permettent de naviguer plus ou moins bien dans la réalité, mais que nous ne percevons jamais cette réalité telle qu’elle est. Cela serait dû à l’évolution qui aurait en quelque sorte favorisé les apparences au détriment justement de voir la réalité telle qu’elle est. Voir la réalité telle qu’elle est, même si c’était possible, serait beaucoup trop onéreux et inefficace du point de vue de l’évolution. La science et la technique permettent une précision et une sophistication de plus en plus grande de ces instruments du tableau de bord, mais ce ne sont jamais que des mesures affichées sur un tableau de bord et non pas la réalité telle qu’elle est. Je résume grossièrement, mais c’est à peu près ça.
En fait, nous ne bénéficierions que d’une description de la réalité telle qu’elle est. La science et les mathématiques permettent une description très détaillée et très efficace, mais jamais nous ne connaissons la réalité elle-même. Cela ne correspond pas à une relativisation du savoir, à un « tout se vaut », parce qu’il y a de fait une sélection qui favorise certaines perspectives.
(L’idée n’est pas nouvelle, Kant faisait déjà d’une manière semblable la distinction entre le monde des phénomènes et le monde des choses en soi que nous ne pouvons connaître. Cette distinction a été développée par ses successeurs, p. ex. par Schopenhauer et sa distinction monde comme représentation/monde comme volonté.)
En ce qui concerne la vérité II comme « produit d’une négociation », je me demande s’il n’est pas question-là du domaine des valeurs, de l’affect et de l’éthique: c’est l’affect qui crée la valeur comme l’a montré Frédéric Lordon (après Spinoza).
Tout cela pour dire que les deux vérités ne s’opposent pas nécessairement, mais que les problèmes commencent peut-être justement à partir du moment où on les oppose sans voir qu’elles sont en fait intriquées et que l’une influence l’autre.
En résumé: il n’y a pas de vérité I affranchie de vérité II et la vérité II qui veut s’affranchir de vérité I provoque une catastrophe.
Apparemment, c’est l’évolution qui aura le dernier mot, mais à quel prix ?