À propos d’un appel lancé à Benoît Hamon de se rallier à Jean-Luc Mélenchon, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Cette Lettre à Benoît Hamon de François Fièvre est dans son expression-même une clé nécessaire du débat politique présidentiel. La publier et la mettre en débat sur le Blog de PJ est à mon avis un puissant facteur de clarification des enjeux véritables et profonds de cette élection présidentielle puis législative.

Sur le fonds, nous sommes déjà en train de changer de république. L’éclatement du PS entre politiciens professionnels et socialistes de conviction en est un signe manifeste. Pour que le changement puisse donner quelque chose d’autre que la fuite en avant ordo-libérale financiariste, il faut changer le président et la représentation parlementaire de la démocratie française. Il ne suffit pas de faire émerger Hamon ou Mélenchon à la présidence : il faut mettre les politiciens du business en minorité à l’Assemblée Nationale.

Mélenchon s’est coulé parfaitement dans la présidentialité de la cinquième république ce qui le met véritablement en posture et en position de sauveur de la république que les libéraux fillonistes et macroniens veulent finir de dissoudre. Mélenchon peut sauver la république par le rétablissement de la condition de possibilité d’une démocratie directe entre le peuple et le président, mais en court-circuitant le parlement corrompu par la finance non régulée.

Mélenchon se met en mesure de sauver la république mais en utilisant l’arme des ultra-libéraux qu’est la désintermédiation. Mélenchon fait, au moins dans le discours, l’impasse sur la médiation parlementaire qui réalise l’unité politique de la nation. Sans un parlement qui le représente réellement, le peuple n’a aucune chance d’exister face aux puissances du business. Concrètement, sauf à utiliser l’article 16 de la constitution qui instaure la dictature présidentielle pour contourner les divisions et l’irresponsabilité du parlement, Mélenchon aura beaucoup de mal à trouver l’appui d’une majorité partisane cohérente pour faire appliquer qu’un seul petit bout de son programme par un gouvernement constitutionnellement responsable devant le peuple.

Sans une majorité parlementaire convaincue des objectifs de la France Insoumise, et a fortiori une majorité constituante, Mélenchon n’obtiendra aucune transformation de nos réalités politiques par sa seule éloquence à définir la justice et la démocratie. Les libéraux et les faux-culs se feront un plaisir de réduire le président Mélenchon à un ministre de la propagande.

Quels que soient les destins personnels de Mélenchon et de Hamon, la restauration de la démocratie en France dépend de l’élection législative du mois de juin.

Le fond du problème de la législative est dans la faillite objective des partis politiques. Le libéralisme financier a transformé tous les partis en agences de crowd funding et de lobbying. Les partis produisent des éléments de langage pour moissonner de l’argent et des suffrages hors de toute réalité politique, sociale ou économique. Le seul moyen de surmonter la faillite des partis est le contrat de confiance directe entre le peuple et l’élu présidentiel du suffrage universel national. Mais l’objet du contrat doit être la restauration du débat politique par des partis qui soient indépendants des puissances d’argent.

Macron, Hamon et Mélenchon sont tous les trois à la recherche d’une recomposition du système partisan. Macron pour capter le pouvoir hors des partis et de la politique. Hamon et Mélenchon pour restaurer la politique au service du peuple et de la démocratie. Si les Français n’ont pas renoncé à la réalité de leurs droits dans la démocratie, alors Benoît Hamon est en position de ressusciter un parti de la société et de la socialité face aux adeptes de la guerre de tous contre tous ou de l’enfer chez les autres pour le paradis chez moi.

D’où l’on discerne qu’une cinquième république totalement renouvelée dans son existence pourrait mener la révolution de la démocratie en Europe avec Mélenchon à la présidence de la République et Hamon en chef du gouvernement investi par une majorité parlementaire engagée dans la démocratie réelle. La première réforme engagée serait celle du revenu universel, c’est à dire le régime de la subordination de la finance, de la fiscalité et de l’entreprise au bien être général.

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37 réflexions au sujet de « À propos d’un appel lancé à Benoît Hamon de se rallier à Jean-Luc Mélenchon, par Pierre Sarton du Jonchay »

    1. Ils n’ont pas compris que le progamme de mélenchon est nul et non avenu si on reste dans le cadre des traités européens actuels. Ce dernier ne voudra pas d’eux si il exigent qu’ils cède sur sa position internationale. Ils n’ont rien compris, et/ou sont totalement désespérés car si ils font moins de 10% ce sera 100% la faute du PS. Si mélenchon cède, il perdra plus de voix chez les insoumis qu’il ne gagnera de ralliement de chez hamon et il le sait. La fin de non recevoir à la lettre de main tendue insoumise ne me semble pas révocable par inversion des sondages. Si hamon avait laché les Vallsiste dés le début il en serait pas la, plus personne n’en veut, ni mélenchon évidemment, ni macron, ni les électeurs.

    2. Et je trouve que Peillon a bien compris que la vraie victoire sur la tragédie de l’Histoire nécessite(rait) que les énergies nouvelles (!) représentées par Macron , Hamon et Mélenchon fassent cause commune , au delà de leurs désaccords immédiats et des combats d’ego bien compréhensibles, pour engager le pays dans une nouvelle phase conforme à ce qu’il est , ou pour le moins ,était .

      C’est quand ces trois là auront retrouvé leurs esprits et l’abnégation de servir ce qui les et nous unit , que les majorités fortes absolument nécessaires donneront la force et la ténacité pour convaincre au grand large international .

      A prendre ou à nous laisser sous tutelle de la finance ou à la remorque des deux mastodontes .

      Pas forcément rapidement malheureux ( il y a encore un peu des deux siècles de graisse bourgeoise à finir de consumer) , mais inévitablement sous-hommes en fin de parcours . C’est la ligne de plus grande pente actuellement .

      Sacré challenge pour ces trois là , mais surtout pour nous , car la responsabilité est d’abord la nôtre et elle le restera .

      1. Juannessy, si tu as un cerveau, tu ne peux que tirer un trait sur Macron, si toutefois tu tiens à une démocratie qui ressemble à quelque chose de décent.
        Il n’y a que l’aveuglement ou une certaine position de classe (vigneron, trop malin pour faire ça intellectuellement? 🙂 ) pour tabler sur Macron.
        Macron réunit pour le moment d’Alain Madelin à Robert Hue: seule une confusion crépusculaire peut réussir ce prodige.

      2. Tu te fous le doigt dans l’œil bien comme il faut Leboutte. Je sais qu’il n’y a strictement rien à espérer des autres soi-disants candidats et je suis comme tout autre pauvre bougre, bluffé, intrigué, séduit, intéressé par l’animal Macron autant que curieux de le voir à l’œuvre. Mais oui, ça fait cinq ans que je le suis de près.

      3. Macron et son programme ne m’intéresse pas plus que ça . Ce qui m’intéresse c’est ses 25 % qui attendent du neuf par une autre voie que Le Pen , et qui additionnés aux 25 % PS et FI donnent un peu de poids à un président français , car si Fillon et la droite sont finalement sur le reculoir , il faudra bien quelque chose pour nous épargner Le Pen , Trump et Poutine dans leur version la plus désagréable .

        Mariage de la carpe et du lapin ? Sans doute.

        Mais si pas mariage , avant ou après le premier tour , je ne donne pas cher de mon pays ,ou de ma nation-Etat .

  1. La semaine dernière c’était le contraire, tout le monde exhortait melenchon a se desister. Le changement dans les sondages à fait se retourner la question mais le dit changement n’est pas même pas suffisant pour garantir que melenchon fera mieux que hamon vu les marges d’incertitudes. De même, les sondages antérieurs n’établissaient pas mieux un score supérieur pour hamon en tenant compte des incertitudes. La hierarchie s’établira au premier tour et on aura 5 ans de cohabitation Macron/Barouin pour remettre une vrai gauche en place avec tout un tas de soupeurs qui viendront semer la zizanie car on aura pas voulu d’eux chez macron (je pense à Valls, Royal etc… qui vont s’employer à saper hamon dés le 24 pour remettre la main sur le PS).

    1. « La hierarchie s’établira au premier tour et on aura 5 ans de cohabitation Macron/Barouin »

      Même si Macron est élu, ce n’est pas certain loin de là.

      En vérité, et quoi que puisse en dire Fillon prétendant être « le seul candidat qui disposerait d’une majorité parlementaire », le plus probable est qu’aucune majorité parlementaire ne se dégagera après les législatives. Même une majorité de droite, car c’est oublier l’existence du FN. Avec les chiffres de l’époque, Opinionway projetait en juin 2016 un groupe d’environ 60 élus FN à l’Assemblée cette année. Et ce pourrait facilement être encore davantage vu la dynamique de MLP et encore le dégoût de certains électeurs de droite pour le comportement de Fillon.

      Avec ne serait-ce qu’un groupe de 60 députés FN au parlement, ni droite ni gauche ne peuvent espérer avoir de majorité. Ne resterait qu’un accord de gouvernement LR-FN si c’est Fillon qui l’emporte – très transgressif, pas très probable, mais est-ce totalement invraisemblable ? – ou quel que soit le président un accord LR-PS, ou LR-EM-PS, ou LR-EM, ou autre combinaison.

      Bref ce que les Allemands appellent une grande coalition.

      1. On s’attend à 75% de quadrangulaires PS/EM/LR/FN et triangulaires EM/LR/FN. Une majorité EM/PS est probable même avec 10% de députés FN.

      2. @Vigneron

        On s’attend? Qui et Quand? chiffres extrapolé de quand Hamon était donné à 17% ?? Si la FI présente de nouvelles têtes ça pourrait changer la donne, si on reste sur du PC t’aura peut être raison… Macron risque même de se retrouver devant le choix de pouvoir cohabiter aussi bien avec le PS qu’avec LR c’est fort !! Il lui faudra alors tomber le masque et ce sera le début de la fin pour lui…

      3. Laisse tomber, Monsieur rêve sans doute d’un groupe à l’Assemblée, ce n’est qu’un rêve quand on arrive seul derrière LR/PS/EM/PS/PC.

      4. A voir, il semble y avoir une bonne dynamique pour l’instant, et pour les législative il faut l’extrapoler sur un mois de plus… Certes le soufflet peut retomber rapidement après le premier tour mais la cuisine à laquelle vas devoir se livrer macron est des plus périlleuse… D’autre part, pas sur que les électeurs PS Hamonistes soutiennent des investit du style Valls ou El Khomri…. Ce qui les retiens pour l’instant c’est l’épouvantail, au législative c’est une autre tête qui sera sur la photo. D’autant plus que l’épouvantail peut très bien prendre honorablement sa retraite au soir du premier tour en partant la tête haute avec un 14,8% (soit 6 points de plus que le PS lol) et laisser la FI entre les mains de nouvelles têtes mener sa campagne pour les législatives au grand dam du PC…

      5. C’est tout vu, on est déjà au second tour et aux alliances en suivant, Monsieur ne sera ni de l’un ni des autres, comme d’hab.

  2. Mélenchon se complaît dans son rôle de contéstataire. Mais en terme d’efficacité politique c’est plutôt raté. Hamon est gentil, présente un éventail de bonnes intentions pour le petit peuple et l’environnement maltraité. Ce sont des thèmes importants, mais dans le cadre des élections présidentielles, elle sont de l’ordre périphériques. Le grand problème, grosso modo, est le suivant: le monde change de manière dynamique, on assiste à des boulversements, alors que la France figée avec son système quasiment monarchique et anachronique n’est plus adapté à notre temps. Mais essayez de faire comprendre cela aux Francais, aux « élites » – ……cela doit être un travail d’hercule. Les Francais aiment leurs habitudes.

      1. La preuve, ça a fini par Papa Pénien au 2nd tour et cure d’antidépresseurs pour Monsieur. Merveilleux.

    1. La France comme tous les autres pays est confrontée à un mode de production qui saccage la vie, les hommes, leur culture, la diversité des cultures, les ressources etc.
      Et on ne peut regarder ça sans en être profondément attristé, ou bien soi-même on peut être directement touché au quotidien par cette situation qui, il faut bien le dire, ne fait pas de cadeaux.
      La lucidité voudrait qu’on dépasse cette situation mortifère mais hélas on continue de discuter sur le sexe des anges.
      L’individu seul est comme perdu dans une masse aveugle et le cauchemar agit de jour comme de nuit : psychiquement insupportable.
      Donc arrêtons de nous faire des illusions sur la finalité du capitalisme.

      1. Brel disait que désespéré ne signifie pas forcément triste, regarde notre hôte….

        Ha, oui c’est vrai les deux sont Belges nous on est maniaco-dépressifs, pas de chance. 🙁

  3. Comme les choses vont vite en effet.

    Hier seulement, il était assez convenu que ce serait E Valls qui se présenterait au nom du parti socialiste à la présidentielle.

    Et puis il y eut le résultat des primaires, B Hamon, et la preuve concrète qu’on assistait à une radicalisation de la gauche.

    Sans doute les lois Macron (40 milliards de cadeau au Medef) et El Khomery ( la facture adressée aux travailleurs) étaient passées par là.

    Le résultat des primaires ouvrait une perspective, parce que si Mélenchon était audible lorsqu’il racontait qu’il ne participerait pas à une élection qui l’engagerait en cas de défaite, à soutenir une politique social-libéral à la Valls, là avec Hamon, il était un peu plus embêté.

    De la même manière la direction du PCF, qui lorsqu’elle fit voter ses adhérents sur le soutien ou non à Mélenchon, c’était en opposition à une politique et un candidat « socialiste » dans la continuité d’un Hollande. Le fait que Hamon déjoue les pronostiques mettait la direction du PCF dans l’embarra.

    Quel eut été un vote du PCF au moment de la victoire d’Hamon? Camarades, voulez-vous un candidat unique PS-PCF ?

    Alors certain demande -maintenant- le ralliement de l’un ou de l’autre pour éviter une déculottée à la présidentielle et aux législatives.

    Lorsque l’on était dans le tempo, personnellement je ne demandait rien à des personnalités, je m’adressait à des partis politiques.

    Mettons ce point au clair: un parti politique, aussi dégénéré soit-il, vaut toujours mieux qu’un vague mouvement comme par exemple la FI, et de toute façon mieux que les ambitions d’un individu ou d’un autre.

    J’ai prônait dès la victoire de B Hamon, le front unique ouvrier (partis syndicats). L’extrême gauche est restée sourde, les syndicats ouvriers et ceux des jeunes, ont jugés urgent d’attendre, et le PCF, après tergiversations c’est rangé derrière Mélenchon.

    Si le PS, PCF, le NPA et LO, la CGT, FO, FSU, UNEF, s’étaient saisis de la victoire des frondeurs au PS, pour chercher à travailler à l’unité et à un candidat unique, nous n’en serions pas là.

    La droite du PS ne relèverait pas la tête comme actuellement.

    Les frondeurs ne seraient pas obligés de rechercher des appuis à droite pour ne pas boire le bouillon.

    Mélenchon peut-être, revenait-il à gauche (derrière le candidat du PS), mettait-il au service de la jeunesse et des travailleurs son immense talent.

    La gauche « front unique ouvrier », jouait dans la cours des grands, marginalisait Macron, reprenait du terrain sur le FN, et pouvait raisonnablement espérer vaincre le libéral Fillon au second tour.

    Pourquoi le pouvait-il ? Parce que le pays qui souffre, le pays qui travaille, le pays qui crée et invente, attend une gauche unie, une gauche qui ose, une gauche tout simplement. Mais cela il n’y a que les directions ouvrières (partis-syndicats) qui peuvent lui apporter.

    Mélenchon et Hamon à la remorque, c’est le fruit d’une mauvaise politique des partis et des syndicats des ouvriers et des jeunes.

    La crise de l’humanité, et la prochaine victoire de Fillon, se réduit à la crise de la direction politique du prolétariat.

    1. Vous avez l’air assez copain avec le pays qui souffre, travaille, crée, etc. Alors la prochaine fois que vous l’avez au bout du fil, si vous pouviez me le passer 5 minutes ? J’aurais 2-3 questions à lui poser.

      Parce que perso j’ai plutôt l’impression d’avoir vécu ces dernières décennies dans un pays qui fait des boulots de merde quand il n’est pas au chômage, n’a aucune idée de ce que l’avenir lui réserve à part l’épuisement des ressources sur fond de pollution et autres catastrophes climatiques, commence à en avoir marre de se mentir chaque matin pour trouver une raison de se lever et se laisse parfois tenter par des explications un peu simples, faute d’un projet de société qui ne se résumerait pas à s’empiffrer en attendant de crever.

      Mais il y a peut-être plusieurs pays dans le pays…

      1. « …Vous avez l’air assez copain… », désolé Pierre, personnellement je ne fais pas dans le copinage mais dans la camaraderie !

        Mais j’ai aussi une question à vous poser: Que faut-il faire de cette population qui « s’empiffre avant de crever » ? Quel projet de société les intellectuels et les directions de la gauche, ouvrent ?

        Aucune. Et comme ni vous, ni moi, ne voulons aligner le long d’un mur, cette population, cette classe ouvrière des Etats capitalistes occidentaux, que vous considérez perdue pour la cause du progrès, il faut quand même bien se rendre compte que le blocage n’est pas à leur niveau, mais à celui des élites.

        Ceux qui devraient commencer à en avoir marre de se mentir chaque matin pour trouver une raison de se lever, et se laissent parfois tenter par des explications un peu simples, ce ne sont pas les travailleurs et les jeunes, cette gauche qui souffre, qui travaille, qui crée et invente, ce sont ses représentants politiques.

        Ne me faites plus le coup du Responsable mais pas Coupable !

        La responsabilité de la bérézina en cours, la culpabilité, il faut les chercher à la tête débile des organisations de la gauche.

        Quand je pense que sous nos yeux est entrain de se mettre en place, un parti ouvrier national (Mélenchon), et un parti libéral-démocrate (Valls), sur les ruines du socialisme et du communisme, dans un silence religieux des élites qui se croient progressistes, ça me donne la nausée.

        Les jeunes et les travailleurs se relèveront de cette vaste recomposition idéologique réactionnaire, pas les initiateurs et leurs complices silencieux.

      2. Erreur c’est un Parti National Ecologique. Les ouvriers sont derrière lepen, enfin ceux qui votent encore… Pour l’instant il est plutôt modéré mais je ne me fais pas d’illusion, quand les gens vont commencer à tomber comme des mouches à cause de la pollution et du climat, tout un tas de petits caporaux fâcheux viendront s’y greffer pour exiger une ecocratie dictatoriale avec des milices vertes etc. (ce jour là j’y serais plus car se sera définitivement trop tard) . On y vas tout droit si on fais pas les choses en douceur de façon pacifiques et démocratiques dés maintenant. Pour l’instant c’est je rempli le frigo ou je paie la dette, quand ça sera je rempli le frigo ou je respire ça vas devenir plus complexe comme dilemme, d’autant plus que dans les deux cas on aura encore soif…

  4. « Le seul moyen de surmonter la faillite des partis est le contrat de confiance directe entre le peuple et l’élu présidentiel du suffrage universel national. Mais l’objet du contrat doit être la restauration du débat politique par des partis qui soient indépendants des puissances d’argent. »
    Les partis sont devenus des syndicats de défense des acquis des élus professionnels. La base militante est en voie de disparition. Les militants étaient recrutés sur les lieux de travail. Les groupes étaient stables dans le temps et dans l’espace.
    Les évolutions de la société impulsées par le fonctionnement du néolibéralisme ont détruit une bonne parts des liens. Toutes les communautés qui peuvent se former sont périodiquement et systématiquement dispersées au gré des restructurations.
    Reconstruire une base militante doit passer par:
    – une éducation politique des citoyens,
    – la redéfinition d’une classe sociale d’intérêts communs
    – trouver les médias communs
    – retrouver des lieux communs…
    Ce n’est pas envisageable à court terme il me semble.
    En attendant auront lieu des feux de paille type « Nuit Débout » qui sont peut être l’embryon de quelque chose mais sans résultat à court terme.
    Quant aux législatives, les citoyens fatigués d’entendre des injonctions du type « vote utile » ou « donner au président nouvellement élu les moyens de réaliser son programme », éliront – souhaitons le – une assemblée bigarrée, laquelle imposera aux politiques des compromis et des coalitions.
    Ce serait un fameux coup à la 5e.
    Et du stress pour les « capital risqueurs » qui n’aiment pas l’incertitude.

  5. Avis aux macronistes et aux partisans du « vote utile à qui ? » : l’homme qui prend la Guyane pour une île, une fois élu et appliquant son « programme » mortifère pour le peuple et plein de douceur pour le patronat, sera le meilleur marche-pied pour le FN lors d’un prochain vote. Ou même parce qu’il aura mis ce peuple qu’il honnit dans état tel de désespoir que la révolte sera sa seule perspective avec au bout Marine comme seul refuge .
    « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »
    Bossuet

  6. Dis moi qui te finance , je te dirai qui tu es …?

    Aux esprits éclairés de ce blog, j’adresse l´humble requête que voici :
    Si un présidentiable , suivi par la quintessence de ce blog depuis 5 ans, a dans son patrimoine déclaré une dette intitulée  » prêt entre particulier  » , doit on s’intéresser plus particulièrement au prêteur , plutôt qu’au montant du prêt?

    Parce qu’à la télé aussi , ils parlent , ils parlent …Hamon , Fillon et les autres. Qui croire?
    Quand Mélenchon s’énerve , Macron l’avoue: ça le peine.

    Ma dernière question sera bréve : face à la vérité et au mensonge , face à la réalité et face au virtuel , avons nous humainement les moyens de discerner ?

    1. @ B le c

      « …Ma dernière question sera bréve : face à la vérité et au mensonge , face à la réalité et face au virtuel , avons nous humainement les moyens de discerner ?… »

      Lorsque la vérité est dur à discerner, il faut se fier à son intelligence et son instinct.

      Intelligent celui qui se convainc qu’on à souvent vue des politiciens de gauche virer à droite, jamais un (ancien) banquier Rothschild devenir un défenseur des exploités et des opprimés !

      Instinctif celui qui flair l’air du temps, et qui se convainc que des individus-candidats à une élection bonapartiste, qui se permettent de faire des promesses électorales inconsidérées, les font d’autant plus tranquillement, qu’ils font tout pour ne pas être élus.

      Alors je dirai que la vérité existe, c’est le mensonge qu’on invente.
      Le mensonge, on a du mal à le mémoriser, la vérité, une fois qu’elle est dans notre tête, elle ne sort plus jamais.

  7. Bon! Il est temps qu’Hamon fasse le pas et rejoigne la campagne des insoumis. Plus il attend plus il va dégringoler dans les sondages,au point que sa candidature et son ralliement deviendront inutiles.

    1. à Alain Samoun
      Pas de raison en effet que BH persévère à vouloir tenir
      ses engagements de représentation de la primaire de la
      « belle alliance populaire » face à toutes celles et tous ceux
      qui,au PS,tournent le dos à leur engagement ,de leur
      côté.(et d’ailleurs,pas seulement au PS….).Or,à l’évidence,
      BH est plus proche de JLM que de quiconque.

    2. Rejoindre les insoumis, vous rigolez. Ces gens me révulse par leur sectarisme. Pensez vous réellement que si ceux-ci ne sont pas du tout disposés à voter pour quelqu’un d’autre que leur champion en revanche l’inverse soit possible ? Là vous rêvez carrément, si BH se ralliait à JLM, il n’apporterait pas forcément l’adhésion de ses soutiens actuels.

  8. M de Jonchay,
    Votre article aurait fini par me convaincre, mais à bien y penser, la constituante ne peut rien donner, en terme de moyens d’action sur le réel. N’est-ce pas une sorte de vœu pieux, cette espérance de créer un élan républicain ?
    Admettons qu’on organise, 6 mois après l’élection présidentielle -après déjà, donc, une certaine usure du pouvoir – des législatives dans le cadre d’une nouvelle constitution : il se trouvera toujours élue une majorité de députés défendant l’immobilisme, car dans une situation sociale aussi dégradée, une majorité d’électeurs redoutera toujours des changements altérant trop brutalement leur mode de vie. Et ce ne sont pas les lobbys qui seront à mettre en cause, car il n’influenceront en rien ce type de vote.

    Mieux vaudrait contourner cela, par un programme colbertiste remettant progressivement en question la totalité de l’activité dans notre pays, ou ce qu’il en reste, et faire financer tout cela doucement et progressivement par de la TVA(1), de sorte à ne heurter de front aucune corporation(2).

    Peut-être alors, aurait-on une chance d’agir sur le réel, au lieu de n’agir que sur des textes…

    (1) S’il y a une chose qui se porte bien, c’est la consommation, dont la part d’origine économie parallèle ou travail au noir reste à calculer. (10%, 20% ?). Impôt injuste ? peut être pas tant que ça, car le travail au noir n’est pas l’apanage des pauvres. Feu B Maris l’aimait bien, cet impôt, dans ses dernières années.

    (2) Souvenez-vous les portiques écotaxe : une réforme pleine de bonnes intentions, opposition résolue des « bonnets rouges », résultat : une facture pour l’Etat dépassant le milliard d’euros, 1/2000 eme de la richesse annuelle produite par le pays !

  9. M.Pierre Sarton du Jonchay,

    Je profite de l’ouverture de cette fenêtre d’expression pour vous saluer, monsieur, tant vos textes sont pour moi, à chaque fois, d’un grand enrichissement. J’ai apprécié aussi votre dernier texte et pour ma part, sa conclusion, m’apparait, oui, dans le contexte présent, tout à fait souhaitable. Merci.

  10. Question: Peut-on vraiment demander au candidat du PS Benoit Hamon, de se désister, pour un candidat, pour un mouvement politique comme « la France insoumise », ouvertement vent debout contre la gauche ?

    Le début d’un excellent article du camarade Laurent Ripart sur le site du NPA:

    « …Campagne Mélenchon : un projet de réorientation populiste de la gauche française ?

    Notre presse: Revue L’Anticapitaliste n°84 (février 2017)
    Samedi 11 février 2017, mise à jour Jeudi 16 février 2017, 22:34

    Abandon des notions de classe et de toute référence au socialisme, éloge du « peuple » opposé à l’« oligarchie », nationalisme cocardier exacerbé… En dépit d’aspects apparemment radicaux, la campagne de la « France insoumise » marque une rupture avec les meilleures traditions du mouvement ouvrier et de la gauche.

    L’orientation de la campagne 2017 de Jean-Luc Mélenchon est bien différente de celle qu’il avait menée en 2012. Du point de vue de la forme, elle ne s’est pas construite selon un processus de rassemblement politique, comme cela avait été le cas en 2012 dans le cadre du Front de gauche, mais par une démarche très personnalisée d’appel au peuple qui, tout en revendiquant « la fin de la monarchie présidentielle », s’est pleinement inscrite dans la logique gaullienne de la Ve République.
    Cette forme renouvelée s’accompagne de profondes transformations de fond, dans la mesure où Mélenchon s’attache à répondre à la désorientation du « peuple de gauche » en lui proposant d’emprunter la voie du populisme. De ce point de vue, sa campagne 2017 ne constitue pas un simple aggiornamento des orientations du mouvement ouvrier, mais semble bel et bien relever d’un projet de rupture majeure avec l’histoire de la gauche française.

    L’adieu à la gauche ?
    Le caractère le plus visible de la réorientation impulsée par Mélenchon ressort des efforts qu’il a déployés pour prendre ses distances avec les traditions du mouvement ouvrier. Le choix des couleurs de la campagne en a donné le ton, puisque Mélenchon a opté pour le bleu et l’orange, établissant ainsi une forte rupture symbolique avec le rouge traditionnel des organisations ouvrières. Tout aussi révélatrice est l’adoption comme logo de sa campagne du phi, autrement dit d’une lettre de l’alphabet grec qui constitue un marqueur social d’autant plus éloigné de la faucille et du marteau que Mélenchon propose d’y voir « un symbole d’harmonie »1.
    La scénographie recherchée des meetings de la campagne 2017 est tout aussi emblématique. Mélenchon en a fait disparaître les drapeaux rouges des syndicats et des partis du Front de gauche, qui avaient été déployés en grand nombre dans les meetings de 2012. Il a aussi relégué au magasin des antiquités la traditionnelle tribune et son pupitre pour les remplacer par un décor de salon de café, dans lequel il déambule en ayant abandonné sa cravate rouge pour un col mao et son ton tribunicien pour celui de la conversation de comptoir. Plus symbolique encore a été la disparition de l’Internationale, puisque les meetings de Mélenchon ne se terminent désormais plus que par le seul chant de la Marseillaise.
    Cette mise au placard des vieux symboles de la gauche française se traduit sur le fond par une rupture avec les concepts du mouvement ouvrier. Le programme 2017 ne comporte ainsi aucune occurrence de termes d’origine marxiste comme « exploitation », « aliénation », « profit », « capital », « capitalisme » ou « socialisme ». La chasse au vieux vocabulaire du mouvement ouvrier a même été fatale à « l’écosocialisme », puisque Mélenchon a totalement abandonné ce terme, qu’il s’était pourtant approprié avec tambours et trompettes entre 2012 et 2014, afin de ne plus avoir à prononcer ce mot de « socialisme » dont il ne veut plus entendre parler.
    Ces transformations trouvent bien sûr leur expression la plus forte dans le refus de Mélenchon de se revendiquer de la gauche, ce qui constitue une rupture particulièrement importante pour un dirigeant politique qui avait fait le choix en 2008 d’intituler son organisation « Parti de gauche ». A la différence de 2012, Mélenchon a annoncé, dès son entrée en campagne, qu’il s’attacherait à « proposer une autre ligne de clivage que la gauche ou la droite »2. La lecture des 127 pages de son programme 2017 le confirme, puisqu’il ne comporte aucune occurrence du terme de « gauche », que le candidat de la « France insoumise » a visiblement décidé de reléguer au rayon des objets périmés.

    ETC. ETC. … »

    Alors arrêtons de nous masquer la réalité de la situation. Mélenchon est un imposteur, et l’ensemble des directions ouvrières ont bien tord à le laisser agir à sa guise, en faisant passer « La France insoumise » pour une force de gauche qu’elle n’est pas.

    Une véritable politique de front unique ouvrier, c’est d’adresser une exigence d’unité électorale aux directions ouvrières des partis réformistes de gauche.

    Pas à un mouvement populiste et national comme la France insoumise.

    Cet excellent article du camarade du NPA, il faut le diffuser à l’échelle du pays à des millions d’exemplaires, afin d’informer convenablement les électeurs de gauche.

    Le front unique ouvrier doit se constituer, non pas avec Mélenchon, mais contre lui.

    1. Eninel, cette distinction de la FI et de la « gauche », quelle valeur a-t-elle, selon vous, aux yeux d’un futur électeur de Fillon, de Macron, et de le Pen ?

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