Avenir du Blog de Paul Jorion, avenir des intellectuels, avenir de la démocratie ? par Cédric Chevalier

Billet invité.

Le blog Jorion est-il anémié ?

En tant que lecteur régulier et contributeur occasionnel, j’ai cru pouvoir observer trois tendances qui émanaient du blog de Paul Jorion ces derniers mois :

– une difficulté apparemment grandissante à réunir les 1500 euros mensuels de dons, nécessaires pour soutenir la production intellectuelle de François Leclerc et les coûts opérationnels du blog public ;

– une baisse apparente de régime de la production sur le blog public, notamment de la production de contributions externes et de débats ouverts aux commentaires des internautes ;

– une quasi absence d’activités sur le forum privé des Amis du Blog de Paul Jorion.

De façon contrastée, il m’a semblé cependant que Paul Jorion publiait en parallèle et coup sur coup plusieurs essais, et participait à de nombreuses conférences et interviews.

Un tableau mitigé de la situation du blog pourrait donc être brossé. Il ne serait pas surprenant  en principe que la baisse des activités « Internet » soit le contrecoup d’une intense activité d’écriture et de prise de parole dans le chef de Monsieur Jorion. Mais cela suffit-il à expliquer cette baisse de régime de la production intellectuelle en ligne autour de lui ?

Quel est le problème ?

Comment distinguer, parmi les ingrédients de la recette qui a fait le succès du « système Jorion » (Paul Jorion lui-même, son audience, ses co-auteurs et ses contributeurs associés, le blog public, le forum privé ABPJ, les commentaires en ligne, les essais, les conférences, les interviews, les tribunes, les auditions, etc.), ceux qui seraient aujourd’hui manquants à l’appel ? Y a-t-il un effet « Jorion », un effet « audience », un effet « technologie médiatique » (blog, presse écrite, etc.), voire un effet « sociétal », qui expliquerait une certaine désaffection pour le blog ?

Cette désaffection est-elle un événement localisé ou généralisé ? On peut émettre plusieurs hypothèses non-mutuellement exclusives :

  • Hypothèse 1 : les thématiques abordées par Paul Jorion et ses contributeurs sont « has been » (pour certains). Son audience l’a (partiellement) abandonné pour aller chercher ailleurs de la nourriture intellectuelle sur d’autres thématiques qui l’intéressent davantage.
    • Y a-t-il un effet « présidentielles Macron » sur le désamour pour la gauche/Jorion/les blogs de gauche ?
    • Les citoyens se sont-ils résignés à ne plus s’intéresser à la crise financière de 2008, ni à la crise économique et politique qui a suivi depuis 10 ans ?
    • L’accumulation de mauvaises nouvelles quant aux crises systémiques (Soliton) a-t-elle conduit à une résignation d’ampleur sociétale chez les citoyens ?
  • Hypothèse 2 : Paul Jorion est « has been » (pour certains). Son audience l’a (partiellement) abandonné pour aller chercher chez d’autres sa nourriture intellectuelle.
    • Est-ce le passage de la septantaine ? L’usure de toujours mettre sur la table les problèmes de notre époque ? La barbe grise ? Ecouter Paul Jorion à l’heure de la téléréalité et de ONPC, « hallo quoi !? hallo ! »
  • Hypothèse 3 : les blogs sont « has been » (pour certains). Jorion n’y peut rien, les audiences désertent (partiellement) les blogs pour d’autres médias.
    • Hypothèse 2.1 : les audiences se tournent vers Facebook, Twitter, et d’autres médias dits « douteux » pour s’informer.
      • « Marre des institutions médiatiques qui prétendent dire « la » vérité. Tous pourris et manipulés. On préfère s’informer auprès de ses amis et sur des sites alternatifs et rebelles. » Fake news et post-vérité ?
      • Hypothèse 2.2 : les audiences reviennent vers les médias traditionnels : presse écrite, radio et télévision.
        • Après une période faste où bloguer était à la mode, aujourd’hui, c’est fini. Trop lent, trop de texte pour le cerveau moderne. Twitter et ses 140 caractères conviendraient mieux à l’instantanéité exigée.
      • Hypothèse 4 : les médias écrits sont « has been » (pour certains). Les audiences se tournent vers des médias non écrits.
        • Plus que les blogs, c’est carrément l’idée de média écrit qui prend du plomb dans l’aile. Le poids des mots, terminé. Ne resterait que le choc des images et du son.
      • Hypothèse 5 : la réflexion intellectuelle et politique est « has been » (pour certains). Quel que soit l’intellectuel ou le medium, les audiences ne s’intéressent (presque) plus à cette réflexion.
        • Hypothèse 5.1 : les citoyens sont (re)devenus des consommateurs aliénés et sans réflexion politique
        • Hypothèse 5.2 : les citoyens sont toujours aussi critiques mais sont (re)devenus résignés par rapport à la réflexion et l’action politique.
      • Hypothèse 6 : les hypothèses 1, 3, 4 et 5 sont spécifiques à la sphère francophone mais pas à la sphère anglophone.
        • Faut-il analyser différemment la situation au Royaume-Uni lors du Brexit, où le « fact checking » semble avoir échoué, la situation des Etats-Unis, où on peut être élu président en mentant et en étant vilipendé par quasiment toute la presse, et la situation francophone européenne, où l’on se débat avec une tradition ancienne de l’intellectuel public ?
      • Cette désaffection est-elle un creux provisoire qui va se résorber (Hypothèse 7), un retour à la normale après une période faste (Hypothèse 8), ou une tendance de dégradation à long terme (Hypothèse 9) ?
        • Si cette baisse de l’intérêt citoyen pour la réflexion intellectuelle était avéré, quelles en seraient les conséquences pour la démocratie et comment devrions-nous réagir ?
        • Corrolaire de l’hypothèse 9 généralisée : Notre société évolue-t-elle vers un populisme anti-intellectuel comme dans l’Europe fasciste des années 30 ?
      • Etc.

Ces nombreuses questions me viennent à l’esprit, qui je pense peuvent intéresser ceux qui tiennent à ce blog et surtout, aux missions qu’il remplit. Comme souvent, une problématique spécifique (ici la situation et l’avenir du blog de Paul Jorion et du forum des ABPJ), permet d’ouvrir la réflexion sur une perspective plus générale : l’avenir de tous les blogs et partant, l’avenir de l’interface intellectuelle entre les citoyens et les décideurs, qui est un des dispositifs qui permettent à une population de choisir son avenir au sein d’une démocratie (cf. argumentaire plus bas).

Je ne prétendrai pas avoir inventorié correctement toutes ces questions ni vous proposer des réponses exhaustives mais il me semble important que ceux qui se soucient de la chose publique ne cessent jamais de se les poser, ensemble. Permettez-moi d’apporter ma contribution au débat, en l’esquissant en quelques traits. J’aborderai d’abord les caractéristiques du « système Jorion » pour les relier à la problématique générale de « l’interface intellectuelle entre citoyens et décision politique », qu’on appelle couramment « 4e pouvoir », pour terminer avec quelques questions à débattre.

Quelques sont caractéristiques du « système Jorion » ?

Le blog de Paul Jorion est un OVNI au sein de la noosphère (la sphère des idées). Il est le fruit des amours interdites entre un chercheur-praticien anthropologue-sociologue hors des sentiers battus et de simples citoyens à la recherche ou à l’initiative d’une pensée alternative. Certains de ces citoyens acceptent d’apporter une contribution financière ou argumentaire à ce blog, en échange de l’accès à une production intellectuelle régulière et de qualité, sur nombre d’enjeux sociétaux de notre époque. Au meilleur de sa forme, le « blog Jorion » a drainé hebdomadairement des dizaines de milliers de lectures d’internautes, de contributions externes et de commentaires d’internautes et d’amis du blog, sur les fils de discussions du blog public et du forum privé. D’abord focalisé sur les thèmes de la crise financière, le blog a progressivement élargi son spectre d’analyse pour couvrir la politique européenne, française et belge et la crise de civilisation – le fameux Soliton de Paul Jorion qui recouvre notamment la crise économique, la crise environnementale, la crise sociale, la crise du nucléaire civil, la question du remplacement de l’emploi humain par les automates, la crise de la pensée économique et, en parallèle, les courants de pensée qui pourraient nous aider à dépasser cette conjonction de crises. Accessoirement, Paul Jorion a régulièrement agrémenté le blog de billets éclectiques sur l’art, la pensée et la philosophie. De l’avis de nombreux commentateurs, simple citoyens, professionnels, décideurs et experts, les contributions et les échanges sur le blog sont parfois passionnés mais souvent de haute tenue intellectuelle. La plus-value du blog réside dans l’apport d’informations et d’analyses inédites dans le champ médiatique, l’indépendance, la pertinence, la pédagogie, l’éthique et la transversalité disciplinaire, que la presse généraliste et les revues spécialisées échouent souvent à réunir systématiquement.

La forum privé des Amis du blog de Paul Jorion (les ABPJ) est un autre OVNI de la noosphère, qui complète bien le « système Jorion ». Au départ seul le blog public existait. Paul Jorion fonctionnait à partir de billets ouverts systématiquement à tous les commentaires et à partir des nombreux mails qu’il recevait des lecteurs, Ensuite, pour maîtriser cette masse d’information et quelques débordements qui nuisaient à la performance du blog, tout en conservant sa convivialité et son caractère participatif, Paul Jorion s’est vu forcé d’une part de limiter l’accès aux commentaires à certains  billets et certaines périodes, et d’autre part de créer une enceinte privée où les contributeurs les plus disponibles pourraient former ensemble ce que les ABPJ ont appelé le « cerveau collectif ». Loin d’être un salon VIP où l’on se gausse de se vautrer auprès du « maître », le forum des ABPJ est constitué de plusieurs dizaines « d’intellectuels amateurs », qui y relaient les informations glanées dans leurs champs respectifs, les décortiquent et concoctent en peu de temps des analyses personnelles qui sont souvent traduites en contributions externes venant nourrir le blog public. Un esprit critique collectif passe à la moulinette chaque proposition, y compris celles de Paul Jorion, primus inter pares (premier mais parmi ses égaux). Paul Jorion n’étant pas membre d’un corps académique ni entourés d’assistants et de doctorants, j’ai la conviction que les ABPJ jouent pour lui un rôle de caisse de résonnance indispensable à la qualité de son travail et … à sa santé mentale (le monde intellectuel pouvant être très dur et les retours de réalité parfois long à venir).

Cette conception inédite du « système Jorion », faite de la publication d’essais, de la présentation de conférences à tous niveaux, d’interviews dans les médias d’un chercheur-praticien-intellectuel indépendant, d’un blog public et d’un forum privé où contribuent de simples citoyens, et … de dîners spaghetti dans des cafés très démocratiques, tranche fortement avec le traditionnel monologue ex-cathedra de l’intellectuel public classique, qu’on peut apercevoir de loin quand il sort de sa tour d’ivoire. On peut je crois l’affirmer : en créant son blog et son forum, et en concevant une importante ouverture à la participation de tous via ses « billets invités », Paul Jorion a créé un concept qui fait oeuvre de « salubrité publique » dans le débat démocratique francophone. Le blog est devenu une sorte d’université ouverte, au service du renforcement de la réflexivité, de l’autonomie et de la responsabilité politique des citoyens-lecteurs-décideurs. Bien sûr, certains académiques estiment sans doute que Paul Jorion est une imposture, que le fait de populariser la réflexion intellectuelle avec parfois un style outrecuidant est un compromis néfaste, que donner la parole au plombier et au facteur sur la crise financière confine au populisme. Trouver la bonne approche est un défi constant. Je crois que, malgré quelques errements ponctuels, la recette a prouvé sa valeur. Le « système Jorion », qu’on soit d’accord ou pas avec les idées qu’il produit, est une « interface intellectuelle » qui a permis de diffuser effectivement des questionnements essentiels avec l’ambition de changer le cours de la société.

Quel serait le rôle des intellectuels dans le fonctionnement démocratique ?

Je voudrais maintenant élargir la réflexion sur le blog à la réflexion cette « interface intellectuelle entre les citoyens et les décideurs ».

D’autres plus éminents que moi ont théorisé l’importance de cette interface intellectuelle, en affirmant schématiquement que : les idées dominent l’existence et le monde ; les idées adéquates permettent une existence et un monde adéquats ; l’apprentissage, la diffusion et la création des idées adéquates rend les hommes libres et plus heureux ; le devoir et le métier des intellectuels est d’optimiser en toute époque la diffusion des idées adéquates. Le devoir et le métier des citoyens (ceux qui n’ont pas l’envie, la capacité ou l’opportunité d’initier eux-mêmes une contribution intellectuelle inédite) est de consacrer le temps nécessaire à s’imprégner des idées qu’ils jugent les plus adéquates pour diriger la Cité, c’est-à-dire pour exercer leurs droits et devoirs politiques de citoyens. Une société où tous les citoyens seraient omniscients (tout savoir) et omnipotents (tout pouvoir) est impossible. Chacun se consacre à ses activités, avec sa volonté, sa capacité et ses opportunités. Il est impossible que chaque citoyen soit expert en tous les sujets, assiste à tous les débats publics ou lise seulement tous leurs comptes-rendus. Pour se forger une opinion et exercer ses droits politiques en connaissance de cause, il est indispensable de passer par une interface intellectuelle entre le monde politique et le monde citoyen. Cette interface remplit une fonction essentielle de nos démocraties, au point qu’on l’a appelée « 4ème pouvoir », aux côtés des 3 pouvoirs classiques du Législatif, de l’Exécutif et du Judiciaire. Je proposerai ici une conception large de ce « 4ème pouvoir » : il comprend la presse traditionnelle et les journalistes (presse écrite et audiovisuelle, en ligne, etc.), les intellectuels publics traditionnels bien sûr mais aussi, de plus en plus, une galaxie « d’intermédiaires médiatiques », de « prescripteurs d’opinion » : blogs, sites Internet, syndicats, think tanks, associations de citoyens, chercheurs, intellectuels amateurs, … et encore plus récemment : Facebook, Twitter, et autres où chacun peut devenir lui-même prescripteur d’opinion, à l’échelle de sa sphère d’influence. Qu’on apprécie ou non cet état de fait.

Dans ce paradigme (vision théorique du monde), il faut s’entendre sur le sens « d’intellectuel ». Intellectuel ne devrait pas être une insulte (les « intellos ») ni constituer à nos yeux la marque de la domination par une élite technocratique, inaccessible au « citoyen lambda », qui se réserverait le privilège d’influencer les décideurs dans des salons feutrés. Je voudrais défendre une acception plus noble et plus humaniste du terme « d’intellectuel », qui renverrait à plusieurs réalités complémentaires. Avant tout : à des valeurs, des attitudes et des comportements, qui constituent le cœur vivant de la démocratie. Dans l’absolu, on ne devrait pas être intellectuel par naissance, éducation, formation ou profession mais par adhésion à des valeurs, adoption d’attitudes et pratique de comportements, qui formeraient en quelque sorte un « ethos intellectuel », soit une manière de vivre en intellectuel. On est intellectuel parce qu’on chérit les valeurs de justice, de vérité, de liberté, d’autonomie, de réflexivité et de responsabilité, notamment. On est intellectuel parce qu’on considère a priori que l’exercice et la diffusion de la pensée sont non seulement des droits humains fondamentaux mais aussi ce qui définit notre commune humanité et parce qu’on sait qu’au niveau collectif, la pensée forge des outils au service de tous. On est intellectuel enfin, parce qu’on pense, écrit ou parle régulièrement au service de cette société dont nous sommes membres. Ainsi potentiellement chacun peut être « intellectuel ». Ainsi, est selon moi « citoyen-intellectuel » tout citoyen qui pense, écrit ou parle pour contribuer à l’existence de la Cité, c’est-à-dire pour contribuer au débat démocratique et au fonctionnement de la chose publique. Et cela recouvre bien des comportements courants comme : des parents qui initient leurs enfants au débat d’idées, des « camarades » qui tiennent une conversation de comptoir sur leurs élus, le vote aux élections ou la réflexion personnelle sur l’exercice éthique de sa profession d’enseignant.

Bien que tout citoyen puisse se faire intellectuel plus ou moins régulièrement, je crois qu’il faut malgré tout faire le deuil d’une démocratie totale à court terme : les citoyens ne sont malheureusement pas égaux en volonté, capacité et opportunité d’exercer le rôle d’intellectuel au sein de notre société. C’est pourquoi on peut distinguer parmi les citoyens-intellectuels de la population qu’émerge de façon systémique une « classe d’intellectuels », un groupe qui, par son éducation, sa formation et sa profession, a une vocation intellectuelle « a priori ». Je dis « a priori » car nous savons bien que certains boulangers sont de grands philosophes et d’habiles élus locaux quand certains chercheurs sont des incultes apolitiques, seulement préoccupés par la technicité de leurs tâches (et je ne parle pas seulement des économistes académiques…). Parmi les professions qui génèrent une vocation intellectuelle « a priori » on trouve notamment celles d’enseignant, de journaliste, de fonctionnaire, d’artiste, de politicien, de chercheur, les professions libérales, etc. Statistiquement, au sein de cette classe, la chance de trouver des « intellectuels en exercice » est à mon avis plus grande. Cette classe forme à mon sens l’ossature essentielle d’une démocratie. Ni détentrice du pouvoir, ni dénuée de la capacité de l’exercer, elle constitue, par son existence même, un contrepouvoir vivant contre toute tentative de dictature ou d’oligarchie. La preuve en est que les intellectuels sont parmi les premières victimes, avec les artistes, des dictatures et oligarchies en devenir. Enfin, parmi cette « classe d’intellectuels a priori », on peut encore distinguer un sous-groupe, celui des « intellectuels publics », dont l’existence toute entière est consacrée au métier de « penser la Cité », et qui connaisse, par chance, intérêt ou talent, une diffusion large de leurs idées auprès des citoyens et/ou des décideurs. Les membres de ce sous-groupe des intellectuels publics sont souvent des « maîtres à penser » pour la classe des intellectuels et partant, pour l’ensemble des citoyens-intellectuels. On les voit, on les lit ou on les entend régulièrement dans toutes sortes de médias. Leur influence est considérable. Leur responsabilité, à la mesure de leur influence.

Certains peuvent avoir l’espoir que nous pourrions tous devenir au moins des « citoyens-intellectuels ». Malheureusement, nous n’en sommes pas là aujourd’hui. Il faut bien avouer en toute honnêteté que certains citoyens (est-ce une majorité ou une minorité actuellement ?) ne pensent pas la Cité, ne lisent pas, ne débattent pas, ne participent pas à l’exercice démocratique et ne font pas usage de leurs droits politiques. Encore une fois, certains par manque de volonté et/ou de capacité et/ou d’opportunité. En outre, je dois bien avouer que si je souhaite à l’avenir une société de citoyens-intellectuels, c’est-à-dire de citoyens capables d’utiliser leur esprit pour contribuer au fonctionnement de la Cité, je ne crois pas à une société faite d’une unique « classe d’intellectuels ». Penser, parler, écrire requièrent une éducation et une formation pointue, et un temps d’exercice considérable. Or, tant que les robots et les logiciels ne s’en chargent pas, l’action pratique reste indispensable au fonctionnement de la société. Et depuis bien longtemps, les individus ont tendance à se spécialiser progressivement dans certaines fonctions, par nécessité : pratiques et/ou intellectuelles. On ne peut pas être Albert Camus, consacrer son existence, des nuits entières, à la pensée, à l’écriture et au discours, et être en même temps père de famille nombreuse au foyer, plombier, et travailler de ses mains 10h par jour. Devenir un intellectuel voire un intellectuel public requiert un apprentissage très long qui, dans une mesure significative, est incompatible avec certains modes de vie essentiellement « pratiques ». Un boulanger « citoyen-intellectuel », c’est tout à fait possible. Mais, par exemple au XIXe siècle, on ne peut pas simultanément élever 10 enfants comme femme au foyer et courir tous les foyers de pensée en Europe comme Victor Hugo. Si l’accès à la formation et l’Internet démultiplie aujourd’hui les opportunités de jouer un rôle d’intellectuel public pour de nombreux praticiens (je pense à certains ouvriers-philosophes comme Pierre Rhabi), il reste des contraintes rédhibitoires (je pense par exemple à la nécessité de forger l’esprit intellectuel durant quasiment deux décennies d’études dans les enseignements primaires, secondaires et supérieurs, ce qui empêche de facto la pratique d’une activité manuelle à plein temps).

Ainsi, par nécessité, il ne me paraît pas anti-démocratique que certains fassent profession d’intellectuel au sein d’une classe sociale particulière, voire d’intellectuel public, au sein de nos sociétés tandis que d’autres soient des praticiens pouvant aspirer à jouer le rôle de citoyens-intellectuels, davantage consommateurs et utilisateurs, que producteurs de la pensée sur la Cité. Il ne sera jamais acceptable à mon sens que demeurent au sein de la population de purs praticiens sans aucune volonté, capacité et opportunité intellectuelle et citoyenne minimale. Ne pas savoir lire dans nos sociétés modernes, par exemple, est un obstacle rédhibitoire à l’exercice de ses droits politiques. Cet état a-intellectuel me semble équivalent à l’aliénation pure et simple au niveau sociologique. Viser un objectif de 100% de citoyens-intellectuels, me semble demeurer un horizon souhaitable de la démocratie, vers lequel doivent tendre tous les intellectuels de classe et tous les intellectuels publics.

Nous l’avons vu lors des événements politiques récents, savoir manier la pensée, les idées et les diffuser est un grand pouvoir. Et ce grand pouvoir requiert de grandes responsabilités. Pour qu’une masse de citoyens a-intellectuels et de citoyens-intellectuels puissent se fier au travail de la classe des intellectuels et des intellectuels publics, un élément est fondamental : la confiance et l’éthique. La confiance que les citoyens peuvent avoir dans l’éthique des intellectuels producteurs et diffuseurs des idées. Voilà pourquoi l’éthique des intellectuels et des intellectuels publics en particulier est sans doute leur qualité la plus essentielle, au-delà de leur ingéniosité mentale.

Quel lien entre les blogs et la démocratie ?

Je ne ferai ici que réassembler les éléments de la démonstration qui précède : les blogs, parce qu’il relient à faible coût un grand nombre de citoyens avec un grand nombre d’intellectuels publics ou non, font partie de cette « interface intellectuelle » qui épanouit les démocraties en diffusant des idées adéquates, pour peu que leurs concepteurs soient de véritables intellectuels. La presse écrite et audiovisuelle garde toujours une importance à ce niveau mais n’apporte pas actuellement la plus-value de ces blogs. Il reste à démontrer que les nouveaux médias (Facebook, Twitter, sites alternatifs, etc.) peuvent remplir le même rôle, alors que l’actualité prouve le contraire à ce stade.

Quelques derniers questionnements ?

L’interface intellectuelle, le 4ème pouvoir, est à mon sens une fonction essentielle de nos démocraties. Depuis la campagne pour le Brexit, pour la primaire et pour la présidentielle menée par Donald Trump, et pour les primaires et la présidentielle française, cette interface intellectuelle a été secouée. Alors qu’elle avait connu une forme particulière ces 10 dernières années avec le blog, l’information médiatique tend aujourd’hui à passer par Facebook, Twitter et des médias alternatifs/rebelles dont certains sont notoirement indignes de confiance. Etant donné ces évolutions récentes, comment devons-nous maintenir la fonction d’interface intellectuelle ? Avec quels technologies médiatiques ? Avec quelles méthodes d’acquisition, de diffusion et de production des idées ? Faut-il vilipender Facebook et Twitter ou y batailler ? Comment renouveler aujourd’hui une fonction d’intellectuel, en utilisant les formes de communication qui fonctionnent, pour continuer à assurer cette interface indispensable, qui est, je crois, l’ossature des démocraties ? Et en particulier pour les lecteurs, amis et contributeurs du blog de Paul Jorion, comment relancer son activité ?

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212 réflexions au sujet de « Avenir du Blog de Paul Jorion, avenir des intellectuels, avenir de la démocratie ? par Cédric Chevalier »

  1. Le problème de cette baisse de l’intérêt sur le blog, c’est un peut tout ça. Mais selon moi, la vraie raison est celle que nous a révélée dernièrement François Leclerc : “C’est que la crise, de financière à économique, écologique et politique, est devenue tout simplement morale.” Autrement dit, cette ‘crise’ est en train de remettre aussi en question nos certitudes personnelles les plus enracinées, et pas celles seulement des financiers, des économistes, des écologistes, des politiques, etc. Donc, aussi curieux que cela puisse paraître, plus que qu’une simple inquiétude, c’est une peur qui monte en nous et que nous ne voyons pas encore qui expliquerait d’une certaine manière cette baisse d’attention : “Une civilisation – comme une crise ? – débute par le mythe et finit par le doute.”. Or le doute, tout comme l’échec, nous dévoile à nous-mêmes, il nous permet de nous voir comme nous sommes ou… comme nous étions, dans ce qu’il y a, ou avait de plus intime en nous et en tout.
    Cacherions-nous donc notre peur de disparaître, par une relative baisse de questions et commentaires sur le blog de Paul Jorion ?
    CIORAN : “Si l’on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur le champ.”

    1. C’est tout à fait ça.
      Plus peut-être l’impression que, malgré tous les efforts du blog, les messages ont peu ou pas d’influence visible.
      C’est du moins le ressenti que j’ai autour de moi.

    2. Bof, « l’influence des messages » est chose bien difficile à mesurer et si l’on ne communiquait que pour l’effectivité du message sur la marche du monde et le cours des idées on ferait mieux le plus souvent de la fermer et de regarder couler la Garonne.

      1. Là, vigneron, comme suite à certains de tes récents commentaires (j’ai reçu des plaintes), je n’y résiste pas par pure provocation : C’est dommage que la Garonne ne coule pas sous tes fenêtres ! Tu la regarderais plus souvent.

    3. Je ne suis pas de ceux qui peuvent se vanter d’avoir briller par ses études. J’ai trouvé ce blog par hasard, grâce à Pascal Riché de Libération, qui avait dialogué avec Paul Jorion sur une émission de France Culture en 2009 ou un peu après ou avant.
      A l’époque, je jouais les Cassandre depuis 2001, persuadé que les Us allait rentrer en récession. J’avais suivi la bulle des start up de la fin des années 90, et avais crié haut et fort à l’imposture de la flambée immobilière qui a suivi.
      Je me suis senti seul pendant longtemps. Jusqu’à ce que cet homme se présente, a pignon sur rue, et déclare avoir vécu quelque chose de similaire.
      Donc, je l’ai vu comme quelqu’un capable de nous sortir de là. Je voulais en être.
      Oser publier sur le blog, être surpris que ce Monsieur me lise et me réponde…
      Puis le plaisir prend le pas sur l’enjeu. En être. Lire les les autres, plaisir d’échanger. De dire des bons mots. De se regarder être intelligent.
      Au final, le blog est devenu pour moi quelque chose de compulsif, sans vraiment ambitionner autre chose que de dialoguer pour passer du bon temps, lire des choses « pertinentes » simplement parce qu’elles le sont. Prendre la température de l’état du monde avec François Leclerc comme un autre regarderair un match de foot.
      Une sorte de perversion en somme.
      Et ceux qui n’ont pas goût à ce genre de plaisir passe leur chemin.
      Moral le problème: mais il ne recouvrerait pas seulement la finance et la politique: notre mode de pensée me paraît pure perversion.

  2. Autrement dit on a le choix entre deux grandes hypothèses, soit le lecteur ne s’intéresse plus aux idées « de gauche » (telles que représentées par Jorion), soit le lecteur nouveau est un crétin fini.

    Je vous en propose une autre:
    Il ne vous viendrait pas à l’idée que cette désaffection est simplement un contre-coup de la dernière présidentielle ? A l’occasion de laquelle le lecteur de gauche (qui existe toujours ne vous déplaise, pas l’électeur de Hamon certes) a découvert qu’il ne peut pas être représenté ici et n’a donc rien à y faire ?
    Jorion pris dans le flux du dégagisme, quoi.
    Eh oui.

    1. + 1 – La gauche, ou plutôt « la gooche » allant de Atalli, puis Piketty et Hamon, etc… bonjour les dégâts. Se répandre contre « l’économie classique = escroquerie » et soutenir ses adeptes, chapeau!
      Mais surtout pas Mélenchon, certes sans doute imparfait comme chacun, résultat = Macron clone presque parfait de la dite économie classique qui a prouvée toute sa nuisance depuis longtemps, m’enfin!
      Ce qui ne sous entend pas que c’est « LE » fautif, ils/elles sont légion dans la médiacratie, et ça continue de plus belle … tout va bien

      1. « Jorion, sale petit médiacrate à la gamelle !
        Petit pion bloguesque dans la vaste entreprise hamono-macrono-néolibérale de sabotage de l’Espoir Mélenchien… »

        Hhhhhh…

      2. Le problème c’est pas Macron (on y aurait eu droit de toute façon), c’est Lepen au deuxième tour, assortit de la critique ultra-virulente des abstentionnistes FI traités d’irresponsables voire fachos sans le moindre mea culpa de la part de ceux là même qui ont participé à son accession à la finale… la désaffection ne s’est pas limité à ce Blog regardez l’abstention au législatives… Je trouve l’effet sur le blog plutôt limité en comparaison.

      3. Je me souviens de la charge de C. MAS juste avant les élections contre la FI. Ce que certains intello ne captent pas c’est que beaucoup ont des rêves de voir changer le Monde de leur vivant et dans leur vie. Ces hommes et ses femmes nourrissent des espoirs qui trouvent parfois à s’incarner dans un mouvement ou un homme. Ce qui a été fait ici volontairement par des intellos a été pris comme un crachat en pleine face par beaucoup, j’en suis persuadé. Et on ne met pas son obole quand on se fait cracher à la gueule. Pour moi, en ce qui concerne le blog, cela me semble être la raison principale et suffisante. Le reste, comme à son habitude, C Mas se répand. Mais je peux me tromper, si c’est le cas je n’ai pas tort.

    2. Les idées débattues sur le blog de Jorion ainsi que les analyses auxquelles elles donnent lieu transcendent allègrement l’esprit partisan, fût-il de gauche. Vous n’avez pas assez des politiques pour vous représenter ? Jorion et ses amis ouvrent des voies, des perspective, ils n’ont aucunement vocation à vous représenter, le papier de Cédric Chevalier est plutôt clair à ce propos.

      1. + 1 !

        Il est bien évident que la majorité des contributeurs et commentateurs sur le site sont de gauche. Mais pourquoi le seraient-ils tous, et d’ailleurs pourquoi tous de la même manière ?

        Bon nombre des problèmes du temps, de la crise écologique à celle des limites sur les ressources ou la question des destins de l’I.A. ne sont ni de gauche ni de droite. Et un certain nombre d’autres sont regardés certes différemment, mais tout autant, par certaines personnes classées à droite comme classées à gauche, je pense à la question du néolibéralisme comme à celle des migrations ou encore de l’extension de la pauvreté ou du mouvement djihadiste.

        Ce blog est bien loin d’être un outil partisan. Paul Jorion et les autres auteurs ne cachent pas leurs opinions politiques – et pourquoi le feraient-ils ? – mais nul n’est besoin d’être d’accord avec toutes leurs opinions pour trouver profit à ce qu’ils écrivent.

      2. @Dup dit :
        3 août 2017 à 18 h 41 min
        « Le problème c’est pas Macron (on y aurait eu droit de toute façon), c’est Lepen au deuxième tour, assortit de la critique ultra-virulente des abstentionnistes FI traités d’irresponsables voire fachos sans le moindre mea culpa de la part de ceux là même qui ont participé à son accession à la finale… la désaffection ne s’est pas limité à ce Blog regardez l’abstention au législatives… Je trouve l’effet sur le blog plutôt limité en comparaison. »

        et @CloClo dit :
        3 août 2017 à 22 h 45 min
        « …. Et on ne met pas son obole quand on se fait cracher à la gueule. »

        C’est à peu près mon idée aussi. Ce que Jorion à écouter son auto-célébration du vendredi n’a visiblement toujours pas compris.

        C’est pas grave, je suis sûr que comme moi vous préférez de toute façon lire le Monde Diplo et le blog de F. Lordon.

        Et quand par ailleurs je lis que Jorion se voit volontiers comme un précurseur voire un initiateur de Nuits Debout, je n’en crois pas mes yeux de la bouffonnerie de ce type.

      3. Pour Z !

        J’émmettais une opinion analytique (non je déconne, je suis plus con qu’un boulon de 6) parce que moi j’aime bien me faire cracher dessus en fait, c’est mon truc ! Ca me stimule et je trouve cela très formateur, je ronge mon frein, je m’énerve, je boue, j’insulte, je déteste, et puis ensuite parfois je comprends, et là c’est l’extase. Bon en fait je dois être drogué ou malade mentale, c’est pas impossible ça maintenant que j’y pense.
        En revanche, je comprends que cela ne soit pas du goût de tout le monde… Dommage, une thérapie pour pas cher c’est pas courant !

    3. Ou lycée d’Versailles.
      Les fonctionnaires en meute de la secte des Disciplinés-Insoumis Mélenchiens, ici comme ailleurs, ont phagocyté la bande passante, brouillé les débats, tordu les questionnements, trollé à tour de bras, pompé l’air et encombré l’espace de discussion, plombé l’ambiance à coup d’excommunications ex populo-cathedra, ravalé la disputatio démocratique au niveau du pugilat intertribal.
      Quand les Ecorcheurs et soudards mènent le bal les balochards changent de rade.

      1. Tu vas faire comment maintenant pour justifier les échecs patents de ton mentor? Ce sera encore la faute de mélenchon qui avec ses 15 comparses paralysent votre armée de députés fantômes? Les grêves à la rentrée ce sera mélenchon, l’accident nucléaire qui nous pend au nez, encore mélenchon, les morts de froid dans la rue c’est hiver, mélenchon salaud etc, etc, etc… blabla-Venezuela-blabla-castro-blablabla-staline-blabla-beurk

    4. Perso, j’ai abandonné le blog durant 6 mois quand on n’arrêtait pas d’y parler de ces débiles élections dont on devrait quand même savoir qu’elles ne pouvaient mener qu’au pire. Même PJ s’est fendu de textes là-dessus. Quelle perte de temps et d’énergie pour quelqu’un qui a d’autres compétences que la politique du café du comptoir que l’on a vécue ici comme en bien d’autres médias/interfaces.
      Plutôt que de gloser sur le pouvoir qui restera quand même hors d’atteinte, regardons ceux qui expérimentent et qui créent à côté de ce pouvoir auquel ils échappent, en partie…

      1. « regardons ceux qui expérimentent et qui créent à côté de ce pouvoir auquel ils échappent, en partie… »

        À quelle vitesse, à quelle échelle ?

  3. Le blog va mal?
    Une seule explication:
    «  » »La crise est finillle ! !!!!(x2)
    Nous vivons dans l’âge d’or !
    La crise est finillle ! (x2)
    Aaaah ! Crions-le bien fort !
    On voit les jeunes et les vieux
    Jusqu’aux bébés chanter joyeux
    Tra lala lala
    Et répéter en chœur
    La crise est finillle ! !!!(x2)
    Nous nageons dans l’ bonheur  »
    Voilà , rien à rajouter.
    Albert Préjean le visionnaire 1934:https://youtu.be/pAEYUKaGasg
    Allez tout ensemble:
    « La crise est finille, la crise est finille, lalalala…. »

    1. La preuve….
      Neymar transféré à PSG pour plusieurs centaines de millions d’euros…
      Tout va bien madame la marquise.

  4. La seule idée intéressante ayant émergé de la campagne, puis aussitôt remisée dans les poubelles du socialisme, est ici fustigée comme un encouragement aux inclinations irresponsables d’une plèbe juste bonne, dès qu’on lui avance trois sous, à se jeter sur « des gadgets ». Que ne consulte t elle plus les blogs progressistes pour s’y procurer l’hostie de la bonne parole responsable… Si ça c’est penser à gauche…

      1. pas du tout, réécoutez vous, c’est ce que vous disiez sur France Inter (ou une autre radio) il y a peu à propos du revenu universel auquel vous opposiez un modèle de la gratuité des services publics, comme si l’un devait être exclusif de l’autre

      2. Vous n’avez pas dû noter que je me méfie simplement beaucoup plus que vous du capitalisme et des banquiers, je suis convaincu qu’il faut protéger toute redistribution plus équitable de la richesse contre leur prédation.

      3. oui, c’est ça, on revient au point de départ, il s’agit pour vous de protéger d’eux mêmes ceux qui sont sans revenus, ou qui choisiraient d’opter, à travers ce revenu, pour une existence déconnectée du salaire pauvre. Cessez de les prendre pour des ahuris incapables d’affecter, par exemple 1000 euros mensuels, aux besoins de leur subsistance. D’autre part je crois qu’en matière de prédation capitaliste ils n’ont guère de leçon de maturité à recevoir, ils savent depuis longtemps à quoi s’en tenir. Comme disait l’autre, pas besoin de lire Le capital pour le comprendre lorsqu’on est employé sur une chaîne.

      4. Et si quand on augmente leur revenu universel de base de 100 €, tous les loyers augmentent de 100 € le lendemain matin ? Ahuris ou pas, politisés ou pas, sûrs de leur bon droit ou pas, solidaires de la classe ouvrière au plan national et international ou pas, ne seront-ils pas entubés tous de la même manière ?

      5. comme si l’un devait être exclusif de l’autre.

        Ah ça, désolé mais faut choisir entre le beurre gratuit et l’argent du beurre gratuit, ça au moins on en est sûr.

      6. Comment protéger un détenteur du pactole RSA étendu contre les pièges de la prédation capitaliste ?
        Pour répondre à cette question, il faut d’abord admettre que le type bénéficiaire a été jusque là pauvre, soumis aux achats obligatoires essentiellement alimentaires et quelques gâteries pas chères lui faisant oublier -si peu- sa condition.
        Tout à coup, boom le pactole! il va bien sûr perdre la tête, et faire enfler pas ses achats immodérés notre déficit, comme en 1982, après les largesses socialistes.
        On comprend qu’il faut y mettre un hola!

        Donc, comment protéger un détenteur du pactole RSA étendu contre les pièges de la prédation capitaliste, si on a un sentiment juste de responsabilité.

        Simple: faire campagne contre.
        Tout comme la taxe Tobin, contrée elle-aussi.

        La religion n’est pas morte, qui promettait le bonheur pour après, tout au bout d’une vie à souffrir. Elle s’est simplement déplacée à l’économie politique avancée. Elle promet: « vous crevez la dalle maintenant et longtemps après, mais, promis, quand le capitalisme sera vaincu vous jouirez d’une gratuité étendue. » En attendant, crevez la dalle, comme avant. Rien de neuf sous le soleil.

      7. Vous avez commencé pas ne pas vous rappeler de ce que vous avez dit publiquement pour ensuite admettre que vous l’avez dit, pour maintenant finir par caricaturer un débat important en l’enlisant dans des simplifications polémiques. Puisque nous en sommes là, je me permettrais de corriger le strabisme du dénommé Vigneron qui, louchant un peu, parle de choisir entre le beurre gratuit et l’argent du beurre gratuit. Pourquoi choisir? Prenons les deux. D’ailleurs ce Vigneron, qui à n’en pas douter s’y connait en beurre, est, j’en suis sûr, la crémière.

      8. Ola, Didi, ne dites pas de mal de vigneron siouplé !
        Du beurre il en a pour faire la cuisine, sans plus.
        Pour le reste, je dirais que vous mettre en colère ne vous réussi pas question orthographe. Cela vous fait faire des fautes pires que celles que je ne manque jamais de laisser dans mes textes.

  5. YouTube se porte bien, le « donner à voir » a plus de succès que le « donner à penser. »

      1. « Prenons les deux. D’ailleurs ce Vigneron, qui à n’en pas douter s’y connait en beurre, est, j’en suis sûr, la crémière. »

        Vraiment ? Plait-il ? Ce n’est pas ce que m’avait dit Juannessy….

    1. Pas la peine de subir un choc anaphylactique, j’étais pressée. Mon intention visait à cibler un possible problème de rajeunissement du lectorat du blog. Les jeunes pratiquent le Net d’une autre façon que les anciens utilisateurs.

  6. Je vais prendre le temps de réfléchir , mais , à chaud me reviennent des souvenirs de Pierre Calame , de « démocratie dialogique » , de  » la démocratie aboutie , c’est quand tous les citoyens sont des aristocrates « ….

    Si les commentaires parviennent à répondre au questionnement issu de cette fresque digne de Victor Hugo , il aura donné à l’humanité une lumière au moins aussi vive que les deux ou trois fulgurances solitonnesques ou conditions d’un socialisme authentique , qu’il a pu fournir à ce jour .

    Pour les attentes vis à vis du blog , j’avais déjà eu l’occasion de « borner » les miennes : rencontrer de l’inouï . Et je l’ai rencontré .

    Bien sur , un blog participe de la démocratie en ce qu’il est un accès au savoir ( sous contrainte de l’éthique , vous avez raison ) , et en ce qu’il autorise l’expression libre ( sous contrainte de l’éthique ou de Julien Alexandre ) de chacun . Mais , pas plus que les medias de tous poils authentiques ou synthétiques , il n’est « la démocratie » dans toute sa nature .Sur l’accès au savoir , à l’esprit critique et aux enjeux de la Cité , on ne soulignera jamais assez l’importance de la qualité , de l’universalité et de la gratuité de l’éducation .Le pire sera que l’accès au savoir ne soit plus que sous contraintes financières .

    Au delà de l’éthique et de la qualité de la transmission de l’information , la démocratie ne progressera , de ce que j’imagine , que par une clarification du rôle des normes , de la fiscalité ,de l’institution parlementaire , l’efficacité du contrôle du marché , le renforcement des pouvoirs des syndicats et des associations . La « plus value » du blog est d’ indiquer à cette dynamique souhaitable les limites du cadre à faire sauter .

    Un blog ne sert pas à prendre le pouvoir .
    Un blog ne sert pas à se congratuler , mais comme il est un lien , il participe de la philia .
    Un blog ne « sert » pas celles et ceux qui le servent .

    1. J’ai dit « inouï » , j’aurais pu dire  » dissident » , et conforter ainsi le billet du jour .

      Dans la même veine Cinthia Fleury sur les mystères du courage , avec James Dunne lanceur d’alerte dans le dossier Cosmos -Amesys -Bachar , ce jour sur France Inter entre 13 et 14 heures .

      En attendant lundi matin .

  7. Il serait intéressant de pouvoir appuyer par des données concrètes l’impression rapportée par Cédric Chevalier comme quoi le blog serait en relative perte de vitesse. Je pense que les personnes qui s’occupent du soubassement technique du site ont sans doute les moyens d’obtenir de telles données chiffrées, telles que : nombre de connexions, nombre de nouveaux visiteurs, etc. Et si les données montrent bien une baisse… de quoi parlons-nous, au juste ? Moins 15% ? Ou une division par deux ou trois ?

    En l’état, il me semble tout à fait possible que ce phénomène – s’il est confirmé – soit le simple contrecoup de la séquence politique à la fois longue et intense que vient de traverser la France, comme l’évoquait Juste Z. Je ne pense pas nécessairement à des lecteurs de gauche déçus des prises de position pro-Piketty, pro-Hamon, voire pro-Poutou et au final tout-sauf-Mélenchon des principaux ténors du blog et qui seraient rentrés dans leur coquille de dépit. Plus simplement, le pays étant engagé pour cinq ans dans l’aventure d’un président tout-neuf et d’une majorité parlementaire toute-neuve… la réflexion et le débat sur ce qu’il conviendrait de faire semblent nettement moins urgents. Après tout, le prochain et éventuel changement, c’est dans cinq ans, y a le temps de voir venir !

    1. Fréquentation du Blog de PJ du 3 août 2012 au 2 août 2017

      La baisse n’est pas récente, elle est lente et progressive – mais considérable – depuis le pic de fréquentation de la crise de l’euro en 2012.

      1. Je pense qu’il y a un noyau dur qui vous suit depuis longtemps et un certain nombre de nouveaux visteurs qui  »papillonnent ».
        Sur mes conseils, certaines relations vous suivent toujours mais occasionnellement en fonction de l’actualité.
        François Leclerc a leur préférence. Lecture ou sujets plus aisés à appréhender ?
        Il faut reconnaître que ce type de site draine moins de connections que … ventes privées.com.
        Le public n’est pas le même non plus.
        Bien cordialement

      2. Sur les causes de variations de fréquentation du blog , il y a peut être plus à apprendre des pics que de l’amortissement latent qui est le lot de tout  » phénomène » ( que connaissent et espèrent tous les responsables chargés de gestion de crise ! ).

        Sur les causes ( sans doute plurielles) d’un relatif désinvestissement des ABPJ , le plus simple est de les interroger . Ils sont tous assez honnêtes pour l’expliquer le plus « réellement » possible .

        Pour PSDJ il m’a semblé qu’il a mal passé l’épisode électoral et ce qui a pu se dire alors sur l’Euro .

        Mais globalement le sort du blog n’appartient qu’à vous et à ce que vous pensez encore pouvoir démystifier , dégonfler ou promouvoir .

      3. Oh ! moi ! je continue. Dans l’ensemble – entre le blog et les livres, conférences, radio, télé – j’ai l’impression que le nombre des gens qui m’entendent et qui m’écoutent est à la hausse, pas à la baisse.

      4. @Paul Jorion :

        C’est le principal .

        C’est comme un moteur à deux pistons . C’est le  » hors blog » qui pourrait cette fois « regonfler » le blog .

        A vous de voir comment faire fonctionner au mieux le moteur , et tout ira bien si nous on peut vous suivre .

        Sinon , je ne compte pas trop sur Euromillions pour assurer la vie éternelle du blog .

      5. Peut être ne faut il pas y voir que du mauvais, la fréquentation décline parce que les idées « percolent » et que l’offre de médias les véhiculant s’est considérablement élargie.

      6. Je tombe par hasard sur cet article… Je ne sais pas pour les autres, mais pour ce qui me concerne, la réponse est simple. Après avoir suivi le blog pendant plusieurs années, j’ai compris que pour être vraiment de gauche, il ne fallait pas seulement être contre la finance, mais aussi pour la révolution de Maïdan, pour la guerre avec la Russie, pour Obama et Clinton, pour le déplacement des populations du MO et de l’Afrique. J’ai décroché quand j’ai lu le billet sur Soros : il a fini de me convaincre que finalement je devais plutôt être de droite…

      7. Je ne me rappelle plus la date à partir de laquelle Paul avait décidé de fermer les commentaires de ses billets, n’ayant pas le temps, lui ou d’autres, de travailler à la modération. Mais ne serait-ce pas à partir de cette date là que la descente a commencé ?

        Passer de participant à lecteur passif, cela n’est pas forcément enthousiasmant … et peut faire fuir vers les réseaux comme twitter.

        Il serait intéressant de savoir si le fameux actuaire, qui a gardé ouvert les commentaires, a eu le même effet de perte d’audience.

      8. J’ai pu constater sur mon blog (sous un autre pseudo) que le nombre de pages vues par visiteur décroit (malgré que les visiteurs s’accroissent de +100% par an). Je crois que les réseaux sociaux et SURTOUT les smartphones en sont la cause. Ils n’incitent pas à CReuser. JE constate que de nombreux blogs de ma thématique, très connus et courrus, tournent au ralenti et sont en réalité passer « batailler » sur les réseaux sociaux. (Ici on ne peut pas le déduire des stats de Paul, sauf que les sessions (visites) sont passées de 15000 à 5000.
        Par ailleurs les médias se sont appauvris à « la dépêche d’agence » découpée en trois posts. Enfin je ressens aussi un découragement à la séquence élections, malgré ma méfiance d’intellectuel (que je vous ai exprimée). Cela vaudrait un billet, ce ressenti démotivant chez plusieurs.

    2. @Jacquot

      Oui, mais les dés ne sont pas jetés pour autant et M Jorion a raison de vouloir continuer à agiter grave le bocal: m^me si je suis pas toujours d’accord avec ses points de vue; la vie continue et la vie elle (et ses joies et emmmm..des) n’attendent pas !
      Alternatives et liberté de s’exprimer et d’échanger sont précieuses !! 😉

  8. Coucou,
    Un partenariat avec bonjour madame !
    Cà détends l’atmosphére ….
    Désolé, j’ai biberonné avec hara-kiri coluche et wolinsky …
    OU alors ce site russe idiod.name brut de décoffrage, qui rappelle cette geniale emission d’information belge sans commentaire.(attention, c’est du lourd. » La misére humaine est la même partout »)
    PLus sérieusement,
    Mr Jorion a t il besion de 2 000 000 000 d’abonnés , ou de 0 € par mois pour partager ses idées et ses interrogations.
    Peut- etre des deux. J’ai rien contre tinder, ou facebook, çà ne m’interesse pas.
    J’aime bien votre blog. je le parcours depuis 10 ans je crois.
    Maintenant, payer pour que le blog continue …
    Je ne sais pas.
    Je ne crois pas.

    Bonne journée

    Stéphane

  9. Hypothèse 10 : la russopohobie et l’anti-mélanchonisme primaire de PJ commencerait-elle à se voir drôlement ? Non qu’il faille s’abstenir de toutes critiques vis à vis d’eux, mais le dérapage de l’analyse à l’idéologie m’a personnellement choqué ces derniers temps.
    Et comme disait le Cardinal, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens…

    1. Non, voyez le graphique, ni ma russophobie primaire, ni mon anti-mélenchonisme primaire (pas comme le vôtre, plus subtil, consistant à écorcher son nom) ne semblent avoir eu un impact particulier.

      P.S. Mon grain de sel, je crois qu’une comparaison entre mon blog et les autres montrerait qu’il se porte excellemment comparé aux autres (la preuve : ils ont quasiment tous disparu).

      1. Oui, un peu comme on est passé des PC aux smartphones et aux tablettes, twittant et snapchattant, l’écrit du blog a perdu de son lustre.
        Il est vrai qu’un moteur automatique de décodage de l’info, une App « jorion aurait dit que » formée par « deep learning » et boosté aux oligo-éléments des eaux du Morbihan, ça serait dans l’erre(ment) du temps.

    2. Faudrait voir si le putinisme échevelé du concurrent Berruyer lui a sauvé la mise…
      Huhuhuhuhu.

  10. Je ne suis pas l’auteur sur un point qui me semble fondamental. A mes yeux, il n’existe AUCUNE « interface intellectuelle entre les citoyens et les décideurs ». Non seulement ce n’est pas le rôle d’un blog, ni de toute une noosphère, mais une telle interface n’existe tout simplement pas.

    Une interface intellectuelle entre un ou plusieurs intellectuels et un certain nombre de citoyens qui choisissent de se joindre à la réflexion, voilà ce que peut être un blog, voilà ce qu’est évidemment celui-ci. Et c’est déjà beaucoup. Mais de décideurs ? Point ! Ces Messieurs et Dames ne sont tout bonnement pas dans l’image…

    L’accès des intellectuels aux décideurs me semble être un problème en soi, et du genre bloquant, opaque et je l’imagine à l’occasion extrêmement frustrant. Si certaines idées issues du travail de certains intellectuels ont pu à l’occasion être reprises dans le champ politique, c’est quelque chose de rare et pour tout dire d’historiquement infructueux.

    L’idée d’un revenu universel financé par une taxe robot a certes été reprise par un candidat à la présidentielle, mais il lui a été difficile de la faire vraiment comprendre et accepter, et d’ailleurs il n’est arrivé que cinquième… et à un tiers du niveau du quatrième, encore ! Dans un autre genre, l’ambition de lutter contre la « fracture sociale », issue d’intellectuels comme Marcel Gauchet et Emmanuel Todd, a été reprise sous l’impulsion de Henri Guaino dans la campagne électorale de Jacques Chirac en 1995. Et lui a effectivement été élu. Mais se rappelle-t-on bien ce qu’il a fait des papiers décrivant ces projets, quelques mois seulement après son élection… et que la décence m’interdit de décrire davantage ?

    Alors oui, Keynes. Certes, Keynes. Mais d’une part il pourrait bien s’agir d’un exemple quasi-unique, du moins à ce niveau de succès à influencer les décideurs, d’autre part et surtout il n’a pu exercer cette influence qu’à la faveur de circonstances historiques… comment dire… la crise de 1929 et années suivantes était passée par là. Les hommes de cette époque ne se sont avérés collectivement capables de choisir des voies véritablement novatrices et à la hauteur des enjeux qu’après avoir reçu un FAMEUX coup sur la tête. Il se pourrait fort bien que nous n’arrivions pas à faire mieux.

    La caractéristique de la crise de 2008 est évidemment qu’elle n’a pas été jusqu’au bout, les dégâts ont été largement contenus du moins au cœur du monde développé, rapport à la monnaie aujourd’hui entièrement fiduciaire – dans les années 1930 le lien à l’or restait généralisé – ce qui a permis aux banques centrales de mener leurs fameuses « politiques non-conventionnelles » permettant au système économique mondial de largement surnager. Certes, des périphéries de plus en plus larges sombrent, certes le surendettement mondial n’a pas été résolu – il ne pourrait l’être que par une forme ou une autre de faillite – certes les autres composantes de la vague scélérate notamment plafonnement de l’énergie nette et crise écologique continuent de progresser… Mais cela ne touche que les périphéries, justement. Pour que l’esprit des décideurs s’ouvre, pour que des intellectuels aient une fenêtre de tir pour promouvoir de nouvelles solutions, il faudrait que ce coup sur la tête les frappe EUX, ainsi que le cœur du cœur du monde développé.

    Faut-il dire avec le poète « Levez-vous vite, orages désirés » ? Faut-il espérer que l’humanité – je veux dire : le cœur de son pouvoir – ait mal, afin que la grenouille sorte de l’eau plutôt que de s’y laisser cuire dans le confort, jusqu’à la mort lente ? Soyons clair : il s’agit d’espérer que la plupart d’entre nous aient MAL.

    Faut-il plutôt craindre qu’une telle crise économique ouverte si ou lorsqu’elle surviendra n’aggrave encore les choses, de même que la crise des années 1930 facilita l’arrivée de Hitler au pouvoir ? Bref, que le premier résultat d’une crise ouverte soit de déchaîner tous les démons de l’Enfer, comme la fois précédente ?Et alors, quelle solution alternative espérer à ce coup sur les têtes qui aurait une chance de les ouvrir ? Et comment la préparer ?

    Et si autre chose arrivait ? De l’inattendu ?

    Je n’ai pas de réponse à ces questions. Je soupçonne que personne n’en a.

    De mon point de vue, le mieux qui peut être fait est de maintenir vivantes des analyses, des débats sur ce qui se passe vraiment, sur les moyens et idées qui permettraient de prendre une meilleure direction, et de tenter de les faire partager aussi largement que possible. C’est là planter des graines. Ce qui doit être utile, même s’il est peu clair si c’est un orage qui permettra de les faire germer, ou si l’orage risque au contraire de les détruire.

    1. Merci pour votre commentaire. Je vous suis sauf sur cette idée : « A mes yeux, il n’existe AUCUNE « interface intellectuelle entre les citoyens et les décideurs ». »

      C’est faux et excessif dans la majeure partie des cas. Les décideurs sont des individus qui font partie de l’espèce humaine, naissent et grandissent dans une culture, puis sont influencés quotidiennement par d’autres individus qui les entourent et partagent avec eux leurs idées, et ainsi de suite en cercles concentriques. C’est donc une nécessité que les décideurs soient soumis à l’influence des idées, comme chacun de nous l’est.
      Vous acceptez l’existence d’une interface intellectuelle entre les citoyens et les intellectuels. Mais vous posez la question du type et de la provenance des idées au niveau des décideurs : est-ce que les décideurs sont influencés par une interface intellectuelle ? (la même que celle entre les intellectuels et les citoyens ?)

      Je peux témoigner de première main, pour avoir travaillé avec des ministres et des députés, que oui, c’est le cas. De nombreux ministres, députés, chefs d’Etat, chefs d’entreprises, mandataires locaux, leaders politiques, culturels et scientifiques, sont avant tout des intellectuels : ils lisent et discutent régulièrement avec d’autres intellectuels. La plupart des conseillers politiques sont eux-mêmes des intellectuels, très connectés aux idées de leurs « maîtres à penser » (intellectuels publics dans le bon sens du terme). Quelle que soit leur orientation politique.

      Vous seriez très surpris de l’importance de la noosphère et des éminences grises pour nombre de « bêtes politiques », dont le temps est souvent contraint par la conquête et le maintien au pouvoir, et qui ont un besoin vital des idées des intellectuels et du poul populaire pour pouvoir formuler des propositions et une vision politiques.

      C’est notamment après avoir vu plusieurs films qui traitaient de guerre nucléaire que Ronald Reagan a fortement réorienté sa politique d’armement nucléaire. des films réalisés par des artistes, donc des intellectuels.

      Il faut également lire les Verbatim de Jacques Attali pour se rendre compte de l’influence cruciale des intellectuels sur les décideurs.

    2. « A mes yeux, il n’existe AUCUNE « interface intellectuelle entre les citoyens et les décideurs » »

      Friedman, Hayek, Von Mises n’auraient pas eu d’influence sur Thatcher, Reagan, Pinochet ? (J’ai d’abord pensé à Montesquieu, Voltaire, Rousseau, etc, mais à l’époque il était très difficile de distinguer les aristocrates des intelectuels.)

      On peut bien sûr estimer que les premiers ne sont que des girouettes qui ont bien senti le vent tourner mais qu’ils n’ont pas eu plus d’influence réelle qu’une girouette n’en a sur le vent qui souffle.

      L’erreur est peut-être de prendre comme modèle l’influence des sciences sur les techniques (ça peut prendre pas mal de temps selon les cas mais l’influence est peu discutable.)

      Pour la politique, l’économie ou la finance c’est probablement plus subtil et plus proche de l’influence des religions (en y incluant schismes et superstitions) sur les affaires humaines.

      1. Ne dit-on pas que Friedman, Hayeck ou dieu sait qui se sont précipités chez Pinochet pour lui faire réaliser leurs rêves. Mon ressenti est que les potentats sont dans un tour d’ivoire qui est celle de leur égocentrisme. Ils sont en demande d’idées nouvelles mais leur entourage ne leur sert que des choses qui le flatteront, et les autres ne sont écoutés qu »au travers du filtre égocentrique et du filtre « pouls populaire » que vous évoquez et qui est essentiel. Macron me parait tester des idées et reculer dessus (reporter ou non, diminuer les aides au logement de 5 E), tandis que son objectif essentiel est en marche discrètement. Les gadgets les guident mieux que des analyses profondes.

      2. Je ne crois pas que la résurgence des idéologies ultralibs auraient eu d’impact significatif sur l’opinion et la politique économique en GB et aux US sans la désastreuse décennie des seventies qui a préparé (pour ne pas dire légitimé) à la perfection l’émergence de leurs doctrines en tant que « seule alternative » dans le monde anglo-saxon en 79/80. Nul besoin de théorie du chaos naomikleinienne ici, y’avait juste rien en face, nada, que chi, peau d’balle, bernique !

  11. Heureusement nous reste-t-il la paire joyeux drilles sinophiles du BJ et leur refrain sur les vertus ineffables et millénaires de la sagesse taoïste.
    Sinon, sachez que la Chine a été capable entre 2011 et 2013 de produire et consommer ⅓ de ciment de plus que les USA pendant tout le XXe siècle, ou qu’elle produit 5 fois plus d’acier que l’UE, 10 fois plus que les USA, ou qu’elle tue et bouffe plus de la moitié des 1,5 milliards de porcs tués annuellement dans le monde, ou qu’elle construit et projette de construire 700 des 1 600 centrales au charbon planifiées dans le monde, soit l’équivalent de un milliard de tonnes de charbon à cramer tous les ans.
    C’est pas du taoïsme appliqué ça ?
    Un peu qu’je veux mon n’veu.

    1. « C’est pas du taoïsme appliqué ça ?
      Un peu qu’je veux mon n’veu. »

      Non, mais de l’ignorance certaine en taoïsme surement et sans aucun doute.

      1. On notera pourtant que les chinois ont décider de drastiquement réduire leurs importations de déchets venant principalement des pays occidentaux , et que c’est la panique sur les marchés d’une part ( le prix de la tonne exportée s’écroule) , et sur la planification de constructions d’usines de traitement « chez nous » pour absorber nos saloperies .

    2. Comme disait le camarade Deng Xiaoping, « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, tant qu’il attrape des souris ».

      Or, le chat qui enrichit les Chinois depuis plusieurs décennies n’est pas plus le taoïsme que le maoïsme ni pourquoi pas pendant qu’on y est la doctrine des Taiping. Donc…

      J’ajouterai que quoique les responsables chinois parlent beaucoup ces temps-ci d’écologie, développement durable, nouveaux renouvelables et tutti quanti je les soupçonne de fort bien savoir que le chat qui les enrichit n’est pas vert non plus.

      Je les soupçonne pour tout dire d’en être tout à fait conscients. Ce qui expliquerait leurs actes, qui parlent plus que leurs mots.

  12. Bonjour,
    Je suis ce blog et d’autres au quotidien mais avec moins de passion qu’auparavant non pas par lassitude mais parce qu’il faut vivre même si demain une crise majeure arrive.

    Ce blog m’a ouvert les yeux sur les risques réels a venir mais je m’aperçois que la majorité de mes relations n’ont pas envie de s’investir sur ces sujets, préférant l’information ludique.

    Tout comme le fumeur connaît les risques auxquels il s’expose mais espére passer entre les mailles de la maladie, je constate autour de moi des comportements similaires vis à vis de cette crise multiforme qui en réalité n’en fini pas et touche « les autres ».
    La politique de l’autruche, la fatigue mentale et morale, la nécessité d’essayer de vivre positivement sont autant de raisons pouvant expliquer un certain désintérêt temporaire du blog car au prochain soubresaut, l’audience repartira.
    Nous sommes dans l’oeil du cyclone ne nous y trompons pas.

    1. « Nous sommes dans l’oeil du cyclone ne nous y trompons pas. »

      Yep, yep, gentil n’a qu’un oeil….mdr

    2. Le facteur « lassitude de l’audience », avec le facteur « usure de la formule blog », me semble à examiner.
      Après les trentes glorieuses, la machine capitaliste a commencé à toussoter, puis à se gripper à plusieurs reprises. Aujourd’hui, la plupart des scientifiques et des citoyens informés savent que statu quo de la méga-machine techno-capitaliste n’est pas soutenable. Ca changera de gré ou de force (la force des éléments). Nous avons vécu de graves crises cette dernière décennie, qui n’ont pas jeté à bas le capitalisme. Certains dans l’audience doivent se demander : « Si la plus grave crise financière et économique, en conjonction avec la plus grave crise environnementale et énergétique, ne parvient pas à provoquer la mutation du système sociétal, alors, que faudra-t-il ? »

      Donc après 10 ans d’espoirs à la lecture du blog, et cette impression que rien n’a changé quand on sort dans la rue (voitures, pollutions, hyperconsommation, vols low costs, grignotage des terres et destruction des écosystèmes, etc.), il est assez naturel de passer par la fatalité.

      Un philosophe romain pouvait naître et mourir en observant le règne de l’esclavage. Des penseurs américains ont observé la défaite du Sud esclavagiste durant les dernières années de leur vie. Pourtant aujourd’hui encore, les USA ne connaissent pas la paix raciale. Pourtant, objectivement, l’esclavagisme en tant qu’institution sociétale a disparu aux USA.

      Voilà, cette mise ne perspective à très long terme doit nous faire réfléchir : ce que nous faisons aujourd’hui peut sembler vain, microscopique, mais certaines idées s’inscrivent dans un processus de changement qui peut durer des décennies ou des siècles.

      Il est bon que les militants de l’égalité raciale puissent aujourd’hui s’appuyer sur King, Lincoln, les Lumières, certains théologiens chrétiens et des philosophes romains qui ont vécu l’esclavagisme sans limite. Leurs idées et leurs démarches n’ont pas été vaines.

      1. @Cédric Chevalier :

        J’ai souvent cité Tolstoï et  » Guerre et Paix » . Vous venez d’écrire un peu la même chose .

        Combien de pâquerettes à écraser et à quel rythme pour que naissent quelques roses dans notre champs de vérités trompeuses .

        Et la plus belle des roses arrive sans qu’on la devine . Ou pas , sans qu’on sache pourquoi .

  13. …Penser, parler, écrire requièrent une éducation et une formation pointue, et un temps d’exercice considérable….
    Comme pour lire ce pensum indigeste , qui démontre qu’à pontifier sur le rôle des intellectuels et ne pas trouver de réponses valables, on ne fait qu’ajouter à la confusion

    1. C’est clair, trouver des « réponses valables » résumées en quelques slogans « digestes », voilà qui n’ajoute pas à la « confusion ».

  14. D’abord un grand merci au blog de Paul Jorion. Je suis personnellement un lecteur régulier depuis (seulement) une année, et j’en tire un très grand intérêt. Il me semble naturellement compréhensible qu’au bout de dix ans puisse survenir un certain essoufflement. Plus conjoncturellement, l’après (long) cycle électoral et son résultat assez paradoxal (l’élection du président Macron), concomitamment à la période estivale sont certainement un facteur de détournement. Mais 10 ans après 2008, nous sommes dans une période très paradoxale : alors que la catastrophe était bien là et indiscutable (de l’avis de tous bords), il semble que le système se soit empressé de réparer le cadre et de le reconstituer tel qu’il était, en cherchant même à le prolonger. On a dit il y a quelques temps que le livre d’Orwell (1984) connaissait un grand succès aux Etats-Unis, tandis que près de chez nous il était présenté en tête de gondole à la FNAC… signe des temps. Nul n’est prophète en son pays, mais la vigilance est de mise. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, et tout ce qui peut produire des clés d’une meilleure compréhension du monde (ancré dans le réel), et permettre de s’outiller pour apporter des réponses pour demain, est évidemment extrêmement précieux. Les sujets de fonds sont (malheureusement) intacts : finance, environnement, globalisation… Avec ceux qui arrivent à grands pas : transformation numérique, automatisation. Evidement les réponses découleront des choix (ou des « non-choix ») politiques qui seront faits.
    Sur le format, très probablement que l’environnement internet a fortement évolué : amplification des réseaux sociaux, de Youtube, des formats de plus en plus courts, concurrence acharnée pour des titres racoleurs (effet « buzz »). Mais aussi, peut-être, superficialité, règne du commentaire, appauvrissement des médias. Pour faire court, longue vie au blog de Paul Jorion !

  15. Sujet intéressant et presque exhaustivement développé.

    Je dis presque parce qu’un élément n’est pas exposé : l’élément technique.

    Déjà pour causer il nous manque une info majeure : les statistiques de fréquentation, et les taux de rebonds (le rebond c’est le temps que les gens passent, le nombre de billets qu’ils lisent et le temps qu’ils passent sur chaque ; manque aussi comment ils arrivent ici ? par lien ? recherche etc ??) et leur évolution.

    et aussi la « concurrence » : le net est devenu beaucoup plus courant et le nombre de blogs/sites parlant de politique et d’économie à explosé. Il n’existe plus ces blogs qui amalgamaient « tout le monde » de gauche, souvent ils ont fermé quand ils ont senti le vent tourner il y a déjà quelques années. Maintenant c’est parcellisé, éclaté, spécialisé, (et la cuisine à le meilleur succès, pardon c’était pour rire).

    La technique est devenue essentielle sur le net : la norme Google pour référencer est maintenant la vitesse d’ouverture d’une page web et je peux vous dire que ce blog est dans les plus mauvais en la matière.

    La présentation est « tristounette » par rapport aux possibilités actuelles. Non que j’attende de ce blog des « slide » (burkk), ou autres photos inutiles, mais au moins une amélioration pour naviguer car il est rien moins qu’opérationnel. Il faut vraiment être motivé pour aller chercher son commentaire et d’éventuels réponses, à moins d’être obsessionnel et de noter chez soi où et quand on a écrit un commentaire……

    et les « catégories » ou « sujets » ne sont pas clairement triés, voire pas trié du tout, si bien que si quelqu’un ne s’intéresse qu’à l’écologie il va vraiment galérer pour trouver SON sujet. Idem pour tout sujet.
    Je sais bien que l’écologie peut être traité dans un même billet que Trump ou l’économie mais il y a toujours « une colonne vertébrale » dans chacun des billets traités ici.

    espérant ne pas vous avoir ennuyé en traitant de techniques, ce serait dommage de ne pas en tenir compte pour l’avenir de ce blog, qui dans les seuls auxquels je sois fidèle depuis si longtemps et où je trouve toujours des « trucs à me mettre sous la dent ».

    Nota – curieusement avant je ne commentais jamais, c’est assez récemment que j’ai commencé à commenter, donc en fait l’inverse de l’exposé du billet.

    1. Sur les catégories je précise : elles sont traitées comme des mots clefs une liste infinie. Aucune hiérarchie : il en faut. On va pas piocher au hasard « Afrique » ou « agriculture », mais Afrique si c’est un mot clef et qu’on veut savoir « tout ce qui est paru citant l’Afrique, par contre on ne sait pas dans quel contexte « Afrique » est traitée : écologie, économie, guerre, islam ? tous ces sujets et tant d’autres concernent l’Afrique et ça c’est à hiérarchiser dans des catégories.

      1. D’accord avec toi sur « la technique », Annie, cf. mon post un peu plus haut. Pour les catégories, croiser deux mots-clés devrait permettre à la « pensée associative » de marier le lapin Aristote à la carpe Freudonnante.

  16. Je continue à suivre le blog, mais il y a de plus en plus d’articles trop longs et répétitifs et abstrais. Les billets de Michel Leis, longs mais intéressants me manquent et il y a des nouvelles séries, comme celle de la baleine de Londres incompréhensibles pour moi. Peut être pendant ces longues années j’ai pris l’habitude des formats plus dynamiques et légers… et c’est vrai que le débat se fait sur des groupes facebook, quelques uns très intéressants, qui concurrencent le blog de Paul Jorion et laissent moins de temps. Il faudrait ajouter que je on dédie moins de temps aux écrans et plus á la « vrai vie » ou a rien faire, la période de l’activisme n’ayant pas été trop fructueuse.

    1. Ça doit être ça l’explication : les gens consacrent plus de temps à la vraie vie. La libération est invisible mais elle a lieu de façon souterraine (maintenant tout le monde a lu le 1984 de Orwell).

      1. C’est étrange, les deux écrivains les plus connus parlant de dystopie, Aldous Huxley et George Orwell, étaient britanniques.
        Et je me demande souvent pourquoi.
        Terry Gilliam qui a tourné Brazil l’était aussi.
        Comme s’ils avaient tous très bien compris quel cauchemar nous attendait de l’autre côté de ce monde à l’allure si convenable (so british :-))

      2. @ Pierre : le monde sublimé de la royauté britannique n’est-il pas en soi une préparation magistrale à la connaissance de la dystopie (sinon à la dystopie elle-même) ?

    2. Certes, certains articles sont trop longs voire déconnectés de nos préoccupations majeures!
      Je suis ce blog depuis le début, ma fréquence de visite baisse tout comme la tendance de fréquentation du blog.
      Une bonne crise financière plus forte qu’en 2008 et la fréquentation reprendra allant de pair avec les inquiétudes sur l’avenir.

  17. Bonjour Annie,

    Carrément d’accord sur l’aspect technique du blog, faut être encore plus barge qu’un archiviste en herbe – ou moi ! – pour se fader une recherche sur le blog.

    Ce qui fait qu’un traitement des sujets avec retour en arrière, recherche d’un commentateur en particulier – et hélas ils sont nombreux, selon mon point de vue, ceux qui ont disparu des radars : Jaycib, Marlowe, Michel Leis, évidemment, mais pas que, PSDJ (quand il veut bien se mettre à la portée du commun des mortels), PYD, voire même certains zigotos intervenant stratégiquement sur des sujets polémiques. Nous reste vigneron, sa culture encyclopédique et sa verve météorique, mais qui d’autre ? Julien va falloir faire un effort sous quelque pseudo que ce soit, merci Juan pour votre modération et votre consensualité… Ah si, Jduc, ferme comme un roc !) ou par thématique est super galère. Même une discussion suivie est vite emportée par le flot des posts.

    Avantages et inconvénients de la forme blog, sans doute, mais je cherchais hier le site où l’on retrouvait vos articles parus dans la presse et… pouf ! In a puff of smoke. D’où qu’il est ?!

    Faut voir grand M’sieur Jorion, être classé d’intérêt public, défiscaliser sur les dons (sic) et… embaucher ! Chuis sûr que la vigne ou Julien ont pas grand chose de mieux à faire, le pinard, l’Europe, tout ça, c’est vachement surfait ! 🙂

  18. Il me semble qu’on est dans une phase de fatalisme succédant à une phase d’indignation (« Voyez ce que la Troïka fait subir à la Grèce ! ») : de « La Révolution apportera avec elle les lendemains qui chantent » à « Les problèmes qu’il nous faudrait maintenant résoudre sont en réalité insolubles ! »

    Il me semble que cela résulte d’un soulagement qui n’en est un qu’à moitié – voire encore beaucoup moins. Ce que j’exprime dans mon vocabulaire à moi comme : « On a échappé au ‘fascisme en col bleu’ (MLP) mais on a récolté le ‘fascisme en col blanc’ (EM). C’est mieux que rien, mais c’est vraiment pas terrible quand même ! »

    1. Surtout qu’EM saura s’il le faut, pour sauver l’ordre que la rue viendrait à perturber, faire appel aux efficaces techniques policières du fascisme en uniforme noir.

    2. Il suffirait de Macron ou de qui que ce soit pour que l’indignation capitule ?

      C’est qu’elle était bien faible , ou trop étroite , ou qu’elle n’a pas encore de discours , d’utopie réaliste .

      Je penche pour cette dernière version , qui laisse du travail au blog et à la vie citoyenne .

    3. … »de fatalisme succédant à une phase d’indignation (« Voyez ce que la Troïka fait subir à la Grèce ! ») : de « La Révolution apportera avec elle les lendemains qui chantent » à « Les problèmes qu’il nous faudrait maintenant résoudre sont en réalité insolubles ! »
      En ce qui me concerne, c’est tout à fait cela.
      Toujours les même super-nantis qui décident comment ils vont encore pouvoir spolier les autres et comment pourrions nous « construire le truc neuf fabuleux, le paradis sur terre, , ce qu’il y a derrière le mur » ? Aucune idée. Et de toutes façons, les super-nantis l’empêcheront.
      Alors que faire? Comment faire?? On ne sait pas et on est fatigué, épuisé de vivre en état d’alerte vaine. Marre aussi de se sentir coupable de ne rien faire. Alors, oui, fatalisme total.
      Vivre. Profiter des choses précieuses qu’il nous reste : un peu de nature et des gens qu’on aime. Tenter de vivre avec cette vague sombre qui nous cerne toujours davantage pour ne pas sombrer soi-même.
      Mais le blog reste pour moi un repère essentiel dans cette mélasse 🙂

      1. @ Laurence,

        A propos des nantis.
        Il y avait cette expression pauvre petite fille riche.
        Vous savez ces gosses qui se défoncent dans leur chambre pendant que papa fait des affaires et maman en voyage (pour sa boîte c’est encore mieux).
        Des gosses comme ça, ça a existé pour de vrai, en voici un exemple assez peu connu, mais il y en a des milliers comme ça.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Edie_Sedgwick
        C’est la clientèle des psys en général (c’était, la profession s’étant démocratisée), certains n’en sortent jamais.
        Je vis dans une ville connue pour sa richesse mais où la misère sociale est parfois criante.
        Voici une belle histoire que j’ai vue à midi.
        En face de chez moi, il y a un petit hlm ; les habitants en sont loin d’être riches.
        Un gosse à la fenêtre en face apparaît avec son pépé. Je vois parfois ce monsieur apparaître à la terrasse.
        Puis j’entends une discussion entre le gosse et je crois le pépé.
        Le ton monte un peu et puis s’ensuit un : « on va faire la paix maintenant ok? ».
        Mes yeux se retournent par hasard vers la terrasse ; l’enfant ne discutait pas avec son pépé mais avec son papa qui lui a promis que s’il arrêtait un peu son cinéma, comme promis il pourrait l’accompagner voir le match de foot dont j’ai oublié le nom dans quinze jours. A prendre ou à laisser.
        Et ce que je vois alors c’est le papa qui prend son fiston dans ses bras et lui fait un énorme hug.
        Ce que j’ai vu ne s’achète pas et le bonheur de ces deux-la non plus.
        Et ce genre de scènes me tombe bizarrement souvent sous les yeux, allez savoir pourquoi.
        Pourtant les riches, les vrais, il y en plein par ici. Mais pas en face de chez moi et c’est très bien.

    4. Très intuitivement, j’ai le sentiment d’une société plongée dans le fatalisme le plus complet. Une société qui a été bien informée des catastrophes qui s’annoncent, qui voit les premières gouttes et entend les premiers grondements de tonnerre, mais qui se résout à subir l’orage.

      Cette aptitude de l’être humain à s’adapter au pire est la pire des choses. La capacité d’adaptation au pire de l’Humanité est une tragédie. C’est ce qui a autorisé l’esclavagisme, la guerre, les camps de concentration, la dictature et ce qui autorise aujourd’hui la destruction de la Biosphère sans broncher.
      Si l’espèce était moins adaptative, en fait, si elle tenait plus à une existence authentiquement humaine, à vivre véritablement, jamais elle n’aurait accepté tout ce qu’elle accepté et ce qu’elle accepte encore aujourd’hui.

      Il y a quelque chose du zombie (vivant déjà mort) chez l’être humain, jeté dans l’existence sans avoir eu son mot à dire.

      1. Je vous rejoins pleinement et cette navrante « aptitude » des hommes à accepter le pire m’enrage au-delà des mots.
        Mais ma question c’est : aujourd’hui, je fais quoi pour faire changer les choses?
        Paul le répète régulièrement : les initiatives personnelles ou groupées ne peuvent évidement pas nuire mais c’est au niveau politique que des décisions d’ampleur doivent être prises.
        Mais au niveau politique qui retrouvons-nous? Ceux qui ont intérêt à ce que le système ne change pas.
        Alors, on fait quoi?
        Moi je tourne en rond dans ce cercle infernal.
        Si vous avez des pistes, je suis preneuse : )

  19. Jorion continuez à bosser et à publier et puis confrontez-vous un chouïa à la contradiction (des sérieux, des bosseurs, pas les histrions habituels), sinon les spéculations réflexives c’est le début du passage à l’acte en vue de la fin, as usual.

    1. Moi, j’avoue que je lis de moins en moins car je préfère lire des nouvelles positives. Ça me rappelle l’époque où après avoir lu une année entière le monde diplomatique, je trouvais tellement déprimant tout ce que je lisais que j’ai décidé d’arrêter.

      1. Il y avait comme ça un gag dans la revue Mad dans les années 60. Une femme dit à une autre dont le mari en arrière-plan lit un journal tout troué : « Qu’est-ce qui est arrivé à son journal ? » L’autre lui répond : « Je découpe tout ce qui n’est pas des nouvelles positives, le reste le déprime. » La première dit : « Oui, c’est une bonne idée ! Mais il n’y a aucun inconvénient ? » – Si, dit l’autre, il a décidé qu’on irait en vacances au Vietnam.

      2. Attention! je n’ai pas dit que je me mettais des oeillères ….mais même si les solutions de Paul sont bonnes et pleines de bon sens mais qu’elles doivent être appliquées par ces personnes qui nous gouvernent et ont l’argent, le pouvoir. J’essaie de participer à mon niveau telle une fourmi à un changement de la société, de ma façon de consommer, ….et en chinant des découvertes scientifiques ou idées novatrices bonnes pour le monde et les gens. Si l’on est trop abattu , on ne fait plus grand chose.

  20. J’ai une question plutôt : à quoi sert ce Blog.
    Si je ne me trompe pas, Paul Jorion a lancé ce Blog dans un moment de « déprime/inactivité » dans sa vie. Il lui a permit de stabiliser sa vie « émotionnelle » en exprimant vision et idées de manière informelle. Sa vie au sens large s’étant à peu près à nouveau stabilisée, il s’est laissé allé à exprimer des opinions conjoncturelles à l’occasion des élections récentes, parfaitement conforme à son modèle culturel (chassez le naturel) plus ou moins « catholique zombie/septantenaire » les 30% de Todd. Avec le bémol de son pessimisme naturel et d’anthropologue qui s’interroge. Rien de plus normal et naturel 🙂
    Je reviens à ma question: à quoi sert le Blog.
    Assurer un revenu financier minimum?
    Exposer une vision (projet) Politique?
    Exprimer des émotions et opinions sous l’influence de
    l’anthropologie et l’expérience de vie du rédacteur?
    La réponse conditionne les moyens. Les trois se marient mal.
    La carpe et le lapin restent incompatible…
    Tout ça pour dire que j’ai choisi d’être un casse-couille, mais c’est parce que justement je n’ai rien à vendre.

    1. « Si je ne me trompe pas, Paul Jorion a lancé ce Blog dans un moment de « déprime/inactivité » dans sa vie. »

      Non pas du tout : je travaillais dans des banques américaines des journées de huit heures.

      1. Ok, il m’avait semblé que le Blog avait démarré au moment de vos emmerdes avec votre employeur…
        Pour la suite, je reste sur le même sentiment… 🙂

      2. Mais pas comme vrai banquier, comme observateur-participant-banquier, plutôt (lors de la séquence Indymac –> Countrywide, si je ne dis pas de bêtise). A chacun l’insu de son plein gré, comme on dit entre Zucotti park et Wall street.

      3. @Timiota

        quand je dis que je conservais mon esprit critique tout en étant banquier, cette capacité ne devait s’exercer qu’1% du temps même si elle était très concentrée sur les périodes où on finissait par me virer (pour « insubordination » chez Wells Fargo, pour être tombé accidentellement sur un très gros bobard chez IndyMac et chez WFS, pour avoir fait un scandale chez Countrywide parce que la tuyauterie qui permettait aux réserves de communiquer avec les fonds épuisés n’avait en réalité pas été installée, et pour avoir posé des questions chez MC qui faisaient apparaître qu’on n’était vraiment pas du bon côté de la loi), le reste du temps, je faisais mon boulot de la même manière que n’importe qui d’autre dans ces banques.

        Quand vigneron dit que bien que travaillant dans des banques, je n’étais pas « banquier », je suis tout d’abord très sensible au compliment, je sais aussi qu’il fait allusion au fait que, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer, je n’ai jamais été dirigeant de banque, que j’ai été testé dans ce sens à plusieurs endroits mais que j’échouais au test qui était essentiellement un test de tolérance à la fraude (pour réussir il fallait être tolérant). Ceci dit, il n’y a dans ce cas-là qu’un pour mille banquiers dans chaque banque.

        Jugez vous-même : extrait d’un CV de l’époque :

        • 2002-September/2004-January, Wells Fargo, Consumer Credit Group, San Francisco, Home Equity Lines and Loans,

        Risk Management Consultant, Pricing and Portfolio Management Unit, Finance Department (supervises two programmers)

        1. Validates CCG’s Profitability Model
        • Transitions the model from spreadsheet to stand-alone application
        • Enhances the model to assess profitability (hurdle rates) on a ROA basis (Return on Assets) in addition to IRR (Internal Rate of Return)
        • Adapts the model to valuate large pools of Lines and Loans for either bidding on bulk purchases (in view of Securitization) or for Sell / Hold assessment on CCG’s own portfolio
        • Adapts the model to become the Profitability Calculator of the Retention Optimizer used for either “on demand” or “proactive marketing” retention, allowing to assess the profitability of Home Equity Loan or Line potential rewrites
        1. Analyses and research
        • Assesses the profitability of Home Equity Loans vs. Home Equity Lines, conversion of Lines to Loans under various scenarios of interest rate risk, regional competitive pricing, short-funding matched-funding, etc.
        • Enhances the model to valuate hybrid products (Home Equity Lines with Home Equity Loans conversion option; Home Equity Lines with ARM structure “SmartFit”, etc.)
        1. Member of committees reporting to Doreen Woo Ho, Chair of Wells Fargo’s Consumer Credit Group

        Secretary of CCG’s Strategic Pricing Committee

        • Presents the bi-weekly Interest Rate and Economic Environment update
        • Sets the agenda, writes the Minutes, ensures follow-up

        Member of the New Product Design and Release Committee.

        Member of the Model Validation Committee

        Member of the Predictive Modeling Committee

         

        • 2002-February/2002-August, writes for McGraw-Hill Publishers a finance book entitled “Investing in a Post-Enron World”

                    Main chapters:

        Investment; The sharing of risk (fixed and floating income); Pricing of shares of stock; Price formation on the stock market; Risk management (insurance, options, swaps); Earnings manipulation; Compensation structures; “Aggressive accounting“; Financial reporting; Retirement plans

         

        • 1999-July/2002-January, IndyMac Bank, Pasadena, Risk-Based Pricing in an e-Commerce Mortgage Bank

        Senior Business analyst

        1. Supervises / maintains in Production the Risk-Based Pricing component (Visual C++ 6.0; Executables, DLLs, ActiveX components) of the Web-Based Mortgage Pricing system (high daily business volumes: over 2,000 new submissions per day; 1,200 new rate-locks; 250 new fundings)
        2. Develops / maintains in-house software reading market quotes from a Bloomberg (and Bridge-Telerate) data source, feeding in real-time a database, generating a pricing Ratesheet, communicating with users through e-mail and pager (Visual Basic 6.0; DDE; ActiveX Control, SQL Server 7.0)
        3. Develops (Visual C++ 6.0) a Monte-Carlo Interest Rate model for Prepayment Risk Pricing (from Historical Data and/or Random Walk simulation), for assessment of Residuals (Interest Only-, Servicing-, Master Servicing- cash flows) and assessment of the Bank’s Interest Rate Risk exposure
        4. Member of the Pricing Committee of the Mortgage Bank that determines the pricing variables of mortgage loans on the B2B and B2C markets (Agency conforming, Alternative-A [Ratesheet and Risk-Based Pricing], sub-prime [Ratesheet and Risk-Based Pricing]) to ensure profitability and saleability in line with the competition
        5. Organizer of the Weekly Pricing Committee Meeting, writes the agenda, writes the minutes of the meeting, follows up on pending issues, simulates scenarios for changes in pricing, through custom-designed software and spreadsheets
        6. Owner of the Pricing Variables, maintains, modifies according to need the pricing variables in a SQL Server 7.0 database used within the Web-Based Mortgage Pricing system (B2B and B2C)
        7. On special assignment from the CEO, designs the Pipeline and Predicted Fundings Report, writes custom-designed software (Visual Basic 6.0; SQL Server 7.0) to assess pull-through rates (according to seller, product, price level); to assess time lag in the steps leading to funding; to assess follow-up of “loan destiny”, assigning each individual loan a probability of funding and a probable date for funding
        8. On special assignment from the Head of the Mortgage Bank, designs (Visual Basic 6.0; SQL Server 7.0) a Trend Indicators Report (split between Business to Business, Business to Consumers, Business to Realtors) and releases it weekly
        9. On special assignment from the Head of the Mortgage Bank, enhances the Bank’s methods for predicting funding
        10. Assesses Credit -, Prepayment -, Liquidity risk Pricing for Non-Agency Mortgage-Backed Securities (Credit Enhancement of Subordination Levels according to Mortgage-Backed Securitization and/or “Whole Loan” sales)
        11. Qualifies for the Six Sigma Training Program
      4. Typiquement un profil d’analyste, d’ingénieur, de consultant, de risk-manager, de back-office, bref, d’emmerdeur, de « risquart » plus que de trader ou dealmaker gobeur de bonus commerciaux…

      5. Sacré vigneron, il veut décidément tout voir !

        1991/92: Frontier, Inc., Houston Texas, Commodity and Trading Advisors, design and development of automated trading systems. “Chaos theory” based automated trading systems operating on a variety of markets including the international currency spot market, the stock market and the interest rate, currency, index and commodities futures markets

        1990/91: Banque de l’Union Européenne, Paris (Investment Bank): design and development of automated trading systems on the Futures markets (interest rate, currency, index and commodities)

        P.S. Il en reste…

    2. Il y a une façon infaillible de savoir à quoi sert une chose , une organisation , un outil , une vie ..: c’est de les détruire et de regarder ce qui ce passe .

      Parfois au risque de se détruire soi même .

  21. En ce que me concerne, le blog de Paul Jorion est le seul blog en France auquel je particpe occasionnellement. Je beaucoup de sympathie pour le travail qu’il fait, bien que trouve certaines de ses idées assez naives – mais pourquoi pas, cela fait partie des libertés.
    Je visite ce blog pour y trouver une peu de distraction, un oasis en dehors de mes responsabilités et un travail intellectuel assez prenant.
    Mais je ne me fais aucune illusion: les articles tout comme les commentaires n’ont aucun impacte sur des décisions en milieu politique ou économique. Et c’est peut-être l’une des raison pour laquelle la participation a tellement diminué, non seulement ici, mais partout, sauf de temps en temps, en cas de la publication d’un article qui suscite beaucoup d’émotions. L’espoir de pouvoir changer des choses s’estompe aussi, les élections récentes en sont sûrement pour quelque chose. On dirait que l’on est en train de glisser dans une sorte de Moyen Age, une époque statique où rien ne change vraiment.

    1. L’explication est peut-être là : un désenchantement devant le peu d’impact de ce qu’on peut dire ou faire quand on ne fait pas partie de ceux qui ont accès aux leviers du pouvoir. Le mouvement des blogs était une préfiguration de ce que Nuit debout fut ensuite, et la France insoumise dans un troisième temps.

      1. Le timing n’est d’ailleurs pas très loin de 1789–>1795 (Thermidor, avenir souhaitable de la FI ?)

      2. Si le citoyen renonce à sa fonction politique, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. L’accès au pouvoir se gagne de haute lutte, en sortant de chez soi et en s’associant avec ses voisins, pas en restant chez soi devant sa TV, en pestant contre les « tous pourris » et le « monde qui va mal ».

        Je trouve ce désenchantement réel, mais moralement difficile à justifier. Sauf à s’autolimiter soi-même au rôle d’enfant guidé par les adultes au pouvoir.

      3. Paul Jorion
        Les auteurs ainsi que les commentaires analysent bien la réalité, les dysfonctionnements de la sociéte, de l’économie, de la politique en générale, le problème c’est l’action. Je peux vous assurer que ceux qui tirent les ficelles (finance, économie générale, politique) ne sont pas tourmentés pas le taux d’abstention ni des critiques publiés dans des blogs ou dans presse; certains en rajoutent même, sachant bien sûr que rien ne changera, et qu’ils sont dans une position de force.
        Je pense que la chose qui puisse vraiment mettre en oeuvre un réel changement, c’est la rue, comme en 1935 et 1968. 68 notamment est un souvenir anxiogène que le milieu politique ne peut toujours pas effacer.
        Mais je suis néanmoins convaincu que le Blog de Paul Jorion doit continuer et multiplier ses efforts, car il est un organe précieux pour la démocratie – qui est danger de mort!

      4. Le « désenchantement devant le peu d’impact […]» est sans doute l’une des causes.
        Mais, ne peut-on également mettre en cause, le peu de propension des plus jeunes à la lecture de textes qui demandent à y consacrer du temps, la même chose s’observe, dans une certaine mesure, pour ce qui concerne le domaine du texte papier ?
        Pour les personnes ayant atteint l’âge de la retraite, il est certes plus aisé de consacrer du temps à la lecture et à la réflexion.
        Du point de vue politique, les choses font que les idées évoquées ne semblent pas être prise en compte par les acteurs politiques, est-ce du au filtrage sévère des ‘intellectuels’ attitrés de ceux-là ?
        Mais, en tout état de cause, le Blog PJ est très utile.

      5. Il y a une chaine d’évènements qui sont Seattle, les indignatos, les Occupy Wall Street, nuit debout, etc. Elles sont derrière Styriza, Podemos, La Fr insoumise (bien que…), etc. Mais qui en parle ici ? Dimension trop peu intellectuelle ? C’est avec eux qu’il faut viser l’interface, pas avec les décideurs. Et jorion l’a un peu fait avec Nuit debout.

    2. Je ne crois pas au manque « d’impact » du Blog. Il n’est pas le seul et il n’y a pas que les Blogs (Voir pas mal de Vlogs d’analyse Politique et d’humour – « j’suis pas content » par exemple). Il fait partie d’un foisonnement que je compare au foisonnement politique et intellectuel pré révolutionnaire (Révolution Française de 1789)
      Il faut prendre en compte que le temps social n’est pas le temps de l’individu.
      Comme j’ai déjà dit, nous avons eu les Indignés, nous avons eu Nuit debout, nous avons les Insoumis (avec le mot d’ordre : Résistance),. Ayant noté la progression, je suis près à parier pour la Rébellion à terme. N’en déplaise aux « pleureurs » de tout bord.
      Mais personne ne maitrise le calendrier… ni le programme.

  22. Bonsoir,

    Voici ce que je pense ; j’ai commencé à utiliser internet après le 11 septembre 2001.
    Beaucoup d’utilisateurs appartiennent à cette génération internet je crois et le web était très dynamique.
    C’était donc relativement nouveau comme moyen d’expression pour une majorité de gens et les débats (les blogs), tout ça était très dynamique.
    D’autres événements ont suivis, partout dans le monde ; nous avons tous pu croire qu’avec nos claviers quelque chose pourrait changer et nous nous sommes tous rendus compte on line combien étaient difficiles les solutions et combien la puissance des pouvoirs en place restait inébranlable.
    Les gens sont fatigués, désenchantés et n’y croient plus.
    Aux idéaux des armées de communicants, ceux des pouvoirs en place, ont non seulement succédés mais aussi dit d’arrêter de rêver et de la fermer.
    Comme il est bien plus gai de désobéir pour certains (dont moi) il reste de l’espoir.
    En deux mots pour résumer ; internet a crée un effet de boost et ce dernier est en train de s’éteindre.

    1. L’impulsion est donnée. Les choses ont changé.
      Vous les jeunots 🙂 (moins de 30 ans) vivez dans un monde radicalement différent de celui de vos parents voire celui de votre naissance et aurez à gérer des problèmes et une situation qu’aucun humain n’a jamais eu à gérer.
      C’est pour ça que le Taulier s’interroge (et s’inquiète) sur la survie de l’espèce.
      Pour ma part, je pense que c’est un faux problème (la survie de l’espèce) puisque la réponse n’existe pas à notre échelle. Je préfère traiter ici et maintenant ma survie quotidienne en l’assurant au moindre coût, mais bon…

  23. Ah voir les effets des prières de l’Angelus… A savoir les résultats d’une religion X… On en vient à se demander si tous les verbiages Vigneronnesques ne sont pas très au-delà de tout ce qui a pu être théorisé sur l’inutilité des hyper-structures du langage.

    1. « Théoriser sur l’inutilité du langage » me semble aussi étonnant que tous les commentateurs qui viennent nous expliquer qu’ils ne sont plus là .

  24. Depuis que Paul Jorion a perdu sa chaire à la Vrije Universiteit Brussel, le blog a changé. Il me semble donner (en tendance) dans l’agit-prop millénariste (on va tous mourir cramés à cause du réchauffement sans précédent)) et raconter aux citoyens contributeurs ce qu’ils ont envie d’entendre (Trump est un « naughty boy » et il va se faire botter les fesses, sinon pire, par le FBI et CIA), précisément pour qu’ils continuent de de contribuer, leur contribution prenant soudain une place essentielle dans la survie du blog. Le blog se trouve ainsi dans la situation de la presse vis-à-vis des publicitaires dont elle dépend, et des pouvoir publics dont les subventions lui tienne la tête hors de l’eau.

    Bref, le blog de PJ dépérit parce qu’il a perdu son indépendance.

    1. Excellent! Pour ceux qui connaissent les cyclones.
      Et aussi résolument optimiste… Parce que le cyclone, nous n’en sommes qu’à l’alerte Rouge. 🙂

      1. Absolument, pour ceux qui ont déjà vécu un cyclone: ce calme apparent n’augure rien de bon…..

  25. L’avenir du blog est derrière lui, ça va pas plaire, et ça montrera à nouveau les limites de la démocratie directe quand il s’agit d’aller à contrecourant du mainstream. Pas d’avenir pour plusieurs raisons. 1/ de l’eau a coulé sous les ponts depuis 2007, et largement sur la même pente : les propositions techniques de PJ, interdiction des paris et autre astuces ont rencontré de la curiosité polie voire amusée chez les importants, et même quelques traces programmatiques là https://avenirencommun.fr/le-livret-banques/ du coté d’un avenir en commun. Rappel historique, 89 comme 17 : à toucher aux privilèges, ça fabrique de la séparation et du divorce, pas de commun totalisant. 2/ Le proprio comme les assidus ont pris quelques années de plus, et pour reprendre la phrase de Marx jadis mise en valeur par PJ , au jeu de la barbichette, est-ce le blog qui « nous » tient, ou « nous » qui tenons au blog + l’embarras en propre du proprio avec son objet. 3/ un quarteron de gens de droite (Vigneron en tête) s’est installé en chien de garde de l’atmosphère encouragée passivement comme activement par PJ où le vieil anticommunisme des socialistes utopistes ronronne et voit rouge dès qu’un ordre qui lui échappe le contrarie ; l’histoire à mis les russes au premier plan et les chinois loin derrière. 4/ Les épigones des ABPJ sont, à ce que j’ai lu, en stupeur catatonique, c’est un moment nécessaire aux cervelles fraîches pour mesurer leur transfert au maître et prendre la distance de la comptine de la ville de Foix. 5/ La PME Jorion a abattu un gros boulot, les réflexions se diffusent, en papier en numérique de bouches à oreilles, mais l’essentiel est dit, peu de neuf à venir. 6/ Si j’ai pu faire mon miel de découvertes ici, ça fait un bail que plus rien ne m’étonne. 7/ Les facebook et autre tweeter, non merci, je fais partie des vieux gens sérieux pour lesquels le moindre argument mérite des pages d’écritures, jusqu’aux bouquins. 8/ Si le phénomène du transfert pouvait être coté en bourse, ça ferait un drôle de yoyo, et il l’est de fait via des expressions énigmatiques comme la main invisible ; en tout cas il fait objection à la tentative de PSDJ de faire rentrer la monnaie dans une réalité crue. La réalité est cuite et laisse ouverte les pourparlers…avec des voisins…

  26. Si je fais le point sur les quelques blogs que je suivais, que j’ai suivi, que je picore parfois, ou plus jamais :

    – Raoul Marc Jennar : dernier billet déprime sur son action, ce qui se pointe déjà depuis plusieurs mois, avec des arrêts du à sa santé ces dernières années

    – Sapir : alors lui il tient ! en fait on ne sait rien de sa fréquentation car il n’a jamais accepté les commentaires. Il me semble qu’il a publié des stats de visites, le fait-il encore ? je ne le suis plus assez pour le savoir. En tout cas il continue une régularité dans ses publications assez fréquentes et il est seul et il fait plein d’autres choses aussi (un peu comme PJ : bouquins, articles, interviews)

    – Filoche : je reste polie mais c’est assez duraille. Lui c’est la machine à protestation tout en restant protégé dans une structure à laquelle il continue de croire. Chacun ses faiblesses.

    – je m’abstiens sur un blog que je nommerai pas ici car il est total fanatique de JLM. Genre secte. Et pourtant je l’ai longtemps suivi, avant qu’il tourne mal. Maintenant illisible sans parler de commenter sinon t’as droit à la trique. (je l’ai même bloqué sur FB : je n’ai aucun don pour recevoir les insultes constantes)

    – Je reste abonnée au Monde Diplo : c’est devenu un geste militant. Je ne le lis plus. D’accord avec un précédent : déprime. Lordon ? il m’ennuie alors qu’il m’enthousiasma jusqu’à un 1er tournant qu’il prit sur le plan B, puis un appui à JLM durant la campagne : ciao Lordon.

    – je me suis abonnée à Politis, j’y suis pas resté longtemps : tournant pro-JLM, ciao

    – j’étais fidèle à Mermet depuis des années. Tournant pro-JLM sous la férule de Lordon, sans parler des commentaires tous pro-JLM. Ciao Mermet.

    – là je réésaye Alternatives économiques… à suivre

    en fait aucun étonnement à ce que je commente ici. Que reste-t-il d’autre ? rien.

    1. J’étais passé par la transversale Stiegler, et il y avait des élements intéressants il y a 18 mois, quand il a commencé ses frayages avec Braouzec pour une économie contributive dans le « infamous » « 9-3 ».

      Au moins le discours ne fait pas partie des lignes convenues, même si il est auto-référent autour des papiers de Stiegler (et historiquement Simondon), mais c’est aussi une base pour discuter de Maurizio Lazaratto, de Dominique Méda, etc.

      1. mais oui Stiegler j’avoue que je n’ai jamais eu l’idée d’aller chercher s’il avait un site, parce que quand il passe sur les médias « je bois » ses paroles. Mais c’est rare et souvent décousu car les sujets traités sont disparates et que je n’ai jamais (ou si peu) eu la globalité de sa pensée.
        je corrige http://arsindustrialis.org/les-pages-de-bernard-stiegler

        merci !

    2. JLM le TINA de la gauche lol, vous feriez mieux de chercher à droite côté Macron si vous voulez de la gauche Hollandesque…

  27. Bonsoir M. Jorion
    Je suis lecteur depuis le début mais non contributeur.
    Je fréquente le blog de moins en moins car j’ai déplacé mon analyse et ne colle plus avec celles que je lis ici.
    Il y a dix ans, je croyais dans les structures du pouvoir et prêtais aux gouvernants de vouloir améliorer notre sort, de viser l’intérêt général. Dans cette optique, la lecture du blog avait tout son sens puisque vos idées me paraissaient bien inspirées.
    Aujourd’hui, tout en vous rendant le même sérieux, je pense que les structures du pouvoir et ceux qui l’exercent ne sont pas des incompétents qui gagneraient à fréquenter des gens comme vous. Non mon opinion est qu’ils travaillent à d’autres intérêts et qu’ils n’ont besoin d’aucuns type de votre tonneau pour atteindre leurs desseins.
    Lire votre blog revient alors à passer place de la Madeleine, devant les vitrines de Fauchon, ventre creux, mais sans un radis en poche… Comprenez que espoir mort, j’hésite à multiplier les frustrations.
    Merci de m’avoir lu.

    1. La réalité est devenue tellement complexe aujourd’hui que même si la plupart des dirigeants sont de bonne foi (j’en suis convaincu), ils échouent à produire des réponses adéquates la plupart du temps.

      Le distinguo « citoyens vs décideurs » masque le fait que juridiquement, vous, citoyens, avec les mêmes droits à devenir décideurs que les décideurs en place. C’est la magie de la démocratie.

      Les décideurs ne sont pas des demi-dieux, ce sont simplement des citoyens au pouvoir.

      1. C’est la fameuse crise de la complexité dont il a déjà été fait mention sur ce blog.
        Avant connaître une ou plusieurs matière suffisait à vous donner un pouvoir, au moins celui sur votre présent et votre avenir.
        Ceci reste vrai mais vous avez intérêt à avoir l’esprit de plus en plus mobile (ou autre exemple, dans un petit pays comme la Belgique, nous avons trois langues nationales et la connaissance de l’anglais est tout aussi nécessaire, celle de l’espagnol un plus) ; je distingue deux sortes de temps, le temps saturnien, lent, fait de réflexion et s’inscrivant dans des durées longues et le temps mercurien, très adaptable, extrêmement rapide, hyper mobile mais aussi instable et primesautier (nous sommes de plus en plus dans ce temps, Twitter en étant un exemple).
        Votre réflexion sur citoyenneté et pouvoir est assez juste, cependant, tous n’ont pas ce goût réellement (du pouvoir) et ne développeront pas les qualités requises pour l’avoir y compris sur leurs propres vies.
        Le pouvoir n’est non plus pas comme souvent perçu forcément négatif ; il est un outil vous permettant même avec peu de possibilités au départ de vous en sortir dans la vie et le gain ainsi obtenu peut en plus être mis au service d’autrui.
        Il faut savoir ce que l’on veut enfin, soit faire bouger les lignes même par millimètres, soit céder à l’amertume, la servilité, la dépression ou le fatalisme.

  28. Lecteur de se blog, les chroniques de Leclerc sont les seules qui méritent une attention soutenue.
    Le reste est empreint d’une subjectivité qui finit par lasser quand le monde réel repasse par la fenêtre.

    Jorion (le blog) va se diluer dans la blogosphère et finira au fond d’un serveur dans l’Utah ou le Larzac.
    Les modes passent Jorion, vous l’avez été, vous ne l’ête plus.

    1. C’est le risque quand on fait une auto-critique : des Trolls de longue date se réveillent.

      P.S. Regardez ma vidéo de ce matin, vous apprendrez des choses (le niveau de votre orthographe suggère d’ailleurs que vous ne savez sans doute pas plus lire qu’écrire).

  29. Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants.
    Sieyes

    Fin de la Démocratie ? où et depuis quand ?

  30. Le problème est que Paul JORION a tout compris et comprend tout, c’est très embêtant, on ne peut plus jouer les intellectuels comme on le faisait auparavant, il est incontournable.
    Dans mon tout petit coin, il advient que ma pensée rejoint la sienne depuis des années en tant que simple observatrice de la vie et de ce (et ceux) qui m’entoure.
    Il est pessimiste et personne ne veut plus de son pessimisme, c’est peut-être une explication : chantons sur le navire qui coule (la nave va…), buvons du bon vin, amusons nous, achetons n’importe quoi, dansons et remplissons les restaurants, c’est bientôt la fin du monde et on s’en fout…Triste espèce autodestructrice, anomalie animale, singe dément, peut-on dépasser le mépris ?

  31. Bien que devenu, pour une période de 30 jours, « tricard » sur un site participatif « d’information chapotée par un célèbre moustachu « , je me risque encore à placer, ici ou là, quelques commentaires moqueurs, sincères et bien intentionnés.

    Je félicite donc Cédric Chevalier pour sa minutieuse analyse mais ne livrerai pas la mienne qui pourrait être malvenue. Je puis, en revanche, apporter une suggestion concernant le problème des ingrédients.

    Comment distinguer, parmi les ingrédients de la recette qui a fait le succès du « système Jorion », ceux qui seraient aujourd’hui manquants à l’appel ?

    En accommodant plutôt les spaghettis, autrefois bolognaises, aux fruits de mer, puis en délaissant le Vicomte pour le Duce, la reconstitution rapide d’un nouveau tissu amical des amis du blog de Paul Jorion pourrait être, bien qu’extrême, un des remèdes possible à la désaffection de la clientèle.

    https://www.tripadvisor.fr/Restaurant_Review-g187849-d2258884-Reviews-Ristorante_Da_Oscar-Milan_Lombardy.html

    1. Ma première réaction tenait en un mot « Gné ? »
      En traduction : « Que voulez-vous dire au juste, je ne vous suis pas »

      A visiter le site que vous indiquez, vous semblez suggérer de prendre son repas dans un restaurant milanais qui semble assez folklorique puisque décoré de citations, portraits, etc. de Mussolini.

      … A bien y réfléchir, ma première réaction était correcte, en fait. C’est du lard ou du cochon ? Que voulez-vous dire PRATIQUEMENT ?

      En un mot : « Gné ? »

  32. Déjà merci à @Timiota et @2Casa de penser que la technique … etc. 2+1=3 c’est peu !

    Certains ici commentent qu’ils ne suivent plus ou pas parce qu’ils ne sont pas en accord avec TOUS les contributeurs. Fadaise ! Rêvent-ils d’une société univoque, genre dictatoriale : « je ne veux voir qu’une seule tête ».

    Justement un des intérêts de ce blog est qu’il y a plusieurs points de vue.

    mais ces reproches sont intéressants car ils caractérisent une paresse intellectuelle peut-être dans l’air du temps, ou dans tous les airs des temps passés et présents (et futurs) ?

    L’humain aurait-il besoin de ne jamais être dérangé dans sa pensée plane, sans questionnement, sans ouverture ? S’il en est ainsi on peut comprendre pourquoi nous en sommes là.

    Autre sujet Robespierre.
    à moitié endormie allongée sur mon canapé hier soir devant le 2 je m’éveille car il s’agit des femmes durant la Révolution englobant Mme de Staël bien après… extra… cependant les protagonistes décrivaient Robespierre comme le pire sanguinaire de toute l’Histoire de France et qu’enfin on put s’en libérer grâce à l’intervention de l’amoureuse de Tallien, etc. Juste qu’ils omettent le suivant Napoléon 1er !

    En fait tout est prétexte pour démolir Robespierre et sur une chaine publique ! Vive la désinformation et la propagande. Je me demande ce qui est écrit dans les livres scolaires sur ce sujet, j’en ai froid dans le dos.

    1. Y’a meilleur angle que les femmes de la révolution comme la de Staël, la de Gouges, la Corday ou la Cabarrus pour tresser de nouveaux lauriers au Maxou, faut bien dire…

      1. le vigneron ne suit pas. Y’a meilleur angle que les vigneron pour entendre quelque chose à ce qui n’est pas mâle.

      2. Non, effectivement, bernique, je suis pas un follower de Bern de première bourre, mais je sais néanmoins qu’un bon moyen d’accabler le Maxou est de causer des « Femmes de la Révolution » en question, pour sûr, Bern ou pas.

  33. Tous les effets de la crise sont gommés, comme effacés par le discours politico-médiatique. Du coups, lire tous les jours des articles sur l’effondrement démocratique moral, économique, intellectuel sans en voir les effets concrets sur le quotidien font qu’à l’usure l’intérêt diminue. C’est un peu comme une douleur persistante, au bout d’un moment elle fini par s’estomper d’elle même, le cerveau finissant par l’inhiber en mode « oui je sais que tu as mal à cet endroit là, plus la peine de me le faire ressentir, je suis au courant !!!! ».
    Une fois la prise de conscience effectuée sur un certain nombre de sujets, le sentiment d’impossibilité, à titre individuel, de faire bouger les lignes entraine une lassitude et un possible désintérêt.
    Ce qui m’intéresse le plus à la lecture quotidienne du blog, ce sont les articles qui traitent et commentent l’actualité. En complément des radio, Tv et media mainstream (auquel je n’échappe pas) France culture et LCP principalement, j’effectue une revue web matinale d’actualité.
    Celle-ci débute par le site d’Acrimed, se poursuit par le blog de PJ, puis par legrandSoir.info, puis le mondediplo, puis le sakerFrancophone et enfin les sites d’infos russes (sputnik et RT). Je m’adonne parfois même, je le confesse, à des sites dits « peu recommandables » dont je ne citerai pas les noms ici.
    Je ne saurais trop vous suggérer de multiplier les points de vues alternatifs et les contrepoints à la doxa ambiante afin d’apporter de la nuance et de la complexité aux évènements.
    Continuez le plus longtemps possible vos vidéos et les articles sur le blogs, il s’agit moins de changer le monde que de nous donner des clés de compréhension et déceler les mensonges et les intérêts partisans là ou ils se trouvent.
    Encore merci, j’en profite aussi pour faire une petite contribution financière et invite tous les lecteurs à en faire de même.
    PS: et le TED alors, nous sommes impatient de voir la vidéo !?

    1. « … puis le sakerFrancophone et enfin les sites d’infos russes (sputnik et RT). Je m’adonne parfois même, je le confesse, à des sites dits « peu recommandables » dont je ne citerai pas les noms ici. »

      Pire que ceux que vous citez, vous plaisantez ?

      1. 🙂 ces sites ont au moins 1 avantage ; ils ne se dissimulent pas, ils avancent à visage découvert. Dans un cas c’est de la propagande Russe, dans l’autre de la contre-propagande Américaine, ils apportent un autre éclairage sur l’actualité internationale. Le tout est de savoir à qui on a à faire, ensuite tout est affaire de discernement. Pensez-vous réellement qu’il y a moins d’idéologie et de propagande sur les sites de radio France ou leurs jumeaux privés comme RTL ou europe 1 ? Souvenez-vous de votre matinale chez Patrick Cohen pour la sorite du « dernier qui s’en va… » !?!

      2. Je parcours parfois ces blogs (saker, RT etc …) que je trouve intéressants, même si, comme toujours sur internet, il faut filtrer ce que l’on lit (y compris sur ce blog, d’ailleurs 🙂 ). Je connais un site encore pire, mais que j’aime bien dans le genre alternatif: dedefensa.org. Celui-là, il décoiffe vraiment. Ce qui est intéressant, c’et la tendance qui ressort, par delà des infos brutes qu’on peut trouver contestables. Un site pour rire: geab.eu, les pieds-nickelés de l’européisme mondialiste.

      3. « Pensez-vous réellement qu’il y a moins d’idéologie et de propagande sur les sites de radio France ou leurs jumeaux privés comme RTL ou europe 1 ?  »

        La dernière couverture en date de l’Express : « Ces tyrans qui nous défient »
        Avec la liste, confondant ensemble Kim Jong Un, Bachar El Assad, Nicolas Maduro et Rodrigo Duterte…

        « No comment » 🙂 !

  34. Il s’agit d’un phénomène général, les sites personnels et les blogs sont en perte d’audience… on peut l’observer dans le domaine de la musique que je connais un peu pour avoir un site personnel depuis 1996, les webzines indépendants ferment faute d’audiences et de soutiens. A mon avis, c’est en partie du au fait qu’Internet s’utilise de plus en plus sur smartphone et que la lecture de longs articles de fond y est moins aisée. Le format vidéo (youtube) est aussi en augmentation selon ce que je constate.

    Sur le fond du Blog de Paul Jorion, je suis et ait soutenu financièrement (de temps à autre et très modestement) depuis pas mal d’années. J’avoue à titre personnel que la prise de position sur la France Insoumise lors des élections m’a bien refroidi et que je ne lis plus le blog de la même façon depuis.

      1. « la preuve : ils ont quasiment tous disparu »

        Il faudrait voir si ces bloggeurs disparus finançaient eux-mêmes ou s’ils poussaient jusqu’à faire payer leurs lecteurs (et encore faut-il trouver des lecteurs prêts à payer, ce qui n’est pas évident). Par contre, votre ténacité à toujours produire du contenu, même si souvent répétitif, est admirable.

        Sur le fond des sujets abordés, la narration de l’épisode Enron est à mon avis remarquable. Beaucoup moins, les billets sur la crise économique, crise dont il est permis de douter quand on voit l’imperturbable chassé-croisé entre juilletistes et aoutistes, les stations-service toujours aussi fréquentées, les caddies bien remplis au supermarché, etc. De même avec les billets sur les migrants, beaucoup de complaintes et au final peu d’action concrète (si les photos de Paul Jorion en conférence ne manquent pas, on l’a toujours pas vu chez lui servir un repas chaud à un migrant hébergé à ses propres frais).
        Les « idées » visant à neutraliser la spéculation vont plutôt dans le bon sens, de même ce qui pourrait être fait pour calmer l’évasion fiscale. Ce ne sont pas des choses partisanes, je pense que beaucoup seraient d’accord.

    1. @Podj (4/8 à 11h34)
      … » J’avoue à titre personnel que la prise de position sur la France Insoumise lors des élections m’a bien refroidi et que je ne lis plus le blog de la même façon depuis« .
      C’est très exactement cela , les mots que je cherchais.. Merci.
      L’impression d’un échec espéré..

  35. Quoi qu’il arrive Monsieur Paul Jorion, continuez à irriguer les gens de vos idées. Que ce soit par le blog et tous les autres canaux possibles. Votre blog est toujours très bien, la vidéo très utile pour faire passer les messages les plus importants. Continuez vos efforts inlassablement, ce que vous faites est très important. Il en va de la survie de l’humanité, plus que jamais! Et oui, Thomas Picketty président est une idée merveilleuse pour la France et le Monde! Peut être se présentera-t-il la prochaine fois ? Espérons. Merci de nous donner de l’espoir en tout cas.

    1. Je viens de voir la vidéo de PJ. Je dois dire que la tirade sur Piketty m’a laissé sur le cul.

      C’est sur qu’on va contribuer à la sauver l’espèce en soutenant des non-candidats, puis voyant son poulain ne pas prendre le départ, se reporter sur un 1000 contre 1 ! De la haute voltige analytique ça c’est sur, stratosphérique même, du grand art, bref de l’intello quoi. Mais c’est pour ça que je viens moi ça me transporte dans les cieux quelques instants puis je retombe les deux pieds dans la merde.

      Vraiment très drôle pour démarrer le week-end Paul ! 😀

      Merci.

  36. Après avoir visionné « le temps qu’il fait » du jour, je suis assez patagé: je partage l’avis de PJ en considérant que l’essentiel de l’érosion vient du format blog. Je ne peux toutefois pas écarter d’un revers de la main l’immense potentiel qu’aurait été un accompagnement critique de la campagne de Mélenchon (je précise tout de suite pour vigneron et cie que j’étais partisan d’une candidature Piketty, et signataire de la pétition de PJ). La puissance du mouvement populaire autour de cette campagne aurait eu besoin de quelques relais intellectuels.
    Dans sa vidéo, PJ utilise un argument très puissant, à savoir qu’une victoire de Mélenchon était très risquée car il aurait eu les marchés financiers sur le dos. Comment ne pas partager cet avis? On propose alors Poutou pour râler, parce qu’il ne peut pas gagner. Reste que c’est le raisonnement d’une personne qui a quelque chose à perdre. Beaucoup de gens autour de moi avaient le sentiment de n’avoir plus grand chose à perdre et étaient prêtes au « risque » Mélenchon. Amusant de constater par ailleurs que PJ défend dans cette même vidéo le « risque » Robespierre pour son époque. J’en conclus que l’humain PJ est plus prudent que l’intellectuel 🙂
    Je tiens toutefois à conclure ce commentaire par un remerciement à PJ et ses amis pour le travail fourni ici toute ces années, en espérant qu’ils fassent encore un pas vers les mouvements populaires.

    1. @SebU
      ma position est proche de la vôtre : une critique (dans le sens en voir les mérites et les défauts) de JLM se serait faite ici eut été structurant, dépoussiérant, démystifiant, ce fut un grand manque durant cette campagne fanatique ; aucune demi-mesure n’était acceptée il fallait est pro ou out, et c’est ça que je n’ai pas supporté de la part des FI, et m’a fait les rejeter totalement, quand ça transpire une volonté de dictature d’un groupe sur les autres je vomis.

      J’avais décidé de voter Poutou début 2016, mais les évènements ayant tournés comme on sait, je n’ai pu voter selon mon projet, mais n’ai pas voté Macron au 2ème pour autant, j’ai préféré l’abstention. Ouf, on se sent plus léger dans ce cas ces jours-ci.

      j’ai signé aussi pour Piketty, sans grande conviction d’un quelconque succès de la démarche, et pourtant tous les arguments que PJ donne dans sa vidéo sont justes. Certains Humains sont trop modestes (Mendès et d’autres) la plus grande part péchant par excès inverse.

    2. « J’en conclus que l’humain PJ est plus prudent que l’intellectuel »

      C’est aussi mon impression 🙂 et l’explication que je choisis au report sur Poutou bref sur un vote protestataire pur et dur suite au refus de Piketty d’être candidat.

      A noter que nous avons tous nos petites contradictions… J’ai un peu de mal à comprendre la colère exprimée contre le fondateur d’un blog sous prétexte qu’il n’a pas les mêmes choix électoraux que soi.

  37. Reconnaître la capacité à Paul Jorion, Lordon, Piketty et autre de saisir le fond du problème, c’est acté selon moi.
    Se perdre en solutions inaudibles (interdiction de la spéculation, revenu universel), qui ont certainement des vertus, mais qui créent des chicaneries, et qui n’aboutiront certainement pas, c’est peu ou prou renoncer au combat.
    Pourquoi ne pas prendre de front, tous ensemble ligué, un des travers les plus monumentaux de notre système, comme le sport business, et porter ses capacités pour que ça cesse?
    Vous gagnerez à vous solidariser sur un thème porteur à mon avis.
    Les blogs et les échanges de pensée, aussi fulgurante soit elle, ne sont que de l’entre soi.

    1. « interdiction de la spéculation »

      L’interdiction de l’agiotage – c’est sauf erreur le nom d’origine du type de spéculation que Paul Jorion propose d’interdire – serait une mesure très salutaire, l’agiotage étant dépourvu de toute fonction économique utile, et anciennement formellement interdit pour cette raison, comme PJ l’a utilement rappelé. Et réprouvé y compris par des économistes libéraux tel Frédéric Bastiat (quoique je n’aie pas la référence sous la main)

      On a certes le droit de douter qu’il devienne politiquement possible à court terme de l’interdire. Cependant, un pas en avant très important dans cette direction est lui discuté largement, et sa faisabilité est prouvée puisqu’il a déjà été appliqué réellement en 1933 (le « Glass-Steagall Act »), c’est la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. Cette séparation aurait entre autres pour conséquences :
      – Assécher TRES sérieusement les fonds à disposition de l’activité spéculative
      – Protéger largement l’activité économique utile en cas de nouvelle crise bancaire provoquée par la spéculation

      En ce qui concerne la dernière présidentielle, les deux seuls candidats à ne pas évoquer le secteur bancaire et proposer des mesures fortes pour limiter ses risques étaient Fillon et Macron.
      http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/taxer-scinder-nationaliser-les-banques-dans-le-viseur-de-nombreux-candidats-691646.html

      Hélas, c’est l’un d’entre eux qui a été élu…

  38. Il me semble que le blog se portait mieux quand Julien Alexandre écrivait des billets.
    Ne faudrait-il pas le refaire participer ?

    De plus, le blog a atteint son pic de fréquentation, en 2012, quand Monsieur Jorion a été contacté par Jean-Paul Fitoussi.
    Peut-être que mettre en place une collaboration entre ces 2 géants de l’économie ferait bouger les choses…

    Enfin, je pense que vous devriez relancer le débat sur la création monétaire. Cela faisait beaucoup réagir à l’époque et n’oublions pas que ce débat est loin d’être clos…

    PS: j’offre un prix spécial à celui qui traduira correctement mon speudo !

    1. Je suis toujours là. Mais l’honnêteté commande de rappeler que les quelques billets que j’ai signés ici n’ont pas eu le moindre impact sur la bonne santé du blog. Le seul fait d’armes dont je puisse m’honorer est d’avoir été l’un des principaux protagonistes (qui plus est du côté de la vérité) du débat sur la monnaie… et le principal modérateur du blog depuis maintenant de longues années (j’assume donc la – relative diront les frustrés – bonne tenue des commentaires, c’est déjà pas mal) et architecte des plateformes pour les ABPJ. C’est bien peu et ça n’a évidemment pas d’influence sur la fréquentation du blog qui obéit à des cycles tout à fait prosaïques.

    2. Urukagina était un roi(peut-être un usurpateur) de Lagash, un coin paumé du côté de Sumer.

      Qu’est-ce que je gagne?

  39. L’avenir du blog ? Je ne me souviens plus de la date exacte de l’appel en détresse de M. Paul Jorion concernant l’ultimatum de parvenir à un don mensuel de 1 500 € afin de subvenir aux besoins techniques et à la rétribution des chroniques de M. François Leclerc.
    C’est à partir de cette période que j’ai contribué d’une façon modeste mais régulière à soutenir financièrement le blog.
    Les chroniques de M. François Leclerc sont remarquables. En quelques chapitres claires et concis; il expose la situation politique, économique, et financière actuelle nécessaire à notre réflexion.
    Les nouvelles de Grèce émanant du blog de M. Panagiotis Grigoriou permettent de ne pas oublier ce pays en graves difficultés. Honte à l’Europe.
    Le blog a pris un virage malsain à la période pré-électorale qui a entamé fortement son intérêt et sa crédibilité. De l’espoir de sortir du « cadre » par une « utopie » politique, il me semble qu’un clou a été enfoncé à l’intérieur du « cadre » pour y rester durablement. Dommage.

    1. « Le blog a pris un virage malsain à la période pré-électorale qui a entamé fortement son intérêt et sa crédibilité. »

      Je n’admets pas ce reproche, j’y avais d’ailleurs répondu par avance dans ma vidéo ce matin.

      1. Ce n’est pas la période pré électorale qui a entammé sa crédibilité mais le culte de votre personnalité qui s’est intauré au fil du temps et a transformé ce blog en page de pub.
        Il est claire que vos amis ne vous aideront pas en vous flattant.

      2. Pour le culte de la personnalité, voir Donald Trump. Ce dont vous parlez, ça s’appelle « la reconnaissance », et la reconnaissance, c’est une très belle chose parce que ça permet à vos idées de se diffuser.

        Mais ça devrait être ouvert à tout le monde, aussi, faites-moi plaisir, signalez-moi ici une de vos idées dont vous considérez qu’elle mérite d’être davantage diffusée, et je vous promets de la commenter ici.

      3. Par exemple, l’idée que votre interprétation de la parabole des talents est un contre-sens. De plus prétendre que vous avez raison contre des millions de gens est la signature de l’arrogance qui vous monte à la tête.

      4. Vous ne trouvez pas plutôt étonnant que des millions de gens aient pu croire que le message du Christ ait été : « N’oublie pas de mettre tes sous à la Caisse d’épargne ! »

        … alors qu’il a chassé les banquiers du Temple ?
        … alors que Mathieu ET Luc spécifient que la morale de l’histoire est « Et à celui qui n’a rien on lui volera encore le peu qu’il a » ?

        Et en 2005 et 2006, Greenspan et toute son équipe de génies de la Federal Reserve, qui est-ce qui avait raison, eux ou moi ?

        Non, un milliard de gens qui se trompent pour des raisons évidentes ne m’impressionnent pas.

        La vérité, c’est probablement que si vous cessiez de croire que le Christ a dit : « N’oublie pas de mettre tes sous à la Caisse d’épargne ! », votre monde s’écroulerait.

      5. L’explication de Paul Jorion sur la parabole des talents et la plus limpide et la plus claire et juste qu’il m’ait été donné de lire !

        Seb, t’as tout faux !

  40. Le monde est fait de balourds, on en côtoie tous les jours et ils s’expriment sans honte ici aussi. Ils se reconnaitront. Là, y’a rien à faire… faut laisser pisser.

  41. Depuis la parution du livre de PJ « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie », j’éprouve une certaine frustration. Maintenant, puisqu’il en va de notre survie, à part constater, prier, voter ou s’indigner, qu’est-ce qu’on peut faire ?

    1. Vers un nouveau monde, un manifeste, publié en Belgique par Solidaris, en librairie le 23 août. Il sera débattu par moi à la Fête des Solidarités à la citadelle de Namur le dimanche 27 août, et le lendemain, le lundi 28 août, à la libraire Graffiti à Waterloo.

  42. Ce blog étatiste attirait à la fois ceux qui craignaient que le système économique pétât et ceux qui le souhaitaient. Du fait qu’un sarcophage régulateur multi-étatique a canalisé la crise, au risque du développement du shadow banking, les pétochards s’en sont éloignés. Mais ils reviendront bientôt crier « Maman bobo ! » à lire, par exemple, l’excellent article, très pédagogique, de Vittorio De Filippis dans le Libération d’aujourd’hui.

    1. Effectivement. Je suis convaincu que les 3/4 de ceux qui regardaient le blog en 2012 essayaient de savoir s’ils devaient acheter de l’or, certains m’écrivaient d’ailleurs directement pour me le demander.

      1. Yep, les amateurs d’or et de fake news trébuchantes ont suivi Béchade chez BFMbusiness, RT ou E&R…
        Hhhhhh…

    2. De quel côté était Schizosophie , les craintifs ou les « espérants » ?

      Enfin , il est encore là et c’est tant mieux .

  43. Les 22117 mots de ce billet m’évoquent cette citation d’Einstein « Si vous ne pouvez pas le dire simplement, c’est que vous ne l’avez pas tout à fait compris. »

    1. J’en ai une autre :

      Si vous n’avez que les citations d’Einstein pour régler vos avis , c’est que vous ne connaissez pas Einstein et que vous n’avez pas d’avis .

  44. Monsieur Jorion, le nouveau cadre est en construction, c’est l’internet. Il est déjà occupé par la finance, la sclérose politique, l’exclusion des défavorisés, le marketing, les banques, la monnaie, les réacs, les malfrats et j’en passe. Tout ça sous la coupe des « GAFA »
    Alors continuez svp à nous dessiner un mouton.
    Ainsi je pourrai poursuivre la liaison entre réflexion et réalités de la vie non virtuelle, les mains dans le cambouis. Merci à vous et à François Leclerc pour tout ce que j’apprends ici grâce aux débats que vous lancez.

  45. Ma frequentation du blog, que je suis je crois depuis 2008, est proportionnelle a la quantite d’articles publies par pj. Elle est donc decroissante. Certains articles de PJ m’ont fait comprendre des choses que je ne comprenais pas alors qu’en 2008 je vivais la crise depuis les Etats-unis . Au fil du temps, pj s’est mis a publier beaucoup de livres , a aller sur les medias et ses articles sont devenus plus rares, d’ordre promotionnel, moins riches en idees et ont ete remplaces par les articles d’autres contributeurs qui ne m’ont jamais apporte de lumiere nouvelle (opinion tres personnelle, je ne doute pas de leur qualite). Les citations par pj de ses propres livres n’ont pas l’aspect percutant, simple, clair mais dense de ses blogs adhocs.Si c’est vrai pour moi, c’est peut etre vrai pour d’autres.

    1. « Oh ! moi ! je continue. Dans l’ensemble – entre le blog et les livres, conférences, radio, télé – j’ai l’impression que le nombre des gens qui m’entendent et qui m’écoutent est à la hausse, pas à la baisse. »
      cqfd
      « Au fil du temps, pj s’est mis a publier beaucoup de livres , a aller sur les medias et ses articles sont devenus plus rares, d’ordre promotionnel, moins riches en idees et ont ete remplaces par les articles d’autres contributeurs  »
      ben oui. C’est vrai pour moi aussi.
      Auto publicité et pillage de part et d’autre… PJ se sert de ses amis pour faire « vivre » le blog et fait sa pub à leur dépend…
      Les amis se servent du blog pour obtenir le statut de « rédacteur sur le blog de PJ »..
      … quelques insultes en sus vers les commentaires non conformes…
      la sensation que le plus clair des interventions de PJ ressemblent à la chanson de Dutronc
      https://www.youtube.com/watch?v=3GmNh9R2Deo&list=RD3GmNh9R2Deo#t=0
      je ne finance plus, d’ailleurs Paul n’a plus besoin de sous.
      Je suis partie ailleurs.
      « Moi, Moi, Moi,Moi, Moi »
      c’est triste, agaçant et attristant.
      je sais, ce n’est pas agréable à lire, Monsieur Paul.

      1. J’écris autant de billets qu’avant, mais c’est un sentiment sûrement très partagé par certaines personnes comme vous, que quand j’écris un billet qui ne permet pas de juger s’il faut vendre de l’or ou en acheter, il compte pour du beurre et devient invisible.

        J’avais déjà écrit à votre intention une petite note il y a très longtemps :

        La période présente est une période de grande incertitude financière. Certains commentateurs mentionnent dans leurs interventions consulter le blog de Paul Jorion à la recherche d’informations relatives à la manière de gérer au mieux leurs économies. Je précise à leur intention que le blog de Paul Jorion est consacré à une réflexion générale sur les questions du monde contemporain et n’aborde les questions financières – parmi une multitude d’autres – que sous ce seul angle. Quiconque prend dès lors une décision d’ordre financier en fonction de ce qu’il a pu lire ici sous la plume du blogueur ou de ses lecteurs, le fait sous sa seule responsabilité.

      2. Une conversation que nous venons d’avoir par mail ALCB et moi éclaire ce point qui me semblait mystérieux d’ « auto-publicité ». Lorsque je relaie sur Facebook un billet du blog, Facebook va chercher automatiquement sur mon blog une illustration et tombe en général sur la vignette de mon dernier livre. Je n’y suis en tant qu’utilisateur absolument pour rien, je n’ai aucun accès à cette fonctionnalité.

  46. Bonjour,
    J’étais un lecteur assidu du blog de PJ depuis plus de 10 ans et il m’arrivait de donner un ou deux euros.
    J’ai essayé de comprendre les raisons, le processus, les impacts des crises successives depuis celle de 1987. A l’époque j’étais consultant dans une banque en Suisse et je participais à la réorganisation du système d’information du back office et des bourses de Genève et je pouvais discuter avec les traders et autres acteurs. J’étais donc sur le terrain quand les bourses ont chuté. J’ai été particulièrement sensible et étonné, à cette époque, des réactions et des émotions des gens de la banque . J’ai été surpris que ce monde « lisse », à priori « stable » et respectueux des conventions, bascule en quelques heures aux pires frayeurs. Le personnel de la banque était « comme paralysé  » et l’on voyait de gros investisseurs venant du monde entier arriver en urgence à la banque. La « Montagne magique » de Thomas Mann se réveillait. Brutalement le monde chavirait. et je me faisais la remarque suivante. Les marocains du Haut Atlas ou les péruviens de l’altiplano que j’avais rencontrés, tous très pauvres, pouvaient ils être informé de ce qui se passait et quels seraient les répercussions sur leur quotidien.
    Puis en 2000, j’ai « vu » la crise arriver et je n’ai pas a été surpris quand les bourses se sont effondrées en 2002. Je suivais la montée des dettes mondiales à travers beaucoup d’articles qui prévenaient de ce qui pouvait sûrement se passer. J’ai trouvé les écrits de Paul Jorion et la pertinence de ses explications. En 2007 je m’attendais à la survenue de la crise. Par la suite j’ai continué à lire régulièrement ce que disait Paul Jorion. J’ai acheté 2 de ses livres (Keynes et la Lumière que l’on n’éteint pas).
    J’ai décroché progressivement du blog pour essentiellement 2 raisons.
    La première est que je consacre beaucoup de temps à mes nouvelles activités.
    La deuxième raison porte sur le parti pris politique du blog lors des dernières élections.
    J’ai trouvé slors que le blog perdait de pertinence dans ses explications et dans les compréhensions de ce qui se passait. Le blog entrait dans la bataille en prenant parti pour Piketty et les joutes des personnes du blog combattant dans l’arène ne m’intéressent pas vraiment.
    Le blog, comme les personnages de la Montagne Magique qui, à la fin, les uns en arrivent aux mains et les autres se retrouvent enrôlés dans la guerre de 14-18, me ramène de trop à ce caractère vil, stupide, limite violent du genre humain.

  47. Quand pense Zébu celui qui nous a traité de tous les noms « fascistes, attardés,qui ne comprenez rien. La gestapo est en bas de chez vous et vous ne voulez quand même pas voter Macron au deuxième tour! Il a disparu le Zébulon?

      1. M Jorion, ne pas voter Macron ne veut pas dire voterMPL. Vous faites une erreur importante car j’ai voté blanc.

      2. Avec ton analyse de haut vole, pareillement tu as aussi voté pour MLP Jorion, le fascisme c’est le fascisme, blanc ou noir. C’est logique et imparable. (pas la peine de me dire que tu ne votes pas hein, on s’est bien compris).

  48. Au début du blog, si mes souvenirs y remontent, il y avait peu de contributeurs: Paul Jorion, Francois Leclerc, Pierre Sarton du Jonchay (même si pas toujours facile à comprendre :)), et quelques autres.
    Par la suite, le nombre de contributeur a augmenté et mon impression a été qu’il n’apportait pas toujours des points de vue très intéressant. Pour le dire autrement, c’était (souvent) des propos très « gaucho » (comprendre: simpliste) et sans aucun intérêt.
    La liberté d’expression c’est sympa, mais cela signifie pas que tout les propos soient dignes de publication.
    Un peu plus de rigueur dans le choix de ce qui peut être publié permettrait, me semble-t-il, de redonner du peps au blog.
    Bonne continuation!
    m

  49. « L’institutionnalisation n’a pas eu lieu parce que je suis passé sous des fourches caudines, elle a eu lieu parce que mon message est passé EN DÉPIT de sa radicalité. Autrement dit, mon message a convaincu, et de cela je dois me réjouir plutôt que m’en affliger. »

    Nous dit Paul Jorion. Possible, oui. Mais il y a aussi cette option :

    http://blogsofbainbridge.typepad.com/avertis/images/tabac3.jpg

    Comment vraiment savoir si le message passe et convainc ou si ça revient à pisser dans un violon ? Voilà une vraie question pour intello !

  50. Vieu lecteur de ce blog, je décrirais ma propre consommation de celui-ci selon trois temps distincts:

    Premier temps, la découverte: L’auteur défendait alors des idées dans lesquelles je me reconnaissait énormément, du moins énormément plus que tout ce que je pouvais lire ou entendre par ailleurs. J’ai donc passé des journées et des nuits entières à le lire et à y participer.

    Deuxième temps, l’impatience: Fort de plusieurs années de lecture assidue du blog, de formation autodidacte sur les sujets économiques notamment et décidé à « changer de braquet » dans une exploitation plus concrète de tout ce savoir, je posais ici même, comme beaucoup d’autres personnes à l’époque, la question récurrente du : « Que faire ensuite? », à laquelle personne n’obtint jamais d’autre réponse que de très nébuleuse, de type « il faudrait que les institutions reprennent nos propositions » et autres ellipses commodes. En la matière, la seule réalisation palpable de ce blog était et reste encore à ce jour le partage de plats de spaghettis quelque part du côté de Bruxelles. Maigre résultat…

    Troisième temps, le décillement : Sans aucune concrétisation ni même de perspective en la matière, aux vues d’une dérive droitière de la ligne éditoriale sous la férule probable des ABPJ, j’ai du me rendre à l’évidence que ce blog n’était que le siège d’un divertissement attaliste, pour ne pas dire une de ces diversions dont cette gauche de droite qui ne s’assume pas mais qui, tel le chat de Schrödinger, a à la fois perdu et gagné les dernières élections, détient le secret.

    Jorion a capitalisé pendant une décennie sur son analyse de la crise des subprimes, non pas qu’elle ait d’ailleurs été la marque d’une perspicacité particulière de son auteur, mais plutôt par le fait qu’il se soit trouvé non pas seulement à l’épicentre mais carrément au foyer du phénomène. Il ne s’en cache d’ailleurs pas, ce qui ne semble pourtant pas ébranler la foi de certains de ses lecteurs.

    Quoi qu’il en soit peu à peu, les gens se sont peut-être quand même rendu compte qu’en dehors de quelques gloses aimables et d’autres moins, un peu de nostalgie aussi peut-être, il n’y avait finalement de moins en moins de choses à retirer de ce blog, en tout cas rien de très consistant, et pas d’avantage à y apporter, d’ailleurs.

    1. Je me réjouis dans ce cas-là à la pensée que vous tomberez de votre chaise à la lecture de Vers un nouveau monde (à paraître le 23 août). Les cimetières sont pleins de gens ayant vainement attendu ma « dérive droitière » 😀 .

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