LE VIF/L’EXPRESS, Le nombre des billets de banque, 15 – 21 mars 2012

19 mars 2012 par Paul Jorion | Print LE VIF/L’EXPRESS, Le nombre des billets de banque, 15 – 21 mars 2012

La première de mes chroniques pour l’hebdomadaire belge. L’article, sous la forme où il a paru.

On considère à juste titre que le livre où débute une réflexion moderne sur l’économie, est l’« Enquête sur la richesse des nations », publiée en 1776 par le philosophe écossais Adam Smith, connu jusque-là pour sa « Théorie des sentiments moraux » parue dix-sept ans plus tôt.

Une véritable « science » économique n’existe donc que depuis un peu moins de deux siècles et demi. Comme l’a cruellement mis en évidence la crise qui a éclaté en 2007 et dont les épisodes successifs font sombrer toujours davantage le navire de l’économie mondiale, les découvertes incontestables de cette « science » économique sont rares. Si elles avaient été plus nombreuses, il aurait été plus facile pour les économistes de prévoir cette crise et, une fois que nous y étions engouffrés, de nous expliquer ce qu’il faudrait faire pour en sortir. Or, comme chacun le sait, on n’entendit sur les deux sujets : avant et pendant la crise, qu’un long et pesant silence.

Une découverte faite par David Ricardo dans son rapport de 1810 sur « Le prix élevé des lingots » constitue l’une de rares certitudes de la « science » économique. Pour situer rapidement Ricardo au sein de celle-ci, disons que la moitié au moins de ce qu’on trouve chez Karl Marx, se trouve déjà chez Ricardo et que la moitié au moins de ce qu’on trouve chez celui-ci se trouve déjà chez son prédécesseur Adam Smith.

Ricardo a découvert que pour maintenir la stabilité des prix dans la zone économique correspondant à une monnaie, sa banque centrale doit réguler le volume de celle-ci en fonction des fluctuations de la richesse nationale : si de la richesse est créée, de la monnaie nouvelle doit être mise en circulation pour un montant équivalent, si de la richesse disparaît au contraire, de la monnaie doit être retirée d’un même montant. Si l’on imprime trop de billets sans « équivalent-richesse », les prix grimpent – c’est l’inflation ; si l’on n’en imprime pas assez, les prix baissent – c’est la déflation. L’une et l’autre sont mauvaises : si les prix augmentent, il faut que les salaires suivent et leur hausse se reflètera dans le prix des produits : on s’engage dans une « spirale inflationniste », qui peut déboucher sur de l’hyperinflation, comme celle qui tua l’assignat pendant la Révolution française, ou celle qui ravagea l’Allemagne dans les années 1921 à 1924, époque où il fallut remplir une brouette de billets de banque pour acheter du pain au coin de la rue. Dans le cas inverse de la déflation, comme les prix baissent, tout sera moins cher demain et chacun attend encore avant d’acheter, du coup, l’économie s’arrête brutalement.

Je parle de tout cela pour une raison précise : depuis 2008, nos banquiers centraux agissent comme s’ils n’avaient jamais entendu parler du principe de « réglementation de l’émission de monnaie » de Ricardo, l’un des rares acquis pourtant de la réflexion économique.

Les États-Unis ont pris l’initiative en 2008 avec un QE1, suivi d’un QE2 en 2010. « QE », c’est pour « quantitative easing », ce qui se traduit par « assouplissement quantitatif », terme moins inquiétant que « planche à billets », l’expression utilisée pour décrire ce qu’il ne faudrait jamais faire : imprimer de la monnaie non pas parce que de la richesse a été créée, mais simplement parce qu’on ne peut pas faire autrement : parce qu’un trou financier s’est creusé et qu’on s’efforce de le combler en y déversant des tombereaux d’argent.

En septembre 2008, la crise atteint son paroxysme à la suite de la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, et un total d’un « trillion » de dollars est déversé sur le système financier. Un « trillion », c’est mille milliards de dollars. On n’avait jamais eu l’occasion de mentionner des sommes d’un tel ordre, et on espérait ne plus jamais devoir le faire.

En décembre 2011, la Banque centrale européenne prête aux banques pour trois ans, 489,2 milliards d’euros en vue simplement de les remettre à flot. Le mois dernier, la BCE a prêté 529,5 milliards d’euros supplémentaires. Le total se monte à 1.018,7 milliards d’euros et le « trillion » de dollars nécessaire pour stopper l’hémorragie engendrée en 2008 par la chute de Lehman Brothers a donc été enfoncé.

On n’avait pas le choix paraît-il : le secteur bancaire européen était insolvable dans son ensemble : les banques devaient plus d’argent qu’elles n’en avaient. Pourtant, on le sait depuis 1810 grâce à Ricardo, la planche à billets, c’est la solution du désespoir. Si on y recourt, le système monétaire se dérègle en peu de temps, jusqu’à devenir ingouvernable. Nous sommes prévenus.

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173 commentaires

  1. Est-ce que Law vers 1720 n’a pas déjà démontré par l’exemple les dangers de l’usage de la planche à billets?

  2. Thomas

    Bonjour,

    Quelque chose m’interpelle depuis quelques temps quant à l’opportunité de l’usage de cette fameuse « planche à billets » dans le contexte actuel.

    Je pense en effet que, depuis une trentaine/quarantaine d’années, énormément de richesse a été produite : surproduction, innovations technologiques majeures… Après, les salaires ont stagné (paraît-il), la machine financière s’est emballée, et nous nous retrouvons au jour d’aujourd’hui.

    J’aurai donc deux questions :

    1 – Si on admet que depuis trente/quarante ans, la richesse (en Europe, par exemple) a augmenté, est-ce que la Banque Centrale compétente à l’époque a fait varier la masse monétaire en conséquence ? Dans la négative, est-ce qu’un « rattrapage » comme celui en cours déclenche de l’inflation ?

    2 – La machine financière s’est mise en route partant du principe que « les gens » ne consomment plus sur leur salaire notoirement insuffisant, mais sur la capacité d’endettement liée à leur salaire. Donc les prix ont forcément augmenté pour le commun des mortels, puisqu’il faut payer les intérêts. Or, je pense que les prêteurs se sont empressé de réinvestir les promesses de gain d’intérêts. Cette boucle peut-elle être assimilée à une création monétaire par les banques privées ?

  3. bertrand

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/03/19/97002-20120319FILWWW00352-societe-generale-cede-100m-de-creances.php

    refeleme 1*2=2 acheté à crédit 30 ans =6 , dévalué de moitié = 0,5 : écart 12 fois * 30 ans = 360 ans
    Aussi toxique que les déchets nucléaires la spéculation immo à effet de levier.

  4. KIMPORTE

    toutes analogies avec les catastrophes nucleaires sont a exclure.

  5. [...] Blog de Paul Jorion » LE VIF/L’EXPRESS, Le nombre des billets de banque, 15 – 21 mars 2012. [...]

  6. Nicks

    Il me semble que la création monétaire doit se déterminer d’abord en fonction de sa direction. Ensuite, il faut rééquilibrer. Sans les QE nous allions droit au clash. En se contentant uniquement de ça, nous iront également. En revanche, récupérer le droit souverain d’émettre monnaie, contourner les marchés financiers, les restructurer avec des pertes indispensables mais partiellement compensées par la banque centrale, sachant qu’un peu d’inflation n’est pas mortelle, discuter alors d’un nouveau système monétaire, sont des étapes possible d’un cheminement vers la sortie de crise.

    • Vous êtes le même Nicks que ces jours derniers ? Un peu de patience, vous me semblez déjà au 2ème tour.

      • Nicks

        Le même ! Pourquoi, vous voyez des différences ?

        J’anticipe un peu le deuxième tour, c’est possible. Il faut bien se projeter un peu…

    • Une entreprise crée deux choses, et non pas une seule : Elle crée une offre de produits, et une demande (salaires, profit, – bénéfice net d’exploitation), ce qu’on oublie trop souvent, mais ce que la Loi des débouché de Say rend visible. Comme dirait l’autre (Bastiat), on voit les produits mais ce que l’on en voit pas, c’est la demande. Vous ne la voyez pas, pourtant elle ne vient que de là, n’est-ce pas ? Or la demande est l’unique chose qui importe.

      Dans une économie dirigée, on produit en fonction d’une demande connue. Dans une économie libre, on produit en espérant que les produits trouveront un « débouché », sur un marché. Or globalement, le débouché est inférieur à ce qui est produit, et le système monétaire n’y changera rien du tout !

      Vous pouvez démontrer cette thèse par récurrence, prenant 1 entreprise, vérifiant que ses salariés ne peuvent jamais acheter l’ensemble de ce qu’ils ont produit (du point de vue strictement comptable) et généralisant à l’ensemble du monde.

      Vous pouvez aussi faire intervenir des considérations macroéconomiques du genre, – en temps de crise l’investissement décroit car le marché est saturé, donc les profits manquent à la demande etc.

      D’autre part le monde est une autarcie, et le capitalisme est incompatible avec cet état de fait, se heurtant à l’impossibilité d’étendre ses exportations. Sans exportations, la demande est toujours insuffisante pour la zone concernée.

      Le capitalisme est fractale au sens où les déséquilibres se retrouvent à toutes les échelles et pour les mêmes raisons. Les anomalies sont homothétiques et indépendantes de l’échelle d’observation.

      Autrement dit, faire reposer la demande sur le salariat cela ne permet pas d’atteindre un équilibre. Effacer les dettes, changer de système monétaires sera sans effet à ce niveau, et donc inutile.

      • Marlowe

        Dans une économie libre, on produit en espérant que les produits trouveront un « débouché » sur le marché.

        Non, mille fois non.
        On ne produit pas des produits mais des marchandises.
        Et on ne produit pas « en espérant » : on dirige l’usage, par la publicité et l’évolution dirigée des comportements.
        Et qui est donc « on » ?
        Mais ce sont les capitalistes, tout simplement !

      • toutouadi

        Or la demande est l’unique chose qui importe.

        Quand la production est supérieur ou égale à la demande, ce qui le cas depuis la fin des années 60.

  7. Marlowe

    La science économique n’est qu’une idéologie.

    « Le développement des forces productives a été l’histoire réelle inconsciente qui a construit et modifié les conditions d’existence des groupes humains en tant que conditions de survie, et élargissement de ces conditions : la base économique de toutes leurs entreprises(…) »
    Guy Debord. La Société du Spectacle (1967) Thèse 40.
    L’étude de l’histoire de l’économie commence logiquement là et quand l’économie prend visiblement son envol avec le développement de l’industrie.
    Le temps cyclique devient le temps irréversible qui transforme le monde de fond en comble. « L’économie transforme le monde, mais le transforme seulement en monde de l’économie. »
    Le temps est venu d’étudier ce monde et ce qui le transforme. Cette étude se présente alors logiquement comme une science qui veut déterminer des lois qui permettent par leur intelligence et leur mise en pratique une gestion raisonnée.
    Ce qui est en train de naître sous les yeux d’Adam Smith et de ses premiers commentateurs ne peut pas être compris selon les termes de la loi scientifique puisque c’est – comme Marx le démontrera – non pas un ensemble de lois mais un ensemble de luttes.
    Marx établit rapidement qu’il n’y a que deux classes pures, la bourgeoisie et le prolétariat. Ainsi il est nécessaire de choisir son camp dans l’affrontement historique qui est depuis apparu visiblement sur le terrain social.
    La « science économique » se transforme alors en idéologie au service de la classe dominante.
    Il reste que dans les premiers temps où l’étude de l’économie tentait de dégager des lois, elle a établi quelques certitudes, en particulier sur la monnaie, que l’idéologie libérale s’est empressée d’oublier : le danger du recours à « la planche à billets » en est le meilleur exemple.

    • Baillergeau

      « Il reste que dans les premiers temps où l’étude de l’économie tentait de dégager des lois, elle a établi quelques certitudes, en particulier sur la monnaie,…)
      Cet argument mérite que soit indiqué les références – Merci -

      • Marlowe

        à Baillergeau,

        Il existe des références sensées être connues, et en ce qui concerne les références à la création monétaire, il me semble que Paul Jorion vient de les rappeler dans son texte (Ricardo).
        Par ailleurs, je pense qu’il n’est pas nécessaire de donner des références pour justifier un propos ou entamer une discussion.
        Quand j’étais jeune, on m’a souvent dit qu’il fallait apprendre à penser par soi-même…

      • Baillergeau

        @Marlowe
        Votre observation eût pu être un peu moins désobligeante.

    • toutouadi

      Marx établit rapidement qu’il n’y a que deux classes pures, la bourgeoisie et le prolétariat.

      Faut pas exclure qu’il se soit trompé. Comme sur son mépris du lumpen prolétariat.

      • Marlowe

        Je pense que pour Marx la bourgeoisie est la classe de l’économie en développement et que le prolétariat est défini par sa position en tant que classe de la production consciente.
        Il est possible qu’il se soit trompé.
        Voulez-vous nous en dire plus ?

        P.S. Ma réponse est valable pour Léoned

      • toutouadi

        Ok Marlowe

        Je viens de terminer un repas assez arrosé mais demains je vous répondrais.
        Hélas mes références dans la connaissance du marxisme sont plutôt légères et donc mes réflexions seront plus intuitives qu’intellectuelles (ce qui est souvent le cas) donc sujet à caution et à relativiser.
        Mais comme Leoned et dans « argent mode d’emploi » la classification de PJ des classes sociales (capital ou rente, entrepreneur et salariat) m’a interpellé, car sans savoir le formuler mes réflexions s’axaient autour de ça.

      • Léoned

        @ Marlowe

        Comme la question s’adresse aussi à moi, je me permets d’y répondre (même s’il me semblait l’avoir déjà fait).

        Ce que Marx désigne par « bourgeoisie » ce sont les possesseurs des moyens de production, et ce qu’il désigne par « prolétariat » ce sont ceux qui ne disposent que de leur force de travail.

        Sauf que : ceux qui « possèdent » les moyens de productions, les capitalistes (en termes actuels), ne sont pas les « patrons ». Enfin pas toujours, et même de moins en moins (surtout si on compare avec l’époque où Marx écrit, ce qui, sans l’excuser, explique son erreur).
        Sauf que la « possession collective » desdits moyens de production, n’a su prendre forme qu’à travers le capitalisme d’État. Est-ce mieux ?
        Sauf que dans nos contrées prospères, le prolétariat (au sens marxien) a quasiment disparu. Hélas pas assez, mais quasiment quand même. On a relégué ledit prolétariat dans de lointaines contrées peu visibles d’ici, ce qui est rassurant (non ?).
        Sauf donc qu’entre ces deux « classes », se place celle des « entrepreneurs ». Eux ils créent une activité, utilisent leur force de travail pour monter une entreprise, etc.
        Que même le système des stock-options (dont je redis avec une insistance que certains trouveront lourdes) qu’il est ancestral sous d’autres noms, n’a pas réussi à complètement amalgamer cette classe intermédiaire à la première. Parfois même, au contraire.

        Resterait, au passage, à définir avec précision ce qu’on appelle ainsi « moyens de productions » ! Les machines, OK, les bâtiments, soit, les matières premières, ma foi …, mais les bonhommes qui triment z’en font partie ? (Ben chez Marx, oui).

        Jorion ajoute une 4ème classe : celle des marchands. Je ne suis pas d’accord avec lui sur le sujet, mais ce sera l’objet d’un autre commentaire.

    • Léoned

      Je vais essayer de répondre à tout le monde (sauf à Toutouadi dont je cosigne volontiers le billet, même que je serais plus méchant que lui).

      Je suis également d’accord avec Baillergeau quand il demande des références ! Parce que, justement pour moi, Ricardo ce n’en est pas une ! C’est même l’inverse : un des moments historiques où la théorisation a dérapé !

      Il est faux de dire que l’Histoire de l’économie commence au XVIIIe, de nombreux penseurs y ont réfléchi avant. Et, même sans remonter à Aristote, des Bodin, des Oresme (cité récemment) et des tas d’autres avaient commencé.
      Ce qui change, au milieu du XVIIIe, c’est la Révolution industrielle (la machine à vapeur, en fait). Ça amène certains (Smith et ses successeurs – remarque : je n’ai aucun, mais vraiment aucun, mépris pour Smith) à essayer de comprendre le « comment ça marche » tel qu’ils le constatent.

      Sauf qu’ils se sont gourés ! En particulier sur la monnaie. (Même Marx, qui pourtant, lui, la réintroduit dans le process). [A titre d'exemple : Marx n'arrive pas dans ses textes à penser autrement qu'à la monnaie or !]

      Il n’y a pas « deux classes pures » ! Quoiqu’en dise Marx. Je redis (lire Jorion) y’en a au moins trois (suis moins d’accord avec lui sur la 4ème).
      Se contenter d’opposer le « bourgeois » avec le « prolétaire » est une des raisons des échecs successifs des socialismes.
      Serait peut-être temps de se remettre à l’ouvrage, non ?

      • Tigue

        La condition humaine : se payer de mots ou d’ images et y croire fermement.

         Sur sa toile, Magritte disait : « on peut supposer que derrière le tableau, le spectacle soit différent de ce que l’on voit » et, à un Américain qui lui demandait ce qu’il y avait derrière, il répondit : « il n’y a rien ‘’derrière’’ cette image. Il y a derrière les couleurs du tableau, la toile. Derrière la toile, il y a un mur, derrière le mur, il y a…etc. Les choses visibles cachent toujours d’autres choses visibles. Mais une image visible ne cache rien » et d’ajouter : « je pense que ces façons de comprendre ces tableaux devraient être données comme des exemples d’associations d’idées qui peuvent naître grâce à ces tableaux, mais ces idées ne sont, parmi mille autres possibilités, que le signe d’une activité mentale qui laisse jusqu’à nouvel ordre intact et irréductibles, les images qui les font naître. »

      • Tigue

        Suite
        Cela marche aussi avec les mots , qui, comme les belles images peuvent raconter de belles histoires très « réalistes » dans leur style, et qui font donc « très vrai ».

        Alors il faut pas « trop croire » aux idéologies (d’ un côté comme de l’ autre), il faut essayer de faire comme les sages-enfants quand ils jouent à se raconter des histoires : ils arrêtent quand ce n’ est plus drôle, et s’ en inventent une autre plus marrante…

      • @Tigue

        C’est sûr, tout le monde essaie de fouiller le passé à la recherche de la clef permettant de comprendre la situation actuelle, ou de l’élément ou de l’état d’esprit, d’un indice permettant de faire avancer d’un cran la situation, de créer une mobilisation, d’éviter les erreurs également.

        Indice, recette, idéologie, discours ou image… mythe ? Pays ? Prosodie ?

        Comme en thérapie, la compréhensible ne fait pas avancer. Le « Logiciel » pour infiltrer la conscience, doit être incompris, ce qui exclus 150000 pages et 99% des pays, écrits, etc.

        On a beaucoup fait lorsqu’on enrichit le vocabulaire car c’est le chemin vers l’élargissement de la pensée et le dépassement de l’immédiat, des règles étriquées, et du présent, – vers toujours autre chose, vers l’utopie. Par la s’introduit l’infini dans la pensée et dans la conscience.

        Échapper au militantisme des partis politiques, du « programme » tout fait.

        Thomas Mann touche juste dans la Montagne magique ! Davantage que Céline, pourtant mon auteur favori, mais trop désespéré. Il faut être exilé dans son propre pays, dans sa culture, dans on temps. Laver son regard le matin, avec Th. Mann, ou même kafka.

        Sachant qu’il faut aller vers l’ailleurs il n’est pas possible de rester avec les voisins, tels que Montaigne, etc. Notre pays est bien gentil mais son esprit est forcément celui d’un voisinage confortable. Avoir la force de l’arrachement.

      • Justin

        Vous avez parfaitement raison de rappeler J. Bodin juriste angevin qui écrivait en 1568 « La cause principale de l’élévation des prix est toujours l’abondance de ce avec quoi le prix des marchandise est mesuré »

        Source : Michel Beaud « Histoire du capitalisme 1500-2010″ collection point économie pg32 qui lui même cite comme source J Y Lebranchu « Ecrits notables sur la monnaie » Alcan1934 pg84 qui lu-même cite J Bodin « Réponses aux paradoxes de M de Malestroit, touchant l’enchérissement de toute chose » 1568.

  8. Contempteur

    « Si on y recourt, le système monétaire se dérègle en peu de temps, jusqu’à devenir ingouvernable. Nous sommes prévenus. »

    Et nous en sommes sur cette route, juste avant le contrecoup derrière les oreilles des peuples entiers de l’UE. Sans le voir clairement, ceux-ci sentent la chaleur du boulet.
    C’est une des raisons de la « melenchonisation des esprits », comme disait un plumitif à micro d’I-télé et la présence de 120 000 citoyens à la Bastille, hier…

  9. oliv67

    Certains économistes « de gauche » trouvent une corrélation entre inflation et chômage. Ils disent qu’en période de chômage important, il est nécessaire de faire « un peu » tourner la planche à billets et qu’un peu d’inflation n’est pas grave si cela permet de faire repartir la croissance de manière plus importante. Cette assertion est-elle prouvée par une recherche empirique ou s’agit-il d’une croyance fondée sur de l’irrationnel ?

    Autre question de débutant monétiser une dette est-ce bien la même chose que « faire tourner la planche à billets » ?

    • Je ne sais pas de quels économistes vous parlez, ce serait plus simple avec des noms. Ce que vous rapportez ressemble un peu à ce qu’on appelle du « Keynesianisme », c’est-à-dire la pensée de Keynes après qu’elle soit passée sous un rouleau compresseur. La pensée de Keynes est de gauche, le Keynesianisme est de droite. Je ne sais pas si je réponds à votre question.

      Monétiser la dette d’un État, c’est la faire racheter par sa Banque centrale (voir l’image du serpent Ouroboros qui se mange par la queue). À moins que la Banque centrale ne dispose d’autres ressources pour le faire, ce qu’elle fait équivaut en effet à la planche à billets (l’image du serpent Ouroboros suggère à juste titre que la politique en question est désespérée).

      • Marlowe

        Mélenchon, le keynésien de notre temps.

        Si je ne me trompe pas, les propositions du Front de gauche et de son candidat, si présentes sur ce blog et dans les médias, sont issues de la pensée de Keynes.
        De ces propositions, qui représentent un moindre mal dans les diverses idéologies déployées dans la campagne électorale, je me demande si elles ne viennent pas trop tard.

      • oliv67

        Merci de votre réponse,

        Je pensais à Jacques Généreux ou certains économistes atterrés que j’ai entendu dire cela, un peu d’inflation de fait pas de mal en période de chômage fort. Je me demandais quels sont les fondements théorique de cette assertion qui me semble contraire à ce que vous dites. Au passage merci pour « l’argent mode d’emploi » que je suis entrain de lire et qui est passionnant.

      • Léoned

        Excellentes doubles remarques :

        Keynes est de gauche, le Keynésianisme est de droite.

        et

        le serpent Ouroboros qui se mange par la queue

        (PS : Maudit soit Hicks !)

        Mais je le répète : ne pas confondre le QE (terme actuel donc pour « planche à billets ») avec le financement des États.
        Un État peut (et même doit) investir ! Et pour cela il a parfois besoin d’une avance. Pas seulement des fonds dont ils dispose à l’instant initial. Et là une BC devrait avoir le droit de faire cette avance sans passer par les banques privées.

  10. claundre

    Le choix fait par la BCE comporte un risque à terme. Que fallait il faire ? Quelles solutions vous paraissaient plus appropriées ? Pourquoi d’autres solutions n’ont elles pas été mises en oeuvre ?

    • karluss

      c’est un rapport de forces doublé d’un conflit idéologique car les intérêts en jeu sont énormes, et ceux qui tiennent les rênes ne veulent pas les lâcher.

    • El JEm

      au MINIMUM, il eut fallu utiliser cette intervention pour régler le problème et mettre au pas la finance, afin de pouvoir ensuite agir sur l’économie.

      • Léoned

        Nous sommes d’accord.

        Il aurait donc fallu
        soit que la BCE prêtât directement aux États en les obligeant à investir (sous par exemple contrôle du Parlement Européen (après tout c’est bien le rôle initial d’un parlement, non ?) )

        soit que cette même BCE prêtât directement aux entreprises (européennes) (moins simple à mettre en œuvre je vous l’accorde)

        Ben non, elle prêta aux banques privées. Comme c’est bizarre.

  11. Un naïf

    Pourtant, on le sait depuis 1810 grâce à Ricardo, la planche à billets, c’est la solution du désespoir. Si on y recourt, le système monétaire se dérègle en peu de temps, jusqu’à devenir ingouvernable. Nous sommes prévenus.

    N’est-ce pas ce qui se passe depuis un bail aux USA et depuis peu en Europe ?

  12. Doc Knock

    c’est un hasard ou cette chronique tomble le jour anniversaire de la mort du capitalisme comme vous nous l’aviez decrite le 18 mars il y a 3 ans ?

    • Moi

      @Doc Knock : Bien vu. Si c’est un hasard, il fait bien les choses.

    • En fait, on est le 19. La Bourse va bien (le swap grec), les banques commerciales ont la tête hors de l’eau (la planche à billets). Le capitalisme lui est mort mais le médecin cache encore la nouvelle à la famille (elle ne résisterait pas au choc).

      • karluss

        suffirait-il alors de congeler le cadavre pour laisser perdurer la croyance ? Le 21ème siècle sera bien « religieux », de ce point de vue ;-)

      • @ karluss
        Variante : passes magnétiques « Dormez-vous Monsieur Valdemar ? » (Edgar Alan Poe) ;-)

      • karluss

        @ fusijan : c’est pire que Voldemort, enfer et putréfaction ! :-)

      • Fin du capitalisme, fin du communisme, quelques traits communs:

        Vers la fin du règne de Brejnev sur l’URSS, il sombra un moment dans le coma. Une blague se mit alors à circuler: « le camarade Brejnev a repris son poste de premier secrétaire, il n’a toutefois pas repris connaissance. »

        Lu dans « Confessions d’un homme en trop » d’Alexandre Zinoviev.

      • Camille Lienhard

        Vous dites que le capitalisme est mort, mais cette crise n’est-elle pas celle d’un capitalisme bien particulier qui n’a plus grand chose à voir avec le capitalisme en tant que tel ? Dans les pays occidentaux, le poids de l’état dans l’économie a atteint des proportions inédites, tout comme niveau d’endettement public, bientôt hors de contrôle ; la monnaie de singe imprimée par les banques centrales gonfle les bulles et sauve les mauvais investissements sous le sceau du « too big to fail’. C’est le « state-managed capitalism » qui est mort, sous le poids des ratés des planifications publiques (cf. crise immobilière aux USA) et de l’instrumentalisation des politiques économiques et monétaires par des intérêts privés… Il reste le capitalisme libéral, fondé sur les principes du droit, la neutralité de l’état et une monnaie saine.

      • Non, c’est le contraire.

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        Je suppose que la réponse de P. Jorion s’adresse à vous.

        Je cosigne !

        Toute la crise actuelle vient de ce qu’on a (volontairement) diminué le rôle des États !

      • @Camille Lienhard

        Le dogme libéral est très joli, son seul défaut est d’être un condensé de tout le mensonge possible à imaginer, un concentré de folie et de négation de toute raison, éloigné de plusieurs parsec du commencement de la vérité. Mais c’est beau. Soyons libre, qui pourrai être contre ?

      • j.gorban

        @ Camille Lienhard

        vous me faites penser à l’idéologue qui sévit à la télé : Agnès Verdier-Molinié du (no?-) think-tank ultra libéral IFRAP.

        la Diaforus libérale ……… comme il en existe des milliers qui nous bourrent le mou depuis des lustres.

        en fait peuple ignare, si nous sommes dans la crise , c’est que nous n’avons pas accepté d’appliquer TOUS les préceptes la nouvelle religion du XXIéme siècle : le capitalisme est grand et les économistes sont les prophètes …… de malheur.

        rêpentez vous ! acceptez que les possédants soient toujours plus riches ! car ils pourront vous faire l’aumône !

      • Camille Lienhard

        je vois… merci pour ces démonstrations implacables !

      • Léoned

        @Camille Lienhard

        Comme je sens dans votre dernière réponse comme un soupçon de sarcasme (malgré l’absence de smiley, dont, au passage, je vous félicite), je vais essayer d’être plus complet :

        Depuis une grosse quarantaine d’années, on a progressivement interdit aux États
        - de posséder des entreprises (ce qui leur faisait gagner des sous !),
        - d’investir de leur propre chef sans passer par les « marchés » comme on dit, d’où, notons le en passant, une grosse partie de l’endettement desdits États,
        - de même orienter lesdits investissements vers telle ou telle direction (confiant la chose à des organismes privés)
        - etc.

        Et on commence à leur interdire
        - d’avoir une armée,
        - d’avoir une police,
        - d’avoir un système de santé,
        - etc.

        Donc quand je dis qu’on a « volontairement diminué » le rôle des États, cela a un sens précis et documenté.

      • Camille Lienhard

        Pas d’entreprises publiques ? C’est une blague ? Pourtant elles sont définies comme telles dans les statuts de l’UE et nous n’en manquons pas en France. Aux USA aussi il y en a… On les appelle les GSE et parmi elles on trouve Fannie Mae et Freddie Mac, qui se sont illustrées magistralement dans la crise des suprimes.
        Pas le droit d’investir de leur propre chef sans passer par les marchés ? vous voulez dire d’imprimer de la fausse monnaie pour surtout ne pas avoir à s’approcher d’un budget à l’équilibre (ignominie libérale) et s’appauvrir dans l’inflation ? C’est faux pour les cas américain et anglais… et ce n’est même pas vrai dans l’UE, où, comme vous le savez, la règle est contournée par l’acrobate Draghi. Dans tous les cas, c’est un franc succès…
        Pas le droit d’orienter les investissements ? Honnêtement quand je vois les planistes qui nous dirigent (crédits zéro, incitations, niches fiscales, subventions, plans, primes, etc.), je dois dire que ça m’a un peu échappé.
        Quand à l’armée, la police et le système de santé, je ne vois pas trop non plus. Mais je vous rejoins sur un point : les postes régaliens de l’état sont de moins en moins bien assurés… Parce que le système de la social-démocratie pousse l’état à une voracité qui, finalement, l’éloigne de ses fonctions premières.
        En moins d’un siècle, la dépense publique est passée de moins de 10% à plus de 56% du PIB (et la fiscalité a suivi la même tendance). Quand elle sera à 80 %, vous accuserez encore le libéralisme ?

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        Pas franchement envie de répondre, mais bon je vais tenter partiellement :

        Remontez de 20 ans ou 30 ans en arrière : qui possédait FranceTelecom, qui possédait la Poste, qui possédait la SNCF, etc. ? Maintenant que sont devenues ces entreprises ?

        Combien y a-t-il de « mercenaires » actuellement en Irak ?

        Combien y a-t-il de milices privées qui se développent ? (Savez les ‘citoyens vigilants’)

        Combien d’hôpitaux publics sont de fait liés (ou contraints à se lier) à des cliniques privées ?

        Etc.

        Je pourrais continuer ad nauseum, pas envie.

      • Camille Lienhard

        @ Léoned
        1/ les quelques exemples que vous citez (parmi lesquels j’exclus celui des mercenaires d’Irak : quel rapport ?) ne changent rien à la réalité des points que j’ai rappelés : en matières budgétaire, fiscale, monétaire et économique, le poids des états n’a fait globalement qu’enfler depuis plusieurs décennies, comme le montrent les chiffres disponibles sur le sujet. Le fait qu’il y ait eu quelques privatisations n’y change rien ; le répertoire des entreprises contrôlées par l’état sur le site de l’INSEE est assez significatif à cet égard, et pourtant il ne prend pas toutes les données en compte : en France, l’état continue par exemple de planifier le secteur de l’automobile, bien que « privatisé » sur le papier.

        2/ Vous semblez tenir comme un fait scientifique avéré que la privatisation soit un mal. Où sont vos arguments ? A rendement égal, les monopoles étatiques obèrent l’efficacité et maintiennent des prix élevés. Il n’y a qu’à voir et comparer les résultats piteux des secteurs les plus massivement étatisés, telle que l’éducation nationale ou l’enseignement supérieur, lesquels seront bientôt rejoints dans les abysses par notre système de soins.

        3/ Ces exemples n’expliquent en rien la crise dans laquelle nous nous trouvons. Ce qui l’explique bien mieux, c’est l’appétit démesurément exponentiel de nos gouvernements, toujours plus dépensiers, ainsi que leur corrollaire, les déboires d’une finance rendue folle par les incitations, les privilèges et les protections étatiques dont elle n’a cessé — et ne cesse — de bénéficier dans des proportions absolument titanesques.

        Contrairement à ce que vous pensez, nous autres libéraux ne nous berçons pas de l’illusion que les gens sont foncièrement bons et infaillibles. Seulement, nous ne croyons pas qu’ils le deviennent aussitôt qu’ils assument des responsabilités publiques et disposent du pouvoir souverain ; c’est pour cela que nous sommes contre la concentration et pour la limitation des pouvoirs détenus par l’état. Vous pouvez railler le libéralisme. Il n’en demeure pas moins que c’est la seule doctrine qui s’est à la fois élevée contre l’absolutisme au XVIIIe siècle, contre l’esclavage et le colonialisme au XIXe siècle, contre le nazisme et le communisme au XXe siècle. Aux USA, les « doux rêveurs » libertariens qui défendent le libre-marché contre le capitalisme de connivence (comme Ron Paul, qui avait prédit la crise avec une exactitude absolue) sont aussi les seuls à se préoccuper de la sauvegarde des droits naturels qu’Obama, en bon continuateur de Bush, met en péril dans l’indifférence générale (disparition de la BIll of Rights, lois de censure sur internet).

      • Tiens les ultralibéraux sont de retour. On les entendait beaucoup moins en septembre 2008.

      • Camille Lienhard

        On n’a pas entendu les ultralibéraux et on ne les entendra jamais car ils n’existent pas. L’ »ultra »-libéralisme est un courant imaginaire dont personne ne s’est jamais revendiqué et qui existe essentiellement, comme épouvantail, dans les colonnes de la presse française. Pour ce qui est des libéraux (terme européen dont l’équivalent anglo-saxon est libertarien) en septembre 2008, je regrette que vous ne les ayez pas entendus, tout comme je déplore que les dirigeants des pays occidentaux ne les aient pas écoutés. Par chance pour vous, la toile est une grande archive et rien ne s’y perd.

      • Non, non, il vous faut une étiquette bien à vous : le rapport entre les « libéraux » historiques et vous est extrêmement ténu. « Ultralibéraux », « Libertariens », « Anarcho-capitalistes », faites votre choix, mais laissez les libéraux comme Saint-Simon ou Auguste Comte tranquilles, ils n’ont rien à faire en votre compagnie.

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        C’est pas pour vous froisser, mais je ne vais vous répondre que sur le point que vous avez exclu !
        Pour les reste, il est clair que je perdrais mon temps.

        j’exclus celui des mercenaires d’Irak : quel rapport ?

        dites-vous !
        Et vous ne voyez pas le rapport !

        Une des dernière « fonctions régaliennes » (l’armée) des États est en train de disparaître sous vos yeux et vous ne voyez pas le rapport !

        OK, si j’en crois le reste de votre texte, une armée « privatisée » sera à la fois mieux gérée et plus efficace qu’une armée nationale. Ça doit être pour ça.

      • Moi

        @Camille Lienhard: « en septembre 2008, je regrette que vous ne les ayez pas entendus, tout comme je déplore que les dirigeants des pays occidentaux ne les aient pas écoutés »

        Pas autant que moi. On ne parlerait plus du capitalisme aujourd’hui.
        Cet idiot de Bush, qui est bien l’un des seuls dans ces milieux a croire aux fadaises libérales, a bien laissé très orthodoxement tomber Lehman Brothers. Mais ils ont bien vite compris la bévue, les bougres.

        @Paul: « laissez les libéraux comme Saint-Simon ou Auguste Comte tranquilles, ils n’ont rien à faire en votre compagnie. »

        Pas si sûr.

      • Camille Lienhard

        Ne vous inquiétez pas, il ne m’était nullement venu à l’idée de convoquer Comte et Saint-Simon. Puisqu’il me faut une étiquette bien à moi j’opte pour « ultragigalibéral » (« ultralibéral » étant un peu timide pour désigner quelqu’un qui aimerait voir le poids de l’état dans l’économie passer en dessous de 50 %.)

      • Thomas

        « (comme Ron Paul, qui avait prédit la crise avec une exactitude absolue) »

        Ron Paul n’a rien prédit, il radote seulement tel un Hayek ou un Von Mises que toute crise économique est le produit des idées socialistes au sein du Capitalisme. Et ce grand expert de demander la faillite des banques pour purger une fois pour tout le système. Visiblement il existe des capitalistes qui vous vendront la corde en croyant tous nous sauver.

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        Tiens en reparcourant les commentaires d’autres fils, je viens de tomber sur ça :
        http://www.guardian.co.uk/uk/2012/mar/02/police-privatisation-security-firms-crime

        Comme complément à ce que je disais auparavant. (C’est dans le commentaire n° 10 du billet de Fr. Leclerc de ce jour)

      • juan nessy

        @Camille Lienhard :

        Comment mesurez vous le poids dans l’économie , le poids de l’Etat dans icelle , le poids du reste ?

        50 % …. pourcents de quoi ? quelles unités ?

      • Camille Lienhard

        @ Thomas Bien sûr, quand un libéral a raison, c’est au hasard de ses radotages séniles. Le too big to fail et ses dollars fraichement imprimés, c’est tellement plus raisonnable.

        @ Léoned Vous pouvez me montrer un pile d’articles comme celui-là… Je n’ai jamais dit que j’étais pour la privatisation des fonctions régaliennes. A la déliquescence que vous décrivez, on pourrait ajouter celle de la justice. Mais je maintiens que ça n’a rien d’étonnant vu la dispersion des moyens de l’état sur tous les fronts. L’état fait de la télé, subventionne la presse, nous dit quels artistes soutenir, quoi manger, quoi boire, quoi dire, quoi apprendre à nos enfants, comment dépenser notre argent, quand et comment changer notre voiture, etc. A chaque liberté perdue, les gens applaudissent.

        @ Juan Nessy Je parlais de la dépense de l’état par rapport au PIB. Ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres, j’en conviens. On pourrait aussi parler du poids de la fonction publique, de la pression fiscale, de la dette publique et, hors chiffres, du dirigisme économique en général.

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        Histoire d’être plus complet, je vous invite à regarder le graphique ci-dessous :

        Et en particulier, à observer attentivement la ligne orange (pas seulement les jolis rectangles violets qui déjà pourtant).

        (Ah oui : source INSEE que vous invoquiez vous-même)

      • vigneron

        Lienhard

        En moins d’un siècle, la dépense publique est passée de moins de 10% à plus de 56% du PIB…

        « Dépense publique » de la France « exprimée relativement à son Pib » en 1920 (Christine André et Robert Delorme, « Le Budget de l’État », in Cahiers français no 261,mai-juin 1993) : 32,8%…
        Pas « moins de 10% »… Par ailleurs la plus grosse part de la « dépense publique » est constituée aujourd’hui par la « dépense » sociale, soit le produit de la redistribution par les ASSO des charges salariales obligatoires, des taxes sociales dont principalement la CSG ainsi que des prestations directement versées par l’État (retraites des fonctonnaires) ou les collectivités territoriales. Elle s’élevait à combien d’après vous la « dépense » sociale en 1920 dans ces 32,8% ? Sachant qu’aujourd’hui cette « dépense » sociale représente seule un chiffre égal à plus de 30% du Pib, soit près de 60% de vos 56% de « dépense publique » – sans compter que vous finissez gaillardement par les rebaptiser, en réponse à Juan Nessy, « dépense de l’État »…
        De plus, désolé, mais exprimer de but en blanc la « dépense publique » en part de PIB et même si celui-ci est devenu la valeur-étalon, c’est pour le moins tendancieux et en tous cas propre à nouer dans des esprits non-avertis un lien plus que malencontreux entre deux objets finalement assez étrangers, pour ne pas dire étranges en eux-mêmes sous bien des rapports…
        Sur le sujet – et sur bien d’autres d’ailleurs concernant votre approche (dérive devrais-je dire) pseudo-libérale – lisez donc Francisco Vergara…
        http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2011/11/14/la-part-des-depenses-publiques-dans-le-pib_1603246_3232.html

      • juan nessy

        @Vigneron :

        Pas mieux .

        Il suffit parfois de la réalité ( qui oblige à définir ses objets de mesure et leurs unités ) , pour que la vérité soit un peu moins  » ajustée » .

      • Léoned

        Pour aller dans le sens de Vigneron et de juan nessy

        Marre, marre mais marre d’entendre parler de PIB !

        Cet agrégat imbécile inventé pour le besoins de la cause.

        Soyons concrets : l’essence que vous consommez pour cause d’embouteillage augmente le PIB ! Si Madame, pouvez vérifier. A l’inverse, le PIB ne tient pas compte de la pomme que vous cueillez dans votre jardin ! Fait pas partie des biens marchands. Dois-je ajouter le bénévolat (non pris en compte), le recyclage (ignoré), le travail au noir (mal, ou pas, mesuré), etc.

        Le PIB est une connerie. Et s’en servir pour mesurer quoi que ce soit une sottise.

      • Reiichido

        @Leoned

        Le PIB, c’est de manière comptable la somme des revenus des habitants d’un pays. Ce qui explique qu’il s’accroit avec la consommation d’essence, les accidents, etc…

        Certes, et vous avez raison de le souligner, ce n’est pas la panacée, mais ce n’est pas non plus totalement arbitraire comme vous auriez envie de la croire.

      • Léoned

        @ reiichido

        Je ne dis pas que le PIB est un truc arbitraire.

        Je dis juste que c’est un mauvais instrument de mesure de la richesse d’une nation.

        Et que, s’il voulaient s’en donner la peine, les statisticiens de l’INSEE (ou d’autres organismes genre OCDE) pourraient sans grand mal à notre époque en fabriquer de plus pertinents.

        Seulement voila : qui y aurait avantage ?

      • timiota

        @ Vigneron
        Merci, intéressant.
        Nous aurions donc en quelque sorte « monétisé » (puis compté dans le PIB en partie) le soin, le soin aux actifs (Sécu), aux retraités, etc. Toutes choses qui effectivement n’étaient que du ressort privé (et donc injuste aux pauvres)… Je le dis peut être mal, mais c’est là une autre évolution majeure (en plus des techniques, des énergies, et des flux de marchandisess, d’information et de services…) qui aurait mérité d’être détourée davantage qu’elle ne l’a été pour comprendre « La Richesse des Nations ». (Ah, j’ai dit « nation » mmmm ).

      • Léoned

        Histoire de compléter (pas de contredire) la réponse de Timiota :

        Oui, on compte maintenant dans le budget des nations (moi ce mot ne me gêne pas : Je suis de nationalité française, j’en suis fier, et, si c’était possible simplement, je demanderais en plus la nationalité européenne) des dépenses qui n’y étaient pas avant. Dont, en particulier, les dépenses sociales, ce qui est un acquis du CNR (remis en cause par la Droite depuis des années).

        Remarquons, au passage, que dans ses « comptes sociaux », il n’y a pas seulement les retraites, la sécu, mais aussi l’éducation et, plus généralement, tous les frais entraînés par le financement de la jeunesse : crèche, congé maternité, etc.

        Oui, c’est ce qu’on appelle l’État providence, le grand ennemi !

      • timiota

        @ Leoned
        N’est ce pas alors un des grand « désencastrement » qui met l’économie hors de la société ? (Concept de Polanyi : l’économie comme « encastrée » (embedded) dans la société…et le fait qu’une partie en soit désencastrée et en vienne à prendre le dessus pose problème).

        C’est un mouvement à double direction. On a mis en place d’immenses flux quantifiables là où il n’y avait que le soin entre proches, et on voit aussi comme, au hasard, les labos pharmaceutiques viennent se greffer et pomper le sang là-dessus (merci Servier).

        Hors sujet, pour ceux qui suivent l’actualité universitaire : la création scandaleuse de la section de « Criminologie » au CNU (section 75) pour complaire à Alain Bauer et ses sbires. Voir sur le blog de Sylvestre Huet Sciences2.. écoeurant…

      • Léoned

        @ timiota

        C’est le rêve (l’idéal ?) libéral : sortir de l’économie tout ce qui n’est pas strictement marchand.

        Deuxième rêve : rendre marchand tout ce qui ne l’était pas.

        Ça a parfois du bon : la privatisation de la distribution de l’eau par Haussmann au milieu du XIXe a donné accès à l’eau à tout un chacun (avant fallait, dans une ville comme Paris, descendre dans la cour si tu habitais un bon quartier). Pour ça que je ne suis pas un anti-libéral de base.

        Mais ça a parfois l’effet inverse : une fois les réseaux de distribution d’eau terminés, on a convaincu la population de boire de l’eau en bouteille en lieu et place de celle du robinet !
        Pour ça que je suis un anti-(néo)-libéral !

      • Chris L.

        @Leoned,

        Je dis juste que [le PIB] est un mauvais instrument de mesure de la richesse d’une nation.

        le PIB n’est pas, et n’a jamais été, un instrument de mesure de la richesse d’une nation!
        qui a prétendu le contraire?

        Et que, s’il voulaient s’en donner la peine, les statisticiens de l’INSEE (ou d’autres organismes genre OCDE) pourraient sans grand mal à notre époque en fabriquer de plus pertinents.

        l’INSEE n’a jamais prétendu que le PIB était pertinent pour mesurer la richesse d’une nation! L’INSEE définit le PIB comme « Agrégat représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes ». Quel rapport avec la richesse d’une nation?

      • Léoned

        @ Chris L.

        le PIB n’est pas, et n’a jamais été, un instrument de mesure de la richesse d’une nation!
        qui a prétendu le contraire?

        Juste comme ça au hasard, tous ceux qui prétendent rapporter la dette au PIB, ou le déficit au PIB aussi.
        Et ce ne sont pas les seuls !

      • Camille Lienhard

        @ Léoned
        C’est aimable à vous d’avoir mis le graphique qui complète le répertoire des entreprises contrôlées majoritairement par l’état auquel j’ai fait allusion dans mon précédent commentaire, je ne savais pas qu’on pouvait le faire ici. Pour info, je n’ai jamais nié qu’il y avait eu des privatisations sur ladite période.

        @ vigneron
        Pas davantage que je n’ai prétendu que la dépense publique, exprimée relativement au PIB, n’était pas de 32,8 % en 1920. Comme l’indique votre source, elle était autour de 10 % au début du XXe siècle, de 12,6 % en 1912, puis, passant par hauts et bas (mais plutôt hauts que bas) elle a grimpé tout au long du siècle pour arriver à plus de 56 % aujourd’hui. Enfin, je n’ai pas dit que cet indicateur était le seul digne d’être pris en compte, loin s’en faut.

        Sur ce, je prends congé de cette discussion que je n’aurai malheureusement pas le temps de poursuivre — j’ai du trading sur le feu et ce complot des marchés ne va pas s’ourdir tout seul. En tout cas, j’ai pu me rendre compte à quel point le dogme turbo-libéral domine le monde et les esprits et je suis heureux d’avoir pu m’instruire des quelques très rares anticonformistes qui ont l’audace de s’en affranchir.

      • Léoned

        @ Camille Lienhard

        Visiblement vous avez un problème pour lire les graphiques !

        1ère remarque : observez la ligne du bas (celle qui donne les dates) et vous remarquerez que c’est sous les gouvernements de la droite « libérale » que le nombre des entreprises contrôlées par l’État a augmenté. (Et inversement d’ailleurs).

        2ème remarque : une partie de cette augmentation numérique vient de l’éclatement en plusieurs sociétés d’entreprises auparavant uniques (le cas type est la SNCF).

        3ème remarque : j’avais attiré votre attention sur la ligne orange. Vous auriez pu y voir une décroissance quasi constante du nombre de salariés payés par l’État.

        C’est bien triste.

  13. Je me suis toujjours demandé, la brouette de billets pour acheter le pain, dans l’Allemagne de 23, c’est une image, un mythe, une exagération, … ou une vraie réalité ?

    On peut penser que la monnaie de vaut plus rien, de la à acheter son pain avec une brouette … encore faut-il en avoir une …

    Autre question, le Japon n’utilise-t-il pas des QE depuis plusieurs années ?
    Qu’en est-il ? (hors le désastre que l’on connait ?

    Autre autre question : l’économie étant mondialisée, le seuil au delà duquel la planche à billet génère un risque de dérapage incontrolé n’est il pas à évaluer mondialement, et maintenant que Japon + US + Angleterre + Europe impriment, ce seuil n’est-il pas en train de s’approcher ?

    • Moi

      @francki marsal : « c’est une image, un mythe, une exagération, … ou une vraie réalité ? »

      Anecdote amusante sur cette époque, reprise sur wikipedia: « Les prix des repas servis au restaurant varient selon l’heure de la commande et l’heure à laquelle l’addition est présentée, si bien que les restaurateurs doivent offrir des plats en plus à leurs clients, ou leur faire payer l’addition en début de repas. »

    • Maxfriend

      Allez voir les timbres-poste allemands de cette période dans les catalogues philatéliques, vous y trouverez des exemplaires à 1 milliard de marks !…et plus !…Leur cote ? Peanuts !

    • HP

      Le fait « payer son pain avec une brouette de billet » a dû se produire occasionnellement, mais que ferait un boulanger de mètres cubes de ces billets? Payer ses fournisseurs en camions de billets?
      On raconte qu’en Autriche, où l’inflation fut encore plus forte qu’en Allemagne dans les derniers jours, les garçons de café se faisaient payer « à la livraison » plutôt qu’au départ du consommateur pour éviter la dépréciation.
      Les gens utilisaient les anciennes pièces en argent et un système de troc de produits courants genre cigarettes.

      Le Japon possède d’énormes surplus commerciaux et une économie exportatrice qui compensent sa fantastique dette, du moins pour le moment, malgré une quasi non-croissance depuis 20 ans.
      Dans un système globalisé l’inflation s’exporte très bien et ce sont les monnaies faibles qui la subissent.

    • Léoned

      Il y a là une bonne question sous-jacente :

      Combien pouvait-on acheter de semaines de pain avec une seule brouette ?

      (Vide, la brouette !)

  14. karluss

    nous sommes prévenus, redites-vous, pourtant sur votre blog, on oscille de la déflation à l’inflation selon les vicissitudes ou les viscères. François Leclerc était, il y a peu, un farouche partisan de la déflation, etc. Je crois de plus en plus que personne n’est capable d’anticiper avec certitude les dénouements de cette crise (la crise éternelle), mais tout le monde a raison ; c’est fantastique, avec la Crise, c’est l’accord parfait.

    • Marlowe

      La crise éternelle

      Rien n’est éternel, sauf la mort (et encore certains en doutent) d’autant plus que le temps que la planète nous a accordé est compté.

    • Ah ! il faut faire attention à ce que je dis (depuis plusieurs années d’ailleurs) : les forces inflationnistes ET déflationnistes augmentent, les tensions entre les deux croissent et se résoudront par des oscillations brutales entre les deux. Ce n’est pas une question de OU exclusif. Les banques centrales espèrent sauver la mise avec « un peu d’inflation » mais les États appliquent des politiques qui conduisent à la déflation et donc à la Dépression.

      • karluss

        merci, cette fois c’est clair, votre chaire est définitivement acquise pour la prochaine république, ou la suivante ;-)
        mais tout cet argent créé reste donc en totalité dans les bilans des « banques » ? car l’inflation est nulle depuis 2008…

      • step

        @karluss: Un article répondant à votre question sur le site d’olivier Berruyer. (La monnaie centrale). Pour résumer, cette monnaie que déverse la BCE sur les banques n’est pas (encore) dans le circuit car c’est une monnaie captive (qui ne peut pas sortir d’entre les banques et la BCE). L’inflation viendra par les fuites du cloisonnement et par les comportements induits au niveau des banques (plus de prise de risque).

      • toutouadi

        car l’inflation est nulle depuis 2008…

        Peut être que le moteur déflationniste tourne à plein régime depuis quelques décennies, entre autre par des salaires qui ne suivent pas l’explosion productiviste, par le dumping social ou bien en ce moment par les politiques d’austérité mises en place un peu partout.

        Et peut être même que ce moteur hyper-puissant est passé inaperçu, depuis des décennies, camouflé par une machine inflationniste très puissante elle même, telle que le crédit sans création de richesse.(crédit à la conso ou bien crédit à des investissements dont le solde est une destruction d’emplois à cause de la compétition sans réelle débouchée et de l’avantage que fourni le moins-disant social).

        Mais, inflation ou déflation, c’est toujours le même qui a gagné… LE RENTIER.

      • karluss

        @step, merci, je ferai un saut chez l’actuaire ; @toutouadi : en fait on a assisté à une puissante inflation sur certains actifs, comme l’immobilier, et le coût du logement explose.

      • Gérard

        @karluss :
        Si l’inflation (en France) est nulle depuis 2008, pourquoi le SMIG augmente-til ?
        Réponse : pour compenser l’inflation (c’est la loi le régissant qui le prévoit).
        C’est donc qu’il y a une inflation.
        Mais, me direz-vous, pourquoi la valeur du point d’indice du fonctionnaire n’augmente-t-elle pas ? C’est parce qu’il n’y a pas d’inflation, selon vous.
        Toujours est-il que ce point d’indice voit baisser son pouvoir d’achat : est-ce une tentative de déflation ? Au plaisir de lire votre réponse.

  15. j0hn

    Je trouve assez étonnant que la façon de raisonner dans les sciences « dures » ne semble pas être reprise en science économique. J’ai l’impression qu’en économie les acteurs raisonnent surtout en référence à untel ou untel qui à écrit ceci ou cela mais sans vraiment en comprendre les tenants et les aboutissants.

    Ne serait il pas possible de développer des modèles comme on le fait par exemple, pour la météo ?

    Ou alors je me trompe et ces modèles existent déjà… ?

    • Les dynamiques en économie sont souvent plus complexes que dans les phénomènes naturels en raison de rétroactions (négatives : correction ou positives : amplification) : apprentissage des agents économiques, prophéties auto-réalisatrices, délégation des décisions à des robots en interaction, etc.

    • arkao

      @ j0hn
      Ce serait déjà accorder beaucoup de crédit à la fiabilité des modèles météo.
      Arkao, chercheur en sciences « molles ».

      • j0hn

        Pas du tout, les modèles météo, bien qu’imparfaits fonctionnent plutôt pas mal. J’ai pris les modèles météo comme exemple car il me semble que ce sont ceux qui travaillent avec des dynamiques particulièrement complexe et instables.

        J’ai bien conscience que les dynamiques en jeu sont plus complexe que pour les phénomènes naturels ( ne serai-ce que parce que les phénomènes naturels ne rendent pas compte qu’on les modélise ). Mais enfin, ca n’est pas parce que ca parait impossible qu’il ne faut pas essayer.

    • NewOdd

      C’est amusant ce que vous dites. Moi j’ai plutôt l’impression que c’est précisément parce que la science économique s’est prise d’abord pour une science, et non une technique, ensuite une science « dure », « exacte » ou je ne sais encore quelle appellation farfelue (on entend déjà les antonymes : « molle », « inexacte »,…) qu’elle est précisément dans l’ornière et qu’elle a manqué son objet…
      A noter la plus grande pertinence de distinguer, comme en allemand, les sciences de la nature (Naturwissenschaften) avec les sciences humaines (Geisteswissenschaften). Quand c’est teuton et que c’est bien, faut le dire aussi ;-)

      • j0hn

        C’est le piège classique du modèle… le croire parfait et accuser la réalité d’avoir tort car elle ne colle pas aux prédictions du modèle.

    • Kercoz

      Ce sujet se rapporte a la complexité et la th.du Chaos .
      En ce moment une tres bonne émission sur ce sujet sur fr culture pour les concepts de rétroactions :
      http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-la-vie-une-question-de-rythme-2012-03-19

      Mon avis est que la théorie de « complexité »(au sens math) ne peut etre utilisé pour l’économie puisqu’au départ les intrants sont linéarisés et simplifiés (on supprime les rétroactions de ce niveau) .
      D’ ou l’inefficacité de la « main invisible et l’ arnaque des libertariens.
      l ‘intervenant a bossé avec Prigogine.

      • G L

        D’ou l’inefficacité de la « main invisible » et l’arnaque des libertariens.

        Je trouve trop sommaire de dire qu’elle est inefficace! Dire qu’elle est inefficace c’est comme dire que les dieux de l’Olympe étaient inefficaces alors qu’ils ont pendant des siècles très bien joué leur rôle.

        La « main invisible » sert à justifier le « laisser faire », autrement dit c’est un des « laissez nous faire » les plus efficaces de l’histoire de l’humanité. Le sectarisme de ses intégristes conduit probablement à une impasse sur le marché de l’argent, une impasse sur le marché du travail et une impasse sur le marché des ressources non renouvelables, ça fait beaucoup mais nombreux sont ceux qui y croient encore.

      • j.gorban

        une impasse sur le marché des ressources non renouvelables

        c’est là que se situe, à mon sens, la fin du capitalisme : en effet ce système économique a un besoin vital d’un perpétuel renouvellement des achats.

        la durabilité et la reparabilité des objets utiles sont contraires à la loi du profit. ( le frigo de melanchon ; l’ambulance socialiste ne dit pas que des bétises loin de là )

        mais la fin du capitalisme, ça ne veut pas dire la fin de la barbarie ; il y a eu un avant capitalisme comme il y aura un après.

        c’est cet après qui doit est construit par le mouvement de l’émancipation social car sinon tous les possédants du monde ne verront aucun inconvénient de singer le passé : la barbarie leur va aussi bien que le capitalisme démocratique du moment qu’ils restent en haut de la hiérarchie.

        la vraie lutte sociale, n’est pas la lutte contre le capitalisme, mais bien la lutte millénaire pour un partage des richesses et l’EGALITE

        Socialisme ou barbarie

      • Gérard

        @ GL :
        le calcul du PIB doit être rectifié pour ce qui concerne les ressources non renouvelables.
        Elles représentent en effet un capital fini, que nous consommons peu à peu. Après, il n’en restera plus rien (pétrole, charbon, métaux, etc.)
        Il faut donc compter cette consommation comme une dépense, et non une recette comme on le fait (au prétexte du travail fourni pour l’extraire).
        Autre exemple : la mort d’un individu n’enrichit pas un pays : un producteur ET consommateur disparaît ; de plus, son enterrement et sa succession engendrent des frais, même si l’on compte cyniquement comme production son cerceuil et sa sépulture, la TVA ad hoc, les éventuels droits de succession, etc.
        Pour revenir à la première notion, les consommations de ressources non renouvelables ne sont peut-être pas les seules choses à compter en dépense et non en recette : la pollution par exemple ne fait pas croître le PIB, car il faut faire des dépenses pour (tenter de) la compenser.
        De même pour les dégâts causés par une catastrophe naturelle ou humaine (demandez au assureurs).

  16. ced

    Les QE et LTRO n’ont été mis en place que pour lutter contre la déflation du monde occidental.
    La raison en est simple, c’est que la déflation tue le système capitaliste : plus aucun intérêt de préter de l’argent avec des taux de rémunération négatifs!

    Qui emportera la partie, l’inflation et le maintien du système capitaliste ou la déflation et l’implosion de celui-ci?
    Alors là personne ne sait, tout est dans le rapport de force…….qui fera pencher la balance d’un coté ou de l’autre!

  17. al tad

    bonjour,
    Ricardo avait à juste titre décrit les rapports entre l’émission de monnaie et de richesse. De ce constat, il a émis 2 théories qui se sont révélées exactes. Il a oublié une troisième: émission de monnaie à usage exclusif, sans création de richesse et sans augmentation de salaire. Cette situation est en passe de se réaliser dans le monde occidental. Les conséquences sont:
    l’outil industriel et agricole à l’arrêt et l’hyper inflation. A ne pas comparer avec la situation de l’Allemagne en 23 car la grande nouveauté est le manque d’ amortisseurs. Nos économies basées sur la valorisation de tout travail afin de présenter le meilleur PIB possible se sont fragilisées. Plus question d’avoir une ardoise chez l’épicier, d’ailleurs il n’existe plus, Carrefour a pris sa place et pour aller à Carrefour il faut une voiture ou un transport en commun et les services publics ne sont pas en odeur de sainteté dans les théories économiques actuelles.

  18. Afin de retrouver la croissance par l’investissement, le programme de François Hollande prévoit l’accès du MES aux guichets de la BCE, l’émission d’euro-obligations pour financer des programmes économiques, une implication plus importante de la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à large assiette.

    Des moyens sont définis, sans s’interroger sur la nature de la croissance à promouvoir. Il se contente à ce propos d’énumérer des secteurs prioritaires d’intervention : transports, recherche, énergies renouvelables, économies d’énergie, rénovation des villes et emploi des jeunes.

    En proposant de s’appuyer sur la BCE pour faciliter le désendettement, François Hollande cherche a desserrer l’étau, pas à sortir de ses mâchoires. Il ne démonte pas le mécanisme. Degré de réflexion: zéro.

    • karluss

      mais alors… vos consignes de vote ?? :-(

    • zébu

      Euuuuuhhh …
      François, je vais encore m’attirer les foudres FDG, mais, si on parle de s’appuyer sur la BCE pour faciliter le désendettement, au lieu de le proposer indirectement (via le MES ou la BEI) mais cette fois directement, par la BCE aux états, quel niveau de réflexion, selon vous ?
      0,5 ? 2?

      • Nicks

        @Zebu

        Vous savez bien que récupérer l’émission de monnaie ne permet pas seulement de désendetter. Il est question de souveraineté. Sans souveraineté, pas de prise sur le secteur financier. On peut bien entendu attendre que tout ce petit monde se rende compte de son erreur et décide d’un commun accord de changer les choses.

      • Je suis pour la purge organisée, qui permettra de retailler les activités financières.

      • zébu

        Les foudres ne sont plus ce qu’elles étaient, ou elles sont fatiguées (la prise, réussie, de la bastille, sans doute) ;)
        « Rendez-vous !! (compte) », non, c’est certain, ne point y compter (dessus).
        La souveraineté, certes, mais ensuite ? Une fois cette souveraineté ‘reprise’, à quoi doit-elle servir si elle ne doit pas être employée ?
        Hors toute ironie, sérieusement, pourquoi ce refus d’envisager la mise en faillite ordonnée, ou la question de l’intérêt ? A ce que je sache (?), le FDG est signataire de l’appel du CADTM, non?
        Le FDG prône bien la nationalisation des banques, non ?
        Comment cette souveraineté pourra-t-elle manoeuvrer dans l’espace, réduit, que les dettes publiques lui laissent, même avec des taux d’intérêt à 1%, directement octroyés par la BCE ?
        Comment agir souverainement quand on a le niveau de dette que l’on a atteint, sans que l’on parle, à un moment donné, de ces sujets ?
        Tactique politique, pour ne pas effrayer les ‘rentiers’ qui votent (ou pourraient voter) FDG ?
        Ou impensé politique ?

      • zébu

        @ François :
        Pour purger, si mes souvenirs sont bons, il faut commencer par fermer le robinet. Or, même à 1%, le robinet continue toujours de couler, certes bien moins que le 3,5% ou le 4% voir même le 7% (ne parlons pas des cataractes grecques …), mais tout de même, 1% de 1500 milliards, ça chiffre vite.
        A moins que le débit de purge soit très largement supérieur au débit de remplissage. Mais à long terme, on finira toujours par remplir le même réservoir.
        Fermer donc le robinet impliquerait d’éteindre le paiement des intérêts puis de purger les dettes.
        Et évacuer les dettes hors du système : soit des bad-banks, soit leur destruction pure et simple, soit leur compensation.
        La compensation suffit-elle ?
        Si non, à la vue des montants, les bad-banks sont-elles encore envisageables ?
        Si non, la destruction pure et simple des dettes publiques aura forcément des incidences sur les dettes privées : doit-on nationaliser/socialiser les banques ?
        Si oui, quid des dettes privées détenues par les particuliers ?
        Si non, comment recapitaliser les banques ?

      • sylvain

        @ Nicks: souveraineté de la France = prise sur le secteur financier ? C’est plus que de la naïveté à ce niveau-là.
        La solution Mélenchon (dévaluation+relance dans un seul pays) a déjà été essayé entre 1981 et 1983 avec les catastrophiques résultats que l’on sait. Le keynésianisme (bien rugueux) du programme commun dans un seul pays, on a essayé, ça a été évalué: ça ne marche pas.
        Les Eurobonds et un semblant de budget européen par contre contre on a jamais fait, c’est moins radical mais en matière de force de frappe et de niveau d’intervention (international) ce sera probablement plus efficace que le petit machin étriqué de Mélenchon. Alors essayons.

      • Nicks

        @Zebu

        Dans mon idée, le défaut est inéluctable et la souveraineté monétaire est bien entendu destinée à l’organiser. Mais là il va falloir décider l’Union. Si le FDG n’y pense pas ex ante, il devra le faire par la suite. Je ne suis pas trop inquiet, les évènements dans ce cas là et dans un contexte politique espéré favorable, saurons entrainer les mesures adéquates. Beaucoup moins si ce sont encore les fondus monétaro-ordo-libéraux qui sont au pouvoir…

      • Marlowe

        J’écoutais hier le discours de la Bastille, et aussi quelques autres depuis quelques semaines.
        L’insurrection par les urnes – serait-ce la petite soeur de l’insurrection qui vient ? – ne serait que le début.
        Il faudra attendre la suite, ou la faire nous-mêmes.

      • Nicks

        @Marlowe

        Bien, citoyen !

        @Zebu

        On peut penser qu’il faudra organiser des pertes dans le privé quand les banques seront restructurées. C’est là que la compensation partielle de la banque centrale devra jouer aussi. Il est évident tout de même que c’est une opération extrêmement délicate car il faut trouver un mode opératoire qui lèse un minimum les classes moyennes (les populaires, pas trop d’épargne, les riches, il leur restera assez). On pourra parler d’équité dans la loi tiens là…Mais surtout il faudra que le projet de société à côté tienne la route et que son côté sécuritaire, sur le plan social s’entend, permettent précisément d’éponger le réflexe d’angoisse des épargnants à l’idée de perdre leur produit de petit spéculateur (didier va nous tomber dessus), en même temps qu’ils comprendront pourquoi ils ont été un peu complices du système.

      • @Zebu
        « Pour purger, si mes souvenirs sont bons, il faut commencer par fermer le robinet »

        On peut comprendre «purger», comme ceci ;-)

        - Eh ! bien, purge-le !
        - Merci ! ce n’est pas ton autorisation que je demande ! Seulement avec quoi le purger ? Il y a les purgations minérales… et les purgations végétales.
        - Donne-lui de l’huile de ricin ; il la prend facilement et ça lui réussit bien.
        - Ah ! non ! non ! L’huile de ricin, non ! j’peux pas la supporter ! je la rends immédiatement.
        - Mais… il ne s’agit pas de te la faire prendre à toi, c’est à ton fils.
        - Oui, mais c’est la même chose ! Rien que de la voir, rien que d’en parler… ! Ah ! non !… D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi tu fais toutes ces complications ! Nous avons de côté, dans le placard à pharmacie, une bouteille d’Hunyadi-Janos, je ne vois pas pourquoi on ne l’utiliserait pas, parce que tu préfères l’huile de ricin.

        Georges Feydeau, On purge bébé !

        Vous qui êtes adepte du « prix de mon vote », ne pourrait-on dénoncer l’hypocrisie qui se cache derrière « les marchés » à savoir remonter le fil jusqu’aux épargnants, assurances-vie, fonds de pensions et autres plans d’épargne… qui se trouvent aussi être les électeurs. Dénoncer, mais tout en donnant une chance de sortie par le haut. Par ex. :

        Conscient que nous sommes dans une spirale de surendettement généralisé.
        Conscient que mon épargne, mon assurance-vie… est en fait prêtée aux États, entreprises, et ménages surendettés et qu’elle donne ainsi le pouvoir à la finance de faire chanter les États.
        Conscient que ces États, entreprises et ménages surendettés sont insolvables, et que plus de dette ne fait que retarder le moment inéluctable de la faillite généralisée qui nous plongera tous dans le chaos (Cfr Lordon)

        Demande que la lumière soit faite sur les créanciers
        Demande que mes assurance-vie, pensions par capitalisation soient réintégrées dans les pensions par répartition, après plafonnement et décote à décider démocratiquement.

      • Nicks

        @Sylvain

        Il n’est pas question de le faire seul, sauf impossibilité avérée. La solution eurobond sans changement de statuts de la BCE je ne vois pas bien ce que ça apporte de plus que les QE américains et désormais quasi QE européens. Le projet c’est de changer la gestion de l’euro.

      • zébu

        @ Fujisan :
        « Dénoncer, mais tout en donnant une chance de sortie par le haut. »
        Pas faute d’avoir essayé icite-même. Le simple fait d’avoir énoncé le terme ‘responsabilité’ fut en soit déjà trop chargé.
        Je partage la nécessité de la chance de sortie par le haut, sans quoi aucune dénonciation, aussi juste soit-elle, n’aura de chance de sortir d’elle-même.
        C’est je pense la chance historique du bancor comme modèle monétaire, au niveau européen à minima.
        C’est une chance de ce type là qu’il faudrait proposer pour les dettes.
        J’ai proposé le même modèle, celui de compensation des dettes publiques entre états d’une même zone (Europe). Les états sont débiteurs mais aussi créanciers. On pourrait ainsi mettre à distance une partie de la pression des intérêts, puisque plus le montant est élevé et plus les intérêts aussi. Mais ceci ne fonctionne que pour les dettes publiques entre états : ne sont pas concernées les dettes détenues par les particuliers ou les créances non résidentes.
        Il faudrait donc pouvoir trouver un modèle de sortie par le haut concernant la dette, qui permette d’arriver à un consensus social.

        Une idée ?

        Mais à une condition néanmoins : que ceci ne se fasse ‘pour solde de tout compte’, à savoir encore une fois en ayant préalablement identifié un bouc émissaire commode, sans avoir examiné les responsabilités partagées et surtout sans avoir supprimé les mécanismes qui ont rendu possibles cet état de fait.
        Sinon, la prochaine génération y aura droit aussi.

      • zébu

        @ Nicks :
        « Le projet c’est de changer la gestion de l’euro. »
        Pas la ‘gestion’.
        La monnaie, fondamentalement.
        En cela, le FDG loupe le coche.

        Ps : j’ai quand même entendu Mélenchon hier parler de ‘propriété commune’ concernant certains biens (l’eau par exemple). Je ne suis pas certain que cela signifie dans sa bouche la même chose que ce que j’en comprends …

      • Charles A

        @ Zébu
        En fait, le FdG ne propose pas, comme le CADTM, l’annulation de la dette,
        mais de la rembourser en faisant empruntant à la BCE…
        En fait, le FdG ne propose pas la nationalisation des banques,
        mais seulement un pôle bancaire public, laissant le capital accumuler.
        Nucléaire, idem: la proposition, jamais tenue de Mitterand,
        modèle en toute circonstance, d’un « référendum ».

        Pourquoi ? « les investisseurs n’ont rien à craindre » (sic, Mélenchon…)

        Mais pourquoi donc ne pas « sortir du cadre » capitaliste ?
        Vous le saurez au prochain épisode, dans quelques mois,
        au moment de la répartition des sinécures…
        Heureusement, le peuple a ses raisons
        que les politiciens professionnel ignorent.

      • Rosebud1871

        @Charles A 19 mars 2012 à 23:31

        « les investisseurs n’ont rien à craindre » (sic, Mélenchon…)

        La pédagogie ne consiste pas à isoler une expression de son contexte, pour l’offrir à des lectures tendancieuses. Renvoyez au moins votre lecteur par un lien à l’intégralité du paragraphe.

      • Rosebud1871

        @zébu 19 mars 2012 à 22:11

        le FDG loupe le coche.

        Possible et bien d’autres choses encore.
        Il y a un programme du FDG que je n’ai pas lu en entier mais avec un PDF pratique pour trouver un mot clé. Un chapitre est intitulé : « ENCOURAGER D’AUTRES FORMES DE PROPRIÉTÉ »
        Comme je te l’ai déjà dit dans nos échanges sur le CC, le mot d’ordre de constituante ouvre grande les portes à… En attendant, il y a un programme vitrine sur le marché.
        Et dans le genre remède de cheval avec purge, une constituante, c’est 10 en niveau de réflexion.

      • zébu

        @ Rosebud 1871 :
        J’entends bien que les portes sont grandes ouvertes mais disons que j’y entends aussi la rotournelle des opérations portes ouvertes … ;)
        ça mange pas de pain comme on dit, c’est gratuit et ça fait venir les curieux : mais rien ne garantit que ce que l’on expose en vitrine soit en stock au moment de passer commande. Et inversement. J’en veux pour preuve l’insertion de l’article 17 dans la Déclaration, qui n’était pas prévu au départ si mes souvenirs sont bons.
        Clairement, ce n’est point un argument pour moi car de deux choses l’une : ou tout est ouvert par la constituante et à ce moment là, le programme n’en n’est pas un (et même ne DOIT pas en être un) ou la dite constituante n’en n’est pas vraiment une, à savoir définir le cadre et non pas partir du cadre proposé. C’est valable selon moi sur tous les points et en particulier sur les points suivants : si la constituante refuse par exemple de constitutionnaliser la reconnaissance de la forme de propriété telle que promut par le FDG mais bien au contraire celui de la propriété individuelle, quid ensuite de quoi ?
        Pour les autres formes de propriété, j’ai donc effectivement lu.
        Un certain nombre de choses intéressantes (ce que je n’ai jamais nié) mais dont on parlait déjà fin des années 90 (la SCIC par exemple, l’ESS, les coopératives, etc.). En dehors d’une (nécessaire) loi-cadre sur l’ESS et de la ‘reconnaissance’ de l’habitat autogéré et de l’autoconstruction, quoi donc ?
        Je veux dire en dehors de la propriété collective ou nationalisée (dont je ne nie pas l’utilité mais qui ne colle pas forcément avec un changement de cadre) ?

      • Nicks

        @Zebu

        Vous savez qu’à mon sens, la sortie du cadre est impossible car je considère que les limites de ce cadre c’est tout simplement l’être humain et ses origines animales et que quoi qu’il arrive on se cognera toujours dessus. La compensation, c’est la socialisation bien entendu. Je pense l’Histoire comme une succession de cycles. Aussi, tout idéaliste que je sois individuellement, je n’imagine que des solutions collectives de progrès mais forcément imparfaites et corruptibles.

        Donc ok, une nouvelle fois, le programme du FDG n’est pas complet mais c’est ce qui se fait de mieux et de très loin en terme d’offre politique selon les règles de fonctionnement actuelles.

        Quand je dis qu’il faut changer la gestion de l’euro, c’est dans un cheminement précis que j’ai déjà évoqué, à savoir tenter d’amener l’Union, en tant qu’entité à taille critique adéquate à évoluer idéologiquement sur les questions monétaires et inciter les autres forces géopolitiques à discuter d’un nouvel ordre monétaire où là, le bancor ou approchant pourra être évoqué. Je me situe toujours dans l’action politique et dans la création d’une dynamique.

        A ce titre, mon soutien au Front de gauche est résolu mais sans idolâtrie. Ma préoccupation c’est le mouvement, le basculement idéologique. Est-ce que ça suffira ? Je ne sais pas. Mais je pense réellement que c’est une condition préalable de réussite. La constituante est une opportunité qu’on peut difficilement évacuer. Il ne tient qu’à nous de ne pas la laisser confisquer au cas où la tentation se ferait jour. Mais auparavant, il faut ouvrir des portes que certains s’obstinent à vouloir tenir fermées et qu’ils pourraient bien sceller des décennies encore.

      • sylvain

        @ Nicks: S’il n’est pas question de le faire seul pourquoi parler de souveraineté ?

        sauf en cas d’impossibilité avérée

        Mais qu’est ce cas d’impossibilité avérée ? Il faut appliquer tout le programme de Mélenchon ou les partenaires européens ont une marge de manœuvre ? un espace de discussion sur lequel trouver un compromis ? Qu’est ce qui est négociable et qu’est ce qui ne l’est pas ?
        Certains critiquent (parfois à juste titre) l’opacité du programme de François Hollande, mais sur ce point précis il n’est le seul à blâmer.

        Les Eurobonds ? C’est juste un mécanisme de transfert des pays du Nord vers ceux du Sud afin d’éviter les déséquilibres au sein de la zone monétaire, qui nous ont en partie conduit à la situation actuelle. ça n’a rien à voir avec le QE américain et ça changera pas mal de choses dans la gestion de la zone euro…

      • Nicks

        @Sylvain

        La souveraineté citoyenne, ça vous parle ? Pas question de nationalisme (vous voyez la nuance ?) mais de la possibilité pour les citoyens de décider de la politique qu’ils veulent mettre en oeuvre. Pour ce qui est des projets du front de gauche, il s’agit de faire basculer le rapport de force en faveur des solutions hétérodoxes en trouvant des alliés pour faire contrepoids à l’Allemagne, en attendant les élections.

        Les eurobonds n’impliquent en rien un transfert de richesses, surtout s’ils coincident avec la fameuse règle d’or. Cela faciliterait juste l’émission de la dette au niveau européen, rien de plus.

      • Rosebud1871

        @zébu 20 mars 2012 à 01:18

        rien ne garantit que ce que l’on expose en vitrine

        là comme ailleurs certainement, sinon vous avez la garantie de la garantie de la garantie, en résumé une mise en abyme, qui précipite dans l’abîme à ce que j’ai lu et vu
        Alors en politique comme ailleurs, pas de garantie, ce qui n’empêche pas d’en revendiquer…comme ailleurs !

    • Loréal Alain

      Que proposent de plus incisif les autres candidats ?

      FH ne cache pas son appartenance à la mouvance soc-dem, pas davantage que le PS. Ce qui signifie, en clair, qu’on sparadrise quelques jambes de bois, pose quelques atèles où ça fait mal, cautèrise quelques plaies suppurantes et surtout oint le tout de « care » bien « humaniste », mais de remise en cause du cadre, que nenni mon PPD…
      Même le plus « socialiste » des candidats, dont on parle beaucoup ici-même, le ci-devant Méluche, ne fait peur qu’aux détenteurs d’assurance-vie et aux bourgeois qui se font des frissons délectables. Dans son programme de gauche-gôche il n’y a pas de projet de remplacement intégral du système. Il serait bien en peine de décrire son « nouveau monde » sous l’angle d’un changement majeur de paradigme.
      Une fois qu’on a dit celà, qu’est-ce qu’on fait ?
      On réflêchit, comme ici,! OK, c’est super, mais en attendant que la lumière jaillisse des élucubrations il va bien faloir survivre. Pour ma part resigner un bail de 5 avec Sarkopipo c’est la cata assurée et, en attendant l’émergence d’un monde meilleur, je suggère que les voix des électeurs se portent sur les deux personnages évoqués ci-dessus dont l’inconsistance des programmes (électoraux je souligne) est tout de même bien moins douloureuse que la poursuite en aveugle d’une parodie de gestion des affaires et une certitude, la destruction de notre modèle social à très court terme.

      • zébu

        ‘oint’, j’aime bien.

        ‘oint-oint’, pour le care …

      • jicé

        On demandait à Bergson ce que serait le roman de demain; il répondit que s’il le savait il s’empresserait de l’écrire…

        Le possible ne précède pas le réel, et corrélativement l’ad-venir ne sortira pas d’un projet…

        Toujours les mêmes anciennes insuffisances théoriques des amateurs de La Révolution…

        Tracer une direction, s’y engager plutôt que s’écraser la raie et subir, c’est déjà pas mal.

      • daniel

        Absolument.
        Ces maximalistes baillent à la lune et nous obligent à reconduire l’existant.
        Y’a pas moyens ? moyen quand même.
        Avec une préférence contrainte pour FDG.
        Je vois pas pourquoi il faudrait offrir à la finance solidité et cohérence.
        Au contraire, vive l’illogisme désorganisateur.
        Du moins, tant que cela reste chez eux et entre eux. Suffit qu’ils continuent.

    • HP

      Dans une campagne électorale il est plus important de ne choquer personne au risque de perdre des voix que de proposer des idées révolutionnaires.
      Il est bien certain qu’un autre candidat, l’ami-des-riches, est idéologiquement incapable d’ouvrir l’avenir par la constatation de l’échec dans la direction choisie par lui.
      D’autres partis plus extrêmes n’ont pas besoin non plus d’expliciter et détailler un programme qui ne sera jamais appliqué. D’ailleurs presque personne ne le leur demande alors que cette insistance est nettement plus marquée pour les principaux partis, comme si ces programmes étaient prit comme des promesses sérieuses et avaient des chances d’être en grande partie appliqués.
      Non, l’idée est de citer certains sujets pour harponner l’électeur indécis tout en maintenant un certain flou sur la façon de le traiter.
      Par exemple « Y a trop d’étrangers! » à comprendre comme « je vais en virer des tas! » fait plaisir aux retraités, qui ne se soucient pas sur l’instant de savoir que ce sont en partie ces étrangers qui payent leurs retraites.

  19. Vincent

    « La planche à billets, c’est la solution du désespoir. Si on y recourt, le système monétaire se dérègle en peu de temps, jusqu’à devenir ingouvernable. Nous sommes prévenus. »

    Oui, on est même prévenus depuis plus de 3 ans : ce que vous avez gagné et économisé par votre labeur vaut la même chose que ces milliards de planche à billets qui ne valent rien. L’augmentation brutale de l’or et de l’immobilier parisien en sont peut-être le symptome : l’argent perd de sa valeur.

    Quand il ne vaudra plus rien, on pourra repartir à zéro, les gens arrêteront de saccager le monde pour ce mirage.

    • Léoned

      Quand il ne vaudra plus rien [l'argent], on pourra repartir à zéro, les gens arrêteront de saccager le monde pour ce mirage.

      Non.

      On en émettra un nouveau, ou une variante, et les détenteurs d’or ou d’immeubles se précipiteront pour revendre. Ce qui
      1- les enrichira (dans un 1er temps)
      2- fera baisser cette « nouvelle » (?) monnaie
      3- les appauvrira donc de nouveau
      4- et on recommencera.

      Saccage, inclus.

  20. AlainBlacas

    Les pays belligérants sont sortis des deux guerres mondiales couverts de dettes. Ils n’en pu s’en sortir que par l’inflation qui rétrécissait à vive allure le montant de ce qu’il devaient. Le pilotage de l’inflation est naturellement délicat et périlleux si l’on en juge par la mésaventure allemande en 1923, mais la France n’a-t-elle pas su développer un talent particulier pour gérer ce genre de situation ?

    Pourquoi l’Europe ne pourrait-elle pas s’inspirer de cet exemple ? Ne sommes nous pas également en situation de nécessité ?

    • Ce n’est pas la même époque et il faut arrêter de commettre les erreurs fixistes, l’économie n’est pas une science dure, dont les lois valent une fois pour toutes, ou plutôt si elles valent mais lorsqu’on n’en oublie aucune ! En l’occurrence, réfléchir toujours à partir d’Adam Smith ou de 1923 c’est faire la même erreur que les tenants de l’économie cyclique, à savoir que le capitalisme ne varie pas au cours du temps, que la technologie compte pour du beurre, et surtout que les salaires sont le principal poste de dépenses dans le coup de fabrication, quelle que soient la productivité.

      Or si la part des salaires compte moins dans le coup du travail, il n’y a pas d’inflation au second tour par exemple donc on s’épargne un effet mécanique d’explosion inflationniste non maîtrisable, bref l’inflation par les coûts, prétexte à ne jamais accorder d’augmentation salariale, importe peu. Dans une économie moins développée technologiquement comme c’était le cas en 1923, en effet l’augmentation des salaires engendrait un cercle vicieux de type hyperinflation mais aujourd’hui non.

      D’autres part P.J, je croirais à votre inflation basée sur une logique du 18è siècle, lorsque je la verrai. Vous oubliez votre animal favori, le cygne noir. Tant que les QE x n ne se traduisent pas en termes de flux financiers passant par les ***salaires***, il n’y a pas d’inflation, sauf des bulles et de la spéculation ce qui conduit à l’asphyxie totale. Et des bulles, si l’on trouve des pigeons pour investir.

    • Léoned

      C’est grossièrement faux !

      L’Europe occidentale, par exemple, s’est sortie de son hyper-endettement après la 2ème Guerre Mondiale, grâce à un sur-endettement massif ! Ça s’appelait le Plan Marshall.

      Les USA (plus futés que les Anglais et les Français de 1920) avaient compris que seul un nouvel apport massif de capitaux permettrait à l’Europe de redémarrer. Ce qu’elle fit d’ailleurs.
      Bien sûr, c’était intéressé du côté US : montrer à l’URSS que le système capitaliste était le meilleur.

      Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de dévaluations après guerre, je dis que les dettes furent remboursées « en vrai » pas en valeur « nominale ».
      Et que donc les dévaluations en question n’ont que peu à voir avec.

      [Remarque : c'est à cause du raisonnement inverse, déjà dénoncé par Keynes à l'époque, que le Traité de Versailles tua la République de Weimar et permit Hitler !]

  21. François78

    Hier dimanche, je me suis repassé en tête l’offre politique incarnée pas nos divers candidats.

    Sans reprendre intégralement Churchil, je suis prêt à accepter beaucoup, mais pas pour « ça ».

    Finalement, je me suis promené en forêt.

  22. dag

    Sur le site de la BCE, on peut trouver des graphiques d’alpinistes sur l’évolution des billets de banque dans l’eurosystem , par exemple celui-ci :
    BCE bien haute

    mais apparemment cela fait partie d’une Réserve à commenter par les initiés , et c’est pas pour les profanes gaulois .
    Mario Draghi a imprimatur et signature , d’ailleurs moins amusante que celle de JC Trichet ,où son JC était devenu JO , bien adapté pour des olympiades de la planche .

  23. DidierF

    Il n’y a pas une histoire avec 16 trillions de dollars versés aux banquiers par la Fed qui circule. Cet argent a parfaitement disparu dans la nature. Cela me fait croire que le système financier peut avaler très vite beaucoup d’argent sans que personne d’autre en voie la couleur.

    Est-ce qu’il n’y a pas une concentration de l’argent dans quelques mains ? Le reste de la population est en situation déflationniste. Pour les quelques mains très riches, l’inflation est le mal absolu. Ces gens perdent des fortunes avec toute augmentation de l’inflation: C’est aussi pourquoi il leur faut des obligations d’état ou tout papier valeur avec des intérêts pour protéger et même faire fructifier le capital. Le QE va à ces gens et personne d’autre.

  24. loïc

    depuis quelques mois je lis attentivement votre blog et tente autant que faire ce peut de comprendre les mécanismes économiques que vous expliquez avec beaucoup de pédagogie. Il arrive que ce soit un peu trop complexe pour moi… mais j’apprends tous les jours.
    je suis peut être un peu parano mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’y a pas que de l’incompétence chez nos dirigeants… ou tout au moins chez les dirigeants du monde.
    j’ai tendance à penser que la géopolitique à pris le pas sur l’économie.
    ne pensez vous pas qu’il s’agisse là d’une nouvelle forme de guerre sans armes conventionnelles?
    http://www.les-crises.fr/les-tenebres-du-moyen-age/
    et que la guerre conventionnelle va arriver?
    http://www.wikistrike.com/article-6-000-chars-anglais-partent-pour-l-allemagne-les-memes-tanks-que-ceux-des-etranges-convois-americai-101477039.html

  25. Bruno

    Et la formule de Irving Fisher, de l’entre deux guerres: M x V = P x Q , qu’en pensez-vous?

    Par exemple: M (la Masse monétaire ) peut augmenter, alors que V (Vitesse de rotation = croissance), peut baisser, ce qui laisse l’autre côté de l’équation relativement stable ( Prix – inflation -, par Quantité de marchandises et services )?

  26. Hors sujet, FAZ, Grèce :

    http://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/schuldenkrise-ein-neues-finanzloch-in-griechenland-11688871.html

    Schuldenkrise (Crise de la dette)

    Ein neues Finanzloch in Griechenland (Un nouveau trou financier en Grèce)

    19.03.2012 · Der Internationale Währungsfonds präsentiert den Euro-Staaten die nächste Rechnung: Griechenland droht ein Finanzierungsloch von 8 bis 21 Milliarden Euro. Die Ökonomen des IWF zeigen sich in ihrem Bericht äußerst besorgt.

    (Le Fond Monétaire International présente aux Etats européens la facture suivante: La Grèce est menacée par un trou financier de 8 à 21 Milliards d’Euro. Les économistes du FMI se montrent dans leur rapport extrêmement préoccupés.)

  27. JIEL

    Hors sujet : Fukushima http://fukushima.over-blog.fr/
    « Lors d’une émission intitulée « Morning Bird » sur TV Asahi, diffusée en direct le 8 mars 2012, les Japonais qui pensaient que la catastrophe nucléaire de Fukushima était terminée ont été frappés de stupeur en écoutant une interview d’Hiroaki Koide. « Si la piscine de l’unité 4 fuit, c’est la fin », a-t-il déclaré.
    Mais la fin de quoi ? La fin de toute vie humaine possible à 250 km à la ronde autour de la centrale. »

    • pseudo cyclique

      le combustible enrichi au plutonium vendu par un groupe français areva au groupe japonais tepco/toshiba/westinghouse s’appelle MOX , mox « bientot  » en latin …

      bientot la mort inexorable ?

  28. Laurent

    Mais alors que doit faire un chef d’ entreprise à l’heure où nous écrivons ? Investir ? Ne pas investir ? Attendre ? Mais attendre quoi ?

    • G L

      Il doit faire comme d’habitude: investir là où ça rapporte.

      Quand la « main invisible » n’arrive pas à calmer les choses et qu’elles bougent trop vite pour qu’on puisse évaluer les risques c’est sur que c’est pas facile mais attendre c’est aussi prendre un risque…

  29. Journée d’étude sur la création monétaire
    Samedi 24 Mars à l’université Paris1 Panthéon, amphi 2B, de 10h à 17h.
    Les Économistes Atterrés

    • Si c’est pour les entendre dire les mêmes inepties que ce que j’ai pu lire sur leur site il y a peu de temps à ce sujet, ça ne justifie pas le déplacement !

  30. Jérémie

    Une véritable « science » économique n’existe donc que depuis un peu moins de deux siècles et demi.

    Oui c’est comme pour la nouvelle richesse produite des premiers Laboratoires Pharmaceutiques du monde, hum je viens encore d’en apprendre une bien bonne dernièrement.

    A quand surtout de plus grandes poules aux oeufs d’or pour les premiers Marchands de la terre. Enfin si un jour on vous oblige à vous faire vaciner com le bétail et cela constamment pour les premiers intérêts mercantils de la planète, prenez quand même un peu plus de stimulant avant la prise, on ne sait jamais quand même au niveau du terrain, com au sujet des nouvelles tendances plus microbiennes et vénales de ce monde sur les marchés.

    Croyez-moi c’est gens-là se fichent pas mal d’en vouloir toujours plus, de sentir de plus en plus mauvais.

    l’expression utilisée pour décrire ce qu’il ne faudrait jamais faire : imprimer de la monnaie non pas parce que de la richesse a été créée, mais simplement parce qu’on ne peut pas faire autrement : parce qu’un trou financier s’est creusé et qu’on s’efforce de le combler en y déversant des tombereaux d’argent.

    Notre première malice sur les marchés mondiaux a provoqué un mini trou noir, qu’à cela ne tienne produisons davantage une plus grande malice sur toutes choses pour pouvoir la résorber, hélas depuis l’humanité semble être de plus en plus ferré vers plus grande pesanteur dans les premières lois physiques de l’économisme planétaire.

    Mais qui a encore deux bonnes petites ailes au rabais dans la vie.

  31. Klaki

    Bonjour,

    sur les 16 000 milliards de dollars versés aux banques par la fédéral réserve américaine :

    La page du rapport de la fed faisant le bilan :

    http://www.renovezmaintenant67.eu/public/audit_Fed_bailout_2011.jpg

    (page 131 du rapport complet).

    Le rapport complet :

    http://www.gao.gov/new.items/d11696.pdf

    Cordialement.

  32. FabriceM

    Au risque de passer pour un neuneu de première, je réitère la remarque faite dans un article précédent.

    « Ricardo a découvert que pour maintenir la stabilité des prix dans la zone économique correspondant à une monnaie, sa banque centrale doit réguler le volume de celle-ci en fonction des fluctuations de la richesse nationale  »

    Quel est l’intérêt de vouloir réguler les prix en faisant varier la masse monétaire, sachant que l’on n’arrive jamais à atteindre cet objectif (il y a toujours de l’inflation) ?

  33. NK

    Énorme erreur, c’est le cas de le dire, sur les nombres évoqués dans l’antépénultième et l’avant-dernier paragraphes de ce billet, par contamination de l’américain :

    …en bon français (comme dans la plupart des autres pays et langues d’ailleurs) : 1000 milliards, c’est UN BILLION, pas un trillion, qui vaut …1000 billiards, soit un million de billions, soit mille millions de milliards (cf. le juron préféré du Capitaine Haddock et ses variantes). Certes, il y a des guillemets mis au trillion évoqué, et l’intention était donc peut-être une intention de citation, mais il aurait fallu le préciser ainsi, tant la confusion est générale dans les grands nombres entre l’anglais, ou plutôt l’anglo-américain, et le reste des langues occidentales.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Billion
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Échelles_longue_et_courte
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nom_des_grands_nombres

    Ces sommes sont astronomiques, évitons de les rendre tout de suite cosmiques ; même si elles finiront probablement par le devenir… jusqu’au gogol ou même jusqu’au gogolplex !

    • Oui, merci, ce débat sur la différence entre l’anglais et le français a déjà eu lieu un « billiard » de fois. Comme vous le dites vous-même, c’est à ça que servent les guillemets : un « trillion » = un billion.

      • Léoned

        N’empêche que c’est pénible !

        L’ONU pourrait pas créer une Commission, avec éventuellement deux ou trois sous-commissions, pour unifier tout ça ?

        Au moins, ça créerait des emplois !

  34. G L

    « L’ONU pourrait pas créer une Commission, avec éventuellement deux ou trois sous-commissions, pour unifier tout ça ? »

    La solution existe, elle est employée par presque tous ceux qui ont à utiliser des nombres dont l’ordre de grandeur est très variable et est équivalente à compter le nombre de chiffres dans un nombre (les milliers c’est quand il y a plus de 3 chiffres, les millions quand il y en a plus de 6, les milliards quand il y en a plus de 9 et le truc qui ennuie tout le monde quand il y en a plus de 12.)

    C’est très pratique. C’est même tellement pratique que ça ne conviendrait pas du tout aux financiers à qui la brume qui couvre ces sommets est profitable.

    Par exemple les 1.018 milliards d’euros en question étant un nombre à 13 chiffres et le nombre d’européens concernés un nombre à 9 chiffres on voit tout de suite que si on répartissait équitablement cette somme entre les dits européens on aurait un nombre à 4 chiffres et que ça risquerait de troubler leur sommeil s’ils s’en apercevaient…

  35. Cassiopée

    La spéculation me semble une question à poser pour bien prendre conscience dans la réalité économique dans laquelle nous vivons. La limitation économique est une réalité à multiples indicateurs, qui agit et interagit à différentes reprises.

    Le pétrole est l’énergie par excellence du fonctionnement économique moderne. Si je peux commander un produit sur internet ou envoyer un courrier, je dois passer par le pétrole.

    Or en 1973, il y a un choc pétrolier. En une seule soirée, les prix du pétrole ont été multiplié par 4.

    C’est à dire qu’une crise économique créant de facto une limitation économique (la fin du bon marché à l’époque pour certains) peut intervenir à une vitesse qu’il faut intégrer dans le circuit des échanges. Nous sommes en période de ce qu’on appelle « la mondialisation », et la différence avec 1973 est colossale, c’est à dire le niveau de dépendance et d’influence.

    Ceci se nomme un boom spéculatif. On retrouve de nouveau le même le 24 octobre 1929, qui va engendrer la grande dépression. La finance a de nos jours une influence colossale sur l’économie, nettement moins il y a 2 siècles, mais après c’est un facteur habituel tellement les booms spéculatifs sont courants. Les prix changent, le fonctionnement économique doit alors connaître une nouvelle mutation.

    De la mutation, elles sont sous diverses formes. La fragilité de l’économie rappelle que des régions désindustrialisés ou en grand manque d’emploi deviennent très vite des lieux en carence pour la sécurité (donc de l’investissement futur), des lieux où les développements de formes de diverses de pollutions (eau, alimentation,ect…) ou de maladie viennent se concentrer, et ne permettant plus une stabilisation plus rapide d’un accroissement des échanges.

    La spéculation fait partie intégrante du modèle économique actuel, elle est une forme de limitation économique, tout comme l’épuisement des ressources naturelles est aussi un problème mondial comme par exemple la sur-pêche. Il ne s’agit pas absolument d’une décroissance comme on l’entend mais de phénomènes économiques qui fait intégrer l’idée de formes de fin de cycles ou d’un plafond.

    Je n’ai rien contre la pensée archaïque économique en constante expansion, mais il y a des limites économiques tout de même.

  36. Devauchelle

    Bonjour,
    J’arrive un peu en retard dans ce débat, mais après m’être intéressé à cette crise et avoir lu « le capitalisme à l’agonie », j’ai reçu d’un ami diverses infos qui confirment une nouvelle donne à laquelle aucun politicien n’a de réponse.
    Elles concernent la disponibilité des ressources d’énergie fossiles, sur laquelle s’appuie notre croissance. Il est avéré depuis maintenant une vingtaine d’années que nous sommes en train de dépasser le pic de consommation de ces sources d’énergie. Et que comme nous n’avons préparé aucune alternative à ce support de toute notre activité, une crise de l’approvisionnement est imminente, qui va mettre d’accord tout ceux qui débattent de la création de richesses.
    Je vous propose de lire ou d’écouter Chris Martenson, Jean Marc Jancovici et aussi Richard Heinberg, dont le livre « La fin de la croissance » va paraitre en français à la fin du mois de mars.

  37. devauchelle

    Oui, merci, ce rapport Meadows date de 1972 et pourtant ses prévisions sont assez exactes;
    Pour information en 2008 un surcroît de fourniture d’énergie a été demandé à l’Arabie Saoudite qui n’a pas été en mesure de le fournir, et pas par calcul; simplement elle n’en disposait pas.
    Avant cinq ans, il nous manquera environ la production de pétrole de l’Arabie saoudite (15% de la production mondiale)pour maintenir la modeste croissance mondiale actuelle. Ce n’est qu’un début. Par conséquent les ultralibéraux qui pensent que la main invisible du :marché va nous arranger tout ça peuvent s’asseoir sur cette main et chercher autre chose.
    Cher PJ, vous avez de la patience de supporter le bavardage de gens qui croient encore à Adam Smith. Le vrai problème est que l’économie libérale n’est pas basée sur une idéologie mais sur une foi quasiment religieuse, et il est difficile de discuter de sujets rationnels avec quelqu’un qui a la foi.

  38. Gu Si Fang

    « Une découverte faite par David Ricardo dans son rapport de 1810 sur « Le prix élevé des lingots » constitue l’une de rares certitudes de la « science » économique. »

    « principe de « réglementation de l’émission de monnaie » de Ricardo, l’un des rares acquis pourtant de la réflexion économique. »

    Ricardo était « école de la circulation » et s’opposait à l’ « école de la banque ». Dans votre livre « L’argent, mode d’emploi » vous vous situiez dans le deuxième groupe. Avez-vous changé d’avis ?

    Ce que j’ai compris de Ricardo c’est qu’il étudie l’effet de l’émission de billets par la Banque d’Angleterre et par les banques privées. Lorsque la Banque d’Angleterre a fait tourner sa planche à billets durant les guerres napoléoniennes, le nombre de billets en circulation a augmenté, les prix aussi, et l’or a été exporté. Ceci a donné lieu à des cycles d’expansion et de crises monétaires : c’est la première version de la théorie monétaire des cycles économiques, reprise ensuite par Coquelin puis Mises et Hayek. A la différence de Ricardo qui s’intéresse surtout aux flux monétaires internationaux, Coquelin, Mises et Hayek vont tirer les conséquences de l’expansion du crédit bancaire au niveau domestique. En un mot : des bulles.

    Le remède proposé par Ricardo n’est pas, sauf erreur de ma part, de « réguler le volume de monnaie en fonction des fluctuations de la richesse nationale » ni de stabiliser les prix, mais d’empêcher la Banque d’Angleterre d’imprimer des billets sans avoir l’exacte contrepartie en or dans ses coffres. Il ne veut aucune création monétaire ex nihilo, une position que peu d’économiste défendent aujourd’hui.

    Sa mise en oeuvre échoue malheureusement. L’Act de Peel (1844) signe la victoire de Ricardo sur ses adversaires, mais oublie que non seulement les billets mais aussi les dépôts à vue constituent de la monnaie (contrairement à ce que vous écrivez dans votre livre). C’est ainsi que la Banque d’Angleterre crée des dépôts et provoque la première crise financière en 1847, puis 1857, puis etc.

    Je ne suis pas très sûr de la position de Ricardo sur la stabilisation des prix. En principe il ne peut pas demander à la Banque de s’abstenir de la créer de la monnaie, tout en lui demandant d’en créer pour stabiliser les prix… Il faut vérifier ce que Ricardo a écrit sur le sujet.

    Toujours est-il que le grand épouvantail de la déflation n’en est pas un. Si l’on appelle déflation la baisse des prix qui se produit en l’absence de création ou de destruction de monnaie (sous un régime monétaire ricardien) elle ne pose strictement aucun problème. Il n’est pas vrai que « comme les prix baissent, tout sera moins cher demain et chacun attend encore avant d’acheter, du coup, l’économie s’arrête brutalement. » J’ai acheté un ordinateur dans les années 80, puis environ un nouveau tous les 5 ans depuis cette date, chaque fois moins cher que le précédent. Si j’avais raisonné comme le prétend l’explication précédente, je n’achèterais jamais d’ordinateur. Ce n’est manifestement pas le cas, et cette industrie est florissante et elle présente des prix « déflationnistes ». La déflation qui pose problème est celle qui est causée par une baisse de la quantité de monnaie, qu’elle vienne de la banque centrale (rarissime) ou des banques (déflation par le crédit).

    Voir cette présentation très à propos de Guido Hülsmann sur la « déflation » :
    http://www.institutmolinari.org/la-deflation-un-facteur-de,1291.html

  39. Gu Si Fang

    Jean-Marc Daniel vient de sortir un livre intitulé « Ricardo reviens ! ils sont restés keynesiens »

    Ricardo n’était pas seulement un théoricien de la monnaie, mais aussi un pourfendeur de la rente des propriétaires fonciers protectionnistes et et critique méticuleux de la théorie de Malthus (et plus tard Marx) de la sous-consommation. Pour supprimer la rente des propriétaires fonciers, sa solution consistait à ouvrir les frontières pour les soumettre à la concurrence des Français et permettre aux sujet britanniques d’acheter des céréales moins chères. Pour ce qui est des crises économiques, sa théorie était que la planche à billets – et non la « surproduction » – en était la cause.

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