L’actualité de la crise: la Grande Crise s’auto-alimente, par François Leclerc

Billet invité.

LA GRANDE CRISE S’AUTO-ALIMENTE

Une constatation s’est déjà imposée : la Grande Crise est sortie de son état aigu, au moins provisoirement, pour entrer dans une phase chronique. Ce que l’on peut traduire par durable et installée. A poursuivre son observation – prenant un peu de recul face à la succession à cadence rapprochée de ses épisodes – on peut désormais également comprendre qu’elle s’auto-alimente. En d’autres termes qu’elle ne se poursuit pas uniquement parce qu’il n’a pas été fait face aux causes initiales de son déclenchement, mais aussi parce que les tentatives d’y remédier sont en elles-mêmes porteuses de sa poursuite et de son approfondissement. En ce sens, elle se reproduit.

Une conclusion s’impose alors : faute d’une reconfiguration en profondeur du capitalisme financier, pouvant aboutir à sa remise en question car il s’y oppose, la Grande Crise est devenue endémique. Pour s’en débarrasser, il n’y a d’autre issue que d’en faire autant d’un système financier parasitaire qui continue de s’accrocher à un corps social de moins en moins sain. Dont il est ressentit qu’il est vital de le préserver par un nombre grandissant de ses acteurs.

Afin de mettre en évidence ce phénomène de pérennisation désormais bien enclenché, tout peut partir d’une autre constatation, qui ne souffre pas discussion. Trois bulles financières distinctes coexistent actuellement, les deux dernières étant les produits d’une tentative inachevée et inopérante de faire face à la première. La bulle-mère est celle des actifs toxiques, qui est fort loin d’être résorbée. Les actifs y sont parqués dans ces bad banks de fait que sont les banques centrales, dans de discrets Special Purpose Vehicles, ou bien au fin fond des bilans mêmes des établissements financiers zombies, où ils sont très progressivement dépréciés.

Cette bulle-mère a été depuis rejointe par celle des actifs publiques – produit, dans une large mesure, du sauvetage du système bancaire et des mesures de soutien à l’économie – puis par celle des actifs privés, créée à force d’injections massives de liquidités des banques centrales, afin que le système financier puisse rééquilibrer son bilan. Mais ces trois bulles qui coexistent ne sont pas indépendantes l’une de l’autre : dans la pratique, elles interagissent entre elles, se contaminant réciproquement.

La nécessité de résorber la bulle des actifs publics fait ainsi obstacle à la relance de l’économie, qui réduit à néant l’espoir de revalorisation des actifs toxiques, qui permettait à leur bulle de se dégonfler sans douleur. Ce qui rend d’autant moins possible de retirer du marché les liquidités qui y ont été injectées, qui soutiennent le système financer et contribuent au gonflement de la bulle des actifs privés. Et qui rend également impossible toute stricte régulation financière des instruments spéculatifs et hautement pathogènes pourtant répertoriés, mais qui sont paradoxalement considérés comme étant indispensables au sauvetage de ce qu’ils ont coulé. On décrit là un enchaînement de phénomènes appelés à durer pendant probablement de très longues années, si rien ne vient briser leurs interactions qui ont tout du cercle vicieux.

Ce mécanisme diabolique observé, on s’interrogera alors sur la raison impérative pour laquelle il est aujourd’hui nécessaire de résorber de toute urgence la bulle des actifs publics, tout en laissant simultanément prospérer celle des actifs privés. Une étonnante asymétrie de traitement (pour parler comme les économistes distingués), les Etats devant financer sur les marchés privés leur dette, tandis que les établissements privés sont financés à taux presque nul par les banques centrales, elles-mêmes émanations des Etats (sauf aux Etats-Unis, où leur fonction a été privatisée).

On entre là dans les dédales d’un système qui ne trouve pas d’issue à sa propre crise, emprisonné dans sa logique même. La machine s’alimente – c’est dorénavant largement établi – avec comme combustible de la dette. Dette des entreprises, des particuliers, des Etats ou même des acteurs financiers eux-mêmes. Toutes les occasions sont suscitées et prétextes pour prêter du capital et percevoir des intérêts, à la recherche permanente des meilleurs rendements, dans une sorte de course sans fin qui s’emballe… jusqu’à ce qu’elle s’enraye. Là où nous en sommes arrivés.

La Grande Crise a créé de gigantesques besoins de financement, principalement des Etats et des établissements financiers. Dans la logique de ce qui précède, une telle situation devrait en soi satisfaire au fonctionnement de la machine, sauf qu’une demande d’une telle ampleur va avoir pour inévitable conséquence une hausse des taux du marché, et que les financiers – qui doivent renforcer les fonds propres de leurs établissements – craignent cette hausse qui viendrait encore plus limiter leurs performances, déjà atteintes en raison de la crise (et qui le sera encore davantage par des mesures de régulation, mêmes limitées). Ne sont-ils pas eux-mêmes soumis aux lois du marché et à l’optimisation de leurs rendements ?

Les Etats doivent donc, du point de vue du système financier qui a quelques raisons de les considérer comme de simples rouages, réduire leurs propres besoins, afin que la pression sur les taux obligataires diminue, en raison d’une contagion qui veut que le marché obligataire public détermine le barème des obligations privées.

A cette raison, que l’on pourrait appeler de circonstance, viennent se rajouter d’autres blocages. On a vu comment les instruments monétaires aux mains des banques centrales (leurs différentes taux) avaient permis à ces dernières d’arrêter la chute libre du système financier, pour ensuite constater que ces mêmes instruments étaient devenus inopérants lorsqu’il s’agissait de le réparer. Laissant les banques centrales dans une situation inédite, plantées aux milieu du gué, incapables de prendre de nouvelles initiatives comme de revenir sur celles qu’elles ont prises (et amusant la galerie pour donner le change). On remarque aujourd’hui qu’elles prétendent toujours appuyer leurs analyses et fonder leurs décisions sur le même corps de doctrine monétariste qui a permis de forger leurs outils d’intervention dépassés.

Au bout du compte, on ne peut que constater que les institutions financières qui sont supposées constituer la clé de voûte du système – lui-même censé se réguler au mieux – ne remplissent plus leur fonction suprême face à la furie financière. Les masses de capitaux flottants étant telles que les instruments dont disposent les banques centrales en deviennent dérisoires. On savait déjà qu’elles étaient devenues – les rapports de force l’imposant – très humbles dans leur approche des marchés des devises ; on comprend qu’elles le sont tout autant face à la masse en croissance exponentielle des produits dérivés financiers dérégulés qui les surplombent.

Si leurs instruments sont inopérants, que dire alors de leur sacro-sainte mission  ? Que pèse en effet, dans ces conditions, la barrière des 2% d’inflation érigée en règle intangible, alors que l’Europe connaît une quasi-stagnation économique ? D’autant que celle-ci est doublement mise en question. Comme mesure uniquement appliquée aux prix des biens et des services, et non pas aussi à ceux des actifs financiers (dont l’inflation galopante est saluée) ; ou bien comme stricte norme faisant obstacle au financement du déficit public par une politique de création monétaire dont les bienfaits sont réservés aux établissement financiers ? Somme toute, il y aurait selon cette science économique en déroute et cramponnée à ses derniers bastions une bonne inflation et une mauvaise, de bons destinataires des liquidités-cadeaux et de mauvais (comme le cholestérol !).

Une même équation est posée, sans solution affichée, qui voudrait que la relance économique puisse intervenir en même temps que la diminution des déficits publics. Alors que l’investissement privé n’y contribue pas comme espéré, et la consommation non plus. Car ceux-ci subissent les effets de la crise économique et ne peuvent plus bénéficier de la manne du crédit issu de la titrisation, en panne sèche. Cette équation ne trouve pas de solution parce qu’elle n’en a prétendument pas. Celle qu’elle a en réalité n’est pas considérée comme acceptable puisqu’elle suppose une redistribution de la richesse.

Cette option rejetée, il va falloir d’une manière ou d’une autre faire sauter les verrous. Ou bien accepter un financement partiel des déficits publics grâce à une politique de création monétaire, ou bien aussi, prendre le risque que les Etats les plus faibles fassent défaut, ou bien encore, mutualiser les risques, ou bien enfin, faute d’un relai de financement, s’engager dans la rigueur et prendre le risque de fortes confrontations sociales. On en est pour l’instant, dans tous les pays occidentaux, à jouer au jeu du chat et de la souris, mais cela ne pourra pas durer, il va bien falloir entrer dans le vif du sujet si une relance miraculeuse n’intervient pas. Une relance porteuse d’une substantielle amélioration de l’emploi, est-il besoin de le préciser.

La crise de la dette publique porte en elle les germes d’une crise sociale et politique profonde, à moins que n’interviennent des remises en question qui ne sont aujourd’hui préconisées que par des voix isolées. En Europe, la création d’un FMI européen ou le lancement d’émissions d’euro-obligations seraient parmi les solutions les plus à portée. Le lancement d’un programme d’investissement communautaire avec comme objectif de créer de l’emploi pourrait être étudié. Mais toutes ces options paraissent bien lointaines.

La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre, ou mieux encore s’il va être prié de rester à sa place.

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135 réponses à “L’actualité de la crise: la Grande Crise s’auto-alimente, par François Leclerc”

  1. Avatar de yvan
    yvan

    Synthèse et réflexions excellentes.

    Juste une chose sur la dernière phrase.. : le destin va venir tout seul frapper à la porte comme nous pouvons le constater en Islande.
    Et encore… ils se retiennent.

    1. Avatar de zébu
      zébu

      « « Les prêts dont les taux d’intérêt étaient liés aux devises étrangères sont illégaux », a-t-il déclaré, même si, en Islande, on attend de voir les conséquences concrètes de cette décision. »
      http://www.humanite.fr/2010-02-19_International_-Vu-d-Islande-Expulsions-a-credit

      Si la justice s’en mèle, où va-t-on ?

      Plus sérieusement, pas sûr que la société islandaise accepte de se laisser tondre.

  2. Avatar de ALBIN
    ALBIN

    Excellente et claire analyse des 3 principaux rouages de cette grande crise qui s’alimente toute seule pour devenir incontrôlable, comme Cronos.
    Les états doivent commencer par se policer dans leur débauche de création de déficit, C’est évident. Mais ce billet aborde la question de la réduction du « flottant » qui est devenu énorme. Cependant la conversion en obligation ne fera certainement que repousser à très tard la résolution de l’excédent, faute d’une croissance à 2 chiffres.
    Je comprends dans cette crise la conséquence d’une idéologie financière totalitaire qui asservit les peuples. Un phénomène de même nature que le communisme, mais homothétique…… avec son goulag qui est la misère, l’insécurité….
    Le grand visionnaire qu’était De Gaulle a dit que « la Russie absorberait le communisme comme le buvard l’encre ». C’est sur cette piste qu’une solution est à envisager. Quel buvard est-il capable de « pomper » les capitaux flottants ?
    Comment « détruire » globalement cette énorme masse monétaire qui afflue et reflue au gré des spéculations » ? La réponse n’est plus du ressort d’un roi ou même d’un pape traficotant ses pièces pour payer des dettes de guerre.
    Peut on envisager la vente des actifs d’un pays à un créancier comme au temps des seigneurs et du servage ? Peut on décemment « étaler » sur 100 ans cette masse et la faire payer par 2 ou 3 générations futures ? La réponse n’est plus au niveau des nations battant leur propre monnaie. Les peuples ne sont plus disposés à vendre leurs enfants comme esclaves, à subir l’inflation sans réaction violente.
    Il faut un échange plus ou moins obligatoirement consenti par les peuples à l’échelle de la planète entre ceux qui ont des créances souveraines et les états, ceux qui ont des créances civiles et ceux qui se sont endettés. il y a une graduation à opérer.
    Quelle est donc la « matière » universelle pour cet échange, ce troc, ce « swap » ?
    La terre pourrait servir de support, parce que les états sont de grands propriétaires fonciers. Mais les peuples vont hurler à l’asservissement et au patriotisme. On meurt pour le sol de sa patrie. Le sol n’étant pas négociable, il y a le tréfonds: Qui va s’en déposséder ? L’espace aérien ? Impossible pour raison de sécurité d’une nation. Les océans et les mers hors des eaux territoriales? L’antartique ? La lune ?
    Les oeuvres d’arts relevant du patrimoine mondial ? Faudra t-il payer un fonds d’investissement pour voir la joconde ou des pièces d’art vendues par des musées nationaux comme celui d’Athènes par exemple ? Sachant que des oeuvres du XVIIIème siècle qui valaient des fortunes ont vu leur cote chuter, qui voudra accepter ce troc ? Et à quelle valeur ?
    Il faut donc une « valeur » sans connotation sentimentale, artistique, patriotique, culturelle, humanitaire…..indestructible, capable de rassasier la cupidité des hommes.
    Une valeur qui apportera à terme la ruine à ceux qui la thésauriseront…. Des fonds d’états ? Personne n’en voudra sur le long terme sinon à un taux criminel.
    Une seule matière a déjà fait la preuve de sa redoutable efficacité. Examinez l’histoire de l’Espagne au temps des conquistadors.
    L’or.
    La question maintenant est de préparer les esprits.

    1. Avatar de J.Gorban
      J.Gorban

      mais pourquoi les peuples, pourquoi la piétaille devrait payer les dettes que les dominants et les élites ont fait aux noms des peuples pour leur propre enrichissement ?

      Pourquoi ?

      pour qu’une minorité puisse continuer à avoir plusieurs résidences , aller aux sports d’hiver, prendre l’avion pour des destinations exotiques, avoir toujours plus d’argent pour spéculer ……

      pourquoi mes enfants et mes petits-enfants devraient se sacrifier pour que les héritiers s’en sortent …. ?

      pourquoi ?

    2. Avatar de jeannot14
      jeannot14

      Préparez les esprits au remboursement des dettes générales, de la dette publique avant la crise, de quoi voulez-vous parler, avant de rembourser, il faudrait déjà se mettre d’accord sur le montant et la répartition publique/privée.

      Valeur des « arts »…de l’or… de la monnaie…du kilomètre de bitume…du camenbert au lait cru (j’sui normand et la crémière en prime)…pour le partage c’est facile le camenbert, bien malin celui qui pourra le déterminer. La négociation sera contrainte, qui représentera le nombre Souverain le plus important, j’attends avec une certaine impatience le moment du partage ou du non partage.

      L’état est garant de sa monnaie scripturale en valeur faciale, un vaut un, la garantie sur les comptes de dépot en France est de 100.000€ (montant équivalent en Europe me semble-t’il)

      Me vient à l’esprit cet adage populaire « local normand? », l’argent ne compte que pour du beurre, le pourquoi du comment de cette expression serait-il d’actualité!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    3. Avatar de nemo3637
      nemo3637

      Il y a une autre matière qui répond à votre définition: les sentiments.

    4. Avatar de RIOU René
      RIOU René

      Les grands challenges que nous souhaitons relever demandent des chefs, des options que nous n’aurions pas élu(e)s en d’autres circonstances. Les grandes crises génèrent elles-mêmes leur remèdes…
      Les voix que je n’aurai pas écoutées en 2006 me sont devenues audibles. Même un français moyen apparemment apathique sait se mobiliser au besoin pour mettre une autre organisation en place. De Gaulle a su fermer la bourse en d’autres temps. Le Monde Diplomatique de ce mois-ci préconise également ce moyen. Ou est le leader capable d’oser des actions que tous les autres n’oseraient même pas envisager?
      Il est là au milieu de nous…soit la crise passera, soit elle mettra à bas la confiance des citoyens envers nos hommes politiques, de tous bords, bien pépères et bien installés dans leurs collusions avec les milieux financiers.
      Si Paul Jorion et vous tous avez raison, alors accrochez-vous, ça pourrais bien accélérer sous peu et avec une certaine énergie…

    5. Avatar de communisation
      communisation

       » Un phénomène de même nature que le communisme, mais homothétique…… avec son goulag qui est la misère, l’insécurité…. »
      Veuilles éviter ces rapprochements qui n’en sont pas.
      1°) Les pays de l’Est ont été SOCIALISTES, quoi que vous puissiez croire à ce propos.
      Diriez-vous d’un pays dirigé par des démocrates chrétiens que ce pays est vraiment démocratique et chrétien?
      2°) Le communisme se définit -négativement, jusqu’à présent comme un monde sans argent, sans classes, sans état…veuillez vous instruire à ce propos, au lieu de tout mélanger. (socialisme/communisme) dans une tentative de jeter le discrédit sur le projet et le mouvement communiste.

  3. Avatar de Olivier Brumaire

    Bonjour,

    dans le même ordre d’idée, les deux derniers articles de Noam Chomsky :

    La prise de contrôle de la démocratie par les Corporations. 3 février 2010.

    Une participation directe à la créativité. 9 janvier 2010.

    1. Avatar de Paul Jorion

      « Corporation » en anglais veut dire « entreprise ». Quelle idée saugrenue de traduire « corporation » par… « corporation ».

    2. Avatar de Julien Alexandre
      Julien Alexandre

      L’auteur de la traduction reconnait lui-même avoir traduit « lâchement » le terme « corporation ». Reste que pour un francophone, cela prête à confusion.

  4. Avatar de charles
    charles

    Je n’aime pas jouer les Cassandre, mais derrière tout ce « spiel ». les besoins de financement des
    Etats de l’Eurozone en 2010 atteignent selon une analyse de Merrill Lynch 1.6 trillions d’euros…
    en 2010, avec tableaux à l’appui, et nous sommes au mois de février…

    How a 20 billion liquisity crisis
    is set to become a 1.6 trillion funding crisi

  5. Avatar de Karluss

    lorsque les financiers marchent sur la tête, alors nous marchons sur la dette ; et plus ils s’entêtent, plus on s’endette …

  6. Avatar de laurence
    laurence

    Monsieur Leclerc,

    merci pour ce billet qui est, dans ces constatations tragiques, tristement jubilatoire.

    Entrons donc dans le vif du sujet, nous sommes écoeurés par la morgue et la voracité de cette
    ‘finance’ qui sacrifie sans état d’âme (!!) la vie et les valeurs de millions de gens, qui viole les lois, les règles et les conventions pour se repaître toujours davantage.

    Cette Chose obscène et destructrice, ‘la finance’, a fait long feu. (Bien trop long).

    Cessons immédiatement de lui permettre de poursuivre son sinistre objectif : accaparer toutes les richesses à son seul profit.

    Et si les différentes instances qui sont censés la réguler (hum) sont , comme elles l’ont montré jusqu’ici, TOTALEMENT inefficaces; changeons- les.
    Idem pour les Etats, pathétiques dans leur impuissance (?).

    Un système, quel que soit son nom, qui n’a pas pour objectif, au coeur de son fonctionnement et de sa pensée, le bien être des Citoyens, leur respect et leur épanouissement n’a pas sa place dans nos vies, dans nos cités et dans le Monde que nous souhaitons.

    Une seule constante en ce monde : Changement.

  7. Avatar de BA
    BA

    François Leclerc écrit les 4 possibilités : « Ou bien accepter un financement partiel des déficits publics grâce à une politique de création monétaire, ou bien aussi prendre le risque que les Etats les plus faibles fassent défaut, ou bien encore mutualiser les risques, ou bien enfin, faute d’un relai de financement, s’engager dans la rigueur et prendre le risque de fortes confrontations sociales. »

    Un point très important est le coût de la 3ème possibilité : « mutualiser les risques ».

    Ce coût est devenu aujourd’hui gigantesque, inimaginable, exorbitant.

    Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas, a calculé combien coûterait le sauvetage de la Grèce : sauver la Grèce nécessiterait de lui prêter 50 milliards d’euros.

    Je dis bien : il faudrait prêter à la Grèce 50 milliards d’euros.

    Lisez cet article :

    D’après les rumeurs de marché, un éventuel plan de sauvetage pour la seule Grèce coûterait 20 milliards d’euros. Insuffisant, d’après l’économiste de BNP Paribas : 20 milliards, c’est le montant des sommes allouées à la Hongrie et à la Roumanie, soit aux alentours de 20 % du produit intérieur brut de ces pays.
    Appliqué à la Grèce, le même ratio équivaut à 50 milliards d’euros, à 35 milliards d’euros pour l’Irlande, et à 30 milliards d’euros pour le Portugal.
    Le sauvetage le plus cher concernerait l’Espagne, avec une enveloppe de 200 milliards d’euros.
    Car, «pour mettre en place un plan qui ait une chance raisonnable de réussir, il faut venir en aide à tous les pays en difficultés», avertit Paul Mortimer-Lee. L’enveloppe totale de 320 milliards d’euros représenterait au final 3,5 % du PIB de la zone euro, ou encore trois fois le déficit budgétaire allemand.

    Le Figaro

    1. Avatar de Thomas

      Le défaut de notre fonctionnement, c’est qu’aucune des quatre voies ne sera choisie avant qu’une majorité d’électeur ne soit profondément convaincue de la necessité de le faire.

      La conscience de tout cela a beau progresser chaque jour, pas mal de monde croie encore que l’eau de la marée ne montera pas jusqu’à lui, que ce n’est pas la peine de déplacer sa serviette sur la plage.

      Pour faire un des quatre choix, à mon avis, n’importe quel gouvernement attendra d’être appuyé par des faits qui auront suffisament touché l’ensemble de l’opinion. La situation risque de moisir encore un peu plus.

    2. Avatar de PAD

      ‘le gazon du voisin est toujours plus verte que le nôtre » c’est combien pour nous ?

  8. Avatar de brunoo
    brunoo

    La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre.

    Surement, la réalité économique Evidemment, plus la dette publique est élevée et plus les efforts d’ajustement (baisses de dépenses et ou des hausses d’impôts) sont importants et au final, la croissance s’en trouve affectée ce qui entre nous fait le lit de nouveaux actifs pourris.(voir ci-dessous) A partir d’un taux d’endettement de 90% du produit intérieur brut, il y a un impact négatif significatif aboutissant à une perte de croissance de l’ordre de 1 à 1,5 point par an ! Or il se trouve que la France est dans le mur. Ce qui doit nous rendre très humble sur les chances d’accélération de la croissance dans les années qui viennent. (Sic) En attendant, la réalité n’attend pas … à l’image des derniers chiffres de la Coface…

    Extrait Coface : Les 6 313 défaillances du mois de janvier 2010 sont en hausse de 23% par rapport au mois de décembre (5 133), le coût des défaillances pour les entreprises fournisseurs (somme des encours fournisseurs des entreprises qui ont fait défaut) connaît également une augmentation. En atteignant 526 millions d’euros pour le mois de janvier 2010, il double par rapport à décembre dernier (259 M€) et progresse de 18,5 % par rapport au mois de janvier 2009 (444 M€). En conséquence, le cumul sur 12 mois glissants repart à la hausse en ce début d’année pour s’approcher du seuil des 5 Mds€ (4 978 M€), qui n’a plus été franchi depuis novembre 2009. Il progresse de 8,4 % sur un an (4 592 M€ à fin janvier 2009) et de 1,7 % sur un mois (4 896 M€ à fin décembre 2009). Ce sont les micro-entreprises (entre 500K€ et 2M€ de chiffre d’affaires) qui ont le plus contribué à la hausse du coût des défaillances. Ces entreprises représentent pour le mois de janvier presque 24% des défaillances contre 21,5% il y a un an. L’accroissement de la part des micro-entreprises dans les défaillances en janvier est la principale raison de l’augmentation du nombre d’emplois menacés par les faillites d’entreprises. Avec 21 298 emplois menacés, le mois de janvier 2010 enregistre une hausse de 26,6 % par rapport au même mois de l’année dernière et de 27,1 % par rapport à décembre.

    PAR CHRISTIAN SAINT-ÉTIENNE : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2010/02/20/01006-20100220ARTMAG00138–scenario-fiction-le-j-o-ur-o-l-euro-explosa-.php

    A mon avis ça sent la panique !!!

    1. Avatar de Vincent
      Vincent

      La panique ?

      Une véritable peur panique oui, dans mon département, les prix dans les appels d’offres des projets de construction s’écroulent entre 20 et 50 %, une telle baisse des prix est intenable, le nombre de candidats en lots séparés ou en entreprise générale explose, la spirale à la baisse s’amplifie d’elle même, les carnets de commandes s’effondre, les projets privés et publics ne sont pas financés, on repart pour un tour dans une concurrence folle, c’est donc une débâcle sans précédents qui s’annonce. 2010 va être une année terrible qui va emporter bon nombre d’entreprises, même saines et anciennes, et ainsi grossir les rangs déjà bien fournis des candidats à la recherche d’un emploi et des ardoises qui ne seront pas réglées. A part ça on est en sortie de la crise ? C’est une plaisanterie ? La réalité c’est un recul des flots avant une vague gigantesque qui va emporter au moins 20 à 30 % des PME du bâtiments et à vu de nez dans les 400 à 500 milles emplois du secteur dans les 12 à 18 mois qui viennent.

  9. Avatar de dissy
    dissy

    http://www.lesoir.be/actualite/monde/2010-02-20/jusqu-a-25-milliards-d-euros-d-aides-prevues-pour-la-grece-754740.shtml

    et combien de milliards ensuite pour les autres PIIGS ?Sans parler des UK ,hors euro mais dans l’Europe malgré tout

  10. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    Le Spiegel vient d’annoncer qu’un plan de sauvetage financier de la Grèce aurait été mis au point. Les pays de la zone euro, au prorata de leur participation au capital de la BCE, prêteraient ou garantiraient une somme globale de 20 à 25 milliards d’euros. Ni confirmation formelle, ni démenti n’ont été enregistrés.

  11. Avatar de TARTAR
    TARTAR

    Il y a de quoi être inquiets:
    Le grand corps de l’économie monde a vieilli brutalement.
    Son métabolisme stabilisé résultait d’un équilibre croissance crédit dette.
    La crise a accéléré une grave défaillance hormonale, une fuite du système de diurèse.
    L’état chronique est dépassé maintenant nous sommes en phase aigüe et le corps renonce de toutes parts.
    Les divers traitements appliqués ont tous eu des conséquences fâcheuses et toute médication locale entraine des conséquences catastrophiques sur des organes sains.
    Combien de temps ce grand corps malade tiendra-t-il dans l’unité de soins palliatifs?
    Il est trop tard pour la réa…çà traine, le malade ne souffre plus et la famille va bientôt demander son euthanasie.
    Qu’on en finisse , qu’on l’enterre et qu’on aille baptiser un nouveau machin, pour voir.

    1. Avatar de astarte
      astarte

      ceux qui ne souhaitent pas voir l’héritage dispersé sont capables de trafiquer le tracé de l’ECG et de l’EEG
      Au vu sur écran du monitoring, la Mort est imprononçable.

      Impensable même.

      Alors, encore un petit coup de potassium, et un petit shoot d’adrénaline, cela fait tressauter la ligne de base
      et ça mime des ondes P, QRS et T, Tau comme thanatos?

    2. Avatar de Piotr
      Piotr

      La mode est à l’incinération.

  12. Avatar de claude roche
    claude roche

    @ une synthèse intéressante
    .. et qui permet de prendre du recul.
    Je crois que la manière dont la crise a été gérée dans cette affaire est tout à fait logique. Il fine les autorités ont toutes réagi dans cette crise en appliquant les enseignements de la crise de 29 ( dits keynésiens)
    Et la synthèse de FL traduit simplement l’épuisement de ces enseiignements.
    Ce qui donne des raisons d’espérer car si l’avenir économique semble bouché, l’avenir intellectuel et pour la même raison va se débloquer : car il faudra bien réagir un jour ou l’autre et cette fois inventer
    J’observe quant à moi l’opportunité que donne le statut hybride de l’Europe. Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE
    Sur quel modèle politique et institutionnel ? le jeu est enfin ouvert, une pensée autonome n’est plus inéluctablement vouée à l’échec comme cela a été le cas pendant 40 ans
    Comparé à cela le prix à payer est finalement assez faible
    amicalement

    1. Avatar de merou
      merou

      « Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE ».
      Non pas d’accord , pas forcément.

    2. Avatar de Roland
      Roland

      Vous êtes masochiste?

  13. Avatar de BA
    BA

    Concernant l’information de Der Spiegel : la zone euro pourrait prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Cette information de Der Spiegel a aussitôt été démentie par le ministère des Finances allemand.

    Germany doesn’t have plan to aid Greece, Finance Ministry says.
    Germany’s Finance Ministry said it has no specific plans for helping Greece combat its deficit crisis, denying a magazine report that euro-area governments may offer as much as 25 billion euros ($ 34 billion) in aid.

    Businessweek.com

    1. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      Le Spiegel bénéficie de beaucoup de fuites ces temps-ci, qui convergent pour justifier l’idée qu’il ne faut pas aider la Grèce. Car dévoiler prématurément un projet dans lequel l’Allemagne serait partie prenante est une manière de couler.

      Voilà l’extrait significatif de la dépêche de Bloomberg, avec citation entre guillemets des termes employés par le porte-parole du ministre des finances:

      It’s “incorrect” that Germany is considering a “concrete” plan for countries sharing the euro to pump billions in financial aid to Greece, ministry spokesman Martin Kreienbaum said in an e-mailed statement. “The Finance Ministry has taken no decisions in this regard,” the statement said.

      Selon le porte-parole, il est « incorrect » de dire que l’Allemagne considère un plan « concret » et « aucune décision n’a été prise à cet égard ». On a connu des démentis plus catégoriques et définitifs  !

  14. Avatar de astarte
    astarte

    « Les institutions financières qui sont supposées constituer la clé de voûte du système – lui-même censé se réguler au mieux – ne remplissent plus leur fonction suprême face à la furie financière. »

    Les États non plus. Et rien qui au sein de ces États légitiment leur statut de ‘démocraties’ ie partis politiques, syndicats et autres machins et colifichets

    Les ‘fédérations’ ou alliances d’États non plus.
    Les Trucs transnationaux, résultat d’accouchements au forceps de la deuxième guerre européenne mondialisée du siècle dernier, non plus.

    Quelques entités, fascinées par ce jeu de puissance virtuelle financière, comme la Chine ex-pop essaient de tirer une épingle de ce mikado.

    Aucun discours structurant, hormis ceux des peuples détruits par le gonflement démesuré de la grenouille Us, qui réclament de ne pas se faire délocaliser sous les bombes pas virtuelles celles-là et qui migrent par millions dans des contrées qui sonnent pour nous comme une musique lointaine qui peine à se faire entendre. Falloujah mon amour. Marjah qui ne plia pas même sous la férule alexandrine.

  15. Avatar de Lambert Francis
    Lambert Francis

    Seule une inflation généralisée résorbera douloureusement autant que longuement les bulles de dette créées par la surconsommation mondiale. La chute de niveau de vie sera sensible, surtout dans les pays les plus endettés. Cela c’est déjà produit souvent dans l’histoire. Ce qui est historiquement neuf c’est la convergence de plusieurs crises globales.

    Ceux qui pensent encore rembourser des dettes pharamineuses tout en restructurant l’économie pour des gains de productivité miraculeux alors que la consommation baisse et que la déplétion limite les ressources sont des zozonomistes. Projeter les courbes du passé dans un monde qui ne lui ressemble plus du tout est pure vanité politique: cet aveuglement accroit un désarroi de plus en plus dangereux.

    Il n’y a pas d’équivalent d’une « nouvelle révolution technologique » en vue, les quelques prémisses sont à une autre échelle de temps.

    Il faut penser la déflation et l’organiser mais c’est interdit d’imagination. La situation est bloquée, le déni règne au bénéfice des derniers profiteurs.

    1. Avatar de joelle
      joelle

      dit en peu de mots, parfaitement synthétique.

  16. Avatar de zébu
    zébu

    Une image me vient car votre dessin est fort clair : une machinerie, celle … des « Temps Modernes », où les roues diverses tournent pour produire on ne sait quoi et avalent d’abord des plaques où l’on y visse des écrous puis l’Homme lui-même, devenu complètement fou.

    Merci de votre précision d’horloger dans le démontage des mécanismes. Mais pour que les temps modernes coulent encore, il est nécessaire de remonter l’Horloge. Et à défaut de posséder les plans de l’Architecte, il faudra bien un créer un. Minuit, c’est le destin qui sonne, à tâtons, dans l’obscurité des rouages …

  17. Avatar de laurence
    laurence

    @ TOUS,

    puis-je vous recommander, VIVEMENT, d’aller relire le commentaire de Jack :

    TRES éclairant sur la situation que nous connaissons.

    Et les commentaires qui suivent sont vraiment supers aussi !

    Jack le 17-02 à 16h27, ans le billet de Monsieur Leclerc « La grande crise : quand le brouillard se dissipe ».

  18. Avatar de BA
    BA

    Je reviens à la 3ème possibilité évoquée par François Leclerc :

    « ou bien encore mutualiser les risques ».

    Cette 3ème possibilité pourrait donner ceci : la Grèce est proche du défaut de paiement, donc les 15 autres pays de la zone euro viennent tous à son secours en lui prêtant 50 milliards d’euros.

    Je reprends les calculs de Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas : sauver la Grèce nécessiterait de lui prêter 50 milliards d’euros.

    Concrètement, qu’est-ce que cela donnerait ?

    1- Première possibilité. Les 15 pays de la zone euro prêteraient 50 milliards d’euros à la Grèce, avec un taux d’intérêt égal à ce que la Grèce paie lorsqu’elle emprunte sur les marchés. A quelque chose près, les 15 pays de la zone euro lui prêteraient donc 50 milliards d’euros à 6,2 %.

    Conclusion : cela ne ferait que rajouter de la dette à la dette. La Grèce aurait encore plus d’argent à rembourser.

    2- Seconde possibilité. Les 15 pays de la zone euro prêteraient 50 milliards d’euros à la Grèce, avec un taux d’intérêt égal à ce que l’Allemagne paie lorsqu’elle emprunte sur les marchés. A quelque chose près, les 15 pays de la zone euro prêteraient donc 50 milliards d’euros à la Grèce à 3 %.

    Conclusion : cette seconde possibilité serait une excellente opération pour la Grèce … mais ce serait une opération désastreuse pour le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne.

    En effet, le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne prêterait des milliards d’euros à la Grèce avec un taux d’intérêt de seulement 3 %, alors que ces quatre pays sont obligés d’emprunter eux-mêmes à un taux d’intérêt bien plus élevé !

    Ces quatre pays prêteraient des milliards d’euros à 3 %, et ils continueraient à emprunter sur les marchés à des taux d’intérêt bien supérieurs !

    Donc ces deux possibilités sont toutes les deux des fausses bonnes idées.

    Prêter des milliards d’euros à la Grèce est une fausse bonne idée.

    Je termine en rappelant ce qu’a toujours dit le Premier Ministre grec : la Grèce ne demande aucune aide aux autres pays de la zone euro, car la Grèce est capable de s’en sortir seule.

    Le Premier Ministre grec l’a encore répété aujourd’hui :

    « Interrogé par le magazine allemand Der Spiegel, le Premier ministre grec George Papandréou a rappelé à l’Allemagne qu’il ne demandait aucune aide, tout en critiquant l’attitude de la Commission européenne concernant le pacte de stabilité. »

    Boursorama

    1. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      Selon le Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier, la Grèce pourrait « être à l’origine d’une dislocation » du système financier allemand.

      « Des problèmes graves de turbulences dans les marchés pourraient être provoqués par des spéculations et des problèmes financiers touchant l’ensemble des PIIGS ».

      Voici, selon le Bafin, l’exposition en Grèce des banques allemandes (valeur des titres obligataires des banques grecques détenus) : Hypo Real Estate (HRE), (9,1 milliards d’euros), Commerzbank (4,6 milliards d’euros), LBBW (2,7 milliards d’euros) et Bayern LB (1,5 milliard d’euros).

    2. Avatar de Jaycib
      Jaycib

      Et la Deutsche Bank, le Goldman Sachs européen (toutes proportions gardées)?

  19. Avatar de BAB64
    BAB64

    Vous mettez bien en lumière dans ce billet l’impasse ou les cercles vicieux dans lesquels nous sommes piégés.
    C’est peu de dire en effet que nos « fondamentaux » prennent l’eau de partout; pour n’en citer que quelques uns:
    – la croissance: évaporée, oubliez la et bienvenu dans le monde fini de la terre ronde
    – le travail: en voie de disparition, productivité oblige; bientôt « gagner moins que rien, mais sans travailler »!
    – l’énergie surabondante: on vient juste de passer le Pic Oil sans publicité tapageuse
    La folie financière qui continue à créer ces bulles qui explosent les unes après les autres me semble le symptôme révélant des soubresauts profonds de nos sociétés qui vont devoir renoncer au mythe de l’éternelle expansion, de la course en avant et de la concurrence (forcément libre et non faussée) qui l’accompagne.
    A quel esprit simple mais de plus en plus éduqué et informé fera t ‘on encore croire que tout ce qu’il nous est nécessaire de produire pour (bien) vivre sur cette terre nécessite le travail continu (et l’asservissement ) des milliards d’individus qui la peuplent?
    Le riche a besoin du regard du pauvre pour se sentir riche. Et si nous cessions de convoiter le bien d’autrui?

    1. Avatar de nemo3637
      nemo3637

      Dans un monde où le potentiel de production et la productivité sont tels, le Travail et la Finance ne représentent en fait qu’une supercherie qui s’effrite à vue d’oeil.

  20. Avatar de Eomenos
    Eomenos

    Bla-Bla vient de découvrir la finance quantique…… Moderne Sysiphe.

  21. Avatar de daniel
    daniel

     » Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors
    d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE ».
    De l’ humour ?
    La doctrine libérale a failli ? pas grave, il suffit de nous faire avaler
    encore plus de libéralisme !

    Le mot ‘intégration’ est dangereux dans ce contexte.
    Les brit ne veulent pas plus d’intégration et moi non plus;
    mon voisin sans doute pas.
    La question est de savoir ce que intégration veut dire.
    L ‘Europe n’est qu’une juxtaposition d’ égoismes, rassemblés
    dans un marché inégalitaire et faussé.
    Laissons tomber le mythique marché; il n’existe pas.
    De toutes les promesses pré-électorales, l’ Europe n’en a tenu
    aucune. Elles étaient à forte teneur économique comme pour
    ne s’ adresser qu’ au porte-monaie. J ‘ai l’impression
    que l’opinion publique ne veut plus de cette démagogie.
    L ‘Europe doit être sociale, penser social et faire rêver social.
    ( et le social actuellement, c’est exclusivement l’ obssession
    du chômage).
    Plus d’ intégration façon acuelle, ancrée dans le passé,
    c’ est plus d’une concurrence absurde entre pays,
    c’est plus de chômage.
    Quand l’ Europe va-t-elle s’ orienter vers la construction,
    sans cesse plus étroite, d’une économie sociale ?
    Il y a beaucoup d’ oripeaux, démolis à l’ épreuve de cette
    crise, à mettre joyeusement aux buchers des espérances
    sans fondements.
    [ social peit être remplacé par humain, à taille humaine]

  22. Avatar de Moi
    Moi

    Mais pourquoi ne parle-t-on jamais de qui est à l’autre bout de ces dettes? Qui sont les créditeurs? Comment en sont-ils venus à avoir ces masses énormes d’argent? C’est cela qui est important.

    Merci à Paul d’enfin aborder la question dans ses bouquins mais il faudrait insister là-dessus un peu plus sur ce blog. Et c’est juste une invitation, pas une sommation. 🙂

  23. Avatar de Pierre-Yves D.
    Pierre-Yves D.

    « La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre, ou mieux encore s’il va être prié de rester à sa place. »

    Brillante synthèse toute dialectique, et excellentissime conclusion qui ouvre une perspective !

    Vous avez raison, la question n’est pas seulement quand, mais aussi qui ?
    La politique, l’économie ce sont des forces immenses avec leur force d’inertie et leur logique propre, mais ces forces ne sont pas invincibles, pour peu que l’on sache toucher ses points névralgiques.

    Il faudra une action inaugurale émanant d’une forte personnalité politique et avec les mots pour le dire, et la vision sans laquelle rien de décisif ne peut être entrepris. Cette action ne sera peut-être pas déterminante à court terme mais suffisamment en rupture de ce qui se fait et se dit officiellement depuis le début de cette crise pour cristalliser un nouveau climat idéologique de façon à ce que tout au moins une partie de l’élite et plus encore le peuple puisse se dire : « voici une alternative ».

    La personnalité courageuse et indépendante qui prendra le risque du geste devra prendre le peuple à témoin, car bien entendu, dans le camp des décideurs il y aura des réfractaires, des timorés, voire des adversaires farouches.

    Il devra avoir une force de conviction suffisante pour enclencher une dynamique.

    Si j’étais pessimiste je dirais que cet homme ou cette femme n’est pas encore née, ou pas encore arrivée à maturité. Mais comme je suis optimiste par nécessité je pense qu’il n’y a aucune raison de penser qu’un de Gaulle ou un Churchill n’attendent pas quelque part leur heure. Peut-être même ne savent-ils pas encore eux-mêmes qu’ils seront les initiateurs de quelque chose de nouveau. Bref, il faudra une personnalité qui a une intelligence suffisante des évènements pour peser sur le cours de l’histoire, pour forcer le destin. C’est vite dit, bien sûr, mais le contraire tout aussi bien. Et n’oublions pas que le qui n’est rien sans le quand.
    Un qui émerge quand certaines conditions sont réunies. De Gaulle n’aurait pas été de Gaulle sans la défaite de l’armée française en 1940. QU’on ne se méprenne pas, je ne dis pas qu’il faut attendre un sauveur ou une sauveuse providentielle. Bien au contraire, puisque les personnalités qui auront les actions décisives seront ceux qui auront le mieux compris leur époque, pour dépasser les limites qu’elle se donne à elle-même.

    1. Avatar de Jaycib
      Jaycib

      Mais Pierre-Yves, cette personne existe: c’est Strauss-Kahn. Son problème est celui de l’ambition sporadique (c’est à dire une forme de dilettantisme), qui lui a déjà nui dans le passé. Autrement, je suis convaincu qu’il se rend parfaitement compte de l’impasse dans laquelle les Etats se sont fourrés, à la suite des banques. De plus, il est crédible, et pas seulement en France. Je doute cependant qu’il se hisse au niveau de général d’empire, condition sine qua non de l’émergence de toute personnalité continentale nouvelle.

    2. Avatar de Roland
      Roland

      bienvenue dans le panier de crabes.

  24. Avatar de Moi
    Moi

    Et je viens d’apprendre ceci sur leap2020 (c’est une référence à un article de journal): « Head Of Greek Debt Office Replaced By Former Goldman Investment Banker ».

  25. Avatar de Paul *
    Paul *

    Actifs financiers …

    Dans nos sociétés modernes, il y a deux comportements distincts visibles :

    – le consommateur (passif, il cherche à augmenter son pouvoir d’achat)
    – le producteur (actif, il cherche à vendre en augmentant son bénéfice)

    Le consommateur n’étant plus producteur, il a besoin d’argent pour continuer à consommer.

    Le producteur ne pouvant pas consommer (pour rester compétitif), a besoin de produire.

    Tout cela ne pourra fonctionner sauf si le troisième personnage arrive:

    L’acteur financier. Celui-ci va prêter de l’argent au consommateur (moyennant intérêt), et il va récupérer cet argent auprès du producteur qui placera lorsque l’achat aura été réalisé.

    Comme le consommateur doit verser un intérêt au financier, il devra tout faire (*) pour augmenter son pouvoir d’achat (son argent disponible)

    Comme le producteur veut être compétitif, il devra sacrifier son rôle social, pour améliorer sa productivité.

    Le financier lui, n’aura qu’a fabriquer de l’argent pour préserver sa marge d’intérêt.

    C’est simple l’économie non ?

  26. Avatar de Jean-Baptiste

    Dans les années 1930s à défaut d’avoir obliger les états à aider les banques, on avait fini par « s’en sortir » en relançant l’emploi puis « grâce » à la guerre. Maintenant on a bien soutenu les banques mais pas l’emploi et donc la création de richesses nouvelles. Donc on scie allègrement le bout de branche qu’il nous restait. On nous explique à tort et à travers que sans les plus riches pour nous prêter de l’argent rien n’est possible et à contrario que ce que l’on est payé est fonction du mérite au travail là où la seule chose que l’on paye est le prêt d’argent par ceux qui en ont déjà. Le mérite devient de l’idiotie à la fin ou certains payent de leur derniers biens tels les agriculteurs le « droit » de travailler jusqu’à n’avoir plus le droit que de s’endetter et de finir par être corvéable à vie. Quand la plupart d’entre nous sommes prêts à travailler dans les pires conditions et même parfois à payer pour ce droit les riches ne peuvent que rigoler et dormir en le devenant encore plus. Le comble s’est qu’en entretenant des sortes de loteries qui permettent à un gagnant non méritant de toute évidence de s’enrichir une multitude d’autres votent pour maintenir ce système où ils auraient une chance aussi infime soit-elle d’eux aussi d’être riche « en dormant ». Chacun ne se rendant même pas compte que le fossé entre ce gagnant, ce footballeur, ou le patron d’une entreprise du CAC40 (1000x le smig) n’est qu’un pauvre face au vrais riches (qui n’ont même pas de responsabilité sociale) mais donc la richesse est d’un ordre de 100 fois plus ! On désignera le « pauvre » trader ou patron qui finalement n’est qu’un pauvre chez les riches à la vindicte populaire qui n’est même plus capable de faire la différence entre le 1 désigné et le 1000 pourtant à peine caché. L’écran de fumée produit par les plus riches nous est asséné par les médias et personne n’y prête attention et personne ne semble rien voir. Depuis deux ans ont nous désigne des boucs émissaires sans qu’aucun riche réel n’ai même été cité par ces médias. Par ailleurs personne depuis 30 ans n’a réellement défendu le « Droit au travail » mais a bien fait des « compromis » ou plutôt des compromissions en acceptant de payer en reversant une part de plus en plus grande de ce qu’il produisait ou même de ce qu’il possédait auparavant pour avoir le droit de travailler ce qui fait qu’aujourd’hui tout le monde est prêt à s’endetter pour cette soi disant intégration sociale en « croyant » que le travail est une quantité limitée et en « croyant » que seuls certains on le droit de vous y autoriser et que ceux là vous font un honneur même là ou de fait vous l’acheter ! Le travail crée de la richesse et son droit ne s’achètent pas si ce n’est pour les « croyants » d’une société consuméristes qui ont confondu l’achat avec la vente en ne voyant plus que la valeur de l’échange quelque soit son sens même s’il est à l’inverse du sens commun et à leur détriment. On peut tout à fait dire aujourd’hui que la plupart payent pour travailler alors on peut se demander si ils ne sont pas malades et masochistes et les riches finalement les seuls psychologiquement sains ?

  27. Avatar de Betov

    Les choses évoluent: Les comiques sont ceux qui disent la simple vérité. Hier soir, chez Ardisson, en face d’un Eric Woerth laminé, « Blaco » a fait très fort, avec sa remarque du fait qu’un élément de choix était toujours passé sous silence: Prendre l’argent là où il est.

    Sur la question de « la fermeture des paradis fiscaux », l’homme en noir a joué à l’interviewer américain (ne jamais laisser l’interlocuteur créer une diversion).

    Puis, un agriculteur a posé le problème qui tue: Le privilège donné à l’intelligence supposée, sur la créativité de travail, supposée démunie de cerveau.

    Si ça continue comme ça, on va finir par parler de la réalité, de la dominance sociale, elle-même sous-tendue par l’idéologie du mérite. Peut-être, après dix années de « crise », si Obama ne parvient pas à déclencher une troisième grande guerre mondiale, en viendra-t-on à créer un parti d’éthologie politique. Peut-être même en viendra-t-on à comprendre le concept « aire d’application » et à l’opposer à la mondialisation, qui sait ?

    Paul déplorait, au sujet de Fernandel, que la simple vérité fasse rire. Hier, je n’ai pas eu l’impression que notre ministre des finances ait passé un bon moment, et encore moins l’impression que les téléspectateurs aient pu s’abstenir du tri entre propagande et réalité. « Plus c’est gros, mieux ça passe », disent-il… Pas si sûr…

    1. Avatar de Jean-Baptiste

      Ne vous inquiétez pas on ne paye pas non plus les cerveaux, ingénieurs ou chercheurs, on ne payent que ceux qui sont déjà riches ou fils de riches qui sont les seuls qui puissent payer les écoles de leur petits sans que ceux ci ne soient obliger de travailler et donc les seuls de fait à pouvoir les faire.

  28. Avatar de Niconingbo
    Niconingbo

    Je vois qu’il y a une convergence des idées autour d’une réforme du système.
    N’étant pas un expert en finances mais intéressé par le crise actuelle, je vais sûrement vous paraître candide et naif.

    Je vais également apporté plus de questions que de réponses.
    Y’a-t-il une possibilité de trouver un accord mondial?
    Je pense que les pays en voie de développement qui commencent à toucher du doigt aux vices du capitalisme auront du mal à faire des concession. Comme pour l’environnement, ces Etats souhaitent pour en « profiter » et qu’on leurs laissent la chance de « s’amuser ». Vivant en Chine, j’assiste quotidiennement à cette consommation compulsive que font preuvent les autochtones.

    Si (par miracle), les Etats se mettaient d’accord pour de grandes réformes et pour un changement radical.
    Combien de temps faudrait-il pour accoucher d’un système sain et équilibré?

    Que se passerait-il si le monde se divisait en 2 avec d’un côté les pays occidentaux voulant changer et les pays en voie de développement refusant le changement?

    Ces derniers ne ressentent pas la crise ou ils la vivent différemment (en se focalisant sur le marché en temps de « crise mondial »). Ils ont encore les ressources pour trouver leurs comptes dans ce cycle.

    Serait-il possible que la Chine deviennent une sorte d’énorme banque mondial qui financerait les Etats en difficultés?
    Désolé de faire ce constat BAB64 mais des pays sentent encore ce désire de course en avant, d’expansion éternelle.

    Peut-être que nous serons à l’avenir ceux qui regarderont les pays en voie de développement (à l’heure actuelle: Chine, Inde Brésil) afin qu’ils se sentent riches à leur tour….

    1. Avatar de BAB64
      BAB64

      L’élan des BRIC ne va pas s’émousser rapidement, c’est sûr; j’espère simplement que nous ne les feront pas se sentir riches: cela voudrait dire que nous n’avons rien compris, rien appris (en continuant à envier leur opulence nouvelle).

  29. Avatar de BA
    BA

    « Interrogé par le magazine allemand Der Spiegel, le Premier ministre grec George Papandréou a rappelé à l’Allemagne qu’il ne demandait aucune aide, tout en critiquant l’attitude de la Commission européenne concernant le pacte de stabilité. »

    Boursorama

    Ce rappel du Premier ministre grec devrait remettre les pendules à l’heure.

    Le Premier ministre grec ne demande aucune aide : il reste persuadé que la Grèce va s’en sortir seule.

    Bon.

    A partir de là, deux questions peuvent être posées :

    1- Première question : pourquoi les médias continuent-ils de nous répéter : « Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. » ?

    2- Seconde question : pourquoi les dirigeants politiques européens continuent-ils de nous répéter : « Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. » ?

    Mon interprétation est la suivante :

    les dirigeants politiques européens bluffent.

    Les dirigeants politiques européens mentent.

    Les dirigeants politiques européens savent qu’il faudrait 50 milliards d’euros pour sauver la Grèce, 35 milliards pour sauver l’Irlande, 30 milliards pour sauver le Portugal, 200 milliards pour sauver l’Espagne, etc.

    J’ai bien écrit : il faudrait 200 milliards d’euros pour sauver l’Espagne (voir lien ci-dessus : calculs de l’économiste Paul Mortimer-Lee).

    Conclusion : les dirigeants politiques européens savent que les marchés vont demander des primes de risque de plus en plus élevées pour prêter de l’argent à la Grèce. Les marchés vont demander un taux d’intérêt à 6,5 % à la Grèce, puis à 7 %, puis à 7,5 %, etc.

    Les dirigeants politiques européens savent que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède, etc, ne verseront pas un seul euro pour aider la Grèce.

    Les dirigeants politiques européens savent que tous les pays membres de la zone euro sont dans une situation économique, financière et sociale dramatique : même si ils le voulaient, ils ne POURRAIENT pas aider la Grèce.

    Donc les dirigeants politiques ne peuvent faire que mentir pour essayer de calmer les marchés : ils disent aux marchés :

    « Ne vous inquiétez pas. Nous allons aider la Grèce. Nous pouvons aider la Grèce. Nous n’allons pas tarder à aider la Grèce. Nous nous préparons à aider la Grèce. Nous pouvons le faire. Nous n’allons pas tarder à le faire. Nous nous préparons à le faire. »

    C’est un mensonge.

    C’est du bluff.

    C’est du poker menteur.

    1. Avatar de Jean-Baptiste

      Le prêteur a parié plus sur le risque de la Grèce fasse défaut que la Grèce ne pourrait lui verser d’intérêts pendant… De plus le prêteur est justement celui qui à la main sur la gâchette puisqu’en ne prêtant pas il y aura défaut. Le but du prêteur étant de gagner le plus comment voulez vous que cela se termine…

    2. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      Je ne peux pas vous contredire : il faut toujours gratter un peu pour comprendre ! Mais, souvent, je me gratte la tête deux fois !

      Les multiples raisons pour laquelle il est probable – mais pas certain – qu’il sera finalement (discrètement) décidé au sein de la zone euro et mis en pratique (au moment opportun) d’aider financièrement le gouvernement grec sont sur la table :

      1/ Très fragilisé en dépit de certaines apparences, le système financier européen, notamment les banques allemandes, doit être protégé du risque de défaut grec : dette obligataire et autres engagements de tous ordres, y compris capitalistique. Les systèmes bancaires nationaux sont totalement imbriqués les uns des les autres, sans considération de frontières.

      2/ les Etats craignent quant à eux une hausse des taux obligataires, certains pays déjà identifiés étant alors automatiquement en ligne de mire. Il faut observer la maturité moyenne de la dette souveraine des Etats pour analyser leur sensibilité à une hausse des taux !

      Certes, les gouvernements préféreraient ne pas mettre la main à la poche. Mais ils devront toutefois s’y résoudre si le calme ne revient pas sur les marchés. Rien n’est réglé de ce point de vue : prochain rendez-vous, le 16 mars prochain, à l’occasion du premier examen de passage du gouvernement grec, si rien n’intervient avant.

      Il est probable, comme d’ailleurs le projet de plan dévoilé dans ses grandes lignes par le Spiegel le précise, que l’effort sera alors partagé le plus possible (afin de le rendre financièrement et politiquement le plus acceptable), l’aide apportée étant le plus possible sous forme de garanties apportées au gouvernement grec, afin qu’il aille sur les marchés financiers dans les meilleures conditions possibles.

      Le risque d’une extension européenne de la crise de la dette est tel – faisant atteindre des sommets au plan de sauvetage financier qui serait alors nécessaire, comme vous le soulignez – que les pays de la zone euro n’ont pas d’autre alternative que de calmer le jeu autrement qu’avec de bonnes paroles, si les choses se gâtent.

      (Détail : la Suède n’est pas membre de la zone euro)

    3. Avatar de Lambert Francis
      Lambert Francis

      Détail ? La Suède, hors euro, a les mêmes problèmes que l’eurozone avec les pays Baltes, et relativement pire.

      In the last decade, Sweden’s banks plowed billions of kronor into their tiny but booming neighbors across the Baltic Sea. Now severe recessions are turning the Baltic states into the Swedish equivalent of what subprime mortgages were to American banks.
      http://www.nytimes.com/2009/03/13/business/worldbusiness/13krona.html

      Le défi est la convergence des spéculations … en un rallye des banksters du monde.

      Rappelons nous Soros se faisant une fortune sur la seule Livre anglaise. Ces spéculateurs ont grandis en taille, nombre et organisation. Ils sont en réseaux maintenant et manifestement avec la collaboration active du Financial Times: expert en création et propagation de rumeurs et autres coups juteux.

    4. Avatar de johannes finckh

      Papandréou a raison sur un point:
      Si la corruption et la fraude fiscale n’étaient pas à ce point criantes en Grèce, les recettes du gouvernement grec seraient sans doute suffisants pour réduire leur déficit. Mais il se heurte sans doute aussi à des traditions longues qui s’opposent à ce genre de prise de conscience. l’incivisme n’est pas une spécialité grècque, et j’ai tendance à penser plus fondamentalement, que le SMD est un instrument pervers qui gratifie l’incivisme et le fraude.

    5. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      @ Lambert Francis

      Loin de moi l’idée de penser que la Suède est un détail ! Je répondais à BA et lui faisais remarquer, en post scriptum, que la Suède n’était pas dans la zone euro comme il le suggérait…

    6. Avatar de Terry31
      Terry31

      @François Leclerc

      Effectivement, les autres pays de la zone euro n’ont pas d’autre choix que celui d’aider la Grèce. A par l’Allemagne, quels sont les autres pays qui pourraient mettre la main à la pâte, selon vous ?

      J’imagine qu’on ne va pas demander à ceux qui sont déjà trop endettés et qui sont à l’aube de subir le même régime que la Grèce !

  30. Avatar de jacques
    jacques

    « et que les financiers-qui doivent renforcer les fonds propres de leurs établissements »
    En gonflant artificiellement les actifs grace au « mark to fantasy » aux USA
    En placant des dettes (obligations par ex) comme actifs dans les fonds propres à la SG
    « les institutions financières qui sont la clef de voute du système »
    Les calendes grecques sont deja la.Il n’y aura plus de voute,ni de système.

    Merci Francois pour ce début de troisième testament qui n’a pas encore découvert son prophète.

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