Le bancor : une solution thermodynamique à la crise, par Zébu

Billet invité.

C’est étrange …

On se croirait dans le monde de la physique et des lois de la thermodynamique.

Soient des systèmes financiers ‘en équilibre’, certes instables mais ‘en équilibre’. Principe 0.

Dans le système financier américain, l’énergie financière se trouve de plus en plus transformée en crédit immobilier dont la masse se trouve à être reportée dans le temps et concentrée de telle manière qu’elle engendre un effondrement par son propre poids : Subprimes. Loi I. Transformation de l’énergie.

De l’effondrement des subprimes nait l’investissement public du déficit ainsi créé, qui se transforme ainsi en désordre, de manière irréversible. Loi II. Entropie. Car le système financier américain n’étant pas isolé, l’énergie ainsi transformée s’échange avec les autres systèmes. C’est d’ailleurs la seule solution viable pour un système en entropie car s’il était isolé, l’énergie ainsi produite par la transformation serait croissante jusqu’à qu’elle ce soit diffusée à l’ensemble du système, pour demeurer ensuite constante, le risque étant l’auto-combustion.

Les systèmes qui ‘absorbent’ l’énergie transmise par l’entropie doivent pouvoir faire de même. Or le formatage de la construction européenne, notamment de la BCE (à l’inverse de la Fed), n’a pas permis à l’UE et particulièrement à la zone euro de transformer l’énergie reçu par entropie ou de la transmettre à d’autres systèmes. La transformation étant irréversible mais s’appliquant cette fois dans un système financier clos, l’entropie ne peut qu’augmenter, le risque d’auto-combustion s’enclenchant. Dès lors, la seule solution pour cette zone (qui n’a pas l’avantage du dollar et ne peut pas réaliser de Quantitative Easing comme la Fed = absorption de la chaleur) est de transférer cette énergie vers les systèmes sociaux, afin que l’entropie puisse reprendre son cours et que l’énergie financière se dissipe, plutôt qu’elle ne se transmette au système bancaire ou au système monétaire.

Irréversiblement. Jusqu’à ce que l’énergie reçue se transforme complètement et se dissipe, complètement ‘absorbée’ par le corps social. A moins que le corps social ne puisse supporter la quantité de ‘chaleur’ produite par l’entropie et n’entre lui-même en combustion, entretenant ainsi le cycle de transformation de l’énergie, cette-fois ci autoalimenté, jusqu’à disparition du corps social.

En thermodynamique, il existe une notion de réversibilité (Loi II), à l’envers de l’entropie. Elle se caractérise notamment par des phénomènes dissipatifs quasi nuls ou très lents ou états d’équilibre très proches.

Ce qui signifierait plusieurs possibilités pour la crise actuelle en Europe :

– transformation très lente : en l’état actuel, impossible avec la globalisation financière.

– états d’équilibre très proches : modifier l’équilibre interne du système européen afin de s’approcher au plus près du système américain (QE de la BCE par exemple, mutualisation de la dette des pays européens, …). Cette solution, étant donné le retard de la réponse, doit se réaliser au plus vite, sous peine d’une absorption trop grande de ‘chaleur’ entropique.

– phénomènes dissipatifs quasi nuls : découplage complet ou partiel d’avec le système financier actuel, afin d’en réduire au maximum les sources et surfaces de diffusion d’entropie.

Cette voie peut être ouverte par l’accès des départements du Trésor au financement de la BCE, d’abord à court terme puis pour rembourser définitivement le capital de la dette. Ceci permettrait un découplage définitif d’avec les agences de notation, les créditeurs étrangers des pays et les banques créditrices (qui pourraient être aussi mises en faillite totalement ou partiellement).

Enfin, le bancor permettrait, avec ou sans ces solutions, un couplage total (pour le coup) mais de nature monétaire, retransmettant immédiatement et à l’ensemble des acteurs l’ensemble de l’entropie générée par un ou des acteurs de ce système monétaire global, qui auraient ainsi à en subir les effets, au ‘même titre’ que tous les acteurs. Le bancor serait ainsi la boîte de transmission monétaire des différents systèmes financiers au niveau mondial. Dans l’attente de sa mise en place, les solutions de découplage envisagées, telles que accès au financements de la BCE par les états (embrayage moteur), permettraient de dissiper l’entropie au moins partiellement puis de réenclencher le moteur d’avec la boite de vitesse monétaire.

Il est apparemment difficile de lutter contre les lois de la thermodynamique. La crise financière n’y fera pas exception.

Le tout est de le savoir et de mettre en place les outils nécessaires. Sinon, ce sera le corps social qui encaissera toute l’entropie générée, à supposer qu’il puisse l’encaisser.

Et le niveau de résistance est en train d’être testé …

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85 réflexions sur « Le bancor : une solution thermodynamique à la crise, par Zébu »

  1. Penser que le Bancor est une solution est penser que le système monétaire peut devenir fonctionnel. Hors si le pouvoir de la création monétaire, et donc de la croissance et décroissance de sa masse, échappe aux états démocratiques pour rester sous l’emprise des banques centrales propriété des banques privées, alors rien n’aura changé fondamentalement.

    Le Bancor, une nouvelle monnaie gérée par qui ?
    Une monnaie ayant son pendant de dettes ?

    Alors juste une monnaie de plus qui au mieux servira à affaiblir l’USD sans rien changer sur le fond du problème.

    Comment cette monnaie proposée par John Maynard Keynes à Bretton Woods en 1944 peut elle être la solution. Elle serait au contraire l’aboutissement du grand projet des banquiers pour enfin pourvoir contrôler le Monde indépendamment des états ayant l’outrage d’êtres démocratique et souverain, et pas encore complètement soumis aux financiers internationaux.

    1. Ne parlez pas avec autant d’autorité de quelque chose que vous ne connaissez pas, d’autant que vous en serez un partisan enthousiaste quand vous aurez compris comment cela fonctionne.

    2. De la même façon que la taxation des transactions financières n’est pas la bonne réponse au problème et que la solution réside plutôt dans l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix, la bonne réponse ne serait-elle pas une relocalisation des industries et une diminution des échanges internationaux ? Je sais, c’est une approche très décroissante mais j’assume !!!
      Car quelle serait fondamentalement la différence entre le bancor et l’euro ? A qui profiterait cette chose ? Les seuls instances supranationales sont les multinationales et je pense qu’elles prendraient un malin plaisir à concocter un outil sur mesure.
      Quand je vois comment l’idée qui pouvait sembler bonne des quotas d’émissions de CO2 a été dévoyée, je me permets d’avoir de grands doutes sur le bancor: mais bon y a que les c..s qui changent pas d’avis…

    3. D’après le peu qui en a été dit a href=http://www.pauljorion.com/blog/?p=10220>sur ce blog, le bancor permettrait que les cours de change entre monnaies ne soient plus fixés par les marchés mais en fonction des échanges qui transiteraient par les chambres de compensation.

      Il aurait fallu y réfléchir avant mais, mieux vaut tard que jamais. D’autant que la solution existe et – comme d’habitude – elle fut envisagée à une époque, avant d’être rejetée. Elle s’appelle le « bancor », et elle fut proposée par Keynes à Bretton Woods en 1944. Avec le bancor, les échanges internationaux passeraient par une chambre de compensation et les pays qui importeraient trop seraient pénalisés, mais également ceux qui exporteraient trop. On rééquilibrerait si nécessaire en dévaluant ou en réévaluant les devises.

      C’est tout le contraire de « Elle serait au contraire l’aboutissement du grand projet des banquiers pour enfin pourvoir contrôler le Monde indépendamment des états » , puisque les cours des monnaies dépendraient d’un mécanisme neutre. J’ai peut-être mal compris, mais pénaliser aussi ceux qui exportent trop, comme la Chine ou l’Allemagne, éviterait sans doute que d’autres importent trop.

    4. @Crapaud Rouge et Paul: Merci pour votre éclairage et votre patience…
      C’est bien moi qui tirait des conclusions hâtives et qui avait mal compris l’intérêt du Bancor en tant que monnaie de réserve.

      Ce Bancor servirait donc:
      1- à protéger les devises nationales ou régionales d’attaques spéculatives.
      2- à maintenir un équilibre au niveau des échanges internationaux.
      3- à favoriser un financement des dettes des états auprès de banques locales et en devise locales.

      Donc réduction de la spéculation mais avec de probables contraintes (réduction) sur des échanges internationaux (est-ce un défaut ?). Par contre ce ne serait pas une solution pour régler le problème des dettes des états.

      Si nous prenons le cas de la Grèce cela aurait freiné l’accumulation de dettes et aurait favorisé un endettement auprès des Banques locales, mais cela ne l’aurait pas résolut l’accumulation de capital. Mais une avancée importante assurément.

      Me trompe-je ?

      amha…

  2. Bonjour à tous
    @zébu
    Bel exposé mais votre métaphore révèle, à mon sens, sa faille dans son énoncé même : le manque total de référence à des désirs et décision humaines! Ce qui se passe actuellement concernant les flux financiers associés à Espagne relève de la rumeur ( avec sans doute désir pervers en arrière plan) et de la crainte: comment transposez vous ces valeurs de « champs biosémiotiques » en variables pertinentes en thermodynamique financière?

    Selon votre exposé le bancor me semblerait être, quel que soit sa valeur par ailleurs, une « incarnation tempérante » du démon de Maxwell! Encore une fois: qu’est ce qui contrôle la « chauffe »ici et là des différents flux et programme le daimon Bancor pour réguler les échanges: désirs , volonté de pouvoir d’une classe se prenant pour une élite avec ses jeux pervers etc…
    Bien loin des gaz parfaits magnifiquement et impartialement mus dans l’espace des phases!

    La question du bancor, associée à une interdiction des paris sur la fluctuation des prix est une belle chose, mais il me semble que la foi dans leur efficacité comme suppléant cette mirifique « main invisible des marchés , efficiente et impartiale par pur désir et volonté d’efficience » devrait s’affranchir de toute teinture de théologie du salut.
    Relire « Exégèse des lieux communs  » de Léon Bloy!
    Cordialement.

  3. que de bruits ! le bancor est bien la preuve (une de plus) que l’on peut parler de ce que l’on ne connaît pas. J’ai le sentiment que la crainte d’être dupe ou de paraître optimiste ou simplement intéressé et curieux est suspect : « hola, hola ! moi, attention ! je ne suis pas dupe. Je ne comprends pas et je ne connais pas mais, justement, on me la fait pas. »
    Il y a aussi un souci de renchérir qui devient un peu exaspérant (un peu comme dans l’émission de France Inter « là bas si j’y suis » de Daniel MERMET : les messages sur le répondeur sont à 99% déposés par des gens qui ont le même souci de renchérir aux contenus de l’émission du responsable; même quand celui-ci est allé très loin).
    Certes, les choses vont très mal. Certes, les analyses de Paul JORION ne sont pas les plus lénifiantes et prouvent qu’il voit clair et ne désespère pas d’influer sur le cours des choses; on croit parfois que c’est une voix dans le désert mais ca ne fait rien: il poursuit son travail et ses contributions. Puis quand une lueur surgit grâce à lui (et d’autres, heureusement), c’est curieux, il faut à nouveau vite boire une bonne rasade de fiel.
    C’est souvent lassant de lire les commentaires. Heureusement que certains sont positifs et enrichissants. Mais vous, les fatalistes, ceux qui ne veulent pas être dupes (qui veut l’être ?), admettez votre ignorance (cela fera du bien). Négligez donc vos a priori (dont finalement nous n’avons rien à faire) et réfléchissez à ce qui est présenté.
    Et puis, dites vous que défendre un système économique quelconque est le cadet des soucis des contributeurs car si c’est le corps social qui doit absorber tout, cela se traduira par des morts (c’est déjà fait mais ce n’est pas terminé) , de la peine, de la misère, du désespoir et l’apparition de sauveurs de tout poil. Les inventeurs de la démocratie ont connu la dictature des colonels. Ce n’est pas si vieux. Cela peut revenir. Evidemment. Et au galop. Ici et ailleurs (au Portugal (Salazar), en Espagne (Franco) , en Italie (son nom m’échappe: Mussolini ? Berlusconi? Fini ?) …).

  4. Thermodynamique ; entropie !
    Crapaud Rouge a parlé de Prigogine, Dissonance de Carnot.

    Pour thermodynamique, entropie, économie et écologie, pensons aussi à Nicholas Georgescu-Rogen. Ce Monsieur a démontré grâce aux lois de la thermodynamique, il y a longtemps déjà, que le système économique actuel n’a aucun avenir ; avec ou sans Bancor.

  5. En ce moment, les short sales aux États-Unis foisonnent. Cela permet aux banques de passer des dizaines, voir des centaines de milliers de dollars par tête de pipe (emprunteur) dans la colonne des pertes et profits. Qu’en pensez-vous ? Où passent finalement ces défauts de crédit ?

  6. Pour qu’une nouvelle monnaie commune puisse réussir à s’imposer à l’échelle mondiale….elle devra impérativement être populaire, simple à comprendre, physique (avec des billets et des monnaies), degagé de toute contrainte politique, basée sur des actifs tangibles, controlée par une assamblée répreséntant les grandes banques nationales et libre de circulation à l’échelle mondiale.
    Franchement, je ne crois pas que le bancor puisse avoir la moindre chance d’y arriver. En plus, avec le courage légèndaire des politiciens, il faudrait 1000 ans (à 2 ou 3 jours près) pour mettre tout ça en route.
    Nous avons quelque chose de beaucoup mieux: l »€. Il faut juste « quelques transformations »…
    Aujourd’hui, il paraît qu’on a le choix entre garder l’€, tel quel, donc comme monnaie unique, ou …le faire exploser, en revenant aux monnaies nationales. Moi, je pense qu’il y a une autre voie: revenir partialement aux monnaies nationales…tout en gardant l’€ en parallèle. On se trouverait comme aux derniers jours des monnaies nationales européenes, les prix affichés en double, des comptes bancaires en monnaie nationale en en €, etc.
    La masse monétaire d’un pays serait composée d’une part en monnaie nationale et d’une autre en €.
    Ne me demandez pas « des détails »…je ne serai pas capable de vous les donner. Tout simplement je pense que c’est possible et qui serait une bonne solution pour l’avenir de l’€, pour la gestion politique individuelle à chaque pays (un pays, une politique, une monnaie) pour la protection de l’épargne des gens, etc. Je ne pas la moindre doute, que bien géré, à moyen terme, il pourrait faire la concurrence à l’or, en tant que placement de sécurité. Le monde (sauf le gouvernement USA) veut une alternative au US $.

    1. « Moi, je pense qu’il y a une autre voie : revenir partiellement aux monnaies nationales… tout en gardant l’€ en parallèle ».

      Ce n’est pas une autre voie : c’est ça le bancor !

    2. Une monaie « physique pour l’économie liée à l’exploitation de la nature pour gérer le réel en s’inscrivant dans des lois naturelles, une monaie anti spéculative pour morceler et juguler les passions humaines et la pensée magique en quelque sorte s’appuyant sur la connaissance de la nature humaine.
      L’idée est réellement synthétique réaliste et intéressante.

  7. DE LA LONGUEUR DE LA MÈCHE (en attendant peut-être un jour le BANCOR)

    Il n’est plus temps de discourir plus encore sur le BARIL de POUDRE, rempli à raz bord de dettes, de pertes latentes et d’effets systémiques.

    La question du jour est devenue :
    QUELLE EST LA LONGUEUR DE LA MÈCHE ?

    – La MÈCHE, c’est bien sûr la Crise Sociale qui s’amorce en Grèce. Elle vient de s’allumer, et le pied du couple FMI – « Europe » n’est pas parvenu à l’éteindre (Peut-être l’a t il même attisée?).

    – La LONGUEUR de la MÈCHE, c’est le Temps qu’il faudra aux manifestants Grecs pour atteindre le BARIL de POUDRE.

    Oubliés les graphiques et analyses économiques et financières; la seule équation à résoudre est maintenant : À quelle vitesse bat le pouls de la rue athénienne ?
    Autrement dit, combien de temps le peuple grec va t il mettre pour faire paniquer les marchés ?

    Tous dépourvus d’horizon politique et sans solution économique à court terme, le temps de la psycho-sociologie des foules est en venu.

  8. Par ailleurs, Monsieur Strauss-Kahn a été l’auteur d’un projet de loi qui ménageait un régime fiscal extrêmement tolérant pour les stock-options et celui-ci s’inscrivait dans une longue série de décisions politiques (de « gauche ») qui ont produit ce qu’on a appelé la financiarisation.

    Pensez-vous que le bancor pourra être mis en oeuvre par de tels dirigeants?

  9. @ Tous :

    Arf …
    Je m’absente un instant et voilà ti pô que c’est le foutoir … 🙂
    Désolé de l’absence.
    Et comme je ne peux répondre à toutes/tous et sur tout, je ‘réponds’ ici.
    D’abord, en premier lieu, je pose comme postulat que je suis un ignorant. Car affirmer l’inverse serait un mensonge. Puisque c’est un postulat, j’aimerais bien qu’on ne vienne pas me le démontrer sans cesse : un peu de respect donc (lol).
    Car, de fait, il ne vous a pas échappé que je ne suis pas un physicien. Du tout. Ni même un thermodynamicien. Auxquels je propose mes humbles excuses pour avoir salopé leur travaux séculaires en l’espace de quelques lignes : la ‘magie’ d’internet permet de diffuser instantanément l’ignorance de n’importe qui.
    Mais à l’inverse et en réponse, elle permet aussi d’obtenir des correctifs (et des corrections, bien méritées), des propositions, des suggestions, des questions, etc. Bref, un débat. Ce qui était mon objectif, en parti atteint.

    Ceci étant dit, je souhaite préciser qu’il ne s’agit que d’une intuition, qui se base sur un ensemble de constats ou d’analyses, qui sont hautement subjectifs car soumis à un appréciation personnelle. En premier lieu, qu’un ensemble de termes utilisés pour décrire la situation ou les fonctionnements m’ont fait pensé à de la physique ou à de la mécanique : moteur, flux, freins, carburant, …
    Qu’ensuite qu’un certain nombre de décisions ont contribué à ce que le système financier s’autonomise :
    – fin de la parité or/dollar en 1971,
    – décret Giscard sur l’interdiction d’accès au financement de la BC par le Trésor ainsi que pour la BCE lors de sa création,
    – suppression du Glass Steagall Acte en 1999,
    – suppression de la diffusion de l’information sur l’agrégat M3 en 2006, etc. (liste non exhaustive).
    C’est la suppression de l’étalon, au sens monétaire, qui m’a fait pensé au principe d’équilibre de la thermodynamique : un système, qui est ‘stable’ et qui est en équilibre avec un second système (et ainsi de suite), permet d’établir une thermométrie.
    Or, la suppression de la parité du dollar d’avec l’étalon (or) a donc décroché le système financier de ce principe physique pourtant essentiel : comment mesurer la stabilité sans thermomètre ?
    Ensuite, la croissance du crédit immobilier, sous forme de « bulle » (qui exprime bien le détachement, tout virtuel, de cette activité par rapport à l’activité économique ‘physique’), comme d’autres « bulles » auparavant (techno, …) a rencontré un mur ‘physique’ : le remboursement des crédits octroyés par les débiteurs, dans l’incapacité de les rembourser. Ainsi, tant que la variable de temps pouvait être utilisée, en termes de statistiques, le système restait viable, avec un étalement temporel des remboursements, basés sur une croissance continue des prix.
    C’est pourquoi j’ai pensé au premier principe thermodynamique : la conservation de l’énergie et sa transformation. Car selon moi (et je m’attends à beaucoup de critiques), l’énergie de ce système financier est basé sur le crédit, qui est devenu par trop ‘massif’ (trop grosse concentration de crédits à rembourser sur une durée trop restreinte) et s’est effondré. Mais il n’a pas disparu !!
    Et c’est ce qui m’avait intrigué : on a longtemps parlé de centaines de milliards ‘disparus en fumée’, alors que selon moi, ils se sont ‘transformés’ en … dettes publiques (conservation et transformation de l’énergie). D’où les principes thermodynamiques.
    Dès lors, si l’on suit cette hypothèse que contrairement à ce prétendait cette ‘économie financière’, les lois de la thermodynamique s’appliquait bien à elle, qui s’était créé ses propres lois, on passe au principe second, celui de l’entropie. Et c’est là où j’ai confondu ‘chaleur’ et ‘entropie’ …
    Avec cette ‘transformation’ de ‘l’énergie’ (crédit) en dette publique, une ‘chaleur’ s’est propagée au sein du système financier américain, en premier lieu, générant un désordre de ce système appelé ‘entropie’. Or, cette ‘transformation’ étant irréversible en système clos, ‘l’entropie’ ainsi engendrée ne pouvait atteindre zéro qu’avec le rétablissement à l’équilibre du système, qui ne peut s’atteindre qu’avec la propagation de la chaleur induite par la transformation à l’ensemble du système, du plus ‘chaud’ (système financier) vers le plus froid’ (système social).
    Je laisse le soin aux contributeurs ( 🙂 ) de définir la nature de la ‘chaleur’ engendrée et la mesure de ‘l’entropie’. Pour ma part, je proposerais ‘chaleur’ = combustion des actifs financiers et ‘entropie’ = désordres dans le système de titrisation et le système interbancaire.
    Afin d’éviter cela, les US n’ont eu que quelques solutions, dont l’augmentation de la ‘surface’ du système monétaire, à savoir l’augmentation de la masse monétaire et le Quantitative Easing mais aussi, grâce au rôle spécifique du dollar, la transmission de ‘l’entropie’ ainsi engendrée aux autres systèmes financiers, notamment monétaires.
    Quand l’entropie des subprimes fut transmise en UE, le système monétaire et financier européen n’a pas pu, selon moi, activer les mêmes fonctionnalité que celles qu’avaient utilisés les US : la zone euro notamment s’est ainsi retrouvé dans un rôle de système fermé ou ‘isolé’, les parties au sein de son dispositif les plus touchées (Grèce en particulier) ne pouvant utiliser ni dévaluation, ni QE, ni même plan d’aide massif immédiat.
    Voilà donc l’explication de la théorie de l’application des lois de la thermodynamique au système financier et monétaire, qui pensait s’en être extrait depuis 1971. La ‘physique’ et la réalité les ont rattrapé.
    Ensuite, si on suit toujours l’application de ces lois, il apparaissait que le système € était le plus ‘faible’ car les chinois n’ont pas accepté, malgré les pressions, de dévaluer le Yuan. Comparativement, l’euro était la cible la plus indiquée car fonctionnant sur la base d’un système interne ‘fermé’ (ou ‘bouclé’).
    En prenant une image, on pourrait dire que le ‘moteur’ de l’économie, fonctionnant au crédit, a soudain eu un blocage et imposé une vitesse folle, produisant une très forte ‘chaleur’ et un dérèglement de la ‘boîte d’embrayage’ monétaire, imposant à la monnaie la moins ‘souple’ une conduite de son économie en ’embrayage à pignon direct’ (répercussion directe au système financier et économique), sans pouvoir passer les ‘vitesses’ (QE, accès direct au financement, …) et en n’utilisant uniquement que les ‘freins’ (déflation).
    L’idée du Bancor est justement de pouvoir échanger une boîte d’embrayage monétaire unidirectionnelle (pour ceux qui transmettent l’entropie vers ceux qui la reçoivent) en boîte de vitesses multidirectionnelles, évitant qu’IN FINE, ce soit le système social qui n’absorbe l’entropie générée par le système financier (ce qui est le cas actuellement, avec les politiques de déflation = ‘freinage’ uniquement). L’avantage, déjà décrit, est d’allouer par le biais d’une chambre de compensation les échanges commerciaux entre les différents pays participant au Bancor, sur la base d’une émission de Bancor, à taux variable selon le différentiel observé : plus d’exportations/moyenne échanges commerciaux dans un système = taux plus élevé (et croissant), MAIS AUSSI plus d’importations = idem. On peut aussi imaginer (et/ou) la création d’un ‘Fond Monétaire de Solidarité’, alimenté par les différentiels versés par les acteurs d’un même système, utilisé soit pour assurer la pérennité du système (fonction assurantielle), soit pour allouer une partie de ce fond pour certains acteurs en difficulté, selon les besoins, soit pour financer des projets ‘d’équilibre’ Nord-Sud, par exemple.
    Le Bancor pourrait ainsi être un New€, un nouvel ‘euro’, qui (re)deviendrait une monnaie commune et parallèle aux anciennes monnaies nationales, qu’il faudrait réinstaller, mais sans supprimer l’euro (qui deviendrait Bancor), afin de conserver l’acquis de l’euro comme monnaie internationale ‘réelle’. La BCE deviendrait alors une chambre de compensation où chaque pays membres deviendrait décisionnaire de l’utilisation des ‘réserves’ de Bancor.

    En généralisant le système de Bancor, on peut aussi imaginer que ce qui existe pour un niveau européen peut très bien se construire pour un niveau national, avec des monnaies régionales et des chambres de compensations régionales, etc. etc., jusqu’au niveau de proximité le plus proches souhaité et nécessaire.
    Un système de crédit ‘gratuit’ (pas vraiment en fait), accessible à tous, compensé automatiquement et gérer collectivement selon les nécessités.

    Bon, faut que j’aille dormir là … 🙂

    J’espère avoir été plus clair et plus cohérent. Mais je demeure toujours ignorant (postulat, rappelez-vous) …
    Cordialement.

    PS : il me semble que le Bancor a quand même une puissance dynamique intéressante et une utilité sociale (dixit Juan je crois). C’est suffisamment rare et important pour le noter.

    PS 2 : il me semble que la Chine aurait tout intérêt au Bancor (ou à un système y ressemblant) car son concept central est l’équilibre et non la puissance, qui doit être utilisée pour atteindre cet équilibre (jeu de go, je crois). D’autant que son souci est certes de savoir que faire de sa montagne de dollar de devise, qu’elle aura tout le mal du monde à échanger (sauf avec le temps looooooong, en principe thermodynamique, qui permet d’atteindre éventuellement la réversibilité), même pour tout l’or du monde. Mais son souci est surtout de stabiliser son propre système : il n’est pas de son intérêt de provoquer une déstabilisation monétaire mondiale … qui finirait par déstabiliser son propre système (à croire que c’est ce que veulent les US). D’où l’intérêt du Bancor pour eux, qui leur permettra de réallouer leurs dollars excédentaires contre des bancor et réduire leurs exportations, pour investir dans leur marché intérieur.

  10. En complément, comme quoi je n’invente évidemment rien :
    Nicholas Georgescu-Roegen et l’économie thermodynamique, René Passet avec La Décroisance, l’économie écologique, Serge Latouche, André Gorz, les monnaies locales, Ivan Illitch, économie politique, etc.
    Sans compter, last but not least, Keynes.

  11. Comme je n’y connais rien en thermodynamique ni en finance j’ai tout compris.
    Bonne nuit Zébu.

    1. Moi aussi, par contre comme en mécanique (moteur) le réglage influe sur la thermodynamique, le réglage des paramètres du bancor seront essentiels. La base est là suffit de!!!!!!!!!!!!!!!?
      Et bonne journèe à tous.

  12. Par association :
    Ponzi –> excès d’entropie (degrés de liberté cachés) –> métastabilité –> (théorie des catastrophes de R Thom, revue aussi par Micahel Berry) –> Simondon en philosophie.

    Les métastabilités servent à vaincre momentanément la croissance de l’entropie, à faire de la néguentropie, dont le vivant fait partie. Bien sûr, on continue de dissiper en chaleur l’énergie initiale du big bang, mais on a localement fait des structures « très peu probables et très singulières » ( = le vivant).

    Les métastabilités sont aussi des conditions pour l’homme pour profiter d’une relative stabilité et « potentialiser » des réponses originales aux changement ultérieurs, en évitant d’adhérer à une réponse court-termiste stérilisante.

    Les métastabilités ont aussi un côté destructeur (tornades, hubris), mais vient la métaphore de la destruction créatrice, une partie des extrêmes de ce processus semble inévitable. Combien?

    Dans ces schémas de métastabilités, il me semble qu’on doive se faire une règle de conduite de préférer les circuits longs aux circuits courts, y compris dans la création de richesse. Donc les « superprime » aux « subprime », ou peut être le don et le contre-don, dans des logiques qui n’éroderaient pas Dame Terre… … « and perhaps to dream. »

  13. « Trop peu d’humanité dans ce texte, trop de sècheresse de cœur dans ce propos qui vise à promouvoir une solution nouvelle. » dit FreeDem : pris au pied de la lettre, oui, mais, dans le contexte de ce blog, où un homme de cœur, monsieur Jorion, donne la parole à un invité qui expose sans détour son enthousiasme, il est au contraire un témoignage touchant d’humanité.

    La crise des subprimes a révélé que la machine économique a fonctionné comme une machine thermique, laquelle a besoin, comme nul ne l’ignore, d’une source chaude et d’une source froide pour que s’établisse entre elles un flux de chaleur qui se transforme, en circulant, en travail mécanique. Le rôle de la source chaude est tenu par les investisseurs qui ont du fric à ne pas savoir qu’en faire, et celui de la source froide l’est par les endettés : le courant monétaire qui résulte de la mise en contact de ces deux sources a permis que des millions de baraques, appelées maisons, soient construites et vendues en suscitant un travail de type mécanique sous forme d’une circulation de biens matériels.

    On note que, conformément à la thermodynamique, la source chaude s’est refroidie : elle n’a plus assez de fric à faire circuler vers la source froide des endettés, laquelle s’est réchauffée au cours du processus, elle s’est enrichie, mais sa richesse se présente sous forme de biens matériels : ce n’est pas de l’argent-chaleur immédiatement disponible.

    On demande maintenant à la source froide de rembourser ses dettes. Qu’est-ce que cela signifie eu égard à la machine thermique ? Tout simplement qu’elle inverse le flux calorifique ! C’est tout bonnement impossible, elle ne fonctionne que dans un sens. Pour que ça circule, il faut trouver des endettés encore plus froids : c’est ce qu’on a fait en socialisant les pertes des banques : les endettés sont désormais l’ensemble des contribuables, y compris les chômeurs, les femmes, les enfants, les vieillards, les handicapés mentaux, les criminels en prison,…

    Dans ces conditions, l’analogie thermodynamique, loin d’être une absurdité, se présente comme e révélateur d’une vraie absurdité. C’est plus un sujet à méditer plus qu’à condamner.

    1. Pas mal vu, Crapaud Rouge

      un certain Henry Ford avait compris que les endettés ont quand même un moyen de renvoyer du flux :
      l’huile de coude, la production industrielle, à condition de payer correctement la valeur ajoutée ainsi dégagée.

      Et de toute façon il y a loi des rendements décroissants qui passe par là.
      Elle a conduit a tenter de passer à une circulation de l’information (internet) au lieu d’une circulation du pétrole qu’avait lancé Ford (et en relais du charbon bien sûr).
      Là aussi, rendements décroissants il y a eu (spam, doutes sur wikipedia, limites de la blogosphere, conspirationnisme échevelé), et c’est dissipatif quand même, même si cela n’est pas la crise financière proprement dite, c’est un autre pont du Titanic (H1N1, consommation vs. écologie, et autres situations où culmine l’impression d’injonction contradictoire ; que les grecs pas riches dans la salle me contredisent).

    2. Merci.
      C’est pour ça que j’utilisais l’analogie avec les lois de la thermodynamique, dont j’estime que le système financier a prétendu (et seulement prétendu puisqu’il vient de se faire rappeler à l’ordre par la réalité) s’extraire, pour s’autonomiser et définir ses propres ‘lois’ : tout ceci n’est qu’un vaste maquillage, un village Potemkine. On ne s’extrait pas des lois de la physique : ainsi, il est clair que la loi de la gravité s’applique aussi au système financier dans un environnement terrestre, où toute chose lancée en l’air fini par retomber. Ce type de système ne peut donc que produire des ‘bulles’.
      Mais au final, afin de résorber l’entropie générée, c’est le corps le plus ‘froid’ (attention : je vois venir le truc de loin …), le plus éloigné de la source de ‘chaleur’ dans ce type de système auquel on va demander d’absorber l’entropie et de générer de la ‘chaleur’ pour stabiliser le système.

    3. @Crapaud Rouge,

      je suis assez d’accord avec cette critique 🙂

      En fait, pour tout dire, j’ai même hésité à poster mon message tel quel,
      justement parce qu’il me semblait trop « dur » à l’égard de Zebu,
      alors que c’est au principe de « théorisation des activités humaines » qu’était destiné mon courroux
      ainsi qu’à l’inversion de valeur « sujet/objet » (la finance est ici « sujet » et l’impact sur l’homme, simple objet)

      D’où ma critique :
      « Dans son champ d’analyse, l’Homme est réduit au statut de capacité d’absorption qui risque, par saturation, de ne plus être efficiente.
      A l’inverse, le système financier (et donc implicitement, ceux qui le cautionnent) est élevé au rang de patient qu’il est nécessaire de préserver contre les aléas exogènes ».

      D’autres commentaires se sont approchés de mon propos :
      __________________
      Bourdon dit :
      5 mai 2010 à 11:10

      Vous donnez vie à la Finance, considérant qu’elle est une force de création de richesse…
      __________________
      Joan dit :
      5 mai 2010 à 13:48

      L’économie n’est pas une science, c’est un système de croyances, qui a été habilement
      habillé d’oripeaux mathématiques.

      …l’économie n’est pas une sciences, c’est une religion avec ses différents courants, des sectes et ses sectaires. Avec son clergé, ses prêtres, ses grands inquisiteurs qui brûlent les hérétiques sur
      les bûcher érigés pour l’édification des mécréants.
      __________________
      Steve dit :
      5 mai 2010 à 16:53

      Bonjour à tous
      @zébu
      Bel exposé mais votre métaphore révèle, à mon sens, sa faille dans son énoncé même : le manque total de référence à des désirs et décision humaines! …
      __________________
      SUPERDISCOUNT dit :
      5 mai 2010 à 22:10
      … Oubliés les graphiques et analyses économiques et financières; la seule équation à résoudre est maintenant : À quelle vitesse bat le pouls de la rue athénienne ?
      __________________

      J’ai en tête les méfaits d’un certain nombre de courants théoriques qui, se présentant sous l’apparence de MODELES construits, ont eu un temps valeur de « MODE »…reprises et imposées par des « dominants » sur des « dominés ».
      La métaphore, la parabole, l’emballage…on est là dans le propre du marketing, pas de la science.
      Or, le marketing sert un dessein particulier (privé !) contrairement à la science qui a vocation d’universalité.

      Des « modes », imposées en évoquant la prétendue rationalité de modèles économiques élaborés par de sinistres zombies,
      combien de salariés, devenus de simples facteurs d’ajustement, en ont subis les effets déstabilisateurs ?!

      Les vagues de fusions-acquisitions, les vagues de scissions, l’entreprise sans usine, les recherches de profil « pure player », …

      Regardons cet article de 2001 sur 01Net :

      Après les fusions, l’entreprise sans usine (http://www.01net.com/article/154617.html)

      Nombre d’industriels délocalisent sans craindre d’être dépossédés de leur outil de production. Mais le contrôle des technologies et des connaissances reste l’objet de tous leurs soins.
      « Avides de taille critique, les grandes entreprises cherchaient à grandir, presque à tout prix. Ces opérations suscitaient beaucoup de commentaires positifs au sein de la communauté financière et des médias. Excès d’optimisme, sans doute :  » La littérature économique montre que trois-quarts des opérations aboutissent à un échec, souligne Michel De Greef, professeur d’économie à l’École de commerce Solvay.
      La tendance à se « concentrer sur les activités de base » d’une entreprise est souvent la conséquence de ces opérations : il faut se débarrasser des morceaux de sociétés devenus inutiles.
      //…
      Les sous-traitants plus ou moins anonymes ne risquent-ils pas un jour de dépasser les opérateurs qui, comme Alcatel, rêvent d’une entreprise sans usine ?  » Ce risque n’est évidemment pas négligeable, indique Michel De Greef, mais il est gérable.
      _____________________________

      On sait ce qu’il est advenu d’Alcatel…confronté aujourd’hui à l’implacable concurrence du Chinois Huawei.

      (Selon une étude du cabinet Dell’Oro, Huawei s’est emparé du deuxième rang mondial du marché des équipements de réseaux mobiles au troisième trimestre 2009 (source : http://www.usinenouvelle.com/article/christian-paquet-vice-president-de-huawei-france-il-implante-un-geant-chinois-en-france.N124387)

      Et l’entreprise sans usine, on peut en penser quoi aujourd’hui ?

      Pourtant tout cela a été joliment théorisé …

      Le monde d’insécurité que nous ont construit les élites mondialisées, résulte d’une bascule dans le « théorisme intellectuel » :

      Avec une compétence en Gestion du Personnel, je tends à faire coïncider les intérêts de l’employé avec ceux de l’employeur.
      Avec un Master en Ingénierie des Ressources Humaines, je tends à faire coïncider des courbes avec des camemberts.

      Sinon, pour en revenir à la thermodynamie, la dernière phrase du message de Crapaud Rouge ouvre une perspective positive :

      « Dans ces conditions, l’analogie thermodynamique, loin d’être une absurdité, se présente comme le révélateur d’une vraie absurdité. C’est plus un sujet à méditer plus qu’à condamner. »

      Mais je préférerai toujours les solutions concrètes de rupture, dont on perçoit bien l’impact (ex : « L’interdiction des paris sur la fluctuation des prix »)
      que l’élaboration de théories « modélisantes » qui risquent de déboucher sur « le changement dans la continuité » (slogan de Georges Pompidou -ex Directeur général de la banque Rothschild – lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 1969)

      Cordialement

    4. @ Freedem :
      Je confirme : pas de totalitarisme philosophique et encore moins scientifique sur cette réflexion. Quant à l’inversion objet/sujet, c’est que je l’avais mal présenté : l’objet était effectivement d’analyser le système financier et non les conséquences sur les systèmes humains (et biologiques). Qui sont de vrais sujets ! 🙂
      Cordialement.

  14. (argh, suite) :
    Ainsi, à mon sens, tant que ce système ne sera pas resoumis aux lois physiques (thermodynamiques, gravitation), ce sera toujours le corps social qui subira l’entropie : le désordre.
    D’où l’idée de proposer une solution ‘thermodynamique’ qui génère le moins possible d’entropie et dont le but est presque d’arriver à l’équilibre, voir à la réversébilité : le bancor.

  15. J’ai oublié aussi de parler de Bernard Lietaer, référence pour tout ce qui concerne les monnaies complémentaires ou communautaires.
    Dans un de ses derniers articles, il parle d’ailleurs du Bancor (p.86) : http://www.journaldumauss.net/IMG/pdf/Lietaer.pdf
    C’est un des ‘fondateurs’ de l’ECU.
    Ceci dit, il semble avoir pris en compte l’impossibilité de réformer au niveau mondial le système monétaire et propose, comme système d’amortissement régional, le développement des systèmes monétaires régionaux ou communautaires.
    « En d’autres termes, le phénomène qui s’est étalé sur de nombreux siècles a pris la forme d’une réduction apparemment inévitable et évidente de la diversité des instruments économiques, au point qu’aujourd’hui la même monnaie est utilisée pour toutes les activités économiques, sur le plan local, régional, national et mondial, pour les transactions commerciales entre les agents privés, pour la redistribution du pouvoir d’achat au sein de communautés de différentes dimensions, comme moyen d’échange, comme réserve ou comme dépôt de valeur. »
    Contre la ‘dollarisation’ des économies (exemple de certains pays de l’Amérique du Sud), c’est-à-dire l’extension mondiale d’une monnaie-étalon, il lui apparaît nécessaire de rediversifier les monnaies, afin d’équilibrer une économie concurrentielle au niveau national et/ou mondial par des économies régionales et coopératives.

    A priori, son idée de rediversification des monnaies semble correspondre à une réalité historique qui n’a été ‘gommée’ par la globalisation néo-libérale d’une monnaie référente (dollar) et correspond surtout aux besoins spécifiques, propres à chaque ‘niveaux’ humains. Mais il me semble que cette diversité ne peut s’exprimer, même contre et à fortiori pour ‘pallier’ ou équilibrer une économie concurrentielle, fonctionnant sur la base des déséquilibres commerciaux et monétaires, dont la puissance et par trop importante pour pouvoir être contrebalancé par ce type d’économie ‘locale’ : seule une refonte de l’économie mondiale et monétaire PERMETTRA l’émergence de ce type d’économies et de monnaies locales. Et non l’inverse.
    Car je pense que la ‘masse’ monétaire de la première ne peut être contrebalancer par la seconde, si multiple soit-elle …
    D’où la nécessité du Bancor à mon sens, auquel vient s’adjoindre la nécessité des monnaies locales (‘courroies de distribution multiples’).

  16. La monnaie européenne unique a mis le bazard en Europe. Que proposez-vous? Une monnaie mondiale unique!

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