LE PIEGE WIKILEAKS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un article du New York Times : Prospect of WikiLeaks Dump Poses Problems for Regulators par Andrew Ross Sorkin, attire l’attention sur le fait que les documents que Wikileaks s’apprête à diffuser à propos d’une grande banque, embarrasseront davantage les régulateurs du monde financier que cette banque elle-même.

C’est vrai. J’ai eu entre les mains (dans le cadre de mon activité légitime au sein de banques américaines !) les documents que l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques américaines, et l’OTS (Office of Thrift Supervision), le régulateur des caisses d’épargne, adressaient à l’entreprise pour laquelle je travaillais, pour lui suggérer de modifier son comportement dans tel ou tel domaine ou sur tel ou tel aspect de son activité. Les régulateurs étaient bien informés, mais infiniment compréhensifs. Une lettre assurant qu’il serait apporté sans délai remède au problème soulevé vous offrait un sursis d’un an au moins. Dans le pire des cas, si le problème soulevé était vraiment gênant, on pouvait toujours… changer de régulateur. J’ai assisté à cela chez Countrywide : quand l’OTS est devenu un peu trop pressant, la compagnie a changé son statut de caisse d’épargne à celui de banque pour dépendre dorénavant de l’OCC. Ici aussi, la transition offrirait un sursis d’une durée confortable.

L’absence de régulation ne découle donc pas du fait que les régulateurs ne savent rien, mais du fait qu’ils n’agissent qu’avec une extrême mollesse. Et la raison là, c’est un rapport de force qui leur est défavorable. J’ai rapporté dans Comment on devient l’« anthropologue de la crise », une conversation que j’avais eue (ou plutôt qu’avait eue avec moi) un dirigeant de banque : « Il y a une chose que vous n’avez pas l’air de comprendre mon petit Monsieur : le régulateur, ce n’est pas lui qui me dira ce que je dois faire. Non, ce n’est pas comme ça que les choses se passent : c’est moi qui lui dirai quels sont les chiffres, il ne mouftera pas et les choses en resteront là. Un point c’est tout ! ».

Une simple question de rapport de force. Mais comme on l’a vu avec la publication du livre The Big Short de Michael Lewis, le fait que le public sache désormais aussi ce que le régulateur savait déjà, modifie soudain le rapport de force : on avait finance contre régulateur, et le régulateur était KO au premier round mais avec régulateur et opinion publique d’un côté, contre finance de l’autre, on commence à faire attention aux points.

Bien sûr le régulateur doit justifier alors le fait de ne pas avoir agi, bien qu’il ait su. Mais on l’a vu à propos de l’audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain, il existe une astuce à laquelle on peut avoir recours : mettre en scène une audition, et prétendre que l’on apprend tout le jour-même. Ce n’est pas très convaincant, ne serait-ce que parce que certains des auditeurs ne pourront pas s’empêcher de faire les malins, en posant des questions insidieuses qui trahissent qu’ils en savent beaucoup plus qu’ils ne le prétendent.

« WikiLeaks produira des documents dans lesquels des banquiers discutent de la manière dont ils ont roulé un client, dont ils ont maquillé leurs chiffres ou même comment ils ont roulé les régulateurs dans la farine », suppute Sorkin dans l’article du New York Times. Au vu de la turpitude de dirigeants de grandes banques américaines, le même renversement du rapport de force aura lieu : le régulateur obtiendra le renfort de l’opinion publique.

La réaction des autorités pourrait être la même que dans le cas des faits rendus publics dans The Big Short : une audition au Congrès ou au Sénat. Mais il y a un hic – et un hic sérieux ! – Wikileaks a été désigné comme organisation techno-terroriste par le Vice-Président Joe Biden, ce qui suggère avec insistance que l’on doive ignorer ce qu’elle raconte. Le régulateur aura reçu le renfort de l’opinion publique, et celle-ci comprendrait très mal qu’il n’intervienne pas vu la gravité des faits révélés – même sur le tard, mais l’information aura été procurée par une organisation présentée comme terroriste dans un autre contexte : celui des 250 000 câbles diplomatiques américains transmis à la presse internationale. Peut-on traiter à la fois les informations diffusées par WikiLeaks comme la propagande d’une organisation terroriste et comme des données sur la foi desquelles la justice se doit d’intervenir ? La raison d’État fait le premier choix et le peuple (quel empêcheur de tourner en rond décidément !), le second.

Il y a là un piège, et particulièrement machiavélique. Un certain nombre de personnes doivent s’activer à l’heure qu’il est pour que l’information sur les banques n’apparaisse jamais au grand jour. Il y a deux semaines exactement, je signalais le début de la guerre civile techno ; et ce n’est pas une « drôle de guerre » : il s’y passe plein de choses !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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151 réflexions sur « LE PIEGE WIKILEAKS »

  1. Bonjour,

    Encore une histoire de rapport de force, qui détermine le prix ou plutôt, en l’occurrence, l’intégrité des pratiques d’une banque.

    C’est très aristotélicien tout ça.

  2. Effectivement, en désignant wiki comme organisation terroriste, ce sera facile j’imagine de rendre les documents diffusés preuves irrecevables.

    1. À ma connaissance, la lui US interdit de recevoir ce genre de preuves. Les banques dénoncées sont couvertes. Elles pourront (je le pense) se poser en victimes de diffamations ou d’activités terroristes. Le piège ne sera pas pour les banques. Les régulateurs peuvent s’échapper car, en tant que représentants de l’état US, ils ne peuvent pas violer les lois en vigueur et en particulier collaborer à des activités terroristes. Le piège est aussi désamorcé pour les régulateurs.

      Les autres, ceux qui liront les informations de Wikiliaks, n’ont pas la force de leur côté et leur position sera encore affaiblie par le statut de terroriste affublé à Wikileaks. Ils ne seront pas entendus dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, ils pourront être condamnés pour collaboration à des activités terroristes. Avec le Patriot Act, c’est très facile. J’ai en tête l’histoire d’un type ayant passé un an à Guantanamo et il ne savait pas pourquoi. J’ai aussi en tête l’histoire de ces gens dont les autorités US ne savent que faire. Ils n’ont rien contre eux et ne peuvent pas être relâchés. La tentation de leur coller des accusations infondées en devient énorme. Donc collaborer avec Wiki, organisation quasiment terroristes (j’ai confiance dans la loi US pour penser que le quasiment va disparaître), fait facilement avéré (il suffira de citer Wiki), rend ce délire d’emprisonnement pour avoir dit la vérité tout à fait vraisemblable.

      Le piège est désamorcé. Le chemin à suivre pour cela est tracé. Le prix a payer pour cela n’est qu’une perte de légitimité des USA dans le monde. Du point de vue d’un pays où l’on crée la réalité, ce n’est vraiment pas un problème.

      Accessoirement, je suis pour la première fois en désaccord total avec monsieur Jorion. L’histoire tranchera entre nous deux pour savoir qui a raison.

      1. « À ma connaissance, la loi US interdit de recevoir ce genre de preuves. »

        Non.

        L’article du New York Times :

        Legally, the government is allowed to use any publicly available information — as long as the government wasn’t involved in illegally obtaining the information itself. So prosecutors could potentially use any WikiLeaks information to subpoena bank documents and build a case around them.

    2. A ce joli mot de subpoena pas très intuitif mais poétique ; Wiki dixit :

      Subpoena est un terme juridique du droit anglo-saxon. Il s’agit d’un mot latin entré dans la langue juridique anglaise sous la forme supenna au XVe siècle[1]. Originalement, il s’agissait de deux mots latin, sub et poena signifiant, littéralement « sous peine ».
      C’est l’injonction d’apparaître devant un tribunal pour (1) produire un témoignage ou (2) pour produire un document;

      na

    3. Certes M. Jorion, mais vous remarquerez quand même le double conditionnel de la dernière phrase mise en exergue.

      Restera toujours le poids de la parole qui s’oppose, la votre par exemple.

    4. L’INQUISITION de l’Europe Sacrée Congrégation du Saint-Office à aujourd’hui ( USA ) et leurs valets ( dirigeants des autres nations, toujours la même chose…. imposer son point de vue peu importe les moyens, seul le résultat compte. On peut inventer, tricher, mentir…

  3. Un autre piège est de désigner à la vindicte générale quelques patrons de grandes banques, feignant ainsi de croire qu’il ne s’agit que d’incidents isolés, de défaillances de la probité limitées à quelques rares individus. Alors qu’en réalité les turpitudes de BOA exposées au grand jour ne sont qu’une partie émergée du problème. Toute la nomenklatura étasunienne est parfaitement au courant puisqu’il s’agit de pratiques d’un système dans son ensemble, bénies par le régime.

    Sur le même thème, une excellente nouvelle: « Le trihebdomadaire moscovite Novaïa Gazeta est devenu mercredi le partenaire officiel de WikiLeaks, indique un communiqué du périodique, soulignant que l’objectif de ce partenariat est de dévoiler la corruption parmi les hauts fonctionnaires russes ». http://fr.rian.ru/society/20101222/188196459.html

    Il est de bonne salubrité publique que l’on tende souvent, et le plus possible, à la bêtise, la malhonnêteté et le cynisme le miroir où se mirera son mufle peu gracieux. Les Russes connaissent bien la différence entre l’Etat et la nation.

    1. Je pense, vis-à-vis de Wikileaks, que cela peut être, comme toute chose, le pire et le meilleur :

      – trop d’informations sans tri possible = impossible à analyser …=) d’où l’intérêt de poursuivre par investigation plus poussée de la part de journalistes-web, par exemple …
      la masse noie souvent ce qui est important …on ne voit plus l’essentiel.(ex. CIA et onze septembre) …bref, il faut toujours des gens de terrain, car il y a des formes d’intelligence plus intuitives qui captent parfois ce qui est essentiel, entre les lignes, hors de toute logique ….

      – la possibilité de retournement d’information des services de renseignement de tel ou tel Pays ou groupe de Pays …

    2. trop d’informations alors qu’on supprime des profs?
      libre court à la désinformation plutôt.
      Voyez le Nouvel Obs ,10 messages pour un soutient à Assange ,aucuns publiés,bien sur c’est un test que j’ai fait inutilement ..
      Tout est en place pour l’asservissement ,j’ai vus des gens rester en pâmoison devant un rayon Grande Surface ,hypnotiser?,
      bref ,la technique permet la propriété des organes humains ,la propriété de l’eau,des cultures et de l’air (oui à travers les sociétés écologiques)
      Les extras terrestres sont au GVT .

    3. trop d’informations alors qu’on supprime des profs?
      libre court à la désinformation plutôt.

      qu’il y ait désinformation : c’est évident …

      qu’il faille aller chercher ailleurs que dans les medias dominants pour chercher l’information, c’est sûr …

      que l’on supprime des profs ( et des soignants ) / service public : c’est un problème majeur : pour moi, ce sont les socles d’une société civilisée …

      wikileaks est en tout cas la preuve que quand il y a atteinte à la liberté, et mise en place d’une société du contrôle,et pas de contre-pouvoir possible a priori, quelque chose se passe…et déborde … la vie veut passer …
      je parlais d’une masse énorme d’info.fuitant en même temps : et la difficulté de les analyser .
      et, de l’utilisation qui peut en être faite en sens inverse : mais, c’est mon coté, parfois, pessimiste.

  4. Régression démocratique dans l’UE : contrôle a priori des budgets des Etats par la Commission et le Conseil européen

    Mardi 21 décembre 2010, Assemblée nationale, questions au gouvernement. Martine Billard, députée de Paris, co-présidente du Parti de Gauche, interroge le gouvernement sur la procédure de ratification choisie pour modifier le traité de Lisbonne afin d’instaurer le « semestre européen » et, à travers cette procédure, le contrôle a priori des budgets nationaux par la Commission et le Conseil, sur des bases libérales.

    Laurent Wauquiez répond pour le gouvernement.

    http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/regression-democratique-pour-tous-28784

    1. J’en profite pour signaler que le Front de Gauche a proposé un amendement qui vise à garder la souveraineté budgétaire du parlement. En d’autres termes, Bruxelles n’a pas à y fourrer le nez. Et bien devinez quoi… l’UMP a voté contre, normal, mais TOUT le PS a voté contre aussi !!! Ils veulent TOUS que Bruxelles ait un droit de regard sur notre budget ! Et ce regard, on le connait, c’est celui du FMI !

      Euh non, pas tous. Emmanuelli a voté POUR cet amendement. Peut-être le 2ème effet kiss-cool de son enquête sur les financiers ?

    1. Téléchargez les données que le site mets en ligne.

      Lisez ces données.

      Analysez les ! Discutez-en ! Répandez les ! Comparez les avec les communiqués de presse !

      Si vous avez de l’argent, versez leur quelque chose.

      Soyez conscient que vous prenez parti dans une guerre. Il y aura de la casse. Nous pourrions bien en faire partie. Dès que vous parlerez avec d’autres, vous montez en ligne. Si jamais vous devenez un blogueur ou orateur notable, vous êtes en première ligne. Vous recevrez tout ce que les relations publiques ont mis au point pour contrôler les troubles fêtes. Ce n’est pas du shrapnel, mais je suis sûr que ça fera très mal.

      Assange est accusé de viol par une dame qui s’est vantée dans son Twitt d’avoir couché avec lui. Cette accusation lui collera à la peau jusqu’à la fin de ses jours.

    2. Les sites miroir avaient été trouvé par plusieurs d’entre nous, il y a quelques articles.

      En principe, chaque information laissée sur le net ne peut plus être effacée. Les aspirateurs de site ont dû faire leur travail.
      Leur couper les vivres est comme essayer de reboucher le déficit américain à coup de guerre.

    3. @Sylvain

      Le fait que le crédit coopératif soit une enseigne du groupe BPCE (Banque Populaire – Caisse d’Epargne) ne vous chagrine donc pas plus que ça?

    4. Le fait que le crédit coopératif soit une enseigne du groupe BPCE (Banque Populaire – Caisse d’Epargne) ne vous chagrine donc pas plus que ça?

      oui, cela a été abordé plusieurs fois …j’aimerais bien …mais j’ai un doute :
      car il n’y a finalement qu’une seule banque géante, et un tuyau où tout se mélange, se perd, réapparait , se brasse…sinon, où serait le problème pour faire une réforme, et revenir à banques de dépots d’une part ( les 3/4 des français ne demande que cela ) et banques d’affaire d’autre part …il suffirait de le décréter …( je n’ose croire à une malignité extrême des zélites )

    5. Comme il existe les techniques et la Technique, il faut bien admettre qu’il y a les banques et la Banque.
      C’est une des merveilles de la modernité que d’avoir donné une existence réelle aux concepts !

    6. Information à confirmer : je n’ai qu’une source :
      http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/23/un-journal-norvegien-affirme-etre-en-possession-des-cables-de-wikileaks_1456937_651865.html
      « Le journal norvégien Aftenposten a réussi à se procurer les 250 000 câbles diplomatiques récoltés par WikiLeaks, et diffusé uniquement à cinq journaux partenaires (Le Monde, The New York Times, The Guardian, El Pais, Der Spiegel), sans le consentement de l’organisation, révèle le journal économique Dagens Naerings. »

      A suivre.

    7. L’information a été confirmée à l’AFP : sans expliquer comment, le quotidien norvégien Aftenposten aurait les 251.287 câbles diplomatiques américains, dont Wikileaks n’a encore mis en ligne que 1.896 d’entre eux.

      Le journal n’entend pas se substituer à Wikileaks, qui projette de les mettre tous en ligne, mais les utiliser pour écrire des papiers, comme le font déjà les 5 quotidiens partenaires de départ.

  5. Le discours de la Maison blanche est pris en flagrant délit de contradiction.
    Jusqu’ici l’ennemi était extérieur, c’était l’axe du mal. Tous les ressentiments du peuple pouvaient être canalisés. Et voilà qu’un homme, tout ce qu’il y a de plus anglo-saxon, Jullian Assange, et ses émules de wikileaks, introduisent le péril en la demeure parce qu’ils ont simplement l’idée d’amener un peu plus de transparence là où elle faisait cruellement défaut. La boucle est bouclée : la liberté dont procède l’exercice de la liberté d’expression, la liberté donc, cette valeur suprême au nom de laquelle la guerre fut tant de fois justifiée est désormais assimilée à une activité terroriste. La confusion au sommet est complète.

    Le réseau Arpanet qui fut crée pour des motifs militaires est devenu avec l’Internet un espace libertaire par excellence, les rôles d’ émetteurs et récepteurs des messages de toutes natures qui y transitent étant parfaitement interchangeables cela en vertu de la structure du dispositif technique lui-même. L’asymétrie de l’information n’a plus cours sur l’Internet, le réseau des réseaux, tant est si bien que la communication de nature asymétrique propre à l’usage des réseaux de communication traditionnels que sont journaux et télévisions, est sur le réseau internet retournée à l’avantage de ceux qui subissent le système plus qu’ils ne le contrôlent, ceux qui le subissent ayant l’avantage du nombre. D’aucuns argueront que la censure y est toujours possible. Cet argument ne convainc pas, car si l’internet était bridé conséquemment ce serait pour le système faire l’aveu de son échec, et accélérer sa chute.

    A qui fera-t-il on croire alors que wikileaks constitue une menace pour le citoyen américain ?

    La liberté d’expression n’est-elle pas gravée dans le marbre de la Constitution américaine !

    Pas aux américains qui ont perdu leur maison, leurs économies, et qui constatent l’impunité dont bénéficient les banques. Le discours de la Maison blanche doit sonner creux dans des oreilles de plus en plus nombreuses, au delà même des clivages partisans.

    1. Oui, je rejoins complètement le raisonnement de Pierre-Yves D. Qui acceptera de gober ce discours de terrorisme qui ne tient pas debout ? C’est du même tonneau que les armes de destruction massive détenues par l’Irak, même ceux qui l’émettent n’y croit pas….

    2. à kerema 29,

      Un mensonge a d’autant plus de chance d’être cru qu’il est énorme, c’est ce que s’est évertuée à prouver en son temps la propagande nazie.
      Le mensonge est crédible du fait même de son énormité, mais il est aussi crédible parce qu’il est la seule version officielle authentifiée par les médias.
      La démocratie, qui préfère être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats, a trouvé dans le terrorisme son meilleur ennemi.
      De ce fait tout ennemi de la démocratie devient terroriste.

    3. Supposons qu’Internet et ses utilisations symétriques commencent à ennuyer sérieusement les pouvoirs dominants. Supposons qu’ils aient envie de faire taire cette caisse de résonance et ce système d’échange entre insoumis… Que pourrait-il faire?

      Cette question s’adresse débord aux spécialistes de l’informatique pour ce qui est des censures limitées. Mais la question se pose aussi à tous: le big pouvoir pourrait-il encore supprimer l’ensemble du système, en ce y compris toutes les utilisations qui sont au service de l’économie et de la finance? Si cette option extrême était retenue (politique panique…) quelles en seraient les conséquences?

  6. « embarrasseront davantage les régulateurs du monde financier que cette banque elle-même »

    Euh, ils existent aujourd’hui, ces « régulateurs financiers » ? M’est avis que les documents WikiLeaks ne vont pas embarrasser grand monde de ce côté-là 😉

    1. J’en ai certainement oublié, mais j’en dénombre huit de mémoire, chacun dans son domaine spécifique  : CFTC, FDIC, OTS, OCC, NCUA, SEC, FINRA, NFA… Il sont dorénavant chapeautés par la Fed, mais c’est plus le trop plein – avec ses avantages, comme l’évoque Paul Jorion – que le vide  !

  7. Et le piège ivoirien ??
    Comment est-il possible que l’ONU prenne autant de risques ? Mandat contre la famille de Gbago vivant aux US lui interdisant le territoire etc. et silence gêné des journaux européens plus BBC sur la situation du Belarus (pour mémoire, 600 arrestations dont tous les candidats à la présidentielle sauf le vainqueur, plus castagne des dits « opposants »).

    1. Je suis d’accord Jeanne. 2 poids 2 mesures. Même si j’ai tendance à honnir Gbagbo, je peux comprendre que certains ivoiriens voient un relent de paternalisme devant cette inégalité.

    2. Bon j’ai trouvé la réponse: pour éviter un nouveau Rwanda.
      Mais tout de même, il y en a en Afghanistan, en Irak, en Jordanie et en Egypte pour ne donner que des cas récents d’élections contestables, qui doivent se poser des questions…
      Et quant au Belarus, on avait deviné: ils sont tellement nuls qu’ils ont besoin de Moscou pour leur fournir pétrole et gaz. C’est moins de ressources que la Côte d’Ivoire, pas de doute.
      Il n’en reste pas moins que le traitement de l’information Belarus par les médias est méprisable.

    3. L’acharnement des métropoles impérialistes contre Gbagbo n’est pas motivé par la défense de la démocratie en Afrique. Leur soutien sans failles aux nombreux dictateurs – Déby au Tchad, Bozizé en Centrafrique, Ben Ali en Tunisie etc.- et aux multiples mascarades électorales au Congo Brazzaville, Gabon, Togo, Burkina Faso et tout récemment en Egypte l’attestent.
      Pour les détails:
      http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/cote-d-ivoire/article/crise-ivoirienne-4

    4. Le Monde du 21/12 signale – Enigme ivoirienne. Qui est vraiment Laurent Gbagbo ?, s’interroge Jeune Afriques, analyse du terrain.
      La graphologie, un outil souvent ignoré et pourtant efficace, très utile lors des embauches, j’en atteste.

      http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2605p022-027.xml0/nicolas-sarkozy-laurent-gbagbo-guillaume-soro-blaise-compaoredans-la-tete-de-laurent-gbagbo.html

      « Il y est question d’un homme qui « s’identifie complètement à son personnage sans se dévoiler pour autant à titre personnel », qui répond au doute par « l’attaque » et « l’orgueil », sur qui « l’affectif et la sensibilité n’ont pas de prise », qui ne « s’avoue jamais vaincu », qui « joue sur son autoritarisme et son besoin de puissance », dont l’ego et la détermination composent « une personnalité de style paranoïaque » avec un mode de conduite à la fois profondément structuré et définitivement inamovible. Se ment-il à lui-même, lui qui entretient avec la vérité des rapports fluctuants maintes fois dénoncés par ses adversaires et partenaires ? Rien n’est moins sûr. Mais, même s’il sait que ses probabilités de survie au pouvoir sont à terme totalement hypothétiques, cette posture de « Gbagbo contre le monde entier » est sans doute celle où il puise le plus de ressources intimes ».
      Antoine avait bien raison, c’est une simple lutte pour le pouvoir entre 3 hommes.

      André

    5. oui, il y a bien des mystères dans nos « démocraties » : l’entérinement par l’UE(SA) du coup d’état au Honduras, par exemple : (quel discrédit !)
      « Le jour même, la Cour suprême valide le renversement du président par l’armée. Le Parlement désigne un nouveau gouvernement, dirigé par Roberto Micheletti (PL), qui déclare le couvre-feu puis l’état d’urgence le 1er juillet. Zelaya bénéficie du soutien de la communauté internationale, dont l’ONU et l’OEA, ainsi que celui des États-Unis, du Venezuela et de la Colombie, qui condamne la rupture de la légalité, appelle à la restauration du président démis et suspend les concours financiers. Soutenu par une partie de la population qui manifeste de façon globalement pacifique[2], Manuel Zelaya parvient à rentrer dans son pays le 21 septembre, trouvant refuge à l’ambassade du Brésil[3]. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a dénoncé le 21 août 2009 un « usage disproportionné » de la force par le gouvernement de facto, ainsi que des arrestations arbitraires (entre 3 500 et 4 000 personnes, dans un pays d’environ huit millions d’habitants), l’usage arbitraire du couvre-feu, des traitements inhumains et dégradants, de mauvaises conditions de détention ainsi que la mort de 4 personnes et les blessures infligées à d’autres[2].

      Selon les observateurs de la politique hondurienne, Manuel Zelaya, bien qu’élu issu du Parti Libéral, a mené une politique qui lui a aliéné les institutions[réf. nécessaire] et son parti[4], comme l’adhésion du Honduras à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Des élections ont eu lieu le 29 novembre 2009 (en). Remportées par le candidat de droite, Porfirio Lobo Sosa (Parti national), ces élections, soutenues par Washington, n’ont pas été reconnues par le Mercosur [5],[6], et par bien d’autres pays [1]. »/wikipedia

      Zelaya, quoique « patricien » d’origine, une fois élu, a vu la misère de la population dont il avait la responsabilité, et a voulu être plus social !

  8. Euro helped by report China will buy Portugal’s debt
    China ready to buy up to 6.6 billion of Portugal debt: report

    Banks lift FTSE as China eases euro debt worries
    Euro gets lift from report China will buy Portuguese debt

    http://www.reuters.com/article/idUSLDE6BL0YV20101222

    Autre chose, les bonus de nos ‘malheureux’ traders en baisse cette année!
    (Reuters) – From Wall Street to the City of London to Hong Kong’s Central District, bankers are bracing for bonuses to be down 7 percent on average from a year ago, and higher salaries will only partially cushion the hit, a Reuters/IFR global poll shows.

    http://www.reuters.com/article/idUSTRE6BK66Z20101221

    Ils leurs restera toujours les restos du coeur s’ils ne s’en sortent pas….

    1. Selon un article du Financial Times, pour lequel Patrice Jenkins a mené l’enquête, toutes les grandes banques internationales ont pris en compte les restrictions prises dans certains pays à propos des bonus pour s’y adapter.

      Elle augmentent les salaires pour les compenser, lorsque nécessaire. Ce qui pose d’ailleurs des problèmes de cohérence interne en matière de politique salariale…

      Comme a déclaré un banquier réfugié dans l’anonymat : « les politiciens sont naïfs, s’ils pensent imposer des normes européenne à l’échelle mondiale ».

      Le sont-ils vraiment ?

  9. Le « motif de base de la Résistance, c était l indignation. »

    Ecrit par l’ancien Résistant français Stéphane Hessel i ce livre a pour caractéristique de ne comporter que 32 pages, d’être très bon marché et qui se serait déjà vendu à 300.000 exemplaires…

    Présentation de l’éditeur :

    « 93 ans. La fin n est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l homme de 1948, élevé à la dignité d Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d honneur !
    Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c était l indignation. » Certes, les raisons de s indigner dans le monde complexe d aujourd hui peuvent paraître moins nettes qu au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au toujours plus , à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu aux acquis bradés de la Résistance retraites, Sécurité sociale… Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l homme… en sont la démonstration.
    Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu il appelle à une « insurrection pacifique ».
    Sylvie Crossman

    1. « insurection pacifique » pour autant que l’oligarchie cède devant le peuple.
      Sinon, la Résistance a montré le chemin: rendre coup pour coup, jusqu’à vaincre la bête.

    2. L’indignation, mais vous n’y pensez pas, mon bon monsieur Pierre, c’était avant.
      De nos jours il reste uniquement l’optimisme.

    3. Marlowe, que diriez-vous d’un petit coup de Bernanos … genre « Français si vous saviez », un authentique cri d’indignation qui s’éternisa trois ans durant …

      Rapellons que le 20 juillet 1938, deux mois avant les accords de Munich, la honte que lui inspire l’attitude de son pays face à l’Allemagne conduit Bernanos à s’exiler en Amérique du sud où il s’établira au Brésil avant de rentrer en France en 1945 à l’invitation de De Gaulle. Il mourrut trois ans plus tard à l’âge de 60 ans. Au cours de sa vie, il refusa la Légion d’honneur à trois reprises.

    4. Le matraquage médiatique, où une horreur chasse l’autre dans un ordre émotionnel perturbant, a fait de nous la « génération blasée ».
      Plus rien ne nous étonne. Et, comme une drogue, il nous en faut toujours plus !
      Nous ne sommes qu’indigne dans une indigne nation……..

    5. à Pascal,

      Bien que n’étant pas chrétien, j’aime beaucoup Bernanos et je le cite ici et ailleurs.
      Je l’apprécie beaucoup quand il renvoie dos à dos l’optimiste et le pessimiste, l’optimiste comme imbécile heureux, le pessimiste comme imbécile malheureux et quand il déclare que « la vraie vertu (virtus) est le désespoir surmonté. »

      Si vous ne connaissez pas tous ces ouvrages, je recommande le recueil de conférences et d’articles réunies sous le titre « la liberté, pour quoi faire ? « (Gallimard)

    6. Pierre
      Long reportage ce soir au JT de France 2. Le matraquage médiatique laisse parfois passer des perles… Selon ce reportage, 600.000 exemplaires vendus (au départ d’une petite maison d’édition militante…). Joyeux Noël!

    7. La Zappette, voilà le nouveau sceptre de la bulle populaire.
      La réalité se zappe comme une fiction. Le pouvoir du pauvre……..

  10. La fermeture des pistes, faute de déneigement. L’annulation de décollage, faute de dégivrant. « Inacceptable », selon Siim Kallas, le commissaire aux Transports,
    Question d’un simplet « privé » à Siim : Existe -t-il des CDS pour des événements du type « neigeux » ou « Tchernobyl « ?

    1. Toute cette surenchère médiatique et politique sur l’enneigement et l’état plus ou moins grand d’impréparation des pouvoirs publics face à une situation météorologique exceptionnelle a quelque chose de vraiment grotesque, de déplacé, pour ne pas dire choquant.

      A quand la mobilisation générale du gouvernement, des gouvernements européens, pour s’attaquer aux racines de la crise ? Dont les causes sont humaines et non point naturelles.

      On passe la nuit dans les aéroports, et alors !!
      Ce n’est tout de même pas la fin du monde, qui plus est cela touche d’abord tous ceux qui
      peuvent se permettre de prendre l’avion.

      Pendant ce temps à l’assemblée est votée la loi LOPSI2 par laquelle tout occupant d’un campement ou habitation peut sur décision préfectorale être sommé de quitter ses lieux dans un délais de 48 heures. Il ne fait vraiment pas bon d’être pauvre en « démocratie » !

    2. oui, tout est égal à tous ..non hiérarchisation de l’information …

      Les piloleries ou la meteo ( time is money) passent avant ce qui enterre ( tente d’enterrer, ni vu ni connu, je t’embrouille ) les libertés .

      Un conseil pour les jeunes : partir avec juste un sac à dos,et le minimum, dans un Pays pauvre, accepter d’être regardé, parfois, de travers, observer, aller dans un hôtel basique pour dormir, sans clim° et avec les cockroaches plein les murs à la nuit tombée, attendre 24 ou 48 heures accroupi(es) dans un aéroport perdu, sans pouvoir se laver, ni manger …vivre comme les gens en somme : cela permet de remettre une hiérarchie dans tout cela ( les besoins fondamentaux ), et de ne pas accepter les leurres que l’on nous tend …
      En plus, cela permet aussi des rencontres belles et inoubliables, qui font les souvenirs plus tard ….
      Le temps n’ayant plus d’importance, un désir contemplatif vient . La patience est obligatoire.
      L’énervement dessert.

    3. Le Gouvernement annonce, dans le projet de Loi de finances 2011, en discussion au Parlement, une baisse de 10% des crédits de fonctionnement des routes nationales, qui sont consacrés principalement à l’exploitation et au traitement des chaussées pendant la période hivernale (service spécifique de la viabilité hivernale considéré par les agents comme une missions emblématique des ex DDE !) et qui passeront de 169 millions d€ en 2010 à 153 millions d€ en 2011 ; cette réduction s’inscrit dans la baisse de 27% des crédits d’entretien en 2011. A cela, il convient d’ajouter la réduction continue des personnels d’exécution voulu par ce gouvernement. Ceci explique cela !
      http://www.equipement.cgt.fr/spip.php?article3331

  11. Certains avocats ont recours à l’astuce suivante :ils mettent dans le dossier une pièce récurrente qui savent très bien ne pas pouvoir être retenue ;l’important étant que le juge en prenne connaissance.Quelques soient les épithètes que l’on colle a « fuite rapide »ce qui sera produit sera lu.

  12. Le rapport de force est le symptome le plus voyant du conflit, mais ne défini pas les relations humaines. C’est le conflit qui lui défini les relations humaines. Dans un conflit les moyens (la stratégie) que l’on peut mobiliser sont un paramètre. Enfin la manière d’utliser ces moyens (la tactique) en est un autre. Quant le rapport de force est la seule manière de régler le conflit c’est que moyens et/ou tactique sont déficients d’un coté ou de l’autre sans quoi un accord aurait déjà été trouvé, une armistice signée. Lois, personnels, budget de fonctionnement, procédures, motivation etc …. manquent aux institutions.
    Les financiers assoiffés de dollars sont-ils des toxicos? Non car le toxico demande tjrs de l’aide aux tiers pour le mettre sous controle. Ce que ne font pas les financiers.
    Il s’agit donc bien d’une lutte pour le pouvoir, contre les états nations. En finançant les hommes politiques actuels, les financiers en font leur alliés (le cheval de troie) pour la destruction des etats nations. La médiocrité des hommes sans qualité ni vertu aux pouvoirs partout est comme un virus injecté dans un corps sain.
    Les multinationales a l’occidentale (banques ou autres), les grands conglomerats nippons ou sovietiques sont tout a la fois banques, industriels, distributeurs, assureurs, formateurs, et peuvent remplacer les etats. Tout est déjà dans leurs mains car chaque multi sait faire tous les metiers de l’état, même la guerre et la justice.
    Les espaces n’ont plus de matérialité, le hommes plus de culture ni d’attaches.
    En attaquant les etats Wikileaks contribue a la prise de pouvoir des multi car l’état actuellement ce sont les gouvernements, qui sont alliés des multi afin de détruire les états.
    Le citoyen ne parvient plus a dissocier l’état (nous) du gvnmnt. La présence ininterrompue des ministres dans les médias sert ainsi a discréditer toutes les administrations et les fonctioonaires.
    C’est bien pourquoi Wikileaks et ceux qui vont suivrent (openleaks, brusselleaks) sont tjrs la et pourquoi ils trouvent des relais dans les médias.
    Les lois protegeant les elus quoi qu’ils fassent permettent de spolier les citoyens tout en permettant de montrer un etat sans moyens et sans pouvoir.
    Encore une fois dans l’histoire des hommes on va tout changer pour ne rien changer.

    1. Lau,

      Toutes les phrases ne sont pas irrémédiablement tirées vers le bas. Le mot « crise » est une phase passagère, sans commune mesure avec un profond bouleversement vécu dans toute sa chaire – TU SAIS. Je cherche une respiration, un possible ailleurs, sous ce tas d’immondices. Pense à l’arc-en-ciel et regarde comme c’est beau.

    2. @lau
      tant que vous votez effectivement vous etes les allies des esclavagistes.
      Gemissez et votez, c’est tout ce qu’on vous demande

    3. Non car le toxico demande tjrs de l’aide aux tiers pour le mettre sous controle. Ce que ne font pas les financiers.

      le « toxico » sait confusément qu’il risque sa peau …le financier, jusqu’à ce jour sait qu’il ne risque rien …

      cela change la donne.

  13. le régulateur obtiendra le renfort de l’opinion publique.

    C’est quoi l « ‘opinion publique » ?

    Qui représente l’opinion publique ? Comment en connaît on son contenu ? Comment et pourquoi agit-on sur elle à un moment donné ? Quand décide-t-on d’enlever au Roi son habit de mensonges, comme dans le conte d’Andersen ?

    Tout pouvoir naît du peuple et se couvre ainsi d’une certaine légitimité.
    S’agit-il d’enlever au pouvoir sa légitimité, de lui enlever son habit de mensonges pour le faire sombrer et mettre à sa place un autre pouvoir habillé d’autres mensonges ? A quoi bon ?

    1. Peut-être pas tout à fait.

      Par contre, certains, dans l’ombre, ont habillé la légitimité du peuple afin de cacher leur mensonge.
      Et là, il suffit d’une crise économique mondiale pour que cela soit un peu trop visible.

      Bondieu, mon chat sur le bureau va bientôt écrire à ma place histoire de me rappeler que je dois lui donner à manger… Au point de devoir supprimer les caractères qu’IL veut m’imposer…
      Comme le peuple, finalement.

    2. Bonsoir, l’opinion publique c’est comme la main invisible du marché………des histoires pour nous endormir.
      Mais attention, il est une opinion qui monte, le dernier fait divers est inquétant.

      Dans la Drôme, un trufficulteur gardant sa truffière abat un  »rapineur glaneur », les villageois majoritairement, manifestent leur soutien à l’un des leur, dans la défense de leur titre de propriété. La défense de son petit acquis (t) arrive a son paroxisme, l’irréparable est advenu, acte isolé de désespoir ou d’ illégitime recours. La suite au prochain numéro.

    3. @ Jeannot

      Mitterrand avait dit:
      « la nation c’est la guerre! »

      Diriez-vous que:
      « la propriété c’est le vol? »

    1. Oui mais on y lit ceci:

      « Mr Whiting (ambassadeur US en Islande) wanted to block a proposed to hold a referendum on whether Iceland should repay the British Government after many Britons lost money in the collapse of the Reykjavik bank Icesave. »

      Selon l’article, Assange était l’invité d’un député islandais qui apparemment ne manque pas d’humour. Il s’est amusé à aller à ce cocktail « incognito » et avait alors déjà des documents qui ont été publiés et mentionne cet élément intéressant que je cite plus haut (cet ambassadeur US a proposé de bloquer le référendum voulu par le gouvernement islandais quant au remboursement par les Islandais de l’argent perdu par Icesave, visiblement par intérêt dans les affaire angloises).

    2. Un sérieux concurrent pour Paul Jorion dans le casting pour le rôle titre de Robin des bois !
      Il mange ‘incognito » chez la Shérif, et les filles crient quand elles le voient …… 🙂

  14. J’espère que ça va déboucher sur une prise de conscience mondiale !

    Ce ne sont quand-même pas ces fabriqueurs de faux rapports sur des armes de destruction massives inexistantes en Irak qui vont décider si les vraies infos de Wikileaks sont valables ou pas…. Si ?

    1. Tiens, 4 Août. Un cadal pour toi.

      Actuellement, ça pédale sec de partout pour modifier les lois car certaines « élites dirigeantes » commencent à se sentir débordées.
      Primo :
      http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/22/les-autorites-americaines-adoptent-un-texte-controverse-autour-de-la-neutralite-du-net_1456547_651865.html
      « La Federal Communication Commission (FCC), régulateur des télécoms américain, a adopté, mardi 21 décembre, à trois voix contre deux un ensemble de règles pour protéger la neutralité du Net dans le pays. Promesse de campagne de Barack Obama, le texte final ne semble pourtant satisfaire ni les opposants ni les défenseurs de la neutralité des réseaux. »
      Pourquoi ne satisfait-il personne…??
      Et bien parce que les US veulent tout de même privilégier l’argent. Et là, ça coince car si l’argent doit s’immiscer quelque part, sa contrepartie, son talon d’Achille, est que ceux qui sont désintéressés peuvent s’y immiscer aussi…

      Deuzio :
      http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/22/le-parlement-adopte-le-projet-de-loi-sur-la-piraterie-maritime_1456857_823448.html
      « Le Parlement a définitivement adopté, mercredi 22 décembre, le projet de loi de lutte contre la piraterie en mer, après un vote conforme du Sénat et à l’unanimité. Le texte permet d’adapter la législation française aux conventions internationales dont celle de Montego Bay sur le droit de la mer entrée en vigueur en 1994. Le texte réintroduit également la piraterie dans le droit pénal français. »
      Si certains se rappellent de la Marine anglaise qui régnait sur les océans du globe, et bien… nous avons rejoint la marine US…
      Welcome, sir…

      Tout ça pour dire qu’actuellement, les dernières cartouches sont tirées pour tuer par avance de façon légale tous ceux qui s’opposeront politiquement à un ordre qui essaie de se maintenir.

      Ca sent plus que la fin. Cela s’appelle en langage anglo-saxon : pragmatisme.

    2. L

      e texte réintroduit également la piraterie dans le droit pénal français. »
      Si certains se rappellent de la Marine anglaise qui régnait sur les océans du globe

      ,

      ya plus qu’à :
      … »Les défenses de Vauban ne seront pas de trop à Saint-Malo qui subira plusieurs attaques, toutes repoussées, des Britanniques. Il est vrai que la ville est un véritable nid de corsaires. Entre 1688 et 1713, on compte ainsi plus de neuf cents navires corsaires armés à Saint-Malo ! Les prises pouvaient également être très importantes. En 1707, Duguay-Trouin s’empare d’un convoi espagnol de deux cents voiles, escortées par six navires de guerre »…
      http://ablogjeanfloch.over-blog.com/article-29409534.html

  15. Le dévoilement des réalités sous-jacentes et  » magouillantes  » des autorités responsables du pays,ne peut aboutir dans un premier temps qu’a un essai de décrébilisation de celui qui dénonce puis en casd’échec dans un deuxième temps au passage a un état policier pour ne pas dire  » fasciste « ,ce qui paraît en bonne voie.Journalistes ( certains ) et hommes politiques ( certains ) demandent sa peau.

  16. Tic-Tac.

    La raison d’état…
    La raison d’état…

    La raison d’état de choc
    Laisse le tic
    Passe au toc
    Laisse le fric
    Passe au troc

    Le tic-tac étatique
    Se détraque

    Et ma tique
    Me pique
    Et ta tique
    Elle te taxe
    Sans tactique
    Statistique
    Sans tic-tac étatique.
    Et tic-tac
    Et tic-tac
    Et tic-tac

    Et le boum ,c’est pour quand?

    1. Lapointe, voilà bien un nom québécois !
      T’as qu’à, t’aqu’à, t’cuiter et quitter ton quartier……

      On ira tous à la boum, projots pleins feux tout en rouge.
      Dernière boum, plus rien ne bouge
      Dommage car t’avais le béguin, et maintenant il n(y a plus rien.
      Plus que nos deux cœurs fumants sur l’autel de dieux déments
      Nous deux petits atomes, moins prétentieux que les hommes
      On se suce le noyaux, on en devient tabayots
      Tu me joues de l’électron, je te donne le proton
      On gamberge, on fait la bombe
      En attendant qu’un jour on tombe
      sur la tête d’un publique, qui n’a pour l’ère atomique
      Que le malheur d’être otage et de se tenir bien sage.
      – MÖAH – il y a 35 ans….

  17. Outre les analyses économiques pointues qui nourrissent ici notre réflexion, il me semble tout aussi important, voire plus, du point de vue de notre humanité partagée d’oeuvrer intellectuellement à fonder l’intérêt, pour raisonner en termes utilitaristes 😉 , qu’il y a à réhabiliter à l’attention des peuples, une approche de la vie basée sur la simplicité volontaire. Comme le dit Paul Ariès, il faut travailler à forger un nouvel imaginaire de la réussite existentielle en le décolonisant des fantasmes dionysiaques et consuméristes entretenus par les produits culturels dépolitisés du capitalisme. Celui-ci est à l’affut de toutes les opportunités offertes par l’exploitation systématisées des prédispositions socio-psychologiques des individus qui sont favorables à ses objectifs de maitrise du monde et de courses infinie aux profits illimitées !

    Pour rompre avec ce diktat culturellement et donc sournoisement imposé on peut aussi se (re)tourner vers la common decency proposée par Georges Orwell et remise à l’ordre du jour par son relai en France JC Michea. Son approche a le mérite de prendre en considération la condition et les attentes des gens simples par opposition aux nomades attaliens high tech dont l’avènement inéluctable est annoncé par Jacques Attali !

    1. A suivre
      Si on remplace les banques par des coopératives forcées de faire des crédits dans la région où elles eouvre, n’échappe-t-on pas un peu à la phynance mondiale ?

      Pas lu Michea et pas convaincu que je lirais Aries.
      De votre côté avez vous lu Hervé Juvin ? (personne au discours enlevé, mais peu prêter à ambiguité).

      Bref, pour (se) décoloniser de l’un , il faut pouvoir dire qu’on aime un autre à la place.
      S’aimer, aimer l’Europe, ce serait déjà un pas de découplage vis à vis , par exemple, des effets de coûts de main d’oeuvre, en laissant du coup la Chine gérer sa montée économique sur un mode moins exportateur. Elle a accumulé assez de ressource pour le faire dans la sphère Pacifique…

    2. Et de Michéa vous pouvez remonter à Christopher Lasch (« La culture du narcissisme », « le Moi assiégé) et à toute la tendance de la critique de la valeur (Jappe par exemple) etc…
      et aussi de Michel Bounan, la folle histoire du monde (Allia)

      marlowe@orange.fr

    3. à timiota

      Et si le crédit n’était réellement utile qu’à celui qui récolte les intérêts ?
      Pour le dire autrement la dette et la croissance dansent ensemble, mais la danse se révèle mortelle.

  18. Franchement, j’ai quand même du mal à comprendre la stratégie des banques. Autant la réaction du gouvernement américain APRES la publication des premiers documents pouvait apparaître plus comme une mise en garde sévère contre tous les futurs imitateurs d’Assange que comme une réaction de panique face à la divulgation de faits finalement gênants mais sans être pour autant un « 11 septembre diplomatique » comme on l’a prétendu (même Poutine ex-agent secret, a estimé qu’Assange ne faisait qu’exercer son droit à la libre expression), autant les représailles bancaires AVANT même la publication de ces fameux documents compromettants ne peuvent qu’accréditer aux yeux du bon peuple qu’elles ont de sérieux cadavres cachés dans les placards. Dans le genre donner le bâton pour se faire battre… à moins bien sûr qu’elles se sentent suffisamment au-dessus des lois maintenant pour s’attaquer directement aux citoyens qui les gênent. Le problème, c’est que lorsque l’on donne le mauvais exemple les premiers, on risque de donner de mauvaises idées aux citoyens encore respectueux de la loi, eux…

  19. Assange se propose de nous pacifier et réguler le système nerveux informationnel par la transparence et le self-contrôle des déviances anti-sociale et anti-démocratiques.
    Sa doctrine n’est pas verticale, mais horizontale. Elle n’est pas Centrale mais Fractale.
    En un mot est REVOLUTIONNAIRE.
    Voilà résumé ce que le petit scarabée comprend dans les théories de la « ceinture blanche ».

    1. Je crois que nous sommes nombreux à commettre une erreur fondamentale dans l’évaluation du rapport de force entre ceux qui mentent et ceux qui voudraient corriger le mensonge : l’opinion publique n’existe plus depuis que les médias ont fabriqués la société du spectacle.

    2. N’oublions jamais que notre société est militarisée et que la sécurité de transmission de l’information est au centre des préoccupations de toute armée moderne.
      N’oublions pas non plus qu’internet est un sous produit de l’informatique militaire……
      Et la société du spectacle sa dimension Hollywoodienne.

    3. Mais dans le texte « ceinture blanche », il se contente d’une moyenne, si on coupe une fraction x des liens du graphe, les « comploteurs » se porteront moins bien de -x%.
      Je n’ai pas vu qu’il analyse le côté fractale pour dire par exemple
      « si on distord une fraction x des informations, on rend inefficace une branche du graphe de taille sur ou sousproportionnelle à x (x^n avec n fractionnaire), »
      et aussi en parallèle de voir si la structure a à toute échelle aussi une capacité de re-génération.

      Ce sont aussi des questions qu’on peut adresser au capitalisme, au libéralisme et à la nébuleuse financière. Quelle partie du « logiciel » est délocalisé dans la « routine » des sous-organisation.
      Du temps de Jules Ferry, on avait des réponses toutes faites, qui ne reconnaissant d’avenir qu’aux systèmes éduqués à l’occidentale (ce Ferry était colonialiste sans vergogne) . En 2010 les choses sont moins simples…

    4. Cette société du spectacle s’habille chez Baudrillard…Elle est d’autant plus baudrillardesque que Debord n’a jamais pu clairement définir le terme spectacle et il s’est donc bien gardé de dire qu’il n’était réductible qu’aux médias.

      @ Pierre.
      N’oublions pas que l’imprimerie est un sous produit de la banque et de l’Eglise puisque seuls des subsides d’un très riche banquier aidèrent l’inventeur occidental de l’imprimerie à poursuivre son oeuvre et que de plus le premier livre édité fut la …Bible. On peut donc penser que Das Kapital de Marx n’est qu’une Bible laïcisée

    5. à k abouli,

      Je pense que vous faites une erreur : Debord a défini la société du spectacle.
      Le problème, pour beaucoup de lecteurs et de commentateurs, est qu’il n’a pas donné une définition, mais plusieurs.

    6. @K abouli
      Le peuple pouvant lire la bible dans sa langue maternelle et donc se faire individuellement une idée de ce texte, allait engendrer deux siécle de tueries en Europe.
      Nous vivons encore malgré nous ce traumatisme de la libéralisation et de la popularisation du libre accès à l’information. L’histoire se répète.
      Le banquier de l’époque est sur ce coup là beaucoup plus » responsable » que le Vatican……..

    7. « l’intelligence, la nôtre comme celle des machines évolueront ensemble, ou nous nous mènerons mutuellement dans le mur… si nous voulons que ces petits programmes aiment, aimons-les ! Tout n’est pas donc pas encore déjà perdu. »

      Disait JLL il y a deux ans sur ce blog.…

  20. Le but d’Assange est de paralyser ces lieux de puissance en les obligeant a se proteger des fuites d’informations, et a terme les empecher d’agir dans le secret.
    Il a probablement en rayon de quoi mettre tout par terre, mais c’est la possibilite d’une fuite qui est son arme (pour l’instant…).

  21. Bonjour à tous,

    Puisque vous parlez de Wikileaks, voici deux cables issues de l’ambassade américaine à Paris ayant un rapport avec l’affaire Litvinenko qui sont plutôt amusants. Aucun rapport avec la finance, mais si les infos des futures révélations sur la finance sont du même acabi il y a de quoi en « dépuceler » plus d’un…

    Safonov l’émisssaire russe ne manque visiblement pas d’humour: Le représantant américain et français semblent avoir moins de talent:
    Ambassade américaine à Paris – 2006-12-12
    Ambassade américaine à Paris pour le Secrétariat d’Etat – 2006-12-26

    La cloonerie de Londres avec Litvinenko agonisant pratiquement devant les caméras et crachant ses derniers mots contre Poutine ne serait-elle pas qu’une vaste masquarade?

    En tout cas, les américains y sont habitués : affaire des sous-marins soviétiques au large de la Suède pendant les années 80 (voir l’excellent reportage d’Arte là-dessus), simulation d’attaques contre des navires américains au large du Vietnam et de la Lybie pour justifier une intervention militaire (sorry je ne retrouve pas de sources), attentats au début des années 70 en Italie mis sur le compte de terrosriste d’extrême gauche (là on en a suffisament parlé dans la presse transalpine, je pense que tout le monde est au courant), etc…

    1. un sondage sur boursorama (je sais, ça ne représente pas grand monde mets Assange presque à égalité avec Raymond, ça m’a fait sourire…)
      Bonne journée.

      Quelle personnalité vous a le plus marqué en 2010?

      * – Julian Assange 23.5%
      * – Lady Gaga 13.4%
      * – Liu Xiaobo 13.6%
      * – Mark Zuckerberg 5.8%
      * – Raymond Domenech 21.2%
      * – Steve Jobs 15.9%
      * – Xavier Niel 6.5%

  22. Et qu’est-ce qu’il en pense de Wikileaks le bon vieil Immanuel Wallerstein, ce toujours adepte de la théorie de la dépendance et co-inventeur du concept de « système-monde », ce chéri des alter ? (la réponse est à la fin…)

    Commentaire n° 295, 15 décembre 2010

    « M. Poutine fait une offre audacieuse »

    Le Premier ministre russe Vladimir Poutine était en visite en Allemagne à la fin du mois de novembre. Avant d’arriver, il a publié une tribune dans la Süddeutsche Zeitung. Le quotidien allemand a commenté cette contribution par un gros titre : « L’embrassade de Poutine à l’Europe ».

    Le contenu de l’article est assez remarquable. Pour le Premier ministre russe, la leçon qu’il faut tirer de la crise économique la plus sévère qu’ait connu l’économie mondiale depuis huit décennies est la nécessité pour la Russie de travailler plus étroitement avec l’Union européenne. L’objectif devrait être « la formation d’une communauté économique harmonieuse de Lisbonne à Vladivostok ». « A l’avenir, selon lui, pourrait également se poser la question d’une zone de libre-échange et même de formes d’intégration économique encore plus poussées ». Un marché continental de cette dimension, suggère-t-il, pourrait se chiffrer en milliers de milliards d’euros.

    Vladimir Poutine suggère aussi que l’UE et la Russie se rapprochent dans les domaines de l’industrie et de l’énergie. Elles devraient toutes deux envisager « ce que nous pouvons faire pour permettre une nouvelle vague d’industrialisation sur le continent européen ». Et de citer les secteurs de la construction navale, de l’industrie aéronautique, de l’automobile, des technologies environnementales, de l’industrie pharmaceutique, de l’énergie nucléaire et de la logistique. Il en appelle à des projets communs d’entrepreneurs européens et russes.

    Dans le secteur de l’énergie, Poutine appelle à des « échanges actifs ». Il est nécessaire, dit-il, de travailler ensemble « dans toutes les phases de la chaine de production de valeur technologique, de la prospection jusqu’à l’approvisionnement du consommateur final ». Sur ce, poursuit-il, la Russie et l’UE devraient aller de l’avant et éliminer l’obligation de visas. Cela manifesterait « non la fin, mais le début d’une véritable intégration de la Russie et de l’UE ».

    A son arrivée en Allemagne, Vladimir Poutine a reçu un accueil chaleureux de la part de banquiers et d’industriels allemands. Il s’est adressé à des « amis » et en retour, le PDG de Siemens lui a dit : « nous nous sentons comme chez nous en Russie ». Pour lui, « la Russie est un exemple clair de la façon dont les pays émergents peuvent, dans un contexte de crise, donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale ».

    L’ « offensive de charme » du Premier ministre russe auprès des élites économiques allemandes ne s’est pas arrêtée là. Il a suggéré qu’ils adoptent la même position sur les questions monétaires. « Nous avons besoin d’une nouvelle multipolarité du système monétaire. Nous devons prendre nos distances vis-à-vis d’un monopole excessif du dollar ». Il a mentionné l’exemple de l’empire romain dont les politiques menèrent à cinq cents ans de stagnation économique. Puis il a clairement apporté son soutien à l’euro, selon lui un important contrepoids au dollar dans l’économie mondiale, et a suggéré la possibilité d’échanges commerciaux bilatéraux libellés en roubles et en euros, et non en dollars.

    La réponse de la chancelière Angela Merkel à ces propositions a certes été prudente mais pas négative. Pour le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle, les propositions de Poutine ont montré « à quel point nous sommes proches quant à nos objectifs stratégiques ». Les appuis les plus clairs sont venus de certains des plus importants dirigeants du monde économique allemand. Les réactions de la presse allemande ont été partagées.

    En France, Le Monde a noté que « cet appel à l’ouverture économique de la part d’un homme plus réputé pour sa fibre nationaliste que ses idées libre-échangistes est réellement novateur. D’autant plus que le développement des coopérations industrielles entre les deux ensembles est régulièrement freiné par des considérations politiques ».

    Observons que Poutine n’a pas fait des propositions à « l’Occident » mais bien à « l’Europe ». Cela ressemble fort à une tentative d’encourager le renforcement des liens avec l’Europe au détriment des Etats-Unis. Mais alors que cela n’est pas totalement nouveau quant à la position géopolitique de la Russie, jamais cela n’avait été dit aussi publiquement et de façon aussi audacieuse. Mérite aussi d’être relevé que Poutine a donné un fort soutien à l’euro dans une période où cette monnaie a besoin d’être renforcée politiquement. A noter aussi que Poutine ne parle pas de rester simplement ou même principalement un exportateur d’énergie vers l’Europe. Poutine parle d’une nouvelle vague d’industrialisation dans laquelle la Russie participerait pleinement.

    Cette diplomatique ouverture de Poutine devrait probablement davantage inquiéter les dirigeants américains que les modestes révélations de Wikileaks.

    Immanuel Wallerstein

    [Copyright Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter: rights@agenceglobal.com, 1.336.686.9002 or 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers est autorisé, pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à: immanuel.wallerstein@yale.edu.Ces commentaires, édités deux fois le mois, sont censés être des réflexions sur le monde contemporain, à partir non des manchettes du jour mais de la longue durée.]

    1. Le grand pont Eurasiatique c’est de qui la formule…… ?
      Ça fait longtemps qu’on en perle en Allemagne et en Russie,….. de même qu’en chine.

    2. Merci pour les infos.

      Très intéressant même si j’ai bien peur que nos dirigeants refusent l’offre. Et ceci pour deux raisons:
      – certains sont atlantistes à en crever,
      – et trop d’argent a été investi dans le modèle « l’Europe consomme, la Chine produit (+ l’Inde pour l’informatique) ». Réindustrialiser l’Europe repasserait forcément par une remise en cause de ce dogme.

      Donc pour moi l’offre de Poutine, car je ne crois pas l’homme naïf au point de croire qu’on puisse accepter son offre, a le mérite de mettre les pieds dans le plat.

      Pour ce qui est des révélations de Wikileaks, il est convenu par tout le monde journalistique que le site devrait plutôt être renommé Weakyleaks tellement on y apprend rien de fondamental.
      Pour ma part, après certes plusieurs heures de consultations j’ai tout de même trouvé des cables qui amènent à plus que s’interroger sur certains événements. Plus haut, je donne l’exemple de deux cables à propos de l’affaire Litvinenko. Il y a largement de quoi ouvrir une enquête journalistique sur cette base, par exemple en allant voir le journaliste du Daily Telegraph qui avait reporté que cette affaire sentait la manipulation. Il en était arrivé à cette conclusion après avoir interviewé à son arrivée à l’hopital le chef du service où Litvinenko était hospitalisé. Il lui demandait des précisions sur le communiquer de presse sur l’état de santé de Litvinenko qu’il venait de faire publier. Visiblement l’interessé n’était pas au courant de l’hospitalisation de Litvinenko pas plus d’avoir publier un communiqué de presse.

      Et dire que nos amis journalistes nous ont pourtant promi de ne plus se faire prendre au petit jeu de la désinformation suite à l’affaire des « soldats irakiens descendant dans les maternités kowaïti pour égorger femmes et nouveaux nés ».

      Donc personnellement, je ne suis pas si sûr que si on se donne la peine de les consulter qu’on n’y trouve que des pécadilles. Un autre exemple, le 15 décembre soit à peine quelques jours après l’attentat de Stockholm, Wikileaks a jugé pertinent de sortir ce cable de l’ambassade américaine à Stockholm:
      Ambassade américaine à Stokholm – 2008-11-07

      Quand on voit la conclusion du cable et que maintenant il est établi (les américains l’ont reconnu voir le reportage d’Arte) que la manipulation des sous-marins « soviétiques » au large des côtes suédoises dans les années 80 n’était qu’une manoeuvre américano-britannique pour faire évoluer le point de vue de la Suède, il y a de quoi s’interroger non? Surtout lorsqu’on se rappelle des attentats organisés aux débuts des années 70 par les services secrets italiens à la demande de leurs homologues américains n’avaient eux-mêmes pas d’autres buts.

      Pour moi, c’est cela qui justifie la soi-disant sur-réaction de toutes les capitales atlantistes. En bref, je ne suis pas si sûr qu’il s’agisse de sur-réaction…

    3. @Vigneron

      Merci pour ce lien. Je ne savais pas que Wallerstein continuait à s’exprimer sur l’actualité. Je
      viens de voir le répertoire qui contient bien des thèmes intéressants, dont je me réserve la lecture pour des congés de fin d’année pluvieux. je suis notamment curieux de voir comment il voit évoluer le « système-monde » à la lumière des événements récents.

      J’en profite pour recommander son livre « comprendre le monde », paru vers 2009 en Français, qui est introduction fort claire à l’ensemble de son travail. Bien sûr, sur la période récente, l’analyse n’est pas assez développée.

    4. Merci Vigneron

      La real-Politik pronée du côté russe en west-politik.
      Il faut bien dire que du côté russe il y a de l’espace et des matières premières à gogo.
      L’Eurasie c’est par là ….et c’est la seule façon de constituer une force susceptible d’entrevoir un avenir pour faire pièce aux puissance US et chinoises.
      Si on attend trop les russes et les allemands vont s’entendre sur le dos de la vieille Europe et l’abandonner dans la soue des PIIGS.

    5. @François Le Sombre

      Je ne savais pas que Wallerstein continuait à s’exprimer sur l’actualité.

      « On l’avait pas enterré ? M’semblait ben pourtant M’dame Michu... »

      Vous avouerez aussi que le périmètre de la couverture médiatique le concernant n’est pas non plus mirobolante, à tout le moins… On pourrait appeler ça un électro-encéphalogramme médiatique plat.
      Il ferait beau voir, de loin en loin, le Monsieur, en lieu et place de quelque annagrammesque Attila, ou anecdotique BHVitupérant, exclusivement immaculé de la chemise ouverte ou de la crème pâtissière….

      Néanmoins rendons grâce au Seigneur Gogol qui rétablit un peu l’équilibre :

      Immanuel Wallerstein : Environ 250 000 résultats.Peut mieux faire.

      Jacques Attali : Environ 361 000 résultats. Bof.

      Bernard-Henri Lévy : Environ 377 000 résultats. Rebof. Mais, Aïe !, BHL : Environ 5 830 000 résultats. Pas glop.

      Attila : Environ 11 600 000 résultats. On applaudit, siou plait ! En v’là du défoliant systémique ! Quoique… le Roundup de Monsanto : Environ 20 500 000 résultats 🙁

      Julian Assange : Environ 27 900 000 résultats… Hors concours

      BHV : Environ 3 500 000 résultats. Discret mais sérieux.

      Et, last but not least :
      Paul Jorion : Environ 111 000 résultats. La p’tite bête qui monte… 😉

    6. @Olivier Kaeppelin: « Donc personnellement, je ne suis pas si sûr que si on se donne la peine de les consulter qu’on n’y trouve que des pécadilles.  »

      Effectivement. Il y a filtrage par les 5 journaux choisis par Wikileaks. Au vu de ce constat, Assange commence à les critiquer. Et une fuite a très opportunément fourni les câbles à un journal norvégien. Histoire sans doute d’essayer de contourner le filtrage ou de mettre la pression sur les journaux de l’establishment et d’accélérer la diffusion des câbles.
      Le problème de ces câbles, c’est qu’ils sont difficilement interprétables pour l’homme de la rue.

    7. Les Russes proposent simplement de reconfigurer l’ouest du continent eurasiatique en fonction de ce qu’il est aujourd’hui et non de figer pour l’éternité la branche ouest du continent dans son formol habituel, mélange anémiant i) d’une Union Européenne balourde et empêtrée dans ses contradictions insolubles, ii) d’une Europe culturelle en voie de muséification accélérée (c’est-à-dire pour le dire simplement en train de mourir, voire déja passée de vie à trépas depuis sans doute la fin du XIX ième), iii) d’une OTAN « auto-complacency » (et un temps vaguement tentée par une sorte de cryptofascisme, merci aux Russes d’avoir bloqué cette dérive inquiétante en intervenant en Georgie). La Russie bouge malgré ses boulets au pied, elle se renouvelle lentement après les immenses désastres sociaux et historiques qui l’ont saigné à blanc. Moscou est aujourd’hui la première ville d’Europe (13 millions d’habitants, un budget de 480 milliards de dollars). Ce pays à la fois jeune et vieux veut compter dans l’histoire alors que les pays de l’ouest semblent y avoir renoncé. En 2010, bizarrement, les Russes ont l’air de croire qu’ils ont un avenir (si ce qu’on me rapporte de Russie est vrai). Par contraste, l’horizon semble bouché dans nos contrées. Cette sorte de pourrissement dans l’immobilisme est mortifère en Europe : beaucoup de démons y ont trouvé leur énergie vitale. Il n’y aura pas de rapprochement vraiment significatif entre la Russie et l’UE pour la même raison qui fait que la crise de 2008 n’a pas fait apparaître des hommes de talent capables de sortir ce bout de continent de sa léthargie, de son ornière encombrée de renoncements et de manque de confiance.

  23. Pas directement connecté au sujet mais concernant la voracité humaine…
    larges extraits d’un type pas content

    Déforestation, productivisme agricole, agroterrorisme, mort biologique du sol, désertification, sixième crise de la vie et extinction massive d’espèces par causes anthropiques, pollutions, réchauffement du climat, fonte des glaces, montée des océans, tarissement accéléré de toutes les ressources non-renouvelables, nous entrons de plain-pied dans un monde immonde et à l’avenir barré, la planète bleue est en déliquescence.

    La Terre vue du ciel : bientôt un cimetière, une fosse commune. Selon un rapport du WWF, nous avons perdu en 30 ans près de 30 % de tout ce qui vivait sur Terre.
    Veau, vache, cochon, couvée, homme sont chosifiés. En plein délire bio, le vivant est industrialisé, nous élevons des poulets sans plumes, des lapins géants. Dans ses zoos, ses cirques, ses laboratoires, ses batteries, le voyou de la planète enferme, dompte, torture, exploite, les espèces compagnes et aussi la sienne.

    Pommes de terre aux gènes de poulet, de phalène, de virus, de bactérie et d’humain ; maïs aux gènes de luciole, de pétunia, de blé, de scorpion ; riz aux des gènes de haricot, de pois, de bactérie et d’humain ; tomates aux gènes de poisson, de virus, de bactérie, de scorpion et d’humain. C’est la grande parade des inconnus dans l’assiette.

    Exterminateur et invasif, Homo sapiens est la seule espèce de grande taille à investir selon une croissance infernale la quasi-totalité des niches écologiques des autres espèces. Avec cette tenace posture du « pousse-toi de là que je m’y mette », dorénavant surnuméraires, nous sommes trop encombrants dans le fragile équilibre et représentons le vrai syndrome de la planète. Nous sommes ainsi les auteurs du plus effroyable laminoir de biodiversité que l’on pouvait imaginer. Nous souffrons d’une incurable cécité écologique doublée d’un besoin maniaco-dépressif d’asservir, de dominer, régner, contrôler, ordonner, gérer, intervenir, décider, nous ne sommes bons qu’à saccager, détruire, modifier, altérer, uniformiser, aligner, nettoyer, vider, couper, tailler, tondre, scalper, raser, décapiter, brûler…, le plus souvent sans comprendre, sans donner, sans admirer… et même sans regretter.

    Guerres et discriminations envers et contre tout, contre soi, contre l’homme, surtout contre l’autre et le différent, contre les espèces non-rentables, en un mot… contre la Nature. Sexisme contre l’autre sexe, racisme contre les autres races, spécisme contre les autres espèces, pillage du vivant réduit à la notion étroitement utilitaire de ressources, saccage des paysages défigurés en autant de formes géométriques écostériles.

    Notre politique est bien celle de la terre brûlée. Ne rien laisser derrière soi qui puisse profiter à l’ennemi est une stratégie de guerre…totale. Mais quel est donc cet ennemi si exécré, sinon nous ?!!

    Sapiens, nos ancêtres cueilleurs-chasseurs (ceux qui laissent) que nous avons persécutés l’étaient. Nous (qui prenons, et prenons tout), Homo pseudo sapiens economicus ou demens, peuple dernier et civilisé, vils urbanistes, économistes imbus, agronomes-valets ou politiques impérieux, fourbes et bouffis, nous ne le sommes pas, nous ne le sommes plus. Sans vouloir offenser la mémoire de Léonard de Vinci…, Homo sapiens n’est qu’une sombre brute.
    http://www.theuprightone.com/Tarrier/terrepatrie_004.html

    1. Une information : « La folle histoire du monde », petit livre de Michel Bounan aux éditions Allia (publicité gratuite !)

    2. > Vigneron
      On peut souhaiter la fin du sapiens actuel, ce qui n’implique pas la fin de l’espèce mais un saut qualitatif. Improbable, très improbable, à moins d’y être forcé, probable, très probable faute d’énergie quasi gratuite.

  24. Par rapport au titre « Le piége wikileaks ».

    Des mouvements, prenants ou se voyants collé des noms de types « journalistes citoyen », se sont développés ces dernières années, non pas ex-nihilo, mais peut être car la technologie permettait enfin de dépasser les contraintes habituelles de l’impression et la diffusion de l’information.

    Ce blog comme d’autre, ce trouve être une zone de réflexion, d’autres permettent de « cracher son fiel », d’autres encore sont purement commercial sur le modèle économique et social hérité du XIX siècle du haut vers le bas.

    Combien de média devenus « traditionnel » en à peine 40 ans ( du genre la télévision) hurlant après les blogs, sites ou forums d’information, même lorsqu’ils sont tenus et suivis par des personnes possédant une carte de presse tout à fait officiel. Le déplacement de la valeur dans la chaine détruit la chaine elle même. Wikileaks prend une dimension gigantesque, mais les rhétoriques sont les même que celles utilisées au moment des dernières « affaires » en France.
    Ce n’est pas de l’information, ce sont des guignols, etc…. avec un excès de langage volontaire, qui permet de rebondir en déplaçant l’opinion et les médias anciens et nouveaux sur le thème des excès de langage.

    Pour la première fois, qu’on aime ou pas wikileaks, des entreprises font passer avant la loi le règlements interne, ce qui peut potentiellement aux Etats-Unis se défendre, avec l’applaudissement général de beaucoup de politiques. Et ce, sans aucune plainte déposée par le gouvernement américain.

    Wikileaks souligne la guerre des modèles économiques et ses effets dans toutes les strates de la société, ainsi que la manière dont les modèles anciens et possédant un réseaux en place vont résister de manière de plus en plus dure.

    Il y’a plus dangereux qu’un complot de trois personnes, c’est la convergence d’intérêt divergeant autour du seul intérêt commun, leurs survies à tout prix. Et ici, la convergence s’organise dans les faits, autour de « l’internet » depuis les vendeurs de disques aux hommes politiques, en passant par les financiers de différentes entreprises. Je ne sais si dans l’histoire, autant de groupes se sont retrouvés à œuvrer dans le même sens de fait.

    Le piège Wikileaks nous ramène à la nécessité de l’éducation de citoyen, et du consommateur. A résister aux rhétoriques de ceux qui veulent rester en place à tout prix.

  25. C’est marrant de vivre ce que précisément vous condamnez. Je dois donc apprendre à me taire pour l’épanouissement du blog. Seule consolation, le non verbal est bien plus puissant que le verbal et l’épanouissement personnel est à chercher à l’intérieur de soi et non pas dans la reconnaissance que les autres vous portent. Bonne continuation et surtout bonnne chance à Internet.

  26. si le site de Mr assange vous réveille ?
    dites moi svp pourquoi rien sur le 11/9
    rien sur la guerre en IRAK ?
    rien sur KARACHI ?
    je peut continuer comme vous alambiquer sur la finance avec des œillères

  27. Deux articles intéressants sur l’effet Wikileaks :

    http://www.dedefensa.org/article-des_systemes_antisystemes_aux_systemes_antisysteme__10_12_2010.html

    http://www.dedefensa.org/article-puisque_le_systeme_est_un_bloc__20_12_2010.html

    …certains, ou beaucoup, connaissent sans doute déjà ce site (« dedefensa.org »). Moi, je viens de le découvrir et je suis bluffé par la qualité et l’originalité des analyses ; certaines, globalisantes, sont, comment dire… téléologiques voire théistes.

    Quelqu’un en sait-il plus sur ce site, qui me paraît être un pendant et un complément utile au blog de Paul Jorion ?

    1. Très bon site en effet. Mais si j’ai bien compris, il se positionne dans l’anti-modernisme à la Maurras. Anti-libéralisme mais de droite. Cela n’empêche pas d’avoir un regard intelligent sur la question du libéralisme mais autant le savoir lorsqu’on fait face au reste (rapport au « téléologique voire théiste »).

    2. à Moi….La vérité n’est ni d’extrême- droite , ni degauche.Elle est indépendante et remarquablement partagée.De plus elle n’est pas toujours bonne à dire. N’oublions pas que d’après Jorion elle est une invention et donc ne possède rien d’absolu. Il semble d’ailleurs que la vérité n’exige pas seulement deux individus comme il l’écrit dans son livre mais la multitude des hommes sous peine de la faire apparaître comme un vérité d’esclave

    3. Ah …d’accord !
      Je vois mieux, en effet, leur propos.
      Mais enfin, il peut y avoir des « alliances objectives », comme aux USA où une partie des opposants aux ignobles guerres états-uniennes sont des « libertariens » (cf. Ron Paul ou le site Antiwar.com).
      Noyeux Joël !

    4. Paul, si Ron Paul est à l’extrême-droite, ce qui est bien possible, notamment en matière économique, c’est aussi un isolationniste et un anti-guerre, anti-Pentagone et lobbies d’armement, ce qui, moi, me convient très bien !
      Il me paraît aussi respectueux de la règle de droit, à commencer par la Constitution, avec laquelle les Présidents US et 80% du personnel politique états-unien se torchent ouvertement (il n’y a pas d’autres mots, voyez comment le « bon » Obama a approuvé les exécutions extra-judiciaires de n’importe quel citoyen US partout dans le monde).
      Enfin, si Ron Paul est d’extrême-droite, où classer son fils, Sarah Palin, une bonne partie des « Tea Partiers », Mike Huckabee, etc. , en fait l’essentiel du GOP et une bonne partie des DEMs ? ..on manque de mots, là !

      1. Hmm… je crois qu’il est temps pour vous d’apprendre à faire le tri dans vos sympathies, vous semblez avoir beaucoup de mal à distinguer ce qui est d’extrême-droite et ce qui ne l’est pas. Ce qui n’est jamais bon signe.

    5. @PHILIPPE_J à propos de Ron Paul qui « paraît aussi respectueux de la règle de droit » : vous avez bien raison de dire « paraître » car le droit, dans la philosophie d’extrême-droite, ce n’est pas exactement ce que l’on entend par le droit en régime républicain… Le premier cherche à régenter la société comme un clan, avec son chef, ses sbires et tous les autres dessous à qui « le droit » ne laisse d’autre choix que se soumettre ou se démettre. Ce droit-là est inséparable des individus, et la notion de chef ne correspond pas à une fonction mais à une personne physique, laquelle a le « droit » de changer comme elle veut les attributs et le sens de sa fonction. C’est ce qu’a fait Sarko président, dans les limites toutefois de la Constitution. En régime républicain, on ne légifère pas sur les individus mais sur leurs statuts. (Ce qui peut conduire aussi à beaucoup d’injustice, mais c’est une autre histoire.) Exemple concret : en république, il est impossible d’interdire les mariages inter-nationalités ou inter-religions, alors que c’est la première chose qu’on interdit dans les régimes d’extrême-droite.

    6. Paul, vous ne convaincrez pas par l’argument d’autorité : « Ron Paul est une personnalité de l’extrême-droite américaine ». Cette sorte de « point-barre » n’est suivi d’aucune info pour le démontrer (il en suffirait d’une, non ?). Ron Paul veut-il retourner au ségrégationnisme ? au temps des « robber barons », etc ? …pas que je sache… son fils « Rand Paul », en revanche, est clairement un autoritariste dangereux. Les libertariens sont même OK avec le mariage homosexuel ou la légalisation des drogues (responsabilité individuelle), contre le Patriot Act et pour la réduction des pouvoirs de la Fed, que R. P. compte « auditer », ce qui est un minimum après les errements décennaux de celle-ci !
      Vous convaincrez encore moins par des assertions pour le moins désagréables car « intuitu personae » : paternaliste (« il est temps pour vous d’apprendre à ..) ou insinuante (« vous semblez avoir beaucoup de mal à distinguer ce qui est d’extrême-droite et ce qui ne l’est pas. Ce qui n’est jamais bon signe. »).

      Car je me demande toujours – si Ron Paul est vraiment d’extrême-droite – où classer 80% du Parti Républicain avec des lumières comme Sarah Palin, Mike Huckabee, Peter King, etc. appelant ouvertement à l’assassinat extra-judiciaire d’Assange, tout comme de respectables « pundits » (chroniqueurs consacrés) à « droite » comme à « gauche », tels Bob Beckel, Jonah Goldberg ou Marc Thiessen ? …ou donc ? …à l’extrême-droite de l’extrême-droite ???

      Idem côté « dems » où « Mr. Vice » Joe Bidden a qualifié Assange de « high tech » terroriste.

      Dans l’hideuse caricature autoritaire, oligarchique et impériale qu’est devenue la démocratie états-unienne depuis au moins le coup d’Etat judiciaire de 2000, convenez qu’on perde le sens de LEUR orientation devant tous ces déboussolés dangereux qui mènent un Titanic faisant eau de toutes parts (3 billions $ perdus dans les guerres selon Stigliz, 9 billions pour renflouer le système financier US ).

      Mais me voilà à défendre Ron Paul ! …qui ne m’intéresse, en vérité, qu’en ce qu’il est une force, bien marginale mais une des rares qui restent sur la scène politique officielle US, capable de mettre un coup d’arrêt aux guerres néo-coloniales d’agression, toutes illégales, depuis celle d’Afghanistan au mandat extrêmement faible et obsolète et sans plus aucun but et moyen de guerre concevables, en passant par l’épouvantable guerre d’agression contre le peuple irakien (+1 M morts), jusqu’aux guerres sans nom (dans tous les sens du terme) à coup de drones et de « special ops » contre le Pakistan, l’Iran, le Yemen, la Somalie, etc.

      Or la crise financière mondiale comme les crimes contre l’humanité (au sens de la jurisprudence Nuremberg) que sont ces guerres, sont autant d’effets du dérèglement du système impérial « américaniste » (USA et ses pays ou « élites » vassaux) , dérèglement global et fondamental que les contributions de ce blog explorent, peut-être d’ailleurs au-delà de l’intention première de son responsable.

    7. On continue de me seriner sans rien démontrer, ha ha ! Mais quel est ce blog ? …une chapelle (de plus) ? Dommage…

      1. Wikipedia

        Ron Paul : « Boy, it sure burns me to have a national holiday for that pro-communist philanderer Martin Luther King. I voted against this outrage time and time again as a Congressman. What an infamy that Ronald Reagan approved it! We can thank him for our annual Hate Whitey Day. »

        Paul adheres deeply to Austrian school economics; he has authored six books on the subject, and displays pictures of Austrian school economists Friedrich Hayek, Murray Rothbard, and Ludwig von Mises (as well as of Grover Cleveland) on his office wall.

        Ça vous suffit comme démonstration ? On en trouve comme ça des tonnes. Par ailleurs vous semblez étonnamment bien informé sur ce tout petit monde-là pour quelqu’un aux idées larges qui n’aime pas les chapelles.

    8. OK, Paul, je note… ce petit monsieur texan propre sur lui a donc son côté raciste, comme une majorité de Blancs états-uniens, vous en conviendrez. Maintenant, vous donnez, et je vous en remercie, une déclaration déplorable ..mais où il parle de « voter » contre, en quelque sorte, la nationalisation du souvenir de MLK. Cela suffit-il à le stigmatiser comme d’extrême-droite, terme qui, chez nous, s’applique aux Nazis, aux vichystes, à l’OAS ? …supposons que oui… encore une fois, que faire alors de gens comme Reagan ou comme l’aimable Clinton (qui a détruit les contrôles financiers, loi Glass-Steagall, etc. ; qui a commencé les frappes aériennes contre l’Irak, aggravé les sanctions touchant son peuple, au moins 500 000 enfants morts mais « ça en valait le coup », selon Madeleine Allbright !) ? Pour prendre un exemple, le bon Richard Holbrooke, oligarque récemment décédé qui a reçu l’hommage mondial de ses pairs, fut, à 24 ans, le second du programme CIA destiné à assassiner des milliers de Vietnamiens suspectés de sympathies vietcong avant de conseiller à Carter, l’humaniste, de favoriser les monstrueux Khmers Rouges, à l’ONU ou ailleurs, pour faire pièce aux Vietnamiens et au régime khmer pro-vietnamien mis en place à Pnom-Penh ; ce fut aussi un artisan du soutien aux Talibans contre les Soviétiques, etc. Obama, quant à lui, a décuplé les attaques de drones contre le Pakistan, les a étendus ailleurs, comme au Yemen (cf. Wikileaks) et a instauré une doctrine monstrueuse, à laquelle même Bush n’avait pas songé : l’assassinat extra-judiciaire sans justification autre que la raison d’Etat (et donc sans possiblité d’instruction judiciaire) de CITOYENS AMERICAINS partout dans le monde !
      Pour moi, vous comprendrez que les cadres traditionnels ne s’appliquent plus à la nef des fous qu’est devenue l’Amérîîîque, que chantait béatement ce pauvre Dassin, puisque même un politicien « d’extrême-droite » y apparait plus sensé et plus humain que 90% du personnel politique aux commandes de ladite nef, dont Joe Bidden ou Ms. Clinton !
      Encore une fois, si un tel « extrémiste » concourt, à son niveau, à jeter bas l’empire américaniste, plus grande menace mondiale sur tous les plans (financier, économique, écologique, politique et même culturel), pourquoi pas ? Où est le plus grand et le plus immédiat danger ?
      Sinon, vous continuez dans l’insinuation ; ma courte science s’arrête à la consultation de sites comme commondreams.org, antiwar.com ou counterpunch.org, voire aux pages Wikipedia ! Je suis simplement abasourdi depuis le coup d’Etat judiciaire de 2000 par les dérives effroyables et sanglantes de ce pays, qu’on s’obstine à considérer comme encore fréquentable et partenaire ! Même la Chine, autoritaire et impitoyable pour ses minorités, est, pour l’instant, plus responsable sur les plans économique, financier et même écologique… c’est dire !
      Pour moi, l’UE devrait se découpler dare-dare des USA, qui n’ont de cesse de la miner (attaques contre l’euro, etc.) et se jeter dans la coopération-compétition avec les BRIC et le reste du monde, c’est la condition de sa survie !
      Enfin, la « culture » états-unienne, « soft power » longtemps subjugant, pardonnez-moi mais on en a soupé ! C’est au fond, ce qui nous sépare (cf. fil sur les chanteuses populaires, 4 ou 5 articles plus bas).

  28. « Un quotidien norvégien déjoue la stratégie de WikiLeaks »

    « Un quotidien norvégien, qui n’avait pas été sélectionné au départ par WikiLeaks, a obtenu la totalité des 250 000 notes diplomatiques américaines dont cinq grands quotidiens internationaux avaient jusqu’ici l’exclusivité, a révélé un dirigeant d’Aftenposten  »

    http://www.cyberpresse.ca/international/201012/23/01-4355092-un-quotidien-norvegien-dejoue-la-strategie-de-wikileaks.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_les-plus-populaires-title_article_ECRAN1POS1

    En parallèle :

    Espérons que dans un jour proche les pères d’enfants autistes, Roumains ou pas, cesseront de vouloir se suicider pour manifester leur dégoût et leur colère envers les politiques européennes elle-mêmes suicidaires et sauront se retourner vers les fauteurs de ruine plutôt que d’internaliser en eux et contre eux les puissances mortifères environnantes . Personnellement je n’ai pas voulu regarder cette terrible vidéo. L’image fixe me suffit à imaginer une meilleure manchette à l’avenir :
    « Joe Biden se jette du haut du balcon de la Maison Blanche » ou encore  » Suicide de Joe Biden qui s’est jeté du sommet de la FED » – Je peux toujours réver ! Décidément je crois encore au Père Noël …Nous sommes tous & toutes des « Pères Noël  » ! Osons ! Solidarité avec ce citoyen Roumain qui crie aux dirigeants politiques de son pays avant de sauter dans le vide :
    “Vous avez tué l’avenir de nos enfants”

    http://fr.euronews.net/2010/12/23/roumanie-un-homme-se-jette-du-balcon-du-parlement/

  29. on trace bien des rôtis de bœuf pourquoi pas le pognon?
    qui a peur de la transparence?

    c’est des états généraux qu’il nous faut.

  30. Tiens, revoilà Corinne Lepage, Goldman-Sachs (et Morgan Stanley…), le gaz de schiste (dont les nouvelles techniques d’extraction auraient fait passer les US au premier rang des réserves mondiales de gaz) et Total…

    Peu de Français le savent, mais le dossier des gaz de schiste pourrait bien commencer à faire des vagues qui pourraient atteindre jusqu’aux marches de l’Élysée.

    En effet, l’ancienne ministre de l’Environnement de la France, Corinne Lepage, a dénoncé hier dans son blog le jeu des grands intérêts industriels qui accélèrent le tempo en sourdine pour pouvoir mettre la main sur les plus grandes surfaces possibles de territoire, où elles pourront prospecter avec très peu de contraintes réglementaires avant que ne s’amorce en France, comme au Québec, un débat public ouvert sur la question.
    «En toute opacité, écrit l’ancienne ministre de l’Environnement, et après avoir autorisé de grandes banques dont Goldman Sachs à intervenir sur le marché du gaz, plus de 1 % du territoire français a fait l’objet de permis de recherche à des fins d’exploitation de gaz non conventionnels. »

    Et Mme Lepage, qui est aussi présidente de CAP 21, un parti politique qui préconise les principes de précaution, les valeurs d’innovation, d’éthique et de responsabilité écologique, indique que dans le Sud-Est de la France, entre Montélimar et Montpellier, la multinationale Total a obtenu le 31 mars dernier l’exclusivité de la prospection sur un territoire de 4327 km2, où elle investira 37,8 millions d’euros.

    Total, dont le financier Paul Desmarais, de Power Corporation, est un des principaux bailleurs de fond, a annoncé la semaine dernière qu’elle s’alliait à Suncor pour exploiter les sables bitumineux de l’Alberta. Le financier Desmarais, qui a embauché au moins trois anciens premiers ministres canadiens, est un proche de Nicolas Sarkozy, dont il a appuyé la course à la présidence et qui lui a remis la grand-croix de la Légion d’honneur en février 2008.

    Pour l’instant, Total est absente du dossier des gaz de schiste au Québec, mais plusieurs des plus petits exploitants de cette ressource craignent de finir dans les rets de ce type de grande société s’ils ne peuvent rapidement prendre leur envol économique.

    Selon Corinne Lepage, qui cite Cambridge Energy Research Associates, les réserves de gaz de schiste en Europe pourraient représenter entre 3000 et 12 000 milliards de mètres cubes et ainsi doubler les ressources classiques disponibles. En 2030, ces réserves pourraient produire près de 50 milliards de mètres cubes, soit environ le tiers de la production européenne actuelle.

    Mais Bové avait bougé dès lundi sur son Larzac, très concerné semble-t-il : http://www.maxisciences.com/jos%E9-bov%E9/jose-bove-reclame-un-gel-des-prospections-de-gaz-de-schiste_art11374.html

    1. Merci vigneron pour ce cadeau, cette découverte, Huxley doit faire des bonds de joie, les portes de la perception risquent de s’ouvrir à l’humanité ! Vous parlez d’une nouvelle ! Du gaz se shit…

  31. De retour après quelques jours de coupure internet pour cause de factures non payées, (faut que je fasse automatiser), je tombe sur cet article, certes très intéressant, mais dont les perspectives ne me semblent pas très importantes. Le statut d’organisation criminelle attribué à Wikileaks sert évidemment à discréditer cette organisation, mais qu’est-ce que ça change ? Infos crédibles ou pas, les commissions sénatoriales enquêtent, rendent leur verdict, puis les choses reprennent leurs cours tranquille. Tout ça fait partie du cinéma démocratique où tout le monde a le droit d’aboyer sur les caravanes qui passent.

  32. @ Philippe……—

    Extrait d’une entrevue de Julian Assange, le responsable de Wikileaks, réalisé par le magazine Forbes:

    « It’s not correct to put me in any one philosophical or economic camp, because I’ve learned from many. But one is American libertarianism, market libertarianism. So as far as markets are concerned I’m a libertarian, but I have enough expertise in politics and history to understand that a free market ends up as monopoly unless you force them to be free.* »

    *Il est incorrect de m’associer à un camp particulier, philosophique ou
    économique, parce que j’ai appris de beaucoup. Mais l’un d’eux est le
    libertarianisme américain, le libertarianisme de marché. Aussi longtemps
    que les marchés sont concernés,

    je suis un libertarien

    , mais j’ai
    suffisamment d’expertise en politique et en histoire pour comprendre
    qu’un marché libre finit en monopole à moins de le forcer à être libre.

  33. La fermeture du piège se fait attendre. J’ai l’impression que les révélations wikileaks sont oubliées. Il ne reste plus que l’action du gouvernement US pour accuser Manning d’espionnage et de faire plonger Assange. Le reste est passé à l’as.

    Je le regrette.

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