LE PIEGE WIKILEAKS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un article du New York Times : Prospect of WikiLeaks Dump Poses Problems for Regulators par Andrew Ross Sorkin, attire l’attention sur le fait que les documents que Wikileaks s’apprête à diffuser à propos d’une grande banque, embarrasseront davantage les régulateurs du monde financier que cette banque elle-même.

C’est vrai. J’ai eu entre les mains (dans le cadre de mon activité légitime au sein de banques américaines !) les documents que l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques américaines, et l’OTS (Office of Thrift Supervision), le régulateur des caisses d’épargne, adressaient à l’entreprise pour laquelle je travaillais, pour lui suggérer de modifier son comportement dans tel ou tel domaine ou sur tel ou tel aspect de son activité. Les régulateurs étaient bien informés, mais infiniment compréhensifs. Une lettre assurant qu’il serait apporté sans délai remède au problème soulevé vous offrait un sursis d’un an au moins. Dans le pire des cas, si le problème soulevé était vraiment gênant, on pouvait toujours… changer de régulateur. J’ai assisté à cela chez Countrywide : quand l’OTS est devenu un peu trop pressant, la compagnie a changé son statut de caisse d’épargne à celui de banque pour dépendre dorénavant de l’OCC. Ici aussi, la transition offrirait un sursis d’une durée confortable.

L’absence de régulation ne découle donc pas du fait que les régulateurs ne savent rien, mais du fait qu’ils n’agissent qu’avec une extrême mollesse. Et la raison là, c’est un rapport de force qui leur est défavorable. J’ai rapporté dans Comment on devient l’« anthropologue de la crise », une conversation que j’avais eue (ou plutôt qu’avait eue avec moi) un dirigeant de banque : « Il y a une chose que vous n’avez pas l’air de comprendre mon petit Monsieur : le régulateur, ce n’est pas lui qui me dira ce que je dois faire. Non, ce n’est pas comme ça que les choses se passent : c’est moi qui lui dirai quels sont les chiffres, il ne mouftera pas et les choses en resteront là. Un point c’est tout ! ».

Une simple question de rapport de force. Mais comme on l’a vu avec la publication du livre The Big Short de Michael Lewis, le fait que le public sache désormais aussi ce que le régulateur savait déjà, modifie soudain le rapport de force : on avait finance contre régulateur, et le régulateur était KO au premier round mais avec régulateur et opinion publique d’un côté, contre finance de l’autre, on commence à faire attention aux points.

Bien sûr le régulateur doit justifier alors le fait de ne pas avoir agi, bien qu’il ait su. Mais on l’a vu à propos de l’audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain, il existe une astuce à laquelle on peut avoir recours : mettre en scène une audition, et prétendre que l’on apprend tout le jour-même. Ce n’est pas très convaincant, ne serait-ce que parce que certains des auditeurs ne pourront pas s’empêcher de faire les malins, en posant des questions insidieuses qui trahissent qu’ils en savent beaucoup plus qu’ils ne le prétendent.

« WikiLeaks produira des documents dans lesquels des banquiers discutent de la manière dont ils ont roulé un client, dont ils ont maquillé leurs chiffres ou même comment ils ont roulé les régulateurs dans la farine », suppute Sorkin dans l’article du New York Times. Au vu de la turpitude de dirigeants de grandes banques américaines, le même renversement du rapport de force aura lieu : le régulateur obtiendra le renfort de l’opinion publique.

La réaction des autorités pourrait être la même que dans le cas des faits rendus publics dans The Big Short : une audition au Congrès ou au Sénat. Mais il y a un hic – et un hic sérieux ! – Wikileaks a été désigné comme organisation techno-terroriste par le Vice-Président Joe Biden, ce qui suggère avec insistance que l’on doive ignorer ce qu’elle raconte. Le régulateur aura reçu le renfort de l’opinion publique, et celle-ci comprendrait très mal qu’il n’intervienne pas vu la gravité des faits révélés – même sur le tard, mais l’information aura été procurée par une organisation présentée comme terroriste dans un autre contexte : celui des 250 000 câbles diplomatiques américains transmis à la presse internationale. Peut-on traiter à la fois les informations diffusées par WikiLeaks comme la propagande d’une organisation terroriste et comme des données sur la foi desquelles la justice se doit d’intervenir ? La raison d’État fait le premier choix et le peuple (quel empêcheur de tourner en rond décidément !), le second.

Il y a là un piège, et particulièrement machiavélique. Un certain nombre de personnes doivent s’activer à l’heure qu’il est pour que l’information sur les banques n’apparaisse jamais au grand jour. Il y a deux semaines exactement, je signalais le début de la guerre civile techno ; et ce n’est pas une « drôle de guerre » : il s’y passe plein de choses !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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151 réflexions sur « LE PIEGE WIKILEAKS »

    1. un sondage sur boursorama (je sais, ça ne représente pas grand monde mets Assange presque à égalité avec Raymond, ça m’a fait sourire…)
      Bonne journée.

      Quelle personnalité vous a le plus marqué en 2010?

      * – Julian Assange 23.5%
      * – Lady Gaga 13.4%
      * – Liu Xiaobo 13.6%
      * – Mark Zuckerberg 5.8%
      * – Raymond Domenech 21.2%
      * – Steve Jobs 15.9%
      * – Xavier Niel 6.5%

  1. Et qu’est-ce qu’il en pense de Wikileaks le bon vieil Immanuel Wallerstein, ce toujours adepte de la théorie de la dépendance et co-inventeur du concept de « système-monde », ce chéri des alter ? (la réponse est à la fin…)

    Commentaire n° 295, 15 décembre 2010

    « M. Poutine fait une offre audacieuse »

    Le Premier ministre russe Vladimir Poutine était en visite en Allemagne à la fin du mois de novembre. Avant d’arriver, il a publié une tribune dans la Süddeutsche Zeitung. Le quotidien allemand a commenté cette contribution par un gros titre : « L’embrassade de Poutine à l’Europe ».

    Le contenu de l’article est assez remarquable. Pour le Premier ministre russe, la leçon qu’il faut tirer de la crise économique la plus sévère qu’ait connu l’économie mondiale depuis huit décennies est la nécessité pour la Russie de travailler plus étroitement avec l’Union européenne. L’objectif devrait être « la formation d’une communauté économique harmonieuse de Lisbonne à Vladivostok ». « A l’avenir, selon lui, pourrait également se poser la question d’une zone de libre-échange et même de formes d’intégration économique encore plus poussées ». Un marché continental de cette dimension, suggère-t-il, pourrait se chiffrer en milliers de milliards d’euros.

    Vladimir Poutine suggère aussi que l’UE et la Russie se rapprochent dans les domaines de l’industrie et de l’énergie. Elles devraient toutes deux envisager « ce que nous pouvons faire pour permettre une nouvelle vague d’industrialisation sur le continent européen ». Et de citer les secteurs de la construction navale, de l’industrie aéronautique, de l’automobile, des technologies environnementales, de l’industrie pharmaceutique, de l’énergie nucléaire et de la logistique. Il en appelle à des projets communs d’entrepreneurs européens et russes.

    Dans le secteur de l’énergie, Poutine appelle à des « échanges actifs ». Il est nécessaire, dit-il, de travailler ensemble « dans toutes les phases de la chaine de production de valeur technologique, de la prospection jusqu’à l’approvisionnement du consommateur final ». Sur ce, poursuit-il, la Russie et l’UE devraient aller de l’avant et éliminer l’obligation de visas. Cela manifesterait « non la fin, mais le début d’une véritable intégration de la Russie et de l’UE ».

    A son arrivée en Allemagne, Vladimir Poutine a reçu un accueil chaleureux de la part de banquiers et d’industriels allemands. Il s’est adressé à des « amis » et en retour, le PDG de Siemens lui a dit : « nous nous sentons comme chez nous en Russie ». Pour lui, « la Russie est un exemple clair de la façon dont les pays émergents peuvent, dans un contexte de crise, donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale ».

    L’ « offensive de charme » du Premier ministre russe auprès des élites économiques allemandes ne s’est pas arrêtée là. Il a suggéré qu’ils adoptent la même position sur les questions monétaires. « Nous avons besoin d’une nouvelle multipolarité du système monétaire. Nous devons prendre nos distances vis-à-vis d’un monopole excessif du dollar ». Il a mentionné l’exemple de l’empire romain dont les politiques menèrent à cinq cents ans de stagnation économique. Puis il a clairement apporté son soutien à l’euro, selon lui un important contrepoids au dollar dans l’économie mondiale, et a suggéré la possibilité d’échanges commerciaux bilatéraux libellés en roubles et en euros, et non en dollars.

    La réponse de la chancelière Angela Merkel à ces propositions a certes été prudente mais pas négative. Pour le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle, les propositions de Poutine ont montré « à quel point nous sommes proches quant à nos objectifs stratégiques ». Les appuis les plus clairs sont venus de certains des plus importants dirigeants du monde économique allemand. Les réactions de la presse allemande ont été partagées.

    En France, Le Monde a noté que « cet appel à l’ouverture économique de la part d’un homme plus réputé pour sa fibre nationaliste que ses idées libre-échangistes est réellement novateur. D’autant plus que le développement des coopérations industrielles entre les deux ensembles est régulièrement freiné par des considérations politiques ».

    Observons que Poutine n’a pas fait des propositions à « l’Occident » mais bien à « l’Europe ». Cela ressemble fort à une tentative d’encourager le renforcement des liens avec l’Europe au détriment des Etats-Unis. Mais alors que cela n’est pas totalement nouveau quant à la position géopolitique de la Russie, jamais cela n’avait été dit aussi publiquement et de façon aussi audacieuse. Mérite aussi d’être relevé que Poutine a donné un fort soutien à l’euro dans une période où cette monnaie a besoin d’être renforcée politiquement. A noter aussi que Poutine ne parle pas de rester simplement ou même principalement un exportateur d’énergie vers l’Europe. Poutine parle d’une nouvelle vague d’industrialisation dans laquelle la Russie participerait pleinement.

    Cette diplomatique ouverture de Poutine devrait probablement davantage inquiéter les dirigeants américains que les modestes révélations de Wikileaks.

    Immanuel Wallerstein

    [Copyright Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter: rights@agenceglobal.com, 1.336.686.9002 or 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers est autorisé, pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à: immanuel.wallerstein@yale.edu.Ces commentaires, édités deux fois le mois, sont censés être des réflexions sur le monde contemporain, à partir non des manchettes du jour mais de la longue durée.]

    1. Le grand pont Eurasiatique c’est de qui la formule…… ?
      Ça fait longtemps qu’on en perle en Allemagne et en Russie,….. de même qu’en chine.

    2. Merci pour les infos.

      Très intéressant même si j’ai bien peur que nos dirigeants refusent l’offre. Et ceci pour deux raisons:
      – certains sont atlantistes à en crever,
      – et trop d’argent a été investi dans le modèle « l’Europe consomme, la Chine produit (+ l’Inde pour l’informatique) ». Réindustrialiser l’Europe repasserait forcément par une remise en cause de ce dogme.

      Donc pour moi l’offre de Poutine, car je ne crois pas l’homme naïf au point de croire qu’on puisse accepter son offre, a le mérite de mettre les pieds dans le plat.

      Pour ce qui est des révélations de Wikileaks, il est convenu par tout le monde journalistique que le site devrait plutôt être renommé Weakyleaks tellement on y apprend rien de fondamental.
      Pour ma part, après certes plusieurs heures de consultations j’ai tout de même trouvé des cables qui amènent à plus que s’interroger sur certains événements. Plus haut, je donne l’exemple de deux cables à propos de l’affaire Litvinenko. Il y a largement de quoi ouvrir une enquête journalistique sur cette base, par exemple en allant voir le journaliste du Daily Telegraph qui avait reporté que cette affaire sentait la manipulation. Il en était arrivé à cette conclusion après avoir interviewé à son arrivée à l’hopital le chef du service où Litvinenko était hospitalisé. Il lui demandait des précisions sur le communiquer de presse sur l’état de santé de Litvinenko qu’il venait de faire publier. Visiblement l’interessé n’était pas au courant de l’hospitalisation de Litvinenko pas plus d’avoir publier un communiqué de presse.

      Et dire que nos amis journalistes nous ont pourtant promi de ne plus se faire prendre au petit jeu de la désinformation suite à l’affaire des « soldats irakiens descendant dans les maternités kowaïti pour égorger femmes et nouveaux nés ».

      Donc personnellement, je ne suis pas si sûr que si on se donne la peine de les consulter qu’on n’y trouve que des pécadilles. Un autre exemple, le 15 décembre soit à peine quelques jours après l’attentat de Stockholm, Wikileaks a jugé pertinent de sortir ce cable de l’ambassade américaine à Stockholm:
      Ambassade américaine à Stokholm – 2008-11-07

      Quand on voit la conclusion du cable et que maintenant il est établi (les américains l’ont reconnu voir le reportage d’Arte) que la manipulation des sous-marins « soviétiques » au large des côtes suédoises dans les années 80 n’était qu’une manoeuvre américano-britannique pour faire évoluer le point de vue de la Suède, il y a de quoi s’interroger non? Surtout lorsqu’on se rappelle des attentats organisés aux débuts des années 70 par les services secrets italiens à la demande de leurs homologues américains n’avaient eux-mêmes pas d’autres buts.

      Pour moi, c’est cela qui justifie la soi-disant sur-réaction de toutes les capitales atlantistes. En bref, je ne suis pas si sûr qu’il s’agisse de sur-réaction…

    3. @Vigneron

      Merci pour ce lien. Je ne savais pas que Wallerstein continuait à s’exprimer sur l’actualité. Je
      viens de voir le répertoire qui contient bien des thèmes intéressants, dont je me réserve la lecture pour des congés de fin d’année pluvieux. je suis notamment curieux de voir comment il voit évoluer le « système-monde » à la lumière des événements récents.

      J’en profite pour recommander son livre « comprendre le monde », paru vers 2009 en Français, qui est introduction fort claire à l’ensemble de son travail. Bien sûr, sur la période récente, l’analyse n’est pas assez développée.

    4. Merci Vigneron

      La real-Politik pronée du côté russe en west-politik.
      Il faut bien dire que du côté russe il y a de l’espace et des matières premières à gogo.
      L’Eurasie c’est par là ….et c’est la seule façon de constituer une force susceptible d’entrevoir un avenir pour faire pièce aux puissance US et chinoises.
      Si on attend trop les russes et les allemands vont s’entendre sur le dos de la vieille Europe et l’abandonner dans la soue des PIIGS.

    5. @François Le Sombre

      Je ne savais pas que Wallerstein continuait à s’exprimer sur l’actualité.

      « On l’avait pas enterré ? M’semblait ben pourtant M’dame Michu... »

      Vous avouerez aussi que le périmètre de la couverture médiatique le concernant n’est pas non plus mirobolante, à tout le moins… On pourrait appeler ça un électro-encéphalogramme médiatique plat.
      Il ferait beau voir, de loin en loin, le Monsieur, en lieu et place de quelque annagrammesque Attila, ou anecdotique BHVitupérant, exclusivement immaculé de la chemise ouverte ou de la crème pâtissière….

      Néanmoins rendons grâce au Seigneur Gogol qui rétablit un peu l’équilibre :

      Immanuel Wallerstein : Environ 250 000 résultats.Peut mieux faire.

      Jacques Attali : Environ 361 000 résultats. Bof.

      Bernard-Henri Lévy : Environ 377 000 résultats. Rebof. Mais, Aïe !, BHL : Environ 5 830 000 résultats. Pas glop.

      Attila : Environ 11 600 000 résultats. On applaudit, siou plait ! En v’là du défoliant systémique ! Quoique… le Roundup de Monsanto : Environ 20 500 000 résultats 🙁

      Julian Assange : Environ 27 900 000 résultats… Hors concours

      BHV : Environ 3 500 000 résultats. Discret mais sérieux.

      Et, last but not least :
      Paul Jorion : Environ 111 000 résultats. La p’tite bête qui monte… 😉

    6. @Olivier Kaeppelin: « Donc personnellement, je ne suis pas si sûr que si on se donne la peine de les consulter qu’on n’y trouve que des pécadilles.  »

      Effectivement. Il y a filtrage par les 5 journaux choisis par Wikileaks. Au vu de ce constat, Assange commence à les critiquer. Et une fuite a très opportunément fourni les câbles à un journal norvégien. Histoire sans doute d’essayer de contourner le filtrage ou de mettre la pression sur les journaux de l’establishment et d’accélérer la diffusion des câbles.
      Le problème de ces câbles, c’est qu’ils sont difficilement interprétables pour l’homme de la rue.

    7. Les Russes proposent simplement de reconfigurer l’ouest du continent eurasiatique en fonction de ce qu’il est aujourd’hui et non de figer pour l’éternité la branche ouest du continent dans son formol habituel, mélange anémiant i) d’une Union Européenne balourde et empêtrée dans ses contradictions insolubles, ii) d’une Europe culturelle en voie de muséification accélérée (c’est-à-dire pour le dire simplement en train de mourir, voire déja passée de vie à trépas depuis sans doute la fin du XIX ième), iii) d’une OTAN « auto-complacency » (et un temps vaguement tentée par une sorte de cryptofascisme, merci aux Russes d’avoir bloqué cette dérive inquiétante en intervenant en Georgie). La Russie bouge malgré ses boulets au pied, elle se renouvelle lentement après les immenses désastres sociaux et historiques qui l’ont saigné à blanc. Moscou est aujourd’hui la première ville d’Europe (13 millions d’habitants, un budget de 480 milliards de dollars). Ce pays à la fois jeune et vieux veut compter dans l’histoire alors que les pays de l’ouest semblent y avoir renoncé. En 2010, bizarrement, les Russes ont l’air de croire qu’ils ont un avenir (si ce qu’on me rapporte de Russie est vrai). Par contraste, l’horizon semble bouché dans nos contrées. Cette sorte de pourrissement dans l’immobilisme est mortifère en Europe : beaucoup de démons y ont trouvé leur énergie vitale. Il n’y aura pas de rapprochement vraiment significatif entre la Russie et l’UE pour la même raison qui fait que la crise de 2008 n’a pas fait apparaître des hommes de talent capables de sortir ce bout de continent de sa léthargie, de son ornière encombrée de renoncements et de manque de confiance.

  2. Pas directement connecté au sujet mais concernant la voracité humaine…
    larges extraits d’un type pas content

    Déforestation, productivisme agricole, agroterrorisme, mort biologique du sol, désertification, sixième crise de la vie et extinction massive d’espèces par causes anthropiques, pollutions, réchauffement du climat, fonte des glaces, montée des océans, tarissement accéléré de toutes les ressources non-renouvelables, nous entrons de plain-pied dans un monde immonde et à l’avenir barré, la planète bleue est en déliquescence.

    La Terre vue du ciel : bientôt un cimetière, une fosse commune. Selon un rapport du WWF, nous avons perdu en 30 ans près de 30 % de tout ce qui vivait sur Terre.
    Veau, vache, cochon, couvée, homme sont chosifiés. En plein délire bio, le vivant est industrialisé, nous élevons des poulets sans plumes, des lapins géants. Dans ses zoos, ses cirques, ses laboratoires, ses batteries, le voyou de la planète enferme, dompte, torture, exploite, les espèces compagnes et aussi la sienne.

    Pommes de terre aux gènes de poulet, de phalène, de virus, de bactérie et d’humain ; maïs aux gènes de luciole, de pétunia, de blé, de scorpion ; riz aux des gènes de haricot, de pois, de bactérie et d’humain ; tomates aux gènes de poisson, de virus, de bactérie, de scorpion et d’humain. C’est la grande parade des inconnus dans l’assiette.

    Exterminateur et invasif, Homo sapiens est la seule espèce de grande taille à investir selon une croissance infernale la quasi-totalité des niches écologiques des autres espèces. Avec cette tenace posture du « pousse-toi de là que je m’y mette », dorénavant surnuméraires, nous sommes trop encombrants dans le fragile équilibre et représentons le vrai syndrome de la planète. Nous sommes ainsi les auteurs du plus effroyable laminoir de biodiversité que l’on pouvait imaginer. Nous souffrons d’une incurable cécité écologique doublée d’un besoin maniaco-dépressif d’asservir, de dominer, régner, contrôler, ordonner, gérer, intervenir, décider, nous ne sommes bons qu’à saccager, détruire, modifier, altérer, uniformiser, aligner, nettoyer, vider, couper, tailler, tondre, scalper, raser, décapiter, brûler…, le plus souvent sans comprendre, sans donner, sans admirer… et même sans regretter.

    Guerres et discriminations envers et contre tout, contre soi, contre l’homme, surtout contre l’autre et le différent, contre les espèces non-rentables, en un mot… contre la Nature. Sexisme contre l’autre sexe, racisme contre les autres races, spécisme contre les autres espèces, pillage du vivant réduit à la notion étroitement utilitaire de ressources, saccage des paysages défigurés en autant de formes géométriques écostériles.

    Notre politique est bien celle de la terre brûlée. Ne rien laisser derrière soi qui puisse profiter à l’ennemi est une stratégie de guerre…totale. Mais quel est donc cet ennemi si exécré, sinon nous ?!!

    Sapiens, nos ancêtres cueilleurs-chasseurs (ceux qui laissent) que nous avons persécutés l’étaient. Nous (qui prenons, et prenons tout), Homo pseudo sapiens economicus ou demens, peuple dernier et civilisé, vils urbanistes, économistes imbus, agronomes-valets ou politiques impérieux, fourbes et bouffis, nous ne le sommes pas, nous ne le sommes plus. Sans vouloir offenser la mémoire de Léonard de Vinci…, Homo sapiens n’est qu’une sombre brute.
    http://www.theuprightone.com/Tarrier/terrepatrie_004.html

    1. Une information : « La folle histoire du monde », petit livre de Michel Bounan aux éditions Allia (publicité gratuite !)

    2. > Vigneron
      On peut souhaiter la fin du sapiens actuel, ce qui n’implique pas la fin de l’espèce mais un saut qualitatif. Improbable, très improbable, à moins d’y être forcé, probable, très probable faute d’énergie quasi gratuite.

  3. Par rapport au titre « Le piége wikileaks ».

    Des mouvements, prenants ou se voyants collé des noms de types « journalistes citoyen », se sont développés ces dernières années, non pas ex-nihilo, mais peut être car la technologie permettait enfin de dépasser les contraintes habituelles de l’impression et la diffusion de l’information.

    Ce blog comme d’autre, ce trouve être une zone de réflexion, d’autres permettent de « cracher son fiel », d’autres encore sont purement commercial sur le modèle économique et social hérité du XIX siècle du haut vers le bas.

    Combien de média devenus « traditionnel » en à peine 40 ans ( du genre la télévision) hurlant après les blogs, sites ou forums d’information, même lorsqu’ils sont tenus et suivis par des personnes possédant une carte de presse tout à fait officiel. Le déplacement de la valeur dans la chaine détruit la chaine elle même. Wikileaks prend une dimension gigantesque, mais les rhétoriques sont les même que celles utilisées au moment des dernières « affaires » en France.
    Ce n’est pas de l’information, ce sont des guignols, etc…. avec un excès de langage volontaire, qui permet de rebondir en déplaçant l’opinion et les médias anciens et nouveaux sur le thème des excès de langage.

    Pour la première fois, qu’on aime ou pas wikileaks, des entreprises font passer avant la loi le règlements interne, ce qui peut potentiellement aux Etats-Unis se défendre, avec l’applaudissement général de beaucoup de politiques. Et ce, sans aucune plainte déposée par le gouvernement américain.

    Wikileaks souligne la guerre des modèles économiques et ses effets dans toutes les strates de la société, ainsi que la manière dont les modèles anciens et possédant un réseaux en place vont résister de manière de plus en plus dure.

    Il y’a plus dangereux qu’un complot de trois personnes, c’est la convergence d’intérêt divergeant autour du seul intérêt commun, leurs survies à tout prix. Et ici, la convergence s’organise dans les faits, autour de « l’internet » depuis les vendeurs de disques aux hommes politiques, en passant par les financiers de différentes entreprises. Je ne sais si dans l’histoire, autant de groupes se sont retrouvés à œuvrer dans le même sens de fait.

    Le piège Wikileaks nous ramène à la nécessité de l’éducation de citoyen, et du consommateur. A résister aux rhétoriques de ceux qui veulent rester en place à tout prix.

  4. C’est marrant de vivre ce que précisément vous condamnez. Je dois donc apprendre à me taire pour l’épanouissement du blog. Seule consolation, le non verbal est bien plus puissant que le verbal et l’épanouissement personnel est à chercher à l’intérieur de soi et non pas dans la reconnaissance que les autres vous portent. Bonne continuation et surtout bonnne chance à Internet.

  5. si le site de Mr assange vous réveille ?
    dites moi svp pourquoi rien sur le 11/9
    rien sur la guerre en IRAK ?
    rien sur KARACHI ?
    je peut continuer comme vous alambiquer sur la finance avec des œillères

  6. Deux articles intéressants sur l’effet Wikileaks :

    http://www.dedefensa.org/article-des_systemes_antisystemes_aux_systemes_antisysteme__10_12_2010.html

    http://www.dedefensa.org/article-puisque_le_systeme_est_un_bloc__20_12_2010.html

    …certains, ou beaucoup, connaissent sans doute déjà ce site (« dedefensa.org »). Moi, je viens de le découvrir et je suis bluffé par la qualité et l’originalité des analyses ; certaines, globalisantes, sont, comment dire… téléologiques voire théistes.

    Quelqu’un en sait-il plus sur ce site, qui me paraît être un pendant et un complément utile au blog de Paul Jorion ?

    1. Très bon site en effet. Mais si j’ai bien compris, il se positionne dans l’anti-modernisme à la Maurras. Anti-libéralisme mais de droite. Cela n’empêche pas d’avoir un regard intelligent sur la question du libéralisme mais autant le savoir lorsqu’on fait face au reste (rapport au « téléologique voire théiste »).

    2. à Moi….La vérité n’est ni d’extrême- droite , ni degauche.Elle est indépendante et remarquablement partagée.De plus elle n’est pas toujours bonne à dire. N’oublions pas que d’après Jorion elle est une invention et donc ne possède rien d’absolu. Il semble d’ailleurs que la vérité n’exige pas seulement deux individus comme il l’écrit dans son livre mais la multitude des hommes sous peine de la faire apparaître comme un vérité d’esclave

    3. Ah …d’accord !
      Je vois mieux, en effet, leur propos.
      Mais enfin, il peut y avoir des « alliances objectives », comme aux USA où une partie des opposants aux ignobles guerres états-uniennes sont des « libertariens » (cf. Ron Paul ou le site Antiwar.com).
      Noyeux Joël !

    4. Paul, si Ron Paul est à l’extrême-droite, ce qui est bien possible, notamment en matière économique, c’est aussi un isolationniste et un anti-guerre, anti-Pentagone et lobbies d’armement, ce qui, moi, me convient très bien !
      Il me paraît aussi respectueux de la règle de droit, à commencer par la Constitution, avec laquelle les Présidents US et 80% du personnel politique états-unien se torchent ouvertement (il n’y a pas d’autres mots, voyez comment le « bon » Obama a approuvé les exécutions extra-judiciaires de n’importe quel citoyen US partout dans le monde).
      Enfin, si Ron Paul est d’extrême-droite, où classer son fils, Sarah Palin, une bonne partie des « Tea Partiers », Mike Huckabee, etc. , en fait l’essentiel du GOP et une bonne partie des DEMs ? ..on manque de mots, là !

      1. Hmm… je crois qu’il est temps pour vous d’apprendre à faire le tri dans vos sympathies, vous semblez avoir beaucoup de mal à distinguer ce qui est d’extrême-droite et ce qui ne l’est pas. Ce qui n’est jamais bon signe.

    5. @PHILIPPE_J à propos de Ron Paul qui « paraît aussi respectueux de la règle de droit » : vous avez bien raison de dire « paraître » car le droit, dans la philosophie d’extrême-droite, ce n’est pas exactement ce que l’on entend par le droit en régime républicain… Le premier cherche à régenter la société comme un clan, avec son chef, ses sbires et tous les autres dessous à qui « le droit » ne laisse d’autre choix que se soumettre ou se démettre. Ce droit-là est inséparable des individus, et la notion de chef ne correspond pas à une fonction mais à une personne physique, laquelle a le « droit » de changer comme elle veut les attributs et le sens de sa fonction. C’est ce qu’a fait Sarko président, dans les limites toutefois de la Constitution. En régime républicain, on ne légifère pas sur les individus mais sur leurs statuts. (Ce qui peut conduire aussi à beaucoup d’injustice, mais c’est une autre histoire.) Exemple concret : en république, il est impossible d’interdire les mariages inter-nationalités ou inter-religions, alors que c’est la première chose qu’on interdit dans les régimes d’extrême-droite.

    6. Paul, vous ne convaincrez pas par l’argument d’autorité : « Ron Paul est une personnalité de l’extrême-droite américaine ». Cette sorte de « point-barre » n’est suivi d’aucune info pour le démontrer (il en suffirait d’une, non ?). Ron Paul veut-il retourner au ségrégationnisme ? au temps des « robber barons », etc ? …pas que je sache… son fils « Rand Paul », en revanche, est clairement un autoritariste dangereux. Les libertariens sont même OK avec le mariage homosexuel ou la légalisation des drogues (responsabilité individuelle), contre le Patriot Act et pour la réduction des pouvoirs de la Fed, que R. P. compte « auditer », ce qui est un minimum après les errements décennaux de celle-ci !
      Vous convaincrez encore moins par des assertions pour le moins désagréables car « intuitu personae » : paternaliste (« il est temps pour vous d’apprendre à ..) ou insinuante (« vous semblez avoir beaucoup de mal à distinguer ce qui est d’extrême-droite et ce qui ne l’est pas. Ce qui n’est jamais bon signe. »).

      Car je me demande toujours – si Ron Paul est vraiment d’extrême-droite – où classer 80% du Parti Républicain avec des lumières comme Sarah Palin, Mike Huckabee, Peter King, etc. appelant ouvertement à l’assassinat extra-judiciaire d’Assange, tout comme de respectables « pundits » (chroniqueurs consacrés) à « droite » comme à « gauche », tels Bob Beckel, Jonah Goldberg ou Marc Thiessen ? …ou donc ? …à l’extrême-droite de l’extrême-droite ???

      Idem côté « dems » où « Mr. Vice » Joe Bidden a qualifié Assange de « high tech » terroriste.

      Dans l’hideuse caricature autoritaire, oligarchique et impériale qu’est devenue la démocratie états-unienne depuis au moins le coup d’Etat judiciaire de 2000, convenez qu’on perde le sens de LEUR orientation devant tous ces déboussolés dangereux qui mènent un Titanic faisant eau de toutes parts (3 billions $ perdus dans les guerres selon Stigliz, 9 billions pour renflouer le système financier US ).

      Mais me voilà à défendre Ron Paul ! …qui ne m’intéresse, en vérité, qu’en ce qu’il est une force, bien marginale mais une des rares qui restent sur la scène politique officielle US, capable de mettre un coup d’arrêt aux guerres néo-coloniales d’agression, toutes illégales, depuis celle d’Afghanistan au mandat extrêmement faible et obsolète et sans plus aucun but et moyen de guerre concevables, en passant par l’épouvantable guerre d’agression contre le peuple irakien (+1 M morts), jusqu’aux guerres sans nom (dans tous les sens du terme) à coup de drones et de « special ops » contre le Pakistan, l’Iran, le Yemen, la Somalie, etc.

      Or la crise financière mondiale comme les crimes contre l’humanité (au sens de la jurisprudence Nuremberg) que sont ces guerres, sont autant d’effets du dérèglement du système impérial « américaniste » (USA et ses pays ou « élites » vassaux) , dérèglement global et fondamental que les contributions de ce blog explorent, peut-être d’ailleurs au-delà de l’intention première de son responsable.

      1. Wikipedia

        Ron Paul : « Boy, it sure burns me to have a national holiday for that pro-communist philanderer Martin Luther King. I voted against this outrage time and time again as a Congressman. What an infamy that Ronald Reagan approved it! We can thank him for our annual Hate Whitey Day. »

        Paul adheres deeply to Austrian school economics; he has authored six books on the subject, and displays pictures of Austrian school economists Friedrich Hayek, Murray Rothbard, and Ludwig von Mises (as well as of Grover Cleveland) on his office wall.

        Ça vous suffit comme démonstration ? On en trouve comme ça des tonnes. Par ailleurs vous semblez étonnamment bien informé sur ce tout petit monde-là pour quelqu’un aux idées larges qui n’aime pas les chapelles.

    7. OK, Paul, je note… ce petit monsieur texan propre sur lui a donc son côté raciste, comme une majorité de Blancs états-uniens, vous en conviendrez. Maintenant, vous donnez, et je vous en remercie, une déclaration déplorable ..mais où il parle de « voter » contre, en quelque sorte, la nationalisation du souvenir de MLK. Cela suffit-il à le stigmatiser comme d’extrême-droite, terme qui, chez nous, s’applique aux Nazis, aux vichystes, à l’OAS ? …supposons que oui… encore une fois, que faire alors de gens comme Reagan ou comme l’aimable Clinton (qui a détruit les contrôles financiers, loi Glass-Steagall, etc. ; qui a commencé les frappes aériennes contre l’Irak, aggravé les sanctions touchant son peuple, au moins 500 000 enfants morts mais « ça en valait le coup », selon Madeleine Allbright !) ? Pour prendre un exemple, le bon Richard Holbrooke, oligarque récemment décédé qui a reçu l’hommage mondial de ses pairs, fut, à 24 ans, le second du programme CIA destiné à assassiner des milliers de Vietnamiens suspectés de sympathies vietcong avant de conseiller à Carter, l’humaniste, de favoriser les monstrueux Khmers Rouges, à l’ONU ou ailleurs, pour faire pièce aux Vietnamiens et au régime khmer pro-vietnamien mis en place à Pnom-Penh ; ce fut aussi un artisan du soutien aux Talibans contre les Soviétiques, etc. Obama, quant à lui, a décuplé les attaques de drones contre le Pakistan, les a étendus ailleurs, comme au Yemen (cf. Wikileaks) et a instauré une doctrine monstrueuse, à laquelle même Bush n’avait pas songé : l’assassinat extra-judiciaire sans justification autre que la raison d’Etat (et donc sans possiblité d’instruction judiciaire) de CITOYENS AMERICAINS partout dans le monde !
      Pour moi, vous comprendrez que les cadres traditionnels ne s’appliquent plus à la nef des fous qu’est devenue l’Amérîîîque, que chantait béatement ce pauvre Dassin, puisque même un politicien « d’extrême-droite » y apparait plus sensé et plus humain que 90% du personnel politique aux commandes de ladite nef, dont Joe Bidden ou Ms. Clinton !
      Encore une fois, si un tel « extrémiste » concourt, à son niveau, à jeter bas l’empire américaniste, plus grande menace mondiale sur tous les plans (financier, économique, écologique, politique et même culturel), pourquoi pas ? Où est le plus grand et le plus immédiat danger ?
      Sinon, vous continuez dans l’insinuation ; ma courte science s’arrête à la consultation de sites comme commondreams.org, antiwar.com ou counterpunch.org, voire aux pages Wikipedia ! Je suis simplement abasourdi depuis le coup d’Etat judiciaire de 2000 par les dérives effroyables et sanglantes de ce pays, qu’on s’obstine à considérer comme encore fréquentable et partenaire ! Même la Chine, autoritaire et impitoyable pour ses minorités, est, pour l’instant, plus responsable sur les plans économique, financier et même écologique… c’est dire !
      Pour moi, l’UE devrait se découpler dare-dare des USA, qui n’ont de cesse de la miner (attaques contre l’euro, etc.) et se jeter dans la coopération-compétition avec les BRIC et le reste du monde, c’est la condition de sa survie !
      Enfin, la « culture » états-unienne, « soft power » longtemps subjugant, pardonnez-moi mais on en a soupé ! C’est au fond, ce qui nous sépare (cf. fil sur les chanteuses populaires, 4 ou 5 articles plus bas).

  7. « Un quotidien norvégien déjoue la stratégie de WikiLeaks »

    « Un quotidien norvégien, qui n’avait pas été sélectionné au départ par WikiLeaks, a obtenu la totalité des 250 000 notes diplomatiques américaines dont cinq grands quotidiens internationaux avaient jusqu’ici l’exclusivité, a révélé un dirigeant d’Aftenposten  »

    http://www.cyberpresse.ca/international/201012/23/01-4355092-un-quotidien-norvegien-dejoue-la-strategie-de-wikileaks.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_les-plus-populaires-title_article_ECRAN1POS1

    En parallèle :

    Espérons que dans un jour proche les pères d’enfants autistes, Roumains ou pas, cesseront de vouloir se suicider pour manifester leur dégoût et leur colère envers les politiques européennes elle-mêmes suicidaires et sauront se retourner vers les fauteurs de ruine plutôt que d’internaliser en eux et contre eux les puissances mortifères environnantes . Personnellement je n’ai pas voulu regarder cette terrible vidéo. L’image fixe me suffit à imaginer une meilleure manchette à l’avenir :
    « Joe Biden se jette du haut du balcon de la Maison Blanche » ou encore  » Suicide de Joe Biden qui s’est jeté du sommet de la FED » – Je peux toujours réver ! Décidément je crois encore au Père Noël …Nous sommes tous & toutes des « Pères Noël  » ! Osons ! Solidarité avec ce citoyen Roumain qui crie aux dirigeants politiques de son pays avant de sauter dans le vide :
    “Vous avez tué l’avenir de nos enfants”

    http://fr.euronews.net/2010/12/23/roumanie-un-homme-se-jette-du-balcon-du-parlement/

  8. on trace bien des rôtis de bœuf pourquoi pas le pognon?
    qui a peur de la transparence?

    c’est des états généraux qu’il nous faut.

  9. Tiens, revoilà Corinne Lepage, Goldman-Sachs (et Morgan Stanley…), le gaz de schiste (dont les nouvelles techniques d’extraction auraient fait passer les US au premier rang des réserves mondiales de gaz) et Total…

    Peu de Français le savent, mais le dossier des gaz de schiste pourrait bien commencer à faire des vagues qui pourraient atteindre jusqu’aux marches de l’Élysée.

    En effet, l’ancienne ministre de l’Environnement de la France, Corinne Lepage, a dénoncé hier dans son blog le jeu des grands intérêts industriels qui accélèrent le tempo en sourdine pour pouvoir mettre la main sur les plus grandes surfaces possibles de territoire, où elles pourront prospecter avec très peu de contraintes réglementaires avant que ne s’amorce en France, comme au Québec, un débat public ouvert sur la question.
    «En toute opacité, écrit l’ancienne ministre de l’Environnement, et après avoir autorisé de grandes banques dont Goldman Sachs à intervenir sur le marché du gaz, plus de 1 % du territoire français a fait l’objet de permis de recherche à des fins d’exploitation de gaz non conventionnels. »

    Et Mme Lepage, qui est aussi présidente de CAP 21, un parti politique qui préconise les principes de précaution, les valeurs d’innovation, d’éthique et de responsabilité écologique, indique que dans le Sud-Est de la France, entre Montélimar et Montpellier, la multinationale Total a obtenu le 31 mars dernier l’exclusivité de la prospection sur un territoire de 4327 km2, où elle investira 37,8 millions d’euros.

    Total, dont le financier Paul Desmarais, de Power Corporation, est un des principaux bailleurs de fond, a annoncé la semaine dernière qu’elle s’alliait à Suncor pour exploiter les sables bitumineux de l’Alberta. Le financier Desmarais, qui a embauché au moins trois anciens premiers ministres canadiens, est un proche de Nicolas Sarkozy, dont il a appuyé la course à la présidence et qui lui a remis la grand-croix de la Légion d’honneur en février 2008.

    Pour l’instant, Total est absente du dossier des gaz de schiste au Québec, mais plusieurs des plus petits exploitants de cette ressource craignent de finir dans les rets de ce type de grande société s’ils ne peuvent rapidement prendre leur envol économique.

    Selon Corinne Lepage, qui cite Cambridge Energy Research Associates, les réserves de gaz de schiste en Europe pourraient représenter entre 3000 et 12 000 milliards de mètres cubes et ainsi doubler les ressources classiques disponibles. En 2030, ces réserves pourraient produire près de 50 milliards de mètres cubes, soit environ le tiers de la production européenne actuelle.

    Mais Bové avait bougé dès lundi sur son Larzac, très concerné semble-t-il : http://www.maxisciences.com/jos%E9-bov%E9/jose-bove-reclame-un-gel-des-prospections-de-gaz-de-schiste_art11374.html

    1. Merci vigneron pour ce cadeau, cette découverte, Huxley doit faire des bonds de joie, les portes de la perception risquent de s’ouvrir à l’humanité ! Vous parlez d’une nouvelle ! Du gaz se shit…

  10. De retour après quelques jours de coupure internet pour cause de factures non payées, (faut que je fasse automatiser), je tombe sur cet article, certes très intéressant, mais dont les perspectives ne me semblent pas très importantes. Le statut d’organisation criminelle attribué à Wikileaks sert évidemment à discréditer cette organisation, mais qu’est-ce que ça change ? Infos crédibles ou pas, les commissions sénatoriales enquêtent, rendent leur verdict, puis les choses reprennent leurs cours tranquille. Tout ça fait partie du cinéma démocratique où tout le monde a le droit d’aboyer sur les caravanes qui passent.

  11. @ Philippe……–

    Extrait d’une entrevue de Julian Assange, le responsable de Wikileaks, réalisé par le magazine Forbes:

    « It’s not correct to put me in any one philosophical or economic camp, because I’ve learned from many. But one is American libertarianism, market libertarianism. So as far as markets are concerned I’m a libertarian, but I have enough expertise in politics and history to understand that a free market ends up as monopoly unless you force them to be free.* »

    *Il est incorrect de m’associer à un camp particulier, philosophique ou
    économique, parce que j’ai appris de beaucoup. Mais l’un d’eux est le
    libertarianisme américain, le libertarianisme de marché. Aussi longtemps
    que les marchés sont concernés,

    je suis un libertarien

    , mais j’ai
    suffisamment d’expertise en politique et en histoire pour comprendre
    qu’un marché libre finit en monopole à moins de le forcer à être libre.

  12. La fermeture du piège se fait attendre. J’ai l’impression que les révélations wikileaks sont oubliées. Il ne reste plus que l’action du gouvernement US pour accuser Manning d’espionnage et de faire plonger Assange. Le reste est passé à l’as.

    Je le regrette.

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