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221 réflexions sur « L’ALLEMAGNE CONTEMPORAINE »

  1. Bien vrai. Début des années 70, j’ai visité le musée de l’Université de Tûbingen. On connaît la situation de cette université à l’époque du nazisme triomphant.
    Dans ce musée, l’Histoire s’arrêtait en 1940, frappant, après:rien.
    Sinon le cimetière de cette petite ville rempli de tombes de jeunes de plus ou moins 20 ans.
    A pleurer.

  2. « L’État retrouve sa loi, retrouve sa loi juridique et retrouve son fondement réel dans l’existence et la pratique de cette liberté économique. »

    Slogan libéral : que l’économie fasse la loi (qui, de fait, est la cristallisation des intérêts des dominants et n’ayant en soi aucune valeur morale, n’est pas la preuve de l’existence d’une démocratie), on doit le constater mais s’en réjouir comme semble faire Foucault, dans ce texte, c’est autre chose, et prétendre que l’état de choses auquel aboutit cette prédominance est le fondement réel de l’existence d’un Etat est choquant, sauf à préciser que cet ‘enterrement’ du fait et du débat politique, l’éloigne de la démocratie, ce que ne fait pas Foucault.

    Avec Foucault (sauf erreur, car je ne l’ai pas lu ‘ »dans le texte ») se pose le problème de savoir si la recherche obsessionnelle de liberté pour l’individu (notamment sexuelle, en ce qui le concerne), ne se poursuit pas, illégitimement, dans le domaine social, économique, collectif.

  3. Je crois qu’une fuite en avant solitaire de l’Allemagne dans l’économie est un grand danger pour elle. Elle peut faire renaître les vieux démons chez tout européen. La voie du métissage (économique) est, me semble-t-il pour elle, la voie du salut.

  4. De tous les jargonneurs philosophiques qui ont eu leur heure de gloire en France dans les années soixante et soixante-dix avant de connaître une seconde jeunesse avec l’engouement des universitaires américains pour la French Theory, Michel Foucault (1926-1984) est certainement celui dont l’oeuvre jouit encore du prestige le plus durable, très au-delà du cercle étroit des étudiants et des professeurs de philosophie (…)

    Longévité d’une imposture : Michel Foucault.

    C’est le titre d’un article disponible dans l’ouvrage de Jean-Marc Mandosio, D’or et de sable, paru en 2008 aux éditions de l’Encyclopédie des nuisances.

    1. La renommée de Jean-Marc Mandosio dépassera certainement, dans les minutes à venir, celle de Michel Foucault. Quel jargon, chez Foucault ?

      M. Mandosio, si vous me lisez, dans le passage cité, quel sont les mots que vous ne comprenez pas ? Je me ferai un plaisir de vous les expliquer.

      1. Nous sommes des êtres humains, quoi d’autre ? La vérité ? La réalité ? Elles sont elles-mêmes fondées sur la reconnaissance : « It takes two to make a truth » a écrit John Austin.

      2. Mandosio reproche par exemple à la notion d’episteme d’être fluide au point de devenir ad hoc.
        Mais je ne suis pas versé dans ces choses.

      3. C’est repris à Canguilhem, cela attire l’attention sur le fait que les réponses qu’on apporte à une époque, dépend des questions que l’on a envie de poser à cette même époque, et ce ne sont en effet pas toujours les mêmes. Si l’oeuvre de Foucault devait souffrir de quelque chose, ce serait du même mal qui frappe celle de Freud : l’absorption massive de sa pensée par la culture ambiante. Leurs pensées sont devenus triviales parce que le « sens commun » les a entièrement adoptées.

      4. « Mandosio reproche par exemple à la notion d’episteme d’être fluide au point de devenir ad hoc. »

        sacré reproche à faire à un épistémologue!

        C’est flou comme critique,  » fluide au point de devenir ad hoc. », non?

        wiki : « Jean-Marc Mandosio est un universitaire français spécialiste de littérature néolatine, par ailleurs essayiste et polémiste, né en 1963. » pas fluide le latiniste, souple. lui…
        🙂 spécialiste de littérature, çà c’est précis, net, carré et bien rond!

        que dit il?

        « Des concepts flous

         » Il y a chez Foucault, comme chez la plupart de ses contemporains à prétention philosophique, une prolifération conceptuelle qui est surtout, à bien y regarder, une inflation verbale » écrit Jean-Marc Mandosio dans un essai au vitriol sur Michel Foucault.  » Un tel langage, continue t-il, constitue en quelque sorte un signe distinctif correspondant à une stratégie bien connue de positionnement par différenciation sur le marché des idées. Que les concepts en question comme dans le cas de Foucault soient souvent flous ou à géométrie variable n’est pas gênant ; bien au contraire,c’est la garantie pour les commentateurs qu’ils auront du travail ». Mais ce n’est pas tout : dans ce brillant essai, Mandosio, qui est maître de conférences à l’Ecole pratique des Hautes Etudes déboulonne de son piédestal la fameuse théorie des Epistémès, l’un des fondements de l’archéologie du savoir, ouvrage clef du philosophe. »
        comme chez la plupart de ses contemporains à prétention philosophique, une prolifération conceptuelle qui est surtout, à bien y regarder, une inflation verbale
        et 300 pages de plus sur le sujet! brillant!
        positionnement par différenciation sur le marché des idées arf! mr tout est relatif se plaint de concepts à géométrie variable
        J’imagine que çà s’applique à lui aussi…

        et

        « Incohérences et erreurs de jugement

        Longévité d’une imposture revient également sur quelques unes des incohérences et erreurs de jugement du parcours personnel du philosophe, qu’il qualifie d' »intellectuel mondain ». Parmi les prises de position stupéfiantes de Foucault, qui avait combattu avec véhémence dans tous ses écrits les dispositifs de normalisation de la société, on notera ce surprenant soutien apporté a Khomeini. L’islam chiite, écrit-il, est une religion qui n’a pas cessé à travers les siècles de donner une force irréductible à tout ce qui, du fond d’un peuple, peut s’opposer au pouvoir de l’Etat . Un fait doit être clair : par gouvernement islamique, « personne en Iran n’entend un régime politique dans lequel le clergé jouerait un rôle de direction ou d’encadrement ». Quelle erreur stupéfiante de jugement chez quelqu’un qui prétendait précisément dans Les mots et les choses avoir une parfaite connaissance des époques dont il traitait ! »
        le rapport entre 1979 et « une parfaite connaissance des époques dont il traitait « ?
        Dire : « L’islam chiite, écrit-il, est une religion qui n’a pas cessé à travers les siècles de donner une force irréductible à tout ce qui, du fond d’un peuple, peut s’opposer au pouvoir de l’Etat . »
        et « apporter un soutien à Khomeyni, sont deux choses : comment donc tire t il l’une de l’autre? « Un fait doit être clair : par gouvernement islamique, « personne en Iran n’entend un régime politique dans lequel le clergé jouerait un rôle de direction ou d’encadrement ». »
        Ce qui était le cas : avant la mise en avant des barbus, la révolution iranienne (soutenue par les religieux comme par les ouvriers) était majoritairement ouvrière. Que ne se demande t il pas le Mandosio pourquoi ou comment une minorité (la religieuse étatique) a pris autant d’importance (par rapport à l’ouvrière, tendance Mossadegh)…?

        Foucault n’a jamais prétendu non plus que ses engagements politiques étaient en harmonie absolue d’avec sa philosophie. Je crois même me souvenir qu’il disait que c’était impossible et donc inutile de s’y essayer.
        Foucault a aussi fait son premier et plus important travail, au sens de sa formation, chez les berbères, « sur le terrain » comme on dit. Le latiniste, c’est où?
        Foucault « intellectuel mondain »?!? J’en connais d’autres, qui mériteraient plus d’attention, dans le genre « mondain »…(le justicier philosophe milliardaire version « amour du risque », au hasard).

        Mandosio : ridicule (je voulais faire un calembour avec faux c–, mais bon…).
        J’en retiens qu’il trouve les concepts de Foucault flous. Et comme je le trouve flou, je me permet de lui retourner son compliment : imposteur.

      5. à Paul Jorion,

        Marlowe (Bernard JAMES) n’est ni un intellectuel reconnu, ni un universitaire.
        Je suis intéressé avant tout par la vérité et par la réalité.
        Je suis quelqu’un qui, sur votre blog, et ailleurs, se découvre suffisamment pour ne pas avoir à craindre.
        Je crois aussi que j’ai déjà affirmé qu’il n’est pas intéressant d’être connu, comme Freud, Heidegger, Foucault, et d’autres par la société dominante, c’est-à-dire d’être reconnu, mais qu’il peut être agréable d’être reconnu comme « l’envoyé du diable », c’est-à-dire comme Debord et Marx en son temps.
        Et je ne suis, humblement, que Marlowe.

      6. @sylla

        Foucault n’est pas davantage que Camus, un philosophe. Deleuze en est un, professionnellement car il travaille le concept. Donc les critiques envers Foucault concernant la rigueur selon un critère qui ne s’applique pas à lui, autant dire que Foucault n’est ni poète, ni peintre, ni cuisinier.

        Foucault est historien avant tout, sans oublier le volet sociologique bien sûr mais il ne se prive pas non plus n’analyses littéraires.

        Je ne vois pas un athée comme M. Foucault soutenir une religion, je considère donc le reste de l’article comme étant de mauvaise foi, voire calomniateur.

      7. « It takes two to make a truth »… truth ou pour s’entendre sur quelque chose, ce qui n’est pas la moindre chose, ce commencement des moindres choses, il est rare de rester d’accord avec soi-même, sauf si on se prend pour l’auteur qui a écrit un texte; c’est plus facile à deux, c’est mieux à deux, plus vite, léger. Somme toute, quoique l’histoire advienne d’un contre-pied, en attendant rions : « Oui, d’être dans l’erreur, c’est, au contraire de Socrate, ce qu’on redoute le moins. Fait qu’illustrent sur une grande échelle d’étonnants exemples. Tel penseur élève une bâtisse immense, un système, un système universel embrassant toute l’existence et l’histoire du monde, etc., – mais regarde-t-on sa vie privée, on découvre ébaubi ce ridicule énorme, qu’il n’habite pas lui-même ce vaste palais aux hautes voûtes, mais une grange à côté, un chenil, ou tout au plus la loge du concierge ! Et qu’on risque un mot pour lui faire remarquer cette contradiction, il se fâche. Car que lui fait de loger dans l’erreur, pourvu qu’il achève son système… à l’aide de cette erreur. » (S. Kierkegaard, Traité du désespoir).
        « Renversement de l’axe du temps, permission à l’oubli » si au cœur de l’oubli se récolte ce que l’économico-politique a semé dans le champ de l’économie, l’Allemagne ferait figure d’une forme achevée du capitalisme d’état (Chomsky), le protestantisme n’y étant pas pour rien (j’ai vécu en Suisse centrale et j’ai palpé ce que c’est – ben oui je suis Français), une conquête sans armée c’est déjà un progrès. Par le détour, revenir à soi, et sollicitude pour Foucault, s’en tenir au sens ramené à soi : Kundera écrit dans La Plaisanterie ;
        « Les histoires personnelles, outre qu’elles se passent, disent-elles aussi quelque chose ? Malgré tout mon scepticisme, il m’est resté un peu de superstition irrationnelle, telle cette curieuse conviction que tout événement qui m’advient comporte en plus un sens, qu’il signifie quelque chose, que par sa propre histoire, la vie nous parle, nous révèle graduellement un secret, qu’elle s’offre comme un rébus à déchiffrer, que les histoires que nous vivons forment en même temps une mythologie de notre vie et que cette mythologie détient la clé de la vérité et du mystère. Est-ce une illusion ? C’est possible, c’est même vraisemblable, mais je ne peux réprimer ce besoin de continuellement déchiffrer ma propre vie »….
        et un peu plus loin, plus cruellement, l’hydre réapparaît
        « Oui, j’y voyais clair soudain : la plupart des gens s’adonnent au mirage d’un double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire (des hommes, des choses, des actes, des nations) et à la possibilité de réparer (des actes, des erreurs, des péchés, des torts). L’une est aussi fausse que l’autre. La vérité se situe juste à l’opposé : tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de la réparation (et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par l’oubli. Personne ne réparera les torts commis mais tous les torts seront oubliés »
        la compagnie des grillons et des chants à l’oubli donnent une version joyeuse ( c’est quand le jour musique!)
        Luc Ferrari – Presque rien No.1 (3 of 3)
        http://www.youtube.com/watch?v=oCM6PRkKsiQ&feature=related

      8. Paul,

        Je ne connais pas ce Monsieur. Peut-être pas du jargon mais cette leçon est particulièrement…bizarre. Dire que la « liberté économique » coproduit « par la croissance » « du bien-être », « et de l’État », « et de l’oubli de l’histoire », c’est se placer à un point de vue pour le moins non-objectif, c’est sous-entendre que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Mouais…moi je dirais qu’ils [les allemands] n’ont pas encore globalement pris conscience de l’usine à gaz allemande et internationale (ça se comprend, ils surfent sur la vague). Et puis, la liberté économique, c’est quoi : choisir de se soumettre au système économique ou choisir la manière dont on y évolue ? La différence est celle qu’il y a entre crise économique et crise de civilisation. Et il y a « l‘histoire » et « strong>une histoire » qui cohabitent, étrangement.

      9. Fab, vous avez cet art de « débarquer ». Vous en savez si peu sur Foucault, que vous l’imaginez assimilant néo-libéralisme à « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » ? Vous ne « connaissez pas ce Monsieur » ? Vraiment ? Jurez-le sur la tête de votre grand-mère, svp.

      10. Lisztfr
        « 11 septembre 2011 à 15:58

        @sylla

        Foucault n’est pas davantage que Camus, un philosophe.

         »

        « Paul-Michel Foucault, né le 15 octobre 1926 à Poitiers et mort le 25 juin 1984 à Paris, est un philosophe français. Il fut, entre 1970 et 1984, titulaire d’une chaire au Collège de France à laquelle il donna le titre d’Histoire des systèmes de pensée.

        L’ensemble de l’œuvre s’élabore dans une archéologie philosophique du savoir, sans rechercher une signification ultime, en particulier sur la folie et la mort, l’expérience littéraire, et l’analyse des discours. Son œuvre s’est également portée sur la relation entre le pouvoir et la gouvernementalité, les pratiques de subjectivation.

        Durant sa jeunesse, son éducation est un mélange de succès et de résultats médiocres, jusqu’à son entrée au collège Stanislas où bientôt il excelle. Durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation allemande, Foucault est initié à la philosophie</strong> par Louis Girard[3]. Après la guerre, il entre en khâgne au lycée Henri-IV. Il échoue une première fois au concours d’entrée à l’École normale supérieure ; il est finalement reçu en 1946.

        Ainsi, en plus de sa licence en philosophie à la Sorbonne, il obtient en 1947 une licence en psychologie, dont la chaire venait tout juste d’être créée. Il participe alors très vite à la branche clinique de cette discipline où il est amené à côtoyer différentes personnalités, dont Ludwig Binswanger.

        Comme de nombreux autres normaliens de cette époque, Foucault adhère au Parti communiste français, mais pour une courte période seulement, de 1950 à 1953. Il suit ainsi les pas de son mentor de l’époque, Louis Althusser. Lorsqu’il quitte le parti, c’est sur la base des informations qui commençaient alors à filtrer sur la situation réelle en Union soviétique et notamment du Goulag, sous la dictature de Staline. À l’inverse de la plupart des membres du parti, Foucault ne participa jamais très activement à sa cellule.

        En 1951, il est reçu à l’agrégation de philosophie, après avoir essuyé un échec l’année précédente.

        Foucault retourne en France en 1960 pour finir sa thèse et occuper un poste de philosophie à l’université de Clermont-Ferrand, à l’invitation de Jules Vuillemin, directeur du département de philosophie ; les deux hommes se lient d’une amitié durable. Il a pour collègue Michel Serres.

        En 1961 il obtient son doctorat en soutenant deux thèses (comme il était de coutume à l’époque), l’une dite thèse mineure et constituée de sa « traduction, introduction et notes » de l’Anthropologie du point de vue pragmatique de Kant[4], rapportée par Jean Hyppolite, l’autre dite thèse d’État intitulée Folie et Déraison. Histoire de la folie à l’âge classique, et rapportée par Georges Canguilhem et Daniel Lagache.

        Dès la fin des événements de 1968 le gouvernement décide de la création d’une université expérimentale à Vincennes. Foucault y prend la direction du département de philosophie.

        À la fin des années 1970 le militantisme politique est en recul, notamment avec la désillusion grandissante de nombre des militants de gauche, certains d’entre eux prenant un virage idéologique à 180°, formant les Nouveaux Philosophes, et citant bien souvent Foucault comme ayant été l’une de leurs sources d’influence majeures, un statut que Foucault lui-même ne se reconnaissait pas complètement.

        1970 il est élu au Collège de France, l’institution la plus prestigieuse du corps académique, comme professeur d’Histoire des systèmes de pensée, un titre choisi par lui ; sa candidature était soutenue par Jules Vuillemin. L’Ordre du discours, qui paraît en 1971, constitue sa leçon inaugurale.

        De 1970 à avril 1984 il poursuit ses cours au Collège de France, y étudiant les principes de gouvernementalité, et la biopolitique (cours 1978 et 1979), puis à partir de 1983 sur Le gouvernement de soi et des autres, sur la parrhèsia.

        Il est hospitalisé à Paris début juin 1984, et meurt le 25″

        « Deleuze en est un, professionnellement car il travaille le concept. Donc les critiques envers Foucault concernant la rigueur selon un critère qui ne s’applique pas à lui, autant dire que Foucault n’est ni poète, ni peintre, ni cuisinier. »

        Chez Deleuze, il y a : concept percept affect. Il se situe où Foucault à votre avis?
        Sinon, je comprends qu’en fait vous voulez dire que Foucault s’embarrassait de documentation historique, alors que Deleuze, c’est plutôt juke box : on met la pièce et çà se met en marche. (humour : les purs théoriciens sont importants aussi.)

        « Foucault est historien avant tout, sans oublier le volet sociologique bien sûr mais il ne se prive pas non plus n’analyses littéraires.« 

         » professeur d’Histoire des systèmes de pensée, un titre choisi par lui  »

        épistémologue, donc. La philosophie est…l’episteme des episteme, la science des sciences, et celle seule réellement légitime(la « moins pire », disons, encore que…) à être la science politique (Platon).
        l’épistémologue, ou philosophe des sciences, est ce qui se rapproche le plus à notre époque du politique selon Platon.
        Son intérêt central [de Foucault] est d’ailleurs…politique : les rapports de l’individu au pouvoir et vice et versa.

        Au delà de l’extrapolation, vous m’accorderez qu’il a une formation en philosophie, et qu’il a exercé comme prof de philo. (aujourd’hui, on ne fait plus de philosophie : on fait de l’histoire de la philosophie à la fac. Déjà à l’époque de Foucault. c’est plus…poussiéreux. ), et que les historiens n’aiment pas qu’on disent de lui qu’il est un historien (les épistémologues, épistémologue, et j’apprends maintenant des latinistes, philosophe. pour les psys çà doit être pareil, mais je connais mal ce petit monde.).

        « Je ne vois pas un athée comme M. Foucault soutenir une religion, je considère donc le reste de l’article comme étant de mauvaise foi, voire calomniateur. »

        Sur Mandosio, c’est ce que j’imagine, en attendant plus amples informations (mais ce n’est pas moi qui irait à lui.)
        (en voilà une d’info supplémentaire : wikisuite : « En 2007 Foucault est considéré par The Times Higher Education Guide[1] comme l’auteur en sciences humaines le plus cité au monde.  »
        tant qu’à faire, pour être citer partout, autant se coller à celui qui est cité partout. d’aileurs çà a marché sur ce blog!
        je dois avoir l’esprit mal tourné…)

        Foucault était surtout pragmatique : cela s’inscrivait dans son engagement à l' »extrême gauche ».Comme je l’ai dit, la révolution iranienne était avant portée par les ouvriers (tendance socialistes). Une question intéressante, c’est pourquoi/comment la minorité religieuse les a doublés…
        Je ne pense pas non plus par ailleurs que Foucault lisait les préceptes religieux comme tout le monde : à mon sens, seul l’effet objectif, devait lui importer : une idéologie n’est rien de plus que ce qu’elle nous fait faire. Là il est possible que ses estimations soient faussées, puisque c’est un art très difficile (lui même étant un parfait sceptique de la « pure » école).

      11. Mandosio ne dit pas tant que les mots sont incompréhensibles, il dit que l’allure de fiction, de mythes, donnés aux référents ultimes des epistémés (« l’Age Classique, le Moyen Age, … ») sont une façon apparemment audacieuse d’évacuer le sujet (hégélien, …), mais en réalité, une simple revisite suivi d’usages distordus de concepts/catégories préexistant(e)s (p23 24 de « Longévité d’une imposture »).
        M’enfin, je ne souhaite pas tant que ça qu’on polémique contre Foucault.
        Mais plutôt qu’on me dise ce qu’on peut construire avec Foucault (avec Stiegler je crois avoir compris, par exemple, même l’usage de concepts Freudien d’une façon qui me va)

      12. Paul,

        Parole.

        Et sur le fond, le coproduit ainsi que le reste de mon message, rien ? Si c’est dans votre première question, j’avoue : je n’ai pas compris.

      13. timiota :

        « Mandosio ne dit pas tant que les mots sont incompréhensibles,  »
        non, personne je pense n’a dit une telle chose : M.M. :
        « » Il y a chez Foucault, comme chez la plupart de ses contemporains à prétention philosophique, une prolifération conceptuelle qui est surtout, à bien y regarder, une inflation verbale » écrit Jean-Marc Mandosio dans un essai au vitriol sur Michel Foucault. » Un tel langage, continue t-il, constitue en quelque sorte un signe distinctif correspondant à une stratégie bien connue de positionnement par différenciation sur le marché des idées. Que les concepts en question comme dans le cas de Foucault soient souvent flous ou à géométrie variable n’est pas gênant ; bien au contraire,c’est la garantie pour les commentateurs qu’ils auront du travail ».  »

        pas « incompréhensibles ». « Insensés », « creux », « fats », « arrivistes »…etc

        « il dit que l’allure de fiction, de mythes, donnés aux référents ultimes des epistémés (« l’Age Classique, le Moyen Age, … ») sont une façon apparemment audacieuse d’évacuer le sujet (hégélien, …),  »
        Tous le monde n’est pas hégélien…de plus, je ne crois pas que l’on puisse appeler le travail de Foucault une évacuation du sujet : il la constate, comme Nietzsche avait constater la mort de dieu. C’est en plus Foucault qui pointe la « disparition de l’homme » en sciences humaines (qui dès lors ne sont plus guère humaines, du moins au sens courant, le sens du 18ème.).

        « mais en réalité, une simple revisite suivi d’usages distordus de concepts/catégories préexistant(e)s (p23 24 de « Longévité d’une imposture »). »
        globalement, je ne connais aucun philosophe qui ne travailla pas sur le matériel laissé par ses prédécesseurs, ni aucun scientifique d’ailleurs ou historien. Ni personne, en fait.
        Ni non plus ne connais de cas où le matériel utilisé, conceptuel ou physique, ne fût pas déformé par l’usage.
        Que lui reproche t il en fait? D’un coté de ne pas faire œuvre d’originalité, de l’autre de fidélité. ?!? Sait il lui même ce qu’il veut, le latiniste?

        « M’enfin, je ne souhaite pas tant que ça qu’on polémique contre Foucault. »
        contre M.M. c’est M.M. le polémiste de carrière qui vise Foucault

        « Mais plutôt qu’on me dise ce qu’on peut construire avec Foucault »
        Construire avec Foucault…? 🙂
        je l’aime bien, mais vaut mieux éviter…maintenant qu’il est mort.
        Déconstruire avec Foucault, çà oui. Une pensée sceptique ne construit pas : elle laisse ou démonte.
        en l’occurrence, Foucault visait le marché et le palais/parlement/état. En bon militant communiste. Le pouvoir principalement l’intéressait. Pour y échapper bien sûr. (comme Deleuze, qui fuyait , »mais pour trouver une arme », plaisantait il.).
        « Le savoir, c’est le pouvoir », c’est de lui.

      14. Merci sylla.

        Donc on déconstruit avec Foucault.
        Charybde, et pas encore Sylla ?
        Déconstruire sert à échapper à certaines formes de pouvoir, soit.
        Mais comment s’arrange-t-on pour que, là où l’on s’est échappé, il n’y ait pas reconstruction d’un pouvoir , auquel il faudra de nouveau échapper ?
        Foucault n’aide pas du tout à dépasser ce type de tourniquet ?

      15. à Timiota

        « Donc on déconstruit avec Foucault. » Oui : c’est un outil critique avant tout. Lui visait la continuité d’avec Marx (en très schématique) : analyser les « structures » de pouvoir. Pour s’en défaire.

        « Charybde, et pas encore Sylla ? » 🙂 scylla. Cette confrontation entre l’homme aux mille ruses, protégé de la déesse de la guerre et des sciences, et un choix, disons cornélien, à savoir soit une chance sur deux que le navire (et l’équipage) passe entier (et donc une chance sur deux que rien ne passe), soit la moitié de l’équipage qui se fait dévoré (scylla), est un des archétypes (Dialectique de la raison, adorno horkheimer) de l’homme moderne gouverné (soit disant) par la raison (perso, à la place d’Ulysse, j’aurais fait un détour.).

        « Déconstruire sert à échapper à certaines formes de pouvoir, soit.
        Mais comment s’arrange-t-on pour que, là où l’on s’est échappé, il n’y ait pas reconstruction d’un pouvoir , auquel il faudra de nouveau échapper ? »
        On ne s’arrange pas : on fuit (intellectuellement), on s’échappe, on coupe les liens de pouvoirs que l’on repère (la prise de conscience de ses liens est le préalable pour s’en détacher, voire constitue un premier détachement). Je ne suis à partir de là pas très objectif : je ne sais pas comment les révolutionnaires rouges font, sans état, sans religion, et sans marché (ce dernier n’étant pas une structure volontaire). J’ai demandé à Schizosophie ; j’attends, comme vous. A mon avis, c’est impossible (en l’admettant, je vois mal comment çà dure…ne serait ce que l’exemple des mafias : eux aussi, l’état, la religion, le marché (celui là un peu moins), les dérangent (tant qu’ils ne sont pas entre leurs mains, remarquez.). De même qu’est ce qui empêcherait quelque part un groupe humain de reconstituer un genre d’état, et fort de cette unité, de s’imposer sur les contrées alentours? Comment feraient les contrées alentour pour s’en prémunir, sinon en constituant un genre d’état pour organiser leur défense?)

        « Foucault n’aide pas du tout à dépasser ce type de tourniquet ? »
        -à 99% sûr : non. D’ailleurs, cela supposerait des structures de pouvoir pour l’éviter , à vue de nez . L’un des grands paradoxes des mouvements anti autorité : ils leur faut une police pour maintenir l’horizontalité (du coup, ce n’est plus vraiment horizontal, et çà peut glisser sans souci vers, en gros, du stalline.). J’ai pu observé cela par ex dans les réunions des indignés…: les militants chevronnés prennent rapidement l’ascendant sur le groupe (décidant qui a la parole).
        Sur ce point (moins d’état), les libéraux sont un peu plus cohérents (minarchistes par ex. rien de nouveau : c’était déjà la position de Schopenhauer) à mon sens.
        -à 1 %, oui. Mais faudrait une planète peuplée de Foucault. Et encore… déjà 80% d’une classe d’âge au bac en france, on galère, alors…
        (mais comme je vous l’ai dit : ici, je ne peux être objectif, ne comprenant pas les mécanismes du « après la révolution finale ». perso, çà me paraît bouffi d’orgueil, ce « final », ou alors comme horizon : après tout, une révolution, c’est fait pour tourner!)

        Mon avis : les liens de pouvoirs ne posent pas de problèmes en eux même, et sont même nécessaires à la constitution d’un groupe ET aux relations de ce groupe avec les autres.
        La véritable question c’est : quels liens de pouvoirs voulons nous et est ce praticable (genre une minarchie libérale voisine de l’union soviétique, par exemple, ou une révolution communiste qui vise (aussi) la fin de l’état, voisine des états unis cuba au hasard : tous deux ne peuvent pousser leurs principes trop loin, car sinon, ils risquent de diparaître.).

    2. Biopolitique « scientifique »…… Mangez bio ! Mangez chaud !

      Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre.
      Citations de Karl Marx

      L’histoire est la véritable histoire naturelle de l’homme.
      Contribution à la critique d’économie politique (1859)Citations de Karl Marx

      L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes.
      Marx Karl & Engels, Friedrich .Manifeste du parti communiste (1848)Citations de Karl & Engels,

      L’histoire de l’industrie est le livre ouvert des facultés humaines. .
      Manuscrits de 1844.Citations de Karl Marx

      L’histoire tout entière n’est qu’une transformation de la nature humaine. Citations de Karl Marx

      1. Ce sont de simples points de vue passés au crible de l’idéologie : comme tous les points de vue.. Marx était un grand philosophe.
        D’autres affirment que, philosophiquement parlant, l’histoire comme contenant d’un sens n’existe pas car le sens n’existe pas .
        On est mal 😉

  5. Croissance allemande purement factuelle et plus que fragile selon moi… Egalement un clin d’oeil de l’Histoire, ou de la Volonté Divine, selon les goûts de chacun.

  6. Cioran à fort bien souligné combien l’Allemagne reste en Europe le pays (nation, esprit ?…) avec la plus forte potentialité de survie et de développement. L’allemand est efficace. Le français : un branleur.

    Problème: l’efficacité est mise au service de quoi ?

    1. Cioran avait le petit défaut d’être un nazzi convaincu : d’où ses remarques.
      Mais on devrait lire ‘de l’inconvénient d’être né’, ça vaut son pesant de cacahuètes. Ses écrits philosophiques valent d’avantage que son adhésion politique.

  7. Ce qui est merveilleux dans cette citation c’est l’affirmation que désormais l’économie a pris la place de l’histoire.
    Si, comme il est souvent admis, l’histoire et la démocratie sont apparues au même moment, en Grèce, il y plus de deux millénaires, que devient la démocratie quand l’histoire est finie ?

      1. à fnur,

        Acte manqué : la démocratie, c’est le droit de vote.

        Les esclaves modernes (les salariés) sont différents des esclaves du passé : ils ne sont pas la propriété formelle de leurs maîtres, et ils ont le droit de vote.

        Eloge de la démocratie.

        PS. fnur, vous avez oublié les femmes !

  8. N’oublions pas que la matiere ne suffit pas a tout ezpliquer et que les metiers d’argent sont principalement reserves aux ames novices, afin qu’elles apprennent la premiere lecon de la vie, a savoir que l’ argent ne fait pas le bonheur. Ces ames novices doivent donc etre encadrees.

  9. Doublon d’un commentaire posté sur l’article précédent, avec un petit ajout à la fin :
    Un bel article puant aujourd’hui dans le Frankfurter Allgemeine, pour ceux qui parlent l’Allemand :

    http://www.faz.net/artikel/C30638/schuldenkrise-der-verrat-am-euro-30684254.html

    Pas le temps de traduire, mais c’est dégoutant d’arrogance et de sentiment de supériorité.

    Ok, je veux bien l’admettre, l’Allemagne est supérieure en cohérence et en rigueur… pour ce qui est de conserver au mieux un capitalisme bien portant, froid et violent.

    Qu’ils fassent travailler leurs pauvre à 1 euro de l’heure (marketé sous le terme « 1 euro Job », officiellement par l’agence pour l’emploi ici-même : http://www.arbeitsagentur.de/nn_25392/Navigation/zentral/Buerger/Arbeit/Ein-Euro-Jobs/Ein-Euro-Jobs-Nav.html ) est beau de solidarité sociale. Près de 400 000 esclaves en nettoyage, maisons de retraites et petites taches ingrates dans les gros Konzern en 2010 …

    J’habite en Allemagne où j’ai tenté de me guérir d’une sarkozyte aigue, mais en m’informant de plus en plus ici, je vire à la capitalistyte protestantum chronique : j’ai envie de vomir à chaque fois qu’un allemand me parle de bonne conduite et de respect des règles. Au moins en France c’est des bandits paillards et tout le monde le sait… Ici, ils passent pour des saints à la morale parfaite.

    Mais ce qui me fait le plus pitié est la culture de la souffrance et de l’austérité, qui crée une dose de frustration ambiante vraiment perceptible. Par pudeur, je n’oserai vous décrire ici le statut de la « pause midi » dans une journée de travail en allemagne.

    L’attaque aux pays jouisseurs du sud me fait tristement penser à des réactions de peine-à-jouir jaloux des autres… M’enfin, j’habite dans cet étrange pays et les bons côtés sont nombreux.

    La commission européenne devrait déclarer une semaine complète d’orgie paillarde obligatoire pour tous les allemands (à laquelle je veux bien faire partie), la semaine d’après, l’Europe va virer social!

    1. @Thomas,

      Je préfère de très loin l’individualisme indécrottable des pays latins (qui n’empêche pas par ailleurs d’être solidaires) à ces sociétés tribales nordiques. Ca me parait infiniment plus sain effectivement.
      Et je m’arrête là.

      1. Amsterdamois, les Pays-Bas sont géographiquement ouverts sur le monde. Et ça ça change beaucoup de choses, vous avez raison. Mais enfin, la « tolérance » néerlandaise est en réalité l’art savant d’ignorer son voisin et le communautarisme est né dans ce pays, c’est même le fait fondateur des Pays-Bas. Alors « tribalisme nordique », oui je maintiens. Je suis pas fan.

      2. La tolérance, philosophiquement parlant, est une notion assez étrange, au fonds introuvable. Parce que cela revient à accepter que l’Autre reste dans l’erreur, ne pas le contraindre à rejoindre la lumière; sauf à ne plus admettre aucune vérité.
        En l’occurrence, et vu de l’extérieur, les débats politiques en France ne brillent absolument pas par leur esprit de respect et de tolérance. Je sais bien que nous avons ici aussi maintenant une extrême-droite en plein essors, mais c’est un développement très récent; et même ainsi, on continue à se parler sans manier comme en France continuellement l’invective et l’anathème dans l’arène publique.
        Avant les assassinats de Pim Fortuyn en 2002 et de Théo van Gogh en 2004, le pays n’avait pas connu de meurtres politiques depuis 1672, et la peine de mort, elle, cessa d’être appliquée dès la fin du XIXe S. Une société bien plus pacifiée et tolérante que celle de la ‘Grande Nation’.

        Il se trouve que l’histoire des Pays-Bas est très différente de celle de la France, qui s’est progressivement formée autour d’une monarchie sacrée et centralisatrice. Au sortir de la guerre de 80 ans, le pays était un conglomérat de provinces à l’histoire variée, fières de leur identité et de leur souveraineté, réunies par la politique matrimoniale bourguignone, puis par la lutte contre le papisme et la tyrannie espagnole. Il n’y avait pas d’unité religieuse mais un patchwork de minorités, aucune confession n’ayant su devenir majoritaire. A partir de là, il fallu bien trouver un modus vivendi.
        C’est cette donnée essentielle de l’histoire Néerlandaise qui fit que la tolérance religieuse y apparut, tôt au XVIIe S, quand la France absolutiste s’employait à faire disparaître les dissidences.
        Alors certes, cette tolérance fut d’abord un ‘art savant d’ignorer son voisin’, comme vous dites fort justement, mais c’est dans ce pays que la liberté de conscience a pu se développer et forcer l’admiration des philosophes des Lumières, qui souvent purent y trouver refuge lorsque l’inquisition catholique les serrait de trop près.

        Le communautarisme est une notion fourre-tout, médiatiquement commode mais très floue. On a pu le constater lors des discussions en France sur le PACS et plus récemment sur la question de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe : alors fleurirent les accusations de communautarisme et de revendication de ‘droit séparé’, alors même qu’était revendiquée l’égalité des droits pour l’ensemble des citoyens! Chacun voit midi à sa porte…

        Quand au tribalisme, le terme recouvre des notions tellement fantasmagoriques que, pour la rigueur du débat, il vaudrait mieux s’abstenir de l’employer. Les tribus germaniques, bataves et autres, ça fait plus d’un bon millénaire que leur réalité s’est diluée, vous savez?

        Vous voudrez bien, j’espère, me permettre de continuer à trouver ce qualificatif de ‘tribalisme nordique’ injuste et insultant.

      3. Amsterdamois, le terme « tribal » si je comprends que vous le trouviez insultant me semble pourtant être le terme le plus approprié pour décrire les sociétés germaniques et scandinaves.

        Des sociétés où l’émancipation de l’individu de son environnement existe trop peu, où la religion en particulier continue de jouer un rôle prépondérant. Où tout se qui fait tâche est intolérable.

        Regardez le Danemark se débattre avec l’immigration. Et la Norvège maintenant qui découvre brutalement qu’elle n’a pas isolée du monde.
        Prenez la Suède qui jusque dans les années 60 (voire 70 ?) stérilisait ses handicapés mentaux au nom du bien commun.
        Prenez l’Allemagne incapable de dépasser l’idée que crêche rime forcément avec embrigadement nazi, qu’une femme qui travaille est une mère indigne.
        Le droit du sang tout juste abandonné, et encore pas complêtemtn. Le racisme violent de Théo Sarrazin. La presse tabloïde putride,
        etc etc

        Quel est le point commun de toutes ces sociétés ?
        L’individu ne prime pas sur le groupe. Vivre ensemble n’y implique pas l’universalisme mais au contraire le repli identitaire sous couvert d’une solidarité toute… tribale.

        Je suis désolé de l’exprimer de façon peut-être un peu brute.
        Mais si l’on souhaite encore créer une europe vivable c’est à dire équitable, le sud va devoir certes se développer en terme d’organisation et économiquement (ce qui ne se fera pas par miracle non plus) mais les pays du nord n’ont aucune conscience des énormes efforts qu’ils ont à faire sur le plan des idées ! Et la difficulté est d’autant plus grande, peut-être même insurmontable, que ces pays du nord sont convaincus de leur supériorité. A tort ! Grand tort.

        C’est tout le sous-jacent de la crise actuelle de l’eurozone.

      4. @ Ken Avo
        A vous entendre, les sociétés d’Europe du Nord sont des sociétés holistiques, où l’individu n’a pas d’autonomie. Et les femmes mentalement au fourneau. Ben voyons…
        Les Pays-Bas sont, en dépit d’institutions encore marquées par le Verzuiling, la société la plus déchristianisée d’Europe! Et si vous croyez que les jeunes générations Allemandes sont bigotes…

        Alors, certes, les écarts de mentalité sont parfois immenses – moi qui suis par ma naissance et mon parcours à cheval sur 3 cultures (voire 4), je réalise chaque jours combien Allemands, Français, Néerlandais et Sud-Américains vivent dans d’autres univers mentaux.

        Mais tout de même : quel ethnocentrisme, quel complexe de supériorité franco-français, quel franchouillardisme dans vos propos!
        Clichés, foutaise, présentation caricaturale des choses, pédalage aérien dans des Idealtypes phantasmés.
        D’autres font ça avec L’Islam, Le Musulmans, L’Africains, L’Asiatique, Le Chinois…

    2. Je suis aussi en Allemagne, les pauses midi, Mahlzeit, sont souvent de 3/4 d’heure à 1 heure.

      Les gens ne se disputaillent pas comme en France, que j’ai quittée en grande partie pour cette raison. Les trains sont dans un état impeccable, ni tags, ni sièges lacérés. Les gares idem…

      En ce qui concerne les revenus sociaux, ça se discute, mais le régime retraite allemand semble plus avantageux que celui français, même Filoche en convient. Le 1 euro de l’heure recouvre quoi en prestations sociales associées ?

      Pour ce qui est des fêtes, là où je suis, il y en a tout l’été plusieurs fois par semaine.

      Quand je rentre en France, en comparaison, j’ai plutôt l’impression de voir un pays dépressif et hâbleur.

      Ceci dit, il y a aussi du chemin à faire en Allemagne qui a aussi ses pauvres, tout autant que la France.

      Le seul reproche que je fais aux allemands, c’est qu’ils parlent allemand. Il m’a fallu faire des efforts pour apprendre cette langue que je continue à apprendre:)

      1. « Le seul reproche que je fais aux allemands, c’est qu’ils parlent allemand. Il m’a fallu faire des efforts pour apprendre cette langue que je continue à apprendre:) »

        En matière de vocabulaire amoureux, rassurez vous vous aurez vite fait le tour.
        Tout est « geil » (salace) avec nos amis allemands en tout et pour tout. Toujours geil uniquement geil irrémédiablement geil complêtement geil. ca limite un peu la conversation. Cela dit à quoi bon parler puisque vous ne ferez jamais l’amour outre-Rhin, vous « dormirez ensemble » (mit schlafen) ou au mieux vous baiserez (ficken) !

        « Les pauses midi, Mahlzeit, sont souvent de 3/4 d’heure à 1 heure. »

        Oui, enfin sauf si vous êtes un amateur de charcuterie et un fou de currywurst, je doute que vous trouviez beaucoup de plaisir là non plus pendant les repas. 1 heure pour ça ?
        A la limite, vous pourre toujours vous rattraper au dîner, en vous risquant sur le bizarre avec la pizza accomodée aux restes de nouilles par exemple. Eh oui les allemands adorent la cuisine italienne c’est bien connu, enfin…… une version très particulière de celle-ci.
        Quoique il en soit vous sortirez de là à coup sûr « satt » ou « voll » (« rassasié » ou « rempli ») !
        Hmmmmmmmm !!! miam miam miam.

        Mouahahahah ! 🙂
        Je vous souhaite beaucoup de plaisir dans ce bien joli pays (inexplicablement totalement ignoré du tourisme mondial) et surtout tellement… propret.

      2. J’ai fini mes études par un stage travaillé en Allemagne, et même en Allemagne profonde (la Hesse luthérienne), il y a une vingtaine d’années (ça ne rajeunit pas de raconter ça) et à l’époque le repas de midi se prenait en un quart d’heure vingt minutes sur place. En compensation, l’après-midi de travail finissait tôt. C’était dans les Caisses d’épargne, une institution allemande qui n’était antisociale. J’avais essayé de négocier en tant que Français un accommodement raisonnable en finissant plus tard mais en prenant mon repas à l’extérieur à midi. Verboten (interdit) ! Le règlement était strict. Grand seigneur, le Bürochef m’a permis de prendre ma pause repas à l’extérieur tout en finissant comme tout le monde. Bon, les mentalités ont peut-être évolué et je dois dire que leur accueil a été on ne peut plus « gemütlich » (cordial, à peu près), mais le règlement, c’était le règlement à l’époque.

      1. Ken Avo

        Salut le breton. A mon avis tu ne connais rien à la vie allemande, ni non plus à ce qu’on peut y manger. Il y a le choix, largement autre que Schniposa und curry Wurst.

        C’est bien le problème de l’Europe, c’est que la plupart de ses habitants n’ont jamais vécu dans un pays autre que le leur d’origine, mais pour défourailler sur le germain, ça y va…

        Pour ce qui est du vocabulaire cul, la France n’est pas si diversifiée, avec baiser et con comme principal
        vocabulaire pratiqué.

        Allez Ken Avo, encore une goutte de chouchen.

      2. @ Ken Avo
        Vous êtes décidément très ignorant de l’Allemagne, de sa cuisine, de sa culture et de son vocabulaire.
        Que de mépris et de méconnaissance!
        Par exemple, la bouffe : si l’on se contente de faire le tour des Halles à Paris, ou de la Gare du Nord, on risque de ne pas acquérir une très haute idée de la cuisine française…
        Quand au tourisme mondial ignorant l’Allemagne : en 2007 par exemple, 24,4 millions de visiteurs étrangers ont été comptabilisés en Allemagne; certes, la France restait la première destination mondiale [81 millions de visiteurs], mais tout de même : 8e rang mondial, plus du double de l’Egypte, plus que le Portugal ou la Grèce, destination touristique s’il en est.
        Quant au vocabulaire amoureux, il est bien plus large que ce que vous en dites.

        Vous ne seriez pas un tantinet chauvin, en fait?

      3. à Ken avo
        Les Bretons, c’est la gnole et les réseaux OAS. Même si ça a pu être vrai, vous seriez d’accord avec cela ? C’est pourtant ce que vous dites des Allemands. Savez-vous qu’il y a plus de restaurants ‘3 Etoiles’ Michelin dans le Bade-Wurttemberg qu’en Alsace ? On peut mal manger en France (frites, midi et soir), comme partout dans le monde. Alors pourquoi être immonde avec les Allemands ?
        Je suis Français et deux de mes enfants ont la nationalité allemande. Vos paroles m’offensent. C’est le degré achevé de la bêtise. Et qu’apportez-vous au débat ?
        Vous expliqueriez que la position de Merkel ne fait pas l’unanimité dans son pays, ni dans son propre parti, cela nous permettrait d’avancer dans la réflexion. Et si vous étiez à sa place, vu les conditions historico-économiques, la mentalité des citoyens, les efforts faits depuis 10 ans et l’influence idéologique néolibérale, comment vous y prendriez-vous pour amener la population à accepter les gros sacrifices qu’on veut lui demander, pour convaincre les plus aisés, les banques et les groupes financiers de faire de plus gros sacrifices encore ?

      4. PS à Ken Avo
        Pour ce qui est du vocabulaire amoureux, relisez « Les Affinités Electives » de Goethe, et on en reparlera.

      5. Cet été je me suis retrouvée prisonnière sur d’une Moselle fest à Trier, il y avait tellement de monde le long des quais de la moselle qui ne voulait pas bouger que j’ai cru que j’allais finir étouffée. C’est la première fois de ma vie que j’ai eu peur de la foule.
        Sinon j’ai toujours aimé l’Allemagne où ma mère m’a fait passé toutes mes vacances l’été avant 1977

    3. Bon d’accord, je reconnais, c’était un peu un brulôt lancé à la bonne franquette…

      Mais avec un fond sincère. J’habite en Allemagne, y suis très à l’aise, y trouve énormément de bons côtés, et de bonne bouffe!

      J’imagine qu’en travail de bureau, il y a surement des exceptions et que les pauses midi peuvent être sympathiquement longues.
      Dans ma branche, qui sans être réellement « ouvrière » est plus inspirée de la culture « arbeiter », j’ai droit à 30 mn entre le départ et le retour au lieu de travail. Faut faire la queue à la cantine, inutile de dire que les repas sont pas très bavard (et que j’ai eu du mal à finir mon assiette dans les temps les premières fois).

      Mais ce qui est vraiment comique, c’est que l’allemand en mode travail prend sa pause midi que si on le force et que c’est organisé. J’ai déjà bossé en petite équipe, sans contrôle supervisé du travail, et sans déconner, j’ai déjà fait des enchainement de 7, 8 voire 9 heures sans rien manger et sans pause. Tout le monde est en hypoglycémie, le travail n’avance plus, mais « nan, on mangera quand on aura fini, les pauses c’est pour le tapettes! ».
      C’est du vécu, et ça traumatise 😉
      Ma copine bosse en bureau, en horaires autonomes, et la plupart de ses collègues ne font aucune pause repas dans la journée pour pouvoir en abattre un peu plus…..

      Assez surréaliste, et parfois très rigolo de se mettre en diagonale de cette mentalité.

      Liebe Grüsse ! Un dieses Blog ist echt geil.

      1. Eh bé, vous êtes mal tombé, là où je suis c’est très relax, rien de tout ce que vous dites.

        Les boites françaises, j’ai connu, je passe les détails, mais j’ai pas du tout envie d’y revenir.

        Ceci dit, qu’est ce qui vous empêche d’aller ailleurs travailler, en Allemagne, ou en Suisse, ou en Autriche. Pays où les taux de chômage sont bas.

        Je fonctionne comme ça, si ça ne me plait pas, je le dis et je pars, ich gehe.

        La mobilité n’a pas que des désavantages, elle permet d’aller voir ailleurs.

      2. Ben oui, en Europe du Nord, on a un éthos du travail assez poussé, c’est comme ça… 😀
        Je suis pétris de culture française, j’adore les fromages qui puent et les bons vins, mais la glande, bof, j’y arrive pas, s’il n’y a rien à faire, je m’emmerde…

      3. Ben voyons Amsterdamois…

        Et votre prédisposition à vous ennuyer quand il n’ya rien à faire, vous l’attribuez plutôt à votre patrimoine génétique ou à votre culture ?

        PS: Comme je pense que vous êtes assez stupide pour essayer de répondre à cela, autant vous prévenir: y a un piège…………….

  10. l’une des questions fondamentales, pour notre avenir, est aussi de comprendre pourquoi il a été possible qu’existe un « après-Hiroshima » et un « après-Auschwitz ». Et dans la façon dont nous relisons les catastrophes elles-mêmes, il peut y avoir une source positive pour l’avenir. Toute une partie des critiques portant sur nos modes de représentation, de calcul de la richesse, sur la façon dont les sociétés sont organisées autour de la croissance etc., sont aussi une démonstration du fait que le grand récit de la croissance, le grand récit de la reconstruction industrielle d’après-guerre, était un récit d’évitement. Un récit qui permettait d’éviter de s’interroger sur les raisons fondamentales qui ont fait qu’au coeur de grandes civilisations, la barbarie a fait retour. À partir du moment où nous nous tournons vers les questions positives, il nous faut prendre conscience que nous quittons un grand récit. Nous sommes dans une situation où le modèle de l’évitement, construit sur le récit de la croissance afin d’échapper à ces questions radicales de la barbarie au coeur de la civilisation, est aujourd’hui à bout de course.

    Patrick Viveret, Stratégies de transition vers le bien-vivre face aux démesures dominantes in De la convivialité, La Découverte (2011)

  11. « La rupture de l’histoire va donc pouvoir être vécue et acceptée comme rupture de mémoire, dans la mesure où va s’instaurer en Allemagne une nouvelle dimension de la temporalité qui ne sera plus celle de l’histoire, qui sera celle de la croissance économique »
    Cette phrase est très juste. L’Allemagne, passé honteux oblige, sort de l’histoire jusqu’à cette date à peu près. Elle n’a pas de poids politique, où du moins elle ne s’en accorde pas, refusant jusqu’à débattre de la notion même de puissance, laissant les coudées franche à la France dans le cadre du couple franco-allemand. Mais la mentalité allemande change justement à cette époque: signe des temps, les artistes allemands, 50 ans après Weimar, 50 ans après la destruction de l’art allemand par les nazis, s’affirment non plus comme des artistes de l’art international contemporain mais comme des artistes « allemands ». Je pense à Baselitz mais il y en a beaucoup d’autres, dans la chanson de variété par exemple. Cela n’a l’air de rien mais c’est à mon avis l’indice d’une rupture politique souterraine mais majeure dans tout le pays, une autre rupture qui n’est pas encore complètement achevée d’ailleurs, et que Foucault n’a évidemment pu vivre. Et c’est pour cela, il me semble, que cette phrase aujourd’hui n’a plus la même pertinence. Les allemands font à nouveau de la politique, quoi qu’on en dise, et malgré les signes d’inhibition (comme sur la lybie) qui pourraient laissé penser le contraire.

    1. Je me suis intéressée à la renaissance du cinéma allemand.
      Il est symptomatique qu’un des premiers films soit:

       » Les Désarrois de l’élève Törless est le premier roman de l’écrivain autrichien Robert Musil, publié en 1906.

      Le livre, qui s’inscrit dans le genre du roman d’apprentissage, raconte l’histoire sombre et perturbante d’un jeune homme désorienté s’interrogeant sur les valeurs morales de la société et leur signification. Le roman fit d’abord scandale auprès du public et des autorités, à cause de son contenu sexuel explicite. Plus tard, on a vu dans ce texte plusieurs prémonitions du fascisme, notamment dans les personnages de Beineberg et Reiting, qui paraissent être de sages élèves le jour, mais abusent sans vergogne d’un camarade de classe, psychologiquement et physiquement, la nuit.

      En 1966, le réalisateur allemand Volker Schlöndorff produisit une adaptation cinématographique du roman : Les Désarrois de l’élève Törless
      …… »

      La suite est très intéressante à lire sur

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_D%C3%A9sarrois_de_l%27%C3%A9l%C3%A8ve_T%C3%B6rless_(roman)

    2. A Olivier

      L’Allemagne, passé honteux oblige …

      Je n’aime pas cette périphrase. Les Allemands de 30-40 ans ne sont pas concernés par ce passé. En France, notre « passé honteux » (l’Algérie, nos massacres, nos tortures, notre racisme) nous l’avons caché sous le tapis et nous nous croyons autorisés à donner des leçons aux autres. Mais les autres nations n’ont pas oublié ce que la France a fait, et ce que nous disons les fait sourire.

      1. « Je n’aime pas cette périphrase » dites-vous.
        euh…comment voulez-vous que je nomme la période nazie? Il se trouve justement que l’effort d’éducation (de dénazification en fait) a été telle en Allemagne que c’est bien de la honte que les Allemands ont ressenti. Ceux qui ont 30 à 40 ans tout autant que les autres. Que vouliez-vous qu’ils éprouvent d’ailleurs à part cette honte? Quand on est lucide il ne reste que ça face à ce qui a été fait! Cette honte les honore. Comme elle a honoré tous les chanceliers allemands venus faire montre de contrition dans toutes les capitales européennes après la guerre. Ce n’est qu’à partir des années 70-80 que les Allemands ont commencé à se réaffirmer comme nation. Mais s’affirmer pour les Allemands n’a jamais signifié oublier cette honte. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un fait.
        Les Français n’ont effectivement jamais eu une telle attitude concernant Vichy sauf peut-être Chirac et son discours resté fameux sur la responsabilité de l’Etat pendant cette période. Cela doit au passage nous pousser à intérroger ce qu’a vraiment été la période gaulliste (le cas Papon, le cas Bousquet, j’en passe)
        Sinon, personnellement, ce que je n’aime pas pour ma part c’est le relativisme qui émane de votre discours: parce que les Français n’auraient pas à pavoiser, les Allemands n’auraient pas à avoir honte? Eux ont choisi un complet examen de conscience,… quoi que fassent les autres…et je le redis, cela les honore.
        NB: je crois que n’importe quel philosophe expliquerait que la honte fait normalement partie de quiconque a un peu de conscience. Un homme sans honte ce n’est pas un homme.

  12. L’Allemagne est quand-même le pays qui ressasse le plus son histoire… pas un jour ne passe sans évocation du drame nazi, c’est quotidien, et depuis au moins 20-30 ans.

    1. Ah bon, vous avez vu ça où ?

      J’y vis, et quasiment jamais on me parle du nazisme, ou alors très sporadiquement.
      On sent bien que cette période leur pose problème et ils ne souhaitent pas trop remuer le couteau dans la plaie. Le colonialisme et l’esclavagisme pratiqué par les français ne provoque pas autant de circonspections en France.

    2. @ lisztfr

      pas un jour ne passe sans évocation du drame nazi,

      A juste titre ! Je viens d’achever la lecture d « Etre sans destin » de Imre Kertész. La rationalité Allemande, sa « vertu » dans la conduite orthodoxe de l’économique ne la dispense pas d’interroger continuement son passé. Il n’y aura pas de remake de la « race des seigneurs » .
      C’est la raison pour laquelle l’Allemagne ne peut quitter la zone €.

      1. Discours au Bundestag d’ Imre Kertész ou il rejette avec force les déclarations du type: « Auschwitz ne s’explique pas. » « L’explication d’Auschwitz se trouve en chacun de nous(…) « Car le mal a toujours une explication rationnelle. »

        « Néanmoins, je leur ai fait comprendre qu’on ne pouvait jamais commencer une nouvelle vie, on ne peut que poursuivre l’ancienne. »
        Imre Kertész. Etre sans destin.

        « – (…) Ainsi, moi, sur une scène gigantesque et dévastée – appelons-la la Terre – où l’on ne voit dans la lumière devenue grise que quelques tas de gravats, des morceaux de barbelés, une croix cassée en deux et les restes de quelques autres insignes : sous ce ciel gris, à genoux dans la poussière, le visage couvert de cendre, au nom terrible de la grâce, j’accepte Auschwitz.
        – Tu n’as pas le droit de le faire, rétorquai-je aussitôt ; tout au plus, et encore il faudrait voir – si tu en meurs.
        – Mais, dit alors K., l’écrivain, je ne fais que ça. L’histoire de ma vie est celle de mes morts, si je voulais parler de ma vie, je devrais raconter mes morts. »
        Imre Kertész. Un autre.

      2. La bourgeoisie aux abois suite à la Grande Dépression,
        face à la menace de révolution, s’est appuyé sur la lie de la société,
        bandes armées et à armer ( le lumpen) pour détruire le mouvement ouvrier.

        Face à la Grande Régression, économique et écologique en cours,
        la bourgeoisie aura recours aussi à tous les moyens nécessaire à l’accumulation.

        En Allemagne, en France, dans toute l’Europe.
        Il faut se donner non seulement les moyens traditionnels de lui résister,
        mais aussi tous les moyens de la vaincre.

    3. Ils sont peut-être restés « bloqués », comme dans une boucle spatio-temporelle, et demeurent dans la permanence du quotidien, dans la consécration de l’Alltagsgeschichte en train de se faire de continuités en continuités. Stimulant comme idée. Pas certain qu’elle soit exacte.

      En même temps, nous aurions peut-être torts de les accuser de ne pas avoir accepté de rentrer de nouveau dans l’histoire en se plongeant dans une vision économique de leur propre Etat, et de se regarder le nombril (je parle des Français) sans voir que c’est peut-être toute l’Europe qui est tombée dans ce syndrome post-traumatique, avec les louanges faites à l’endroit l’intégration européenne.

      Nous qui ne sommes pas Allemands, ce qui est présenté dans l’extrait que nous offre Paul Jorion n’a-t-il pas été observé récemment dans tout l’Occident, quand on entendait chanter les louanges de la fin de l’histoire lorsque s’effondra le bloc de l’Est, la conquête glorifiée de l’horizon indépassable que nous aurions atteints? Petit espoir: la crise n’est-elle pas l’occasion d’un surgissement inespéré (mais aussi particulièrement incertain) de l’histoire dans nos vies?

    4. à lisztfr
      L’Allemagne a tiré les leçons de l’histoire et sa Constitution lui interdit la guerre offensive. L’intervention en Afghanistan est considérée par beaucoup d’Allemands comme une violation de la Constitution … sous la pression américaine.

      L’Allemagne est quand-même le pays qui ressasse le plus son histoire… pas un jour ne passe sans évocation du drame nazi.

      J’ai parfois la même impression que vous en écoutant Arte et une certaine radio religieuse. Et toujours sous le même angle.
      Mais pas en lisant la presse nationale allemande ou en suivant les émissions de télé sur les grandes chaînes allemandes.

  13. Il ne faut pas oublier que la matiere seule ne peut justifier l’evolution. Les metiers d’ argent sont souvent reserves aux ames novices afin qu’ elles apprennent la premiere lecon de la vie ici bas, a savoir: L’argent ne fait pas le bonheur. Il est necessaire d’encadrer ces ames novices afin d’eviter trop de degats et donc de souffrances.

  14. Paul,

    Juste avant, à partir de 34:00 :

    C’est l’enrichissement global qui va être signe […] quotidien de l’adhésion des individus à l’État. […]

    Il avait une drôle de manière de voir l’usine à gaz, de parler de soumission et d’asservissement.

    « La liberté économique coproduite [coproduit non ?] par la croissance et du bien-être et de l’État et de l’oubli de l’histoire. » : oui, vraiment bizarre le monsieur.

    1. si si : « coproduite », participe passé du verbe coproduire, conjugué avec l’auxiliaire être et donc s’accordant en genre et en nombre avec le sujet…

    2. Fab :

      « l’enrichissement entre donc dans un régime de signe dans l’allemagne du XVIème. Dans l’allemagne du 20ème [il vient de parler de celle du XVIème, et de rappeler éthique protestante et capitalisme de Weber], ce n’est pas l’enrichissement d’un particulier qui va être le signe arbitraire de son élection par dieu,

      c’est l’enrichissement global qui va être signe […] quotidien de l’adhésion des individus à l’État

      .

      « L’économie autrement dit signifie toujours non pas du tout au sens où l’économie produirait ces (ses?) signes d’équivalence de la valeur marchande des choses qui n’a rien à voir dans ses structures illusoires dans ses structures de simulacre avec la valeur d’usage des choses, l’économie produit des signes, c’est à dire des signes politiques qui permettent de faire fonctionner des mécanismes, des structures et des justifications de pouvoir.
      Le marché libre, économiquement libre, lie politiquement…et manifeste les liens politiques. » [ce que je serine sans arrêt sur ce blog : l’économie EST en elle même de la politique. nomos=loi.]

      S’en suit la citation de mr Jorion : « Un Deutschemark solide, un taux de croissance satisfaisant, un pouvoir d’achat en expansion, une balance des paiements favorable, ce sont bien sûr dans l’Allemagne contemporaine les effets d’un bon gouvernement,… »

      1. sylla,

        « l’économie EST en elle même de la politique » : oui, c’est l’Économie, la gestion des tâches ménagères.

        « Le marché libre, économiquement libre, lie politiquement…et manifeste les liens politiques. » équivaut alors à « Les liens politiques lient économiquement…et manifestent les liens économiques. »…

        Vamos ?

  15. Les comparaisons valent ce qu’elles valent, et souvent peu. Mais à la lumière de l’occupation de l’Irak, et de l’occupation de l’Afghanistan, je repense différemment à la France et son peuple durant l’occupation allemande. La trahison des élites françaises fut pleine, entière et totale. Et ce n’est pas la poignée de Gaullistes qui change quoi que ce soit à ce constat. A mon sens, la République ne s’est jamais relevée depuis.

    1. OUI.
      Une défaite est un cataclysme.
      Plus fort: nous n’avons pas fini notre deuil de l’ hécatombe de 1914-18.
      Et maintenant passons à la suite.

  16. « La rupture de l’histoire va donc pouvoir être vécue et acceptée comme rupture de mémoire, dans la mesure où va s’instaurer […] une nouvelle dimension de la temporalité qui ne sera plus celle de l’histoire, qui sera celle de la croissance économique. Renversement de l’axe du temps, permission à l’oubli, croissance économique : tout ceci est, je crois, au cœur même de la manière dont fonctionne le système économico-politique […]. »

    Ce petit détournement pour montrer que le propos tient même sans son sujet, l’Allemagne. Même si je pense que 1979 ne marque pas le commencement de ce « renversement de l’axe du temps », mais peut-être le franchissement du stade national de ce processus en Europe.

    1. jeu+oie

      Je commençais à être fatigué de lire des commentaires sur l’Allemagne et ‘comment que c’est l’Allemagne’, quand j’ai lu le votre.
      On pourrait tout aussi bien intégrer d’autres noms de pays en lieu et place de ‘Allemagne’.

      A commencer par ‘Japon’, autre vaincu de l’Histoire, s’il en est.
      Fukushima est venu percuter sa perte de mémoire de plein fouet : ‘l’oubli’ (le déni) d’Hiroshima et de Nagasaki s’est payé ‘comptant’, pour les japonais, leur rappelant qu’on n’oublie pas son histoire impunément.
      Dans le même ordre d’esprit, je dirais que l’Histoire a l’ironie exemplaire, puisque l’Allemagne, en plongée profonde dans les eaux sirènes de la croissance s’est vu imposer une décompression subite par … la Grèce, berceau de la démocratie. Les tromboses ne vont pas tarder à apparaître.

      Plus largement, on pourrait remplacer tous les noms des pays occidentaux qui ont jusque là vécu la rupture de l’Histoire contemporaine que fut la révolution conservatrice de la fin des années 70 sur le déni de leurs histoires. A commencer par la France.
      Puis, enfin, nous pourrions étendre le propos aux ‘pays émergents’, dont l’unique objet de tous les désirs est bien de ‘subir’ le même sort, en terminant par la Chine : pays multimillénaire, où l’Histoire est présente quotidiennement, qui est en train de s’inventer un futur où l’oubli, enfin, est permis.
      Tous ces pays en paieront le prix fort.

      D’autres ont choisi de renouer avec ce passé, pour le pire ou pour le meilleur et sont en train d’en payer le prix mais dès maintenant : la Tunisie, l’Egypte (ce qui m’y fait penser, c’est la Nahda, la ‘renaissance arabe’, fort présente en Tunisie et à fortiori en Egypte, et pour la l’Egypte, les portraits brandis de Gamal Nasser, dont l’héritage a été ‘assassiné’ par Anouar El Sadate puis par Moubarak, fils putatif du second). Mais en renouant avec leurs histoires, ces pays ont aussi renoué possiblement avec la pire part de celles-ci : autoritarisme, ‘protectorat’ économique, islamisme.
      D’autres essayent de renouer les fils du temps, interrompus pour des raisons diverses : Espagne, Syrie, Israël. Un temps conflictuel, suspendu pour le bien-être et la stabilité.
      D’autres, demain, en viendront sans doute à réinterroger leur naissance mythologique : Hamiltonienne ou Jeffersonienne, pour les USA.

      Concernant la France, il me semble que l’on en viendra à réinterroger le double héritage révolutionnaire et napoléonien. Et au-delà, celui des Lumières.

      1. Euh, suis je le seul sur le blog de Paul Jorion à trouver tous ces commentaires sur tel ou tel pays complètement à côté de la plaque ?

        Les allemands ceci, les français cela, les italiens ça, les grecs ça ! Ca craint de lire ça oui. Et tous ces propos de gens qui se disent soit disant cultivés, ouvert sur le temps ?

        Ca craint les mecs !

        Perso, je ne me sens ni français, ni rien du tout que ce soit, juste un pauvre type, ici présent, qui commence a être sérieusement inquiet et dégoûté par certaines envolées pas lyriques du tout qu’il entend de-ci de-là.

        Et puis cet étalage d’auteurs et de bouquins un peu partout chez certains posteurs que la plus part n’ont jamais lu ou si peu, merdum mais qui à lu Foucault ou Deleuze ou Tartempion pour pouvoir péremptoirement en donner la quintessence de la pensée ? En dix foutues lignes en plus dans un post ? C’tte blague de toto ma parole.Ou l’autre qui critique tel auteur dont il ignorait le nom il y a deux minutes ! Et à longueur de journée ça me fout un peu la gerbe à vrai dire. Comme si on ne pouvait pas penser avec ses propres mots et sa propre formulation. Purée le savoir et la culture n’ont jamais été vaccin contre la bêtise et la barbarie, ça se saurait. Avec quelques mots de vocabulaire tout simple, quelques principes tout bête, et un cerveau pas trop déglingué on peut accéder à des échanges fructueux. Comme dirait l’autre plus je connais les êtres humains, plus j’aime discuter avec mon poisson rouge. C’est quoi ces anathèmes à deux balles sur des peuples/pays entier ?

        Un petit coup de gueule d’un banal gars qui n’a pas envie de se mettre du purin dans les yeux en parcourant le blog. Merci d’avance

      2. Dr Georges Clownet vous n’êtes que bonté! quel remède de mon âne Rossinante dois-je prendre pour accéder à votre vrai monde ?

      3. Laisse donc la bonté de côté, c’est juste la nausée. Pour me rejoindre, jette toi dans un tas de fumier, enduis toi de crottin et vomis tes boyaux à chaque fois que tu verras un individu parfumé te traiter de vilain gueux en détournant le regard et en se bouchant le nez. Tu saisis ?

      4. Dr Georges Clownet

        suis je le seul sur le blog de Paul Jorion à trouver tous ces commentaires sur tel ou tel pays complètement à côté de la plaque ?

        Non, vous n’êtes pas le seul. Soyez rassuré ! Ces propos purement xénophobes sont difficiles à lire et encore plus à accepter. On se croirait en pleine lutte civilisationnelle alors que nous partageons avec les Allemands des racines celtiques communes ou que Charlemagne, Carolus Magnus pour nous, Karl der Grosse pour les Allemands, fut revendiqué comme un personnage clé de nos histoires respectives. Nos différences viennent peut-être de nos orientations religieuses : le catholicisme d’un côté, le protestantisme de l’autre qui ont modelé nos conceptions du monde et notre rapport à la réalité, voire à celui du capitalisme si l’on en croit (excusez-moi de citer une référence 😉 ) Max Weber.

        Quoi qu’il en soit, tout ceci ne justifie aucunement les propos xénophobes lus ici et là. On peut parfaitement aimer Bach, Beethoven ou Goethe et Rameau, Couperin, Debussy ou Proust. L’art est justement là pour gommer ces différences et nous faire tous fusionner dans une même humanité.

        Par contre, je mettrais un bémol à vos propos quand vous dites :

        Et puis cet étalage d’auteurs et de bouquins un peu partout chez certains posteurs

        Certes, c’est bien de se faire une idée par soi-même et de réfléchir par ses propres moyens, mais la connaissance et la lecture de certains auteurs, si elles participent à votre réflexion et ne procèdent pas d’une simple accumulation stérile de connaissances, donnera à votre pensée plus de hauteur et vous aidera à vous rapprocher d’une plus juste perception de la réalité. Car, qu’on le veuille ou non, nous sommes tous individuellement enfermés dans une perception restrictive de la réalité, voire tronquée par les influences suggestives du monde social dans lequel nous vivons ou les convictions que nous nous sommes fabriquées au fil de nos expériences et que nous masquons sous le sceau du « bon sens ». C’est là que la connaissance nous permet de nous remettre en question, et cette connaissance, dans un monde de plus en plus complexe, passe par la lecture et l’étude de textes. Elle nous aide à confronter nos expériences à d’autres et de les relativiser, ou à tout le moins, de les nuancer.
        N’en veuillez pas à ceux qui font « étalage d’auteurs et de bouquins »! Certains d’entre eux se posent des questions et cherchent à savoir pour mieux approcher la réalité complexe. C’est parce qu’ils savent que leur propre perception est limitée qu’ils cherchent à l’étendre et tentent de vous la faire partager.
        Sur ce blog, certains posteurs sont porteurs d’un grand bagage culturel et intellectuel. Il ne faut pas leur en faire le reproche, sauf si la mention récurrente de référence donne plus l’impression d’un étalage que d’une réflexion aboutie et sincère ou donne l’impression d’une volonté de domination. Je doute que cela soit le cas de la majorité des posteurs qui interviennent ici. La référence est le plus souvent là pour éveiller une réflexion ou appuyer un argument. En aucun cas, elle ne doit, à mon sens, être écrite ou reçue comme parole d’Évangile indépassable ou non critiquable.

        Ainsi, plutôt que d’y voir mauvaise manière, saisissez cette chance pour ciseler votre propre réflexion. 😉

      5. Oui, à la lecture de certains de ces commentaires j’ai envie de rappeler que l’ennemi « héréditaire » des Français, c’est l’Anglais, pas l’Allemand.

        Mais les traditions se perdent chez les jeunes, mon bon Monsieur, ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne guerre !

      6. @ Roma

        Merci pour ce petit document sonore, qui m’a fait rire agréablement en cette fin de dimanche ! 😀

        Quand je serai entièrement nu , tout crotté, plus bas que terre, peut-être enfin commencerai-je à penser.

        @ Fod

        Merci pour votre mise au point, parce que je me suis un peu mal exprimé, c’est un défaut récurrent chez moi, j’ai lu vite et de travers trop longtemps. Ce que je voulais dire est simplement que certains citent des auteurs, des penseurs et des livres et vous rendent ça en dix lignes avec une suffisance assourdissante comme si l’Esprit les avait touché de Sa grâce et de Son Autorité.

        Mais bien entendu et vous aviez compris que je ne disais pas une seule seconde dans mes propos que lire et se référer à des penseurs était un vice stupide. Au contraire, on ne part pas de zéro. Mais tout de même un petit bémol, il y a autant, que dis-je , il y a plus d’humanité dans le regard d’un enfant que vous soustrayez à une souffrance ou dans l’accolade de bienvenu d’un trisomique que dans toute l’Oeuvre de la philosophie Occidentale réuni sur ma bibliothèque. Vous me comprenez ?

        Tous ces propos sur les allemands, les grecs, etc etc sont révulsants. Mais je m’en remettrais ! En regardant un bon porno ! 😉

      7. @ Dr Georges Clownet

        Merci pour votre réponse à laquelle j’adhère totalement.

        En ce qui concerne votre dernière remarque, quelques bonnes références à recommander? 😉

      8. Qui du Boche ou du Godon est notre ennemi le plus héréditaire ?
        La question reste ouverte.
        Cependant certains commentaires sur ce fil me rappellent pourquoi je suis favorable à une Europe unie.
        Et, pendant que j’y suis, que je trouve que l’idée d’une monnaie commune aux Européens est un minimum pour vaguement rapprocher des nations qui ne savent plus où donner de l’ennemi héréditaire.
        Ces idées ont été dévoyées? Soit. A nous de les ramener dans le droit chemin ; mais pas de nous cantonner à des lieux communs où à des ressentis et ressentiments.

    2. J’adhère aussi plus volontiers à cette tonalité qui octroie à une évolution  » économico-croissantiste » de la conscience mondiale la sanctification abusive de la performance matérielle au détriment de ce qu’on va appeler l’Histoire , c’est à dire notre adaptation continue à notre environnement .

      J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer une façon de lire le Japon , l’Allemagne et les USA , à coup sûr datée du milieu du XX ème siècle : peuples orientés vers le présent , le pragmatisme , la loi , le respect de la loi , la conformité , le dévouement , le pragmatismeet le professionnalisme .

      Il ne s’agit bien sur que de schématisation ne reprenant que le  » plutôt comme ça  » de chaque peuple .Quelle  » identité  » d’ailleurs entre un natif de Prusse et un natif du Tyrol ? Entre un intellectuel de Boston et un paysan du Delaware ? Entre un Chti et un Niçois ? Entre un Alsacien et un Bordelais ? Entre un Turinois et un Sicilien ?

      Ce qui reste , c’est que les  » agir » ( si chers aux américains par exemple , à ce qu’on dit ) , sont portés et orchestrés par cette propension à privilégier le présent . Si l’économie se confond à l’agir ( ce qui se discute quand on constate le gouffre entre finances et économie réelle) , il n’est pas étonnant que l’économie ait pris le pas sur l’Histoire .

      Les seules certitudes et « vérités » sont elles dans  » le présent  » et dans la pseudo réalité des real-politik ?

      Pour moi , ex cerveau exclusivement de gauche , devenu plus modeste par confrontation quotidienne au réel , ou mise un genou à terre par implacabilité du « destin » , la croyance en ce mythe tentateur ne peut qu’être battue en brêche quand la tragédie se retrouve au bout .

      Les deux dernières guerres mondiales ne nous auraient donc rien appris .

      Ni aux allemands , ni au reste du monde ?

      L’histoire ne peut elle être qu’une tragédie ?

      1. « Les deux dernières guerres mondiales ne nous auraient donc rien appris . »

        Ces deux guerres nous ont été imposées.
        Pour preuve de notre jusqu’auboutisme pacifiste, nous sommes entrés
        dans la seconde en reculant au plus possible.

        La première nous a appris qu’une guerre est terrible, atroce, inhumaine.
        La seconde nous a appris qu’une défaite est pire.
        Imaginons : la France tient le choc en 1940 – nous l’avons tenu en 1914 à un prix accablant-
        Les USA viennent au secours des franco-brit – comme ils sont venus au secours des brit.
        Résultat: les camps de concentration restent vident.
        Rien que cela montre que notre défaite est une tragédie mondiale.
        Le monde démocratique avait placé ses espoirs en nous et nous l’avons déçu.

        Les pacifistes bêlant sont dangereux à confondre guerre à nous imposée
        et guerre d’agression.

      2. Je n’ai pas la vue assez exercée pour fire le tri entre vos guerres catagorisées autrement qu’a posteriori .

        Mon propos n’était que d’illustrer par ces exemples de drame , qu’au bout de la déification du pragmatisme , il y a toujours le drame ( dont la guerre) .

      3. « Je n’ai pas la vue assez exercée … »

        Mon cher Juan Nessy, vous vous trompez.
        L’examen des journaux d’époques, de livres publiés avant, montrent que la classification
        « guerre d’agression » était parfaitement perçue par l’opinion publique.
        Depuis au moins 1935, les services spécialisés avait parfaitement vu le côté
        démoniaque -c’est leur mot- d’Hitler. Ils suivaient jour par jour la montée
        des périls, les mensonges hitlériens et son côté complètement inhumain
        ( nuit des longs couteaux etc..).
        SI vous le voulez, je tiens à votre disposition 2 livres du Général Navarre,
        2 autres du Colonel Paillole et 2 livres du Général Stehlin, tous consacrés aux prémisses
        de la guerre. Commme ils le disent à peu près tous : « ce n’est pas notre faute, si le gouvernement n’a pas tenu compte de nos renseignements… »
        Ce sont tous des gens honnêtes et compétents, parfaitement républicains.
        La suite l’a montré assez… En fait ils étaient l’élite de la lutte anti-fasciste.
        C ‘était leur métier. C’est un des leurs qui a dit à Blum, au sujet de l’engagement en Espagne
         » Monsieur le Président ( du Conseil) , un roi de France ferait la guerre. »
        Blum n’a pas osé…
        A sa retraite, cet ancien attaché en Espagne a été assassiné par l’ennemi du moment.

        Je ne sais pas ce que vous voulez dire par  » la déification du pragmatisme ».
        mais je suis sûr que le bon sens populaire en 1939 savait que cette guerre lui était
        imposée. Beaucoup savaient que c’était un combat pour les libertés élémentaires.
        Et que le pays était aux avant-postes…

        Je réitère ma proposition de prêt.

      4. @Daniel :

        Je n’évoquais modestement que « ma » vue .

        Parce que de nombreux membres de ma famille ( dont deux y ont laissé leur peau ) ont connu cette période là et qu’ils ont pu transmettre leurs paroles d’adultes au petit gamin que j’étais alors , j’ai plutôt le sentiment qu’ils y sont allés parce qu’ils ont reçu leur ordre de mobilisation .

        On ne pensait pas en ce temps là , mon bon monsieur , on ne pensait pas .

        autant qu’aujourd’hui .

        La déification du pragmatisme , c’est de croire que réalité et vérité se confondent .

    3. La « rupture » est bien un truc pour exciter l’intelligence française:
      soigneusement découplé du réel et portant à toute les généralisations
      imaginables. Un concept rebattu , qui tombe inopinément.
       » La rupture, c’est la rupture vous dis-je.  »
      Appliquer à un pays une recette psychologique individuelle , en tout cas humaine , me semble inadéquat; comme une extrapolation douteuse.

      Imaginons que Foucault n’ai pas parlé de rupture, la signification du texte devient:
      La renaissance allemande est une énigme et des français se disent : « si près
      de l’ Allemagne, par conséquent si loin de Toi, Dieu tranquilisateur !. »

      Restons en à la partie descriptive du texte pour poser des questions
      ( affreusement terre-à-terre, pas d’ échappée possible):
      Pourquoi y-a-t-il une sorte de pacte entre les Allemands et la production matérielle, production très au-delà de leur besoin ?
      Et comment font-ils ?

      Je n’ai pas de réponse. Je pense que l’on devrait prendre en compte leurs créations culturelles du 19.ième, riche et de portée mondiale, couplées à une créativité scientifique , aussi riche et universelle.
      Peut-être Humbolt serait-il le début d’une réponse intermédiaire ou partielle ?

      D’un autre côté, je comprend facilement l’envie de rejeter l’ Allemagne à sa rupture…

      @ Zébu:
      En somme c’est rupture à tous les étages.
      Et pour ceux qui n’ont pas encore touché à ce nirvanna, USA jeffersonienne et France révolutionnaire matinée d’ Empire, cela viendra, et plus tôt qu’on ne le pense.

      Il me semble évident que l’Histoire est contingente. Le présent impose sa résultante des forces intérieures et extérieures et le passé, reconstruit au vu du présent, tire dans son sens:
      du bruit, de la fureur et pas de logique vraiment nette;
      bref survivre au mieux.

  17. Cette vision de Foucault peut en effet s’appliquer à la situation actuelle. Elle est néanmoins très limitée. Quand on se place en 79, du point de vue français, on peut comprendre que le retour en pleine forme – voire en meilleure forme – du voisin inquiète.

    Foucault évoque ainsi le dynamisme économique couplé à l' »oubli de l’histoire ». Cette idée me choque. Aucun peuple sur cette terre ne subit à l’école une tel travail de mémoire (la situation dans les Länder de l’Est est naturellement un peu différente). Si bien qu’il arrive que de nombreux jeunes ne sentent pas allemands. Ils préfèrent évoquer leur appartenance régionale ou européenne. Il y en réalité une constante recherche d’un équilibre, entre le travail de mémoire et le regard vers l’avant. La ligne a encore du mal à se fixer et on assiste à des tiraillements dans un sens ou dans l’autre: les articles de BILD, l’évocation d’un retour au Deutsche Mark, la rébellion des anciens pour une fédération européenne (Kohl, Schmitt), etc.

    Il faut également prendre en compte ce qui s’est passé cet été. Un ralentissement net de la croissance en août; Ce fut un choc à ne pas sous-estimer. On pourrait croire que les Allemands pourraient se replier sur eux même. On assiste au contraire. Les élites savent que l’Allemagne a besoin de ses voisins. Un vrai transfert de souveraineté vers l’Europe est souhaité.

    Les refus de solidarité, les laborieux votes de plans de sauvetage, les arrêts de la Cour de Karlsruhe ne sont en réalité que la crainte d’une Europe intergouvernementale, sans contrôle démocratique. Il serait très dangereux de lier ces réactions avec l’oubli de l’histoire.

    Je rappelle également que les ministres allemands sont les premiers à avoir évoqué « la morale » envers le secteur financier, même si ce dernier reste tout puissante. Ce qui, ici, est susceptible de nous donner un peu d’espoir.

  18. « Guidée seulement par la raison, l’Allemagne aurait vu que, sans combats et par la simple extension d’une puissance in¬dustrielle due à sa richesse houillère et à son éducation tech¬nique, elle imposerait son hégémonie à l’Europe. Dominée par son rêve d’ambition mystique elle ne le vit pas.
    Le rêve d’hégémonie de l’Allemagne ayant pris une forme religieuse restera pour l’Europe une source de conflits prolongés.

    Il a fallu le conflit mondial pour révéler que le commerce allemand allait progres¬sivement conquérir tous les marchés. On accumulera bien des discussions avant d’expliquer comment, avec une situation aussi exceptionnelle, les Germains ne firent pas l’impossible pour éviter la guerre.

    Les futures tentatives d’hégémonie industrielle de l’Alle¬magne seront aussi redoutables que son rêve d’hégémonie militaire.
    Les batailles de l’avenir, probablement aériennes, auront pour but principal l’in¬cendie des cités et l’extermination de leurs habitants par de petites équipes d’ingé¬nieurs. La destruction systématique de la population civile remplacera sans doute alors celle de la population armée.

    La solidarité fondée sur l’intérêt possède une base solide, celle appuyée sur la fraternité ou la charité fut tou¬jours fragile. C’est aux groupements d’intérêts similai¬res que l’Allemagne doit beaucoup de ses progrès économiques.

    Il n’existe qu’une parenté illusoire entre le socialisme latin et celui des Américains et des Allemands. Préoc¬cupés surtout de la production des richesses, ces derniers l’ont favorisée, sachant bien que l’ouvrier en profite tou¬jours. Préoccupés uniquement de la répartition des ri¬chesses, les socialistes français et leurs législateurs n’ont au contraire cessé, en poursuivant le capital, de le détourner des entreprises nationales et de l’obliger à se porter sur les placements étrangers. Ils ont ainsi accen¬tué notre décadence économique.

    La guerre de classes, adoptée par les socialistes fran¬çais après avoir été délaissée par leurs confrères alle¬mands, serait plus meurtrière et plus coûteuse encore que les guerres entre peuples. Ces dernières ne créent, en effet, que des ruines provisoires, alors que la première engen¬drerait une ruine définitive

    Beaucoup d’esprits considéraient notre époque comme un âge positif n’obéissant qu’à la raison. L’expérience est venue prouver au contraire que le monde restait conduit par les plus chimériques utopies. Au nom de leur illusoire mission d’hégé¬monie les Allemands ont ravagé l’Europe, pendant que les pays envahis étaient victimes d’illusions d’un autre ordre, pacifistes et internationa¬listes, qui faillirent amener leur perte.

    La force des peuples modernes dépend de moins en moins de leurs gouvernants. Elle se compose surtout d’une addition de millions de petits efforts individuels. Un pays devient grand lorsque tous ses citoyens travaillent à sa grandeur. Son déclin est rapide quand il abandonne à l’État les initiatives et les responsabilités.

    Inutile de prêcher aux hommes qu’ils sont frères, chacun sachant bien que ce n’est pas vrai. Plus inutile encore de les exhorter à des luttes de classes. Elles sont créatri¬ces de ruines réciproques. Il faut simplement leur prouver qu’ils ont intérêt à s’aider en associant leurs efforts.

    Tout individu travaillant à une oeuvre collective au succès de laquelle il n’est pas intéressé fournit un faible rendement. De ce principe psychologique, si méconnu des socialistes, résulte que les entreprises gérées par l’État coûtent cher et rapportent peu.

    Une des forces de l’industrie américaine est de se passer des interventions de l’État. La faiblesse de la nôtre est due aux entraves étatistes. Si nos conceptions ne changent pas, notre industrie succombera sous le poids des lois et des règle¬ments.

    Les pays où les socialistes auront le pouvoir, non de détruire le capital, ce qui est impossible, mais de le faire émigrer, sont voués à une rapide décadence.

    Un pays sans capital est un pays sans défense. »

    Gustave Le Bon
    Hier et demain
    Pensées brèves
    (1918)

    1. « Une des forces de l’industrie américaine est de se passer des interventions de l’État. »

      Et le New Deal, c’était quoi déjà ? et le plan Paulson ? et les QE 1, 2 et ?

    2. Malgré les qualités historiques de son auteur, ce texte nous parait anachronique, vieux, dépassé. Je ne saisis pas l’intérêt de son exshumation.

  19. Les Allemands devraient quand même se méfier. L’Euro empêche leurs partenaires commerciaux principaux (les européens) de dévaluer, ils peuvent donc vendre à bon prix. Donc s’ils veulent sortir les moins bons élèves de l’Euro, pas sûr que ce soit à l’avantage de l’Allemagne.

  20. L’Allemagne ne change pas.
    François Leclerc dans son dernier billet faisait référence aux accords de Munich. C’est la deuxième fois en peu de temps. Hasard? On se souvient que ces accords ont présidé au dépeçage de la Bohème Moravie et à son annexion par le III° Reich. Le prétexte invoqué par Hitler était la présence de la minorité germanophone des Sudètes. Chamberlain et Daladier ont avalé la couleuvre sans trop de mal. Il fallait « Sauver la Paix » . La véritable raison était pour les Nazis de faire main basse sur l’appareil de production tchèque (industrie d’armement, métallurgie, etc…). Tout ceci est bien connu. Ce qui l’est moins c’est que cette situation est toujours vraie. Les Allemands ont reconstitué leur « hinterland » en rachetant après la Chute du Mur des pans entiers de l’industrie et de la banque tchèques avec-entre autres- les Français de la SocGen. Ce phénomène n’est pas seulement vrai en Bohème, il l’est aussi dans un certain nombre de pays d’Europe centrale qui sont devenus de véritables « colonies économiques » allemandes. L’Allemagne a réalisé une « mondialisation de proximité » en délocalisant en Europe même une bonne part de sa production dans sa zone d’influence -j’allais dire son « lebensraum- dans les pays à bas coût de main d’oeuvre. Comme il l’a été souligné par un intervenant sur ce blog, l’Allemagne retrouve une certaine arrogance envers les pays supposément moins vertueux qu’elle.
    Ce que l’Allemagne n’a pas pu faire par la guerre, elle le fait par l’économie.
    Foucault avait raison et ce n’est pas rassurant.

    1. Bon résumé, un peu court pour Munich.
      Maintenant, on fait quoi?
      Les brit et les français ayant compris la véritable nature d’Hitler
      ( et aussi son emprise sur le peuple) ont re-relancé l’armement;
      armement qui était tombé très bas, sous l’influence de journalistes
      stipendiés et du pacifisme, y compris brit. (la gouvernante anglaise…)

      Aujourd’hui l’armement, et son emploi, est réservé
      à la politique de la canonnière héliportée humanitaire et pro-démocratique.

      On fait quoi?
      Lamentations et prières ?
      L’ Etat regagne -et même reconquiert- ses moyens d’actions?

    2. Je faisais référence à Münich pour évoquer Chamberlan et Daladier, ces deux grands visionnaires.

      La délocalisation d’une partie de la production allemande à L’Est est un fait, mais la zone euro est économiquement essentielle pour ses exportations. Cela explique les débats internes en Allemagne.

      1. En Allemagne de l’Est, et ailleurs.

        Allez donc voir, par exemple, en Slovaquie.

        Le  » fabriqué par l’Allemagne » a remplacé le « fabriqué en Allemagne ».

  21. Très beau texte, perspicace.

    L’ Allemagne est un pays – Histoire, sociologie, culture etc…- passionnant.

    « Ils » ont tué un de mes oncles résistants, déporté 2 tantes et j’y ai vécu,
    dans cette Allemagne triomphante, 3 ans intenses.
    On ne peut pas ne pas l’ apprécier: allez à la rencontre des gens ordinaires,
    savourer sa culture, plus encore sa cuisine, la préservation de la Nature…
    Terre de contraste et d’ équilibre, 80 millions d’habitants sur une surface
    moitié moindre que la notre : je n’ose imaginer comment nous ferions à situation
    inverse. ( un exemple de notre proximité à la Nature : nous bétonnons nos lacs alpins et avons commencé les sommets accessibles…)

    Tout inspire l’intérêt puis le respect. ( La langue, c’est autre chose…)

    Depuis 20 ans environ, l’ avenir de l’Allemagne fait l’objet de commentaires
    négatifs ou interrogatifs, par des français. Le dernier problème en date est sa démographie.
    Je ne sais pas comment ils vont négocier cette question.
    Mais , il est évident que depuis 30 ans, ils « règlent » leurs problèmes mieux
    que nous « gérons » les nôtres. Beaucoup mieux, aucune catastrophe annoncée
    par les bons esprits n’est survenue. L ‘envie est mauvaise conseillère.

    En 1866, l’attaché militaire de l’ ambassade française en Prusse tirait la sonnette d’alarme
    dans ses rapports  » la Prusse est une armée constituée en pays. »
    ( Mirabeau a l’antériorité : « La Prusse n’est pas un État qui possède une armée,
    c’est une armée qui a conquis une nation ». )
    Mais les choses changent, dans l’ Allemagne actuelle l’industrie a remplacé l’armée.
    Cette industrie n’a jamais pu être réprimée : voir les péripéties du « Made in Germany »
    imposé par les britannique avant la première guerre mondiale.
    Aucun doute que les allemands en sont conscients:
    un observateur patient trouvera des exemples furtifs d’une sorte
    de « nationalisme industriel » dans beaucoup de manifestations publiques
    ou à la TV par exemple.
    Doit-on s’en alarmer? La fierté nationale placée dans l’industrie
    est pacifique. Et une fédération mettrait tout cela dans un pot commun (?).

    1. En Allemagne, être ingénieur ou docteur, ça a encore du sens, une reconnaissance et une confiance, reconnaissance redoublée quand les résultats arrivent. La créativité est reconnue et récompensée. Incroyable !!! Non ?

    2. « ils « règlent » leurs problèmes mieux que nous « gérons » les nôtres. »

      Non, ils règlent leurs problèmes en créant les nôtres ; un peu comme les US à l’échelle du monde.

    3. je n’ose imaginer comment nous ferions à situation
      inverse. ( un exemple de notre proximité à la Nature : nous bétonnons nos lacs alpins et avons commencé les sommets accessibles…)

      Et bien nous aurions fait comme les Allemands: nous nous serions adaptés au terrain…

      Je ne supporte plus ces jérémiades et pour tout dire ce dénigrement permanent de notre pays: nous ne sommes ni meilleurs ni pire que les autres. Les Allemands ont leur problèmes, qu’il résolvent à leur façon, ce qui a des inconvénients propres à toute solutions humaines. Et les Français font de même dans leur pays en tenant compte des contraintes de leur histoire propre.

      1. Le béton que je condamne procède des mêmes causes que la crise actuelle.
        C’est un tout.
        S’y rajoute la haine de la Nature, non pas abstraite, mais inscrite sur le terrain.
        Pour nous adapter -et il le faudra, nous serons bientôt 80 millions sur ce territoire, et à terme environ 120 millions- il faudrait démolir ces tas de béton ineptes et faire renaître
        une vie sauvage diversifiée… faudrait, alors qu’une situation est déja irréversible
        avec des espèces endémiques. A pleurer, devant cette rage aveugle.
        Et comme d’hab, nous pouvions faire autrement: orienter l’argent, les capitaux, l’activité
        des avides vers la voie industrielle, beaucoup plus difficile et lente que ce stérile béton .

      2. Ce relativisme évite d’aborder les problèmes.
        Pourquoi n’avons-nous pas la cogestion en France ?
        Le succès économique allemand s’explique aussi, partiellement bien sûr, par le respect des salariés, de leurs représentants dans les entreprises et de leurs syndicats. Les augmentations de salaires et les conditions de travail y sont toujours négociées branche par branche, sans intervention de l’Etat. Parfois des grèves ont lieu, y compris dans la fonction publique (quand c’est autorisé) – ce qui montre que tout n’est pas rose pour autant.
        Malheureusement le chancelier SPD de droite (aile droite du SPD), Gerhard Schröder, a trahi les syndicats et les salariés et créé une classe importante de ‘travailleurs pauvres’.
        Si la cogestion proposée par De Gaulle avait pu être mise en place en France, il est probable que le confort au travail et le niveau de vie des salariés français seraient meilleurs à présent.
        Mais il y a, bien sûr, beaucoup d’autres facteurs …

        Autre point qui pourrait montrer que tout n’est pas relatif : l’investissement éducatif qui a beaucoup augmenté en Allemagne ces derniers temps, alors qu’en France …

        On ne peut pas dire « Que les Allemands résolvent leurs problèmes. » Ce sont des problèmes humains, quelle que soit la nationalité. Il y a environ 400 000 Français qui travaillent en Allemagne et à peu près autant d’Allemands qui travaillent en France. Ils démontrent au quotidien que les problèmes sociaux et économiques ne s’arrêtent pas aux frontières. Idem pour le Canada, l’Australie, les USA, le Japon, etc.

      3. >Alain V

        Je comprends ce que vous voulez dire, mais je vous suggère toutefois de lire L’invention de l’Europe d’Emmanuel Todd chez Point Seuil.
        Même sa préface est prophétique.

    4. @daniel

      Et une fédération mettrait tout cela dans un pot commun (?).

      Eh oui ! Le nationalisme a-t-il encore un sens au XXIème ?

  22. Le 11 septembre 1789 l’histoire nous dit que l’assemblée nationale se divisa en deux. Les pros et les antis droit de veto, la « droite » et la « gauche ».

    Le 11 septembre 1973 les Chicago boys passaient aux travaux pratiques.

    Le 11 septembre 1991 Bush père nous annonçait la mise en place inéluctable du Nouvel Ordre Mondial.

    Le 11 septembre 2001 Bush junior regardait le plafond d’une salle de classe.

    Le 11 septembre 2011 la rupture de l’histoire va donc pouvoir être vécue et acceptée comme rupture de mémoire, dans la mesure où va s’instaurer sur le blog de Paul Jorion une nouvelle dimension de la temporalité qui ne sera plus celle de l’histoire, qui sera celle de l’effondrement économique.
    Renversement de l’axe du temps, permission à l’oubli, devoir de modération.

    1. Le 11 septembre 2011, l’histoire prend fin pour laisser la place à la fin de l’économie qui est un au delà de la fin de l’histoire.

      Merci Adam Smith (et les autres)

  23. J’ai beau fouiller wikipedia et autres blogs économiques, je n’y arrive pas! Y a-t-il une personne suffisamment avertie pour m’expliquer si et comment le quantitative easing (et / ou le qualittative easing) crée de l’inflation. Plus précisément, si les banques centrales immobilisent les actifs dépréciés en échange d’argent frais, il n’y a pas création de monnaie, juste une dégradation du bilan des banques centrales. Et si on imagine qu’elles valorisent tout ça en mark to model pour masquer le problème, qu’est ce qui se passe???

  24. Ce matin j’écoutais d’une oreille distraite l’émission « L’esprit public » sur France Culture. A un moment j’ai relevé cette phrase de J-L Bourlanges: « Aujourd’hui être libéral c’est être de gauche. »
    Donc voter à gauche ne changera rien aux politiques macro-économiques menées. A vrai dire on s’en doutait un peu. Donc admettons que le libéralisme soit la forme la plus achevée de l’organisation de la société, pour autant – et là la gauche devrait mouiller sa chemise – il faudrait poser et surtout faire respecter des règles qui empêchent que la liberté des uns, mette en péril celle des autres.
    Je m’explique en utilisant une analogie. Nous vivons dans des sociétés où la liberté de déplacement existe, nous pouvons nous rendre d’un point à un autre d’un même territoire sans que personne ne nous demande pourquoi nous effectuons ce déplacement. En contre-partie quand nous effectuons le déplacement en voiture par exemple, nous devons respecter le code de la route. Ceci afin de ne pas mettre la vie d’autrui en danger.
    Pourquoi ne pourrais-t-on faire appliquer un code de la route dans le monde des affaires et surtout de la finance. Liberté d’entreprendre d’accord, mais pas celle de se conduire comme un chauffard sur les marchés, au risque et on le voit bien aujourd’hui d’ébranler les fragiles équilibres sociaux de nos pays.
    Pour conclure, si être libéral c’est être de gauche alors il faut pour être encore plus de gauche poser et surtout faire appliquer des règles claires encadrant la liberté des uns et des autres.
    Ceci afin de sauvegarder le vivre ensemble: être libre, mais en n’empiétant pas sur la liberté du voisin.

    1. Il convient de ne pas confondre le libéralisme ‘classique’, qui historiquement fut porteur de valeurs progressistes [d’ou ce sens de ‘gauchiste’ du mot ‘liberal’ en Ricain contemporain.], avec le « néo-libéralisme », qui en certains aspects en est la négation même, tant cette idéologie fondamentalement réactionnaire s’acharne à vouloir annihiler un siècle de progrès sociaux.

      1. Et bien j’attends que la gauche et le PS en particulier prenne clairement position contre ce néo-libéralisme réactionnaire et non progressiste!
        Pourquoi ne pas le baptiser libéralisme-dictatorial: bel oxymore n’est-il pas ?
        C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’épanouit si bien dans le cadre de la dictature « communiste » chinoise.

      2. Quand les poules auront des dents, les socialistes (re)deviendront socialistes…

        Mieux vaut voter Front de Gauche.

      3. Naomi Klein l’appelle le capitalisme corporatiste.
        (Dans « La Stratégie du choc », Ed. Babel)
        Avec la perle qu’on nous a ressortie plus bas sur le 11 septembre 1911, cela fait le lien. A l’époque, capitalisme beaucoup plus ouvertement corporatiste, mais depuis que les sbires de Milton Friedman démantèlent l’état à chaque occasion de désorientation des peupes (dixit N Klein), la forme actuelle du capitalisme revient à un corporatisme aussi.
        L’article récent sur « le niveau de contrôle des sociétés multinationales » de chercheurs Zurichois, que j’ai traduit il y a 3 jours (voir billets du jeudi et vendredi derniers), donne raison à cette impression de concentration du contrôle qui va de pair avec une forme de corporatisme, bien qu’il n’y ait pas bijection.

  25. Au passage, repas chez mes beaux parents… La rumeur qui court dans les murs des bureaux administratifs de la BNP où travaille ma belle-mère: nationalisation.

    1. @ Antoine :
      Et c’est sans doute ce que l’on espère dans les bureaux administratifs de la BNP.
      Nationalisée !
      La belle affaire !
      « Et c’est l’Etat qui égorge le petit épargnant ! »
      Mais qui paierait.

      Songe d’une nuit d’automne (bientôt) …

  26. Croyez-vous réellement que l’on rend service à un pays surendetté de financer toujours et encore davantage de dettes?
    Cela n’a aucun sens pour la Grèce en particulier!
    L’euro mal fondé, on s’en fout totalement, il vaut mieux que les citoyens puissent avoir une monnaie qui les sert plutôt qu’un euro qui les asservit!
    Les considérations de Foucault datent un peu, mais je sais bien que le ressentiment antiallemand perdure.
    L’Allemagne, unifiée désormais, a reconnu ses crimes du nazisme. Il n’est pas question d’oublier cela, et l’Allemagne restera définitivement marquée par le crime de crimes!
    Mais constamment laisser entendre qu’aucun travail n’aurait été accompli sur ces questions est insultant, d’autant quand on se souvient que Mitterand restait fidèle à Pétain et à Bousquet et qu’il n’a pas voulu faire un geste autour de la rafle du Veld’hiv!
    Accuser l’Allemagne de ne pas vouloir financer n’importe quoi, c’est quand même très insultant!
    L’Europe mérite mieux que l’asservissement au grand capital des créanciers qui ne veulent en aucun cas acter les défauts de paiement des surendettés!

    1. D’autant que la France, elle, a fait l’impasse totale sur les crimes commis lors de ses guerres coloniales, ainsi que sur la répression des mouvements de décolonisation. Madagascar 1947, par exemple, où l’on vit l’armée française jeter des prisonniers depuis des avions au dessus de villages suspects de connivence avec la rébellion, et en définitive massacrer quelques dizaines de milliers d’autochtones. Ou ces villages entiers massacrés par les légionnaires pendant la guerre d’Algérie…

  27. Bonjour à tous

    Un de mes voisins est un juriste allemand mondialement réputé et consulté par les états émergents sur la tonalité à donner à leur droit en raison de la mondialisation. ( Au passage, je tiens à vous rapporter qu’il y a une lutte , une guerre feutrée ,pour la suprématie juridique très intense et féroce entre les tenants du droit à à l’américaine et les tenants du droit d’une tonalité plus européenne – allemande notamment en asie. Derrière il y a bien sur des intérêts corporatistes: s’il n’y a plus de principes établissant des contrats mais que tout doit être négocié entre parties assistées, il y a là une mine d’or pour les juristes: > l’arbitrage CL/Tapie devrait être examiné à cette aune comme l’établissement d’un cas de jurisprudence pour la suite…)

    Cet homme est éminemment démocrate, ayant survécu à sept ans dans les décombres des villes du nord de son pays, son épouse est la fille d’un homme – allemand- qui a refusé que son nom soit inscrit au mémorial des justes car il estimait n’avoir fait que son devoir ….
    Ils sont démocrates au point de refuser toute mention chez eux de Heidegger, qu’ils tiennent, preuves à l’appui, pour un criminel …
    je puis vous dire que toutes leurs pensées sont imprégnées de l’histoire de l’allemagne mais que cette histoire est vécue silencieusement: c’st dans cette conscience de leur histoire qu’il faut aller chercher les raisons des récentes décisions de la cour suprême allemande: alors que d’autres prétendues républiques mais néanmoins bananières et quasi monarchiques auraient sans le moindre scrupule imposé des décisions arbitraires exécutées par des non élus de l’europe, il est bon que ce soit l’allemagne qui rappelle de façon intransigeante que toutes décisions engageant les pays doivent être approuvées par les parlements: c’est là le fondement de la démocratie et de la république!
    Et c’est bien parce qu’il n’y a pas, là , oubli de l’histoire mais conscience profonde que cela est
    dans notre intérêt à tous
    Foucault n’est ni le premier ni le dernier clerc à souffler des vesces savantes , correctes et magnifiquement agencées dans sa propre caverne de Platon!

    Cordialement

  28. S’il y a effectivement rupture de l’histoire, la rupture de mémoire, avec les conséquences qu’indique Michel Foucault en ce qui concerne le sentiment national, n’est pas l’absence de mémoire. La jeunesse allemande de l’après-guerre en s’engouffrant dans la voie de la croissance économique est porteuse d’un sentiment de culpabilité qui s’est imposé massivement et ne s’est quelque peu quelque peu émoussé que ces deux dernières décades, le débat intellectuel proprement dit ayant démarré dès les années 80 sur la question de savoir quel était le degré de responsabilité de l’Allemagne dans la guerre.

    Concernant cette question de récente réappropriation de leur histoire par les allemands il faut noter l’intervention du philosophe Peter Sloterdijk, né en 1947 qui a suscita en 1999 une vive polémique dans son pays quand il évoqua, sur un mode interrogatif, une possible sélection du parc humain (dans le processus d’auto-domestication de l’espèce humaine), notion qui rappelle immédiatement à beaucoup de très mauvais souvenirs, en l’occurrence les expériences des nazis, ce qui valut une mise au point d’un autre philosophe très célèbre, Jurgen Habermas (1929–) , lequel déclara lapidaire : « Peut-être la mentalité d’un homme, né en 1947, et qui prétend en 1999 pouvoir se choisir librement son passé, satisfait-elle une vraie demande de modèles de la part d’une nouvelle génération. Dans notre cas, tranche Habermas, la demi-génération qui nous sépare, fait toute la différence. »

    Le romancier Gunther Grass né en 1927 célèbre pour son livre le Tambour s’est beaucoup penché aussi sur le tragique de l’histoire en rapport direct avec le passé nazi, mais sa culpabilité était sans doute telle qu’il ne ne put ou sut, jusqu’en 2006, révéler son enrôlement dans la Waffen SS en octobre 1944.

    De même si l’on compare l’attitude des deux grands vaincus de la seconde guerre mondiale l’Allemagne et le Japon force est de constater que là où l’Allemagne a dès la fin de la guerre assumé sa responsabilité dans l’histoire — le facteur religieux a sans doute du jouer — le Japon n’a que très tardivement amorcé une critique de son passé colonial et guerrier, notamment en Chine.

    1. certes, l’allemagne est représentative d’une problématique constante des société humaines.

      est-ce que franz de la banlieue de düsseldorf est responsable de la compromission de m.krupp avec m.hitler?

      pourtant c’est à franz que s’adresse tout une propagande culpabilisante et non aux rejetons de krupp, toujours à l’aise, sûrement partis étudiés aux staaaates pour échapper à l’ambiance mortelle laissée en héritage à 80 millions de gens par papa et ses amis national-socialistes.

      l’allemagne c’est ultra-générique.

      c’est comme dans la presse quand elle titre en première page: l’allemagne dit non à (quelque-chose)… mais qui ça l’allemagne? est-ce que franz a dit non lui? est-ce simplement le bundestag? est-ce le grand-patronat?

      que sont devenues toutes ces familles industrieuses responsables de l’infamie du début de 20ème siècle? mélangée? recomposées à la sauce mondialiste?

      avec une amnistie et une amnésie générale en guise de dote?
      une dilution pratique des responsabilités?
      de cette manière, dédouanée du passé, elles pourront bientôt réitérer leurs méfaits et vendre leurs canons?

      de là à y chercher les racines de l’hystérie multiculturaliste ambiante… ou y voir le problème que pose la très homogène et très peu tolérante chine… il n’y a qu’un pas. à franchir ou non l’on peut en discuter, mais continuer de culpabiliser plus que de raison des millions d’européens est dangereux.

      notamment en france, pays sans doute des plus tolérants au monde actuellement, et j’ai voyagé dans ma vie, se voyant asséner une idéologie antiraciste à la limite de la décence… à se demander si cette propagande antiraciste ne sert pas d’autres intérêts à présent. question légitime, et l’une des raison de la remontée des extrêmes en fait simple rééquilibrage psychologique qu’une gauche paranoïaque emprunte de bouffonneries terra-novesque ne sait pas analyser.

      tout est là et l’allemagne en est le symbole absolu.

      1. notamment en france, pays sans doute des plus tolérants au monde actuellement, et j’ai voyagé dans ma vie, se voyant asséner une idéologie antiraciste à la limite de la décence… à se demander si cette propagande antiraciste ne sert pas d’autres intérêts à présent. question légitime, et l’une des raison de la remontée des extrêmes en fait simple rééquilibrage psychologique qu’une gauche paranoïaque emprunte de bouffonneries terra-novesque ne sait pas analyser.

        Vous êtes sûr que vos neurones affichent un taux de connexion satisfaisant ?

        Pour faire court, ce que vous dites en plus clairement formulé c’est :

        L’antiracisme militant favorise la montée de l’extrême (… droite bien entendu, votre pluriel est complètement débile) ! Et vous votre aspirine il vous donne de la fièvre ?

        Bravo, comme absurdité vous avez une nouvelle brève de comptoir à raconter lors de votre prochain voyage.

        Je passe sur votre « Chine homogène » qui me fait penser que lors de vos voyages vous auriez dû sortir un peu du bar de l’hôtel et quitter le groupe de touristes de votre tour opérator…

      2. dr g clown,

        pas la peine de caricaturer pour dissimuler la faiblesse de vos propos, je parlais bien des extrêmes, par effet de vase communicant bien entendu. le monde n’est pas noir et blanc mais en nuances (au pluriel).

    2. Et la plus belle jeunesse meurt en prison.

      Un magnum de bon vin rouge à celui, ou celle, qui comprends de quoi, et de qui, je viens de parler.

      1. Ô lune qui éclaire ces quatre murs,
        éclaire ma cellule qui est bien sombre,
        éclaire ma cellule qui est lugubre et noire :
        la plus belle jeunesse meurt en prison.

      2. Marlowe,

        Tu fais référence certainement aux membres de la Fraction armée rouge autrement nommée Bande à Baader, ce mouvement violent de contestation radicale, apparu en Allemagne à la fin des années 60, et disparu avec la chute du mur de Berlin.

        C’est en effet un aspect important de l’histoire contemporaine allemande, il est très certainement aussi un des effets de la rupture de mémoire dont parle Foucault, en tant qu’expression politique d’une mémoire vive, sur fond de mondialisation de la contestation étudiante, et dont l’évènement déclencheur fut la visité contestée du Shah d’Iran et au cours de laquelle un étudiant fut tué.
        La proximité géographique de l’Allemagne avec le bloc communiste a aussi joué un rôle important, ainsi était dénoncé un l’Etat policier, lequel voyait dans la contestation idéologique marxiste une menace pour la RFA.

      3. à Pierre-Yves D

        Il semble que tu sois sur la bonne piste.

        Mais quand même, n’oublie pas : la plus belle jeunesse meurt en prison.

        Biens que tu sois un électeur et fier de l’être, tu pourrais avoir gagné le magnum.

        Nous t’attendons pour le boire.

        Viens avec qui tu veux. Le temps n’est rien pour ceux qui savent en goûter la saveur.

      4. Et la plus belle jeunesse meurt en prison

        Baader ? Nihilisme allemand tardif – et dégénéré, c’est dire… – sous forme sporadique. Pathétique. Et sordide, Herr Marlowe…

      5. « Un vicieux qui se suicida par derrière pour nous faire croire que la police pouvait commettre un crime… » – philippe Val – (de mémoire.)
        A lire : « Nous t’avons tant aimé la révolution » de Dany « le rouge » le « bosch » de 68…….
        Reconverti dans le fédéralisme vert libéral.

      6. Vigneron

        C’est pathétique, mais c’est parce que l’histoire est tragique. Sans excuser, justifier, on peut essayer de comprendre ce qui a pu motiver cette frange de la jeunesse allemande à agir de la sorte.
        A trop avoir voulu faire porter le poids de la faute sur un peuple tout entier s’exonérant de sa propre lâcheté, de son hypocrisie — je pense par exemple à l’entreprise de recyclage des savants nazis par les USA après la guerre –, on a acculé un peuple à sortir de son histoire pour s’inventer un avenir radieux du tout économique, et ainsi crée les conditions d’une réaction violente. Entre parenthèses, le monde de la marchandise érigé en idéologie dominante est elle même une violence, certes à bas bruit, mais bien réelle.

        A part ça la citation est de Debord qu’il faut situer dans son contexte, celui d’un film par lui réalisé où il met en scène le monde de la marchandise. Il s’agit du film intitulé In girum imus nocte et consumimur igni est. Nous tournons dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu, titre qui éclaire la citation sus-mentionnée.
        Je ne suis pas debordien, et d’ailleurs je m’en suis déjà expliqué par ailleurs, mais je pense que l’on ne peut qualifier la pensée de Debord de nihiliste.
        C’est une pensée radicale, qui selon moi a ses limites, pêche surtout par excès d’idéalisme, mais elle n’en a pas moins une visée politique.

      7. c’est juste ce que vous dites pierre-yves, mais c’est quand même moins pathétique que de construire des camps en tous genres.

        baader ?

        discrédité par ses.. méthodes. et surtout dépassé: le pauvre ne connaissait pas facebook, ni l’emblématique carte sim, ni la fin des soviets, ni rien du monde actuel que même les cubains y z’en veulent. la société civile aujourd’hui possède des moyens puissants et démocratiques d’accès à la connaissance/conscience, l’opinion publique mondialisée iphonisée révèle systématiquement l’infamie de certaines mesures ou de certains milieux en orbite autour du pouvoir. toutes les loppsi du monde pour parvenus bancassurés futurement ruinés et flippés n’y feront plus rien quand (j’écoutais rifkins) la production énergétique et l’internet seront définitivement dé-cen-tra-li-sés. faire exploser des bombes c’est devenir l’hydre que vous prétendez combattre.

      8. Méthode,
        C’est vrai que le monde a changé, les canaux de l’information et de
        la communication sont beaucoup moins asymétriques qu’ils ne l’étaient.
        Les peuples sous-estiment la puissance qu’ils ont dans leurs mains même si l’accès à l’Internet
        est loin d’être satisfaisant dans certains pays, je pense à la Chine où l’expression n’y est pas libre.
        En théorie les peuples devraient donc pouvoir se libérer des chaînes qui les lient, comme celle du capital, mais pour l’heure l’attrait de la société de consommation est plus fort que celui de la liberté.
        Les ressources dont vous parlez sont donc sous-estimées, sous-utilisées. Mais les choses pourraient évoluer si toutefois nos puissants dans un accès de paranoïa ne décident pas de saborder le réseau.

  29. Dans la bibliothèque de Paul Jorion, à la lettre F, et Fourest, et Foucault.
    L’honnête homme est éclectique par définition.

  30. Rumeurs de nationalisation des banques et de QE Mondial dés demain.

    Va-t-on nationaliser les banques?

    http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Les-banques-francaises-vont-elles-etre-nationalisees-386891/?from=cover

    Belgique:Dexia au bord du gouffre et le holding communal risque la cessation de paiement.

    « Les gouvernements régionaux doivent tenir dans les prochains jours une réunion sur l’avenir du holding communal, plongé dans la tourmente en raison de la chute du cours de Dexia, son principal actif. Dans ses comptes, il valorise les actions Dexia à 8,26 euros. Mais ses créanciers n’acceptent, eux, que la valeur de marché (1,43 ce vendredi) pour couvrir les prêts accordés au Holding. Selon De Standaard, ING et BNP Paribas exigent ainsi un apport de cash dès ce lundi, faute de quoi le bras financier des communes pourrait être en défaut de paiement. »

    http://www.lecho.be/actualite/economie_-_politique_belgique/Journee_cruciale_pour_le_Holding_communal.9103089-3156.art

    1. Cet appel de marge me sidère parce que la holding Lagardère est dans le même cas mais à ma connaissance à ce jour aucun appel de marge.

  31. Ce texte de Foucault révéle une vision trés Française de la politique et des rapports , économique/Politique .S’il y a un oubli , c’est celui de l’histoire des Allemands par Foucault .
    Au cours des Mille ans passés les Allemands ont été ‘réunis’ dans un empire se voulant continuateur des Romains avec de multiples autres peuples et n’ont jamais chérché une centralisation politique comme en France , tout au contraire . C’est une zone particuliére ,la Prusse ( ex chevaliers Teutoniques) qui a voulu cette unité Allemande , au travers d’abord du zollverein puis d’une guerre civile , contre l’Autriche-Hongrie .La Prusse c’est surtout des Slaves Germanisés , les soldats Prussiens étaient traités à la schlague surtout comme ex-slaves soumis .
    Contrairement à la France , à l’Angleterre et au Pays-Bas la ‘révolution’ Allemande leur a été balancée d’en haut c’est plutot une contre révolution . Dans toutes les fibres de la société Allemande on retrouve le moyen-age , les firmes Allemandes sont plus proches de corporations d’artisans que nos nobles compagnies . Un dirigeant en Allemagne n’est pas nommé parce que sortant de X , les mines , centrale ou l’ENA , ne connaissant rien au métier ,
    mais triés par cooptation parmi ceux qui se distinguent le mieux dans le métier . Si l’organisation d’Airbus est pour nous une curiosité pour les Allemands c’est la régle , des corps de métier réunis autour d’un projet .
    Plus précisémment entre cette société civile et l’état central moderne à la Prussienne , forme
    politique imposée aprés l’effroyable guerre de Trente ans , il y a un premier viol commis par
    l’état à la veille de la guerre 14-18 et qui a permis celle-ci , par le biais monétaire .
    Au cours d’un vote sournois par les parlementaires , un chéque en blanc à été remis à l’état ,
    par la main mise sur l’or de la BC . C’est aussi ce qui a permis le nazisme .
    Les nouveaux statuts aprés guerre de la BC avait verrouillé cette possibilité .
    C’est encore un coup des politiques Allemands contre la société civile Allemande , à l’occasion de la réunification , puis de la création de l’Euro qui a renversé ( presque ) la situation .
    Ne pas prendre conscience de cette différence méne aux généralités de Foucault , ou aux
    commentaires idiots auquels on assiste actuellement sur la volonté de Merkel/Schauble de
    ne pas ‘aider’ la Gréce , ne pas vouloir des eurobonds etc … Ce ne sont pas eux qui ne veulent
    pas , ils en crévent d’envies , c’est leur société civile , le peuple qui tient toujours le controle
    de la BundesBank ( mais pas celui de l’or qui est pour une bonne partie à New-york , le rapatrier comme Chavez ce serait cassus belli avec les US) .

    1. Nous avions bien compris que ce ne sont pas les élites Allemandes qui créent problème, mais la plèbe, celle qui a voté H.

    2. le peuple qui tient toujours le contrôle de la Bundesbank

      Le peuple, vous dites? Vous pourriez expliciter ?
      J’aime assez bien votre raccourci historique, et comment le peuple a été dupé lors de la réunification et lors de la création de l’euro..

  32. Le ministre allemand de l’Economie n’exclut plus une faillite de la Grèce.

    Le ministre allemand de l’Economie Philipp Rösler n’exlut plus une faillite ordonnée de la Grèce pour sauver l’euro, dans un commentaire à paraître lundi dans le quotidien allemand Die Welt. « Pour stabiliser l’euro, il ne doit plus y avoir à court terme d’interdiction de penser à certaines options. Parmi elles, il y a en cas d’urgence l’insolvabilité ordonnée de la Grèce, si on a à disposition les instruments nécessaires », écrit-il, selon un communiqué avant parution. M. Rösler est vice-chancelier d’Allemagne, en tant que président des Libéraux, petit partenaire de la coalition gouvernementale avec les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel. Mais celui qui donne réellement le ton en matière économique dans le pays est le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, membre du parti conservateur. Selon M. Rösler, les mesures d’austérité sont dans certains pays, comme la Grèce, encore insuffisants. « Le gouvernement grec doit savoir que les aides prévues dépendent de l’engagement de la Grèce à se réformer », ajoute-t-il. Et d’appeler à l’établissement d’un système automatique de sanctions : « en cas d’entorse à la règle, il doit y avoir des conséquences, telles qu’un versement soumis à autorisation des aides issues des fonds structurels de l’UE. En cas d’entorses persistantes, une suppression à court terme du droit de vote au sein du conseil des ministres de l’UE ne doit plus être un tabou ». En dernier ressort, une faillite ordonnée de l’Etat doit être possible avec pour objectif de « rétablir la capacité de fonctionner de l’Etat concerné, le cas échéant en limitant de façon temporaire ses droits de souveraineté », ajoute-t-il. Il prône également la participation substantielle des créanciers privés. L’Europe a besoin d’un « code de stabilité que les Etats membres appliqueraient selon leurs règles nationales et leur propre politique économique et financière », continue M. Rösler.

    agences

    1. C’est l’ensemble du système financier qu’il faudrait pouvoir mettre en faillite « ordonnée ».
      Mes désirs font désordre ?…..

    1. Oui ils avaient fait fort les vertueux on oublie souvent de le rappeler comme quoi une balance commerciale excédentaire peut aussi mener au pire !!!!

  33. Lorsque Michel Foucault a prononcé cette leçon, l’Allemagne n’existait pas puisqu’il y avait deux Etats Allemands : la RFA et son Deutschmark d’une part, la RDA et son attachement factice à l’Union Soviétique d’autre part.
    Il y a eu la réunification et la disparition du Deutschmark.
    Si Michel Foucault a pu avoir raison à une époque – je n’en suis pas convaincu, mais je n’aurais pas la prétention de le contester en quelques lignes – il faudrait, pour le confirmer, pouvoir dire ce qui s’est passé en Allemagne depuis la fin du Deutschmark.
    Je ne connais rien de pertinent sur le sujet.
    Par ailleurs, l’Allemagne est aujourd’hui bien plus malade qu’on veut bien le dire en France. Toutes les valeurs sur lesquelles elle s’est fondée dans l’après guerre sont entrain de s’effondrer. Le modèle allemand est en crise profonde.

    1. L’opposition massive au projet de la gare de Stuttgart est bien un signe qu’il se passe quelque chose d’inédit en Allemagne.

  34. Si l’on suit le parcours d’Angela Merkel (y compris pour devenir chancelière), on s’aperçoit qu’elle sait très bien manoeuvrer, puis céder (certes en ronchonnant) :

    – Utilisation de l’argent du contribuable pour sauver des banques (dont notamment Hypo).

    – Plans de sauvetage de la Grèce, puis de l’Europe du Sud (plus généralement de l’Euro et des banques) en acceptant un détournement de la BCE pour :
    1) accepter en dépôt quantité d’actifs toxiques,
    2) acheter des bons du trésor de pays en difficulté.

    – Nomination de Mario Draghi au lieu de Axel Weber pour la successsion de Jean Claude Trichet.

    La question qui fait ronchonner est maintenant l’émission d’Eurobonds. Les paris sont ouverts quant à l’attitude de l’Allemagne. Il n’est pas exclu que Merkel cède encore, bien sûr à reculons.

    Beaucoup pensent que c’est LA solution ; il se peut que ce ne soit qu’une illusion qui n’aura qu’un temps que « le marché » sanctionnera, à moins que ce ne soient les urnes.

  35. @lisztfr Vous écrivez le 11 septembre 2011 à 15:58
    « @sylla
    Foucault n’est pas davantage que Camus, un philosophe. Deleuze en est un, professionnellement car il travaille le concept. Donc les critiques envers Foucault concernant la rigueur selon un critère qui ne s’applique pas à lui, autant dire que Foucault n’est ni poète, ni peintre, ni cuisinier.
    Foucault est historien avant tout, sans oublier le volet sociologique bien sûr mais il ne se prive pas non plus n’analyses littéraires. »

    En général, vos interventions sont pleine de bon sens mais là vous avez fumé la moquette.
    « Deleuze en est un, professionnellement car il travaille le concept. » En gros seul un professeur de philosophie peut avoir le titre de Philosophe, au même titre j’imagine que seuls les professeurs d’anglais peuvent avoir le titre d’Anglais etc.
    En plus c’est vraiment rigolo le « car il travaille le concept » : c’était donc un professionnel de l’élucubration, ce qui est la cas de beaucoup de philosophes (mais pas lui, et en tout cas, pas sur tout). Je vous assure qu’on peut être quelque chose sans faire partie de l’éducation nationale 🙂
    « Foucault est historien avant tout » : la belle affaire. M. Jorion est anthropologue avant tout et cela ne nous empêche pas de considérer que c’est un économiste sérieux.
    Pour terminer, je lis avec intérêt tous les auteurs que vous citez en tant que philosophes. Je prends aussi le temps de lire les interventions sur ce blog même si, je l’avoue, j’ai du mal à tout comprendre et tout suivre dans l’actualité : certaines des interventions sont très philosophiques:)

    1. Bah, pour aller dans votre sens, il parait que le censeur, propagandiste et imposteur Botul Henry Levy est un philosophe. Si pareil cuistre se le voit accorde, pourquoi le refuserait-on a un authentique penseur tel que M. Foucault?

      [Vous voudrez bien m’excuser pour l’absence d’accents]

      1. Parce que Botul est du côté du manche pardi et pas Foucault.
        J’adore le « Botul » 😉
        Un poison mortel que ce gars comme tous ses petits camarades conseillers auprès de Naboléon Ier.

    2. Pour être philosophe là encore je prends la définition de Deleuze, il faut créer des concepts… par exemple Leibnitz avec les monades, et Deleuze bon, avec le pli baroque… le pli suppose un contenant, qui enveloppe. Il prend une idée abstraite et la développe, par exemple Kant les catégories de la raison. Bon, mais chez Foucault il n’y a pas de travail philosophique du genre création de concept.

      Voilà c’est quelque chose d’assez spécifique un philosophe, quoique, le cas de Nietzsche peut poser un problème, celui de Wittgenstein également. Nietzsche n’a pas laissé de concept, il a travaillé l’idée de morale.. un moraliste ?

      Si vous prenez Spinoza, Dieu, c’est la nature. A partir ce cette maxime ou cette gageure, s’élabore un système.

      Et Platon ? (je vous laisse cogiter)

      Foucault n’a pas véritablement fait oeuvre de philosophie… au sens stricte là comme nous l’entendons.

      J’avais un prof, Laruelle je crois, à chaque fois que je sortais de son cours je me disais qu’il était complément cinglé, et pourtant je me souviens qu’il voulait qu’on écrive quelque chose sur la nuit et le jour, qui ne soit ni de la science, ni.. un roman, en faisant une synthèse nuit & jour, puis une antithèse, puis la synthèses des 2. C’est un style de pensée. On invente plus qu’on ne se réfère à l’histoire. Pour Foucault c’est exactement le contraire.

      1. @lisztfr le 11 septembre 2011 à 18 h 49

        « chez Foucault il n’y a pas de travail philosophique du genre création de concept. »

        Ben voyons !

        Réfléchissez donc au doublet empirico-transcendantal et demandez-vous ce que vient y faire l’adjectif « étrange ». « L’homme, dans l’analytique de la finitude, est un étrange doublet empirico-transcandantal, puisque c’est un être tel qu’on prendra en lui connaissance de ce qui rend possible toute connaissance ». (Les Mots et les Choses p. 329. Gallimard). Et puisque vous parlez du pli de Deleuze allez donc voir qu’il dit et de Foucault et du pli dans son Foucault.

      2. Si vous prenez Spinoza, Dieu, c’est la nature. A partir ce cette maxime ou cette gageure, s’élabore un système.

        Que d’inculture !
        Spinoza ! c’est la plus belle aventure intellectuelle d’une vie, pour Deleuze comme pour les autres

    3. Je ne dis rien de Foucault que je respecte notamment pour son oeuvre sur l’histoire de la folie, mais pas touche au génial Deleuze et son superbe séminaire sur Spinoza…

      1. Oui… Son superbe séminaire où il dit qu’il ne comprend pas Spinoza, qu’il y a toujours un pan qui lui échappe… Spinoza ne nous est d’aucun secours ni d’aucune utilité, puisque c’est le penseur d’un système « all inclusive », clef en main, qui repeint dieu à la peinture immanente.

        Voir Occam plutôt ! Le terrible franciscain d’Oxford :

        « Personne ne conteste écrit Occam, que l’unité de l’univers réside dans l’ordre qui s’établit entre ses parties; mais cela veut seulement dire que les parties sont disposées d’une certaine façon…sans que pour autant l’ordre et l’unité soient quelque chose de distinct de l’ensemble des parties ou de chacune d’elles « , car « en dehors de ses parties il n’y a absolument rien » (p30, E Garin, moyen âge et renaissance)

        Il y a ici déjà, chez Guillaume d’Occam (v.1285 – 9 avril 1347), une réflexion, ou un chemin qui va vers Leibniz, ou qui provient de Démocrite peut-être (atomisme… ) qui rejoint Heidegger sur la fragmentation de l’univers, l’univers fragment, en tout cas la perspicacité d’Occam est remarquable, pour l’époque. Cf la définition de la métaphysique de l’Etre, qui est le Néant, mais le néant d’étant, pas le néant d’Etre ; … l’étendu, la substance etc. très moderne.

         » Le coup porté par le terrible franciscain d’Oxford allait beaucoup plus loin… »

         » Il précise ailleurs, avec plus de force encore :  » L’ordre et l’unité de l’univers ne sont pas une réalité relative, ni une sorte de chaine qui relie entre eux les corps existants… La notion d’ordre implique seulement des absolus numériquement distincts, éloignés les uns des autres, et elle exprime leur position réciproque et non une réalité inhérente à leur essence.  »

        Tout cela en plein moyen-âge..

        Déjà à ce niveau là, on voit mal la place qui reste pour un Dieu même (et surtout) Spinoziste.

        Je termine sur le superbe article de E. Garin qui écrit que ce sont l’art et la poésie qui ont permis à la Renaissance de repartir, et de changer un vision du monde statique provenant du stoicisme en passant par Averroès, pour un monde qu’il était possible de modifier, où l’homme devenait acteur et non plus seulement contemplateur, donc d’un univers créé avant lui.

        Dieu lui même (re)devient créateur, jusque dans les structures profondes, tout est activité constructive et consciente :

        « mais les champs mûrissent le blé,
        la brume et l’onde s’élèvent jusqu’aux mont,
        art profond de doubles alambics »

        .. arte profonda di doppi alambicchi.

        Extrait d’un traité de magie…

      2. @ lisztfr
        Oui… son superbe séminaire, où il profite d’une digression sur Socrate pour définir ce qu’est la philosophie…
        Quant à Spinoza, il nous débarrasse définitivement d’un dieu (là où Occam laisse le problème en suspens) en l’enfermant dans la plus grande et la plus dorée des prisons qui soit : l’univers, c’est à dire lui même.

  36. Je viens de m’asseoir à l’ombre des tilleuls, avec quelques bons livres, dont certains ont été écrits en langue allemande.
    Quel plaisir, que celui de la conscience !

  37. @lisztfr
    « Je ne vois pas un athée comme M. Foucault soutenir une religion »

    Je l’avais oublié dans la première partie de la réponse : sur ce point je peux vous renvoyer à G.Deleuze où il écrivait (je fais ça de tête mais vous retrouverez) que seuls les staliniens sont en droit de parler de Staline, etc.
    Alors pourquoi pas dans certaines circonstances où malgré un athéisme personnel on peut aider ceux qui n’ont pas la chance de l’être en soutenant une religion (en gros la leur c’est plus prudent)

  38.  » Socrate : Maintenant de quel côté est on le plus facile à tromper et dans quel sujet la réthorique a -t-elle le plus de pouvoir ?

    Phèdre : Evidemment dans ceux où l’opinion est flottante. »

     » Et tu fais bien, ami . Mais il y a des chances que la race des philosophes ne soit pas , j’ose le dire , beaucoup plus facile à reconnaître que celle des dieux ; car ces hommes , je parle des philosophes véritables , non de ceux qui feignent de l’être , ces hommes que l’ignorance se représente sous les formes les plus diverses , parcourant les villes ….aux yeux des uns , ils sont dignes de mépris , aux yeux des autres dignes de tous les honneurs . On les prend tantôt pour des politiques , tantot pour des sophistes , parfois même ils font l’effet d’être complètement fous. Mais j’aimerais savoir de l’étranger , si ma question lui agrée , ce qu’en pensent les gens de son pays et comment ils les nomment ».

    Manière à la Platon de terminer la  » modernité  » de Foucault , Deleuze …( Paul Ricoeur , Althusser , Breton ?)

    A propos, un philosophe  » moderniste » est il anarchiste , libertaire ou libertarien ? !!!

  39. Foucault simplifie, ce qui lui permet de tirer des conclusions hâtives. L’Allemagne n’est pas une. A son époque, il y avait la RDA et son propre système de réflexion et de développement économique, à l’intérieur duquel il y avait débat – ce que beaucoup semblent ignorer avec superbe.
    Et à l’intérieur de l’Allemagne de l’Ouest, la RFA, il y avait débat – sous une pression américaine incontestable. Avec des soubresauts et des soulèvements (mai 68, Pershing II et l’APO -opposition non parlementaire quand les deux grands partis ont gouverné ensemble et empêché les petits partis d’être représentés à gauche comme à droite). Avec les actions sanglantes de la RAF, Fraction Armée Rouge).
    Avec des formules comme

    L’histoire avait dit non à l’État allemand

    Foucault (que j’aime bien pour certaines de ses analyses) ne démontre rien, il enfume et réduit l’Allemagne à son économie. Pour être lié aux milieux intellectuels allemands, je puis vous dire qu’il est passé à côté de l’essentiel.

  40. puis l’histoire a fini par se réunifier avec l’oubli.

    merci pour cet extrait ; je me demande pourquoi Foucault s’est planté avec l’Iran…

      1. Je pense qu’ l’on fait un mauvais procès à Foucault, qui n’est franchement pas un type à l’égo démesuré, il avait en face de lui tous les pouvoirs institutionnels c’était quelqu’un qui luttait contre toute forme d’oppression et de contrôle social.

        J’ai beaucoup plus de réserves vis-à-vis d’autres dont je relis les livres avec scepticisme comme Merleau-Ponty. Son éloge de la philosophie ne casse pas 3 pattes à un canard.

        Foucault avait coutume de considérer son travail réussi si à la fin il pensait le contraire de ce qu’il envisageait au début. Quelqu’un de modeste et qui reste écoutable , tandis que Lacan n’est plus écoutable car dégoulinant de pathos, avec des « gn » ponctuant ses énoncés.

      2. On se souviendra ET de Foucault ET de Lacan ET de quelques autres.

        Ce n’est pas le propre de l’internet que des internautes ivres de ressentiment fondent comme des oiseaux de proie sur le moindre nom qu’on leur propose et déversent le même message : « C’était un crétin ! etc. etc. ». Avant, on trouvait ça au « courrier des lecteurs ». Être publié sur l’internet, comme être publié dans un journal, c’est déjà de la reconnaissance. Et on me dira que la reconnaissance ce n’est pas l’aune à quoi tout se mesure. Même l’argent qu’on amasse, c’est pour gagner de la reconnaissance. C’est dire !

      3. A propos de reconnaissance et pour abonder dans le sens de Paul Jorion :

        La quête de reconnaissance éditée par la revue du MAUSS.

        http://www.revuedumauss.com/

        De plus en plus, dans tous les secteurs de la société, au travail, dans les relations entre groupes sociaux ou entre traditions culturelles ou religieuses, entre les sexes ou les générations, dans les rapports à l’État et l’administration, ou même en famille, les individus se sentent mal ou guère reconnus. Ils aspirent à la « reconnaissance », nouveau maître mot. De même au plan collectif : durant les deux derniers siècles, les luttes sociales se sont massivement présentées comme des luttes pour la redistribution de la richesse ; elles apparaissent principalement aujourd’hui comme des luttes pour être reconnus.
        La thématique de la reconnaissance est ainsi devenue centrale en sociologie ou en philosophie politique, comme elle l’est dans la réalité même. Une société juste, pense-t-on maintenant souvent, est celle qui accorde à tous la reconnaissance sans laquelle nous ne saurions vivre. Mais pouvons-nous tous être reconnus, et reconnus à égalité dans nos singularités ? Qu’est-ce qui anime la demande de reconnaissance ? Et l’offre de reconnaissance, par les médias, les directions d’entreprise, ou les appareils politiques, n’est-elle pas souvent illusoire et manipulatrice ? Qu’est-ce alors qu’une reconnaissance authentique ?
        Sur tous ces points brûlants, cet ouvrage apporte le diagnostic et les réponses de sociologues connus (et reconnus) et soulève une question insolite : l’étude des luttes de reconnaissance n’est-elle pas l’objet par excellence non reconnu de la sociologie, celui qui fonde son identité disciplinaire ?

      4. @ lisztfr et Paul,
        C’est bien la réaction à laquelle il fallait s’attendre.
        Je vous demande pourquoi il serait déplacé de mettre en question l’une ou l’autre des affirmations de tel ou tel auteur, si grand soit-il. Platon fait-il l’unanimité ?
        La présentation que Foucault fait de l’Allemagne, à un moment où il y avait deux Allemagnes, peut être discutée.
        Y aurait-il des tabous ?
        Je ne cherche pas à avoir raison, mais je ne comprends pas la mise en touche que vous faites, Paul.
        J’ai pensé que le texte que vous proposiez était destiné à faire réagir – ce qui s’est passé – y compris pour remettre en question ce qu’il affirmait. Foucault a pu se tromper, lui aussi. Il ne pouvait pas tout savoir dans tous les domaines, ce qui n’enlève rien à la profondeur de ses nombreuses analyses.

      5. « La présentation que Foucault fait de l’Allemagne, à un moment où il y avait deux Allemagnes, peut être discutée. »
        Ce n’est pas , je l’espère, une clause de style pour reprocher à Foucault de ne pas avoir prévu la réunification. ?
        Un peu de réalisme : le texte date de 1979. En 1979 l’ Allemagne ne pouvait
        être que celle de l’Ouest, la « nôtre ».
        Sa description reste, à mon avis; parfaitement lucide.
        Et détachée et apaisée, au moins en apparence. Pour ma part, j’y relève
        l’interrogation classique du français devant le mystère allemand : comment font-ils ?
        Et que l’on tombe pas dans le piège nationaliste : il n’y en a pas.

        L’histoire événementielle – les détails d’une vie politique interne active- n’est pas son sujet.
        ( Pour les Pershing, j’y étais: c’était un débat ordinaire, sérieux mais sans excès.
        L’excitation était plutôt extérieure au pays, semble-t-il.)
        Le texte proposé fait à peine une page: elle en dit, sa valeur informative correspond
        à cette taille.

        Autrement , c’est un procès qui relève de la mauvaise foi.

      6. @ daniel, 11 septembre 2011 à 21:30

        En 1979 l’ Allemagne ne pouvait être que celle de l’Ouest, la « nôtre ».

        C’est bien là le problème.
        J’habitais Berlin-Est et c’était bien l’Allemagne, pas « la vôtre » peut-être.
        Elle est de quel côté, la « mauvaise foi » ?

    1. @Karluss le 11 septembre 2011 à 18 h 23
      Foucault avait halluciné en pensant cette révolution comme événement déraciné de ses sources sociales. Il l’avait imaginé comme une « spiritualité politique », comme s’il avait été séduit par l’idée d’une originalité transhistorique propre à ce fier pays. Les travaux d’Henry Corbin et son élaboration de « l’imaginal » ont pu contribuer à cette illusion dans la mesure où il aurait cru pouvoir transposer la contestation chi’ite originale en sautant quelques siècles par attraction exotique, mais surtout l’influence d’une mixture entre les notions marxistes dites « occidentales » et les traditions locales du type de celle élaborée par Ali Shariati (qui avait rencontré Sartre, lequel avait rencontré Foucault à ce propos) a été efficiente à une époque où le maoïsme finissant, et son rêve d’une révolution sociale dans le Tiers-Monde, influençait directement Foucault via son entourage. Là-dessus, même Mandosio a raison.

      En un mot, il a été séduit par une interprétation du capitalisme comme un occidentalisme (confusion persistante de nos jours d’ailleurs). Pour autant, Foucault dénonça « très tôt les exactions du nouveau régime ». Son texte sur la révolution à mains nues est très beau, mais la religiosité, sécularisée ou non, porte malheur aux révolutions. Et Foucault s’y est laissé prendre comme si le pendant de sa critique hyper-consciente de la pensée occidentale avait pour corrolaire un rêve quant à une pensée orientale. Son goût de la pensée médiévale et son dégoût corrélatif de la pensée classique, qui nous a légué une très consistante critique de la représentation, s’est hélas bien mal transposé dans l’actualité.

      Les philosophes sont souvent des caves en politiques. Ils ne charrient pas moins que d’autres les illusions de leur temps, d’autant qu’étant peu rompus aux mensonges, ils le décèlent rarement chez autrui. C’est pourquoi il ne faut pas les suivre, comme on suit des guides. Mais les suivistes sont tout autant responsables de leur chemin en prenant de tels sillages que leurs prétendus maîtres qu’on condamne aisément après coup. De ce point de vue je trouve que le médiévisme de Mandosio, qui certes n’a pas trempé dans l’orientalisme, est très suspect d’une dénégation inconsciente et me semble expliquer sa haine intime envers Foucault.

      Pour autant on peut apprendre des philosophes lorsqu’ils remettent en question ce qu’ils connaissent le mieux, comme le fait Foucault avec « L’homme et ses doubles » (pp. 314 à 354 des Mots et les Choses). L’absence de dialectique ne casse pas des briques.

  41. J’avoue ne pas avoir compris le sens du message. Est-ce que P. Jorion nous demande d’appliquer l’analyse de Foucault à la situation actuelle de l’Allemagne et du reste de l’Europe?

  42. Le texte du philosophe date un peu. Il est vrai qu’après l’apocalypse de 1945, toutes illusions perdues, devenue un désert culturel et politique, le seul espoir de l’Allemagne consistait à se mettre à l’oeuvre pour rebâtir rapidement un pays vivable, primo, et secundo d’éviter le cauchemard communiste à la soviétique. Il est vrai aussi que les dirigeants allemands ont mis l’accent sur l’économie et non plus, comme pendant presqu’un siécle (1871 à 1945) sur le militaire. Mais leurs ambitions n’ont guère changé.
    Les temps ont changé. On sent, derrière les maneuvres économiques, une nouvelle pensée et action politique à l’échelle mondiale. Humilité et servitude face au pouvoir des USA, entre autres, c’est du has been. Et la vielle vision d’une Europe unie a fait place à une vision plus pragmatique, utilitariste.

    1. et secundo d’éviter le cauchemar communiste à la soviétique

      Cela, c’était la pensée d’Adenauer et convenait aux Américains. Beaucoup d’Allemands souhaitaient le communisme. Et beaucoup d’Allemands de l’Est ont vécu le « socialisme avancé » parfois avec enthousiasme, parfois avec circonspection, parfois dans le rejet a priori. Certes, ils regrettaient l’existence du Mur et la limitation des voyages à l’étranger, mais ils savaient que les fruits de leur travail étaient partagés entre tous. Puis le système s’est auto-détruit quand les dirigeants, vieillis, ont commis de graves erreurs et se sont repliés sur eux-mêmes.

      Ce qui est terrible, c’est que le monde occidental ait pris pour argent comptant ce qu’Adenauer avait proposé aux Américains, la partition de l’Allemagne plutôt que la neutralité (comme en Autriche).
      Quand vous dites que le capitalisme était « le seul espoir de l’Allemagne », vous tombez dans l’idéologie dominante qui nous a asservi pendant tant d’années..
      Notre espoir actuel est bien de quitter ce capitalisme.

    2. @Germanicus

      Mais leurs ambitions n’ont guère changé.

      Qu’elle s’exprime par le militaire ou l’économique la volonté de puissance a pour objectif l’hégémonie. Les fondateurs de l’Europe l’avaient bien anticipé et il ne s’agit pas de l’oublier aujourd’hui. Un test de nature financière va jauger l’évolution du nationalisme allemand: Ce pays acceptera-t-il ou refusera-t-il la mutualisation des dettes européennes ?

    3. Les propos de Foucault sont datés d’une époque (77-79) où la gauche française s’interrogeait sur l’Allemagne et se trouvait dépourvue face à un pays qui commençait à ne plus vivre dans une culpabilité qu’on aurait aimé lui réimposer.
      La mort « suspecte d’Andréas Baader et de ses camarades était pour beaucoup dans cette interrogation.
      L’accusation d’amnésie portée par Foucault était à l’époque un lieu commun que chacun comprenait parfaitement dans la doxa freudo-lacanienne de l’époque et qui voulait que ce que l’on a oublié, on soit contraint à le répéter.

  43. Le texte me semble composé de deux parties qui n’étaient accolées qu’à l’origine. De par les répétitions, plus nombreuses qu’il semblerait logique, de certains mots comme « histoire » et l’absence de liaison-introduction entre le constat du premier paragraphe et les conséquences que déroule le deuxième.
    Mais je peux me tromper, naturellement.

    Sur le fond, contrairement à ce qu’avance certains posteurs, on dirait bien que Foucault délégitime ici la renaissance via l’économique de l’Allemagne, sans préjuger du texte original, peut-être plus long, plus nuancé.
    A son envolée marchande, il oppose « l’oubli » de soi, de son histoire en tant que pays, la « rupture » même, une espèce de schizophrénie pour la bonne cause, le rebonds.
    Et si l’auteur parle de liberté, c’est pour la cantonner dans le domaine économique, ce qui n’est pas précisément le type de liberté que Foucault pouvait privilégier, il me semble. La répétition du « et » dans la formule finale condamne d’ailleurs « liberté », « bien-être », « État » et « croissance » à se bousculer, pour débouler comme un trop-plein qui dit l’exposition précipité, sinon la vente forcée, dans une frénétique tentative de continuer à avancer au-dessus du vide de l' »oubli », qui se présente comme par hasard en dernier.

    Pour reprendre un peu de recul, je me demande si Paul Jorion a voulu vraiment cadrer ici l’Allemagne contemporaine. Et si oui, où se situe la véritable ressemblance avec aujourd’hui.

    Cette Allemagne où le consensus Etat-syndicats forts n’arrive pas à enterrer une misère croissant sur fond de salaire minable et revenus corrélativement écrasés depuis dix ans,, sans parler de l’absorption, encore en cours quelque part, de « l’autre Allemagne » ou de la remontée des extrêmes qu’on espérait noyées dans le bien-être circulant placidement au milieu des rayons proposant les solides produits allemands.

  44. 20h 42,
    je regarde la messe sur FR2 sur le 11 septembre
    et je me dis
    remember
    le 11 septembre …. 1911
    http://blogs.mediapart.fr/blog/jonas-ekhr/070911/11-septembre-1911-la-france-en-emeutes
    extrait:

    Voici un extrait du discours de ce syndicaliste, qui reste très actuel (pour le texte intégral, voir http://benoitbroutchoux.files.wordpress.com/2011/03/livret-la-vie-chere.pdf): Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust mondial de la viande. Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat franco-allemand des cokes, le Comité des forges et aciéries, l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les sociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or.

    Un siècle, 100 ans, 36500 jours, 3 ou 4 générations et rien n’a changé…..

    1. Moi, je pensais à Allende et à tous ces chiliens morts sous la botte brune par la suite, tandis que Friedmann et ses Chicago boys imposaient un laboratoire économique de la privation généralisée, les oreilles bien protégées des cris des suppliciés et les yeux bien ouverts sur leur vérité Unique de l’époque qui ne passaient encore en boucle sur les écrans plasma.

      Terriblement actuel ton document; touchant aussi, on sent la dignité et la volonté militante de ce Bretchoux…Une sorte de Thibault de l’époque…;)

      1. Le 11 septembre 73, Salvador Allende a fait son dernier discours dans la Moneda assiégée par les troupes de Pinochet. Ca fait 13870 jours (tu peux ajouter ceux correspondant aux années bissextiles).

  45. Depuis le début de la crise grecque et la masse d’insanités déversée impunément sur le peuple grec et autres PIGS par la presse allemande et la plupart des hommes politiques, je m’interroge sur la trajectoire de l’ Allemagne et sur ce qu’elle implique pour l’Europe.
    Je suis sidéré de découvrir sous la plume de Foucault, un texte écrit il y a plus de trente ans qui donne sens en grande partie à mes inquiétudes actuelles.
    Je m’interrogeais tout récemment sur le grand silence des intellectuels à propos de la dérive de plus en plus inquiétante de la politique allemande. C’est dire avec quel soulagement j’ai lu ce billet. Bravo! Paul Jorion ce que vous faites en soulevant cette pierre est aussi important que ce que vous avez fait en démasquant les monstres de la finance.
    Quant aux divers sceptiques, je ne peux que leur conseiller de lire la presse allemande et pour certains probablement d’apprendre l’allemand.

    1. Parisot accuse les Etats-Unis, vous l’Allemagne.
      Pas de « dérive de la politique allemande », mais des questionnements sur ce qu’il convient de faire, depuis que les chefs d’Etat lui ont demandé de « prendre les choses en main ».
      Pour s’en informer, il faut lire autre chose que les journaux à sensation.
      Le débat est vif. Les responsables actuels et futurs du pays savent qu’en fin de compte ce qui est bon pour les autres pays de l’Union est bon pour l’Allemagne.
      http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,785573,00.html

      Et pendant qu’on parle de l’Allemagne, on ne dit pas que ce sont les banques françaises qui sont menacées de voir leur note baissée … à juste titre.

      PS : Vous auriez le temps de préciser en quoi consisterait à vos yeux « la dérive de plus en plus inquiétante de la politique allemande » ? Si c’est dans le social, je suis prêt à vous suivre.

      1. La politique allemande est résumée très clairement dans cet interview de Hans-Werner Sinn tiré de La Tribune du jour:
        ———————————————————————————————————————————–
        Pour Hans-Werner Sinn, directeur de l’institut Ifo de Munich, il faut que la banque centrale cesse de racheter la dette des pays en difficultés. Interview.

        Que peuvent faire les gouvernements pour sauver l’euro ?

        Ce dont nous avons besoin en Europe, c’est d’une discipline fiscale, d’une période de sévère limitation des moyens budgétaires et d’une dévaluation, par la réduction des salaires et des prix, dans les pays de la périphérie par rapport aux pays centraux. Avec l’euro, beaucoup d’argent a coulé dans ces pays dont certains sont devenus inflationnistes et ont acquis un niveau de prix trop élevé pour être assez compétitifs. Nous devons revenir en arrière. Si l’on construit l’euro de façon à ce qu’il y ait toujours plus d’argent public à disposition, alors l’euro disparaîtra.

        Ces exigences ressemblent à celles du modèle allemand…

        À l’arrivée de l’euro, l’Allemagne a connu des temps difficiles avec du chômage, le plus faible niveau d’investissement de la zone et la plus faible croissance. À cause de ce marasme, les prix ont reculé, relativement aux autres pays de la zone euro, de 21 % entre 1995 et la fin de l’année dernière. Les salaires ont suivi dans la même proportion. Cette époque a été difficile, mais a rendu l’Allemagne a nouveau compétitive. L’Irlande a, dans une période encore plus courte, réduit ses prix et ses salaires et est redevenue compétitive. L’Espagne, le Portugal et la Grèce ne montrent pas le moindre signe d’une telle volonté. Et à mesure qu’on leur verse de l’argent, les ajustements nécessaires deviennent moins vraisemblables. Si on les aide trop, les prix et les salaires resteront aussi élevés qu’ils le sont aujourd’hui.
        ———————————————————————————————————————————–

        Grace à Schröeder, la bourgeoise allemande a réussi à imposer une dégradation sans précédent des conditions de vie et d’emploi des travailleurs allemands. Fort de ce succès, elle estime le moment venu d’imposer aux travailleurs des autres pays européens, la même purge.
        Par tous les moyens et sans tenir compte des rapports de force nationaux.
        La crise grecque a été créée de toute pièce pour faire un exemple. Mais il est évident que le principal adversaire visé par cette politique, c’est le peuple français et ses traditions de lutte.
        L’UE n’offrant aucun cadre, un tant soit peu démocratique, de négociation des conflits sociaux, il y a fort à craindre que ces conflits prennent rapidement un tour nationaliste, comme c’est déjà le cas entre l’Allemagne et la Grèce.
        A propos de la presse allemande, je ne parle même pas du Bild, mais d’une presse sérieuse, Die Welt, Die Zeit, Der Spiegel, The Financial Time (Deutschland)… En Allemagne, il y a maintenant un large consensus autour d’une vision nationaliste et mystificatrice de la crise au sein de l’UE. Sans parler de l’illusion ridicule, suivant laquelle le « modèle de compétitivité allemand » prendrait l’avantage dans la concurrence avec l’Asie, en se délestant de ses partenaires européens, moins performants!
        Deux voix se sont élevées pour dénoncer cette grave dérive: Helmut Schmidt et Helmut Khol.
        Comme par hasard deux hommes politiques de la défunte RFA.

      2. @ JLM, 12 septembre 2011 à 11:06
        Merci pour cette précision.
        Selon Hans-Werner Sinn, il s’agirait d’une dérive qui apparaît dans la presse : Die Welt, Die Zeit, Der Spiegel, The Financial Time Deutschland (‘Times’ plutôt). Et de déclarer : « En Allemagne, il y a maintenant un large consensus autour d’une vision nationaliste et mystificatrice de la crise au sein de l’UE. » J’aimerais bien que M. Sinn nous cite les articles du Spiegel qui vont dans ce sens, car ce n’est pas du tout la ligne de cet hebdomadaire que je lis avec assiduité (pour mon travail). Et si le Spiegel se démarque, c’est qu’il n’y a pas de consensus. Je ne nierais pas, par contre, que ceux qui sont proches du petit parti libéral (FDP, peu de voix depuis 18 mois) ainsi que de la droite de la CDU-CSU (qui a aussi un centre et une gauche, comme vous savez) pensent et s’expriment comme l’indique M. Sinn.
        D’où mon étonnement.

        Est-ce M. Sinn qui préconise :

        Grace à Schröeder, la bourgeoise allemande a réussi à imposer une dégradation sans précédent des conditions de vie et d’emploi des travailleurs allemands. Fort de ce succès, elle estime le moment venu d’imposer aux travailleurs des autres pays européens, la même purge.
        Par tous les moyens et sans tenir compte des rapports de force nationaux.
        La crise grecque a été créée de toute pièce pour faire un exemple. Mais il est évident que le principal adversaire visé par cette politique, c’est le peuple français et ses traditions de lutte.

        ???
        Ou bien dénonce-t-il cette attaque de la « bourgeoisie allemande » (française, britannique, américaine, etc. Leurs intérêts sont croisés depuis belle lurette) ???

  46. Je retiens de ce texte que l’état allemand a été mis hors-la-loi. L’économie lui a redonné une légitimité. Cette légitimité se fonde sur la croissance économique du pays.

    J’en retire l’idée que si l’économie de ce pays tousse, la légitimité de son état saute. Ce serait un truc à voir revenir les nazis devant la scène. L’idée hors-la-loi de l’état allemand n’est pas morte. Il y a trop peu de temps que le décret a été prononcé. Il y a trop de critiques contre le tout économique. Il y a de plus en plus de déçus de ce modèle. Ce qui a été mis hors-la-loi redevient fréquentable.

    J’en comprends aussi pourquoi les plus orthodoxes de l’économie libérale sont allemands. Il en va de la légitimité et de la stabilité de ce pays. Je comprends pourquoi il y a ce refus de payer pour les Grecs. Le faire ou voir la construction de l’Euro sauter toucherait la légitimité des autorités de ce pays. Découvrir que les banques allemandes ne sont pas très solides alors qu’elles ont tout fait selon la doxa en cours ferait aussi horriblement mal à cette légitimité.

    Si cette légitimité saute, ce qui est hors-la-loi revient.

    Si j’ai tort, Foucault s’est trompé sur l’Allemagne. Lol.

      1. Selon Foucault, sa légitimé est économique. Dire « comité administratif des affaires bourgeoises » me semble être un synonyme tout à fait correct de légitimité économique.
        L’économie va servir à courir après le bonheur et l’apporter à tous. C’est la théorie en cours. Les déceptions nous arrivent dessus à toute vitesse. Si Foucault à raison, l’Allemagne va renouer avec ses démons.
        Si Foucault a raison, je ne vois vraiment pas pourquoi cette idée se limiterait seulement à l’Allemagne. L’économique nous a servi de chemin vers le bonheur. Il s’effondre. L’éditorial de Krugman de ce jour annonce que si la BCE fait les erreurs auxquelles il s’attend, l’Euro implose cette semaine. Tout ce que l’économique a permit de cacher, de nier, d’oublier repasse devant la scène. Les Guerres de Religions qui ont donné naissance à notre Modernité vont nous apparaître comme d’aimables pique-niques par rapport aux extrémismes de gauche et de droite. En plus, il y en a qui sont franchement laïques. Le discrédit sur la Modernité sera celui qui entache le Communisme et le Nazisme. Ce qui va rester à notre disposition pour penser le monde et lui trouver un sens s’annonce petit, faible, insuffisant, ridicule. J’ai peur.

  47. Un exemple.
    Une autre époque (aujourd’hui) et un autre continent (Afrique) :
    « Le président rwandais Kagame en visite en France pour « échapper à l’Histoire »

    Le titre, en lui-même, est édifiant … ‘Pour échapper à l’histoire’.

    « Lundi, Paul Kagame doit déjeuner avec Nicolas Sarkozy, et discuter avec lui lors d’un entretien consacré « au développement du partenariat entre les deux pays et à l’approfondissement de notre coopération », a indiqué l’Elysée. »

    Reprenons.
    « L’histoire avait dit non à l’État rwandais. C’est désormais l’économie qui va pouvoir lui permettre de s’affirmer. La croissance économique continue va relayer une histoire défaillante. La rupture de l’histoire va donc pouvoir être vécue et acceptée comme rupture de mémoire, dans la mesure où va s’instaurer au Rwanda une nouvelle dimension de la temporalité qui ne sera plus celle de l’histoire, qui sera celle de la croissance économique. Renversement de l’axe du temps, permission à l’oubli, croissance économique : tout ceci est, je crois, au cœur même de la manière dont fonctionne le système économico-politique rwandais. La liberté économique coproduite par la croissance et du bien-être et de l’État et de l’oubli de l’histoire. »

    En passant, la France aussi ‘échappe’ ainsi à son histoire (et de même pour la Belgique) …

    Foucault ne parle pas de l’Allemagne.
    Foucault ne parle pas de 1979.
    Foucault parle du système.
    Celui que nous avons actuellement et qui est formaté (entre autres) pour produire de l’oubli de l’histoire.
    Celui qui existait alors en Allemagne en 1979.
    Celui qui est en train de se casser la gueule.
    Le capitalisme.

  48. Je me demande si je ne viens pas de comprendre les 10 commandements… Enfin, faut que je continue à fouiller tout de même, c´est pour ça que je vous demande votre avis. Je prétends pas résoudre une question si vieille dans mon coin.

    En fait, je n´ai pas refait une analyse de texte, mais j ai simplement usé d´un exercice mental en les lisant en imaginant que c´est quelqu´un comme Nicolas Sarkozy, ou Claude Guéant, ou Brice Hortefeux, ou Gérard Longuet, (ou James Cameron, ou Georges Bush, …) qui me les dit en direct à la télé au 20H00 après un énorme crach économique et social.

    La réaction n´a pas tardé.

    Je me suis écrié :

    ¡Alerta! ¡Alerta! ¡Antifascista!

    Je m´imagine ensuite courant dans les rues comme un fou en criant « Aux armes! » dans mon quartier. Évidemment, ça finissait à Sainte-Anne, c´t´affaire.
    Je vous jure, ça fout la trouille.

    Aucune réflexion approfondie pour l´instant, dites moi juste si ça vous fait le même effet.

  49. La chose qui me chagrinerait le plus si je croyais possible une solution par les politiques actuels sans que les populations s´en mêlent sérieusement, ce serait peut-être :

    – Je considèrerais que les politiques sont sincères mais s´abusent et abusent.
    – malgré tout ils devrait leur rester une part de sincérité.
    – et puis, je vois Christine Lagarde qui dit à quelques jours d´intervalle, en fonction du poste qu´elle occupe, une chose et son contraire, le tout avec la même conviction, le même sérieux, la même morgue que lui fournit son expertise mondialement reconnue.
    Comment imaginer que, honnête, se rendant compte qu´elle s´est trompée à ce point jusqu´alors, elle ne nous ait pas fait un discours historique de contritions et de regrets, indiquant qu´elle n´avait pas tous les éléments pour analyser la situation, bla bla bla…

    Juste une question que je me pose.

    1. @Vincent Wallon
      Un pote me disais récemment, quand je lui parlais de quelqu’un d’évidemment bien plus sympathique : « Hitler aussi, il était sincère. » Le Bien est une girouette. Peut-être est-ce ce qui énervait don Quichotte.

    2. @ Vincent Wallon 12 septembre 2011 à 17:08

      Je n’ai pas suivi la dernière déclaration de Mme Lagarde. Celle qui m’avait marqué était sa condamnation de la politique économique de l’Allemagne qui pourtant me semblait bonne, puisque ce pays est en moins mauvaise posture que les autres en l’Europe.

      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/03/15/04016-20100315ARTFIG00496-christine-lagarde-appelle-berlin-a-modifier-sa-politique-.php

      Aurait-elle dit l’inverse récemment ? Pouvez- vous me donner un lien SVP ?

      1. @jducac,

        Je parlais de ses déclarations selon lesquelles les banques françaises allaient très bien du temps où elle était ministre de l´économie puis subitement, elles nécessitent d´urgence une recapitalisation depuis qu´elle est directrice du FMI.

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