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115 réflexions sur « LE PROGRÈS, « Nous vivons un désastre annoncé », mercredi 4 janvier 2012 »

  1. Sans commentaire…………..nous vivons un désastre annoncé…….taisons nous et prions si nous sommes croyants…………..manifestons sinon…………………….le monde se crée par nous , ce n’est pas le monde qui nous crée.

  2. Petite question : Pour quel montant total y a-t-il des billets et des pièces en euros fabriqués ? Pour un montant total de 860 milliards, non ?

  3. Paul Jorion, il me semble, pense de plus en plus à l’éventualité d’un soulèvement, d’une insurrection, d’une révolte. De ce point de vue, sa pensée a évolué il me semble.
    Je pense qu’il saisit de + en + que sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. A ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis.
    Le futur n’a plus d’avenir est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’êxtrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.

    La sphère de la représentation politique se clôt sous nos yeux en 2012. De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cadors ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondoles qui échangent leur discours d’après les dernières trouvailles du service communication.

    Ceux qui votent encore – 30% de non inscrits à Marseille !!!! sur environ + 700 000 personnes – donnent l’impression de n’avoir plus d’autre intention que de faire sauter les urnes à force de voter en pure protestation. On commence à peine à comprendre que c’est en fait contre le vote lui-même que l’on continue à voter.

    Rien de ce qui se présente en 2012 n’est, de loin, à la hauteur de la situation. Dans son silence même les français semble infiniment plus adulte que tous les pantins qui se chamaillent pour la gouverner. N’importe quel chibani de Belleville est plus sage dans ses paroles qu’aucun de nos soi-disant dirigeants dans toutes ses déclarations.

    Le couvercle de la marmite sociale va se refermer en septembre 2012 à triple cran tandis qu’à l’intérieur la pression ne cessera de monter. Parti d’Argentine, le spectre du Que se Vayan todos!, suivi de celui des indignés et OWS commence à sérieusement hanter les têtes dirigeantes.

    Je tiens qu’il n’ y aura pas de solution sociale – pacifique – à la situation présente parce que le vague agrégat de milieux qui demeure, d’institutions et de bulles individuelles qu’on appelle par antiphrase « société » deviendra sa consistance, ensuite parce qu’il n’y a plus de langage de l’expérience commune – on ne partage pas des richesses si l’on ne partage pas un langage.

    Il a fallu un demi-siècle de lutte autour des Lumières pour fondre la possibilité de la Révolution française, et un siècle de lutte autour du travail pour accoucher du redoutable « Etat providence ». Les luttes créent le langage dans lequel se dit le nouvel ordre. Rien de semblable aujourd’hui.

    L’Europe est un continent désargenté qui va faire ses courses chez Lidl et voyage sur Easy Jet pour combien de temps encore….

    C’est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. Il suffit de dire ce que l’on a sous les yeux et de ne pas éluder la conclusion.

    1. Quand une crise dure depuis 40 ans, ce n’est pas une simple crise économique: c’est une crise de civilisation à l’échelle historique !!!

    2. Comme semble le penser Paul Jorion, cette fois-ci ( cf les propos de son « chauffeur de taxi ») les électeurs vont enfin voter contre les candidats et non pour les programmes, et faire enfin sauter le carcan politique instauré en 1946 . L’UMPS peut faire ses adieux à ses tiroirs-caisses en forme de rentes de père en fils.

      1. Le carcan politique instauré en 1946, c’est le programme du CNR (Conseil National de la Résistance), qui lui a explosé avec le premier choc pétrolier.

        Et ça a vraiment bien marché de 1958 à 1974, sous De Gaulle et Pompidou, seules années où depuis 1945 où l’Etat a dégagé des excédents budgétaires!!!
        Le programme du CNR, c’était un compromis entre les patrons et les salariés qui n’a pas tenu à cause de la stagflation de 1974 à 1980.
        Ce qui nous a mis dedans, ce sont les deux chocs pétroliers et depuis 1980, c’est le libéralisme à la Reagan et Thatcher qui prévaut. La politique de rigueur de 1983 n’en est que la plus pure illustration.

        Quand à Bruxelles et l’UE qu’ils ont construit depuis Maastricht, c’est le lit du néo-libéralisme.
        Je me souviens encore de mes cours de droit européen avec le droit de la concurrence basé sur le dogme de « la concurrence libre et non faussée ». Autrement dit la concurrence, pure et parfaite. des néo-libéraux.

    3. Extrait de mon tout premier billet, il y a près de 7 ans:

      Titre « Nous sommes tous responsables »

      Vous êtes-vous posé la question du ‘pourquoi’ des différences de prix pour certains achats qui vous semblent de premier abord si ‘intéressants’ ? Comment, un vélo a pu être vendu au 1/10 du prix de l’autre magasin?
      La réponse : il est venu d’Asie, où la main d’œuvre n’est pas rétribuée aussi ‘justement’ que dans votre pays de cocagne.
      Sans le savoir ou plutôt sans avoir essayé de le comprendre, vous êtes tombé dans le marché du « low-cost ». Par la même occasion, vous avez creusé l’écart avec le marché local. Vous avez donné un petit coup de scie de plus sur la branche sur laquelle vous vous trouvez.
      Vous ne vous sentez aucunement responsable de la situation du commerce international. Et, pourtant…C’est, faux. Réveillez-vous, que diable.
      On ne peut pas vouloir gagner un maximum de salaire et en même temps, payer ses achats au prix minimum. Ne sentez-vous pas que la corde va se casser ?
      Payer le juste prix, d’accord, ça c’est la solution à adopter. Trouver le meilleur rapport ‘qualité – prix’. Vous ne vous souvenez pas de la courbe de Gauss ? Elle est ici aussi d’application. Trop bon marché, il y a ‘danger’, cela cache des filières inavouées. Trop cher, vous tombez dans le domaine du luxe ou du gadget que la pub va essayer de vous fourguer. Et puis, les plus nantis doivent pouvoir aussi écouler les deniers qu’ils ont durement gagnés dans un peu de luxe, pardi !
      Une idée vous vient : si, j’achète des produits bon marché, je fais marché le commerce de ces pays en voie de développement, je fais un don généreux, ce sera ma ‘B.A.’ de la journée, mon opération Tsunami 12-12.
      Et bien oui et non. Tout dépend du but à atteindre.
      Si le but, c’est continuer à leur donner un bol de riz par jour. Oui, alors, on y est.
      Certaines O.N.G. telle que OXFAM font du bon boulot en demandant aux nantis de payer un supplément de prix pour certains produits de la terre créés chez eux. Cette filière reste malgré tout marginale mais est parfaitement louable.
      Le travail ‘Indoor’ par Sœur Térésa a été aussi une aide inestimable.
      Si c’est leur permettre de naturellement s’élever dans le bien être tel que nous le connaissons par le don de vous même, alors, vous faites fausse route.
      Ca ne marche pas aussi simplement, une minorité ‘plus’ adaptée, se trouve en première ligne, de nouveaux ‘Marchands d’esclaves’, parfois mafieux, vont largement passer à la caisse avant les autres et ceux-ci continueront à travailler comme au cours de notre 19e siècle. Ils recourent également aux enfants pour leur production au mépris des conventions des droits de l’enfant.
      Ces nouveaux riches qu’ils soient Chinois, Indiens, Russes ou autres ont compris qu’il n’était pas de leur avantage que cela change et on peut être sûr que l’impulsion ne viendra pas de leur part.
      Les Indiens, d’autre part, ont déjà le système de castes ‘imprimé’ dans leurs gènes ce qui renforce la ségrégation.
      La mondialisation, l’ouverture des frontières, vous croyez que c’est vous qui l’avez voulue ? Vous vous en sentez tout enorgueilli d’avoir participé à son lancement.
      Le tapage médiatique vous le fait croire, ça s’est sûr.
      L’ouverture des frontières se justifie si les règles de commerce, de travail sont respectées d’une manière équivalente ou du moins très semblable. Si la distorsion existe et si de chaque côté de la frontière, les règles sont par trop différentes, cela devient du suicide économique. Bonjour les dégâts, la faillite est annoncée.
      La Grande Europe, quelle aventure prestigieuse ! Pourquoi est-elle aussi difficile à mettre en place, alors que sur papier, sa construction devrait être profitable pour tout le monde ?
      Malheureusement, un point revient inlassablement inachevé ou même pas ébauché : l’Europe Sociale ne suit pas et ne suivra, naturellement, pas le mouvement automatiquement. Une fois ensemble, les Européens discuteront de la manière de fusionner harmonieusement les règles et, croyez-moi, le P.P.C.D. (le nivellement vers le bas pour les non Matheux) sera certainement choisi dans la construction de nouvelles règles communes.
      De toute façon, ‘Profitable’ ? Pour qui ? Pour vous ? Détrompez-vous.
      Privatisation, restructuration, fusion, délocalisation, ‘outsourcing’, offshore, chômage, sont-ce des mots inconnus pour vous ou des étapes du changement ‘obligatoire’ et du ‘progrès’ tant désiré que vous subissez tous les jours?
      Une société devrait être conçue pour le bien public, pour Vous, pour Moi.
      Simplement, pour vous épanouir, pour vous permettre d’utiliser vos connaissances que vous avez acquises parfois durement pendant ces longues années d’écoles.
      Et cela se gâte de plus en plus. La précarité s’installe. Les emplois à ‘durée indéterminée’ deviennent rares pour nos jeunes, si ce n’est le chômage qui les attend à la sortie de leurs chères études. Ceux qui passent le cap se battent bec et ongles pour garder leur place et leurs petites habitudes mais dans le stress des délais et des obligations de toutes sortes.
      Les échecs pour trouver les emplois débutants des jeunes ont des raisons invoquées très multiples et souvent, parfaitement, injustifiées: trop ou trop peu qualifié, pas assez d’expérience, vos exigences sont trop importantes…et puis surtout, un jeune venant de l’ONEM coûte aussi un peu moins cher grâce à votre participation généreuse en temps que citoyen payant ses impôts.
      Et, oui, les patrons, aussi, sont, comme vous, à la recherche du moindre coût. (Rappelez-vous l’histoire du vélo), Si ce n’est pas lui, les actionnaires, eux, le remettront bien vite dans la ligne du parti.
      Pour le patron et les actionnaires, qu’est-ce la ‘Société Idéale’ ?
      Réponse : des « machins » (je ne les nomme pas, car si vous savez ce dont je parle, ils seront peut-être obsolètes et remplacé plus tard par du ‘plus performant’) qui produisent automatiquement et sans cesse, qui ne coûtent rien, qui ne tombent jamais malades, ne râlent jamais, à destination de Clients solvables qui feront rentrer l’usufruit des judicieux placements des actionnaires. Vous voyez des employés dans cet environnement?
      Une Société est là pour être rentable, profitable, point. Une augmentation du chiffre d’affaire ou du bénéfice au pourcentage à 2 chiffres tous les ans, voilà, ce que l’on attend.
      Les Fonds de Pensions américains ou autres ne sont certes pas innocents dans le processus.
      Le nerf de la guerre, c’est l’Argent en Euros, Dollars, ou toutes autres monnaies, les ordinateurs convertiront. La rétrocession du bénéfice des ordinateurs a été oubliée.
      Donc si vous êtes là, c’est qu’on a encore (mal/) heureusement besoin de vous (ça dépend du point de vue) pour faire tourner le moulin. Après… on avisera…on y pense déjà.
      Il y a 2 manières d’augmenter le bénéfice : augmenter les revenus par les ventes ou diminuer les coûts, c’est à dire, en gros, nos salaires.
      Malheureusement, la concurrence devient acharnée dans beaucoup de domaines et les revenus se sont mit à fondre à cause du dumping obligatoire des prix pour rester dans la course.
      Heureusement, l’ouverture des frontières a ouvert la porte à de nouveaux marchés, de nouveaux consommateurs. Ceux-ci, venant de pays en voie de développement ne sont, hélas, pas encore prêt à assumer ce rôle. Si le pouvoir d’achat n’y est pas encore, ils vont cependant donner un soutien inespéré à nos entreprises : leur main d’œuvre bon marché, parfaitement en dessous des normes et qui ne souffriront d’aucune opposition dans la discussion des patrons entre eux lors de leur prochaine partie de golf.
      Travailleurs clandestins, délocalisations des entreprises ou seulement des activités vont être la planche de salut au détriment de travailleurs d’origine.
      Aussi, ne l’oublions pas, si les travailleurs du 19e siècle et du 20e se sont battus à coups de grèves, de sang versé pour revendiquer un peu plus de bien être, pour avoir des conditions de travail un peu plus acceptables, un droit de prendre des vacances, un droit de vote, on pourrait retourner bien vite à cette période sans un réveil rapide de notre part car le pouvoir est occupé à prendre sa revanche et à reprendre ce qu’il a dû concéder.
      Nous ne sommes pas encore arrivés sur le mur, mais on s’en rapproche à grande vitesse et inexorablement par notre léthargie ou notre incompréhension des nouvelles règles du Système.
      Ce n’est pas pour rien qu’une certaine nostalgie des années ‘Golden Sixties’ durant lesquelles on connaissait le plein emploi, la consommation parfois à outrance, j’en conviens, et j’y reviendrai, naît chez les jeunes. On ne compte plus le nombre d’émissions de variété à la TV relançant les chansons d’autrefois, chantées non pas par de vieux nostalgiques mais par des jeunes de 20 ans.
      Dans cette pénurie d’activités gratifiantes, la drogue fait vite son chemin chez ces jeunes et dans l’espoir d’atteindre un monde meilleur, plus vivable, plus motivant.
      « L’argent ne fait pas le bonheur », voilà bien un dicton créé par le Capitalisme.
      Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver, chantait ce cher Henri avec beaucoup d’humour.
      Oui, c’est vrai, l’Homme n’est pas fait pour turbiner toutes les journées de sa courte vie, par contre, il ne peut vivre sans manger et je ne vous conseille pas d’aller vous rassasier au magasin du coin sans payer votre pitance en sortant.
      L’argent est un outil sans plus. On peut vivre sans cet outil à condition que l’on puisse combler ses fonctions vitales, acquérir ce que l’on veut quand l’envie nous en passe par la tête. La pub est là pour nous fournir les idées qui viendraient à nous manquer.

      >>> Voyez-vous quelque chose qui a évolué depuis? Alors discutons….

  4. Monsieur,

    Je note avec plaisir que vous attribuez votre prescience de la crise au fait que vous travailliez au coeur du système. Si mes souvenirs sont exacts, vous en avez tiré deux livres.
    L’un d’eux traitait de la réalité et de la vérité comme des inventions. Le second annonçait cette crise.
    Vous avez utilisé une expérience vécue sur le terrain pour comprendre une situation globale. Vous vérifiez une idée selon laquelle une connaissance est possible au delà des mots. Elle est immédiate et claire si elle est vécue. Michea l’attribue à Orwell.
    Merci pour la confirmation.

  5. Les gens vont-ils se révolter?
    je n’en suis pas vraiment sur, à voir ce qui se passe en Grèce, (cf témoignage de Dimitri) on peut avoir des doutes.
    La Grèce n’est pas la France, et vive-versa, peut-être avons-nous plus de propension à ne pas nous laisser faire (????)

      1. Je viens de signer l’ appel.

        Excellente initiative ; le jour où nous sentirons tous davantage solidaires, sans limitations de frontières, le jour où les grèves seront européennes ainsi que la mise au ban des élites, les 99% prendront tout leur sens.

        Mais c’ est déjà le cas ; du virtuel au réel il n’ y a qu’ un pas.

      1. Que d’excitation potache, alors qu’il serait plus crédible d’exiger la saisie des comptes en banques et des avoirs des grecs (binationaux aussi) en dehors de la Grèce . Il y a de quoi rembourser pour remettre les compteurs à zéro. Se solidariser dans la saisie oui, dans le paiement de la dette surtout pas, c’est faire le jeu des oppresseurs .

  6. Êtes-vous bien certain que le discours de Toulon ait été sincère . Il a permis au gouvernement de faire passer la pilule .
    On sauve les banques , mais on vous promet de nettoyer les écuries d »Augias ensuite .
    Mais , une fois le vent du boulet passé , on oublie tout et on recommence comme avant .
    Le désastre frappe les peuples ( cf taux de pauvreté en Grèce , en Espagne … ) ‘il ne concernera pas les plus riches . Ils sont tranquilles puisqu’on va trouver de bons boucs émissaires à offrir en sacrifice . ( cf votre chauffeur de taxi s’apprêtant à voter Le Pen ).
    On est peut être en 1788 , mais il est peu probable que 1789 advienne de nouveau ;
    Je parie plutôt sur un 18 brumaire .
    J’espère me tromper .

  7. « Oui, on arrive à un seuil. Cela se manifeste de manière indirecte, dans le nombre de gens qui se disent prêts à voter pour le Front national. »

    Allez la France, encore un petit effort pour concrétiser la haine et le ressentiment. Le bateau coulera encore plus vite.

    1. « Pendant douze ans cette Nation était affligé d’un gouvernement qui ne voulait rien entendre, qui ne voulait rien voir et surtout qui voulait ne rien faire. La Nation tournait son regard vers son gouvernement, mais le gouvernement détournait ses yeux. […]

      Ceux aux réseaux puissants s’efforcent aujourd’hui de restaurer un gouvernement dont la doctrine est à l’opposé de ce dont mon gouvernement s’est inspiré. Pendant presque quatre ans vous avez eu un gouvernement qui, plutôt que de se tourner les pouces, s’est retroussé les manches. Et nous gardons nos manches retroussées. […]

      Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. »

      Extrait d’un discours de 1936 de Franklin Delano Roosevelt, un dangereux complotiste de l’époque.
      http://www.les-crises.fr/roosevelt-madison/

      1. @ Moi
        discours de 1936 de Franklin Delano Roosevelt :
        Il a été cité dix fois et c’est chaque fois toujours aussi stupéfiant de lire ça ; comme quoi UNE personne ayant de la carrure pourrait bousculer le monde .

    2. Précisons :
      C’est du crime en bande organisée.
      C’est plus chére devant la loi.! L’organisation, la préméditation, la bande, les chefs….
      « Normalement ».

      D’après Paul Jorion le « canard sans tête » était sauvable en 2009……
      Kadhafi aussi, soit dit en passant.
      En décembre 2012 il courra encore, mais sa cirrhose sera tout juste à point pour le grand « réveillons nous » de l’écœurement général.
      Pour la dégustation : chaud ou froid ? Truffes ou Pruneaux, Sauternes ou Champagne ?
      Quand tu aimes la vie, tu dégustes.

      Trêve de plaisanteries. La politique c’est prévoir.
      La matière première, c’est non pas des idées, mais de l’émotion.
      Certains se sont dits, paraphrasant Clémenceau :  » La politique est quelque chose de trop sérieux pour la laisser aux politiques. ».
      Quand Louis XVI, le 14 Juillet 1789, note dans son journal : « Rien de particulier. » Il est déjà face à ce genre de stratèges.
      On arrête pas le progrès. Je fais entièrement confiance aux producteurs de la société du spectacle . La révolution est technologique et spectaculaire.
      Réservez vite vos places obligatoires pour le réveillons, ça se jouera à guichet fermé !
      Les cartes à puces sont prioritaires dans les files d’attente.

  8. Bonsoir,
    La croyance en l’évolution de ce monde, basée sur la concupiscence et (ou) l’indignation (celle-ci étant celle-la en impuissance) est une erreur fondamentale et tragique, l’histoire des hommes en témoigne…Tous ceux qui ont cru aux chimères des idéaux politiques ou autres systèmes sont des « apprentis sorciers » et se sont retrouvés avec du sang sur les mains…N’oublions pas que nous sommes soumis à une seule règle, le jeu de la Vie et de la Mort et à ce jeu là, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu.

  9. « Nous vivons un désastre annoncé »
    C’est une formule de plat du jour!
    Mais tellement belle…., Braie-t-elle.

    Quand donc les financiers se décideront-ils à fiancer n’importe qui, puisqu’ils financent n’importe quoi?

  10. La possibilité d’une insurrection n’est pas interdite. Elle est tout de même largement barrée par l’omniprésence de hordes de flics de multiples catégories, patrouillant tranquille dans nos rues à chaque heure du jour. Sans parler de la peur que Nicolas Mordor a instillé via ses seides, Pflilin et autres Mougeotte, Barbier, Calvi, j’en passe et des plus serpillères.

    La fenêtre de tir pour une révolte d’ampleur à mon avis, s’ouvrira de plus en plus sous la hausse des coupes sur salaires, retraites, prestations, prix du transport, de la santé, de l’énergie et autres. qui ne sont pour l’heure que limitées et/ou « techniques », dans le sens où un revenu bloqué ne baisse que par le jeu mécanique de l’inflation. Mais les malades ultra-liberaux ne sauront se passer de l’austérité. Les mesures deviendront des coupes franches, avec amputation notamment des salaires et des retraites pour sauver le pays, sauver la Sécu et autres.

    Et ce qui peut-être déclencherait vraiment l’explosion ce serait l’émergence aux consciences fragilisées que vers quelque endroit qu’on se tourne – endroit conçu comme paradigme, technologique, politique, social, culturel – on ne voit plus aucun horizon séduisant formant un avenir désirable, ni aucun lien actif et puissant liant tous les individus de notre société. Champ de ruines proprement insupportable car personne ne peut supporter longtemps le désespoir.

    1. Les « cités » et les zones rurales pauvres exploseront d’abord. Puis contamineront les villes.
      Quant aux policiers, si j’étais vous, je ne compterais pas vraiment dessus. Ils sont eux-même profondément divisés sur la question. Un peu de com d’influence dans ce groupe social, déjà bien fragilisé et il se volatisera joyeusement dans le ciel des fixes.

      Pour pallier au problème du « trop plein d’empathie pour les concitoyens » et du « manque d’enthousiasme manifeste » à violer l’idéal de fraternité républicaine, le pouvoir compte naïvement sur les échanges mutuels de « troupes » avec les partenaires européens, les agents de la contre-insurrection français intervenant en Belgique, en Allemagne, en Espagne par exemple, et vice versa. Sauf qu’évidemment, cela réactiverait inmanquablement le logiciel révolutionnaire niché dans l’inconscient collectif français (ces soldats qui viennent jusque dans nos bras etc etc… heureusement qu’on n’y touche pas d’ailleurs, à cet hymne), et la sauvagerie qui va avec: Génocide vendéen et son cortège d’horreurs etc.
      Ce genre de manoeuvre sauverait ou perdrait, et pour longtemps, le projet européen (les peuples violés par les oligarchies qui s’appuient entre elles, par forces de police interposées,, pourraient décider de s’unir contre leurs oppresseurs communs, ou carrément le dégôut).

      En revanche, une divergence d’analyse fondamentale avec Paul:

      Les gens ne voteront pas FN par rejet du reste de la classe politique. Ils voteront FN par accord avec ce qui est proposé par le FN (fausse promesse ou autre ce n’est pas le pb). La mutation du discours, crypto-soralienne, a fait son oeuvre.

      Par ailleurs ils ne votent pas Mélenchon justement parce-qu’ils n’adhèrent pas au projet de Mélenchon, grèvé par une contradiction inhérente à tout mouvement internationaliste. L’argument selon lequel les immigrés constituent l’armée de réserve du capital et subséquamment les internationalistes les idiots utiles/ alliés objectifs du capital a porté. Ceci également parce que l’UMP et le PS n’osent plus depuis des années avancer des arguments solides, autres que « sociétaux » ou simplement « moraux », sur la necessité démographique d’une immigration (Empêcher l’immigation. Est-ce possible? Mais est-ce même seulement souhaitable?).
      C’est là la raison pour laquelle ils ne votent pas Mélenchon (qui le sait mais qui continue de se suicider politiquement avec sa manie de vouloir se distinguer publiquement du FN uniquement sur cette thématique du racisme… et d’en rajouter: je serais lui je virerais ses conseillers en matière de com…). Les classes populaires françaises ne sont pas internationalistes (le délire communiste est mort) et se tapent du sort du travailleur indien ou chinois quand il s’agit de leurs propres gosses qu’il faut faire bouffer et auxquels il faut assurer un avenir. A partir de là, le Front de Gauche est foutu.

      Les gens comprennent bien mieux les tenants et les aboutissants en matière économique que les élites ne le pensent (même quand ils ne savent pas calculer un cout d’opportunité ou un prix de revient) et c’est pour cette raison qu’ils voteront FN, qui tient le discours que les autres ne tiennent pas, alors qu’ils le devraient (ou qu’ils n’ont pas mis en oeuvre quand ils en avaient l’occasion: cf. discours de Toulon, et qui ne sont donc pas crédibles).
      Le Fn n’est fort que de la médiocrité intellectuelle et tactique consternante des autres partis (le PS qui joue la « sécurité » reproduit pour l’instant l’erreur de L. Jospin, qui pensait que la campagne démarrait au deuxième tour… et qui risque de connaître le même traitement).

      Les gens disent effectivement qu’ils votent « par esprit de contestation », ou donnent ce genre de raison (aux inconnus) pour ne pas avoir à subir le regard réprobateur et culpabilisant de leurs interlocuteurs. C’est déjà une peur primaire que de s’exprimer en public. Alors assumer en plus un discours qui vous attirera la honte et le mépris… Mais ne vous y trompez pas. Ils adhèrent vraiment au discours. Et les attaques ad hominem, pétitions de principe, analogies spécieuses et rappels historiques opportunistes, qui ne s’attaquent pas au fond des propositions, n’y changent rien, voire encouragent ce vote.

      La marée s’est levée.

      1. Globalement d’accord avec vous avec ces réserves :
        « La mutation du discours, crypto-soralienne, » n’ a pas fait son oeuvre car le populo le discours crypto-soralien il s’en tape, pour autant qu’il ait déjà entendu parler de Soral de dont je doute fort.
        Le discours n’a pas muté, il a toujours été là et est d’ailleurs une des causes de l’élection de Mitterrand en 81 : les ouvriers, convaincus, à tort ou à raison que les immigrés étaient bien « l’armée de réserve du capital » ( perso je pense à raison, quitte à me retrouver sur le bûcher….) ont voté Mitterrand avec l’espoir qu’il « les vire tous » ( dixit mon collègue de l’époque), coupant l’herbe sous le pied du grrrrrand capital comme disait Marchais et assurant ainsi ces objectifs de la « classe ouvrière » : un meilleur salaire, un meilleur pouvoir de négociation et peut-être surtout une meilleure reconnaissance sociale ( le degré de mépris que la France a toujours semble-t-il accordé aux métiers manuels au contraire de l’Allemagne, la sous-valorisation de la filière artisanale, la mentalité de « planque » dans de l’administratif bureaucratique, le culte de la combine et de la « démerde individuelle » doublé du mépris ad hoc pour le voisin, ne laisseront jamais de m’étonner). Mitterrand n’a pas marché dans la combine et une grosse partie du populo a reporté son vote sur le FN en réaction. Quand je parle du « populo », je parle des gens que je cotoyais à l’époque professionnellement et qui à mon avis étaient assez représentatifs de l’esprit général des « couches populaires ».
        Quand je raconte ce que je viens d’écrire à des gens « de gôôche socialos bon teint bien sous tous rapports », on me regarde comme si je venais de débarquer de la planète Mars ou pire comme si j’étais atteint de la vérole, preuve pour moi de l’aveuglement et de la cassure de plus en plus accentuée de ce pays en castes étrangères les unes aux autres.

      2. les immigrés constituent l’armée de réserve du capital et subséquamment les internationalistes les idiots utiles/ alliés objectifs du capital a porté

        Et alors ? Lorsque le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ?

        C’est pas les immigrés qu’il faut virer, c’est le capitalisme qu’il faut éliminer.
        Les travailleurs n’ont pas de patrie. Solidarité internationale.
        Le Capitalisme nous affame ! Bouffons-le !
        Je continue ?

      3. @ AntoineY
         » Quant aux policiers, si j’étais vous, je ne compterais pas vraiment dessus. Ils sont eux-même profondément divisés sur la question. Un peu de com d’influence dans ce groupe social, déjà bien fragilisé et il se volatilisera joyeusement dans le ciel des fixes.  »
        Ouah le joli rêve ! Ya qu’à voir en Grèce , en lybie , en Tunisie etc , ça cogne et ça tue à tout va .
        En France aussi , dans les fourgons de police et les commissariats …
        Si insurrection il y avait , les insurgés trouveraient devant eux , sur-armés et déterminés (et très bien payés) les flics , leur ennemi naturel .
        A une toute petite échelle , récemment , les résistants au déploiement nucléaire qui se sont manifestés à Valognes ( 3 ou 400 personnes ) ont trouvé 3000 flics face à eux . Et pas pour rigoler , je te le garantis .
        Tu rêves , mon gars !

      4. @AntoineY, nol

        je voulais écrire un petit truc concernant le sens du choix politique du chauffeur de taxi, mais là tout est dit. à noter que chez todd ou michéa, ce sens est parfaitement compris contrairement à ici… si j’avais juste un petit truc a ajouter et qui ressort à chaque fois qu’on parle avec un artisan ou plus largement avec qq qui exerce un métier manuel, au delà de la concurrence imposée avec le reste des travailleurs de la planète, c’est le poids incroyable du carcan européen, des normes absurdes à respecter et de la limitation de la liberté d’agir et qui finalement favorise toujours les grosses structures capables de mettre au point des process qui déshumanisent totalement le travail …

        @Vincent Wallon
        non, ne continue pas…
        si tu connaissais ne serais ce qu’un seul travailleur immigré tu saurais qu’il a une patrie, une culture et un vécu (un peu tout ce que tu n’as pas). et si tu décidais de lui parler au lieu d’évoluer dans cette espèce d’abstraction totale, tu verrais qu’il te parlerait de tout ça longuement et avec beaucoup de sentiment.

        sinon, et là tu vas voir c’est un truc de ouf, quand tu regardes bien le mot « international », tu te rends compte qu’en fait il est formé de 2 mots : inter et national… c’est quelque chose qui se passe entre les nations quoi… et si tu réfléchis un peu là dessus tu te rendras compte qu’un monde sans frontières est un monde dans lequel cette solidarité internationale n’est pas possible, sans même parler de la solidarité nationale, ou même (utopie suprême) d’un quelconque projet commun…

      5. @AntoineY :

        Au-delà du fait que je suis d’accord sur le constat que c’est la médiocrité des partis « traditionnels » et l’absence de la proposition audible d’une alternative crédible qui fait le lit du FN et son succès auprès des classes populaires, je ne peux qu’être interpellée par ce que vous écrivez sur le Front de Gauche, en particulier :

        C’est là la raison pour laquelle ils ne votent pas Mélenchon (qui le sait mais qui continue de se suicider politiquement avec sa manie de vouloir se distinguer publiquement du FN uniquement sur cette thématique du racisme… et d’en rajouter: je serais lui je virerais ses conseillers en matière de com…). Les classes populaires françaises ne sont pas internationalistes (le délire communiste est mort) et se tapent du sort du travailleur indien ou chinois quand il s’agit de leurs propres gosses qu’il faut faire bouffer et auxquels il faut assurer un avenir. A partir de là, le Front de Gauche est foutu.

        Bon, visiblement vous êtes plus fort que les communicants de Mélenchon, plus fort que Mélenchon et tout ça ! 😉

        Plus sérieusement, sur le contenu :

        Certes, si on va demander à un métallo d’un site de Mittal s’il se tracasse pour son collègue Indou ou Brésilien, la réponse va fuser. Certes, le discours simpliste, axé sur l’égocentrisme et la bêtise humaines, employé par le FN est beaucoup plus facilement audible, ne requiert ni analyse, ni effort de compréhension. Il suffit de gober passivement, et de hocher la tête…et SURTOUT de ne pas aller lire le programme du FN et de ne pas se renseigner sur les concepts utilisés par l’extrême-droite partout en Europe – par exemple, ce que l’extrême-droite entend par « étranger ».

        Faudrait-il, pour vous satisfaire, que Mélenchon joue dans la surenchère xénophobe de base ? Mais cela n’a strictement aucun sens.

        Faudrait-il qu’il explique mieux…quoi ? Comment ? A qui ? Sur quels médias que les classes populaires vont daigner regarder, écouter, analyser ? Avec quel temps d’antenne ? Quel temps de parole ? Et pitié, ne me sortez pas les sacro-saintes notions d’équité et d’égalité de temps d’antenne durant la campagne, on sait très bien comment ça marche et comment une « équité » puis une « égalité » de temps de parole bien gérés peuvent très efficacement museler certains candidats et offrir un boulevard à d’autres.

        Je trouve que vous faites à Mélenchon un procès injuste. Remonter à contre-courant les influences du FN, contrecarrer son idéologie simpliste, basée sur les plus bas instincts et les sentiments les plus vils, les plus égoïstes, sur la facilité de rejeter la « faute » et nos problèmes sur des bouc-émissaires, c’est une tâche immensément complexe. Je ne dis pas qu’il la mène à la perfection – ce n’est pas humain la perfection, d’ailleurs. Mais au moins, il a un discours justement assez clair, assez audible et le plus simple possible. Il est d’ailleurs le seul à parvenir à être un tant soit peu audible sur ce point, malgré un paysage médiatique qui lui offre fort peu d’ouverture sur les grands médias aux heures de grande écoute. Le procès que vous lui faites est donc, selon moi, injuste, infondé, et ne sert pas à grand chose puisque vous ne proposez rien d’autre, vous objectez, mais vous ne dites pas ce que, selon vous, Mélenchon devrait dire – cela semble pourtant si évident vu la manière dont vous vous exprimez, que je ne comprends pas pourquoi vous n’éclairez pas notre lanterne à ce sujet.

        Vous dites également ceci :

        Ils voteront FN par accord avec ce qui est proposé par le FN (fausse promesse ou autre ce n’est pas le pb)

        Vous avez selon moi totalement tort. Les mensonges et les non-dits du FN sont justement le problème. Ils doivent être décryptés, dénoncés, exposés avec le plus de simplicité possible. Je reprends par exemple le terme « étranger ». Savez-vous ce qu’est un « étranger » pour un extrémiste de droite ?

        Dans la bouche d’un parti d’extrême-droite, le terme « étranger » désigne toute personne qui a au moins un grand-parent qui n’a/avait pas la nationalité du pays – française en l’occurrence. Énormément de candidats potentiels à un vote FN sont donc des « étrangers » visés par les mesures xénophobes du FN, préférence nationale et j’en passe. Mais ils ne le savent pas, ils ne savent pas qu’ils seraient les premiers touchés, frappés par le si beau programme du FN.

        Alors, bien sûr que les mensonges et les non-dits du FN sont le problème. Bien sûr qu’il faut dénoncer. Et oui, votre analyse est fausse. Il faut à la fois déconstruire l’image d’Épinal que le FN se construit et proposer une alternative. Ne vous en déplaise, une vraie alternative de gauche ne peut pas être exprimée en termes simplistes et ne pourra jamais être basée sur l’égoïsme, l’individualisme et le fait de rejeter tous ses problèmes sur un bouc émissaire bien commode. Sinon, ce n’est pas une alternative de gauche, c’est juste un clone du FN et ça, c’est sans intérêt.

        Enfin, vous terminez par :

        La marée s’est levée.

        A vous lire, on dirait, en effet. Et comme la plupart des marées, elle ne sent pas la rose…

    2. @ Contempteur.
      Nous avons déjà eu quelques échanges en ce qui concerne l’état de nos forces de l’ordre et du « moral des troupes ». Je réitère:
      http://www.sudouest.fr/2011/01/31/c-est-l-epidemie-deux-nouvelles-compagnies-de-crs-en-arret-maladie-305563-3.php
      Je pense sincèrement (tout en vous certifiant que je ne suis pas « de la maison ») qu’ils ne tiendraient pas longtemps en cas de crise sociale majeure.
      Par contre, le recours à des mercenaires, des milices privées, est malheureusement tout à fait envisageable de la part de l’oligarchie. Là, ça serait bien plus dangereux.

      1. Cela, en revanche, n’arrivera pas. Pour des raisons extrêmement profondes de culture politique.

        Je n’ai pas le temps de faire un inventaire, même rapide, des différences importantes en matière de culture de la sécurité entre disons les français, les anglais, les indiens (etc), mais le recours à des services de sécurité privé aggraverait encore l’incurie, et rangerait peut-être même définitivement les forces publiques au côté des manifestants (sous une forme civile).

        Plus problable est le recours à l’armée… mais l’armée française, qui n’est sûrement pas le Pentagone, et qui conserve toujours une véritable suspicion, pour ne pas dire moins, à l’égard des « puissances d’argent », travaillée au corps par la mémoire des Confédérés (sauveurs de la Révolution) et du Général De Gaulle, n’engagera pas le combat avec le Peuple, pour peu qu’il se présente en masse, et qu’il soit un minimum « organisé ».
        Avec un peu de chance, l’armée prendrait son autonomie à l’égard du politique, organiserait la transition avec l’appui du Conseil Constitutionnel et de la Haute Fonction Publique (comme le prévoyaient d’ailleurs les institutions en cas de vacance du pouvoir, dans l’interprétation gaullienne initiale du sens des institutions de la Ve République). Disons que c’est le meilleur scénario…

        Si ça craque, le pouvoir, quel qu’il soit, est A POIL
        D’ailleurs, si j’étais Paul, je commencerai à écrire ma constitution pour l’économie, d’autres s’occupant DEJA de proposer des modèles institutionnels précis pour une (contre-) réforme de la Justice ou pour une réforme des conditions d’accès aux postes politiques (lois sur le non-cumul des mandats, etc). Il s’agira d’être prêt quand il faudra remplir le ventre des foules assoiffées de justice.

      2. @ arkao
        Qu’est-ce que tu viens nous raconter avec ces grèves de CRS qui protestent contre la réorganisation de leurs services et veulent également plus de fric !
        Où vois-tu qu’il y ait une quelconque démobilisation lorsqu’il s’agit de cogner ?
        Les mercenaires et milices privées en plus , ça c’est probable .
         » Plus problable est le recours à l’armée…  » Et c’est quoi l’association police-gendarmerie voulue par Sarko , sinon la militarisation de la police ?
        La police et la gendarmerie qui se retourne contre l’Etat en faveur des insurgés , on peut rêver… je le sens vraiment pas , ton truc .

      3. @ taratata

        Quand il s’agit de cogner à dix contre un, d’accord, mais face à une multitude de groupes mobiles et sur une durée de plus de quatre semaines, je demande à voir 😉

    3. @antoine
      @arkao

      Je précise que je ne tiens pas les forces de l’ordre pour des sauveteurs, mais pour des excitateurs de tension et de graves dangers pour les populations, au cas où elle celles-ci décideraient de rejeter violemment les « sales mecs » aux manettes, puis de prendre les choses en main, via des représentants qui représentent réellement, et non pas les 577. Je suis d’accord avec Antoine, pour penser que l’esprit, comme les pratiques d’Aussaresses, règnent dans la tête des élites et qu’elles n’hésiteront à faire donner des milices et des mercenaires en cas de soulèvement sérieux. On verra d’ailleurs de quel côté le FN se positionne, lui qui prétend défendre le peuple…

      Par ailleurs, concernant le FN, sa montée me semble d’abord à mesurer réellement. On sait les laisses qu’on les instituts de sondages et leur naturel tropismes : argent, pouvoir.
      Ensuite qu’il soit un choix plus « intelligent » que les autres, si je comprends bien Antoine, je ne vois pas en quoi, sauf à croire que le libéralisme undercover et le racisme à découvert serait des choix politiques intelligents.
      Mais l’argument le plus pertinent et solide me semble porter sur la réalité du FN comme parti de soutien aux classes populaires. De ce point de vue là, les français de base sont tout à fait capables de voir que le FN ne livre jamais un seul mot, un seul discours, pour soutenir les efforts réels, concrets, dans telle ou telle entreprise, ou contre telle réforme réelle – qui a vu le FN parler et agir contre la réforme des retraites ? Personne – de milliers de salariés qui cherchent à maintenir leurs acquis sociaux, ou plus simplement leur boite ouverte, quand ce n’est pas éviter d’être jetés à la rue. Sans parler des manifs où on ne voit le parti d’extrême-que pour célébrer une pucelle morte depuis près de 600 ans.
      Malheureusement, il semble bien que les gens soit n’ai pas encore bien vu ces contradictions, ou décident de changer d’âne, et d’en prendre un qui n’a pas eu encore le pouvoir. Et peu par adhésion aux thèses, sauf peut-être à celle concernant les immigrés, mais pour des raisons sociales – manque de travail, manque de logements – plus que par racisme fondamental.

      Tes analyses sur la gauche de gauche me demeurent obscures. Quant au reste, tirer des plans sur ce qu’aurait pu faire l’UMP ou autre groupuscule de droite, me semble vain. Ce parti et satellites ont fait leur maximum et rempli leurs objectifs de destruction des acquis, des droits et des libertés, comme d’étouffement dans le paradigme « profit » des valeurs, des objectifs et des cadres de pensée de la société toute entière, ce qui provoque un collapsus de l’imaginaire – traduit en sondages par la « sinistrose » – un arasement complet des espérances collectives, comme individuelles.

  11. on oppose toujours à la Crise la faiblesse de la croissance, pourtant est-il possible de continuer à faire croître un PIB au détriment des écosystèmes et en favorisant les déséquilibres écologiques ?

  12. Ah je me marre, au début de ce blog, je m’étais fait censurer car j’avais parlé de tête au bout des piques.

    Pas visionnaire, je travaille dans la finance aussi.

  13. Le sujet tombe à pic…

    Imaginez aussi ce qui pourrait arriver. Un soir, vous marchez dans la rue. Dans le lointain vient de se produire une explosion, plutôt un bruit sourd, finalement vous n’êtes pas sûr d’avoir entendu… et pourtant une vague inquiétude se propage parmi les passants. Les gens dans rue sont comme vous, dans l’attente. L’Etat vient de mettre la clef sous la porte. Plus de minima sociaux, plus de retraites, plus de fonctionnaires. Dans certaines zones du pays cela a eu lieu depuis longtemps mais maintenant c’est le Centre. Plus de police non plus. Plus d’ordre, plus de lois ! Certains petits groupes armés et bien organisés se mettent à piller les magasins… les vendeurs sont impuissants. Peut être en ferez vous autant, pour assurer votre lendemain ! … Vous commencez à percevoir le vrai visage de l’anomie.

  14. « Oui, on arrive à un seuil. Cela se manifeste de manière indirecte, dans le nombre de gens qui se disent prêts à voter pour le Front national. Je discutais l’autre jour avec un chauffeur de taxi : il m’a fait une analyse de la situation qu’on dirait d’extrême gauche, et à la fin il m’a expliqué qu’il allait voter pour Marine Le Pen… Cela n’avait pas de sens au niveau politique, mais c’était sa manière à lui d’exprimer son indignation…. »
    C’est terrible, c’est exactement ce que j’entends ici en Belgique, « ils » ont tous peur et sont prêts à voter pour « un chef « , « un leader « qui fera la peau aux marchés….Comme en Hongrie !
    ( par exemple, lisez les posts sur nos « gazettes »…)
    C’est bête quand même que notre éducation à propos des tenants et aboutissants de l’économie soit si faible !
    Maman, au secours ! « ils  » me font peur !…

  15. il m’a fait une analyse de la situation qu’on dirait d’extrême gauche, et à la fin il m’a expliqué qu’il allait voter pour Marine Le Pen…

    C’est comme le gardon qui pour protester contre les brochets, s’en va mordre à belles dent à l’hameçon du pêcheur. Quand il sera dans la poêle avec tous ses congénères écervelés, il sera trop tard. Mais pas pour le pêcheur qui mangera une bonne friture ! 😉

  16. Si le chauffeur de taxi connaissait mélebchon, il voterait pour lui.
    Mais le chauffeur de taxi est un indépendant, qui n’aime pas les communistes.
    C’est le public de choix de tous les poujadistes…
    (Le pen a été lancé en politique par Poujade: Relisez vos classiques: Roland Barthes dans Mythologies)

    1. le pen à été lancé en politique par mitterand à partir du moment ou le PS à renoncé à mener une politique de gauche… c’est une rupture assez visible, d’un coté d’un point de vue économique on renonce officiellement à construire une société socialiste et on s’aligne sur un programe éco. de centre droit, de l’autre et dans la mesure ou ceci équivaut à la fin du politique on s’invente des enjeux purement symboliques: d’une part la construction européenne pour la paix et la prospérité, de l’autre son pendant en négatif : le danger fasciste à nos portes qu’il faut combattre (et qu’il a fallu créer de toutes pièces avec l’aide des médias)… ce qui près de 30 ans après représente encore l’essence du « débat démocratique » tel qu’il est posé encore aujourd’hui dans les médias : « vous aurez l’europe que vous le vouliez ou pas, sinon on vous garantit l’enfer ». avant toute cette mascarade, le pen c’est juste un type farfelu qui électoralement ne représente rien ou pas grand chose, à peine quelques versaillais par-ci et quelques nostalgiques de l’Algérie française par là et 2, 3 bigotes au fond derrière…

      concernant mélanchon, il n’est qu’une pathétique voiture balais veillant avant tout à ce que un maximum des déçus de la gauche soient quand même amenés aux urnes et qu’ils reportent leurs voix sur le candidat du PS le mieux placé au second tour… c’est incroyable qu’il y ait encore des gens pour ne pas s’apercevoir de la supercherie.. (même si votre chauffeur de taxi à compris lui que c’était une couillonnade)…

  17. « Oui, le capitalisme était sauvable. »

    Non.

    – Parce que la Loi des débouchés de Say est fausse.
    – Parce que le monde est une autarcie et que nous n’exportons pas vers Mars.

    Il n’y a pas de remèdes à cela.

    « Autarcie » et « capitalisme » sont antinomiques.

    Donc rassurez-vous, il n’y avait de toutes façon, rien à faire.

    1. Bravo! Je suis toujours perplexe en lisant ce blog qu’autant d’intervenants de qualité fassent l’impasse sur la finitude de notre planète, et plus précisément sur l’épuisement des ressources pétrolières (Voir « Peak oil en 2006)…
      La dégradation accélérée de notre économie est pourtant totalement corrélée à la stagnation actuelle du débit de l’or noir.
      In fine, on ne distribue que les richesses d’une planète que la démographie ne fait qu’épuiser, hélas…

  18. Le dénouement doit être recherché là où beaucoup s’entête à ne pas regarder, ou bien ne peuvent tout simplement pas voir. Mais ce devrait pourtant être vu ici, et par Paul Jorion en tout premier lieu : la révolution citoyenne voulue par le Front de Gauche et Mélenchon est la seule solution honorable. Sinon quoi ? Sinon le désastre en effet : la fin pour de bon de la république démocratique, et à brève échéance.

  19. Le programme du FN est inexistant, il ne séduira pas les gens.

    Nous venons chercher dans ce blog une vision pour l’avenir. L’élection présidentielle 2012 à ce titre est déjà du passé, joué et re-rejoué dans nos têtes. Réélection de Sarko le sale mec, émeutes pendant trois jours, fin de l’histoire. J’aimerais entendre parler de l’après demain qui nous guette à la croisée du « kairos », des conséquences de la chute imminente dans le chaos pour m’y préparer un peu mieux.

    avec le blocus possible de l’Iran,
    le succès possible d’un libertarien à la présidentielle des USA,
    le possible bank holiday européen,
    le doublement possible du prix du blé…

    Le vote FN est possible son élection ne l’est pas. Les résultats de la présidentielle 2012 seront très logiques: Le FN gagnera des voix par le truchement du vote nul ou blanc. Les français ne veulent pas du FN pour gouverner, ce n’est pas un parti de gouvernement… ce sont des énergumènes au sens étymologique du terme, des excités d’une colère et d’une violence diabolique dans les propos et dans les actes. Les gens ne seront pas dupes de cela, ils ont de la jugeote.

    La tradition française du vote protestataire blanc ou nul et du dimanche à la pêche grossirait mécaniquement le score des petits partis infréquentables.

    Je rappelle que nous nous dirigeons par gravité vers quelque chose ressemblant à de l’union nationale. D’un tel système, le FN s’autoexclut: il ne cesse de gloser sur « l’umps ». Les votes FN se reporteront mécaniquement sur le canada dry de la droite fascisante. Comme ils représentent 60% d’intention de vote sur certains sondages internet, le candidat UMP sera réélu. Point.

    Enfin, je le rappelle, j’ignore de quelle manière un pays de vieux comme la France, qui a fait sa transition démographique depuis longtemps et même son papy boom, pourrait vivre une révolution facebook. Je n’attends que ça, mais j’en doute…

    Donc le vote FN semble massif, il ne nous permet que de préjuger de la réélection de Sarko. Bonne Année 2012!

    1. Et oui! J’crois ben qu’c’est comme ça que ça va se passer!
      Le FN aura bien fait « son boulot », encore une fois! C’est-y pas pour ça qu’il existe?
      Pour vous servir…

    2. Nos sociétés sont pensées pour éviter les révolutions carnavalesques. Cynisme inside.

      Par exemple, si les Champs Elysées sont larges ce n’est pas pour faire joli, c’est une mesure anti-émeutes, leur largeur empêche la barricade.

      L’automobile pour tous est un moyen d’évacuer la pression. Un peu de conduite tous les jours, c’est une activité de vertige et de défoulement primal qui achète la paix sociale. « L’automobile fait de chaque homme un tyran » comme le disait si bien R.A. Lafferty, qu’on cite souvent par erreur comme un visionnaire des années 1800 alors qu’il n’est qu’un auteur de science fiction du vingtième siècle.

      Voyons… avec quoi d’autre les régimes orwelliens achètent la paix sociale… On stigmatise les pauvres avec des primes de noël, des minima sociaux, la subvention des restaus du coeur, on laisse un peu brasser le vent l’acteur Augustin Legrand au JT de 20h, pour lui proposer un rond de cuir qu’il esquive fort heureusement…

      Nos jeunes sont désarmés face aux mécanismes de ce monde Orwellien par lequel ils ont été conçus. Si on leur fait lire 1984, ils ne comprennent même pas qu’on leur fait lire ce qu’ils vivent en 2012, ils croient que c’est un roman de science-fiction.

      La jeunesse (et les moins jeunes aussi) raffole de ce petit rêve de noosphère sous télécran, l’internet… Cela aurait pu être un vertige plus abismal mais elle n’est tombée accro que de se pâmer pour un tout petit rien, le miroir d’un petit peu de soi même dans un blog. Avec pour corollaire les flashmob où tous les rats des villes se retrouvent charmés par un joueur de flûte invisible… réminiscence du joueur de flûte de Hamelin. Il est merveilleux ce conte. Il nous raconte ce qui nous attend bientôt.

      La jeunesse se réclame de toute novlangue pourvu qu’elle se revête d’intention révolutionnaire. Ainsi ligotée, elle semble incapable de ne construire autre chose que… des barricades intérieures. Fin de l’histoire…

      Encore une fois je crève d’être surpris un beau matin du contraire.

      On va tout droit vers le triomphe brutal d’un sombre joueur de flûte qui nous enlèvera tous nos enfants. Nombre de gens attendraient avec impatience l’arrivée d’un certain homme providentiel en ces temps tourmentés. Ils succomberont aux promesses de dératisation du premier joueur de flûte qui se présentera car ils pensent que les rats sont la cause de leurs problèmes.

      http://www.youtube.com/watch?v=QFnwXoh4A0s Le joueur de pipeau Hugues Aufray

      http://www.dailymotion.com/video/xak2h_megadeth-symphony-of-destruction_music Megadeth symphony of destruction

      Just like the Pied Piper
      Led rats through the streets
      We dance like marionettes
      Swaying to the Symphony …
      Of Destruction

      1. Ce bon Mustaine a écrit quelques joyaux, merci de nous les rappeler…

        Et ça nous change du Folk des 60’s

  20. M. Jorion, une analyse du programme du Front de gauche serait la bienvenue pour montrer en quoi elle ne présente pas d’intérêt à vos yeux si on en juge à l’ignorance dans laquelle vous tenez ce protagoniste du débat politique en France. Pourtant, à confronter vos propos à ceux du FdG, il peut sembler à première vue que les uns vont plutôt dans la direction qui se dégage de vos observations ? Afin d’aider les électeurs à s’y retrouver et à parfaire leur compréhension de la situation politique en lien avec la situation économique et sociale, sans oublier l’environnement, une intervention de votre part sur ce thème, sans vous compromettre, serait la bienvenue. A fortiori en période électorale : il y va presque d’une mission de service public ! A tout le moins d’une démarche de concitoyenneté qui consiste pour un citoyen un peu plus éclairé que les autres à diffuser ses lumières pour éclairer la compréhension d’autrui que cela peut intéresser 🙂

    1. J’avais tenté l’autre jour, sur un autre fil, une approche un peu moins radicale que la votre. J’avais proposé une critique objective des propos tenus par Mélenchon sur son blog au sujet de la crise, et de l’analyse qu’il en faisait. Rien que cela. Savoir si son diagnostic et sa vision économique et historique de la situation semblaient justes et valides aux participants et animateurs de ce blog. Rien d’autre. Pour ce qui concerne ses solutions (et celles de Généreux) chacun est libre d’y adhérer ou non. Mais rien n’empêche de faire une critique de ses  » articles économiques » comme on pourrait le faire avec ceux de B.Teinturier, E.Todd ou… J.Lacan.
      (sourire)

  21. Je ne pense pas que les Francais se révolteront; le pays ne s’est pas enconcre suffisament approché du grouffre, une large partie de la population est contentée par un salaire et un CDI. D’autres facteurs inhibiteurs: la télé et les élections.
    Dans les années 20 et 30, les gens se sont réunis dans des bistros ou salles pour discuter, pour élaborer des plans d’action; les partis de gauche étaient vigoureux, leurs leaders des véritables personnalités. La cohésion des groupes était plus forte. Aujourd’hui les gens font leur petite révolution devant la télé. Les techniques avancées de la communication (internet) offrent une multitude de distractions, susceptibles de chasser toute réflexion autonome sur des sujets politiques ou économiques – on consomme, mais on ne traite pas les contenus.

    Les élections ne changeront strictement rien. Le pire serait le FN au povoir. Dans ce cas, la France ressemblerait probablement à l’Hongrie d’aujourd’hui.

    Mon espoir se porte sur les jeunes. Ils ont pris conscience que leur avenir risque d’être bloqué, et cela pour longtemps.

    1. Mon espoir se porte sur les jeunes. Ils ont pris conscience que leur avenir risque d’être bloqué, et cela pour longtemps.

      Voilà une bonne raison de penser que la révolte n’est pas impensable en France.
      Si il y a des manifestations qui ces dernières décades ont prouvé leur efficacité ce sont bien celles organisées par les mouvements étudiants. On ne compte pas le nombre de réformes avortées sous la pression étudiante. Les étudiants seront peut-être la mèche qui allumera la révolte. C’est un milieu qui associe l’expertise des réseaux sociaux et la présence massive d’individus en des lieux de rassemblement physiques : les universités. Quoi de plus efficace pour mobiliser les masses en un rien de temps ?
      Jusqu’ici ces manifs (à l’exception notable de 68 bien sûr) visaient des revendications concernant l’organisation des études, la vie étudiante, rien qui concerne une contestation du pouvoir en place, du système en tant que tel, mais il arrivera bien un moment où motif de mécontentement catégoriel et contestation globale ne feront plus qu’un. Les universités — et gageons les Lycées aussi — ne vont pas continuer de vivre leur vie en vase clos alors que la société dans son ensemble vacille sur ses bases.

      1. @ Pierre-Yves D.

        La justesse de votre commentaire me rappelle un passage du livre de Boltanski « Le nouvel esprit du capitalisme », ouvrage majeur à lire et à relire.

        La formulation d’une critique suppose au préalable une expérience désagréable suscitant la plainte, qu’elle soit vécue personnellement par le critique ou qu’il s’émeuve du sort d’autrui (Chiapello, 1998). C’est ce que nous appellerons ici la source de l’indignation. Sans ce premier mouvement émotif, presque sentimental, aucune critique ne peut prendre son envol. En revanche, il y a loin du spectacle de la souffrance à la critique articulée; le critique a besoin d’un appui théorique et d’une rhétorique argumentative pour donner de la voix et traduire la souffrance individuelle en des termes faisant référence au bien commun (Boltanski, 1990; 1993). C’est pour quoi il existe réellement deux niveaux dans l’expression d’une critique, un niveau primaire, du domaine des émotions, qu’il est impossible de jamais faire taire et qui est toujours prêt à s’enflammer pour peu que de nouvelles situations forçant l’indignation se présentent et un niveau secondaire, réflexif, théorique et argumentatif qui permet de soutenir la lutte idéologique mais qui suppose la ressource de concepts et de schèmes permettant de lier les situations historiques que l’on entend soumettre à la critique à des valeurs susceptibles d’universalisation… Elle est particulièrement présente chez les jeunes, qui n’ont pas encore fait l’expérience de la fermeture du champ des possibles constitutive du vieillissement, et peut former le substrat à partir duquel une relance de la critique redevient possible. Ici réside la garantie d’un travail critique toujours renouvelé. ( page 86 Editions Tel Gallimard)

        Ce passage est à méditer. Personne ne peut savoir si l’indignation qui traverse aujourd’hui les opinions publiques débouchera sur une révolte, mais il est par contre évident que nous assistons à la renaissance d’une vive critique sociale qui s’était endormie depuis les années 80 et que la jeunesse aura un rôle important à jouer. Sous les braises de l’indignation couve le feu.

        Toutefois et comme Boltanski se plaît à le faire remarquer avec moults exemples, le capitalisme possède une étonnante capacité d’adaptation et de récupération des revendications, et même, contrairement à ce que certains croient, c’est parce que l’anticapitalisme existe, que le capitalisme a survécu en se nourrissant de ses oppositions par la pratique du compromis. C’est aussi parce que cette opposition a été quasi inexistante depuis 30 ans, la gauche s’étant majoritairement ralliée à ses dogmes, son principal adversaire ayant été anéanti après la chute du Mur de Berlin et la désyndicalisation ayant fait son chemin, qu’aujourd’hui, il périclite faute d’un puissant contre-pouvoir. Il est donc possible que sous l’effet de cette nouvelle critique sociale, les mutations auxquelles nous allons assister dans les années à venir ne soient que les prémisses d’une nouvelle jeunesse et de la naissance d’un nouvel ordre capitaliste. C’est un risque dont nous et les jeunes devons avoir conscience.

      2. L’Homo Cloudens [@ Pierre-Yves D. et Germanicus]

        Je suis plutôt de l’avis de Germanicus. J’appelle Homo Cloudens le successeur de l’Homo sapiens (après Homo faber et economicus), l’homme qui interagit avec un patrimoine immatériel, dont le mot-valise est « the cloud », le « nuage »où l’on nous propose de caser nos supports de mémoire, que nous verrons par le truchement d’écrans, Bluetooths, wifi, 5G, GbitE etc. Un peu comme l' »Anthropocène » de Lorius, pour la géologie, l’anthropologie a pondu un Homo Cloudens, l’humain dans son nuage.
        Et comme il se croit Dieu, surtout jeune, il se révoltera peut être, mais autant la classe bourgeoise avec quelque chose de clair à gagner en 1789 (les terres, les moyens de production, la casse des corporations,…), autant ce que le jeune désire aujourd’hui est à la fois là (the cloud, accessible) et pas là (le job, dont la finalité se limite à choisir son camp dans les Rolexables , 0,01%, les semi-rolexables, les 1%, et les non-rolexables 99%).
        Ces jeunes qui seraient mis au pouvoir, quelle constitution feraient-ils ? Certes, le miroir brisé, on ne doit pas demander en combien de morceau il est, mais on peut observer que si personne ne met les morceaux avec le dessus dessus et non dessous, on ne fera pas de nouvelle mosaïque facilement, d’où une restoration « bourgeoise » dicté par les effectifs de vieux dont une caractéristique peu glorieuse est qu’ils sont dépendant (bénéficiaires) de la sécu (la dernière année de vie en consomme autant que tout le reste, je crois, ce genre de stat). Il y aura donc du « lourd » dans les décisions de pouvoir, et pas tant de place que ça aux jeunes, ni aux femmes (ce qui serait the revolution ? ! taquin que je suis)

      3. Suis d’accord avec timiota. Même je ne connais pas beaucoup de jeunes, ceux que je côtoie n’ont aucune conscience politique, au sens tout simplement de l’intérêt général. S’ils voient leur avenir bouché, ils ont la naïveté de croire à la méritocratie, et pensent que eux, vont s’en sortir. Parce que leurs parents les ont élevés comme ça. Je pense à ma petite cousine, qui fait une école à 6000 euros l’année, avec une scolarité de 5 ans! Ses parents ont contracté un pret pour la premiere année, mais elle devra pour les suivantes, s’endetter elle-même. Et ses parents n’y voient rien à redire et trouvent ça normal. Si on ajoute le consumérisme prononcé des jeunes générations, je doute qu’une révolte, si elle a lieu débouche sur quelque chose de positif. Perso, je reçois des powerpoint, et autre photo montage, dénonçant la situation, mais cela finit toujours par une stigmatisation des étrangers. Pour moi, ça pue, tout ça.Et de droite ou de gauche, c’est toujours la même chose: on attend le messie, lors du carnaval de l’election présidentielle. Forcément que la déception est rude.Et débouche sur les pires contestations.

  22. Le capitalisme est très loin d’être mort.

    Et une révolte sans projet politique, ça s’appelait une jacquerie.
    La France en a connu sans que les seigneuries ne disparaissent dans la foulée.

    1. Je crois plutôt que ce sont Paul ou Lordon
      qui ont raison en évoquant symboliquement 1788…
      En plus, nous savons très bien, ce qui détruit les hommes et la planète:
      la logique désormais mortifère du profit.
      Et ce qui permettra aux peuples d’initier une révolution de civilisation:
      exproprier le capital, condition même d’une réorganisation démocratique
      de toute vie économique et politique.

      Sur cette base, toutes les expériences passées et toutes les innovations
      seront bienvenues, avec erreurs et corrections, mais en échappant à la barbarie.

      1. @Charles A.
        Je suis d’accord avec votre raisonnement, mais @Wilmotte Karim n’a pas tout à fait tort…
        Un lecteur du Monde Diplomatique de janvier réagi à l’article de F. Lordon de décembre,
        en précisant « que de 1660 à 1789, on comptabilise environ sept mille six cents (7600) révoltes dans le royaume de France ».
        La comparaison historique n’est pas forcément valable avec l’époque actuelle, il est impossible de faire des prévisions précises, même si beaucoup d’éléments s’accumulent pour un soulèvement plus ou moins proche…Au moment où l’on s’y attendra le moins !?

      2. Exact, impossible à prévoir.
        La lecture du Monde de début Mai 68 est intéressante: la France s’ennuie.
        Dans milieux militants, on chauffait fort le terrain,
        mais on ne s’attendait pas non plus à la plus longue grève générale…

        Mais avec le désastre social en cours,
        et écologique qui peut s’emballer sans prévision réelle,
        le plus probable, c’est que cela pète, effectivement.

        Le défi, c’est que cela soit en faveur de la démocratie,
        pas de la paralysie puis du fascisme.
        Pour cela, il faut mobilisation et révolution par en bas,
        et abattre la dictature du capital,
        pas se contenter des paroles et des urnes,
        qui n’ont jamais, nulle part, écarté une classe dominante.
        C’est possible dans beaucoup de pays, comme jamais!

  23. Je suis 100 % pour le front de gauche et Mélenchon.

    Je ressens aussi un profond écoeurement et une volonté de changement.

    Je ne sens pas (pas encore) l’énergie révolutionnaire du changement, celle qui va porter aux avants postes des forces révolutionnaires authentiques.

    Je n’ai aucune illusion. Les profiteurs du système seront prêts à tout pour sauvegarder leurs privilèges. Ce sera une bataille entre la vie et la mort.

    quand les victimes du système se réfugient dnas le vote « le pen », c’est un signe très particulier, pas très positifs.

    C’est le signe qu’on n’est pas prêts ni à prendre réellement son destin en main, ni prêt à affronter les vrais puissants. Le vote Le Pen, c’est quand même la démagogie anti-immigrées avant tout. C’est la lacheté de s’attaquer aux faibles en s’alliant aux puissants (à l’état, sa police, son armée) plutôt que de s’attaquer aux puissants en se reconnaissant entre frères de sorts, entre prolétaires.

    J’y vois deux raisons. D’abord, évidemment, une propagande puissante et bien organisée en ce sens (et très habilement).

    Cette explication ne suffit pas. Il est frappant de voir avec quelle facilité le FN se permet des discours radicaux, provocateurs, alors que la gauche (je m’inclus dedans !) dans son ensemble verse dans différentes formes de politiquement correct, se refuse à appeler un chat un chat, et est dès lors incapable de rassembler des forces réellement révolutionnaires. Alors oui, qu’on soit chauffeur de taxi ou pas, sans une conscience politique solide, on peut voir raisonnablement une perspective radicale, à la hauteur des souffrances, là où précisément, elle n’est pas.

    Je vois derrière cela une raison idéologique de fond. Avec la fin de l’URSS, la gauche, même communiste, même l’extrême gauche(plus ou moins) finalement, a tiré un rideau sur ses perspectives révolutionnaires, sur le renversement nécessaire du capitalisme, sur l’expropriation des capitalistes, sur l’établissement d’un pouvoir populaire, sur l’existence même de la lutte des classes et la nécessité d’une organisation politique indépendante pour les travailleurs.

    Tant que nous n’aurons pas repris l’analyse historique du vingtième siècle, des expériences socialistes, de leur évolution (générale) vers une restauration du capitalisme (pourquoi ? comment ?), alors, la perspective révolutionnaire sera bouchée, et nous serons réduits à espérer qu’enfin les contradictions du système se résolvent d’elles-même.

    C’est une posture douloureuse.

    1. Exact: le désastre du socialisme réellement existant pèse toujours,
      comme la trahison des sociaux-démocrates, à toutes les occasions.
      D’où l’absence totale de perspective socialiste et de pouvoir des travailleurs
      des dirigeants PS, PC et autres du FdG,
      dont les dirigeants sont toujours prêts à l’embauche au service de l’Etat.

      Mais ceux, à l’EG, en France et dans le monde entier,
      qui n’ont jamais considéré la dictature stalinienne ni les PS comme le socialisme,
      n’ont jamais cessé de proclamer la nécessité d’une démocratie réelle, le socialisme.
      L’heure approche des affrontements qui en feront l’actualité.

    2. concernant l’analyse de notre époque au prisme des aventures socialistes ( de gouvernement avec les socialistes, de dictatures avec les staliniens ) je me sens un peu moins seul ………..

      Par contre, je pense de plus en plus que les révolutionnaires doivent reprendre le thème de la démocratie
      l’extrème gauche a trop longtemps fait un trait d’égalité entre la démocratie bourgeoise et La Démocratie ( et je me compte dans cette impasse )

      la démocratie, comme revendication révolutionnaire, comme la poursuite et l’intensification ( et sa mise en pratique réelle ) de la démocratie qui ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises ni aux portes des toutes les institutions école, hopitaux, ….

      1. @ Gorban

        100% d’accord.
        Je le rappelle sans cesse, c’est le coeur et la clé de tout projet alternatif au capitalisme.

        C’est la leçon des expériences dites « socialistes ».
        Exproprier le capital est la condition immédiate de la poursuite de l’aventure humaine.
        Mais la pratique toujours renouvelée, et intransigeante de la démocratie
        est la condition nécessaire.
        Même du point de vue de l’efficience économique.
        Sans gestion démocratique, pas de motivation durable à contribuer à l’entreprise commune.

  24. Je discutais l’autre jour avec un chauffeur de taxi : il m’a fait une analyse de la situation qu’on dirait d’extrême gauche, et à la fin il m’a expliqué qu’il allait voter pour Marine Le Pen…

    Ben oui, c’est le schéma en vigueur…Celui qui a amené le président actuel au pouvoir : on pique les idées à gauche, on convoque Marx et Jaurès….pour mieux se faire élire à droite…
    Du coup, à gauche, on ne sait plus quoi dire…(Certains voteront Mélenchon, mais ça fera peu, tant le public préfère l’ersatz, le « chèvre-chou ».)
    Chirac avait déjà utilisé la même formule avec réussite…

    En d’autres temps cela s’appelait « Faire passer des vessies pour des lanternes ».

  25. J’espère que vous aurez un peu de temps pour visiter Lyon et manger dans un bon bouchon. Un peu loin de la Croix Rousse, derrière les universités du quai Jean Moulin, il y a bien longtemps mais le souvenir est toujours vivace: le Tibouren. Sur les pentes ou le plateau, ou la presqu’ile, la cochonnaille est partout.Bon débat.

      1. @Paul,

        N’allez pas vous promener looké gauchiste du côté de Saint-Jean (c’est marrant c’te manie qu’ils ont de se regrouper autour des Saints, z’ont peur ma parole !), ou alors, on y va nombreux 😉

    1. Lyon – une ville magnifique effectivement….
      un p’tit marche sur les quai de Saone un matin d’hiver ensoleille….
      ca me manque…

  26. Paul Jorion donne un éclairage clair et juste.
    Maintenant il faut passer aux propositions: le Front de Gauche avec Jean Luc Mélenchon correspond exactement aux bonnes solutions humaines.

  27. Je trouve tout de même un peu facile de taper sur le chauffeur de taxi cité par Paul Jorion.

    Faut analyser ce qui se passe un peu plus en profondeur sur la stratégie des différents candidats à la présidentielle, et non se contenter de l’écume des médias.

    Le contexte apporte des voix à Marine le Pen, c’est vrai. Mais les phrases creuses de ses adversaires lui en apportent tout autant.

  28. Il y a beaucoup de commentaires péremptoires sur l’élection de tels ou tels candidat à la
    présidence,avec de longues tirades de logiques déductive,des raccourcis faciles,des affirmations toutes faites sur ce que pensent ou subissent les gens au quotidien,tandis que je pense que sur ce blog,et je m’en excuse par avance,les commentateurs sont d’une manière générales d’une catégorie-socio professionnelle intellectualisée,dite ‘supérieure ».

    Que sait-on vraiment du fond de la pensée de l’ouvrier,du prolétaire,qui sait lui aussi réfléchir,à la différence près que lui le vit,ce quotidien ? Qu’est-ce qu’il pense de toute cette classe politique qu’il voit chaque jour à la télé depuis 30 ans,accéder aux plus haute fonctions,et qu’il associe inévitablement à la baisse de son niveau de vie ? Vous pensez vraiment que vous arriverez à le convaincre d’ici à 2012 de ne pas voter FN ?

    Que sait-on de cet ouvrier qui n’a pas forcément envie ni le temps de s’intéresser à Keynes,à Hegel,à Marx,mais qui à juste envie qu’on arrête de le prendre pour une andouille depuis tant d’années ?

    Moi,plutôt que de procéder par élimination,j’essaie plutôt de me poser les bonnes questions :

    La première qui me viens à l’esprit est la suivante :

    Très franchement,que vaut un Sarkozy d’une impopularité jamais égalée dans l’histoire de la V ème république,face à une Marine le Pen qui dit ce que les Français veulent entendre ( sans forcément que son programme soit réaliste ) ?

    La deuxième :

    Qu’est-ce que la gauche à de plus qu’en avril 2002,elle qui a toujours les même éléphants au pouvoirs,les même idées capitalistes que la droite,à la différence qu’elles sont non-assumées, sous couvert de justice sociale,d’embauche de fonctionnaires et d’ouverture des frontières?

    J’aimerai qu’on dissuade tout ces gens de voter FN,mais très franchement,quelque part,à-t-on le droit,l’audace,de leur dire qu’ils se trompent de révolution,au vu de l’échec politique de ces 30 années ?

    On leur dit de voter qui à ces gens-là,du coup ?

    A titre personnel,je pense malheureusement devoir voter blanc.

    1. @Horizon

      Tout juste. Je crois avoir déjà dit ici – sinon c’est l’occasion parfaite pour le faire – qu’on ne peut pas théoriser la misère, on ne peut que la vivre. Or quand bien même certains ici pourraient revendiquer le souvenir ou l’expérience présente d’une période de vache maigre (misère économique), peu voir aucun ne peut se prévaloir d’une quelconque misère intellectuelle, ou plutôt culturelle – d’ailleurs de telles personnes ne seraient-elles pas filtrées d’emblée par la modération? – chacun en étant alors réduit à imaginer quels en sont les effets.

      Malheureusement, l’empathie a ses limites qui ne permettent pas de comprendre dans leurs moindres détails les ressorts de la pensée d’autrui. Ainsi, il était déjà impensable – et pour ainsi dire impensé – que le FN passe le premier tour en 2002. Les faits se sont chargés de démontrer le contraire.

      Reste à savoir dans quelles proportions cette part de la population qui pense la politique avec les moyens dont elle dispose – moyens partiels et partiaux, insuffisants, inadéquats. – a évolué depuis 2002. Si je m’en réfère au milieu social dans lequel je vis en tout cas, le pire est à craindre. Ceci dit, ce milieu est-il représentatif de la majorité de la population française? C’est là la grande question à laquelle je n’ai pas de réponse. Pour l’instant…

  29. @ à tous ceux qui pensent à une révolte

    Souvenez-vous de l’Argentine en 2000/2001 et ses révoltes de la faim. Pillages de magasins et au moins 38 morts (officiellement) dans les émeutes.

    Si vous voulez une révolte, il faut que la passivité des gens soit réveillée par la FAIM.

    Cela peut venir vite, car dans notre société de consommation, les grandes surfaces n’ont qu’entre 48 heures de stock pour les produits alimentaires frais et 1 à 2 semaines pour les produits secs.
    Et cette fois contrairement à la période 1940-1945, les campagnes ne pourront pas aider les villes, l’exode rural et le productivisme agricole sont passés par là.

  30. Bonjour M. Jorion.

    Il y a décidément quelque chose qui me gêne terriblement à vous entendre évoquer aussi souvent, et de manière si positive, le « discours de Toulon de Nicolas Sarkozy ».

    Non pas que les idées qui y étaient énoncées me semblent hors de propos ou inadéquates, mais je ne pense pas que l’on puisse honnêtement associer Nicolas Sarkozy à la volonté de progrès social ou au combat acharné contre la financiarisation.

    Vous savez bien que ce personnage utilise et recycle tout ce qui semble pouvoir le rendre sympathique aux yeux de ses spectateurs (je ne peux pas oublier la grande messe-mascarade du Grenelle de l’environnement, les citations de Jaurès faites la main sur le cœur, l’utilisation frauduleuse de la lettre de Guy Mocquet, militant communiste, la promesse de permettre aux français d’accéder au système du crédit hypothécaire à des fins de justice sociale, la sécurité maîtrisée, etc., etc.).

    il ne vous échappe pas que la répétition, que dis-je, le matraquage d’un terme associé à un objet finit par produire chez l’auditeur ou le lecteur un effet d’association entre les deux éléments, c’est là une des bases des techniques de propagande.

    L’utilisation répétée de ce terme « discours de Toulon » crédite à n’en pas douter M. Nicolas Sarkozy d’intentions qu’il n’a à mon avis jamais eues. Il s’agit d’un discours, et ce président n’en a jamais été avare, bien au contraire, il base sa communication sur ces paroles qui balaient tout le champ du possible, d’un bord à l’autre, sans que des actions concrètes viennent à la suite apporter leur contribution à l’amélioration des situations dénoncées. Les exemples en ce qui le concerne sont légion.

    Aussi, je vous le demande en ce début d’année, énoncez les idées qui vous semblent à même d’apporter des solutions à nos problèmes, nous en sommes demandeurs, qu’elles aient été énoncées dans ce discours ou pas, mais n’ajoutez pas à nos soucis en faisant, sans en avoir l’intention je n’en doute pas, une inutile publicité à ce bonimenteur de foire.

    Merci à vous et à M. Leclerc. Tous mes vœux pour 2012.

  31. En page 12 du Monde Diplomatique de janvier 2012, un article sur « progrès social et développement durable » que l’on pourrait croire écrit ou du moins inspiré par Paul Jorion. Les experts du PNUD (programme des Nations Unies pour le Développement) ont produit un rapport qui met en évidence « les failles du système actuel dévoilées par la crise financière » et qui insiste sur « les inégalités, à la fois expression du système dominant et frein à toute sortie qui n’est pas tant budgétaire que liée à une mauvaise répartition des richesses. »
    Les experts des agences des Nations Unies (PNUD et OIT) montrent la cause des impasses actuelles, font des propositions très concrètes, adaptées aux différents continents, mais savent que rien de ce qui pourrait sauver ne sera mis en œuvre car le capitalisme qui domine toute la Planète n’a que des vues à court terme inspirées par une recherche d’un profit égoïste et suicidaire à terme.
    Quand même, quelques lueurs d’espoir en Amérique latine où quelques pays (Brésil, Bolivie) montrent que « les progrès sociaux ne sont pas incompatibles avec le dynamisme économique ».

  32. On veut pas que Sar-ko-mence et on ne croit plus Hollande-main qui chantes.
    De plus prenez garde lorsque vous parlez de la gauche.
    Le Parti Suicidaire n-y es plus associés. Depuis fort longtemps il nous l’a démontré.
    Une seule solution…L’Humain dabord!
    Et pour cela, qui de mieux que le Front de Gauche???

  33. Moi je pense que vous en savez tous rien de si le peuple va se révolter ou non. Le Sociomètre ne marche pas. Les peuples peuvent endurer plus que de raison et parfois irraisonnée s’envole la révolution.

    A part ça, je serais gréé aux militants du Front de Gauche de ne pas faire comme les fachos, de la censure spamique. C’est relou de voir de la publicité pour les politiques à chaque ligne. De plus, avec le nouveau nom, il va falloir que vous fassiez attention à ne pas vous faire amalgamer. Tout le monde à déjà entendu parlé du stupide slogan UMPS. Et bien il ne faudrait pas que l’imaginaire des gens créé un truc du style : « les Fronts même combat ». La gauche, quelque qu’elle soit ne doit donc jamais utiliser les méthodes des fachistes, ni celle des gonz de droite, sinon on perdra.

    A cause de deux axes :
    -Le grand axe idéologique des fachos depuis Poujade: « gauche droite tous pourris »
    -La dernière défense idéologique de la droite est : « C’est tous pareils, alors autant garder ceux que vous connaissez déjà et dont vous savez les compétences » (ça fait un bail et les gens y croient toujours)

    Il n’y a qu’un pas pour y voir connivence pour détruire la gauche, ou au moins l’écarter.

    Alors svp, les FG, changez de style 🙂
    (D’ailleurs Mélenchon est quand même un peu trop autoritaire à mon goût, alors pour le slogan « l’humain d’abord » j’ai du mal à croire le FG)

    sinon je suis d’accord avec certains que parfois, par ici, y’a des relents nostalgiques. Mr Jorion est capitaliste à mon avis et sans le connaitre le moins du monde, juste en lisant et écoutant, je pense qu’il a voté Sarkozy en 2007.
    Après comme à dit Miterrand, ce qui compte c’est de faire son évolution, même tardivement. Et une évolution, c’est long, alors patience…

      1. @Julien

        Ne sous estimez pas le pouvoir du terrible lobby belge ! Je soupçonne de plus en plus Paul d’être le Grand Maître de la loge secrète de la belgo-attitude, secte dont je fais évidemment partie, mon nom de famille m’ayant trahi et poussé Paul à envisager de faire de moi un citoyen d’honneur belge au détour d’un commentaire 😉

        Leur emblème n’est pas une pieuvre mais un alambic recouvrant la planète de ses tubulures enivrantes 😉

        Bon j’arrête le délire, désolé, j’avais besoin d’un moment de détente.

      2. Je m’auto-cite : « à mon avis et sans le connaitre le moins du monde, juste en lisant et écoutant »

        (à lire juste au dessus, je cherche pas où vivent les gens ni leur nationalité. Désolé je suis pans (d)en vogue)

      3. n’importe quoi je vois pas en quoi chercher la nationalité et l’adresse de quelqu’un va changer quelque chose à ce que j’écris…

      4. @ Jacques Tourbière

        Dans ce cas précis, ça vous aurait évité d’écrire que Jorion était un électeur de Sarkozy

        Plus généralement, si vous lisiez ce qui s’écrit sur le blog, ça vous aurait évité d’écrire que Jorion était un laudateur du capitalisme.

        Mais, eh, vous avez raison après tout : il y a de la lumière, on rentre, on raconte n’importe quoi et après on s’offusque. Pourquoi pas…

  34. ah ? laudateur… je vois pas où j’ai écrit ça. Je vais expliquer mon dernier paragraphe alors, avec ces lumières écolos, on y voit pas bien ^^

    « sinon je suis d’accord avec certains (sous entendu commentaire que j’ai lu) que parfois (certaines fois), par ici (dans ce blog), y’a des relents nostalgiques (Il y a des moment où je trouve que l’on ressent comme des petits regrets du bon temps du capitalisme d’avant qu’il y ait trop de problèmes). Mr Jorion est capitaliste (ben quand même il en a quand même été un acteur actif non ?) à mon avis et sans le connaitre le moins du monde (sans connaitre sa nationalité ni chercher son adresse dans l’annuaire), juste en lisant et écoutant (on peut écouter sans lumière), je pense qu’il a voté Sarkozy en 2007. »

    Et juste une question, mon sociomètre, premier paragraphe, ça aussi c’est une énormité ?

      1. « a voté »

        manichéen. la vie n’est pas capitaliste VS pas capitaliste
        je voulais exprimer qu’il était un « capitaliste repenti ».

        Bref. Dans le cas où vous vous occupiez de ce blog (ou si quelqu’un qui a ce pouvoir passe par ici), serait-il possible d’effacer toute cet absurde échange ? Tous les autres nous en remercieront.

      1. c’est du appris par coeur, le darwsinisme du point godwin. Avant on invoquait les nazis (voir plus bas) maintenant on invoque les trolls

    1. Et juste une question, mon sociomètre, premier paragraphe, ça aussi c’est une énormité ?

      On appelle çà comme on veut
      je dirais plutôt une « connerie »

    2. « ben quand même il en a quand même été un acteur actif non ? »

      Comme Engels.
      De manière générale, je trouve erroné de croire que ce que fait un individu dans un cadre social donné est représentatif de sa pensée ou de sa volonté propre. Le cadre détermine les comportements. Et on aura beau se fouetter, faire pénitence et chanter en choeur qu’il faut mettre ses actes en adéquation avec sa pensée, ça ne changera rien à la réalité du cadre. Au pire, on tombe dans le pharisianisme et on se permet de juger et de regarder les autres de son estrade morale.

      « Et tout ce que je puis dire à ceux qui croient qu’ils peuvent parler, se taire, en un mot, agir, en vertu d’une libre décision de l’âme, c’est qu’ils rêvent les yeux ouverts. » Spinoza. Ethique, III, proposition 2, scolie.
      « Je vois le bien, je l’approuve, et je fais le mal. » Ovide. Métamorphoses.

      1. «  » »Le peu de conscience que je peux espérer , c’est celle du poids de mes chaines ….et du peu de « JE » qu’elles me laissent «  » » »… (Johnny Halliday)

  35. Soit.

    M Jorion dit qu’il pense que les peuples vont se révolter.

    « Oui… Les mouvements d’indignés sont des protestations qui restent assez domestiquées. Dans certains pays, les gens réagissent en fonction de leur degré de souffrance : ils manifestent un peu quand ils souffrent un peu, et davantage s’ils souffrent plus… Mais en France, on n’a pas cette tradition. On encaisse jusqu’à un certain seuil, et puis ça explose. »

    Cette explication m’a fait penser à la théorie de J. Moreno (dans fondements de la sociométrie) qui part de la considération que la révolution est un phénomène de groupe comme les autres et comme M Jorion a parlé de niveaux de souffrance. J’ai enchainé sur le sociomètre en disant que cela ne marchait pas (en suivant l’exemple de Decouflé A. lorsqu’il contredit cette théorie)

    Je trouve la situation difficile, car
    -il n’y a pas de projet révolutionnaire construit (l’initiative utopie réaliste de ce blog veut peut-être palier à cela),
    -Une des-historisation de la population (ce désamour de la majeure partie pour l’histoire)
    -Une trop grande distance ressentie entre les gens et les classes au pouvoir. On ne peut pas bien la mesurer, donc encore moins la franchir
    -De plus le peuple n’a plus aucun mythe à se réapproprier pour s’élancer dans une révolution, l’image même du monde meilleur à été massacrée, cette image se situe plutôt dans le doux rêve irréalisable que dans l’objectif.
    -Pour finir, les gens ont trop à perdre, le matérialisme a changé de côté. Avant les gens n’avaient rien, ils se sont révoltés pour « posséder », maintenant, c’est différent. Il faudrait se révolter pour posséder plus et risquer de ne plus rien avoir du tout.

    Sur ce, je suspends mon vent 🙂

  36. Bernard Laponche, spécialiste de l’énergie atomique, déplore l’hypocrisie et le déni de l’Etat autour des trop nombreux risques nucléaires.
    « Vous aurez beau améliorer les centrales, la technologie date des années 50 à 70. Quand les politiques vont voir la somme que ça représente, que ça coûte beaucoup plus que les 10 milliards d’euros annoncés, ils vont peut-être se demander si ça vaut le coup, car c’est un puits sans fond. Peut-être vont-ils alors réfléchir à un scénario à l’allemande. »
    « La réalité des choses va finir par peser, et quel que soit le résultat de l’élection en mai prochain. La prise de conscience du risque se double de celle des coûts. Si le nucléaire est beaucoup plus cher que prévu, ce qui est pratiquement sûr, alors les forces économiques obligeront à changer de cap. Et les industriels français regardent Siemens, qui a définitivement tourné la page du nucléaire, et n’est pas considéré comme un fou furieux.  »
    « On peut sortir en 20-25 ans, avoir zéro centrale en fonctionnement à cette échéance. Dans ce scénario, et pour le bon sens économique, il faut une politique d’économie d’électricité. En France, on gaspille beaucoup avec le chauffage électrique, qui ruine les gens et ne les chauffe pas beaucoup. En France on parle du nucléaire comme si c’était toute l’énergie, mais en réalité, la contribution du nucléaire à l’énergie finale c’est seulement 17%.  »
    « Si la sortie se fait sur vingt-cinq ans, ça laisse le temps à EDF de se convertir. Et puis, fermer les centrales ne veut pas dire la fin du nucléaire, car il y a la gestion des déchets qui sera un bazar sans fin, et aussi le démantèlement de toutes les installations nucléaires qui demandera des emplois très qualifiés.  »
    « Et puis rappelons que l’Allemagne a créé 300 000 emplois dans les renouvelables. « 

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