LE TRAVAIL : UN MODÈLE À REPENSER ?, par FOD

Billet invité

À l’encontre de certaines idées reçues ou discours remettant en cause la réduction du temps de travail, il est temps de faire le point sur cette épineuse question, d’autant plus importante que là encore un effort de réflexion devra être entamé pour penser les nouvelles formes et les nouvelles conditions du travail de demain.

Pour entrer dans le vif du sujet, un 1er constat s’impose. Comme le 1er graphique le démontre, nous assistons globalement depuis 30 ans à un mouvement quasi-général de réduction du temps de travail (tous emplois confondus : salariés et non salariés).

Sur l’ensemble des pays pour lesquels nous disposons de données longues, seuls 3 pays ont augmenté la durée du travail : Russie, Mexique et Suède.

Sur les 10 dernières années, la tendance se maintient et s’inverse pour la Russie et la Suède avec un pourcentage qui passe en négatif (réduction du temps de travail) et pour la Belgique et les Pays-Bas qui passent au contraire à un pourcentage positif (augmentation du temps de travail).

Ces chiffres sont globalement confirmés, à quelques centièmes près, par l’OCDE, à l’exception des Pays-Bas, de la Slovaquie et de la Norvège qui selon leurs sources auraient vu leurs temps de travail diminuer respectivement de -4,04, -3,15 et -8,42 %.

Comme vous pouvez le voir, la tendance lourde est à une baisse du temps de travail, tendance qui se confirme sur la dernière décennie pour le travail salarié à l’exception du Mexique, de la Hongrie et de la Belgique soit 3 pays sur les 24 référencés par l’OCDE avec des données complètes sur cette période.

Abordons maintenant l’autre question épineuse sur la durée effective de travail.

Comme le graphique ci-dessous le montre, il existe de grandes disparités. Entre les Coréens qui travaillent en moyenne 2193 heures par an et les Néerlandais 1377 heures, le solde est de 816 heures, soit une différence – sur la base d’une journée de 8 heures – de 102 jours.

Ce graphique a également le mérite de montrer que contrairement au discours dominant, les Français ne sont pas ceux qui travaillent le moins. Cela dit, il présente un intérêt limité sans l’ajout d’un autre marqueur de comparaison, car c’est là que les choses deviennent intéressantes.

Ces chiffres doivent en effet être comparés à la productivité horaire et, ô surprise ! en partant sur une base 100 OCDE, nous constatons grâce aux courbes de tendance que les pays où la productivité horaire est la plus forte sont aussi ceux où l’on travaille le moins.

En d’autres termes, un travailleur norvégien produit plus de richesses en une heure de travail qu’un travailleur chilien ou mexicain.  Un constat s’impose donc : plus la productivité augmente, plus le temps de travail se réduit. Processus apparemment normal dans la mesure où sous l’effet conjugué des progrès techniques et numériques et à niveau de demande identique, un bien ou un service peut être produit plus rapidement. Il est bon de rappeler à ce propos que selon un document officiel du ministère de l’Economie et des Finances, La désindustrialisation en France (1), 65 % des destructions d’emplois entre 2000 et 2007 sont liées directement à des gains de productivité.

Mais alors pourquoi persister à vouloir augmenter la durée de travail alors même que nous avons déjà atteint des records en termes de productivité horaire ?

La réponse est assez simple et repose sur l’illusion que nous offre cet autre tableau.

Nous voyons ici clairement qu’il existe une légère corrélation entre la croissance et le nombre d’heures travaillées. Le résultat serait encore plus éloquent avec la Chine ; malheureusement, nous ne disposons pas de données fiables sur la durée effective de travail dans ce pays.

Partant donc du principe que plus on travaille, plus le taux de croissance augmente, nos élites, toutes acquises à la pensée « croissantiste » qui constitue l’essentiel sinon le seul référentiel de leur idéologie, s’y accrochent fermement comme à une vieille lune. Or les chiffres de ce tableau ne sont pas aussi catégoriques que ce qu’ils nous donnent à voir à première vue. En effet, il est à noter que :

1/ dans le haut du tableau (supérieur à 100 en nombre d’heures), 4 pays ont un taux de croissance inférieur à celui de l’OCDE : la Grèce, la Hongrie, les États-Unis et l’Italie.

2/ dans le bas du tableau, malgré un nombre total d’heures travaillées inférieur à la moyenne OCDE, 10 pays affichent des taux de croissance identiques voire supérieurs à la moyenne, à savoir par ordre d’importance : l’Australie, le Luxembourg, la Suisse, la Suède, l’Autriche, les Pays-Bas, le Canada, la Finlande, l’Islande et l’Espagne.

La relation de cause à effet entre durée du temps de travail et croissance n’est pas aussi évidente qu’il y paraît au premier abord.

Quant au rapport entre heures travaillées et taux de chômage, il se dégage du graphique ci-dessous une très légère corrélation entre baisse du taux de chômage et réduction du temps de travail ce qui nous laisse à penser que le partage du travail, principe à l’origine des 35 heures, recèle quelque bien fondé à la condition expresse que ce partage ne se fasse pas uniquement sous la forme de temps partiel dont le corollaire est une baisse substantielle des revenus salariaux. À titre d’exemple, c’est justement à cause de cette politique-là que l’Allemagne, le modèle soi-disant incontournable, voit aujourd’hui son taux de pauvreté flirter avec les 15 % soit 12 millions d’allemands (2).

Voilà quelques graphiques qui permettent de relativiser le discours de ceux qui remettent en cause la réduction du temps de travail et font de son augmentation une panacée censée résoudre tous nos problèmes.

Face aux gains de productivité entraînant dans leur sillage des destructions nettes d’emplois (rappel : 65 % selon le rapport précité), tous les discours sur le « travailler plus » perdent toute pertinence.

En outre, toujours selon le même rapport, les délocalisations industrielles seraient responsables de 13 % des destructions d’emplois, statistique qui relativise aussi tous les beaux discours que l’on nous sert actuellement sur la nécessaire réindustrialisation. Qu’elle soit utile, personne ne peut le nier, mais de là à la présenter comme une solution miracle, il y a peut-être un pas que la décence ou la raison devrait nous empêcher d’accepter comme un fait certain.

De toute évidence, le problème est ailleurs, et pas uniquement dans les différences de coût de main d’œuvre qui seraient à l’origine des délocalisations. Au contraire, les gains de productivité apparaissent beaucoup plus importants dans leur effet destructeur. Par ailleurs, cette destruction non compensée, comme en atteste les taux de chômage, apporte pour l’heure un démenti formel à la théorie du déversement d’Alfred Sauvy (3).

Quoi qu’il en soit, la réduction du temps de travail s’est amorcée depuis 30 ans. Certes, nous sommes encore loin de la société libérée du travail rêvée par Marx et Keynes, et franchement, je ne sais pas si une telle société serait vraiment désirable. Mais une chose est certaine : si les gains de productivité continuent à détruire autant d’emplois, et faute d’innovations entraînant un « déversement » (4), nous serons dans l’obligation tôt ou tard, de façon à permettre à tous une vie décente, de repenser, à l’instar de Dominique Méda (5) et de Pierre Larrouturou (6), le partage du travail et/ou la relation entre revenus et emplois (7).

(1) http://www.tresor.bercy.gouv.fr/etudes/doctrav/pdf/cahiers-2010-01.pdf

(2) http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/12/21/97002-20111221FILWWW00332-la-pauvrete-stagne-en-allemagne-etude.php

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_d%C3%A9versement

(4) Le New Deal Vert pourrait peut-être – je précise bien « peut-être » – répondre en partie à cette problématique du « déversement ». Dans « Prospérité sans croissance », en se basant sur une étude de la banque HSBC, Tim Jackson fait remarquer que sur les 2,8 billions de dollars de relance économique enregistrés en février 2009, 15,6 % des financements avaient un objectif écologique. Ils sont bien sûr trop faibles pour atteindre les objectifs climatiques et nous protéger de la rareté énergétique. Toutefois, selon une étude (citée par Jackson p.116) du Political Economy Research Institute de l’Université du Massachusetts, 100 milliards de dollars investis dans une relance verte créerait 18 % d’emplois en plus que la même somme investie pour les dépenses de consommation des ménages.

(5) « Si on veut donner un coup d’arrêt à la croissance, sans provoquer une crise majeure de l’emploi, il faudra l’accommoder d’un véritable partage du travail. Et passer aux 32 heures ou à autre chose. Mais il faudra faire un pas supplémentaire. » http://www.bastamag.net/article1449.html

(6) http://www.lemonde.fr/politique/chat/2007/03/05/pierre-larrouturou-la-semaine-de-4-jours-creerait-1-6-million-d-emplois_878877_823448.html

(7) Je vous invite à prendre connaissance de cet article paru le 26 janvier sur le site Bastamag qui nous propose une recension de toutes les expériences menées en ce domaine. http://www.bastamag.net/article2056.html

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189 réflexions sur « LE TRAVAIL : UN MODÈLE À REPENSER ?, par FOD »

  1. Pour se détendre, sur la lutte entre humains et robots en mode SF, L’excellente série SF Battlestar Galactica; 4 saisons.

  2. Bref il résulte de tout ceci qu’il semble que le capital a décidé d’un volume de travail.
    Que ce travail soit presté par Nicolas (qui travaille plus et gagne plus) ou par François et Martine
    (qui sont forcés de travailler moins et gagnent moins) peu importe, l’important c’est que le travail
    lui-même soit presté globalement pour le moins cher possible.

    Si demain on peut le faire excécuter par des robots, c’est tant mieux, mais pour l’heure les humains
    sont plus flexibles et globalement moins coûteux car ils recèdent dans leur majorité l’intégralité du coût de leurs prestations en achats divers. Ce qui est moins évident pour les robots.

    Effectivement, il y a là matière à réflexion(s).

    Parmis celles ci juste une remarque, qui me semble pourtant fondamentale.
    Dans les études sur la productivité des travailleurs, quelle est la part de l’économie réelle face à l’économie casino de la finance ?
    Ce ratio serait très intéressant car (à mon humble avis) il biaise totalement le rendement dans les économies occidentales.
    Pour dire autrement, je crains très fort, que l’économie Casino, soit intégrée aux chiffres bling-bling de la productivité en occident.

  3. « un travailleur norvégien produit plus de richesses en une heure de travail qu’un travailleur chilien ou mexicain. Un constat s’impose donc : plus la productivité augmente, plus le temps de travail se réduit. » »

    Etes-vous si sûr ce qui est cause et de ce qui est la conséquence entre l’augmentation de la productivité et la réduction du temps de travail ? Ce n’est pas si clair pour moi que dans votre phrase.

    Article et graphiques très intéressant, merci !

    1. @ Montant

      Il est toujours difficile de déterminer la poule qui a pondu l’oeuf qui a fait la poule etc… A la limite, peu importe. il existe une corrélation significative entre augmentation de la productivité et réduction du temps de travail.

      Cependant, je serai tenté de penser que le temps de travail se réduit parce que la productivité augmente. A priori, il est légitime de considérer que c’est parce qu’un produit nécessite moins de travail que ce dernier se voit réduit.

  4. Daniel Tyradellis – Pourquoi est-ce que cette idée qui était de libérer l’homme du travail a engendré précisément le contraire ?

    Dominique Méda – Quand Marx dit : « Le travail premier besoin vital », essayons de nous demander ce que seraient les conditions pour que la travail devienne le premier besoin vital et pour que ça devienne une œuvre. Si on veut que ce soit une œuvre individuelle et une œuvre collective, il faut une révolution.
    Sophie de Menthon – Il y aura toujours des gens qui feront des tâches pénibles. Evidemment que j’en rêve que tout le monde soit passionné par ce qu’il fait. Eh bien, il y aura toujours quelqu’un qui mettra la vaisselle dans le lave-vaiselle.
    Dominique Méda – D’accord, mais si on pense qu’on aura toujours ces tâches nécessaires, Marx dit : « On va réduire le temps que chacun y consacre ». Si vraiment, le travail c’est cette dure nécessité, réduisons le temps que nous y consacrons. Mais, si on pense que le travail, c’est cet épanouissement formidable, alors mettons en place les conditions…

    Arte, Paris – Berlin, 19 nov 2009, Sommes-nous faits pour travailler ?

  5. Quelle sont les causes de la productivité ? (cause aristotélicienne )
    Une cause finale certaine lors d’ une hausse des taux est le remboursement de la dette de l’ entreprise qui doit agir sur la productivité dans ce contexte..

    Il est dommage de représenter de la même façon dans le graphique un pays comme l’ Estonie et les Us . Si on ne regarde que les US, les variations sur vos deux graphiques sont très faibles (inférieures à 4%), la hausse de la productivité ne les concerne pas beaucoup bien qu’ ils devraient être les plus représentatifs de votre thèse compte tenu de leur « taille économique « .
    La productivité de l’ entreprise qui doit rembourser une dette est de même nature que l’ impôt que l’ état prélève pour rembourser ses créanciers.
    C’ est par la productivité que nous payons cet impôt là par exemple : http://www.pauljorion.com/blog/?p=33228#comment-286912

    L’ analyse que vous proposez n’ est pas contributive pour répondre à la question : du travail oui , mais pour quoi faire ?
    Cette question n’ est pas de nature seulement économique.

    La justification de la réduction autoritaire du temps de travail possède bien des aspects de la production d’ un « mythe pour convaincre » plus que la verité relative d’ un « mythe pour expliquer » quand on ne sait pas : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe .

  6. Certes, nous sommes encore loin de la société libérée du travail rêvée par Marx et Keynes, et franchement, je ne sais pas si une telle société serait vraiment désirable.

    C’est bien pour cela que je trouve préférable de parler d’activité. Le travail étant quant à lui, pour la majorité des salariés une activité contrainte. Activité rémunérée bien entendu, mais dans le domaine associatif les activités sont la plupart du temps bénévoles et non contraintes. Dans nos activités de loisir nous payons même pour nous y livrer.
    Ce qui ne serait pas désirable, c’est une société sans activité. Bien qu’il soit aussi agréable de se détendre et de ne rien faire de temps en temps, de prendre le temps de vivre: simplement.
    Nous travaillons pour vivre, et non l’inverse. En effet nous avons toutes sortes d’activités hors travail, qui nous apportent souvent plus que le travail lui même, surtout depuis que « l’horreur managériale » sévit sur le lieu de travail et « l’horreur économique » dans la société.

    Mais une chose est certaine : si les gains de productivité continuent à détruire autant d’emplois, et faute d’innovations entraînant un « déversement » (4), nous serons dans l’obligation tôt ou tard, de façon à permettre à tous une vie décente, de repenser, à l’instar de Dominique Méda (5) et de Pierre Larrouturou (6), le partage du travail et/ou la relation entre revenus et emplois (7).

    C’est toute la question de la finalité du progrès scientifique et technologique. Dans une perspective humaniste et écologique, il devrait servir à diminuer le temps passé par la plupart d’entre nous à du travail productif contraint, et libérer du temps pour des activités que nous aimons ou utiles à la collectivité. Tout en permettant à chacun d’avoir un niveau de vie décent. Ce qui est pour moi encore, tout à fait différent du « consommons toujours plus » qui est la logique à l’oeuvre actuellement, et qui dans un contexte de grandes inégalités de revenus, ne fait que produire des frustrations nuisibles et beaucoup de dégâts environnementaux.
    Ce qu’il nous faut c’est retrouver le sens de la simplicité, et de ce que Pierre Rahbi appelle « la frugalité heureuse ».
    Tout l’inverse du système capitaliste hystérique et vibrionnant, que nous connaissons aujourd’hui et qui nous conduit, ainsi que notre planète dans le mur, chaque jour un peu plus.
    La vrai liberté, un libéralisme humaniste et écologique devrait permettre à chacun de s’épanouir au mieux de ses goûts et aptitudes, dans la limite de ce qui nuit à l’intérêt général et au bien commun.

  7. @ Youbati et Eomenos

    Un début de réponse au poids du secteur financier dans la croissance de la productivité du travail se trouve à la table 7 de cette étude.

    Dans l’Union Européenne, ce secteur contribue pour 21 % à la croissance de la productivité du travail sur la période 1995-2005 et à 10% aux États-Unis. Les principaux gains de productivité se font dans les services et contribuent pour 53% à la croissance de la productivité en Europe et 51% aux USA.

    Le poids du secteur financier n’est pas aussi important que ce que vos commentaires laissaient supposer.

    En outre, cet article rappelle qu’ « en France et en Allemagne, les industries manufacturières, comme la fabrication de machines et de voitures sont toujours des sources importantes de croissance de la productivité. »

  8. Amsterdam, 28 janvier 2012,

    Chèr(e)s tous, estimé Léoned, estimé FOD, chèr et très estimé prof. Jorion et Julien Alexandre,

    1. Notre ami(e?) Léoned se demande comment initier le travail des analyses permanents sur les billets ET (!) les commentaires ici au BLOG.
    Apparemment mon commentaire antérier ici n’était pas suffissemment clair, ou souffrait de mon pauvre Français. Veuillez me pardonner.

    2. A mon avis, j’avais proposé un ligne très claire et basée sur le grand consensus international, crystallisé dans le système de classification, de codification et de vérification de qualité de données au coeur de l’OCDE, au jardin du chateau de la Muette à Paris, le centre DAC-STAT de l’OCDE. J’y reviens ci-après.

    Je vois les pas suivants.

    Pas 1.
    Supposons que nous, c’est à dire chaque personne de bonne volonté ici au BLOG, aurions pu prendre une décision de fond sur l’ímportance d’organiser et de financer d’une façon permanente ce centre de codification des billets et des commentaires, lié directement au groupe de 4 personnes autour du prof. Jorion, et, très important, sous surveillance transparante de toute la communeauté du BLOG, nous aurions une mine de platine de données, qui pourrait servir pour produire des analyses et des autres dérivates.

    Pas 2.
    Il nous faudrait trouver une formule d’organisation démocratique et transparente et participative pour pouvoir avancer. Il me paraît que la formule d’une « Association Coopérative des CONSOMMATEURS des informations du BLOG du prof. Jorion » soit la formule indiquée. Il nous faut alors un système d’adhésion, avec un système simple et efficace et transparent de paiement de contributions

    Pas 3. Il nous faudrait trouver l’endroit idéal pour créer cette personne morale. Après les réactions un peu decevantes du coté de CM en ce qui concerne la disponibilité de la connaissance juridique en France des associations coopératives de CONSOMMATEURS (nota bene… je ne parle PAS des associations coopératives des PRODUCTEURS!), il me paraît que l’endroit idéal pour créer la personne morale qu’il nous faut se trouve en Suède. Cela nous obligera en même temps de vraiment internationaliser le BLOG, et de garantir la traduction simultane en Anglais, Japonnais, Suédois, Espagnol, Russe, Chinois, Portugais, Hindi et Bahasa.

    Il nous faut cet haut niveau d’aspiration, pour éviter des dangers de refuge dans les niches de la culture Française.

    Connaissant bien la Suède depuis plus que 40 ans, je pourrais élaborer plus les voies d’accès aux centres de connaissance dans le domaine.

    J’aimerais y ajouter que les Suédois, comme les seules en Europe, ont investit ENORMEMENT dans leur représentation diplomatique du ResRep UE à Bruxelles. J’en suis sûr qu’on pourrait créer en Suède une personne morale avec l’identité d’une Association EUROPEENNE Coopérative des Consommateurs du Blog de prof. Jorion.

    Je propose le nom suivant:

    « Centre Coopératif de Connaissance Paul Jorion. » abrévié: le Centre Jorion.

    Pour éviter des efforts doubles, il me paraît logique de localiser le Centre Jorion à Paris, de préférence dans les alentours du chateau de la Muette.

    Pas 4.

    a. Formation d’un groupe de travail international des volontaires du BLOG, pour formuler un business plan complet et une étude de faisabilité
    b. Présentation du plan et de l’étude ici au BLOG. Prise de décision, par majorité simple.
    c. Création d’un fonds de travail, pour permettre au groupe de travail d’implémenter la décision pour la création du Centre Jorion.
    d. Recrutement d’adhérents, introduction du système de paiement de contributions sur un total de 400.000 visiteurs ici au BLOG, (Probablement une contribution de moins de 5 EUR par an sera suffisante, c’est à dire, moins que 50 centimes Eur par mois.). Le système de paiement devrait être très simple, par exemple via GSM/SMS.
    e. Assemblée générale, élection du Board, élection du comité des comptes. (Paris)
    f. Création du centre de codification et d’analyse.
    g. Elaboration du plan et du programme de travail.
    etc etc etc

    Pas 5

    S’aligner dès le début avec les standards de l’OCDE, voir à partir de la page 35 le DAC-CRS manuel, et coopérer étroitement avec le Statistical Working Group du centre DAC de la direction Développement de l’OCDE.

    http://www.oecd.org/document/31/0,3746,en_2649_34447_41798751_1_1_1_1,00.html
    http://41.220.166.65/manuals/dac_crs_manual.pdf

    Bien à vous tous, je suis prête pour les bons moments! (Shakira! Ready for the good times!)

    http://www.youtube.com/watch?v=UYqSVGf_fHU

    Johan Leestemaker

  9. Pour en revenir au billet de départ, j’ai l’impression (je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires) que personne n’a relevé ce point :

    En outre, toujours selon le même rapport, les délocalisations industrielles seraient responsables de 13 % des destructions d’emplois, statistique qui relativise aussi tous les beaux discours que l’on nous sert actuellement sur la nécessaire réindustrialisation.

    Je crois qu’il ne faut pas considérer ce pourcentage comme sans danger, j’ai d’ailleurs eu tendance à le faire ces dernières années. Le décompte des emplois directement supprimés par la fermeture des entreprises (quelles qu’en soient les raisons) ne suffit pas et de loin à estimer les emplois réellement supprimés.

    Parmi les biais dont il n’est pas tenu compte dans la statistique officielle (sauf erreur) on trouve :
    – les emplois intérimaires, et dans certains cas, les CDD et les temps partiels…
    – les emplois des sociétés de service liées à l’entreprise fermée (nettoyage, informatique, transports, comptabilité, etc.), la liste en est parfois très longue… l’externalisation ayant été une démarche très prisée par les « créateurs de valeur »,
    – les emplois dans les sociétés qui sont fournisseurs (hors service) ou clientes de l’entreprise, fermée,
    – les emplois liés aux services auprès des familles des salariés de l’entreprise (commerces, services publics, écoles, hôpitaux) souvent touchés de manière frontale par la diminution de la population ou de ses moyens.

    Quand on fait le total, on a un ratio emploi direct/emplois induits, qui selon les sources, est d’environ 1 pour 4. Mais même si l’on s’en tient à 1 pour 2, le coefficient de 13 % devient 26 % ce qui est loin d’être négligeable ! Et correspond plutôt à la réalité vécue par une quantité importante de salariés à la recherche d’emplois stables.

    1. @ JeanNimes

      Votre remarque est pertinente. L’auteure du rapport cité fait référence à une autre étude qui porte le nombre d’emplois détruits par les délocalisations à 39%, tout en faisant remarquer que cette estimation est tout aussi imprécise du fait d’un intervalle de confiance à 95% associé allant de 9 à 70%.

      Quoi qu’il en soit le problème n’est pas anodin, et sur ce point, je vous rejoins. Toutefois, même si le chiffre de 39% est plus proche de la réalité que le 13% repris dans mon analyse, la réindustrialisation est loin de répondre au déficit d’emploi actuel, d’autant qu’il y a une autre composante que je n’ai pas évoqué mais qui explique aussi le risque d’une montée inexorable du chômage : la démographie croissante de la population active.

      1. @ Fod 28 janvier 2012 à 21:02

        démographie croissante de la population active.

        23 à table le midi de Noël :, 2 petits, 1 scolaire, 3 étudiants, 5 actifs (dont 2 mères au foyer), 2 chômeurs, 8 retraités. L’échantillon est de 4 générations plutôt classe moyenne supérieure (dont 2 ex ouvrières)
        Donc 3 personnes au boulot officiel sur 23 !
        Quand j’étais môme (j’arrive à 60) , les vieux étaient morts, les adultes travaillaient tous, les jeunes faisaient des études moins longues.
        C’est l’effet bénéfique d’un soutien social qui maintient une natalité de remplacement en France. Le cas US a d’autres coordonnées. Mais l’Europe va maigrir de tous points de vues.
        En délocalisant les Halles à Rungis, on a aussi délocalisé ceux qui vivaient autour, ce qui a entrainé l’exil de ceux avec qui les premiers commerçaient, mais partageaient aussi le quotidien. L’exil de sa terre natale sous contrainte de rentabilité ne m’a jamais paru un choix de vie mais une absence de choix. Je n’encourage pas pour autant l’éternelle répétition à l’identique de l’étant, mais j’interroge la pertinence des décisions, leurs conséquences incalculables en terme de vie quotidienne.

      2. à Fod

        Je vois que l’étude que vous citez établit un rapport de 1 à 3 postes induits (39 %). Cela m’avait effrayé d’imaginer 1 à 4… (52 %).
        Mais à la réflexion, il y aurait un manque de main-d’œuvre en France si toutes ces délocalisations n’avaient pas lieu. On peut se demander si justement elles ne sont pas faites aussi pour maintenir le chômage élevé et mettre la pression à la baisse sur les salaires. (Pour ceux qui doutent de cette duplicité machiavélique, regardez la signification de l’indice NAIRU – Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment, c’est très clair dans Wikipédia.)

        La société ne gagne rien à la fabrication d’objets dans des pays à bas salaires : le bas prix d’achat nous coûte socialement bien plus que l’économie réalisée. Sans parler de la souffrance de tous ceux qui ne peuvent vivre dignement de leur travail. Excellent reportage ce 28 janvier sur LCP à ce propos : des ouvriers parlent de l’époque où ils avaient espoir que leur situation et surtout celle de leurs enfants allait s’améliorer.
        Le problème politique qui est posé est bien celui-là : comment redonner confiance dans l’avenir par une action qui relance l’activité (pas la croissance du PIB) et donne une direction à l’action collective (il ne manque pas de domaines urgents à traiter, sortir des énergies carbonées, effectuer une transition énergétique massive et rapide, relancer les services publics pour redonner du pouvoir d’achat non inflationniste, éduquer à haut niveau, soigner et surtout prévenir, etc.) ?

  10. Pourquoi avons nous besoin de nous déplacer ?
    1) pour aller travailler
    2)pour aller faire des courses
    3)pour aller nous reposer ou nous distraire

    Si l’espace était réaménagé de façon à ce que ces déplacements soient aussi réduits que possible nous aurions moins besoin de voitures par exemple.

    Mais si nous avons moins besoin de voitures, il est inutile d’en construire autant.

    Donc fermeture d’usines et chômage !

    Quadrature du cercle ?

  11. Produire X voitures par jour est-ce vraiment produire de la richesse ?

    Combien coûte une voiture en termes environnementaux et humains ?

  12. Il faut travailler pour vivre.
    Bon.
    Le travail produit de la richesse qui doit être redistribuée équitablement pour que tout le monde puisse vivre convenablement.
    Bon.

    Donc nous sommes condamnés à produire de la richesse pour pouvoir nous la redistribuer.
    Pas de production de richesse pas de vie ??
    Sommes nous nous-mêmes de la richesse ?
    Dans la richesse produite par le travail d’un humain quelle est la part de la richesse de cet humain ?

    C’est dimanche, j’ai le cerveau en roue libre….

    1. Comme Louise, roue libre en ce dimanche pluvieux.
      Réalité ou fiction
      Dans cette crise systémique, la spéculation et la destruction de la valeur humaine du travail produite par la technologie, préparent le monde à l’ère des robots
      Dans un proche futur les robots vont nous nourrir, nous soigner, nous enseigner, voire même nous reproduire.
      Dans la réalisation de ce programme, l’humanité sera en concurrence avec les robots pour le partage des ressources naturelles dont nous savons qu’elles sont limitées.
      Sur ce modèle dans le pire des cas, seule une poignée d’êtres humains,(les gagnants de la spéculation) auront les moyens d’échapper à ce génocide.
      Pour le meilleur avec l’avancée des technologie, nous pouvons espérer, délivrer du travail par les robots, et par là même, de la relation vénéneuse « de maître à esclave », nous consacrer à ce qui est essentiel à l’humanité: la fraternité.

      1. Mais B….. de M…. ! QUI va les fabriquer ces robots ???????????????

        C’est de la génération spontanée ??????????????

        On claque des doigts et Pouf !! un robot, un !!

    2. Une petite réponse à ce qui peut paraître un paradoxe tel qu’il est posé par Louise.

      Oui, nous sommes condamnés à produire… pour reproduire nos conditions de vie. C’est l’humaine condition/servitude.

      Non, on n’est pas obligés de le faire stupidement, c’est-à-dire :
      – travailler pour enrichir un patron
      – travailler pour fabriquer des choses inutiles, dangereuses
      – travailler en gaspillant ressources, énergie, temps de travail et en polluant
      – travailler à en mourir pour que les spéculateurs puissent ajouter des zéros sur leurs comptes paradisiaques…

      Oui, bien sûr ce sont les humains et leur développement qui sont les vraies richesses.

      Il ne vous a pas échappé qu’un programme politique de cette campagne s’intitule : « L’humain d’abord ! » Il contient un certain nombre de propositions pour résoudre le paradoxe.
      Mais certains ne veulent pas le résoudre
      * soit parce qu’ils en profitent plus le système dysfonctionne,
      * soit parce qu’ils ont la trouille que ça change, au cas où ce serait pire… et le malheur c’est que ça va être pire si on ne fait pas bifurquer la société (bifurquer = changer de cadre, de production, de pensée, de vie).

  13. Le dollar actuel est basé sur le pétrole . Vieille histoire . Au temps de Touthankamon une once
    d’or valait un boeuf (sur pied , pas en quartier ) , vérifiez : une once d’or vaut toujours grosso modo
    un boeuf .(sur pied) . Cette once , bien qu’unité de poids , signifie une quantité de monnaie .
    Ce n’est pas la méme chose .
    Anecdotes : les Grecs (antiques) disaient : il ne peut pas parler , parce qu’il a un boeuf sur la langue . Parce que à l’époque les piéces de monnaies avait une forme de peau de boeuf (encore plus ancienne monnaie) , les Grecs n’ayant pas encore inventé le porte-monnaie , gardaient la piéce sur leur langue pour aller au marché . Un Belge , patrick Casteix a formulé la synthése de la quantité de monnaie par E= Mv2 soit quantité de monnaie-or x vitesse du crédit x vitesse de circulation des revenus . Encore l’idée du travail …du boeuf ou autre …
    Si vous comparez la croissance de la population mondiale et la croissance de la quantité de
    métaux précieux produites , au cours des ages , vous tombez sur le cul , çà suit exactement
    la méme pente . çà s’impose la conclusion que vous soyez ingénieur , coolie Chinois ou boeuf
    du point de vue de la monnaie c’est kif-kif . Vous , vos ancétres se sont cassés pour accroitre
    la productivité , résultat à un moment donné vous valez moins qu’avant (en monnaie pas en or ). çà pose un pb
    éthique , comment le résoudre ? C’est pas simple .

  14. Maybe being young is never easy. But being a twentysomething young European has rarely been more stressful.

    More than a quarter (28%) of Italians between 16 and 24 are unemployed. Others are struggling to get by on unpaid internships or poorly paid jobs with little security.

    Italy’s new prime minister, Mario Monti, has vowed to help the younger generation, promising among other things to help them start businesses, but as austerity bites deep the future is uncertain, even terrifying, for many.

    It’s not just Italy, of course. Eurozone unemployment is at a record. According to Eurostat, the EU’s statistical office, 16.3 million people are out of work in the 17 countries that joined the euro. The story of a lost generation is becoming the scandal of a continent. In Spain, 51.4% of those aged 16-24 are jobless. In Greece, the figure is 43%.

    As the eurozone crisis worsened, I went back to my hometown of Civita Castellana, 65 kilometres north of Rome, to meet my classmates from the Giuseppe Colasanti high school. Michela, Maria, Elena, Elisa, Michele, Martina and I were in the class of 2005.

    Suite du témoignage de la douzaine de jeunes italiens, espagnols et grecs:
    http://www.guardian.co.uk/world/2012/jan/28/europes-lost-generation-young-eu

    Ici, dans le pays où j’habite, à vue de nez, plus de 50% de jeunes qualifiés sont sans travail officiellement rémunéré. Dans mon quartier, le nombre de jeunes filles qui passent leurs journées (les nuits, elles sont déjà rentrées, toutes seules ou en compagnie de clients) à faire du racolage a explosé depuis que bon nombre d’autres… jeunes (étudiants boursiers et travailleurs) ont commencé à s’y établir massivement.

    Il n’y a pas (encore?) de plan d’austerité ici, ce sont plutôt du délocalisé venant d’Europe qui pillule et le gouvernement subventionne des pans entiers de l’activité économique.
    Cette misère globalisée est de plus en plus gerbante.

  15. Analyse très intéressante. Dans certains pays plus évolués que la France par exemple les citoyens n’hésitent pas à envisager les choses de manière assez différente en déconnectant le revenu du travail. Voir Gortz, revenu de base etc… Il semble que des économistes aient étudié la question et que ce soit réalisable.

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