ATTENTION, RÉVOLUTION !, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Souvent les billets invités apportent des perspectives différentes par rapport à la mienne, encore que dans le même esprit. D’autres billets invités synthétisent la réflexion collective qui s’est développée ici. Le billet « Attention, révolution ! » de Pierre Sarton du Jonchay appartient à cette deuxième catégorie.

Le subprime perfide

Le système monétaire et financier mondial est dans le coma depuis la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Les banques centrales ne sont jamais parvenues à restaurer le crédit interbancaire par leurs injections de liquidité. La relance monétaire du système a impliqué un déséquilibre supplémentaire des comptes publics sans que les banques ne puissent reconstituer leurs fonds propres ni leur solvabilité nominale.

L’accumulation dans le système financier d’actifs toxiques dits subprimes par le prix réel probable inférieur au prix nominal comptabilisé s’est étendue aux États. La dette mondiale publique et privée est désormais hors de tout contrôle rationnel. Il est devenu impossible que la croissance économique soit suffisante pour que tous les créanciers soient seulement réglés de leurs intérêts. La dette mondiale croît indépendamment de l’économie réelle ; les pays sont mis sous perfusion monétaire les uns derrière les autres au cœur même du monde développé.

Les gouvernements coalisés du G20 et de l’Union Européenne ne peuvent déclarer la mort clinique du système monétaire et financier sans précipiter la perte des monnaies et le blocage des échanges économiques. L’émission monétaire ajustée au crédit est précisément le processus économique vital que la spéculation financière des subprimes a détruit. L’effondrement spéculatif des États et des banques résulte directement du système de crédit créé par l’Occident dans la révolution industrielle du XIXème siècle. La vente sous la prime aux personnes physiques de titres de capital et de crédit des personnes morales a été instaurée pour concentrer les fruits de la croissance dans la main des élites dirigeantes.

Depuis deux siècles, la monnaie repose sur la titrisation du crédit des États nationaux et du capital privé investi dans la garantie du crédit. La titrisation matérialise le financement de l’économie politique par la quantification monétaire des engagements des personnes physiques associées dans des personnes morales. En deux siècles, une mutation cognitive s’est opérée où la titrisation numérique s’est substituée à la réalité morale et matérielle du crédit entre les personnes physiques. La vérification de l’engagement est devenue désuète pour les grandes personnes morales que sont les États, les banques et les grandes entreprises. Les personnes physiques ont été mises dans l’impossibilité pratique de discuter le prix réel des engagements moraux des sociétés politiques et industrielles à l’intérieur desquelles la richesse économique est concrètement produite.

Autopsie du défunt

La rupture existentielle entre la personne physique et la personne morale est le fondement du système monétaire instauré à Bretton Woods en 1944. Dès sa fondation en 1913, la personne morale du système de réserve fédéral des États-Unis d’Amérique dispose d’un monopole d’émission de la liquidité sur la titrisation discrétionnaire du crédit par la personne morale de l’État fédéral des États-Unis. Le régime de l’arbitraire monétaire appliqué seulement aux États-Unis jusqu’en 1944 devient le régime du monde entier. La Réserve Fédérale devient prêteur emprunteur mondial de dernier ressort sans avoir à vérifier l’équilibre général du crédit avec la croissance économique.

Depuis 1944, la répartition et la réalité de la croissance dans le monde n’est plus un critère préalable d’affectation de la liquidité du crédit aux emprunteurs. Jusqu’à Bretton Woods, la dictature financière de la Réserve Fédérale s’exerce seulement aux États-Unis par le dollar monnaie de la seule Fédération des États-Unis. Malgré l’échec patent du régime de la dictature bancaire dans la grande dépression qui a provoqué la deuxième guerre mondiale, l’émission de titres de monnaie internationale par les seules banques opérant en dollar devient le régime monétaire des échanges économiques internationaux.

Le 15 aout 1971, l’abandon de la convertibilité légale du dollar en or révèle la perte de la responsabilité publique du crédit par les États inféodés à la république impériale des États-Unis. L’Europe et le Japon cherchant à récupérer la maîtrise du prix international de leurs créances commerciales sur les États-Unis poussent le Président Nixon à abandonner toute règle objective de limitation de la dette étatsunienne et mondiale.

Du jour où le prix du dollar en or n’est plus fixé par un accord politique international, toutes les banques du monde, centrales et commerciales, se trouvent libres de définir à leur convenance les règles de la liquidité bancaire issues de la transformation de l’épargne en crédit. Toute banque interprète en toute autonomie les lois et les règles pour présenter ses comptes financiers au mieux de ses intérêts et non selon l’équilibre économique général du crédit. L’égalité politique des droits est abolie dans l’économie réelle. Les prix ne sont plus soumis à l’arbitrage de l’intérêt général entre les personnes dans les limites des États de droit. Les personnes physiques contrôlant les personnes morales imposent librement leur volonté dans le fait économique à la multitude des personnes physiques isolées.

Pour contrer l’empire des intérêts en dollar non régulé par la puissance publique, les Européens institutionnalisent le régime de la dictature financière par la fondation de l’euro. Ils créent la personne morale de la Banque Centrale Européenne qui soustrait les prix au contrôle des institutions des démocraties nationales par une monnaie supra-nationale unique. Comme la nation des Européens n’est pas encore formée, les institutions communautaires capables de contrôler l’euro ne peuvent se constituer en organes de démocratie aptes à provoquer une interprétation commune et consensuelle des règles du crédit. La BCE applique hors de toute responsabilité politique des règles formelles de liquidité qu’elle suppose correctement appliquées par les banques placées hors du champ de représentation politique de l’intérêt général.

Imbécillité du dollar dans l’euro

Le modèle du dollar est la neutralité politique et juridique de la monnaie dans la justice des prix. L’iniquité est réputée impossible par la seule monnaie du moment que le prix est formé par la confrontation formellement libre de l’offre et de la demande dans la règle abstraite du droit. L’intérêt général à diriger la transformation équitable du droit en biens économiques ne doit pas être actif en dollar ; l’intérêt général est en dollar une abstraction dangereuse. L’attribution de la liquidité du crédit aux emprunteurs bancaires n’est pas subordonnée à la vérification du prix économique juste. Le marché instauré libre ne fixe aucune limite visible entre l’acceptable et l’inacceptable pour l’intérêt général.

La globalisation en dollar des échanges mondiaux a généralisé l’idéologie de la neutralité politique de la monnaie. La domiciliation des acheteurs dans les souverainetés nationales du droit est subvertie par la non-localité des transactions internationalisées, lesquelles sont invisibles à la responsabilité publique. En plaçant l’émission monétaire sous contrôle d’une souveraineté européenne fictive en l’absence d’État confédéral, la zone euro accentue la déconnexion entre le système bancaire et l’économie de la démocratie.

La BCE et les banques en euro sont au-dessus des lois nationales ; elles ne sont pas réellement contrôlée par les organes politiques européens dépourvus de légitimité démocratique. Le crédit bancaire est théoriquement contrôlé par les États nationaux ; mais les règles réputées communes ne tiennent pas compte des réalités juridiques propres à chaque nation de l’Union. De fait, les banques opérant en euro échappent à la justification économique du crédit par la responsabilité personnelle des États qui prétendent les contrôler.

Dans les zones monétaires sous responsabilité d’un seul État de droit, la convertibilité extérieure de la monnaie nationale assure une proportionnalité partielle entre la masse des crédits et l’économie juridique. La variation du change rattrape partiellement les excès ou les déficits de crédit issus soit de la politique financière des banques, soit des échanges commerciaux soit encore de l’équilibre des finances publiques. Dans la zone euro, les réalisations économiques différentes du droit ne sont pas compensables par des parités monétaires inter-étatiques cohérentes avec le crédit et la souveraineté de chaque État. A l’échelle du monde, la faculté étatsunienne d’émettre de la liquidité sans contrepartie juridique détruit tout possibilité d’équilibre financier international et toute possibilité de régulation bancaire par l’égalité des droits au crédit entre personnes physiques et morales.

Le sens humain du crédit

La confusion systémique mondiale entre solvabilité des États et solvabilité des zones monétaires interdit catégoriquement d’ajuster la dette mondiale à la réalité économique de chaque emprunteur. Tous les États ne sont pas soumis à la même obligation d’équilibrer leur dette interne avec leur solvabilité interne et externe. Toutes les zones monétaires ne sont pas soumises à la même obligation de régler leur parité de change sur le crédit que leur accordent les autres souverainetés monétaires. La seule issue possible à la perte de contrôle de la dette mondiale par l’économie réelle est la répudiation de dettes en dollar et en euro et la disparition des droits civiques dans les petits pays surendettés.

Tant que l’asymétrie financière demeure entre personnes physiques et personnes morales, le surendettement des personnes morales se règle par la négation des droits des personnes physiques. Le pouvoir d’achat des salaires, des inactifs et des petites entreprises s’effondre pendant que les dirigeants des personnes morales publiques et privées empruntent une liquidité nominale sans contrepartie réelle. L’effondrement de toute économie réelle sous la fiction financière nominaliste est imparable à moins d’une gouvernance des personnes morales par l’égalité réelle des droits entre les personnes physiques.

Rétablir l’équilibre juridique et financier entre les dirigeants des personnes morales et les personnes physiques vitalement dépendantes de l’économie des droits personnels signifie l’interdiction effective de l’usure dans le champ international et par conséquent des États sur leurs ressortissants. Il ne suffit pas qu’un prix soit le règlement d’un achat d’une personne physique à une personne morale mais bien que la personne morale assure les bénéfices en droit et en substance de toute personne physique placée dans sa dépendance. La titrisation du capital et du crédit ne peut pas être une simple représentation monétisable du droit mais la preuve morale de la réalité des biens et services rendus aux personnes.

La réalité de l’intérêt général est l’impossibilité de l’usure par le contrôle public de la liquidité monétaire. Si la liquidité monétaire d’un titre ne contient pas l’assurance d’un bien concret proportionnel au prix réglé, alors le crédit nominal représenté par le titre contient des pertes potentielles réelles non mesurables. De fait, les pertes de crédit s’imputent exclusivement à la personne physique faible au bénéfice économique apparent de la personne morale.

Étalonnage monétaire du droit

La personne morale ne peut avoir d’autre finalité économique que d’assurer les personnes physiques contre l’aléa de l’existence des biens qu’elle produit et vend mieux que les personnes physiques isolées. Le capital d’une personne morale publique ou privé ne peut avoir d’autre fonction économique que de couvrir le prix à terme des droits achetés par les personnes physiques. Les personnes physiques sont seules propriétaires du bénéfice actuel ou du prix à terme du bénéfice ou du surplus de bénéfice sur l’actualité du crédit.

Le système bancaire et monétaire actuel compte le bénéfice sur le prix nominal des crédits titrisés sur la personne morale sans considération des intérêts et responsabilités réelles des personnes physiques ayant droit de la personne morale. Les prix financiers actuels sont indépendants des réalités économiques vérifiables. Les monnaies n’étalonnent pas le prix du droit des personnes en tout lieu et à toute échéance. Les personnes physiques responsables de la finalité des personnes morales sont incapables de mesurer leurs erreurs d’appréciation sans les imputer sur les droits des personnes physiques isolées.

Assurer les bénéfices promis aux personnes physiques par l’économie de la responsabilité des personnes morales signifie quatre principes fondamentaux d’émission monétaire :

  1. la monnaie est l’instrument de numération du prix des biens reconnaissables en droit, en objet livrable et en bénéfice partageable entre acheteurs et vendeurs sans perte possible pour la collectivité politique des personnes physiques ;
  2. toute personne morale d’état ou d’entreprise est une capacité sociale de décision et de production de biens au service des personnes physiques concrètement libres d’apprécier la réalité des biens par leur règlement en monnaie ;
  3. le capital social est le surplus de bénéfice potentiel nécessaire à garantir le crédit de la personne morale au service de tous ses créanciers en droit, salaire, livraison et bénéfices ;
  4. le cadre de négociation du prix des choses est le marché délimité par une même souveraineté matérialisée dans une seule monnaie de règlement de toutes les causes de réalisation du droit positif des personnes sur les objets rares.

Monétiser la morale de compensation

Les monnaies sont par nécessité de logique humaine des instruments d’équilibrage de l’économie du réel à la réalité des droits politiques. Si l’utilisation d’une monnaie n’est pas délimitée par l’application d’une même loi politique entre les personnes physiques réunies dans une société instituée, alors des intérêts étrangers à la communauté viennent détourner la production sociale de richesse. La seule possibilité de différencier des intérêts d’économie politique de personnes physiques et morales distinctes est la pluralité des monnaies par marchés constitutifs d’une même loi. Cet impératif catégorique d’humanité est rejeté par la cupidité des hommes de pouvoir propriétaires par le titre des sociétés dont ils devraient être les servants.

Les quatre principes de matérialité, de formation, de finitude et d’efficience marchande du paiement de crédit sont réalisables dans le mécanisme de la compensation financière publique des règlements en monnaie. Les compensations interbancaires actuelles ne produisent pas de liquidité véritable à cause de l’adossement des règlements à des transactions privées invérifiables en égalité des droits. Dans un marché véritable, tout titre représentatif d’un droit compensable renvoie à une réalité concrète visible à terme par le dépôt du nom de son propriétaire physique. La propriété d’un prix doit être impensable sans l’obligation de garantir la livraison effective du bien vendu à la personne physique qui l’achète légalement.

Le propriétaire vendeur contre un titre de crédit monétaire est réellement et irrévocablement engagé par compensation qui garantit le prix de vente :

  1. en substance par un propriétaire du capital de l’objet vendu
  2. et en crédit par un propriétaire de l’intérêt du crédit prêté.

Il faut quatre prix différents pour qu’un quelconque objet soit avec certitude livrable à terme au prix compensé du marché régi par la loi du bien commun ; quatre prix pour la responsabilité du droit, de la chose, du crédit et du capital. Dans une compensation conforme à l’intérêt général, le prix du capital est la garantie du droit, de la chose et par conséquent de la liquidité en monnaie du prix des choses.

Dans le champ international, le portage de l’intérêt général par les États constitués est capitalisé dans les primes de change compensables sur chaque marché régulé par l’autorité politique. Au lieu d’attribuer à des intérêts bancaires privés la mesure et la garantie du pouvoir d’achat extérieur des zones monétaires, la compensation en droit, réalité, crédit et capital fait porter par la solidarité de chaque marché le crédit des autres monnaies à l’intérieur de son périmètre transactionnel. La compensation publique met le prix en droit des réserves de change internationales sous la garantie des sociétés politiques.

De la dignité des Européens

Si l’Union Européenne adosse l’euro à un marché commun de compensation du capital, du crédit et du change des États nationaux qui la composent, elle rétablit immédiatement la solvabilité publique des différents régimes de démocratie qu’elle réunit. Les unités de compte des États trop endettés en euro sont mécaniquement dévaluées pour garantir le remboursement de toutes les dettes par la solidarité nationale de marché. Les parités de change en euro des unités de compte internes au marché monétaire européen sont le prix économique de la responsabilité politique des personnes morales de droit européen.

Derrière le coma dépassé du système bancaire et monétaire mondial, tout le système de la possession des sociétés humaines par le truchement des personnes morales est à l’agonie. Le défi posé aux élites au pouvoir n’a jamais été aussi mondial, aussi universel et aussi singulier. Le paradigme de la monnaie en vigueur depuis 200 ans de capitalisme financier oligarchique est à changer. Ou bien le capital est restauré comme mesure politique de l’équilibre des droits entre personnes morales et personnes physiques de toute nationalité, ou bien (mal) la guerre civile des citoyens contre les nantis va s’installer partout et pour longtemps.

Il est temps que les Européens relisent l’histoire économique de la Révolution Française. Les institutions européennes ont remplacé le Roi de France. Les gouvernements européens et les banques ont remplacé la noblesse et le clergé d’ancien régime. Les finances publiques européennes et mondiales sont dans le même état que les finances du Royaume de France. Les indignés et les chômeurs défilent sur les écrans des technocrates et des traders. Les financiers de Londres subventionnent les complots sur le continent. Les assignats coulent à flot. Est-il nécessaire que les têtes roulent dans le caniveau ? Sommes-nous idiots ?

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40 réflexions sur « ATTENTION, RÉVOLUTION !, par Pierre Sarton du Jonchay »

    1. Oui un effort de vulgarisation serait necessaire.
      Mais je dois avouer qu’il y a du mieux par rapport aux précédents billets.

      C’est dommage car la diffusion du message en est altérée!

  1. Une bonne description de la virtualité de l’économie financière par rapport à ce que devrait être l’économie réelle. Mais concernant cette dernière, la vision n’est-elle pas un peu utopique ?
    J’ai envie de répondre « oui » à la dernière question et le droit est établi par des humains ordinaires. Il est surtout un empilage hétéroclite pour essayer de corriger les conséquences de comportements (idiots) maladroits.
    La révolution avec ses têtes coupées est-elle évitable ?

  2. Crise financière et crise économique, l’une étant le reflet de l’autre .
    L’U.E. est en première ligne, mais les USA ne survivent que par la grâce d’un dollar mystificateur, et les BRICS voient également leur économie en péril.
    Un système s’effondre lentement, malgré toutes les potions plus ou moins amères qu’on lui administre.

    Ce genre de situation s’est toujours résolu dans le passé par des discontinuités très fortes dans l’organisation des sociétés : Guerres ou révolutions…de velours ou sanglantes.
    Ces guerres ou révolutions ont eu pour objectif de faire un « reset » comme on dirait aujourd’hui et d’effacer le passé et ses contraintes obsolètes et construire un avenir en s’allégeant des règles devenues plus pesantes qu’efficaces.

    Allons nous entrer dans ce cycle de ruptures avec les catastrophes qu’elles impliquent.
    Jusqu’à quel point la raison pourra-t-elle contrôler une situation devenue irrationnelle.

    Peut on rendre le système consistant de l’intérieur ou faudra-t-il en sortir pour provoquer la discontinuité redoutée et en même temps indispensable ?

    La définition de nouveaux axiomes définissant une société affranchie des tares , que nous vivons peut elle se faire sans rupture. ?
    Probablement pas, une rupture à minima pourrait être la fin de l’ €uro dans sa version actuelle, et des règles psycho-rigides que la Commission de Bruxelles impose aux Nations Européennes.

    En cela cette Commission se comporte comme les médecins de Molière prêts à tuer le malade pour soigner sa maladie.
    La farce a duré trop longtemps, et si nous en avons tous profité, peu ou prou, la scène finale doit nous en faire sortir et nous proposer une nouvelle pièce, et on nouvel avenir.

  3. un peu HS mais bon y a qu’à moi que ça pique les yeux ??

    http://www.challenges.fr/entreprise/20120710.CHA8768/un-francais-invente-la-voiture-qui-ne-coute-rien-ou-presque.html

    une nouvelle fausse bonne idée …

    des voitures en location individualisée à l’extreme

    un nouveau type de leasing , « Son principe : le prix de la voiture est pris en charge par celui qui en tire un profit financier. … »

    « Avec 5% de rétro-commissions, on estime que le constructeur peut gagner .. »

    je pensais que les credits revolving , leasing et les rétrocomissions n’etaient pas terribles à long terme pour l’usager …

    1. Celle-là est déjà commencée, salaires ,déterminés par les nantis et vitaux aux citoyens, contre consommation, indispensable à la survie des fortunes, mais il ne peut y avoir de gagnants.

    2. @Garlaban :
      Elle est en cours : Pour la partie non violente :
      Sortie du système , tout en le prédatant:
      -Marché noir
      -Travail au noir.
      -Monnaie locale.
      -Circuits courts
      -Court circuit (autarcie partielle sur certains domaines : alimentaire , bricolage , auto-construction ou auto-entretien ………pourquoi payer le remaniage d’ une toiture , 5 mois de salaire , alors qu’on peut se le faire a 2 en 3 semaines , meme maladroitement?)
      -…..etc.

  4. Bonne synthèse, merci.

    Serait-il possible d’avoir des avis sur les réformes proposées par le collectif Roosevelt 2012?
    Bon nombre des problèmes abordés ici me paraissent trouver des solutions dans leurs propositions:

    http://www.roosevelt2012.fr/

    1. C’est de l’erzats.
      Déjà, que les banques n’aient plus la manne des obli d’état, autant les nationaliser tout de suite. (elles ne valent déjà plus rien, notes)
      Ils notent où, l’interdiction de possession d’or..??
      Car c’est bien beau d’organiser un blocus des paradis, mais si c’est pour continuer à augmenter les inégalités, je sais le faire aussi.

    2. @XIII

      C’est incomplet, parfois irréaliste, mais, c’est plutôt intelligent et ça va dans le bon sens, il y a actuellement 76000 signataires et des clopinettes, tu peux rajouter la tienne sans risques ça fera 76001 et si ton groupe local « nouvelle donne » (association et réseau social dédié à Roosevelt 2012) est dynamique tu peux y aller faire un tour.

      Cordialement

      1. @hema
        Merci pour ce commentaire.
        Je me demandais aussi si des personnes avaient des infos sur Michel Rocard, que penser de cette personne? Par ce que son parcours et sa personnalité ont l’air de porter à polémique.

  5. La zone euro pourrait perdre 4,5 millions d’emploi en 4 ans
    11 juillet 2012 | Par La rédaction de Mediapart

    Selon un rapport de l’Organistation internationale du travail (OIT), le chômage dans la zone euro pourrait atteindre près de 22 millions de personnes au cours des quatre prochaines années, soit la destruction de plus de 4,5 millions d’emplois. A court terme, les moins de 24 ans seraient les plus touchés (plus de 3 millions de chômeurs dans la zone) ainsi que le sud de l’Europe, mais même l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et Malte – les seuls pays où l’emploi s’est accru depuis 2008 – devraient voir leur marché de l’emploi se dégrader.
    A la louche, ça ferait à la fin du mandat de Hollande (s’il y arrive) 500 000 chomeurs de plus dans notre beau pays…

    1. Je parie pour + 50.000 avant Noël et + 100.000 au premier semestre 2013.

      Deux solutions :
      Réformer en partageant le travail.
      Révolutionner en ne travaillant plus.

    2. Voila qui va concourir a tester sérieusement les relations familiales, locales, etc.
      Ceux qui auront encore un emploi probablement mal payé, devront organiser une vie de partage et de répartition de « l’utile a faire » avec leurs descendants, ascendants,…. Une revisite de ce qui c’est mis en place….les égoismes individuels . Sacrés bouleversements en perspective.
      A ce niveau là, ce peut être un bien pour un mal,…(le resserrement des générations) mais accompagné de bien d’autres douleurs hélas… les incivilités, vols et agressions déjà en augmentation vont exploser.

    3. Une future « armée furieuse ».
      les fantômes de nos arrières-grands-parents révolutionnaires de 1789 commencent à se dégourdir.

      1. Ben va falloir faire plus que se dégourdir pour les impressionner les dits fantômes, m’est avis. Le camp d’en face n’est pas idiot.
        Ça va tenir dans : qui ne tente rien n’a rien. Et pour le moment, les peuples ne tentent effectivement et uniquement RIEN

  6. « Est-il nécessaire que les têtes roulent dans le caniveau ? Sommes-nous idiots ? »
    La réponse est non. Mais comme vous l’écrivez ci dessous :
    « Les monnaies sont par nécessité de logique humaine des instruments d’équilibrage de l’économie du réel à la réalité des droits politiques. Si l’utilisation d’une monnaie n’est pas délimitée par l’application d’une même loi politique entre les personnes physiques réunies dans une société instituée, alors des intérêts étrangers à la communauté viennent détourner la production sociale de richesse. La seule possibilité de différencier des intérêts d’économie politique de personnes physiques et morales distinctes est la pluralité des monnaies par marchés constitutifs d’une même loi. Cet impératif catégorique d’humanité est rejeté par la cupidité des hommes de pouvoir propriétaires par le titre des sociétés dont ils devraient être les servants. »
    Rien ne sera possible si les « choses politiques » ne changent pas.

  7. Le système ne pouvant se corriger de lui-même, il faudra bien un coup de pouce extérieur.
    Mais je semble discerner une certaine critique ou « peur » d’une ou plusieurs révolutions. Je me trompe..??
    Alors mettons face à ce type de situation une guerre mondiale ou juste continentale. Car avec le nombre de pays équipés en nucléaire, la perspective parait-elle plus « joyeuse »..??
    Et, de tout temps, les révolutions ont fait moins de morts que les guerres.

    Alors, à choisir entre deux maux…

    1. C’est sûr que l’homme a sacrément amélioré le rendement avec « la bombe à tomates »
      Vont-ils oser s’en servir ?…………………

  8. Dommage, l’auteur a de bons sentiments, mais mon dieu qu’il se force à jargonner! Ce faisant, il nuit à sa propre clarté et à notre compréhension d’une façon irritante, ce qu’il semblait avoir compris. Mais non, bon sang ne saurait mentir, il enfourche de nouveau la même haridelle.

    Heureusement, quelques passages sont en clair, et l’auteur – ce qui n’est pas coutume chez les auteurs – nous pose des questions.

    « Les assignats coulent à flot. Est-il nécessaire que les têtes roulent dans le caniveau ? Sommes-nous idiots ? »

    Je réponds « oui » à la première et « non », justement, à la seconde.

  9. Commentaires.

    Les personnes physiques contrôlant les personnes morales imposent librement leur volonté dans le fait économique à la multitude des personnes physiques isolées

    .

    Outre que cette phrase représente parfaitement la réalité, je note qu’il suffit de prendre le contrôle démocratique – dans le cadre de la démocratie directe -, en éliminant* les actionnaires, pour résoudre le conflit.

    Est-il nécessaire que les têtes roulent dans le caniveau ?

    * Nécessaire, non, indispensable sans aucun doute.

    Sommes-nous idiots ?

    Tant que nous supportons la situation, oui.

  10. J’ai eu l’occasion hier d’une conversation assez longue avec un intellectuel de langue allemande sur le phénomène de la dette. Il m’a brossé un fresque sur l’histoire, l’évolution et les différentes natures de la dette. Heureusement j’avais bu plusieures tasses de café avant.

    C’est sa conclusion qui est effrayant: le déséquilibre et les inégalités criantes en ce qui concerne les revenus, et simultanément l’accumulation des dettes privées et publiques peuvent conduire à des attitudes politiques radicales et finalement à la guerre, comme c’était le cas de la deuxième guerre mondiale. Habituellement je suis assez sceptique face à ce genre de propos, mais on sent que la tension monte dans le monde entier, les déséquilibres s’accentuent.
    En Europe, aux USA mais aussi en Asie. Exemple la Corée du sud. Chaque foyer coréen est endetté de 146 pourcent de son revenu annuel. Le nombre des travailleurs indépendants s’est accru de 29 pourcent depuis 2008. Ce n’est pas forcément une évolution louable, car la plupart sont des chômeurs de 50 ans et plus – la précarité professionnelle et matérielle à l’état pur. En d’autres termes: la société se fissure et la classe moyenne vit à crédit.

    Il y a donc un grand problème de fond. Le problème c’est que ls classes politiques n’ont pas le courage d’affronter la réalité pour y mettre de l’ordre dans un système devenu complétement dyssémetrique. Etre un politique consiste à poursuivre une carrière, accumuler des avantages, être complice des lobbys et gonfler son ego. Le politique moderne est un carriériste opportuniste. On ira loin avec ca!

    1. Les classes politiques n’ont pas le courage

      Pas plus de nos jours qu’à la fin des années 30 en Europe.

      Mais ce n’est pas un manque de courage ; c’est seulement une absence de sens stratégique.

  11. « Les gouvernements européens et les banques ont remplacé la noblesse et le clergé d’ancien régime. »

    Donc Reagan avait raison de dire que le problème, c’est l’Etat.
    On peut voir les choses de façon romantique d’un peuple se soulevant contre l’ignominie et instaurant un havre de paix, ou bien de façon plus factuelle entre des outsiders prenant la place des insiders. Quitte à raccourcir ensuite tout ce qui dépasse y compris au sein même de ses amis les plus proches, car la Révolution Française c’est aussi une lutte interne pour accéder aux plus hautes fonctions. Il est bon aussi de rappeler qu’après avoir cru qu’il suffisait de s’approprier et dilapider les richesses de la noblesse et du clergé pour vivre confortablement, le peuple a du se confronter à la réalité des choses.

    « La domiciliation des acheteurs dans les souverainetés nationales du droit est subvertie par la non-localité des transactions internationalisées, lesquelles sont invisibles à la responsabilité publique. »

    Là, ça ressemble beaucoup au pipotron quand même.

    1. @Pignouf 1er,
      Le problème c’est l’État capturé par les intérêts particuliers qui ne financent plus l’intérêt général par l’impôt. Ce que Reagan n’avait pas compris comme la majorité de ses compatriotes, c’est que l’État est le capital politique du système monétaire sans quoi toute limite à la cupidité financière s’efface.

      1. Voilà qui est plus clair, merci.
        Pourtant lorsque l’on observe la France on constate que l’Etat n’a jamais été aussi gros (poids des dépenses publiques/PIB) et n’a jamais autant capté l’argent de ses contribuables (impôts). N’est-ce-pas contradictoire avec votre théorie ?

    2. … le problème c’est l’Etat

      Non, le problème ce sont les millions de pignoufs, y compris ceux qui se taisent.

    3. « Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque que l’Etat les fait mal », disait déjà Talleyrand.
      Je vous laisse choisir.

  12. et nous le citoyen lambda on fait quoi?
    logiquement on s’achemine vers une période de black out
    on ne va pas abandonner le navire pour un autre illico et beaucoup seront jetés direct à la mer
    bref c’est la survie immédiate qu’il faudrait organiser
    parce qu’on va se trouver à un moment donné dans un système total bloqué avec des échanges limités au troc
    ce serait le moment d’avoir une stratégie minimale d’autarcie, façon suisse
    tous aux abris antiatomiques avec 3 mois de subsistances devant soi
    soit on a le temps d’apprécier sa mort prochaine soit ça donne le temps de s’organiser un peu mieux
    sauvegarder ses petites économies actuelles est de l’ordre de la bêtise?
    parce que pour se refaire la solution la plus simple est de stopper net la situation et mettre en place un système de convertibilité négatif qui éponge les pertes au dépens de la foule
    si encore on avait la certitude que se soit au profit des structures publiques pour maintenir la cohésion structurelle
    mais c’est sans doute là que siège le plus gros problème technique
    on peut du jour au lendemain reconnaitre la faillite mondiale mais tant qu’on n’a pas établi au profit de qui personne n’appuye sur le bouton rouge.

    en ce qui nous concerne mieux vaut répartir ses actifs dans le réel.
    trocable productif en vivrier autarcique, investir dans un sens plus logique d’échanges consistants
    et ne pas s’illusionner
    on souffrira quand même…

  13. Sommes-nous idiots? Si l’Auteur de cet article s’inquiète de notre capacité à renverser les dominants sans violence, je ne peux pas lui répondre. Mais si la question concerne notre capacité à nous parler et nous concerter alors ce blog est une première étape.

    La deuxième étape est de formuler une alternative: puis je déplacer mon compte en banque pour une autre moins complice? Puis je réduire mon empreinte écologique sans me retrouver bernée par un marketing bio qui déstabilise avec du bio de Bulgarie l’agriculteur du marché? FAut il passer du coté de l’économie informelle et rejeter le système de sécurité sociale érigé depuis 45 du même coup?

    Nous sommes nombreux à résister au quotidien et parfois à ne pas y réussir. Ces micro résistances ne font pas la une des journaux mais elles existent (les parents d’élèves qui se liguent contre des expulsions d’ enfants étrangers, des assos qui soutiennent et défendent les roms, etc…comme chez Wachovia, où un seul salarié alerte le siège de la banque qui ne veut rien voir des transactions mafieuses de quelques déposants).

    Nous ne sommes pas idiots: nous sommes mobilisés, mais pas encore assez.
    Merci à l’Auteur, à tous.
    Dalio

  14. Nous ne sommes pas idiots, mais trop vieux… Pour faire une « révolution » (surtout démocratique et non violente) il faut un âge médian solidement en dessous de 30 ans. En France l’âge médian est de 40 ans, 44 ans en Allemagne… Avec une population si vieille la « révolution » ne se fera pas.
    Les « vieux » installés dans la vie active et qui sont les détenteurs du capital attendront béatement que le système implose.

    Même le Mexique et ses 27 ans d’âge médian est en train de se voir imposer (après lavage de cerveau via Televisa + sondages bidons + achats massif de votes) un président incompétent, illégitime, acquis à l’oligarchie (économique ou narco) issu d’un système corrompu qui a gouverné le Mexique de manière autoritaire pendant plus de 70 ans (le « Parti Révolutionnaire Institutionnel » – PRI, notez la sémantique intéressante) … Et pourtant les mexicains sont mobilisés, il faut voir les photos des manifs actuelles (que très peu de médias couvrent)…

  15. Ecrire que le système monétaire et financier « est dans le coma » n’est pas correct.Il faut en dire
    plus.IL N’EXISTE PAS DE SYSTEME MONETAIRE MONDIAL.Désormais,tout le monde le sait,
    et même aux Etats-Unis,les économistes tous réunis,le reconnaissent.Ce qui n’a pas d’existence
    ne saurait tomber « dans le coma ».En fait cette non-existence est bien antérieure à l’année 2008.
    S’il faut donner une date,c’est 1971.Et cette pratique un peu étrange de « monter » une « finance »
    globalisée,alors qu’il n’existe même pas de « système » monétaire international.Le résultat ne
    saurait être que n’importe quoi.Et il est acquis que le n’importe quoi peut créer des avantages
    et des privilèges de toutes sortes pour certains.(voir l’ouvrage de Bernard Schmitt,1984, »la France souveraine de sa monnaie »,avec une préface du président de la Commission des Finances de
    l’Assemblée)Et ,de fait c’est bien le n’importe quoi qui s’est passé et qui continue de se passer,en plus grave avec le temps.Depuis l’Euro,naturellement,les questions demeurent encore plus « complexes »,
    mais une chose est sûre :IL N’EXISTE TOUJOURS PAS DE SYSTEME MONETAIRE ET FINANCIER INTERNATIONAL.Et si le théorème de Schmitt est vrai(il n’a pas été démenti depuis
    qu’il a été diffusé sur la toile (au moins),) il ne faut pas s’étonner de ce que l’on soit passé,depuis 10 ans c’est pleinement observable par quiconque , à un ENDETTEMENT considérable,sans que l’on en viennent aux explications tout à fait éclairantes fournies par le
    mécanisme du DOUBLEMENT des intérêts nets associés aux emprunts extérieurs.(chose qui
    n’a fait que s’amplifier depuis 1973,comme tout le monde le sait désormais).Celà dit,il convient
    de ne pas attendre un « nouveau Bretton Woods »,mondial donc, pour se tirer d’affaires:autant attendre
    jusqu’à la saint glinglin.Il faut dès lors recourir à la solution préconisée par le Professeur Schmitt :on peut y recourir pays par pays de manière séparée,et cela ne prend qu’une semaine ou deux.Ce qui peut aller de pair néanmoins avec une continuation de la construction européenne,et en l' »approfondissant » même sur le plan monétaire.Alors,qu’attend-t-on?Nos
    responsables et nos spécialistes peuvent-ils encore ne pas s’intéresser de près aux travaux
    de cet économiste français singulier? Le diagnostic est là,et la thérapeutique.Et même s’il est clair que je peux me tromper,je l’affirme,persiste et signe.Le diagnostic est exact,et le « remède »est le bon.Une autre étape suit:l’intérieur….quoi qu’on en pense aux « problèmes » plus difficiles que les « problèmes » extérieurs.Car les questions d’économie d’échange sont moins
    complexes à régler que les questions d’économie de production et de répartition.

  16. Le libre échange n’est pas le juste échange……Pire, il accélère le gaspillage des ressources et la mauvaise gestion du patrimoine restant. C’est la guerre par la vitesse d’information.
    Le troc est la meilleure représentation des prix relatifs (1A=2B) c’est-à-dire de nos possibilités réelles d’échange. Les rémunérations et patrimoines financiers matérialisés par des comptes créditeurs ou débiteurs des agents en l’occurrence forment des moyens d’échange (véhicule), des intermédiaires dans le temps. Les prix relatifs sont réels puisqu’ils articulent les rapports de force liés à la rareté dans le temps (temporalité). La rareté est la condition qui détermine notre choix dans l’acte d’échange. C’est l’information pure.
    Par contre, toute monnaie (le nominal) peut être détournée de ses fonctions si les prix nominaux (information parfaite) sont fortement décalés des prix relatifs. Et tous les systèmes monétaires qui ne respecteront pas ce principe de transparence de l’information provoqueront des déséquilibres sources de conflits. C’est pourquoi, l’étalon et/ou plutôt l’indexation sont une sécurité face aux tentations de dérives monétaires et de manipulation des échanges. L’information est transparente si et seulement si elle est naturelle.
    Ensuite, l’état devrait faire son rôle de redistribution monétaire de l’information pour rééquilibrer les possibilités d’égalités des chances. L’intervention humaine favorise inévitablement les problèmes de répartition (déséquilibres). Les rapports de force humains et sociaux ne permettront jamais le « juste échange ». Le droit pourrait seulement être l’étalon d’un niveau ou d’un type de monnaie mais il ne pourra pas encadrer durablement l’échange sans la confiance. C’est la dématérialisation du prix nominal qui provoque les distorsions, c’est pourquoi la monnaie électronique peut-être un danger supplémentaire. Dématérialiser la monnaie, c’est perdre définitivement son contrôle. Pour le marché financier, il est facile d’imposer qu’aucun échange (sans compte courant) ne soit « matérialisable » sans les transactions électroniques. Seulement, ce procédé accentuera les disparités et la bipolarisation entre riches et pauvres. La défiance généralisée par le manque de consensus risque de rendre la situation instable. Les supports monétaires (comptes par ex) ne sont que des véhicules et la monnaie n’est qu’un instrument.
    Ainsi, la nécessité d’échange trouvera toujours un étalon ou une indexation. Nous sommes aujourd’hui, au croisement d’une remise en cause probable du dollar et des monnaies satellites. Il n’a pas été qu’une indexation (des échanges internationaux) sur une référence monétaire puisque sa convoitise lui accorda un rôle d’étalon mondial (monétaire et financier). Ses dérives monétaires l’ont relégué dans le jeu de la rareté qui contrôle la valeur intrinsèque d’un bien dans son usage (utilité). C’est inutile d’imposer une valeur non légitimée par les peuples sur l’échiquier économique sans prendre les précautions d’usage face aux principes de rareté (dimension psychologique et sociale). La valeur se décompose en deux critères de choix : l’un est objectif (la rareté) et l’autre est subjectif (l’utilité). J’en conclus que l’information est loin d’être pure et parfaite. En effet, dans un cadre de mauvaise répartition des ressources et des informations, les agents peuvent réorganiser collectivement un système parallèle d’échange. On remarque également qu’il y a un ou plusieurs étalons de valeurs en fonction de la hiérarchie sociale avec des rendements différents. L’ensemble de ces étalons constitue la base solide de la richesse. Il n’y a pas qu’un type d’échange mais des types d’échanges. Les tentatives de manipulation et de contrôle sociétal (par une valeur conditionnelle institutionnalisée) s’opposent au caractère substituable de l’échange. Les propriétés de l’échange sont difficilement maîtrisables sans la confiance des agents.
    Enfin, matérialiser le travail par un prix ou un service (dette), c’est un problème de rapport social (lutte de classes et conflits). Mettre un prix à une force n’est pas un exercice innocent puisque la rémunération encadre les possibilités d’échanges. Sachant que l’excès est la source de bien des maux alors il convient de repenser les critères qui garantissent un minimum d’indépendance dans un univers de dépendance. Il faut plus que jamais trouver le juste équilibre entre la dépendance (échange et socialisation) et l’indépendance (autonomie et liberté). Et, la réorganisation du territoire vers un retour à la ruralité pourrait permettre le développement de nouveaux systèmes plus locaux d’échange.
    C’est la raison pour laquelle, les institutions ont le devoir de trouver une solution monétaire juste de répartition des richesses (atténuer les tensions) ou bien les principes naturels de rareté et d’usage dicteront leurs modèles imposés par leurs propres lois humaines… Le cadre est aussi important que l’outil !

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